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LE TEMPS D'UN RP

Il n'y a que les causes perdues qui méritent qu'on les défende [Asma x Jen]

Jen
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Jen
Ven 27 Oct - 19:38

Erika
J'ai 25 ans et je vis à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis employée dans un atelier de textile et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mes décisions stupides, je suis fiancée par arrangement pour la seconde fois et je le vis plutôt très mal.


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Elle aurait dû profiter du court répit que lui avait accordé les quelques secondes d’insouciance à son réveil. Les quelques secondes avant que les souvenir de ces dernières heures ne la heurtent de plein fouet.

Danger.

Malgré le brouillard qui tardait à se dissiper dans son esprit, Erika se releva d’un seul coup de sa chaise. Elle jeta un regard inquiet aux alentours mais la pièce semblait désormais déserte. Avant même qu’elle ne puisse y réfléchir, sa boussole interne s’activa. Sa nuque se couvrit de sueur froide. Était-il… Non. Instantanément son rythme cardiaque s’apaisa. Il était encore en vie, dans quel état elle n’aurait pas su le dire, mais il était vivant et pour le moment c’était tout ce qui importait. Erika voulut réitérer l’expérience pour parvenir à le localiser, mais son esprit en état de surchauffe l’empêchait de faire appel à son pouvoir correctement. Ses mains, ses bras, ses jambes, son corps tout entier, tremblaient sous l’effet de l’adrénaline.

Alors à défaut de pouvoir organiser ses pensées, la nécromancienne se rua sur la première porte venue et actionna frénétiquement la poignée. Verrouillée, évidemment. À tout hasard, elle s’essaya à l’autre porte, de l’autre côté du salon, mais sans surprise celle-ci était également verrouillée. Pas de fenêtres dans cette maudite pièce, mais Erika ne se découragea pas pour autant. Tant qu’elle était seule, il lui semblait avoir un semblant de contrôle sur sa situation désastreuse.

Elle ouvrit et referma chaque tiroir qui lui passait sous la main, s’agenouilla pour regarder en dessous de chaque meuble, passa la main inlassablement contre les murs à la recherche d’une quelconque faille. Mais rien, rien ne semblait pouvoir l’aider à s’échapper de cette pièce. Et en prime, durant son état d’inconscience - combien de temps avait-il duré, d’ailleurs ? - on lui avait confisqué le couteau de Bertille. Tout en explorant chaque recoin possible et imaginable de sa prison improvisée, Erika se mit peu à peu à reprendre ses esprits et à aligner les informations dont elle disposait.

Au commencement, quelqu’un - Alba visiblement - avait commandité Orion pour empêcher le mariage d’avoir lieu. Probablement envoyée par Arc en Terre par souci de garder la main mise sur le pouvoir des Aiguilleurs et l’utilisation qui en sera faite. Jusque là, les choses tenaient à peu près la route.

Ensuite on l’avait déposée à Sélénée - pourquoi Sélénée, c’était une autre histoire. Idunn était visiblement de mèche avec Alba, ou alors elle cachait extrêmement bien son jeu. Dans tous les cas, la sélénite ne semblait avoir d’intérêt que pour l’annulation de ce mariage et plus précisément de la transmission du pouvoir. Est ce que la mutilation ou l’élimination faisaient toujours partie de ses plans, Erika n’en savait rien. Mais pour le moment, la menace semblait provenir d’ailleurs encore.

Qui était ce troisième sélénite ?

Qui était Il ?

Qui pouvait bien avoir un intérêt si profond pour les pouvoirs que détenait Orion ? Dans quel but voulait-Il les exploiter ? Qu’adviendrait-il du zéphyr ? Et à nouveau, si ce n’était qu’une question d’Aiguilleur, pourquoi pas elle ? Pourquoi devait-elle être utilisée pour faire chanter Orion ? Test ou pas test, elle n’était pas bien certaine que la savoir retenue ici puisse le faire flancher de toute manière.

La nécromancienne baissa les yeux sur ses paumes ouvertes. Deux pauvres crayons à papier. Sa recherche n’avait décidément pas été très fructueuse. Elle sentit la frustration la gagner. Même après avoir organisé ses pensées, elle n’y voyait toujours pas plus clair. Et pendant qu’elle tournait en rond dans cette pièce, Orion était inconscient du danger qui le guettait. A cette pensée, sa boussole interne se remit en mouvement.

A cet instant précis, un bruit de pas léger se fit entendre. Immédiatement, Erika fourra ses maigres trouvailles dans ses poches et reprit sagement place sur la chaise. Son cœur tambourinait à en faire exploser sa poitrine. Qui était-ce ? Que devait-elle faire ?

Elle se composa un masque d’indifférence. Quelque chose lui soufflait que le moins elle se montrerait affectée par la situation, le mieux elle pourrait espérer s’en sortir. La porte s’ouvrit et Erika reconnut l’homme qui l’avait plongée dans son état comateux un peu plus tôt. Qu’avait-il fait des deux autres ? S’en était-il débarrassé ?

Avait-il déjà retrouvé Orion ?

« - Tu veux savoir si j’ai déjà retrouvé ce cher zéphyr ? entama le sélénite d’une voix légère.

Erika se crispa sur sa chaise. Comment avait-il formulé à voix haute ce qu’elle venait à peine de formuler dans ses pensées ? Elle ne se laissa pas pour en autant démonter. Il ne s’agissait peut-être que d’une simple coïncidence. Si Orion avait réussi - ou en l’occurrence plutôt échoué - au test, qu’avait-elle prouvé, elle, finalement, en dehors du fait qu’elle était armée ?

Ne pas se montrer affectée. Feindre l’indifférence.

- Je me fiche éperdument de ce qu’il adviendra de lui. Je ne demande qu’à rentrer chez moi.

Elle fut la première surprise du ton convaincu qu’elle avait employé. Elle-même aurait presque pu y croire. Mais le sélénite, lui, la dévisagea d’un air narquois.

- Allons mon enfant, mentir à un sélénite ? Je n’attendais rien toi mais je suis tout de même déçu.

Erika s’en serait mordu les doigts. C’était bien sa veine. Les sélénites étaient peut être la famille la plus difficile à berner: ils ne croyaient pas sur parole, il fallait les convaincre.

- A votre avis pourquoi l’ai-je fui dès que j’en ai eu l’occasion ? hasarda la jeune fille sans se départir de son assurance feinte.

Au moins aura t-elle essayé, se consola t-elle. Si le sélénite réfléchît à sa déclaration, il n’en laissa rien paraître. A la place, il se mit à scruter la pièce comme s’il était à la recherche d’un détail qui lui aurait échappé. Allait-il découvrir qu’elle avait cherché à s’échapper et qu’elle avait superbement échoué dans son entreprise ? Avant qu’il ne puisse la questionner, Erika reprit la parole d’un air ennuyé. Elle poussa même l’audace jusqu’à observer un à un ses ongles avec une mine profondément flegmatique, à la recherche d’un défaut inexistant dans sa manucure encore intacte prévue pour le mariage.

« - Pourquoi vous compliquez-vous la tâche ? Je ne possède certes pas trois pouvoirs, mais je sais que celui qui vous intéresse le plus est celui d’Aiguilleur. Alors pourquoi ne pas m’utiliser moi ? Non seulement vous m’avez sous la main mais en plus je suis prête à vous aider de mon plein gré. Mon offre…

Avant même que l’homme ne l’interrompe, elle sut. Son regard condescendant, à la limite du dégoût, avait déjà parlé pour lui.

- Tes pouvoirs défaillants ne feront pas l’affaire. Il a des desseins bien trop grands pour que je m’embarrasse de lui présenter des pouvoirs faiblards. Sans vouloir t’offenser mon enfant.

Erika fut à un cheveu de répliquer qu’elle maîtrisait pourtant très bien son pouvoir d’Aiguilleur, mais elle ravala ses protestations dans un bref élan de lucidité, jugeant qu’il n’était pas forcément judicieux de vanter son mérite auprès d’un homme dont elle n’était absolument pas certaine des intentions avec ledit pouvoir et plus généralement, avec elle-même. Finalement, sa faiblesse serait peut-être son salut. A la place, elle s’appuya contre le dossier de sa chaise et haussa les épaules avec une moue détachée.

- Comme vous voudrez. Quand puis-je espérer retourner auprès des miens ?

- Cela ma chère, répliqua le sélénite de sa voix insupportablement légère, ne dépendra pas de moi. »
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Sam 28 Oct - 21:16

Orion
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Sa tasse de café bien serré à la main, Orion frotta ses yeux encore collés de fatigue. Aussi courte sa nuit fut-elle, le grand brun n’avait pas fait la grasse matinée. Ce n’était pas son genre. Même en dépit de la quantité d’alcool qu’il avait ingurgitée la veille, il restait un petit dormeur. Son corps ne lui manquerait pourtant pas de lui faire payer ses excès.

Des images de la veille – ou de quelques heures plus tôt, en réalité - lui revinrent. L’une d’elle qui s’empressa de chasser de son esprit. Il pouvait la voir tourner en rond dans la pièce, comme si elle en cherchait la sortie. Evidemment qu’ils allaient l’enfermer. Sinon quoi elle ne manquerait pas de chercher une façon de les fuir pour « retourner auprès des siens ». Les vrais « siens ». Les seuls pour lesquels elle était vraiment prête à faire des sacrifices.

- Vous avez eu le temps de réfléchir à ma proposition ? s’éleva soudain une voix en contrebas.

S’il ne s’était pas senti aussi vaseux, il aurait peut-être sursauté. Il n’en fit rien. Le zéphyr se pencha par-dessus le garde-corps pour tomber nez-à-nez sur l’homme avec lequel il avait parlé la veille. De nouvelles images s’insinuèrent derrière ses paupières. Il repensa à son échange de la soirée précédente.

- Pourquoi Babel ?

De toutes les arches majeures et mineures de la surface, il fallait que cela tombe de nouveau sur Babel. L’arche cosmopolite était loin d’être sa destination favorite. Surtout depuis que… il avala une gorgée de café brûlant.

- La Caravane est en route. Elle devrait s'y installer dans quelques jours.
- La Caravane ? S’étonna Orion pour toute réponse.

Son cœur partit soudain d’une grande accélération. D’autres images plus lointaines se bousculaient pour une petite place sur le devant de ses pensées. Des images joyeuses. Des images heureuses. Une autre forme de manipulation mentale, s’il en avait été une. Rien de plus que du vent.

- Oui, la Caravane.

Le reste était flou. Soit son interlocuteur lui avait répondu, auquel cas il était bien incapable de se rappeler de tout ce pan de leur conversation, soit…

Loin de laisser paraître son trouble, le grand brun, flegmatique, vida le reste de son café d’un trait et se contenta d’un grognement vaguement approbateur. L’homme parut satisfait. Il arborait le mystérieux sourire supérieur de celui à qui il restait des as dans la manche. Orion leva intérieurement un sourcil. A l’extérieur, il restait une façade de marbre. Une petite voix intérieure s’éleva. Une question qui le démangea, l’espace d’un si bref instant. « Et elle ? ». Il ravala sa question avec une moue désabusée. Plus son problème.

- Vous ne voulez vraiment pas savoir ce qu’il va advenir de…
- C’est le problème de ma mère, pas le mien, le coupa-t-il sèchement, la voix plus pâteuse qu’il ne l’aurait voulu.

Avant que le sélénite n’ait le temps de rajouter quoi que ce soit, Orion s’empressa de reprendre la parole.

- Je décolle en début d’après-midi. D’ici là, assurez-vous de m’avoir transmis tout le nécessaire pour votre « mission ».

Le grand brun tourna les talons et disparut au pont inférieur sans un regard en arrière pour son interlocuteur. Il étouffa un long bâillement à s’en décrocher la mâchoire. Il se dirigea droit vers la machine à café dont il se servir de nouveau une grande tasse. Si son rendez-vous n’avait lieu que dans plusieurs jours, il n’était pas pressé. Mais quitte à attendre, il préférait le faire à Babel qu’ici.
Jen
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Dim 29 Oct - 22:13

Erika
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Le vaisseau était son seul moyen d’estimer le temps qui passait. Cette pièce sans fenêtre ne lui donnait aucune indication sur le jour et la nuit. Les maigres repas que lui apportaient son geôlier étaient espacés par des horaires aléatoires. Il ne semblait suivre aucune logique en particulier. Alors Erika cherchait l’image du vaisseau, et les couleurs environnantes lui donnait une idée du temps écoulé. En l’occurrence, il semblait être encore tôt dans la matinée.

Pourquoi le vaisseau, parce que c’était soit lui soit Orion. Et depuis la dernière image qu’elle avait vue du zéphyr, elle ne souhaitait plus s’infliger cette peine inutile.

Il était apparu en piteux état sur le pont du vaisseau - visiblement quelqu’un était allé fêter dignement la bonne livraison de la marchandise. En contre-bas, ni plus ni moins que son geôlier en personne. Erika avait hurlé en silence. Puis elle les avait vu échanger quelques mots, et Orion était reparti sur le pont inférieur, sans qu’aucune forme de violence n’éclate, ni que la moindre menace ne soit proférée.

Erika avait eu besoin de quelques instants pour traiter cette information. Le sélénite n’avait donc même pas eu besoin de recourir au chantage. Merveilleux, sa captivité était donc parfaitement inutile. Et peut être s’était-elle alarmée pour rien, Orion ne semblait pas spécialement être en danger. Au contraire, il avait l’air de plutôt bien s’en sortir depuis qu’il l’avait larguée sur cette arche comme il l’aurait fait d’un colis.

Mais le simple fait de revoir sa silhouette sur le pont avait été si douloureux. De le savoir si vivant, si proche, et si inaccessible. Alors elle s’était contenté de garder son attention sur le vaisseau, plutôt que sur son occupant. Car elle deviendrait folle si elle restait à errer éternellement dans cette maudite pièce sans aucun signe du monde extérieur.

Erika était entrain de se remettre de ses émotions après avoir aperçu le nom gravé sur la coque du vaisseau, lorsque la porte du salon s’ouvrit sur le sélénite. La jeune fille était à la limite d’apprécier ces rapides passages, qui devaient probablement servir à vérifier qu’elle était toujours sagement enfermée, mais qui lui servaient surtout de distraction bienvenue. Elle n’hésita pas à engager la conversation.

« - Pensez-vous réellement avoir besoin de moi ? Vous surestimez ma valeur en tant qu’otage et je le dis pour vous.

- Je dois m’assurer qu’il ira jusqu’au bout, fit le sélénite sans afficher la moindre émotion.

Était-il satisfait de la tournure des événements ? Contrarié ? Surpris ? Il n’en montrait rien et Erika en avait assez de voir ce visage d’une légèreté sempiternelle, illisible. Alors elle chercha par tous les moyens à le provoquer. Elle réclama de rentrer chez elle encore et encore, le questionna inlassablement sur tout et n’importe quoi. Elle répéta les mêmes questions en boucle, jusqu’à ce que le sélénite arrête de lui répondre par monosyllabes. Visiblement, ce petit jeu l’amusait lui aussi, autrement, il serait déjà parti en claquant la porte derrière lui depuis longtemps. Il finit par répondre à une question choisie aléatoirement parmi toutes ces qu’elle avait enchaîné en continu.

« - Mais mon enfant, déclara l’homme, c’est toi qui en a fait le candidat idéal.

- Moi ? s’étonna la nécromancienne un peu trop sincèrement.

Le sélénite esquissa l’ombre d’un sourire qui se dissipa aussi vite qu’il était apparu.

- Il est bien plus facile de faire disparaître un ermite dont personne ne se soucie plutôt qu’un capitaine d’un prestigieux aérostat, tu en conviendras. »

Erika s’empressa de renifler avec dédain. L’avait-il vu, l’éclair d’horreur qui était passé dans ses yeux au mot « disparaître » ? Elle espéra que non. Dans tous les cas, l’homme disparut à nouveau derrière la porte sans un regard pour elle. De nouveau laissée seule, son cerveau se mit à cogiter à toute vitesse.

Orion aurait donc accepté de rencontrer Il et s’y rendrait de son plein gré. Mais savait-il réellement ce qu’il l’attendait ?

Impossible. Si Orion avait eu l’air changé, il ne lui avait pas non plus apparu désespéré au point de se jeter sans réfléchir dans la gueule du loup. Il était évident qu’on ne lui avait pas tellement expliqué les tenants et aboutissants de cette mission dont il s’était vu affublé.

Et il était encore plus évident qu’elle ne pouvait pas le laisser ainsi sans rien faire.

Erika jeta un regard circulaire tout autour de la pièce. Elle devait le prévenir, elle devait trouver une échappatoire. Mais de par son expérience, ce salon n’avait aucune issue et ne contenait rien d’intéressant hormis deux misérables crayons à papier…

Son cœur s’accéléra soudain. Mais oui, elle avait de quoi écrire. Sans hésiter, la nécromancienne déchira un petit morceau de la doublure de sa robe et ne prit qu'une seconde de réflexion avant de se mettre à griffonner frénétiquement.

Un P, dont elle retraça les lignes plusieurs fois pour épaissir le trait et le rendre bien visible. Puis un I, toujours en majuscule. Un E, avec lequel elle troua le tissu tant elle appuya sur le crayon en fonçant le tracé. Un G. Et un dernier E qu'elle dût écrire plus petit que le reste puisqu’elle était déjà arrivée au bout du petit morceau d'étoffe.

Elle ne pouvait pas faire mieux pour le moment. Alors elle alla s’asseoir sur sa chaise et déposa le message bien en évidence sur ses genoux, les deux mains de part et d'autre du tissu prêtes à le faire disparaître au moindre signe de retour du sélénite. Puis elle attendit. Pour combien de temps, elle n'en savait rien. Si cela serait seulement efficace, elle n'en savait doublement rien.

Erika inspira longuement pour essayer de calmer sa nervosité. C'était un pari risqué. C'était parier qu'il aurait l'envie de s'inquiéter une fois, rien qu'une fois avant d'arriver à Babel, de savoir ce qu'il était advenu d'elle.
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Dim 12 Nov - 16:14

Orion
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Orion poussa un long soupir tandis qu’il engloutissait son quatrième café de la matinée. Vu son état, il ne craignait pas particulièrement que le café en face une pile. C’était tout juste s’il lui permettait de tenir à flot. Autre source de satisfaction bienvenue, la caféine l’aidait à garder le mal de crâne à distance raisonnable. Le grand brun fit ce qu’il faisait de mieux. Il prépara, il organisa, il arrangea. Il retourna même faire un petit crochet dans le village pour racheter quelques vivres pour la traversée. Non pas qu’il en manquât dans l’absolu, mais c’était l’occasion de faire l’acquisition de quelques produits frais.

Bien malgré lui son regard erra vers la maison où il avait déposé Erika la veille. Non. Il ne fallait pas penser à elle. Il l’avait dit encore tout à l’heure à son interlocuteur. Elle n’était plus son problème. Encore fallait-il qu’il arrive à s’en convaincre lui-même. Les bras pleins de victuailles, le grand brun retourna au Léthé. Il avait réussi à négocier avec son interlocuteur une avance à hauteur de la moitié de ce qu’il comptait lui payer pour cette « mission ». Orion ne put s’empêcher de rire un peu jaune intérieurement. Lui qui avait commandé l’un des fleurons de la flotte de Zéphyr se retrouvait réduit à prendre des « petits boulots » de mercenaire. Non. Il n’en avait pas besoin. Ce n’étaient pas ses finances qui lui imposaient d’accepter un tel travail. Il le faisait par choix. Par choix. Quel choix. Nouveau soupir. Il lui fallait décidément trouver quoi faire de sa vie. Il était bien trop jeune pour se laisser sombrer dans le désœuvrement le plus complet.

Son commanditaire reparut en fin de matinée. Leur échange fut bref. Orion n’aimait décidément pas parler à cet étrange personnage qui le mettait particulièrement mal à l’aise. Était-ce le simple fait qu’il s’agissait d’un sélénite et que leur pouvoir lui déplaisait au plus haut point ? Ou bien y avait-il quelque chose avec cet individu là en particulier ?  Idunn lui avait paru quelque peu plus avenante, si l’on faisait abstraction de son accueil plus que spécial. Orion fut parcouru d’un étrange frisson.

L’homme s’éloigna enfin et le grand brun put terminer ses préparatifs en paix. Une main sur les amarres, il lança un dernier coup d’œil vers les orgues de basalte et le village coloré niché dans la roche. Une nouvelle fois, son regard se reporta en direction de la maison d’Idunn. Soudain, avant même qu’il ait le temps de s’en empêcher, l’image de la jeune femme lui apparût, aussi claire et nette que si elle se trouvait juste devant lui. Sur ses genoux, un mot. « Piège ». Orion se figea. Il ne semblait y avoir personne autour d’elle. Alors pourquoi…

La réalisation le frappa soudain. Pour lui. Le message était pour lui. Parce qu’elle se doutait qu’il essayerait de la voir une dernière fois. Parce qu’elle le savait. Parce qu’elle l’avait prévu. Elle l’avait anticipé. De la manipulation. Une nouvelle fois, la nécromancienne essayait de le manipuler. Sa vision se brouilla. Le sang se mit à lui battre violemment les tempes. Un voile rouge lui passa devant les yeux. Il sentit un accès de rage lui remonter du fond des entrailles. Cette fois, c’était bel et bien fini. Il ne se laisserait plus avoir par les jeux et les manipulations. Elle cherchait une échappatoire et pensait peut-être qu’Orion serait assez crédule pour lui faire une nouvelle fois confiance. Il s’était bien trop souvent brûler les ailes à voler si près de ce soleil-là. Qu’elle aille au diable !

Alors aussi brutalement qu’elle apparut, l’image s’effaça et Orion ferma son esprit. Il largua l’amarre qu’il tenait encore à la main et le Léthé se détacha lentement d’ Ææa.
Jen
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Mar 2 Jan - 12:31

Erika
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L’eau claire du lac lui arrivait à la moitié des cuisses. Ses habits et ses cheveux étaient trempés, et des gouttes d’eau traçaient des sillons nonchalants sur son visage rougi par l’air vif. On aurait dit qu’il venait de piquer un plongeon tout habillé. Et il était d’une beauté indécente. Il éclata de rire et ce simple son lui coupa le souffle. Elle tendit la main comme pour s’approcher du soleil vivant qu’il était. Il allait l’attraper quand l’eau se mit soudain à s’agiter tout autour de lui de plus en plus vite jusqu’à l’emporter au coeur de son tourbillon infernal. Le lac sembla s’ouvrir en deux pour l’engloutir, puis plus rien. Elle resta impuissante, à observer l’étendue d’eau redevenue calme et limpide, comme s’il ne s’était jamais tenu là quelques instants auparavant. Comme s’il n’avait jamais existé. A l’endroit même où il s’était tenu, ne subsistaient plus que cinq lettres griffonnées avec l’énergie du désespoir, que le clapotis de l’eau entrainait lentement à la dérive. Elle hurla son nom, mais le lac n’eut pas la clémence de l’engloutir à son tour.

“- Il devrait arriver d’ici une dizaine de jours.

Erika inspira lentement avant d’ouvrir les yeux. Cela faisait plusieurs fois qu’elle sombrait dans un état de somnolence précaire dans lequel rêves et réalité avaient tendance à se confondre méchamment. Si elle se refusait à s’endormir entièrement, le manque de sommeil se faisait ressentir de plus en plus fort.

- Arriver ? finit-elle par marmonner, l’esprit encore engourdi.

- Allons, reprit le sélénite d’une voix trop douce, tu ne crois tout de même pas que je ne vois pas clair dans ton petit jeu. A ce propos…

Le sang de la nécromancienne ne fit qu’un tour lorsque son geôlier se dirigea d’un pas assuré vers la commode, rare meuble de cette pièce, puis ouvrit sans hésitation le tiroir qu’elle craignait le plus. Comment avait-il pu…

L’homme émit un claquement de langue désapprobateur en scrutant le morceau de tissu qu’il tenait désormais à la main.

Interdite et prise sur le fait, Erika n’osa plus remuer un seul muscle. Elle pensait son petit secret bien caché et pourtant, il n’avait pas fallu plus de quarante-huit heures au sélénite pour le découvrir. Du moins, elle estimait le temps écoulé en se basant très largement sur les observations incessantes qu’elle faisait auprès d’Orion.

Son pari avait peut-être été trop ambitieux, car le zéphyr ne semblait pas décidé à modifier ses plans. Et la seule explication possible était qu’il n’avait tout simplement pas vu le message qu’elle s’entêtait à essayer de lui faire passer dès qu’elle le pouvait. En tout cas, Erika avait décidé de s’en persuader. Car l’autre possibilité, celle qu’il ait tout bonnement ignoré son avertissement, lui était inconcevable. La haine qu’il lui vouait était-elle immense au point qu’il préférât ignorer toute aide de sa part ? Ou pire encore, la croyait-il capable de vouloir lui faire du mal en lui communiquant de fausses informations ? Oui, répondait systématiquement une petite voix dans sa tête. Oui, il le croit et il n’y a plus rien que tu puisses faire pour lui. Erika avait étouffé cette insupportable petite voix en choisissant de garder l’espoir qu’il finisse par écouter ou simplement par voir son message. Car il ne l’avait pas vu, voilà tout.

Mais dans l’immédiat, ses chances de réussite semblaient fortement compromises. Le regard du sélénite s’attarda sur le pauvre mot qu’elle avait jeté sur le tissu, avant de se relever lentement vers elle.

“- Je n’apprécie pas la manière dont tu utilises ton pouvoir. Et je ne suis pas le seul que tu déranges. Mais heureusement pour toi, j’ai pu accélérer les choses et tu seras libérée de ce pouvoir très bientôt.

Il eut un sourire chaleureux qui contrasta violemment avec la glace de ses yeux. Erika sentit sa bouche s’assécher, incapable de répondre. Elle l’avait craint, tout en sachant qu’elle s’y exposait en agissant imprudemment. La…

- … la mutilation, compléta l’homme comme s’il lisait dans ses pensées, nous a semblé préférable à ton élimination. Il secoua la tête d’un air peiné. Nous sommes pas des assassins tout de même.

Si elle avait quelque chose à y redire, Erika avait la gorge et les tripes bien trop nouées pour parvenir à formuler une pensée cohérente. Pire que la mort lui avait-on expliqué un jour, alors qu’elle ne se sentait absolument pas concernée par cette pratique barbare. Il était vrai qu’une sentence de mort lui aurait peut-être semblé plus douce.

- Nous partons à l’aube, prépare tes affaires”, conclut le sélénite en lui lançant le misérable tissu d’un geste désinvolte.

Mais la nécromancienne ne prit même pas la peine de ramasser l’étoffe. Il lui semblait soudain que tout son cerveau et son esprit s’étaient remis en route, et que ce serait la toute dernière fois. Elle se releva, remplie d’une énergie nouvelle. Un ultime départ, une ultime chance de s’échapper pour lui venir en aide. Coûte que coûte.
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Ven 5 Jan - 14:43

Orion
J'ai 28 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, j'étais pilote d'aérostat. Maintenant, je vis au jour le jour et je m'en sors sans y réfléchir. Sinon, j'ai été célibataire, j'ai été marié, j'ai divorcé et après tout cela, elle m'a brisé le cœur.
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Orion passa sur son front une main lasse. La traversée avait été longue et sans surprise. C’était la première fois qu’Orion avait ressenti une telle sensation d’ennui à l’occasion d’un voyage. Était-ce le fruit de sa solitude ou l’absence de quelque évènement que ce soit au courant du trajet ? Ce fut avec tout autant de lassitude qu’il laissa ses yeux se poser sur la ligne caractéristique de l’arche de Babel qui s’offrait à ses yeux. Il n’avait pas particulièrement envie d’être là. Le grand brun avait profité du voyage pour réfléchir à son avenir, à ce qu’il pourrait faire ensuite, à l’issue de cette mission. Il avait laissé son regard errer sur la carte du monde, à la recherche d’une arche qui pourrait l’accueillir. Retourner vers Héliopolis était une possibilité. Après tout, cette zone avait l’avantage de bénéficier d’une multitude d’arches mineures où il pourrait trouver son bonheur. Des arches plus verdoyantes. Des arches plus désertiques. De petits paradis cachés pour certaines. Comme cette arche charmante autour d’un lac central aux eaux cristallines. Non, pas de lac. Alors quoi ? Les animistes n’aimaient pas particulièrement les étrangers. Le Pôle était trop glacial à son goût. Il ne souhaitait pas se rapprocher de Zéphyr non plus. On pouvait également rayer de cette liste Sidh, évidemment, Séléné, le Désert, qui lui rappelait trop de souvenirs, et Babel. Cela laissait encore une douzaine d’arches majeures possibles et au moins dix fois plus d’’arches mineures. Il trouverait.

Dans l’immédiat, Orion avait une mission. Et cette mission impliquait d’attendre. Attendre à Babel. Lorsqu’il traversa l’aérostation dans sa tunique vert-de-gris sans plus aucun insigne ou ornement, le grand brun se prit à regretter d’avoir accepté la tâche qui lui avait été confiée. Mais la somme était loin d’être négligeable. Et si Orion était tout sauf vénal, il était aussi pragmatique. On ne déclinait pas autant d’argent. Pas quand on avait tout perdu ou presque – encore – et qu’on comptait recommencer à zéro – encore –.

Le zéphyr n’avait pas pris contact avec son ami Lazarus. Celui-ci aurait certainement eu des idées à lui proposer dans la recherche de sa prochaine destination, mais il ne voulait pas courir le risque que ce dernier l’interrogeât sur le devenir de sa « charmante assistante ». Lors de ces pérégrinations – errances serait probablement un terme plus approprié –, il avait une fois entraperçu Ambroise, le fils de l’explorateur, jour au « tac-si » dans la rue. Pour ce que ça voulait dire. En lieu et place, il s’était empressé de bifurquer avant que ce dernier ne le reconnaisse. Il n’avait pas non plus traîné ses pénates dans les beaux quartiers de la cité. Fut une époque, il avait des relations particulières avec Lux, pour qui il lui arrivait régulièrement d’assurer des contrats de prestations. Il préférait rester aussi loin que possible du cœur politique de l’arche. Il était là incognito. Il n’était pas non plus là pour faire du tourisme. Enfin, si, d’une certaine façon. Et non. Il n’était pas non plus question de se rendre au grand marché couvert. Il préférait rester à l’écart pour ne pas risquer de croiser non plus la route de Zeyd. Il n’avait pas revu le garçon depuis l’affaire du livre de recette, plus d’un an auparavant. Il ne s’en portait pas plus mal.

Non, au lieu de tout cela, Orion avait décidé de faire ce qu’il faisait de mieux désormais. Il s’était trouvé un bouge pas forcément très recommandable mais où son anonymat serait parfaitement préservé. Calé à une table pas trop bancale et suffisamment éloignée de la porte d’entrée, il ne lui restait qu’à attendre, dans la langueur moite de Babel, que la Caravane décide à pointer le bout de son nez. Ce qui, selon les dires de son commanditaire, ne devait plus tarder.

Une blonde particulièrement gironde à défaut d’être belle posa un broc de bière tiédasse devant lui. Elle portait la toge blanche caractéristique des sans-pouvoirs. Dans son champ de vision flou, une autre silhouette se matérialisa dans ladite toge, bien trop grande pour elle, qu’il avait fallu rajuster pour qu’elle cesse de se prendre les pieds dedans. Orion secoua la tête et souffla sur l’excédent de mousse au sommet de sa boisson, pour la chasser avant d’en avaler une lampée.

- Hey, toi, là ! s’exclama une voix venue troublée sa brumeuse quiétude. Tu peux pas faire attention ? Tu sais à qui t’as à faire ?

Le grand brun leva son regard particulièrement sombre sur l’imbécile qui avait la mauvaise idée de vouloir lui chercher des noises. Il tomba sur un freluquet en uniforme bleu nuit rehaussé d’argent et de deux bandes. Orion était loin de maîtriser le détail de l’organisation de l’arche, mais il en savait assez pour savoir que les jeunes pédants en goguette qui déambulaient dans ces tenues étaient de la Bonne Famille, l’école de l’élite babélienne. Ce qui ne l’empêcha pas, de toute sa mauvaise humeur, de se redresser pour faire face au gringalet dont le sommet du crâne atteignait tout juste son menton.

- Quoi ? Tu crois que parce que t’es plus grand tu m’intim…

Le petit rouquin n’eût pas le temps de finir sa phrase qu’il termina le derrière par terre quelques mètres plus loin, sous les « oh » de ses petits camarades vêtus de la même façon. Orion en savait aussi suffisamment assez pour savoir que la chaîne qui reliait l’anneau du nez à l’ oreille du garçon au sol était le signe qu’il s’agissait d’une progéniture de Lux. C’était bien sa veine…
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Lun 8 Jan - 19:06

Erika
J'ai 25 ans et je vis à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis employée dans un atelier de textile et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mes décisions stupides, je suis fiancée par arrangement pour la seconde fois et je le vis plutôt très mal.


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Plus courte. Sa traversée à elle avait été bien plus courte que celle d'Orion.

En quoi cela importait-il déjà ?

Un clic. Erika posa un regard embué sur la porte de la cellule. Cellule qui était étonnamment propre d'ailleurs, elle avait connu des appartements moins bien entretenus que ça. Un plateau-repas se glissa par la fente inférieure, et cette image réveilla un souvenir dans le labyrinthe brumeux de ses pensées.

Une cabine d'aérostat. Une prison volante. Bien pire que le Léthé. Une fente qui s'ouvrait juste assez pour y glisser de la nourriture et de l'eau. Une destination...? Et ses plans de fuite qui avaient tous été tués dans l'oeuf.

Mais pour quelle raison voulait-elle fuir, déjà ?

Attirée comme un animal affamé par les effluves du ragoût encore chaud, Erika se leva péniblement jusqu'à la porte et attrapa le bol entre ses mains. Elle avala mécaniquement son contenu tout en sentant un étrange automatisme s'emparer de tout son être. Elle plissa des yeux. Peut-être était-elle entrain de rêver.

Ces derniers temps, elle avait du mal à faire la différence entre le rêve et la réalité, elle l'avait déjà constaté. A cause d'un lac. Et de lui. Toujours lui. Pourquoi son image était-elle si présente dans son esprit alors même qu'il lui semblait plus inatteignable que jamais ?

A cette pensée, quelque chose remua dans sa poitrine, comme un chien bien dressé qui répondrait à l'appel de son maître. Mais l'effort requis pour s'y intéresser de plus près était trop conséquent, alors Erika s'en détourna. Elle termina son ragoût et déposa sagement le bol sur le plateau.

C'est alors que le goût resté sur sa langue l'interpella. Elle avait déjà mangé ce repas. Récemment, même. Peut-être hier ? Quand était hier ? Mais oui, maintenant elle en était certaine, elle avait déjà goûté à ce même ragoût, peut-être même plus tôt dans la même journée. Lentement, son regard fit le tour de la cellule. Depuis combien de temps était-elle enfermée ici ? En fait, était-elle enfermée ou tout ceci n'était-il qu'un simple rêve ?

Sa couchette semblait lui tendre les bras. Il aurait été si simple de la rejoindre. Mais si ce n'était pas un rêve ? Elle voulait savoir. D'un pas chancelant, la nécromancienne s'approcha du petit évier à côté de sa couchette et avant d'avoir le temps de se raviser, se cogna la tête au rebord de faïence. Le choc lui fit danser des étoiles devant les yeux.

Etoile. Ce mot s'attarda un peu trop longtemps dans ses pensées. Pourquoi ?

Erika leva la tête. Il n'y avait pourtant pas d'étoiles dans le ciel de la cellule. Bon. Au moins, avait-elle la certitude de ne pas être entrain de rêver. La douleur persistante et la bosse qui commençait à se former sur son front en étaient la preuve tangible.

Elle grimaça à son reflet flou dans la petite glace murale. Elle avait mal et désormais, elle voulait que la douleur cesse, qu'elle disparaisse.

Faire disparaître un ermite, résonna une voix étrange dans sa tête.

Douleur. Mal. Danger. Ermite ? Orion. Erika pencha légèrement la tête sur le côté.

Ha oui, voilà la raison pour laquelle ça importait. Voilà la raison pour laquelle elle voulait s'enfuir. Orion était en danger, mais il avait peut-être encore une chance de s'en sortir. Quel danger ? Qu'importait. Mais pour ça, il avait besoin de son aide. De ça, elle était absolument certaine.

Un long bâillement vint momentanément interrompre le flux de ses pensées. Comme si son esprit la rappelait au sommeil, comme si elle avait fourni trop d'efforts cognitifs d'un seul coup. Quelque chose clochait mais elle n'aurait su mettre le doigt sur la cause exacte.

Dans un dernier effort de volonté, Erika s'agenouilla au sol. "FUIS" grava t-elle du bout de l'ongle dans la terre sèche et tassée qui faisait office de sol. Puis elle fronça les sourcils. Qu'est-ce qui lui faisait croire qu'il allait pouvoir lire ces mots de là où il se trouvait ?

D'ailleurs, où se trouvait-il ?
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Jeu 11 Jan - 9:12

Orion
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Orion se réveilla avec un désagréable pressentiment. Fuis. Il ouvrit un œil, puis l’autre, les referma tous les deux sous l’assaut des rais de lumière qui filtraient… d’où, d’ailleurs ? Il avait la bouche pâteuse et ses pensées étaient engluées dans une épaisse mélasse. Que s’était-il passé ?

Il se rappelait s’être installé pour boire dans un bar tranquille. Fuis. Il se rappelait l’odieux gringalet qui avait essayé de le prendre de haut. Fuis. Il se rappelait le contact des dents contre son poing fermé. Le crochet qui l’avait cueilli en retour au menton. Le grand brun tâta sa mâchoire et sentit l’hématome qui s’y étendait, en grande partie sous sa barbe. Le reste était plus fou.

Orion se redressa en soufflant et jeta un coup d’œil autour de lui. Le constat était sans appel : il n’était pas rentré au vaisseau la veille. L’endroit où il se trouvait n’avait absolument rien de familier. Fuis. Compte tenu des évènements de la veille, il aurait pu s’attendre à avoir fini au poste de police, mais l’endroit ne ressemblait en rien à une geôle. Plutôt à une chambre, assez coquette d’ailleurs. Il était encore entièrement vêtu, à l’exception de ses chaussures, soigneusement rangée à proximité de l’armoire qui lui faisait face. Pas ses bottes. Il était donc toujours bel et bien à Babel. Un sentiment d’urgence s’empara de lui. Il fallait qu’il se lève. Où qu’il soit, il fallait qu’il s’en aille.

Orion enfila ses chaussures. Dans son rapide examen de la pièce, il avait remarqué la présence d’une bassine en émail et d’un broc d’eau sis à proximité. La pièce n’avait rien de menaçant en tant que telle. Alors pourquoi cette sensation impérieuse s’était-elle emparée de lui de la sorte ? Il aspergea son visage d’eau fraîche pour finir de s’éclaircir les idées. L’inquiétude sembla refluer quelque peu. Un rapide coup d’œil à son reflet dans le miroir révélé une trace de sang séché le long de son arcade sourcilière gauche. Quelques bribes de la veille refirent surface. La rixe qui s’en était suivie. Le gringalet qui s’était effondré sous l’assaut de ses poings. Ses copains qui avaient tenté de prendre sa défense. Des sifflets. Une sensation de froid glacial dans sa poitrine. L’intervention des forces de police babélienne, à n’en pas douter. Si c’était le cas, pourquoi n’était-il pas en train de décuver au fin fond d’une cellule ? Était-ce à cela que ressemblaient les prisons sur Babel ? Décorées avec goût. Sans barreau aux fenêtres. Non, l’explication n’était pas satisfaisante.

Sur sa gauche, deux brefs coups furent frappés contre la porte, suivis du cliquetis caractéristique de la poignée que l’on tourne. Fuis. Orion sentit soudain une vague d’adrénaline monter en lui. Réagir, et vite. Pas de bruit de clé, cependant. La porte n’avait donc pas été verrouillées. Il n’était pas retenu contre son gré.

Une charmante frimousse enjouée, aux curieuses oreilles de chat, apparût par l’entrebâillement de la porte.

- Ah, tu es réveillé. Il m’avait bien semblé avoir entendu du mouvement, s’exclama la voix pétillante, bien trop enthousiaste et énergique à son goût.

Qui était-elle ? Un café. Il lui fallait un café bien serré.

- Vous êtes ? Tenta-t-il piteusement.

Il espérait plus que tout qu’il ne s’agissait pas d’une rencontre d’un soir dont il aurait tout oublié. Parce qu’il fallait l’admettre, absolument rien dans les traits de la jeune femme qui lui faisait face ne lui était familier. Celle-ci se contenta d’éclater d’un rire cristallin.

- Cassandre, dear, répondit-elle sur le ton de l’évidence. La fiancée d’Emile ? Ajouta-t-elle face à l’incompréhension qui se lisait sans ambage sur le visage de son interlocuteur.

Babel était une très grande cité. Il s’était rappelé s’être fait cette réflexion, quelques années auparavant. Alors quelle était la probabilité qu’il se réveille chez le frère de la seule personne avait laquelle il s’était promis de ne plus jamais rien avoir à faire ? Et surtout, pourquoi ne parvenait-il pas à chasser de son esprit l’image de ces quatre lettres tracées dans la poussière ? « Fuis ».
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Jeu 11 Jan - 11:37

Erika
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« - Don Janus va vous recevoir. »

Une voix au timbre neutre la tira de sa sieste - ou peut-être de sa nuit. Docilement, Erika se leva puis frotta d’une main absente le côté gauche de son front. Elle y sentit une bosse et le contact de ses doigts lui picota la peau. Elle fit quelques pas jusqu’à la porte désormais ouverte de la cellule, devant laquelle l’attendait une femme en uniforme et armée jusqu’aux dents. Comme mue par un automatisme, Erika lui présenta ses poignets, que la garde menotta prestement.

L’instant d’après, elles pénétraient dans une petite salle d’audience, déserte à l’exception de plusieurs gardes en uniforme similaire à celle qui l’accompagnait, et un homme à la peau diaphane. Celui-ci s’approcha, lui prit le menton dans la main, plongea son regard dans le sien, puis sortit de la salle dans le silence le plus total.

Silence qui n’était troublé que par les battements de cœur assourdissants d’Erika, qui venait de recouvrer l’usage de ses pensées.

Elle se débattit dans ses menottes. Hurla à l’aide. Mordit le bras qui la maintenait à genoux face à un mur. Mais rien ne fit ciller les gardes, et encore moins celle qui la tenait fermement. Erika sentit le désespoir l’assaillir de toutes parts. Non, elle refusait de perdre ce pouvoir. Elle refusait qu’on l’ampute de sa boussole. Elle…

Le talon des bottes des gardes claquèrent à l’unisson lorsqu’ils se mirent au garde-à-vous. La femme à ses côtés s’effaça soudain, et Erika comprit pourquoi en posant le regard sur l’homme - ou la femme ? - qui venait d’entrer dans les lieux.

Nul besoin de la retenir, ni même de la menotter face à une telle figure d’autorité. Sa présence même intimait le respect le plus profond. Don Janus était l’incarnation même de l’élégance et de la dignité. D’un geste de son menton à bouc, il ordonna le repos aux gardes. Puis, il transperça Erika d’un regard insoutenable.

Pourtant, la nécromancienne ne put s’empêcher de souffler, médusée.

« - Vous n’êtes pas comme Perséphone. 

- En effet. »

Là où Perséphone avait le regard lointain voire même absent, celui de Janus pétillait d’acuité. Ses gestes étaient vifs, énergiques, vivants. L’espace d’un bref instant, Erika en oublia même la raison de sa présence ici. Se retrouver face à un être avec une présence pareille forçait l’humilité. Malgré sa situation, la nécromancienne ne put s'empêcher de s'interroger. Tous les autres esprits de famille étaient-ils semblables à Janus ? Ou bien étaient-ils des êtres dénués de volonté et de vie à l'instar de Perséphone ?

De son côté, Don Janus la fit se relever, l’examina comme s’il observait une curiosité de la nature, puis il hocha la tête doucement.

« - Ce ne sera pas long. »

Erika étouffa un cri de terreur lorsque cette main ni tout à fait homme ni tout à fait femme plongea contre son cœur, à l’emplacement exact où palpitait sa boussole. Elle ferma les yeux, au bord du supplice, tandis qu’une étrange fumée blanche s’échappait de sa poitrine, aspirée d’une force inexorable par la main de Janus. Tout son corps résistait à cette intrusion forcée, et sa boussole qu’elle ressentait avec une précision inédite, s’affolait. Un visage familier lui apparut dans un flash. Puis une douleur comme elle n’en avait jamais connue lui coupa le souffle, lui déchira les entrailles, et lui fit espérer la douce délivrance de la mort.

Et soudain, ce fut le vide.

« - Farouk ne fait pas dans la discrétion en matière de séquelles, lui parvint la voix lointaine de Janus. Mais rassure-toi, je suis plus subtil que mon frère. »

Erika n’entendît rien à ce charabia, et pour le moment, elle n’en avait cure. Elle était morte, de la pire des manières qui soit. Une partie d’elle-même, la meilleure partie d’elle-même, lui avait été arrachée par la force. Elle n’avait même plus l’envie de lutter désormais.

Face à son apathie, Janus n’ajouta rien mais posa une main presque paternelle sur son épaule. Erika tressaillit à peine. Elle entendit l’esprit de famille s’éloigner d’un pas et l’instant d’après, il avait disparu, comme s’il n’avait jamais été en ces lieux.

Petit à petit, ses sens la rappelèrent à elle. La petite salle s’était vidée de tous ses gardes, à l’exception de cette femme qui avait retrouvé ses côtés, impassible. Des bribes d’une conversation lui parvinrent derrière son dos. Contre-temps… attrapa t-elle à la volée. Un bon argument… Elle ne causera plus de soucis entre-temps. Ces mêmes voix donnèrent l’ordre qu’on la ramène en cellule, jusqu’au bon déroulé du plan initial. La nécromancienne ne résista pas. A quoi bon désormais ?

De retour dans sa cellule, Erika la considéra d’un œil nouveau. Pas étonnant qu’elle soit si bien entretenue, après tout, les prisons de l’Etoile ne devaient servir qu’en situations exceptionnelles et uniquement pour des cas diplomatiques délicats, comme elle l’avait été. Et si elle ne pouvait être menée à Arc en Terre, l’arche diplomatique était la seule alternative envisageable pour que Don Janus exécutât la sentence.

Pire que la mort. Elle comprenait désormais. Cette sensation impérieuse de vide, d’être dépossédée de soi. Chaque jour qu’elle vivrait serait une punition supplémentaire. Elle appela sa boussole. Encore et encore. Mais à l’emplacement où elle avait été logée, seul un creux lui répondait obstinément.

Alors à la place, Erika appela la mort. De tout son être, elle s'abandonna à un abîme sans fond, espéra et rechercha cette étreinte glaciale, ce voile noir qui l'apaiserait. Qui apaiserait la blessure à vif et irréparable dans sa poitrine. Elle avait à peine conscience de l'enveloppe charnelle qui lui servait de corps. Elle voulait s'échapper d'ici, répondre à l'appel oppressant et attirant de la fin de toutes choses.

Recroquevillée à même le sol de sa cellule, Erika attendit. De quelle voix l'appellerait la mort ?

« - Enfin Erika, j’avais fini par perdre espoir pour toi. Tout de même, vingt-cinq ans pour éveiller un pouvoir familial, c’est du jamais vu ! »

Erika releva brusquement la tête. Elle ne s'attendait certainement pas à ce que la mort ait la voix de sa grand-mère.
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Sam 13 Jan - 13:55

Orion
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Orion passa une main dans ses cheveux, comme il avait l’habitude de le faire à chaque fois qu’une situation l’embarrassait. Heureusement pour lui, la jeune femme qui lui tournait actuellement le dos, occupée à éplucher un fruit quelconque, faisait la conversation pour deux. Qui eut crû que quelqu’un puisse être si volubile si tôt le matin. Le grand brun, pour sa part, peinait à émerger du brouillard éthylique. Il se contenta d’examiner intensément le fond de sa tasse de café qu’elle eut l’amabilité de lui remplir par deux fois, sans cesser de débiter une litanie interrompue de paroles dont il n’écouta pas un mot. Peut-être aurait-il dû prendre la peine d’écouter. Peut-être lui avait-elle indiqué la raison de sa présence ici. Mais quelque chose lui soufflait que ce n’était pas le cas.

Plusieurs fois, alors qu’elle reprenait sa respiration, il essaya de s’immiscer dans le long monologue pour la remercier de son hospitalité et tenter de prendre congé, mais il n’y parvint pas. De guerre lasse, il se contenta de terminer son café sans un mot. Il ne pouvait néanmoins pas rester là indéfiniment. Il avait une mission à accomplir, pour laquelle il était payé. Et puis, plus il restait là, plus il encourait le risque de tomber sur Emile, certainement la dernière – ou l’avant-dernière – personne qu’il avait envie de côtoyer en cet instant.

Son hôtesse continuait à lui tourner le dos, toute occupée qu’elle était à détailler ses fruits en julienne. C’était l’occasion. Le grand brun se glissa aussi silencieusement que possible hors de son siège pour prendre la poudre d’escampette. Ce n’était certes pas très poli, mais il avait tenté les bonnes manières sans grand succès. Il ne perçut pas le rictus de satisfaction sur les lèvres de celle qui avait la capacité de percevoir chaque son dans son moindre détail. Celle qui avait très bien entendu son invité tenter de lui fausser compagnie, l’invité qui avait maintenant la main sur la poignée de porte pour tenter de quitter le charmant domicile de Cassandre.

- Notre invité nous quitte, lança à la cantonade la voix chantante dans son dos.

Soudain, Orion sentit la glace se répandre à l’intérieur de ses entrailles, figer son sternum et bloquer l’air qui tentait dans ses poumons, jusqu’à ce que le froid l’engloutisse entièrement. Il n’y avait pas à dire, il n’y avait rien d’agréable à se trouver de ce côté-là du pouvoir de pétrification.

Lorsque la paralysie reflua finalement jusqu’à ses extrémités, Orion était toujours accroché à la poignée de porte, à laquelle il se retint lorsqu’il sentit ses jambes flageller momentanément. Il se rattrapa tant bien que mal et souffla. Il commençait à comprendre ce qu’avait dû ressentir le malheureux Ernst lors du fâcheux incident de pouvoir d’Erika à bord du Boréal. Non. Il ne fallait pas invoquer tous ces souvenirs. Pas d’Ernst, pas de Boréal, et surtout pas d’Erika. Il avait mis une croix sur cette vie.

- Je crois que nous avons à nous parler, Orion, s’éleva une voix bien moins chantante dans son dos.

L’intéressé ferma les yeux et poussa un long soupir. Plus la peine d’espérer pousser la porte et quitter les lieux, sauf à vouloir subir une nouvelle fois le même sort.

- De ma sœur.
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Il n'y a que les causes perdues qui méritent qu'on les défende [Asma x Jen]
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