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LE TEMPS D'UN RP

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas (avec Rein)

Clionestra
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Sam 25 Mai - 1:16
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Lui et elle, cela a toujours été une histoire de haine. Benedict n’aime pas sa promise. Et vue les nombreuses fois où ils se sont vues, et haï, il doute qu’un sentiment différent soit dans le cœur de la jeune femme. Pourtant, après une obscure apparition dans l’armée de la reine, Benedict revient brisé, détruit, en proie à des douleurs intolérables… et une promise tout sucre et miel avec lui. Que se passe-t-il ? Etait-il mort dans un enfer personnel ? Et pourquoi le sourire de la jeune femme, qu’il ne lui avait jamais donné avant, fait-il battre son cœur ainsi ?

Est-ce que le monde pouvait s'éclaircir après être tombé dans la noirceur ?
Contexte provenant de nos têtes


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Clionestra
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Sam 25 Mai - 1:24

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Benedict, que personne n’appelait Ben pour une raison obscur, se réveilla en hurlant. Le relent de sang, de sueur et de moisissure l’attaquent comme une guerre ouverte contre ses sens. Il ne sentait rien. Il ne sentait plus rien. Il essaya de faire un grognement, mais sa langue, pâteuse, dans sa bouche, refusa de faire caisse de résonnance. Ou était-ce sa cage thoracique qui ne fonctionnait plus ? Il ne sait plus. Il se retrouve perdu dans les limbes de ses pensées. Que savait-il ? Un râle se fit entendre à côté de lui. Il tourna la tête. Il ouvrit enfin réellement les yeux sur la situation.

Il était dans un hôpital militaire. Où ? Il ne pourrait le dire avec certitude. Il savait ne pas être dans son pays…il savait être perdu loin de tout… mais il ne pourrait certainement pas se pointer sur une carte. Il plisse les yeux, les tord, essaie de voir plus loin que son immobilité le permet. Il y avait des malheureux, des cris d’agonies, des cris de souffrances, des râles de mort en devenir. Et lui. Au milieu de tout ça. Il ne sentait rien. Il essaya de revenir sur la situation posément, comme il en avait l’habitude. D’abord, que faisait-il ici ?

Il eut une rapide pensée pour son horrible père. Le duc de BerryGreen était un sale enfoiré. Il avait certes quatre enfants, mais il était le genre d’homme à les oublier une partie de sa vie, obligeant Benedict et son frère, Ethan, à être les « piliers » d’une famille qui allait à vau-l’eau. Benedict avait compris que leur père, non content d’être inexistant dans leur vie, dilapidé l’héritage pour ses enfants. S’il était prêt à prendre les dettes de son père une fois le titre obtenu, il n’était certainement pas prêt à voir sa sœur et ses frères dans le besoin. Alors, il avait fait en sorte de garantir l’argent pour sa fratrie. Leur père, Howard Berrygreen, l’avait appris… et il avait fait en sorte d’envoyer son hériter à la guerre. Oh, normalement, seul un sot enverrait l’héritier de son duché à la guerre ainsi… mais Howard était le genre d’homme logique. Il devait punir Benedict pour ses larcins, et il restait toujours Ethan et Douglas pour prendre la relève.

Mais, c’était un « que faisait-il ici ? » beaucoup trop lointain. Il ne pouvait pas partir dans les souvenirs de Londres. Il avait été envoyé à la guerre, et comme une personne fiable et responsable, il avait embrassé sa mission avec toute la hargne des Berrygreen (moins le père). Tous les enfants avaient appris la gentillesse, l’altruisme, la responsabilité et l’élégance. La famille était uni et Benedict avait donc simplement utilisé les principes qui régente sa vie de futur duc en tant que commandant. C’était pour ça, qu’il était là.

Parce qu’il avait été pris dans une embuscade alors qu’il était en train de repartir vers le campement. Il s’en souvient. D’un coup, des hommes étaient sortie de derrière des arbustes et les avait attaqué. Il avait senti une balle lui transpercer l’épaule, il avait senti son cheval s’emballait alors que des tirs continuaient. Il avait été trainé par son fidèle destrier sur plusieurs mètres avant de se cogner la tête violement contre le sol.

Ainsi, il était à l’hôpital car on avait dit le retrouver vivant… et s’il comptait bien, il devait avoir trois grosses blessures. Sa tête, son épaule, et sa jambe qu’il avait senti se faire écraser par le sabot de son cheval après qu’il l’eut tiré. Sauf qu’il ne sentait rien du tout. Le Laudanum, certainement. Il ne sentait rien. Il réussi à ouvrir la bouche pour écrire un mot sur le sol « traître » avant de se rendormir. Vue la quantité qu’on avait du lui donner, il allait devoir se préparer à un réveil bien difficile…

*

Un mois plus tard, il était de retour à Londres. Si son épaule avait été recousu, pas proprement mais assez pour ne pas avoir de séquelle sur ses mouvements, et sa bosse totalement disparu, ce n’était pas le cas de sa jambe qui avait été tortu, écrasé ET qui avait servi de cible. Elle était dans un état désastreux et qui le faisait souffrir à une puissance inimaginable. Il était obligé d’être poussé par ses frères dans une espèce de chaise roulant qui le faisait craquer.

- DOUGLAS ! hurla-t-il quand son petit frère parlant, encore, de la femme dont il comptait être l’amant dès qu’il aurait dix-huit ans.

Il était amoureux de cette femme, plus vieille que lui bien que Benedict ne pouvait pas dire de combien, depuis dix ans. Et pragmatique comme tous les membres de leur famille, Douglas savait qu’elle devait être marié à l’heure actuelle… Cependant, il comptait mettre tout son charme en action pour devenir son amant. Benedict ne préférait pas se mêler. S’il voulait réellement cette femme, et Dieu seul sait qu’il en avait assez parlé pour que cela ne soit pas une hypothèse, alors il l’aura. Douglas était le seul qui poussait son bonheur jusqu’à l’atteindre quand ni Benedict, ni Ethan, n’espéraient quelque chose de mieux. Leur sœur, plus vieille que Douglas de trois ans, mais plus jeune qu’Ethan et lui, avait un caractère différent encore. Les deux ainés avaient fait en sorte que rien n’atteignent leur cœur comme les leurs avaient été broyé.

- Ta future femme doit venir te voir aujourd’hui, d’ailleurs, continua Douglas, tout guilleret.
- Ah. Bien. Elle doit venir pour pouvoir annuler ses fiançailles qui n’en finissent pas.

Sa future femme était une harpie. En tout cas, c’était ainsi que Benedict voyait l’enfant. Dans sa tête, il ne voyait que l’insupportable gamine qu’il avait rencontrée et dont il avait mis des vers de terre dans la soupe pour essayer de la faire pleurer. Ce n’était pas très gentil. Il le sait… mais à l’époque de leur rencontre, il n’avait que cinq ans… et l’idée de devoir coucher (et là, enfant, il ne pensait qu’au fait de dormir dans le même lit) avec elle le dégoutait. Sa mère, vivante à l’époque mais pas pour longtemps avait bien essayé de montrer les bons côtés du mariage à son plus vieil fils… mais rien à faire, il n’aimait pas sa fiancée, et elle ne l’aimait pas non plus. Chaque rencontre avait été terminé par un désir farouche de ne plus jamais se voir… sauf que personne ne pouvait empêcher un mariage arrangé entre deux pairs du pays comme l’était leur père.

Cependant, et cela était le bonheur dans son malheur, la jeune femme avait dû avoir vent de la rumeur qui le disait impuissant. Bien que cela soit totalement faux, la douleur qu’il ressentait venant de son genou et non de ses parties génitales, il ne comptait pas la détromper… Il allait, enfin, être libéré de cette femme insupportable qui ne savait même pas sourire.

- Je n’ai jamais compris pourquoi tu ne l’aimais pas, s’enquit Douglas en arrivant dans la salle du petit-déjeuner où se trouver déjà Ethan.
- Parce que c’est une harpie, aimable comme un gardien de prison qui envoie son fils à la potence.
- Sympa l’image.

Ethan ne dit rien et fit un soupir en fermant le journal avant de le passer à son frère sans dire un mot. Ethan était comme ça. Il était las. Cela pouvait se sentir dans la manière qu’il avait de se tenir à table, entre ses frères. Ils finirent par manger entre eux, avec Douglas qui faisait très clairement la conversation pour les trois gentlemans… Douglas avait hâte que sa sœur revienne, ses frères avaient au moins de quoi parler (en s’inquiétant pour elle) quand elle était là… Douglas amena son frère dans la bibliothèque et le laissa. Leur père était dans une demeure, loin d’ici, et Benedict utilisait la bibliothèque comme son bureau pour faire tous les papiers administratifs délaissé par leur géniteur. Quand le majordome arriva pour prévenir de l’arrivé de Miss-casse-couille, il lui dit de l’amener ici. Il avait déjà prévu tous les papiers qui attesteront de l’annulation de leur mariage. Il avait tout prévue… mais ça ne serait pas gentleman que de proposer cette solution en premier. Il espère que la jeune femme n’allait pas tourner indéfiniment autour du pot. Il se déplaça en faisant rouler ses roues pour rejoindre les canapés qui se trouvaient en face du feu et demanda à ce que l’on prépare thé et gâteau. Quand la jeune femme arriva, il pencha la tête simplement avec l’élégance qu’il pouvait pour toute révérence. Il ne fit pas un sourire. Il ne souriait jamais à ce dragon venu pour le haïr.

- Milady, fit-il avec les dents serrées, vous m’excuserez de ne point me lever, j’en serais physiquement incapable.

Il osait le dire. Il n’y avait aucun mal à dire ses incapacités. Même s’il avait eu envie de lui montrer le respect qui lui était dû, il n’aurait pas pu. Il bougea à peine sa jambe pour se tester et une douleur atroce remonta le long de ses os jusqu’à l’électrisé. Il laissa échapper une respiration douloureuse avant de reprendre pour essayer de le cacher sous des paroles.

- Du thé et des scones nous serons apporté très prochainement, asseyez-vous donc et dites moi ce que je peux faire pour vous.

Vite, qu’elle demande l’annulation de leur mariage pour qu’il puisse au moins se débarrasser de cette corvée et se concentrer sur tout ce qu’il reste : remettre à flot le duché de son père, réapprendre à marcher, peut-être même se marier pour éviter un autre mariage arrangé. C’était une idée. Pourtant, elle n’était pas moche devant son manque de sourire et sa tête à claque de gamine… Une gamine qui ne l’était plus tant que ça… depuis quand avait-elle de si longs cils ? Et depuis quand avait-elle-même de la poitrine ? Il ne dit rien mais remarqua. Comment ne pas remarquer ?


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Rein
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Sam 25 Mai - 18:19

Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée et je le vis plutôt comme un calvaire.

Les affres de la guerre n'avaient épargné personne. Elizabeth Portman le savait mieux que quiconque. Toute sa vie durant, la fille unique du marquis avait fait de son mieux pour répondre aux attentes de sa famille. La jeune femme maîtrisait aussi bien l'art des mots que celui des nombres et ses connaissances s'étalaient à l'histoire-géographie, mais aussi à l'étiquette, la musique — plus particulièrement la harpe et le violon, ainsi que le chant lyrique et la danse de salon. Tout cela, elle l'avait fait sans grande conviction, à la manière d'une poupée qu'on avait façonnée de toutes pièces au gré de ses envies.

Lorsqu'elle eut cinq ans, ses parents lui présentèrent Benedict Berrygreen — héritier du duché éponyme et, accessoirement, son futur époux. Les muscles de la mâchoire de Benedict étaient contractés, son regard étincelait d'une lueur à faire pâlir et il renifla en signe de dédain. Un sentiment nouveau d'injustice à l'idée que son destin soit désormais scellé à celui de cette ordure avait secoué Elizabeth et son visage s'était fermé à son tour. "Non.", avait-elle simplement craché avant de tourner les talons, refusant de s'incliner devant le jeune garçon pour le saluer.

À chacune de leurs rencontres, Elizabeth et Benedict se livraient une bataille sans merci. Ils s'étaient insultés, piégés, battus, au plus grand désarroi de leurs deux familles respectives. Benedict fourrait des vers de terre dans sa soupe, Elizabeth substituait son plat d'escargots par des escargots toujours vivants. Il lui avait coupé les cheveux, elle avait découpé ses plus beaux costumes pour habiller ses poupées, et ainsi de suite...

L'étiquette avait fini par triompher, cependant, et leurs dernières rencontres n'étaient plus que des joutes verbales incessantes, sans coups... ou presque. Force est d'avouer qu'Elizabeth était inexorablement dotée de deux pieds gauches lorsque ses parents l'obligeaient à danser avec son fiancé. Elle avait perdu le compte du nombre de fois où elle avait involontairement écrasé les pieds de son cher et tendre, pour son plus grand plaisir.

Benedict n'avait même pas pris la peine de lui faire parvenir une quelconque missive pour lui annoncer son départ au front, témoignant une nouvelle fois de son indifférence envers sa promise. De son côté, Elizabeth ne souhaitait pas voir revenir un cadavre, car, voyez-vous, un veuvage précoce ne lui serait profitable en rien. Ainsi, les semaines puis les mois passèrent, jusqu'au jour funeste où...

-

Un énième hurlement perça le calme de la nuit. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf, les servantes du domaine Portman se précipitèrent au chevet de leur maîtresse, l'une épongeant son front trempé de sueur tandis que l'autre essayait de la réveiller en douceur. Personne ne savait de quoi provenaient ses soudaines crises d'angoisse.

Il était vrai que la jeune demoiselle était rentrée titubante d'un bal organisé par un ami du Duc, le temps pâle et les yeux rougis de larmes, mais personne n'avait osé poser la moindre question devant son corsage à moitié arraché et ses cheveux en bataille.

Beaucoup avaient supposé une querelle avec un amant, sans pour autant creuser la question, car on ne parle pas de ces choses-là, encore moins lorsqu'il est question de sa maîtresse.

D'une main tremblante et le regard affolé, Elizabeth repoussa avec véhémence les mains de ses dames de compagnie. "Sortez... DEHORS !", avait-elle craché, la voix enrouée à force de hurler. Ces dernières se hâtèrent de sortir, et la jeune femme eut à peine le temps d'atteindre son pot de chambre pour y vomir les restes de son maigre repas. Elle ne vomissait pas souvent, mais c'était de plus en plus fréquent dernièrement.

Elle se débarbouilla le visage et se rinça la bouche à l'aide de sa cruche d'eau propre avant de se regarder dans un miroir. Un rictus dédaigneux, d'habitude si propre à Benedict, habilla ses lèvres asséchées et elle dut se faire violence pour ne pas frapper le miroir de son poing. Grands dieux, elle avait connu des jours meilleurs.

Pour la première fois depuis des semaines, la demoiselle s'observa quelques instants. Ses mains passèrent sur ses joues creusées, dans ses cheveux emmêlés avant de descendre sur sa poitrine endolorie. Elle haussa un de ses sourcils lorsque sa main passa sur son bas-ventre légèrement arrondi. Étrange. Elizabeth connaissait son corps mieux que quiconque, personne d'autre n'aurait remarqué la différence, mais lorsqu'elle se tourna pour observer son reflet du coin de l'œil, son visage se décomposa. "Seigneur..." Lorsque l'atroce vérité se révéla à elle et la frappa de plein fouet, elle vomit de nouveau.

-

"Qu'avez-vous dit ?" L'esprit embrumé, Elizabeth demanda d'un ton las à sa domestique de se répéter. Lorsqu'elle l'entendit prononcer le nom de Benedict Greenberry, ses yeux s'écarquillèrent avant de briller d'une lueur qui semblait avoir disparu depuis des semaines. Elle la congédia presque immédiatement avant de commencer à faire les 100 pas dans sa chambre.

Benedict avait survécu. Il était grièvement blessé, mais en vie. Si on avait dit à Elizabeth que la nouvelle du retour de son futur époux la réjouirait au point de pleurer, elle aurait ri aux éclats. Mais les choses avaient changé. Désormais, Benedict était son unique espoir de ne pas finir humiliée. L'idée du mariage ne l'enchantait guère, mais elle était prête à tout pour échapper au scandale que causerait son déshonneur. L'idée était en soi très simple : épouser Benedict comme convenu, consommer le mariage lors de la nuit de noces, puis faire chambre à part jusqu'à la fin de ses jours. Elle s'occuperait de son enfant sans faire de vague et n'aurait que faire si Benedict se trouvait une maitresse ou deux, bien au contraire.

Aussi, Elizabeth se saisit de sa plus belle plume afin d'informer le duché de Greenberry de sa venue. Elle allait prendre son destin en main, n'en déplaise à ce vieux grincheux de Benedict.

"Mary !", appela-t-elle d'une voix enjouée. Il y avait de l'espoir, ça pouvait marcher et cette perspective l'enchantait. "Faîtes préparer mes bagages." La domestique parut surprise par cette demande soudaine, mais elle ordonna que l'on prépare diverses toilettes et qu'on attèle la calèche familiale. "Faîtes vite, je vous prie, je souhaite être au chevet du duc le plus rapidement possible."

-

Une semaine plus tard, la future duchesse de Greenberry faisait son arrivée au duché. Vêtue d'une robe ample lilas, elle effectua une révérence respectueuse devant Ethan et Douglas. "Messires, cela faisait longtemps." Un doux sourire sur ses lèvres rosées, elle chercha Benedict du regard, sans succès. Devant son air surpris, Douglas ria avant de la rassurer en lui indiquant qu'un majordome allait la guider sous peu vers la bibliothèque dans laquelle Benedict l'attendait.

C'est dans un silence inquiet et méfiant qu'elle suivit l'homme vers la bibliothèque. Elle prit grand soin de se tenir à bonne distance du vieil homme, l'idée d'être seule avec un inconnu lui étant désormais presque insupportable. Mais elle n'était pas seule, Mary était là, cette fois. Le vieil homme annonça Elizabeth et elle ordonna à Mary de l'attendre avant d'entrer, congédiant le majordome par la même occasion d'un ton un peu trop ferme et froid, malgré elle.

Son regard trouva quasiment immédiatement celui de Benedict, et un éclair de surprise traversa ses yeux. Ainsi donc, le futur Duc de Greenberry était infirme. Était-ce définitif ? Elle fronça les sourcils devant son air fermé, mais ravala la réplique cinglante qui lui brûlait la langue. "Milord.", répondit-elle en s'inclinant brièvement. "Vous êtes tout pardonné, pour cette fois.", ajouta-t-elle avec une pointe de sadisme dans la voix. Benedict était en vie, elle pouvait bien se permettre une touche d'humour noir concernant son état. Cependant, son regard s'adoucit quelque peu lorsque Benedict siffla entre ses dents, le tressaillement de sa jambe trahissant une douleur inimaginable. Elle choisit de faire semblant de n'avoir rien remarqué, par respect pour lui.

"Bien." Elizabeth prit place en face de Benedict, près de la douce chaleur que diffusait le feu crépitant de la cheminée. Elle garda le silence lorsqu'on toqua à la porte et évita le regard du majordome, les mains tremblantes. Lorsqu'il prit congé, ses épaules se détendirent irrémédiablement et son visage anxieux laissa place à une expression plus sereine. Sans un mot, elle servit le thé à Benedict. "Mon cher ami, je suis soulagée de vous savoir en vie après tout ce que vous avez traversé.", commença-t-elle avant de mettre plusieurs scones dans une assiette pour lui. "Au vu de votre condition nouvelle, je vous informe que nos deux familles ont obtenu l'accord de la reine en personne afin que je puisse emménager dès aujourd'hui au duché — bien que nous ne soyons pas encore mariés." Elle but une gorgée de thé avant de continuer. "En tant que fiancée, il est de mon devoir de prendre soin de mon futur époux." Elle essaya d'esquisser un sourire, mais n'y parvint pas. "Nous ferons chambre à part en attendant le jour de notre mariage — qui devra avoir lieu dans les plus brefs délais. Nous ne souhaitons pas de scandale, après tout, n'est-ce pas ?"

Sa voix tressailli légèrement, et son regard descendit un instant sur les jambes de Benedict. Ses sourcils se plissèrent un instant tandis qu'elle cherchait à savoir si l'état de ses dernières aurait une quelconque incidence sur les capacités du jeune homme à avoir des enfants. Elle fit le choix de ne pas croire aux rumeurs décrivant le futur duc comme étant un homme impuissant — pour le moment.

Son regard azur plongea dans celui de Benedict qui, lui, semblait pâlir à vue d'œil. Allait-il faire un malaise ? "Par tous les dieux, mon ami, buvez.", l'encouragea-t-elle doucement d'un ton doucereux, presque moqueur. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, ils avaient toujours été ainsi.
Clionestra
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Sam 25 Mai - 19:10

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Il se boufferait les doigts plutôt que de dire qu’il la trouvait… jolie. Une femme ne devenait pas jolie en si peu de temps. Et encore, elle avait le visage mince, les joues creusés, elle semblait être… fatiguée. Pourquoi la trouvait-il jolie ? Peut-être tout simplement parce que c’était la première femme disponible qu’il avait vue depuis sa mort. Il eut un frisson. Après son premier réveil dans les choux, les autres avaient été bien moins drôles. La douleur dans sa chambre lui envoyait des piques de douleurs et le faisait crier dans son sommeil. Le manque de sommeil le rendait irritable, et toute la vie au front rendrait un homme sain complètement fou. Il était revenu, et il attendait toujours à voir surgir derrière une porte une quelconque assaillants venus pour finir le travail… Cependant, sa pire ennemi n’était-elle pas en face de lui ? Surtout face au silence qu’elle laissait. Depuis quand la jeune femme laissait-elle le silence tombait entre eux ? D’ordinaire, elle faisait un bruit agaçant, tapotant un ongle contre une table, tapant du pied, soupirant, voire même respirant ostensiblement fort pour montrer son ennuie et son désir de s’en aller. Il fronce les sourcils, et laisse le silence.

Il fallait pourtant qu’elle parle. Qu’elle lui dise vouloir tout annuler, -enfin !- et qu’elle accepte que toute cette histoire de fiançailles n’était qu’une obscure et bien stupide histoire qui aurait dû s’arrêter aux escargots. Oui, contre sa délivrance, Benedict était même prêt à lui laisser avoir le dernier mot de leur confrontation. Rien n’était trop beau pour briser leur lien une bonne fois pour toute. Il pourrait même lui présenter ses camarades d’Eton. Il ne les fréquentait plus réellement, c’était ce qui arrive quand on devait être un duc sans en avoir encore le titre, mais il connaissait la nature profonde d’une partie d’entre eux. Il l’observait, perçu son tremblement –qu’il croyait venir de sa hâte de se libérer, de son côté aussi-, et fit un hochement de tête.

- J’ai eu de la chance.

Malgré la balle qui l’avait traversé au genou, malgré le cheval qui l’avait piétiné et trainé, malgré tout ça, il avait une chance inouïe. Il aurait dû mourir. Il le sait. Les médecins militaires lui avaient tous dit. Il avait perdu beaucoup de sang, sa plaie à la jambe était affreuse et s’était infecté. Il avait eu de la fièvre, il était tombé dans les pommes plusieurs fois à cause de la douleur. Il était tombé dans le néant et la noirceur de la mort. Ainsi, il savait avoir eu de la chance, et n’avoir rien fait pour mériter ça. La chance et c’est tout. Mais… toutes ses pensées grillèrent quand elle continua de parler.

- Je vous demande pardon ?

Que venait-elle de dire ? Il pensait à la chance et à la malchance de mourir et elle venait de… quoi ? Il eut un frisson clairement d’horreur à l’idée de vivre avec sa harpie personnelle dans sa demeure, alors qu’il était amoindri par sa condition. Dans un état normal, il aurait bondi sur ses pieds pour aller chercher Douglas et le frapper. Après tout, il n’y avait que son plus jeune frère pour fomenter une blague aussi grotesque. Ethan ne serait pas aussi cruel, puisqu’il sait mieux que quiconque que Benedict déteste sa fiancée depuis leur première rencontre. Pourtant, il avait fait un effort, pour leur rencontre. Leur différence d’âge en avait attesté, il était l’adulte du couple. Il était venu apprêter, bien propre et princier. On lui avait dit que les femmes voulaient un prince charmant, si ce n’est pas le titre au moins par le comportement. Et il avait eu le droit à une furie qui ne lui avait laissé aucune chance.

- Quoi ?

Continua-t-il à dire, abasourdi et clairement perdu. D’un coup… il su. Il était mort ce jour là, dans cette embuscade et il venait de tomber en enfer. Sa jambe n’était que le premier cercle de l’enfer, et il venait de tomber dans le dernier avec la présence d’Elizabeth CHEZ LUI, pour s’occuper de lui… Elle lui dit de boire, et comme il avait le cerveau totalement à l’envers, il porta le breuvage à ses lèvres et le bu d’une traite. Et oui, il se brula. Mais la douleur avait au moins le mérite de le réveiller mieux qu’une claque. Il la regarde et fronce les sourcils, suspicieux cette fois… Comme la seconde fois où il avait mangé des escargots avec elle, il cherchait l’espièglerie et la fourberie dans le regard de la blonde. Il n’y en avait pas.

- Vous êtes sérieuse ? demanda-t-il d’un coup alors que son regard, loin d’être cruel ou méchant, traduisait clairement le choc et l’étonnement. Avez-vous commencé à mettre de feuilles plus onéreuses que d’ordinaire dans votre thé ?

Parce que cela serait la raison la plus logique. Ou il était mort. Ou la jeune femme avait commencé à boire des feuilles interdites au public et avait perdu la capacité de… Il l’observe encore. Il ne sait pas quoi dire. S’il était d’accord sur le principe, chambre à part jusqu’au mariage et mariage avancé, ce n’était que parce qu’il pouvait réfléchir sur les faits… mais ces faits ne fonctionneraient que s’il y avait une relation amicale entre eux.

- Savez-vous seulement ce que signifie de vous occuper de moi, en tant que futur femme, si vous venez réellement ?

L’aider à se déshabiller parfois, surtout quand il a trop mal pour se pencher parce que la douleur remonte le long de ses os, l’aider à s’habiller, pour la même raison, l’aider à se déplacer s’il veut se lever, l’aider à réapprendre à marcher… et puis… Il était un homme. Il avait une fierté déjà blessé de laisser ses frères pousser cet affreux fauteuils. Et puis, elle n’allait pas venir vivre dans une maison avec trois hommes célibataires (et une femme, certes, mais leur sœur ne comptait pas dans les comptes). Et puis…. Il observe la jeune femme, trop loin pour pouvoir lui faire peur en la touchant, pas assez pour ne pas sentir son odeur. Depuis quand avait-elle une odeur de femme ? Il observe le fond de sa tasse un instant.

- Avez-vous mis des feuilles plus onéreuses que d’ordinaire dans mon thé ? accusa-t-il avec un froncement de sourcil en déposant la tasse à côté de lui.

C’était la seule raison possible pour qu’il puisse avoir remarqué qu’elle était une femme, plus la gamine insupportable du début. Il s’enfonce dans son siège roulant et une nouvelle pique de douleur le traverse. Sa mâchoire se serre, ses lèvres tressautent à peine et il continue de faire comme s’il n’était pas en train de souffrir. Il ne pouvait pas lui dire qu’il attendait d’elle qu’elle annule leur fiançailles et ne comprenait donc pas pourquoi elle parlait de se mettre à « son service ». S’il l’accepte, le mariage sera obligatoire. Même chaperonné, personne n’acceptera l’idée d’une annulation de mariage si elle vient vivre chez lui.

- Si vous venez effectivement ici, il n’y aura plus de machine arrière. Vous allez devoir être ma femme, et je ne suis pas le genre d'homme à ne demander qu'un héritier

Pitié, pensa-t-il, qu’elle prenne peur à cette éventualité comme quand ils étaient enfant et qu’elle tapait du pied en refusant en bloc leur union, qu’il retrouve un semblant de normalité dans sa vie !


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Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée à un imbécile et je le vis plutôt mal.

L'inflexible duc de Berrygreen, dont le visage semblait toujours figé dans la glace en la présence de sa fiancée, semblait sur le point de s'étouffer tant la tournure qu'avait prise la conversation l'avait estomaqué. Elizabeth devait bien avouer que, si l'enjeu de cette conversation n'avait pas été vital pour elle, elle se serait fortement amusée de la situation. Il était tellement rare pour la jolie blonde de voir le jeune homme aussi décontenancé. L'esquisse d'un sourire se dessina sur ses lèvres, et elle dut reprendre une gorgée de thé afin de ravaler un sentiment grandissant d'arrogance.

Force était d'avouer qu'il était déjà fort satisfaisant que Benedict n'ait pas rejeté immédiatement l'idée de la concrétisation de leurs fiançailles. Elizabeth avait imaginé tous les scénarios possibles sur le chemin du duché. Elle avait même pensé à avouer toute la vérité à Benedict et à le supplier de l'aider à éviter le déshonneur. Peut-être aurait-il été clément et compatissant ? Ou bien aurait-il obtenu l'excuse parfaite pour rompre ce lien qu'ils avaient tous deux tant réprouvé ? Se serait-il amusé de la situation, ou pire encore ? L'aurait-il rejeté en l'injuriant de fille facile ? Sans aucune vertu, ni honneur ? L'aurait-il accusé de mentir ? Ces pensées lui firent horreur et un frisson glacial lui saisit les os.

Il était exclu de dire la vérité à Benedict — à quiconque d'ailleurs. Elle emporterait le secret de cette horrible nuit dans sa tombe, elle se l'était jurée. Mais... et si son assaillant venait à se vanter de ses exploits ? Sa respiration s'accéléra un instant et elle porta une main agitée à ses lèvres. Elle allait vomir. Non. Pas ici. Pas maintenant. Elle contempla le feu crépitant dans la cheminée pour se calmer. Le mouvement irrégulier des flammes l'apaisa un tant soit peu et la voix de Benedict, salvatrice, la sortie de sa torpeur.

Son regard bleuté replongea dans celui qu'elle avait méprisé pendant tant d'années tandis que le pauvre homme encaissait le choc des annonces précédentes du mieux qu'il le pouvait. "Sachez que je n'ai pas pour habitude de plaisanter avec ces choses-là, monsieur — et encore moins avec vous, vous en conviendrez.", s'agaça la jeune femme tandis que son imbécile de fiancé évoquait la possibilité qu'elle ait été droguée. Sa paupière gauche tressauta alors subitement et ses mains furent prises de tels tremblements qu'Elizabeth empoigna subitement un morceau de tissu de sa robe et, dans l'espoir de se calmer, elle serra si fort que les jointures de ses doigts tournèrent au blanc.

Fugacement, l'horrible souvenir familier de l'amertume étrange du thé qu'elle avait bu ce soir-là lui revint en mémoire et une goutte de sueur perla le long de sa tempe. Pourquoi avait-elle été à cette maudite soirée ? Comment les choses avaient-elles pu en arriver là ? Les fantômes des mains défaisant son corset avec hâte torturèrent son esprit, accentués par les bruissements de sa robe — causés par ses propres mains — qui lui rappelaient avec quelle violence on avait remonté ses jupons. Elle avait voulu crier, mais aucun son n'était sorti. Une nouvelle fois, comme pour reprendre pied à terre, elle but une gorgée de thé. Celui-ci était divinement sucré, loin, tellement loin de l'amertume de ce maudit breuvage. "Permettez-moi de vous corriger, très cher, je suis déjà là." répliqua-t-elle, l'oreille attentive aux propos de cet idiot. "Et, ne vous en déplaise, je n'irai nulle part." annonça-t-elle avec sa froideur habituelle avant de s'adoucir, le but n'était pas qu'il prenne ses jambes à son cou après tout — s'il en était toujours capable.

"Benedict..." Elle ne l'avait encore jamais appelé par son prénom avant cet instant et ce simple mot sembla soudain particulièrement intime, mais également précieux et fragile. "J'ai pleinement conscience des tâches et des devoirs qui m'incombent en devenant votre épouse. Suis-je si repoussante pour que l'idée même de respecter vos engagements envers moi vous semble si... déplaisante ?" Elle battit des cils et le regarda par-dessous avant de faire la moue. Elle avait besoin de savoir si ses charmes avaient un quelconque effet sur l'homme avec qui elle devrait bientôt partager son lit. Dans le cas contraire, leur nuit de noces serait compromise.

Troublé, Benedict évoqua l'idée que son propre thé ait pu être empoisonné. Elizabeth voulut rétorquer, mais la douleur fugace qui traversa le visage de son fiancé la fit se raviser. Elle le savait orgueilleux et plein d'égo, aussi, elle fit le choix de patienter à nouveau que cela passe, tout en feignant l'ignorance. Elle espérait montrer à Benedict, par ce simple geste, qu'elle saurait respecter son espace et ne pas l'envahir inutilement.

Il se reprit quelques instants plus tard et poursuivit sa tirade. Un des sourcils de la jeune femme se leva face aux mots de son futur époux et un sourire carnassier habilla ses lèvres pulpeuses. "Je vous l'ai déjà dit, très cher, je suis là et je n'ai aucunement l'intention de m'en aller." Elle se pencha légèrement en avant, et son corset, bien que trop serré pour une femme enceinte, mais salvateur au vu de la situation actuelle, souligna la forme généreuse de sa poitrine. "Néanmoins, vous me voyez ravie d'apprendre de votre bouche que les rumeurs concernant votre éventuelle impuissance semblent totalement infondées." Elle replaça une mèche de ses boucles blondes derrière son oreille droite avant de poursuivre. "Je tâcherai de vous donner autant d'héritiers que vous le souhaitez, Benedict." Si n'importe qui d'autre avait été témoin de la sensualité avec laquelle Elizabeth avait presque susurré, pour la deuxième fois de sa vie, le prénom de son ennemi, on aurait crié au scandale devant autant d'indécence.

Elizabeth se redressa lentement avant de se servir à manger. Tout cela lui avait ouvert l'appétit et elle jugea qu'il était préférable de laisser ses sous-entendus atteindre le cerveau — ou l'entrejambe — de Benedict. Après tout, les hommes pouvaient se montrer très lents, par moment. Lorsque l'horloge sonna quatre heures, elle reprit. "Bien, pouvons-nous discuter des détails de la cérémonie, à présent ?" La jeune femme aux cheveux blonds n'avait plus de temps à perdre en fioriture — ou fort peu. Il fallait que les choses avancent entre eux, avant que quelqu'un ne se rende compte de la supercherie.

Dans l'attente d'une réaction et/ou d'une réponse de la part de son imbécile de Benedict, Elizabeth s'autorisa à laisser son regard se perdre sur son futur époux. Avant, l'idée même d'être dans la même pièce lui semblait insupportable, mais elle ne l'avait jamais trouvé repoussant pour autant. Elle n'avait jamais éprouvé grand intérêt à le contempler, et pourtant elle fut la première à remarquer la formation de sa pomme d'Adam, signe avant-coureur de sa puberté. Elle avait été attentive à chaque détail, de la manière dont ses muscles s'étaient développés — en particulier ceux de son dos et de ses épaules, ils étaient ses préférés — à la façon dont les traits de sa mâchoire s'étaient si joliment dessinés.

Une vérité déplaisante frappa soudain Elizabeth. Benedict Berrygreen avait tout d'un homme attirant, au-delà de son statut. En un seul mot comme en cent, la gent féminine se jetterait à ses pieds aussitôt que l'annulation de leurs fiançailles serait prononcée. Benedict n'aurait alors que l'embarras du choix et cette pensée l'agaça. Cependant, ça, jamais elle ne lui avouerait. Elle préférait avaler sa langue plutôt que d'admettre qu'elle éprouvait un profond sentiment de jalousie face à cette simple idée.
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Dim 26 Mai - 11:33

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Il en bégayait mentalement. Oui, d’ordinaire il ne laissait rien passer sur son visage et faisait croire qu’il était plus inerte qu’un meuble… il avait appris cela avec son père. Quand son géniteur voulait le blesser, il ne fallait surtout rien montrer sur son visage qu’il puisse faire comprendre qu’il y arrivait. Quand son père voyait la souffrance sur le visage d’un de ses enfants, il continuait à l’entretenir comme les braises dans un foyer. Ainsi, il avait appris, comme son frère Ethan, à ne rien laisser paraître sur son visage. Les chocs, les émotions, les sentiments, les pensées devaient rester profondément enfouies en lui pour que personne ne puisse les utiliser contre lui.

Mais là, il n’y arrivait pas.

La souffrance sur sa jambe était telle qu’il faudrait lui amputer pour pouvoir cacher efficacement tous les piques de douleur qu’il ressentait. Le choc des paroles de la jeune était tel qu’il faudrait beaucoup plus de thé, ou un whisky pour en cacher l’illustration sur son visage. D’ailleurs, cette conversation aurait mérité quelque chose de bien plus fort mais ne pouvant s’y rendre, et ne désirant pas demander quoi que ce soit à son épine dans le pied, il se contenta du thé qu’il bu en entier. Observant la jeune femme.

Plusieurs fois, il remarqua une expression dont il ne pouvait être coupable. Une expression nauséeuse, une expression effrayée, un tremblement qui n’avait rien à avoir avec la conversation en court. Il avait pris l’habitude de cacher ses sentiments face au monde, mais il savait que Douglas, pour le plus simple exemple, ni arrivait pas et avait trouvé des pirouettes. Quand son plus jeune frère était gêné, il toussait pour le cacher. S’il rougissait, il secouait la tête vivement. S’il avait peur, il sautait d’un pied sur l’autre. Et quand il était en crise au désespoir, il plantait ses mains dans ses poches pour essayer de l’y cacher. La jeune femme faisait comme lui… mais pourquoi ? Et pourquoi insistait-elle. Elle était mignonne, intelligente, il le savait malgré lui, pleine de ressource… Pourquoi ne pensait-elle-même pas à faire annuler ses fiançailles avec lui ? C’était à ne rien y comprendre. Et à nouveau, il fut étonné de ses paroles. Mais au lieu d’un choc, il darda sur elle un regard noir.

- Mademoiselle Portman, il faudrait être un sot ou un aveugle pour oser dire que vous êtes repoussante, contra-t-il.

Avant de réaliser ce qu’il disait… Mais ça le rendait dingue, lui quand une femme tout à fait mignonne se dévalorise pour une question qu’il ne comprend pas. Comme la jolie Miss Hooper. Une petite débutante que tout le monde délaisse parce qu’elle avait eu un jour des cheveux blancs. Il n’avait pas bien compris l’histoire, mais après un accident particulièrement effrayant, les cheveux roux de l’enfant étaient devenus blanc comme la neige. Et tout le monde l’en trouvait moins jolie, alors que Benedict trouvait au contraire que ça lui donnait un charme certain. S’il ne pouvait se permettre de dire à Miss Hooper qu’elle était tout à fait charmante, il obligeait toujours Ethan à danser avec elle à chaque bal. Et il dansait aussi avec elle, bien que tout le monde sache qu’il était fiancé depuis les couches culottes. Il n’aimait pas qu’une personne se dévalorise pour quelques peccadilles dans son apparence qui, loin d’enlaidir la lady, la rendait unique. Benedict n’avait simplement jamais cherché cette unicité dans Elizabeth, puisque son désir le plus farouche était qu’elle débarrasse le plancher. Mais puisqu’elle ne prenait pas la raison de la rumeur pour le quitter, il préféra être honnête.

- Mon genou a été arraché par une balle, mon os écrasé et tordu par mon cheval, j’ai reçu une autre balle dans le bras avec une cicatrice moche mais ressoudé convenablement et une bosse sur la tête. Rien qui ne puisse enlever mes capacités de reproducteur.

En disant cela, il explique ce qui lui était arrivé, bien qu’il se demandait de plus en plus si la bosse à la tête ne l’avait pas plongé dans un coma où les seins de la jeune femme devenait un besoin bestial, et critiquer la société avec une subtilité bien mise. Tout le monde pouvait savoir ses blessures, il était même passé dans les chroniques mondaines… Alors, qui diable avait cru bon de faire croire qu’une blessure, certes grave et qui avait failli lui coûter la vie, puisse impacter plus haut ? Il s’en fiche. Il avait utilisé la rumeur pour repousser la jeune femme… mais cela ne semblait pas fonctionner comme il convient avec elle. Pourquoi ? Toujours l’éternel même question. Surtout qu’elle avait toujours dit qu’elle refuserait d’être sa femme et de faire son devoir… La manière dont elle disait son prénom était… sensuelle et doux… Et Benedict continua de froncer les sourcils. Elle essayait de le séduire maintenant ? Il aurait vraiment besoin d’un remontant. Il laissa le temps couler et répondit à la suite.

- Je ne vous épouserais pas sans pouvoir tenir debout. C’est une question d’honneur, alors elle sera repoussé jusqu’à ce que je puisse marcher jusqu’à l’hôtel à défaut de pouvoir vous porter jusqu’à notre nuit de noce.

AH. La nuit de noce tient. Normalement, c’était le mari qui devait la préparer… parce que… mais avec son géniteur qui refuse de mourir et surveille d’autant plus les dépenses, ça allait être compliqué. Ethan pourrait certainement lui prêter son cottage. Le duc de Berrygreen possédait sept demeures. Chaque demeure était bien entretenu, par son fils, ou autant qu’il l’avait pu. Quand le duc avait vendu le cottage à la campagne, Benedict avait fait en sorte de l’acheter pour l’offrir à Ethan. Celui-ci avait très bien compris le but de Benedict, qui était de mettre à un autre nom les biens pour plus tard. Ainsi, des septs demeures, il ne restait que celle où son père résidait dans un luxe indécent, celle-ci considéré par leur géniteur comme la « nurserie », et deux autres dans des états si déplorables que Benedict ne pouvait s’en occuper. Il avait mis pour le reste les maisons au nom d’Ethan, de Douglas et de leur sœur Rose, pour en garder la propriété sans être lié au duc. Il pourrait donc demander à Benedict, et cela se ferait dans un moindre coup. Et le fait qu’il pensait sérieusement à ce mariage lui faisait bizarre. Il avait toujours cru que la jeune femme ouvrirait les yeux sur la famille dont elle allait faire parti et s’enfuirait avec le premier venu à Gretna Green pour éviter de se retrouver coincé avec eux… Il ne comprenait pas. D’un coup, une nouvelle idée passa dans son esprit. Il valait mieux essayer que de ne rien faire. Immobile dans cette chaise, il ne pouvait pas s’approcher, et ça aiderait dans son dessein.

- Mademoiselle Portman, susurra-t-il alors qu’un sourire nouveau apparu sur son visage, entre l’amusement et le désir, vous semblez bien pressé de nous marier. Puisque cela semble être important, pourrais-je avoir un avant-goût de notre union et vous demander de m’embrasser ?

C’était une idée comme une autre, ok ? La jeune femme avait toujours dit que l’embrasser serait inadmissible et affreusement dégoûtant. A l’époque, Benedict aurait été d’accord. Embrasser cette femme l’attirait autant que lécher les sabots d’un cheval de champs. Mais maintenant, dans leur petit cocon étrange, il en avait envie. Et Benedict avait un petit secret… Il lui avait été loyal. Benedict Berrygreen, futur duc et beau gosse notoire n’avait jamais embrassé quiconque. Parce qu’il était fiancé et qu’il ne pouvait trahir la jeune femme, bien qu’elle soit une sale gosse pleurnicharde. Il ne pouvait être un traître. Alors, il n’avait jamais embrassé aucune femme bien qu’il eu lu quantité d’ouvrage pour être parfaitement à l’aise dans ce jeu. Il savait quoi faire. Ethan et Douglas étaient dans le même cas. Les fils de Berrygreen étaient tous, pour une raison ou pour une autre, aussi pure que la plus vertueuse des débutants… mais il n’avait pas peur. Parce que son corps réagissait à la jeune femme avec une chaleur qu’il appréhendait et appréciait. Il avait réagit à ses souffrances, avec l’envie de venir combler son tremblement de sa main, mais aussi à sa poitrine offerte et délicieusement ronde, à ses lèvres délicieusement humide du thé qu’elle venait d’ingurgiter. Il se pencha.

- Embrassez-moi, répéta-t-il.

Si elle devait prendre peur, elle partirait une bonne fois pour toute. Si elle le faisait… Grand Dieu. Pour la première fois de sa vie, Benedict priait pour qu’elle s’approche de lui et le laisse explorer ses lèvres du bout de la langue. C’était sûr, on avait mis quelque chose dans son thé… et il se remercia de ne pas avoir bu quelque chose de plus fort.


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Dim 26 Mai - 17:27

Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée à un imbécile et je le vis plutôt mal.

Le regard d'Elizabeth s'illumina un bref instant quand Benedict lui avoua à demi-mots qu'il la trouvait ravissante. La rumeur d'impuissance étouffée, cette information supplémentaire, mais cruciale, lui faciliterait grandement la tâche pour attiser le désir du jeune homme. L'objectif demeurait le même : consommer le mariage. Son infirmité n'était pas insurmontable, elle s'en accoutumerait. L'esquisse d'un sourire en coin se dessina sur ses lèvres devant l'air confus de Benedict. Lui-même semblait surpris par ses propres mots et elle se délecta un instant de son air décontenancé. Cet idiot n'avait pas conscience qu'Elizabeth irait même jusqu'à s'offrir à lui dès qu'il le désirait après leur mariage, tous les soirs si tel était son souhait, pour peu que cela suffise à le convaincre que l'enfant qui grandissait en elle était bien de lui.

Benedict attira de nouveau son attention lorsqu'il expliqua le calvaire qu'il avait vécu sur le front. Elizabeth ne cilla pas bien que la nausée lui montait au nez. "Vous êtes en vie, mon ami. C'est tout ce qui m'importe aujourd'hui." Elle compatissait à sa douleur et était prête à l'épauler, mais le soulagement de le savoir sain et sauf outrepassé toutes ses autres émotions. Elle n'avait jamais voulu le voir mort. Jamais. Auparavant, la blonde rêvait de l'annulation de leurs fiançailles ou qu'il lui annonce être tombé amoureux d'une autre et qu'il la rejette, qu'il s'enfuit en pleine nuit avec sa maitresse pour ne jamais revenir, mais jamais, elle n'avait souhaité sa mort. Aujourd'hui, la simple idée qu'il puisse l'informer de la rupture pure et simple de leurs fiançailles la terrifiait. Il pouvait bien vivre un grand amour passionnel à côté puisqu'il ne l'avait jamais apprécié, elle ne lui en voudrait pas le moins du monde — pour peu qu'il l'épouse et l'honore au moins une fois. Ensuite, elle se ferait discrète jusqu'à la fin, si tel était son souhait.

Elle corrigea sa posture et croisa les jambes, le tissu de sa robe découvrant légèrement l'une de ses chevilles. Benedict refusait le mariage tant qu'il n'était pas capable de tenir debout, il en allait de son honneur, de sa fierté et de son égo surdimensionné. Allait-il seulement fournir les efforts nécessaires lors de rééducation ? Que faire s'il faisait traîner les choses sur des semaines, ou pire, des mois, uniquement, car il était contre ce mariage ? Que lui dirait-elle à propos de sa grossesse ? Son souffle se coupa à cette éventualité, mais elle ne put empêcher ses joues d'empourprer lorsqu'il mentionna leur éventuelle nuit de noces. "Dans ce cas, j'ose espérer que votre rééducation avance à grands pas. J'y veillerai personnellement, dorénavant." Un sourire carnassier fleurit sur ses lèvres rosées. Pour qui la prenait-il ? Elle n'allait certainement pas attendre bien sagement qu'il se décide à remarcher, elle en faisait le serment, Benedict se tiendrait debout bien assez tôt. "J'entends votre désir de vous tenir à mes côtés sur vos deux pieds, et je le respecte. Aussi, je mettrai tout en œuvre pour vous y aider."

Elle hocha la tête d'un geste décidé, le genre de geste qui indiquait que le sujet était désormais clos. Elle pensa qu'il faudrait organiser un bal afin d'officialiser leurs fiançailles. Il était préférable que Benedict puisse au moins tenir debout d'ici-là, et elle savait qu'il n'apprécierait pas l'idée de rester reclus dans son fauteuil devant toute la haute société. Son regard s'adoucit une nouvelle fois et elle se demanda si le ciel lui accorderait une nouvelle chance de danser avec lui. Elle ne l'avait jamais avoué avant, mais Benedict était un excellent cavalier, suivre ses pas était un jeu d'enfant et en voyant l'état de ses jambes maintenant, elle pouvait presque regretter de lui avoir autant marcher sur les pieds lorsqu'ils étaient forcés de danser ensemble. S'il était à présent dans l'incapacité de danser, elle se promit de rester à ses côtés sans faire de vague. Elle non plus ne danserait pas.

Benedict prononça son nom et elle plongea son regard indescriptible dans le sien. Elle ne lui avait pas entendu ce ton amusé depuis des lustres et, pour la première fois, elle reconnut une note ou deux de désir. Un frisson lui parcourut l'échine, mais son visage ne laissa rien paraître. En revanche, lorsque le futur duc lui demanda un baiser, elle ne put cacher sa surprise. "Je vous demande pardon ?" Sa voix monta de quelques aiguës et elle manqua de s'étouffer avec sa propre salive. Un baiser ? Ici et maintenant ? Sans chaperon, qui plus est, mais en avaient-ils encore besoin au vu de leur statut marital ? Elle analysa son visage et son air fier, empli de défi, l'agaça fortement. Elle ne connaissait que trop bien la manière dont son sourire en coin, aussi charmeur soit-il, trahissait son amusement grandissant. Il se voyait déjà vainqueur, mais c'était mal la connaître. Benedict Berrygreen souhaitait jouer. Soit. Elle n'avait jamais reculé devant l'un de ses défis. Jamais.

Lorsqu'il lui intima de l'embrasser, elle le fusilla du regard et ses joues rosirent de plus belle. Grands dieux, ce ton impérieux lui plaisait, la chaleur diffuse de son bas-ventre en témoignait. Cependant, comment osait-il la commander ? Elizabeth dut se faire violence pour ne pas bondir du fauteuil et lui arracher les yeux. Elle se leva d'un air décidé avant d'épousseter d'une main traînante ses vêtements. "Vos désirs sont des ordres, Milord."

Elle approcha lentement, l'air hésitant, comme si Benedict pouvait lui faire l'affront de la stopper dans son élan. S'il n'avait pas été aussi grièvement blessé, elle se serait volontiers assise sur ses genoux. Pourrait-elle seulement en être capable le soir de leur nuit de noces ? La tension dans l'air était presque palpable, comme si la moindre étincelle pouvait faire voler la pièce en éclat - et sa détermination avec. Elle s'assit sur l'accoudoir du fauteuil qui trônait à côté de lui. Ainsi, elle était légèrement surélevée par rapport à lui. Elle n'avait jamais vu son visage d'aussi près avant aujourd'hui, y compris lorsqu'ils dansaient autrefois — ils avaient toujours la tête tournée à l'opposée l'une de l'autre, visiblement dégoûtés l'un de l'autre.

Elle l'admira un instant, et sa main vint caresser une de ses joues. Sa peau était rugueuse, ferme sous la pulpe de ses doigts. Elle sentit la repousse précoce de sa barbe et savoura un instant ce simple contact. Son regard bleuté plongea un bref moment dans le sien, et elle le nargua d'un air narquois avant d'arrêter ses yeux sur ses lèvres. Elle remarqua son arc de cupidon et la manière exquise avec laquelle ses lèvres avaient été dessinées. Quelqu'un d'autre avait-il déjà eu droit à ses baisers ? Elle ne dit rien, comme si le moindre mot était susceptible de briser ce moment hors du temps. Elle chassa de son esprit le calvaire qu'avaient été les baisers qu'on lui avait volés, mais sa main trembla. L'heure n'était pas à l'hésitation ou à la peur. Lentement, Elizabeth se pencha vers lui, et quelques mèches rebelles de ses cheveux blonds vinrent chatouiller le visage du bel apollon. Sa respiration s'accéléra et ses lèvres effleurèrent les siennes. Une fois, puis deux. Ce contact si intime l'électrisa et elle soupira de contentement. L'odeur de Benedict, délicieusement boisée, inonda ses sens et embruma son esprit. Son autre main releva délicatement le menton du jeune homme tandis que ses lèvres entrouvrirent timidement les siennes. Elle l'embrassa corps et âme, à charge de revanche, troublée par son propre désir latent. La chaleur ardente de sa langue contre ses lèvres manqua de peu de la damner. Elle s'écarta, haletante.

Ce jeu devenait un peu trop dangereux.

Néanmoins, ce baiser scellerait un peu plus la promesse de leur mariage. Benedict était un homme d'honneur, il ne pourrait pas la rejeter après ça. Les lèvres encore ruisselantes de leur récent échange, elle prit ses distances, sa poitrine n'avait de cesse de se soulever tant le souffle lui manquait.

"J'espère que cet avant-goût vous convient.", cracha-t-elle tandis qu'elle reprenait place face à lui, elle savait qu'elle avait gagné et son sourire carnassier s'agrandissait maintenant à vue d'œil. "Je concéderais volontiers à renouveler l'expérience — pour peu que vous vous consacriez corps et âme à votre rééducation, très cher."
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Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Il eut un rire mesquin. Il cacha cette humeur sous un froncement de nez. Il ne savait pas comment être pleinement honnête avec la jeune femme, mais ne préféra pas lui répondre. Comment lui dire simplement qu’il ne comptait pas avancer sa rééducation à cause de leur nuit de noce. Même si elle avait changé, qu’elle était bien plus belle qu’avant, elle restait son épine dans le pied. Il comptait remarcher pour lui-même, avant de pouvoir simplement l’épouser. Mais lui dire serait cruel. D’ordinaire, il l’aurait été. Il aurait laissé sa cruauté l’atteindre pour lui faire mal, pour qu’elle pleure comme quand elle était enfant et parte de son environnement immédiat. Mais il se stoppa. Il n’était plus un enfant. Il était un adulte. Et leur mariage devenait… réel. Tangible. Impossible à annuler. Si l’idée qu’il soit impuissant ne l’avait pas fait fuir, rien ne le ferait. Et son père n’accepterait jamais qu’il soit celui qui arrête tout ça. Alors, c’était fini. Et après tout ? Pourquoi pas ? C’était aussi pour cela qu’il lui demanda un baiser. Pour valider cette impossibilité. Il avait demandé à la jeune femme de l’embrasser, validant leur nouveau statut. Et elle allait l’embrasser, pour le confirmer aussi.

Cette nouvelle action. Ce moment entre eux. Cet instant. Il avait été choisi par eux. Ils choisissaient d’abandonner la partie. De laisser la destinée qui les avait devenir fiancé se faire. Lui, simplement parce qu’il était coincé dans cette situation d’une manière définitive. Elle ? Il ne savait toujours pas, mais il pouvait voir sa détermination quand elle s’avança vers lui. Il la regardait intensément. Il ne la quittait pas des yeux. Il observait le moindre de ses mouvements avec un intérêt nouveau. Il observait et analysait. Il voyait sa peur.

- Je ne vous ferais pas de mal, murmura-t-il doucement.

Il n’avait jamais été un homme violent. Il ne le serait jamais. Même pendant la guerre, il n’avait jamais fait le moindre mouvement d’humeur. Il était le genre de personne à rester très calme, très tenu. Il n’avait jamais de colère et n’était pas un homme brusque. Il ne lui ferait jamais de mal. Il la laissa s’approcher donc, attentif comme toujours à la jeune femme. On ne pouvait pas avoir une ennemie mortelle pendant tant d’années sans connaître ses mimiques parfaitement. Il pouvait voir qu’elle avait compris sa provocation et qu’elle y cédait. Il la suit du regard. Elle avait des doigts doux. Soyeux si on pouvait le dire. Il avait l’impression qu’elle portait des gants alors que ce n’était pas le cas. Sa peau était douce. Il savait que la jeune femme avait cette douceur partout sur son corps. Son visage reflétait les mêmes puretés que ses mains délicates. Il laissa la jeune femme avoir le contrôle.

Parce qu’il ne savait pas quoi faire. Parce qu’il était hypnotisé par sa présence. Parce qu’il sentait qu’elle en avait besoin. Il sentait que son immobilité l’aider à se détendre. Avoir le contrôle. La jeune femme avait toujours aimé cela. Il le sait pour avoir dû se battre contre elle. Les femmes n’avaient que peu de droit, les femmes mariés avant même d’avoir leur règle d’autant plus. Et Elizabeth Portamn ne faisait pas exception à cette sainte règle. Quand elle avait l’occasion de contrôler quelque chose, elle le faisait. Même si ce n’était qu’un baiser pour contrôler son futur époux. Il la laisse se reculer, observe sa délicatesse. Elle était comme un papillon. Ses lèvres étaient comme les ailes de l’insecte. Il pouvait le sentir dans son âme. Ce baiser l’avait ébranlé.

C’était son premier baiser, et il savait que la jeune femme avait mis tout son courage à l’intérieur. Doucement, il porta un doigt sur ses lèvres pour en garder la sensation. C’était agréable. Il ne pourrait pas mentir sur ça. C’était vraiment agréable que de se faire embrasser par la jeune femme. De sentir sa langue timide. Mais il voulait plus. Il se surprit à le ressentir comme il en avait entendu parler, déjà. Ce besoin de sentir le poids de la jeune femme contre son corps, contre lui, proche de lui, tel une fusion de deux êtres. Il finit de caresser ses lèvres et remonta son regard vers elle, intrigué tout de même. La question n’avait pas changé. Pourquoi diable avait-elle changé d’avis ainsi ?

- Je comptais me consacrer corps et âme à ma rééducation, Mademoiselle Portman, avec ou sans vous.

OK. Il avait fallu lui dire. Parce que c’était un fait. Il comptait marcher. Il comptait même pouvoir faire plus. Il voulait pouvoir courir. Il voulait pouvoir danser. Il voulait pouvoir… Il observe la jeune femme, son pouce traversa sa lèvre et il fait un nouveau sourire, nouveau dans la palette qu’il avait pour rendre folle la jeune femme, il voulait pouvoir la pourchasser dans la maison pour lui voler un autre baiser. Lui, ne pensait pas à mal puisqu’il ne se doutait même pas un instant de la raison du revirement de la jeune femme. Il ne se doute de rien, bien que l’hypothèse se fit dans son esprit fugacement. Il finit par déplacer son fauteuil pour se mettre en face d’elle.

- Est-ce que vous avez trouvé cela agréable, tout du moins passable ? Mademoiselle Portman…, soupira-t-il dubitatif avant d’abandonner la nouvelle réflexion qu’il allait faire.

Il sentit une nouvelle douleur et se demanda alors que la souffrance remonta à nouveau son corps la sensation qu’aurait les mains de la jeune femme sur ses douleurs. Si elle pouvait le masser… Il détourna la tête. Ce n’était pas parce qu’elle était devenu un peu plus mignonne, qu’elle n’était plus une harpie… et pourtant… elle ne semblait pas être une harpie.

- Je ne compte pas vous faire du mal, Mademoiselle Portman. Je n’en ai jamais eu l’envie et n’en aurait jamais le désir. Notre mariage peut être blanc si l’idée vous rebute réellement.

OUI. Il avait dit qu’il comptait avoir des enfants. OUI. Il avait dit qu’il comptait l’honorer plus d’une fois. OUI. Il l’avait demandé de l’embrasser… mais ce n’était que pour la repousser, lui faire peur et qu’elle arrête cette folie. Sauf qu’elle en avait décidé autrement. Et puisqu’il devait se confronter à l’inévitable, il ne comptait pas laisser la jeune femme croire qu’il puisse être un vil personnage apte à lui faire du mal.

- Je dois faire appeler mon majordome pour me rendre à ma séance de rééducation, je vais vous laisser vous installer.

Et trouver un autre moyen de la faire partir… parce que qu’importe son physique et sa timidité lors de leur baiser… Elle ne l’avait jamais aimé.

HRP - Si tu veux qu'elle l'accompagne ou pas comme tu le sens héhé


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Rein
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Lun 27 Mai - 14:33

Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée à un imbécile et je le vis plutôt mal.

- Elle est l'unique enfant de ses parents, tous deux marquis et marquise
- Elle excelle dans les matières académiques et artistiques
- Promise depuis son plus jeune âge à Benedict, ils se vouent tous deux une haine viscérale
- Elle a toujours refusé l'idée d'épouser Benedict avant son départ au front
- Néanmoins, après un événement traumatisant, elle est malheureusement tombée enceinte et son mariage avec Benedict est désormais l'unique moyen de lui éviter l'humiliation
Elle l'avait fait. Elizabeth sentit le courage qui l'avait habité un peu plus tôt s'évanouir peu à peu et l'adrénaline qu'elle avait ressenti jusqu'alors était redescendue. Désormais, elle était tout bonnement mortifiée. Ce baiser l'avait transcendé, et cela la troublait fortement. Tout était tellement différent. Benedict lui avait demandé un baiser, sans le lui imposer, et il l'avait laissé prendre le contrôle de la situation, à son rythme, sans la brusquer.

Le marquis de Middletown, lui, avait fait de son premier baiser une expérience traumatisante. Il l'avait mordu si fort que sa lèvre inférieure avait saigné — cette horrible nuit où il lui avait volé un baiser avant de lui arracher sa vertu. Elle pouvait encore sentir l'odeur de tabac froid de son haleine — mêlée aux relents d'alcool.

La bile lui monta à la gorge et elle s'appuya contre le dossier du fauteuil, prise de nausées. Elle se dégoûtait, et ce sentiment de mal-être profond avait été d'autant plus exacerbé par la gentillesse et la douceur de Benedict lors de leur échange langoureux. Comment pouvait-il la traiter avec autant d'égard maintenant ? Pourquoi ? Le marquis ne s'était-il donc pas vanté de ses exploits en son absence ? N'était-il pas supposé la haïr de toute son âme dans tous les cas ?

Mais Benedict ne l'avait pas quitté des yeux depuis leur baiser, l'air absent, ses doigts caressant ses lèvres dans l'espoir, peut-être, de capturer leur échange. Oh, comme elle aurait souhaité que Benedict soit son premier baiser. Comment avait-elle pu manquer de vigilance à ce point ? Un sentiment de honte la submergea, et elle détourna le regard, désormais incapable de le regarder dans les yeux.

Le futur duc de Greenberry lui assura avoir l'intention de se consacrer à sa rééducation et cela l'enchanta, bien qu'elle ne laissât rien transparaître sur son visage. Une nouvelle fois, Benedict la désarma en lui demandant si elle avait trouvé leur baiser agréable — non, passable. Elle s'empourpra avant de lui adresser un regard furibond, mais eut un mouvement de recul lorsqu'il s'approcha. "Est-ce là l'impression que je vous donne, monsieur ? Pensez-vous que je sois à ce point dénuée de toute émotion ?!" Ce n'était pas juste envers lui, mais elle sentait une rage froide l'envahir à mesure qu'elle le regardait. Ses murmures l'avaient troublé et sa douceur avait fait remonter des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle voulut le maudire pour ça, pour sa gentillesse lors de leur baiser, pour la manière dont ses doigts avaient caressé ses lèvres après. Néanmoins, elle parvint à se contenir — au bord de l'explosion.

Benedict grimaça et les traits durs du visage d'Elizabeth se détendirent un peu. Pourquoi diable personne ne prenait soin de ce pauvre homme ? Existait-il seulement un moyen de le soulager, ne serait-ce qu'un peu ? Elle tendit une main inquiète vers lui — avant de se raviser lorsqu'il reprit la parole.

Sa bienveillance n'avait donc aucune limite ? Elle se leva d'un bond, furieuse, lorsqu'il évoqua la possibilité d'un mariage blanc. "Avez-vous seulement idée de l'humiliation que ça serait, pour moi, que vous refusiez de m'honorer lors de notre nuit de noces ? Comment osez-vous évoquer une telle possibilité alors que vous me témoigniez tant d'égard quelques minutes plus tôt ?" C'en était trop. Un sentiment de panique l'enveloppa à l'idée qu'il refuse d'accomplir son devoir une fois mariés, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle pensa à son bébé, au marquis, mais aussi à l'homme qui se tenait devant elle. Elle n'allait pas tarder à vomir. "Vous êtes bien cruel, Milord." Elle lui fit une révérence hâtive avant de se diriger vers la sortie. "Je vous prie de m'excuser, je souhaite me retirer pour le moment." Sur ces mots, elle claqua la porte avec force. Benedict avait eu ce qu'il voulait, Elizabeth avait déguerpi le plancher.

Elle exigea qu'on la guide jusqu'à ses quartiers avant de congédier froidement les domestiques une fois arrivée dans sa chambre. Elle vida le maigre contenu de son estomac dans le pot de chambre et ses genoux cédèrent sous l'émotion. Les épaules secouées de sanglots, elle pleura à chaudes larmes, le visage enfouit dans les draps de son nouveau lit. Benedict pouvait bien rester infirme jusqu'à la fin de ses jours. Elle regretta presque immédiatement cette horrible pensée et pria tout de même pour qu'il respecte la promesse silencieuse de se consacrer corps et âme à sa rééducation.

Elle était épuisée, mais elle appela Mary, qui s'était également retiré pour laisser un peu d'intimité à sa maitresse, afin de lui demander de lui faire préparer un bain — comme si un simple bain pouvait la laver de tous ses péchés. Elle écouta Mary s'enthousiasmer à propos de la demeure d'une oreille distraite tandis qu'elle lui lavait les cheveux. Elle était à son service depuis sa plus tendre enfance et était ce qui se rapprochait le plus d'une amie — sa seule amie, en réalité. "Monsieur le duc de Greenberry assiste actuellement à sa séance de rééducation. Je dois bien avouer qu'il semblait fort contrarié." Elizabeth soupira d'un air las et Mary haussa les épaules. "Il semblerait que le maître ait quelque peu perdu goût à la vie depuis son retour du front. Tous ici espèrent que votre venue sera salvatrice." La jolie blonde voulue lui rétorquer une réplique cinglante, mais elle s'abstînt. "Que diriez-vous d'assister à la séance de monsieur le duc malgré tout ?" Elle la fusilla du regard et Mary leva les yeux au ciel. Par tous les saints, sa maîtresse était vraiment une chieuse invétérée.

Propre comme un sous-neuf, dans une robe rose corail cintrée au niveau de la poitrine, mais plus ample par la suite, Elizabeth paraissait abattue. Lorsque Mary lui ouvrit les portes de la terrasse donnant sur Benedict travaillant sa coordination, la future duchesse parut hésiter à faire un pas en avant. L'estomac noué, sans un mot, elle prit néanmoins place non loin du jeune homme, mais sans pour autant envahir son espace personnel.

Mary lui apporta un livre qu'elle fit mine de bouquiner, ainsi qu'une tasse de thé fumante. L'oreille alerte et le regard attentif, Elizabeth centra, malgré elle, toute son attention sur Benedict.

HRP - C'est un peu plus court, car je ne sais pas la manière dont tu souhaites aborder la rééducation de Benedict. Je te laisse donc prendre le relais. J'ai hâte de lire la manière dont tu comptes aborder ce sujet minicoeur
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Lun 27 Mai - 19:08

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Pour être tout à fait honnête avec la jeune femme, et le plus transparent possible, il n’avait aucun fichu idée de ce qu’elle était. Il la voyait comme une harpie. Si elle avait des émotions, cela devrait être la mesquinerie et la filouterie. Après tout, il ne mangeait plus que rarement des escargots sans penser à elle. Il espérait qu’elle ne mangeait plus certains plats, elle aussi, sans penser à lui par vengeance. Il l’observait encore.

- Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe dans votre esprit, Madame, avait-il répondu avec le plus de sincérité à nouveau.

Si elle avait apprécié, elle semblait sur le point de vomir, ou de vouloir fuir…. Ou du moins, ne semblait-elle pas tout à fait à l’aise avec leur innocent contact. Il n’avait aucune idée de ce qu’elle faisait, de pourquoi –Dieu qu’il allait détester ce mot à la fin de la journée à force de le répéter encore et encore-, ni même de comment. Il avait envie de vérifier qu’elle n’était pas un imposteur. Après tout, il ne reconnaissait dans la jeune femme que la couleur et la place de chaque sur son visage. Elle n’était plus la même. Peut-être que quelqu’un lui jouait réellement une blague mesquine et cruelle ?

- Personne n’a besoin de savoir notre intimité, avait-il fini par lui dire, le plus fort possible pour qu’elle puisse l’entendre alors qu’elle fuyait.

Etait-ce cela la raison de son étrange revirement pour leur mariage ? L’envie étrange et nouvelle de sentir un contact intime et charnel ? Cela pouvait aller dans les hypothèses, mais ça ne restait pas une bonne raison. Elle était belle, et elle pourrait trouver un amant. Il grimaça, par la douleur mais aussi à l’idée. Il n’était pas comme tous les hommes. Il faisait partit à Eton d’un cercle secret de gentleman. Le genre qui voulait faire avancer les choses. Dans ce cercle, très fermé, il y avait Ethan (son frère), Kyle Stanford (un double duc qui déteste la société), Logan Lockwood (le cousin d’un duc) ainsi que Hunter Wood (devenu baron), Brodie McCammon (conte en écosse qui soutient la tradition) et Tristan Middletown (frère de l’actuel marquis) (//Est-ce que j’ai une idée à te soumettre pour Brodie et Tristan si ça te tente ? Oui). Bref, il faisait parti d’un cercle de gentleman qui voulait modifier le monde… mais… Benedict n’aimerait pas élever l’enfant d’un autre, ou accepter l’infidélité. Lui, avait le sang en premier. Comme un duc pur souche qui avait eu le droit à la défiance de son père, tout le long de sa vie. Selon leur père, Ethan ne serait pas son frère. Ce qui était faux. Ethan était leur frère, il n’y avait pas à chercher bien loin, ils se ressemblaient tous… Mais il ne pourrait accepter un enfant d’un autre…(//QU IL DIT) Il pouvait accepter un mariage blanc. Il n’irait pas voir ailleurs, mais elle non plus. Donc… Il ne lui proposa pas de prendre un amant, juste qu’ils gardent leur relation intime… et bien… intime. Il la laisse partir et demande à un valet de l’amener où il doit.

Il se fit changer, aider par son frère Ethan, qui n’avait jamais été regardant pour faire les actions des servants. Benedict avait rêvetu une chemise simple et un bas dont une jambe avait été coupé. Le but étant de pouvoir observer les veines et les muscles qui se contractent. Il avait d’abord eu le droit à la visite de son ami, Logan Lockwood, qui faisait le travail de médecin. Il le disputa à nouveau. Il était assis, on l’avait massé, ce qui lui avait fait grogné de douleur plusieurs fois, on l’avait bougé, palpé, molesté. Il finit par laisser un chapelet de jurons. Il savait que le pire était à venir.


Ethan observait son frère en silence. Les jurons n’étaient pas communs à la famille. Douglas et Rose n’avaient pas l’habitude d’en dire. Lui, il ne parlait presque jamais… Donc, entendre leur frère en laisser échapper était une indication assez intense de sa douleur. Si la rougeur sur son visage et sa mâchoire serrés n’en étaient pas déjà la parfaite illustration. Chaque fois que Logan approchait sa main de son genou, son frère avait un regard de presque panique. Quand il était en train de faire son entrainement, Benedict oubliait tout autour de lui, il n’était plus que dans la souffrance. Il tenait sur ses nerfs pour ne pas exploser. Il tenait. Ethan avait peur qu’il abandonne à un moment la partie. Douglas était trop insouciant pour comprendre tout ça. Ethan avait peur que ce que leur père avait prévu –faire disparaître son frère pour qu’il devienne l’héritier-. Pas qu’il ne se sente pas apte à devenir héritier… mais Ethan savait qu’il suivrait certainement son frère dans la tombe si Benedict devait disparaître. Le second enfant remarqua la promise de son frère et s’étonna aussi de sa présence. Il n’y avait que Douglas pour trouver tout cela normal, en le prenant avec une humour et une bonne humeur. Ethan s’approcha d’elle, se reculant alors que Logan aida Benedict à se lever.

Dans la pièce, il y avait deux barres parallèles qui avaient été mis. Assez proche pour que seul un homme puisse y passer, Benedict mit ses deux mains dessus pour commencer à avancer. Cependant, chaque fois qu’il posait le pied, une douleur aïgu se faisait sentir, et il se sentait obliger de finir sur l’autre jambe. Il suait. Il transpirait. Il savait qu’il n’avait même pas fait un mètre que son corps donnait l’impression d’avoir été plongé dans de lot. Il pue. Il se courba et posa son front sur sa main. Lui, il n’avait même pas remarqué la présence de la jeune femme, à l’inverse de Logan qui, comme toutes les personnes munies d’un cerveau (-Oui Douglas se prenait des piques comme ça pour le plaisir) se demandait ce qu’elle faisait là. Benedict fit un nouveau pas et s’étala cette fois, ce qui laissa Logan l’aider alors que les jurons reprirent. Ethan, s’étant approché de la jeune femme, se permit de lui expliquer. ^

- Benedict refuse de prendre du Landanum ou qu’importe la substance pour calmer ses douleurs. Il dit que ça l’empêche de penser comme il faut, alors il refuse et souffre pratiquement à chaque mouvement.

Chaque mouvement. Même s’il ne bougeait pas forcément sa jambe. Bouger le bassin le faisait souffrir, dormir aussi lui faisait naître des douleurs. Ethan finit par s’approcher quand Benedict repoussa un peu trop fortement Logan. Il lui proposa son aide.

- Allons faire une pause thé, proposa le frère en l’attrapant.

Benedict retourna vers sa chaise, s’affalant dessus comme il ne l’aurait jamais fait s’il avait vue la jeune femme. Puis, il sursaute et écarte les yeux. Il était assez à l’aise avec ses frères et le cercle secret, mais pas avec sa promise. Il détourne les yeux alors qu’Ethan le pousse et part avec Logan pour parler de l’état de Benedict loin de ses oreilles. Il fit une grimace, de douleur.

- Je suis désolé que vous ayez assisté à un moment si… disgracieux, milady. Je ne pensais pas que vous viendrais me retrouver à nouveau.


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