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LE TEMPS D'UN RP

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas (avec Rein)

Rein
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Rein
Dim 7 Juil - 15:45

Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée à un imbécile et je le vis plutôt mal.

- Elle est l'unique enfant de ses parents, tous deux marquise et marquis
- Elle excelle dans les matières académiques et artistiques
- Promise depuis son plus jeune âge à Benedict, ils se vouent tous deux une haine viscérale
- Elle a toujours refusé l'idée d'épouser Benedict avant son départ au front
- Néanmoins, après un événement traumatisant, elle est malheureusement tombée enceinte et son mariage avec Benedict est désormais l'unique moyen de lui éviter l'humiliation

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas (avec Rein) - Page 8 7d38542276ae468fa2134bbf990db8fbce17f01c
Qu'est-ce que l'amour, si ce n'est qu'un gros tas d'emmerdes ? Certains diront qu'il s'agit là d'une attache, d'affection, de transcendance, de désir à l'état brut... D'autres diront que ce sentiment est source de malheur, de privation, d'ennui, de peine, de tristesse, de désarroi, de noirceur, de deuil...

Pour Elizabeth Portman, l'amour était mort sous les coups de Lewis, en même temps que son fils. Il était mort alors que Mary rendait son dernier souffle dans les bras de Douglas, sa dernière lueur de vie quittant son corps brisé et ensanglanté. Il était mort quand Benedict avait commencé à lui apparaitre sous les traits de Howard au point qu'elle s'était faite dessus. L'amour n'était plus. L'amour était parti. Il s'était envolé pour se nicher dans les bras de Mary, perchée dans le ciel, là où son bébé dormait paisiblement.

Une larme roula le long de sa joue, seule preuve trahissant le désespoir que ses traits n'arrivaient plus à exprimer. Son expression n'avait pas bougé. Elle n'exprimait rien, mais ses yeux pleuraient.

Leur fils était mort, Mary était morte.
Mais Howard, lui, vivait. Tout comme Elizabeth.

Ce n'était pas juste.

Alors, il n'y avait plus qu'une seule solution.

« Tue-moi. »

Les iris de Benedict se dilatèrent d'effroi, non sans rappeler la manière dont celles de Howard se dilatèrent d'excitation quand le sang de Mary se mélangea à sa semence. La poupée brisée détourna son regard vitreux de lui, incapable de le regarder davantage, au moment même où Benedict fit de même pour la protéger, conscient de cette ressemblance infâme. Non. Alors, elle ne mangerait et ne boirait plus jamais. Elle mourrait en moins d'une semaine. Elle retrouverait son fils et la douce Mary. Tu m’es bien trop précieuse pour que je te laisse mourir. Et son fils était bien trop précieux pour qu'elle vive sans lui. Tu es la femme qui comble mon cœur. Je ne suis pas assez fort pour te laisser mourir… Pardonne-moi. Elle ne pouvait pas lui pardonner. Non pas qu'il ait quelque chose à se faire pardonner en premier lieu. Mais Elizabeth était incapable de ressentir la moindre émotion - si ce n'est l'envie pure et simple de mourir.

Elle l'entendit pleurer. Benedict était incapable de cacher ses émotions. Il verbalisait leur souffrance face à la perte de leur enfant, là où Elizabeth n'était capable que de larmes silencieuses.

Elle lui en fut reconnaissante, car personne ne devait oublier son fils. Et personne ne devait oublier Mary dont l'écharpe tricotée bleue, à jamais inachevée, avait été remise à un Douglas accablé par le chagrin.

Alors, Benedict se mit à chanter, comme pour assurer à Elizabeth qu'aucun Berrygreen n'oublierait jamais ces deux êtres qui les avaient quittés trop tôt. D'aucun n'aurait su dire si la jeune femme entendit réellement le ton mélodieux du jeune homme alors qu'elle sombrait dans les bras d'un Morphée bien plus enclin à la laisser se reposer en son sein qu'à l'ordinaire. Même lui n'était pas insensible à sa douleur.

Les jours qui suivirent furent douloureux. Elizabeth ne réagissait à rien. Elle restait assise, prostrée dans son lit, à écouter Benedict chanter sans vraiment l'entendre. Son visage ne trahissait rien. Sa posture non plus. Seules ses larmes silencieuses montraient son désespoir. Parfois, Benedict sortait, ne serait-ce que pour aller au petit coin, et l'un des frères prenait alors le relais. Tous refusaient de laisser la jeune femme seule au monde, même pour une minute. Benedict avait été incapable de ne pas dire à Ethan et Douglas qu'Elizabeth voulait mourir. Douglas lui rendit visite pour lui tenir la main. Il lui parla de Mary, d'à quel point elle était une femme formidable et rayonnante, qu'il était heureux de l'avoir connue et qu'elle n'avait pas fermé ses yeux à tout jamais complétement seule. Il lui dit aussi que rien n'était sa faute. Il s'excusa au nom des frères, car ils avaient été incapables de les protéger. Il n'eut pas la force de pleurer devant elle. Les larmes silencieuses coulant à même la peau diaphane d'Eli' le bouleversaient assez comme ça. Il tenta des blagues, des tours de magie, parfois réussis, d'autres fois ratés... Mais rien n'y fit.

Quand rendre visite à Elizabeth était au-dessus des forces de Douglas, quand le pauvre avait besoin de pleurer pour exprimer toute sa souffrance personnelle. Ethan prenait le relai.

Contrairement à son cadet, Ethan demeurait silencieux. Il entrait dans la chambre dès que Benedict en sortait, disposant un bouquet étrangement coloré dans chaque vase qui décorait la chambre de la jeune femme tous les jours. Le réarrangement des fleurs lui prenait un temps fou et l'harmonie des couleurs était étrange. Elles n'avaient, par ailleurs, nullement besoin d'être réarrangées... Puis, à chaque fois, Ethan essuyait avec une douceur infinie les éternelles larmes silencieuses d'Elizabeth. Comme elle, il n'y avait aucune expression sur son visage. De son vivant, si la jeune femme avait eu du mal à comprendre les raisons pour lesquelles un jeune homme pouvait être aussi stoïque, elle les comprenait parfaitement aujourd'hui. Comme elle, Ethan était mort à l'intérieur. Howard avait laissé une trace indélébile sur son âme. Il l'avait corrompu d'une telle pestilence que personne n'avait encore été en mesure de l'aider à se nettoyer. Ils attendaient tous deux la mort. Comme lui, Howard avait brisé l'âme d'Elizabeth. Il s'en était repu jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des miettes.


Ils se comprenaient.

Alors, pourquoi ne pas mourir ensemble, dans ce cas ?

C'était à peu près ce qu'Elizabeth lui avait écrit, un jour, avant de lui tendre le papier. Il s'était imperceptiblement raidi avant de lui adresser la parole pour la première fois depuis qu'elle était revenue de l'enfer. Je veux mourir. Mais je suis encore en vie. Quelles conclusions en tirez-vous ? Il déposa à même le lit des miniatures représentant chacun de ses frères et sœurs - à l'exception de Violet, prisonnière de Howard, dont personne ne connaissait malheureusement encore l'existence.

Mais la vue de ces petites toiles miniatures ne fit naître aucun sentiment particulier en Elizabeth. À l'exception d'une seule, sur laquelle une femme souriait au milieu d'un festival où des lanternes parsemaient le ciel. Ses cheveux roux rappelaient douloureusement à Elizabeth que Mary n'était plus. Jamais plus, elle ne l'entendrait rire ou ne la verrait sourire. Jamais plus, personne ne serait à même de sentir sa délicieuse odeur d'agrume alors qu'elle arpentait les couloirs pour laver le linge de maison. Son index caressa très lentement la surface orange de l'objet et Ethan dut de nouveau essuyer ses larmes silencieuses.

-

Chaque jour, Benedict avait essayé de faire manger ou boire sa future femme. Chaque jour, sa bouche était restée close. Ainsi, comme il se l'était promis, avec l'accord purement médical au préalable de Logan, il s'était appliqué à lui faire avaler de la soupe à même sa bouche.

La première fois, même si Benedict l'avait prévenu avant et avait revêtit un masque, la jeune femme avait vomi. Elle avait réussi à contenir le liquide en elle pour le rejeter uniquement après qu'il se soit écarté de ses lèvres, mais elle avait vomi. Howard. Sa langue dégoulinant du sang de Mary. Tout lui revenait en tête, et elle avait vomi. Benedict ne l'embrassait pas. Il n'y avait pas de baiser. Pas de langue. Mais son visage et ses lèvres contre les siennes suffisaient à lui rappeler Howard et le supplice de son baiser. Personne n'avait rien dit. On l'avait lavé sans un mot, sans la juger, et on avait changé les draps. Alors, Benedict avait recommencé, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle cesse de rejeter la soupe hors de son corps.

Il ne la laisserait pas mourir.

Quand bien même, Elizabeth lui avait présenté le mot maintes et maintes fois.

Sous différentes formes.

Tue-moi.

Achève-moi.

Si tu m'aimes, délivre-moi.

Je n'en peux plus.

Pitié.

Je veux retrouver mon fils.

Je veux voir Mary.

Je veux mourir.

Je t'en prie.

Je veux disparaitre.

De grâce.

Aide-moi.

Mais à chaque fois, Benedict tenait bon. Il ne cillait pas. Il ne ployait pas le genou à terre. Alors, Elizabeth avait demandé à Douglas qui avait pleuré en secouant la tête, puis à Ethan dont la réponse à ses suppliques demeurait inchangée, mais aussi à Logan qui, lui, l'avait simplement ignoré. Personne ne lui avait cédé. Jamais.

À cause de l'immonde Lewis, elle était incapable de se pendre.

À cause de l'infâme Lewis, elle était également incapable de se noyer.

Avec sa douceur et sa bienveillance infinie, Benedict portait chaque jour sa femme jusqu'à la baignoire qu'Elizabeth avait fait fabriquer spécialement pour lui quelques semaines plus tôt. Il tremblait, souffrant physiquement, mais il lui lavait le corps en lui annonçant chaque geste qu'il allait faire — sans s'arrêter de chanter, bien qu'il grimaçât sous son masque. Il essayait de laver ses cheveux sans mouiller son visage. La première fois, il avait dû la laver à nouveau après l'avoir gentiment guidée en arrière jusqu'à immerger l'arrière de son crâne dans l'eau. Sa respiration s'était accélérée et elle avait agrippé les rebords de la baignoire en pleurant, visiblement paniquée. Sa vessie s'était relâchée, souillant l'eau propre de son bain. Benedict n'avait jamais recommencé à essayer de lui laver les cheveux de cette façon.

Désormais, à l'aide de son propre fauteuil roulant, il l'asseyait avec délicatesse avant de le coller contre la baignoire, à la manière du système qui se développait chez les coiffeurs. Ainsi, il avait trouvé une solution suffisamment supportable pour sa femme. Il était apte à lui laver les cheveux tant que l'eau ne touchait pas la lisière de son front.

-

Si Benedict était incapable de se résoudre à achever les tourments de sa femme, cette dernière n'avait pas pu se résoudre à le frapper, comme il le lui avait suggéré. Elle avait vu trop de souffrance en Mary et Lewis l'avait beaucoup trop battu pour qu'elle lève la main sur un autre être humain pour le reste de ses jours. D'ailleurs, même si elle buvait de force de la soupe grâce aux lèvres de Benedict, ces maigres repas lui avaient fait perdre du poids, et son manque d'activité atrophiait ses muscles - quand bien même Logan la massait quotidiennement. Elle était physiquement bien incapable d'être colérique ou vengeresse.

Comment aurait-elle pu blesser cet homme qui refusait de la laisser sombrer ?

Je vais prendre ta main. Et il le fit. Doucement. Lentement. Quelque peu incertain. Il se saisit de son poignet pour placer sa paume contre son cœur. Ses doigts recouvrirent les siens afin qu'elle les plie et enfonce ses ongles dans sa chair.

Arrache-moi le cœur et prends-le pour toi.

Elizabeth ne voulait pas lui arracher le cœur. Ne comprenait-il pas qu'elle voulait l'opposé ? Qu'il lui plante ses griffes dans sa poitrine pour lui arracher le sien ? Ils étaient tous deux bornés et cela la fit esquisser un sourire sincèrement triste. La première expression sur son visage depuis que Howard lui avait tout pris. Dans un geste faible, sa main se défit de son étreinte et quitta son épiderme pour glisser dans ses mèches brunes. Petit à petit, très progressivement, le papillon aux ailes brisées lui caressa les cheveux, comme pour essayer de l'apaiser et de le rassurer. Elle fredonna, à peine, en écho à toutes les chansons qu'il lui avait chantées ces dernières semaines.

La pauvre poupée demeurait incapable de parler pour s'exprimer.
Clionestra
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CLIONESTRA RANG GAGNE
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Clionestra
Dim 7 Juil - 18:48

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
De la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas. Elizabeth lui avait prouvé en venant le retrouver et en finissant par craquer pour lui malgré leur animosité enfantine et si ancré en eux. De l’amour à la haine, il y avait ce même pas. La jeune femme était devenue un être qui ne l’aimait pas. Qui ne l’aimerait plus. Et bien que cette idée le tétaniser jusqu’à lui en arracher de nouveau bout d’âme, cette fois-ci arracher avec une râpe pour ne plus pouvoir être utiliser, jamais, il savait que ce n’était pas grave. Sa propre souffrance n’avait jamais été quelque chose dont il faisait cas. Il donnait sa voix pour la jeune femme, utilisant des chants qu’il ne savait même pas se souvenir. Ethan lui avait parlé de sa demande, et Benedict l’avait simplement enlacé pour lui rappeler pourquoi, en effet, il était toujours en train de vivre. Ethan vivait pour eux, pour le moment, et Benedict n’avait pas –encore- trouvé la manière de lui rendre une âme plus propre que celle qu’ils partagent ensemble. Benedict voyait son âme comme une vieille couverture que l’on tire. Il y avait une grosse partie sur ses frères, une autre partie sur Eli, bien qu’elle la dédaigne et la refuse… et il n’y avait qu’un bout pour lui. Mais ce n’était pas grave. Il pouvait avoir froid que ça n’allait pas le tuer. Il vivrait pour les sauver. Il avait déjà pensé à mourir, mais il se disait que sa vie était trop précieuse. S’il venait à se donner la mort, il le ferait pour que ça serve à leur bonheur. Il le ferait avec une telle maitrise et un tel contrôle que l’on saurait que c’était, alors, que la solution parfaite. Il se laisserait tuer pour les autres.

Et la répugnance de la jeune femme à son encore le blesser, forcément. Il ne pouvait pas dire ne pas ressentir une pique de souffrance chaque fois qu’elle prenait ses lèvres pour des sources de souffrances, physiques et psychologiques. Il essayait de toujours être doux quand il la nourrissait de cette manière si étrange. Il faisait en sorte de le faire en tenant son menton, mais sans jamais l’emprisonner. Il faisait en sorte de la regarder à travers le masque, pour qu’elle ne puisse voir que les iris de sa propre âme. Il était Benedict, et ses yeux étaient uniques, comme pour tout le monde. Il avait peut-être la même couleur que celle de son père, mais il savait que le contour de ses prunelles était plus marron que ce que n’était le vert de son père. Il savait qu’il avait les yeux légèrement plus sombre, et il faisait tout pour que l’unique différence notable, -mais minuscule-, puisse être vu par son aimé. Parce qu’il l’aimait. Il l’aimait de tout son cœur, et il ferait tout pour elle. Tout.

Sauf la tuer.

Il doute même que Mary, de son carré de nuage d’où elle devait être en train de regarder en pleurant ses amis, n’accepte que quiconque blesse son amie plus que ce qu’elle ne l’avait déjà été. On disait qu’au paradis, l’âme était renouvelé, nettoyé de la souffrance et du mal… ainsi, il préférait imaginer Mary sur son carré de nuage, ayant oublié ce qu’elle avait subi comme horreur que comme le corps détruit qu’il avait vu arriver à la maison. Il préférait penser à elle comme la rousse ardente qui regardait son petit frère comme la huitième merveille du monde… alors que tout le monde savait bien que la huitième merveille du monde, c’était Elizabeth. Il ne pourrait jamais lui faire du mal. Mary ne l’accepterait et il l’imaginait sourire de cette idée. Il n’avait pas beaucoup de relation avec la jeune femme, mais il avait eu le temps de voir le désespoir de son frère qui le cache derrière « le plus pressé ». Il devait s’occuper d’Elizabeth, comme Ethan d’ailleurs. Ils avaient mis en pause le reste rien que pour elle. Elizabeth ne devait pas le remarquer cette déférence fraternelle que mettaient les deux qui ne seront pas son mari… et qui donc ne pouvait pas mettre de fraternité dans leur relation, en quoi cela deviendrait quelque chose de malsain. Benedict avait la certitude qu’il n’y avait rien de malsain entre eux… Sauf son père dont il avait le visage.

C’était aussi dans cette idée, de la défouler et que quelqu’un le punisse comme il le mérite, qu’il avait proposé à la jeune femme d’enfin lui arracher le cœur. Il n’en avait plus besoin. Son cœur était à elle. Elle pouvait le prendre et le remplacer par celui qu’elle pense briser. Il le fallait. Il avait offert son cœur, pouvait-elle en lire le sous-titre ? Il l’aimait, comme il n’avait aimé personne. Son état se détériore et il aimerait tout faire pour l’aider, pour la rendre plus joyeux, mais il savait que quelque chose avait été cassé et demanderait du temps pour être mieux. Elle ne serait jamais plus comme la Elizabeth d’avant, mais pas non plus comme celle d’après. Cependant, c’était la Elizabeth après un viol qui était venu le voir, et qui était tombé amoureuse du Benedict après la guerre. Alors, ils pouvaient encore se retrouver, autrement, différemment, avec des marques en plus mais toujours de l’amour… en tout cas, il lui donnait sans la moindre hésitation tout de lui. Il avait envie de fondre en larme mais il se retenait autant qu’il le pouvait.

Cependant, quand un minuscule et sincère sourire apparu sur les lèvres de sa femme, il sentit les larmes remontés vers yeux et il les laissa tomber. Elle ne pourrait pas les voir à travers son masque. Les larmes se collaient trop rapidement à l’épais bout de bois qui faisait la forme d’un petit lapin vert. Oh, bien sûr, si les larmes coulaient le long de ses joues, elles finiront par tomber le long de sa mâchoire, mais il avait le temps, emprisonné qu’elles étaient par le peu d’espace entre son bouclier et sa peau. Elle lui toucha les cheveux, et les larmes continuèrent de couler, devenant un petit torrent le long de sa peau, tombant dans son cou alors qu’il reprit la chanson qu’elle fredonnait avec douceur. Il y arriverait, il la ramènerait totalement avec lui. Parce qu’il l’aime. Et il ne la tuera pas.

Pendant deux semaines qui s’écoulèrent, Benedict continua à la soigner comme il pouvait. Elle ne parla pas, qui pouvait bien l’en blâmer ? Elle ne parlait plus, mais elle ne montrait plus aussi souvent les messages lui demandant la mort. Et d’ailleurs, elle avait fini par arrêter de lui montrer à lui, ne s’occupant que de ses frères pour cette demande absurde. Elle avait finit par ne plus avoir besoin de lui pour manger, elle mangeait trop peu, mais assez pour ne pas sombrer… et assez pour ne plus avoir besoin qu’il ne la force. Il restait avec elle, et il apportait toujours son piano plus petit pour chanter avec elle. Il chantait de tout et de rien, et de temps en temps, elle faisait un sourire. Ou de temps en temps, elle faisait un mouvement vers lui. Pour lui prendre la main, ou repousser des mèches de cheveux. Pour aider à ne pas ressembler à son frère, il s’était laissé pousser la barbe et elle commençait à être assez fourni, donnant l’impression de toucher une fourrure. Il la brossait quand il avait le temps pour qu’elle soit douce et non emmêlé. Deux semaines, et la jeune femme n’avait toujours pas parlé, mais ce n’était pas grave. Elle souriait un peu à Benedict. Les conversations étaient simples, il parlait, elle souriait. Et il ne parlait pas de Mary ou de leur enfant. Oui. Leur.

Après une nouvelle journée, le temps était particulièrement clément, comme d’ordinaire, il prévenait la jeune femme de chaque action qu’il allait faire, son masque sur le visage pour lui cacher ses souvenirs.

- Je vais te porter, pour te mettre sur le fauteuil. Puis nous irons nous promener. Je dois te montrer un endroit que tu ne connais pas ici.

Il la porta donc, malgré ses douleurs qui étaient de plus en plus lacinante et de la réprimande de Logan d’arrêter de faire ça. Il ne pouvait pas s’en empêcher. Il avait besoin de ce contact avec elle. Le seul qu’il pouvait lui offrir puisqu’elle refusait toujours de fermer les yeux pour qu’il puisse l’enlacer ou qu’il puisse dormir avec elle. Il la posa et il finit par sortir. Il prit le temps de contourner la maison pour aller dans un coin du jardin qui n’avait jamais été utilisé auparavant. Maintenant, il y avait un petit bloc d’arbre planté pour faire un délicat et pourtant naturel carré. Il passa sous l’arche que former le jasmin. Au loin, il y avait un banc et un oranger qui était déjà bien imposant et avait été acheté et ramené exprès pour ici. Et devant, au milieu de ce carré de cinq mètre carré environ, il y avait deux stèles d’un marbre blanc, aussi grande l’une que l’autre. La première avait des décors gravé dans le marbre d’un oranger, encore mais aussi de fleurs qui se découpe dans la pierre, et s’épanouisse avec déjà des roses montantes qui grattaient la surface. Il y avait là le nom de Mary Bennet avec sa date de naissance. Personne n’avait eu envie de noter sa date de mort, pour ne pas honorer sa mort mais son existence. Alors, il y avait sa date de naissance et son âge. Les fleurs embaumaient l’air et rendaient le tout très pur. Douglas, qui était assis sur le banc mit au fond se leva et partit les yeux rouges, les laissant seul. Sur le côté, la seconde stèle était celle de leur fils. Luke. Tout comme pour la jeune femme, il n’y avait que sa date de naissance mais aucune indication sur l’âge, puisque cela était évident. Il y avait là des arabesques de chêne. Il avait demandé à un ami de lui faire ce cadeau. Un marquis qu’il avait connu à la guerre et dont la joie était de gravé dans la pierre, mais ne voulait pas en faire un métier. Les deux pierres étaient parfaites. Il resta à côté de la jeune femme. Il ne pouvait pas l’enlacer.

Il y avait une épitaphe pour chacun. « Nous n’oublierons jamais le feu de ton cœur » pour Mary. Et « Mon fils, je t’aime » pour Luke.

- J’espère que tu nous pardonneras de l’avoir enterrer sans t’attendre. Nous lui avons donné tous les sacrements et avons fait en sorte de tout faire dans le respect de sa personne. Elle… Douglas s’est occupé d’elle jusqu’à la mise en terre.

Ethan avait fait le reste du jardin avec un autre ami paysagiste. Personne n’avait demandé comment il était possible qu’une femme meure et qu’on ne prévienne pas « les autorités », mais Logan, qui faisait figure d’autorité quand il s’agissait de médecine, avait réussi à sauver le corps de Mary d’une inspection de la police. Personne n’avait envie qu’un médecin légiste la découpe dans le froid caché de la morgue. Non. Il se pencha pour enlever les feuilles tombées. En dessous de l’épitaphe de Mary, une autre inscription se trouver. « Merci de m’avoir aimé, je vivrais avec cet amour dans mon cœur. » Ils avaient laissé la place si Eli voulait rajouter une inscription sur les deux stèles. Il se laissa là. Il resta accroupi. Tout petit alors qu’il caresse le marbre où rien ne résidait dessous. Il n’y avait pas de corps pour son enfant, qui avait été éliminé par le corps d’Elizabeth. Logan lui avait expliqué. Douglas aussi. Pourtant, ici, il avait l’impression que reposer son fils, et qu’il savait que son père l’aimait, plus que tout au monde. Qu’il aurait donné n’importe quoi pour le sauver et le ramener dans ce monde. Il savait que dans un autre univers, son fils vivrait, et Mary aussi. Et le monde serait différent mais bon. Et il jeta un regard vers le ciel. Il laissa couler une unique larme. Mary s’occupait de leur fils. Il le savait. Elle ne le laisserait pas seul au paradis. Elle lui parlerait de son père, le véritable, lui : Benedict Berrygreen.

- Je te protègerais Eli… alors reste avec moi, je t’en conjure. J’ai besoin de toi.

Mais il continua de caresser la stèle de la main comme si cela lui apportait réellement un réconfort. Normalement, on ne pouvait pas enterrer, ni nommer, un enfant mort né. Encore moins quand il n’a pas eu de corps. Cependant, les tombes se trouvaient dans la demeure des Berrygreen et un prêtre avait accepté de nommer un enfant qui n’existait pas, de le baptiser devant Dieu et de lui donner les derniers sacrements. Comment Ethan avait réussi à lui faire faire ça ? Mystère, mais c’était le cas. Son fils était donc avec Mary.


I'm born again.
I'm on the mend
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because living well,
is the best revenge
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Rein
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Rein
Dim 14 Juil - 19:46

Elizabeth Portman
J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une petite peste au visage d'ange et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée à un imbécile et je le vis plutôt mal.

- Elle est l'unique enfant de ses parents, tous deux marquise et marquis
- Elle excelle dans les matières académiques et artistiques
- Promise depuis son plus jeune âge à Benedict, ils se vouent tous deux une haine viscérale
- Elle a toujours refusé l'idée d'épouser Benedict avant son départ au front
- Néanmoins, après un événement traumatisant, elle est malheureusement tombée enceinte et son mariage avec Benedict est désormais l'unique moyen de lui éviter l'humiliation

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas (avec Rein) - Page 8 7d38542276ae468fa2134bbf990db8fbce17f01c
Il arrivait à Elizabeth de rêver certaines nuits. Sous ses paupières closes se dessinait Mary et son adorable fils blotti au creux de ses bras. Au milieu de fleurs aux couleurs chatoyantes, la jolie rousse fredonnait en berçant doucement l'enfant au rythme de la brise. Tout était calme. Tout était paisible. Personne ne souffrait. Le corps de son amie n'avait aucune lacération, aucune trace de souillure et son regard conservait toute son innocence et sa bonté. Mary, tout sourire, adressait de grands gestes de la main à Elizabeth, qui se tenait à l'opposé du petit coin de paradis où ils se trouvaient, sur une autre rive. Chaque fois, la blonde essayait désespérément de les rejoindre. Elle immergeait le bas de son corps dans l'eau, luttant contre le courant pour avancer, mais Benedict la rattrapait toujours pour la ramener tandis qu'au loin, Howard, souriant de toutes ses dents, s'approchait dangereusement de Mary, un poignard à la main. Alors, le paradis se muait en enfer tandis que le monstre abattait sa lame sur la jeune femme qui pleurait en protégeant l'enfant. Elizabeth, elle, se débattait contre Benedict en faisant écho à son amie dans un hurlement rageur.

À chaque fois, dans un mouvement de détresse intense, la jeune femme se réveillait dans un sursaut d'effroi avant de se redresser dans son lit. Le corps recouvert de sueur, le souffle court, la respiration sifflante, mais sans pour autant prononcer le moindre mot. Benedict, à côté du lit, les genoux à terre — car il n'osait toujours pas la rejoindre sur le matelas, lui murmurait alors des mots de réconfort. Mais Elizabeth reculait, apeurée. Elle voyait un monstre. Non, elle voyait LE monstre. Il était partout. Ainsi, elle le repoussait en se recroquevillant sur elle-même, tremblante, pour finalement s'immobiliser et ne plus réagir à rien.

Parfois, sa prostration durait des jours, jours durant lesquels Douglas et Logan la perfusaient pour éviter qu'elle ne se déshydrate. Des jours durant lesquels Benedict la lavait à même les draps. Des jours durant lesquels Ethan restait simplement à côté d'elle, en lui tenant la main, assis sur le rebord du lit. Il y avait les chansons et le doux son du piano... Oui, les frères Berrygreen, mais aussi leurs amis, étaient tous au petit soin pour la femme qui faisait battre le cœur de l'aîné de la famille. Parce que, oui, pour lui, comme pour eux, Elizabeth était sa femme. Elle avait enduré tellement de choses pour lui, pour eux tous, que la présence ou non d'un prêtre et la tenue d'une cérémonie n'y changerait rien. Elizabeth Portman était sa femme. Il l'aimait, même si, elle, elle n'était plus à même de le lui dire. Regrettait-il ne pas lui avoir dit plus tôt, quand elle s'évertuait encore à lui ouvrir son cœur dès qu'elle en avait l'occasion ? Qui sait... Mais bientôt, elle abandonnerait son propre nom pour prendre le sien. Il ne pouvait en être autrement, après tout... Elle lui avait souri, non ?

Lentement, mais sûrement, des progrès étaient constatés par Logan Lockwood, médecin de la famille. Si son disciple n'était autre que Douglas, le petit frère de Benedict, tout le monde avait décrété qu'Elizabeth était un être bien trop proche de lui pour qu'il puisse agir en toute impartialité. D'ordinaire, Logan Lockwood n'aurait jamais douté de Douglas, il avait été à même d'opérer Benedict sans lui, après tout. Mais avec la mort de Mary et les séquelles que Howard laissait derrière lui... Il n'était pas certain que Douglas puisse supporter tout cela sans se laisser atteindre plus que de raison. Alors, Logan effectuait la majeure partie du travail en solo. Douglas, lui, avait plus la fonction d'un pansement pour le cœur d'Elizabeth. Il lui rendait visite, lui parlait sans attendre de réponse, et amenait un peu de vie et de gaieté dans cette chambre où la mort rôdait. Son œil expert, toutefois, lui permettait de faire un rapport à Logan sur son état de santé. C'était aussi Logan qui avait dit à Benedict comment nourrir Elizabeth, à même sa bouche. Oh, il y avait d'autres solutions, qu'il s'était bien gardé de lui dire, mais il espérait que ce contact puisse faire prendre conscience à Elizabeth, au fil du temps, que Benedict n'était pas son père, quand bien même leur ressemblance était troublante.

Alors, à force de patience et de persévérance, elle avait fini par sourire. Oui, au bout de trois semaines d'un cauchemar sans fin, la jeune femme avait esquissé un sourire. Ce soir-là, ils avaient tous bu un verre, dans le petit salon, pour fêter cette immense victoire contre Howard. Benedict était resté aux côtés d'Elizabeth, ses larmes de joie coulant en silence alors qu'il écoutait sa douce fredonnait les chansons qu'il avait tant jouées ces derniers jours. En la voyant ainsi, Benedict eut la certitude que ce salopard de Howard ne briserait plus personne. Ils arriveraient à tout surmonter pour peu qu'ils restent tous ensemble.

-

Les jours qui suivirent, le temps sembla reprendre son cours, comme si les choses rentraient enfin dans l'ordre. Elizabeth ne prononçait pas un mot, mais une faible lueur paraissait parfois se dessiner dans son regard. Quand Benedict arrivait avec son masque, son piano sous le bras, cette lueur brillait. Elle paraissait plus vivante ou du moins plus réceptive à la vie. Ses lèvres contre les siennes étaient encore une épreuve difficile, mais elle s'était habituée à ce qu'il la nourrisse ainsi. Elle ne se débattait presque plus. Alors, un jour, Benedict lui avait tendu une cuillère remplie de soupe, plein d'espoir, et elle avait ouvert la bouche. Il avait pleuré en riant, le cœur léger, avant de lui assurer qu'il ne la nourrirait plus avec ses lèvres. Elle avait faiblement hoché la tête avant qu'il ne lui tende une nouvelle cuillerée.

De douces chansons, le son du piano... L'atmosphère dans la chambre était paisible. Ils étaient tous les deux, seuls au monde, dans un cocon que Benedict semblait tisser autour de sa douce pour la protéger des affres du monde. Parfois, elle souriait timidement. D'autres fois, elle effleurait son avant-bras, elle lui prenait la main ou elle caressait ses cheveux en les ébouriffant. Sa barbe l'avait surprise, il le savait, car ses doigts avaient tremblés avant qu'elle ne lui caresse la joue.

Un beau jour où Benedict dû s'absenter avec Ethan, Douglas vint tenir compagnie à sa belle-sœur. Il chantonnait, l'air particulièrement guilleret, tandis qu'il triait des fagots de lavande sur le lit,  assis face à Elizabeth. Celle-ci lui tendit un morceau de papier avant de tirer sur sa manche pour attirer son attention. "Raconte-moi." Il cilla en la regardant sans comprendre et elle dessina un petit ange à même le papier. Alors, le regard du jeune homme s'illumina et il faillit sauter de joie tant il voulait parler de son ange à tout le monde des heures durant. Il s'extasia de la perfection de cette dernière, de sa beauté intérieure et extérieure, mais aussi de sa gentillesse. Naturellement, il allongea sa tête sur les cuisses d'Elizabeth et elle lui caressa les cheveux sans même lier cette posture à Mary et Howard. Il lui raconta comment ils avaient dansé le long du kiosque aux lucioles. Il continua en lui disant qu'il avait eu envie de l'embrasser à chaque seconde. Elizabeth sourit et il le lui rendit. Il se garda bien de lui dire à quelle occasion il l'avait retrouvé et en compagnie de qui.

-

Il arrivait à Elizabeth de rêver certaines nuits. Sous ses paupières closes se dessinaient Mary et son adorable fils blotti au creux de ses bras. Au milieu de fleurs aux couleurs chatoyantes, la jolie rousse fredonnait en berçant doucement l'enfant au rythme de la brise. Tout était calme. Tout était paisible. Personne ne souffrait. Le corps de son amie n'avait aucune lacération, aucune trace de souillure et son regard conservait toute son innocence et sa bonté. Mary, tout sourire, adressait alors de grands gestes de la main à Elizabeth, qui se tenait à l'opposé du petit coin de paradis où ils se trouvaient, sur une autre rive. Chaque fois, la blonde essayait désespérément de les rejoindre. Elle immergeait le bas de son corps dans l'eau, luttant contre le courant pour avancer, mais alors que Benedict aurait dû la rattraper pour la ramener... Il n'en fit rien.

À la place, il souleva Elizabeth avec délicatesse pour l'aider à traverser la rivière. Quand il la déposa au sol, la jeune femme accourut jusqu'à Mary sans attendre son aimé. Cette dernière lui tendit son fils, endormi, et elle pleura en le serrant dans ses bras. Cela paraissait si... réel. "Je suis désolée." sanglota-t-elle en caressant le front de son bébé avec ses lèvres. "Mary, si tu savais comme je regrette..." La jolie rousse secoua la tête avec un sourire attendri, mais aussi peiné, avant de poser son front contre celui de sa plus vieille amie. "Ce n'est pas votre faute, mademoiselle. Je n'ai aucun regret." Elizabeth hoqueta en se recroquevillant. Elle avait privé Mary de sa vie. Elle avait privé son fils de connaître ses parents. "Vous devez vous libérer de votre culpabilité. Elle n'a pas lieu d'être." Luke, éveillé, serra le petit doigt de sa mère dans sa main minuscule en babillant. "Elizabeth." Cette dernière cilla en relevant un regard plein de larmes sur sa défunte domestique. "Il n'a aucune emprise sur vous. Vous êtes plus forte que cela." La blonde gémit de douleur en grimaçant. Elle secoua la tête. "Vous ne pouvez pas abandonner. Non, vous ne devez pas l'abandonner." ajouta son amie avant de désigner un Benedict masqué restait en retrait. "Dites-lui..." souffla-t-elle en reprenant doucement Luke entre ses bras. "Dites-lui que je le remercie et que je lui souhaite d'être heureux avec son ange, je vous en prie." Elle sourit d'un sourire qui était plus destiné à Douglas qu'à son amie. "Je suis heureuse de l'avoir aimée." conclut-elle avant de se dissiper dans l'air. "Je vous souhaite tout le bonheur du monde, mademoiselle."

-

Ce matin-là, Elizabeth se réveilla, plus lucide qu'elle ne l'avait jamais été depuis son retour de l'enfer. Elle cilla en sentant les larmes qui coulaient à flot sur ses joues et les essuya avec un sanglot étranglé. L'odeur si caractéristique des nourrissons, mêlée au parfum d'agrumes de Mary, était si ancrée dans ses narines qu'elle aurait pu jurer que son rêve était vrai.

Elle observa Benedict qui dormait encore à demi sur le sol. Par tous les dieux, son masque vert était hideux et tout bonnement ridicule. Doucement, elle lui caressa les cheveux et il la salua d'un magnifique sourire ensommeillé. Son cœur s'emballa délicieusement et elle lui sourit timidement.

Chansons, piano, discussions à sens unique... La même routine rassurante que Benedict avait instaurée depuis leur retour. Elizabeth l'écouta, fredonna avec lui quelques fois, avant qu'il ne se lève en admirant le temps splendide au-dehors. Je vais te porter pour te mettre sur le fauteuil. Puis, nous irons nous promener. Je dois te montrer un endroit que tu ne connais pas ici. Sa femme pencha la tête sur le côté, l'air presque étonné. Elle hocha faiblement la tête, cependant, et l'autorisa à la manipuler comme il le lui avait annoncé. Pour la première fois depuis des semaines, Elizabeth quitta sa chambre. Ethan se raidit, surpris, mais ses traits toujours aussi stoïques. Ils déambulèrent dans les couloirs avant de sortir pour les jardins.

Lorsqu'ils arrivèrent exactement là où Benedict le voulait, ils passèrent sous une arche fleurie. Elizabeth bloqua sa respiration un instant, brusquement, avant que l'odeur d'agrume de l'oranger n'emplisse ses poumons. Mary ? cilla-t-elle en chassant ses larmes avant que son regard ne se pose sur les stèles blanches. Elle se raidit en les observant une à une.

Mary Bennet
05 octobre 1790
Nous n'oublierons jamais le feu de ton cœur
Merci de m'avoir aimé, je vivrais avec cet amour dans mon cœur


Luke Berrygreen
Décembre 1813
Mon fils, je t'aime

Entre-temps, Douglas, endeuillé lui aussi, s'était éclipsé en reniflant — bien qu'il ait été surpris de voir sa belle-sœur mettre le bout de son nez dehors. Cette dernière écouta le discours de son mari, les yeux brouillés de larmes. J’espère que tu nous pardonneras de l’avoir enterré sans t’attendre. Nous lui avons donné tous les sacrements et avons fait en sorte de tout faire dans le respect de sa personne. Elle… Douglas s’est occupé d’elle jusqu’à la mise en terre. Les paroles rêvées de Mary revinrent en mémoire d'Elizabeth. Dites-lui que je le remercie et que je lui souhaite d'être heureux avec son ange, je vous en prie. Comment les paroles d'un songe pouvaient-elles faire écho à la réalité à ce point ? Elizabeth se pencha vers les stèles en laissant libre cours à ses larmes. Doucement, pour se rapprocher de Benedict, elle se laissa glisser au sol en se hissant hors du fauteuil, les bras tremblants.

Entre deux hoquets et sa respiration saccadée, ses doigts tracèrent chaque relief du marbre. Mary. Luke. Alternant entre leurs noms, mais aussi leurs tombes. Ses doigts rencontrèrent ceux de son aimé sur le marbre et Elizabeth les attrapa pour les serrer dans sa main. Elle resta ainsi à ses côtés, en silence, avant d'essuyer les larmes qui coulaient sur les joues de Benedict.

Ce maudit masque la gênait.

Je te protègerai, Eli… alors reste avec moi, je t’en conjure. J’ai besoin de toi.

Faiblement, elle se traîna face à lui, à genoux. Elle caressa ses joues un long moment avec ses pouces, le cœur lourd, avant de remonter lentement ses doigts sur les contours du masque. Ensuite, ses yeux plongèrent dans les iris de Benedict, et elle sut qu'il n'y avait nulle trace du monstre en lui. Son mari avait toujours été là. Il était venu pour la sauver. Il ne l'avait pas abandonné. Il pleurait leur bébé et avait fait ériger des tombes pour lui, mais aussi pour Mary. Alors, avec lenteur, mais aussi avec tendresse et amour, elle le souleva. Quand leurs regards se croisèrent, elle jeta le masque au sol avec un sourire. "Benedict..." souffla-t-elle dans un murmure. Sa voix n'était pas plus haute qu'un soupir, mais Elizabeth savait qu'il l'entendait et c'était tout ce qui importait. Après des semaines, le nom de Benedict fut le premier qu'elle prononça. Elle sourit timidement en caressant sa joue avant de poser son front contre le sien. "Épouse-moi."
Clionestra
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Clionestra
Lun 15 Juil - 13:37

Benedict
Berrygreen

J'ai 29 ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis l'héritier du duché et je m'en sors bien (si on considère que le fait que mon père soit encore en vie pour un bien). Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancé à une sale gamine que je ne supporte pas et je le vis plutôt mal.

→ Sérieux, pragmatique, toujours en quête de la perfection pour sa famille.
→ Il a été envoyé servir son pays par son père qui voulait lui mettre du "plomb dans la cervelle" quand Benedict à fait en sorte de protéger l'argent destiné à ses frères et sœur.
→ Il a eu la jambe blessé et ne peux plus marcher pour le moment.
→ On pense qu'il sera peut-être impuissant mais non.
→ S'occupe de sa famille comme un père plus que comme un frère
→ Il aime la musique et la danse bien qu'il n'est le temps de profiter d'aucune de ses deux passions
→ Il joue du piano
Benedict observait les tombes. Parfois, il avait l’impression que son cœur était mort avec son enfant. Pourtant, il le savait. Il n’était son enfant que dans l’idée qu’il s’était fait de lui. Parfois, il pensait à son cauchemar, celui où il le frappait comme son père, celui où il devenait son père, et cette idée lui donnait un relent de souffrance à l’intérieur même de ce qui lui restait d’âme. Benedict s’était toujours demander… est-ce que tout le monde voyait la ressemblance avec son père, donc son paternel avait voulu de lui qu’il soit aussi le même intérieurement… ou est-ce que son paternel avait tellement voulu un mini lui que les traits de Benedict avait commencé à s’aligner aux siens ? Son père était-il capable de jouer avec les destinées comme ça ? Etait-il à l’égal, voire supérieur, à Dieu. Ou est-ce Dieu qui l’avait ainsi envoyé dans la vie avec pour seule intention de le faire souffrir ? Il caressait le marbre en se posant cette éternelle question. Il savait avoir tout perdu, et il savait que son père, depuis le manoir, devait être ravi de la décadence de son cœur. Il savait que ça ne pouvait que lui faire du mal de voir les tombes, mais elle avait aussi besoin de savoir que les deux ne seraient pas oubliés. Quand il la voit tombé au sol, il tend les mains mais en restant en retrait, pour qu’elle puisse l’utiliser si elle veut.

Et il reste là. Il reste à ses côtés en sachant qu’il ne pouvait la prévenir d’un contact tant les larmes ravageaient ses joues. Il voulait lui donner du soutien, mais il ne le pouvait pas. Il pleurait silencieusement et l’observait, attentif. Il ne voulait pas la toucher sans son consentement, jamais plus, mais il désespérait de pouvoir lui faire une étreinte. Il aimerait prendre tout son malheur, toute sa souffrance, et la faire sienne pour qu’Eli puisse respirer à nouveau. Il l’observait et fut un perceptible sursaut quand elle lui attrapa les mains. Il attendit de voir si elle allait se désister mais elle garda ses mains. Il ne dit rien, ne bougeant même pas les doigts pour caresser son épiderme, non. Il était son esclave. Son pantin. Elle pouvait faire tout ce qu’elle voulait de lui, jusqu’à le tuer.

Il était assez heureux que cette nouvelle méthode fonctionne pour la remettre sur pied. Cependant, il savait qu’il avait toujours un plan pour faire sortir son père de sa tanière. Dans une semaine, il allait se faire du mal. Il avait espéré que ce choc aiderait la jeune femme, et fut d’autant plus heureux qu’elle n’en aurait peut-être pas besoin. Il continuait de l’épier d’un œil rassurant et doux. Il ne voulait pas qu’elle puisse le percevoir comme une menace. Pas à nouveau.

Même s’il ne le dirait jamais, avoir été considéré comme son père par la femme qui faisait battre son cœur, ça faisait mal. Il en souffrait de cette peur qu’il pouvait lire dans ses yeux et de cette distance qu’elle avait mis, malgré les sourires. Mais après tout, Ethan et Douglas avaient souvent fait cela aussi. Il ne pouvait pas leur en vouloir. Il savait qu’il avait le visage du démon sur lui. Qu’importe ce qu’il aimerait faire pour le cacher. Il avait essayé de gratter sa peau jusqu’à ce qu’il en arrache des bouts, pour changer son visage, mais Douglas l’avait soigné avant de le disputer tellement fort qu’ils en avaient pleurés tous les deux.

Oui. Il n’arrivait plus à supporter sa propre apparence. Alors quand elle s’approche, il essaie de modifier ses joues, de les faire rentrer vers l’intérieur, ou de retrousser le nez. C’est malgré lui, c’est une méthode pour qu’elle ne le « reconnaisse pas ». Elle touche son masque et il arrête de respirer.

Son cœur s’arrête de battre, sa respiration se coupe, son sang se fige. Il était devenu aussi immobile que les stèles qu’il caressait juste avant. Il cherche à voir ce qu’elle compte faire, regarde ailleurs alors que ses yeux observent Eli un peu trop longtemps. Il ne sait pas quoi faire. Il avait toujours une main sur le marbre et l’autre qui ne demandait qu’à l’arrêter. Il ne voulait pas qu’elle souffre encore. Il ferma les yeux. Il regarda le sol, la main de la jeune femme. Il évita son regard. Il le posa à peine un instant pour regarder à nouveau ailleurs. Il se sentait mal. Il ne voulait pas qu’elle le trouve monstrueux. Elle finit le mouvement et il croise son regard.

Et si tout ce qui était déjà stopper ne l’avait pas été, alors c’était maintenant qu’il y aurait plus rien eu. Elle venait de sourire en jetant son masque. Et de parler. Sans pouvoir s’en empêcher, ses yeux plongèrent dans les siens et il se mit à pleurer silencieusement. Il n’arrivait pas à parler. Comment pourrait-il parler alors que sa langue était lourde, sa trachée obstruée par l’émotion ? Il fit un mouvement de tête pour affirmer qu’il était bien Benedict. Pas Howard. Elle avait dit son prénom. Et il ne savait pas comment réagir à cela que par l’envie de l’embrasser sur le champ. Il se brida. Parce qu’il n’en avait plus le droit. Il prit une goulée d’air qui enflamma son être. Il avait l’impression de souffrir, alors qu’en réalité c’était la sensation d’une souffrance qui s’envole. Elle s’éclipse d’elle-même, sans son concours.

Elizabeth le reconnait comme Benedict. Et elle le regarde. Il penche à peine la tête contre sa main pour profiter de la caresse si délicate. Les larmes continuaient leur course inexorablement. Il respira difficilement. Elle le touchait. Il n’avait pas besoin de lui demander s’il en avait le droit, parce qu’elle prenait ce droit. Il respire doucement et la demande de la jeune femme lui arrache un hoquet étrange. Un baragouinement entre la souffrance et le bonheur. Il fit un petit rire.

- Mon amour, murmura-t-il avec le même volume qu’elle mais il savait, lui aussi, qu’elle l’entendait très bien, il n’y a rien au monde qui me ferait plus plaisir.

Mais pour ça il allait falloir qu’elle aille un peu mieux. Il n’avait pas changé l’idée qu’il voulait pouvoir rester debout sans souffrir devant l’autel, et elle aussi. Malheureusement, maintenant ils avaient le temps. Aucun enfant ne naîtrait dans les mois à venir.

- Je vais te prendre la main et la caresser, prévient-il encore avant de faire l’acte en lui laissant le temps de se repousser. Noël approche et le nouvel an aussi. Nous pourrions nous marier ensuite, au milieu de la famille. Qu’en penses-tu ?

Il ne précise pas qui dans la famille, elle savait. Il ne considérait pas Howard comme un membre de sa famille bien qu’il soit son père. Il sourit encore, front contre front et la main libre de la jeune femme dans la sienne. Il ne précise pas qu’il devait s’occuper de ramener Howard dans la société pour pouvoir le tuer. Il ne précise pas qu’il avait plus d’un plan pour venir à bout de ce monstre. Il allait le faire sortir de sa tanière, le ramener ici, et Benedict allait ensuite l’obliger à s’exiler, mais là où il pourrait le trouver. Ensuite, il allait le tuer. Il fallait que ça fonctionne… et ça allait fonctionner. Il fit une pression sur sa main. Il la porte à son coeur qui bat la chamade maintenant.

- Je t'aime Elizabeth Berrygreen, souffla-t-il, je t'aime depuis toujours. Je t'aime comme personne n'a aimé avant moi. Je t'aime et je ne te remercierais jamais assez de me permettre de te le dire. Que cela ne soit pas trop tard, que mes mots puissent faire sens. Je t'aime de tout mon coeur et jusqu'à la fin de ma vie et plus encore.

Il ne l'embrasse pas. Il n'en avait plus le droit. Mais il laissa sa main contre son coeur qui bat la mesure de l'amour, et garde son front contre celui de la jeune femme. La joue contre la joue de la jeune femme. Il était son serviteur. Il était son aimé. Il ferait tout ce qu'elle veut, tout ce qu'il faut, pour qu'elle apprécie d'être encore en vie, avec lui.


I'm born again.
I'm on the mend
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because living well,
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