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LE TEMPS D'UN RP

Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18

Ezvana
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Ezvana
Dim 26 Mai - 17:40

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


La peur, qui glisse dans son estomac, serpents froids qui se logent dans le fond de ses entrailles et font monter des vagues délirantes. Trop de choses, c’était passé en trop de peu de temps. La folie semble menacer son esprit rationnel, parfois sa vision se trouble et la cohérence de ses pensées s’effondre. Peur. Fuir. Courir. Douleur. Colère. Haine. Amour. Pour une vie si linéaire, tous ses événements le bousculaient avec force.
C’est à peine s’il entend son Aimée lui indiquer la route tant ses pensées bourdonnantes l’empêchent de réfléchir. Avec souffrance, il se souvient de ce petit corps froid qu’il n’a pas pu enlacer. Il n’a pas pu dire au revoir à son ami félin. Il se souvient de la méchanceté dans le regard de cet homme qui prenait plaisir à le voir souffrir.
La peur dans le regard de Mama. Fermer les yeux, vaciller un instant et l’épaule qui percute un mur et s’érafle un peu plus. Il avait blessé Mama. Peut-être même qu’elle était morte ?
Le souffle est court, brûlant. La bouche ouverte, le Gargouille tente de respirer alors que l’horreur arrive de plein fouet, s’acharne dans son esprit et marque de façon indélébile ses pensées.
La violence de ses agissements lui noue la gorge, la façon dont il s'était appliqué à ôter la vie et à punir tel un châtiment divin sans se soucier des hurlements qu’il n’entendait pas. Maintenant, ils résonnent avec clarté dans ses souvenirs et martyrisent son âme. L’odeur de la chair chaude, du sang habillant sa peau de rouge. Flot d’hémoglobine maculant le sol, ses membres disloqués éparpillés dans la cave.

Sa route s'arrête, alors qu'il s'étrangle. Une plainte qui s'extirpe de sa gorge, se pencher sur le côté pour vomir, expulser l'immonde qui le parcourt de l'intérieur. Avec fièvre il vérifie qu'il n'avait pas ingéré de la chair humaine, tremblant de tous ses membres.
Peut-être qu'il était vraiment un démon après tout ? Peut-être qu'il était un monstre ? C'était cela sa vraie nature ? Tuer, démembrer, déchiqueter ?
Une main se lève et il voit le sang séché qui craquelait, ses griffes mutilées par ses dents, voit les rayures des ongles humains ayant raclé sa peau. Trembler si fort que les dents claquent à nouveau, dévorer par ses démons intérieurs qui ne lui laissent aucun répit. Méritait il de vivre ? Peut-être que c'était mieux qu'il reste enfermé quelque part. Mama lui avait bien dit qu'il était un danger pour les autres. Finalement, après ces décennies prisonnier, il devrait peut-être retrouver le poids des chaînes.

Un instant, ses prunelles se posent sur le métal entourant ses poignets, la lourdeur insupportable qu’il ressentait à chaque mouvement, les chaînes balayant ses cuisses de façon désagréable.
Renâcler à l’idée de retourner d’où il venait, de nouveau se sentir opprimé. Il ne le voulait pas. Lui, qui fut toujours esclave des autres, prenait une décision. Soulève son âme contre cette injustice. Au fond de lui, le lac ne serait plus jamais aussi lisse qu’un miroir, marqué à jamais par l’indicible horreur de cette nuit. Il ne cessera de se flageller en silence pour les actes qu’il a commis.
S’ébrouer comme un chien qui sort de l’eau, être plus ferme sur ses appuis. Il tenait l’être aimé dans ses bras et il se devait de la protéger, de la soutenir, d’être là pour elle. Qu’il sombre dans cette eau troublée, quitte à se noyer. Si cela permettait de vivre à ses côtés, il le ferait.

Alors tantôt il marche, tantôt il court, devient une ombre claire qui se faufile à travers les rues, se camoufle derrière une voiture, glisse derrière un mur. La discrétion n'était pas son atout, ses ailes raclant le sol, ses griffes cliquetant sur le béton dans sa précipitation. Trop grand, trop imposant, de ses longues cornes noires qui dépassent toujours de ses cachettes. Mais nul hurlement ne vient ponctuer sa fuite, donc personne pour les voir. Ou alors ils se terrent chez eux en tremblant, priant un quelconque dieu de les libérer du mal.

Le temps semble infini alors que ses membres le brûlent, que la fatigue pèse sur sa nuque. Et quand il pense arriver au bout de ses forces, il la voit cette fameuse cabane tant espérée. Titubant, grognant, il entre, les oreilles attentives et le regard incisif. En cet instant il aurait pu anéantir toute forme de vie tant il était à fleur de peau.
Le bruit du sol qui craque sous le poids du Gris alors qu’il s’avance, que la queue trop lourde balaye le sol et les feuilles mortes. Essoufflé, il arrive à déposer délicatement le corps de son Etoile sur le lit, arrangeant fébrilement les couvertures, le semblant d’oreiller. Il l’entend mais fait abstraction. Percevoir la douceur de cette main près de l’une de ses blessures, la tendresse de ses mots qui l’enveloppe.
Pourtant son poil se hérisse, le regard se fait fuyant. Il ne méritait pas une telle affection après tout ce qui c’était passé, lui qui avait ôté la vie avec une facilité déconcertante.
Monstre. Monstre. Monstre.
Et comme l’animal, dont la gueule et encore couverte de vermeil, il n’aime pas être approché de cette manière. Monstre blessé encore incertain du contact de cette paume, même si elle était bleue. On l’avait tellement blessé, fait souffrir, qu’il ne savait plus vraiment faire la différence.

Cligner des yeux comme si les larmes menaçaient de déborder de ses cils, comme si l'émotion était trop intense. Mais rien ne vient couler sur ses joues. Perdu dans une nuit sans lune, il ne voyait plus son Etoile pour le guider. Sentir le courant d'air qui balaye le chemin, l'odeur des sapins qui chatouille son nez. Il y avait l'appel de la liberté, de la facilité. Il suffisait de plonger, de s'enfoncer dans la noirceur sans regarder en arrière.
Faire un pas. Puis un autre. Enfin, il avait ce qu'il avait toujours espéré du bout des doigts. L'indépendance et ses doux mirages lui tendaient les bras.
Pourtant, il s'arrête. Il y avait autre chose de plus grand, de plus beau qu'il avait toujours rêvé en secret. Cela l'avait bercé la nuit dans des rêves incroyables ou son cœur exalté battait à tout rompre. Se retourner et regarder le ciel d'encre, les yeux agrandis par la peur. Une question muette qui s'élance dans la nuit, fait une percée dans ce voile sombre qui l'empêchait de voir. La lueur était là, si loin qu'elle en paraissait minuscule. Pourtant, il l'observe, inonde ses prunelles d'opales de cet éclat qui grossissait à chaque nouvelle vague d'amour reçu.

Quelque chose recule, s'écarte de ses pensées. Peu à peu, il retrouve sa lucidité et le tremblement se calme. Ses yeux d'argent se posent sur Aksana, voient qu'elle s'agite à essayer une nouvelle fois de le soigner et la tendresse inonde son regard lui qui enfin retrouve pied.

- Mes blessures ne sont rien, c'est toi qui m'inquiètes.

S’accroupir près de se lit. Image misérable de cette entité brisée, de ses ailes pendantes sur le sol, de cette queue qui soulève un peu de poussière en raclant le bois. La fatigue pesait sur les larges épaules, les muscles du dos étaient noués. Balafré, ses propres blessures commençaient à lui faire mal. Lentement, mais sûrement les morsures s’enfoncent dans sa chair. Une grimace alors qu’il s’assoit lourdement au sol, glissant sans grâce, ses muscles lâchant au fur et à mesure. Animal agonisant qui pose ses avant-bras sur le rebord du lit, le menton posé sur le matelas sans quitter des yeux la Bleuté. Il ne pouvait pas s’allonger sur ce lit, son sang maculerait les draps et puis il se devait de rester attentif. Même si son amie lui disait qu’ils étaient sécurités, elle n’était pas venue depuis fort longtemps. Peut-être qu’ils étaient traqués ?
Tendre une main, saisir délicatement des doigts aux griffes manquantes. Avait-elle la possibilité de se soigner comme lui ? Comment allait-il faire ? Il n’y connaissait rien. Où aller ? Quoi prendre ?

Une grimace qui déforme ses traits, la tristesse qui l’étreint et résonne en un sanglot dans la poitrine qui se serre. Il se sentait impuissant. Toute sa puissance ne servirait à rien pour guérir son aimée. Désarmé, floué, incapable.
Épave échouée qui s’accroche tant bien que mal à son seul repère. Alors son menton glisse sur le matelas, les mèches poisseuses s’agrippent à ses bras tandis qu’il caresse doucement du pouce le dos de cette main.

- Repose-toi. Reprends des forces. Bats-toi tant que tu le peux. Je resterais à tes côtés.

Un soupir.
Son corps refroidis et donc la douleur venait ronger ses chairs. Un ou deux points de suture ont sauté dans leurs escapades, il sentait encore le sang coulant de certaines blessures. Mais ce n’était rien. L’envie de rentrer ses ailes se fait sentir, lourde et pensante, mais le fait que l’une d’elles soit brisé l’angoisse. Alors il attend, inquiet.
Mais jamais son regard ne quitte Aksana.


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Lulu
Ven 31 Mai - 21:48

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Ce n’était pas les soupirs lugubres du vent qui lui glaçaient le cœur jusqu’aux os, mais ceux de la silhouette blessée, au grand cœur brisé en mille éclats. Il était perdu, tel un enfant égaré dans la nuit. Comment fermer les yeux face à cette souffrance vertigineuse ? Elle ne pouvait, et surtout, elle ne voulait l’abandonner, seul avec ses pensées plus féroces encore que les blessures qui ravageaient son corps. Mais elle-même n'était que ruines, pauvre féline prisonnière de ce lit aux draps souillés, et surtout de cette carcasse lacérée de part et d'autre.
Même parler lui était un supplice, non pas en raison de son épuisement, mais à cause d’une étrange douleur qui lui lacérait la joue gauche, douleur lancinante difficile à ignorer. Parfois, elle croyait sentir les assauts du vent contre sa gencive, mais ce n’était qu’une énième sensation qui disparaîtrait sûrement à l’aube. Seuls ses yeux ne la trahissaient pas, et ils restaient fermement accrochés au corps de l’amant fébrile. Ses azurées imploraient silencieusement qu'il vienne près d'elle, pour le distraire de ses heurts intérieurs.
Enfin, il s’échoua à ses côtés, et à cet instant, son cœur battit plus fort dans sa poitrine. Elle voulait lui parler, le serrer contre elle, chasser ses sanglots. Sa main tremblotante s’approcha alors de la sienne, mais il la saisit tendrement avant qu’elle ne puisse l’atteindre.
Et elle put sentir ce sanglot soudain arracher un soubresaut à ce corps adoré. Ses prunelles se plissèrent alors de douleur. C’était comme si un couteau affûté perçait son cœur, et de cette plaie ne s’écoulait pas du sang, mais une rivière de chagrin. Marée de souffrances la submergeant, se répandant tel un poison dans ses veines. Aksana pouvait sentir chaque fibre, chaque cellule, hurler sous l'effet de ce métal glacial s'enfonçant toujours plus profondément dans son palpitant. Cette souffrance lui était infiniment plus insupportable que ses propres blessures, et elle savait pertinemment que les lueurs de l’aube ne les emporteraient pas au loin. Ce n'était pas cette liberté qu'elle avait imaginée pour lui, et elle en était profondément affligée.

Puis, aussi vaillant que soucieux, il l'encouragea à se reposer, à se battre, tout en lui assurant qu'il ne cesserait de veiller sur elle. Le regard d'Aksana s'adoucit, malgré sa peine. L'éclat de ses prunelles humides devint plus tendre, touchée par sa dévotion qui ne connaissait jamais de fluctuation. Même dans les moments les plus sombres, il continuait de l'éblouir par sa tendresse, par son amour. Il persistait à être son pilier, bien qu’il fût lui-même criblé de souffrances. Mais même dans l'obscurité, au cœur du chaos et du désespoir, une force les unissait : l'amour, lien invisible plus fort que les ténèbres. Et elle s'efforcerait de ne pas le briser, ni cette nuit, ni jamais, ou permettre à quiconque de le lui ravir.
Et dans un ultime effort, la jeune malhar approcha son visage tout près de celui de l’argenté, et de ses lèvres chaudes d’une tendresse infinie, elle effleura sa joue ensanglantée. L'arête de son nez caressa avec douceur sa douceur opaline, frottant délicatement son visage contre le sien, leurs souffles chauds s’enlaçant. Et le froid disparut soudainement, tout comme le monde autour d'eux. Il n’y avait plus qu’eux, blottis dans cette petite cabane délabrée, perdue au cœur des bois.

— « Je le sais, mon Étoile », réussit-elle à susurrer, non sans peine. « Reste contre moi, viens dans le lit et s’il te plaît… repose-toi aussi. La lune veillera sur nous, elle est pleine ce soir… » et elle éclairait tendrement l’intérieur de la cabane défraîchie. « J’espère que… tu peux voir ta nouvelle amie d’ici. »

C’était un souhait du cœur, murmuré par une enfant de la lune à un autre. Un autre qui n’avait probablement jamais pu la contempler sans être gêné par les ombres des barreaux striant sa cage. Mais ce soir, ce serait différent.

— « Regarde-la comme elle est apaisée… Et dès que tu sens ton cœur s’alourdir, admire-la, parle-lui, elle saura te consoler… »

Miroir céleste de son amour pour lui, la lune lui murmurerait les échos de leurs nuits plus douces. Elle espérait qu’elle parvienne à le bercer, à l’envelopper de toute sa tendresse, à défaut de pouvoir le faire elle-même. La jeune malhar comptait sur elle. Créature sans dieu murmurant pourtant sa première prière à la lune, dont l’éclat s’intensifiait peu à peu, caressant les silhouettes de ses enfants.

 « Je t’aime Sheog… Je suis là… Avec toi. »

Comme à chaque aube, comme à chaque crépuscule, c’était son amour pour lui qui, en premier et en dernier, venait embrasser ses lèvres d’un baiser ardent. Jamais elle n’abandonnerait ce rituel cher à son cœur. La mine de la bleue se blottie contre celle du Gris, et enfin, la main froide du sommeil l’emporta loin, vers un sommeil sans éclat.

{ ... }

Au cœur d’une nuit différente, sous l’œil d’une lune moins ronde, l’orpheline s’arracha enfin à ce sommeil sans rêves. Son corps était meurtri de mille douleurs vives, chaque geste lui donnait l’impression que ses membres se déchiraient. Le moindre mouvement était une épreuve de volonté, mais la féline ne manquait pas de courage, surtout lorsqu’il s’agissait de veiller sur son doux.
Le cœur, plus meurtri que son corps, son regard soucieux se mit à chercher Sheog. Comment allait-il ? Était-il en sécurité ? Où était-il ? Là, tout près. Son visage était caressé par les lueurs pâles de la lune, qui se faufilaient à travers les volets. Il semblait paisible, protégé des horreurs de ce monde. Un instant, son cœur se libéra, allégé du poids de ses craintes. Mais la malhar ne se laissa pas duper par cette quiétude trompeuse. Elle savait qu’au moindre grincement, au moindre froissement, au moindre soupir, il s'éveillerait en sursaut. Ici, il ne se sentait pas en sécurité, et elle comprenait. Ses premières heures de liberté n’avaient pas été douces, et Aksana s’en savait partiellement responsable. C’est pourquoi elle devait faire tout son possible pour changer cela, tisser autour de lui un cocon protecteur et reprendre des forces afin de le défendre contre leurs assaillants.

Puis, son regard scruta le corps meurtri de l’ailé, et découvrit avec horreur les stigmates de sa souffrance. Coupures, ecchymoses, sa peau était enflée par toutes les blessures imaginables. Une nouvelle vague de douleur submergea son calme, amenant dans ses flots l’angoisse et la culpabilité. Elle n’avait pas réussi à le protéger.
Aksana s’efforça de contenir la tempête ; s’apitoyer sur son propre sort ne le soignerait pas. Refusant de s’enliser dans le désespoir, l’orpheline força son corps brisé à sortir du lit après avoir réchauffé le front de l'argenté d'un baiser. Chaque mouvement était mesuré, chaque pas une véritable épreuve, ses muscles protestant à chaque effort. Mais sa détermination la porta, puisant sa force dans un seul objectif : trouver de quoi soigner son ange blessé. Avec difficulté, elle se dirigea vers un sac de lin, celui même contenant le fruit de ses larcins. Sur le chemin, elle tituba, manquant de chuter, mais s’accrocha aux meubles de fortune dont certains s’effritèrent sous sa poigne. Enfin, elle s’effondra, mais seulement pour s’agenouiller auprès de son trésor, fouillant ses entrailles bien remplies de ses mains tremblantes.
Il y avait des denrées, des tissus, du matériel de couture, des livres, et enfin, une trousse. Son cœur bondit de soulagement, arrachant à ses lèvres bleues un long soupir rassuré. Maintenant, elle pouvait rebrousser chemin.
La souffrance houleuse chahutait son corps, mais le cœur vaillant et éperdument soucieux réussit à atteindre la rive où reposait son Étoile.

— « Sheog… » Sa voix était douce mais produisait un étrange chuintement. « Je vais te soigner… Tu m’y autorises ? » Ses doigts glissèrent à l’arrière de son crâne, le caressant avec la plus grande des délicatesses.

Toujours s’assurer de l’accord de l’ailé, même en cas d’urgence.
Puis, de ses doigts moins adroits que d’habitude, elle sortit des bandages, un désinfectant, du coton, une pommade, une bobine de fil et une aiguille. Aksana n’était pas certaine d’utiliser ces derniers instruments, redoutant de ne pas suturer correctement ses plaies à cause de ses tremblements.
Tandis qu'elle attendait sa réponse, son regard anxieux erra sur son corps meurtri, mesurant avec une minutie douloureuse l'étendue des dégâts. Soudain, une étrangeté capta son attention ; ses ailes présentaient une asymétrie étrange, l'une d'entre elles paraissant plus affaiblie. Sans oser s'approcher, elle inclina la tête, observant d'un œil inquiet. C'est alors qu'elle comprit : l'aile était brisée.
Son cœur se serra dans une étreinte impitoyable, comme si une main de fer l'avait broyé sans pitié. Mais fidèle à ses instincts, sa douleur se mua rapidement en une rage sourde, menaçant de l'engloutir tout entière. Ses poings se crispèrent, ses phalanges s’éclaircissant, sa peau se tendant à l'extrême sous la pression de cette colère soudaine. Mais la douleur, tel un coup puissant, la força bientôt à relâcher sa rage, laissant derrière elle une brûlure vive là où ses griffes restantes avaient percé dans sa chair courroucée.

— « On trouvera une solution… Pour ton aile », assura-t-elle, s'efforçant de retrouver un calme fragile, craignant de blesser davantage le doux en s’emportant. « Peut-être qu’en l’immobilisant, on pourrait l'aider à guérir… Éviter qu’elle ne s’aggrave… »

Des branches feraient peut-être l'affaire. Aksana se souvenait d’en avoir utilisé dans son enfance, pour immobiliser ses membres fracturés. Elle espérait que cette méthode pourrait être efficace pour une aile brisée.

— « Et… J’ai quelques sucreries, pour toi… Il faut te nourrir », pour qu’il reprenne un peu de force. « Aussi, si tu veux… Il y a un lac, pas très loin. Tu pourrais t’y baigner… Si tu en ressens le besoin, je pourrais t’aider à te laver », proposa-t-elle avec une tendresse infinie, au cas où la volonté lui manquait.

Elle souhaitait libérer sa peau de ce sang figé, le plonger dans la beauté apaisante de la nature. Elle espérait que chaque goutte d'eau nacrée puisse diluer ses maux, tout comme les caresses douces de l'onde. Et même si son propre corps était faible, elle n'hésiterait pas à l'emmener jusqu'aux rives paisibles du lac, si cela pouvait distiller en lui ne serait-ce qu'une once d'émerveillement, de bonheur ou de paix.
Ezvana
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Ezvana
Sam 8 Juin - 16:29

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Le visage qui s’approche du sien, ce touché délicat qui lui fait fermer les yeux un instant, plonger dans la tendresse presque animale de frotter son nez contre le sien, rechercher la chaleur d’un contact si différent de ce qu’il avait vécu cette nuit. Tel le chat qui ondule du dos sous la main, le Démon s’approche un peu plus, chercher à faire durer le contact en soupirant.

Docile le Géant gris, qui se glisse dans le lit qui grince sous sa carcasse, se glisser en gémissant de douleur contre Aksana, presque s’effondrer de fatigue tandis que le matelas daté amortit à peine sa chute. L’odeur était infecte, le confort plus précaire que son lit de sa chambre. Pourtant, tout cela n’avait aucune importance. Son corps se colle à celui de la Bleuté, pour se rassurer. Sa présence chassait les démons qui susurraient à son oreille, son inquiétude pour son état dominant ses propres angoisses. Il l’écoute avec adoration, avale ses paroles. Et lorsqu’elle se blottit contre lui et que son souffle ralentis lui dit qu’elle c’était endormi, la solitude pèse sur ses épaules.

Des tremblements viennent parcourir le corps massif et lui donne des spasmes douloureux. Les dents se serrent malgré les canines protubérantes, tout pour ne pas réveiller son Aimée contre lui. Alors il souffle, tente de taire les gémissements de douleurs qui veulent s’échapper de ses lèvres. Chaleur de ce corps en ébullition, une fine couche de sueur parlant à son front, collant les mèches poisseuses à son corps. La souffrance irradie dans tout son être, mais c’étaient surtout les failles psychologiques qui l’impactent. Des images qui sont des flash dernières ses rétines, ce rouge trop reconnaissable qui recouvre tout, ces odeurs métalliques qui lui donnent la nausée. Les hurlements qui résonnent encore et encore en échos dans ses oreilles.

Le cœur au bord de l'explosion, il se tourne, fouille le ciel par la fenêtre pour trouver la lune. Elle saurait le consoler n'est-ce pas ? Alors il plonge dans son cœur argenté, fouille dans les cratères pour trouver le remède à sa douleur. L'esprit est prêt à craquer, les larmes menacent de déborder.
Monstre. Monstre. Monstre.
Jamais encore, il n'avait eu l'occasion de l'observer ainsi, pleine et entière, inondant de ses rayons le sol si loin d'elle. Le froid qu'elle dégage apaise la fièvre qui le ronge de l'intérieur.

Oh mère Lune, pourquoi tout ceci ?
Mère. Mama. Fermer les yeux et les plisser fort alors qu'il revoit en boucle son geste, cette façon dont il a arraché la moitié de son visage. L'aisance avec laquelle il l'avait rejeté, qu'il l'avait mutilé, plein d'une détermination suffocante et enragé, d'une colère froide et indéfinissable.

As-tu vu toutes les horreurs que j'ai commises entre quatre murs ?
Il méritait d'être jugé. D'être condamnée. Tant de vies sont parties ce soir, tant de vie ôtée par un simple coup de griffes, par une queue trop légère, par son envie implacable de protéger celle qu'il aimait. Il était bien le monstre des histoires, celui que l'on occis pour le que le monde se porte mieux. Parce qu'il savait au fond de lui que si cela devait se reproduire, il recommencerait, encore et encore, plongeant dans la folie meurtrière. Jamais il n'abandonnerait ce corps contre lui qu'il presse doucement d'un bras ankylosé.
Astre argenté, je suis bien le Démon.
Le corps qui se tourne contre Aksana, son front qui effleure le sien, cette aile si déformée que s'en était risible qu'il tend au-dessus de son corps, pour la protéger, pour la camoufler au regard du monde et qu'elle se repose enfin.

Écrouler de fatigue, il bat des cils alors que le sommeil tente de le happer de ses mains.
Oh Lune, est-cela le goût de la liberté …. ?

~~~

Une bataille faisait rage.
Lever la tête pour observer ce ciel obscurcit d’une teinte pourpre effrayante, dépourvus d’étoile et de lune, lisse comme si c’était le crépuscule pour l’éternité. Des flammes, qui rongent chaque arbuste et chaque tronc d’arbres, des morceaux calcinés qui deviennent cendre, emportée par un vent chaud et désagréable.
Puis les hurlements qui résonnent autour de lui, fracassent ses tympans avec des crissements de métal contre le métal, des cris et des injures, des grognements qui n’avaient rien d’Humain. Se couvrir les oreilles, tétanisées par la peur, immobile dans un carnage qu’il ne comprenait pas. Autour de lui il voit des silhouettes humaines et d’autres comme lui. De peaux rouges aux yeux injectés de sang, plongeant leurs griffes dans les chairs, hurlant comme des damnés.

L’horreur de se reconnaître dans chaque ombre, de percevoir un peu de lui dans chaque monstre découpant des chevaliers en armure. Il savait ce que c’était que de libérer sa puissance, que de devenir une arme de vengeance.
Les larmes coulent et sèchent aussitôt dans cet environnement des enfers. Il veut appeler à l’aide, mais vers qui se tourner ?
L’indécision le frappe de plein fouet et refroidit son cœur qui devient aussi lourd que du plomb. Devait-il se tourner vers les Humains qui l’ont élevé depuis toujours ? Ceux qui devaient être son repère, ses guides, l’ont trahi ? Ou vers ces êtres démoniaques dont il ne connaissait rien mais qui n’étaient que son reflet ?

Un chevalier s’approche, le visage ensanglanté et l’air déterminé, pointant une lance vers le Gris qui recule, effrayé. L’Homme l’injure de rejetons des enfers, qu’il méritait de mourir. Et la pointe s’enfonce dans son torse avec une facilité déconcertante et le Gris se contente de voir cette arme se faufiler dans son corps sans comprendre.
Pourquoi lui ? Il ne participait pas à la bataille !
Puis il se souvient. Oui. Oui, il avait tué lui aussi.
Alors il ferme les yeux et laisse la lance percer son cœur.


Frémissement.
Et les yeux s’ouvrent en grand, deux puits lunaires qui transpercent la nuit de leur éclat astrale. Les muscles soudainement tendus à l’extrême, il observe ce qui l’avait troublé, prêt à bondir. Mais ce n’était que la Bleue qui c’était relevé. Un soupir de soulagement, l’aile qui c’était relevé qui redescend lourdement dans un claquement sec. L’épuisement qui s’acharne sur chacun de ses muscles, chaque nerf étant à vif, même sa propre respiration lui était douloureuse. Il brûlait de l’intérieur.
Timidement, une main tachée d’hémoglobine séchée s’approche de sa poitrine, cherche et caresse pour trouver le trou vers son cœur. Mais il n’y avait rien.
Devait-il être soulagé ? Où être déçu ?

La gorge se serre, le gémissement est réprimé violemment. Son corps n'était que lave mais son esprit était éparpillé en mille morceaux aux arêtes coupantes. Perdu dans une immensité sombre, il ne savait plus où se diriger, n'osant même plus avancer de peur de chuter. Plus de famille, plus de maison, plus de guide. Alors il observe sans rien dire Aksana, se rattache à la seule chose qui lui restait en ce monde, l'idolâtre de ses rétines, lui envoie des vagues d'amour, que peut-être, elle ne percevrait pas.
Se redresser, hocher la tête alors qu'elle demande la permission. La tête tourne, une sensation de nausée lui remue l'estomac. Mais alors que ses yeux perçoivent les blessures de son amie, il ne dit rien, n'ose pas se plaindre. Sourcils qui ploient sous l'empathie. Géant incapable de savoir quoi faire, Titan ayant l'innocence d'un enfant perdu.
Mais alors qu'il voit les poings de son amie se serrer, il s'élance, se tend en avant en ignorant sa propre affliction.

- S'il te plaît Aksana, plus de douleur. Plus de souffrance.

Un murmure, une supplique.
Ses mains qui englobent ce visage, ce pousse qui caresse les contours de cette blessure qui lui fait un sourire forcé. Délicatesse d'une plume, douceur infinie dans ce geste. Pas un regard pour son aile à la pointe étrange. Ce n'était rien. Face à ce qu'elle a vécu, ce n'était que fioriture.

- Si je pouvais emmagasiner ton calvaire, je le ferais sans hésiter.

Qu'on lui brise les os de chaque aile, qu'on lui scie les cornes, qu'on le soumette à nouveau. Tout pour qu'elle ne soit pas dans cet état.

- Si j'étais arrivé plus tôt….

Un hoquet, le regard qui fuit alors qu'il s'emplit de larme, les doigts qui tremblent et qui relâchent se visage. À quoi cela servait d'avoir des ailes si ce n'était pas pour les utiliser ? A quoi cela servait d'être aussi grand si c'était pour se terrer dans un trou ? S'il n'était pas aussi fragile, il aurait pu l'aider. Il aurait pu la sauver de ce supplice.
Misérable créature repliée sur elle-même sur un lit miteux. Les larmes glissent sur les craquelures brunes, nettoient par vague ce visage déformé par la peine. Les ailes pendaient de chaque côté de son corps, trop lourdes, trop pesantes, inutiles. Il aurait tant voulu reprendre sa forme normale, mais il ne savait pas ce qu'il ressentirait avec son aile cassée. Alors il garde cette apparence de monstre qui lui serre le cœur.

Essuyer son visage d’une main rageuse et ne pas prêter attention à ce sang maculant son corps. Détermination lasse dans le regard, il regarde la Malhar nettoyer une de ses plaies. Quelque part au fond de lui, il en avait marre qu’elle soit toujours à ses petits soins et que lui en sois incapable par ignorance.

- Je t’emmène à ce lac, tu me guideras.

S’agiter, sortir du lit sans demander la permission, interrompant ce que faisait son amie. Se pencher en avant alors qu’avec tendresse, il vient glisser un bras sous les jambes musclées, l’autre tenant le dos. La soulever fermement et la maintenir contre lui. Que sa force serve enfin à quelque chose, que lui, soit capable d’enfin agir. Le petit garçon devait grandir et devenir un homme.

Une grimace, mais rien ne l’arrêtera. Pas même ses ailes qui raclent le sol d’un air misérable alors qu’il s’avance, qu’il sort de cette cabane qui était leur refuge.
L’extérieur. Cette immensité tant désirée, mais qui lui faisait peur.
Saisir le corps plus fermement, le pressé contre lui. Elle serait son étoile.
Alors il avance, s’affranchit de la souffrance et des peurs. Il avance.
Parce que désormais chaque nuit était une bataille.

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Lulu
Lun 10 Juin - 15:59

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Les ombres de ta haine comme des lames acérées, déchiraient ta chair mutilée.
Un instant de répit pourrait leur être salutaire. Mais était-elle seulement capable de s’en accorder un ? La démone scruta les yeux alourdis de chagrin de l'adoré, perçut son chant imprégné de souci. Il la suppliait d'abandonner cette folie, de mettre fin à la souffrance qu'elle s'infligeait à elle-même. Hélas, sa rage était un couteau aiguisé que l’orpheline ne cessait de retourner contre elle-même, se coupant ici et là, faute de pouvoir poignarder d'autres corps haïs.
Elle ne parvenait pas à dompter cette rage, toujours ivre de ces effluves mortifères absorbées à la vue de l’adoré souillé par son propre ichor. Peut-être était-il temps de s’en défaire, ne serait-ce que pour épargner le cœur meurtri de celui qu’elle s’était juré de protéger, corps et âme, et qu’elle n’avait su préserver, pas même d’elle-même. Alors, elle enfouit ce feu meurtrier au plus profond d’elle-même, prit une longue goulée d’air pour purifier sa poitrine de ces relents putrides. Elle pouvait le faire, elle devait le faire, pour lui.
Ses azurées implorèrent son pardon, lumière vacillante chassant les ténèbres qui l’avaient brièvement étreinte. Elle promit, en silence, de laisser la douceur éclore en son cœur. Car, bien qu’elle n’eût jamais su se traiter avec soin, elle tenterait pour lui. Ne serait-ce qu’en s’abreuvant de cette douceur, qu’il distillait sans retenue sur sa mine balafrée, inconsciente de la monstruosité que les griffes humaines y avaient gravées.

Puis, les confessions prirent une saveur amère tandis qu’il s’épanchait sur ses regrets, sur ses propres échecs. Les prunelles de la jeune malhar se fendirent de douleur, ses épaules s'affaissèrent lourdement, telle une fleur s'écroulant sous les assauts d'une pluie violente. Et cette pluie était faite de ces belles opalines, qui se remplissaient à vue d'œil de larmes brûlantes. Les azurs fidèles aux nacres miroitèrent tout le chagrin qui l'inondait, et ses sourcils se courbèrent sous le poids colossal de sa peine. Il avait le cœur torpillé par la tristesse, et elle sentit le sien se briser en écho.
Refusant de laisser la solitude l’étreindre, d'ajouter une couche à sa détresse, l’orpheline délaissa ses outils pour se précipiter vers cette silhouette brisée. Elle le ramena au plus près de son cœur, cet asile de chaleur et de douceur qui, pour lui, serait un refuge éternel. Ses lèvres se posèrent tendrement sur l’une de ses joues trempées de tristesse, goûtant à ses larmes dont elle n’aurait jamais voulu en connaître la saveur.

— « Tu as déjà trop souffert » souffla-t-elle dans un soupir tremblant contre sa peau meurtrie. « Tu m’as sauvé la vie, et je suis heureuse de m'en sortir avec seulement quelques blessures… »

Et discrètement, elle laissa échapper toute cette peine qu’elle s’était efforcée de contenir. Féline s’abandonna à cette communion de larmes, de tristesse, elle, qui jamais, ne s’était montrée aussi vulnérable aux yeux de quiconque. Hélas, la malhar devait admettre, enfin, qu’elle ne s’était pas échappée indemne de cette cave. Elle avait eu peur pour sa vie, pour son corps aussi, plus que jamais durant sa brève existence. Elle avait failli l’abandonner à cause d’une rage incontrôlée, elle avait failli le laisser seul dans les confins les plus cruels de ce monde, entre les griffes des véritables monstres.
Qui aurait pansé ses plaies, qui aurait embrassé tendrement sa peau de marbre, qui aurait enlacé avec amour son corps puissant à l’aube et au crépuscule ?  Qui aurait concocté pour lui de savoureux festins, qui lui aurait conté des histoires douces, qui aurait combattu bec et ongles pour préserver sa dignité ? Personne. L'orpheline connaissait trop bien cette vérité cruelle : il était, comme elle, une âme errante dont le sort indifférait le monde. Il n’avait qu’elle, et elle n’avait que lui.
Elle rejeta avec un dégoût viscéral cette furie aveugle qui l’avait habitée lors de cette nuit maudite. Jamais plus elle ne se laisserait entraîner sur le sentier sinueux et vain de la vengeance. Elle attendrait patiemment, tel un félin guettant dans les hautes herbes, et ne révélerait sa férocité qu’en ultime recours, lorsque toute autre issue serait impossible.
Cette promesse, gravée profondément dans son esprit, sur ses mains marquées par ses erreurs, dans son cœur brûlant de se libérer de ses colères stériles, était ancrée par le serment d'un objectif unique et éternel : ne jamais abandonner l’étoile fragile nichée dans ses bras à ce monde glacial et impitoyable.

Puis, le déchu se redressa avec la puissance d’un phénix renaissant de ses cendres. Sa voix, telle un marteau s’abattant sur l’enclume, frappa l’air saturé de peine. Il déclara, d’un ton impérieux et soutenu par des gestes empreints d’une furie contenue, qu’il l’emmènerait au lac. L'inquiétude se logea dans les prunelles d’Aksana, encore humides malgré ses joues désormais sèches. Il refusait de ménager son corps meurtri, alors que ses plaies étaient toujours béantes.

— « Sheog, doucement », articula-t-elle, le ton ferme. « Laisse-moi au moins terminer de te… »

Il la souleva avec une aisance presque irréelle, comme si elle n’était qu’un oisillon fragile, ce, malgré son propre état déplorable. Titan aux pieds d’argile qui défiait les limites de son corps fragilisé, laissant des traces sanglantes à chaque pas lourd qu’il posait. Il ne s’arrêterait pas, il ne la lâcherait pas, quand bien même il devait se heurter aux inquiétudes criardes de la jeune malhar.

—  « Je peux marcher » lança la menteuse, et surtout, la soucieuse.

Car Aksana savait pertinemment qu’elle ne pouvait accorder confiance à ses jambes boiteuses. Mais aussi résolue qu’entêtée, elle se tenait prête à s’accrocher aux branches, à ramper sur le sol, pourvu que cela épargne au Gris davantage de souffrances. Elle tenta même de se dégager de ses bras, mais malgré son agilité, la féline ne parvint pas à se glisser hors de cette prison protectrice.
Tel un fauve enragé dans sa geôle, la frustration déchiquetait son esprit en lambeaux. Elle était impuissante face à ce supplice, incapable d'arrêter ce flot de sang écarlate, incapable de préserver ce corps affaibli, ni d'interrompre ces pas résonnants d'une agonie muette. Et alors, une angoisse abyssale envahit son visage blême. Elle ne supporterait pas de le voir s'effondrer, elle ne supporterait point de le perdre. Il n’avait qu’elle, et elle n’avait que lui ; il était son unique sanctuaire, et sans lui, l'orpheline n’était qu'une âme errante, vouée à une dérive éternelle. Jamais ne se lierait-elle à une autre âme, comme elle l'avait fait avec la sienne.
La terreur la rongeait, une ombre glaciale enveloppait peu à peu son cœur, et chaque respiration devenait une prière silencieuse, chaque battement une supplication muette à n’importe quel dieu, bon ou malin, qui passerait au-dessus de leurs têtes maudites.

— « Je t’en supplie… » souffla-t-elle, d’une voix déchirée par l’inquiétude.

Arrête-toi, s’il te plaît.
Soudain, comme un signe offert par grâce céleste, la lumière lunaire se fit plus vive, plus pure. Les branches des arbres s’ouvrirent lentement, telles des rideaux, dévoilant un ciel étincelant de mille lueurs argentées. Ses prunelles quittèrent subitement la mine souffrante du Gris, découvrant alors un paysage digne des plus beaux contes de fées.
Devant leurs yeux épuisés s'étalait un lac à l'eau calme et sereine, un miroir d'argent où se reflétait l'éclat blanchâtre de l'astre nocturne. Les lucioles dansaient sur les rives, leurs lumières timides illuminant la nuit telle une nuée d'étoiles terrestres. Le croassement des grenouilles résonnait en une symphonie gutturale, tandis que le chant des grillons ajoutait une note douce et apaisante. Tout autour, la nature vibrait, transformant ce petit coin de forêt en un sanctuaire sacré.

Le corps meurtri se glissa enfin hors des bras salvateurs, mais dès que ses pieds touchèrent la terre molle et humide, sa silhouette vacilla, un léger râle de douleur s'échappant de ses lèvres mutilées. Elle ne s'attarda ni sur ce corps qui la trahissait, ni sur cette nature luxuriante qui les accueillait à bras ouverts, l'esprit trop absorbé par l'état préoccupant de l'adoré.
Ses pensées s’éparpillaient, tourbillonnaient dans sa caboche tel un ouragan de terreur. Ses azurées affolées scrutaient les alentours avec frénésie, cherchant désespérément quelque chose, n’importe quoi, pour arrêter l’hémorragie. Mais rien ne se révélait à elle ; les fougères étaient trop denses, dissimulant les potentielles plantes curatives présentent aux abords du lac. L’angoisse grimpait en elle, menaçant de submerger son esprit de ses vagues ravageuses. Pourtant, une force plus profonde, plus instinctive, freina cette marée menaçante.
Ses mains, tremblantes mais déterminées, s’emparèrent des manches de sa robe grisâtre. En un instant, elles furent arrachées, puis transformées en bandelettes improvisées.

— « Il faut entourer tes plaies avec ça… Stopper au plus vite tes saignements ! » dit-elle, la voix aussi agitée que ses prunelles scintillantes. « Et les nettoyer… Approchons-nous de l’eau, je viens avec toi. »

Elle restait toujours attentionnée envers le géant, cet être nouveau-né jeté brutalement dans ce monde sauvage. La bleue se disait qu’un lac, pour lui, pouvait sembler une étendue infinie et terrifiante lorsqu’on n’avait connu que des bassines.

— « Nous n'avons qu’à y plonger les pieds… Ça suffira amplement » assura-t-elle d’un ton qui se voulait apaisant, bien que teinté d’urgence.

Longue inspiration qui fit vibrer sa poitrine, son souffle vacilla légèrement, ébranlé par les battements frénétiques de son cœur affolé. Elle ne le perdrait pas ici, pas maintenant, ni jamais. Encore moins alors qu'ils frôlaient la liberté du bout des doigts, aussi effrayante soit-elle. Mettre entre parenthèses, faute de pouvoir annihiler, les conséquences dévastatrices de la cruauté humaine, en trouvant le temps de panser leurs plaies, d’écouter les murmures de leurs corps, tout en muselant les pensées ravageuses qui les assiégeaient.
Et Aksana lui tendit tendrement sa main, l’invitant à tremper ses pieds dans cette vaste étendue d’eau.
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Ezvana
Mer 12 Juin - 20:49

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Titan de marbre qui avait été animé de vie, qui s’avance de son pas lourd dans cette herbe trop haute. Cela lui chatouille la plante des pieds râpés par le bitume, caresse ses tibias et ses mollets. Presque désolé le Monstre quand des fleurs ploient sous son avancé impérieuse. Mais rien ne pouvait l’arrêter. Pas même la douleur qui lui fait ployer l’échine, alourdit ses épaules qui tremblent. Son souffle est heurté, de ses poumons froissés d’avoir été trop sollicité. Image flouée, de celui qui se voulait chevalier servant, mais qui n’est qu’esclave en fuite. Pourtant, il se voulait le pilier solide sur lequel son Aimée pouvait s’appuyer. Elle se débat un peu, mais si faible que cela n’empêche pas le Gris d’avancer, d’ignorer ses gesticulations. Lui qui ne faisait qu’obéir préférer se fier à ses sens qui lui indiquent que non, elle n’était pas en état de se déplacer, à deux doigts de flancher. Se mordre l’intérieur d’une joue alors que cela le percute de plein fouet, qu’il ose s’affranchir des demandes. Cela le trouble, le met mal à l’aise. Mais c’était surtout l’état dans lequel était son Etoile qui l’inquiète et raffermit sa prise autour de ce corps bleu.

Absorbé par ses inquiétudes, il ne se rend pas compte que la végétation se fait plus rare et quand enfin, il découvre devant ses yeux l’immensité d’eau, il s’arrête. Figé, ses yeux d’opales ne font que balayer cet enchantement qui avait pris vie devant lui, lieu enchanteur et isolé du monde. Devant lui dansait des billes jaunâtres qu’il n’avait jamais vu. Renâclant tel un cheval apeuré, il tremble, laisse son amie descendre de ses bras.
Le pied glisse dans l’herbe, lentement, avec des mouvements calculés. S’approcher, clignant trop souvent des yeux pour ne rater aucun mouvement de cette chose étrange. Le visage se penche, le nez tente d’identifier une odeur, mais ce sont ses yeux qui lui permettent de voir que c’était une petite chose qui gigotait, une sorte d’insecte à l’abdomen brillant.

Un sourire enfantin étire ses lèvres alors qu’il tend une main, qui dérange la créature qui s’envole. Mouvement de recul, peur instinctive alors que cela tournois autour de lui. Immobile et les yeux écarquillés, il voit les insectes tourbillonnaient autour de lui sans lui faire de mal. Alors il se détend, ose en toucher du doigt d’un doigt.
C’était magique. Son cœur semble plus léger pendant un instant, comme si plus rien n’avait existé hormis ce moment. S’avancer parmi les petites billes lumineuses, admirer leur danse aérienne, tourner sur lui-même pour ne rater aucune scène du spectacle.
Mais alors que son sourire s’agrandit, l’urgence de la voix d’Aksana l’arrache à ses rêveries et le ramène avec brutalité dans le vrai monde.

Froncer des sourcils sans comprendre et tout le rattrape avec violence. Un instant il est perdu, vacillant entre la douleur et l'incertitude. Elle s'approche de lui, entoure ses blessures de bandelettes arrachées à ses vêtements. Ne pas comprendre l'urgence, ne pas appréhender les choses de la même manière. Lui ne sentait plus le sang couler de ses blessures, trop habitués aux blessures physiques depuis trop longtemps. Pourquoi tant de panique ? Il voit bien cet éclat briller dans son regard, le tremblement de ses doigts. Mais il ne dit rien, incapable de comprendre ou de savoir trouver les mots.

Une nouvelle fois, ses yeux se vide de toute émotion, la lassitude extirpe un soupir discret. Il avait beau lire, il ne savait pas quoi dire. À quoi cela servait de s'abreuver d'histoire si ce n'était pas pour apprendre à s'exprimer ? Mais il ne l'a jamais fait. On ne lui a jamais appris, au contraire. Il devait se taire, rendre muettes ses inquiétudes et ses peurs. La tendresse ? Elle n'était qu'imaginaire, dans ses beaux romans.

Son Aimée était au bord de l'eau. Ses yeux alors se pose sur cette étendue lisse et brillante, infinie. L'angoisse lui serre l'estomac et lui donne la nausée. C'était bien trop proche de ce qu'il voyait en lui, ce lac sombre dans lequel il avait plongé pour se libérer. Son imagination avait bien travaillé tant les ressemblances étaient criantes de vérité.
Pourtant ; il y avait des détails qui faisaient toute la différence. Contraire à celui secret, sombre et infinie, ici la lumière se reflétait avec netteté. La lune et les étoiles dansaient au rythme des ondoiements.

S'approcher avec méfiance. La queue battait l'air derrière lui, tel le félin peut rassurer. Inspirer l'air, gonfler ses poumons pour être prêt à partir le plus vite possible. Glisser sur l'herbe en tremblant, les yeux fouillant dans l'eau pour y trouver le moindre monstre séculaire capable de le gober.
Cette main tendue où il glisse sa paume, cherche du réconfort dans le chaud de ce contact. Le bout du pied griffu qui touche le liquide et un long frisson vient hérisser la crinière. C'était froid. Cela lui mordait la chair comme autant de petites bouches affamées. Mais très vite il s'habitue, lui qui a toujours été lavé à l'eau glaciale avant l'arrivée de son Etoile.

La regarder, cherchant son appui pour aller plus loin. S’enfoncer un peu plus, de ses jambes étranges qui sont caressées par l’eau claire. Des vaguelettes se forment dues au tremblement intempestif de ce corps effrayé par tout cela. Jusqu’ou cela allait ? Était-ce suffisamment profond pour couler ? Il ne savait pas nager. L’idée même qu’un gouffre s’ouvre sous ses pieds lui arrache un grognement. Renâcler, piétiner sur place comme un enfant qui tente de ne pas se laisser emporter par ses peurs. Courageux pourtant le monstre qui continue d’avancer dans cette eau mystérieuse, concentré sur la sensation qui engourdit ses jambes. La souffrance était là, les muscles prit de spasme et le sang maculant sa peau. Mais il ne pouvait détourner son attention.

Bientôt la morsure se fait caresse, le froid tétanisant la douleur de ses ecchymoses et blessures ouvertes. Un soupir alors que l’eau monte, que ses ailes raclent le bord avant que la pointe ne glisse. Un froncement de sourcil alors que la peau fine et nervuré rencontré la fraîcheur du lac, lui qui n’a jamais eu l’occasion de sortir ses ailes régulièrement.
Lâcher cette main pour continuer sa route, trop investit dans ses émotions pour faire attention à quoi que ce soit d’autre.
L’eau monte, encore et encore, jusqu’à ses cuisses. Les chaînes font un bruit étrange dans l’eau, son pagne s’imbibe, mais peu importe. Son regard se perd à l’horizon, son visage se relève pour observer le ciel étoilé. Yeux d’argent qui dévorent ce vaste champs bleue et argent, admire la courbe de cette lune. Le cœur bat un peu plus vite, le sang fuse dans ses veines alors qu’un bonheur étrange s’infuse dans sa poitrine. Les mains dans l’eau se relèvent, laissent l’eau couler en goutte presque silencieuse alors que dans son dos cela craque et claque tandis qu’il relève ses ailes qui se déploient lentement. Grandeur princière dans cette immensité de cuir qui absorbe la lumière nocturne, de ses muscles qui roulent et s’activent alors que pour la première fois de sa vie il peut les déployer toute à leurs mesures titanesques. La douleur est presque insupportable, mais il ne s’arrête pas, continue de les faire grandir jusqu’à devenir une auréole de gloire qui l’entoure. Même ce morceau pendant, un peu dissonant ne tarit en rien la magnificence de ses ailes.
Le prince des enfers semblait presque entier, couvert de sang séché et le corps tremblant. Pilier qui restera debout, quoi que la vie lui donne comme épreuve.

Un sourire presque carnassier qui se dessine sur les lèvres sombres, cette envie subite de battre des ailes et de décoller de cette terre, de découvrir la douceur du vent, des courants chauds. Et pourquoi pas toucher les nuages ?

Se tourner vers le rivage, vers cette silhouette qui l'observe. L'amour qui glisse de ses prunelles miroitantes, cette main qui se tend vers elle en une invitation tandis que les ailes retombent lentement. Il la voulait avec lui, il voulait s'unir à elle dans une étreinte face aux yeux du monde.

- Veux-tu me rejoindre ? Je te porterai si tu le désires. Retire tes vêtements si tu le souhaites, mais viens apprécier ce bain avec moi. Ensemble.

Pour toujours.
Les yeux se plissent, la tête se penche sur le côté. Jamais il ne la dévisagerait si elle était sans vêtements, il n'en avait pas la malice. Il la voulait juste contre lui, s'enfonçant dans l'eau en la tenant dans ses bras et qu'ils observent cette étendue sauvage et apaisante que la nature leur offrait, se nettoyant le corps et l'âme de toutes ces horreurs.

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Lulu
Jeu 13 Juin - 16:55

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Corps maudits par l’humanité, retrouvèrent la clarté séraphique, qui enlaça leurs chairs damnées avec la tendresse d’une mère aimante. Sous la lumière bienfaisante, les deux rejetons infernaux recouvrèrent leur beauté volée. Pour Elle, les étoiles abandonnèrent les cieux et vinrent se fondre à sa peau astrale. Pour Lui, la lune enroula ses bras argentés tout autour de son être, ornant sa peau opaline de sa lumière divine.
L'Étoile éprouvait une étrange sensation, celle que cette lueur exquise ne le quitterait plus jamais, comme un élu marqué pour toujours de la grâce divine dès que les dieux l'avaient choisi. Il n'avait plus rien de terrestre, ni de céleste ; entité hypnotique d'un monde oublié, qui semblait conquérir par sa grandeur chaque parcelle de terre et chaque goutte d'air qu'il effleurait. Et cette sensation étreignit l'elfe, alors que le Gris n’avait pas encore déployé tous les replis de son corps souverain.

Leurs mains se séparèrent, et Aksana ne chercha pas à le rattraper. Elle le laissa s'évanouir dans la distance, tel un fauve libéré après de longues années d'entraves, avide de redécouvrir les contrées lointaines d'où il avait été arraché.
Les azurées, empreintes de curiosité, s'attardèrent sur cette silhouette fouinarde au pas hésitant, incertain. Secrètement, ça se réjouit à l’intérieur de le voir fouler ce monde nouveau, par lui-même, sans son aide. Comme s’il puisait une certaine force au cœur de la nature opulente. Et sur tes lèvres meurtries naquit un sourire sincère, tandis que ton cœur se déchargeait de ses lourds battements d'angoisse ; il faisait l’exploit de savourer sa liberté, malgré ses souffrances.  
La silhouette s’était éloignée, et bien qu'elle ne pouvait plus l’enlacer, la lune, elle, continuait son étreinte céleste. Les lueurs argentées, se reflétant sur sa peau de neige, le faisaient scintiller de mille feux, et aux yeux de son admiratrice discrète, il brillait encore davantage depuis qu’il s’était écarté d’elle.
Il ressemblait à une brume soyeuse glissant paisiblement sur l’onde. Ses courbes vaporeuses et immaculées ne faisaient qu’accroître l’émerveillement de l’elfe nocturne, dont l’esprit n’était plus qu’une amphore se remplissant de la splendeur surnaturelle de l’Aimé. Il n’avait pas l’étoffe d’un roi que lorsqu’il vomissait sa rage sur les mortels l’ayant insultés, mais aussi lorsqu’il se gorgeait entièrement de la douceur lunaire.
Jamais l’orpheline, de ses prunelles moroses, accoutumées à la crasse et à la violence, n'avait contemplé une telle splendeur. Elle se sentait embarrassée, à l'idée de fixer ce spectacle divin, comme si elle comprenait la bassesse de sa propre condition ; intruse à l'essence terne et vulgaire, destinée à ne jamais effleurer la magnificence. Et pourtant, malgré l'hérésie de sa contemplation, la pauvre âme ne pouvait s'empêcher d’observer l'extraordinaire se produire sous ses yeux.

Et son esprit étroit, déjà ivre par sa majesté, ne put pressentir qu'elle n'avait été témoin que de l’aube timide d'un spectacle somptueux, et que le zénith s’approchait. Car oui, entité divine et adorée pouvait atteindre une beauté plus sublime encore.
La brume se métamorphosa en cygne, déployant ses ailes en corolles ténébreuses. Indifférent aux craquements et aux douleurs, qui ne semblaient être que de vulgaires chaînes retenant les mortels, il continua de déployer ses ailes, les étendant encore et encore, toujours plus haut vers les cieux. La fille de la nuit hésita même un instant à reculer, frappée par la possibilité que ces ailes puissent engloutir la totalité du lac, mais l'entité préféra conquérir les empyrées constellées, indifférente aux éclats du monde d'ici-bas.
Les poumons figés, nul souffle ne s'échappant de ses lèvres entrouvertes, ses yeux s'arrondirent encore, comme s'ils n'étaient pas assez vastes pour capturer toutes les courbes de cette magnificence titanesque. Dans ses orbites, ça brillait d’admiration, ça s’embrasait d’amour, ça se consumait d’extase.
Aksana se sentit soudainement ridicule, elle qui, quelques instants auparavant, se croyait incapable de contempler une beauté encore plus grande durant son existence. L’orpheline n’avait encore rien vu. Car le voici, fils des colosses, fils de puissants oubliés, fils des dieux d'un ancien monde, étalant devant elle, devant cette nature mirifique soudain devenue terne face, un éclat de sa magnificence tout juste retrouvée. Et ce, malgré ses blessures. Il était tel une statue divine fissurée, conservant sa gloire malgré sa pâleur et ses craquelures.
Le cœur en transe, elle le vénérait en silence ; entité divine unique, capable de ployer l'échine de l'enfant diable, celle-là même qui avait toujours haï l'omnipotent trônant dans les cieux, et qui s'était toujours efforcé d’ignorer les chants envoûtants du seigneur des abîmes.
Puis elle remarqua ce sourire carnassier, cette envie viscérale de dévorer les cieux tout entiers. Elle sentit alors sa chair s'électriser, ses poils se dresser, à la vue de cet être longtemps assoupi, s'éveillant enfin à une soif insatiable de puissance, de conquête, d'infini. Si elle avait pu, créature tremblante d'émoi lui aurait offert les cieux, le soleil, les nuages, les étoiles et la lune inclus, étendant son royaume jusqu'à la moindre poussière de ce monde. Car c'était dans ses sourires, dans son extase, dans ses désirs qu'elle trouvait sa propre raison de vivre. Mais, à défaut de pouvoir lui offrir l'univers, elle s'offrirait à lui tout entière ; sa force, sa pugnacité, son amour, ses désirs, son corps seraient les siens. Et elle espérait pouvoir satisfaire, ne serait-ce qu'un peu, cette faim nouvelle qui s'éveillait en lui, qu'il se nourrisse d'elle, de ses maigres trésors, avant de s’élancer vers les hauteurs du monde.

Et les ailes s’échouèrent dans l’eau, dans un long soupir de béatitude. Les yeux ronds de l’elfe, empreints d’une fascination fiévreuse, luisaient avec une intensité quasi surnaturelle, ses oreilles pointues, dressées telles des sentinelles en alertes, guettaient chaque frémissement, tandis que son cœur en idolâtrie battait avec une fureur inouïe contre sa cage thoracique. Et elle crut s’évanouir, dès que ses prunelles attendries se posèrent sur son humble silhouette tapie dans l’ombre.
Il l’appelait à le rejoindre, à plonger avec lui dans l’onde. Comment pourrait-elle refuser une telle invitation ? Son cœur, débordant d’amour et d’émerveillement, ne pouvait résister à un appel aussi envoûtant… Son corps, par contre.
Elle ne pouvait pas garder sa robe sur son dos, elle risquerait de mouiller son unique habit.
Les pieds enfoncés dans la vase, l’eau glacée vint étouffer les braises ardentes de son cœur incendiaire et engloutit ses prunelles, autrefois si vives. Là, sous la chair encore fumante et tremblante d’effroi(d), le palpitant se débattait, sentant les crocs de la terreur s’approcher inexorablement. Il n’avait plus ses flammes pour se protéger. La bête grondante n’avait qu’à suivre pour l'atteindre, les effluves des souvenirs proches, saturés des cris et des rires, d’enfants et d’adolescents abandonnés, sans pères ni mères. Comme elle. Mais il s’agissait du seul point commun entre la bestiole et eux. Et ils s’étaient efforcés durant des années, à le lui rappeler. Aujourd’hui, leur haine était si profondément gravée en elle, que même en leur absence, celle-ci continuait à la hanter.
Malhar se souvenait avec une précision douloureuse de chaque invective venimeuse proférée par ces langues vipérines, qui s’étaient permises de s’en prendre à la rugosité de son corps ; lézard, crapaud, crotale, sifflaient-ils sans relâche. Elle se souvenait également des grimaces de dégoût qu'ils affichaient chaque fois que leur regard captait ne serait-ce qu'un fragment de sa peau lézardée. Ces excroissances épineuses, fines et hideuses, perçant sa chair en maints endroits, mais lui conférant une parure impénétrable.
S’il avait appris à ne chérir que les courbes humaines, à se délecter de leur peau satinée et fragile, la sienne lui serait dégoûtante. Sans compter, qu’il était naturel pour tout être de préférer les textures douces et moelleuses à celles tranchantes et rocailleuses ; même ses propres doigts ne trouvaient aucun plaisir à effleurer son corps rugueux. Elle se souvenait même des nourrices qui, blessées par ses aspérités, l’avaient abandonné bébé à sa propre crasse, le temps que leurs pauvres doigts ensanglantés puissent à nouveau cicatriser.
La peur la saignait de sa lame glaciale, faisant trembler son corps sous ses assauts froids, puis ses yeux honteux désertèrent l'onde pour s’échouer sur la mine argentée, en quête d'un peu de chaleur. L’amour y resplendissait, ses éclats enfiévrés capturant son cœur dans une nasse enivrante.
Tu veux le rejoindre, t'unir à lui sous les regards bienveillants de la nature, soigner ton être de son amour… Et pourtant, des fils invisibles te retiennent.
Et contre toutes attentes, elle usa de la tendresse infinie qu’elle vouait au Gris pour les trancher un à un, ses liens, s'arrachant à l'étreinte glacée pour se fondre dans une plus chaleureuse. Enfin, elle espérait réussir à la trouver.

Ses poumons se déployèrent à nouveau, aspirant l'air frais dans l’espoir de purger sa poitrine de cette chaleur oppressante. Entre honte intense et espoir ténu, la jeune malhar abandonna définitivement sur le rivage sa tenue.
Comme pour compenser la rugosité de sa peau, Vénus l’avait bénie de courbes généreuses ; sa silhouette s'avérait bien moins rêche que ne le laissaient croire ses robes mornes et droites. La contempler revenait à admirer la fière figure de proue d'un navire, fusion parfaite de puissance et de volupté, prête à fendre les océans tout en ôtant des soupirs languissants chez les marins.
Les azurées fendillées d’appréhension se fixèrent à la silhouette adorée, pour ne pas dériver vers celle abhorrée. Ses pas, hésitants et tremblants, s'enfoncèrent dans les tréfonds boueux du lac sombre. Le cœur palpitant d'une inquiétude douce-amère, le corps frissonnant, l'eau fraîche et accueillante l'enveloppa avec une tendre caresse, étreignant son être jusqu'aux creux moelleux de ses reins.
Dès qu’Aksana atteignit la présence du monarque oublié, ses mains s’enroulèrent sur les avant-bras de ce dernier avec une ferveur semblable à celle d’un naufragé agrippant un débris flottant. Les baisers glacials des flots mordaient sa chair, et elle cherchait ardemment un souffle de chaleur contre le corps imposant du titan. Elle se rapprocha de lui, non seulement pour absorber sa tiédeur, mais aussi pour dissimuler ses propres aspérités, comme s’il n’avait pas pu déjà scruter avec effroi ou curiosité ses particularités. Toutefois, elle ne se lova pas contre lui, craignant que sa propre peau hérissée ne le blesse.

— « Je l'ai connue plus chaude... » murmura-t-elle, son sourire légèrement crispé par le froid mordant et la douleur oppressante.

Féline dépouillée de toute sa férocité par les eaux glaciales et sa nudité. Ses prunelles fuyantes et sa silhouette frissonnante, rappelaient celle qu’elle avait été lors de ses premiers jours de servitude au manoir de Mama.

— « Mais au moins, je suis en bonne compagnie » et cela suffisait à réchauffer son cœur d'une douce chaleur.

Les céruléennes s’enlaçèrent enfin aux opalines adorées, s'adoucissant immédiatement à leur vue. Il n'avait rien perdu de sa beauté divine, évidemment. Discrètement, ses doigts se resserrèrent autour de ses bras ; elle ne voulait plus le lâcher.

— « Tu ressembles à un rêve », dit-elle, son ton chaud et caressant, ses prunelles fascinées, ses mots encore brûlants du souffle de son cœur.

La bleue se livrait avec une aisance nouvelle. Il semblait appartenir à un autre monde, un autre univers. Elle y songea d’ailleurs ; peut-être était-ce réellement le cas ? Où Mama l'avait-elle trouvé ? À qui l'avait-elle arraché ? Aksana n'interrogea pas l'intéressé, qui n'en savait probablement pas plus qu'elle. De plus, elle ne désirait pas troubler la sérénité de ce lieu, ni de leur union.
Elle s'éloigna alors de ses songes, se réancrant dans la réalité.

— « Je ne m’approche pas trop… J’ai peur de t’érafler. Ma peau n’est pas des plus douces… » un regret abyssal encrassait sa voix, tandis que ses prunelles embarrassées s’abaissèrent.

Aucun être, hormis ceux accablés du même fardeau, n’appréciait le contact maudit du malhar. En tout cas, à sa connaissance. De plus, le corps de Gris n’avait pas cicatrisé de ses blessures récentes, et elle ne souhaitait aucunement tourmenter davantage sa chair déjà meurtrie. Alors, elle maintenait entre eux cette distance douloureuse, à contrecœur. Car elle rêvait de se fondre, de disparaître contre ce corps, à la fois doux, chaud et puissant.
Car tu sais que c’est là qu’est ton sanctuaire. Car tu sais que c’est là qu’est ta place.
Là, à jamais blottie contre Lui.
Ezvana
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Ezvana
Hier à 0:41

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Un instant, son souffle est suspendu en l'air, bué dans l'air frais de la nuit. Son corps était en ébullition, réchauffé de l'intérieur grâce à la lune qui le caresse, le berce tendrement. Mais surtout, c'était la vision de cette néréide qui le chamboule, ajoute des pierres chaudes dans le creux de son estomac. De cette peau délicatement bleue et à ses yeux félins qui le couvent d'amour, de cette exclamation muette de se corps tendu vers le sien. Déesse Nix venant reposer son âme prêt de lui, lui offre la possibilité de l'admirer et de la contempler tout à loisir, comme on idolâtre une déité oubliée, mais aimée. Alors qu'elle se déshabille offrant à ses yeux sa parfaite nudité, lui qui ne voyait que les courbes d'un être félin, de ses muscles roulant sous la peau et doucement embrassé par le ciel. Panthère nocturne qui s'approche, foule la terre des mortels pour s'immerger et s'approcher de lui.

Nouveau soufflet de forge alors qu'elle s'agrippe à lui, qu'il sent la chaleur de sa peau, la douceur de ses charmes contre lui. Baisser la tête pour l'envelopper de son regard de cristal, plonger dans son regard jusqu'au creux de son âme qu'il caresse, qu'il chérit et cajole avec la tendresse de l'amour éternel.

- Et toi, tu ressembles à une déesse.

Aveu du cœur tandis que ses prunelles ne révèlent qu’une vérité naïve et amoureuse. Dans ses romans, il y faisait parfois référence à des entités surhumaines, au-delà de toute conception logique, doué de pouvoirs et d’une beauté irraisonnable. La femme aux oreilles pointues en portait tous les signes.

Puis les sourcils se haussent en l’entendant, les narines qui se plissent alors qu’il la voulait plus près de lui. Un instant d’hésitation avant de relâcher cette peau bleue, de s’éloigner d’un pas d’elle tandis que dans un claquement de cuir, il défait son pagne. D’un mouvement puissant, il renvoie le vêtement au loin, proche du rivage. Qu’il tombe à l’eau, cela ne serait rien. Seules les chaînes sont là pour l’habiller, lui qui ne se montre jamais dans une totale nudité, pour cacher des secrets connus seulement de la doyenne et de Mama.

Les yeux balayent la surface du lac, cherchent quelque chose à laquelle se raccrocher pour ne pas plonger dans un embarras profond. La queue fouille l’eau, fait remonter un peu de vase à la surface.

- Moi aussi.

Incapable d’en formuler plus lui qui se laisse baigner par les rayons argentés pour dévoiler des plaques aux arêtes un peu sur le haut des cuisses, vers l’intérieur prêt de l’intimité. Saisir une main qu’il porte dans son dos, à la base de sa queue. Un frémissement quand il sent le contact avant que son corps se détende. Là aussi, il y avait des lignes plus dures, rugueuses, loin de cette peau de pêche qui recouvre le reste de son corps.

Se tourner vers elle, l’envelopper de son regard. Alors il s’approche, tend ses mains qu’il fait glisser sur cette peau aux arêtes aiguë, fait courir la pulpe de ses doigts sur les aspérités, chatouille les contours de cette peau tant cajolée.

- J’ai une peau épaisse et dure, jamais tu ne me ferais du mal. Et tu es la personne la plus féroce et la plus douce qui soit. De corps et de cœur.

Se pencher un peu sur elle, lui embrasser la tempe, le coin de la mâchoire. Faire courir ses doigts comme sur une partition qu’il avait appris à aimer par cœur, cherche et glisse sur les creux, fait glisser sa peau contre la sienne avec affection. L’eau de ses mains nettoie et balaye les croûtes de sang séchées, évacue les saletés de cette nuit encore trop proche d’eux, à vouloir susurrer des souvenirs qui devaient être mis de côté. Au moins cette nuit, au moins maintenant.

Presser contre elle, il vient embrasser ses lèvres avec douceur, tout pour ne pas agiter cette blessure sur son visage. Saisir délicatement sa bouche en fermant les yeux, s'enivrer de son contact et quand la tête manque de vaciller, il la saisit fermement, la soulève dans ses bras. Giclé d'eau qui trahit leurs excursions alors qu'un sourire étire cette bouche gonflée par les crocs.

- Voici notre premier bain de minuit.

Relever le visage et observer le ciel, comme s'il attendait une bénédiction, un murmure provenant des étoiles. Il n'y avait que le croassement des grenouilles et les battements de leurs cœurs pour troubler la quiétude du lieu.

Le Titan s'avance, continue d'immerger son corps dans cette eau froide jusqu'à en avoir des frissons dans tout le corps. Telle une cérémonie d'union secrète, leurs deux silhouettes tranchent dans la clarté de la nuit, embrassée par le lac qui les réconforte, apaise les brûlures, Roi portant sa Reine, confirme aux yeux de l'univers leur unité. Le Gris s'arrête une fois que son Aimée et à moitié immergé, pour les apaiser tous les deux de leurs afflictions. Alors il l'observe, admire la beauté qu'offrait la nature sans dévisager sa nudité. Elle aurait été parée de tous les plus beaux tissus du monde que ses yeux refléteraient la même chose.

- Tu es la plus belle chose qui soit arrivée dans ma vie, Aksana.

Voix grave de celui qui ose être un peu plus lui-même, qui livre son cœur avec une innocence déconcertante. Il aurait pu dévoiler son palpitant et se le faire poignarder avec une facilité déconcertante, lui trop naïf dans un monde trop cruel, tâchant la sincérité pure qui enrobe ses mots. Mais pas avec elle, pas avec cette créature aussi touchante que piquante, qui lui avait ouvert les portes des rêves qui semblaient pourtant fermé à clé. Avec elle, il a pu s’éveiller, grâce à elle, il découvert l’amour véritable, à ses côtés, il a compris certaines choses qui l’ont bouleversé. Même maintenant, alors qu’il l’idolâtre de ses prunelles, il n’arrive pas à croire qu’elle soit là, contre lui, à lui rendre la tendresse qu’il demandait depuis tant d’années.

- Jamais je ne t’abandonnerais. Jamais je ne te laisserais. Pour toi, je remuerais ciel et terre. Je retournerais à la bataille sans hésiter. Parce que personne ne pourra faire flétrir l’amour que je te porte. Rien ni personne ne t’arrive à la cheville mon Etoile. Et je suis heureux de pouvoir me tenir à tes côtés.

Son front qui vient se coller à celui de la féline, un ronronnement apaisant vibrant dans sa large poitrine, inondant de tendresse celle qui était son tout.
Dans son esprit, l’image restera gravée à jamais, la nature les accueillant discrètement pour qu’ils puissent s’épanouir.
Enfin.



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