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Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18

Ezvana
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Mer 14 Fév - 22:12

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Feulement de fauve qui se rebiffe et dévoile la pointe de canine, la peau bleue se plisse alors que les yeux lancent des éclairs. Une telle réaction était attendue, aussi l’Argenté ne réplique pas. Il se contente de la regarder avec des yeux doux, c’est à peine si la pointe de ses oreilles s’abaisse. Elle était comme Chat, préférant d’abord montrer les griffes avant d’accorder sa confiance, et cela, il le comprenait de façon viscérale. Elle lui avait maintes fois prouvé sa loyauté et sa bonté, aussi, il ne se formalise pas de ses états-d'âmes, ce n’était pas Mama après qui il avait couru toute sa vie.
Des excuses bien vite délivrées et un sourire vient étirer la bouche de la Bête, attendrit par la sauvagerie passagère de son amie. Cette main qui se tend, cette façon de caresser cette joue du dos de ses doigts pour ne pas l’érafler de ses griffes. Un moyen silencieux pour lui faire comprendre qu’il ne lui en voulait pas.

C’est avec attention qu’il écoute le descriptif de ces fruits inconnus et qu’il vient attraper délicatement un fruit recouvert de chocolat pour le goûter. Il mâche, se concentre pour retenir chaque note parfumée qui emplit sa bouche. Les pupilles se dilatent à nouveau, créature très sensible aux plaisirs gustatifs qui s’agite sur place.
Hocher la tête avec vigueur quand il entend la proposition de son amie. Il voulait tout goûter, tout connaître. Chaque nouvelle saveur était une nouvelle aventure et il voulait en connaître des centaines, ne jamais s’arrêter sur cette route sinueuse dont il ne connaissait pas la destination.
Main qui s’arrête en l’air alors qu’il réalise que ce chemin serait de courte durée, enfermé ici dans ce manoir, ils ne pourront pas découvrir de nouvelles saveurs indéfiniment.
Venir mâcher lentement la sucrerie, les yeux dans le vague tandis que son esprit tente de digérer l'information. Ardeur qui s'est envolé aussitôt être née. Cela le frustre d'une étonnante façon et il peine à maîtriser le pli amer qui pourrait déformer sa bouche. D'ordinaire, il se pliait facilement à toutes les contraintes, son monde était restreint et il s'y était accommodé. Mais maintenant que son esprit c'était ouvert, il lui était difficile de contenir son insatisfaction.

- Oh oui, je connais cela en effet. J'ai été… Bercé depuis la naissance par des chants religieux.

Le regard fuyant pour camoufler les images qui c'étaient imprimés dans son âme. Un frisson lui hérisse le poil alors que les souvenirs remontent. Se souvenir des plongeons dans l'eau bénite, des tremblements dans les mains de ceux qui le tenait de force lui qui manquait d'air. Cette façon dont les voix résonnaient autour de lui, essayant de chasser le mal de cet enfant démoniaque, en l'enfonçant dans l'eau, en la battant pour plier l'échine du mal, en l'enfermant dans le noir et eux tout autour de lui tel un cercle purificateur. On lui a toujours dit que s'il se sentait mal pendant ces séances, c'était dû à sa nature de fils des enfers. Il aurait dû se sentir purifié et serein, accueillant avec ferveur les chants qui sont là pour le bénir.

- Mais je sais qu’il existe d’autre chant. J’espère pouvoir un jour les entendre avec de la musique faite avec leur… Technologie.

L’espoir qui reste malgré tout ancré dans les pensées de la Gargouille qui ne cesse de relever le menton malgré les épreuves de la vie. Honnêteté dans le sous-entendu dit plus tôt, cet aveu que parfois la vie semblait si difficile à supporter que parfois l’envie de fermer les yeux pour un temps indéfinis était la seule option. Ces démons, il ne voulait pas les entendre et il fait fuir les chuchotements par sa curiosité maladive, ce besoin de s’évader par l’esprit pour enfin s’épanouir d’une quelconque manière.

Le visage qui se redresse, crinière qui danse dans son dos et camoufle les croûtes encore apparentes alors qu’un nouveau souffle semble gorger ses poumons d’un nectar indescriptible.
Il y en avait d’autres comme eux.
Un sourire vient étirer les lèvres grises, un son sort de sa gorge, hululement heureux alors que le bout de queue semble être un poisson hors de l’eau. Autrefois il en aurait eu peur, il aurait été terrifié à l’idée que d’autres démons puissent arpenter ces terres. Il aurait avoué que Mama avait eu raison de le garder emprisonné dans sa chambre pour le protéger. Mais depuis sa rencontre avec son étoile, il désirait ardemment en rencontrer d’autres.

Quelque chose l’interpelle, une pensée qui fuse et le ramène à la réalité avec une force écrasante.

- Je suis un idiot. Je suis orphelin donc j’ai imaginé que tous les êtres comme moi l’étaient également. La culpabilité pèse sur sa nuque alors qu’il baisse à nouveau la tête pour cacher sa honte des yeux de la bleuté. Mais tu as peut-être une famille ? Des parents ou des frères et sœurs ? Je suis vraiment désolé de ne pas avoir considéré cette option.

On venait tous de quelque part. Et même si lui ne connaissait pas ses origines, il n’avait pas à handicaper ainsi les personnes qui pouvaient être autour de lui. Les poings se serrent et les griffes manquent d’ouvrir la peau.

- Tout le monde ne vit pas sous le toit de Mama.

Un murmure, créature toujours incapable d’entendre le son de sa propre voix. La cruauté de ses pensées fait trembler ses sourcils et ses lèvres. Égoïste Bête qui n’a pas pensée une seconde à la souffrance de son amie sur sa propre solitude. Rêveur qui a crut avoir retrouvé une âme semblable à la sienne comme s’ils étaient réunis par le destin, sans imaginer que le monde pouvait être peuplé d’être différent. Devant ses yeux s’étalait une vérité crue, le fait qu’il ne connaissait presque rien de l’âme tant aimé.

Douceur de mains rejoignant les siennes. Relever le regard pour plonger dans les prunelles bleutées alors que les paroles le touchent de plein fouet. La souffrance se peint sur les traits de son visage, l’incertitude brille dans son regard qui se dépêche de se détourner du regard de l’elfe. Un poids terrifiait lui brise le dos, le souffle se coupe alors que son monde semble se tenir sur la ligne de ses épaules. Une culpabilité enragée lui griffe les entrailles et la douleur manque de lui faire fermer les yeux.

Mots délivrés par l’aimée qui pulvérise toute confiance en soi de l’Argenté qui renâcle devant la tâche insurmontable de faire le tri de ses pensées. Nature indomptée de vouloir fuir, de reculer pour échapper des serres de l’impitoyable et de se terrer dans sa tanière pour ne plus penser à rien.
Bleuté qui venait de mettre sa vie dans le creux de ses paumes et dont la responsabilité le fait trembler si fort qu’il dut fermer la mâchoire et la verrouiller d’une pression titanesque. Il devait faire la part dans ce que venait de dire Aksana, qu’elle était prête à mourir dans ce lieu et qu’il devienne sa prison pour l’éternité si lui n’était pas capable d’en sortir.

Jamais avant sa venue, il n'avait pensé sortir de sa cage, jamais l'idée de se rebeller contre Mama lui avait effleuré l'esprit. Obéir, servir. Doctrine gravée dans son esprit et dans sa chair. Depuis combien de temps était-il ici ? Impossible de déchiffrer le temps qui passe quand il n'y avait rien pour dater les journées. Seulement, il avait vu au fil du temps les tempes de Mama blanchir, les rides marquants son visage ainsi que les domestiques qu'il connaît depuis toujours. La notion du temps lui était étrangère, mais grâce à ses livres, il sut que plusieurs décennies c'étaient écoulés. Il avait prouvé sa loyauté et asservissement toutes les nuits où il devait se présenter. Il a écouté et avait exécuté les pires atrocités au nom des Humains qui étaient au bout de la laisse, juste pour courir derrière une caresse tendre, des mots doux qui apaisent ses craintes. S'il était sage, on serait fière de lui, tel le chien à qui on jette un os de temps en temps.
Et un être à la peau bleue lui a renversé l'ordre des choses.

Relâcher les mains de son amie pour fuir le contact, cette façon dont il enserre ses tempes de ses paumes alors que la douleur s'insinue dans son crâne. Un gémissement se fait entendre alors qu'il recule de quelques pas. L'idée même qu'elle puisse finir ses jours ici lui était insupportable. Elle devait fuir, elle devait aller de l'avant et découvrir le monde, se libérer des mains humaines et trouver un lieu ou s'épanouir. Devenir un papillon de nuit qui se délecte des fleurs nocturnes et trouver enfin un lieu son cœur serait apaisé.

Images d'une elfe bleue, les poignets prisonniers par des chaînes accrochées au sol, sa bouche grande ouverte dans un hurlement que personne ne pourrait entendre, la peau parcourut de zébrures plus foncées, la détresse se peignant sur les traits de son visage. Autre moment où ses griffes sont engluées par du sang et où la rage défigure les nobles traits de la Malhar. Cette scène de mains glissants sur la peau de nuit, fouillant sous les vêtements pour atteindre les points recherchés.

Ce n'était plus la colère qui flambait dans le cœur du Monstrueux, mais une haine viscérale qui pouvait dévorer le monde. Jamais il ne pourrait supporter qu'elle puisse vivre ce qu'il a vécu, jamais aucun être vivant ne devait avoir le pouvoir de lui infliger ce supplice et de lui faire perdre l'esprit.
Un grondement résonne dans sa bouche alors que les canines semblent cisailler sa bouche.
Tu devrais penser à toi. Fuir. Courir. Loin. Loin de cet endroit, loin de moi.
Presque à lui en vouloir de lui infliger ses images détestables, de s'offrir à lui sans attendre rien en retour quitte à en mourir.
Un vent glacial lui noue les tripes alors qu'il se redresse subitement et que la colère qui enflait contre la bleuté disparut soudainement.
Jamais il ne pourrait vivre sans elle.
Comment lui en vouloir ? Pourquoi rejeter la première âme qu'il désire ardemment connaître ? Il voulait qu'elle tienne sa promesse jusqu'au bout, qu'elle se délivre à lui, égoïste qu'il était.
Vouloir son bonheur sans limite.

Son regard s’adoucit alors qu’il se met à la place de son amie, que pour une fois, il s’entraperçoit au travers d’un regard bienveillant. Il ne supporterait pas de la voir subir ce que lui vivait depuis presque toujours, il ne pouvait pas la rejeter pour des sentiments qu’il ressentait au fond de lui. Empathie qui le fait soupirer. Quoi faire ?
S’approcher et attraper délicatement ses mains dans les siennes, venir presser ses doigts avec douceur pour ne pas l’effrayer.

- Tu ne pourriras pas ici. Je ne le permettrais pas. Je tiendrais ma promesse, je te suivrai jusqu’au bout du monde le moment venu.

Un frisson comme si un éclair invisible venait de tonner pour sceller un pacte ancestral. Il devait trouver l’énergie nécessaire pour se délivrer de ses menottes et abandonner tout ce qu’il a toujours connu. Cela lui semblait presque insurmontable, mais pour Aksana, il ferait tout le nécessaire. La tristesse entoure son cœur d’un voile de nostalgie et l’excitation fait frémir ses veines d’arcs électriques.

- Il faut… Il faut que l’on s’organise.

Raclement de gorge alors que l’émotion et la peur lui nouent la gorge.

- Je ne sais rien du monde en dehors de ce manoir. Et je n’ai pas envie d’être un poids que tu dois traîner derrière toi. Je ne veux pas que tu partes sans moi, mais tu dois te libérer et si tu dois courir, ne m’attend pas. Mon apparence… Je ne sais rien faire. Il faut que l’on trouve un endroit où nous pourrions être nous.

A quoi bon fuir une prison si c’était pour retourner dans une nouvelle cage ?
Mais tout autre endroit serait mieux que celui-ci.
Esprit de contradiction qui abaisse la pointe des oreilles et alourdit le regard d’inquiétude alors qu’il était en train d’ourdir une rébellion, qu’enfin, il envisage l’avenir ailleurs qu’ici.


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Lulu
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Lulu
Ven 16 Fév - 20:43

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Les éclats de joie sincère qui avaient illuminé les traits de l’Adonis semblaient s'épanouir tels des étoiles sur le visage de la nocturne, reflétant en son sein les précieuses lueurs de son bonheur. Une allégresse contagieuse qui se déversa dans la poitrine d'Aksana, sa mine s'illuminant d'une lumière nouvelle, tandis que ses lèvres s'embellissent d’un sourire pur. C’était comme si, à travers la félicité de son ami, elle redécouvrait une vérité enfouie : ils n'étaient pas seuls, et pour la première fois, cette pensée lui apportait une joie profonde.
Jusqu'à ce que les prunelles de Sheog s'assombrirent, dispersant la nuée d'étoiles. Les ombres du doute, de la culpabilité, de la peur, tels des spectres insatiables, se délectaient particulièrement de la douce âme de l'être aimé, et elle craignait de ne pas réussir à les chasser.
Et alors, les paroles de son ami se muèrent en canifs acérés, qui déchiquetèrent le sourire de l’orpheline. Une ombre triste plana un instant sur ses traits azurés, invoquée par ces fantômes au nom de parents. Des étrangers de chair, mais familiers de sang, qui l’avaient condamnée au mystère éternel. Ils avaient fait de ses songes un sanctuaire familial, où s’esquissaient des étreintes maternelles et des rires paternels. Ces récits imaginaires, devenus obsessionnels pendant l’enfance, avaient dérobé la vie à ses prunelles pour la confier à ses songes. S’y réfugier était pour la fillette une question de survie ; nul enfant ne pouvait survivre sans gardiens, alors elle s’était créée les siens. Et dans le regard de la gamine, perdu dans l'horizon lointain de ses pensées, se reflétait l'écho d'un amour jamais reçu.

— « T’en fais pas, je suis orpheline aussi » confession douloureuse qui se voulait pourtant rassurante. « J’imagine que le dégoût pour les malhars n'affecte pas seulement les humains. »

Haine si profonde qu’elle avait su parasiter les entrailles de ceux qui en étaient les instigateurs. En réalité, Aksana ignorait la véritable raison de cet abandon, mais pour elle, aucun motif ne saurait justifier une telle décision. Rien ne saurait légitimer les souffrances qu’elle avait endurées, ni l’absence de l’existence paisible qui lui avait été dérobée. Si jamais ils n'avaient désiré leur présence, ils auraient dû, plutôt que de les condamner à l’enfer, les abandonner aux loups.

— « Mais j’ai un frère » orpheline se débattait pour chasser cette solitude qui pesait sur ses mots, hélas… « Une famille l’a adoptée… » jamais elle n’en débarrasserait. « … pas moi » peine à peine bredouillée, ne veut pas la laisser gagner. « Il était plus charismatique que moi, il a toujours été doué pour séduire les autres… Même les humains. Mais ce n’est pas grave, je n’aurais pas été une enfant facile. »

Agnelle, convaincue que le loup tapi en elle se serait révélé un jour ou l’autre, et elle préférait lui offrir à mordre des mains cruelles plutôt que les tendres. Ne pas songer à ce qu’elle aurait pu être, ni à qui elle était réellement peut-être, dans l'espoir vain de se soustraire aux morsures du chagrin. Ici, elle ne s’était pas perdue, ici, elle s’était découverte.
Et elle ne tremblerait pas à l'idée de périr en ces lieux, surtout pas aux côtés de celui qu'elle chérirait d'un amour sincère. D'un amour sans faille, tissé de serments intacts, promesse d'un réconfort devant les épreuves à venir. Car jamais elle ne l’abandonnerait. Jamais elle ne verserait dans son cœur adoré la bile amère de l'abandon, même si la foudre grondait en lui lorsqu'elle lui confessa sa détermination à ne pas l'abandonner dans ces bas-fonds.
Alors, au lieu de tempérer la situation par des mots rassurants, des excuses ou des nuances, la jeune malhar lui lança un regard défiant. L'ombre imposante du géant courroucé n'engloutit rien d'autre que la silhouette gracile de l’entêtée, dont la stature, plus modeste en comparaison, contrastait violemment avec l'incendie qui embrasait son être. Ils bouillonnaient ensemble dans un silence tendu, armés d'une volonté identique. La confiance qui la liait à lui l'empêchait de fléchir devant lui.  Même le grondement féroce qui fit vibrer ses crocs acérées n'altéra en rien la résolution farouche qui animait les prunelles de la jeune malhar. Elle ne le laisserait pas, non seulement parce qu'ils s'étaient promis l'un à l'autre, mais aussi parce qu'elle ne concevait pas sa vie sans lui.
Hélas, rien ne semblait pouvoir retenir Sheog de briser cette promesse, de l'abandonner comme l'avaient fait ses géniteurs, comme l'avait fait son propre frère. Et la mâchoire de la bleutée se crispa, la douleur se glissant insidieusement dans le brasier qui consumait ses prunelles azurées. Pourtant, elle ne parvint pas à ébranler sa résolution. S'il devait l'anéantir, il lui faudrait prouver son désamour, voire disparaître soudainement. Pensée aiguisée qui transperça son cœur, le feu s'atténuant légèrement dans les yeux de la jeune lionne, pour y laisser transparaître sa peine. Pitié, pas toi.
Lorsque leurs regards se rencontrèrent enfin, elle sentit ses plaies cicatriser ; la douceur était revenue dans les opales de l'argenté.  Leurs mains se retrouvèrent, s'entrelaçant à nouveau, les doigts d'Aksana cherchant avidement refuge contre ceux du doux, les saisissant avec une fébrilité trahissant son anxiété.
Suspendue à ces lèvres nuancées de gris, ses yeux captivés par les siens, elle écouta avec une attention soutenue les premiers mots qu'il souffla. Des mots qui éveillèrent un sourire sincère sur celles azurées, sourire qu'elle ne put réprimer, tandis que sa mine s’abaissa un instant, laissant échapper un soupir de soulagement ; ils s’échapperaient ensemble.
Le cœur affamé se repaît de cette délectable manne, inondé d'une tendresse immense. Et soudain,  ses doigts se libèrent des siens, se ruant avec ardeur pour saisir sa taille, ses mains se nichant là où les blessures étaient désormais pansées.

— « Merci… » murmures soufflés contre son poitrail, duquel elle se décolla légèrement pour retrouver ses opales. « Je t’aiderai, que ce soit ici ou ailleurs. Tu pourras toujours compter sur moi » ferveur aussi sincère que puissante qui l’enflamma toute entière.  

Pour accéder à cet ailleurs, il leur fallait s'organiser. Une considération en apparence banale, pourtant négligée par la jeune malhar. La planification n'était pas son domaine de prédilection ; elle se laissait davantage guider par les élans du cœur que par la raison. Avec fougue, elle secoua sa tête de droite à gauche, prenant un instant pour ordonner ses pensées, troublées jusqu'alors par les tumultes qui avaient agité son cœur.
Soudain, une senteur troublante embauma l'air, assaillant ses narines. Aksana, alertée, porta aussitôt son regard vers la casserole, où reposait le chocolat fondu, et oubliée sur le feu. Un murmure réprobateur s'échappa de ses lèvres, et la jeune malhar s’empressa d’éteindre le gaz, éloignant rapidement le récipient de la chaleur.

— « Mince, désolée… »

Confuse, la domestique effleura délicatement le bout d'un ustensile dans ce qui avait perdu toute appétence désormais, et la simple dégustation d'une mince parcelle de la préparation carbonisée ne fit que confirmer cette constatation amère.

— « Je vais en refaire… » hors de question que son inattention empêche l’aimé de savourer des délices, et tout particulièrement quand il essayait de surmonter ses peurs. « Ça sera rapide. »

S'éloignant de l'ombre argentée, elle s'engagea vers l'évier pour y déposer la casserole souillée, qu'elle remplit d'eau chaude. La cuisine en regorgeait, alors elle ne la nettoya pas sur-le-champ. Ses doigts agiles s'emparèrent d'une nouvelle pièce, et elle réitéra prestement le même rituel.
Cependant, la tête en l'air n'avait pas éclipsé leur précédente conversation. Il leur fallait s'organiser, trouver surtout un havre où liberté et sûreté cohabiteraient. En cet endroit, tout était agencé pour les tenir à l'écart des nouvelles du dehors, et Aksana n'avait jamais disposé de suffisamment de richesses pour acquérir un téléphone.  Un seul lieu demeurait, où elle avait puisé quelques bribes de connaissance du monde, peut-être là-bas, aussi, pourrait-elle recueillir quelques échos du dehors.

— « Il y a une bibliothèque dans le centre… Et elle est équipée d’ordinateurs » le chocolat désormais fondu, elle put enrober plusieurs quartiers de fruits. « C’est un appareil, une technologie humaine. Il permet d’accéder à des outils, qui eux-mêmes nous permettent de dénicher des informations » explication bancale, la malhar n’était pas des plus renseignées en la matière. « Je peux m’y rendre demain, avant la fermeture… » dès que l’obscurité dominerait le ciel. « Si je trouve des infos, j’en ferai des impressions... En gros, ça permet de transférer un texte d’un support électronique, comme un ordinateur… Sur une feuille » peu à peu, elle prenait le réflexe de tout lui expliquer… En attendant qu’il découvre ces technologies de ses propres yeux. « Comme ça, tu pourras les lire. »

Ne pas l'exclure malgré son emprisonnement ; elle pressentait même qu'il saurait trouver une conclusion plus perspicace que la sienne au terme de ses lectures, et un plan plus astucieux. Elle n'était pas contrariée par l'idée de n'être que celle qui lui apportait les nouvelles, ni de reléguer ses réflexions au second plan. Ensemble, ils formeraient une équipe de choix, tant ici qu'ailleurs, et cette pensée fit fleurir un sourire sincère sur le visage de celle qui venait d'achever d'enrober les morceaux de fruits.

— « Je suis certaine qu’on réussira dehors ensemble » elle y croyait avec une foi inébranlable, une conviction aussi ardente que celle qu'elle avait jadis investie dans son duo avec son frère disparu. « Toutes les belles choses que tu découvriras, que tu apprendras, que tu vivras… Je suis persuadée que ça te permettra de gagner confiance en toi » d’abattre certaines peurs. « J’ai hâte de te voir découvrir le monde » confidence timide de celle qui considérerait ce monde sûrement plus tendre, moins effrayant, plus beau en le sachant à ses côtés.

Quelques pas, lentement foulés sur le carrelage, afin de s'éloigner de celui dont la présence enflamme et consume le cœur. Cette fois-ci, c'était pour se procurer de quoi concocter le pain perdu. Nul doute qu'il ne s'endormirait pas ce soir avec l'estomac tenaillé par la faim, pour une fois.
Les ingrédients, assemblés avec précaution, prenaient vie sous ses mains expertes, suivant une recette maintes fois exécutée, bien qu’un peu moins depuis le départ du jumeau.

— « Tu ne seras pas un poids dehors, mais une force » dévote en était intimement convaincue. « Tu es intelligent, courageux, bienveillant, curieux… Et j’en passe » bien loin de la bête infâme et stupide que les répugnants invités de Mama espéraient rencontrer. « Et quant à ton apparence… On trouvera un endroit qui saura nous accepter. Mon frère en a bien trouvé un, pourquoi pas nous ? » ils n’étaient pas plus monstrueux que lui, et elle savait le grisé beaucoup plus respectueux.

Les dernières friandises terminées, elle les disposa avec soin dans une assiette, voisines des fruits enrubannés. Jamais elle n'avait autant cuisiné, espérant qu'elle saurait apaiser les appétits voraces de leurs ventres insatiables. Un sourire fugace ourla ses lèvres tandis qu'elle poussait du bout de ses doigts l'assiette garnie vers Sheog, l'invitant à se délecter à nouveau, à explorer en premier lieu, des horizons sucrés.
Ezvana
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Ezvana En ligne
Mar 20 Fév - 19:54

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Le remerciement vient caresser ses oreilles et fait relever le visage aux yeux d’argents ou le trouble régnait en maître. Sa ferveur qui lui effleure les sens et réchauffe le creux de son estomac plombé par ses inquiétudes. C’est naturellement qu’un sourire vient fleurir sur ses lèvres boudeuses, son esprit se calquant sur celui de son étoile. Si elle devait être heureuse, il le serait aussi même les ailes arrachées et les cornes sciées. Si le chagrin pesait dans son cœur, lui aussi serait plongé dans les impénétrables tentacules de la tristesse et il ferait tout pour que la douceur des étoiles éclaire à nouveau son chemin.
Un battement de cils pour réfréner les pensées vagabondes qui affluent en tous sens et perturbent l’esprit de la Gargouille. Apprendre à réfréner son ardeur, à mesurer la quantité d’amour dont il était doté pour ne pas faire de pas de côtés. L’altercation avec Mama l’avait troublé au plus profond de lui-même, brisant les fondations déjà tremblantes de son existence, une trahison cuisante sont la lame dentelée avait laissé des séquelles encore saignantes. Son dévolue, c’était jeté sur la bleuté à l’air rebelle et son adoration augmentait chaque nuit passée à ses côtés. Savoir au fond de lui que c’était mauvais pour eux deux d’ainsi l’idolâtrer, de couver en son cœur une adoration sans borne tout en étant incapable d’agir autrement. L’amour, il ne le connaissait que vicier et transformé par des envies malsaines. Pour survivre dans le fond de sa chambre, il ne possédait que l’imagination et dans ses romans, l’amour devait être sans faille et absolue, même si on devait se perdre soi-même.

Ses mains qui le relâchent alors qu'une odeur de brûlé se fait sentir, cette façon dont sans rien dire, il la libère et qu'il détourne le visage pour essayer d'apaiser ses craintes. Sa queue balaye le sol, la Bête renâcle d'un froncement de nez, sa tête se secoue et fait danser les crins noirs autour de ses cornes. Il se sentait prisonnier de lui-même, endossant un rôle incertain aux contours troubles. Jamais il n'eut de responsabilité et soudain, il devait planifier son évasion. C'était terrible pour un cœur aussi innocent, c'était l'entièreté de sa vie qu'il allait arracher pour se jeter dans l'inconnu le plus total. C'était comme demander à un adolescent boosté à la testostérone de se défendre face à ses peurs les plus secrètes. Il pouvait être immense, les muscles parfaits roulant sous la peau épaisse, il n'en était pas moins désarmé.
L'impuissance. Ce mot roule dans l'esprit de Sheog et raisonne jusqu'au tréfonds de son âme. Finalement, malgré son apparence et sa puissance, il n'était rien. Faible.
Soumis. Maltraité. Prisonnier.

La colère danse avec la tristesse alors qu'il se sent profondément humilié. C'était l'une des premières fois qu'une telle pensée le travers, un sentiment amer qu'il déteste goûter. Comme si enfin son esprit s'éveille et révèle des traumatismes qu'il avait passé sous silence pour tenir. Pour survivre.
La peur aussi, fouaille ses entrailles de façon si puissante qu'une main griffue vient se poser sur le ventre musculeux. Qu'allait-il devenir à ainsi réveiller chacune de ses convictions profondes ?

Créature, qui c'était penché en avant dans une posture défensive sans s'en rendre compte alors que les paroles de son amie l'atteignent et arrivent à le sortir de sa prison invisible.

- Une bibliothèque ? Cela doit être un endroit merveilleux, tous ces livres… J'aimerais bien en voir une de mes yeux un jour.

Esprit rêveur dont l'espoir tinte la voix de velours, tel un ronronnement doucereux et feutré. C'était le fantasme d'un esprit enfermé, cette liberté inscrite sur des livres par centaines. Tant de mots pour décrire le monde qui les entoure, tant de syllabe pour décrypter les émotions secrètes des êtres vivants sur cette terre. Si grande, si vaste. Si seulement il pouvait voler, le monde serait à leur portée.
Chimère que l'on crible de plomb et qui s'étale face contre le sol. Une fois de plus, il était un boulet.

- Dans le monde extérieur, je ne suis qu'une bête capable de tuer n'importe qui, c'est ainsi que l'on me perçoit, et tu le sais très bien.

Acide qui enrobe ses paroles, fiel qui ronge le visage d'ordinaire si doux. Cette façon d'avoir craché les mots pour les expulser directement de son cœur qui ne le caractérise pas. Prendre subitement conscience de son comportement comme une pulsion soudaine et néfaste qui avait pris possession de son être. Caractère qui se forge avec des erreurs et de la gaucherie.
La tête qui se baisse, cette façon dont une de ses mains se pose sur le sol, forme presque animale de cet être qui ce repli sur lui-même comme si ses propres mots l'avaient atteint de plein fouet.

- Je te prie de m'excuser, je …

Bruit sourd d'une bête, d'une plainte émise par une voix profonde bien loin des chuchotements habituels. Soumission instinctive de celui incapable de savoir s'exprimer librement. De telles paroles seraient vivement punies par Mama.

- Tu ne cesses de m'inonder de qualités que je ne vois pas. J'ai juste l'impression que ton regard est voilé et que tu ne perçois pas la réalité. Cela me touche, mais ça me fait peur.


Peur qu'un jour, tu ouvres les yeux et tu réalises.
Incertitude qui trouble le regard d'opale, comme si des myriades de peurs lui martelaient le crâne. Son corps toujours plié en avant, cette main qui se tend comme pour soupeser ses questions.

- Tu sembles si sûre de toi. Je ne comprends pas, mais je t'admire. Qui te dit que dehors, je ne me ferais pas traquer ? Rien que par Mama qui cherchera à me rattraper ? Par des inconnus qui seront effrayés ? À quoi pourrais-je être utile ? Es-tu certaine que ton frère soit bien là où il est ?

Reculer craignant d'être allé trop loin. Maladresse de cette langue si peu habitué à délivrer des paroles profondes lui qui voulait simplement mettre en évidence des choses si précieuses.

- Tu ne veux pas le retrouver ? Savoir comment il va ?

Véritable question qui le turlupine et qui le fait enfin se redresser.

- Peut-être même qu’il pourrait nous aider, sans qu’il se mette en danger. Cette impression de ne pas savoir comment exprimer ses peines intérieures. Ce que je veux dire, c’est que je veux que toi aussi tu as quelque chose en retour. Peut-être que retrouver ton frère te ferait plaisir ? J’ai peur que cette quête te mène à ta perte et que tu te retrouves bloqué.

S’approcher doucement des délices délivrés par la tendre aimée sans pour autant faire un pas vers elle, méfiance naturelle de celui qui est toujours puni sévèrement pour tout écart de conduite.

- Je n’ai rien à t’offrir Aksana, à part une fuite éperdue et des rêves pleins la tête. Et je ne veux pas… Je ne veux pas être ton un poids. Ne te méprends pas, je désire au fond de moi de partir… de m’évader avec toi. Je t’ai fait une promesse et je m’y tiendrais. Mais et toi ? Cela te rendra-t-il heureuse ?

Vouloir le bonheur de sa secrète dévotion, l’inquiétude de ne pas être suffisant pour combler ses manques. Il n’a pas suffi à Mama, pourquoi cela serait différent ?
Il était hideux. Il était un monstre. On aurait dû le tuer.
Litanie qui ne cesse de le hanter depuis cette nuit avec Mme Blondel. Serait-ce la peur de l’abandon qui le prend ainsi à la gorge ? Il y a un peu de cela. Mais surtout, il ne voulait pas priver son allié de sa liberté, lui offrir les ailes qu’il ne peut déployer.
Il pourrait pourrir dans sa chambre, tant que le cœur de la bleuté chante d’allégresse.

Lulu
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Lulu
Sam 24 Fév - 1:11

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Mélopée rêveuse qui effleura délicatement les tympans d'Aksana, tandis que ses lèvres, habituellement closes, s'ouvrirent en un sourire à la fois timide et sincère. Leurs rêves s'entrelaçaient, les siens se métamorphosant peu à peu en ceux qui faisaient briller son ami argenté. Que celui-ci puisse enfin goûter à la vie, voilà ce qui la transportait dans ses rêveries, ce qui exaltait au plus haut point, ce qui pourrait la conduire à commettre mille extravagances.  
Et le cœur, tel un jardin oublié, sentit les frimas s'évaporer doucement sous l'influence de ce nouvel être qui prenait lentement racine en lui, établissant son domaine dans ce sanctuaire à la fois béni et maudit. Certains replis restaient encore sauvages, réfractaires à toute intrusion, mais là où son pas pouvait se poser, la nature se montrait d'une bienveillance infinie.
Au contact du rêveur, Aksana osait enfin songer à ce que le monde qui les enveloppait pouvait être semblable ; qu'il existait des contrées, des maisons ou même des caves où ils trouveraient asile, affection et respect. Orpheline réussissait enfin à effleurer cette croyance, sans être assaillie par la peur. Car pour la première fois, dans le court récit de son existence, elle avait rencontré une âme étrangère de sang qui lui avait tendu la main, ce, alors qu’ils demeuraient enfermés dans les tréfonds du manoir des horreurs.
Espoir qui, tel un brasier intérieur, la consumait, mais dont l'éclat ne frôla que timidement la surface, encore malhabile avec les confidences. Hélas, ces mots chargés d'espoirs furent accueillis avec une férocité inattendue par celui à qui ils étaient destinés, et il les réduisit au silence. Surprise et troublée, les prunelles inquiètes de la jeune malhar se posèrent sur la silhouette de Sheog, qui, conscient de l'orage qu'il avait déchaîné, se replia sur lui-même.  
Aucune colère n'animait le regard azuré de la jeune domestique, seulement une inquiétude teintée d'une tristesse infinie. Si cette soudaine agressivité avait émané d'un être qu'elle craignait, elle aurait riposté sans hésiter, mais devant Sheog, la douleur scellait ses lèvres.
Vérité amère qui accablait l'enveloppe singulière de l'aimé, et qui lui écrasa le cœur de tout son poids. La créature esseulée se remémorait les préjugés qu'elle avait elle-même endurés, mais elle s'efforçait de ne pas laisser ses douleurs la submerger ; car elles n'avaient jamais eu raison d'elle, et surtout, la malveillance d'autrui n'avait su assécher les sources de son amour. En effet, l'Adonis avait su lui démontrer qu'en ce monde, certains cœurs étaient capables de l’aimer la tolérer malgré ses différences, et elle aspirait à être suffisamment convaincante pour le persuader de cette autre vérité. Cela, même si Askana doutait de sa capacité à apporter réconfort plutôt que trouble.
Et voici que la malhar éplorée se hâta de se prosterner aux pieds de Sheog, ses yeux azur scrutant avidement ces éclats d'opale égarés au sein d'une terreur qu'elle regrettait d'avoir suscitée. D'une main tremblante, elle effleura l'épaule du troublé, mais son geste demeura en suspens, interrompu par d'autres confidences qu'elle n'osa interrompre.
Le doute se glissa insidieusement parmi ses appréhensions, essayant de saper les fondations de l'estime qu'elle portait à son égard. La tristesse tint fermement son regard, rivé sans relâche sur la silhouette préoccupée. Si elle avait été un brin moins confiante en ses sentiments, ces incertitudes auraient pu empoisonner son esprit. Mais Aksana demeurait convaincue de la bienveillance et des innombrables vertus de l'argenté ; depuis leur première rencontre, il n'avait cessé de l'éblouir, que ce soit par sa curiosité insatiable ou sa douceur infinie. Longtemps, personne ne l'avait émue, touchée, ravie comme lui l'avait fait. Malgré les épreuves qu'il avait surmontées, qu'elle avait vu surmonter, il était resté fidèle à lui-même, préservant sa bonté, sa générosité, malgré les tourments endurés. La malhar était intimement convaincue qu'elle n'avait pas rêvé ces instants de tendresse et de bravoure auxquels elle avait assisté. Nul ne pourrait semer le doute en elle, pas même Sheog.
Prisonnier d'un tumulte d'angoisses, il s'enlisait toujours plus dans l'abîme de ses pensées, s'acharnant à semer les graines du doute. Pourquoi s’y évertuait-il ? Un étrange frisson l'envahit, insidieusement, troublant son être de plus en plus profondément. Était-ce la peur, cette vipère qui rampait dans ses entrailles ? La peur qui, tel un étau, enserrait peu à peu sa poitrine ? La réprimer, ou plutôt, s'efforcer de la museler, de la reléguer dans les sombres replis de son âme. Non, il ne pouvait pas l'encourager à l'abandonner, il ne pouvait pas envisager leur séparation… Elle croyait en lui.
Au fil de ses questionnements qui se succédaient telles des vagues impérieuses et résonnaient comme des échos lointains, qu'Aksana choisit l'opportunité la plus inopportune afin de s'affranchir de ses réflexions tumultueuses.

« Es-tu certaine que ton frère soit bien là où il est ? »

Et la douleur, tel un fleuve de souffrance, inonda son cœur brisé en silence. Flots ravageurs qui se reflétèrent dans ses prunelles meurtries, alors que la silhouette de celui dont l'angoisse l'avait fauchée sans pitié, reculait, terrorisée. Aucune animosité n'embrumait pourtant ses traits, seulement l'ombre d'une souffrance indicible. Celle qui, chaque jour, luttait pour écarter les doutes, les tourments, face au sort de ce frère évanescent, venait d'être submergée malgré elle. En vérité, Aksana ignorait si son frère était en sûreté, s'il était choyé... Ou même s'il demeurait parmi les vivants. Et si tu n’avais jamais pu lui dire au revoir ? Lui dire une dernière fois que tu l’aimais, le serrer une dernière fois contre toi ?
Poumons suffocants, s'ouvrant soudainement telles des gueules voraces, engloutissant une vague entière de ces eaux venimeuses. L'orpheline se sentit au bord de l'asphyxie alors que Sheog persistait dans ses interrogations acérées. Soudain, sa silhouette se redressa, s'éloignant de celle de cet être involontairement métamorphosé en sirène angoissante, dont le chant maladroit l'entraînait inexorablement dans les abîmes de la terreur.
Ses doigts délicats s'accrochèrent aux rebords du plan de travail, tandis qu'elle abaissait son visage, se retranchant derrière un rideau de mèches bleutées. Mais malgré tous ses efforts pour se cramponner aux rochers, elle sentait son être être inexorablement aspiré par les flots effrayants.
La voix du doux se mua en un tumulte aussi violent que les émotions qui assaillaient sa poitrine, et enfin, elle leur céda.

—  « Sheog, st... »

Mais supplique flânant à la lisière de l'agression, fut soudainement happée par une bourrasque de confessions, qui lui permirent de dériver du sujet épineux. Alors, féline en retraite put ravaler son fiel, quelque peu apaisée par les confessions de celui qui s'obstinait à ne pas rompre ses serments, à ne pas s'enliser dans ces lieux funestes.
La poitrine d'Aksana se souleva péniblement, écrasée sous le fardeau de ses peurs récentes, et ses yeux toujours troublés trouvèrent enfin refuge sur la silhouette de Sheog. Elle tenta d'éloigner ses propres terreurs en se raccrochant à ce dont elle était certaine, et peu à peu, la bleutée reprit des forces.

—  « Je sais ce qui me rendrait heureuse… » affirmation qui eut pour effet de redresser sa silhouette, jadis figée contre l'établi. « Et ce n’est pas de me lancer à la recherche d’une personne dont je ne suis pas pour le moment certaine de pouvoir retrouver la trace… » confidence qui lui fendit le cœur mais dont elle s’assura que la douleur soit passagère en s’empressant d’enchaîner, comme si le concerné pouvait l’entendre. « Mes recherches commenceront en temps voulu, et en attendant… Toi, tu es là, et tu es bel et bien présent. »

Azurées qui s’adoucirent, la tendresse imbibant ses mots mit définitivement fin aux maux qui l’ont étouffé plus tôt. Il était là, lui et elle le savait encore vivant, lui. Aussi persistaient ces rêves qu'il chérissait, destinés à éclore seulement au-dehors, hors de ces murs étroits, et qu'elle ne voulait ignorer. Secrètement, elle chérissait l’espoir de les voir se réaliser, à défaut d’avoir pu voir ceux de son frère l’être.

—  « Tu ignores à quel point j’aimerais pouvoir emporter tes craintes… Autant que t’aider à te faire comprendre à quel point découvrir le monde à tes côtés me rendrait heureuse. »

Qu'ils soient condamnés à errer tels des fauves traqués, leur évasion ne saurait les priver de ces précieux instants, de ces moments de félicité, ils sauraient arracher à l'ombre des éclats de joie, même fugaces. Ils créeraient des doux souvenirs en liberté, comme ils avaient su en créer en captivité.

— « En réalité… Ce n’est pas forcément m’évader d’ici avec toi qui ferait mon bonheur. J’en serai profondément soulagée, évidemment… » cœur, timide et réticent, tardait à se livrer, mais l'orpheline, enfin, trouva le courage de se dévoiler ; elle ne voulait plus souffrir sous le poids des regrets. « Ce qui me rendrait heureuse… Ce serait de rester avec toi, Sheog » prunelles s'agrippèrent à l’ombre du désiré, l’appréhension y flottant tel un spectre.

Jamais ne s'était-elle ainsi dévoilée, pas même à son jumeau, à qui elle n'avait su confesser son amour. Une pudeur, qu'elle s'empressa de ravaler, ne serait-ce qu'un instant, le temps d'une confession sur laquelle elle fondait tous ses espoirs.

— « Je ne te laisserai pas seul ici… Pas tant que tu apprécieras ma compagnie » remarque qui la fait légèrement grimacer, peu convaincue de sa véracité car jusqu’ici, personne ne l’avait jamais vraiment appréciée et elle s’en savait parfois fautive. « Pour le peu qu’elle soit agréable… » ne put-elle s’empêcher de rectifier, jusqu'à ce que la volonté de ne pas céder à ses craintes, reprenne le dessus. « Et encore moins tant que l’espoir de t’évader d’ici brille encore en toi » ultime affirmation, qui fit étinceler son regard de détermination.

Aksana se tenait prête à offrir son soutien à Sheog, prête à enflammer les braises de cet espoir, à le nourrir au quotidien. Car elle saisissait la difficulté que représentait ce combat contre ses démons intérieurs, qui l'emprisonnaient, le paralysaient, puisqu'elle-même avait succombé à leur emprise. Elle avait préférer se noyer dans leurs ténèbres, plutôt que de saisir sa liberté.  
Mais Sheog avait su apaiser ses tourments, lui insuffler un souffle nouveau. Et désormais, dans l'élan de cette tendresse partagée, elle brûlait d'ardeur à lui rendre la pareille, à lui offrir la force et le courage qu'elle avait trouvés en lui.
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Mar 27 Fév - 18:08

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Yeux d’argent qui repèrent le froncement de sourcil, le pli amer de cette bouche qui cache des canines aiguisées, ce voile qui obscurcit les yeux de saphir. Réaliser alors l’impensable et une douleur sourde vient étreindre son cœur d’une poigne féroce, le souffle se coupe dans sa large poitrine et une plainte glisse entre ses lippes. Grande main qui se pose sur le thorax, l’autre qui se rattrape sur le plan de travail ou les griffes éraflent le bois.
Cela monte de plus en fort en lui, telles des vagues destructrices qui ne cessent de balayer ses acquis pour finir noyer dans la réalité qui lui faisais mal au cœur. Il l’avait blessé. Elle souffrait. Par sa faute. Cela l’engloutit tout à fait, le fait couler au fond de cette mer abyssale. Comment a-t-il pu oser faire du mal à l’être aimé ? Comment un être tel que lui, pouvait se permettre d’agir ainsi ?
Cruelle créature, Bête idiote, incapable de maîtriser les mots, qui ne méritait pas la douceur de l’être aimé. Faible. Misérable. Il était préférable qu’il se taise et qu’il obéisse comme il l’a toujours fait.

Se flageller mentalement, les sourcils sombres pliés sous le poids de la culpabilité, le menton tremblait et les yeux sont pleins de larmes retenues. Mais aucune perles salines ne vient habiller ses cils ébène, rien qu’un rictus d’une bouche qui se serre brusquement, d’une puissance violente à en faire crisser les dents. Canines qui éraflent les muqueuses, hémoglobine qui tapisse alors la langue qui roule. Impossible de savoir comment extérioriser son mal intérieur, une déferlante qui refuse de le laisser en paix et d’’aligner des pensées cohérentes. Il n’a jamais eu son mot à dire, toujours, il s’est replié sur lui-même. Il a déçu, mais jamais il n’a rendu triste quelqu’un. C’était une nouveauté, de celle qu’il aurait préféré ne jamais découvrir. Ne pas savoir quoi faire, ni comment agir, partagé entre l’envie de libérer un hurlement et de se faire du mal ou de se blottir dans un coin et de pleurer en silence.
Invasion dans l’esprit embrumé de l’Animal qui l’accable de tous les reproches. À deux doigts d’attraper ses cornes et de tirer en arrière juste pour se libérer du poids insoutenable qui pèse sur sa nuque.
Ce visage qui se tend en avant, le chagrin inondant son regard. La bouche s’ouvre, mais aucun son ne sort. Il reste muet devant l’ampleur de son égoïsme, incapable de trouver les mots pour apaiser la bleuté mortifier par ses paroles.
Impuissant.
Un reniflement pour mieux absorber le nouveau choc qui le percute. Il veut s’étendre, toucher du bout des doigts celle qui était tout à ses yeux, mais il ne fait que reculer, s’éloigner un peu plus de la libération. Yeux qui balayent le sol, frémissement qui remue la crinière d’encre qui le recouvre.

Puis les paroles d’Aksana le recouvrent. Yeux fixent qui ne cilles plus, cette respiration qui siffle entre ses dents serrées, cette façon de se figer telle une statue antique presque effrayante. Plus que sa propre souffrance, c’est celle de son amie qui le touche, irradie en lui tel du lierre qui s’étend dans chacun de ses organes. La colère aussi, vient atténuer ses propres afflictions. Celle de reconnaître ces paroles, de voir son reflet dans cette mélancolie dangereuse. Bleuté qui a manqué d’amour et de reconnaissance, personne pour lui donner la main et la guider.

- Je suis faible et j’apprends, je m’excuse de t’avoir blessé. Mais je serais là pour te rattraper quand tu sembleras perdu.

Conviction de fer qui lui fait relever le visage pour braquer sur l’aimée un regard d’acier. Un jour, il vacillera à nouveau, mais il saura que c’est normal. Quand on apprend à marcher, parfois, on tombe. L’important, c’est de se relever.

- Je te montrerais à quel point tu es formidable. Tu seras mon pilier et je ferais tout pour être le tient.

S’avancer d’un pas hésitant. Si personne n’a eu la bonté de lui ouvrir les yeux, il le fera. Maladroitement, de façon bancale. Mais il s’attellerait à cette tâche avec ardeur et ayant la certitude que c’était la bonne chose à faire. Lui-même était resté bien trop longtemps prisonnier des ténèbres, il ne laissera pas ce feu follet se perdre. C’est presque sans s’en rendre compte qu’il est déjà à ses côtés, la surplombant de toute sa stature, irradiant d’une aura de puissance tandis que l’incertitude est chassée au loin pour laisser place à l’assurance. S’il pouvait chasser à coup de griffe les mauvais souvenirs de son amie, il le ferait, se jetant dans la bataille à corps perdus.

- Comment ne pas t’aimer Aksana ? Je ne comprends pas les autres. À mes yeux, tu es la personne la plus incroyable que j’ai jamais rencontrée. Un jour j’arriverai à t’ouvrir les yeux.

Aucune pudeur dans ses paroles, aucune retenue pour le faire bafouiller. Si authentique dans ses paroles qu’aucun mensonge ne peut ternir la beauté de ces mots. Âme pure qui ne comprend pas pourquoi il fallait contenir les phrases de son cœur. Tant d’années, il a dû retenir tout ce qu’il pouvait penser, garder pour lui ses espoirs et ses peurs. Maintenant, qu’il a une âme pour l’accompagner, il ne voulait pas étouffer ses émotions.
Cette main qui se tend pour relever le menton de la Bleuté en douceur, le pouce qui caresse la joue d’un toucher de subtil.

- Mon plus grand bonheur, c’est d’être à tes côtés, mon étoile. On découvrira le monde ensemble, on affrontera les problèmes ensemble. Je serais ton bouclier et ta force, je t’en fais le serment.

Serment gravé au fer rouge dit d’une voix ou le murmure c’était envolé pour laisser place au timbre naturel de l’Adonis, celle faites de velours liquide. Cette façon dont il la regarde, comme s’il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert, admirant la courbe de son cou, le creux de ses joues ou l’arc de ses lèvres, caressant de ses prunelles cette peau délicatement bleuté aussi douce que de la soie. Fauve féroce et indomptable se parant d’un pelage de nuit, de cette créature fantastique que l’on rêve d’approcher. Vœu exaucé pour l’Argenté qui ose toucher la divine du bout des doigts, de cette queue qui à nouveau vient se glisser derrière les jambes musclées avec la douceur d’une plume portée par le vent. Himéros prenant vie dans la ferveur de ces billes d’opales tandis que ce cœur bat trop vite, que ce nez inspire pour s’enivrer du parfum de la femme face à lui.

Se pencher en avant, mouvement lent et calculé, la façon dont la chevelure de nuit glisse sur son corps pour toucher les épaules de la Bleuté, effleurer la commissure des lèvres pour déposer un chaste baisé sur une joue, ce nez qui effleure la peau en une caresse animale. Un ronronnement sourd qui résonne dans la poitrine, cette affection qui vibre et se libère de cette bouche qui s’entrouvre pour libérer un soupir qui chatouille l’oreille pointue.
Se redresser en affichant un doux sourire, celui qui plisse les yeux de tendresse.
Amour qui se dessine sur le visage.

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Ven 1 Mar - 16:33

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
La bonté inonda son être, fertilisant à nouveau ces terres desséchées par ses propres maux. Il se tint alors responsable de ces ravages qui avaient consumé en silence la bleutée, tandis qu'elle faillit se muer en vipère, prête à cracher son venin sur le corps qu'elle aimait pourtant. Il avait su déjouer le pire ; cette cruauté palpitante irriguant le sang maudit de la malhar, cette férocité attendant patiemment de s'échapper de ses entrailles, que le sang humain versé auparavant n'avait pu apaiser. Mais l'azurée, non pas par fierté, refusait de se considérer en victime, d’affirmer que la honte déchirait son cœur, qu’elle avait su préserver son sang-froid au milieu de la tempête. Car la haine, née dans son enfance où elle avait compris la raison de la vindicte générale envers les siens, était profondément enracinée en elle. Et alors, elle n’était obnubilée que par ses propres démons qui avaient failli déferler sur le pauvre Sheog.
Ainsi, les excuses furent englouties dans un torrent d'embarras, car Aksana, persuadée de sa propre culpabilité, ne s'estimait pas digne d'elles. Ce n'était pas tant l'affection qui l'aveuglait, mais bien le dégoût tenace qui la troublait, trop intense pour s’en libérer.

— « Ne t’en fais pas… C’est moi, je ne t’ai jamais rien dit à ce sujet. »

Jamais elle ne lui avait intimé de ne pas le mentionner, jamais elle ne s'était confiée sur le sujet de ce frère dont il venait à peine d'apprendre l'existence, après des semaines passées à partager son existence.

— « Comme tu l’as dit, tu apprends encore… Et je ne suis pas la plus douée pour t’informer. »

Et la malhar ne saurait lui promettre qu'elle réussirait à le devenir, car jamais elle n'avait osé s'ouvrir à quiconque. En vérité, elle était bien plus terrorisée qu'elle ne le laissait paraître, bien plus lâche qu'il ne l'imaginait... Ou peut-être le pressentait-il, et pourtant, il aspirait à la soulager de ses tourments. Il revenait à elle de lui accorder sa confiance, à elle d'accueillir sa précieuse aide.
L'envie la submergeait, et ses yeux s'illuminèrent dès que le géant d'argent qui la dominait la combla à nouveau de son amour. Celui-là même qu'elle adorait sans répit, celui-là même pour qui elle était prête à s'abandonner à la folie palpitante qui parcourait ses veines. Il l'aimait, et elle sentait son amour affluer dans chaque fibre de son être, lui démontrant que sa chair n'était pas seulement un écrin repoussant où elle se trouvait enfermée. Il l'aimait, et elle percevait son amour la tirer hors de l'ombre, lui prouvant qu'elle n'était pas une créature dépourvue de lumière. S'il l'aimait, c'était qu'il discernait quelque chose en elle, quelque chose qui valait la peine d'être aimé, quelque chose qu'elle avait toujours espéré que les autres perçoivent. Et leur aveuglement l'avait amenée à croire qu'elle n'avait jamais possédé ce trésor, tandis qu'enfin, Sheog semblait l'avoir découvert. Pouvait-elle y croire ? Le désir l'assaillait, puissamment.
La féline se pâmait, abandonnant son minois gracile au creux de cette main marmoréenne, où chaque effleurement était recueilli comme une bénédiction. Ses prunelles étaient des étoiles captives, ne désertaient pas cette lune qu'elle s'était vouée à célébrer, à chérir, et dont l'éclat ne cessait de l'enivrer. Si elle était son étoile, elle promettait de briller à ses côtés jusqu'à l'ultime explosion, jusqu'au grand final, pour ne jamais laisser son être aimé seul dans l'immensité obscure.
L'astre-roi, en sa magnificence, lui fit l'honneur de pactiser de nouveau avec elle, orpheline que nulle main charitable n'avait jusqu'alors consenti à recueillir. Mais en ce jour, elle ne s'en lamentait pas ; leur indifférence, leur mépris même, l'avaient conduite aux bras d'un être surpassant tous les autres. Si elle avait pu contempler l'enfant qu'elle fut, elle lui aurait murmuré, en asséchant ses pleurs, que tout irait mieux, qu'elle serait accueillie par l'incarnation la plus pure de ces douces chimères qui berçaient ses songes éveillés, qu'enfin, un dieu avait entendu ses supplications.
Et là, son envoyé se tenait, face à elle, ses lèvres effleurant cette peau étrangère aux étreintes et aux douces caresses, se posant délicatement sur sa joue pour l'effleurer d'un baiser chaste. Lèvres innocentes semant le trouble au sein de son sein azur, son cœur s'emballant dans une valse effrénée. Il tambourinait fort, sans répit, et elle en savourait chaque battement. Car ce sabbat improvisé faisait circuler dans ses veines une joie vive, réveillant chaque fibre de ce corps accoutumé aux frissons de la peur et de la colère, mais jamais à ceux de l'amour.
Fièvre qui fit frémir la cascade d'ébène qui l'encerclait et retombait doucement sur ses épaules, alors que le murmure du tendre s'était seulement contenté d'effleurer délicatement son oreille pointue. Son corps laissa échapper un frisson bref et léger, révélant discrètement sa vulnérabilité, peut-être la première d'une longue lignée.
Puis le voile ténébreux se retira, mais la lune, fidèle, ne cessa de rayonner pour elle ; lui offrant un tendre sourire, ses courbes éclairées par cette même flamme qui embrasait son âme. Un léger sourire naquit sur les lèvres de l'élue, encore peu familière avec l'idée de se livrer ainsi, et elle s'empressa à voiler sa joie en baissant fugacement son visage, teintée d'embarras.

— « Mes mots paraîtront fades en comparaison des tiens... » Ses griffes s'emmêlèrent entre elles, mais malgré un léger malaise, sa mine ne s'assombrit pas. « Mais je crois en ce que je ressens, je sais que... » Ses mains se délièrent, l'une d'elles trouvant refuge sur son cœur. « Tu sauras également percevoir ce feu qui embrase ma poitrine lorsque je suis près de toi, cette lueur qui étincelle dans mes yeux lorsque je te contemple, cette tendresse qui guide mes gestes lorsque je te touche... Ces sentiments-là ne sauraient être traduits en quelques syllabes, encore moins lorsqu'elles sont prononcées par une bouche parfois malhabile, et habituée au silence » et à mordre.

Ses crocs acérés n'entailleraient pas cette tendresse immaculée, qui palpitait dans sa poitrine, qui faisait délicieusement tournoyer sa tête, qui l'incitait à ne pas éloigner son regard de cette lune, qui, tel un phare, éclairait sa route, l'orientant vers un sentier où la négligée pourrait enfin savourer les délices de l'amour.
Tout ce qu'elle osait espérer, était d'être digne d'emprunter cette voie, de ne pas être une erreur de trajectoire. Il lui avait juré de lui ouvrir les yeux, de la guider à voir son reflet tel qu'il le percevait. Hélas, ses tourments subsistaient farouches, surtout après qu'elle eût trouvé quelque plaisir à contempler le sang de leurs adversaires ruisselant. L'avait-il remarqué ?
Si son embarras n'avait su éteindre son éclat, ce fut le trouble qui sut le soustraire à la vue. Une part d'elle-même aspirait à taire ses incertitudes, à les ajouter à cette sombre cohorte de silences qui pesait sur son être. Ainsi préservée, elle demeurait hors d'atteinte. Mais Sheog, lui, n'était que bienveillance. Qu'est-ce donc qui l'empêchait de le laisser pénétrer les replis les plus secrets de son âme ? La crainte de le voir fuir, horrifié, lui, qui se drapait dans une pureté sans égale, alors même que l'humanité s'évertuait à le vouer aux enfers.

— « J'ai... J'ai quelque chose à te confier... » balbutia celle qui, pourtant, n'avait pas hésité à envisager de trancher la gorge d'un humain. « Ce soir, lors de l'altercation avec les domestiques... » confession qui peinait à franchir sa gorge, comme si la bleutée cherchait à gagner du temps, et avec raison. « Je sens que j'aurais pu commettre quelque chose de vraiment mauvais si tu n'étais pas intervenu... »

Ses crocs, acérés comme des lames, s'enfoncèrent dans la tendre chair de ses lèvres, tandis que ses yeux, tels des naufragés, s'échouèrent sur le sol glacé de la cuisine, se figeant dans une posture de honte indicible. Hélas, la honte ne pouvait panser les plaies béantes qu'elle avait infligées à la domestique, ni dissiper cette terreur qu'elle avait distillée parmi les témoins de sa déchéance vers la rage malhar.
Lèvres scellées qui se libérèrent enfin de leur fardeau, versant leurs peurs aux pieds du titan adoré. Offrandes souillées, brisées, qu'elle ne souhaitait pas purifier, réparer. Car elle n'espérait aucune rédemption, depuis qu'elle avait senti s'éveiller en elle quelque chose d'indomptable dès lors que le monstre blond avait profané Sheog. Une flamme obscure, une force farouche qui, désormais éveillée, ne saurait retourner à l'oubli. Elle demeurerait tapie en son sein, prête à bondir à la moindre angoisse qui viendrait heurter son cœur, prête à sortir les crocs dès la moindre cruauté infligée à celui qui l’avait recueillie.

— « Je sens que… Si ça venait à se reproduire, si quelqu’un venait à te menacer de nouveau, je sais que je n’hésiterai pas. Je le sais, j’en suis convaincue... »

Et alors, face à l'horreur inévitable, la horde d’insultes et de haine trouvait enfin sa justification, se délectant de l'irrémédiable soif de sang qui pulsait dans les veines de la déchue. Et cette révélation l'accablait, lui imposant d'admettre l'humanité avait eu raison à son sujet depuis le début.

— « Et... Ça me terrifie », peut-être les circonstances l'avaient-elles façonnée en monstre, plutôt que le sang dont elle était héritière. « L'idée de te perdre me terrifie bien plus que la perspective d'avoir du sang sur les mains », les prunelles osèrent enfin se lever, cherchant les opales du tendre, en quête de réponse. « Toi aussi tu ressens ça ? » elle désirait savoir si elle était seule, si elle était le problème, si c'était elle qui était défaillante.

Mais d'autres inquiétudes assiégeaient son esprit tourmenté. Il la contemplait avec une admiration sans bornes, et elle, en son for intérieur, aspirait ardemment à croire qu'il avait raison. Cependant, la commettre des actes criminels n'avait rien de noble, rien de fascinant. Aucun des héros dont les exploits avaient captivé son imagination dans sa jeunesse n'avait jamais sombré dans de telles atrocités. Et quant à ceux qui s'étaient égarés, ils s'étaient hâtés de se purifier de leurs fautes en implorant la miséricorde divine. Mais elle, elle ne se réclamait d'aucune religion, ou du moins, l'unique dieu qu'elle reconnaissait lui vouait une haine féroce.

— « Tu m'aimeras toujours, en sachant ce dont je suis capable ? » des horreurs qu'elle était prête à perpétrer en ton nom et au nom de ceux qu'elle chérissait.

Elle était comme une bête avide qui avait flairé pour la première fois du sang frais. Ce soir-là, elle avait goûté à une puissance, à un éclat de justice, dont elle ne pourrait se départir. Désormais, il n'était plus question d'endurer les assauts sans réplique, de voir ceux qu'elle chérissait lui être arrachés. Le pouvoir, contenu en ce monstre qui résidait en elle, pouvait lui offrir l'insouciance, la libérer des craintes qui la tenaillaient. Ou bien, au contraire, lui ravir le dernier être cher qui lui restait, si Sheog venait à condamner son comportement. Et dans ses prunelles, fixées vers celui qu'elle redoutait de perdre, la terreur ondoyait, étincelante.
Ezvana
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Ezvana En ligne
Dim 3 Mar - 16:19

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Billes argentées qui ne cessent de caresser le visage de l’être aimé, tel un toucher de velours délicat qui pouvait retirer un à un chaque couche de vêtement qui pouvait cacher à ses yeux cette peau bleuté. Impossible de rater ce frémissement qui le ravit, fait vibrer la pointe de ses oreilles et hérisse ses poils. Il en voulait plus, découvrir davantage des réactions de ce corps à son contact.
Les paroles sont miel à ses tympans, son cœur s’attendrit un peu plus, le sang bat dans ses veines et bouillonne. C’était une histoire de romance dont il a toujours rêvé, une déclaration merveilleuse qui porte son âme toujours plus haut vers le paradis imaginaire. Aujourd’hui, il pouvait enfin comprendre ce qu’était le véritable amour et d’être aimé en retour. L’allégresse scintille dans son regard, agite cette queue d’un soubresaut et la respiration est lourde. Incapable de savoir comment réagir, il se contente de savourer chaque syllabe pour les graver dans son esprit, apprend par cœur cette mélodie pour ne jamais l’oublier et ainsi pouvoir être bercé par la tendresse.
L’être adoré lui avait retourné son amour.
Presque tremblant le Monstre gris qui n’ose même pas cligner des yeux de peur que l’image disparaisse et qu’il se réveille dans sa chambre. C’était donc cela, l’amour ? Le véritable sentiment si merveilleux qui semble être la quête la plus glorieuse de ces livres ?
Même ses romans ne peuvent décrire aussi distinctement ce qui animait l’entité émerveillée.

Et pourtant, une dissonance l’arrache à ses rêveries, balbutiement de la Bleuté qui se livre à lui maladroitement, expose enfin ses tourments qui ne cessent de tourbillonner en elle et il perçoit les troubles, cette ride au milieu de son front, la façon dont les lèvres se plissent, ce voile dans le regard qui semble la mener ailleurs. Attentif l’Incube qui observe l’aimée sans jamais l’interrompre dans ses pensées pour ne pas envahir son espace vital. Cela, il l’avait ressenti très vite, ce besoin de liberté qui animait son amie, fauve incapable de supporter une cage qui restreint sa façon d’être. Elle était toujours sur le qui-vive, électrique. Une autre facette de sa personnalité qu’il admire lui si peureux et presque incapable d’imaginer une vie en dehors de sa chambre.

Laisser libre cours aux paroles qui l’inquiètent, mais dont il ne réduit pas au silence pour autant. Les sourcils se froncent, la tête se penche sur le côté tandis qu’il réfléchit au fur et à mesure des mots qui tombent lourdement de la langue de son amie. Mais jamais il ne détourne son regard de son visage, jamais ses pupilles fendus ne se troublent même quand les angoisses remontent et plissent ce doux visage. Il lui avait promis de devenir son pilier. Il serait là lors de ces incertitudes, de ses rages, de ses peines, de ses joies, de ses allégresses.
Cette dernière question qui lui perce le cœur et fait baisser ses paupières alors qu’il encaisse la douleur dans l’intonation de cette voix pourtant si claire. Sentir une telle détresse chez Aksana le plonge dans une agitation, à vouloir tout faire pour apaiser ses craintes. Contrôler le frisson qui hérisse sa crinière, ce fourmillement dans ses doigts alors qu’il sent les mains de la Bleuté dans les siennes.

- Nous ne sommes pas Humains.

Une évidence qui tombe avec brutalité. Ce visage qui se relève, prunelles qui s’attardent sur des détails sur les placards en hauteur sans vraiment les voir. Il avait beaucoup réfléchi à ce problème identitaire qui le troublait depuis toujours. On lui toujours fait croire qu’être un Humain était la meilleure des choses, une liberté et une puissance teintée de pureté, lui si monstrueux et démoniaque. Il devrait essayer toute sa vie de toucher du bout du doigt cette place sacrée, s’évertuer à combattre sa nature profonde. Car il était sale, animal, image des péchés incarnés.
Et pourtant, sa vision des choses à évoluer.

- Nous sommes autre chose. À quoi bon essayer vainement de leur ressembler ? Nous nous acharnons encore et encore à les imiter. Mais la réalité elle est là. Nous ne sommes pas Humain.

Billes d’opales qui s’échouent sur le visage de son amie, tandis que son visage prouve le duel intérieur qui refait surface et alourdit l’arc des sourcils sombres. C’était mettre à mal des décennies d’éducation, de briser des croyances profondes. Les lignes de conduite de toute sa vie sont réduites à néant et cela bouleverse l’entité qui a l’impression de se perdre en route. Mais Elle était là. Il a vu. Il a compris.

- J’ai bien vu de ce que tu étais capable. Et tu n’as pas à t’en vouloir. Tu n’avais rien d’une démone, plutôt du fauve qui montre enfin les griffes, dénué de la perfidie imbibant les Humains. C’est peut-être une forme de nos espèces respectives. Puni t-on le chat qui attaque la souris ?

Un instant, pourtant, le visage se détourne, le nez se plisse dans une grimace face aux souvenirs qui remontent. Bile qui remonte et emplit sa bouche et qu’il s’efforce de refluer, cette main qui se lève pour toucher la gorge qui semble soudainement trop étroite.

- J’ai déjà tué. Je devais obéir aux ordres. Je n’avais pas le droit de refuser. Mais oui, parfois, lors de nuit où je suis chez des Humains, j’ai… Tué. Je ne suis pas tout blanc.

Honte qui l’empêche de regarder Aksana, ces souvenirs qu’il préfère oublier. Le supplice de voir encore tout ce sang, ces corps éventrés, le vide dans les regards. Que ces carnages n’aient eu lieu que parce qu’il avait obéit et non pas parce qu’ils l’avaient mérité lui serre le cœur.

- Je ne te jugerais pas sur ce que tu pourrais faire. On a tous les deux besoins de comprendre. Parfois, les leçons seront difficiles, mais il ne faut pas les rejeter pour autant. Agis seulement pour ne jamais regretter. Enfin, je te dis tout cela, mais moi-même je suis plongé dans l’incertitude.

Le doute qui c’était installé dans les plissures de ses visages s’évaporent, son regard devient plus incisif alors que le cheminement de pensée arrive à son terme. Avec assurance, il se rapproche de son amie de qui il s'était éloigné sans vraiment faire attention. Cette main aux griffes trop longues qui se serre comme pour attester de la solidité de sa poigne.

- Ce soir j'ai dévoilé mon physique monstrueux, celle de la Bête que je suis vraiment. Je me déteste, je suis horrible. Mais pour la première fois de ma vie, je me suis senti puissant. D'être entier et d'être enfin écouté. Parce que j'avais un but, une raison de m'élever enfin contre l'autorité écrasante. Toi.

Ses propres yeux qui cherchent cet écho dans les prunelles de l'aimer.

- Je refuse que l'on te fasse du mal. Je pourrais… Je pourrais m'éveiller à nouveau. Te perdre serait une nuit sans étoile, un vide éternel. Je serais prêt à tout pour te protéger.

Ma douce étoile.

L'embrasser du regard, la couver d'une tendresse qui se lit parfaitement sur les traits de son visage.

- Jamais tu ne me perdras alors que toi, tu apprendras. Je ne suis pas Humain, donc mon amour, jamais, ne fluctueras. Je t'aime pleinement, entièrement. Contre vent et marée, contre le monde entier, je serais à ses côtés.

Tendre une main pour caresser cette joue du dos des doigts, joue avec une pointe de cheveux azur. Se pencher en avant et déposer un baiser léger sur cette pierre sur son front comme pour imprimer cette vérité directement dans l'esprit de la belle

- Tu es reine de mes nuits.

De nouveau cette voix suave de celui convaincus de ses dires. Vouloir la rassurer jusqu'au plus profond de son âme. Lumière sacrée qu'il embrasse de ses prunelles à défaut de ses lèvres.
Il se nourrissait de son amour.

Lulu
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Lulu
Mar 5 Mar - 14:23

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Nous ne sommes pas humains, nous sommes autre chose. Autre chose l’effrayait, car elle ignorait tout d’elle(-même).
La malhar ignorait les raisons pour lesquelles le soleil la tourmentait, la forçant à se draper sous d'épaisses couches de vêtements, même en ces mois où l'été se faisait roi. La malhar ignorait la raison de ces reliefs serpentant sa peau à certains endroits, remplaçant la douceur attendue par des aspérités coupantes. La malhar ignorait la raison de cette teinte bleutée qui imprégnait sa chair, la distinguant d'une humanité dont elle s'était toujours sentit exclue. La malhar ignorait l’utilité de cette pierre, encastrée dans son front depuis sa venue au monde. Était-elle une menace ou bien une banalité ? Dans cet univers où chaque chose trouvait sa raison d'être, cette pierre avait survécu à travers les générations, alors, pourquoi ?
Ces griffes féroces, ornant ses mains et ses pieds, ces crocs effilés, parfois ensanglantant sa bouche et sa langue par leur morsure acérée, la perturbaient également. Car cette fois-ci, la malhar connaissait leur utilité. Elle avait appris que ces attributs étaient l'apanage des prédateurs. Était-elle donc une prédatrice ? Était-ce là l'explication de son inclinaison pour le pire ? L'humanité avait-elle raison de redouter sa lignée, de les traquer sans répit, de désirer les exterminer jusqu'au dernier ?
Non, murmurait l'argenté, son semblable. Car en lui aussi résidaient ces traits qui suscitaient la terreur chez les simples mortels, et ainsi, elle le considérait comme un être de sa lignée. Non pas comme un malhar, mais tel un cousin éloigné, plus imposant, plus majestueux. Et le lion rassura le chat, lui affirmant qu'il ne devait pas rougir de céder à ses instincts, de demeurer fidèle à cette essence qui se dévoilait à elle, et contre laquelle elle s'était efforcée de lutter, en vain.
Hélas, cette sauvagerie latente n'effaçait pas leur honte, comme en témoignaient leurs regards souvent mêlés, qui se détournèrent à présent, portant en eux le poids de souvenirs pesants. Aksana, quant à elle, se détacha de ses pensées dès qu'elle remarqua la main pâle qui enserra le cou de l'aimé, pressentant que celui-ci aurait besoin de son écoute attentive.

Azurées, qui furent soudainement couvertes d'un voile d'inquiétude face à la détresse de son compagnon nocturne, et petit cœur se contracta douloureusement à la simple idée que des tourments pussent assaillir le beau. Parle-moi, imploraient ces perles qui le scrutaient, elles pourraient tout entendre. Absolument tout, surtout si cela pouvait apaiser quelque peu le palpitant du doux. Jamais elles ne connaîtraient le dégoût, l'horreur, à son égard. Car Sheog avait été élevé par des monstres, qui s'étaient acharnés à étouffer toute sensibilité, toute raison en lui. Et pourtant, il avait su préserver son essence, survivre, et même s'il eût été vaincu, sa compassion pour lui ne se serait pas éteinte, car elle aurait compris. Compris, parce qu’elle aussi avait plus d’une fois failli les laisser gagner.
Et enfin, l'aveu s'échappa,  abruptement mais non sans émotion. Il avait versé le sang, mais sous le joug d'une volonté étrangère, s'empressa de rectifier celle qui ne lui jetterait pas la pierre. Car elle aurait pu, elle aussi, répandre le sang mais par nécessité, pour préserver sa vie, pour préserver celle de Sheog. Ils n'étaient pas des créatures avilies par la soif de violence, pas des fauves assoiffés de sang. Ils avaient été manipulés, contraints, acculés. L'humanité était la véritable source de cette monstruosité, le véritable fléau.
Ainsi, il leur fallait s'en éloigner à tout prix, s'enfuir loin de ses griffes avides... Avant que leurs âmes ne s'accoutument à l'éclat rouge du sang, aux lamentations des innocents, avant que le désespoir ne les étreigne définitivement.

Dans l'attente de l'évasion, ils se devaient d'agir pour ne jamais nourrir l'amertume des regrets. Tel était le mantra proféré par l’argenté, et qu'elle murmurait en son for intérieur. Espérant en secret, qu'il puisse insuffler la force nécessaire à l'Adonis pour rompre ses entraves, pour se précipiter dans l'abîme à ses côtés, s'éloignant ainsi de ceux qui, sous l'égide de leur propre loi, l'avaient contraint à l'abomination.
Agir afin de ne jamais fléchir sous le poids des remords, elle sentait ces mots simples, mais chargés de résolution, s'ancrer profondément dans son être, la stabiliser, lui conférer une sérénité nouvelle. Désormais, son univers ne serait plus soumis aux caprices des âmes perverties, à ceux qui ne daignaient même pas reconnaître en elle une entité douée de sensibilité. Oui, son univers trouverait son centre dans ses propres désirs, et serait baigné par les rayons argentés de cet astre chéri, qui se dissimulaient parfois derrière les nuées épaisses de l'incertitude.
Mais la lune n'eut nul besoin de ses paroles pour dissiper momentanément ces nuages, semblant s'accrocher à une certitude, tout comme elle s'était agrippée à une autre plus tôt pour échapper à ses propres tourments. Et pareillement à elle, cette certitude trouvait refuge dans le regard de l'autre. Deux cœurs battant à l'unisson, dansant ensemble sur la même mélodie. Pour la première fois, le sien goûtait à une fièvre, bien plus enivrante et rassurante que les fièvres antérieures qui l'avaient autrefois entraîné dans leur valse ; ni colère ni déception n'étaient conviées à ce bal, pas ce soir, pas ici, pas avec lui.
Pas avec lui qui, ce soir, avait révélé toute sa puissance, tel un souverain incontesté, aux yeux des autres et aux siens. Non seulement avait-il su éveiller en elle un amour profond, mais aussi une admiration ardente.  Même vis-à-vis de cette forme qu’il abhorrait tant, percevant en lui un monarque dont la couronne et le trône avaient été dérobés par la vermine. Il incarnait la quintessence d'une puissance ancienne, mystérieuse,  et dont l’essence de la jeune malhar, même muselée, avait su reconnaître ; celle d'un conquérant des cieux et des abîmes.  

Et alors, lorsque Sheog pénétra le gouffre azur de ses yeux, en quête d'un écho à son ardente affection, il y découvrit un tumulte infini d'amour et d'adulation. Une symphonie assourdissante qui résonnait en elle, franchissant les frontières de sa propre chair pour résonner dans ces prunelles océanes. Un hymne déjà enraciné, vibrant avec plus de vigueur dès lors qu'il lui confiait qu'elle fut son catalyseur contre l'oppression. Elle était à ce point cruciale pour lui, et réciproquement, Aksana était prête à tout pour que sa lumière continue à éclairer ses jours et ses nuits, à maintenir son univers en rotation perpétuelle.
Les saphirs de son regard se métamorphosèrent en abysses d'affection, tandis que les opales réchauffaient sa silhouette de baisers insaisissables, et que ses lèvres lui confièrent son amour, éternel, inébranlable. Contrairement à son être, et surtout à sa poitrine, écrasée sous cette passion qui pulsait en chaque fibre de son être, jusqu'à effleurer la surface de sa peau d'azur.
Peau, éclatante d'une lueur discrète, révéla sa beauté malhar ; une multitude d'astres - semblables à des constellations de grains de beauté plus clairs que ceux des mortels - vacillaient, naissaient et mouraient au gré des battements de son cœur vibrant d'ardeur. Comme si la passion qu'il avait insufflée en elle avait été le souffle primordial, engendrant cette voie lactée qui irradiait chacun de ses pores d'une douce lumière.
Les accords de cette symphonie radieuse ne firent que s’amplifier, dès qu'il embrassa longuement cette pierre que quelques mèches rebelles dissimulaient, et sa tendresse lui fit oublier la gêne qui enveloppait cette particularité mystérieuse. Délectée de douceur, elle se laissa enivrer par ce contact prolongé, où s'inscrivait toute l'affection qu'il lui portait.
Et alors, son souffle se suspendit, et ses paupières s'abaissèrent, savourant ce contact éphémère mais bouleversant. Un baiser qui s'acheva tandis que son souverain la désignait pour être la reine des ténèbres, titre que l'orpheline s'empressa d'endosser, le chérissant avec une préciosité infinie.

— « Et tu es le roi des miennes… »

Déclaration s'éleva, effleurant les oreilles pointues de l'Adonis. En son cœur, l'élue se promit de chérir et d'honorer en secret ce titre qu'il avait daigné lui conférer, à elle, banal malhar, considérée comme vermine aux yeux du reste du monde. Mais pas aux tiens, pas à tes yeux, mon roi.  

— « Je t'aime, Sheog... » Les mots d'amour s'échappaient de ses lèvres peu aguerries à prononcer de tels serments, c'était peut-être la première fois que la délicate créature osait les articuler. « Pleinement, entièrement… » répétant les paroles de l'astre, non par paresse mais parce qu'il se dressait en modèle, un idéal à atteindre. « Contre vent et marée, contre le monde entier… Je serai à tes côtés », pour l'éternité, même lorsque les nuits s'annonceront glacées et sombres, elles ne seront jamais sans lueur pour lui.

Orpheline aspirait à initier ses lèvres à l'art de confier son amour, à faire vibrer ses mots aussi intensément que ceux de son bien-aimé. Ainsi, ses lèvres mimaient celles qu'elle vénérait, prêtant une voix à ce cœur qui, depuis ses premiers battements, avait languit dans le silence.
Puis la disciple s'éleva, prête à parler un langage qu'elle espérait moins maladroit, un peu plus maîtrisé. Un langage où ses crocs ne verseraient pas de poison, car ils ne le toucheraient guère. Alors, avec une tendresse infinie, ses mains graciles se posèrent sur ces joues pâles, comme si elles tenaient en leur creux le plus précieux des joyaux. Et doucement, elle l'encouragea à répandre ses éclats précieux vers elle.
Un instant, figé dans le temps, leurs lèvres s'effleurant sans se saisir, se découvrir. Les siennes se retirèrent de ce puits de chaleur, d'amour, pour trouver refuge sur l'une des joues froides, qu'elle étreignit longuement, la réchauffant tendrement. Aksana ne lui volerait pas ses lèvres, car elle n'était pas humaine. Il demeurerait libre de les lui offrir ou de les garder pour lui, elles réussissaient déjà à la combler grâce aux douces sonorités qui les traversaient.
Elle s'emparerait uniquement avec ruse des mains de l'adoré, seulement pour leur offrir en un geste solennel, son propre corps aux volutes cachées sous une robe morne, sans vie. Ainsi, ses doigts graciles saisirent alors les mains du majestueux, les faisant voguer sur le délicat sillage de ses hanches, avant de les abandonner à cet oasis azur, étincelants de mille éclats. Son corps recelait d'un amour débordant, et semblait prêt à laisser le divin se désaltérer à cette source qu'il avait purifiée, et ce, aussi souvent qu'il le souhaiterait.
L'oiseau s'élança de son perchoir, ses talons retrouvant à nouveau le carrelage froid, mais sa peau demeura unie à celle de l'argenté ; son visage se nichant au creux de son torse duveteux, tandis que ses doigts, telles des émissaires timides, explorèrent ses flancs avec une délicatesse infinie. Quant à ses prunelles, elles demeuraient envoûtées par les deux étoiles qu'elles fixaient, guides lumineux dans l'obscurité ambiante, permettant à Aksana de naviguer sereinement dans l’obscurité qui les entourait.

— « Tes lèvres sentent le chocolat… » murmura-t-elle, attribuant cette fragrance aux délicieuses friandises dévorées auparavant. « J’aime bien… Mais l'odeur pourrait être plus prononcée » un sourire espiègle éclaira son visage tel un éclat printanier. « Je parie que tu n’es pas rassasié… »

Veillant avec une sollicitude infinie sur le bien-être du doux, gardienne s'efforçait de clore, à sa manière, l'ère de négligences qu'il avait endurée depuis... depuis des temps dont l'exactitude lui échappait.
Sa main erra sur le plan de travail, et pour la première fois, elle fit usage de l'une de ses griffes, transperçant un fruit chocolaté d'un geste assuré. Gibier attrapé, elle le présenta aux lèvres de l’argenté, l’air complice. Ils étaient loin d'être humains, et il était peut-être temps de sonder les mystères de leurs particularités, de les apprivoiser pour en révéler les puissances cachées.
Enfin, elle osait explorer à tâtons ces territoires inexplorés, car en eux résidait peut-être l'éveil tant recherché, un nouvel idéal à embrasser. Et pour elle, le commencement se dessinait à travers ces menus détails, certains échappant encore à sa vigilance, comme cette peau qui s'était métamorphosée en un cosmos infini, et qui a retrouvé à présent, son bleu immaculé.
Ezvana
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Sam 9 Mar - 1:07

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Apaisement qui dénoue les fils tortueux des cauchemars de l’entité qui enfin a l’impression de respirer correctement. Peut-être que finalement, c’était plus simple que prévu. Des décennies à essayer de comprendre et ouvrir les yeux grâce à la présence d’une non humaine, la vie est parfois cruelle et joue des tours douloureux. Des années à essayer de ressembler aux oreilles rondes, à se plier à toutes leurs demandent seulement pour effleurer du bout des doigts leurs amours et leurs reconnaissances. Il s’y était perdu, avait des cicatrices sur le corps et celles invisibles, plus blessantes, dans son esprit. Il voulait lui aussi emprunter ce chemin que tout son entourage parcourait, voulait découvrir la beauté et la pureté de l'humanité et être lui aussi considéré comme un enfant de Dieu. Lui que l’on disait bon et généreux.
L’enfer t’attend. Cela a bercé sa vie comme une menace terrible pour celui qui croyait dur comme fer à tout ce que l’on pouvait lui dire. Naïveté éclatante du Géant gris qui s’est évertué à devenir l’idéal des autres. Peu à peu, sa propre identité, c’est flouté, contour brouillé par des croyances qui n’étaient pas les siennes, une façon de penser ou d’agir qui le répugnait. Mais ainsi, on pourrait peut-être l’aimer.
Mais le brouillard a été percé par une présence aussi belle qu'inquiétante, cette femme qui n'avait rien d'une humaine et qui pourtant lui a révéler une douceur qu'il n'a jamais connue. La peur l'avait étreint, l'avait fait trembler à l'idée qu'un autre être démoniaque puisse fouler cette terre. Lui si impur, était capable du pire. Alors elle, en liberté ? Pourtant, la beauté de ce monde est née dans le corps à la femme a la peau bleue. Cette pierre douteuse devint bijou à admirer, ses longues oreilles pointues un parfait indicateur de son humeur, cette peau bleue ce fond parfaitement dans la nuit. Noblesse de cœur qui imprégnait d'une aura lumineuse cette créature si tendre avec lui, qui jamais n'a levé la main ni élevé la voix contre lui. Prévenante, attentionné. Impossible pour ce trop grand cœur de ne pas s'éprendre d'une telle créature, le voile des mensonges des langues vipérines tombant peu à peu pour dévoiler la magnificence de la domestique. Son caractère qui s'était révélé faisait écho à quelque chose en lui, peut-être sa véritable personnalité due à sa nature ? Son comportement lui semblait dans l'ordre des choses. Aussi naturel que Chat qui feule ou griffe quand elle n'était pas contente
Pourquoi lui devrait-il être différent ? Il ne se connaissait pas lui-même et c’était une réalité terrifiante. Qui était-il au fond ? Sans cette couche d’éducation malsaine ? Peut-être qu’il était vraiment le fruit des enfers. Il ne sentait pas mauvais pour autant, quand il arrivait à chasser les murmures insidieux des domestiques qui le malmènent depuis toujours. Une nouvelle vérité que son amie a réussi à lui imprimer dans le cœur. Ses compliments ne cessaient de pulser dans son cœur une mélodie lancinante qui le calme et il se raccroche à ses paroles pour ne pas sombrer à nouveau dans la vase profonde de l’incertitude. Lui aussi, c’était découvert des accès de violences, de puissance. Il s'était senti presque… Supérieur. C’était aussi glaçant que réconfortant. Se sentir capable, se sentir vivant.
Non, il n’était pas Humain. Et il ne le serait jamais.
Si les Humains étaient des enfants du soleil, peut-être qu’eux était les enfants de la lune.

La peur, c’était envolé. La vérité, bien que cruelle, il l’avait accepté. Il ne connaît pas sa route, mais les ténèbres ne l’effrayaient plus autant.
Puisque maintenant, il avait les étoiles pour le guider.
Moins replié sur lui-même, plus droit l’Argenté qui ose enfin assumer l’inévitable. Plus sûr de lui alors que devant ses yeux s’étale la beauté de l’elfe stellaire, ces points lumineux qui brillent dans ses yeux, la nuit venant embrasser d’étoile cette peau qu’il voulait toucher. Ce cœur immense qui tambourine un peu plus fort à chaque parole entendue, indicible amour qui se dilue dans ses billes d’opale. Fièvre qui se répand dans sa poitrine, échauffe ses veines et agites ses muscles, langue de feu qui vient lécher ses reins tandis que le souffle de la belle s’enroule autour du sien, ses lèvres qui embrassent cette marque violette qui ne cesse de le lancer et fait éclore une douce chaleur sur sa joue. Il aurait voulu dévorer ses lèvres si la timidité ne le retenait pas d’une main de fer, offrir à ses lippes l’infinie tendresse qu’il ressentait pour elle. Mais peut-être qu’elle n’était pas prête, que ce n’était pas le moment. Impossible de briser l’espace vital de son amie, bien trop conscient des chaînes invisibles qui ont marqué ses poignets, de cette prison qui les entourait. Savoir aussi que sa maladresse pouvait être blessante avec une créature aussi incertaine. Plus d’une fois il a serré des corps contre le sien, il a donné du plaisir en imprimant sur la chair des autres leurs plus sombres fantasmes. Image de l’incube désirable qui lui colle au râble, cette expérience qu’il a gagnée dès qu’il fut en âge de comprendre le plaisir et le désir. Partenaire sexuelle qui sait parfaitement comment faire tourner la tête d’un être Humain. Mais avec elle, cela pourrait être différent ? Aussi, il trépigne, se mord l’intérieur des joues, indécis.

Un sifflement tel un serpent qui se redresse, puis une expiration longue pour évacuer le trop-plein d’adrénaline qui lui donne des fourmillements dans les muscles alors que les papillons bleutés s’emparent de ses mains pour les poser sur les contours de ce corps. Araignées grises qui se fondent sur les courbes, fermeté dans la paume presque possessive pour coller à un peu son buste contre le sien, pour sentir l’arrondi de cette poitrine s’écraser doucement contre son ventre, pulsation de ce cœur qui voulait connaître par cœur comme une musique ancienne. Il sentait la puissance des muscles sous ses doigts et un frémissement agite ses oreilles alors que des images fleurissent dans son esprit.
Cette main qui s’échappe et cette proie ramenée à ses lèvres. La bouche qui s’entrouvre pour venir récolter ce fruit, cette langue qui s’enroule autour de la griffe en une caresse humide avant de mâcher la friandise et de déglutir en émettant un bruit de satisfaction.

- J’aurais toujours faim de toi.

Impossible pour l’Argenté de détacher son regard du fauve aux yeux en amande, de dévier de ces deux saphirs qui semblent presque pulser d’amour. Elle était son monde, sa raison de se battre, son tout. Ses mots ne semblaient pas asse puissant pour exprimer ce qu’il ressentait. Elle dans ses bras, il se sentait seigneur du monde, ange déchu qui retrouve la force de s’envoler à nouveau. C’est sans même y penser qu’il se laisse aller, que dans son dos cela remue et que la paire d’ailes se forme à nouveau, formes grises qui se rabattent dans son dos dans un plissement de cuir. Transformation partielle de celui qui ose enfin être un peu plus lui-même et qui ne combat silencieusement sa nature profonde. Première fois qu’il arrive ainsi à ne pas se métamorphoser entièrement. Un soupir qui passe la barrière de ses lèvres sombres alors qu’il endigue les peurs, les faiblesses, les inquiétudes. Tout se noie dans ce regard azuré où il trouve une nouvelle force car il savait qu’elle l’acceptait, entièrement.

Ce visage qui s’approche du sien, ce nez qui glisse sur celui de l’aimée en une caresse tendre, tel le chat qui vient se frotter par amour, il cajole cette partie de peau en ronronnant. Assurance alors que les pensées semblent fondre comme neige au soleil dans une bulle chaude. S’approcher un peu plus, si près du sien que leurs souffles s’entremêlent alors qu’il entrouvre la bouche, qu’il dévoile l’email de ses dents et le reflet humide de sa langue. Effleurement, si proche qu’ils ne font qu’un, les poumons se gonflant au même rythme effréné dans une attente presque sensuellement douloureuse. Délivrance alors que millimètre par millimètre, il se rapproche jusqu’à ce que leurs lèvres se touchent. C’était d’une tendresse indicible, l’expression d’un amour sincère qui ne souhaite pas froisser la position de l’autre, laissant le droit de reculer, de se retirer ce contact intime. C’était une demande avant de franchir la barrière des dents, une proposition d’un partage comme il n’en a jamais connu.
Simplement dire je t’aime avec son corps.


Lulu
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Dim 10 Mar - 22:14

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Sensation étrange qui s'empara d'elle dès qu'il dégusta sa modeste offrande. Et elle ne songeait pas à son propre corps, pourtant cédé plus tôt, mais plutôt à ce soupir de contentement que la gourmandise lui ôta, et qui emplit la cuisine silencieuse, dissipant en son passage une brume de frissons sur sa peau bleue. Et non, ce ne furent pas de vulgaires frissons ; le plaisir de Sheog exerçait sur elle un pouvoir bien plus profond, un pouvoir qui ne se limitait pas à sa chair blasphème.
Aksana n'avait pas élevé le majestueux au rang de souverain du néant, mais à celui de son corps, de son âme, de tout son être. En le couronnant roi de ses nuits, l'orpheline souhaitait lui restituer l'importance que les hommes lui avaient ravie, ne traitant pas le lion comme un vulgaire cochon.
Et bien que les domaines qu'elle lui avait cédés fussent modestes, c’est-à-dire, ni somptueux, ni accueillants, elle se plaisait à croire qu'il possédait au moins quelque chose, aussi insignifiant soit-il. Un royaume frugal où il pourrait se réfugier lors des tempêtes, un royaume maigre mais fidèle, riche d'amour et de loyauté. Et ainsi, naturellement, ce petit royaume, son être tout entier, s'enchantait dès que son bien-aimé roi exprimait sa joie.
Et plus encore, lorsque l'écho de ses mots résonna comme une symphonie céleste à l'oreille d'Aksana. C'est-à-dire, lorsqu'il lui déclara que jamais son amour ne s'étiolerait, et une lueur nouvelle éclata dans ses prunelles azurées, les animant d'une brillance surnaturelle, semblable à celle d'un firmament étoilé capturé en leur sein. Un feu soudain embrasa son cœur, consumant toutes les brumes de doute qui l'avaient autrefois enveloppée.
C'était un songe éveillé, une réalité trop belle pour être saisie pleinement, trop belle pour celle qui, jusqu'alors, n'avait été que l'ombre ténue ou effrayante dans le regard des autres, reléguée au néant de l'existence, telle une vermine insignifiante. Face à cette promesse inespérée, les prunelles de l'elfe bleue l'interrogèrent en silence : était-ce vrai ? Vraiment pour toujours ? Tenter de percer les arcanes de cet amour, de sonder la profondeur de ses sentiments naissants, peut-être avec maladresse, mais toujours empreinte d'une fascination exaltée.
Hélas, certains sens lui demeuraient insaisissables, fuyant la vigilance, même accrue, de la jeune malhar. C'était la faute à ces années d'endoctrinement, à cette solitude qui enveloppait son être comme un linceul glacé. Jamais, ô jamais, n'avait-elle partagé son intimité avec d'autres âmes, jamais un émoi n'avait fleuri dans son sein au contact des autres, même à l'orée de l'adolescence. Non pas parce qu'elle avait été hostile avec eux, mais parce que nul humain n'avait songé à s'approcher d'elle, à l'effleurer. « Pas même avec un bâton », avait crié en l'un de ses camarades à pleins poumons. Ainsi, lorsque l'incube murmurait des mots envoûtants, un sens caché se dissimulant peut-être derrière ces volutes, l'elfe demeura prisonnière de son ignorance.
Sa félicité, pourtant, ne s'effaçait pas, et elle se délecta avec une voracité inattendue du seul sens qu'elle parvenait à saisir (jamais il ne se lasserait d’elle), comme en témoignaient les éclats de lumière dans ses prunelles.
Un éclat qui se mua en une lumière intense, dès lors que l'azurée eut le privilège d'admirer ces ailes se déployant majestueusement dans le dos du puissant, un sourire candide ourlant ses lèvres violines. C'était là, beau à ravir, épatant même, comme si ces ailes surpassaient en importance n'importe quelle couronne, et en splendeur n'importe quel joyau. Même si, désormais, elles ne pouvaient plus le mener nulle part ; une puissance mystique s'y logeait, insaisissable, que nulle chaîne ne saurait confiner, et que nul souffle d'obscurité ne saurait éteindre. Et l'admiration continua d'irradier le regard de l'humble malhar, dont l'œil admirait graduellement le divin éclore en sa présence. Néanmoins, jamais elle n'avouerait sa propre puissance, son propre pouvoir, celui tapi dans son cœur lourd d'amour pour lui.

L'amour, à la fin, déborda de lui-même, son petit cœur ne pouvant contenir plus longtemps cet océan, ce monde, ce cosmos de tendresse, vibrant dans ses veines et faisant tourbillonner sa tête. Leurs lèvres s'effleurèrent, et son souffle se suspendit, dans l'attente de ce contact tant désiré. Qu'il lui confesse son amour à travers ses gestes et avec la même ferveur que les héros des récits d'autrefois, ceux ayant envoûtés son adolescence, comblant le vide auquel l’humanité l’avait condamnée.
Mais l'aimé se plut à retenir ses ardeurs, à alimenter le désir avec un supplice savamment orchestré, tel fut l'unique explication qui traversa son esprit assailli par la fièvre nouvelle qui l'embrasait. Et tandis qu'elle endurait cette attente qui lui semblait éternelle, empreinte d'une douleur délicieuse, son cœur battait dans chaque parcelle de son être, et même, jusque dans les replis les plus reculés.
Contenu Censuré:
Pour à ton tour lui souffler ton amour, lui dire je t’aime avec ton corps.
Ses doigts, tels des vrilles de lierre, escaladèrent avec empressement le visage de l'aimé, avides de l'enserrer dans un élan de passion. Au sein de cette ardeur flamboyante, peut-être percevrait-il l'intensité de son amour, le désir impétueux qui la consumait.
Leurs lèvres affamées se rejoignirent enfin dans un souffle brûlant, déclenchant un frisson long et vibrant le long de l'échine lumineuse de la jeune malhar, embrasée par des flammes dévorantes. Le parfum sucré des lèvres de l'Adonis se mêla aux effluves enivrantes de cet amour incandescent, faisant bondir son cœur contre sa poitrine, chaque battement lui murmurant combien elle l’aimait, l’aimait, l’aimait.
Et surgit alors la seule tâche dans ce tableau idyllique ; son corps qu'elle aurait souhaité voir s'élever, pour éviter au doux de s'esquinter le dos. Mais emportée par les flots tumultueux de la passion qui l'entraînèrent pour la première fois, Aksana n'avait pas songé à cet éventuel désagrément.
Contre ses lèvres, ses sens s'aiguisèrent, chaque contact ravivant les ardeurs comme un brasier dévorant toute raison, et ne laissait place qu'à une délicieuse folie à deux. Dans ce tourbillon insensé, ils se perdirent l'un dans l'autre, emportés vers des contrées où les horizons familiers s'effaçaient pour Aksana.
L'azurée, éprise, voulut confier plus encore son amour à l'argenté, offrant ses lèvres entrouvertes pour que leurs langues s'étreignent, dans une étreinte muette, loin des mots. Sa langue scintillante, fine et souple, plus que celle des Hommes, se mêla alors à cette danse enivrante.
Le temps suspendit son vol, et il captura les deux âmes éperdues, les enfermant dans une bulle d'éther où la chaleur vivifiante, l'extase ineffable et l'amour absolu se mêlaient en une symphonie qui était désormais la leur. Leurs silhouettes, jadis distinctes, ne formaient désormais plus qu'une seule entité, fusionnée dans un élan passionné. Enfants de la lune étaient devenus une créature ailée, née de leur étreinte ardente, surgissant du chaos et de la nuit profonde, éclairée seulement par la flamme de leur amour.
Et voici, qu'un soupir d'aise s'exhala des lèvres cyanosées, premier peut-être d'une série prometteuse. Ainsi, dans un élan d'extase, elle avait soupiré bruyamment, indifférente à leur environnement. À l'évidence, ils étaient seuls, enchevêtrés dans leur amour à l'abri des regards, affranchis des chaînes et des tumultes du monde. Comme si son souffle dépendait de l'argenté, la féline se précipita pour retrouver ses lèvres, les effleurer à nouveau, les dévorer d'une tendresse sauvage. L’insouciante oublia alors que sa propre bouche était celle d’une carnassière.
Soudain, en un éclair fulgurant, le tranchant de ses canines s'égara sur quelque chose, capturant ainsi une sensation ferreuse qui chatouilla légèrement ses papilles. Instantanément, Aksana se retira des lèvres de son tendre et précipita ses doigts graciles vers les siennes, désormais légèrement maculés d'un cruor... Qui n'était pas le sien. Un sentiment de culpabilité, de honte, s'enserra autour de son être, compressant sa poitrine, et ses prunelles se jetèrent aussitôt sur le visage de l'Adonis. Elle l'avait blessé, elle avait commis une maladresse (il avait été son premier baiser), non, elle s'était montrée monstrueuse.

— « Je… Je suis désolée, je n'avais pas l'intention de… » articula-t-elle difficilement, la détresse se révélant dans ses yeux.« Je te le jure, ce n’était pas… » le réflexe d’éclaircir ses intentions, ce n'était point la première fois que la créature infligeait une blessure à autrui.

Avec une grâce insigne, ses phalanges griffues s'écartèrent des joues de Sheog, telles des serres rétractées par crainte de lui infliger plus de douleur, tandis que son regard, empreint de désespérance, sondait fébrilement la plaie comme si son seul regard pouvait en apaiser la souffrance.

— « Ça va ? Tu n’as pas trop mal ? » s’enquit la fautive, profondément horrifiée à l’idée d’avoir pu lui infliger un quelconque mal.

Et au loin, ses détracteurs s'esclaffaient à gorges déployées ; ils s'étaient montrés justes, justes en leur haine, justes en la vouant au désamour. Car tout ce qui glissait entre les griffes d'un malhar, était voué à la lacération. Car tout ce qui tombait entre les crocs d'un malhar, était voué à être déchiqueté. Et elle, avait cru pouvoir faire la différence, rompre le maléfice. La voilà châtiée, pour avoir (osé l’aimer) afficher son arrogance.
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