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LE TEMPS D'UN RP

Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18

Ezvana
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Ezvana
Mar 19 Mar - 20:04

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Attente insupportable de ses lippes qui s'effleurent, s'invitent à une danse plus sensuelle ou la déraison prenait place pour laisser libre cours aux émotions d'enfin s'épanouir. Jamais encore, il n'a ressenti cela, une telle attente qui le rend presque ivre de désir. Savoir goûter les plaisirs avec les Humains n'avaient rien à voir quand le cœur s'y mettait, à vouloir s'unir avec celui d'une bleuté à la bouche désirable. C'était plus fort que dans les romans ou un chaste baisé était échangé, des doigts qui s'entrelacent ou d'un commun accord, on ouvre son cœur d'ordinaire silencieux. Là, c'était intenable, palpitant qui pulse dans ses tempes, frémissement de cette peau devenue électrique à force de quémander un peu plus de contact. Et quand enfin leurs bouches se touchent, l'esprit divague, ne devient plus qu'un amalgame de sensation. C'était comme devenir saoule, s'enivrer de chose inconnue qui lui donne l'impression de devenir quelqu'un d'autre, de plus assuré. À se demander qui ressemble à un succube soudainement, alors que la bouche s'entrouvre, que la moiteur chaude d'une langue vient caresser une de ses lèvres grises.

Une expiration sourde alors que les ailes se froissent dans le dos, qu’un grognement appréciateur manque de sortir de cette gorge. Sa partenaire avait accepté de danser avec lui, de partager une valse langoureuse d’une première approche aussi magique qu’unique. Il goûte la saveur de cette langue, s’enroule autour de la sienne. Le visage se tourne avec douceur alors que son propre corps cherche celui de sa compagne, que ses grandes mains agrippent plus fermement ce corps musclé contre le sien, rien que pour sentir les frissons qui la parcourent, sentir sa chair se durcir sous l’excitation, pouvoir tâter du bout des griffes le corps d’un fauve stellaire tel une adoration muette.

L’esprit n’est plus rien hormis l'avidité. Il n’y avait plus aucune raison de se retenir ou de se soucier de leurs environnements, ils étaient ailleurs, dans leurs propres histoires qu’ils écrivent de leurs souffles brûlants qui s’échangent un même souffle ardent qui remplit les poumons et fait tourner les têtes. Aucun regard pour les troubler, aucune remarque pour les blesser. Ils étaient Roi et Reine de cette nuit, prenant possession à coup de soupir leur territoire. À vouloir emmener sa partenaire dans une valse que lui connaissait sans vraiment l’avoir compris, jamais encore la sensation fut aussi incroyable.
Le baisé se fait plus appuyer, un râle s’extirpe de cette bouche envahie par celle d’Aksana. Main grise qui remonte le long d’une hanche, d’un rein, cajole une colonne vertébrale pour se glisser derrière le visage pour que jamais leurs corps ne s’échappent du piège languissant. Se retenir d’agripper la chevelure bleue d’une poigne rude, emporté par le désir absolue, impétuosité de la bête qui dévoile un peu plus de son caractère.

À bout de souffle, les poumons en feu, les visages se décollent, les poitrines montent et s’abaissent en rythme alors qu’ils semblent sur le point d’imploser. Dévorer du regard ce visage, cette bouche malmenée qui avait gonflé sous l’attaque, brillante de leur échange langoureux. Voir avec une netteté saisissante la façon dont la peau se colore de cette elfe bleue, ce regard en amande qui se plisse, cet éclat dans le regard qui le fait frémir de l’intérieur. Chaleur qui s’enroule autour de son bassin, pulsation cachée par son pagne. Jamais créature ne fut plus belle en cet instant ni plus désirable.

Impulsion qui les connecte tous les deux, comme seul peut le faire deux corps qui désirent s’unir. Bouche dévorante, langue qui danse, les dents qui s’entrechoquent. C’est plus féroce, plus puissant aussi. Mains qui se font possessives, empoignent plus vigoureusement se corps pour le plaquer contre le sien. Qu’elle sentir son désir, qu’il puisse sentir son cœur batte près du sien. Firmament, cyclone qui balaye toute raison qu’il désire la dévorer, explorer son corps pour découvrir de nouvelles panel de couleur sur cette peau, de nouvelles mélodies qui enchanteront ses oreilles.
Douleur furtive dans cette tornade et le baiser s’interrompt. Oreilles qui s’agitent, les yeux qui s’ouvrent pour comprendre la raison de cet éloignement soudain.
C’est avec difficulté qui entend les paroles de son amie, lui si prompte à recueillir un gémissement. Il ne comprend pas, reste interdit pendant de longues secondes alors qu’il se redresse et tente de percer les mystères des paroles qui ne cessent d’affluer. Excuses dont il ne saisit pas l’origine.

Puis les mots percent le voile et les sourcils se froncent.
Incapable d’articuler alors la Gargouille, qui saisit le visage d’Aksana de ses mains pour rapprocher son visage du sien d’un geste presque impérieux, cette bouche qui s’écrase sur la sienne, cette langue qui tente de passer la barrière de ses dents pour happer son souffle, la capturer de son étreinte vive. Note de fer qui se mélange à celui des fruits, une association qu’il trouve normal, aussi banale qu’avec du chocolat. Faire reculer ce corps par la force de se baiser sauvage, presque faire décoller ce corps puissant de ses mains qui s’enroulent à nouveau tels des serpents autour de ce corps. Bataille véhémente et un peu brutale de celui qui se laisse happer par la communication de son corps, de cette demande silencieuse qui le taraude et ne cesse de le piquer. Vouloir exprimer quelque chose d’impérieux qui balaye toutes les craintes de la Bleuté. Il n’avait pas peur de la blesser, quitte à voir sa peau froisser sous sa poigne, ses lèvres rougies par l’échange. Deux animaux ne craignaient pas de se faire du mal, pourquoi ici cela serait le cas ?

La libérer au bout de quelques secondes pour ne pas plonger dans l'interdit d'un abus, cela reste un partage et non une soumission contrairement à ses expériences passées. Remettre en doute son éducation sur le sujet, lui qui ne voyait pas le mal d'agir ainsi tout en se demandant si c'était vraiment la chose à faire avec Elle. D'ordinaire, c'était ce qu'on lui demandait. Mais elle ne l'avait pas formulé. Créature habituée à obéir qui s'est laissé débordé par une pulsion possessive qu'il ne maîtrisait pas.

Bouches libérées, cette main qui remonte sur un visage pour repousser une mèche de cheveux revêche d'une joue, caresser une pommette d'une paume chaude. Souffle qui glisse entre les crocs, cette façon dont son souffle semble prendre tout l'air de la pièce pour le faire devenir braise ardente.

- Tu ne peux pas me faire de mal.

Voix gutturale alors que s'exprimer est difficile. Bête qui se réveille avec intensité, regard incandescent qui plonge dans celui infini de l'être aimé. Saisir cette main, bloquer ses griffes d'une prise inflexible. Faire racler la pointe effilée sur sa peau grise, laisser des sillons rouge ou des gouttes de vermeil viennent ourlet les blessures. Pas une grimace alors que les doigts bleus frémissent sous sa poigne.

- Je ne suis pas un Humain.

Une évidence qu'il énonce une nouvelle fois comme si c'était une loi implacable qu'elle devait forcément comprendre intrinsèquement.

- Tu peux racler ma peau, tu peux m'ouvrir la chair, tes marques seront mon bonheur tandis que mes blessures ne seront que passagères. Je ne suis pas un Humain. Je suis résistant. Sois toi-même. Avec moi, tu le peux. Je le veux. Je le désire.

Ronronnement de miel sur cette fin de phrase. Fierté qui nimbe ses paroles. Avec lui, elle ne craignait rien. Elle pouvait être elle-même. Entière. Il était suffisamment puissant pour apprécier les caresses douloureuses du plus vigoureux félin jamais touché. Que la souffrance ne soit qu'une aiguille dans l'océan de plaisir, juste un autre curseur dans l'échange intime de deux êtres si différents et pourtant si semblable. Parfois, même cette sensation peut devenir du plaisir et en cet instant, c'était ce qui animait l'esprit de la Bête.

- Mords moi. Imprime tes crocs dans ma chair. Que je sente les sillons de tes griffes dans mon dos ; tes mains comprimant mes muscles. Ne te retiens jamais.

Tête qui penche sur le côté, danse de cette chevelure de nuit qui glisse sur la musculature de l’Adonis qui tente de comprendre ce qu’il ressentait au fond de lui. Jamais encore il n’a proféré de telles paroles qui lui semblaient pourtant d’un naturel déconcertant. C’était dans l’ordre des choses. Elle-même pouvait résister à sa poigne, il ne craint pas de briser un avant-bras d’une étreinte trop pressante. Il ferait attention, protégeant l’être aimé de toute maladresse malvenue. Mais comme deux morceaux de puzzle qui s’assemblent, ils étaient faits pour endurer les ébats de l’autre.
Révéler à leurs propres yeux que l’Humanité n’avait plus rien à voir dans cet amour dévorant.



Lulu
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Lulu
Ven 22 Mar - 16:04

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Les mains de l'être, que la jeune malhar avait blessé sans le vouloir, glissèrent soudainement vers son visage. Leur but n'était pas de rougir ses joues par des coups, mais bien de la dévorer d'un amour vorace. Elle, qui n'avait connu la douceur que dans les gestes prodigués à son frère ou à Sheog, ne ressentit nulle torpeur lorsqu'il s'empara, presque férocement, de sa silhouette gracile.
Ainsi, elle ne résista pas à cette étreinte ardente qui fit rougir ses lèvres, accueillant avec ferveur ses bras vigoureux qui l'enserraient comme pour la posséder tout entière. Car pour la première fois dans le court récit de sa vie, l'orpheline goûta l'ivresse de l'amour, le frisson du désir. Enfin, elle s'éprit d'un cœur, et non des moindres. Car le sien, en retour, l'aimait d'une passion qui consumait ses entrailles, embrasait sa poitrine, électrisait son être tout entier. Elle ne saurait souffrir l'absence de cette tendresse profonde, elle en aurait étouffé comme privée d'air. Et elle sait, oui, elle le sait, elle qui aimait sans retenue, elle dont le cœur dévorait tout, elle sait qu'elle continuerait à l'aimer, à l'adorer, à le désirer, même s'il la condamnait un jour à l'indifférence, au silence cruel, à l'oubli. Toujours, l'orpheline chérira celui qui avait consenti à lui ouvrir son cœur pour la première fois, à l'accueillir malgré son sang et ses défauts, mettant fin ainsi à son errance douloureuse.
Aksana s'abandonnait à l'emprise vorace de ces lèvres avides, tandis que les siennes, en comparaison, semblaient timides dans leur réplique. Non pas par timidité, encore moins par embarras, mais seulement parce qu'elle demeurait novice en ces jeux amoureux. Féline métamorphosée en chaton gauche et discret, incapable de rivaliser à armes égales avec l'incube émérite.
La malhabile, cernée par sa propre ignorance, ne se sentit pas humiliée par les lacunes manifestes qui ornaient son être ; bien au contraire, elle se délectait à l'idée de pouvoir apprendre de lui. D'une faim fiévreuse, elle désirait, tout autant que lui, alimenter le brasier ardent qui consumait leurs âmes et leurs chairs.
Ainsi, dès que les lèvres tant admirées se détachèrent des siennes, le visage de la dévote s'avança avec impétuosité vers cette bouche adorée, avide du souffle brûlant qui en émanait... Mais hélas, la main douce de l'argenté la saisit fermement, arrêtant net son élan, tandis que sa voix caverneuse emplissait l'espace de sa présence souveraine.
Il rappela, d'une voix chargée d'une autorité occulte, à la jeune malhar qu'il n'était pas aussi faible, aussi fragile qu'un vulgaire humain. Puis, pour étayer ses dires, il enfonça l'une des griffes acérées de la bleutée dans son épiderme argenté. Aucun gémissement, nulle marque de douleur ne troubla la sérénité de ses traits, aucun signe d'inconfort ne se dessina sur son visage immobile, tandis qu'Aksana, déployait toute sa férocité pour se libérer de cette étreinte implacable, se contorsionnant avec une impuissance désespérée, ne désirant nullement blesser son tendre.
Malheureusement, ses tentatives furent toutes vaines, car le colosse possédait une force, une résistance bien supérieure à celle de l'humanité, et assurément, à celle de la créature nocturne. En témoignait son incapacité à rompre les liens de cette impitoyable geôle de chair.
Les malhars n’étaient en rien des divinités inébranlables, mais plutôt de simples mortels, revêtus d'une cuirasse résistante, certes, mais pas impénétrable. Le tranchant acéré des lames elfiques, tout autant qu'un simple fusil ou tout autre instrument contondant manié par une force surhumaine, pouvait fendre cette armure azurée. Et leurs os n'étaient pas plus résistants. À maintes occasions, quelques enfants de l'orphelinat, préférèrent plutôt briser ses côtes ou ses mains à défaut d’avoir la force de faire couler son sang.
Ce fut parce qu'Aksana n'était pas étrangère à ces douleurs, qu'elle ne laissa transparaître nul frisson à l'idée de sentir ses mains se briser sous l'étau implacable de Sheog. Elle tirait, poussait, s'acharnait, jusqu'à ce que la douleur étreigne chaque parcelle de son corps. Pourquoi ? Pourquoi s'efforçait-il à se faire du mal ? Profondément révulsée à l'idée de souiller ses mains de l'écume du sang de l'adoré, elle préférait les sentir se disloquer, plutôt que de le blesser lui. Lui, son roi, lui, son tout, lui, son doux.
Mais face à l'impériosité du majestueux qui l'enserrait, les iris azurés de la jeune malhar s'élevèrent, dans une ultime tentative, vers lui, lui murmurant sa détresse, le suppliant pour qu'il cesse. Car elle ne l'avait pas mordue par désir, mais par maladresse. Son apparence prédatrice pouvait tromper, et seule la menace pouvait la pousser à révéler une férocité latente, mais son cœur, empli de tendresse et de dévotion, n'était que pureté... Particulièrement à l'égard de l'aimé. Aksana se sentait comme un agneau prisonnier dans le corps d’un loup.
Pourtant, celui qu'elle chérissait d'un amour sincère, convoitait cette sauvagerie qui la hantait. Ses mots, envoûtés de passion, ses murmures sucrés, tournoyaient en son esprit tel un ouragan redouté, semant le doute en celle qui n'avait jamais été convoitée, qui n'avait jamais connu l'étreinte de l'amour, ni celle du désir, ou seulement dans ses lectures.
Et si, en vérité, douleur et plaisir ne faisaient qu'un ? Elle ignorait tout de cela, mais lui, en savait bien davantage. Il était celui qui possédait l'expérience, celui en qui elle avait déposé sa confiance sans réserve. S'il réclamait avec tant d'ardeur cette violence, cette fougue bien plus sauvage que tout ce qu'elle avait connu, c'était qu'il en tirait plaisir... Peut-être que, elle aussi, pourrait-elle en savourer les délicieuses effluves.
Et si elle ne les appréciait pas ? Son cœur, palpitant d'un amour déraisonnable, se languissait à l'idée de combler celui qu'elle chérissait tant et était terrifiée, face à l'éventualité de le décevoir, de ne pas être suffisante.
La peur, telle une encre noire, obscurcissait ses prunelles, tandis que le doute, tel un venin insidieux, s'infusait dans son esprit soucieux. Elle s'enlisait dans le silence, prisonnière de ses craintes, gardant jalousement ses pensées inquiètes sous le sceau du silence.
Mais elle savait, au plus profond d'elle-même, que l'Adonis percevait son agitation, et que dissimuler sa détresse ne ferait que créer de la distance entre eux, une perspective qu'elle se refusait d'accepter. Et alors,  elle abaissa son regard, hésitante et confuse, se dérobant aux yeux scrutateurs de celui qu'elle aimait, douloureusement consciente que leurs désirs pourraient être contraires.

—  « Je ne sais pas… », balbutia d'abord la troublée. « Je ne sais pas si je me sens moi-même en te blessant… » Parvint-elle à confesser, son cœur palpitant fébrilement dans sa poitrine. « Mais je n’ai jamais aimé qui que ce soit comme je t’aime toi, je n’ai jamais désiré qui que ce soit autant que toi » exprimer son doute à celui qui, elle l’espérait, l’aiderait à y voir plus clair. « Peut-être que l’amour, le désir, s’expriment de cette façon et que je ne le sais pas encore… C’est très probable, même » concéda la jeune âme en peine. « Je n’ai jamais été aussi proche de qui que ce soit… Sentimentalement et physiquement parlant. »

Et donc, comment pouvait-elle savoir comment ces sentiments-là s’exprimaient  Peut-être, en vérité, en elle avait connaissance, ou plutôt, elle pressentait la manière dont elle souhaiterait les déclamer. Ainsi donc, ce serait d'une autre façon que celle qui engendrerait de la douleur... Mais voici que ses doutes continuaient de grandir en elle, fragilisant ses certitudes.

— « Ce qui fait aussi que j’ignore ce qui me plaît et ce qui ne me plaît pas... »

Pour elle, l'idée que cette férocité puisse lui être plaisante n'était pas dénuée de sens. Était-elle sujette à goûter aux délices que distillait la douleur, à l'instar de Sheog ? Car après tout, si ce dernier trouvait volupté dans les élans brutaux, pourquoi elle, ne le pourrait-elle pas ? Il convenait aussi de songer que sa propre lignée n'était pas louée pour sa douceur.

— « Enfin si, je sais ce qui me plaît », articula-t-elle, tandis que ses iris se levèrent vers les astres opales, une lueur d'assurance teintait son visage. « Je veux pouvoir te combler, te faire plaisir, ça, j’en suis convaincue. Alors… Alors peut-être que je me pose trop de questions. Peut-être que je devrais juste suivre le cours naturel des choses, ne pas craindre l’inconnu, embrasser cette nature… »

Peut-être qu'elle ne l'avait pas mordue par maladresse, mais sous l'impulsion de cet instinct indompté, ce même instinct qu'elle s'efforçait de chasser ; celui-là même qui l'avait incitée à défier l'inhumanité, celui qui lui avait octroyé la force de protéger Sheog. Non, il n'était peut-être pas aussi mauvais, malgré ce que l'humanité s'était efforcée à lui faire croire, et cette éventualité, lui apporta une quiétude fugace.

— « Un chat ne culpabilise pas d’utiliser ses crocs ou ses griffes », murmura-elle, songeuse, cherchant refuge dans la comparaison féline, mais cette allégorie, empreinte de quiétude habituelle, ne l'apaisa pas autant qu'elle l'escomptait. « Je serai moi-même », déclara-t-elle, sur un ton largement plus déterminé.

Une malhar, un fauve, un loup, c’était ce qu’elle devait devenir, embrassant ces pelages en espérant que, dans cette métamorphose, elle échapperait aux tourbillons d'incertitudes qui la fragilisaient davantage à chaque instant.
Car hélas, dans cet univers impitoyable où ils étaient enserrés, aucune vulnérabilité n'était tolérée, aucune faille n'était permise. Car le moindre signe de faiblesse les exposait aux griffes acérées des prédateurs, ces créatures qui, sous des apparences humaines trompeuses, guettaient, prêtes à les dévorer. Jamais un agneau ne survivrait dans le manoir de Mama, ni dehors. Elle était résolue à devenir aussi forte et impitoyable qu’un loup, pour affronter ce monde, et tout particulièrement pour resplendir aux côtés du majestueux.
Ezvana
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Ezvana
Sam 23 Mar - 1:46

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Sous sa poigne, le félin s’agite remue tel une anguille sous son emprise. Pulsion qui resserre cette main autour de l’avant-bras, cette façon dont le muscle se tend pour résister à la tentative d’évasion. C’était comme un rejet profond qu’il reçoit en pleine poitrine, une façon de lui faire assimiler presque par la force que ce n’était pas le bon chemin à prendre. Ne pas comprendre de façon viscérale pourquoi il devait y avoir la fuite. Ne ressentait elle pas la même chose que lui ? N’était elle pas attirée comme un aimant par lui ? Ne voulait elle pas en découvrir plus ?
Le piège se referme sur son cœur avec un bruit métallique et les sourcils se froncent, une grimace déforme la beauté naturelle de l’Adonis alors que son regard n’est que le reflet de son affliction. C’était la tristesse qui nimbait les prunelles argentées d’un voile brumeux et la colère aussi qui lui fait serrer les crocs. C’était comme découvrir la vérité après un doux mensonge, croquer la pomme à pleine dent pour découvrir le ver à l’intérieur.
Il se sentait rejeté subitement et la boule amère se diluait sur sa langue. Avec une peine glissant de ses lèvres, il libère ce bras de sa poigne, manque de reculer pour échapper à ce corps qui ne cessait de l’appeler. La colère avait disparu aussi vite qu’elle était apparu, simple reflet d’un lui enfoui et encore muet, entité démoniaque qui parfois laissait libre cours à ses envies. Flambée, qui l’avait pris par surprise et qu’il n’avait pas maîtrisé, cela lui fait peur, soudainement, l’afflige de tourment alors qu’il a osé se laisser aller dans des manières qui ne lui correspondaient pas.

Immobile le titan de chair qui ne sait plus comment agir. Il voulait rassurer son amie, lui confier ses plus intimes secrets sur ces plaisirs nouveaux alors qu’elle relève à nouveau son visage vers lui et qu’il ne peut s’empêcher de plonger dans les deux saphirs remplit de questions. La couver d’un regard attendri, tremblant aussi, de ne pas savoir si la fureur de la Bleuté allait s’abattre sur lui. Elle aurait pu lui lacérer le visage qu’il n’aurait pas détourné la joue. Il aurait simplement accepté son sort et sa punition qu’il méritait amplement.
Au lieu de cela, son étoile s’exprime, confie d’une voix étouffée son absence d’expérience et ses questionnements. Toute une perspective s’ouvre devant les yeux de Sheog, une vision des choses qu’il n’avait pas envisagée. Il lui semblait logique qu’une aussi belle créature puisse connaître les plaisirs de la chair, vu que son cœur bat plus vite rien qu’en apercevant l’éclat de son sourire. Percer le brouillard de l’amour, prenant conscience qu’elle était trop différente des Humains. Ne pas aimer la différence au point d’essayer de la briser était une façon de vivre dans le manoir et il n’imaginait pas le passé du Fauve. Sa propre existence n’était que le fruit de ce rejet profond pour les autres créatures.
Batte des cils, respirer profondément pour chasser la tension de ses épaules. Terriblement maladroit le Démon, qui se mord le bout de langue pour marquer la détresse dans laquelle il avait plongé son aimée.

- Je … Je suis désolé.

Balbutiement d’un esprit confus qui veut réparer ses erreurs, venin mortifère qui s’insinue dans ses veines et manque de l’étouffer.

- Je ne suis qu’une bête stupide qui s’est laissé emporter, pardonne moi.

Impossible de se voir autrement que comme cet animal dompté que lui envoyait au visage depuis toujours. On ne brise pas une existence de plusieurs décennies d’une simple ruade.
Saisir la main bleue avec douceur, la poser sur son poitrail, là où son cœur bat dans un rythme effréné, peinant à suivre le rythme des émotions qui étreignent le titan gris.

- Je suis honoré que tu m’aies choisi.

Un hululement, la queue qui s’agite autour de lui, ce frémissement qui dévore sa colonne vertébrale et fait glisser des mèches de cheveux sombres dans son dos. Il était l’Elu, celui sur qui elle avait jeté son dévolu, celui qui aurait le privilège d’emprunter son chemin pour être à ses côtés. À jamais il pourra l’observer, la voir grandir et s’épanouir, il aura la chance de découvrir des pans de sa personnalité. Pour elle, il deviendrait le chevalier qui la protégera, il sera l’écoute attentive du barde qui note ses aventures, il sera l’amant épris d’amour qui la cajolera jusqu’au tréfonds de la nuit.
Elle sera son étoile qui le guidera.

- Je ne veux pas que tu te perdes dans mes propres divagations.

Hésiter, chercher les mots qui pourraient parfaitement convenir, comme les textes de ses romans parfois si juste et pourtant si romantique. Lui-même n’avait guère d’expérience dans le domaine de l’amour, cherchant l’affection des personnes avec qui il a pu coucher pour recevoir un baiser plus tendre, une caresse affective, un mot doux. Pourtant, ce n’était que les ordres qui claquaient entre les râles et les gémissements, rien que des lignes à suivre à la lettre pour convenir à toutes les dépravations. Se donner un petit peu à chaque fois dans l’espoir d’être reconnu pour ce qu’il était et non comme un objet de convoitise que l’on s’arrache, tel un bibelot sans âme ni conscience. Alors à ses yeux, l’amour royal et pur de ses livres se transforme en douleur et force brute, devant faire plier les corps au bord de l’implosion, sa propre chair dévorer par les flammes d’un désir bestial. L’acte en lui-même était proche de l’animalité, bercer depuis qu’il a l’âge de comprendre la sexualité par cette façon d’apprendre. Cœur pur pourtant qui recherche indéfiniment la sensibilité tant espérée, rien qu’une passion commune d’un brasier que l’on alimente ensemble. Ce partage si puissant, être capable de se laisser totalement aller dans les bras d’un autre sans devoir plier l’échine et être entravé par des chaînes.

- J'ai appris ainsi et je … Mes seules connaissances aux sentiments amoureux, c'est dans mes livres et ici. Presser cette main contre sa peau, ses yeux se plissant sous l'émotion. Pour le reste, on m'a éduqué depuis que je suis en âge d'avoir un rapport. Depuis tout jeune, on m'a montré comment faire et je peine à me séparer des codes. Je sais que mes enseignements sont viciés par certaines visions des choses et je ne veux pas que tu t'égares là-dedans.

Une main qui se tend pour caresser du bout des doigts ce visage, souligner une pommette saillante, repousser une mèche pointue derrière une oreille qu'il pince doucement entre ses doigts juste pour en sentir le frémissement.

- Je voulais juste te dire que tu pouvais être toi-même, pleinement. Que… Que j'accepterais tout. Que je t'aime entièrement. Que si tu aimes la douceur et la lenteur, je te choierais pendant des heures. Que si tu te laisses emporter par la passion, je volerais avec toi dans la même direction.

Visage qui se penche à nouveau alors que la tendresse nimbe ses yeux d’un éclat presque scintillant, aura lunaire de l’adoration prenant forme.

- Tu n’as pas à rougir ou à te retenir, tu n’as pas à t’en vouloir ou à regretter. Je ne me briserais pas sous ton élan, je ne ferais que le recevoir ce qui alimentera le tourbillon d’amour que je ressens pour toi. Que tu fasses patte de velours ou griffes acérés, rien ne me repoussera où me blessera. Je suis capable des deux et tout ce qui viendra de toi me conviendra. Tu me combleras et je ferais tout pour te ravir.

Glisser à nouveau sa main sur le visage de l’aimée, englober sa joue de sa paume alors qu’il peine à contenir sa respiration qui s’alourdit. Dans son dos, ses ailes s’agitent, soubresauts qui font claquer le cuir.

- Je te veux que tu t’épanouisses, que tu découvres ce qui te plaît. Ne crains pas d’apprendre, de douter. Parfois, le plaisir peut se trouver dans des choses inédites. Surtout, n’aie jamais honte. Jamais je ne te jugerais. Et si moi je te trouble, arrête moi. Exprime toi. Dirige moi.

Se pencher en avant, collant front au sien, sentir les arrêtes de la pierre contre sa peau.

- Tu es et tu seras à mes yeux la plus belle créature de cette planète, peu importe ce que tu aimes ou feras.

Des ombres qui s’allongent alors que les ailes pesantes tentent de s’étendre, s’élèvent dans l’air avant de venir entourer le corps de l’elfe, protection chaude et duveteuse de l’Adonis, intimité ouatée troublée par une sorte de ronronnement qui vibre sous la main contre son torse. Lèvres douces qui se déposent sur le front, ce nez qui caresse la peau pour dégager délicatement les mèches rebelles, passage délicat qui embrase la peau, ce chemin que tour à tour le nez et à la bouche parcourt, cette tempe qu’il embrasse, cette pommette qu’il câline, le bord de l’oreille qui retient un nouveau soupir, dévaler ce visage avec une lenteur maîtrisée pour la troubler, lui donner toute la tendresse qu’elle mérite et qu’elle se sente à l’aise. Libre.
Cette bouche tendue qu’il balaye du bout de langue chaude en une caresse humide, étreinte de ses lèvres pour aussitôt faire taire le brasier naissant. C’était doux, comme une invitation, avant de légèrement reculer son visage en arborant un léger sourire.
Il était tout simplement heureux de pouvoir avouer ses sentiments, de les exprimer à travers son corps. Qu’elle se dérobe ou non, il serait satisfait.


Lulu
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Lulu
Dim 24 Mar - 22:11

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
La férocité s'effaça tel un spectre dissipé par les souffles à la fois navrés et intimes de celui qui n'avait goûté qu'aux facettes bestiales de ses amants d'un soir. De même qu'il découvrait que jamais la bleutée n'avait été désirée, cette dernière réalisait, en retour, qu'il avait été l'objet des convoitises les plus malsaines. Et alors, le cœur de l'étoile se gonfla de tristesse, larmoyant silencieusement pour celui qui avait toujours été contraint de subir les désirs des autres, même dans les replis de l'intimité. Jamais l'humanité ne lui avait permis d'avoir un espace pour s'exprimer, se révéler, s'épanouir.
Une colère sourde grondait, telle une tempête en attente, toujours avide de déverser sa foudre sur celleux qui osaient abuser de lui, le réduisant à une simple marionnette vouée à leur plaisir. Mais la féline s'efforça de contenir ses rugissements, résolue à ne les laisser éclater qu'en présence des coupables. Et alors, la jeune malhar leur exposerait ses crocs acérés, prête à les enfoncer profondément dans leur carne souillée et faire jaillir leurs larmes. Si ces pourritures chérissaient tant la bestialité, elle ne tarderait pas à leur infliger la sienne, impitoyable et sanglante.
Puis des mains délicates pincèrent avec tendresse ses oreilles aplaties par la colère, lui offrant l'opportunité de s'éloigner temporairement de la tempête. Celles-ci se redressèrent avec douceur, tout comme ses yeux apaisés, se levant vers cette astre nimbé d'amour. Elle aurait voulu se gorger de cette clarté céleste, elle le désirait de tout son cœur, mais une part d'elle-même se lamentait toujours.
En effet, elle l’avait mal jugée, mal interprétée ses intentions, et elle priait silencieusement de ne pas l’avoir poussé à réprimer ses premiers émois. Si ses envies étaient celles-ci, ou s'en approchaient, elle était intimement convaincue qu'ils trouveraient un certaine harmonie, voire qu'elle pourrait apprendre à savourer cette bestialité langoureuse.
Désormais, Aksana goûtait une sérénité nouvelle. Ses doutes ne la dévoraient plus, et elle fut même traversée par un élan de confiance, une sensation de proximité plus forte encore envers celui qui, d'un geste tendre, vint envelopper sa joue dans la douceur de sa paume.  Un frisson délicieux parcourut ses oreilles, les faisant tressaillir de plaisir.  Si autrefois un tel effleurement aurait pu la faire tressaillir, la poussant à s'éloigner instinctivement, désormais, la féline se laissait enlacer, s'abandonnant contre la chaleur de la peau du prince ailé.
Contre celui dont les paroles caressantes renforçaient le lien que leur affection mutuelle avait d'abord tissé. Elle pensait déjà être au plus près de lui, être en osmose totale, et pourtant, le majestueux lui démontrait le contraire, révélant ainsi qu'ils n'en étaient qu'à l'aube de leur amour. Et pour tracer ensemble les volutes de ce récit, il leur fallait continuer de se révéler ainsi l'un à l'autre.
Leurs fronts se rencontrèrent, telles deux constellations gravitant l'une vers l'autre, sa pierre caressant la peau de son roi. Et alors, les paupières d’Aksana s'abaissèrent, témoins d'une confiance profonde, tandis que les lèvres de Sheog se firent hérauts d'un amour indéfectible, immuable.
Cœur esseulé ébloui par cette affection, dont elle n'avait osé rêver même aux heures les plus innocentes de sa jeunesse. Cette fois, elle goûta à la lumière argentée, qui se mira délicatement sur sa peau céleste, cosmos émergeant de l'union des lèvres, de l'épiderme, de leurs souffles. Là, au creux de ces ailes majestueuses, naquit un monde miniature, puisant toute sa substance dans leur amour infini.
La jeune malhar pressa ses lèvres contre celles, grises et suaves, qui semblaient distiller un nectar divin, un élixir dont elle ne saurait se rassasier. C'était comme si, elle avait été mise au monde pour s'abreuver à cette source inépuisable d'amour, et là nichée au creux de ses ailes, contre ses lèvres, l'orpheline trouvait enfin un sens à son existence.
Un nouvel échange de baisers, plus tendre encore, se joua entre eux, préservé des ardeurs tumultueuses qui les habitaient. Pourtant, tel un spectre, le désir ne se tenait jamais très loin d'eux, voltigeant autour de leurs silhouettes unies. À la moindre attention du doux, elle se sentait happée par cette passion insatiable. Même la caresse la plus délicate suffisait à faire chavirer celle qui n'avait d'yeux que pour lui, n’avait de mains que pour le chérir, n'avait des lèvres que pour l'embrasser, n'avait de corps que s'unir au sien et de cœur pour l'aimer, lui.
Leurs lèvres se séparèrent, seulement dans un au revoir, puis l’azurée releva ses paupières pour admirer de nouveau son astre lunaire. Il souriait, et elle lui sourit alors en retour, l’amour recouvrant toujours les lèvres de celle qui l’aimait d’un amour éclatant, flamboyant. Et alors, elle put découvrir ce petit cocon de chair que ses ailes majestueuses avaient formé, et qu’elle s’empressa de contempler, avec une admiration palpable, celle-ci faisant scintiller ses céruléennes. Ces dernières, susurrant à chaque envolée de cils, à quel point elle les trouvait sublimes.
Ses contemplations bénéficièrent de quelques instants de silence, avant que le feu qui crépitait dans sa poitrine ne vienne lui brûler la bouche. Et alors, elle reposa son regard sur ces douces opalines, un doux sourire flottant sur ses lèvres, prête à soupirer son amour.

—  « Nous devrions nous découvrir ensemble » cœurs et corps unifiés devenant leur vaisseau sur les flots inexplorés de leurs désirs. « J’aimerais que toi aussi, tu puisses enfin sonder tes désirs. »

Et son corps, s'approchant de celui tant désiré, s'unifia ventre contre ventre, dans un ballet où se déployaient des papillons désireux de virevolter en chœur.

—  « Et je te promets en retour, de t’exprimer les miens » il en allait de même pour ses limites.

Chaton avait acquis sa première leçon du lion : ne pas étouffer ses propres désirs au profit de ceux d'autrui. Car l'amour, le véritable, n'exigerait jamais d'elle de se courber sous le poids des attentes, de s'effacer pour satisfaire l'autre.
Avec une douceur infinie, ses mains se portèrent vers les contours anguleux de l'astre argenté, pour les enlacer tendrement de ses paumes tièdes.

—  « Et… Tu n’es pas une bête stupide. Ne laisse jamais personne t’en convaincre » ses pouces caressèrent délicatement ses joues, alors que ses prunelles se noyaient dans les eaux opalines. « Et tu sais, ceux qui te traitent comme tel, cherchent seulement à te diminuer pour mieux te contrôler. Tu vaux bien plus que cela, je le sais… N’oublie jamais ta grandeur. »

Celle-là même qui avait fait trembler d'effroi toute une foule d'humains, y compris Mama. Celle-là même, dont la présence avait insufflé la révolte à la bleutée, l'incitant à ne plus laisser l'humanité la piétiner. Celle-là même, dont l'aura avait inspiré un amour, une admiration, une dévotion, qui hantait son cœur. Il n'était pas seulement majestueux dans sa stature, puissant dans sa force, mais également empreint d'une sensibilité et d'une intelligence qu'elle n'avait admiré nulle part ailleurs.
Dans un mouvement délicat, la jeune malhar s'éleva sur la pointe de ses pieds, conviant le prince d'argent à s'incliner légèrement, afin qu'elle puisse effleurer son front d'un baiser empreint de tendresse et de réconfort. De ses lèvres, elle imprima cette affirmation, espérant ainsi la graver dans l'âme de celui qui, à ses yeux, était destiné à régner tant dans les abîmes de l'Enfer que dans les jardins célestes du Paradis.
Puis elle se sépara de l’adulé, replongeant dans l'ombre de ce précieux cocon aérien. À nouveau, elle ne put refréner sa curiosité, effleurant de ses regards ces bras célestes à la fois imposants et apaisants. Ses doigts délicats s'élevèrent, s'approchant avec tendresse, sans pour autant les effleurer.

—  « Je peux ? », interrogea-t-elle d'abord, détournant un instant son regard doux vers lui. Naturellement, elle ne lui en voudrait point s'il refusait. « Qu’est-ce que ça te fait… De les avoir ? Elles ne sont pas trop lourdes à porter ? Comment elles te font te sentir ? » Puissant, diminué, libre ?  Est-ce qu’elles étaient toujours un fardeau à ses yeux ?

Enfant de la lune qui sondait les singularités d'un autre. La curiosité de la malhar, empreinte d'une vive intensité, brûlait d'un désir insatiable de percer davantage les secrets de son compagnon nocturne. Les pointes de ses oreilles, agitées d'une frénésie impatiente, frémissaient à l'idée d'entendre la réponse de l'ailé.

— « Je les trouve sublimes... » confia-t-elle, perdue dans ses contemplations. « La manière dont elles nous enveloppent me donne l'impression que nous sommes seuls au monde, en paix. »

Et si, finalement, leur havre de paix n’était peut-être pas dehors mais dans les replis de leurs corps. Ces corps, qui, grâce à leur amour, révélaient des splendeurs insoupçonnées. Lui, par la grâce de ses ailes majestueuses, et par sa voix profonde comme les abîmes, et elle, par la lueur éclatante de sa peau étoilée. lls brillaient, s’élevaient, des tréfonds de leur enfer, leur amour devenant la lyre qui les guiderait vers les rivages plus doux.
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Ezvana
Mar 26 Mar - 14:53

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Si proche que la senteur de sa peau lui chatouille les sinus, entre ses mains trop grandes, il découvre lentement un corps à la peau bleue, cette façon dont ses muscles se contractent et jouent avec leurs puissances pour venir l'embrasser. Ses lèvres, douces et sucrées, nectar des dieux qui font fuir toutes ses inquiétudes. Happer par cette présence, seule lumière dans son errance sans fin, elle était la clé qui lui permettait de retirer ces menottes attachées à ses poignets depuis sa naissance. La Bête prenait vie entre ses mains griffues, trouvant une place qu'il avait toujours recherchée avec angoisse. Enfin sa peau peut ressentir ce qu'était la véritable tendresse, le cœur pouvait battre en sachant ce qu'était l'amour réciproque. Son enfant intérieur sourit, l'adulte en gronde de plaisir.
Heureux le Monstrueux qui est apaisé, son épiderme dévorant la moindre caresse, le moindre effleurement qui lui électrise la peau. Respiration entrecoupée de soupir d'aises, le visage libéré de tous les maux qui pesaient sur sa conscience.
Vouloir que le temps s'arrête, que à jamais ils soient tous les deux prisonniers de cette bulle de bonheur, d'envelopper de ses ailes l'être aimée pour la protéger du monde extérieur.

Oreilles qui trésaillent en écoutant les douces paroles délivrées par cette bouche qu’il voulait dévorer, presser un peu plus ce corps contre le sien. Mots de flamme qui éveillent en lui des envies primaires, des pulsions à assouvir et des fantasmes qui fleurissent en pétale soyeux. Coulée de lave dans ses membres alors que les images s’épanouissent sans vergogne dans son esprit, qu’il souhaite découvrir les plus précieux secrets de la bleuter, d’aspirer à mieux satisfaire les désirs de son aimé pour la combler à jamais. Dévoué serviteur qui serait là pour combler la moindre demande, soufflé d’un soupir ou expulser d’un gémissement, répondant à la demande avec la certitude d’agir pour le bien.
Des mains chaudes qui viennent entourer ses joues, tendresse infinie qui le touche en pleine poitrine, fait frémir ses oreilles qui remontent sur son crâne. Hocher la tête, entourer les mots d’un ruban de soie et les garder précieusement comme le plus précieux des conseils. L’émotion l’étreint et la surprise fait hausser ses sourcils alors que ses yeux brillent, qu’une boule se forme dans sa gorge alors qu’une sensation agréable se glisse sous sa peau.
Cette bienveillance sincère qu’il n’a jamais connue, cette candeur enveloppée d’amour qu’il ose enfin toucher du bout des doigts. Âme qui s’émerveille d’une telle bonté et est fascinée par cet aspect de son amie. Incroyable comment elle pouvait tout autant dévoiler ses crocs et de le cajoler de mots doux.

Aussitôt le désir ardent, c’est calmé, comme une vague froide qui fait retomber les flammes en simples braises. S’il pouvait goûter la peau du Fauve, il aurait fait sans la moindre hésitation. Mais habitué la Gargouille, à obéir aux désirs des autres, se plier aux tempéraments de ses partenaires est une obligation qu’il ne sait se défaire. Qu’on allume le bûcher, que son corps soit dévoré par le feu et l’esprit proche d’être ravagé par l’envie, il ne deviendra que cendre d’un simple claquement de langue ou d’une parole lancée. On l’empêche de pouvoir s’élever vers ces cieux si souvent quémander et la Bête obéit en baissant les yeux, faisant fi de ses propres désirs. C’était lui le serviteur, l’incube qui sert aux plaisirs de l’autre.
Fonctionnement imprimé dans son esprit, il ne s’en formalise plus. C’était normal, un juste retour des choses. Pourquoi il en serait autrement ? Quand on n’apprend jamais une chose, on ne peut pas l’inventer.

La question qui perce ses pensées, cette main tendue vers l'une des ailes de cuir. Un frémissement les agites, tel un frisson étrange que la créature peine à maîtriser. Jamais aucune main ne, c'était posé sur cet attribut, rejeton des enfers, engeance de Satan. « Des doigts Humains pouvaient tomber en poussière à son contact !», « C'est le reflet du Diable lui-même. » Depuis toujours, c'était vilenie d'oser s'approcher de ces horreurs. Jamais un compliment pour les décrire, ce n'était qu'un opprobre écrasant. Un de plus.

- C'est une honte.

De nouveau un murmure, de cette voix chuchotée qui n’ose pas troubler le silence. Les yeux d’argent se rivent au sol, la culpabilité alourdissant l’arc des sourcils sombres, la bouche prend un pli amer. Agité, il semble presque piétiner sur place, essayant d’échapper aux morsures des banshees qui sifflent à ses oreilles.

- Je n’ai pas le droit de les sortir sauf pour une punition. Elles ne sont que le reflet de mon identité profonde. Le Démon. Le Monstre. La Bête du Diable. Je dois les cacher pour ne pas effrayer les gens. Pour ne pas avoir peur de moi-même.

Une grimace alors que son aile tremble sous son propre poids, froissement de peau qui se fait entendre alors qu’il la tend un peu plus, se rapprochant de la main de son amie jusqu’à toucher ses doigts. Étrange impression, c’était comme si elle lui touchait le bras, tout en étant beaucoup plus sensible. C’était agréable et naturellement, il porte son aile plus près encore, presque à envelopper le corps de son étoile.

- C’est aussi une autre sensation, plus étrange. Elles sont lourdes, elles pendent misérablement derrière mon dos. Elles ne sont qu’un poids presque mort parce que je n’ai jamais pu les muscler, les exploiter. C’est comme si tu devais traîner une jambe en plomb que tu ne peux utiliser. Et j’ai mal, intérieurement parce que… Parce que je sais que ce n’est pas normal. Parce que je sens au fond de moi que c’est dans ma nature de les avoirs puissante.

Tristesse qui se lit sur les traits de son visage, gêne aussi, de se livrer sur une partie de lui si intime. Tout comme sa queue qui s’agite dans son dos, cette paire d’ailes étaient à protéger, sensible, une partie intégrante de sa personne qui le différencie d’autant plus des autres. Terreur froide d’imaginer seulement les voir percer, le sang coulant d’une blessure qui aurait pu déchirer la toile de peau et briser ses rêves d’envolés grandioses.

- Je sais que c’est censé être ma fierté. Que je suis censé les porter dans mon dos avec la même facilité que je peux lever ma main. Cri du cœur alors que le visage se redresse, que la voix se fait plus ferme. Au fond de moi, je meurs de découvrir les cieux, de pouvoir m’élever vers le ciel emporté par ma propre force. De pouvoir être entièrement moi-même.

Un soupir alors que l’ardeur retombe emporter au loin par la réalité de l’instant.

- Mais c’est comme si on avait arraché les ailes d’un oiseau. Et j’ai honte, honte de ce qu’elles représentent, honte parce que finalement, elles ne servent à rien. Elles sont mourantes, incapables de pouvoir réellement se redresser de toute leur envergure. J’ai l’impression d’être bafoué, d’être misérable. D’être un moins-que-rien. Un raté.

C’était comme si on lui avait arraché les crocs, sciés ses cornes. On le grime pour être autre chose que sa véritable identité. Prince qui a perdu sa couronne, mettant un genou à terre devant de simple mortel sans une plainte, acquiesçant sans sourciller devant les ordres impétueux de Mama.

- Et je suis resté dans cette vision des choses trop longtemps, j’aimerais que cela évolue. Si… Quand nous partirons, j’aimerais pouvoir les déployer entièrement. Et peut-être que je pourrais envisager de les utiliser un jour. J’ai de nouveau l’espoir, grâce à toi.

Timidité qui le rend nerveux, de ses griffes qui raclent les unes contre les autres d’un geste régulier. C’étaient des mots interdits, un outrage indécent contre l’autorité de la propriétaire des lieux. Même les pensées étaient un blasphème, apprenant à chasser au loin la moindre rébellion se flagellant en silence d’être ainsi un mauvais fils. L’espoir aussi, qu’il modèle en annonçant qu’avec Aksana, il pourrait aller plus loin. C’était un peu comme la rendre prisonnière de son avenir, ne voulant surtout pas qu’elle puisse disparaître de sa vie. Et puis peut-être que finalement, il n’était pas aussi monstrueux. Ou alors il l’était, mais il devait l’accepter.
Car dans les yeux de la stellaire, il se sentait aimé.

- Et peut-être même, qu'un jour j'aurais la force de t'emmener avec moi dans les airs.

Un tendre sourire qui chasse bien vite ses inquiétudes. Pour une fois, il était autorisé à rêver librement et même, d'essayer de les réaliser.


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Lulu
Jeu 28 Mar - 12:21

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
C’est une honte, sentence qui s'abattit tel un fléau sur leur petit monde éthéré, l'écrasant de tout son poids destructeur. Sous les ruines, le cœur de celle qui, involontairement, avait appelé cette calamité, exhalait des jets de souffrance à travers ce corps, qui aurait dû garder ses lèvres cousues, scellées. C'était comme si elle avait forcé Sheog à scruter sous son lit le monstre qui le hantait, obligeant sa main à l'effleurer en lui promettant qu'il n'avait rien à craindre ; car à ses yeux, il était merveilleux et non malfaisant. Et pourtant, le doux frissonnait en sa présence, suffoquait sous le poids de son inertie, aspirait à s'enfuir à tout prix.
Mais une étrangeté apparut, une lueur qui aurait pu évoquer un halo céleste, si les mots argentés n'étaient lestés d'une si lourde honte ; ces ailes monstrueuses s'approchèrent d'elle, effleurant son être avec timidité d'abord, puis avec une insistance croissante, comme si elles aspiraient à l'envelopper toute entière.
Tendresse, curiosité ou mouvement involontaire ? À cet instant, le désir de ces ailes lui échappait, mais Aksana n'en repoussa pas le contact, bien au contraire. La fille de la lune se laissa draper, une admiration discrète toujours étincelante dans ses prunelles, qu'elle s'efforçait de dissimuler à son ami, de peur de causer davantage de ravages.
Puis, elle l'écouta attentivement, recueillant ses confessions intimes, alourdies par le poids de la honte.  La faute, comme toujours, résidait dans sa captivité, alors qu'évidemment il était destiné à voler dans les cieux, à transpercer les nuages, à défier le monde depuis son trône stellaire. Le prisonnier en était douloureusement conscient, comment pourrait-il échapper à cette vérité implacable ? Impossible, condamné à la subir, elle et tout un cortège d'horreurs.
Le cœur de la bleutée continuait de saigner, frustrée de ne pas avoir été graciée d'une quelconque puissance qui aurait pu panser les plaies de l'être aimé. Elle n'avait que ses mots maladroits, que son attention accrue, que son corps tout entier pour tenter de le réconforter, mais nul pouvoir pour le guérir. Rien, absolument rien. Et de nouveau, la colère, comme une vipère, s'insinuait en elle, s'enroulait, sifflait en son sein. Elle n'avait pour compagne que sa fureur, se débattant dans le vide, hurlant en un silence assourdissant. Inutile, tel était le sort de l'orpheline. Pardonne-moi de n'être qu'ordinaire.
La jeune malhar n'était pas seule à endurer sa petitesse, et dès qu'il lui confia son tourment, ses prunelles bondirent vers les perles opalines de l'adoré. Elle se hâta de s'extirper de ses propres eaux térébrantes, refusant de laisser l’ailé affronter ses propres souffrances seul.
D'une tendresse qu'elle ne réservait qu'à lui, l'azurée saisit la main de l'argenté, la serrant avec délicatesse. À travers ce contact, elle lui transmit tout son amour, tout son soutien. Un geste qui ne fut pas anodin, comme les autres passés et à venir. Jamais elle n'effleurerait son être avec indifférence. Si ses mots peinaient à traduire son affection, son corps, lui, devenait le vecteur principal de son affection.
Céruléennes qui cherchèrent désespérément à capturer son regard fuyant ; ne te laisses pas happer par le désespoir, hurlaient-elles. Reste avec moi, regarde moi, mon roi.
Colosse, quant à lui, n'eut nul besoin de se cramponner à ces prunelles salvatrices, esquivant avec délicatesse la chute imminente en s'agrippant timidement à l'espérance. Et ainsi, la lumière qu'il ravit se nicha au sein des iris de la jeune malhar, qui s'emplirent tant d'amour que de fierté.
À ses yeux, c'était une simple envolée, une modeste ascension vers les hauteurs, mais pour son admiratrice, cela revêtait une ampleur bien plus vaste ; elle le voyait déployer ses ailes, contempler l'azur, et pour la première fois, il se laissait emporter par cette vision, s'imaginant loin du manoir.
Une fierté ineffable irradiait des prunelles d'Aksana, effleurant même ses lèvres d'un sourire doucereux, tandis que ses oreilles frémissaient d'allégresse.
Contempler son envol, le voir conquérir les vastes étendues célestes, serait pour elle le plus somptueux des spectacles, une danse enchanteresse qui illuminerait son existence jusqu'à son dernier souffle, elle en était intimement convaincue.
Et alors même qu'elle pensait que Sheog ne pourrait embellir davantage ce rêve, il lui offrit la perspective de l'y emmener avec lui. Touchée au plus profond d'elle-même, le sourire de l'orpheline s'intensifia. Ce songe lui était doux, comme une bouffée d'espoir, mais la jeune malhar préférait la prudence ; un rêve à la fois, et le premier à s'accomplir serait celui qui le porterait, lui, vers les étoiles.
Mais elle n'enlaça pas les ombres du doute, préférant nourrir ces éclats doux qui miroitaient dans les reflets opalins de l'argenté. Ainsi se laissa-t-elle happer par la légèreté des songes, rapprochant, une fois de plus, son être de celui du tendre, permettant à ses bras de se glisser autour de ses épaules, pour se lier sa nuque. Un sourire complice ourlait ses lèvres, qui embrassèrent d'abord sa joue droite, puis les siennes, y déposant une pluie de baisers aussi légers que ses futures envolées. C'était là son souffle, lui murmurant combien elle était fière de lui.

— « Je serais heureuse de pouvoir m’envoler avec toi », lui souffla l’énamourée, créature souterraine qui osait s’imaginer dans les airs. « D’être libre d’aller où l’on voudrait, d’atteindre les plus hauts sommets pour s’y nicher, loin du reste du monde… »

Avec ses rêveries évanescentes, Aksana se croyait déjà ailleurs. Le bout de ses doigts effleuraient la nuque du géant ailé, une tendresse dispensée sans qu'elle ne s'en aperçoive, engloutie par ses pensées d'aventure.

— « Où aimerais-tu te rendre en premier ? Au cœur d’une forêt ? En haut d’une montagne ? Au bord de la mer ? », curieuse l’invitait à la rêverie, à s’y projeter un peu plus tout en sondant ses envies. « Les possibilités sont infinies… » Le ciel ne subissait l'étau d'aucune frontière.

Elle le suivrait partout, là où ses désirs le mèneraient, jusqu'au bout du monde s'il le fallait. Car peu importait, sa demeure résidait dans la poitrine du tendre, là, dans son cœur. C'était là son foyer, là son refuge, là son endroit préféré. D'ailleurs, elle se pressa contre ce torse duveteux, frémissant au toucher doux, presque chatouillant. Avec tendresse, elle s'abaissa, retrouvant sa hauteur, pour venir embrasser avec douceur cette peau qui protégeait son sanctuaire.

— « Et pour tes ailes… Quand tu trouveras le courage de le faire, et je t’aiderais à le trouver si tu en ressens le besoin, peut-être que tu pourrais les sortir plus souvent ? Cela pourrait éventuellement leur permettre de se renforcer en douceur… »

La malhar embarrassée s'enlisait dans ses intentions louables sur un terrain qu'elle connaissait mal. Jamais elle n'avait eu d'ailes, jamais elle n'en aurait. Mais cela ne diminuait en rien son ardeur à venir en aide à Sheog, transcendant les limites de son propre corps pour venir soutenir le sien.

— « Enfin, je n’y connais rien… Et ce sont tes ailes, tu en fais ce qui te plaît », lui rappela-t-elle, relevant ses yeux nimbés de tendresse vers lui ; quelle que soit sa préférence, elle serait légitime.
Ezvana
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Ezvana
Lun 1 Avr - 21:15

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Des mains qui le saisissent délicatement, douceur des paumes qui l'encre dans la réalité et chasse ses peurs. Mama était bien loin soudain, l'endoctrinement n'était qu'un passage flou de son existence, juste un poids qui pèse derrière sa nuque mais qu'il peut négliger s'il le désire.
Avoir le choix, voilà qui était nouveau. C'était difficile à comprendre, lui qui n'a jamais eu l'occasion de prendre la moindre décision, sa vie n'était que ordres et obéissance. C'était un peu effrayant, il était facile de se laissé aller quand rien ne dépendait de son avis. Il suffisait de suivre une ligne directive déjà présélectionnée par d'autres et il n'y avait pas de question à se poser. C'était ainsi et c'était tout. Pourtant, c'était exaltant de voir les possibilités s'ouvrir devant ses pieds, sensation grisante de se rendre compte qu'on était capable de beaucoup plus. Que les images troubles qui parcouraient sa vie pouvaient devenir réalité. Les histoires rocambolesques des livres pouvaient devenir réalité et c'était exaltant.

Le cœur semble presque exploser d’amour alors que la bleuté imagine à voix haute de s’envoler à ses côtés. À ses yeux, c’était la chose la plus intime qu’il pouvait faire, le plus beau cadeau qu’il puisse offrir. Qu’elle accepte, c’était une récompense infinie qui emplit son palpitant d’allégresse. Les oreilles frétillent, les yeux se plissent et un sourire adoucit par la tendresse étire ses lèvres. Se promettre qu’un jour, il serait asse fort pour lui offrir cette possibilité, qu’un jour, tous les deux, ils dévoreront le ciel de leurs curiosités et se perdre dans l’infini des choix. Ses baiser sont autant de promesses celées qui l’apaisent autant qu’elles sont précieuses, comme des cadeaux précieusement gardés au fond de lui.

Les questions lui glissent sur les tympans et le ramènent à une réalité moins douce que ses rêves fantasmagoriques. Indécis le Monstre, qui relève le visage alors qu’il plonge dans ses pensées brouillées.

- Je… Je ne sais pas. La forêt peut-être ? Je sais qu’il y en a une pas loin. Mais sinon…. Je ne sais pas. Une sorte de honte teinte sa peau d’un violet délicat sur ses joues. Je ne connais rien du monde extérieur, tout me semble incroyable et merveilleux. Je suis un enfant qui découvre le monde et je m’en excuse.

Les lèvres se pincent, la Bête s'agite sur place sans lâcher une seconde les mains qui l'encrent à la réalité. Un frisson agite les ailes, un frémissement fait vibrer la pointe des oreilles. Tant de signes physiques d'un malaise qui n'en était pas vraiment un, trop enthousiaste à l'idée que ces phrases deviennent vœux.

- La mer… cela me semble impossible. Une étendue d'eau infinie, tu imagines ? À perte de vue ! Tu peux t'envoler aussi loin que tu le désires, jamais tu ne verras le bout du continent en face. C'est incroyable. Les montagnes ?! Il paraît que tu manques d'air en haut, que tu peines à respirer. Mais la vision doit être fantastique. La forêt, avec les jeux de lumières !

Frénésie de l'enfant qui s'éveille, les pupilles qui se dilatent sous l'émotion et ce sourire niais de celui qui rêve de choses grandioses en les rendant aussi passionnantes que les lignes d'encre sur ses romans. Pourtant, le visage se baisse, l'amour inondant ses prunelles d'argent, lune qui se pare de reflet lumineux pour exprimer cette tendresse douce qui s'est nichée en lui dès qu'il a compris qui était cette amie à la peau de nuit.

- Mais peu importe, tant que je suis avec toi, tout me plaira. Sur les montagnes enneigées, au bord des océans les plus infinies ou des forêts les plus profondes. Tant que je suis à tes côtés, je serais heureux.

Le bout de son nez qui caresse délicatement celui de son amour, affection douce sans envahir l’intimité de son amie. Entourer ce corps contre le sien d’une étreinte aussi ferme que douce, ses grandes mains griffues glissantes sur son corps sans devenir intrusif. Notion qui reste toujours en flottement dans son esprit, des règles à ne jamais transgresser au risque de subir des représailles. Leçon apprit durement à coup de cravache et d’insulte à peine camouflé par l’excitation.

Hocher la tête avec lenteur en écoutant Aksana, d’un air aussi assuré qu’inquiet.

- Oui, il faut que je les sorte plus souvent, tu as raison. Il faut que je me donne la possibilité d’agir pour moi. Mais j’avoue que c’est difficile, pour moi, elles sont toujours le reflet d’une chose immonde.

Un haussement d’épaule pour chasser la moindre parole réconfortante ou questionnement intérieur. C’était un fait, il devait juste s’approprier cette nouvelle facette de sa personnalité.

- Et toi, tu rêverais d’aller où ?

Véritable questionnement qui hausse un sourcil sombre, fait pencher la tête sur le côté.

- Tu aurais des envies quand on sortira ?

Presser affectueusement ce corps contre le sien, se souffle qui dérange une chevelure bleutée, cette caresse maîtrisée d’une paume chaleureuse qui s’amuse à parcourir les mèches d’azur. Tremblement de ses ailes qui peinent à tenir la position, ses yeux qui se ferment un instant alors qu’elles se replient arrière, pendant à l’arrière de son dos sans prendre leurs positions naturelles. Crampes qui le font souffler de douleur, manifestation de son état de faiblesse qu’il cache tant bien que mal pour que la honte ne vienne pas rougir ses joues. Un grognement muet alors qu’il refreine cette envie de les faire disparaître, tenir tête à la douleur pour mieux les soutenir, pour devenir plus fort. Une évidence à ses yeux, de souffrir pour se durcir. A coup de cravache, de coup de fouet, de muscles tremblants et de salive coulant d’une lèvre amochée. Un coup de règle en fer sur les doigts d’enfant tandis qu’il cherche à se saisir d’un bonbon, fessé violente sur le fondement pour celui qui n’a pas retenu les leçons apprises quelques minutes plus tôt. Revers de main fournis de bague pour lui qui n’a pas écouté l’envie ardent de son partenaire.
Cette marque violacée sur sa joue n’était qu’une leçon de plus, celle de Mama incapable de lui tenir tête alors qu’enfin il s’est relevé. Les croûtes de son dos ne sont que le reflet de la monstruosité la plus pure, tous les Humains n’étaient pas pourvus d’humanité.
Dans ses bras, il tenait la créature la plus pure et douce de l’univers, elle, le soi-disant monstre que l’on bafoue.

Une prise qui se raffermit un peu sur ce corps, ce nez qui plonge dans la chevelure, conviction profonde qui s’enracine dans son cœur. Jamais on ne lui ferait du mal. A jamais il sera là pour la protéger. Chevalier servant de sa reine, protecteur plongeant dans la servitude et l’amour indicible de la vénération. Un grognement muet, détermination qui brille dans son regard. Se rendre compte que même Mama ne pourrait pas l’arrêter. Si son Etoile décide, il en sera ainsi.

- On devrait finir de manger et retourner dans la chambre. Je sens que la Nuit avance.

Un murmure pour ne pas troubler la quiétude du moment, mais être obligé d’ouvrir ce cocon de douceur. C’était enfoui en lui, comme une horloge biologique parfaitement réglé qui sonne en rythme. Il ne pouvait pas sentir l’air se modifier, il n’avait pas le flair pour, mais sa vision de faucon perçoit des différences dans les nuances de couleur. Lui n’était pas allergique aux rayons du soleil et il serait capable de protéger son amie de son corps, mais la maison allait prendre vie d’ici peu et il ne désirait pas être troublé par leurs présences.

- Dis-moi, comment es-tu arrivé ici ? Comment as-tu connu Mama ? Je ne t’ai jamais posé la question alors que je pense que c’est important dans ta vie.

Presque une excuse qui glisse entre ses lèvres. S’ouvrir à elle était important, il sentait que son amie était pleine d’épine, rose aux pétales de nuit qui s’est armé pour survivre parce que jamais quelqu’un ne s'était intéressé à elle. Or, il était de son devoir de changer cela, même si c’était lui qui saignerait s’il tendait les mains, à vouloir englober la fleur de ses mains pour la protéger d’une autre manière.
Un baiser sur le sommet du crâne comme excuse.

Lulu
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Jeu 4 Avr - 13:04

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
Dans l'esprit de la jeune malhar, les images venaient et partaient, comme les volutes d'un rêve soufflées au gré des désirs du doux, qui, rêvait de contempler ce monde extérieur que ses pas n'avaient jamais pu fouler.
Parmi ces images, certaines se teintaient d'une brume plus opaque pour la bleutée, car elle n'avait jamais eu l'occasion de contempler l'océan infini, ni les majestueuses cimes des montagnes. Son horizon se bornait à la sombre et profonde forêt qui enserrait l'orphelinat, et à la blancheur glacée de la neige qui, maintes fois, avait englouti sa silhouette, mordant sa peau de ses frimas impitoyables.
Le monde extérieur lui avait toujours semblé hostile, mais aujourd'hui, à travers les yeux du rêveur, il prenait des contours de moins en moins menaçants. Peu à peu, elle en découvrait la grâce et la douceur, portée par les iris opalins de son compagnon qui s'émerveillaient à l'idée de le parcourir. À ses côtés, tout était plus beau, plus doux.
Et lorsque, dans un élan de tendresse, il lui déclara que son bonheur serait éternel tant qu'il serait à ses côtés, et qu'importe l'endroit où le destin les porterait, l'expression songeuse de la demoiselle s'effaça pour laisser place à un sourire aussi radieux et tendre qu'un soleil printanier. Il lui avait déjà murmuré ces mots, mais elle aimait tant les entendre, encore et toujours. Ces quelques paroles, empreintes d'amour, pansaient ses blessures les plus profondes, apaisant ses tourments.
Alors, lorsque les gestes de Sheog se firent plus timides, son corps se pressa instinctivement contre le sien, jusqu'à ce que les battements joyeux de son cœur résonnent contre sa peau soyeuse, lui faisant comprendre à quel point elle le rendait heureux, à quel point elle désirait sentir sa présence tout contre elle, et qu’elle aussi, le suivrait là où il irait.

Alors, elle releva son visage vers lui, ses yeux suivant gracieusement le mouvement pour lui signifier son attention. Aksana, elle aussi, comprenait, portant en elle une certaine honte pour certains de ses traits. Ces poisons ne sauraient être expulsés en une seule nuit d'étreinte, ils nécessiteraient au moins plusieurs lunes, autant qu'il en faudrait. Le temps et la tendresse, tels des antidotes, seraient distillés sur leurs plaies encore vives au fil des nuits qu'ils se dévoueraient l'un à l'autre.

— « Ne sois pas trop exigeant avec toi-même, laisse le temps faire son œuvre… »

Nul ne viendrait le presser ;  à lui seul incombait la tâche de briser ses chaînes à son rythme. C'était comme s'extirper d'un buisson d'épines, mieux valait opérer avec délicatesse pour limiter les dégâts. Les égratignures, les moments durs, il ne pourrait les éviter, mais il saurait s'en sortir avec des blessures peu profondes, et la satisfaction d'avoir su écouter sa propre voix pour se préserver, à défaut de celle des autres.

L'argenté s'auréola de curiosité, l'incitant à sonder les propres désirs de la créature nocturne. Une fois de plus, la féline se trouva acculée par ses propres incertitudes. Non, elle n'avait pas d'endroits précis qu'elle désirait explorer ;  jamais elle n'avait osé imaginer d'horizons plus vastes que ceux bornés par les souterrains, les caves, les toits.
Et la confuse inclina brièvement la tête, plongée dans ses pensées. Mais Aksana ne permit pas au vide d'emporter sa gaieté, ni la légèreté de l'instant, ses yeux s'agrippant à la silhouette de Sheog, son ultime repère.

— « Non, pas vraiment... », murmura-t-elle, son visage toujours empreint de réflexion, explorant encore les méandres de ses désirs intérieurs. « Comme je te l'ai confié, ma seule envie est d'être à tes côtés, de te découvrir toi... Ici ou ailleurs », ajouta-t-elle, un doux sourire ourlant ses lèvres.

Elle n'avait pas manqué de remarquer l'assurance de l'ange quant à leur évasion future. Les incertitudes s'effaçaient lentement, balayées par l'espoir et les rêves, emplissant son cœur d'une joie indicible.

— « Je suis convaincue que ma curiosité s'éveillera au fil de nos voyages », affirma-t-elle.

L'optimisme emplissait ses veines, dans cet instant où ils se trouvaient réunis, nichés dans leur amour naissant. Elle se sentait plus légère, sereine, impatiente de découvrir toutes ces sensations, toutes ces émotions qui lui avaient été jusque-là refusées. La jeune malhar à fleur de peau des premières heures avait disparu, apaisée par la douceur de leur amour, lui permettant d'éclore progressivement, de se révéler doucement au monde, à lui et à elle-même.
Et tendrement, tel un félin docile, elle se laissa étreindre ; son visage s'enfouissant de nouveau contre la peau de l'aimé, décelant ainsi les tremblements subtils qui ébranlèrent sa vaste stature. Aksana lança un regard soucieux à Sheog, et découvrit l'origine de ses soubresauts douloureux ; ses ailes atrophiées. Son cœur se serra douloureusement, et n'ayant que son propre corps pour le réconforter, ses lèvres se posèrent sur son thorax, frôlant son cœur, y semant une pluie de baisers doux. C'était là son murmure, lui signifiant qu'elle voyait ses efforts, et qu'elle serait toujours là pour le soutenir, pour l'accompagner à travers ces épreuves.

La lune, doucement, faisait ses adieux, en secret à sa fille, mais non à son fils. Lui, doté d'une vision plus perçante, distinguait les premières lueurs, aussi infimes soient-elles, du jour. Ces nuances bleutées qui éclairaient progressivement les recoins de la cuisine. Alors, dès que l'argenté lui fit remarquer que la nuit cédait la place au jour, celle qui ne tolérait pas la lumière du soleil acquiesça silencieusement, se hâtant de rassembler les restes de leur repas. Ils pourraient les déguster dans la chambre, ou plutôt, leur chambre.
Tandis que la jeune servante s'affairait à ranger les provisions dans de petites boîtes, la question de l'ailé l'interrompit brièvement. Comment avait-elle atterri ici ? Ses vieux démons se ruaient sur cette interrogation, prêts à la déchiqueter en lambeaux. Mais elle refréna leur ardeur, les empêchant de déployer leurs crocs comme ils l'avaient fait par le passé. Car peu à peu, elle apprenait que la curiosité de Sheog n'était pas malveillante, qu'il ne se servirait pas de ses confessions pour la piéger. Alors, elle s'efforça d'ignorer cette petite angoisse qui lui piquait la poitrine, reprenant le rangement de la cuisine pour ne laisser aucune trace de leur passage.

— « Il y a de ça trois ans, je devais quitter l'orphelinat, puisque j'avais atteint ma majorité... C'est comme ça que les choses fonctionnent pour les humains », souffla-t-elle d'une voix impassible. « Mais je n'avais nulle part où aller, et j'espérais toujours que mon frère vienne me chercher. »

L'inconfort s'insinuait en elle, ses gestes devenant de plus en plus minutieux, comme si elle cherchait à étouffer sa gêne dans les tâches ménagères. Avec ardeur, elle frottait chaque surface, nettoyait méticuleusement chaque ustensile, rangeait avec précision chaque objet.

— « J'ai alors trouvé un moyen de rester là-bas... Je nettoyais l'orphelinat la nuit, à la place de la directrice », poursuivit-elle, son ton se voulant détaché.

Ce travail ne l'avait jamais ennuyée, au contraire, il lui avait permis de préserver une certaine quiétude.

— « Je ne sais pas comment Mama a été mise au courant... Mais quelqu'un lui a appris qu'une malhar travaillait dans un orphelinat proche. Elle est venue me rendre visite une fois, et a échangé à plusieurs reprises avec la directrice... » Elle n'avait pas eu besoin d'être présente pour deviner ce que deux femmes ont bien pu se dire à son sujet. « C'est par la suite qu'elle m'a embauchée pour devenir domestique ici. »

Aksana n'avait pas été enchantée à l'idée de quitter son foyer, ou plutôt, l'endroit où son frère aurait dû la retrouver depuis maintes années déjà. Mais ses inquiétudes s'étaient apaisées en réalisant que le manoir n'était pas éloigné de l'orphelinat. Ainsi, si son frère désirait réellement la retrouver, la tâche ne serait pas rude.

— « La directrice a tenu à me préciser que Mama ne m'avait pas choisie pour mes compétences... Mais surtout parce que j'étais une malhar, sans attaches, et que si la bête dont j'allais m'occuper me dévorait, alors personne ne s'en soucierait, pas même les autorités locales... » Aucune trace de tristesse ne se fit sentir en elle, du moins plus à présent. « Et à voir ta réaction lorsque tu m'as découverte pour la première fois, je présume qu'elle pensait que nous aurions tous deux trop peur l'un de l'autre pour entretenir la moindre relation... »

La cuisine étincelait désormais, les gourmandises étaient soigneusement disposées dans des petites boîtes, et Aksana s'était autorisée à dérober une tablette de chocolat pour cette prétendue créature qui aurait pu la dévorer. Ses yeux se posèrent sur lui, tandis qu'elle lui offrait un sourire complice.

— « Je suis convaincue qu'aujourd'hui, elle regrette amèrement son choix… »

Pendant que la vermine en jubilait. Jamais n'aurait-elle envisagé une telle rencontre, Mama avait chamboulé son existence... D'une manière tout aussi inattendue pour la maîtresse des lieux que pour la jeune malhar. Dorénavant, il leur serait impensable d'être séparés, ou d'étouffer l'incendie de la révolte qui brûlait en eux. Leur asservissement trouverait un jour son terme, et ils retrouveraient les cieux, les terres, desquels ils avaient été arrachés.
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Hier à 21:22

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Paroles qui se glissent à ses oreilles, caresses soyeuses qui agitent ses oreilles de soubresauts, fait palpiter son cœur un peu plus fort en réponse. C’était des mots qu’elle lui avait déjà confiés et pourtant, c’était toujours aussi doux, aussi bon à entendre. Encore et encore, il voulait qu’elle les murmure à son oreille, lové dans le creux de ses bras, que jamais elle ne perde cette intensité passionnée qui le rend ivre d’amour.

Là en cet instant, le monde pouvait s’écrouler, rien ne pourrait les déloger de cet écrin si précieux. Même le soleil qui grignote lentement l’horizon ne pouvait troubler la quiétude du Gris. Baiser, qui sont déposé sur sa poitrine, un tendre sourire qui étire les lèvres sombres, apaisants les tourments de son dos perclus de crampes. On l’aurait marqué au fer rouge qu’il ne l’aurait pas remarqué, tant il était plongé dans les yeux de son aimé. Avec elle, il peut soulever des montagnes et surpasser toutes les épreuves.
Il s’échappe le Fauve, glisse contre lui pour s’occuper de la cuisine. Et comme si cela était la fin de l’interlude, dans une grimace, il fait disparaître ses ailes dans un bruit de cuir craquant, remuant ses épaules douloureuses en se demandant comment il allait faire pour les tenir plus longtemps. Remuscler de tels membres allait être compliqué, surtout s’il ne peut pas les déplier.

La voix d’Aksana qui l’arrache à ses pensées, cette attention neutre qui l’interpelle et le fait se retourner d’un mouvement brusque du buste, plantant sa cible de ses billes d’argents. Il était toujours ainsi avec la Malhar, une distance naturelle qu’elle instaure dès qu’elle était tourmentée par ses démons intérieurs. Si près et si loin soudainement, alors qu’elle frotte les ustensiles avec énergie, que ses yeux bleus ne croisent jamais la route de la Gargouille. Lui ne fait que la regarder, hésitant à s’approcher pour la réconforter tout en ayant peur de la blesser par son approche, qu’elle découvre ses canines et qu'elle feule pour l’écarter.
Ne pas aimer cette sensation qui lui donne l’impression qu’une griffe effleure son échine et le dérange, le met mal à l’aise. Alors il trépigne, ses oreilles s’abaissent, mais n’ose pas bouger de sa place. Trop grand, trop imposant, il dévorerait l’espace et gênerait son amie. Si elle avait besoin de cette distance, il n’empiéterait pas sur son espace. Il écoute, boit les paroles qui mettent des images sur le passé de celle qui partageait ses nuits.

Pourtant nulle joie vient étirer les traits de son visage, rien qu’une inquiétude qui le ronge de l’intérieur, ce froncement de sourcil qu’il ne peut réfréner. Puis la honte, mortifère, qui fuse dans ses veines avec la vitesse et la puissance d’un coup de fouet. Plainte à peine audible qui glisse d’entre ses lèvres qui s’entrouvrent, la douleur qui frappe en pleine poitrine. Ce souffle qui est coupé alors qu’une grande main griffue se pose sur la poitrine, contenant ce palpitant qui manque d’exploser sous l’impact virulent. Supplice qui assombrit son regard d’ordinaire si limpide.
Un mouvement de recul pour éviter que son amie s’approche, animal qui fuit le contact alors qu’il est blessé.

On l'avait embauché pour être dévoré.
Qui pouvait faire ça ? Qui était les véritables monstres dans l'histoire ? Pourtant, c'était lui l'abomination dans l'histoire, réputation de monstre capable de dévorer les chairs qui lui font mal, le blesse dans sa propre estime. Il n'était que le fruit des vices humains, répondant à leurs besoins et pulsions tout en s'oubliant lui-même et voilà sa récompense. Adonis mangeur de chair.
La nausée qui serre son estomac, montée acide qui lui brûle la gorge.
Une colère aussi, trop puissante et incontrôlable qui lui fait peur qui monte par vague. Comment a-t-on osé jeter ce Fauve dans la gueule du plus gros prédateur ? Tout juste bonne à être dévoré par un monstre plus immonde encore, morceau de viande que l'on utilise sans jamais lui donner de la valeur.
Impossible pour la Bête de serrer totalement le poing et pourtant, il s'enfonce les griffes dans la chair jusqu'à ce que la douleur le ramène dans une réalité ou ses afflictions ne deviennent pas des images subliminales de violences, d'une fureur dévastatrice que Mama ne saurait gérer. L'acide qui se glisse sur sa langue en imaginant sa « mère » était mauvais augure pour la propriétaire des lieux. Bien vite, il fait disparaître ce brasier qu'il ne comprenait pas et qu'il était incapable de gérer. Nouveauté de pouvoir ressentir tout cela et c'était perturbant pour le géant gris qui tente de comprendre le fonctionnement de tout ceci.

Les paroles d'Aksana qui l'interpellent, du sarcasme teintant d'ironie sa dernière phrase. Mais Sheog ne comprenait pas ce fonctionnement, incapable même s'assimiler le second degré correctement. C'était des manières de s'exprimer qu'il n'a jamais appris, lui instruit seulement par les domestiques sévères ou ses romans si fantasmagoriques. Ne pas comprendre ce sourire, de se satisfaire du malheur de quelqu'un de cette manière. Quelque chose en lui tente de percer le brouillard, une compréhension encore trouble qu'il perçoit, mais qu'il ne saisit pas. Il conçoit que c'était une situation étrange le déroulement de cette rencontre, que jamais il n'aurait pu imaginer un tel lien avec quelqu'un, qui plus est une non-humaine. Que Mama devait être déconfite de ce rapprochement. Mais c'était tout. Lui, ce qu'il retenait, c'est qu'on avait tenté de jeter à sa gueule une proie capable d'être interchangeable, qu'aux yeux de Mama il n'était qu'un monstre de plus.
Que lui, en voyant Aksana, il a réagi comme les Humains le voyant pour la première fois.

Tête baissée, regard fuyant, le Monstre se contente d'affirmer qu'il était temps de retrouver les chambres, préférant fuir par réflexe. Se glissant dans la pièce avec un silence déconcertant, il évite la Bleuté avec la fluidité d'un chat errant et sort de la pièce en humant l'air par réflexe. Mais c'était sa vision qui lui était utile en cet instant, voyant dans le couloir sombre aussi bien qu'en plein jour. S'aventurer à l'extérieur sans faire un seul bruit malgré ses pattes félines, la queue relevée et la tête baissée pour que ses cornes n'accrochent pas les encadrures de portes. Curieusement, il ne craignait plus de se faufiler dans les endroits interdits, criminel qui transgresse trop facilement les règles une fois lancé.

C’est sans encombre qu’ils retrouvent le confort rudimentaire de la pièce. Longues griffes qui tirent le rideau de fortune, les yeux qui se relèvent vers les barreaux donnant sur le sol d’une rue, déjà le soleil illuminant les teintes de noirs en des bleutés plus doux. L’envie le tenaille, de découvrir l’extérieur. De savoir ce que c’était de sentir la chaleur du soleil sur sa peau, de pouvoir s’éveiller dans un endroit suffisamment grand pour l’entourer sans le rendre prisonnier. L’appel de la liberté qui le tance, juste pour échapper à ce mal-être qui ne cesse de l’assaillir depuis cette conversation.
Un bruit de bouche dans un pincement de lèvre pour appeler Chat. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu et elle lui manquait.

Laisser le tissu retomber et se tourner pour saisir son matelas, l’érafler de ses griffes et le faire glisser sur le sol au côté de celui d’Aksana. Ramener sa couverture rapiécée, son oreiller et s’asseoir en croisant les jambes, la queue battant l’air en douceur à ses côtés. Attraper une mèche de nuit entre ses doigts, la faire rouler d’un geste apaisant, tic nerveux depuis son enfance qui ne le quitte plus depuis.

- Je me demandais… Il existe des limes puissantes ? Électrique peut-être ?

Tendre l’autre main devant lui, étendant ses longs doigts aux griffes trop longues.

- Je me disais que si je les raccourcissais, je pourrais mieux manier tous les objets et me sentir plus utile. Je pourrais au moins avoir la même longueur que toi.

Relever le regard vers son étoile, délivrant à demi-mot qu'il désirait être un peu plus comme elle, si habile malgré ses mains griffues. Admiratif le Gris, en silence mais les yeux dévorants. Ce n'était pas une façon de se punir ou même de se grimer et d'être autre chose que ce qu'il était réellement, simplement une adaptation qui rendrait confortable son quotidien.

S'allonger, cette façon dont le menton s'enfonce un peu dans sa gorge pour ne pas s'appuyer sur ses cornes qui éraflent déjà suffisamment son oreiller. Rivière de crin noir qui s'étend autour de lui, repousser une mèche qui tombe devant ses yeux. Certitude qu'un jour, il habillerait sa chevelure, de bijoux et autres précieux ornements, une fierté qu'il n'a jamais émise à voix haute de peur qu'on lui prive un peu plus de lui. Enfant, on lui a déjà rasé le crâne en punition et l'humiliation était encore cuisante.
Une main qui racle le dos, cherche la zone tondue par le Monstre Rouge. Pouvoir de régénération ou non, cela ne repoussera qu'avec le temps. Un soupir avant de se mettre sur le côté tout en observant l'étoilé.

- Tu dois être fatigué de cette nuit. Tu mérites le repos. Et tu n’as beaucoup mangé non plus.

Un vague froncement de sourcil, soucieux le Gris qui a un semblant d’autorité, si douce que cela en était risible. Mais désormais, il avait de l’inquiétude pour quelqu’un et c’était presque étrange de se sentir ainsi concerné par le bien-être d’une personne. Jamais il ne c’était soucié de lui-même, un peu des clients. Mais là c’était… renversant.

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