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LE TEMPS D'UN RP

Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18

Ezvana
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Lun 6 Nov - 23:43

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Quand la voix d'Aksana résonne, les longues oreilles de Sheog se baissent, la mine est basse et l'œil fuyant. Mal à l'aise la Gargouille géante, qui refuse de confronter une vérité blessante. Il se souvient parfaitement de cette soirée, de cette personne l'ayant fait sursauter quand il a dépassé le cercle de craie. Agissant par instinct il avait fait fouetter sa queue pour chasser l'intrus qui lui avait fait peur. Le sang, rouge écarlate, avait giclé de la gorge sectionnée net par l'aiguillon acéré. Un bruit humide de gargouillis, des cris tout autour de lui alors qui ne pouvait que fixer la vie s'échappant de la plaie béante. Il n'avait pas bougé, simplement parce qu'il ne savait pas quoi faire. Mama l'avait puni pendant des semaines et depuis il portait une protection en cuir pour éviter tout autre acte maladroit.

Oui, il avait tué quelqu'un par le passé, sans le vouloir. Cela l'avait profondément perturbé. Parfois, quand il était chez des clients, on lui demandait d'ôter des vies. Cela est arrivé qu'on lui demande obéissance et de tuer une personne présente dans la même pièce que lui. Un ordre était un ordre. Et puis, si cela avait été demandé, c'est que cette personne était mauvaise, gangrené par une maladie, par le mal qui ronge chaque être doté de pensées. Il l'avait lu dans certains de ces livres, de ces antagonistes qui parfois veulent faire le mal juste pour se satisfaire de la souffrance d'autrui.
Sheog n'avait aucun plaisir à cela. C'était un acte comme un autre, il ne devait pas se poser de question car de toute façon on lui interdisait d'interpréter. S'il devait chasser pour se nourrir, pleurait-il la mort du cerf qui pousse son dernier souffle ?
Il ne le savait pas. Jamais il n'a été asse libre pour cela. Souvent, il avait pleuré de cet accident chez Mama, des larmes débordant de ses yeux sans qu'il comprenne vraiment pourquoi. Jamais il n'avait perdu quiconque, la Mort c'était plus une ombre qu'il imaginait bien qu'il était parfois l'instrument de celle-ci. Il ne voulait pas faire de mal aux autres, mais il ne pouvait pas se rebeller. Alors à quoi bon ?
Pourtant, il n'y avait aucune jubilation dans ses prunelles quand le sang marquait sa peau.

Il commençait déjà à ouvrir la bouche pour répondre à l'elfe bleue que déjà elle s'excuse d'une voix douce. Sheog ne comprend pas, se contente de garder la tête baissée pour ne pas trahir son étonnement. Il était obligé de dire la vérité, quand on lui pose une question, il se devait de répondre. Le mensonge était étranger à cette créature qui déglutit pour faire passer l'incertitude, préférant souvent omettre certains détails pour ne pas paraître pour un monstre.

- C'est pour mieux me maintenir.

Voix feutrée alors qu'il dévisage la femme à ses côtés. Il ne comprenait pas vraiment son incertitude, pour lui c'était une évidence puisqu'il le vivait tous les mois. Il aurait préféré que cela ne soit que décoratif, mais cette nuit il savait qu'ils seront utilisés.
Un reniflement alors que les derniers morceaux de cuirs sont ajustés à sa peau, la regarder d'un air tendre alors qu'elle recherche visiblement quelque chose pour l'apaiser. Devinait-elle ce qui le perturbait ainsi ?
Pourtant la nuit terrifiante lui parut insignifiante quand il pense à son retour et à la présence de cette personne qui était un baume apaisant sur son âme.

Doucement il presse ses doigts si fins dans sa paume chaude, s'imprègne de sa présence pour remonter sa barre de courage.

- Je ne veux pas de livre. Je ne veux pas à mangé.

Un léger sourire vient étirer ses lèvres alors qu'il n'ose pas terminer sa phrase. La queue bat l'air avant de s'entortiller doucement alors qu'il peine à maîtriser cette envie de la coller aux jambes de la femme pour la garder près de lui.

- J'aurais juste besoin de toi à mon retour.

Chuchotement tel de la soie qui se froisse, ferveur d'un sentiment enfoui. Car il savait qu'elle devra braver les interdits et se glisser dans sa chambre une fois Mama partie dans sa propre chambre et rien que d'imaginer sa présence alors que son corps sera meurtri lui arrache un frisson de plaisir. Il pourrait surmonter tous les actes de barbarie, tous les supplices si elle était là, toujours.

- Sheog !

La voix de Mama retentit, le prenant par surprise. Il n'avait pas entendu ses pas en haut des escaliers. Bien vite, bien trop à son goût il relâche les mains d'Aksana, ouvre en plus grands cette porte entrebâiller et se glisse dans le couloir. Comme toujours quand il était l'heure de sortir de sa chambre, il ne croise personne dans le couloir sombre, pas l'ombre d'un domestique. Par peur ? C'était plutôt le fait de sacraliser ces allées et venues vers le salon comme un rituel interdit. Le fils du Démon sort de sa tanière et va fouler le même sol que les mortels.

Mama l'attendait, tailleur crème ceignant son corps sec comme un coup de trique. Elle avait l'air plus stricte avec les années avec ses tempes grisonnantes se dit la Bête alors qu'ils s'avancent vers la grande porte d'entrée qui était ouverte. Une longue allée en pavé et au bout un immense portail ou l'attendait une camionnette. Avec sa taille et la hauteur de ses cornes, il ne pouvait pas entrer dans une voiture classique, il l'aurait éventré d'un mouvement de tête.
Elle semble hésiter un instant et ses sourcils ce froncent. Sheog est soudainement nerveux, se demandant ce qu'il avait de mal.
Une main se pose sur le haut de son bras et elle le regarde dans les yeux.

- Courage.

Les pupilles de Sheog se dilatent alors qu'il comprend qu'elle est soucieuse. Un hochement de tête, ses oreilles qui vibrent sous l'émotion.

- Tu seras fière, Mama.

Un mouvement sec du menton pour lui donner l'autorisation de partir et déjà il s'engouffre dans la nuit. Un bref instant il lève les yeux vers le ciel, mais il y avait des nuages pour cacher les étoiles et la lune n'était qu'un croissant discret. Il hume à plein poumons cette odeur qui lui électrisait les sens, cette envie de bondir et de découvrir, comme s'il devait perdre raison et se laisser aller au côté animal.
Pourtant le moment est trop court car il arrive déjà au niveau du véhicule. Un chauffeur lui ouvre l'arrière et en baissant la tête il entre dans la fourgonnette et prit place sur la banquette.
Les portes se ferment. Plus de retour arrière.
La nuit sera longue.

Lulu
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Lulu
Mar 7 Nov - 23:12

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
AKSANA'S POV. Dans l'ombre feutrée, elle susurra en secret : Je serai là, promesse murmurée, qui fut écrasée par la voix impérieuse de la marâtre. Cette nuit, sa présence se loverait dans l'antre de l'interdit, une étreinte risquée, mais qu’elle était déterminée à chérir. De petits écarts en petits écarts, cette désobéissance sournoise qu'elle semblait dénier grandissait. Où la conduirait-elle ? Peut-être faudrait-il parcourir un long chemin avant que la maîtresse de ces lieux n'en prenne conscience, et, s'ils étaient suffisamment discrets, peut-être ne le remarquerait-elle jamais. Jeune effrontée qui se délectait des flammes, ignorante si déjà la brûlure l'avait touchée, ou si le brasier resterait éteint.
Sheog se volatilisa, dans une célérité surprenante au regard de sa corpulence. En s'engouffrant prestement dans l'obscurité labyrinthique des couloirs, il écarta la menace imminente qui guettait sa gardienne.
Celle-ci, avec toute une nuit qui s'étendait devant elle, s'attellerait à récurer la chambre, bien qu'elle l'eût déjà soigneusement astiquée la veille. Elle était nullement encline à larver dans la sienne, et elle n'aspirait pas à l'admiration de Mama en cette soirée, mais plutôt à accomplir un labeur d'une perfection sans faille, afin de gagner sa confiance tant convoitée. Peut-être, ce faisant, pourrait-elle glisser discrètement sous les radars.

La nuit avait déjà bien entamé son voyage, la mi-lune dardant son ombre argentée dans la petite chambre de Sheog. Ses rayons exécutaient une valse gracieuse, glissant sur la peau de la servante bleutée, scintillant tels des joyaux nacrés sur les courbes d'une mer paisible. Des froissements et des frôlements résonnaient en ces lieux, tantôt frénétiques, tantôt empreints de douceur. Courbée vers le sol, la servante s'affairait à effacer jusqu'à la moindre souillure, même si cela signifiait s’écorcher les mains.
Soudain, des pas résonnèrent dans les escaliers, et la silhouette de la jeune malhar s'immobilisa instantanément. Son cœur manqua un battement, tandis que ses yeux se fixèrent intensément la porte de la chambre, à demi-entrouverte.

Ces pas n'étaient pas ceux de Sheog, car il était encore bien trop tôt.
Ces pas, si légers, si doux, ne pouvaient appartenir à Mama non plus.
Ils rappelaient plutôt les pas d'un danseur étoile, effleurant le sol avec grâce, ou ceux d'un prédateur traquant sa proie dans l'ombre.

Jeune créature, particulièrement sensible à l'angoisse, relâcha son étreinte sur la laine d'acier. Toute son attention se porta sur cette silhouette mystérieuse, dont elle percevait les mouvements grâce au bruit de ses pas. Ceux-ci s'interrompirent précisément en face de sa chambre, Aksana avait reconnu le grincement caractéristique des planches juste devant sa porte. Il ne faisait aucun doute, cette présence était à sa recherche. Mais pourquoi donc ? Ses oreilles s’abaissèrent de terreur, qui gonfla également son cœur.

L'intrus poursuivit sa progression, s'approchant davantage du repère de Sheog, jusqu'à se tenir en face de celui-ci. La malhar, toujours courbée, n'avait pas encore daigné se redresser, restant agenouillée sur le plancher puisque sa crainte la poussait à ne pas émettre le moindre son qui pourrait dévoiler sa présence. Dans l'obscurité qui l'enveloppait, elle se passait de toute lumière, car son espèce avait, au fil du temps, forgé une vision nocturne, à l’époque où jadis, l’obscurité prévalait dans leur milieu originel. Il n’y avait donc aussi lumière, qui pourrait révéler sa présence.
Des doigts s'insinuèrent avec furtivité le long du battant de la porte, et sa propre respiration s’interrompit brusquement. Puis, avec une délicatesse infinie, la main écarta davantage la porte, laissant une ombre se glisser silencieusement dans le sanctuaire.

— « Ah, vous voilà enfin… Mama m'a dit que vous seriez ici », déclara Monsieur Tyndall, lui offrant un sourire chaleureux. Manifestement, il ne s’était pas égaré cette fois-ci.
Aksana s'empressa de lui demander, faisant preuve de toute la sollicitude pour apaiser une méfiance qui troublait l'atmosphère, une méfiance qui, en toute vraisemblance, n'avait pas sa place :
— « Monsieur Tyndall, que puis-je faire pour vous ? »
— « M'octroyer le privilège de profiter un peu de votre charmante compagnie », répliqua le gentilhomme vêtu d'habits élégants, et qui arborait un sourire irrésistible.

À ses yeux, il avait l’apparence et l’attitude d’un homme qui n’avait nullement besoin d’implorer les femmes pour obtenir une part de leur présence. Aksana retint ses mots, se gardant de formuler une remarque qui pourrait paraître impertinente.

— « C’est tout ? » s'enquit-elle, esquissant un bref sourire à la fois confus et surprit.
— « Ce n'est pas tous les jours que je peux savourer la présence d'une malhar », répliqua-t-il avec ce sourire magnétique qui, pouvait réussir à adoucir même les traits les plus austères.
— « Ne voyez pas d’offense dans ma question… Mais cela vous dérange, si je continue mon travail en votre présence ? » l’interrogea la servante, les prunelles toujours relevées vers lui.
— « Non, allez-y », s’empressa-t-il de répondre sans perdre son air affable.

Le mortel glissa nonchalamment ses mains dans les poches de son pantalon de costume, parcourant la pièce d'un regard curieux. Ses pas mesurés le menèrent jusqu'à la couche de Sheog, où il ne manifesta aucune hésitation à s'installer. En observant ce geste, Aksana, qui s'était replongée dans son ouvrage, releva les yeux vers lui. Un malaise latent naquit en elle à la vue de cette scène. Il n'était pas chez lui, pourtant il se comportait comme s'il l'était. La jeune malhar se prépara à puiser dans son courage, résolue à ne pas laisser son empreinte olfactive ternir le cocon de Sheog.

— « Excusez-moi... »
— « Alors », coupa-t-il, « c'est ici que réside la bête ? C'est bien moins délabré que je l'aurais imaginé... »
— « Son nom est Sheog, et il n'est en aucun cas une bête », répliqua-t-elle avec une impétuosité qui la prit elle-même au dépourvu.

Leurs regards se croisèrent, et un frisson d'effroi glaça la peau de la jeune elfe... Cependant, elle ne revint pas sur ses paroles, ne s'abaissant pas à des excuses. Même si une part d'elle-même l'enjoignait de le faire, elle ne souhaitait pas susciter la colère d'un convive de Mama.
Finalement, les lèvres de l'homme esquissèrent un sourire amusé. Ce sourire n’eut pas d'effet apaisant sur la domestique, qui sentit un soupçon de curiosité s'insinuer dans le regard de son interlocuteur, comme s'il avait mis au jour un détail intéressant.

— « Très bien, Sheog... Dites-moi, Aksana, quel âge avez-vous ? » L’interrogea-t-il, joignant ses mains avec élégance, se penchant en direction de la silhouette de la demoiselle.

La question sembla susciter un certain malaise chez l'intéressée, une sensation difficile à expliquer. Était-ce la posture de l'homme ? Son regard ? L'aura mystérieuse qui l'enveloppait ? Sous le regard scrutateur du mortel, Aksana se hâta de répondre, comme si sa réponse pouvait la délivrer de cette situation inconfortable.

— « Vingt-et-un ans. »
— « Vous êtes bien jeune. Si jeune que vous avez l'âge de ma première fille... Enfin, si elle avait survécu jusqu'ici. »

— « Je suis navrée », s'empressa-t-elle de souffler, manifestant sa confusion.
— « Ne le soyez pas... Je crois avoir fait mon deuil », bien que son regard s'obscurcit un instant. « Même après toutes ces années, elle continue de hanter tendrement mes pensées », avoua-t-il. « Elle aussi était une malhar... ou plutôt, une hybride. »
— « Une malhar...? Je pensais que nous n'avions pas le droit d'avoir des enfants... encore moins avec des humains. »
— « Vous savez, il y a de nombreuses personnes qui parviennent à échapper aux lois archaïques qui régissent notre nation. Mama en est un exemple », fit-il remarquer. « Les lois sont souvent conçues pour opprimer, soumettre, voire étouffer certains talents exceptionnels... »
— « Mais elles nous protègent. »
— « Vous sentez-vous protégée, Aksana ? »


Les lèvres d'Aksana demeurèrent scellées, ses yeux se posant rapidement sur le plancher. Elle n'avait jamais ressenti la sensation d'être protégée, à l'exception peut-être en la présence de l’argenté. Cependant, ce sujet n'était pas au cœur de la discussion… Même s’il ne cessait, même en son absence, d’hanter ses pensées.

— « Monsieur Tyndall ! » s'écria une voix depuis le sommet de l'escalier, captant l'attention des deux. « Votre chauffeur est arrivé, et le manoir est sur le point de fermer ses portes  », annonça l'une des domestiques. « Merci de ne pas trop tarder, termina-t-elle avant de disparaître. »

L'homme laissa échapper un soupir léger, manifestement contrarié par l'idée de partir si tôt. Pour la créature, une pointe de soulagement effleura son cœur. Quelque chose, qu'elle ne saurait définir précisément, la mettait profondément mal à l'aise en présence de cet individu, aussi poli soit-il. Bien qu’en réalité, il n'avait pas montré beaucoup de respect envers son ami. Monsieur Tyndall se releva, effectuant une petite révérence en direction de la domestique pour prendre congé, tout en conservant son sourire irrésistible.

— « À bientôt, très chère. Je pense que nous avons encore beaucoup de discussions à avoir, vous et moi. »

Il s'éclipsa, laissant la jeune malhar seule dans ce sanctuaire qui s'imprégnait désormais de son odeur. Alors qu'elle pensait n'avoir que peu de nettoyage à faire, elle devrait désormais éliminer cette fragrance de la pièce pour que ces notes ambrées ne viennent pas perturber Sheog.  Dissiper l'aura dérangeante, de cet humain qui avait souillé l'intimité de ce lieu.  Elle devait le rendre immaculé, autant que ses pensées. Et pour cela, elle dirigea ses songes vers une âme plus pure, dont elle attendait impatiemment le retour.
Ezvana
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Jeu 9 Nov - 0:08

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.

TW violence et torture


Peu de lumière était filtré dans l'habitacle, seulement celle de la vitre le séparant du chauffeur. Habitué à le transporter, il était doux dans les virages, pourtant l'animal à l'arrière devait se maintenir du mieux qu'il pouvait pour ne pas glisser ou éventrer le plafond de ses cornes. Mama lui avait dit qu'elle était agacée de devoir toujours payer des réparations par sa faute.
Il entendait en dehors les autres voitures, parfois même quand ils étaient à l'arrêt des discussions de passant sur le trottoir. Mais il se devait de rester cacher, les humains auraient bien trop peur de le voir déambuler dans les rues de la petite ville.
Le voyage fu long et pénible et pourtant Sheog n'avait pas hâte d'arriver. Il contrôle sa respiration par des exercices qu'il a appris durant son enfance alors qu'il était un grand angoissé par tout ce qu'il ne connaissait pas.

Mais quand le véhicule s'arrête et que la porte s'ouvre, il n'eut plus le temps de compter chaque seconde d'expiration. Il dû sortir rapidement, bien qu'il n'y eût presque personne dehors à cette heure tardive. Il était devant une petite maison qui avait l'air banale, celle de banlieue qui se ressemble toutes. On était bien loin du grand Manoir et de sa richesse extérieure. La Gargouille ne se soucie guère du lieu, après tout de son lieu de vie il n'en connaissait que sa chambre et le salon.

La porte s'ouvre et il vit Mme Blondel tout sourire, portant une robe d'un rouge bordeaux. Elle l'invite à entrer, demande au chauffeur de s'en aller. Mais celui-ci lui indique qu'il ne quitterait pas sa position devant son lieu d'habitation, c'était la procédure. Un moyen comme un autre de partir à toute vitesse si la Bête devait mal agir.
Un haussement d'épaule et elle referme la porte d'un claquement sec.

Sheog se tient debout, le bout de queue s'agitant par petit mouvement sec, il ne bouge pas, n'ose pas poser son regard sur cette femme à l'allure si féminine. Elle avait maquillé sa bouche d'un rouge carmin, sa chevelure blonde était parfaitement lissée en arrière d'une haute queue de cheval. Elle c'était préparé à cette entrevue comme pour un rendez-vous galant.

D'un mouvement de main elle l'invite à le suivre et ils s'enfoncent dans la cave. L'escalier grince sous le poids du Monstre et il vit devant lui des accessoires, des chandeliers avec des bougies noires, des plaids rouges et des anneaux et des chaines vissées directement sur les murs ou dans le sol.

- J'ai pensé que cela te rappellerais d'où tu viens.

Fausse bienveillance qui transpire dans la voix de la femme, mais Sheog ne s'en formalise pas. Il était là pour certaine raison et il ne se défilerait pas. S'approcher d'un pas lent et maîtrisé vers Mme Blondel qui l'attendait, ses doigts pianotant sur sa hanche.

- Tu devras m'obéir en tout point. Tu m'appelleras Madame. Si je vois le moindre fait qui me gâche mon plaisir, je te le ferais payer. Où je le rapporterais à ta propriétaire. Compris ?

Les yeux d'argent se baissent vers le sol, quittant la tenue de cette humaine, signe de sa soumission. Titan de chair qui ploie l'échine, sa couronne noire se rapprochant du sol.

- Oui Madame.

Elle sourit, la jubilation déformant les traits de son visage, tel une enfant ayant reçu le cadeau tant attendu pour Noël. L'hésitation fait trembler sa main qui se tend pour toucher la peau, sa respiration se coupe alors qu'elle s'imprègne enfin de cette chaleur intense qui se dégageait de son nouveau jouet. Elle prend une mèche de cheveux, la tire en arrière comme pour tester la solidité de la longue crinière de nuit, entoure la base de la queue pour la serrer de sa paume. C'était comme un insecte qui essai de troubler la paisible bête qui essaie de ne pas le remarquer. Élève modèle qui de ne bronche pas.

Madame vient attraper une cravache en cuir dur et fait glisser la pointe sur la colonne de son sous-fifre avant de venir la faire claquer d'un geste sec sur un flanc. Ses yeux pâles fixent le visage de Sheog pour y déceler le moindre signe de souffrance, le moindre frémissement qui trahirait une sensation chez ce Démon. Voyant qu'il n'y avait pas de résultat elle recommence.
Encore et encore.
Les claquements sont bruyants, résonnent autour d'eux tel des coups de feu. Elle martèle chaque parcelle de peau grise pour la voir rougir, le dos, les cuisses, les tibias, les épaules, le ventre. Chaque coup était maîtrisé, chaque endroit était calculé pour être impactant. Venir chercher la faille dans l'armure de cuir, chercher la faille qui ferait frémir le géant face à elle.
Agacé par l'absence de réaction elle se met devant lui pour d'une torsion du poignet venir claquer la cravache sur une joue avec une brutalité indécente.

L'Animal ferme les yeux sous l'impact alors qu'il a un mouvement de recul. Un bruit s'échappe de ses lèvres, une sorte de gémissement qui se ressent comme une plainte.
Mme Blondel est haletante, sa poitrine se gonflant par spasme alors que ses pupilles sont dilatés par le plaisir. Elle retirait un bonheur certains à cette flagellation.

- A genoux.

Docile Sheog, qui plie les genoux qui s'écrasent au sol. Naturellement il pose ses mains contre ses cuisses la paume vers le ciel, baisse son menton comme s'il voulait qu'il touche son torse.
Puissance de la nature qui se soumet face à une humaine si menue en comparaison. Tableau épique de la domination naturelle de l'Homme sur les autres créatures, teinté d'une tristesse navrante face à cette flamme éteinte de ce démon aussi beau que les statues d’Apollon.
Le tintement sinistre de chaînes se fait entendre alors qu'elle attrape celles fixés profondément dans le mur et dans le sol, avec difficulté elle bloque ainsi grâce aux anneaux, le coup, les poignets et les tibias. Elle teste la solidité de son œuvre avec un sourire satisfait puis elle attrape la pointe d'une corne, essai de faire plier un peu cette nuque, le tordre pour lui faire mal comme on essaie de faire tomber un taureau.

Madame se glisse dans son dos, admire l'éclat violacé de ses traces de violence. Avec une curiosité malsaine elle se demande si le sang de sa créature était rouge comme le leur.
Un pied qui s'appuie sur le dos de Sheog, un talon qui s'enfonce dans le creux d'un rein. Un reniflement de l'animal qui renâcle sous l'effet de la douleur. Ce talon qui remonte, se faufile vers une épaule pour appuyer sur ce corps, qui se plie en deux, que son menton racle le sol dans un bruit de frottement.
Port fière de cette femme qui maîtrise le démon des enfers de son talon de séductrice. Sa langue balaye ses lèvres pour savourer le moment avant de se retirer et de chercher un fouet qui attendait sagement tel un serpent replié.
Elle le fait claquer dans l'air, juste pour voir le frémissement des longues oreilles s'aplatirent en arrière. Un léger rire sort de sa gorge alors que Sheog vibre d'une énergie retenue. Il baisse la tête, commence à serrer les dents, s'attendant à la morsure terrible qui déchirera sa chair.

Le premier coup arriva plus vite que prévu et un grognement s'extirpa de cette bouche qu'il essayait de garder close. Un deuxième coup et son corps fait un bond en avant, ses chaînes le retenant brutalement, le cuir tordant sa peau. Au troisième un cri de douleur résonne dans sa large cage thoracique, un rictus de douleur déformant les traits de son visage, des canines apparaissent, les doigts s'écartent comme pour griffer l'air.
Madame rit, rit à gorge déployé. Cela résonne comme une invocation macabre, semble remplir la pièce de sa présence comme si elle était partout. Les insultes fusent alors que ses bras dansent, que le serpent de cuir s'enfonce toujours plus dans la chair de la Bête. Il n'était rien, il était sa chose, il ne pouvait donc pas avoir de conscience. Il était hideux. Il était un monstre. On aurait dû le tuer. On aurait dû le dépecer, arracher sa tête pour le garde en trophée. Elle lui était supérieure, elle était tout pour lui en cet instant. C'était elle qui maîtrisait la moindre de ses respirations, c'était elle qui lui permettait de tenir le choc. C'était elle qui maîtrisait le rythme, c'était elle qui tenait sa vie entre ses mains.

L'esprit de Sheog perdait de sa vigueur à chaque coup porté. Ce n'était pas la première fois qu'il était soumis aux pulsions morbides d'être Humain, qu'il devait tenir une nuit de plus entre les bras perfides de ses monstres à l'allure si soignée. La Gargouille avait remarqué que plus un Humains était soigné, plus il avait des choses à cacher.
Mais d'habitude, ceux qui usaient de moyen de tortionnaire à son égard avaient des pulsions sexuelles, le schéma classique d'un jeu de domination et de soumission, certains dérivant dans les interdits de ces pratiques qu'il n'était qu'un monstre et non doté d'une sensibilité égale à la leur. Cette soirée était différente. Mme Blondel n'était pas là pour satisfaire une pulsion sexuelle, n'était pas là pour se toucher en le regardant être menotté. Elle était là pour le faire réellement souffrir, c'était cela son extase. Elle se fichait bien qu'il est un pénis derrière son pagne, il pourrait être neutre qu'elle s'en moquerait. Elle voulait pouvoir faire le mal en le faisant bien, des pulsions malsaines qui n'étaient que le fruit d'une dégénérescence mentale.

Et plus le temps passait, plus le Démon avait du mal à garder ses pensées cohérentes. Il n'était plus que douleur, souffrance et affliction. Il ne réagissait plus au couperet qui lacère sa peau, se limite à des grimaces déformant ses traits d'ordinaire si bienveillant, groggy par l'endorphine libéré dans son corps.

Soudain le fouet s'enroule autour de son cou et son souffle est coupé. Madame tire en arrière de toutes ses forces, fait plier en arrière ce corps musculeux et creuse son dos d'une cambrure peu naturelle. Sheog suffoque, essai d'arracher ce collier étrangleur de ses griffes qui marquent sa peau de sillons rouges alors que le sang s'écoule avec lenteur tel des larmes de sang. Le tintement brutal des chaînes qui l'empêchent d'agir alors qu'elle resserre sa prise soudainement énervée de le voir se débattre.
C'est seulement quand la peau devient violette qu'elle relâche la pression et la Bête s'effondre en avant, toussant lourdement, la respiration sifflante.
Prendre appuie sur le sol pour se redresser pour tenir la position pour satisfaire Mme Blondel alors qu'il entend des bruits de talons lorsqu'elle fait le tour pour se retrouver face à lui.

Elle pousse un cri de rage et d'un mouvement de bassin elle vient frapper le visage de son esclave d'un coup de pied. La lèvre inférieure éclate sous la pression, une giclé de sang vient recouvrir le corps de la femme de pétale rouge sombre.
C'est à ce moment-là que Sheog comprit le choix de couleur de cette robe parfaitement cintré.
Des hurlements, une articulation difficile alors qu'elle décharge toute sa frustration sur l'animal qui se tenait toujours la tête baissée pour ne pas alimenter sa fureur, fuyant son regard par-dessus tout. Comment osait-il se débattre ? Elle ne lui a pas donné l'autorisation.

- Regarde-moi ! Regarde-moi !

Relever son visage avec lenteur avant qu'un pied ne vienne écraser sa face contre le sol. Plaqué contre le béton froid il la regarde et la peur s'insinue plus profondément dans ses entrailles, serpents glacials qui le font soudainement trembler.
Ce qu'il voyait le terrifiait. Il n'y avait que le vide. Il n'y avait pas cette flamme que tout être vivant portait en son cœur, cette âme qui faisait qu'on était autre chose qu'une coquille creuse. Il y avait bien quelque chose qui remuait, mais plutôt quelque chose d'anormal, un vice profond qui se laissait être dévoilé par ces pupilles tellement dilaté que ses yeux en paraissaient noirs.

Elle était profondément malveillante, un démon ayant prit l'apparence d'une femme. Un océan de folie et de perversité. Son maquillage avait coulé, on avait l'impression qu'elle s'était abreuvé du sang de la créature alors qu'elle c'était frotté la bouche d'un mouvement de main, laissant une trace rouge sur son menton, cette hémoglobine qui tachait sa joue, des mèches folles qui c'étaient échappés de l'élastique.

Sheog était profondément marqué parce qu'il voyait, cauchemars qui avait pris vie devant ses yeux. Jamais il n’eus aussi peur de sa vie. Sa respiration est rapide malgré la gorge contusionné ses pupilles sont fendus comme ceux des chats alors qu'il tremble de tous ces membres. Il voulait partir, maintenant. Se réfugier dans sa chambre ou personne ne viendrait lui faire du mal.
Pourquoi il n'y avait personne pour le soutenir ? Pourquoi était encore une fois seul face à la monstruosité ? Pourquoi Mama avait-elle accepté ?
Pourtant aucune larme ne vient border ses yeux effrayés, trop paniqué pour pouvoir extérioriser ce qu'il ressentait. Figé tel une statue de cire. Immobilisé dans un piège lentement refermé sur lui.

- Grogne-moi dessus.

Battre des cils alors qu'il semble reprendre vie. Lui grogner dessus ? Il ne le pouvait pas, c'était interdit par Mama. Il ne devait jamais montrer un signe d'agressivité envers un client, jamais. Pourtant, il ne devait jamais désobéir à un Humain. Il s'apprête à articuler une parole pour lui expliquer les consignes de Mama, mais la chaussure de Madame écrasa un peu plus une de ses pommettes saillantes. Alors qu'il avait l'impression que son os allait éclater elle relâche la pression pour se diriger vers sa queue. Sheog n'eut pas de réagir alors qu'elle arrache une partie de sa peau prêt de la pointe effilé d'une sorte d'économe, épluchant chair peau et poil. Il pousse un hurlement de souffrance, n'arrive pas à faire revenir son membre le plus sensible vers lui alors qu'elle l'immobilise. Elle recommence une nouvelle fois de l'autre côté et les griffes crissèrent contre le sol, certaine se cassant avec un bruit dérangeant.

Dégoulinant de sueur et les muscles tendus, la Gargouille tente de reprendre contenance, de respirer normalement. Il ne devait pas décevoir Mama. Il ne devait pas décevoir Mama. Il ne devait pas décevoir Aksana.
Tourbillon rouge qui s'approche à nouveau de son visage.

- Je t'ai dit de me grogner dessus !

Un son rauque et puissant roule depuis sa poitrine et glisse dans sa gorge, alors qu'il ouvre la bouche en grand dans un rugissement animal, les canines saillantes et la colère brillant dans ses yeux. C'était une menace terrible, l'avertissement d'une Bête sauvage. Il semble vouloir bondir vers l'avant, mais le corps est devenu trop faible et de toute façon trop bien retenue par les chaînes qui font un bruit sinistre.

Mme blondel recule sous la surprise, la peur se lisant sur les traits de son visage. Puis un bonheur sans borne déforme le pli de sa bouche, elle trépigne sur place en applaudissant telle une hystérique. Elle s'approche d'une plaque en métal pour venir y saisir une énorme pince.

- Tu mérites d'être punis et tu le sais.

Avec terreur, Sheog comprit que tout était prévu depuis le début. Il ferme les yeux, plisse les paupières avec force alors qu'une douleur sourde émane de l'intérieur de son corps. Celle d'avoir été trahit. Il savait désormais qu'il était tombé dans un piège et que Mama serait prévenu. Le bruit d'un lion mourant sort de sa bouche, une plainte profonde de celui qui était tombé.

- Tu ne bouges pas.

Il dû lui-même ouvrir la bouche pour laisser la place à cette pince qui se referme sur l'une de ses canines. Ses yeux restent sur cette femme qui l'avait humilié, rabaissé. Et quand il sent qu'elle tire il ferme les yeux pour endurer la souffrance sans se débattre.
Le corps de l'humaine se tend alors qu'elle tire de toutes ses forces, qu'elle fait tourner l'engin de torture pour entendre un craquement satisfaisant.

Un supplice nouveau, qu'il n'a jamais connu emplit le corps et l'esprit de Sheog. Il avait l'impression qu'un tison de feu était en train de s'enfoncer profondément dans sa gencive, comme si on lui arrachait la mâchoire. Le goût métallique de son propre sang emplit sa bouche et il du le cracher au sol pour ne pas s'étouffe avec.
Du coin de l'œil, il vit le trophée d'ivoire tendu par la main ensanglantée de Mme Blondel. Il aurait été si facile pour cette créature de tendre cette queue et de transpercer cette personne qui le torturait depuis plusieurs heures. Il aurait pu se rebeller, déchirer le cuir qui ceignait sa peau à défaut de briser les chaînes. Et pourtant il baisse la tête et ce soumet, comme on lui à toujours appris depuis sa plus tendre enfance.

Le temps passe mais il ne s'en rend plus compte. L'esprit brisé, le corps meurtris, il se noyait dans un puits sans fond pour ne pas sombrer dans le coma. Replié sur lui-même il se mettait en boule pour amortir le choc, les yeux rougis par les vaisseaux sanguins éclatés sous la pression, son propre sang maculant le sol.

Puis quelque chose sonne, détonne dans ces bruits qui résonnent dans les oreilles de Sheog. C'était la fin de séance et il comprit en entendant les vociférations de Madame. Il ne bougea pas, même quand il entendit la tondeuse et le raclement sur le bas de ses épaules et qu'elle coupait un morceau de tignasse tel un trophée à garder.

D'un coup de pied elle lui indique de se relever tendis que son corps était libéré. Avec lenteur il gravit les escaliers, s'appuie contre le mur, la tête basse, tremblant de tout son corps. Mais il devait rentrer, il devait rejoindre son antre pour récupérer.
On ne lui ouvre pas la porte de sortie, mais ce n'était qu'un détail. Sans vraiment savoir comment il se retrouve dans le véhicule, ne retient pas le bruit de surprises du chauffeur.
Pour le retour il se met assis par terre, étant trop faible pour se tenir sur la banquette, arrivé devant le manoir il entre sans regarde autour de lui.

Il entend Mama qui se précipite vers lui, bondissant de son fauteuil. Il ne comprend pas ce qu'elle dit bien qu'il note la peur qui se glissait dans sa voix, il sent la caresse de sa main sur son bras, elle lui indique de se rétablir dans sa chambre alors que la colère vibre dans sa gorge alors qu'elle insulte cette Mme Blondel et qu'elle se dirige vers son bureau pour régler cette affaire.
Mais Sheog lui n'avait qu'une idée en tête, retrouver sa chambre et voir Aksana.

Il descend les escaliers, loupe une ou deux marches et manque de tomber. Le corps penché en avant, se tenant le ventre il se faufile dans sa chambre vide d'une respiration sourde. Transit de douleur il se glisse dans son lit, se met en boule sur le côté, dos sanguinolent vers la porte, la queue repliée sur lui-même. Sa peau tachetée d'hématomes était souligné par les rayons lunaires qui traversent faiblement les barreaux de sa fenêtre, les profondes lésions de son dos d'un rouge écarlate tel des rubis dans la nuit. Il tremble tellement que ses dents claquent alors que la douleur le renverse de ses vagues dévastatrices, balayent toutes ses barrières une à une. Il lui était plus facile de se glisser vers cet autre lui, plus sauvage, plus animal pour ne pas sombrer. A quoi bon être une proie facile ? Pour se protéger il se devait d'être le plus fort, le plus redoutable.

Un son dans la pièce, quelqu'un était entré.
Un grognement sourd résonne dans la pièce, de celui qui hérisse le poil et fait fuir les intrus. Les yeux brillent dans la nuit alors qu'il se tourne pour punir celui qui osait le blesser une nouvelle fois, tel le chat souple qui ploie son corps pour bondir. Il montre les dents malgré le sang maculant ses dents, il presse les bords de son lit qui grince sous la pression.

Dans sa vision troublée il voit une peau bleutée, le reflet sur une pierre au front de la personne. Ses yeux plissés par l'agressivité s'ouvrent en plus grand alors qu'il hume l'air. Il y avait une odeur qu'il ne reconnaissait pas et celle d'Aksana. Lentement l'information remonte lentement à son esprit embrumé par la souffrance et la honte, l'esprit rationnel prend le dessus sur celui farouche.
Il se repli sur lui-même, attristé d'avoir ainsi effrayé celle qui était si importante à ses yeux. Une plainte résonne dans sa bouche, les yeux se baissent.

- Je suis désolé…

Plus un râle qu'une parole intelligible, de cette gorge devenue rugueuse à force de hurlement. L'Animal semble vouloir cacher ses blessures en repliant ses bras sur lui-même, bien que ce fût un geste inutile. C'était trop tard, elle a vu son dos.

Détourner son visage, faire glisser d'une griffe encore intacte pour faire tomber des mèches sombres devant son visage pour camoufler son œil sanglant, cette lèvre fendue en deux et les bleues ornant sa peau de baiser violacés.
Déglutir difficilement.
Il n'était que douleur.

Lulu
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Lulu
Jeu 9 Nov - 18:36

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
AKSANA'S POV. Vous sentez-vous protégée, Aksana ? Cette question résonnait en écho, tel un lamento funèbre, dans l'esprit embrumé de celle qui avait été projetée dans les tréfonds d’un manoir. Question posée à l’âme éperdue qui luttait quotidiennement contre l'incessante moisissure qui souillait les lambis décrépis de sa piaule, et qui menaçait d’un jour ronger ses propres poumons. Question posée à la créature rejetée, dont le cœur tressaillait à la moindre approche des humains. Question posée à l’oubliée, la négligée, celle qui était vouée à survivre dans l’obscurité et la solitude.
Les mortels la condamnaient comme si elle avait commis les crimes les plus infâmes qui soient. Et pourtant, son seul péché était d'être née différente d'eux.
Ses poings se crispèrent, en réponse à cette vérité implacable. Les flammes de la colère menacèrent de brûler son cœur, mais la prudence, si rigoureusement inculquée, étouffa prestement ces brasiers intérieurs. La moindre impureté, qui oserait faire bouillir son sang ou assombrir ses pensées, risquait de la pousser sur la voie maudite de ses ancêtres, ceux dont la cruauté avait marqué son lignage.
Car une malhar, plus que nulle autre créature, se devait d'incarner la retenue absolue. Ces paroles, qu'elle considérait comme les rares douceurs que sa marâtre lui avait prodiguées lors de ses accès de colère juvéniles, résonnaient encore dans sa mémoire. Depuis lors, l'elfe avait revêtu un masque de douceur et de docilité, dissimulant les tourbillons de tempêtes qui faisaient rage au plus profond de son être.

Ses oreilles, toujours à l’affût, se dressèrent vivement, tandis que ses poings se relâchèrent,  réagissant au rythme des pas lourds et gauches qui martelaient les marches de l'escalier. Sheog ? Une évidence inexplicable lui saisit le cœur. Même dans l'obscurité totale, elle reconnaîtrait son pas parmi mille autres. La tristesse et la fureur se dissipèrent, chassées par l'impatience ardente de le retrouver, et surtout, de s'assurer que tout s'était bien déroulé avec cette humaine.
Ainsi, Aksana redressa sa silhouette gracile, reprenant les gestes délicats et soigneux de Mama, ajustant les plis de sa robe pour en ôter les souillures qui s'y étaient discrètement amassées. Puis, sans plus attendre, elle quitta sa modeste chambre pour rejoindre celle de Sheog. Elle serait là, comme promis.
Ses pas la guidèrent inéluctablement vers la tanière du cornu, et c'est seulement à l'instant où elle se trouva devant la porte que ses yeux aperçurent d'étranges gouttelettes maculant les planches usées. Intriguée, ses sourcils se froncèrent, et bientôt, à l'aspect visuel se mêla une senteur familière... Celle-là même qui souillait ses doigts lorsqu'elle préparait la viande de l'immaculé. Son cœur fit une embardée, la terreur  le transperçant de part en part.
Aucune question n'eut le loisir d'envahir ses pensées, car l’urgence de l’instant l'emporta, la poussant à ouvrir la porte avec empressement. C’est là, qu’Aksana découvrit une vision d’horreur.
Sheog n’était plus qu’un amas de douleur maculé de carmin, sa silhouette majestueuse avait été réduite à une ombre désarticulée et souffrante. Un grondement profond résonna, faisant reculer involontairement la silhouette bleutée de deux pas. Une réaction impulsée davantage par la douleur que par la crainte inspirée par cette entité ensanglantée qui venait de lui feuler dessus.
Plus une parcelle de cette créature majestueuse n'était exempte de cette souillure écarlate, que ce fût par le sang répandu ou les blessures infligées par l’ignoble humaine. Même l'intérieur de sa bouche semblait avoir été ravagé, mais Aksana ne parviendrait guère à discerner l'origine du fluide écarlate qui inondait cette cavité, tant il se mêlait à la marée sanguine qui la recouvrait. Sur l'entièreté de son corps, les blessures demeuraient insaisissables, cachées sous cette mer rouge qui noyait la majesté de l'entité.
Il sembla la reconnaître, lors d’un instant fugace de lucidité au cœur de toute cette souffrance qui avait engourdi son être. Sheog se replia, vulnérable et chétif, sous les yeux scintillants de l'elfe aux traits azurés, qui ne pouvait dissimuler ni son effroi, ni sa profonde tristesse, face à cette vision déchirante. Il poussa un râle désolé, puis se referma sur lui-même, formant une boule de chair ensanglantée, comme pour se protéger de cette cruelle réalité.
Ces excuses lui transpercèrent le cœur,  des excuses qu'elle aurait préféré entendre s'échapper de lèvres différentes. Ce n’était pas lui le fautif, mais eux.
La gorge serrée, la jeune malhar demeura immobile pendant de longs instants dans l'obscurité, tétanisée par l'horreur qui avait été infligée à son semblable, à son ami. Son cœur hurlait de douleur, et des larmes perlèrent au coin de ses prunelles, qu'elle s'empressa d'essuyer d'un geste vif de la main. Elle ne pouvait pas se permettre de craquer, de s'effondrer, car il se pouvait bien que son ami ait besoin d'elle pour se relever.
Mais l'effroi et la douleur suscités par cette vision sinistre s'ancrèrent profondément dans son être, y gravant des cicatrices invisibles qui ne s'effaceraient jamais.
Aksana se déplaça avec une lenteur délibérée, effleurant les planches usées avec la grâce d'une fée. Elle ne voulait en aucun cas émettre le moindre son susceptible de terroriser davantage, de le plonger encore plus profondément dans son calvaire. Ses pas évitèrent prudemment le plat qu'elle avait si méticuleusement préparé, préférant s'approcher du lit sur lequel Sheog était recroquevillé. Elle se força à contenir les larmes qui menaçaient de déborder, allant jusqu'à mordre sa langue pour détourner son attention de la tristesse qui l'envahissait, et de la colère qui couvait en elle.

— « Sheog... Accepterais-tu que je te soigne ? » murmura-t-elle, réticente à l'idée de manipuler son ami sans son consentement. Ce soir, elle n'avait pas l'intention de laisser ses désirs être négligés.

Pourtant, si Sheog refusait son aide, Aksana craignait que ses blessures ne s'infectent. Il y en avait tellement, et elle avait cru distinguer parmi elles certaines qui semblaient particulièrement profondes.
Toujours empreinte de la plus grande délicatesse, la jeune malhar s'accroupit près du lit de Sheog. Elle réprima l'envie de caresser ses cheveux, de lui apporter un peu de réconfort. Au lieu de cela, elle décida de voir ce qu'il tolérerait en cette fin de soirée éprouvante, ce qu'il accepterait ou refuserait. Si son ami venait à chercher son contact, alors elle serait prête à le choyer aussi longtemps qu'il le souhaiterait. Peu importait ce que Mama pourrait dire si elle la surprenait ici. Pour Aksana, seul le bien-être de Sheog comptait. Après tout, n'était-ce pas pour prendre soin de lui qu'elle avait été acquise ? Aujourd'hui, et les jours à venir, elle serait à sa disposition.

— « Si tu le veux, je passerai la journée avec toi ici. Pour veiller sur toi. »

Pour te protéger et te guérir.
Avec lenteur, l'elfe se redressa, s'éloignant de Sheog de quelques pas seulement. Son regard se posa sur la porte, qu'elle observa en silence pendant un moment. Mama lui avait toujours interdit de la fermer, disant que c'était pour sa protection. Aujourd'hui, elle comprenait que c'était surtout pour garder un œil vigilant sur eux. Aksana décida de la refermer doucement, sans la faire claquer. Ici serait l'endroit où Sheog pourrait trouver ne serait-ce qu’un semblant de paix.
Elle quitta la porte close et se dirigea vers une armoire qui était cadenassée. La domestique fouilla dans l'une de ses poches et en sortit une clé supposée pouvoir l’ouvrir. Elle l'utilisa pour révéler le contenu familier de ce meuble qu'elle avait l'habitude de fouiller. C'était là que se trouvait tout le matériel domestique, ainsi que le nécessaire pour prendre soin de Sheog. Elle espérait que Mama ferait bientôt appel à un médecin pour traiter ses blessures les plus graves.
Une fois qu'elle eut la petite trousse en main, Aksana referma délicatement l'armoire. Sa silhouette retrouva sa place auprès de Sheog. Elle déposa la trousse à côté du lit, prête à l'utiliser si jamais il acceptait d'être soigné, de se laisser toucher.

— « Je serai là, aussi longtemps que tu en auras besoin, Sheog » chuchota-t-elle tendrement, ses yeux cherchant désespérément les siens.

C'était une promesse, la même qu'elle avait formulée avant qu'il ne soit précipité dans les abîmes de l'enfer. Elle serait là pendant plus d'une journée, s'il le fallait, elle serait là pour toujours, s'il le désirait.
Ezvana
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Ezvana En ligne
Ven 10 Nov - 3:55

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Grogne-moi dessus. Cela résonne en échos dans son esprit, rebondit sur sa conscience tel les pleures d'une banshee funeste. Cet ordre si anodin qui lui avait porté préjudice, l'avait enfermé dans une boucle de souffrance dont l'esprit de Sheog n'arrivait pas à se défaire. Plus que la douleur physique, c'était cette trahison qui le poignardait sourdement, inlassablement. C'était sa mise à mort, celle de la Bête grande et majestueuse qui tombe sous les mains du glorieux chasseur. Il n'était plus inférieur aux humains, il était leur proie. Cette nuit il avait vu le pire de ce que pouvait contenir l'humanité. Pourtant tout le monde ne pouvait pas être ainsi, Mama ne l'était pas.

Son cœur rate un battement. Mama. Elle allait être au courant qu'il a désobéit. Le piège se renferme toujours sur son cœur, une plainte fuse d'entre ses lèvres tuméfiées.
Coller son front sur son avant-bras, plonger son regard dans le noir pour fuir la réalité. Un mouvement de balancier accompagne ses tremblements intempestifs.
Une grimace déforme parfois ses traits alors que des pics de douleurs se glisse tel des morsures sur son corps. Ses dents claquent à nouveau alors qu'il a froid, pour la première fois de sa vie, une sensation qui lui faisait peur. Jamais encore, malgré toutes les épreuves, malgré tout ce qu'il a vécu, jamais encore son corps fût brisé ainsi. Il avait l'impression que le souffle glacial de la mort arpentait sa nuque pour épier le moindre signe vital, drapé d'un voile rouge sombre.
Rouge. Rouge. Rouge.
Rouge comme la robe de Mme Blondel.
Trembler un peu plus, un filet de salive ensanglanté glissant sur l'une de ses jambes alors qu'il replie la lèvre supérieure en un feulement de terreur. Le visage de Madame tournait dans son esprit, tantôt furieux, tantôt possédé par la folie. Il se souvient de l'intonation de sa voix quand elle le rabaissait pour l'humilier, de cette façon dont elle montait dans las aigus quand le plaisir naissant dans son esprit perverti.
Il n'était rien. Un déchet. Un trophée. Une possession.

S'ébrouer, réveiller la douleur physique pour chasser ce démon de sa tête. Il entend Aksana et elle semblait loin, si loin de lui qui était perdu sur son île désertique ou la souffrance lui arrachait chaque parcelle de peau de ses griffes aiguisées. Il tournait sur lui-même pour la repérer dans la brume épaisse mais il c'était perdu. Il ne voyait que des ombres furtives, des éclats brisés de sa propre personne. On lui murmure de céder. D'abdiquer. Il n'était qu'un monstre non ? Autant l'être tout entier. De corps comme de cœur. De devenir un vrai démon. Et de se laisser aller, se laisser glisser. Il pouvait tuer, éventrer, égorger. Il pouvait se nourrir des autres. Et instiller la peur dans tous les regards et enfin on le respecterait. Il pourrait partir.

Mais pour aller ou … ?
Il ne pouvait pas quitter Mama. Il ne pouvait pas quitter Aksana. Son rêve de liberté ne devait pas se faire au prix de sa conscience. L'image d'une elfe bleue recouverte de rouge, le corps étendus dans ses bras, le souffle ayant quitté ses poumons, le cœur muet. Il se voit la regarder pour l'observer en retour. C'était cela qu'il désirait ?
Il préférait mourir plutôt que de lui du mal.

Lentement, il relève son visage, dévoile ses yeux ou le globe oculaire était devenu rouge, des battements de cils répétés pour endiguer la douleur. Il voit Aksana à ses yeux, la tendresse adoucissant les traits naturellement doux de son visage. Mouvement de recul involontaire de son corps alors que sa présence le perturbe, cette queue écorchée qui naturellement se place entre eux. Il plonge dans ce regard aux teintes violacés, cherche, fouille de son regard de vipère. Il devait remuer chaque parcelle qui pouvait être dévoilé pour voir s'il y avait un piège. Voir s'il ne retrouverait pas ce reflet de folie dans cette âme. Maintenant il serait capable de déceler ce côté malsain, imprimé dans son esprit au fer rouge.
Mais elle voulait le soigner.

Un long frisson lui hérisse le poil, dresse le poil duveteux de son corps et il feule, tel un félin qui s'arrondit de peur. Si elle voulait le soigner c'était pour qu'il retourne là-bas. Plus tôt il serait de nouveau en état, plus tôt les affaires reprendront. Mais même la douceur d'Aksana ou les ordres de Mama ne le persuaderont d'obéir et d'y aller.
Serrer un peu plus ses jambes contre lui, le cuir s'enfonçant dans sa chair et tord la peau déjà abîmés. Il a toujours eu un corps avec une récupération incroyable, sa faculté à prendre une autre forme, plus sauvage, permettant de guérir les plus graves blessures. De nombreuses fois on lui a cassé les os et toujours ils se sont remis en quelques jours, deux semaines environ, souvent on a coupé sa peau et elle se referme sans presque aucune cicatrice. Son métabolisme combat les infections et les maladies avec efficacités. Mais jamais encore il n'avait atteint ce stade. C'était comme s'il était en sursit, la carcasse tenant difficilement.
Une nouvelle fois un courant d'air froid glisse sur sa nuque et la Mort rôde, non loin.

Chasser le rouge de ses pensées avec colère. Cela prend le pas sur la peur qui le tétanise et lui fait fuir le monde réel. Il voulait parler mais les mots restent bloqués dans sa gorge. Il lui voulait lui dire qu'il avait peur. Qu'il était terrifié. Qu'il avait vu un vrai monstre dehors et qu'eux étaient bien différents de ce vice qui animait cette Humaine. Il voulait être réconforté, il voulait qu'elle soit là. Il voulait être seul et ne plus être proche de quiconque.
Trembler plus fort alors qu'inconsciemment son âme essai de se remettre du choc. Lentement des pensées cohérentes se forment à nouveau et il repasse ce que lui avait dit la femme face à lui.

- Tu… Tu ne peux pas… Tu ne peux pas rester ici le jour.

Il bafouille, essai de se reprendre pour chuchoter le plus doucement possible, froissement soyeux de la soie. Sa première pensée fu pour son amie qui ne supportait pas les rayons du soleil, ne voulant pas qu'elle puisse être blessé par sa faute. Mama n'aurait pas été contente que les deux créatures qu'elle avait sous son autorité soient défigurés et savoir qu'elle puisse souffrir par sa faute ne faisait que rajouter une dose de honte.

Lentement il tend un doigt à la griffe arrachée, les barreaux de sa seule fenêtre, sous-entend d'un souffle qu'il faudrait obstruer cela d'un drap.
Son corps semble se détendre imperceptiblement, cette façon dont sa queue s'agite moins et recule vers le fond du lit pour ne plus faire barrière, ses yeux qui dépassent de son avant-bras qui ne se précipite plus dans le noir pour fuir. Lentement sa langue balaye ses dents et s'attardent sur le trou béant ou manquait l'un de ses crocs. Le sang ne cessait de couler, maculant ses autres dents, striant sa langue de trace pourpre.

- Il faut faire le cataplasme de Mama.

Il énumère les plantes d'un chuchotement discret, à peine audible. Des feuilles de consoude, du Fenugrec avec du lierre grimpant. Il fallait faire bouillir des bandages de lin dans une infusion déjà prête dans un bocal dans la cuisine des domestiques et appliquer l'ensemble des feuilles broyés et humidifié de la décoction sur les blessures. C'était toujours ce que l'on lui avait prodigué comme soin par les anciens domestiques, n'ayant jamais vu de médecin de sa vie au vu de sa capacité de régénération. C'était archaïque, un peu comme l'ambiance qui imprégnait le manoir. Il aurait bien besoin de plus au vu de la profondeur de ses blessures.
Avec hésitation il se déplie un peu plus, dévoile un peu plus l'ampleur des dégâts. Dans un autre chuchotis il parle de l'ampoule au plafond, pour mieux apercevoir les blessures, si elle avait besoin de plus de lumière. Lui voyait parfaitement, mais il n'était pas conscient des capacités de l'elfe.
Il la voit se lever, comme pour aller dans la cuisine ou ailleurs. Peu importe. La terreur étreint le géant de chair qui relève son visage, lâche un flot de paroles inintelligibles, bafouille avant d'articuler difficilement une phrase.

- Je t'en prie, ne me laisse pas seul !

Une supplication, la peur dilatant ses pupilles. Océan de rouge et de noir. Une main violacée qui c'était levé pour attraper le vide.
Il était prêt à se lever à la suivre dans ses moindres déplacements, même si c'était douloureux. Mama ne dirait rien, il le savait. De toute façon, elle n'en saurait rien. L'animal avait reculé pour laisser place à la docilité habituelle.
Tout, mais surtout ne pas rester isolé dans une chambre vide et froide.

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Lulu
Sam 11 Nov - 18:07

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
AKSANA'S POV. Entre eux tourbillonnait le pique vénéneux,  dont Aksana s'évertuait à ignorer la menace. En un instant, l’échange pourrait prendre une virée funeste, tant elle l'avait anéantie.
Elle le percevait, l'ombre de la méfiance et de la peur enlaçait ses yeux acérés, et cette vision déchirait son cœur. Non pas parce qu'elle se sentait offensée de ne pas en être épargnée, mais plutôt parce qu'elle lui suggérait les ravages internes causés par ce monstre dont seul l’apparence était humaine.
Elle l'avait ravagé, anéanti, avec la fulgurance et la férocité d'une tornade. Elles, Mama et elle, avaient sciemment choisi d'occulter les signes annonciateurs, de faire fi de l'angoisse qui avait fait trembler son être. Elles avaient contemplé la tornade prendre forme à l'horizon, sans lever le petit doigt pour le protéger.
La culpabilité, vorace, lui engloutit la gorge, mais elle s'évertua à la maintenir étouffée. Ni cet instant, ni les suivants, ne devaient être consacrés à elle, mais plutôt dévolus à celui dont le corps et l'âme avaient été réduits en lambeaux.
Ainsi, dès qu'il balbutia ses appréhensions, Aksana s'empressa de redresser ses prunelles azurées pour les ancrer dans les siennes, secouant négativement la tête. Pour une fois, la jeune malhar faisait preuve d'inflexibilité à son égard,  car il n'avait nul besoin de gaspiller les maigres réserves d'énergie qui lui restaient à s'angoisser pour elle.

— « Tu as raison… Je draperai la fenêtre », lui assura-t-elle, décidée. « Tu ne seras plus seul, Sheog. »

Il ne serait plus seul ici, ni avec les humains. Désormais, ils auraient toutes les justes raisons de la stigmatiser comme une vermine, car elle serait, non seulement, perpétuellement collée à l'ombre de Sheog, mais serait également ce minuscule parasite destiné à saboter tous leurs ignobles desseins.

Malgré l'écarlate qui teintait sa bouche, il s'évertua à lui fournir une solution. Elle la captura avec précaution, afin de l'épargner de répétitions futures puisqu’elle avait conscience que parler représentait déjà un effort herculéen pour lui.
Un cataplasme. Une solution qui lui sembla dérisoire, surtout lorsqu'il étala sa carcasse abîmée devant ses yeux. Il en fallait plus, bien plus. Et Mama serait sollicitée. D'ailleurs, son absence ne fit qu'amplifier la fureur de la jeune malhar. N'avait-elle pas vu dans quel état lamentable il lui était revenu ? Si tel n'était pas le cas, Aksana était bien déterminée à le lui faire savoir.
L'elfe se redressa alors, prête à faire résonner leurs tourments devant ceux qui les avaient relégués à la cave, tels de vulgaires rongeurs. Cependant, alors qu'elle venait à peine de se redresser, Sheog émit quelques sons, qui se révélèrent être plus tard des supplications. Instantanément, elle suspendit tout mouvement, ses oreilles se dressant pour capter ses paroles, prête à les recueillir et, surtout, à tout mettre en œuvre pour les honorer.
Délicatement, elle attrapa la trousse de soins et son autre libre s'approcha de celle du colosse, tendue dans le vide, s'immobilisant à quelques centimètres à peine, laissant à Sheog le choix de la saisir ou non.

— « Je ne te laisserai pas seul… »

C'était une promesse. Hélas, Aksana se trouvait contrainte de quitter le sous-sol, d'arpenter le territoire des Hommes pour atteindre la cuisine, là où résidait la fameuse concoction. Cela impliquait, par conséquent, de le faire se mouvoir alors que sa peau était tannée de blessures, dont certaines se révélaient particulièrement préoccupantes.

— « Je t'aiderai à te déplacer, promets-moi de t'appuyer autant que possible sur moi. Je veux que tu te ménages, d'accord ? » implora-t-elle presque, entrelaçant ses prunelles empreintes de souci aux siennes.

Car je ne souhaite surtout pas aggraver tes maux, ni pire, te perdre en cours de route.
La peur, comme une flèche, lui transperça le cœur, menaçant de la figer sur place. Elle s'interdisait de se laisser briser, de s’affaiblir, tant qu'elle n'était pas certaine d'avoir tout entrepris pour le soulager, pour le sauver.
Ainsi, avec une douceur infinie, elle glissa sa main gracile dans celle ensanglantée de Sheog, l'aidant à se redresser. Aksana s'efforça d'ignorer les éventuelles plaintes qui pourraient s'échapper de ses lèvres, de faire fi des soubresauts de douleur qui agiteraient son corps, de ne prêter aucune attention à la souffrance qui le traverserait sur le chemin. Elle ne devait pas céder, ne pas faiblir. Elle devait être aussi inébranlable qu'un roc pour ne pas le décevoir, même si son cœur menaçait d'éclater de douleur et ses yeux de verser des torrents.
Elle céderait à l'abri de son regard, lorsque le sommeil l'emporterait.

Amas de chair monstrueuse glissant lentement dans les couloirs du manoir, fréquentés même la nuit, surtout lorsque des créatures étranges y déambulaient. Les pas feutrés des domestiques humains résonnaient, attirés par le tumulte de ces deux corps unis traversant les corridors.
Lorsqu'ils atteignirent la cuisine, la jeune servante distingua une première ombre mouvante au loin. Elle tombait bien.

— « Essaie de trouver un endroit confortable où t'installer... Je m'occupe d'elle » déclara-t-elle, faisant référence à la furie humaine qui s'apprêtait à les réprimander.

Aksana ne referma pas la porte derrière lui, se tenant à l'encadrement. Elle lui avait promis de ne pas le laisser seul, et ce n'était pas pour faillir à sa promesse peu de temps après l'avoir formulée.

— « Tu n'as rien à faire ici ! » s'écria la plus âgée des domestiques, furieuse.
— « J'ai un message pour Mama », déclara la malhar, d'un ton glacial.

Son souhait fut aussitôt moqué par la vieille humaine, rappelant à quel point leurs désirs étaient futiles à leurs yeux. Mais Aksana tint bon, et ne cilla pas. Leurs regards s'affrontèrent, étincelant tous deux d'une colère contenue. Profondément agacée, l'humaine saisit brutalement le bras de la malhar, tirant d'un geste sec pour la bousculer sans ménagement.
Cependant, Aksana ne broncha pas. Ce soir, elle ne se soumettrait pas à leurs ordres. La poigne de la domestique se resserra autour de son avant-bras, et l'elfe se rebella, attrapant à son tour le bras de l'aînée.

— « Dites à Mama… »
— « Ça suffit, sale petite vermine ! »
interrompit la femme, profondément agacée.

Soudain, son teint pâlit, une douleur irradia dans son bras.
Les griffes acérées de la créature nocturne s'étaient plantées dans sa chair. Puisqu’ils les considéraient comme des entités dénuées de bon sens ou d'empathie, alors elle se comporterait en conséquence. Car seul ça, lui permettrait de se faire entendre.

— « Que si elle ne veut pas perdre son fils, elle devra lui fournir des soins plus décents. »

Aksana s'efforça de ne pas fléchir, même si son cœur lui criait de libérer l'humaine, de ne pas se comporter en bête cruelle. Elle, qui avait lutté depuis sa naissance pour laver l'honneur des siens, tentait de mettre sous silence les supplications de la fillette au cœur brisé, aux rêves volés.
Ne défendait-elle pas l'honneur des siens en se battant pour Sheog ? Elle jonglait avec les mots pour apaiser ces cris qui résonnaient dans son esprit, ceux qui prétendaient qu'elle n'était pas elle-même en cet instant. Mais comment savoir qui elle était vraiment, elle qui avait consacré toute son existence à vouloir plaire aux autres ?

Sa main relâcha peu à peu son emprise autour du bras de l'humaine, qui s'éloigna précipitamment de la silhouette de la jeune malhar, dont elle avait sous-estimé la ( détermination ) férocité.

— «  Je le savais… Je savais que Mama n'aurait pas dû te prendre. Malhars, oiseaux de malheur… » cracha la domestique horrifiée avant de s'éclipser en hâte, probablement pour informer Mama de l'incident.

Quelque chose se fissura en l'orpheline. Venait-elle de perdre un énième combat ? Se taire, encore une fois. Faire taire, ces pensées invasives qui l’affaiblissaient, qui la déconcentraient. Alors, elle se dépêcha de s'enfuir de la scène de crime, comme si cela pourrait la libérer de la culpabilité qui enflait en elle.
Aksana referma la porte de la cuisine derrière elle et se hâta de retrouver Sheog du regard. Dès qu'elle aperçut sa silhouette, ses prunelles s'adoucirent de nouveau, retrouvant une lueur qui lui était plus agréable.

— « Pardonne-moi pour l'attente… »

Maintenant, elle devait se hâter de le soigner, lui apporter un peu de réconfort avec le cataplasme et espérer que Mama daigne sortir de sa tour d'ivoire pour porter secours à son fils.
Ses pas la conduisirent à la première armoire près de l'entrée, où une croix gravée indiquait les soins. Aksana s'empressa de l'ouvrir, scrutant ses entrailles à la recherche du pot désiré. Lorsqu'elle le repéra, elle l’attrapa. Mais au lieu de la fermer, son attention se dirigea vers une couverture chaude, soigneusement pliée. Sans aucune hésitation, elle la prit également puis retourna auprès de la silhouette ensanglantée de Sheog.

— « Je m'occuperai de ton dos, tu es d'accord ? » lui demanda-t-elle, cherchant ses prunelles du regard. « Tu peux la prendre, elle est à toi… Et réchauffe-toi avec » un petit sourire tendre effleura ses lèvres, puisse-t-elle le réconforter un peu.
Ezvana
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Dim 12 Nov - 3:36

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Une nouvelle plainte résonne dans la chambre alors qu'Aksana le rassure, qu'elle lui dit qu'il ne serait plus jamais seul. Un gémissement de souffrance allégée alors que la respiration reprend son court normal, que la terreur, vase froide et putride, se retire de son cœur. Cela apaise un peu cette bise froide qui ne cesse de le faire trembler.

Un frisson lui hérisse la crinière alors qu'avec douceur elle touche sa peau, joint sa main à la sienne pour l'aider à se relever. Il ne savait pas s'il désirait ardemment être touché délicatement par cette personne ou si le moindre contact l'horripilait jusqu'à lui donner la nausée. Pourtant il se laisse faire, se laisse aller. Il était plus facile d'obéir que de réfléchir.
Sheog suivit plus qu'autre chose l'elfe bleue, essayant du mieux qu'il pouvait de ne pas s'appuyer sur ce corps si frêle. Jamais elle n'aurait pu soutenir sa masse. Alors il entoure ses épaules d'un bras et se traîne en dehors de sa chambre.

Sa queue traîne au sol, la pointe effilée raclant sur le sol en un son dérangeant. Il n'avait pas la force de la maintenir relever comme à son habitude, pas alors qu'il essayait de mettre toute son énergie dans chaque pas pour ne pas basculer. Une main qui s'agrippe au mur alors qu'il tombe en avant, un grognement sourd alors que la douleur fuse dans son corps, coup de poignard qui lui fait dévoiler les dents. Heureusement qu'ils n'étaient pas obligés d'aller dans la cuisine à l'étage mais celle des domestiques, il n'aurait pas tenu la montée de l'escalier.
C'est les jambes tremblantes qu'ils arrivent à destination. Aksana le laisse prendre place en s'éloignant et c'est avec crainte qu'il se retourne pour la voir retourner à l'entrée de la pièce. Ses yeux sont agrandis par la peur son souffle se coupe dans la poitrine. Pourtant, comme promis, elle ne le laissa pas seul. Prêt de l'encadrure de porte elle lui tournait le dos, mais elle était bien là.
La Gargouille reste là, indécis, debout dans cette pièce sans vraiment savoir quoi faire. Puis il se dit qu'il valait mieux écouter les directives de son amie et il prit place sur une chaise qui grince quand il la fait glisser au sol.

Le plus délicatement possible il essaie de s'asseoir, craignant de s'effondrer au sol et d'empirer son état. Heureusement qu'il n'avait pas la plante des pieds abîmés, il aurait glissé de tout son poids. Ses oreilles se plaquent en arrière alors qu'il entend l'altercation avec l'ancienne domestique. Il baisse les yeux de honte. C'était de sa faute que ce moment désagréable avait lieu et il se flagelle mentalement de ne pas être capable de tenir tête à cette affliction qui lui donne l'impression d'être au bord de l'agonie. Mais lui d'habitude si seul avait enfin l'aide d'une personne.

Les yeux se relèvent, regarde cette peau bleue qui se fondait dans la nuit. Face à lui le visage ridé de la domestique qui semblait blême en comparaison. Elle ne l'avait jamais aimé et c'était réciproque. A l'époque c'était elle qui l'avait battu dans son enfance quand il avait le malheur de mal comprendre une consigne, de faire des erreurs dans les calculs de mathématiques ou des fautes dans ses dictées. Vieille marâtre qui n'avait aucune compassion pour un enfant certes différent mais qui n'attendait qu'à comprendre le monde qui l'entourait. Sheog a grandi en pensant que c'était ainsi que les Humains devaient se comporter en sa présence, que c'était normal de recevoir des coups de ceintures parce que l'on posait des questions sur Mama et anciennement Papa. Mais muet par la peur d'une correction, l'adolescent ayant grandi prit confiance en lui et prit conscience que cette femme à l'époque sans ride marquant son visage ne l'aimait pas et que lui non plus ne la portait pas dans son cœur.

Aussi voir Aksana lui tenir tête, être presque menaçante lui met du baume au cœur. Pour la première fois il était content que l'on se rebelle contre un Humain, pour la première fois il se dit que c'était la chose à faire. Et surtout il la trouvait courageuse, irradiant d'une beauté nouvelle, d'un aspect qu'il n'a jamais connu et envisagé.
Pour quelques minutes cela l'apaise et détourne son esprit torturé de ces images qui restent imprimés dans son crâne.

Détourner son visage de l'échange, baisser son regard sur son propre corps. Il n'avait pas pris le temps de regarder trop absorbé par la souffrance pour pouvoir se focaliser sur autre chose. Son cœur rate un battement, la nausée remonte dans sa gorge en une bile acide. Il était déformé, brisé. Des lanières roses ornaient ses cuisses, sillions destructeur du fouet qui avait mordu sa chair. Sa peau habituellement d'un doux gris était violette, le sang avait séché en croute disgracieuse le long de ses doigts, ses ongles arrachés ou cassés retiré la grâce naturelle de ses longs doigts. Et il savait que le plus gros des dégâts étaient hors de portée de ses yeux.

Sheog ne savait pas comment réagir. Blâmer sa beauté perdue n'était pas une façon de se mettre en avant ? D'insinuer que finalement il n'était pas si monstrueux ? Peut-être que c'était normal d'être dans cet état. Il n'était pas Humain, il était hideux, il ne pouvait égaler leurs physiques.Tu es hideux. On aurait dû te tuer.
Replier ses doigts abîmés, rabattre ses mains près de son ventre. Jamais il n'a aimé voir son corps, le miroir était une punition qui le tétanisait d'horreur et ainsi percevoir des parties de lui complètement déformer l'emplissait de dégoût.

Aksana est déjà de retour, s'excusant du temps mit. Puis elle lui demande l'autorisation de le toucher. Tout d'abord, il ne comprend pas. Pourquoi lui poser la question ? Jamais on ne le faisait. Il n'avait pas son mot à dire, il devait obéir. S'il devait être touché par quelqu'un ce n'était jamais avec son consentement et il ne devait pas s'en formaliser, c'était normal. Avec son physique il ne pouvait qu'attiser la curiosité.
Puis Sheog est reconnaissant. Cela née dans son cœur, une petite étincelle chaleureuse qui l'apaise et fait plisser ses yeux d'un sentiment de réconfort. Cela lui fait du bien d'être considéré comme un être sensible, surtout maintenant que ses sens étaient à l'affût et qu'il était en situation de faiblesse. Mais il ne savait pas comment la remercier vu que jamais cela ne lui était arrivé.
Prendre la couverture en hochant la tête, grimacer alors que celle-ci glisse sur ses plaies ouvertes.

- Il faut bouillir les bandes lin dans l'infusion pendant quelques minutes, puis mettre de l'infusion dans les feuilles broyées pour en faire un cataplasme.

S'agiter sur son siège alors que des tremblements font vibrer ses membres. Puis il réalise qu'il avait déjà tout cela un peu plus tôt, mais il était perdu dans les méandres de la douleur. Ses longues oreilles deviennent basses et il se sent penaud.

- Pardon, tu le sais déjà…

Souffler du nez, pli entre ses sourcils qui ne le quitte pas. Penser à autre chose pour essayer de fuir le tourbillon qui lacère son corps.

- Tu es donc une Malhars ? C'est beau comme nom.

Jamais il n'en avait entendu parler. Pour lui on aurait put lui dire n'importe quoi il l'aurait prit de la même manière, complètement étranger aux rumeurs sur cette race particulière. Pour lui elle était une elfe, comme dans ses romans qu'il adorait lire pour s'évader et rêver.

- Cela doit être bien de savoir ce que l'on est…

Un murmure à peine audible alors qu'il essaie de ne pas claquer des dents et qu'il agrippe les bords de la couverture. Etait-il un Malhar lui aussi ? Il n'avait pas vu de spécimen masculin pour se faire une idée. Mais en observant discrètement le visage et le corps d'Aksana, il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas. Il n'avait pas sa beauté ni son élégance.

Les yeux se ferment, se plissent alors qu'il grogne de douleur. Déglutir difficilement alors que l'envie de vomir remue ses entrailles. Un soubresaut, l'envie de serrer les dents qui lui vont mal là où la canine a été arrachée. Se relever en titubant et s'approcher précipitamment de la poubelle avant de vomir une gerbe de sang dans un, bruit terrible. Reprendre sa respiration avec difficulté, le corps qui chancèle et cette épaule qui s'appuie contre le mur pour ne pas glisser au sol. Le menton est couvert de sang, la salive glisse sur la commissure de ses lèvres et il vient essuyer le maquillage barbare de son avant-bras. Tremblant il essaie de se redresser, reprend sa position sur son siège en soupirant.

Le plus difficile était de savoir qu'il pouvait remédier au plus gros des dégâts, qu'il pourrait se rétablir rapidement s'il prenait son autre forme. Celle qui lui était interdite et celle qui le répugnait. Et Aksana ne connaissait pas l'existence de cette part de lui, du monstre qu'il était réellement.
Il préférait souffrir plutôt que de voir le visage de son amie se déformer de terreur.

Lulu
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Lulu
Dim 12 Nov - 21:05

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
AKSANA'S POV. Les doigts graciles d’Aksana se débarrassèrent délicatement de l'épaisse couverture, la confiant à ceux de Sheog. Puis, ses oreilles se redressèrent, cherchant à capturer les conseils murmurés par son ami. Des conseils qu’il lui avait déjà offerts avant qu’ils ne se réfugient dans la cuisine. Face à cette réalisation, la tête de la jeune servante s'inclina et un mélange de chagrin et de confusion fit frémir son regard.
Malgré les tumultes et les tourments, Aksana s'efforçait vaillamment de maintenir sa concentration, mais leur cacophonie qui tourbillonnait en son esprit la martyrisait sans relâche. Au point qu'elle oubliait même les conseils les plus simples.
Elle savait que le sauver son exigerait bien plus qu'une simple attention volatile… Alors, devant les gémissements douloureux qui jaillissaient de son ami et les cris courroucés de la harpie, elle se résolut à continuer de lutter pour ne pas se laisser emporter par ce tourbillon tumultueux qui menaçait de la submerger.
À son plus vif étonnement, les mots d'excuse s'échappèrent des lèvres de Sheog. Un instant de stupeur figea les sourcils de la demoiselle aux yeux azur, et ses prunelles s'élevèrent, captant le regard du supposé fautif.

— « Non, ne t’excuse pas… C’est moi, je… Je me suis laissée distraire. Tu fais bien de me le rappeler », articula-t-elle, se voulant réconfortante. Le pauvre souffrait suffisamment. « C’est à moi de m’excuser, désolée... »

L’élixir vital s’écoulait toujours, chaque goutte symbolisant une perte irrécupérable de précieux instants. Cette rencontre malheureuse avec la domestique avait déjà englouti une portion considérable de leur temps. Face à cette urgence pressante, Aksana se hâta vers les fourneaux, sa mixture entre les mains, prête à s'engager dans la préparation avec une détermination fébrile.
À l’abri du regard de Sheog, elle laissa échapper un soupir discret. Elle s'imposa de concentrer ses pensées uniquement sur la tâche à accomplir, sur la préparation en cours. Cependant, telle une force magnétique invisible, ses pensées continuaient de dériver vers les profondeurs les plus sombres de son esprit.
La culpabilité, l’effroi, la peine, la colère.

—  « Faire bouillir les bandes de lin… » murmura-t-elle à haute voix, une tentative pour étouffer le bavardage incessant de toutes ces voix qui tournoyaient dans son esprit tourmenté.

Ses doigts s'emparèrent délicatement d'une casserole, et avec une hâte fiévreuse, elle la plaça soigneusement sur l'une des plaques chauffantes. Alors qu'elle récitait en boucle les directives de Sheog, les exécutant avec une précision presque automatique, ses oreilles pivotèrent instinctivement vers la silhouette de celui-ci dès qu'il fit de nouveau résonner sa voix enrouée.
Malhar. C’est beau comme nom. Des mots qui, ordinairement, évitaient de se succéder puisqu’ils étaient tous amalgamés au premier, empruntant ses traits hideux comme autant de reflets. Mal, malheur, malhonnête, malfaisant. Ainsi, la remarque de Sheog engendra une dissonance, pétrifiant un bref moment la jeune malhar, déconcertée.
Les premières bulles qui ondoyèrent à la surface de l'infusion capturèrent son regard, et sa silhouette retrouva une animation fugace. Ses cils clignèrent dans le vide, chassant avec diligence l'étrangeté de cette sensation qui s'était emparée de sa poitrine.

—  « Eh bien… », murmura-t-elle d'abord, reprenant progressivement possession de sa concentration. « C'est rare d'entendre un tel compliment. Je te remercie », un léger sourire effleurant ses lèvres.

Pensait-elle réellement chaque mot qu'elle prononçait ? Peut-être, en son for intérieur, elle n'était pas tout à fait en accord, ou bien avait-on conditionné son esprit à ne pas l'être.
La silhouette azur, qui s'était fugacement fragmentée sous le regard ensanglanté de l'argenté, se rassembla de nouveau avec une célérité assurée pour achever la confection du cataplasme. Il ne restait plus que quelques minutes avant que la préparation ne soit prête.
À nouveau, celui qui tentait d'échapper aux rafales douloureuses infligées par ces plaies monstrueuses réussit à faire chanceler la jeune musicienne. Impossible de rendre son être insensible à ses échos, à ses gestes, à ses espoirs, ni à ses souffrances. Elle se trouvait prisonnière de cette conscience dévorante, incapable de l'ignorer, de se détourner de lui, Sheog.
Ainsi, dès qu'il lui chuchota son désir, derrière lequel se dissimulait une peine palpable, le cœur de la créature nocturne se flétrit davantage. C'était un énième rappel qu'il vivait en enfer, captif entre les sinistres murs de ce manoir des horreurs.

— « C’est important, oui… Mais tu peux toujours le découvrir. »

Aussi longtemps que le sang continuait de battre dans ses veines, il subsistait des opportunités pour qu'il le découvre, et Aksana demeurait résolue à lui venir en aide, s'il le souhaitait. Cependant, pour concrétiser cet espoir, il était impératif de contenir ce précieux fluide qui ne cessait de se répandre au sol.

Avec précaution, veillant à ne pas se brûler les doigts, elle empoigna les bandes de lin imbibées.
Jamais elles ne seraient suffisantes.
Et en arrière-plan, le mal persistait. Au moindre mouvement de son compagnon, l'elfe détourna ses prunelles vers celui qui venait, non pas de délester son estomac de son dernier repas, mais bien d'offrir encore un peu plus de son sang.
Cette concoction ne serait jamais suffisante.
Figée sur place, une inquiétude grandissante s'éleva dans ses entrailles, escaladant douloureusement sa gorge telle une lame d'épée. Sheog était en train de s'éteindre, et elle, elle ne disposait que d'une potion destinée à soulager des irritations.
Elle était inutile, impuissante face au mal qui ravageait le colosse à la peau calcinée et aux entrailles déchiquetées. Elle assistait à la chute d'un ange, et les efforts du diablotin à la peau bleutée ne suffiraient pas à le détourner de ce destin funeste.
Elle ne pouvait pas l’abandonner. Elle ne pouvait pas.
Alors, précipitamment, elle se rua vers lui, ses maigres pansements entre les mains, maudissant le destin de ne pas l'avoir dotée d'une paire de mains supplémentaire pour recouvrir plus rapidement les innombrables plaies qui zébraient son dos meurtri. L'effroi grandissait à mesure qu'elle réalisait qu'elle ne savait même pas où placer ces remèdes. Son dos tout entier avait été lacéré.
Elle ne l'abandonnerait pas.
Cependant, aucune solution viable ne se dessinait dans son esprit, engourdie par la confusion. L'angoisse explosa en elle, submergeant son être de ses flots impétueux. Les mains de la jeune malhar tremblèrent, et tout sang-froid déserta le regard de la créature terrifiée.

—  « Je… » bégaya-t-elle, étouffée par un premier sanglot.

Cette fois-ci, elle ne put le retenir. Même si ses yeux se voilèrent de larmes, la désespérée appliqua toutes les bandes de lin en sa possession sur la chair écorchée de Sheog. Elles ne suffisaient pas.

—  « Sheog… Je n'en ai pas assez… » avoua-t-elle, la voix déchirée par des tremblements.

La jeune femme s'effondra, toutes les fissures causées par le choc, la douleur, les conflits, la culpabilité, la colère, ayant finalement raison d'elle. Elles l'avaient rongée. Elle n'avait pas pu tenir, résister. Et elle osait s'effondrer, alors que devant elle, Sheog avait été défiguré, complètement dévasté.
Aksana se retourna, sa silhouette légèrement recroquevillée, s'efforçant de réprimer ses sanglots en cherchant de l'air. Mais elle avait l'impression d'être engloutie par les flots ravageurs de l'angoisse, ceux qui l'empêchaient d'atteindre la surface.

—  « Je vais… » réussit-elle à articuler, refusant de demeurer inerte.

Hélas, elle ne pouvait pas le laisser seul, elle lui avait fait cette promesse.
Elle n’avait aucune solution, aucune. Elle était complètement démunie.
La terreur rongeait les derniers lambeaux de sa sanité, et la gamine acculée se précipita vers la maudite porte que Mama aurait dû franchir il y a plusieurs minutes déjà. Allait-elle à ce point négliger son fils, sa prétendue progéniture ? N'y avait-il aucune trace d'affection, ne serait-ce qu'une infime poussière d'amour qui la pousserait à ne pas l'abandonner ? Dans un geste de rage, elle ouvrit la porte et se jeta dans le couloir. Son pied s'y cala pour l'empêcher de se refermer derrière elle. La créature, fidèle à ses promesses, ne les oubliait pas. Elle ne le laisserait pas seul.

— « Il est en train de mourir ! Appelez les urgences, n’importe qui, immédiatement ! Sinon, je vous promets de… De tous vous réduire en lambeaux ! » cracha-t-elle, son visage déformé par la rage.

Ses griffes s'enfoncèrent dans le mur auquel elle se cramponnait, ses crocs acérés se dévoilant dans une grimace menaçante. Ses traits se muèrent en une monstruosité effrayante, évoquant la sauvagerie d'un prédateur déchaîné. Jamais la mine de cette créature, jadis douce, n'avait affiché une telle déchéance.
Si ces mortels, indifférents à l'agonie de Sheog, ne se pliaient pas immédiatement à ses exigences, elle n’hésiterait pas un seul instant à libérer la même furie qui avait autrefois incendié ses ancêtres et terni leur réputation.
La menace planait, réminiscence d'une colère ancestrale, prête à se déchaîner et à consumer tout sur son passage.

— « Et je commencerai par toi Mama ! » siffla-t-elle, définitivement perdue dans les méandres de la fureur.
Ezvana
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Lun 13 Nov - 23:45

Sheog
Démon, c'est ainsi que l'on m'appelle. Personne ne me ressemble et je vis dans ma chambre, dans la cave de Mama. Depuis toujours, elle me marchande pour les lubies d'humains lors de soirées privés. Je me plie à ses ordres, ne connaissant rien d'autre, cherchant l'amour maternel et l'affection des humains que je croise.

Tant d'année se sont écoulés, je cherche toujours a savoir ce qui ce passe de l'autre côté de ces murs. Les livres ne suffisent plus à apaiser mon besoin de liberté. Depuis peu, Mama a engager une domestique si différente des autres. Aksana.


Cela l'atteint en plein cœur. Cette expression sur le visage d'Aksana, la façon dont elle tremblait alors qu'elle appliquait les cataplasmes. Il avait remué, avec gronder sourdement alors que le chaud s'insinuait dans ses plaies ouvertes. Sa voix était vibrante d'émotion et elle était comme sur le point de tomber à genoux avant que la fureur ne déforme ses traits et qu'elle frémissait d'une aura terrible et vengeresse.
Sheog ne savait pas comment réagir. Il ne comprenait pas la fureur de son amie, ni la nature de ce qui la mettait dans tous ses états. C'était étrange de voir une telle expression sur son visage d'ordinaire si doux, c'était une autre facette de sa personnalité qu'elle ne dévoilait jamais. Mais il n'en avait pas peur. Au contraire, cela faisait échos à ce que lui-même pouvait ressentir.

Surpris, il se rend compte qu'elle avait peur pour lui tout simplement. Parce que en se mettant à la place de l'elfe bleue il aurait paniqué et aurait certainement mal réagit. Il aurait voulu qu'elle soit soignée et bien traité. Mais lui, il était résistant. Jamais au cours de toutes ces décennies il n'était tombé à terre. Certes, il n'a jamais été aussi prêt de tomber à terre, mais il tenait l'os et n'avait aucunement l'intention de le lâcher.
Il devait se reprendre. Pour ne plus que la peur brille dans ce regard bleuté. Alors il se redresse un peu, déplie cette queue qui ne cesse de traîner au sol. Il relâche son ventre et prend de longues inspirations. Battre des cils pour que la vision revienne à son état normal.

Cela lui permet d'entendre ce qui se passait autour de lui, des bruits de pas précipités, des mots étouffés et des exclamations sourdes. Ses oreilles se baissent, se plaquent sur son crâne alors qu'il comprend que le manoir étant sans dessous dessus par sa faute. Il essaie tant bien que mal de comprendre les bruits de couloirs mais il n'arrivait pas à discerner de façon intelligible de ce qui se tramait. Aksana avait mit un coup de pied dans la fourmilière, mais il y avait autre chose.
Les yeux parcourent le vide alors qu'il se concentre, que ses oreilles bourdonnent de mille bruissements d'abeille. Il perçut un mot. Mama.
Son visage se redresse, les pupilles se dilatent. Avec difficulté il se relève, s'appuie sur le rebord d'un meuble pour ne pas chuter. Aksana c'est retourné vers lui en l'entendant se déplacer, bienveillante et prête à le soutenir.
D'un réflexe qu'il n'anticipe pas, Sheog entoure le corps de son amie de sa queue et la tire en arrière, la soutenant de ses bras pour qu'elle ne tombe pas, déséquilibré. La sortir de cette entrée, faire une barrière de son corps pour qu'elle ne soit pas la première cible de ce qui allait arriver.
La déplacer jusqu'à la chaise où il la libère, derrière lui.

A peine eut-il le temps de réfréner les battements de son cœur que des bruits de pas se font entendre. C'était un martèlement funèbre, une canne se faisant entendre et résonnant dans le couloir, ainsi qu'une autre personne.
Mama apparut au niveau de l'encadrure de la porte. Les yeux cernés, des mèches sortant de son chignon strict, elle avait l'air encore plus sévère qu'à l'ordinaire. Et à ses côtés se tenait un homme avec une mallette qui fit un pas vers l'intérieur de la cuisine.

Un grognement sourd le fait reculer en arrière. Les narines frémissantes, la queue battant l'air, Sheog n'avait pas envie qu'un inconnu puisse s'approcher de lui alors qu'il était dans un état critique et naturellement son corps se déporte sur sa gauche, bloque la vue sur Aksana pour qu'elle soit protégée.

- Vous m'aviez dit qu'il était inoffensif !

L'homme bredouille, la moustache tremblante prenant conscience de l'être qu'il avait en face de lui. On l'avait prévenue d'une espèce particulière, pas qu'un monstre habitait les lieux.

La cane tape le sol, tel un avertissement.

- Il suffit !

Voix sèche comme un coup de trique et Sheog cesse son grognement, recouvrant les dents rougies par le sang et cessant de se grandir pour paraître plus menaçant.
Obéissant à Mama il plie l'échine et se rassoit sur le siège en soupirant de douleur.

- C'est un médecin spécialisé que j'ai expressément commandité pour te soulager. Comporte-toi correctement.

Regard qui se porte sur la femme bleue, le menace planant dans l'air. Elle a visiblement entendu les retomber de la colère d'Aksana et elle n'appréciait guère d'être ainsi traité par l'une de ses domestiques. Elle voulait lui rabattre le clapet en sous-entendant qu'elle avait dépêché quelqu'un pour trouver un médecin le plus vite possible et ceux, dès l'arrivée de Sheog de sa soirée.

L'homme réajuste son costume, se raclant la gorge en avançant lentement. Il avait peur, cela se voyait par ses yeux agrandis, par le tremblement nerveux du bout de ses doigts, de cette façon de se déplacer comme s'il devait fuir d'un bond.
Mais Mama avait dit de rester calme. Sheog détourne le regard pour que ses yeux d'argents ne puissent pas déranger l'homme qui est enfin près de lui.
Malgré les grandes fenêtres à l'arrière, le médecin demande à ce qu'on lui allume la lumière. Et quand enfin il put réellement voir les dégâts, l'homme devint blême.
La peur le quitta instantanément et l'esprit scientifique anime son regard qui passe sur chaque blessure pour repérer la plus problématique. Il ose toucher la Gargouille de chair qui ne réplique pas, soulevant ses bras, ouvrant sa bouche et s'approchant du dos partiellement couvert de bandages. Un stéthoscope posé sur la poitrine le ventre, des claquements de langue ponctuant ses pensées.

- Alors ?

L'homme relève son visage comme s'il découvrait la présence de la propriétaire des lieux, totalement absorbé par l'existence de la Bête qui était bien silencieuse.

- Et bien je dirais que c'est une prouesse, une force de la nature. S'il était Humain il serait mort.

Mama l'observe, comme si elle pouvait le dépecer de son regard, attendant visiblement une suite. Un énième raclement de gorge et l'homme ouvre sa mallette en demandant ce qu'était la boue verte sur son dos. En entendant la réponse et le ton de Mama il ne dit rien bien qu'il n'en pensât pas moins. Il ne pose aucune question sur l'état de son patient, surement prévenu au préalable que toute question indiscrète aurait des retombées.

- Je vais lui prescrire des antibiotiques ainsi qu'un antidouleur. J'aurais des comprimés que j'ai pour les créatures telles que lui qui lui permettront de rétablir son organisme et à ce qu'il se régénère correctement. 3 fois par jour, pendant une semaine.

Un regard en coin vers la Mahlar, s'attendant presque à ce qu'elle se jette à son cou alors qu'il sort une seringue et qu'il injecte le produit dans le haut du bras de la Gargouille qui n'osait plus faire un mouvement.

- Si vous êtes responsable de ses soins, veuillez être assidue. Faites attention aux possibles psychoses dans les heures à suivre, aux vomissements et à la fièvre, c'est un des effets secondaires de l'injection.

Il se redresse, dépose des bandages sur le rebord d'un meuble avec des antiseptiques et des poudres scintillantes. C'était à mettre sur le reste des blessures, le reste guérirait de lui-même. Rangeant ses affaires dans sa mallette, il demande s'il pouvait faire une prise de sang. Sa voix tremble d'excitation et les intonations montent dans les aigus. C'était incroyable ! Jamais encore il n'avait croisé le chemin d'une telle créature, il aurait aimé faire des expériences sur lui pour en apprendre plus sur cette capacité à tenir le choc malgré une évidente situation de sursis. Il méritait d'être étudié pour comprendre d'où pouvait provenir une bête pareille.

Sheog baisse la tête, fixe le sol en essayant de ne pas réagir à la façon dont on parlait de lui comme s'il n'existait pas. C'était une habitude aussi il ne s'en formalise pas, c'est à peine si la pointe de ses oreilles tombent un peu. C'était surtout l'idée d'être le cobaye d'un médecin qui l'effraie. Jamais il n'a vécu cette expérience et il n'était pas prêt. Surtout pas maintenant.
Mais Mama refuse la moindre étude, rejette cette prise de sang, appuyant sur le secret professionnel pour que jamais ce qu'il avait vu puisse sortir de cette pièce le chassant de son regard de vipère énervé. Déçu mais soudainement pressé, le médecin quitte les lieux sans demander son reste.

Mama reste là, droite mais s'appuyant sur sa canne. Elle ne la sortait que quand elle était fatiguée ou que son corps la faisait souffrir. C'était rare, car la fierté lui interdisait d'avouer une faiblesse. Un air de rapace qui daigne baisser son regard sur des personnes inférieures à elle. La colère se lisait sur les traits de son visage quand elle observe son fils dans un état pitoyable, visiblement furieuse qu'il puisse être aussi mal. Parce qu'elle l'aimait ou parce que son business lucratif était à l'arrêt ?
Puis son regard se déporte sur l'elfe bleue.

- Sheog reprendra le travail dans deux semaines. Je vous donnerai une leçon à ce moment-là jeune fille.

Deux semaines. Il avait ce délai pour se rétablir.
Puis Mama sort de la pièce sans attendre de réponse. Il était étonnant qu'une punition ne tombe pas, incisive et sévère. Peut-être qu'elle s'attendait à ce que ce soient les autres domestiques qui lui inculquent certaines règles.
Ou alors cela arrivera, tôt ou tard.

Lulu
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Ven 24 Nov - 8:24

Aksana

Est la descendance oubliée d’abominations morales, fruits maudits de malhars, le temps a ravi ses traits juvéniles, pour qu'elle devienne l'image fidèle d'une mère sans nom, égarée dans les ombres de l'abandon. Palpitant vacant qui ne demande qu’à ronronner sous la moindre caresse, mais les rares curieux craignent d'être engloutis par les ténèbres qui l'entourent. Ces malheureux ignorent que l’âme de l’orpheline brille d'une lueur douce, condamnée à suffoquer sous le poids des préjugés. Domestique qui frise l'esclavage sans même s'en douter, convaincue que, grâce à ses efforts infatigables, elle lavera l'honneur terni de sa lignée. Dévouée qui s'échine, jour après jour, entre les murs du manoir de Mama, la lueur d'espérance continue de briller dans ses yeux fatigués.

Enfin, le monde m'offre une main secourable, une opportunité d'ériger la preuve que mon lignage n'est pas aussi vicié que l'insinuent les sinistres murmures. Mes mains, maculées du bleu de l'infamie, sont prêtes à démontrer au monde qu'elles ne furent point créées pour disséminer que mensonges et tourments. En ce sanctuaire, j'ai trouvé asile, un rayon d'espoir scintillant faiblement... Et une étrange compagnie, dont la singularité miroite dans le miroir de la mienne. S h e o g, est son nom.
AKSANA'S POV. Dès que la matrone apparut, ses crocs acérés disparurent. Dissimulés ces deux dards trempés dans un miasme de fureur et de terreur qui persistait dans sa bouche, bien que le regard furibond de Mama l'ait momentanément scellée.  Elle n'avait pas la force de s'élever véritablement contre l'une de ces créatures humanoïdes ; la peur qu'ils avaient enfoncée dans son cœur avait en elle des racines profondes, qui ne cessaient de s'étendre. Et elles s'épanouirent davantage en cette soirée où Sheog avait été massacré.
Néanmoins, le petrichor ardent s'éleva jusqu'à emplir ses orbites rougies, suscitant un crépitement au sein de leurs profondeurs bleutées. Cette colère persistait, même lorsque l'on tentait de la sceller.
Alors que ses prunelles ardentes consumaient silencieusement ces silhouettes humaines qui serpentaient autour de la dépouille du malheureux, Aksana n'ignora pas la remarque de Mama concernant sa volonté de ne pas le laisser périr.  Toutefois, elle dédaigna le regard de cette dernière ; la créature demeurait hors de portée, insensible aux pointes acérées de ses lances verbales. Mais cette froideur apparente ne sut s’épanouir que sur son minois, car son cœur s'emballa de manière erratique, la suppliant de ne pas s'engager dans ce jeu périlleux avec la maîtresse des lieux, prédisant que sa témérité lui causerait bien des peines.  Hélas, Aksana préféra laisser sa colère silencieuse la consumer, profondément ébranlée par le traitement infligé à Sheog au cours de cette nuit funeste.
À jamais gravé dans sa mémoire, ce souvenir demeurerait indélébile. Même l'ombre menaçante de l'humanité ne parviendrait pas à effacer l'effroi qui l'avait étreinte en découvrant ce qu’Elle lui avait fait.

La jeune domestique permit aux êtres humains de l’atteindre, uniquement lorsque le médecin prodigua ses conseils concernant le traitement. Cependant, son regard ne s'attarda nullement sur son visage, se fixant plutôt sur une minuscule parcelle de sa silhouette. Ainsi, Aksana ne remarqua pas le regard méfiant qu'il lui réserva. Toutefois, elle n'avait pas besoin de le contempler pour en deviner la nature, tant elle était familière avec les œillades empreintes de crainte.
L'instant où il injecta le liquide dans le bras de l'argenté, ses perles azurées s'élancèrent vers la seringue. Toujours méfiante, toujours à l’affût.
Ensuite, il l'avertit des conséquences secondaires. Vomissements, fièvre et… Psychoses ? Une fissure se dessina dans le cristal de ses prunelles, et ses sourcils se contractèrent fugacement. Jamais encore n'avait-elle eu à confronter les accès de folie d'une créature d'une telle envergure et potentiellement redoutable. Aksana espérait ardemment que les effets secondaires, et en particulier celui-ci, ne demeureraient qu'à l'état de simples possibilités.

Et ses yeux retrouvèrent ces eaux austères, dès lors que le petit homme ne parvint pas à contenir son excitation devant celui qu'il ne considérait guère comme un patient, mais plutôt comme un vulgaire cobaye. La mâchoire saillante de la jeune malhar se crispa, et ses crocs éraflèrent l'intérieur de sa bouche. Révoltée par le traitement odieux infligé à son ami, elle fut soulagée lorsque Mama interdit au docteur d'effectuer le moindre prélèvement, préservant ainsi la quiétude de tous.
Inconsciente quant à savoir si cet édit émanait d'une once d'empathie ou du désir de préserver une certaine exclusivité sur son fils, Aksana pencha néanmoins vers la seconde hypothèse, l’esprit tourmenté par la méfiance et la colère.
Quelles que fussent les motivations de cette femme, Aksana était intimement persuadée qu'elles ne pouvaient que nuire à Sheog.
Une nouvelle fois, la voix de la matrone s'éleva. Cette fois-ci, pour proclamer qu'elle octroyait deux semaines de répit à Sheog. Une annonce mi-réjouissante, car elle signifiait que son calvaire ne prendrait pas fin de sitôt, mais qu’il bénéficierait au moins d'une brève pause. Aksana ne parvint pas à se satisfaire de cette accalmie, elle aurait préféré une quiétude absolue. Qu'elle te considère enfin avec respect, et non comme une vulgaire bête de foire. Un vœu qui ne monterait jamais jusqu'aux cieux, du moins, pas tant qu'ils prieraient sous le toit d'une entité aussi malfaisante.
Et elle poursuivit, lui jurant qu'elle lui infligerait une punition à la hauteur de sa désobéissance dès qu'elle exploiterait de nouveau Sheog. La menace fit grincer les crocs de la créature nocturne, qui projeta ses prunelles crépitantes dans les glaciales de Mama. Elle la défit, silencieusement. Bien que son cœur, terrifié, lui hurlait de ne pas le faire. Mais elle ne pouvait s'en empêcher, elle ne pouvait réprimer ce feu de révolte que ces monstres avaient allumé en elle ce soir en massacrant le corps de son ami.
Elle était prête à braver la colère de Mama, à s'en nourrir pour attiser la sienne. À tout entreprendre pour que ces humains comprennent que Sheog n'était pas leur esclave, et qu'il n'était pas la bête incessamment dépeinte par leurs injures.

Aussitôt que cette silhouette tant abhorrée se dissipa, Aksana reporta son regard vers un Sheog toujours en triste état, mais sauvé. Les muscles crispés de son corps se détendirent enfin, abandonnant son attitude hostile. Comme si elle n'avait plus à se méfier de qui que ce soit.

— « Je crois que tu as besoin de repos... Tu me permettras de t'aider à regagner ton lit ? » lui demanda-t-elle, sa voix aussi suave que le miel. Ses prunelles n'étaient pas en reste, empreintes de douceur et de chaleur. « Et ne t'inquiète pas, je n'ai pas oublié notre promesse. Je veillerai sur toi cette nuit » affirma-t-elle, hochant la tête.

Une promesse qui la rassurait tout autant que lui. Aksana n'aurait pu goûter un sommeil paisible, en le sachant seul et vulnérable.
Avant de pénétrer dans sa chambre, ils devraient rapidement passer par la sienne, afin qu'elle puisse prendre son matelas et les rideaux opaques. Elle demeurerait à son chevet aussi longtemps qu'il le désirerait.

— « Je pourrais te lire une histoire avant de dormir si tu veux. Ça te plairait ? »

Elle espérait ainsi, lui procurer du plaisir mais réussir également à évincer brièvement de son esprit de cruelles images et à étouffer les douleurs qui lacéraient sa chair. C’était un maigre réconfort, mais Aksana aspirait à ce que la tendresse de celui-ci résonne puissamment dans le cœur de Sheog, suffisamment pour lui apporter quelque apaisement.
La jeune malhar fit quelques pas en direction de son ami, lui offrant sa main pour l'aider à se relever, puis éventuellement son corps pour le soutenir dans ses déplacements. Bien que consciente que sa carcasse n'était pas suffisamment robuste pour le porter entièrement, qu'aucun être humain, même à l’apogée de sa puissance, ne pourrait le faire, Aksana était déterminée. Quoique toutes les chances n’étaient pas de son côté, rien ne saurait amoindrir ou effacer l'affection naissante qu'elle portait pour lui. Une affection prête à se révéler redoutable envers ceux et celles qui osaient nuire au colosse argenté.

— « Une histoire, tout comme tu pourrais désirer quoi que ce soit d'autre. Même la tranquillité, si tu préfères. »

Le laisser regagner son lit pour s'endormir immédiatement, lui octroyer l'opportunité d'affirmer ses propres désirs, quels qu'ils soient. Particulièrement après avoir passé une soirée entière à les réfréner et à se plier aux caprices d'un monstre.
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