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LE TEMPS D'UN RP

Quand deux âmes s'appellent, l'Univers entend leur murmure et conspire à les rapprocher [Clionestra]

Clionestra
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Clionestra
Lun 3 Juil - 15:40

Victoria
Sullivan

J'ai 23 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis la première fille du Baron Sullivan et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


→ Elle a fait sa première saison à l'âge de 17 ans
→ Présente depuis 7 ans dans les bals.
→ Son père est un baron presque inconnu, pas riche.
→ Elle est discrète, calme, et surtout presque muette.
→ Elle ne voit pas les couleurs.
→ Elle a une petite soeur, Eleanor de 12 ans.
→ Elle joue du violon
→ Elle apprécie sa belle-mère, qui est enceinte de l'héritier peut-être ? et essaie vraiment de trouver quelqu'un pour ne plus être un poids. Cependant, personne ne la demande jamais.
→ Son père pense de plus en plus à l'offrir en mariage à un vieil ami écossais, pour lier une alliance et récupérer de l'argent pour la cause.
→ Son père fait parti des gens qui veulent renverser le roi.

Quand deux âmes s'appellent, l'Univers entend leur murmure et conspire à les rapprocher [Clionestra] - Page 3 Y1mj
Crédit : Wiisemary.
Elle l’écoute, religieusement. Essaie de ne pas passer pour passionnée. Ce qu’elle était pourtant. Pas tant par les voyages que par la manière dont on aimait à raconter son voyage. Victoria ne pensait pas pouvoir voyager un jour. Même en France, elle se retrouvait enfermer dans une maison d’où elle avait interdiction de sortir. Sa famille en Ecosse, où son père ne possède rien bien qu’on l’apprécie, elle, là-bas, aimait à lui conter leur récit de voyage. La plupart rajoute dragons et chevaliers, moines et brigands, princesses et fées, pour le plaisir de la voir passionnée par leur parole. Elle prend le livre de Florence, ouvre une page, observe, caresse la page pour essayer d’en devenir les contours.

- Je n’ai pas eu le bonheur de visiter, nous avons une demeure, petite bien moindre que la plupart, au bord de la mer. Cependant, à cause de la situation politique du moment il est dangereux de se promener sans personne.

Elle ne connaissait de la France que la mer qu’elle pouvait voir depuis sa fenêtre. Et elle aimait la mer. Elle aimait le son et l’odeur. Elle aimait le vent qui décoiffe, elle aimait le soleil sur son visage. Cette pensée lui fit se demander si elle avait de nouvelles marques sur son visage. Les marques de rousseurs n’étaient pas de toute beauté. On critiquait plus la couleur de sa peau que la teinte de ses cheveux. Et on critiquait souvent ses cheveux, quand on la remarque. Elle entend le rire de l’homme et n’en prends pas ombrage, bien qu’elle rougisse. Elle trouvait l’homme charmant. Elle l’avait souvent pensé mais son rougissement avait avoir à faire avec cette pensée.

- Vous … vous … vous pouvez vous mo.. moquer. Cela ne … ne me dérange pas. Au … au moins le faites-vous en face, vous.

Combien de personne c’était moqué d’elle quand ils pensaient qu’elle n’entendait pas ? Comment pouvait-on se moquer d’une personne aussi invisible qu’elle ? Elle ne sait pas. Elle a entendu bien pire que des moqueries sur elle. Elle avait entendu le scandale, des propos déplacés, des remarques peu poli pour des femmes. On ne la remarque pas. Victoria réfléchit.

- Justement, Lady Whistledown gagne de l’argent sur son histoire, pourquoi ne pas le gagner pour elle, de plus … Personne n’oserait l’avouer mais l’amour le véritable, celui d’Antonio, euh je veux dire … de … de … votre … frère et la com… comtesse … ça … ça … ça fait rêver.

Elle baragouine. Parce que les servants aiment parler de cette histoire. Ils savent ce que les autres ne savent pas. Des détails d’amour et d’eau fraiche. Des détails qui sont scandaleux pour la noblesse mais juste pure pour les autres. Elle avait entendu, par exemple, qu’Antonio Brownson s’était exilé plusieurs jours, juste pour lui traduire un ouvrage de poème. Il fallait de la déférence, de l’amour, de la passion et plus encore pour le faire. Parmi le peuple, tout le monde était toujours curieux de voir l’amour parmi ceux qui n’en possèdent pas. L’amour dans la noblesse était rare. Il n’y avait pas de démonstration d’amour. Pas de baiser passionnée, de danse toute la nuit avec la même personne, de petits commentaires amoureux. Tout ça, la noblesse en était interdite. Sauf qu’il y avait Antonio Brownson et Isabella Cunningham. Et c’était donc possible. C’était l’avis de beaucoup, dont celui de Victoria. Elle sourit à Ricardo.

- J’imagine … gine… que … que …. S’il doit en être une histoire, elle … elle … sera améliorée pour les mœurs… Mais … mais … le quart … quart de … de leur histoire c’est … c’est déjà beau.

Elle était là quand Antonio et Isabella étaient tombés dans le lac. Elle était là aussi pendant un bal, où les deux se languissaient l’un de l’autre. L’amour … elle se demandait si un jour un homme attendrait sa venue dans une pièce comme Antonio avait attendu. Elle observa ses mains, elle eut un flash du moment où elles étaient pleines de sang. Elle jeta un regard vers sa belle-mère, tremble et rapproche ses mains vers la tasse. Le sang d’Antonio Brownson sur ses mains. Elle en faisait encore des cauchemars parfois. Elle ne voyait pas la couleur, elle voyait le sang comme du gris foncé. Mais elle se souvenait de l’odeur et de la texture contre ses doigts. C’était poisseux. Elle trembla encore.

- On … on évitera de … de parler du sang…, fit-elle sans pouvoir s’empêcher de se souvenir, mais… même là… il… Votre … votre frère … il parlait d’amour… De … de vous.

Antonio avait-il dit à son frère la vérité ? Parce que Victoria se souvenait très bien du moment où elle l’avait trouvé. Ou elle avait posé les mains sur son buste pour en arrêter l’hémorragie. Antonio avait relevé les yeux vers elle et il avait demandé à ce qu’on protège son frère.

- Il voulait vous protéger… C’est … c’est … pour ça que je vous ai cherché.

Elle cherchait aussi la comtesse. Dans la douleur, Antonio avait parlé beaucoup. De son frère a protéger, de la comtesse, à épouser, de sa famille à rendre fier  mais surtout, surtout de son frère à protéger. L’homme voulait blesser Ricardo, non plus. Victoria l’avait compris. Et elle ignorait si Antonio l’avait dit à son ainé… et si ce n’était pas le cas ? Peut-être qu’elle venait d’avouer un secret ? Elle rougit, tourne la tête, s’excuse, elle ne voulait pas se mêler, mais… Elle, si sa sœur se fait blesser pour elle, elle voudrait le savoir.


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Ven 20 Oct - 20:00

Ricardo Brownson
J'ai 27 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis comte de Rosaland et futur duc de Colorshire et je m'en sors très bien. Sinon, je suis en ce moment l'un des célibataires les plus en vue de Londres.

En savoir plus.


Une nouvelle fois, Ricardo ne put retenir un éclat de rire. Victoria avait bien raison. Si un jour quelqu’un écrivait l’histoire de son frère et d’Isabella, il faudrait modifier le récit pour la bienséance. Il voyait mal autrement comment ils y feraient figurer la réaction mi-épouvantée mi-envoûtée des trois Cunningham-Albemare tombant nez à nez sur le duc de Colorshire et son fils cadet torse-nus et en sueur, à peine sorties de leur calèche en Italie. Même Whistledown ne faisait pas aussi savoureux. Heureusement, ils s’étaient alors trouvés bien loin de sa langue de vipère et de sa plume acérée.

- Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire, rétorqua-t-il avec un rictus gentiment moqueur.

Elle avait néanmoins raison. Leur histoire avait su mêler la plupart des ressorts d’une tragédie, tout en finissant en apothéose. Même s’ils avaient loin d’en avoir fini. Ce n’était même pour eux que le début. Le grand brun ne put s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie l’aiguillonner. Le hasard du bonheur insouciant de celui qui n’avait rien demandé et faisait mine de faire fi de tout. Et lui, l’aîné toujours cantonné à ses obligations. Parce qu’il en fallait bien un, qui se sacrifie pour le bien de toute sa famille.

Il était en train de laisser dérive son esprit vers de sombres pensées. Il réalisa alors que la jeune femme en avait fait tout autant, mais dans une autre direction. Le sang. Antonio, blessé. Des images que le grand frère qu’il était préférait ne plus avoir à conjurer. Il pouvait néanmoins comprendre le besoin qu’avait la jeune femme d’en parler. Après tout, cela avait dû être un épisode particulièrement traumatique pour une demoiselle de son rang. Pour une demoiselle, tout court.

Ricardo ne put s’empêcher de froncer les sourcils lorsque la jeune femme évoqua ce que son frère avait dit à l’époque. Antonio avait alors perdu beaucoup de sang et, plus tard, il avait été incapable de se rappeler de ce qui s’était passé. Ou du moins, c’était ce qu’il avait bien voulu dire à Ricardo.

- Me protéger ? Ne put s’empêcher de demander le grand brun, sincèrement curieux de savoir ce qu’Antonio avait bien pu raconter à cette pauvre jeune femme. Que voulez-vous dire par là ?
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Mar 24 Oct - 18:59

Victoria
Sullivan

J'ai 23 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis la première fille du Baron Sullivan et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


→ Elle a fait sa première saison à l'âge de 17 ans
→ Présente depuis 7 ans dans les bals.
→ Son père est un baron presque inconnu, pas riche.
→ Elle est discrète, calme, et surtout presque muette.
→ Elle ne voit pas les couleurs.
→ Elle a une petite soeur, Eleanor de 12 ans.
→ Elle joue du violon
→ Elle apprécie sa belle-mère, qui est enceinte de l'héritier peut-être ? et essaie vraiment de trouver quelqu'un pour ne plus être un poids. Cependant, personne ne la demande jamais.
→ Son père pense de plus en plus à l'offrir en mariage à un vieil ami écossais, pour lier une alliance et récupérer de l'argent pour la cause.
→ Son père fait parti des gens qui veulent renverser le roi.

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Elle aimait bien son rire. Si elle ne faisait pas plus attention à son cœur, il allait lui mettre en miette. Parce que qui remarquerait la pauvre et insignifiante petite rousse quand une incroyablement et magnifique femme, joyau de la reine, était à proximité de ses yeux. Personne. Elle ne pouvait pas commencer à ressentir l’envie. L’envie d’être aimé par quelqu’un, appréciait tout du moins, au moins de loin. Elle ne pouvait pas commencer à se dire qu’elle aurait voulu être la comtesse pour l’amour, ô combien évident, que quelqu’un lui portait. Elle ne préférait pas pensé à cela. Ni même au sang qui accompagnait la scène. Non. Elle ne devait pas pensé à tout ça. Ni à ce qu’elle n’aurait jamais. Elle préférait repousser toutes les pensées dans un coin sécurisé de son esprit. Là où elle s’évade parfois quand elle se sent comme le vilain petit canard. Sauf qu’il n’y avait pas de famille de cygne noir qui l’attendait dans l’étang à côté. Elle était seule.

Non, elle avait sa belle-mère, sa sœur, son demi-frère qui arrive ainsi qu’un nouvel ami, maintenant. Elle n’était plus aussi seule que ce qu’elle aimerait. Alors qu’elle essayait d’oublier le sang et ses pensées, l’homme lui posa une question qui la fit papillonner plusieurs fois des yeux pour se reconnecter à la réalité. Hein ? Elle le regarde.

- Je… c’est … Il …

Elle se mord la langue et sent son cœur en train de battre à nouveau trop fort. Son cœur cogne dans sa poitrine avec une vélocité trop grande. Elle allait mourir si elle ne respirait pas. Elle essaie de faire plusieurs respirations qui donnaient l’impression qu’elle avait fait une course juste avant. Elle ferme les yeux, se perd dans un palais mental pour se calmer. Elle se voit étendu dans un lac, totalement apaisé alors que la pluie d’une nuit noire tombe sur son visage. Elle est apaisée, ainsi sur le dos contre l’eau. Elle n’est pas jugée. Pas regarder. Tout ce qu’elle pourrait dire ou faire ne serait qu’affaire d’elle et son cœur. Elle rouvre les yeux un peu plus calme, mais toujours pas sereine pour autant. Ainsi donc, Antonio Brownson n’avait pas avoué la vérité à son frère. Dans les élucubrations de la douleur, elle en avait comprit le principal. Les rumeurs et les murmures qu’elle entendait avait fini de faire le reste. Elle regardait Ricardo, sans réellement le voir. Si sa petite sœur se mettait ainsi en danger pour la protéger, elle aimerait qu’on lui dise. Elle aimerait que quelqu’un lui dise. Alors elle respire doucement avant dé répondre.

- Il … il … il …, bégaya-t-elle avant de prendre une gorgée de son thé pour le boire doucement et passer la langue sur ses lèvres pour se donner du courage, il… a dit que… que … son attaquant était là pour vous faire passer un message. C’était … pour vous… dire de ne pas faire quelque chose.

Elle prend une autre gorgée. Elle n’avait pas non plus tout compris. Mais elle avait compris suffisamment pour savoir que la personne qui aurait dû être, véritablement, poignardé, ce n’était pas Antonio. Antonio n’avait pas reçu un message pour son ainé. Il était le message. Ce qui rendait l’acte encore plus barbare.

- Alors … alors … il ne pensait qu’à … qu’à … Qu’à vous avoir auprès de lui… pour … pour que … personne ne vous fasses du mal. Il … Il n’a pas voulu qu’on le … qu’on le … qu’on le soigne … tant que … tant que je ne partais pas … avec la promesse de … de vous trouver.

Et pour l’avoir trouver, elle l’avait trouvé. Elle l’avait même ramené… ce qui lui avait valu son nom dans une chronique mondaine ET de devoir s’exiler en France avec un père au bord de l’explosion pour la nouvelle lumière que sa fille avait mis sur leur famille.

- Je …. Je suis désolée. Je pensais qu’il vous en avait parlé… , fit-elle clairement mal à l’aise alors qu’elle se courbe dans une révérence plein de culpabilité.

HRP - Si tu veux pour plus tard, on peut faire une confrontation entre les deux frères :cara:


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Sam 6 Jan - 14:21

Ricardo Brownson
J'ai 27 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis comte de Rosaland et futur duc de Colorshire et je m'en sors très bien. Sinon, je suis en ce moment l'un des célibataires les plus en vue de Londres.

En savoir plus.


Ricardo fronça les sourcils, tandis qu’il traitait les informations de la jeune femme. Quelqu’un avait attaqué Antonio pour faire passer un message ? Quel type de message pourrait-on bien vouloir lui passer de la sorte ? Ricardo ne s’était jamais laissé embarquer dans quelconque aventure hasardeuse, si ce n’était la fâcheuse situation dans laquelle sa famille se trouvait actuellement. Mais les faits étaient plus bien récents que l’attaque d’Antonio et surtout, bien que dans une situation financière complexe, il ne se trouvait pas – encore – dans une position où quiconque s’était mis à lui réclamer de l’argent.

Lui faire passer un message pour lui demander de ne pas faire quelque chose. Quels avaient été ses projets à l’époque ? Il n’y avait rien de bien notable. Ses affaires étaient en bon ordre, sa famille se portait bien et sa mère s’évertuait déjà à essayer de trouver chaussure à son pied…. La réalisation le frappa alors. Ne pas faire quelque chose. Le seul fait notable de l’époque des faits, à la demande même de son amie Isabella, était la rumeur qui courait concernant une possible union entre la jeune femme et lui. Son père était fou à lier, avait tenté de s’en prendre à Isabella elle-même. Aurait-il pu tenter de commanditer une action à l’encontre d’Antonio ? A son encontre à lui, en réalité ? Ricardo secoua la tête. Tout cela le ramenait à une bien trop sombre époque où son frère, chair de sa chair quelles que soient leurs différences et leurs éventuelles mésententes, avait manqué de perdre la vie. Le grand brun avait les lèvres serrées en une fine ligne.

- Et vous m’avez trouvé, répondit-il finalement pour briser le silence, avec l’ombre d’un sourire sur les lèvres.

A l’époque, Ricardo se rappelait n’avoir pas porté plus d’attention que cela à la jeune femme qui était venue lui tirer la manche pour l’avertir de ce qui était en train de se dérouler à quelques rues à peine du bal où il se trouvait alors. Les circonstances ne s’y étaient certes pas prêté à l’époque, mais il se prenait désormais presque à regretter de ne pas avoir pris la peine d’adresser la parole à la jeune femme bien plus tôt, lorsque l’occasion s’était présentée. Victoria était quelqu’un d’absolument charmant quand elle ne venait pas vous annoncer qu’un de vos proches venait de se faire poignarder.

- Il n’y a pas de mal, mademoiselle Victoria, s’empressa de répondre le baron face au trouble apparent de la jeune femme.

Celui-ci se redressa à son tour. Un rapide coup d’œil à sa montre à gousset lui indiqua qu’il avait largement abusé de la politesse de ses hôtesses et ne s’était que bien trop éternisé en compagnie de la charmante jeune femme. Il la remercia d’avoir daigné l’accueillir et de son agréable disposition à son endroit, et salua également bien bas la mère de la jeune femme qui rayonnait toujours de la vie qu’elle portait en elle. Enfin seulement, le grand brun prit congé. Lorsque la porte de la demeure des Sullivan se referma derrière lui, Ricardo arborait un sourire léger qui l’accompagna jusqu’au seuil de sa propre résidence familiale.

- Elle a bien reçu vos fleurs, s’éleva une voix dans son dos.

Le grand brun fit volte-face pour tomber nez-à-nez avec Isabella qui le détailla scrupuleusement d’un air circonspect. Il toussota pour se redonner pleinement contenance et sérieux, et effacer l’ombre du sourire qui persistait sur ses lèvres.

- Les fleurs ? s’étonna-t-il alors, lui-même quelque peu décontenancé.
- Les fleurs pour mademoiselle Kirkby ? Celles dont nous parlions hier à dîner ?
- Ah oui, les fleurs, reprit-il alors, traversé d’un éclair de compréhension.
- Tout va bien, Ricardo ?
- Tout va très bien, Isabella, mentit-il pour masquer sa gêne.

En réalité, il ne s’agissait pas vraiment d’un mensonge. En cet instant précis, bien qu’il n’aurait su dire exactement pourquoi, le grand brun se sentait heureux. Il ne doutait pourtant pas que la bulle ne manquerait pas d’éclater sous peu. Il salua la comtesse et s’en alla rejoindre ses appartements pour profiter de quelques instants de quiétude avant que tout le poids du monde ne lui retombe sur les épaules.
Clionestra
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Clionestra
Mer 10 Jan - 0:20

Victoria
Sullivan

J'ai 23 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis la première fille du Baron Sullivan et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


→ Elle a fait sa première saison à l'âge de 17 ans
→ Présente depuis 7 ans dans les bals.
→ Son père est un baron presque inconnu, pas riche.
→ Elle est discrète, calme, et surtout presque muette.
→ Elle ne voit pas les couleurs.
→ Elle a une petite soeur, Eleanor de 12 ans.
→ Elle joue du violon
→ Elle apprécie sa belle-mère, qui est enceinte de l'héritier peut-être ? et essaie vraiment de trouver quelqu'un pour ne plus être un poids. Cependant, personne ne la demande jamais.
→ Son père pense de plus en plus à l'offrir en mariage à un vieil ami écossais, pour lier une alliance et récupérer de l'argent pour la cause.
→ Son père fait parti des gens qui veulent renverser le roi.

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Elle se sent un peu désolée d’être la personne avouant la vérité sur son frère. Elle aurait préféré ne rien dire et que tout cela reste dans leur famille. Elle avait l’impression de venir marcher sur les traces d’une histoire qui ne lui appartenait pas. Elle se demande s’il lui pardonnera. Ricardo ne semblait pas en colère, cependant. Il semblait plus intrigué, curieux … et triste. Victoria pouvait le comprendre et elle aurait tellement voulu placer sa main sur la sienne. Sa belle-mère ne disait rien mais ne raté rien de cette échange. Elle sentait quelque chose se tisser entre les deux jeunes, mais Victoria était bien trop timide, tranquille, oubliable (selon ses propres dire) pour oser espérer quelque chose avec un homme qui Ricardo. C’était aussi pour cela que le brun devait se sentir en confiance. L’absolue certitude que la jeune femme ne pouvait pas se faire d’illusion sur leur relation, et leur amitié, puisqu’elle n’était clairement pas dans les listes de potentiels. Victoria, elle non plus, n’y pensait pas. Ce qui rendait sa belle-mère parfois triste, puisqu’elle connaissait cette douce jeune femme comme sa fille et qu’elle avait le plan de son cœur pour en comprendre les rouages.

Mais c’était éloquent. Quand Ricardo était parti, le sourire sur le visage de Victoria valait toutes les paroles. Elle avait prit les livres, la caressant et les touchant avec une grâce qu’elle n’apportait pas à tous les ouvrages. Oh, elle faisait toujours bien attention à chaque livre qui lui passer entre les doigts. Mais ceux qu’elle chérissait, qu’elle aimait par-dessus tout et pour qui avait une grande valeur, elle les chouchoutait encore plus. Pour tout dire, la future mère trouvait cela triste que les livres ainsi offert soit à donner à ce groupe de partage d’ouvrage. Ils allaient être abimés, inévitablement. Elle se promit de faire en sorte de prévenir le jeune lord que sa belle-fille aimerait avoir un livre rien qu’à elle, offert par un ami et non un membre de la famille. Tout pour avoir un sourire aussi rayonnant qu’à l’instant.

*

Trois jours plus tard, Victoria était heureuse. Elle avait fait une lettre pour la comtesse pour la remercier de ses ouvrages, lui expliquant ainsi dans sa missive l’utilité et l’organisation de son échange de bibliothèque qui permet à tout le monde, même les serviteurs de maison, de profiter de la culture et des bons mots. Elle avait aussi reçu des livres de la part d’Antonio Brownson, mais cela n’était pas encore officiellement imprimé en Grande-Bretagne. Elle avait, bien sûr, renvoyé une lettre pleine d’humour et de gratitude à Ricardo. Pour les livres et le temps qu’il lui avait accordé, bien que la fin de cette entrevue fut terriblement déprimante (mais bien sûr, elle n’en faisait pas mention dans sa lettre). Elle n’avait pas osé envoyer la lettre avant le matin même, de ce fait, elle ne pouvait pas avoir reçu de réponse, ce qui était mieux. Son cœur n’ayant pas l’habitude de recevoir de l’attention n’aurait pas survécu. Surtout au vue de la nouvelle corvée qui l’assaille ce soir-là.

Un nouveau bal. Un nouveau moment à vouloir fuir à toutes jambes en priant le ciel, la Terre et la mer de l’engloutir sous des tonnes d’eau, de nuage ou de terre. Qu’importe. Elle se retrouvait avec une robe, une qu’elle avait déjà mise, mais en plus de ne pas être dépensière, la jeune femme n’avait jamais compris l’intérêt de changer de robe à chaque bal vue le nombre de bal qu’elle devait faire pendant la saison. Bref, elle mettait une robe qui lui allait parfaitement. Ce soir-là, sa belle-mère avait choisi la bleue. Selon cette dernière, les yeux de Victoria semblaient bien plus doux avec la couleur. Victoria trouvait que ça ne lui allait pas. Mais si on l’écoutait, elle prendrait la couleur de la tapisserie pour se faire oublier, alors elle n’eut pas gain de cause.

Le bal des Rokesby était toujours bien fait. De marbre et d’obsidienne, l’entrée donnait l’impression de rentrer dans une grotte frottait à l’eau. Il y avait quelque chose d’aquatique et de fascinant. Le bleu y était de mise. La jeune femme était pourtant une des rares à porté du bleu. Les couleurs étaient plus vives sur les robes, du rouge pour les veuves et les vieilles filles, du vert et du rose pastel pour les jeunes filles à marier. Victoria vit du violet et du noire de deux veuves qui tenaient toujours le deuil. Elle était la seule à être d’un bleu vif. Pas pétant ou bien remarquant, du même bleu que ses yeux. Mais… Elle était seule… et visible puisque les regards se portèrent sur elle quand elle approcha du buffet. Si la Terre, le ciel et la mer ne voulaient l’engloutirent, peut-être pourrait-elle trouver du réconfort dans un jus de pomme. Ou s’y noyait. L’idée lui traversa l’esprit alors que sa chaperon, qui n’était plus la vieille femme datant, sa belle-mère ayant demandé de l’aide à une amie à elle pour ce bal en particulier, l’attrapa par le bras pour… la présenter à des hommes à marier. Comme d’ordinaire, les hommes se présentèrent à elle, et elle fit de même, et elle n’osait pas dire à la plupart qu’ils se connaissaient déjà, et avaient déjà été présenté. Si on l’oublie, ce n’est pas plus mal. Ce genre d’impertinence marquerait les esprits, et l’obligerait, d’ailleurs, à ouvrir la bouche pour dire une phrase complète ce qui lui était parfaitement impossible. Elle préfère le silence à un bégayement qui ne la rendrait que plus ridicule encore. Elle n’avait reçu, sans surprise, aucune demande de danse et ne s’en formaliser même plus. Alors que sa chaperon lui attrapa encore le bras, heureusement qu’elle avait des gants sinon tout le monde verrait les gros bleus qui ne tarderaient pas à se dessiner, elle la présenta à …

- Lord Brownson, s’écria-t-elle alors qu’un sourire fendit son visage dans un éclat lumineux qui ne passa clairement pas inaperçu, mais pour le coup, ce n’était pas ça qui la fit rougir.

Elle rougissait parce qu’elle était tellement heureuse de le voir. Avec lui, la soirée semblait plus respirable, plus vivable. Même s’il ne lui demandait pas de danse, -ce qu’elle espérait pourtant sans vouloir l’avouer- il illuminait la pièce de sa présence. Quelque part, elle savait qu’il y avait quelqu’un qui la remarquerait, elle. Et cela lui faisait tellement plaisir. Elle baissa la tête comme la convenance le voulait avant de faire une révérence. Elle n’était toujours pas gêné de son sourire, parce que pour le moment, elle avait abstraction de tout le monde autour et ne se concentrer que sur lui.

- Tu connais ce monsieur, Victoria ? Demanda sa chaperon ce qui eut l’effet de la ramener dans la salle de bal bondé avec violence.
- Je… Je…, oui… je … non… C’est, bégaya-t-elle en se maudissant à nouveau de ne pas pouvoir faire une phrase complète, même à une amie de sa belle-mère, elle planta un regard vers Ricardo avant de lui faire un sourire rougissant et désolé, dé… désolée…

Peut-être que l’homme ne voulait pas qu’elle soit ainsi avec lui ? Peut-être qu’il n’y avait que de la courtoisie et une « noblesse oblige » qui l’avait fait resté aussi longtemps avec elle… Mais il l’avait remarqué. Plusieurs fois, il l’avait remarqué. Même si ce n’était que deux ou trois fois, c’était plus que ce que quiconque ne faisait dans ce pays tout entier, en Ecosse et même en France. Elle était là, présente. Et lui, il le savait. Alors… elle baissa un peu la tête et ne savait plus trop si elle devait sourire ou pleurer de cette situation. Que le seul homme qui arrivait à la faire respirer dans une salle de bal était aussi le seul qu’elle ne pouvait appeler sans passer pour … une fille à marier qui essayer de taper bien trop haut dans la noblesse. Elle surprit d’ailleurs plusieurs filles qui se parler de derrière leur épouvantail et des murmures d’hommes aux alentours. Et en effet, si une partie de ces messe-basses étaient sur son toupet, une autre était surtout sur son sourire et sa voix. Certaines personnes jurèrent que c’était la première fois qu’ils entendaient sa voix, ou qu’elle eut un sourire si éclatant. Victoria souriait, mais toujours de politesse et d’obligation, jamais de bonheur et de surprise comme en l’instant.


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Ven 19 Jan - 16:47

Ricardo Brownson
J'ai 27 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis comte de Rosaland et futur duc de Colorshire et je m'en sors très bien. Sinon, je suis en ce moment l'un des célibataires les plus en vue de Londres.

En savoir plus.


Ricardo relut une nouvelle fois la missive qu’il avait reçue en fin de matinée et ne put réprimer un sourire satisfait, tandis qu’il finissait de nouer sa cravate en vérifiant son reflet dans le miroir. Comme à chaque fois, pour faire plaisir à sa mère, il avait pris le soin de vérifier sa tenue dans le moindre détail pour s’assurer de renvoyer l’image du fils parfait qu’il se devait d’être en toute occasion. Chaque geste parfaitement maîtrisé, pas le droit au moindre faux pas. L’enjeu était d’autant plus important ce soir.

Deux coups brefs furent toqués à la porte de la chambre de l’aîné de Brownson.

- Ricardo ? S’éleva la voix cristalline de sa mère dont le visage apparut par l’entrebâillement de la porte.
- Je suis prêt, mère, j’arrive dans l’instant.

La mère gratifia son fils d’un sourire enveloppant dont elle avait le secret. Son regard se posa sur le pli sur le bureau.

- J’en déduis qu’elle a apprécié le geste.

Le grand brun lui tendit le courrier qui portait les initiales des Kirkby. Elle parcourut rapidement la missive et son visage s’illumina un peu plus encore. En substance, Juliette Kirkby remerciait Ricardo pour les fleurs et regrettait qu’il n’ait pas eu l’occasion de venir les lui présenter en personne. Voilà qui n’augurait que du positif pour la suite. C’était officiel. Ricardo Brownson était désormais dans la course pour courtiser le diamant de la saison. Il n’avait aucun doute que ses titres et futurs titres ne manqueraient pas de parler pour lui notamment auprès du père de la demoiselle. Il souhaitait tout de même pouvoir apprendre à la connaître un peu mieux, espérant qu’elle ne serait plus qu’une jolie plante verte. Il avait beau avoir décidé de s’imposer le nécessaire pour s’assurer que sa famille échappe au scandale, cela ne l’empêchait pas d’avoir espoir de ne pas se condamner à une union avec une potiche. Mais elle était le diamant de la saison, après tout, et elle lui avait déjà fait une bonne première impression qu’il ne demandait qu’à approfondir. Gratter un peu la surface d’apparat et en savoir un peu plus sur la jeune femme dont il ferait son épouse, si elle l’acceptait.

Sa mère reposa le pli et quitta la pièce, son fils sur les talons.

- Milord, un pli pour vous, l’interpela un valet de pied tandis qu’il cheminait vers le rez-de-chaussée.
- Pas maintenant, Stevens. Posez-le sur mon bureau et je m’en occuperai à mon retour, lança-t-il juste avant de dévaler l’escalier pour rejoindre les membres de sa famille déjà installés dans le carrosse. Les jumeaux, évidemment. Sa mère. Son père, comme à son habitude, n’avait même pas essayé de faire l’effort. Ricardo roula silencieusement des yeux. Sa mère ne manqua pas le geste et ne put s’empêcher, comme à son habitude, de prendre la défense de son époux.

- Comme à chaque fois, mère, ne put s’empêcher de rétorquer Ricardo, la mine renfrognée.

Non pas qu’il ait le besoin urgent et vital de voir son père en cet instant. A dire vrai, ces jours-ci, moins il voyait son père, mieux il se portait. C’était à croître que le duc n’avait pas la notion de la gravité de la situation dans laquelle ils se trouvaient, surtout si elle venait à s’ébruiter. Avec son naturel franc et sans filtres, le patriarche était loin de n’avoir que des alliés.

Le grand brun avait tout juste mis le pied dans la salle de bal des Rokesby qu’une voix familière – et surtout féminine – l’interpela, à son plus grand étonnement. Il n’était pas de coutume, et surtout pas de la part d’une jeune demoiselle, qu’elle alpague l’un de ces messieurs. Pourtant, lorsqu’il reconnut la voix, il ne put réprimer un sourire. L’apparition de la jeune femme dans son champ de vision lui coupa momentanément le souffle. Elle était parfaitement ravissante dans cette tenue. Plus encore, il fut obnubilé parce le rayonnant sourire qui mangeait son visage.

- Miss Victoria, lâcha-t-il finalement en retour.

La voix de la duègne aux côtés de la jeune femme le ramena brusquement à la réalité, à la salle de bal qui les entourait. En réponse à la sécheresse du commentaire, celui-ci se fendit d’un salut bien bas et d’un baisemain à la chaperonne de la demoiselle.

- Ricardo Brownson, comte de Rosaland, pour vous servir, chère madame, cabotina-t-il.

- Comte, la héla alors sa mère d’un tour d’éventail, lui faisant signe de la rejoindre.
- Mesdames, les salua-t-il une nouvelle fois avant de s’éloigner à son tour.

Alors qu’il tournait les talons pour rejoindre la duchesse, Ricardo se maudit intérieurement de ne pas avoir pensé à demander une danse à la jeune femme avant de s’éloigner. Il était trop tard pour faire demi-tour maintenant, sauf à avoir faire quelque peu ridicule et à faire faux bond à sa mère qui le couvait du regard. L’occasion se présenterait probablement de nouveau un peu plus tard dans la soirée, si son carnet de bal ne se remplissait pas à toute vitesse. Après tout, elle était particulièrement en beauté. Il salua poliment les convives que lui présentaient sa mère tout en jetant un coup d’œil en coin à la jeune femme. Il fut alors présenté à miss Juliette et, alors que sa mère s’était lancée dans une discussion avec la mère de la charmante blonde, cette dernière avait tendu son carnet de danse au comte pour qu’il y inscrive son nom.

- Je vous ai réservé ma première danse, si vous le voulez bien, rosit-elle de son propre aplomb en lui désignant du bout de son doigt ganté la première ligne encore vacante du bout de carton.
- Ce sera mon honneur, mademoiselle Juliette.

Ce disant, il ne put s’empêcher de ressentir un étrange pincement quand, parmi la foule, une fulgurance bleue attira son œil.
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Dim 21 Jan - 16:26

Victoria
Sullivan

J'ai 23 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis la première fille du Baron Sullivan et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


→ Elle a fait sa première saison à l'âge de 17 ans
→ Présente depuis 7 ans dans les bals.
→ Son père est un baron presque inconnu, pas riche.
→ Elle est discrète, calme, et surtout presque muette.
→ Elle ne voit pas les couleurs.
→ Elle a une petite soeur, Eleanor de 12 ans.
→ Elle joue du violon
→ Elle apprécie sa belle-mère, qui est enceinte de l'héritier peut-être ? et essaie vraiment de trouver quelqu'un pour ne plus être un poids. Cependant, personne ne la demande jamais.
→ Son père pense de plus en plus à l'offrir en mariage à un vieil ami écossais, pour lier une alliance et récupérer de l'argent pour la cause.
→ Son père fait parti des gens qui veulent renverser le roi.

Quand deux âmes s'appellent, l'Univers entend leur murmure et conspire à les rapprocher [Clionestra] - Page 3 Y1mj
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Potiche, se réprimanda-t-elle en observant l’homme partir. Potiche, idiote, stupide et nunuche. Elle pouvait en rajouter alors que le rouge sur ses joues ne s’était pas enlever un instant. Nunuche et inutile. Elle finit par rougir et trembler alors qu’elle remarque à nouveau les regards, et les non-regards. A la fois certaine d’être invisible et consciente de ne pas l’être. Elle se recule d’un pas. L’amie de sa belle-mère savait déjà la réaction normale de Victoria dans un bal, et elle savait aussi une partie de ce que son amie lui avait raconté. Mais rien qui ne pourrait être à la hauteur de la réalité. L’amie avait la main sur le bras de la jeune femme et elle pouvait en sentir physiquement le cœur battre dans ses doigts comme si c’était le sien. Comme si le cœur de Victoria allait s’expulser de son corps. Elle ne savait que faire. Décidant de prendre le pas, elle s’approcha de plusieurs hommes pour lui présenter cette jeune femme, qu’elle avait présentée comme sa filleule pour un soucis de commodité, après tout elle l’aurait été. Elle essaie, et malgré le sourire qui avait été apperçu un peu plus tôt, les hommes se méfiaient.

Victoria n’arrivait pas à sourire, ni à respirer du reste puisqu’elle devait prendre des grosses goulées d’air dès qu’elle partait d’une discussion. Elle arrêtait simplement de respirer. La main contre le bras de sa protégée, elle décida qu’il était temps d’une pause. Elle se désole cependant que personne n’eut l’envie de proposer une danse à cette jeune fille ravissante. Elle la laisse à côté d’une plante, le temps de retrouver une amie qui pourrait l’aider à faire danser cette douce enfant. Victoria, elle, continuait à se maudire intérieurement des sentiments presque trop tendres qu’elle avait ressenti les quelques secondes où elle n’avait été qu’avec Lord Bronwson. Potiche, idiote, stupide et nunuche. Voilà. Elle n’avait pour elle que des défauts. Et en plus, remarqua-t-elle alors qu’on lui passa à côté sans la voir, elle était une plante verte invisible. On ne la remarque pas. On l’oublie. Elle se sent mal. Elle se sent oublié. Elle ignorait totalement que Lord Brownson l’avait remarqué, ainsi qu’un autre, bien moins gentleman… et qui avait fait une curieuse déduction de la réaction de la rousse face à Ricardo. Alors que la première danse commença, elle sentit son cœur tambourinait trop fort. Elle attrapa le vase en marbre à côté d’elle pour éviter le léger étourdissement qui la prise. Elle chercha des yeux son chaperon. Tout comme les autres, elle avait dû finir par l’oublier. Victoria n’était pas le genre de femme a qui l’on pense tout le temps. Elle se sentit trembler. Et en relevant les yeux, pour voir le seul homme à qui elle voulait parler danser avec une femme lumineuse qui illuminait la pièce de milles feux, elle se sentit d’autant plus mal à l’aise.

Elle sentait les murs se rapprocher d’elle pendant que le monde commençait à tanguer. Elle sentait son cœur trop fort, sur ses bras, dans son cou, sur ses tempes, comme si le sang qui était injecté par la pompe le faisait trop fort. Elle avait l’impression que s’était visible même sur ses doigts qui commençaient à lui donner une impression de fourmillement. Si elle ne sortait pas tout de suite, elle allait tomber dans les pommes. Et loin d’être l’étourdissement des jeunes femmes à marier pour intéressé sa proie, elle ne supporterait pas l’attroupement qui se ferait inexorablement autour d’elle si elle venait à tomber. Alors, elle se décala du pot, attrapa le mur et le suivit sans se faire remarquer jusqu’à la porte fenêtre qui mené vers l’extérieur.

Comme toujours dans ce genre de fête, l’extérieur était éclairé pour que les personnes puissent s’y rendre, mais il y avait toujours des zones d’ombres cachés. Victoria croyait réellement, en son for intérieur, que c’était fait exprès pour pousser la réputation des jeunes femmes à être détruite en amenant les hommes à faire des basses besognes selon leurs déductions étranges. Combien de fois avait-elle était témoin de chose ? Combien de fois avait-elle compris le manque de consentement de la jeune femme et avait-elle fait sciemment du bruit pour que l’homme prenne la fuite ? Combien de fois avait-elle ignoré des amoureux, des adultères, des curieux ou des libertins ? Oh, elle ne restait pas assez longtemps pour voir plus qu’un baiser échangé, quand il était consenti, mais elle le savait.

Pourtant, même si elle le savait, elle continuait de se rendre dans les coins sombres pour y être oublié. Elle n’avait aucune peur que quelque chose comme ça lui arrive, à elle. Pas assez jolie, ni remarquable. Elle n’intéressait pas plus les hommes qu’un caillou ou la mousse sur un arbre. Elle n’était pas celle que l’on suivait dans le noir dans l’espoir de prendre un baiser. Jamais cela ne pourrait lui arriver à elle. Elle trouve un banc de marbre dans un coin sombre et s’assoit pour lever la tête vers la lune. Elle aimerait apprendre l’astronomie. Pouvoir nommer les étoiles et leurs positions. Pouvoir expliquer leur découverte. Mais tout comme il était difficile pour elle de trouver des livres, il était difficile pour elle d’être sélective et de choisir ses ouvrages. Elle lisait donc ce qu’elle avait, sans se poser de questions. Et pendant tout ce temps où elle marchait, elle n’avait pas remarqué qu’à quelques mètres de là, un homme la suivait.

Une branche craqua, mais elle ne s’en occupait pas. Elle faisait entièrement confiance à son manque d’intérêt qu’elle suscité chez les autres. Ce qui était une erreur. Avant d’avoir compris le comment du pourquoi, un homme l’attrapa par la taille pour la retourner et la plaquer contre un arbre. Elle lâche un cri de stupeur plus que d’effroi avant qu’elle ne tombe sur le regard de l’homme. Elle n’aimait pas ce qu’elle pouvait y voir. Elle lui faisait pensé à son père, juste avant les quelques fois où il avait levé la main sur elle. Elle se mit à trembler.

- La…la … lachêz… lachez… moi ! qu’elle bégaie tout en essayant d’être forte.
- Allons ma douce,  on sait tous ce que tu veux.

Elle veut qu’il la lâche. Quand il répéta plusieurs fois « ma douce », elle comprit qu’il ne savait même pas son prénom et ne suivait qu’une pulsion étrange qu’elle ne connaissait même pas l’existance. Elle répéta plusieurs fois un « lâchez-moi » bégaya avant de réussir à le repousser pour essayer de s’écarter, mais il lui attrapa le bras et se mit à le serrer avec force. Tellement qu’elle cru qu’il allait lui briser l’os. Elle laissa échapper un bruit de douleur étouffé avant d’essayer de se libérer. Elle était peut-être timide et peureuse, mais elle ne manquait pas de courage. Elle essaya de lui envoyer un coup dans le tibia. Cependant, même si courageuse, elle ne pouvait rien faire contre un homme qui était bien plus fort qu’elle. Elle se retrouva à nouveau contre lui, plaquer contre un autre arbre alors qu’il avait mit ses mains au-dessus de sa tête, avec une main, et que l’autre essayait de passer sur ses jambes. Elle essaya de le mordre avant qu’il ne la plaque plus forte et qu’elle sente quelque chose d’étrange entre les cuisses de l’homme. Elle se fige de stupeur, même pas « heureuse » de pouvoir susciter ce genre d’intérêt. Les hommes de cette espèce seraient excités par une puce sur le cou d’un chat s’ils pouvaient leur arracher vertu et dignité. Elle laissa échapper un autre grognement de douleur avant qu’il ne lui dise à nouveau qu’il savait exactement ce qu’elle voulait. Elle finit par le regarder droit dans les yeux.

- Lâchez-moi tout de suite, réussi-t-elle à dire en une fois.

Mais au lieu de l’écouter, l’homme posa ses lèvres sur les siennes avec une violence inouïe. Victoria avait les larmes aux yeux. Elle n’avait jamais été embrassée. Et son premier baiser venait d’être voler par un homme dont elle ignorait tout de la pire des manières. Elle n’avait que ça pour elle. Sa vertu et il allait lui voler. Elle pleurait donc parce que l’image d’un premier baiser partager avec Ricardo, même un baiser de pitié, s’imposa à elle. Elle avait peur. Même courageuse, elle avait peur et elle ne pouvait rien faire que de se laisser caresser par cet inconnu qui allait lui faire du mal. Alors, elle tremblait et elle gémissait d’une douleur, cette fois-ci, bien plus profonde que physique. Et qu'un idiot pouvait confondre ce bruit à celui du consentement ou de la plénitude.

HRP - En espérant que ça te convienne :cute:


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Sam 25 Mai - 23:11

Ricardo Brownson
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La musique toucha à sa fin et Ricardo offrit élégamment son bras à sa partenaire pour lui faire quitter la piste.

- Souhaiteriez-vous un rafraîchissement, miss Juliette ? lui proposa-t-il le plus volontiers du monde.

Il s’avérait que la jeune femme était de charmante compagnie, qu’elle était bonne danseuse et avait de la conversation. Ricardo en était très positivement surpris. Se pouvait-il que ses perspectives s’embellissent et qu’il ait tout compte fait de trouver, a minima, une compagne avec laquelle il partagerait quelques centres d’intérêt ?

- Je souhaiterais prendre l’air, milord, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, répondit la jeune femme.
- Oh, t… très bien, balbutia à moitié Ricardo, quelque peu désarçonné.

Ricardo s’était tant préoccupé de sa propre opinion sur la charmante blonde qu’il n’en avait pas pensé à se demander quelle image elle avait pu se faire de lui. Se pouvait-il qu’il n’ait pas fait bonne impression auprès d’elle ? Avait-il été si mauvais danseur ou l’avait-il tant rasé qu’elle cherchait déjà à fuir sa compagnie ? Les lèvres serrées, il la salua bien bas et s’apprêta à prendre congé. Aussitôt, réalisant l’incompréhension manifeste qu’avait produit son propos, la jeune femme s’empressa de reprendre.

- Je veux dire… accepteriez-vous de me tenir compagnie ?

Ricardo la vit rosir de sa propre audace et accepta aussitôt, pour ne pas prolonger son trouble. Il lui offrit une nouvelle fois son bras et se dirigea vers la porte qui donnait sur les jardins. Une fois dehors, il se détacha chastement de la jeune femme et s’écarta d’un pas, s’efforçant de dissiper tout doute. Ils se tenaient tous deux à proximité de la balustrade qui surplombait le grand jardin, dans le halo lumineux que projetait la salle de bal incroyablement éclairée. La jeune femme soupira d’aise. Elle ne s’était pas empressée de reprendre la parole comme l’auraient fait d’autres, ce que Ricardo apprécia également. Elle aussi avait certainement besoin de faire une pause après la cohue, les tournoiements et le persistant brouhaha de la grande salle.

L’interlude fut peut-être ce qui sauva une autre jeune femme. Les jardins de nuit n’étaient pas toujours que des lieux de vertu, mais le « lâchez-moi tout de suite » qui résonna dans les ténèbres eut tôt fait de convaincre Ricardo que ce qui se déroulait sous le couvert du bosquet n’était pas consenti. Il fit signe à sa compagne de ne pas bouger, sauta par-dessus la balustrade pour foncer à travers le jardin jusqu’à ce qui lui semblait être l’origine de la commotion. Lorsque son regard se posa sur l’étoffe de taffetas bleu emprisonnée entre la silhouette de dos et l’arbre, il vit instantanément rouge.

Comme possédé, il attrapa l’homme par le col et le tira en arrière jusqu’à ce qu’il s’écrase au sol et plongea sur lui. Il le roua de coups, encore et encore, jusqu’à ce que ses poings se couvrent d’un sang dont il n’aurait su dire s’il s’agissait du sien ou de celui de son adversaire. Il aurait pu se contenter, tel le gentleman qu’il était, de demander à l’homme de bien vouloir lâcher la demoiselle et de lui proposer en contrepartie un rendez-vous pour le lendemain matin aux aurores, au pistolet ou au sabre, selon ses préférences. C’était ainsi que le voulait l’étiquette. Mais il ne comptait pas risquer, de surcroît, l’honneur de la jeune femme, en laissant à ce tors personnage la possibilité de révéler le motif du duel. Non. Son père lui avait appris à se battre, avec des armes comme avec ses poings. Ce furent ses poings qui s’abattirent, encore et encore, sur l’homme, jusqu’à ce qu’il ne soit plus que pulpe sanguinolente.

Les yeux encore fous, il finit par se redresser et porta son attention sur la demoiselle. Miss Victoria ! Ricardo ôta aussitôt sa veste qu’il passa autour des épaules de la jeune femme.

- C’est fini, souffla-t-il pour tenter de la rassurer.

Un bras autour de ses épaules, la soutenant tout autant qu’il la guidait, Ricardo se dirigea vers la bâtisse. Il fallait prendre soin d’elle désormais mais, si son honneur voulait survivre à la soirée, il était absolument impossible qu’elle retourne dans cette salle de bal.

- Mademoiselle Juliette, de l’aide, appela-t-il alors, suffisamment fort pour que la jeune femme puisse l’entendre mais pas suffisamment pour attirer plus d’attention sur lui.

La blonde s’empressa de le rejoindre et se figea momentanément au spectacle qui s’offrait à ses yeux. Elle étouffa un cri d’horreur mais, plutôt que de s’enfuir, elle se porta au côté de Ricardo et passa de l’autre côté de la jeune femme pour l’aider à la soutenir. Elle retira la veste que le comte avait passé autour des épaules de la jeune femme encore en état de choc et la remplaça par sa propre étole. Ricardo s’apprêtait à contester mais il comprit. Retourner à l’intérieur sans sa propre veste et, pire encore, voir passer une demoiselle avec une veste d’homme sur les épaules, ne manquerait pas d’attirer une attention indésirable.

- Faites-en sorte de lui trouver une calèche pour la ramener chez elle, souffla-t-il urgemment, et que personne ne la voie, surtout. Si cela s’apprend, elle est perdue. Je me charge de lui faire quérir un médecin.
- Faites-moi confiance, je prendrai personnellement le plus grand soin d’elle, répondit alors la jeune femme avec la plus grande bienveillance.
- Je vous fais confiance, miss Juliette.

A contrecœur, Ricardo accepta de lâcher la demoiselle et de la confier aux bons soins de Juliette Kirkby. Tandis que les deux silhouettes chancelantes s’éloignaient en contournant largement la salle de bal pour l’éviter, Ricardo sortit de sa poche un mouchoir avec lequel il nettoya le sang sur ses mains. A son grand soulagement, il s’avérait que la plupart de ce sang ne lui appartenait pas, si ce n’était quelques petites entailles persistantes sur ses mains.

Sans un regard de plus vers le jardin et ce qu’il y avait abandonné, mais l’estomac noué par l’angoisse de ce qu’il allait advenir de miss Victoria, Ricardo rejoignit la salle de bal, se sentant particulièrement seul au monde.
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Dim 26 Mai - 12:51

Victoria
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J'ai 23 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis la première fille du Baron Sullivan et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


→ Elle a fait sa première saison à l'âge de 17 ans
→ Présente depuis 7 ans dans les bals.
→ Son père est un baron presque inconnu, pas riche.
→ Elle est discrète, calme, et surtout presque muette.
→ Elle ne voit pas les couleurs.
→ Elle a une petite soeur, Eleanor de 12 ans.
→ Elle joue du violon
→ Elle apprécie sa belle-mère, qui est enceinte de l'héritier peut-être ? et essaie vraiment de trouver quelqu'un pour ne plus être un poids. Cependant, personne ne la demande jamais.
→ Son père pense de plus en plus à l'offrir en mariage à un vieil ami écossais, pour lier une alliance et récupérer de l'argent pour la cause.
→ Son père fait parti des gens qui veulent renverser le roi.

Quand deux âmes s'appellent, l'Univers entend leur murmure et conspire à les rapprocher [Clionestra] - Page 3 Y1mj
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La langue de l’homme était dans sa bouche. Elle repoussait sa propre langue le plus loin possible dans un essai désespéré de ne pas être souillé. Mais c’était trop tard. Il avait toujours ses deux mains dans l’une des siennes et caresser sa poitrine de la seconde à travers le tissu. Il avait écarté ses jambes et y avait posé son genou pour une raison qu’elle ignore. Elle sait que les femmes s’accouplent en écartant leurs jambes, en les liant dans le dos de leur amant, mais tout son corps refusait cette possibilité. Alors que la main sur sa poitrine descendit pour remonter sa robe, elle sentit un nouveau hoquet de peur et de désespoir. Jusqu’à ce qu’il n’y eut plus rien. Elle tomba sur le sol, ses jambes devenus coton alors qu’elle lançait un regard apeuré vers la scène. Ricardo Brownson était un homme bien bâti, fort, incroyablement viril, et en train de tabasser un homme. Victoria, dont la peur et les larmes n’arrivaient pas à se calmer, tout comme les tremblements, ne le quittait pas des yeux. Elle ne voulait pas voir qui venait d’essayer de lui faire du mal. Elle ne voulait voir que la protection farouche qu’elle lisait sur les traits de Ricardo. Elle devrait avoir peur. Comme toute femme de faible constitution et n’ayant aucun muscle protecteur, elle devrait avoir peur de la violence que mettait Ricardo dans ses coups. Elle devrait le voir comme un animal qui déverse sa rage. Mais non. Elle ne détachait pas les yeux de lui et elle savait, au fond d’elle, que cet homme capable de tabasser un homme avec une telle force ne lui ferait jamais de mal. Elle avait envie de se fondre en lui, de couler contre son torse et de lui demander de ne pas jamais la laisser. Elle pleura de plus belle quand il revient vers elle. Elle se sentait sale, alors même que son agresseur n’avait pas réussi à faire sa basse besogne. Elle se sentait mal. Elle se sentait nauséeuse. Elle avait envie de se cacher dans un trou, encore plus qu’à l’accoutumé, pour mourir. Elle sanglota quand il l’attrapa et la soutient. Elle sanglota quand elle passa dans les mains d’une jeune femme qui ne lui était pas inconnue. Elle ne voulait pas le laisser. Elle ne voulait pas quitter sa large veste qui la protégeait bien plus. Elle se laissa guider jusqu’à avoir le droit de s’engouffrer dans un carrosse et repartir chez elle. Alors, dans l’habitacle se mouvant avec la force des chevaux, elle se mit à pleurer à grosse larmes. Elle avait réussi à dire deux fois « non, s’il vous plait » au diamant de la saison. Quand elle avait proposé de l’accompagner jusqu’à chez elle, et quand elle avait dit qu’elle ferait quérir un médecin.

Victoria n’en avait pas besoin. Ce n’était pas son corps qui était blessé, c’était son âme. L’inconnu aux mains mointes et à l’haleine d’alcoolique avait atteint une partit bien plus intime d’elle. Elle était un pot de fleur, une potiche que l’on oubliait, qui ne se faisait remarquer. Elle n’était même pas jolie. Et pourtant, quelqu’un venait de lui arracher le cœur pour le piétiner. Elle avait mal. Elle voulait être seule. Elle avait toujours eu le désir de la solitude, parce que le monde l’angoisse et qu’elle n’arrivait jamais à parler. Sauf avec lui. Et elle n’avait même pas eu le temps de danser. Elle savait aussi, qu’un jour, son père la marierait de force pour le bien de la famille. Elle était condamné à finir dans les bras d’un mari qui la prendrait ainsi, sans cérémonie, parce qu’il en a le droit en tant qu’homme. Parce qu’il en a la force, et qu’elle n’était rien.  Depuis la mort de leur mère en donnant naissant à Eleanor, Victoria ne voyait plus les couleurs, et elle était ravie de cela. Sans les couleurs, elle pourrait tout oublier. Elle rentra chez elle, sans chaperon et s’enferma dans sa chambre. Après tout, qui viendrait la voir ? Elle n’était rien.

*

Le lendemain, Sally, sa femme de chambre, la réveilla avec une bienveillance coutumière. Et Victoria se releva de son lit. Elle s’y était jeté habillé, elle s’était enroulé dans toutes les couches de draps possibles et avaient pleurés de tout son cœur, encore. Ses joues étaient encore striées de larmes et ses yeux gonflaient. Sally ne posa pas de question. Il n’y avait pas plus fiable et loyale parmi ses amis. La jeune servante se voyait plus comme une proche de Victoria, et la rousse ne l’avait jamais démenti. Victoria finit par réfléchir à toute allure. Il lui fallait du temps. Elle s’approche de son secrétaire et se met à écrire une lettre pour lord Browson. S’il venait la voir aujourd’hui, elle se mettrait à pleurer encore, ce qu’elle fit d’ailleurs en écrivant la lettre. Elle lui envoie comme suit :

« Lord Browson,
Je vous remercie pour votre sollicitude et votre aide hier soir. Connaissant votre grandeur d’âme et votre incroyable caractère, je me permets de vous envoyer cette missive. Ne venait pas me voir. Votre présence serait salutaire à mon âme, bienveillante et certainement plus que ce que je mérite, mais j’ai besoin d’un peu de temps pour me remettre. Je ne désire pas être un fardeau plus encore.
Je vous en supplie,
Bien à vous, Victoria ».


Cette lettre fut écrite et scellé avant qu’elle ne puisse la relire. Ce qu’elle ignore alors, quand elle passe la lettre à Sally en lui faisant promettre de la remettre à Ricardo Browson, c’est qu’elle avait écrit sur l’autre face du papier vélin. La lettre était plus ou moins la première version de la première lettre qu’elle lui avait envoyé, mais avec de plus grosse vérité. Elle était datée de deux jours avant le bal et disait ceci avec quelques ratures qui faisaient clairement comprendre qu’elle n’aurait pas du être envoyé en l’état :

« Lord Browson,
Je vous remercie à nouveau pour les livres. Les voir comble mon cœur de joie. Je ne pourrais expliquer exprimer ma gratitude. Votre présence et votre amitié sont deux choses que je chérirais. Je vous remercie également d’avoir pris le temps de me tenir compagnie. J’espère pouvoir vous voler une danse, à défaut d’avoir pu ravir le cœur de votre frère. J’espère pouvoir un jour vivre un tel amour. Ceci est une blague. Ravir votre frère pas l’amour. Vous êtes un soleil. »


La lettre n’était pas signé, mais l’écriture était la même que le verso. Simplement, cette lettre n’aurait jamais dû être envoyée. Encore moins en l’état. C’était simplement des pensées qu’elle avait eu pour Ricardo. Des pensées qu’elle ne comptait jamais avoué, dont elle avait cru jeter toutes les preuves. Mais, elle, elle ne savait pas qu’elle venait de lui envoyer en même temps que le recto dont des tâches d’encres attestées les larmes.

*

Trois jours plus tard, elle n’avait toujours pas eu de nouvelle de la société annonçant sa disgrâce. Si elle pleurait toujours, mangeait peu, et passait le plus clair de son temps dans le lit, personne ne sembla remarquer son absence ou le changement de ses humeurs. Excepté Sally qui avait donné des nouvelles plus détailler au valet de pied de Lord Browson pour celui-ci en informe son maître. Sally avait compris ce qu’il s’était passé et avait essayé de la rassuré comme elle le pouvait. Cependant, Victoria était toujours focalisée sur deux choses. Elle voulait disparaître, et elle avait toujours l’impression d’avoir la langue de l’inconnu au fond de sa gorge. Sally lui avait dit expliqué qu’un baiser était une chose belle, magnifique, quand il était partagé avec courtoisie et honneur. Et Victoria se rendait de plus en plus compte qu’elle n’aurait jamais ce genre de baiser. Ce qui faisait redoubler ses larmes. Ni sa sœur, ni sa belle-mère ne firent au courant de la situation, bien que cette dernière bataille sans relâche contre son mari pour que Victoria ne soit pas vendue pour un mariage. Mary savait qu’elle avait de l’argent à lui alloué pour une dot bien plus conséquente et ne comptait pas abandonner son enfant.

Alors qu’elle allait se mettre à nouveau à pleurer, lisant encore et encore la même page du livre offert par Lord Browson pour son réseau de partage des livres, on lui prévient qu’elle avait un visiteur. Son père était Dieu sait où, sa belle-mère faisait une retraite dans un bain pour l’enfant à naître, sa sœur était en train de prendre le thé chez une amie. Elle était seule. Sally comprit la peur de sa maîtresse et sortit pour vérifier qui était le visiteur en question, laissant échapper une respiration soulagé en voyant lors Browson à la porte. Sally congédia le majordome et elle fit une révérence à l’homme. Elle avait un plan en tête pour son amie, mais elle allait devoir outrepasser toutes les règles sociales… mais après tout… Elle avait déjà décidé, Sally, que si sa maîtresse finissait à la rue, elle l’accompagnerait.

- Lord Browson, nous nous sommes déjà rencontré. Je suis Sally, fit-elle alors qu’elle regarda le couloir avant de reporter son attention sur l’homme, géant, qui se tenait devant elle, ma maîtresse va vous recevoir dans le petit salon.

Elle fit un pas avant de prendre une nouvelle respiration et se rapprocher de ce noble qui pourrait lui écraser la tête sans même sans formaliser… Mais il le fallait pour Victoria. Sally savait ce qui faisait tant de mal à son amie. Elle finit par murmurer.

- Je sais ce qu’il s’est passé, Milord, et si je puis me permettre un conseil… On ne devrait jamais passer trois jours avec, pour dernier, et premier, baiser, celui qu’on nous a arraché dans l’espoir de nous faire du mal.

Voilà. Qu’il comprenne, ça ne tiendrait qu’à lui… mais elle se poussa pour le laisser rentrer dans la pièce et prévient qu’elle allait chercher des rafraîchissements. Elle poussa la porte. Pas assez pour la fermer complètement mais assez pour donner l’impression qu’ils n’étaient que tous les deux. Sally allait faire le chien de garde.

Victoria, de son côté, était totalement insouciante des machinations de son ami et sursauta simplement quand Lord Brownson apparu dans la pièce. Il était toujours le même. Il n’avait pas changé. Elle, elle était encore plus éteinte que d’ordinaire, sa peau était toujours aussi pâle et elle avait du maigrir à force de pleurer. Elle se leva d’un bond et fit une révérence qui lui fit tourner la tête.

- Lord Browson, s’alarma-t-elle, vous n’auriez pas du vous déranger.

Elle papillonne des yeux et d’un coup, elle rougit. Elle ne se souvenait que très vaguement de ce qu’elle avait écrit dans sa lettre. Très très vaguement. Quelque chose comme « ne venait pas, ça ira bien ». Elle rougit d’autant plus avant que Sally ne pousse discrètement la porte pour apporter un plateau avec du thé et des gâteaux. Elle repartit tout de suite et referma à nouveau la porte, pour se poster devant comme une protectrice. Victoria rougit à nouveau, elle observe ses mains si grandes qui l’avaient protégé. Après le baiser qui la hantait, c’était la même de l’homme contre sa poitrine et descendant sur ses jambes qui la hantait. Elle aurait tellement voulu que cela soit Ricardo, elle laissa échapper un hoquet de souffrance émotionnelle avant de porter la main le plateau et de faire un faible mais net.

- Veuillez-vous assoir, je vais vous servir le thé.

Et elle lui servit exactement comme il l’avait pris la première fois. Elle était en vie. Détruite émotionnellement et en proie à des crises encore plus fréquentes de panique mais elle pouvait gérer. Même si maintenant, les  crises de paniques pouvaient se faire quand elle traversait le jardin et qu’une ombre apparait… Elle était devenue pire qu’avant et elle se déteste d’autant plus. Elle lui tendit le thé et continua de regarder ses mains. Elle pouvait voir des coupures qui n’y étaient pas la dernière fois. Et malgré elle, mue par un besoin, elle s’excusa.

- Je suis désolée d’avoir ruiné votre bal, et que vous vous soyez blessé.

C’était sa faute. Voilà aussi les messages qui traverser son esprit. Le karma avait voulu la remettre les pieds sur terre. Elle avait rêvé de Lord Browson l’amenant danser, la faisant rire sur la piste de danse là où personne ne faisait jamais l’effort de lui faire la conversation, la regardant, s’intéressant à elle, la laissant faire de l’humour… Elle avait rêvé de lui l’embrassant, devenant son premier baiser. Et elle avait eu tord. C’était sa faute d’avoir voulu quelque chose d’impossible. Surtout en sachant que sa « « rivale » » (seulement dans ses rêves) n’était autre que le diamant de la saison. Même Lady Whistledown ne pouvait pas imaginer cette stupide blague. Elle prit d’ailleurs les feuillets et lui tendit. Il n’y avait rien d’écrit sur elle. La rubrique mondaine l’oubliait. Cela ne la dérange pas.


I'm born again.
I'm on the mend
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Lun 10 Juin - 20:09

Ricardo Brownson
J'ai 27 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis comte de Rosaland et futur duc de Colorshire et je m'en sors très bien. Sinon, je suis en ce moment l'un des célibataires les plus en vue de Londres.

En savoir plus.


- Et vous, Baron, qu’en dites-vous ?
- Rosaland, vous êtes parmi nous ?

Ricardo leva les yeux de son verre de brandy et posa un regard presque hagard sur Lord Byrnston. Les quatre gentlemen autour de la table le dévisageaient avec curiosité.

- Huit contre un sur Evans. Vous misez ?
- Evans contre Miller, c’est du tout cuit, je vous le garantis, messieurs.

Le grand brun vida son verre d’un trait et le reposa avec force sur la table d’acajou avant de se redresser. Son voisin immédiat en sursauta presque.

- Messieurs, si vous voulez bien m’excuser.

L’esprit ailleurs, Ricardo quitta le club d’un pas vif. Sur le chemin, il percuta accidentellement quelque badaud aviné mécontent et se vit lever le poing contre le malheureux soudainement tout prêt à s’excuser d’avoir bousculé sa personne. Il le relâcha aussitôt et reprit son chemin en fulminant de plus belle. Ricardo en tremblait encore de rage. Pas de cette rencontre. De ce qu’elle lui évoquait. S’il n’avait tenu qu’à lui, il serait retourné dans ce jardin et… il préférait ne pas terminer ce fil de pensée. Plus que l’assaut et la douleur lancinante dans les articulations de ses doigts, c’était l’image de la jeune femme qui continuait à hanter son esprit.

De retour au domicile familial, il traversa le hall désert à cette heure de la nuit et fila droit vers son bureau dans lequel il s’enferma. Il ouvrit devant lui l’un des livres de compte du domaine mais le referma rapidement. Il n’était ni suffisamment serein, ni suffisamment lucide en cette heure tardive pour se concentrer sur une telle activité. Et puis, quoi de pire en cet instant que de s’intéresser à cet épineux sujet quand il était si préoccupé par ailleurs. Était-elle bien rentrée chez elle ? Miss Juliette lui avait garanti que oui, qu’elle l’avait bien mis dans une calèche de retour chez elle. Elle avait refusé de voir un médecin, ce qui pouvait être compréhensible compte tenu des circonstances, mais cela n’avait fait que le préoccuper un peu plus quant à l’état de la jeune femme.

Ricardo retira veste, veston et cravate, qu’il jeta en vrac sur le dossier de son siège. Il se dirigea vers les rayonnages de sa bibliothèque, s’empara d’un opus un peu au hasard et, après s’être servi un nouveau verre, se laissa tomber dans un fauteuil, cherchant en vain à se changer les idées. Le verre se vida bien plus vite que ce qu’il ne tournait les pages. Remplacé par un autre, puis encore un autre. Ce fut ainsi qu’il s’éveilla, le cou endolori, affalé sur une banquette, un livre ouvert posé sur son ventre et le cadavre d’un verre vide au sol. Les deux coups brefs à la porte le firent sursauter suffisamment pour que son livre rejoigne le verre au sol. Son valet apparut, un pli posé sur un plateau d’argent qu’il lui tendit.

- Milord, votre courrier.
- Merci, Miles, répondit Ricardo en se frottant les yeux.

Il se redressa rapidement et le regretta aussitôt. Il saisit le pli sur le plateau. Il tenta de faire la mise au point dessus mais voyait encore flou. La bouche pâteuse, il frotta ses tempes endolories.

- Souhaitez-vous que je vous fasse porter un café, milord ?
- Le plus serré et le plus fort que tu trouveras. Et un morceau de pain bien grillé.

Le garçon le salua avant de s’éclipser. Lorsque sa vision se fit assez nette, il posa de nouveau les yeux sur le pli. Celui-ci semblait griffonné de toutes parts, comme s’il avait été replié et cacheté dans le mauvais sens. Qui donc pouvait bien lui envoyer une chose aussi curieuse ? Sans s’intéresser aux gribouillis, Ricardo brisa le cachet de cire et prit connaissance du contenu du pli. Mademoiselle Victoria. Son cœur manqua de rater un battement. Des nouvelles ? Comment se portait-elle ?

Il se figea sur les cinq petits mots qui lui serrèrent le cœur : « ne venez pas me voir ». Ricardo ne prit même pas la peine de lire le pli jusqu’au bout. Il ne remarqua pas la façon dont les larmes de la jeune femme avaient entaché l’encre de sa lettre. Il la froissa en boule et la lança au loin. Je vous remercie de votre sollicitude et ne venez pas me voir. Voilà ce qu’il résultait d’aider une demoiselle en détresse. Voilà tout ce à quoi il avait droit. Mais qu’attendait-il exactement ?

Miles refit son apparition et, Ricardo, qui s’était relevé sous le coup de l’énervement, se laissa retomber sur son siège tandis que le valet posait depuis lui une tasse fumante du précieux liquide noir. Le baron s’empara de la tasse et ferma les yeux, savourant les effets du breuvage. Miles s’approcha naturellement des rideaux mais Ricardo l’arrêta avant qu’il ne puisse commettre l’irréparable. Les quelques rayons qui filtraient étaient tout ce que ses yeux étaient capables de supporter dans l’immédiat. Sa tête était encore une affreuse caisse de résonnance. Ricardo croqua dans un morceau de pain grillé, but encore une gorgée de café, et se laissa retomber tête en arrière sur le dossier de son siège. En silence, le servant récupéra le morceau de papier froissé au sol et alla le poser sur le bureau avant de s’éclipser.

- Ah, Ricardo, tu te décides à nous rejoindre, mon frère, s’exclama son cadet, un peu trop enthousiaste à son goût.

Son jumeau et lui étaient occupés à une partie d’échecs dont ils avaient détourné les règles comme à leur habitude, transformant le plateau en un véritable champ de bataille agrémentés de toutes sortes d’objets. C’était à se demander quand les deux jeunes hommes grandiraient enfin vraiment. Même Antonio était parvenu à trouver chaussure à son pied. Il était grand temps que cela soit aussi le cas des jumeaux. Mais à chaque jour suffisait sa peine. Ricardo lui fit signe de baisser d’un ton tout en se dirigeant vers sa mère qu’il salua poliment à son tour. Celle-ci grimaça en le voyant.

- J’allais te proposer d’inviter Miss Juliette à une promenade ce matin, par le temps radieux qu’il fait, mais…

Ricardo confirma d’un non de la tête. Il n’avait envie de voir personne. Ni les Kirkby, ni les gentlemen du club. Sa mauvaise humeur le suivit pendant les jours qui suivirent. Il s’enferma dans son bureau, prétextant d’avoir à s’occuper du domaine pendant que son père était parti pour une virée de plusieurs jours dans le nord avec quelques camarades d’Eton à lui – dans ce cas, il valait mieux ne pas poser de questions –. Il en était à son troisième jour cloîtré dans son bureau quand son regard se posa de nouveau sur la maudite lettre. Ne l’avait-il pas roulée en boule et jetée pour la faire disparaître. Si, on pouvait voir les traces de maltraitance sur le pli froissé et défroissé. Mais c’était bien lui, là, sous ses yeux. Pourquoi ces mots l’avaient-ils à ce point blessé ? Après tout, il n’avait fait que son devoir. Il avait fait son nécessaire pour protéger l’honneur de la demoiselle. Il n’avait rien fait pour la compromettre, bien au contraire. Et elle ne lui montrait aucune gratitude. Si, pourtant, ses premiers mots. Mais pourquoi alors…

Ricardo fit tourner le pli entre ses doigts. Les gribouillis et les raturages. Circonspect, le grand brun reprit le pli et l’étala devant lui. Naviguant entre les mots jetés à même la feuille, rayés, réécrits, il se mit à sourire. Il fronça les sourcils et retourna la feuille. Il parcourut le texte une nouvelle fois. Cette fois, il le lut jusqu’au bout. « Je ne désire pas être un fardeau ». Ricardo se flagella mentalement. Mais pourquoi n’avait-il pas pris la peine d’aller jusqu’à la fin du pli la première fois ? Ce n’était pas qu’elle refusait sa compagnie. C’était qu’elle jugeait que sa compagnie pourrait lui être déplaisante, à lui.

- Je sors, lança-t-il à la cantonade depuis le hall avant que qui que ce soit n’ait le temps de l’arrêter.

Il n’attendait pas particulièrement de réponse. Il fonça droit devant et disparut presque aussitôt dans le cabriolet qui l’attendait devant l’entrée. Il était si sûr de lui quand il avait quitté la demeure familiale. Il l’était beaucoup moins maintenant qu’il se trouvait sur le seuil de la demeure des Sullivan. Le baron n’était pas présent, lui avait-on poliment indiqué. Ce n’était pas grave, ce n’était pas lui qu’il venait voir mais sa fille. Le valet s’éloigna, l’air pincé, sans un mot, et fut bientôt remplacé par la suivante de la jeune femme.

L’audace de cette dernière aurait eu tôt fait de faire réagir n’importe quel gentleman, mais Ricardo n’était pas comme tous ses pairs. De par l’éducation que leur avait dispensée leur mère, lui comme ses frères avaient appris à traiter jusqu’au personnel de maison avec égard et respect. Il n’en resta pas moins que l’attitude du petit bout de femme était quelque peu présomptueuse… et désarçonnante.

Ricardo emboîta le pas de la suivante jusqu’au petit salon. Il pénétra dans la pièce, visage fermé, ne sachant trop à quel accueil s’attendre de la part de la jeune femme. Ricardo jeta un œil rapide dans la pièce. La mère de la demoiselle n’était pas là. D’ailleurs, hormis sa suivante, personne d’autre n’était là. C’était quelque peu inconvenant, mais à tout le moins pourraient-ils parler.

- Ce n’est nullement un dérangement, mademoiselle Victoria, répondit-il en se penchant face à la jeune femme.

Il prit place à son invitation, ne pouvant s’empêcher de détailler la jeune femme tandis qu’elle leur servait le thé. Elle semblait l’ombre d’elle-même, et ce simple constat le peinait. Il repensait au dernier échange qu’il avait eu en ces lieux avec elle et à l’air qu’elle arborait désormais. Il sentit une étouffante vague de colère monter en lui. Pas contre elle, évidemment. Contre celui qui l’avait prolongée dans un tel état de détresse. Ricardo prit la tasse qu’elle lui tendait et la remercia d’un sourire quelque peu forcé. Il porta la tasse à ses lèvres et manqua de s’étouffer lorsque la jeune femme s’excusa.

- Vous ne me devez aucune excuse. Vous ne devez aucune excuse à qui que ce soit, mademoiselle Victoria.

Il faisait de son mieux pour ne pas laisser la colère qu’il ressentait l’envahir entièrement. Ricardo secoua la tête.

- Ramassis d’inepties, souffla-t-il en reposant les papiers qu’elle lui tendait.

Le papier de Lady Whistledown. Rien que de penser à ce que cette commère aurait pu faire d’une telle information lui noua l’estomac. La pauvre jeune femme en aurait été définitivement ruinée. N’avait-elle pas assez souffert ainsi ? Il aurait aimé lui poser tant de questions. Savoir comment elle allait, comment elle se sentait. Mais, bien que seuls dans la pièce, il eut été particulièrement inopportun d’attaquer la jeune femme si frontalement sur le sujet.

Aussi, un peu lâchement peut-être, Ricardo préféra détourner le sujet de conversation. Il tira d’une poche de son veston un carton orné de motifs dorés, qu’il tritura entre ses doigts : le carton d’invitation au mariage de son frère et d’Isabella.

- Je.. hum… je suis venu vous apporter ceci, reprit-il en lui tendant l’invitation. Je.. hum… je vous le devais depuis quelques temps déjà.
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