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LE TEMPS D'UN RP

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras

Lo
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Mer 18 Mai - 2:57
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Gonzo Kobata
J'ai 60 ans et il est dit que je vis au Japon. Dans la vie, je suis la hantise de tous les criminels, autrefois, légendaire  baron de la drogue. Les rumeurs qui entourent mon existence font de moi l'homme le plus craint du Japon.


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Jeudi, jour J


— La rumeur courait pourtant que la Vipère était morte, mais voilà que resurgisse des cadavres signés en croix… » Tadashi croisa ses doigts devant lui. S’éleva dans la salle une vague de murmures chaotiques à la suite de ses propos. Voilà que deux légendes du crime refaisaient surface au même moment. Si ce n’était pas une pure coïncidence, une réelle menace surplombait l’organisation. L’assemblée des Quatre, aujourd’hui réduite aux deux familles yakuza qui demeuraient, avait pris place dans la seconde demeure de Saito. Plus sécurisé que la tourelle en verre de Shinjuku, c’était Tadashi qui avait insufflé l’idée au chef des Yamaguchi-gumi, bien aux faits du talent de tir d’une certaine jeune femme connue pour être la main droite la plus mortelle de tout Honshu.
— Peut-être un successeur ? J’ai entendu d’ouïe dire à l’époque que la Vipère avait un poulin. »  Commenta un des hommes de l’assemblée.
— Un successeur à la Vipère, hein ? » Questionna à voix haute et pour lui-même Saito, qui appuya son menton sur ses mains jointes, l’air pensif.
— Qu’importe. On sait maintenant que Kobata - enfin son usurpateur - n’agit pas seul. Sinon, comment expliquer la tuerie de cette famille commerçante sur le territoire des Inagawa-kai qui portait sa signature ? Le message est clair. Ce Kobata en a après les clans. Si on suit la logique des choses, les prochains dans sa ligne de mire sont les Inagawa-kaï, ensuite les Yamaguchi-gumi…
— Ou peut-être bien c’est précisément ce qu’il cherche à nous faire croire… "Coupez la tête du serpent, il n’en restera qu’une corde." » Ajouta Tadashi.
Tadashi était un homme qui dégageait un charisme magnétique. Dit cousin éloigné du défunt oyabun des Inagawa-kaï emporté par un état de santé critique quatre mois plus tôt et sans héritier pour le succéder, Tadashi disait-on, avait fait surface alors que tous le croyaient ne s’être jamais réellement intéressé aux affaires de la famille. Son retour en avait surpris plus d’un car la dernière fois que Tadashi avait été vue auprès des siens, cela remontait à l’enfance du boss. Lui et sa famille avait déménagé en dehors du pays pour éviter leur réputation d'être ternie par celle de leurs parentés. Et voilà qu’aujourd’hui, il avait déjà ravivé l’espoir de grandeur des Inagawa-kaï qui pensaient avoir été emporté avec la mort de leur dernier chef. Il ne lui suffisait que d’entre ’ouvrir les lèvres pour qu’y soit suspendu à celles-ci tous ceux qui l’entourait. On pouvait chaque fois compter sur la justesse de ses propos. Saito fronça les sourcils à cette mention qui confirmait ses doutes. Il était plus que clair à présent que quelqu’un menaçait non seulement les opérations de l’organisation, mais son existence même.
— Ta lieutenante n’est pas présente pour la réunion Saito ? » Demanda innocemment Tadashi qui observait de son unique œil, Saito.
Il consulta sa montre, puis s’empara d’une cigarette. Un jeune homme qui se tenait à sa droite lui tendit son feu.
— Si. Elle est en retard. Ce qui n’est pas à son habitude. » Il fît un geste de son autre main à l’adresse d’un jeune homme aux cheveux teints de rouge qui ne devait pas dépasser la vingtaine et qui compris devoir partir à sa recherche. Il quitta la salle aussitôt, accompagné de deux autres collègues.
— Dis-moi, Saito… » poursuivis Tadashi qui interrompit du même coup le brouhaha qui s’était formé autour de l’identité de ce Kobata. « Il me semble qu’à l’époque où ton frère était encore à la tête du clan des Yamaguchi-gumi, il avait loué les services de la Vipère, non ?
— La dernière fois qu’elle a travaillé à notre compte, c’était pour désarçonner l’insurrection d’un groupe de dissident menée par cette ordure d’Hiroshi Takeshi, oui. Mais pour une raison qui m’échappe, la vipère n’a jamais réclamée sa prime et on entendit plus trop parler d’elle par la suite. Je n’ai pour ma part, jamais traité avec.
— Et 5 ans plus tard… Shinobu* se faisait assassiner…
— Un meurtre des plus lâche ! »
Scanda un homme dans l’assemblée, pour avoir été au service de l’ancien chef du clan.
— La Vipère, peut-être ? » Supposa faussement Tadashi.
— Non, le travail était beaucoup moins propre. » Répondit Saito qui semblait être ailleurs. Il fixait devant lui un point fixe sur la table, plongé dans des souvenirs d’antan sur lesquels il ne s’était jamais réellement penché. « Ce n’était pas mandaté, c’était un crime de haine… Quelque chose a détourné sa vigilance ce jour-là, jamais il ne se serait laissé prendre si facilement dans cette ruelle… » Saito se suspendu à cette phrase. Puis lâcha dans un souffle : « La fille Takeshi. »
— La fille Takeshi ? Tu parles de la môme qui avait vraisemblablement survécu au massacre ? Tu penses que la gamine aurait été impliqué dans sa mort ? » Demanda Tadashi qui amenait doucement Saito à réaliser l’évidence.
— Une hypothèse. C’était une période prospère pour le clan, les insurgés avait tous été tués. Pas de laissés pour compte, pas de vengeance. C’était la marque même du travail de la Vipère qui nous épargnais toutes ces histoires sans fin de vendetta. Je ne dis pas qu’elle aurait agi seule. Shinobu était un sacré gaillard… toujours escorté… » Il s’interrompit. « Maintenant que j’y pense, tu disais la Vipère avoir un poulin, Rayku ? » Interpella dans la foule, Saito.
Le concerné releva la tête à la mention de son nom.
— Une source qui n’est plus en vie aujourd’hui pour le confirmer, mais un de nos hommes avait affirmé à l’époque avoir vue l’assassin en compagnie d’une môme. »
— Et si… Non. C’est impossible. Le type a tué ses parents. Qui serait assez timbrer pour courir à sa perte ? Est-ce que quelqu’un ici présent peut me confirmer que la fille avait bien été tuée ?
— On avait envoyé un autre mercenaire finir le travail n’ayant plus de nouvelles de la Vipère, mais il ne nous est jamais revenu lui non plus. Il s’est tout simplement volatilisé. »
Clama un autre membre du clan qui travaillait autrefois pour le compte du défunt Boss Shinobu.
Un silence pesant tomba sur l’assemblée.
— Et alors donc ?! Qu’insinuez-vous, tous ?! » s’exaspéra un homme aux gestes maladroits et lourds par l’abus de saké. « Une gamine qui survit à un assassin, c’est concevable, mais de là à aller insinuer que la fille dans l’ombre s’en soit prise à des membres du clan, c’est pousser loin !! On parle d’une femme quand même ! Et je dis bien, si elle s’est rendue jusqu’à là !!
Il ne le réalisait pas tout de suite, mais celui-ci venait d’apporter une réalité que tous avaient omis de songer. La gamine Takeshi si véritable rescapée de la vague meurtrière qui s’est déferlée sur les insurgés seize ans plus tôt, n’en était plus une aujourd’hui.
— Si la gamine était toujours en vie… elle serait dans la mi-vingtaine, non ?  
Tadashi tourna tranquillement la tête vers Saito à cette remarque d’un compère.
— C’est l’âge de ta lieutenante il me semble… » Souleva-t-il.
Le boss des Yamaguchi-gumi leva un regard d’effrois contenu à son homologue. La seule certitude qui s’offrait à Saito pour y croire, était de retrouver la marque de la Vipère sur Ritsuko. Il espérait faire fausse route, que Ritsuko n’était pas celle que l’on accusait d’être. Néanmoins, il ne pouvait prendre ce risque.
— Faites venir au plus vite tous nos effectifs et passez le mot d’intercepter Ritsuko dès qu’elle franchit les portes. Il n’y a qu’une seule façon de le sav-
L’entrée soudaine et au nombre de un, du jeune homme à la tignasse rouge qu’il avait envoyé chercher Ritsuko l’interrompit. Celui-ci s’avançait vers l’attablée d’une démarche maladroite en zigzagant. Le regard vitreux et absent, sa mâchoire claquait quelques mots vainement compréhensibles à l’assemblée tout silence face à la scène. Tous les yeux étaient braqués sur lui dans l’attente pleine d’angoisse d’une annonce qui tardait à être prononcée. Où était Ritsuko ? Il tira une moue douloureuse dans la tentative de s’exprimer à son public avant de s’écrouler lourdement au sol révélant le poignard qui était planté dans sa nuque. Quelques hommes se levèrent pris de stupeur et dégainèrent en direction d’où le jeune homme était entrée. C’est à ce moment que celle redoutée fît son apparition pourvue d’une simple éclaboussure de sang à la joue qu’elle effaça d’un trait à l’aide de son pouce. Son autre main était refermée sur le manche de son katana à la lame rouge de sang qui tombait en larmes sur son sillage et qui annonçait la nature de sa visite.

« Toutes mes excuses… Je suis en retard. »

*Shinobu Tsukasa anciennement boss du clan, mentionné P.1



Le dernier acte est sanglant,


quelque belle que soit la comédie


en tout le reste: on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. - B.P.

KoalaVolant
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Mer 18 Mai - 3:27
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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

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Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


"Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ;
L’âme de tant de fleurs n’est plus épanouie,
Il n’y a plus de vie au principe de vie (…)" – A.A.


« …l’identité des corps a été confirmé peu après leur découverte cet après-midi. Il s’agit bien de Matsuyama Yoshirô et Jiro Shin'ichi, respectivement chef des familles Sumiyoshi-kai et Tōa-kai appartenant à un des gangs les plus influents du pays… Les autorités cherchent une explication plausible au massacre, mais tout semble indiquer qu’une guerre intestine entre les gangs était en cours… Les deux familles entretenaient des rapports conflictuels et le détournement d’une cargaison contenant pour plus de 600kg de m...»

La porte de l’appartement s’ouvrit avec fracas sur Hajime assis sur le bout du canapé et qui écoutait attentivement les infos à la télé pour vérifier que le corps policier avait bien donné aux médias la version trafiquée de Ritusko. Celle-ci entra la première, suivit de Yuri, Eiji et Hideo. Leurs vêtements et leurs cheveux poisseux aux reflets pourpres indiquait la nature de leur activité ces dernières heures. Ils avaient assassiné toute ambition et ambitieux de remplacer les tout récents défunts oyabun. Quelques jours auparavant, Ritsuko s’était chargé d’assassiner leurs chefs, mettant en scène une altercation violente entre eux et une poignée de leurs hommes. Les clans Sumiyoshi-kai et Tōa-kai n'étaient plus. Une nouvelle qui avait de quoi réjouir les jeunes assassins qui voyaient un peu plus chaque jour, un revers du sort pour tous leurs sacrifices.
— Pfff! Va falloir que tu m’expliques… fff… Ritsu, fff… comment tu fais pour ne jamais paraître essoufflé ! Tu dois crever de chaud là-dessous ! » Avait dit Yuri qui s’était écroulé sur le canapé aux côtés d’Hajime et avait laissé tomber lourdement à ses pieds son nunchaku.
— T’inquiète. » répondit Eiji à sa place entre deux souffles « C’est un glaçon.
Ritsuko eut un petit sourire en coin amusé. Hideo qui entra le dernier, observa avec attendrissement les traits de sa maîtresse s’illuminer.
— Des nouvelles d’où peut bien se trouver Gonzo ? » avait demandé Ritsuko à Hajime.
— Justement. J’attendais ton retour… » Dit-il l’air grave. « Il a émis un signal, il y a de cela une heure maintenant. Regarde… » Hajime lui tendit son ordinateur.
Aussi improbable qu’il en parût à Ritsuko que Gonzo puisse laisser échapper sa position en ces temps où les deux plus grands assassins du Japon en avaient après lui, le lieu indiqué lui provoqua un tressaillement. Il ne lui en prit qu’un instant pour rassembler son sabre, passer un linge humide sur ses cheveux et son visage recouverts de sang et se départir de sa veste noire qui semblait tourner au bourgogne.
— C’est évident que c’est un piège… Et tu vas y aller quand même ?
Ritsuko se suspendu un moment à la réflexion. Une heure que le signal avait été émis. Huit heures devant elle avant qu’elle n’arrive sur les lieux qu’elle pouvait faire peut-être en six heures. Le déplacement en valait-il vraiment la peine ? D’ici là, la femme et la fille de Maruo avaient le temps de crever dans les pires souffrances. Pourtant, elle ne put s’empêcher d’espérer. L’assassin le plus réputé du Nippon connu pour ne laisser derrière lui aucune veuve ni orphelin l’avait bien laissé, elle, derrière lui. Gonzo avait bien survécu à Ritsuko. Ils se croyaient tous trois invincibles, peut-être, mais ils n’étaient pas infaillibles. Sauver la progéniture de Maruo alors qu’elle-même avait failli céder à la tentation furieuse de la rayer de l'existence à peine un mois plus tôt ? Une pulsion magnanime que la mémoire de son enfance lui suppliait d’écouter. Elle profita d’une mèche de cheveux qui tombait sur ses yeux pour souffler doucement son agacement, tandis qu’Hajime qui semblait lire dans ses pensées, laissa échapper un râle outragé.
— Alors c’est de ça qu’il s’agit ? Ce fils de pute décime nos familles et toi… Tu vas jouer les justicières de la sienne ? C’est une blague j’espère, dis-moi que tu plaisantes… » Il rit jaune. Hideo, Eiji et Yuri, spectateurs de la scène attendaient tout du moins une réponse franche de leur maîtresse, l’idée de sauver la famille de leur assassin ne leur plaisant pas tant non plus.
— Yuri, tu te débarbouilles et tu rentres chez toi. » Ordonna Ritsuko à la jeune fille qui s’apprêtait à argumenter, mais un regard noir de sa part suffit à se faire écouter. Ritsuko passa l’étui de sa lame dans son dos. « Elles sont probablement déjà mortes. Si Gonzo s’y trouve bien, c’est qu’il est sans doute trop tard. Et si c’est le cas, alors j’y vais pour lui, Hajime. » Ainsi décida-t-elle sur le vif du moment de ne pas impliquer Maruo au tel cas où c’était bien cette scène qui les attendait. Elle s’était tournée vers lui, son aura pesante et ce regard pénétrant le pétrifia sur place. « Remet en question mes intentions une fois encore et je te jette de ce gang. »

Le temps était aux orages. C’était la saison. Le ciel revêtait son manteau le plus sombre et la pesanteur de l’air se faisait ressentir. Tous étaient précurseurs d’un changement violent dans l’atmosphère. Pourtant, la demeure Mitsumo en demeurait paisible et inchangée, comme lorsque Ritsuko y était venue la première fois. À une exception près, Maruo n’était plus dans le portrait. À quelques mètres devant elle et Hideo de l’autre côté de la palissade de la maisonnée, se trouvait pleine de vie la petite Kumi qui jouait dans l’herbe non loin de sa mère affairée à ramasser le linge à la hâte avant que ne tombe la pluie. Une scène pour Hideo qui évoquait le futur et pour Ritsuko, le passé. Lui, y vivait la projection d’un avenir qui lui semblait proche et accessible. Pour peu qu’il s’en sorte vivant aux côtés de celle qu’il désespérait d’aimer silencieusement. À Ritsuko, c’était la scène de son passé qu’elle croyait revoir. Un père absent qu’elle ne pouvait aimer qu’en pensée ou bien par le besoin de s’accrocher à ce sentiment des plus vivants. Les gens ont besoin d’aimer, même s’ils y sont obligés. Ce qu’elle voyait devant elle, le lui prouvait bien. Aussi surprenant et difficile était-il pour Ritsuko de se le concéder, Maruo n’était pas aussi inhumain qu’il paraissait. De cette existence dévastatrice qu'il avait toujours menée, jamais n’avait-il laissé derrière lui plus vivant qu’elle et Kumi. Preuve que ce besoin était aussi le sien. Comme tous et à chacun. Sa souffrance pour la perte de sa femme et sa fille deux jours plus tard le lui confirmerait bien.
— Et ensuite ? Après tout ça, c’est quoi le plan ? » avait demandé Hideo sans quitter des yeux la petite famille devant eux dont ils s’étaient fait les sentinelles pendant de longues heures.
— On va faire le ménage chez les Yamaguchi-gumi, ensuite Maruo…
— C’est pas ce dont je parlais et tu le sais. Tu vas faire quoi après, Ritsuko ? » Il s’était retourné vers Ritsuko pour mieux la confronter à ce sujet. Poussé par un désir ardent de s’ouvrir à elle en ce rare instant d’accalmie, malgré la souffrance que lui causait la présence d'un rival qu'il aurait préféré être remplacé par mille autres.
— Il n’y a pas d’après. Je ne vis pas pour "l’après". Je vis pour ce moment-ci et c’est tout. » Souffla-t-elle.
Ritsuko avait sacrifié sa jeunesse et son futur pour l’accomplissement de ce à quoi elle avait la conviction d’être venue au monde. Le temps n’était plus aux regrets. Une bourrasque de vent balaya ses cheveux sur son visage. Elle se retourna enfin pour lui faire face. « Quoique tu éprouves pour moi… Arrête, Hideo. Ça n’en vaut pas la peine.
Pris de court, le jeune homme rougit légèrement de sa clairvoyance. Une vague de tristesse et de pitié passa dans ses yeux. La pitié d’Hideo était pour cette Ritsuko qui appartenait au passé et qui vivait à la manière d’un fantôme dont l’existence se résumait à courir après la paix que l’on lui a à sa mort arrachée. Mais cette paix-là, il craignait qu’elle ne la trouve que dans le trépas. Ritsuko ne se battait pas pour un souvenir. Aussi lourde que continuait de lui peser la mort de ses parents, Ritsuko avait fait le deuil de cette souffrance. Il le voyait bien qu'elle se battait pour nul autre que cette émotion. Une émotion qui la rendait vivante. Sa haine. C’est tout ce qu’elle possédait et ce a quoi elle se rattachait. Car sans quoi, peut-être se savait-elle ne pouvoir vivre autrement. C’était la seule chose qui la maintenait suspendu au mince fil fragile de sa tragique existence.

Un appel sur le cellulaire de Ritsuko scella les destins de Kumi et Matsumoto, comme sa décision découragée par les Chiens de venir sur l'île en scella un autre :

« Putain ! Il savait comment détourner notre attention… J’ai reçu un audio, c'était... C'était elle. Ils ont Yuri. »



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Mar 24 Mai - 15:27
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

Maruo s'était fait de multiples images de l'homme qui était aujourd'hui l'intermédiaire entre Gonzo et le monde extérieur. La Vipère savait quelle pointure il fallait être pour chausser telle responsabilité ainsi qu'il l'avait fait fut-il vingt ans auparavant, et Ritsuko après lui. Il semblait que c'était un labeur encore plus compliqué, non pas en raison du contexte de guerres intestines dans la mafia - car Maruo avait allègrement officié dans le même genre de contexte par le passé, et l'instabilité était  courante chez les malfrats -, mais plutôt parce qu'il semblait que Kobata s'élançait dans sa dernière ligne droite. Sans héritiers, gavé de fortunes, il était évident que la pègre ne l'attirait pas pour son argent. L'homme réglait ses comptes pour aborder sa retraite, ou sa mort, le goût du travail accompli dans la bouche.

Le mercenaire avait travaillé d'imagination le physique de celui qu'il allait rencontrer. Il élucubrait une montagne de muscles puis un vif orvet. Supputait un expert en armes blanches puis figura qu'elles n'étaient plus à la mode, et envisageait alors un maestro de la gâchette. Il le voyait en costume - et puis non, il aurait le flegme d'un sweatshirt et baskets. Il aurait 22 ans ou bien 54. Maruo se distrayait du chrono qui le rapprochait de jeudi.

Malgré tout, il n'avait pas une seconde pensé que cet homme aurait pu ne pas être Japonais. Mais un accent très Français et son allure Européenne n'y laissèrent aucun doute.

*

Masahiro et Alexandre (puisque c'était ainsi qu'il se nommait) devaient se retrouver au lounge d'un restaurant privatisé pour l'occasion. Il allait sans dire que ne voyant pas l'avocat se présenter, et cautèle étant de mise, ce dernier était parti avec la ferme intention de reparaître pour infliger un coup de sang et réclamer des comptes. On ne s'évanouit pas de Kobata sans conséquences. Il fut décidé que Maruo attendrait cette visite de courtoisie en compagnie du bureaucrate.

*

"Un blondinet, j'm'en serais jamais douté."

Voilà donc comment la Vipère accueillit l'homme de main de Gonzo dans le bureau de Masahiro. Alexandre révélait en effet une carnation laiteuse dont les cils clairs s'ouvraient sur deux turquoises fendant l'ombre du soir qui commençait à s'installer, et ses cheveux en bosquet mangeaient un peu de son front. Il portait une arme à feu et un couteau de chasse nichés dans le minimalisme de sa tenue qui laissait remarquer l'attention avec laquelle il veillait à sa musculature. Il avait un peu plus d'une vingtaine d'année et Maruo se fit la réflexion que Kobata semblait s'entourer de personnes ayant l'âge qu'il avait lui-même au moment de le quitter.

Alexandre reconnut derechef la Vipère à deux têtes pour avoir étudié son histoire et son profil en apprenant son retour au Honshu. L'expatrié se familiarisa rapidement avec celui qui avait tué d'innombrables familles, à commencer par la sienne, et peut-être y reconnut-il un peu de lui. Ou pas. Toujours était-il qu'il avait désormais son glock en main.

"J'aurais dû anticiper votre intervention." Son japonais était scolaire, emprunt d'un accent râpeux, mais grammaticalement juste.
"Je veux retrouver Gonzo."

Alexandre leva l'arme vers Maruo lorsque Masahiro décida de rouler sous son bureau, offrant une fenêtre de distraction suffisante pour que la Vipère dégaine ses sabres et les abatte sur le jeune homme. Ce dernier esquiva et tenta de le poignarder au couteau mais le mercenaire vit venir le coup et l'évita se décalant. Sa riposte fut elle aussi bloquée et tous deux eurent une seconde suspendue pour se jauger. Maruo avait l'avantage de l'expérience mais était clairement diminué physiquement - par l'âge et pour sa blessure qui continuait à incendier ses poumons.

Leur toise fut interrompue par le pied de la Vipère bien senti dans la rotule gauche d'Alexandre, qui s'affaissa sur son genou. Le visage ainsi en contreplongée, le coude de Maruo rencontra sa mâchoire avec puissance qui le fit tomber à la renverse mais le jeune homme eut un savant réflexe de tirer pour s'éviter un nouvel assaut, sans toutefois toucher son aîné. Il se releva à la hâte, incertain de son appui sur sa jambe tuméfiée, et braqua une nouvelle fois l'arme sur son adversaire. A nouveau, Masahiro eut le réflexe salvateur de pousser le bureau sous lequel il s'abritait dans les jambes du Français, et Maruo sut saisir cette opportunité pour planter ses deux sabres dans chacune des épaules du jeune homme. Le poussant avec force, il eut peine à soulever du sol son gabarit ainsi empalé, mais parvint à le ficher dans le mur où il le désarma tout à fait.

L'effort et le calvaire de sa poitrine privaient la Vipère de souffle. "Où. Est. Gonzo ? parvint-il à prononcer entre deux sifflements morbides." Mais l'homme ne répondrait pas et Maruo le savait pour avoir été dans les mêmes situations que lui. Il était encore préférable d'être achevé en serviteur que de payer la trahison des mains de Kobata, et de toutes manières, ce dernier savait embaucher des âmes qui ne le trahiraient pas avec vilainie. Une arme à feu interrompit quoi qu'il en soit toute conversation alors qu'une balle perfora la tête d'Alexandre. La Vipère se fit petit et tapissa le sol sous la fenêtre.

Mercredi matin

La jeune femme avait une trentaine d'année et touillait son café avec égarement. Son snipe était en sécurité dans un étui dont on ne pouvait deviner la nature reposant à ses pieds. Masahiro dévorait ses émotions en mangeant toutes les collations sucrées que proposait la boulangerie où ils s'étaient réunis.

"Votre message était clair, Vipère. Néanmoins, Mère ne jure que par Ritsuko. C'est elle qu'elle veut. Elle est prête à toutes nous envoyer au casse-pipe si ça nous permettrait de la ramener."

Shun était une Mante. Une de plus envoyée pour chercher Ritsuko.

"Pourquoi vous ne vous adressez pas directement à elle ?
- Si son boss apprend qu'on souhaite la démarcher, vu où elle est dans la hiérarchie, on pourrait avoir des problèmes avec les familles. On n'a pas tellement intérêt à ce que les Mantes inspirent la méfiance à la pègre.
- Vous avez votre indépendance mais ce sont de  bons gagnes-pain, j'imagine."


Elle haussa les épaules avec désillusion.

"Qu'est-ce que ça change, si c'est moi qui la démarche en votre nom ?
- En fait, nous espérions que vous la dissuaderiez de continuer à travailler pour Saito, et nous interviendrions à ce moment. Mais de toutes manières, vous refusez et le temps presse pour notre Mère alors ...
- Elle ne cherche pas à décimer les yakuzas pour mieux présider une autre organisation ensuite.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire ! Il y a beaucoup d'autres candidates qui se sont montrées volontaires mais Mère ne veut rien y entendre. Je pense qu'elle perd les pédales. Ou il y a autre chose qu'on ne sait pas."


Maruo soupira lorsqu'un compromis lui vint.

"Demain, toutes les têtes des clans vont tomber, le terrain vous sera libre pour aborder Ritsuko. Mais pour que vous puissiez vraiment l'approcher sans rien y craindre, il y a un homme que je dois tuer avant - cet homme, je n'arrive pas à le retrouver.
- Gonzo Kobata."


Tous deux contemplèrent dans le noir de leur tasse la proportion de la secousse qui allait ébranler tout le business du crime dans les prochains jours.

"Nous avons un objectif commun : défaire la mafia. Vous pour vous entretenir avec Ritsuko, moi ... En quelques sortes, pour les mêmes raisons.
- Vous allez m'aider ?
- Ne dites pas n'importe quoi. Je n'ai pas plus de sympathie pour les Mantes que je n'en n'avais avant. Nous allons au même endroit, prenons une même voiture, voilà tout."


Elle ria un peu. "On partagera pour l'essence." mais son trait de légèreté fut accueilli d'un regard assombri.

"Il nous reste 24h pour trouver Gonzo et vous avez tué son contact avec le monde, alors ...
- ... il y a les documents,
intervint Masahiro. C'est la dernière chose qui peut nous mener à lui."

*

On admit à Maruo quelques heures pour dormir et laisser poser sa plaie tandis que Shun et Masahiro défaisaient les différents accords et affaires entretenues depuis le retour de Gonzo. Il y avait peu de choses car Kobata avait cet attrait pour la discrétion mais surtout ne revenait pas tant pour les affaires financières que d'honneur. L'avocat se vit blémir lorsque, dans le lot, il trouva les retranscriptions d'échanges autour de la mise à mort de la famille "Mitsumo". Shun parcourut avec attention les détails relatant le détournement des cargaisons de crystal par Ritsuko et son équipe, grimée en l'action de Gonzo.

Mercredi soir

Mais toute autre chose leur permit de faire le lien. A son réveil, Maruo constata avoir reçu un mail crypté de la part de Maribel. Il s'agissait de l'entretien entre le chef de clan Inagawa et boss Saito au café. La colombienne n'avait aucune idée qu'elle vendait Gonzo, elle qui n'avait pas plus que Masahiro eut d'aperçu de la personne et qui s'était contenté de piéger Maruo pour repartir la vie sauve et les poches pleines. Elle se contentait de soulager sa culpabilité en honorant, au moins, les engagement qu'elle croyait ne pas lui porter préjudice. Dont, donc, la récupération de l'entrevue entre Saito et Tadashi.

Le dialogue confirma l'identité de Kobata. Le rappel à la poésie française ne laissait aucun doute pour Masahiro qui avait lui-même embauché l'homme qui était allé déposer le papier contenant l'extrait de la charogne. La malveillance envers Ritsuko dans la conversation concordait à la nature manipulatrice du baron. Shun acheva de faire le rapport en constatant, via la paperasse, que les voitures qui avaient infiltré le convoi afin que ses conducteurs profitent du détournement de camions pour tuer Ritsuko avaient toutes été réquisitionnées dans des concessionnaires sous la coupelle des Inagawa-kai.

Après une rasade d'alcool fort conjurant la malédiction qui lui dévorait les chairs intercostales, Maruo s'empara de ses sabres et refusa le concours de quiconque pour rendre visite à Gonzo dont il avait désormais percé à jour l'identité plus publique.

*

La Vipère à deux têtes fit l'effet d'une tornade. Il lacéra les portes, renversa les meubles, les objets, déchiqueta les rideaux aussi bien que les gros bras qui gardaient la résidence. Maruo avait annoncé sa venue avec tonnerre. Il était là pour cocher le buste de Gonzo. Celui qui avait torturé sa femme et sa fille. Celui qui menaçait sa protégée. Celui dont il pensait devoir la protéger et se venger.

Le baron n'était pas étonné d'avoir été retrouvé une fois la mort d'Alexandre apprise. Il avait eu tout le loisir de réviser ce qui le sauverait de la Vipère, aussi, lorsqu'il le vit suant de rage, il ne cessa pas de se repaître de son scotch vieilli. Les deux hommes qui s'étaient perdus de vue depuis plus de vingt ans se reconnurent malgré les cicatrices, l'oeil perdu, l'âge. Eux qui n'avaient jamais nourri particulière animosité l'un envers l'autre avaient été élancés dans un concours destructeur par l'importance commune qu'ils accordaient à Ritsuko et qui avaient donné la suite d'événements telle qu'on la connaît.

Maruo n'eut aucune pitié pour son aîné et l'obligea à quitter son confort en violentant le fauteuil du pieds dans un rugissement. "Du calme, Maruo, est-ce ainsi que tu me salue après tout ce temps ?
- Espèce de vieux porc !"
Il scinda la table basse en deux avec la précision d'un coup de sabre. Il approchait de lui avec menace, extériorisant sa haine en brisant les bibelots inestimables autour d'eux. La Vipère avait perdu tout son sang froid et Kobata reculait sans toutefois exprimer grande peur.

"Tu les as fais buter ! (il balaya la tablette d'appoint de ses joyaux en cristal) Tu les as démembrées ! (cette fois, il renversa la vaisselière dont la porcelaine s'écoula au sol) Tu les a prises en photo ! (il ôta le verre des mains de Gonzo en frappant dedans du katana)" Il se trouvait désormais face au baron, ce dernier acculé au mur. Maruo respirait comme un taureau entre deux ruades et leurs fronts se touchaient presque. Il sentait le sang, la sueur et la hargne. Mais Gonzo avait un flegme à toute épreuve.

"Es-tu sûr que j'ai fais tout cela ?" Questionna-t-il l'air paternel. "Laisse-moi sortir, mon téléphone, regarde ..." De mille précautions pour ne pas attiser le feu de l'animal qui se trouvait face à lui, Gonzo sortit l'historique de déplacement du traceur qu'il avait posé sur l'arme d'Hideo ainsi que des photos de sa présence sur Sado. "Regarde où était un des Chiens de ta protégée le jour où ta famille est morte." Maruo hésita, décomposé. Il n'y croyait pas : Maribel lui avait fait savoir que Gonzo était derrière la tuerie. Pourtant, c'était devant lui. "Que pensais-tu  qu'elle ferait une fois que tu lui aurais donné l'aide dont elle avait besoin ? Tu as tué sa famille, Maruo. Elle a toujours voulu se venger." Il songea à leur conversation alors qu'elle pansait sa plaie. Quelle ironie, lui exprimer que le meurtre de ses parents avait un sens alors qu'elle s'était - il le pensait alors - déjà vengée. Et quelle satisfaction elle avait éprouvé à évoquer la perte de ses proches. C'était ainsi qu'elle l'avait deviné : elle en avait forcément été l'autrice. Tout faisait sens.

La rage le quittait pour une infinie blessure. Gonzo n'était pas un homme bon et méritait la mort, mais la déconfiture de cette trahison ultime, trahison de l'unique personne en qui il avait toute confiance, dont l'attachement avait été le plus précieux, prenait le pas sur son objectif. Quel intérêt à la protéger de Kobata, désormais ? Ce dernier s'esquiva et quitta l'alcôve dans laquelle il avait été acculé par le mercenaire. "Ritsuko en veut au monde entier, elle reproche à la vie ce dont elle manque. Tout le monde a raconté que j'avais tué ma femme et mes enfants pour mieux me mettre à l'abri, mais c'est faux. Ritsuko a tué Kaori. J'ai disparu par ... incrédulité. Je n'aimais pas tant ma femme, tu le sais. Mais ta protégée sait se rendre indispensable pour mieux se nourrir de la déception qu'elle crée, j'ai eu besoin de prendre la distance. Je ne suis pas un monstre contrairement à ce qu'on croit. J'ai seulement été un bon chef d'entreprise."

Maruo avait cessé de l'entendre après "Ritsuko a tué Kaori". La rhétorique de Gonzo avait fonctionné. Il quitta sa propre demeure dévastée et laissa le mercenaire contempler sa déperdition. Et maintenant, quoi ?

Jeudi.
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Lo
Mer 1 Juin - 20:20
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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Dc752805c85639eb55abab157abd49ac

Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

2013 - Allemagne

— Nom ?
L’européenne devant moi se dresse avec aplomb, me vise de son revolver à seulement un mètre de distance d’où je me tiens.  Elle me regarde de ses yeux bleus glacés dans lesquels je ne manque pas de voir l’effet grisant dissimulé dans la sévérité de ses traits que mon état d’infériorité lui procure. Elle se donne une autorité qu’elle n’a pas. Aussi frigide et retenue qu’elle pense paraître, Mère, ce n’est pas elle. Son petit jeu ne marche pas sur moi contrairement aux autres recrues alignées à mes côtés.
— Takeshi, Ritsuko.
Un coup de feu retentit et j’entends la balle se planter dans le mur à seulement quelques centimètres de mon visage sur la gauche. J’ai l’oreille qui siffle de la proximité du tir et qui s’accompagne d’une douleur aiguë au tympan. J’en grimace douloureusement. La blonde vénitienne qui se fait appeler Hélène ici et qui aime se jouer à la marâtre de l’établissement ne lâche pas l’affaire et se prépare déjà à tirer de nouveau. Pour cause, les recrues doivent toutes se déposséder de leur passé ainsi que leur identité. On retrouve notre identité qu'une fois devenue Mante assassine, sinon on meurt dans l'anonymat qui nous est imposé. Et cela, je le lui refuse obstinément. Ils nous donnent toutes un nom dénué de sens et m’ont donné celui d’Anna. Ça, je m’en fous éperdument. Mais j’ose espérer pouvoir troquer mon identité si précieuse à leurs yeux, pour mon sabre qu’ils m’ont retiré à mon arrivée. Cette lame, c’est tout ce que je suis.
— Nom ?
— Takeshi… Ritsuko. J’ai une tête à m’appeler Anna..? » Cette fois-ci, j’en perds un peu ma neutralité et lui offre un petit sourire narquois. Elle y répond d’un simple rictus méprisant. Elle tire de nouveau, mais dévie le coup sur ma droite à la toute dernière seconde. Les recrues tressaillissent à mes côtés au son de la détonation et un bourdonnement sourd se loge dans mes oreilles. La douleur est vive et ça, je ne peux m’empêcher de le cacher sur mon visage. Hélène s’en réjouit.
— Je te laisse une dernière chance de répondre, la prochaine j’te la plante entre les deux yeux. Nom ?
— Rendez-moi mon sabre, c’est tout ce que je vous demande et je m’appellerai comme bon vous semble. » Cette fois-ci, pas de raillerie de ma part, mais la blonde s’en outrage davantage. Malgré mon anglais approximatif, je suis certaine de bien m'être fait comprise sur ce point.
— Tu t’es cru dans une colonie de vacances peut-être ? On ne fait pas de faveurs ici ! » Elle s’apprête à tirer, et cette fois-ci je vois bien dans ses yeux qu’elle ne compte pas me louper. Hélène ne le sait pas, mais j’ai un poignard dissimulé dans ma manche. Je n’ai pas la rapidité d’une balle, mais je suis certaine d’être plus réactive qu’elle… Du moins, c’est soit soi ça, soit crevé d’avoir essayé.
— Ça suffit. Je prends la relève, Hélène.
C’est une quadragénaire aux airs hispaniques qui a interrompu ma mise à mort arbitraire par cette connasse d’européenne. Elle dégage une force et une assurance qui n’ont rien à voir avec Miss Yeuxclairs. Je comprends aussitôt en la voyant que c’est elle, Mère, pas l’autre potiche. Elle s’avance vers moi s’appuyant de sa canne. Ce n’est pas l’image que je me faisais de la matriarche des lieux, mais quelque chose me dit de me méfier des apparences.
— Pourquoi tant d’obstination ? Ce n’est pas les armes qui manqueront ici et tu sais que tout bien personnel est interdit.
J’en demeure un instant surprise par la fluidité de son japonais par lequel elle s’est exprimée. Je ne me gêne pas pour lui répondre dans ma langue natale, je suis sûre avec elle de bien me faire comprendre.
— Cette lame, c’est mon âme. Je ne me battrai pas sans.
Elle semble m’évaluer longuement.
— Ça, c’est un problème.
On chuchote quelques mots à l’oreille de Mère et ses yeux se posent alors sur ma poitrine. Je vois le coup venir…
— Déshabille-toi.
Je ne bronche pas et ne bouge pas d’un poil. « Tu m’as bien entendu. Fais-le. »  Du regard elle insiste et je sens à sa fermeté que si je ne le fais pas, je n’irais pas plus loin. Alors j’abdique et me dénude le buste d’un geste agacé que de n’avoir même plus possession sur mon propre corps. Je vois Mère acquiescer doucement de la tête à la vue de la marque cicatricielle.
Il te brûle n’est-ce pas ?
Un instant, je crois à une erreur de traduction de sa part. Après tout, le japonais ne peut être sa première langue… Et puis, l’insistance dans son regard qui attend une réponse de ma part me fait penser à la question autrement. Je réalise qu’elle vient de mettre le doigt sur quelque chose de beaucoup plus profond auquel je n’avais pas immédiatement pensé.
— Oui.
Chaque jour et en chaque instant.
Elle me fait ensuite signe de me rhabiller, cette fois-ci je m’exécute.
— Tu dois te déposséder de ton créateur. Ta haine ne lui appartient pas. Canalise-là, n’en soit pas l’esclave. Fais-en la tienne. C’est une arme puissante que tu as là, et ça, personne ne pourra te la retirer. Si tu y parviens, tu seras plus puissante que n’importe qui ici… Affranchis-toi. Sinon, meurt Ritsuko Takeshi. Nom ?
Hélène relève son révolver de nouveau vers moi, dans l’attente fébrile de m’abattre enfin. Je ne lui donne pas ce plaisir et ravale ma fierté.
— … Anna.
— Tu as fait le bon choix, Anna. Bienvenue parmi nous.




*

“Notre âme tire sur notre chair comme un navire sur son ancre.” - L.P

Le retour à l’appartement de Ritsuko était attendu de pied ferme par Hajime, Hideo et Eiji, dont ce dernier était celui qui avait fait la découverte du corps de Yuri qui reposait alors sur le comptoir de la cuisine. Ritsuko releva d’une main le drapée blanc ensanglanté dont le corps de l’adolescente avait été recouvert et découvrit là, la morsure de la Vipère à deux têtes. Yuri avait succombé au passé dont Ritsuko croyait l’avoir épargné. Suspendu à son geste, les chiens ne disaient pas un mot, bien que tendu de voir enfin leur maîtresse faire face à ses torts qui auront condamné l’un des leurs. Pourtant, Ritsuko, pour être elle-même maîtresse dans cet art, voyait plus clair que quiconque lorsqu’il s’agissait de manipuler la réalité et dissimuler la vérité. La mortelle signature avait été faite d’une lame et de deux coups. La Vipère, elle, signait de deux lames, un coup. Vaine tentative de Gonzo à faire croire que Maruo était l’auteur du meurtre pour attiser sa colère, ou peut-être était-ce là seulement une mise en scène macabre pour rappeler le drame des rescapés de la Vipère et les confronter au tragique de leur existence : Yuri avait été tuée de la croix à laquelle elle avait échappée dix ans plus tôt. Somme toute, l’effet escompté était là. Sa meute grondait silencieusement leur colère à leur alpha et la chair charcutée devant elle renvoyait son esprit à un traumatisme lointain. Il se superposait sur le corps de l’adolescente, une Ritsuko de dix ans n’ayant jamais survécu à la morsure de Maruo. Et pour ce rappel salutaire, elle en remercia silencieusement Gonzo. Le silence des Chiens était lourd de non-dits que Ritsuko avait d’habitude facilité à déchiffrer si elle le voulait bien, mais elle ne se donna pas cette peine. Elle ne leur donna d'elle, rien. Ni salutations, ni excuses ou tirade d’encouragement pour les heures sombrent qui les attendaient. La Mante se contenta de délivrer Yuri de cette contorsion figée sur son visage qui exprimait l'effroi de ses derniers instants. C’est avec douceur qu’elle passa deux doigts sur les paupières de la gamine, refermant ainsi le rideau de ses yeux à jamais. Si une infime tristesse ou une infinie colère possédait à l'instant Ritsuko, il n’en paraissait rien. Son regard qui surplombait le corps de Yuri, ne dénotait d’aucune émotion d’endeuillement. Et pour cette insensibilité profonde qu’ils croyaient voir en elle, les Chiens lui en portèrent rancune.
— Dans quelques jours vous serez libre.
Ritsuko se redressa sur ces mots, et sans un regard pour ses trois rescapés se retira dans ses appartements. On l’entendit dire de l’autre côté de sa chambre :
— Que ce soit de par la mort de nos ennemis ou la vôtre.



***

— Toutes mes excuses… Je suis en retard.
La Mante s’était avancée à son tour vers l’assemblée tétanisée. Derrière elle apparurent Hideo et Eiji à sa suite qui refermèrent les portes derrière eux et se postèrent devant, veillant à ce que personne ne les franchisse. Lorsqu’elle enjamba le corps du jeune homme dont l’un de ses poignard se trouvait toujours logé dans la nuque, Saito sortit de sa stupeur et lui fît signe de la main.
— N’avance pas plus Ritsuko ! Ne vois-tu pas tous ces hommes qui t’ont dans leur ligne de mire ? Un pas de plus et ils tirent ! »
— Humm… Je ne crois pas, non. » Ritsuko s’arrêta un instant pour lever son sabre dans les airs, pointant de sa lame le plafond. Elle indiquait là aux yakuzas, la présence quasi invisible d’un gaz que les conduits d'aération laissaient échapper. En effet, l’air semblait légèrement plus opaque que d’accoutumée. Mais cela était un détail notable que par l'œil d’un expert, soit Hajime ou encore, un des hommes de Saito qui se leva abruptement de sa chaise et en fît la remarque.
— Il y a du propane qui s’échappent des conduits !!
— La moindre balle au contact de l’air, et je vous amène tous en enfer avec moi. Si vous voulez me buter, ce sera à l’ancienne. » Sur ces mots, elle prit place dans le fauteuil vacant en bout de table qui n’attendait qu’elle et y posa sa lame à la vue de tous. Une main sur le manche, l’autre dans sa poche, elle parcourut l’assemblée des yeux pour évaluer l’entrain de ceux qu’elle tuerait un après l’autre et qui étaient pour l’heure figés dans le fond de leur siège. Certains possédaient encore sur eux - et par symbolisme plus que pour le côté pratique - un katana ou des armes blanches traditionnelles propre au clan, mais la plupart étaient surtout flingués jusqu’au cou. S’il n’y avait pas d’idiot suicidaire dans le lot, elle seule et les Chiens en ressortiraient. Et parlant d’idiot suicidaire, qu’elle fût sa surprise de reconnaître là devant elle, un revenant. Gonzo qui la fixait de son œil valide, eut un sourire malin aux lèvres. Le regard de la Mante s’en assombrit davantage. Voilà un coup qu’elle n’avait pas su prévenir. Mais surtout, sa présence la fît s’inquiéter d’une absence.
— Où est Maruo ?
Elle se rappelait des intentions meurtrières que Maruo tenait pour Gonzo quelques jours plus tôt. Mais surtout l’avait-il assuré d’être à ses côtés lorsqu’elle démantèlerait la mafia une fois pour toute. La Vipère n’avait pas été au rendez-vous et cela ne pouvait que présager qu’il lui était arrivé quelque chose.
— Le temps nous le dira. Ravie de te revoir Ritsuko. La dernière fois que l’on s’est vue…
— … Je t’ai tiré d’une balle en pleine tête. » compléta-t-elle venimeuse. Elle n’osait formuler la question autrement dans la crainte d’une réponse négative. Elle sentait dans sa poitrine monter une rage furieuse du doute qui s’installait en elle et qu’elle s’efforçait de réprimer. « Où est-il ? »
— Qu’est-ce que signifie tout ceci ? Tadashi… Vous vous connaissez ? » Les interrompit Saito, dépassé par les évènements et qui cherchait à accrocher le regard de Ritsuko et de Gonzo, qui n'avait d’yeux et d’hostilité que l’un pour l’autre.
— Je leur dis ou tu t’en occupes, Ta-da-shi ?
— Quelle importance de toute évidence…
— Takeshi !! Tu es Ritsuko Takeshi ?! » Déblatéra confusément un des hommes de Saito en la pointant d’une main tremblante.
Ritsuko s'attarda un moment sur celui-ci, réfléchissant à la pertinence de sa question. Étaient-ils tous aveugle à ce point ? Sans répondre des mots, la Mante tira sur le col de son haut révélant une infime part de la croix qui arracha à l’assemblé des cris d’indignations. Saito en demeurait interdit sur son siège.
— Aujourd’hui, vous payez de vos crimes, le poids de ce que vous avez impunément infligé toutes ces années... Pour toutes ces familles que vous avez décimées, je vais annihiler la vôtre. Réduire à néant des générations entières de yakuzas, répandre la souillure de votre sang. La plus grande famille japonaise ne sera plus. Je veux que vous sachiez qu’après votre mort, plus personne ne se souviendra de vous.
— Tu te prends pour Dieu, peut-être, sale pute ?! » avait craché un des mafieux qui s’était relevé brusquement de sa chaise non loin d’elle.
— Moi ? » Ritsuko eut un petit rire pour elle-même. « Non. Moi, je suis le diable. » Avec ces mots sciemment empruntés d’un autre, le regard de Ritsuko s’était plongé dans celui de Gonzo qui, quelques années auparavant, clamait effrontément être le roi des pécheurs. Elle voulait qu’il sache qu’elle comptait bien le détrôner. La seconde d’après, le sabre de la Mante qui reposait sur la table avait bougé en un éclair et la tête du yakuza qui l’avait insulté roula sur la table devant ses compères. Ritsuko s’était parée si vite, que l’homme n'eut pas le temps de contester sa fin et gardait sur son visage la trace de sa colère plutôt que l’effroi de sa mort. L’angoisse terrible qui habitait les hommes présents que de devoir affronter la Mante ne les empêchèrent pas de bondir sur elle pour autant et Ritsuko, dans sa cruauté calculée, ne manquait pas d’étirer leur agonie en les démembrant et les laissant impuissant sur le sol. Il en fût ainsi pour chacun qui croyait pouvoir faire le poids. Elle esquivait avec souplesse et facilité la charge brutale et lourde de ses anciens sous-fifres qui d’un élan commun et acharné croyaient pouvoir venir à bout de la traîtresse. Elle saigna tous ces misérables plutôt que de les délivrer de la mort, les forçant à hurler leur agonie, puis ferma les yeux un instant pour graver en elle ces instants. Elle voulait remplacer une fois pour toute, les cris des familles innocentes qui hurlaient encore parfois dans sa tête par ceux de leurs beuglements plaintifs. Lorsqu’elle en fut rassasiée, elle s’attela à leur décapitation. Le silence retomba et après cela, Ritsuko s'avança vers Saito, défait et contrit. De ce bouquet de têtes sanguinolent qu’elle lui offrait, ce dernier le reçut comme une avanie terrible dont seule la mort pouvait l’en expier. Il voulut porter une main à son revolver, et se ravisa au souvenir de la Mante qui s’était déjà fait plus rapide qu’une balle par le passé, sachant prévenir la menace avant même qu’elle se manifeste. Et préférant être maître de son destin jusqu’à la fin, il se para plutôt de son wakizashi à la ceinture par lequel il s’ouvrit l’abdomen devant elle. Ritsuko le laissa faire, soutenant son regard pour témoigner de la vie qui le quittait et lorsqu’il s’affaissa sur ses tripes, elle rejoignit ensuite Gonzo qui s’était fait spectateur silencieux et tranquille du massacre, assis à l’autre bout de la table ovale. La Mante s’y assit sur le rebord, face à lui, et passa rapidement sa lame sous son cou. De l’autre main, elle s’empara du revolver qu’il avait à la ceinture et le jeta à l’autre bout de la pièce.
— Réponds-moi.
Gonzo souffla son mépris.
— Tu tiens encore à lui, n’est-ce pas ? Tu aurais dû le lui signifier plus tôt…
— Qu’est-ce que tu racontes, pauvre imbécile ? Tu ne veux pas me voir perdre mon sang froid, crois-moi. » De sa main libre, elle tira sa tignasse dégarnie par en arrière pour mieux s’offrir son cou et appuya de son poids sur sa lame. Gonzo se laissa faire sans broncher.
« La cavalerie arrive. Vous disposez d’un peu moins de 10 minutes. Préparez-vous les gars, ça va être un bain de sang… »avait avertie Hajime dans les oreillettes des Chiens et de Ritsuko, depuis son poste reculé.
— Ritsuko, faut sortir de là. S’ils tirent ici, on y passe tous… » commenta Hideo.
— Allez-y. Je vous rejoins.
Hideo et Eiji s'exécutèrent et sortirent par le jardin clos à leur droite pour regagner l’aile Est de la demeure et par laquelle une partie des hommes interpellés par Saito plus tôt devaient entrer à tout instant. Hajime qui se postait à distance sur les toits comptait exploser d’une balle tirée depuis son piédestal, une bonne partie de ceux qui arriveraient par l’aile Ouest où se trouvait encore Ritsuko, mais attendait d’abord que sa maîtresse ait désertée les lieux.
— Tu sais, quand je te disais que tu me faisais penser à ma fille, c’était sincère.
Ritsuko partit d’un rire grêle et glissa la lame sur sa tempe pour lui couper l’oreille, puis délivra sa tignasse pour s’emparer d’un poignard sous sa veste qu’elle brandit à quelques millimètres du globe oculaire qui lui restait et là seulement, elle le sentit tressaillir.
— Ne me sort pas la carte de la sensibilité, putain de psychopathe, pas après avoir buté tous tes mômes sous mes yeux.
— Pas tous. J’ai laissé derrière moi une bâtarde indigne, mais je vais rectifier cette erreur…
Il lui offrit son sourire le plus vil, elle ignorait alors le sens caché de ses propos. Ritsuko lui asséna un violent coup de tête sur son crâne qui le fit expressément reculer de douleur sur sa chaise et se relever en titubant par en arrière. Elle le rejoignit aussi vite, plaquant le sexagénaire contre le mur en passant de nouveau la lame de son sabre sous la jugulaire et son poignard, suspendu devant sa pupille.
— Dernière chance. Si tu ne veux pas que je t’ampute de tous tes sens, parle. »
Cette fois-ci, elle laissa la lame de son katana tranquillement pénétrer la chair, laissant échapper un filet de sang de sa gorge. Sa fureur était palpable et il n'échappa pas à Gonzo l'angoisse qui s'échappait de ses yeux. Il s'en délectait. « Où est Maruo ? »
Il ne lui avait répondu que d’un simple sourire.  



Le dernier acte est sanglant,


quelque belle que soit la comédie


en tout le reste: on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. - B.P.

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Jo'
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Jo'
Mar 7 Juin - 10:57
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"N'est point mort qui peut éternellement gésir." - Lovecraft

Il n'avait pas supprimé l'image. Il rouvrit le téléphone.

Des corps mutilés, il en avait vus plein.
Des corps de mères, d'enfants, une centaine.
Les tortures auxquelles il avait assisté, les éviscérations qu'il avait lui-même causées.
L'intérieur des membres coupés.
Il en avait vus plein.

Il y avait une bassine avec leurs bras et leurs jambes où on apercevait par endroit sous les bavures carmin la pâleur de leur peau. Leurs troncs étaient positionnés devant, atrocement réduits par l'absence de membres ; personne n'avait fermé leurs yeux. Kumi portait la petite couette en palmier que sa mère lui faisait tous les matins. Elle l'attachait si serrée qu'elle n'avait pas bougé d'un iota dans le processus de boucherie qui avait eu lieu. Il aurait aimé zoomer sur la petite natte uniquement. Se focaliser sur cet élément normal. Cet élément qui appartenait à Jinpachi.

Maruo avait vu plein de ces corps.
Mais pas Jinpachi.
Il passa une main sur son visage travesti d'horreur, elle lui sembla fraîche considérant le brasier qui lui dévorait la face. Une réaction à l'abjection ou une fièvre toujours plus vandale. Il avait les idées un peu plus claires désormais.

Cette barbarie n'était pas l'oeuvre de Ritsuko. Il la jugeait mal capable de tuer femme et enfant mais encore moins dans des circonstances pareilles. Son Chien avait peut-être oeuvré seul - après tout, il nourrissait une ardeur pour elle que la Vipère avait piqué au tisonnier. Et Gonzo n'était pas digne de confiance non plus, il aurait pu mentir, ou débaucher la meute. La Mante aurait pu avoir été mise au courant et en tirer toute la satisfaction du monde, oui, mais il la connaissait assez bien pour savoir que sa barbarie n'était réservée qu'aux hommes, et aux pires d'entre eux. Quant à Kaori ...

Maruo avait perdu sa maîtrise et le borgne en avait profité pour immiscer le poison dans ses pensées, mais désormais assis replié sur sa plaie dont le pus s'échappait entre les fils cousus, il était plus clairvoyant. Quel jour étions-nous ? Combien de temps avait-il observé la photo de sa famille déchiquetée ?

En constatant la date, la Vipère à deux têtes se précipita vers le lieu de l'assemblée des Quatre. Il honorerait sa vengeance, qui qu'en ai tenu le hachoir qui servit à séparer les épaules et les hanches en deux - et ce n'était définitivement pas sa protégée - mais ne pouvait pas se rendre coupable de laisser Ritsuko se faire tuer.

*

"J'ai été pris dans des embouteillages !"

La poisse de sa blessure collait son t-shirt à son buste dans une large tâche vert de gris. Ses deux sabres dégoulinant de sang témoignaient de la tuerie dont il avait été l'auteur. Son bras entaillé jurait par ailleurs qu'il avait lui aussi été blessé. La sueur collait ses cheveux, une rosacée dévorant ses joues enfiévrées. Mais son visage s'arquait d'arrogance dans un rictus blagueur.

"Tu pensais tout de même pas que cet infirme m'aurait buté, si ? estoqua-t-il avec sympathie à l'intention de Ritsuko."

*

Il avait appelé Masahiro et Shun, décidant de leur faire confiance non pas par positivisme humain, mais parce qu'en sachant qu'ils avaient tout intérêt à la mort de Gonzo, ils ne se débineraient pas. Il les avait avertis de ses retenues quant aux Chiens qu'il croyait toujours, sous les ordres de Kobata ou pas, responsables de la tuerie de Sado. Car les photos étaient univoques : quoi d'autre pouvait faire Hideo sur place le jour où cela s'est produit ? Et rien n'empêcherait à un des Chiens, ou à tous par ailleurs, de s'allier au baron - jugeant par exemple Ritsuko trop sentimentale à l'égard de la Vipère. C'étaient des dynamiques du groupe qui étaient bien là et n'avaient pas échappé à Maruo le jour du détournement des camions.

Masahiro fournit les plans de la demeure secondaire de Saito. Shun et son snipe partirent par l'Ouest, Maruo par l'Est. "Maruo, prévint la jeune femme dans son oreillette, je ne suis pas seule sur mon toit." En effet, elle venait de rencontrer Hajime, et quelle ne fut pas la fierté tannée de la Vipère lorsqu'il s'aperçut que Ritsuko avait opté pour une stratégie similaire à la sienne. Il rit doucement. "Pas de quartier s'il est hostile."

Son hilarité en revanche s'avéra plus franche lorsqu'en atteignant l'aile Est, il constata qu'Hideo et Eiji étaient préparés à faire face aux hommes de Saito arque boutés sur leurs armes : encore une fois, la force de frappe avait été dépêchée au même endroit par les deux chefs d'équipe. Masahiro retentit dans l'oreille droite du mercenaire depuis le véhicule qu'ils avaient volé - ou qui avait été abandonné - à Maribel et offrait quelques fonctionnalités d'épiage.

"Pas d'armes à feu, c'est bourré de propane, je sais pas ce qu'il y a eu.
- Il va falloir que tu apprennes à me connaître Masahiro,
observa la Vipère qui ne préférait aucune arme à ses sabres."
Jo'
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Jo'
Mar 7 Juin - 10:58
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Shun Jito
J'ai 30 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis Mante et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mon métier, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.



Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Bd788d098df9f63ca9a926db8db1c4e3acada410

Tao Tsuchiya :copyright: Jo'
Elle détailla la silhouette étalée sur son arme d'Hajime, la noirceur taciturne de ses traits, son regard perçant. Tous deux se suspendirent un instant, lui se redressa, elle posa une main au pistolet lové dans sa ceinture. "Maruo, je ne suis pas seule sur mon toit." Un ricanement hors de propos puis sommation. "Pas de quartier s'il est hostile."

Hajime se hissa avec lenteur sur ses jambes comme on le ferait pour ne pas attiser la colère d'un lion mais n'avertit personne de sa rencontre pour ne pas risquer de mettre en danger Ritsuko. Il ne savait pas ce que la Vipère venait faire si tard et accompagné, car quoi d'autre sinon chercher à trahir la Mante, et préférait ne pas laisser savoir à cette inconnue que la yakuza était encore à l'intérieur. Shun entendait d'une oreille la conversation entre Masahiro et Maruo qui ne la concernait pas.

"Si je ne me trompe pas, nous avons les mêmes objectifs, désamorça-t-elle. Je ne veux pas tuer Ritsuko. A vrai dire j'ai besoin d'elle."

Il ne répondit pas mais fut contrit par son absence d'arme de poing. Clairement, il n'accordait nulle confiance à une alliée de la Vipère à deux têtes, et se figura que sa présence n'augurait rien de bon. Après un instant indécis, il s'évanouit avec vitesse vers la porte du toit sur lequel il s'était perché.

"Il a prit la fuite ! annonça Shun à Maruo.
- Ca m'étonnerait, répondit la voix de l'intéressé avec distance, neutralise-le."

Elle sortit son arme et rejoignit Hajime à l'intérieur mais fut cueillie par l'obscurité du lieu. Ses yeux inhabitués ne virent ainsi pas le pied de biche s'abattre derrière sa tête, la renversant, ni son adversaire la désarmer. Pointant son arme sur elle, il entama de l'attacher mais au moment de nouer ses poignets au-dessus de sa tête, elle profita d'une ouverture pour lui briser le nez avec son front. Mains attachées, elle parvint à se lever et évita in extremis le coup de crosse qui volait en direction de son visage. A son tour, Hajime s'évada du chassé qu'elle lui assénait. Il reconnut en elle des pratiques de combat de Ritsuko et semblait plus frileux à l'abattre d'une balle de sang froid.

"Qui êtes-vous ?"

Elle entendait sa voix pour la première fois.

"Une arme, répondit-elle."

Cela lui confirma qu'elle était aussi une Mante.
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Jo'
Mar 7 Juin - 11:02
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

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"Mais d'étranges éons rendent la mort mortelle." - Lovecraft

Les trois hommes se toisèrent - Maruo était en désavantage numérique et physique mais ne se détournait pas des deux Chiens. En particulier, une rage crasse montait en lui à l'égard d'Hideo qu'il croyait responsable de la torture de sa famille, difficilement canalisée par la fatigue et la douleur, comme celle qu'il avait réservée pour Gonzo. Son affliction pulmonaire empreignait son souffle d'un râle guttural et lugubre qui donnait à Maruo quelque chose d'inhumain, plus bestial que vil, plus monstrueux que démoniaque.

"Il a prit la fuite !
- Ca m'étonnerait, neutralise-le."


Les hommes de Saito n'allaient pas tarder, mais c'est à l'intérieur que la Vipère était attendu. Pour autant, il avait des affaires à régler avant d'entrer. "Alors, ça t'a plu ?" Il faisait allusion à la tuerie graphique de Kumi et Matsumoto. Eiji égara son regard instable entre les deux adversaires, peu sûr de comprendre les enjeux de l'électricité palpable qui montait entre eux. Hideo ajusta sa poigne autour de son poignard, également interdit d'armes à feu. Il n'était pas l'auteur de ce double meurtre mais ce n'était pas l'important à son sens - justifier son innocence n'aurait servi à rien et surtout, la friction de leurs égos semblait plus capitale encore, et l'évacuation de leur hargne respective impérieuse. "Et toi, t'as kiffé hein ?" A son tour, le Chien faisait référence à la mise à mort de sa propre famille, tenant lui le bon coupable. "Hideo, commenta Eiji, on est supposés laisser passer la Vipère, déconne pas."

Cette fois, et ainsi qu'il n'y eut jamais lieu, ce ne fut pas un poing qui s'abattit sur Eiji de la part de son aîné mais une menace de mort. Hideo pointait vers lui sa lame avec la ferme intention de s'en servir pour occire son frère d'armes. Il vociféra. "La Vipère ?! Elle n'a que lui à la bouche, la Vipère, la Vipère ! A croire qu'elle n'attend que ça, qu'il lui passe dessus !!" Cette expression résonnait à la fois dans l'idée d'un assassinat ou d'une saillie et témoignait de la confusion amoureuse et du respect guerrier qu'il témoignait à Ritsuko. "Je vais me venger moi-même."

Il se précipita, les deux mains cramponnées à son couteau, vers la Vipère. La frénésie lui conférait une force et une explosivité décuplées, aussi, Maruo parvint à éviter le coup de couteau mais pas le poing qui y suivit et qui s'enfonça allègrement dans sa mâchoire. La Vipère dégaina et s'envola à son tour d'une colère noire, manqua de trancher le bras de son adversaire qui recula à temps, asséna deux taillades supplémentaires qui cinglèrent le vent avec force, et pointa sa lame vers le jeune homme. "Je te réserve le même sort qu'elles."

A l'image de cette menace, Eiji s'en mêla à son tour, se ruant vers le mercenaire du côté où sa plaie le gênait dans ses mouvements. Il l'aperçut arriver et tenta une parade mais trop peu vif, la machette du plus jeune n'eut aucun mal à pénétrer son bras jusqu'à l'os qui l'arrêta dans sa course. Maruo se serra sur sa douleur, la gorge triplant de volume d'un grognement contenu, et vit face à lui Hideo en profiter pour tenter de le tuer. D'un réflexe de survie qui l'étonna lui-même, il lui scia les deux jambes au niveau des fémurs de son bras valide. Le Chien s'écroula sur ses moignons, une plainte grelottée d'épouvante dans la respiration, et recula avec vitesse.

Eiji quant à lui retira la lame et s'apprêta à frapper à nouveau mais la Vipère se tourna vers ce dernier dont l'instinct de préservation pris le pas sur l'instabilité violente. Après tout, ce même homme à terre l'aurait tué s'il s'était mis en travers de sa route, et les ordres de Ritsuko étaient clair : la Vipère à deux têtes n'était pas leur proie. Maruo était toujours plus essoufflé et l'horreur sur le visage d'Hideo suffit à le détourner de lui donner la mort.

"Shun, adressa-t-il dans l'oreillette, aide le jeune avec les renforts qui vont arriver. On n'en n'a pas pour long, et ensuite on décarre.
- Je fais ce que je peux."


*

La Vipère tira une chaise pour reprendre sa respiration, contrastant avec l'intensité du spectacle qui se jouait dans la pièce. Il avait défoulé un peu de sa colère et était anesthésié par la profondeur de ses plaies. "Lequel de vous deux est l'auteur de ceci ? finit-il par questionner, faisant glilsser au sol vers Ritsuko et Kobata le téléphone contenant le MMS de l'incident de Sado."
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Ven 17 Juin - 3:27
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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Dc752805c85639eb55abab157abd49ac

Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


La douleur est ce qui nous rend plus fort.

« Ritsuko ! Tu m’entends ?! Je suis avec une de tes semblables et…
- Salut Anna, ça fait un bail. »
Qu’avait dit une voix éloignée à l’adresse de Ritsuko lui confirmant l’identité de l’intéressée.
— Shun. » la salua Ritsuko sans chercher à comprendre la raison de sa présence.
Le temps lui manquait et le sourire narquois que lui tendait Tadashi ne lui augurait rien de bon.
« Les hommes de Saito ont déjà débarqués dans l’aile Ouest, ils seront là d’une seconde à l’autre. Faut que tu sortes de là, maintenant ! Je ne suis pas en mesure de tirer d’où je suis… » avait poursuivi Hajime, inquiet.
C’est à ce moment précis que la Vipère fît son entrée en scène, interrompant in extremis la sortie de scène de Gonzo de la main impatiente de Ritsuko. Il semblait d’humeur aux plaisanteries, pour dévier peut-être l’attention de son corps atrocement mutilé. Sans amoindrir la pression qu’elle exerçait sur sa lame sous laquelle ce beau diable de Kobata semblait soudain en proie à une peur latente, elle glissa un furtif coup d’œil sur Maruo. Des multiples entailles qu’arborait la Vipère, elle sentit la menace qui venait de passer sur ses Chiens.
— Va voir Hideo et Eiji à l’aile Est, je crois qu'il y a eu du grabuge. Je me charge du bouquet final, Hajime.
« Ça marche. Fais attention à toi. »
La Vipère fît alors glisser son téléphone au sol jusqu’à eux et Ritsuko put y découvrir l’horrible scène. De toute cette bouillie humaine, elle parvint à ne reconnaître que la couette de Kumi, immaculée du reste. Pas étonnant qu'il lui était revenu quelques jours plus tôt aussi défait, comme jamais elle ne l'avait vue auparavant. Néanmoins, elle ne broncha pas et Kobata qui se trouvait dans une position délicate préféra ne pas réagir non plus, mais se trouvait bien embêté de constater que la fureur de Maruo à l’égard de sa rivale était retombée si vite. Le regard de Ritsuko se reposa sur Maruo. Voilà donc la raison de ce « contretemps ». Gonzo avait dû lui retourner le cerveau et la tenir, elle et ses Chiens, responsable de ce double meurtre. On est un monstre ou le diable, pour autant que les autres en décident ainsi. À cette pensée, Ritsuko laissa tomber sa tête par en arrière et lâcha un long soupir. Un instant fugace dans lequel son esprit traçait le scénario de leur survie, sachant que l’heure n’était pas aux états d’âme que semblait venir quérir Maruo. Gonzo voulut parler le premier, mais la Mante le devança, sans lâcher son attention sur le vieux forban.
— Eh bien… » avança Ritsuko qui abattit son poignard sur le col de la chemise du sexagénaire pour le clouer au mur, préférant le laisser pour plus tard. Le fait était que seul Gonzo, opérant sous le nom de Tadashi chez les yakuza, avait le pouvoir de retenir la pluie de balles qui les attendait, et du même coup, les empêcher de tous périr de l’explosion qui s'en suivrait.
« J'imagine que tu dois regretter ne pas m’avoir tué à l’époque, lorsque tu en avais encore la chance… » déclara Ritsuko pour toute réponse à sa question.
Gonzo se figea sur place sous l’effet de la surprise et lâcha un rire rauque qui se fît vite étouffer par le poids soudain intensifié de la lame qui lui barrait la gorge. Il ne s’attendait certainement pas à ce que la Mante porte foncièrement le blâme sans chercher à en démentir. D’une certaine façon, Ritsuko ne mentait pas sur ses intentions. N’était-elle pas celle venue chambouler sa tranquillité sur l’île, la première ? Et avec une motivation meurtrière ? Elle avait ainsi ouvert la voie à tous ceux qui gardaient pour Maruo un rancunier souvenir de son passé criminel, et cela, en connaissance de cause. La Mante se retourna vers lui et fendit l’air de son katana pour en débarrasser la lame de la souillure pourpre qui l’en recouvrait. Elle s’avança ensuite tranquillement vers Maruo, posant sur lui son regard noir de la noirceur qui s’en échappait.
— …Maintenant, le sentiment est réciproque.
Regarde moi…
Elle le toisa un instant, observant l’effet qu’elle pouvait lui faire. Elle voyait bien dans ses yeux qu’elle était responsable de sa douleur comme il l’avait été de la sienne et que communément ils avaient toujours partagé un seul souffle et une seule misère. Qu’ils étaient responsables de la causalité de chacun. À la fin, ils avaient tous deux perdu leurs racines et pour cause : ce rhizome commun et corrompu par leur propre souffrances dévastatrices. C’était ainsi une impossibilité presque organique pour eux que de se retrouver démuni l’un de l’autre, tout comme se tenir si près leur était dangereusement mortel. Ils étaient à chacun toute la hargne de vivre qui leur restait. Et pour lui concéder cette force en elle, plus que tout elle avait besoin de lui. Elle avait besoin de sa haine pour nourrir la sienne. Parce que c’était comme ça, et que ça ne pouvait être autrement.
— Alors Maruo… » elle s’arrêta à quelques mètres de lui, posa ses mains sur le manche de son sabre en le levant droitement devant elle dans une pose guerrière. « On finit ça, ici et maintenant, t’en dis quoi ?
Regarde moi et hais-moi.
Elle ne lui laissa pas le temps à la réflexion qu’elle se jeta sur lui d’un bond rapide et agile dans une tentative de s’en prendre à ses articulations et ainsi le diminuer sur le plan physique. Il avait cet avantage d'être beaucoup plus imposant qu'elle, mais Ritsuko était néanmoins pourvue d’une force de frappe furieuse, concédée par la rancœur qui habitait chacun de ses mouvements. Ses yeux se glissèrent sur cette taillade jusqu’à la moelle de son bras, déjà terriblement entaillé par l’assaut d’un de ses Chiens. Elle s’acharna d'un coup de lame habilement assénée sur le membre meurtrie sans toutefois le sectionner. Du nerf scindé, le bras lui retomba lourdement le long du corps. Le cœur de Ritsuko s’en serra dans sa poitrine. Elle refoula cette dissonance en elle d'un puissant coup de pied au thorax qui le fît basculer par en arrière et traverser la baie vitrée du bureau qui éclata en morceaux.
— Ne t’avais-je pas dit que je viendrais pour toi, et qu’ensuite, Gonzo suivrait ?
La Mante passa à son tour le cadre sur lequel demeurait quelques bris de verre et s’avança vers son ancien mentor à terre qui avait roulé non loin d’un saule. À cet instant précis, les hommes de Saito et Tadashi firent irruption dans le bureau. Ils se pressèrent pour les encercler dans le jardin, levant hâtivement leurs armes sur eux. Gonzo qui les rejoignit, les arrêta d’un geste de la main.
— Non ! Ne tirez pas !
Il jubilait du spectacle qui s’offrait à lui, satisfait de constater que la fureur de Ritsuko à l’égard de la Vipère à deux têtes l’emportait sur tout le reste.
— Laissez-les s’entretuer…
Ritsuko s’approcha de Maruo étendu sur l'herbe et profita de son inertie apparente pour lui asséner un violent coup de pied au visage sous les yeux ravis de Gonzo.
— Je m’attendais à davantage de résistance de ta part, Maruo. J’imagine que je t’ai tué à l’instant même où j’ai buté ta famille… Tu sais l’effet que ça fait maintenant. » Elle plaça l'extrémité de sa lame sous son menton, l’incitant à se relever. « Lève-toi, si tu veux pas crever au sol.
Moment d'inattention peut-être, elle leva alors brièvement les yeux devant elle évaluant l’espace autour d’eux. Derrière lui se balançait les branches du saule pleureur… et à quelques mètres de là comme dans ses souvenirs, l’étang de koïs de son défunt Boss.
Plus que quelques pas seulement.
Sa poitrine lui brûlait. Manifestation primaire de son instinct lorsqu’il lui criait sourdement que le danger était non loin. Elle ignorait encore qu’il était, en cet instant, rattaché à Maruo.    



Le dernier acte est sanglant,


quelque belle que soit la comédie


en tout le reste: on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. - B.P.

KoalaVolant
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Jo'
Sam 25 Juin - 8:59
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

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"Si un serpent te voue de l'affection, fais-en un collier et porte-le autour du cou" - Proverbe arabe

Il profita de la voir décoller ses cils sur le saule pour se saisir de son bras dans l'articulation du sien, puis il se hissa sur ses jambes et perfora les entrailles de Ritsuko d'un explosif coup de genou. Il fit basculer son corps plié en son centre pour la plaquer au sol, et au moment où elle tenta de se dégager, il assujettis sa hanche à la terre en s'agenouillant dessus. Il cracha sur son visage la molaire qui lui avait été arrachée par le coup qui avait vrillé dans sa mâchoire. Le sang abondait le long de son ventre depuis ses sutures rompues, emplissait les rigoles de ses reliefs, imbibait sa ceinture puis gouttait imperturbablement sur la Mante. La noirceur de ses yeux remontait depuis des cernes creusées d'une avidité crasse. "Si c'était toi ..." Il pressa plus fort sur le coude, leurs regards échangés se dirent en se taisant. "... alors ce sera facile."
"Oeil pour oeil ..."

D'un geste sec, il brisa l'articulation de Ritsuko dont le bras pulsa soudain d'un angle dément, contraire à la nature. Il leur sembla sentir d'ici le souffle mufle de la jouissance de Gonzo.

*

Elle faisait cette chose lorsqu'elle mentait. Un pincement de la lèvre, le menton légèrement rentré dans sa gorge, presqu'imperceptiblement. Elle le faisait lorsqu'elle faisait mine de me haïr. Lorsqu'elle promettait de me tuer tout en ramenant le repas sur la table. Il manquait à sa voix, alors, le grésillement colérique que je lui connaissais lorsqu'elle parlait de choses qu'elle détestait plus franchement : ses camarades de foyer, ses nouvelles familles d'accueil. Je l'ignorais, sachant qu'une heure plus tard, elle laissait choir un peu sans faire exprès, un peu volontiers, sa tête sur mon épaule dans le canapé. Ecrasée par le poids de sa vie de meurtrière, par celui de sa haine.

Cette même épaule mise hors service. La Vipère à deux têtes n'a plus qu'une gueule pour mordre.

Quelle que soit sa raison de bluffer, elle ne me trompait pas.

*

Elle envoya une frappe sévère au visage de Maruo qui l'évita en se levant, ce qu'elle imita. Ils étaient désormais tous deux privés de leur bras droit, à ce détail près que la Vipère, elle, était ambidextre. Ils se toisaient d'un visage arqué de satisfaction : c'était le feu d'artifice vers lequel leurs célébrations mortuaires les avaient conduits toute leur vie durant. Ils s'élancèrent du même pied, le fer tinta une fois, puis deux, mais Maruo parvint à créer une ouverture que, du bras gauche, la Mante assurait moins bien. Le moment de flottement lui servit à asséner un coup de pommeau dans le menton de la jeune femme dont la tête bascula en arrière, puis de répéter l'opération cette fois dans sa tempe pour l'étourdir. Elle était désormais à la berge de la marre aux koïs, et il la poussa du pied pour l'y faire chuter. Son être fondit dans les guirlandes du saule et s'écoula avec les poissons.

"On devait régler leur compte aux familles avant d'me mettre à la retraite. T'as oublié ?" Il s'adressait au bassin au fond duquel Ritsuko demeurait inerte - mais il la savait plus coriace que cela, aussi en fit-il peu cas -, puis détourna son attention vers Kobata. "Quant à toi ..." Le feulement de ses bronches tonnait sa combustion intérieure. "... Kaori n'est plus, rien ne te protège." Il s'approcha du baron en longues enjambées déterminées, ce qui hérissa ses hommes tenus en respect par leur boss. Maruo mima sa disciple plus tôt en apposant une lame à sa gorge.

"C'est bon, je vous ai dans le viseur, grésilla enfin Shun dans l'oreillette." Elle avait été laissée en paix par Hajime qui, obéissant aux ordres de Ritsuko, était descendu aider ses frères d'arme.
"Si vous voulez faire péter la baraque vous avez intérêt à faire trois pas de plus en arrière !" L'expertise de Masahiro poussa la Vipère à gratter du temps : Gonzo restait la première cible, et sa culpabilité était désormais aussi évidente que l'innocence de la Mante était manifeste. Aussi, il le laissa déblatérer.

"Je n'ai rien contre toi Maruo, nous pourrions retravailler ensemble, tu pourrais même reprendre mes affaires. A cause de cette ... Enfin. Je n'ai plus de femmes ni d'enfants, tout comme toi. Regarde-la se noyer avec la poiscaille, la grande Ritsuko, celle qui fit trembler tous les ennemis de Saito. Ce travail d'orfèvre, c'est celui de mon esprit et de ta force. C'est vers elle que ta haine doit se tourner."

Ses tentatives manipulatrices auraient fonctionné en un autre temps, un temps désespéré où l'espoir d'une berge l'aurait accroché à n'importe quelle roche. Mais aussi friable qu'il soit, un point d'ancrage, une minuscule racine d'orchidée qui ne fleurissait plus, il avait réalisé qu'il en avait - Ritsuko. En ce sens, et dénudé de toute présence de Jinpachi, Maruo avait finit par devenir inatteignable : juste assez esseulé pour ne plus craindre, mais suffisamment attaché pour être stable.
Il chercha son air dans les remugles de sang qui lui montaient des poumons. Il repensa à ce que ses parents lui répétaient.

"Ne fais confiance à personne, Gonzo."

*

"Dis-moi qui tu es !"

Je savais qui elle était. Il n'y avait qu'une personne qui pouvait vouloir se venger de moi, puisque les autres victimes collatérales étaient mortes. Mais j'ignorais son nom.

"Ta punition !"

Son corps malingre tempêtait sous la tenaille de mes poings. Je la maintenais contre le mur, bras dans le dos, face au ciment. J'ai tiré sa tête en arrière par ses cheveux et me suis penché pour constater le départ d'une croix sur son plexus qui confirmait mon doute - la petite Takeshi. A peine étais-je à portée qu'elle m'avait mordu dans la joue alors, peu habitué aux jeunes gens et surpris, j'avais eu le  réflexe de lui cogner la tête dans la façade. J'ignore par quel souci je l'ai emmenée chez moi, mais j'ai décongelé sur sa tuméfaction un sachet d'oignon et j'ai fumé jusqu'à ce qu'elle sorte de sa torpeur.

Puis, et comme je n'avais pas plus envie qu'elle de discuter, elle partit tout autant que je l'ai mise à la porte.

Elle a recommencé des dizaines de fois et me loupait pourtant sans cesse, tant et si bien que j'ai finis par lui donner des conseils pour m'abattre. Un jour, après qu'elle ai tenté une énième fois de s'en prendre à ma carotide, on est allé manger dans une roulotte à l'hygiène douteuse - elle était famélique, affamée, émaciée de protestations. Je lui ai proposé de l'entraîner. Elle a dit non, ou rien, mais elle est revenue. Puis je lui ai proposé du travail. Elle a dit non, ou rien, mais elle est revenue.

*

Il la sentit arriver derrière lui, sortie de l'eau, comme si leurs corps étaient parfaitement orchestrés et mus dans une musique qu'ils étaient seuls à pouvoir entendre.
La danse du meurtre déliait son tempo à travers les âges passés, et dans le mouvement, une communication inaudible pourtant assourdissante hurlait entre eux.
Elle avait jaillit de la marre le sabre en avant, rivé à son bras le plus malhabile, et se jeta en direction de Maruo.
Mais elle passa à quelques millimètres de son corps, sous son bras ; et au lieu de perforer celui qu'elle avait mutilé, elle se planta dans le flanc plus épais de Kobata.
Maruo et Ritsuko eurent un bref instant pour savourer l'expression douloureuse, laide, de la vie qui s'échappe d'un homme se croyant intouchable. Son regard oscillait avec panique entre les deux mercenaires, la bouche bientôt emplie de sang qui se dévidait sur son buste.

Mais l'heure n'était pas à l'orgueil. Maruo poussa Gonzo du pied Gonzo afin de libérer le sabre du bientôt-cadavre, recula sur Ritsuko l'envelopper de sa hauteur, et au moment où il prononça "Maintenant." à l'intention de Shun, les hommes de Kobata qui s'apprêtaient à tirer furent soufflés par l'explosion du bâtiment dont ils étaient plus proches, suscitée par le coup de feu dans le gaz qui ne s'était pas encore totalement échappé.

La Vipère à deux têtes et la Mante furent quant à eux éjectés et séparés.

*

La première fois qu'elle s'est blessée, je m'en suis détesté. Pourtant, elle devait être déjà morte depuis des années.
Une balle fichée dans sa cuisse, nidifiée jusque dans son fémur.
J'avais retiré le plomb. Suturé les plaies. Désinfecté. Un peu de poudre le long de ses gencives pour l'aider à composer avec la douleur. Elle avait gémit sur son os broyé toute la nuit. Avait prit ma main.

A la naissance un enfant a le réflexe de tout saisir entre ses doigts. Avant sa première goulée d'air, ses boudins fripés, détrempés de sang et de placenta, s'accrochent à tout, à rien, à la vie nouvelle qui s'ouvre comme une chute perpétuelle. Au moment où un enfant vous choppe dans sa poigne, vous êtes foutu. Que vous l'aimiez ou non, vous êtes amarré à son existence jusqu'au terme de la vôtre.

Ritsuko a prit ma main de gaillard inconscient comme on tombe un taureau au lasso.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 16532433Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 16532434
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Sam 2 Juil - 4:43

Ritsuko Takeshi
J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis Mante assassine et je m'en sors avec brio, constance et tourments. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je m'en sors tant bien que mal.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 5 Buet

La flétrissure de cette terre
Ne touche pas les fleurs du ciel,
Et la rosée, dans la chaleur,
Ne sèche pas sur elles.

Ce qui fleurit ici ne fane pas toujours,
Et ce qui fut ici ne passe pas toujours.

Mais cette foi est chose rare,
Et la grâce n'en est donnée
Qu'à ceux qui, dans les heures noires,
Ont su, comme vous, souffrir d'aimer.

- F.T.


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Chanson thème 2 (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


I am the monster you created
You ripped out all my parts
And worst of all, for me to live,
I gotta kill the part of me that saw
That I needed you more


Pour vaincre un monstre, il vous faut être prêt à en devenir un. Mettre de côté votre humanité et tout ce qui vous rend humain. Cela, tu me l’as appris dès le premier jour, sans véritablement parler de toi en ce terme et sachant pourtant que c’était celui que je te portais.

Il résonne en moi depuis, la conviction que pour me déposséder de toi et m’affranchir du sens que revêt ta signature sur mon corps - la mort de ceux qui la portent - il me faut t’arracher de mon âme.

Quoiqu’il soit, quoi qu’il reste, de nous, de toi, je veux que tu souffres comme j’ai souffert.


J’ai aimé, maintenant je hais.



*

Tomber dans la marre aux koïs avant même d’avoir envoyé sa dernière balle n’était pas prémédité et Ritsuko s’en trouva fort contrarié. Elle crut sentir le poids de son revolver accroché à sa ceinture, réduit désormais à l’état de simple objet dont l’aboutissement de sa vengeance en dépendait, l’entraîner vers le fond. En vérité, c’était le poids de ses actes incendiaires, la pesanteur de son âme qui écrasait tout son être. Alors que même les flots les plus impétueux, qu’ils fussent ceux de son esprit ou de la baie de Sagami, n’étaient parvenus à engloutir complètement les phares embrasés de son âme. Lorsque la Mante revient à elle, elle s'extirpa de l’étang avec langueur. Le poids de l’eau ruisselant sur son bras désarticulé lui était péniblement douloureux. En elle grondait silencieux, des fleuves bouillonnants, et furieuse, une mer outrageuse qu’elle contenait avec force. Elle avait appris à sceller son corps en cet état imperturbable, pour ainsi protéger le monde extérieur et ses vivants des torrents ardents qui n'attendaient d’elle que d’une brèche pour déferler sur eux de leurs feux. Et à cet instant, alors que la lame de son katana était tendue devant elle, prête à pourfendre l’un des deux derniers noms qu’il lui restait sur sa liste funeste, l’envie crasse d’en finir avec le second l'assaillit. Elle aurait pu les empaler tous deux, l'occasion était parfaite et la mise en scène fort séduisante. Ritsuko aurait ainsi fait taire, d’un seul coup porté, tous ces fantômes et démons du passé qui ne faisaient que lui ressasser dans ses nuits qu’elle n’avait été graciée que pour ce jour. Dénuer tout sens à l'œuvre, pour s’appartenir enfin. C’est ce que la petite fille en elle, recroquevillée sur elle-même dans son pyjama entaché du sang de ses parents et du sien, attendait patiemment depuis seize ans, mais aussi ce que l'adolescente, soumise au supplice d’un jeune cœur en souffrance du souvenir d’avoir trop aimé, ne pouvait se résoudre à perdre. Elle dévia la trajectoire de sa lame de quelques centimètres sur la droite du flanc de Maruo pour l’enfoncer dans celui du baron, et sur le visage trahi de cet homme pour qui elle croyait vouer un peu de sa fureur, elle se surprit à ne ressentir rien de plus qu’une profonde indifférence. Maruo se tourna sur elle. La déflagration qui s’ensuivit rompit en l’instant le moment où elle sentit pour la première fois depuis longtemps, la communion de leurs âmes dans cette danse lugubre.

Ses yeux s’ouvrirent sur le bleu du ciel avant de réaliser le rideau de branches du saule en flammes, qui ondulait au-dessus d’elle sous les caprices du vent et qui lui rappelait ceux d’une adolescente embrasée par ses propres ardeurs. Ce souvenir lui arracha un petit rire frêle, étouffé par le sang qui lui emplissait la bouche.

*

J'étais ignorante de ce temps de l’existence d’autre genre de morsure que celle que je portais sur mes chairs. Je me dandinais alors sur lui à l’ombre du saule, lui réclamant ardemment de me faire un enfant. Ce n’était pas tout à fait le désir d'enfanter qui me poussait à me presser contre son corps et frissonner du mien. Seulement, aussi égoïste que cela puisse être, je savais qu’un enfant aurait enchaîné son existence à la mienne. Ce que je lui réclamais en vérité à cet instant, c’était de m’aimer, un peu ou toujours. On a souvent tendance à désirer des choses hors de portée. Je le regardais de mes yeux avides des siens, cherchant par tous les moyens d’y faire naître autre chose sur ces traits assoupis, imperturbables, que cette distance froide à mon égard. Aimer ou haïr, c’est faire exister l’objet de son sentiment. L’indifférence en revanche… Il n’y a rien de pire que l’indifférence. C’est faire le deuil, aux yeux de l’autre, de sa propre existence.

Cette journée-là, j’ai trouvé un peu de réconfort dans l'idée que j'aurai toujours assez d’amour pour nous deux… L’adolescence est bien l’âge où l’on meurt continuellement des espoirs vains qui ne cessent de naître que pour disparaître.

*

Quatre jours s’étaient écoulés depuis l’assassinat d’un des plus grands noms de la pègre. Très vite le journal national s'était emparé de l’affaire. Les noms de Saito et de Tadashi, les deux derniers chefs des familles yakuzas dont les restes carbonisés avaient été retrouvés parmi les cendres de la demeure des Yamaguchi-Gumi réduite en fumée, faisait les manchettes partout au Japon. On spéculait alors sur la présence d’un étrange bourreau dans l’affaire, et souvent revenait sur les pages le nom de Gonzo Kobata. Ce légendaire baron de la drogue qui n’avait vraisemblablement cessé d’être évoqué depuis ces dernières décennies par de nombreux malfrats affiliés de près ou de loin à la mafia japonaise et qui continuait d'alimenter les rumeurs sur sa possible existence, tourmentait la police. Si celle-ci ne pouvait l’imputer avec certitude pour la tuerie des Yamaguchi-gumi, sa légende en était néanmoins devenue d’autant plus grande et la simple mention de son nom suffit à réfréner l’envie criminelle de tous les scélérats du Nippon.
Ritsuko s'en était assuré.

*

La Mante était entrée dans la pièce, une simple chambre d’enfant qui avait été aménagée pour assurer les soins de Maruo, dans le foyer d’une connaissance de confiance. C’était sa première visite depuis qu'elle l'y avait déposé à son seuil, cela depuis la mise à fin des familles yakuza ainsi que la chute de Kobata. Elle posa au pied du lit où reposait Maruo, le sac qu’elle avait sur son épaule qui contenait les précieuses lames de la Vipère. Hajime les avait retrouvés dans les décombres, en dépit de la sienne. Ritsuko profita du sommeil dans lequel ses blessures l’avaient retranché pour s’approcher de lui jusqu’à son chevet, et réalisa alors seulement avec stupeur l'absence de son bras droit.
— Je n’ai pas eu le choix que d’amputer, autrement il y passait.
Annonça calmement une voix de femme derrière elle.
Cette voix, c’était celle de Nanako, une infirmière dont le défunt mari, un politicien qui trempait dans les affaires des Yamaguchi-Gumi, avait malencontreusement provoqué l'enlèvement de leurs fils deux ans plus tôt. Ritsuko avait débusqué les ravisseurs et empêché l’imminence de sa mise à mort. Nanako se sentait redevable, naturellement, et une certaine amitié était née entre les deux femmes des suites de cette histoire. Ce qu’ignorait toutefois cette dernière, était que Ritsuko n'accorda pas la même protection à son mari. À la première occasion, elle l’avait délibérément laissé se faire descendre d’une balle en pleine tête quelques semaines plus tard.
La Mante glissa alors doucement sa main dans le creux de celle de Maruo, en pressa délicatement les doigts dans les siens. Ce geste, qui ne dura pourtant que quelques instants, n'échappa pas aux yeux de Nanako qui connaissait très bien la frigidité de la Mante à l’égard de quiconque, tout particulièrement à l'égard des hommes.
— Tu ne m’as pas dit, c’est qui celui-là ? » demanda-t-elle d’un ton qui se voulait innocent, voyant bien le lien qui semblait la lier à cet homme.
— Ça, tu ne veux pas le savoir. » voyant l'air crisper de Nanako elle ajouta :  « En l’état qu’il est il ne vous fera aucun mal.
— C’est fort rassurant, merci… » avait-elle répondu avec sarcasme.
Nanako se tenait alors derrière la Mante, dans l’encadrement de la porte, ses bras croisés devant elle.
— Tu veux manger, boire quelque chose ? T’as une sale mine, Ritsuko.
— Non, ça ira. Je suis attendu ailleurs.
Nanako avait rouspété bruyamment et pris ses airs maternels, comme le faisait chaque fois la quadragénaire à la jeune femme pour la couvrir de son affection.
— Ok, mais laisse-moi voir ton bras d’abord.
Ce bras mis hors de fonction, Ritsuko le portrait comme d’une avanie. Un coup d'œil et quelques palpations suffirent à Nanako pour en faire le bilan. Bilan que Ritsuko accueillit en grinçant des dents.
— Prends-en soin et d’ici un mois tu pourras rejouer de la gâchette comme avant. Aller, c’est pas si grave ! Pense aux vies que tu auras épargné d’ici là ! » plaisanta Nanako sur un ton tout à fait railleur. « Je t’appel dès qu’il se réveille. » Fit-elle glissant un œil sur l’homme qui occupait le lit de son fils.
— Pas la peine.
Sortant de la pièce, Ritsuko asséna une pichenotte au front de ce dernier qui écoutait aux portes et qui se tenait caché de l’autre côté. « Prends soin de ta mère. » L'enfant, pris de surprise, ne lui répondit d’abord que d’un simple « aïe », puis hocha de la tête, les yeux brillants d’admiration.

*

Lorsqu’elle arriva sur le lieu du rendez-vous, le café d’Ebisu affluait de monde apportant son semblant de normalité et surtout de discrétion. Le contact de la foule lui était fort étrange alors qu’elle évoluait à travers elle en civile. Un malaise qui ne faisant que lui rappeler ostensiblement qu’elle ne pourrait jamais appartenir à leur monde. Elle gravitait seulement autour de celui-ci, parfois veillant à son équilibre. Pour la première fois en trois ans, Ritsuko s’était départi de sa veste au cuir noir qui renvoyait à son appartenance à la pègre. Habillée d’une simple chemisette blanche et d’une jupe qui lui descendait jusqu’au bas des genoux, et surtout, dépossédée de son sabre, elle avait l’apparence d’une de ces étudiantes de l’université de Keio. Son homologue, une femme de quatre ans son ainée à la silhouette gracile se tenait assise seule à une table du fond, remuant du bout de sa petite cuillère le thé qu’elle dégustait. L’air faussement distrait, celle-ci fit mine de ne pas la remarquer entrer. Ritsuko s’assit à cette même table, aussi naturellement que l'aurait fait une connaissance ou une amie, et adressa un sourire factice à la Mante devant elle qui feint aussitôt sa surprise de la voir là.
— Salut Shun. Que me vaut l’honneur de ta présence à Tokyo ? À moins que tu ne sois venu jusqu’ici pour me faire des remontrances ?




Le dernier acte est sanglant,


quelque belle que soit la comédie


en tout le reste: on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. - B.P.

KoalaVolant
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