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 Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras

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Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras Giphy

Mise en situation
Takeshi Ritsuko n’est âgée que de dix ans lorsqu’elle assiste au massacre de sa famille orchestré par les Yakuzas. Laissée pour morte, sa poitrine est lacérée par la lame de deux katanas. Elle survit miraculeusement et porte aujourd'hui la marque sur sa chair. Une cicatrice en forme de x, signature du travail de la très réputé vipère à deux têtes ; Takeda Maruo.

Ritsuko a vingt-six ans et est désormais un membre émérite du clan Yakuza. Dans l’ombre elle complote contre le clan et recherche son mentor et assassin de ses parents, Takeda Maruo, après sept ans sans l’avoir revu. Elle et lui, ont des comptes à régler.

マンティス


Titre du rp provenant de Kill Bill/ Contexte provenant de Lo
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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras Dc752805c85639eb55abab157abd49ac

Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

Les lueurs crépusculaires s’étaient teintées de rouge, traversaient les fenêtres de la demeure Yamaguchi-gumi et s'étendaient dans l’allée principale comme une traînée de sang. Le silence tranquille de la fin de cette journée chaude d’été qui s’était installé, se rompit avec l’arrivée fracassante de trois yakuzas dont l’un d’eux traînait, sans trop d’effort derrière lui, un membre du clan prénommé Otto. Celui-ci, récidiviste bien connu pour dévier bien trop souvent de la voie chevaleresque du clan et attirer l’attention de la police en dirigeant ses pulsions meurtrières sur des gens du peuple. Il était interdit pour les yakuzas, de s’attaquer aux gens ne faisant pas partie de la pègre. Et celui-là, en plus d’ébruiter quelques secrets du clan au cours de soirées mondaines, avait à plusieurs reprises assassiné des prostitués dont les corps avaient été mutilés de la plus horrible des façons. Aujourd’hui était le jour de son jugement. Non par Dieu, mais par le diable. Et le diable était pourvu de bien des formes.

Le pauvre Otto, était dans un piètre état et dégageait une forte odeur d’alcool. À moitié inconscient, gémissant quelques insultes inarticulées, il avait le visage en sang et couvert d’hématomes. Il semblait avoir passé un mauvais quart d’heure. Il était rare que la demeure Yamaguchi-gumi ne préserve plus de quelques heures de sa tranquillité. La fin de la journée annonçait rarement la fin des activités des yakuzas. Au contraire, la pénombre offrait un voile de discrétion propice pour entreprendre les boulots qui demandait de se salir les mains. Ils traversèrent l’aile ouest pour se rendre jusqu'au pavillon central de la demeure, s’arrêtant devant l’une des cloisons coulissantes arborant un motif de dragon dont la queue en torsade retenait une proie à l’apparence mi-humaine, mi-animale. L’un d’entre eux la fit glisser sur le côté. Au fond de la pièce se trouvait une sorte d’autel devant lequel était assise en seiza une femme aux longs cheveux noirs. Ils passèrent l’embrasure de la porte. Deux des gangsters se postèrent devant l’entrée, le troisième qui tenait fermement le col de l’infortuné le traîna jusqu’à la femme qui ne s’était pas daignée se retourner. Il jeta sa prise devant elle, l’homme s’écroula misérable sur le sol. La chute le sortit quelque peu de sa torpeur et un petit rire grêle et acerbe, sortit de sa bouche. La silhouette féminine devant lui demeura impassible et concentrée. Quelques mots, trop faibles pour être entendus, s'échappaient de sa bouche. La force de se relever manquait visiblement à Otto et quelques doigts aussi, ne lui laissait plus beaucoup d’appui sur ses mains. Il se redressa tant bien que mal à l’aide de ses coudes pour finalement se tenir à genoux devant elle. Aucun homme ne voulait mourir le visage contre terre.

- Alors c’est la pute américaine de Saito qui va s’en charger ? Si j’avais su, je me serais ouvert les entrailles moi-même! Et vous... connards que vous êtes, prenez les ordres d’une femme !? Ce clan est pourri jusqu’à la moelle, je préfère crever que d’être sous le commandement de cette salope!

Il accompagna ses propos d’un crachat qui ne vola pas loin. L’écho de sa voix portante résonna encore quelques instants dans la pièce. La femme qui jusqu’à présent lui offrait pour vue son dos, salua l’autel en s’inclinant de tout son long vers l’avant et ceci fait, elle se redressa en ramassant au passage le sabre qui se trouvait à côté d’elle. Elle se tourna pour faire face à la vermine, laissant celui-ci découvrir les traits d’une jeune femme ne dépassant pas la trentaine. Il devait fulminer de rage à l’idée de crever de la main d’une femme. Pourtant pas n’importe laquelle. Boss Saito de la famille Yamaguchi-gumi avait pris pour lieutenant une femme qui était aussi connue sous le nom de code des assassins de « mantisu » la mante, et qui déjà de son jeune âge avait à son compte une liste exhaustive de morts. Elle avait fait autant de ravage parmi les yakuzas qu’à l'international. La première fois qu’Otto avait entendu parler d’elle, il n’y avait pas cru une seule seconde. Mais voilà qui était confirmé. Elle se tenait là, devant lui. Takeshi Ritsuko.

- Fait attention à ce que tu souhaites. Il n’est pas très malin de ta part de tenir de tels propos désobligeants à l’égard de celle qui a désormais un pouvoir de vie et de mort sur ta misérable personne. Boss Saito m’a donné plein pouvoir de décider de ton sort.

Sur ses paroles, Ritsuko retira nonchalamment de son fourreau le sabre qu’elle tenait laissant apparaître une lame aiguisée sur laquelle se reflétait le visage blême de l’homme qui l’avait insulté.

- Tous les hommes que j’ai tué de mes mains te ressemblent. Ils disaient ne pas craindre la mort. Jusqu’à ce que celle-ci porte le visage d’une femme. Pourquoi cela, crois-tu ? Qu’y a-t-il de plus humiliant et de déshonorant pour vous yakuzas, que d’être tué par une femme ?

Les yeux de l’homme agenouillé devant elle, s'écarquillèrent, comme si elle venait d’apporter une vérité à laquelle il n’avait jamais songé.

- Ta famille ne souhaitera même pas énoncer le sujet de ta mort!

À ces mots, la lame qu’elle tenait fendit l’air à une vitesse éclair qui traversa la chair de l’homme dont le regard s’était empreint de terreur. Le sang gicla sur les murs jusqu’à la cloison au dragon, donnant une allure encore plus terrifiante à celui-ci. Le corps avait été sectionné en deux, de façon propre et nette, laissant s’échapper sur le sol quelques tripes et une abondante quantité de sang. Ritsuko sortit promptement de la poche de sa veste, un petit mouchoir en tissu blanc qu’elle déploya d’un coup sec et qu’elle passa sur la lame de son katana afin d’en essuyer la souillure. Puis, elle replaça le sabre dans son fourreau. La mort. Voilà ce qui en coûtait à ceux qui se croyait permis d‘aborder le sujet de son ethnicité en toute impunité. Ce qu’avait ignoré le malheureux en entrant dans ces lieux, était qu’en réalité, Ritsuko ne devait lui prélever que l’annulaire en compensation de son crime. Certes perfide, mais qui ne coûtait pas le prix du sang pour autant selon le Boss. Un yakuza de moins, cela ne la dérangeait pas. Pas le moins du monde. Et celui-là avait déjà exprimé, quelques jours auparavant, son refus de procéder à l’offrande en signe de respect et de pardon. Des déchets humains comme lui, elle en avait tué des tonnes. Plus qu’elle ne pouvait en tenir le compte sur ses doigts. Elle enjamba le corps d’une indolence insolente et laissa tomber derrière elle le tissu qui avait servi à essuyer sa lame. Chose certaine, Boss Saito ne serait pas content en découvrant qu’elle ne s’était pas contentée de l’annulaire. Quoique qu’elle était réputée pour être d’une désinvolture sans bornes. En connaissance de cause, Boss Saito laissait ainsi passer beaucoup de choses. Un cadavre de plus ne devrait pas venir déranger sa tranquillité d’esprit. Ritsuko sortit de la pièce, suivit de deux de ses hommes de main. Le troisième était resté derrière pour s’occuper du corps. Dans la cour de l’entrée principale, les phares d’une voiture s’allumèrent pour signaler sa présence. L’un de ses hommes se dirigea le premier vers le véhicule pour ouvrir la portière à l’intention de sa maîtresse qui s’installa sur le siège arrière. La nuit était tombée et sa mission, plus qu'accomplie.

- Kabikichô

Lança Ritsuko au chauffeur. Elle devait y retrouver là-bas, un informateur avec qui elle avait par le passé eu affaire. Il lui devait une faveur et elle comptait bien lui soutirer ce soir tout ce qu’il pouvait détenir comme informations sur l’homme qu’elle recherchait. Ils s’étaient mis d’accord pour se rencontrer dans le quartier prisé de Kabikichô, au bar Hana. Ce quartier de Tokyo était réputé pour sa vie nocturne offrant divertissements en tout genre. Il lui permettait de passer inaperçu dans la multitude. Elle ne voulait pas que le Boss apprenne pour ses petites virées nocturnes, cela risquerait grandement de compromettre ses plans. Et il était encore trop tôt pour s’attaquer à Saito. Jusqu’à présent, tout s’était déroulé comme prévu. Elle avait su gagner la confiance et le respect du clan malgré sa “condition de femme” qui en avait irrité plus d’un, s’était accomplie dans la vocation d’assassin et était à présent la main droite du Boss de la famille dirigeante. Il n’y avait pas meilleure position et elle devait s’assurer de préserver les apparences encore pour quelques temps. Du moins, jusqu’à ce qu’elle retrouve la trace de Takeda Maruo.
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Maruo Takeda
alias Jinpachi Mitsumo

J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis poissonier / mercenaire yakuza à la retraite et je m'en sors confortablement. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

Incipit

2006. L'appartement était simple et entretenu, parquet lustré et fumet de sukiyaki résiduel dans le couloir, un foyer dramatiquement classique qui incita même le jeune homme à retirer ses chaussures pour entrer. Un contrat simplissime lui avait été confié par le tout récemment nommé oyabun Shinobu Tsukasa  et l'envoyait assassiner les insurgés du Yamaken-gumi, juste pour l'exemple. Le modus operandi était simple : Maruo entrait dans leur domicile, frappait toute la famille au torse de ses deux sabres la croix-signature, puis il empochait la paie et disparaissait jusqu'aux prochains tintements de yens. Il n'avait pas trente ans et ses affaires roulaient formidablement : puisqu'il n'avait aucune famille et que ses membres étaient trop miraculeux pour être abîmés, les oyabuns qui cherchaient à l'engager n'arrivaient pas à faire pression sur lui et tentaient ainsi de l'allécher par des cachets copieux de mises à prix. La vipère à deux têtes, ainsi qu'on l'appelait, devenait hors de prix pour les clans de seconde zone mais surtout conservait sa totale indépendance.

Le couloir d'entrée jouait le sablier de la sentence. Maruo ouvrit la première porte sur sa droite qui accoucha d'un salon-séjour à cuisine ouverte, une corbeille de linge à plier attendant sagement qu'on se charge d'elle - quelques dessous féminins, des t-shirts d'enfant et des pantalons de costume. L'appartement était plongé dans l'obscurité du sommeil de ses occupants, une pénombre à laquelle le meurtrier était volontiers accoutumé et qui lui permit d'observer avec détachement quelles vies il allait mettre en pièces. Maruo ne culpabilisait pas : tuer était tout simplement son travail et il lui plaisait, parce qu'il n'y était pas seulement doué, mais il était le meilleur.

La deuxième porte était une salle de bain sommaire et encombrée d'une vie de famille, trois brosses à dents et un dentifrice aromatisé pour enfant trônaient dans un verre aux motifs criard, les draps de bain s'étendaient pour sécher, le rideau de douche gouttait son humidité par cliquetis réguliers dans le fond de la baignoire. Maruo allait ouvrir la troisième porte alors que dans son dos la dernière cracha le paternel de cette petite famille rangée.

Le bonhomme n'eut pas le temps de se faire respecter que le coup parti, surprenant, facile, efficace et que d'un même mouvement, le mercenaire avait dégainé les deux lames nichées au creux ses hanches pour les croiser sur le plexus de sa cible qui rompu simplement. Sur le visage de la victime se dessinait une grande surprise plutôt que de la douleur, un étonnement curieux sur la fragilité de sa vie, et  elle s'écroula s'évidant sur ses genoux puis face contre terre.

Le travail cependant n'était pas achevé et Maruo ne s'arrêta pas à commémorer le frais cadavre. Dans le lit conjugal, il vint y trouver l'épouse du yakuza réfractaire tétanisée dans ses draps sages, il l'enjamba debout sur le lit et l'acheva d'une même coche entre les deux seins, la laissant paisible comme si elle n'avait paru quitté ses songes. A cet instant, l'enfant était sortie de sa chambre et constatait le point, ou le poing, de non-retour de son existence. Le meurtrier n'eut pas d'état d'âme à la condamner elle aussi puisqu'il savait ne devoir laisser personne.

Pourtant, il ne put la cocher et honorer son marché avec la même aisance. Devant la contorsion terrifiée de cette enfant noyée du sang de ses parents ; devant ce regard qui provoquait et suppliait, un "Tue-moi" et un "Par pitié" muets boxant son souffle suspendu, il ne sut pas la condamner. Ce n'était pourtant pas la première enfant qu'il fauchait - alors quoi ?

Il traça néanmoins la croix, n'appliquant pas la lame sous les côtes mais sillonnant superficiellement la peau qui déversa entre deux pans de pyjama tout le vermeil de sa sève. L'enfant hurlant renversa sa tête en arrière et le meurtrier, un goût d'acier aux lèvres, ne resta pas pour la regarder mourir ou vivre. Il s'en alla et ne revint pas réclamer la prime de son échec.

Souvent, il sentirait se poser depuis le ciel de nuit son regard noir qui lui jurait vengeance.

*

2021. Cette fois encore, il ne put fermer l'oeil harcelé par ses meurtres et s'en alla dévisager l'océan dans l'espoir de s'y voir. L'écume ronflante grondait son morinom - Maruo, Maruo - et sa femme depuis la chambre appelait le nouveau - Jinpachi, viens te coucher. L'insondable obscurité roborait les reproches de cette famille dont il ne comprenait pas les pleurs ou les rouscailles, et qui lui en voulaient de ne pas être tendre et sensible.

Les embruns salins avaient moiré sa maison de strates calcaires.
Les volutes dociles de sa cigarette capitulaient sous les risées marines.
Maruo, qui se faisait désormais appeler Jinpachi, laissait refroidir son thé sur le ponton de sa modeste demeure.

Dans quelques instants, les bateaux allaient accoster lourds de fumets iodés, chairs poisseuses encore agitantes dans les baquets de glace, prêtes à être manutentionnées jusqu'au marché.
Dans moins d'instants encore, sa petite Kumi allait s'extirper de ses draps, un épis de cheveux témoin de l'épaisseur de son sommeil - sa femme se lèverait puis la ferait manger.

Jinpachi était un poissonnier et jeune papa en tongs à la carrure robuste et sympathique ; on le trouvait silencieux mais brave et qui ne rechignait pas à la besogne. Maruo quant à lui était un mercenaire à la retraite, dissipé des nappes citadines sur une île rurale en quête de pensements à coups de pense-ment. Une nouvelle identité qui échouait à faire taire les bouches béantes de ses cicatrices chaque fois qu'il se croisait dans le miroir ou que sa femme posait un doigt dessus. Une nouvelle vie où le cheveu noir de sa fille jouait le cinéma de cette autre qu'il n'aura su qu'abandonner.

Maruo aspirait à une rédemption que Jinpachi, malgré tous ses efforts, peinait à lui offrir. Jinpachi était anxieux d'une protection que Maruo ne parvenait jamais à rasséréner. Les deux hommes dans ce même corps étaient devenus inadaptés à tout.


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

-   Takeda Maruo… Hum…
L’homme assis en face de Ritsuko, pensif, faisait tournoyer de son pouce et de son index son verre de saké à la manière d’une toupie sur la table. Il semblait à Ritsuko que ce nom sortait d’outre-tombe. Ces six syllabes produisaient toujours le même effet sur la jeune femme. Celui d’une chute dans un lac glacé tant celui-ci était significatif pour elle. Quoiqu’elle ne laissât rien paraître, dissimulant ce mélange de ressentiment et d’aversion au plus profond de son âme. Elle n’avait pas prononcé ce nom depuis la dernière fois qu’ils s’étaient laissés. Sept ans depuis. Son informateur, Shunji Hibisawa était un sexagénaire prosaïque, robuste pour son âge et qui avait été un mercenaire réputé pour être l’une des mains assassines de la pègre japonaise. Aujourd'hui encore, sa réputation demeurait. Bien que d’apparence il s’apparentait désormais davantage à un vieillard croulant qu’à un assassin. Shunji s'empara de la bouteille qu’avait posée Ritsuko sur la table à son arrivée. Il avait fait signe à l’une des serveuses de lui apporter deux verres. Il profita de l’instant pour approcher la bouteille sous ses yeux, observant là un spiritueux dispendieux.

- Oooh! Tu m’apportes là une belle offrande! On ne va pas gaspiller, ça c’est sûre!

Son visage se dessina d’un large sourire extatique. La serveuse revint à leur table et déposa devant eux les verres demandés dans lesquels Shunji s’empressa d’y déverser le précieux contenu de la bouteille. Il tendit l’un d’eux à Ritsuko qu’elle accepta sans broncher. Puis, il se versa un premier verre qu’il vida d’un trait. Shunji expira bruyamment, signe de la satisfaction d’avoir étanché sa soif à coup de ce nectar divin, et se servit sans attendre un autre verre que cette fois-ci il dégusta avec parcimonie.

- De qui parlions-nous ? Ha, Oui! Maruo donc. Il est sorti de l’ombre tu sais. J’ai même entendu dire que ce bougre était devenu papa. Au fait, t'es dans la mi-vingtaine toi non ? Va pas falloir tarder à t’y mettre non plus de ton côté! Si jamais tu cherches un progéniteur pour l’enfant...

Il accompagna ses propos d’un geste déplacé, se recula sur sa chaise et se tapota l’entrejambe pour confirmer la présence de bijoux de famille toujours en bonne condition. Shunji partit d’un rire gras que Ristuko répondit par un regard glacial. Il avait dû le ressentir, car d’un geste incitant à se calmer il lâcha un petit râle.

- Oh… ça va! Je plaisante! Et puis une tueuse telle que toi, devenir maman ce serait d’un gâchis… Tu t’imagines toi ? En cloque et un sabre à la main ?

Le vieux avait trop bu et déblatérait un torrent d’idioties dont Ritsuko se serait bien passé. De plus, il confondait assurément le mercenaire qu’elle recherchait avec un autre. Maruo ne pouvait avoir d’enfant. C’était en contradiction avec sa nature. Et la nature se contredisait elle-même si tel était le cas. Il était celui qui annihilait la vie même. Comment celle-ci avait-elle pu lui faire le cadeau d’une famille ?

- Takeda Maruo, la vipère à deux têtes ? Père dis-tu ? Pauvre vieillard, ta décrépitude t’en fais perdre un coup.

- Si, si. Je t’assure. Il a même une petite femme à lui, sinon d’où viendrais l’enfant ? Héhé... Il est malin, il n’a pas gardé son nom tu te doutes bien. Il doit lui faire l’effet d’un mauvais souvenir. Et la retraite pour les mercenaires est quasi impossible, à moins de se faire passer pour mort et de changer d’identité pour disparaître des radars… Autrement, couic!

Il passa son pouce sur la longueur de sa gorge pour imiter la fatalité de leur condition. Ritsuko était irritée. Bien que ce n’était pas la réalité à laquelle elle s’attendait, il semblait que c’était là la vérité. Une vérité blessante, qui ravivait en sa mémoire un triste passé qu’elle chassa en un battement de cils. Elle le vivait comme une injustice.

- Shunji. Un nom. Sors-moi un nom. » Dit-elle avec insistance.

Ritsuko tentait tant bien que mal de garder son sang-froid, mais de savoir que le vieux avait en sa connaissance l’identité nouvelle de Maruo sur le bout des lèvres et se retenait délibérément de la lui divulguer pour faire durer ce petit jeu auquel il jouait seul, faisait irrémédiablement changer son humeur. Sa gestuelle était en train de la trahir. Elle avait décroisé ses jambes sous la table et se retenait pour ne pas lui sauter à la gorge. Shunji, depuis longtemps ivre, ignora cela se délectant de l’effet qu’il avait sur la jeune femme avec laquelle il souhaitait bien passer la nuit.

- Maruo et toi la fille Takeshi heiiin…? Cette nuit-là… Il t'a laissée vivre. Tu portes sa signature n’est pas ? » Son regard se posa sur la poitrine de Ritsuko.

Il s'excita en imaginant sous l’épaisseur de ses vêtements sombres la forme de ses seins traversée par deux cicatrices rosâtres contrastant avec la blancheur de sa peau. Il pencha la tête en arrière, cette pensée d’une profonde volupté lui arracha un râle presque animal qu’il libéra sans gêne de sa gorge, écartant ses jambes sous la table. Puis il se redressa d’un coup sur sa chaise, laissant cette plénitude pour plus tard. Lorsqu’il serait seul chez lui. Une question dont il ne devait pas être le seul à se demander depuis toutes ces années, lui brûlait les lèvres. Il plongea son regard dans celui de Ritsuko, à la recherche de l’arcane de ce passé trouble dont seul Maruo devait détenir la clé.

- Pourquoi t'a- t-il épargné ? » L’homme prit une gorgée de saké, sans détacher son regard des yeux de la jeune femme. « Qu’as-tu de spécial ?

- Si tu me donnes un nom, je tenterais une explication. » Répondit-elle, implacable.

Longtemps cette question était demeurée sans réponse pour elle-même. Elle n’avait su trouver de sens à la mort de ses parents. Excepté que son père avait décidé de se retirer de l’ombre. Mais était-ce là une raison suffisante ? Sa mère avait-elle mérité ce sort ? Pas à ses yeux. Et de sa survie, en y avait-il un ? Un sens ? Pour avancer, elle avait dû en trouver un, assurément. Et la place que cette demi-vérité avait prise en elle, ne cessait d’accroître de jour en jour. Elle résonnait en elle depuis le drame, et avait légitimé toutes ses entreprises les plus sanglantes. Elle n’avait pas soif du sang des innocents, mais de celui de ceux qui se prenaient pour la main droite de Dieu. Des gens comme Shunji et Maruo, des tueurs qui avaient décidé de prévaloir la mort à la vie au nom de l’oseille. Ils avaient fait d’elle l’esclave de sa haine, elle qui se déplaçait désormais dans son oublie du monde, incapable de se détourner du passé. Elle était à son tour aujourd’hui leur égal, animée de pulsions meurtrières qui l'avaient pour cause poussée elle-même à commettre des crimes à faire pâlir Dieu.

- L’homme que tu cherches s’appelle : Jin-pa-chi! Mitsumo! » À la façon d’un dramaturge, il se leva brusquement faisant tomber sa chaise au passage.

La voix criarde de Shunji vint extirper Ritsuko de ses pensées. Quelques attablés voisines se retournèrent pour le dévisager. Ravie de l’effet qu’il produisait dans la salle, il voulut voir s’il en était de même pour Ritsuko, mais en observant le visage de la jeune femme qui semblait s’être obscurcit, il n’y lu qu’un froid glacial. Sa posture aussi avait changé, elle s’était redressée sur sa chaise et il sentait émaner d'elle une intense aura meurtrière. Un mauvais pressentiment le parcourut. Il se rassis, épiant chaque gestuel de sa part. Pourtant, Ristuko n’avait par la suite pas bougé d’un cil et son sabre était demeuré dans son étui noir, appuyé contre la table. Cette observation le remit plus à l’aise, il crût en une fausse impression de sa part et reconcentra son intention sur le passé de la yakuza. Shunji, d’un geste de la main théâtral, lui fît signe d’avancer la théorie de sa survie. Il l’ignorait, mais elle avait pourtant bel et bien changé d’humeur. L’œil vif, un petit sourire narquois prit forme sur le coin de ses lèvres, mais elle ne tarda pas à le chasser.

- Je crois que s’il m’a laissée derrière, c’est qu’il avait besoin de quelqu’un pour le condamner un jour de ses crimes. Un homme comme Maruo doit bien avoir en lui quelques remords. Autrement, ce n’est qu’un autre sociopathe et la question ne se pose plus.

- Aaah, je vois. » Il demeura un instant pensif, se demandant s’il n'était pas lui-même habité de quelque remords. Il haussa les épaules pour lui-même. Il fallait croire que non. « Bon. Admettons que tu survives à cette belle réunion de famille, et ensuite ?

- Ensuite, je vais éradiquer les Boss des quatre familles et décimer ce qu’il restera des yakuzas.

Son regard s’était alors emplit d’une détermination qui se ralliait à la force de la conviction de ses propos. Shunji la regarda stupéfié, un instant pris de sérieux avant d’éclater de rire par l’absurdité de tels dires.

- Tu es rigolote en plus ma parole! Décimer le clan! Ha! Décimer les yakuzas, et puis quoi encore!

Elle était certes mignonne, mais n’avais pas toute sa tête. Du moins, c’est ce que se disait Shunji qui engloutissait à grands coups de glotte son sixième verre de saké. Puis, lorsqu’il déposa son verre sur la table, il le contempla longuement comme s’il réalisait après coup que pouvait se trouver devant lui l’objet le plus menaçant du monde. Il fût pris d’un doute qui se confirma lorsqu’il réalisa que Ritsuko n’avait pas une fois touché à son verre. La panique s’empara de lui et il sentit au même moment l’air lui manquer terriblement. Ses yeux se levèrent en direction de Ritsuko qui était restée assise confortablement et qui contemplait son agonie à venir. Son corps fût pris d’une violente convulsion. Il apporta instinctivement une main à sa gorge, d’où provenait la source de son mal. Son visage tourna au rouge et du sang se mit à s’échapper de ses orifices. Une femme à leur côté remarqua la scène horrifiée, se leva de sa chaise et poussa un cri strident. Alors que Shunji se contorsionnait de douleur sur sa chaise cherchant désespérément de l’air bien que cela était inutile, Ritsuko se leva solennelle.

- Considère cela comme déjà fait, Shunji. » Dit-elle dans un souffle.

Sur ces mots, il succomba et glissa de sa chaise inerte. Elle s’empara de l’étui accoté contre la table contenant sa précieuse lame, et sortit du bar Hana dont la frénésie et la panique s’étaient emparé. Maintenant qu’elle avait un nom, elle avait son homme. La suite ne serait pour elle qu’un jeu d’enfant.
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Maruo Takeda
alias Jinpachi Mitsumo

J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis poissonier / mercenaire yakuza à la retraite et je m'en sors confortablement. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


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Bien que tant de déchets et d'épaves aient été déversés là, suis-je vraiment un ravin ?
- Charles Juliet

Sa fille était née sans un cri, comme un contraste avec tous ces enfants qu'il avait fait hurler. Elle était petite, fripée, un peu prématurée, et d'un grand calme - Maruo ne l'avait pas aimée tout de suite parce qu'elle ne servait à rien, et plus tard il manquerait de haine pour l'aimer tout à fait. Mais il était attaché, ça oui, elle avait refermé ses petits doigts sur le sien et l'avait ramené sur la berge de l'équilibre.

Maruo n'était pas un monstre sans-coeur, il avait son intégrité. Certains yakuzas, par code d'honneur, refusaient de tuer femmes ou enfants. Pour lui c'était le contraire : il les tuait systématiquement par sympathie - pas d'orphelins ni de veuve éplorés, toute la famille disparaissait comme si elle n'avait jamais existé. Qu'avait donc fait Ritsuko pour qu'il la plonge dans des ténèbres vengeresses ? Et qu'avait fait Kumi pour qu'il lui offre sa lumière ? Rien, ni l'une ni l'autre. Maruo lui-même avait du mal à y voir clair.

*

La découpe des thons n'était pas un problème pour le retraité, toutes les chairs se ressemblaient si ce n'est que le nourrain dans son bac gelé saignait bien moins qu'un martyr syncopé par la mort. Avec agilité, Jinpachi glissait la lame entre sa main à plat et les bosquets d'arrêtes, vidait la nasse incomestible des intestins, détachait le rebond désirable des filets. On venait surtout pour le voir travailler et au passage on achetait son poisson - il avait un succès aussi franc que son repli. Lorsque ses avant-bras charmeurs étaient tout à fait gorgés de sang salé et que le fond des caisses plastiques était visible sous le givre fondu, il était à peu près l'heure de remballer le marché et d'aller chercher Kumi à la garderie.

*

"Des nouveaux papiers, toi ? On te cherche des noises ?"

Ils se trouvaient dans la cuisine du restaurant d'Hiroki bien longtemps après le service. On avait servi par vénération craintive et respectueuse tout un hors d'oeuvre de chirashis à Maruo qu'il ne touchait pas. Ne jamais manger seul à la table d'un confrère était une disposition immanquable des yakuzas qui n'étaient pas étrangers à la discrétion des poisons. C'était la première leçon qu'il avait apprise, puis enseignée.

"Personne ne me cherche des noises, souffla la vipère. Je prends ma retraite."

La femme d'Hiroki alors affairée à la plonge brisa sur-le-champ une assiette. Maruo Takeda quittant la scène illégale était une annonce de poids dont il donnait l'exclusivité totale à la famille restauratrice. Il y fût en réalité contraint, car Hiroki était faussaire et seul capable de lui façonner cette nouvelle identité.

"Donne-moi n'importe quel nom, ça ira très bien."

Maruo pensa à tuer toute la famille pour être certain qu'on ne le retrouve jamais plus, cependant, il n'arrivait pas à se décider à entamer une repentance par une énième tuerie - il ne fit que menacer Hiroki de le faire jugeant sa force de frappe suffisamment effroyable pour le tenir au silence. C'est ainsi qu'une seule âme au monde fût au courant de la nouvelle identité de Maruo. C'est ainsi qu'une seule âme au monde, faillible comme toutes les autres, échappa la nouvelle identité de Maruo.

On ne vint pas le chercher, car il se savait qu'il réserverait un accueil aiguisé à qui viendrait troubler son exil.
Jusqu'à ce que ...

*

Le soleil diminuait avalé par la mer, déployait la rougeur de ses rayons mourants à l'horizon, jaspait le grain du sable d'une bruine ambrée. Il fumait sur le chemin pour conjurer son odeur d'iode et de sueur, ce tribus du travail qui curieusement l'incommodait davantage que le fumet du sang. Ses tongs sonnaient le tempo de son pas expéditif tandis qu'il rejoignit la garderie, arrivant assez tard, attrapé au vol par un collègue qui lui proposa la fraîcheur d'une bière le déresponsabilisant un peu plus. Il allait entendre sa femme renauder comme chaque fois, mais comment pouvait-il prendre des horaires de garderie au sérieux après avoir joué 30 ans avec la vie d'autrui ?

C'est ainsi qu'à son arrivée, peu d'enfants restaient encore, dont sa fille qui fut accompagnée jusqu'à lui par l'ingénue responsable de la garderie. Plus jeune de dix ans que lui, elle portait une frange droite encadrant la malice de son regard que parfois il s'imaginait décoiffer avec immoralité. Mais cette fois, loin de flatter son charisme diverti, elle lui adressait un froncement d'arcade sévère qu'il tolérait mal.

"La prochaine fois, glissa-t-elle tendant la main de Kumi à son père, pensez à nous appeler si c'est quelqu'un d'autre qui doit venir la chercher. Cette jeune dame venait pour Kumi mais j'ai préféré vous attendre ..."

Allumé d'une attention instinctive, Maruo observa en direction de l'intruse en question dont il pressentait sans le savoir la menace.

Il la vit. Il la reconnue. Il la reconnaîtrait sans même la voir.

Ses raides cheveux geais glissaient symétriques et souples jusqu'à son dos, complimentaient la noirceur de sa tenue. De la finesse de son visage pointait une moue pulpeuse surplombée par la délicatesse d'un nez retroussé, mais surtout ses yeux transperçaient les rideaux fugaces de sa chevelure jusque droit dans le coeur du quadra. De toutes les personnes qu'il aurait aimé ne jamais recroiser, il était certain malgré lui d'en recroiser une - Ritsuko Takeshi. Il se sclérosa net.

"Papa ! Tu m'fais mal à la main !"

Appelé au réel par sa fille dont il écrasait les doigts fébriles, il desserra sa poigne, salua l'ondine de la garderie et pris le chemin du retour comme s'il n'était rien. Il se sentait excessivement fragile car il ne s'agissait pas seulement de lui et qu'il ne pouvait risquer l'esclandre de régler ce différend une fois pour toutes. Plus que tout, cette visite était une flèche en plein coeur envoyée depuis sa vie d'avant pour assassiner ce qu'il avait essayé de reconstruire. Une maison sur le sable. Sans fondation. Comme ce "Jinpachi" qui ne venait de nulle part pour n'aller que tout droit.

Kumi et son père furent rejoints par la jeune femme sur leur trajet. Maruo sauva les meubles de l'inondation.

"Kumi, dis bonjour à Ritsuko. C'est ma ... nièce."


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Ritsuko
Takeshi

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


Voyez ce papillon échappé du tombeau,
Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau.
(Jacques DELILLE, Trois règnes, VII)


Des premiers rayons de soleil qui émergeaient des nuées, se dessinait un pied-de-vent transcendant la mer calme et du silence de l’aurore nouvelle, s’échappait le ronronnement saccadé d’un petit bateau de pêcheur.

-   Vous disiez-donc, mam’zelle, que vous avez de la famille sur l’île ?

Ritsuko qui s’était appuyée contre le pavois du bateau pour observer la mer dans toute sa majesté, demeura un instant tout silence. En contraste à la quiétude que pouvait inspirer ce paysage et la placidité de son visage, elle sentit à ces mots surgir en elle des eaux troubles dont les vagues furieuses tentaient de percer la forteresse de son esprit.

-   On peut dire ça comme ça.

L’homme qui lui avait adressé la parole depuis le cockpit de son vieux rafiot, un marin et poissonnier qui faisait souvent le voyage entre l’île de Sado et la ville de Niigata, l’avait accepté à bord lorsqu’elle s’était présentée à lui. Il avait tout de suite senti l’intensité qui se dégageait de cette apparence, ce genre de créature rare que l’on croise qu’une fois dans l’existence. Pourtant, elle ne fut pas la première de ce genre qu’il rencontrait. Avant elle, il avait croisé la route d’un jeune homme de cette même nature qui cherchait à prendre racine loin du tumulte d’une ancienne vie et qui s’était tenu là où elle se trouvait à l’instant même, penché au-dessus de cette étendue bleue. Leurs regards étaient le même, il en était certain.

-   Drôle d’ironie la vie, n’est-ce pas ? » s'enquit-il auprès d’elle.
Ritsuko l’observa un court instant du coin de l’œil, mais ne répondit pas.

-   Certains d’entre nous auront la chance de naviguer peut-être une vie entière sur une mer tranquille. » L’homme observa devant lui les faisceaux lumineux du pied-de-vent qui s'étiraient dans le ciel comme d’une corde salvatrice lancée depuis les cieux. « Mais de ceux-là ne naissent pas les bons marins. Et au moindre vent qui se lève, ils sombrent dans une mer dont ils avaient la certitude de connaître.

Épiant du regard la jeune femme pour voir si elle était réceptive à ses propos et dont il ne voyait que le dos et les cheveux se plier au gré du vent, il concéda à son silence la permission d’aller plus loin.

-   Les marins… Les vrais marins, savent que la vie n’est pas une étendue d’eau docile. Pour avoir navigué parfois toute une vie dans des eaux tortueuses, ils oublient facilement que la tempête ne fait pas la mer. »

Ritsuko qui n’avait pourtant pas demandé à faire la conversation, demeura un instant songeuse sur ces propos. Les lèvres de la jeune femme s’étaient entrouvertes dans une tentative de souffler quelques mots qui ne prirent finalement jamais vie. Au loin s’étendait le rivage de l’île de Sado, dont Ritsuko allait bientôt chambouler la douce tranquillité.


*


Lorsqu’ils accostèrent, le soleil était à son zénith. Arrivé à bon port, Ritsuko avait remercié le pêcheur pour la traversée tranquille et s’était dirigée vers le petit village de l’île. Tout de noir vêtue, l’étui de son sabre reposant dans son dos, elle ne passa pas facilement inaperçu dans les petites rues rustiques et plusieurs passants s’étaient retournés sur son passage intrigués par cette silhouette inconnue. L’étrangère apportait avec elle un effluve nouveau qui inspirait la méfiance. Ignorant tout de son existence de faucheuse, ils ne lui portaient toutefois aucune crainte quant à la nature vers laquelle elle tendait vraiment, qu’elle en fût bonne ou mauvaise.


*


Ritsuko ne tarda pas à trouver la garderie dans laquelle devait se trouver la fille de Maruo. C’était la seule de l’île. Elle était entrée dans les lieux comme s’ils lui étaient familiers et avait traversée longuement les couloirs comme pour s’imprégner de cette douce atmosphère qui dans un passé lointain fut autrefois aussi la sienne. Elle s’arrêta devant l’embrasure d’une porte laissée ouverte, donnant vue sur une cour arrière dans laquelle jouait avec l’insouciance propre à l’enfance, plusieurs enfants. Elle se tourna vers eux, les yeux brillants d’une vive lueur, à la recherche de celui qu’elle recherchait. Est-ce qu’elle lui ressemblait ? Portait-elle ses traits ? À cet instant précis, un drôle de souvenir lui vint en tête. La scène prenait place dans son esprit tandis qu’elle entendait en elle raisonner sa propre voix de jeunesse dire avec insistance :

« Maruo, Maruo! Fais-moi un enfant. » Elle avait alors 15 ans et s’était assise sur lui en califourchon tandis qu’il tentait tant bien que mal de s’assoupir sous les branches d’un saule, un bouquin sur le visage. Un petit sourire narquois avait étiré le coin de ses lèvres en guise de réponse, ce qu’elle n’avait pas du tout aimé. D’un geste désinvolte, elle avait ôté l’ouvrage de ses yeux et l’avait jeté sur l’herbe. « Maruo, je ne plaisante pas. Fais-moi un enfant! » Demeurant les yeux clos, il ne répondit pas. Elle prit la chose pour une insulte. Était-elle si peu désirable ? Manquait-elle de féminité ? Comment pouvait-il être aussi insensible ? Se retrouver ainsi dans l’embarras du rejet, elle leva une main en l’air dans la volonté de lui asséner un coup qu’il contra avec facilité à seulement deux centimètres de son visage. Le poignet tremblant sous son emprise, il avait plongé ses yeux dans les siens d’une insensibilité froide qui la blessa davantage. « Si tu veux prendre cette voie, tu peux oublier de prendre racine. Devenir mère, oubli. Dormir sur tes deux oreilles, oubli aussi. À partir d’aujourd’hui, tu ne vis plus, tu survis. »

Un sourire amer dessina ses lèvres. « Et toi Maruo… tu m’avais caché ces racines. »

-   Est-ce que je peux vous aider ?
Une voix derrière Ritsuko s’éleva. Une femme de petite taille qui lui ressemblait en âge s’était pointé le bout du nez, l’air inquisitrice. Elle faisait bien de se méfier. Elle apprécia cette absence de naïveté chez elle.

-   Je pensais récupérer la fille de mon père, pour lui faire la surprise de ma visite. Elle ne m’attend pas. » Dit simplement Ritsuko à la femme devant elle qui l’observait avec attention.
-   Ah… et qui est-il ?
-   Jinpachi Mitsumo.
La femme parût un instant surprise, puis se mit à farfouiller dans un petit calepin qu’elle tenait dans ses mains.
-   Il ne m’a pas informé de votre présence. Je suis désolé…
-   Ce n’est pas grave, je vais l’attendre dehors dans ce cas.
Ritsuko lui adressa un de ces sourire à briser les murs de sa défiance et sortit dehors attendre Maruo à l’ombre d’un arbre. Il avait tardé à arriver et lorsqu’elle l’aperçut enfin et qu’il tourna la tête vers elle, il s’était empressé de tourner les talons, sa fille à la main. Elle ne tarda pas à les rejoindre et arrivé à leur hauteur elle entendit son ancien mentor adresser à sa fille :

« Kumi, dis bonjour à Ritsuko. C'est ma ... nièce. »

Ritsuko réprima un petit rire qu’elle étouffa de sa main droite délicate. Sa nièce ? Vraiment ? Elle joua le jeu, se pencha à la hauteur de l’enfant et arbora son sourire le plus tendre. À cet instant, rien ne pouvait permettre de déceler ne serait-ce que la moindre parcelle de noirceur sur son cœur. Même les scélérats étaient capables de la plus fallacieuse des tendresses.

- Ma chère petite Kumi, je suis très heureuse de te rencontrer enfin.

Dans un univers parallèle, elle l’aurait réellement été. Dans celui-ci, son visage d’ange lui faisait l’effet d’une claque. Elle était le portrait de son père. Ritsuko leva les yeux vers celui-ci en se redressant.

-   Ça fait un bail, Jinpachi. » lança-t-elle d’une hostilité retenue pour ne pas éveiller l’attention de l’enfant. « Je suis heureuse de voir que les choses vont bien pour toi.

Elle observa du coin de l’œil le visage de son mentor. Il n’avait pas changé, mis à part la présence de quelques mèches argentées et de traits tirés probablement pour cause ; ses toutes jeunes années en tant que père. Elle réprima une grimace, impassible. Ce rôle ne lui collait pas, il ne le méritait pas non plus. La contrariété de retrouver l’homme pour lequel elle tenait la plus haute estime, plié à une vie domestique banale. Ritsuko fronça le nez. Autre chose aussi, il dégageait une odeur de poisson insupportable.
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On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

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Ces petits moments de calme avant la tempête... ça me rappelle Beethoven.

Maruo prit sa fille dans ses bras pour l'enlarmer de sa protection, loin de ce sabre grand-si-grand agrippé aux épaules de Ritsuko et dont le jeune père se méfiait comme s'il était animé d'une volonté propre. Elle parvenait à le faire tressaillir parce qu'elle était devenue exactement son identique - elle avait le même âge que lui lorsqu'il était venu assassiner ses parents, enflée de cette même rage tannée par l'horreur, bouffie d'envie méprisante contenue sous une surface impassible et dont les profondeurs remuaient pourtant. Une machine à tuer - et il l'avait entraînée pour cela -, Ritsuko était à l'acmé de son art alors qu'il s'observait déjà décliner : fuiter son identité, laisser ce faisant sa fille sans surveillance, occulter ses sabres à la remise, il tentait désespérément de raccrocher ce manteau qui devenait trop lourd pour ses épaules. Il ne pouvait plus se permettre le luxe de discréditer la valeur de la vie alors qu'il en avait mise une au monde, et depuis se débattait pour être autre chose qu'un assassin. Ritsuko, elle, s'enorgueillissait encore d'y être la plus douée.

"Je ne m'attendais pas à ta visite, concéda-t-il sereinement."

Elle ne tenterait rien à l'instant, elle cherchait pour l'heure à attiser les braises d'une cendre incertaine, il le sentait. Il la connaissait encore sur le bout des cils - elle ferait durer assurément l'agonie qu'elle lui réservait, comme elle-même s'était vidée de son être des années durant. Mais il était prêt à ce que sonne l'accord de fin et voulait être sûr d'être celui derrière le clavier.

"J'espère qu'il n'y a pas eu de problème avec la famille."

Il faisait allusion à la mafia mais pesait ses mots pour que Kumi n'aille pas les baver à sa mère. Elle ne savait aucun détail de sa vie d'avant, ils avaient décidé de ne jamais en parler et il était tombé amoureux pour cette raison - elle n'avait pour lui ni haine ni peur. Les premières années du moins.

*

Elle chuta une nouvelle fois lourdement tandis qu'il la toisait goguenard. Les règles étaient simplissimes en cela qu'elles rendaient l'exercice exécrable : tous les coups sont permis pour le mettre à terre. Ritsuko enrageait férocement qu'il puisse s'amuser de sa haine, mais chaque fois qu'elle revenait à l'assaut tour à tour armée ou furtive, il trouvait un moyen de l'anticiper et de la désarmer dans des contorsions douloureusement faciles. Pour elle, c'était un échec perpétuel ; mais lui voyait d'expérience qu'elle progressait nourrie de sa frustration. Alors il la soumettait à nouveau et lui faisait mal pour qu'elle continue à le détester.

Elle ne prit jamais la fuite comme elle le faisait pourtant auprès de familles qui ne lui voulaient que du bien. Il avait beau vouloir la chasser, elle revenait à l'assaut, mielleuse et meurtrière, torturée d'ecchymoses et d'un deuil qui n'arrivait pas. Il feignait l'indifférence lorsqu'elle était sensible, lascive, désespérée et fière, mais aurait-il été réellement indifférent, il aurait achevé ce qu'il avait commencé cinq ans plus tôt. Ils finirent par vivoter ensemble dans la violence et la complicité et ce furent des années souples qui ne souffraient pas de la plaie du recul.

"Tu dois t'endurcir, lui assénait-il quand elle gémissait de douleur le bras comprimé dans le dos. C'est avec soi-même que l'on commence à être sans pitié."

Et elle parvenait à se dégager, à le mordre, ou à renflouer sa douleur au dedans - avec cette autre peut-être qui ne débrûlait pas. Maruo démolissait ce tendron qui le rendait fier d'être capable de mille fois se rebâtir sur ses ruines.

*

Il ne loupa pas son dédain. Les gens de leur race méprisaient ardemment la médiocrité - lui-même s'écœurait parfois de sa propre existence, nostalgique de cette époque démiurge où dégoulinait sur lui le nectar de son excellence. Sur le chemin où les traits de soleil tiraient ceux de leurs visages, il se para de la suffisance de son sourire pour ne pas perdre le bras de fer qui se jouait là. Provocateur, il l'estoqua d'une œillade mutine.

"J'imagine que j'aurais dû t'envoyer un faire-part de naissance. J'ai été occupé par ma reconversion professionnelle ces temps-ci."


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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



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Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance, la mort...
Jean-Christophe Grangé


Il y eut des cris, des supplices, puis le silence. Elle avait alors seize ans et le sabre qu’elle portait dans son dos touchait presque terre. Après l’entraînement venait la pratique. Une figure enfantine assassine qui ne manquait pas de surprendre, d’horrifier les yeux qu’elles fermaient définitivement. La voilà qu’elle était désormais condamnée à embrasser la nuit et les ténèbres à ses côtés. Et elle s’y était condamnée elle-même.

Tandis qu’elle s’aventurait dans l’allée de la petite demeure familiale dont la mort s’était faite l’invité, Ritsuko entendit à l’autre extrémité de la maison Maruo ouvrir et refermer silencieusement des portes. Ils avaient laissé leurs chaussures à l’entrée, marque de politesse que Maruo exécutait chaque fois comme d’un rituel sacré, et avaient remarqué à côté de deux paires de chaussures d’adultes celle aussi d’un enfant qui devait s’être caché quelque part dans la maison. Les assassinats qu’ils menaient au sein de foyers comme celui-ci la rebutait à chaque fois. Elle n’y avait jamais pris plaisir, mais s’appliquait dans l’exécution et prétendait l’indifférence lorsque Maruo se trouvait dans la même pièce qu’elle. Ces scènes lui faisaient chaque fois revivre son propre drame. Toutefois, sa hargne étant plus transcendante encore que son humanité, elle donnait la mort sans faire d’états d’âme pour permettre de faire vivre sa vengeance personnelle jusqu’au bout. Elle croyait fermement que pour dépasser un jour Maruo, elle n’avait d’autre choix que de suivre ses pas et elle suivait ainsi sans dire un mot. La cicatrice qu’elle portait devenait dans ces moments-là lourde à porter et lui provoquait une sensation de brûlure au niveau de la poitrine. Elle ne disait cependant pas un mot, prenait sur elle-même comme d’une pénitence pleinement méritée et apprenait à déjouer cet écho du passé. Alors qu’elle passait dans le couloir devant une chambre d’enfant, un bruit en provenance du placard n’échappa pas à ses oreilles. Elle alla y découvrir, recroquevillé sur lui-même, le gamin qui devait avoir pas plus de dix ans, les yeux larmoyants et le pantalon de pyjama mouillé. Il fut pris de terreur en la voyant et faillit échapper un cri que Ritsuko freina en portant un doigt à ses lèvres. Elle referma doucement la porte du placard derrière elle et alla rejoindre la pièce principale où gisaient les frais cadavres des parents, Maruo penché au-dessus d’eux.

« Alors ? » S’était enquis son mentor.
« Il n’y a personne d’autre ici. Le môme est peut-être chez les grands-parents.»
« Tu en es sûre ? » Maruo plongea son regard dans le sien pour la sonder, mais il l’avait déjà habitué à jouer la carte de l’insensibilité.
« Certaine. »

Maruo sortit le premier, elle, demeura là un instant à regarder ce portrait de famille qu’ils avaient baigné dans le sang. À présent, elle comprit qu’elle venait de relancer un cycle sans fin et qu’un jour quelqu’un, peut-être l’orphelin qu’ils avaient laissé, viendrait réclamer son dû, sa vie, peut-être plus. Pour cette raison, elle se jura devant leurs cadavres ne jamais se lier à qui que ce soit de sorte que le jour venu, elle n’aurait que sa vie à offrir. La voix de Maruo à l’entrée la rappela à l’ordre, elle se détourna des morts et referma la porte d’entrée de la demeure derrière elle.


*


- Je ne m'attendais pas à ta visite » avait-il lâché le plus calmement du monde.

Vraiment ? Elle avait du mal à le croire. Il devait bien se douter que leurs retrouvailles ne tarderaient pas à arriver. Ce n’était pas seulement une éventualité, c’était inévitable. Et les gens comme eux, ne pouvaient connaître de leur vivant la tranquillité d’une vie normale. Lui-même l’avait mise en garde de cette vie parsemée de non-retours. C’était leur fardeau, le prix à payer pour le prix du sang.


- J'espère qu'il n'y a pas eu de problème avec la famille.
- Pas pour l’instant, non. Elle ne sait pas que je suis ici. » Elle jeta quelques coups d’œil furtif à son ancien mentor au travers de deux mèches de cheveux qui lui tombaient sur ses yeux. « J’espère pour la tienne que tu es ouvert au dialogue, Jinpachi. Tu te doutes bien que je n’ai pas fait tout ce chemin pour parler du beau temps.

D’un geste soudain, elle releva ses cheveux qu’elle attacha en un chignon négligé. La chaleur était insupportable. Pour une fille de la ville, elle n’avait pas daigné s’habiller en conséquence de la température de l’île, ni en civil. Mais ce geste qui tendait plus à se rapprocher de son sabre que de dégager les cheveux de son visage, elle l’avait fait pour le simple plaisir de voir tressaillir son ancien mentor au moindre de ses gestes. Elle jouissait de voir à l’instant même que Maruo, dans ses bras, avait désormais tout à perdre. Elle s’en sentit que plus puissante. Toutefois, elle savait que cela faisait aussi de lui l’homme le plus dangereux du monde.

- J'imagine que j'aurais dû t'envoyer un faire-part de naissance. J'ai été occupé par ma reconversion professionnelle ces temps-ci.
- Oui, j’ai pu sentir. » Répondit-elle faisant allusion à l’odeur de mer mêlée à celle d’entrailles de poissons. « Tu dois exceller dans ton domaine.

Si Ritsuko n’était pas très volubile c’est qu’elle se retenait de cracher sa bile devant l’enfant. Pourtant, la petite jouait pour beaucoup sur le mince fil de la stabilité de son esprit. C’était là pour elle, d’une ironie cruelle que de voir l’assassin de sa famille tenir dans ses bras une petite qui était de quelques années seulement plus jeune qu’elle ne l’était le jour où Maruo lui avait coché la poitrine de ses lames souillées du sang de ses parents. Ironie détestable et amère, dont elle refoulait la brûlure sous les traits d’un visage lumineux et doux. Ses yeux cependant, crachaient des flammes à travers la fenêtre de son âme. Heureusement pour lui, aujourd’hui n’était pas le jour de son jugement. Ritsuko accorderait à ce Jinpachi, quelques instants de répit. Enfin, bien sûr, s’il parvenait à fermer l’œil durant les prochaines nuits. Elle s’obstina à les suivre jusqu’au chemin du retour, et ce n’est seulement lorsqu’elle aperçut la demeure au loin qu’elle s’arrêta et les laissa pour l’heure.

-   À plus tard, Jinpachi. » avait-elle dit avant de se retourner et prendre direction dans le chemin opposé.
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Maruo Takeda
alias Jinpachi Mitsumo

J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis poissonier / mercenaire yakuza à la retraite et je m'en sors confortablement. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"Ce sont les larmes du requin qui font le sel de la mer." - Till Lindemann

Les raies luminescentes de la ville pénétraient la chambrée hallucinées. Ils avaient voyagé, ou brinquebalé plutôt, pour un contrat simple - toujours le même : rembourser au prix de la vie les dettes perdues de malfrats saignés par la monopolisation de la pègre. On envoyait Maruo en dernier recours, lorsque les menaces et les tortures ne suffisaient pas à faire apparaître les sommes manquantes et surtout dans les cas où la cible était difficilement prenable. Pour le mercenaire, tout semblait d'une simplicité perfide qui faisait passer le meurtre pour un emploi de bureau. Parfaitement rôdé. Parfaitement rôdeur.

La révolte des Yamaken-gumi, dans laquelle le père de Ritsuko avait été mêlé, semait davantage encore le déséquilibre dans l'ombrée des yakuzas. Maruo en saignant les poitrails des irrespectueux faisait office de purgatoire - et toujours sévère, il infligeait la peine capitale ; là où ses contrats ne condamnaient que les truands, il allait déraciner les arbres jusque dans le foyer familial. Que de racines d'affreux ne poussent pas de buissons vengeurs, comme Ritsuko qui dormait là dans la chambre d'hôtel.

C'était la première fois qu'il l'emmenait dans ses missions personnelles et il la voulait bien reposée pour être certain qu'elle ferait ce qu'il faut. Peut-être la laisserait-il tuer pour la première fois. La hâte de retourner les enseignements de Maruo contre lui un jour l'avait faite progresser follement et elle était prête à tout pour un pas de plus vers le jour où elle l'éventrerai sur le parvis de sa décadence. Cette idée, étrangement, rassurait le trentenaire - parfois parce qu'il avait la conviction que ça n'arriverait jamais, parfois parce qu'il était persuadé qu'il en serait ainsi. Être assuré de ne mourir jamais ou de mourir un jour - et de savoir comment - lui étaient pareillement reposant.

Reposée en effet abattue sur le lit, emmitouflée d'un t-shirt d'homme qui appartenait à son mentor, Ritsuko dormait dans l'opacité d'un sommeil adolescent. Elle avait ceci encore d'enfant, cette inconstance d'énergie, de larmes, de sourires puis un coup derrière les paupières qui l'envoyait aux songes dès qu'elle fermait les yeux. Maruo faisait le guet, sentinelle malgré lui de la tranquillité de cette âme fraîche toujours prédatée par les cauchemars. Du col trop large qui couvrait mal ses épaules, il entr'apercevait la cicatrice en croix ayant grandi avec elle - il la dévisagea savamment. C'était la première fois qu'il revoyait sa trace. Une tranchée boursouflée de tissus cicatriciels agglutinés dans la panique et sur laquelle il posa le doigt pour en apprécier le relief. Un semblant de remord pinça le coeur du mercenaire - de toute la soie de cette peau blanche, sa croix entachait le tableau comme elle avait dévasté une vie.

Ritsuko, éveillée par l'insistance de son regard, leva vers lui un silence de mort pris dans l'embuée de ses yeux. Le même que celui qui l'empêcha de la tuer plus de cinq ans auparavant. Elle avait jeté la première poignée de terreau sur l'aridité infinie de sa terre, et sur laquelle plus tard pousserait quelconque tortueux ancrage.

*

"Mon amour ! Je suis enceinte !"

Elle était nue toute enroulée autour de lui, avait attendu qu'il vienne péniblement s'allonger à ses côtés pour lui en faire ce cadeau. Par la lumière chimérique de la lune qui tapait son visage, il pouvait voir toute l'émotion, beaucoup de larmes et un sourire difforme. Il la trouva douce et laide de ce bonheur qu'il avait des difficultés à partager. Maruo était toujours un meurtrier à ce moment, l'enfant n'était pas prémédité, et son établissement avec quelqu'un encore moins. Il la dévisagea, circonspect de l'idée qu'un arbre sans racine ai pu donner des fruits.

Matsumoto était quant à elle une prostituée, mais c'était bien une union d'amour qui les unissait - ou en tous cas, pas pécunière. Elle l'aimait. Lui ... difficile à dire, il aimait en tous cas l'image qu'elle lui renvoyait de lui-même. Ils étaient l'un pour l'autre cet écrin de retour éternel dans l'océan débridé de leurs activités dont ils ne se parlaient pas, et tout ce vague-à-l'âme profitait du même temps aux affaires : le propriétaire de la maison de passe où oeuvrait et logeait Matsumoto était également un bon intermédiaire de contrats pour Maruo. Leur relation convenait donc aux morsures de la solitude comme aux fringales d'indépendance, et ils étaient dans un état assez proche du bonheur. Le yakuza fit-il semblant de ne pas noter la réjouissance de son ingénue.

"Il est de moi ?"

Elle se recula d'un air de dégoût. "Evidemment, salaud." Muré de silence, Maruo avait quitté les draps, se rhabillant comme pour fuir.

"Je te donnerai l'argent qu'il te faut, que tu le gardes ou non." La moue percutée de souffrance de Matsumoto parvint à troubler le jeune homme, mais pas à le faire rester. Elle se retint mal de sangloter alors qu'il harnachait ses sabres à ses hanches. "Réfléchis enfin ! J'vais quand même pas élever un gosse dans ma chambre de pute ... T'as pas envie de servir à quelque chose de bien, dans ta vie ? Que tu m'aimes ou pas, on s'en fout, pour une fois il s'agit pas de toi !" Quoique déshabillée par tout Shinjuku, la jeune femme nourrissait les rêves les plus simples. Le petit lotissement et un travail de jour. La gamine avec un noeud rose, et un chien à oreilles droites couleur crème.

Maruo quitta la vie de sa doucereuse prostituée pour quelques mois. Mais il ne se détachait pas cette idée de la tête, et la figure douloureuse du rayon de miel de ses nuits se superposait à celle de Ritsuko à l'hôtel. Une cicatrice béante au fond de l'âme. Il reparut au bordel penaud, faisant le meilleur choix, celui de se racheter enfin. Et elle l'enserra comme s'il avait toujours été là avec son ventre-ballon.

*

Debout sur le cadavre de ses parents, il se voyait debout sur le reste du monde. Maruo avait douze ans et avait mis fin à toute sa famille. Il récupéra le sabre de son père, puis celui de sa mère, et la vipère à deux têtes était née sur les tripes de ses propres géniteurs.

*

Crispé sur sa fille, il laissa repartir la mante sur le chemin, lui répondant sans s'adresser à elle mais pour lui-même : "J'excelle dans tous les domaines ..."


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 15 ans et je vis là où ses contrats le mène, entre les foyers d'accueil et des foyers faits de cercueils. Dans la vie, je suis le poulain de la vipère à deux têtes et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mes hormones, je suis amoureuse de l'assassin de mes parents et je le vis plutôt mal.


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« Elle est là, devant lui à lui appartenir. Il en frissonne d’abord, il sent survenir en lui quelques-uns de ses troubles passés, puis considère l’objet qui émeut ses regards de façon à trouver une raison de s’en détourner. Il la rejette foncièrement pour ne plus avoir à convoiter l'objet de sa hantise. Il ne se doute pas un instant l'avoir offensée, et pourtant, le voila qu'il expire son tout dernier soupir. »

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Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


Flower of Carnage - Shura No Hana

Ils s’étaient loué une chambre à l’hôtel où séjourner durant deux jours. Le premier pour faire un repérage des lieux. Le deuxième était celui de l’embuscade.

*

Sentant le regard de Maruo peser sur elle, Ritsuko finit par se réveiller de son profond sommeil. Elle rehaussa nonchalamment la manche du t-shirt qu'elle lui avait piqué et qui lui servait de robe de nuit, pour faire disparaître de sa vue la cicatrice. Puis, roula sur le ventre et se pencha vers l’avant pour sous-titrer de sous le lit un petit sac de sport dans lequel Ritsuko y retira son uniforme d’écolière. Elle se leva et se dirigea encore toute endormie vers la salle de bain pour s’y changer. Elle en ressortit vêtu de l’uniforme marin, le col noué d’un nœud rouge comme celui de ses lèvres qu’elle s’était dessinée de vermeil et où dépassait en coin de sa bouche une bavure rosâtre.

Ritsuko était une adolescente impétueuse et tout ce qui sortait de sa bouche rose semblait chaque fois être pure provocation, outrage, affront envers le monde entier. Derrière ces traits lumineux se cachait une terrible et irrémédiable noirceur que la déchirante pureté de son visage ne permettait de déceler au premier regard. Et c’était de cette carte que ce soir, elle allait jouer. Il y avait quelque chose de saillant chez elle, que cette chose fût sur son visage ou dans son visage, des traits qui semblaient irrémédiablement présager un destin tragique.

Fière de son tout premier stratagème, elle exposa son costume à Maruo comme pour le faire réaliser de l’ingéniosité de son plan. Celui-ci était simple. Ritsuko se chargeait d’attirer dans la chambre voisine le désormais richissime Noriko (則子 en kanjis) et dont l’ironie du nom contredisait sa faute. « Enfant de la loi » que celui-ci signifiait alors que son porteur se pensait au-dessus de celles du clan et devait pour cause aujourd’hui payer pour sa malversation. Par souci de sécurité de son poulain, Maruo avait au préalable glissé un wakizashi sous le lit de la chambre 202 où ils allaient acculer la cible. De son côté, Maruo les attendrait caché dans la salle de bain et ferait son apparition lorsque la cible serait seule avec Ristuko. L’adolescente espérait vivement qu’il s’agirait là de son tout premier assassinat. Elle frétillait sur place, ne manquant pas d’exprimer une excitation décontenancée.
⁃ Ce porc ne verra rien arriver! Mes yeux vont être la dernière chose qu’il verra… » Elle observa Maruo qui se tenait non loin d’elle. Elle espérait que celui-ci acquiesce à ses propos souhaitant que l’entreprise soit l’occasion pour elle de mettre en pratique tout ce qu’elle avait appris jusqu’ici. « Enfin, je l’espère. » elle observa dans le miroir les pans de sa jupe friser sous le balancement de ses hanches.
- Et dans le meilleur des cas … Tu seras débarrassé de moi. » avait-elle dit avec sarcasme, espérant secrètement que ce ne soit pas le cas.

*

Ritsuko avait dû faire des pieds et des mains pour qu’il accepte son plan. Cela l’avait laissé au départ dubitatif. De toutes ses missions, Maruo se contentait de repérer la cible et de lui porter le coup fatal, où qu’elle soit. Ritsuko trouvait cela dommage de ne pas donner de sens à la mort qu’il livrait et voulait s’assurer de son côté, renvoyer l’ironie du sort à ces vies misérables qui de la main de la vipère à deux têtes périssaient dans l’ignorance. Elle, souhaitait faire durer l’agonie. Le jour venu, se complaire à se faire l’ange vengeur de leur dernière heure. De ce que Maruo lui avait dit, la cible était un yakuza qui s’était enrichi par le détournement de drogue appartenant au clan, pour en faire la revente de son côté et bénéficier grassement pour lui seul des profits. Il séjournait fréquemment au dernier étage de l’hôtel où Maruo et Ritsuko se trouvaient. Maruo s’était suffi de ces informations à son sujet, il ne lui en fallait ni plus, ni moins. Ritsuko avait de son côté mené ses recherches dans l’intention d’impressionner son mentor et était allée jusqu’à faire du profilage plutôt que d’aller en cours pour recueillir la moindre information utile, la moindre faiblesse de la cible. Et ce qu’elle avait trouvée en le suivant jusqu’à l’hôtel l’avait autant écœuré que réjouit. Noriko était pédophile.

*

Tout se déroula comme prévu, à l’exception près que Noriko refusa la chambre 202 de ses “prétendus parents” absents et l’emmena plutôt dans ses appartements privés au dernier étage de l’hôtel. Ritsuko avait haussé les épaules avec l’indifférence simulée de s’abandonner au danger. Bien qu’une peur instinctive grondât dans le creux de son ventre à cet imprévu. Elle continua de jouer le jeu, espérant que Maruo ne tarderait pas à s’apercevoir de leur retard.

Lorsqu’ils entrèrent dans la suite, deux hommes armés en costume s’y trouvaient déjà. Noriko d’un signe de la tête, leur fît signe de sortir. Lorsque la porte se referma derrière eux, le yakuza se dirigea vers une table basse sur laquelle se trouvait à dispositions plusieurs bouteilles d’alcool et se retourna vers Ritsuko, deux verres en main.
⁃  Tu bois ? »
Elle fît signe que non de la tête. Il apprécia sa réponse. Il s’inquiétait qu’elle ne soit trop précoce ayant remarqué plus tôt, le rouge à ses lèvres. Il se servit à lui-même un verre de gnôle avant de se retourner vers Ritsuko qui était restée immobile à l’entrée.
⁃  N’aie pas peur, approche. Comment tu t’appelles ?
⁃  Ritsuko.» L’adolescente s’avança, mais garda ses distances.
⁃  Quel joli nom pour une jolie fleur… Ritsuko, tu semblais beaucoup plus brave tout à l’heure, qu’est-ce qui s’est passé ? »
Ritsuko peinait à se l’expliquer elle même. Pourtant, elle se savait capable de se défendre suffisamment bien pour pouvoir tenir tête même à un homme de sa stature. Peut-être était-ce le fait que Maruo n’était pas là pour assurer ses arrières ? Ou peut-être était-ce le sentiment désagréable que lui provoquait son regard de vautour posé sur elle et qui lui donnait l'impression malgré elle d'être une proie. Elle avait pourtant la conviction qu'elle n'était pas comme les autres filles qu'il avait amené ici. Qu'elle était différente du commun des mortels et que c'était la raison pour laquelle Maruo l’avait entraînée, pour cet instant précis. Pour renverser cette loi naturelle, du loup et de l'agneau, de la proie dont le chasseur est persuadé de l’innocence jusqu'à ce que le fusil ne se retourne contre lui. Elle finit par se convaincre que le prédateur ce n’était pas lui, mais elle. Seulement, il ne le savait pas encore. Elle s’avança vers lui avec une assurance nouvelle. Ritsuko savait se transformer aisément en ce que l’on désirait voir d’elle, mais il y avait toujours cette lueur d’hilarité dans le creux de son iris, quoique cette fois-là, elle fût remplacée par une peur voilée. Elle voulut porter une main sur sa veste avec toute la sensualité maladroite d’une gamine de son âge, mais il l’arrêta net dans son geste en lui empoignant le poignet.
-   Allons Ritsuko, tu n’es pas une catin, n’est-ce pas ? Tu n’as pas à jouer les grandes. »
La jeune fille en demeura effarée, mais rien comparé à la suite. Noriko apporta une main au niveau de sa poitrine pour lui arracher avec animosité le haut de son uniforme offrant pour vue au travers de son sous-vêtement la cicatrice en forme de x qui laissa l’homme un instant perplexe. Il voulut la caresser d’un doigt trop curieux, mais Ritsuko recula.
- Et cette fleur a déjà perdu quelques pétales… Magnifique. » Tenant fermement le poignet de Ritsuko d’une main, de l’autre, il porta à ses lèvres son verre de gnôle. Ritsuko profita de cet instant pour observer la pièce de fond en comble, n’y trouvant rien d’autre pour se défendre que le verre qu’il venait de reposer. Elle pourrait toujours tenter de lui fracasser le crâne avec, mais elle doutait que cela ne suffirait. Du moins, elle n’avait pas le choix, il lui fallait tenter le tout pour le tout, elle savait qu'il n'était qu'une question de temps avant qu'il ne décide de passer à l'acte. Un instant passa où ils échangèrent un regard durant lequel leurs yeux s’étaient toisés farouchement. Puis d’un élan soudain, Ritsuko se jeta sur le verre. Mais sentant la poigne de Noriko se resserrer avec force sur son poignet qui lui arracha un râle de douleur, elle fit tomber celui-ci au sol qui éclata en mille morceaux. L’homme la traîna alors jusqu’au lit d’une pièce voisine et la balança avec force sur celui-ci. Les yeux de Ritsuko s'incendièrent de colère. Elle voulut se relever mais le corps de Noriko vint la plaquer contre le matelas. Elle grogna comme un animal et se débattit avec fougue vainement, l’homme l’écrasait de tout son poids et prenait plaisir de sa résistance. Elle finit par parvenir à lui lacérer le visage de ses ongles, ce que Noriko amusé, répondit en lui attrapant les poignets avec violence qu’il plaqua d’une main ferme au-dessus de sa tête tandis qu’il baissait déjà son pantalon.
- Shhhh, détends-toi Ritsuko. Tu me remerciera plus tard.
Ritsuko se mit à lui hurler avec rage une vague déferlante d’insultes en se tortillant dans tous les sens. Il lui mit une main sur sa bouche pour la faire taire, puis lorsqu’il pencha la tête sur elle pour humer l'odeur de sa peau remontant jusqu'à son cou, Ritsuko profita de cette proximité pour planter ses dents au niveau de la carotide et arracher un morceau de chair qui fît empressement redresser l’homme de douleur. Elle parvint alors à libérer une jambe et lui asséner un coup de pied au visage sous lequel l’homme vacilla par en arrière. Ritsuko se retourna sur elle-même pour se dégager de son emprise et c’est alors qu’elle remarqua au-dessus du lit que se trouvait accroché là, un sabre japonais reposant dans son fourreau d’un bois couleur ébène. Elle ne put s’empêcher de remarquer la magnificence de l’objet qui lui apparaissait comme un coup de la providence. Le tsuba était décoré de fleurs de cerisier et le kozuka, ficelé au fourreau, était arboré d’un dragon doré. Ritsuko se leva sur le lit, chancelante, et porta avec empressement une main sur l’arme qui faisait office de décoration. Au moment où elle serra sa poigne sur le fourreau, Noriko, le regard assassin, attrapa sa jambe, la tira furieusement vers lui et lui asséna un violent coup de poing à la tête. Elle retomba lourdement sur le matelas quelque peu assommée, serrant le sabre de sa main droite de toutes ses forces, sachant sa vie en dépendre. Dans un élan de chance, très certainement, elle parvient dans la pèle mêle de leur furieuse bagarre à retirer suffisamment la lame de son fourreau pour entailler la poitrine de l’homme qui se recula alors instinctivement. Le temps qu’il prît pour constater qu’il ne s’agissait là que d’une coupure légère, elle profita de cette erreur de sa part pour retirer entièrement la lame de son fourreau et la planter dans sa poitrine. Elle aurait pu se suffire de ce coup voyant qu’elle avait agilement planté la lame sur un point vital de son buste, mais la colère noire mêlée à la honte de ce qu’il avait souhaité lui faire subir lui fit descendre la lame jusqu’au nombril en hurlant de rage. L’homme hurla avec elle tandis que se déversait sur Ritsuko le sang et les entrailles de Noriko. Juste avant que le corps ne lui retombe dessus, elle se roula sur le côté du lit, haletante et tremblante. Ses cheveux étaient poisseux du sang de l’homme qu’elle venait de tuer, ainsi que la sclère de son œil droit qui en était entaché. Ritsuko n’eut pas le temps de reprendre ses esprits que la porte de la suite s’ouvrit avec fracas. Les deux hommes de main de Noriko qui devaient avoir été alertés par les cris se précipitèrent dans la chambre. En découvrant le cadavre de leur boss traversé par la lame d’un katana et la gamine assise sur le lit couverte de son sang, ils dégainèrent l’artillerie. D’un œil vif, toujours réactive malgré le choc traumatique qu’elle avait sous-estimé, Ritsuko se protégea en s’étendant au niveau du cadavre dont elle tira un bras pour s’en recouvrir comme d’un bouclier. Elle sentit sous le tremblement du corps, plusieurs balles tirées en rafales se planter dans le dos de Noriko. Repliée sur elle-même, la moue furieuse entre l’embarras de ce premier échec de sa courte carrière et la peur de mourir sans avoir pu accomplir sa vengeance, elle se mit à pleurer doucement et regretter son plan stupide. Elle s’imaginait Maruo se pencher au-dessus de son cadavre et hausser les épaules avec cette indifférence qui lui était propre et qui la jetait à chaque fois dans une affliction intolérable, puis repartir comme si elle n’avait jamais existé. Comme si, cinq ans plus tôt, il ne l’avait jamais épargné.
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