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 Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras

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Jo'
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Maruo Takeda
J'ai 31 ans et je vis à l'ombre, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire et je m'en sors avec brio. Sinon, grâce à mon indifférence, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 138490

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation.
Ce jour, elle est en danger.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


? :copyright:

Toc toc.

Le pressentiment lui rampait dans le dos comme une couleuvre et le tendait depuis leur repérage. Il avait mis son malaise sur le fait qu'il sortait de sa zone de confort en laissant Ritsuko organiser l'assassinat : elle avait manigancé une entourloupe honnête pour son âge, mais qui ressemblait trop dans le style à celles des toutous organisés de la mafia, dont Maruo tenait absolument à se démarquer. L'adolescente n'avait pas l'assurance assassine qu'il portait sur lui, elle voyait encore la mort comme quelque chose, alors que pour le mercenaire, l'assassinat était par principe la cessation de quelque chose, autrement dit rien, et ne méritait donc rien - pas un rituel, pas un sens, pas une mise en scène. Pédagogie ou désengagement, qui sait, il avait cédé et l'avait laissée nonobstant faire ses petites enquêtes et apprêter le scénario de son premier meurtre. De toutes manières, il serait là pour cocher la cible comme il avait signé son contrat et n'avait pas prévu de verser un centime de sa paie à la jeune fille. Lui-même ne le faisait pas tant pour l'argent, car ceux qui sont avides perdent vite leur libre-arbitre. Et il ne voulait pas que Ritsuko tourne comme ceux-là.

Ils avaient ensemble mis toutes leurs chances du côté de la jeune fille : elle était paraît-il bien renseignée, ils avaient piégé le couchage, Maruo se tiendrait prêt à frapper l'ordure en plein bide. L'homme ne réalisait pas que son anxiété tacite était une agitation de son instinct. Toujours solitaire et préparé, il n'était d'ailleurs pas inquiet pour lui, et ne voulant pas admettre qu'il était inquiet pour son ado la bouche tartinée de provocation, il décréta en lui-même qu'il était forcément serein. Et d'ailleurs, tout était beaucoup trop calme.

*

Ils mettaient un temps fou à arriver dans cette chambre et Maruo patientant dans la salle d'eau enflait d'un enragement contenu. Il comprit ce qui était en train de se jouer comme d'une évidence  tardive en entendant la porte s'ouvrir sur des pas étouffés qui n'étaient pas ceux de Ritsuko : le guet-apens se retournait contre eux, la jeune - dont il se savait de plus en plus qu'elle était entraînée par Maruo - avait probablement été repérée dans ses espionnages. L'hôtel devait ainsi être la trappe se refermant sur la vipère à deux têtes, et Nariko, le grand plus grand braconnier du Japon. Taclé dans son égo, sachant Ritsuko en proie, l'assassin n'attendit pas pour prendre les choses en mains et se promettre de ne jamais plus travailler avec qui que ce soit.

Il ouvrit la porte de la salle de bains mais jeta sa veste à travers l'interstice au lieu d'en sortir. L'homme discrètement entré plus tôt, pensant voir le mercenaire, vida tout son chargeur. Néanmoins au moment de recharger, la vipère en profita pour fondre dans la pièce et sectionner d'un coup de sabre facile le bras qui tenait l'arme. Sans ménagement, il laissa le sous-fifre hurler et canarda vers le couloir avec l'automatique ainsi récupéré au sol - il savait que pour l'arrêter, on avait dû embaucher un sacré dispositif qui probablement l'attendait au dehors. Il fit mouche puisque de l'autre côté de la porte et des murs trop fins, il entendit agoniser. Il bloqua un instant l'entrée avec une chaise pour qu'on ne le dérange pas trop vite, et s'accroupit au chevet de celui qu'il venait d'infirmer et qui rampait la mélasse de sa terreur sur son séant au sol. Il le plaqua violemment la gorge entre ses doigts et lui fit l'honneur de lui faire entendre sa voix.
"Où est Nariko ?"

L'inconscient ne répondit pas de suite, c'est donc avec autorité que Maruo se saisit de son entre-jambes, le faisant tressaillir. "Si tu me fais répéter la question, je les explose et je te les fais bouffer." Le regard de la vipère, dont la patience du ton contrastait, ne laissait pas un doute quant à son sérieux - aussi le yakuza bégaya sa réponse. "D-d-d-dans la s-suite ! Dernier étage ... Ne me tuez pas ... !" Sa plainte s'acheva par un sanglot qui ne l'arrêta pas. "Je peux vous aider ! Je peux vous dire par où passer, ils ont posté une bonne quinzaine de gars pour vous tuer !"

D'un grand calme, Maruo lâcha les bijoux de famille du traître, mais ne lui laissa pas le temps de se détendre pour couper sa tête. Celle-ci roula d'une expression offusquée sous le regard méprisant de l'assassin, qui, se passant bien volontiers de l'aide d'un tiers, décida de ne même pas le cocher au poitrail. D'un coup de pied, il éjecta la protection de la chaise adossée à la poignée de porte et constata que dans le couloir il avait déjà fais trois morts de plus par balles.

La sortie de l'hôtel, les cages d'escalier, l'ascenseur et la porte de la suite. Il savait que tels étaient les endroits où on l'attendait arme au poing. Maruo était en effet coutumier de ce genre de contrats où il pénétrait des maisons de passe, des bureaux, des temples même parfois pour en tuer le chef d'opération. Il décida de s'amuser un peu en récupérant à la ceinture d'un cadavre du couloir le talkie de la sécurité mafieuse. "Je viens de sortir de la chambre, je me dirige vers la suite tout en haut, qui m'aime me suive !" Il se fit rire lui-même puis, rejetant l'appareil au sol, se dirigea vers l'ascenseur.

*

Le stratagème était d'une bonhomie sans nom mais prenait racine sur le mucus terrifiant que sa simple réputation insufflait. Il appela l'ascenseur, sachant que les yakuzas l'attendant dans la cage d'escaliers le rejoindraient par l'arrière pour l'acculer, alertés par ceux présents dans la cabine de l'élévateur alors mis en mouvement. De là, il lui suffisait de s'éclipser assez vite. Accroupis à l'ombre d'un présentoir à prospectus, il était aux premières loges pour voir les mafieux dans l'ascenseur tirer à l'aveugle, à la hâte de leur épouvante, sur ceux alors devant l'ascenseur. Lorsqu'ils s'en rendirent compte et sortirent contempler leur erreur, Maruo n'eut qu'à les saigner avec l'efficacité que lui permettent ses deux katas.

Par la perméabilité des couloirs, il entendit l'écho du hurlement de Ritsuko. Soudain, il ne s'agissait plus d'une promenade de santé et la vipère devint très sérieuse.

*

Avant d'arriver à son étage, le mercenaire força la grille d'évacuation au plafond de la cabine et se percha sur son toit. A nouveau, il suffisait qu'il sème le doute pour avoir le dessus. Ne le voyant pas présent dans l'appareil, et forts de l'erreur précipitée de leurs collègues, les yakuzas entrèrent avec précaution calme cette-fois ci. Maruo en profita pour fondre sur eux et ne leur laissa aucune chance.

Il arriva à temps devant la suite pour interrompre les feux nourris des deux derniers hommes de Nariko, embauchés spécialement pour l'occasion, pour ce traquenard du siècle qui devait voir mourir les deux têtes de la vipère, pour cette infamie truquée dont les petites unions mafieuses ont le secret. Pour ce manque de droiture, pour ce manque de courage, pour cette vilénie du coup fourré, Maruo détestait les familles yakuza. Et parce qu'elles rendent aussi fourbe qu'elles dépossèdent d'efficacité, il avait tenté de décourager Ritsuko d'employer leurs méthodes. Il aurait dû prévoir qu'un baron du détournement saurait anticiper sur une apprentie assassine, et il aurait dû s'obstiner, ou peut-être lui venir en aide.

En voulait-il à Ritsuko, ou à lui-même en réalité ?

*

Je les saigne dans le dos, pas le temps. J'entre. Du sang plein les draps, je repère immédiatement que les sabres décoratifs sont délogés. Je le repère d'ailleurs avant même de voir le corps de Nariko gisant balourd sur le lit. Ritusko, putain. Je tire le porc par son futal mal fagoté et ouvert, il roule et s'écrase au sol où est sa place. Ritsuko est sous lui, elle lève à travers le rideau de sang des yeux hagards.

J'explose. Je l'attrape par les cheveux pour la lever comme une poupée de chiffon, je la plaque au mur pour qu'elle comprenne. La brutalité est à hauteur de ma colère, mais c'est moi qu'elle fait souffrir. Je l'astreint contre la jolie tapisserie de la suite, je l'astreins pour qu'elle soit sans détour au sens propre et figuré. La voix qui rugit entre mes dents n'est pas assourdissante, mais violente, et ne me ressemble pas.

"Tu vois où ça te mène tes putains de plans foireux ?!"

Nos fronts se touchent presque tant j'ai envie de pénétrer ses yeux pour la violenter de l'intérieur.

"T'aurais pu t'faire tuer, demeurée ! Mille fois ! Ca t'aurait fait les pieds, hein, de mourir ... ?"

Je me suspend soudain dans cette phrase qui devient pernicieuse, la libère, la considère avec effarement pour moi-même. Elle attend de mourir depuis 2005, la guivre. Je réalise. C'est l'idée de sa mort qui me mets dans cet état.

"Et moi j'suis où ?! Assis sur un chiotte à attendre que ton super plan s'passe comme prévu !"

Je soupire. Nariko est mort. Ritsuko est vivante. Les résultats sont là mais je n'aime pas ce qui ronfle en moi. Une inspiration, je reprends mon indifférence comme si je n'avais jamais ouvert la bouche.

"Bonne réaction à l'imprévu, Ritsuko. On a tué notre homme, le contrat est tenu - tu peux être fière de ça. Allez viens, on a fini ici." Ce fut tout.

Je croise les sabres sur le torse en passoire du pédophile, puis j'ouvre la marche du retour à la normale.


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 18 ans et je vis là où ses contrats le mène, Dans la vie, je suis le poulain de la vipère à deux têtes et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mes hormones, je suis amoureuse de l'assassin de mes parents et je le vis plutôt mal.


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« Elle est là, devant lui à lui appartenir. Il en frissonne d’abord, il sent survenir en lui quelques-uns de ses troubles passés, puis considère l’objet qui émeut ses regards de façon à trouver une raison de s’en détourner. Il la rejette foncièrement pour ne plus avoir à convoiter l'objet de sa hantise. Il ne se doute pas un instant l'avoir offensée, et pourtant, le voila qu'il expire son tout dernier soupir. »

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Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


Gnossienne

Ristuko leva de grands yeux effarés vers son sauveur et sentit alors en elle se répendre une étrange chaleur. Son estomac s’était noué de peur. De peur car elle était certaine de ne jamais le revoir et malgré l’épouvante qui dessinait son visage elle voulut lui esquisser un sourire sans réellement y parvenir. Maruo balaya cependant en un geste brut cet instant suspendu dans le temps où dans la tête adolescente de Ritsuko, le père de substitution venait d’être remplacé par toute autre figure. Il l’attrapa violemment par les cheveux pour la redresser debout. Ritsuko qui ne s’y attendait pas, poussa un petit cri, grimaçante de douleur. La jeune fille porta ses mains sur cette poigne de fer dans l’espoir d’adoucir son emprise, mais elle se retrouva vite projetée contre le mur. Elle en eut le souffle coupé net. Maruo au-dessus d’elle la fustigeait du regard et l’engueulait avec une agressivité qu’elle ne lui connaissait pas. Sa fureur était palpable et pour la première fois, elle percevait dans ses yeux autre chose que cette équanimité imperturbable en lui qu’elle croyait inébranlable. Sur le moment, l’adolescente en demeura désemparée. En temps normal, Ritsuko aurait craché, renchérit, pestiféré, mais pour une fois elle demeura à sa place et surtout, silencieuse. Elle pouvait sentir le souffle saccadé de Maruo lui caresser le visage. Elle voulut souffler son nom, souffler un pardon, mais elle se retenait sciemment. Secouée par des tremblements incontrôlés et la respiration sifflante, elle avait un haut le cœur persistant qu’elle refoulait depuis tout à l’heure pour s’empêcher de laisser échapper de sa bouche en cœur toute la souillure de son âme. Elle venait pour la première fois de donner la mort et elle en avait le vertige. C’était un point de non-retour. Le premier d’une série d’autres qui ne tarderait pas à la plonger chaque fois un peu plus dans l’ombre. Elle n’était désormais plus une gamine et méritait la mort tout autant que quiconque. Et avec le temps, Ritsuko trouverait à cela une obsession attrayante. La mort deviendrait sa seule certitude, une idée obsessive entre la donner impunément et un jour la recevoir, car Ritsuko était persuadée de mourir jeune pour avoir échappée cinq ans auparavant à son destin. Son regard dévia de celui de Maruo pour se poser sur le corps de Noriko gisant inerte derrière lui. Le lit empourpré vint se superposer avec le souvenir de la chambre de ses parents. De cette vision qui venait lui rappeler l’ostensible réalité de sa désormais triste vie, elle porta une main tremblante à ses lèvres. Lorsque Maruo eut fini de la sermonner et s’écarta, elle ne put se contenir davantage et vida son déjeuner sur le plancher. À quatre pattes sur le sol, elle prit un temps pour reprendre ses esprits. Il lui fallait apprivoiser ce vertige, elle le savait. Il reviendrait à chaque fois. Elle réalisait alors, avec quelque peu d’amertume, qu’elle n’était pas une tueuse née comme Maruo l’était. Donner la mort n’était pas aussi aisé qu’elle l’avait prétendu avec sa désinvolture usuelle une heure plus tôt dans leur chambre d’hôtel. Elle attribuait à la vie encore une valeur sacrée et à la mort un mystère implacable qui, chez tous gens normaux, provoque l’angoisse de sa venue trop précocement. Elle se releva après un temps, plus ou moins calmée, tentant de réprimer les quelques tremblements de ses membres crispés. Maruo la félicita. Elle en resta hébétée. Il ne la félicitait jamais. Peut-être était-ce pour se déculpabiliser de cet excès de rage soudain ? C’est ce que Ritsuko voulut croire, mais Maruo était difficile à cerner et pour l’heure, elle n’était pas assurée de ce lien qui les liaient et restait encore sur ses gardes en présence de son mentor. Ritsuko voulait sa vie, Maruo avait voulu sa mort. Pourquoi alors se tenaient-ils droits, côte à côte à s’apprivoiser sachant que le temps de l’un d’eux était compté par la volonté de l’autre ? Elle n’y avait pas réponse. Elle s’avança vers le cadavre de Noriko, observa son œuvre signé en croix par la vipère à deux têtes. Avec tout le dégoût du monde, elle posa un pied sur la dépouille pour y retirer la lame du bide de cet autre qui avait tenté à son tour de la briser d’une manière si sordide qu’un sentiment de haine dirigé contre les hommes vint inconsciemment planter sa graine dans un recoin de son cœur. Cette lame qui avait servi à rompre avec les derniers instants de sa puérilité enfantine, elle en ferait la sienne. Elle venait de se déposséder de son humanité et désormais, plus personne ne pourrait lui soutirer plus précieux rempart. C’est alors seulement, que le regard de l’adolescente s’était voilé d’une indifférence empruntée à celle de son mentor à la vue de ce carnage qu’elle avait causé et avait évacuée d’une longue expiration les dernières images de ce viol qu’elle avait de justesse échappé. Ritsuko plongea la lame tachetée dans son fourreau et sortit à la suite de Maruo.

Voilà que venait de pousser à la vipère à deux têtes, une troisième tête. Plus sournoise, inattendue et pire encore, dotée d’une volonté propre et pourpre.


*

-   Joyeux anniversaire Ritsuko! Fait un vœu!
Une matriarche à la bouille sympathique approcha une assiette devant la jeune fille sur laquelle reposait une tranche de castella, une bougie plantée dedans et des friandises formant le chiffre 18. « Me barrer d’ici en vitesse. Voilà ce que je me souhaite. Et me débarrasser de cette balance d’Isu. » Pensa Ritsuko en tournant un regard méprisant vers la jeune fille en question qui l’épiait la moue envieuse et l’air renfrogné. Il s’agissait d’une pensionnaire de l’internat de redressement pour jeunes filles où Ritsuko séjournait depuis déjà deux ans. Dès son arrivée, elles s’étaient rapidement mises à se porter une rancœur noire, nourries par une rivalité sans réel fondement. Les jeunes filles ne pouvaient tout simplement pas se sentir. Après plus d’un passif houleux au sein de différents foyers, plus un père adoptif qui avait tenté de la sauter dans la chambre d’enfant où dormait son propre fils et qui s’était vite retrouvé une paire de ciseau planté dans l’entre-jambe, Ritsuko ne tarda pas à atterrir dans cet établissement miteux. Le bâtiment avait davantage l’allure d’une prison que d’un pensionnat. Il y avait des barreaux aux fenêtres, des gardes de sécurités qui faisaient plusieurs rondes la nuit aussi. Fuguer était toute une entreprise. Ritsuko y était pourtant parvenue une multitude de fois et il le lui avait bien fallu pour pouvoir continuer de poursuivre ses entraînements avec son mentor. Un vœu donc. Là, maintenant, elle avait envie de voir Maruo. Cela faisait deux mois qu’elle ne l’avait pas revue et ce n’était pas faute d’avoir essayé d’échapper à la surveillance qui s’était renforcée depuis sa dernière escapade. Sa majorité arrivée, elle s’imaginait désormais pouvoir vivre auprès de son mentor sans risquer de cacher sa véritable nature, batifoler, vivre, tuer avec lui. Il était la seule personne à véritablement la comprendre, à respecter cette inclinaison pour le meurtre qu’ils partageaient et elle s’était mise malgré elle à l’aimer de la plus étrange des façons. Isu sembla avoir lu dans ses pensées qu’elle vint perturber.
-   Peut-être revoir ce Maruo de tes rêves dont tu nous rabat les oreilles sans cesse la nuit dans ton sommeil ? Maruo! Oh, Maruo! » L’adolescente assise à côté d’elle prit un air de jouvencelle en posant une main sur son front, faisant mine d’être émoustillée sur sa chaise, puis de s’évanouir. Les filles de l’attablée partirent à rire. Ritsuko quant à elle, demeura impassible quoique son regard s’était assombri caché par les mèches de ses cheveux jais. Elle ignorait qu’elle parlait dans son sommeil. Il était vrai qu’elle rêvait à Maruo. Plus d’une fois il avait hanté ses rêves. Mais à son grand dam, lorsqu’il s’y trouvait ce n’était pas pour satisfaire ses fantasmes, mais plutôt faire revivre le meurtre de ses parents. Et la fin du rêve, toujours la même ; il l’égorgeait sans pitié après avoir laissé sa marque sur son corps, une nouvelle fois et plus béante encore. Ritsuko se réveillait alors parfois en hurlant, parfois en sursaut, le visage perlé de sueur.
-   Les filles! Enfin, ça suffit! » scandait la matriarche en tapant plusieurs fois de ses mains pour rappeler à l’ordre, en vain.
Ritsuko glissa son assiette devant Isu qui était plongé dans son imitation grotesque. Elle agrippa la tignasse de sa camarade et écrasa son visage dans la pâtisserie. Elle releva sa tête barbouillée et l’approcha de ses lèvres pour qu’elle puisse bien l’entendre.
-   Et toi, peut-être devrais tu songer à manger un peu plus au lieu de te faire vomir la nuit. » Ritusko qui s’était levée de sa chaise, fracassa cette fois sa tête contre la table avec force.
Un silence de mort s’ensuivit parmi l’assemblée des jeunes filles durant lequel on entendit Isu échapper un sanglot, la tête toujours plaquée contre la table par la volonté de poigne de Ritsuko. Un surveillant arriva par derrière et attrapa le bras de l’adolescente avec force pour lui faire lâcher sa prise. Ritsuko ne broncha pas et se laissa faire. Il valait mieux ne pas faire davantage de vagues.
-   Toi, tu ne perds rien pour attendre. Ta de la chance qu’aujourd’hui soit ton jour, demain, tu retournes en isolation.
-   Demain je ne serais plus là. » lui lança-t-elle.
Le surveillant qui se prénommait Seiji, qu’elle connaissait bien et qui était un des seuls à avoir fait preuve de bienveillance à son égard durant les deux dernières années, afficha un air déconcerté à ces propos.
-   Ritsuko… Ta transition n’est pas préparée… Tu n’as appliqué pour aucun programme. Si tu pars maintenant, tu seras dans la rue. Est-ce que tu comprends ça ?
Il la regardait avec insistance, arborant cet air paternaliste qu’elle détestait et qui la mettait chaque fois dans l'embarras parce qu’au fond, elle l’aimait bien. Et aimer était pour Ritsuko une chose affligeante dont elle voulait se soustraire entièrement. Elle ne voulait se lier d’affection à personne. Encore, cela en était risible vue que sa haine frisait aussi avec un amour virulent et adolescent pour celui qui en était visé. Mais ça, c’était une autre histoire. Il lui fallait travailler là-dessus, parce qu’un jour, elle se savait devoir faire un choix.
-   En quoi tu t’en soucis ? Ce n’est pas ton problème! » avait lancé froidement l’adolescente pour repousser cet attendrissement envers sa personne.
Ritsuko avait toujours été difficile à aimer et à cela, elle s’y appliquait volontairement. Elle ne voulait pas qu’on l’aime, car l’amour est contagieux. Et l’amour pour des gens comme elle et Maruo, et cela elle l’avait compris depuis ses dix ans, était la plus grande des faiblesses. De plus, Ritsuko ne voulait de mal à personne sauf celles qu’elle visait de sa vengeance personnelle. Elle refusait que quiconque paie pour ses actes, comme Maruo avait fait payer ceux de son père à elle et sa mère. Alors, pour contrer parfois ces instants fugaces de douceur que la vie lui lançait comme rappel à une vie paisible qui pouvait s’offrir à elle, elle se forçait foncièrement de détester tout le monde et ainsi, de se faire détester de tous.

Peu de temps après l’incident, Ritsuko s'était rendue dans les dortoirs pour y faire ses bagages. Enfin, si on pouvait appeler comme ça un large sac en toile dans lequel reposait ses seules possessions. Quelques vêtements, un kit d’hygiène, un livre et c’était tout. Son sabre reposait dans l’appartement de Maruo. Puis après avoir signé les papiers à la réception, elle quitta les lieux sans un « au revoir » et sans se retourner une seule fois malgré le poids du regard de Seiji qu’elle avait senti dans son dos et celui de quelques filles envieuses.

Sur le chemin de l’appartement de son mentor, au tournant d’une petite rue désertée, une voiture qui l’avait suivi depuis plusieurs minutes déjà s’arrêta à sa hauteur. Le conducteur abaissa la vitre fumée de son véhicule. Un autre homme aux traits européens se trouvait assis à ses côtés.
-   Takeshi Ritusko ? Tu es bien la fille Takeshi ?
-   Qu’est-ce que vous me voulez ?
L’homme qui s’était adressé à elle portait des verres fumés, avait un visage carré et balafré lui donnant un air sévère.
-   On a eu vent de tes habiletés et être entraîné par l’un des maîtres de l’assassinassion ce n’est pas rien. Ton cheminement et ton passif ne manque pas d’attirer l’attention.
Ritsuko en resta un instant abasourdi, une peur latente grandissante. Elle préféra faire celle qui ne comprenait pas.
-   De quoi voulez-vous parler ? Et comment connaissez-vous mon nom ?!
Ristuko et Maruo faisaient tout de même profil bas lorsqu’ils étaient ensemble. Et à chaque tuerie de Ritsuko, Maruo passait toujours derrière elle pour signer les cadavres de sa marque pour cacher l’existence de son poulain. Elle savait qu’autrement, sa présence aurait suscité l’attention. Soit de sorte à remettre en doute l’excellence de Maruo, soit la crainte d’une arme humaine en devenir, qui plus est, ne se trouve sous aucune autorité réelle.
-   On cherche de jeunes personnes comme toi. Lorsque tu souhaiteras passer à un autre niveau… » L’homme en costume noir lui tendis une carte d’affaire « passe un coup de fil à ce numéro. À moins que tu ne souhaites rester dans l’ombre de la vipère… C’est un cercle très restreint, j’espère que tu feras le bon choix. »
-   Vous êtes de la mafia ?! C’est les yakuzas qui vous envoient ?!
L’homme lui adressa un rire moqueur mais ne répondit pas. La vitre fumée remonta et la voiture s’éloigna. Ritsuko baissa les yeux sur la carte qu’on lui avait donnée pour y lire « Les mantes assassines » à l’endos : « Warren Hofman ». Soit cela était une blague de mauvais goût, soit elle venait de se faire recruter par cet émissaire d’un certain Warren Hofman. Ce nom lui sembla allemand quoiqu’elle n’en fût pas tout à fait certaine. « Peut-être un nom factice. Pfff! Peu importe, ils peuvent bien rêver! » Elle s’avança vers une poubelle, tendis un bras au-dessus de celle-ci dans l’intention de s’en débarrasser traversée par un sentiment de loyauté qu’elle portait pour Maruo surtout. Mais après un instant de réflexion, elle se ravisa et glissa la carte dans la poche de son jean.

Lorsqu’elle arriva à l’appartement, Maruo n’était pas chez lui. Elle jeta son sac à terre et s’assit devant la porte d'entrée. Elle l'attendrait. L’envie de jouer de son sabre la démangeait et elle avait hâte de remettre la main à la pâte. Maintenant qu’elle était en âge, elle pourrait suivre Maruo n’importe où dans ses entreprises d’assassinats. Elle avait toujours voulu prendre part à ceux d’hommes véreux en boîte de nuit, mais Maruo avait toujours refusé. Une gamine n’aurait pas passée inaperçue. Au niveau de la paie, Maruo n’avait jamais été très généreux. À vrai dire, il ne la payait jamais. En contrepartie, il lui offrait des bols de nouilles de temps à autre dans ce resto un peu délabré en bas de chez lui, et en cela, elle appréciait. Plus encore que le gain, les nouilles, mais aussi passer du temps avec lui autre que celui des entraînements ou des assassinats. C’était là des moments de calme rare où pour une fois, elle se sentait quelque peu « normal ». Elle n’en oubliait pas pour autant d’où elle venait, ni où elle allait. Maruo était un homme exceptionnel. Elle l’avait tout de suite vue. À côté, le reste du commun des mortels lui semblait fade et d’un ennui mortel. Et un jour, Ritsuko se voulait non pas seulement devenir son égal, mais surpasser le maître. Elle ne voulait pas risquer de mourir de sa main une "seconde fois". Ce serait trop humiliant et encore, qu’il le fasse en connaissance de l’attrait qu’elle lui portait lui serait plus douloureux encore que la mort. Peut-être était-ce son instinct de survie qui l’avait poussé à jeter son dévolu sur l’assassin de ses parents, elle n’en était pas encore tout à fait certaine. La plupart de temps, elle lui cachait cet innocent attrait, préférant attiser cette haine qu’elle lui portait tout à la fois pour lui permettre le jour venu de faire ce qu’il faut. D’autre fois, elle se soustrayait à cette tâche, soumise par quelques désirs irrépressibles où elle poussait alors les limites pour tester cette frigidité qu’il avait à son égard et tenter d’incendier cette austérité froide. Il était tenace.

Ritsuko entendit soudainement des pas résonner dans l’escalier. Reconnaissant systématiquement le rythme de ce pas tranquille qui montait à l’étage, le battement de son cœur s’accéléra. Elle espérait qu’il la garderait auprès de lui, elle n’avait nulle part où aller. Elle redoutait que ces deux mois de silence radio lui causerait tort. Peut-être pensait-il qu’elle ne voulait plus devenir mercenaire ? Elle craignait surtout qu’il ait pris son absence pour un abandon.
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Maruo Takeda
alias Jinpachi Mitsumo

J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis poissonier / mercenaire yakuza à la retraite et je m'en sors confortablement. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux" - Baudelaire

Il en était toujours ainsi : elle disparaissait entre les murs de ses familles d'adoption, puis il la croisait au hasard en rentrant chez lui et ils reprenaient leur vie de malfrats comme si elle n'était jamais interrompue - pour Maruo, elle ne l'était pas en effet. L'adolescente revenait cycliquement dans son quotidien et repartait de la même manière, petite chatte fugace qui courrait les quartiers mais toujours retrouvait le chemin de son gardien, et il l'accueillait avec un "allant-de-soi" naturel. Ils ne se saluaient pas, elle débarquait parfois dans des humeurs mais Maruo magnanime la mettait au travail et ils communiaient ainsi. Sous ses airs désinvoltes, l'assassin espérait malgré lui la voir arriver dans la rue depuis sa fenêtre ou la croiser à la roulote à ramen au bas de son immeuble. Elle était un automne à ses yeux : salvatrice après des étés caniculaires, annonciatrice d'un hiver morbide ; aussi l'attendait-il toujours sans vraiment s'impatienter, sachant qu'elle arriverait avec son lot de bout-des-cils - mais quand ?

Quelle ne fut pas sa surprise de la revoir après des mois.
Quelle ne fut pas sa surprise de la revoir après des années !
Ce ne fut pas une surprise au contraire.

*

"Maman ! On a vu la nièce de papa !"

Il posa la petite fille au sol qui courut dans les jambes de sa mère glacée par l'annonce innocente. Défait, tendu, Jinpachi s'était contenté d'éviter le regard de sa femme en s'installant à la table de la cuisine où déjà elle s'affairait. Matsumoto envoya l'enfant jouer dans sa chambre un moment et persifla à demi-mot entre ses dents.

"La nièce de Jinpachi, ou de Maruo ?"

Il la trouva laide parce qu'elle était affectée, et souffla sa méprise dans la mousse d'une bière troublée de froid comme l'était sa femme. La vie de famille était ce qu'il fallait, et assurément il aurait donné le monde pour aimer ça, mais il lui semblait que tout le vermeil du sang qu'il avait versé avait décoloré le reste du monde.

"Je vais prendre la petite avec moi au travail dorénavant, on appellera la garderie."

Et c'était la seule réponse qu'il donna, Matsumoto comprenant que ce passé qu'elle ne voulait pas connaître finirait par les attraper par la cheville - elle avait souvent vu les choses se produire ainsi pour les autres, et du regard de son compagnon elle comprit que Maruo n'était jamais vraiment mort et Jinpachi pas tout à fait au monde.

Les deux quadras décidèrent d'une trêve dans leur tension conjugale pour protéger Kumi de son prototype - et comme il s'était félicité de cet amour paternel dont il s'était longtemps senti incapable, Maruo se détesta en l'instant d'avoir créé de quoi le rendre perméable. Mais s'il était concerné, il n'était pas inquiet : il se savait devenir d'autant plus dangereux. Il attendait Ritsuko, ça oui, il l'avait attendue depuis le premier jour où elle lui avait tourné le dos.

*

Il revenait de Colombie après d'interminables heures de voyage, missionné pour tuer un baron de la drogue qui s'y était retranché. Il était entré dans la bicoque comme un ami et ressorti comme un traitre, en ayant pris le temps de s'étonner de la vétusté des ateliers de cocaïne et de toute cette jeunesse en mal d'avenir qui y travaillait. Il trouvait la poudre bien moins élégante que le sang et le trafic plus écoeurant que le meurtre. Tous ces lycéens en combinaison étaient par ailleurs incomparables à sa Ritsuko, à qui il pensait quelques fois.

Il voulait maintenant rentrer chez lui et se débarrasser de toute cette humidité importée d'Amérique latine qui lui remontait les cheveux et poissait ses tempes grassement. S'allonger dans des draps frais fenêtre ouverte sur la ville, dormir d'un sommeil sans rêve puis récupérer son cachet et payer une nuit à Matsumoto pour qu'elle n'ai à voir personne d'autre ce soir-là. Il abandonnerait un peu de sa vigilance aux rebonds de son corps effronté, puis il la laisserait s'endormir la tête enfouie dans son épaule, toute décoiffée, encore rose de sa visite. Ils causeraient un peu, elle lui dirait qu'elle l'aime, mais au matin levant (et c'était son moment préféré) il retrouverait toute sa solitude. Même la où son corps s'enfouissait sans mal, il ne prenait pas racine.

Mais quelqu'un en avait décidé autrement. Quelqu'un qu'il préférait voir à Matsumoto parce que ce quelqu'un était de son monde. Mieux, ce quelqu'un était de son monde. En ouvrant la porte de son appartement, il fut frappé par l'évidence. Ritsuko se tenait là, décidée et surtout majeure, silhouette filiforme tout à fait familière qui le toisait comme s'il était en retard à un rendez-vous qu'il n'avait pas conclu. Maruo n'était pas étonné, ni même dérangé, elle était là après des semaines de silence et c'était tout. Elle était revenue comme elle lui revenait toujours. Il n'imaginait pas un monde où elle ne reviendrait pas, et pour cette raison, il avait abandonné l'idée de la tuer. Il l'avait sûrement épargnée pour qu'elle lui revienne, cette chatte féroce aux pupilles dilatées, cette chatte de gouttière maligne et sauvage, cette chatte qui ondulait parfois à ses jambes en miaulant qu'elle voulait sa mort.

"Tiens, lui dit-il, tu es là. On ne travaille pas aujourd'hui."

Il s'affaissa dans le canapé pour récupérer parce qu'il lui semblait évident qu'elle habiterait désormais sa chambre. Il n'était pas aussi ignorant de la situation de la jeune femme qu'il voulait se l'entendre dire et quelque part, il lui était naturel qu'ils se mettent à vivre ensemble.

"Tu peux rester ici en attendant. Joyeux anniversaire."

Quoiqu'il n'était pas un symbole de paternité, il lui aurait offert le gîte et le couvert toute sa vie.

*

"Ton anniversaire, à toi ? Et quel âge t'as, douze ans ?"

Quel âge faisait-elle, au juste ? Elle fulminait en tous cas qu'il joue à l'infantiliser alors qu'il l'avait forcée à mûrir si vite. Il la tenait fermement face contre terre, cheveux bien serrés entre ses doigts, poignets réunis dans le dos. Il riait, il semblait qu'il riait seulement de satisfaction personnelle - et pour cause, il n'était vraiment heureux que de son talent.

Ceci dit, ils avaient fêté ça presque normalement : lorsque Ritsuko s'était remise des contusions de l'entraînement, ils s'étaient rendus dans le fameux petit troquet de nouilles et il lui avait offert son premier saké. Parce qu'il la lançait à la concurrence et dans ce perpétuel rapport de force qui l'amusait tant qu'il y vainquait, il s'était retrouvé à veiller son sommeil imbibé tout le reste de la soirée.


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas. - Charles Baudelaire.

De tous ces panneaux publicitaires éblouissants qui illuminait le visage de Ritsuko qui était étalée de tout son long sur le toit de l’un des plus imposants immeubles de Shinjuku, aucun ne parvenait à soustraire l’attention accrue qu’elle portait sur l’étage vitrée du bâtiment d’en face. Plaçant un œil dans le viseur de son M98B, elle observait devant elle cette assemblée d’hommes prendre place autour d’une table ovale en marbre composée des criminels les plus influents du Japon, dont deux hommes qu’elle reconnut pour être des hommes politiques de la région. Toute la vermine de sa liste personnelle était réunie dans une seule et même pièce. Opportunité si belle que pourtant Ritsuko se retenait expressément de profiter, bien que l’envie de presser la gâchette lui démangeait l’index. Les Boss des quatre familles se tenaient à l’attablée, dont celui qu’elle servait depuis quatre années déjà, Boss Saito de la famille dirigeante Yamaguchi-gumi. Chose surprenante de sa part, il la respectait véritablement à contrario de ses pions qui dans son dos fulminait de rage de sa position de lieutenant. Ritsuko avait fini par comprendre que ce n’était qu’en répandant la peur qu’elle serait le plus apte à les contrôler, et en cela, sa cruauté au sein des yakuzas était redoutée. Elle ajusta l’oreillette placée dans le creux de son oreille droite pour ne pas perdre une miette de la discussion qu’il y aurait lieu. La réunion de ce soir devait s’en tenir aux faits des derniers évènements, notamment de la guerre intestine qui grondait entre les familles Sumiyoshi-kai et Tōa-kai pour des conflits territoriaux. Mis à part assurer les arrières du Boss comme à l’usuel, Saito l’avait avertie d’un invité dont il souhaiterait très certainement qu’elle répande la cervelle sur le sol. Ce personnage ne tarda pas à faire son apparition. Un homme dans la cinquantaine, habillé à la manière de ces avocats du diable de Roppongi Hills qui ne défendait que la plus vil des vermines. Valise en main, le visage assuré, il ne semblait pour ainsi dire pas une seule seconde craindre pour sa vie malgré l’hostilité que lui portait l’intégralité de l’assemblée. Ritsuko entendit grésiller dans son oreille la voix robuste et autoritaire de Saito s’adresser au nouveau venu.

- Dis-moi pour qui tu travailles et je te dirai si tu peux vivre.
- Je travaille pour le compte de Genzo Kobata.


À la mention de ce nom, elle entendit un brouhaha de murmure s’élever dans la salle, dont seul Saito semblait demeurer muré dans le silence. Ce nom était revenu plusieurs fois de la bouche de nombreux malfrats au cours de la dernière décennie. La résonance de ces 5 syllabes suffisait à hérisser le poil de quiconque l'entendait. Ce Genzo Kobata, commanditaire de plusieurs des plus grandes entreprises criminelles malgré une identité inconnue de tous, était l’obsession de tous policiers du Japon qui rêvaient de mettre le grappin dessus. Aucun malfrat n'avait fait autant parler de lui depuis La Vipère à deux têtes. Quoiqu’elle au moins, ne laissait aucun doute sur son existence. Genzo Kobata était pour ainsi dire une légende, un mystérieux baron de la drogue à la réputation redoutable, un seigneur du crime tant ses entreprises étaient réputées des plus violentes et sanglantes. Seulement, il y a cinq ans, une embuscade a été menée par une bande rivale dans sa propre demeure où il y vivait avec sa femme et ses enfants. Plutôt que de laisser ses rivaux le déposséder de ce qu’il avait de plus précieux au monde, Genzo aurait exécuté lui-même toute sa famille. Il aurait par la suite décimé cette bande rivale ne laissant qu’un seul survivant afin qu’il puisse relater ce qu’il s’est passé. Après le drame, Genzo Kobata s’est tout simplement volatilisé. Avec le temps, son absence finit par convaincre de la légende du personnage qui ne sert aujourd’hui plus que d’histoire terrifiante à raconter le soir aux enfants de mafioso. Certains croient encore à ce jour fermement à son existence, tandis que d'autres la nie comme était le cas de Saito qui prit finalement la parole pour mettre fin à la fébrilité ambiante.

- Genzo Kobata est un mythe. Maintenant… » Saito semblait chercher pour un nom et laissa sa phrase en suspense pour que son interlocuteur le lui donne. Ce que celui-ci fît.
- Masahiro.
- Masahiro. Je te laisse une minute pour me dire le nom de celui pour qui tu bosses vraiment. Tu vois l’immeuble derrière moi ? Il y a sur le toit la mante dont je suis sûre tu as déjà entendu le nom. Elle n’attend qu’un mouvement de ma part pour transpercer ton crâne d’une balle dans le front.


Personne ne semblait tout à fait convaincu que Saito ait vu juste, pour cause, un silence de mort et une tension latente planaient dans la pièce.

- Dans une minute, honorable Saito, le cargo Kimera II amarré au port de Kobe explosera si je ne passe pas un coup de fil à la cabine téléphonique se trouvant sur place pour assurer que je me tiens toujours en vie à cet instant et que vous êtes ouvert à la discussion.

Pour quiconque dans la salle, le sens de cette information échappait à l’assemblée, mais pas pour Boss Saito qui savait pertinemment le précieux contenu qui se trouvait dans la cale de ce cargo dont la location et le nom n’était connu que d’un cercle restreint de ses hommes. Pour une valeur d’un peu plus de 88 millions se trouvait dans ce cargo de l’Ice qui dès l’aube devait partir vers le continent européen. Il était donc compréhensible qu’à cet instant, Saito avait des sueurs froides à se demander s’il s’agissait de bluffe ou non. Pour Ritsuko qui assistait à la scène depuis l’immeuble d’en face, les choses devenaient intéressantes, mais aussi prenait-elle la situation suffisamment au sérieux pour qu’elle concentre son attention ailleurs que sur Saito. Peut-être la tireuse d’élite qu’elle était se trouvait elle-même à cet instant précis dans le viseur d’un autre tireur caché sur le toit d’un immeuble voisin.

- Et vous tous qui vous trouvez dans cette pièce... » avait poursuivie ce Masahiro qui désormais tenait en haleine chacun des hommes de cette attablée tout comme leur misérable vie. « Je crois que vous devez des comptes à Monsieur Gonzo Kobata.


*

Après les pas, lorsque le cliquetis se fit entendre dans la serrure et que Ritsuko fût assurée de l’arrivant, elle se redressa de sa chaise et recula un peu. Maruo entra et sans vraiment s’émouvoir de sa présence, la remarqua néanmoins et alla s’affaler sur le canapé. Ritsuko le suivit lascive et s'asseya à moitié sur l’accoudoir pour observer ce visage lasse et épuisé. Jamais elle ne se serait crue un jour pouvoir s’attendrir pour cet homme aux traits de l’assassin de ses parents. Autant qu’elle désirait ardemment sa mort, elle le désirait lui, ardemment. Et bien que l’exaltation de le revoir faisait briller une lueur insoupçonnée dans le creux de ses pupilles, elle ne laissait rien paraître. Ritsuko était habile pour renverser ses émotions les plus sincères, les déjouer ou bien d’en jouer. Et ce talent-là, elle le tenait assurément de son mentor.

- Tu ne sens pas très bon Maruo. » Lui adressa-t-elle en passant un doigt indocile sur son front gras comme pour en relever la crasse. Quoique l’odeur de sueur de son mentor était pour elle un effluve tout à fait plaisant. « Tu ferais mieux de te doucher, ou tu risques de faire fuir notre public. » Pour donner du sens à ses propos, Ritsuko sortie de sa poche une page publicitaire froissée. « Je me sens joueuse ce soir, mais surtout gagnante... » Elle lui pendit au nez l’annonce d’un concours karaoké se tenant dans un bar du quartier de Tokyo qui annonçait un prix de 26000 yen aux gagnants. « Tu me dois bien ça puisque tu refuses de partager le gain. Et puis… » Avança - telle avec un soupçon de miel dans sa voix pour le faire culpabiliser. « C’est mon anniversaire. »


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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


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On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

No one will survive.

Il s'y était résigné et pourtant la facilité avec laquelle il l'avait fait le déroutait.
Il suffisait de pénétrer la chair, d'entrer entre les côtes flottantes au niveau du diaphragme et de laisser s'enfoncer vers le haut.
On évite la résistance du sternum. On sent une infime palpitation du coeur.
Et puis le visage s'ouvre grand de surprise et s'éteint dans cette expression de consternation.

Voilà. On a tué.

*

Maruo se rendit dans la petite barraque attenante à sa maison, une bicoque croupissante en bois mal hydrofugé et tôle qui jouait du tambour les jours de pluie. Tout et n'importe quoi se disputait l'espace humide entre quatre planches, pêle-mêle l'ancien berceau de Kumi bon à jeter, une canne à pêche que des voisins avaient offerte à Jinpachi pour son anniversaire et toute une mallette de leurres, le bac à shampoing autonome que Matsumoto utilisait lorsqu'elle jouait les coiffeuses à domicile, et un étui à contrebasse. Dans son dos, la journée montante filtrait entre les planches de l'abri et frappait la poussière sur l'objet.

Maruo s'accroupit.
Il flatta le flanc de l'étui remuant une anxiété dans son estomac, laissa de ses doigts des tranchées dans la saleté.
Puis les clips le firent tressaillir alors qu'il ouvrit la boîte aux formes féminines.
Il ne regarda pas tout de suite.

Puis leva les yeux.
L'un est vert forêt. L'autre vert de gris.
Ses sabres.

*

Il avait fait ça avec le couteau à sashimi de la cuisine, comme ceux qu'il utiliserait trente ans plus tard - sur des poissons cette fois. D'abord lui puis elle : c'était la meilleure façon de s'assurer d'y parvenir. La bagarre était sauvage mais à la seconde où la pointe de la lame entrait en contact avec l'abdomen, finir le travail devenait un jeu d'enfant et pour ainsi dire Maruo n'était encore qu'un prépubère violent et entraîné qui avait jugé bon de parfaire lui-même les enseignements qu'il avait reçus.

"Ne t'attaches à rien."

"Ne fais confiance à personne."


Il se vit déçu que ses parents ne fussent pas capable d'appliquer ce qu'ils lui avaient pourtant inculqué.

*

Cela faisait des semaines que Ritsuko n'avait plus donné de signe de vie et son âme s'érodait d'angoisse - quand arriverait-elle ? Et dans quel but ? Qui d'autre aurait pu obtenir son adresse ?

... lui était-il arrivé quelque chose ?

Plus il retournait le problème plus il lui paraissait évident qu'il lui faille le solutionner lui-même. Maruo n'était pas un homme que l'on fait languir car l'attente est une dépendance, chose qu'il exécrait plus que tout. Plutôt que laisser la menace ramper à sa famille, il allait devenir la menace. Et mieux que l'odeur du poisson, l'odeur du sang.

C'est ainsi qu'il se retrouva là au petit matin, contemplant les sabres de ses parents - qui étaient devenus ses outils de travail - dans la crainte nécessaire de redevenir ce qu'il avait toujours été : la Vipère à deux têtes. Matsumoto avait bien trop raison de se tourmenter de ne voir jamais en lui l'assassin disparaître et le père de famille prendre la place car à dire vrai, la vie du crime manquait à Maruo.

Une vie dans laquelle il était le meilleur.
Dans laquelle il était pour ainsi dire intouchable.
Une vie à son image déphasée d'inadapté au monde commun.

C'est quelque chose de faire du trafic de cristal, de prostituées, d'armes : tout se trame derrière un bureau.
C'en est une autre de bâtir son existence sur le meurtre commandité de familles entières.
Il y a criminels et criminels.

Et pour la première fois, c'est lui qui allait revenir à Ritsuko et non l'inverse.

*

Il ne compta plus le nombre d'horreur que lui firent subir la mafia au sacro-saint nom d'un débourrage.

Ils l'avaient forcé à tuer un animal à quatre ans.
Ils lui avaient fait regarder un meurtre à cinq.
A six, il avait vu sa première séance de torture.
L'année suivante il reçut ses premiers entraînements à la torture.
Pour son dixième anniversaire on le fit actionner la détente à la tempe d'un innocent capturé pour l'occasion - moins le meurtre a de sens, plus il est banal.

On lui coupa un orteil.
On lui brisa des os au combat rapproché.
Sa mère lui présentait le réconfort de repas pour mieux lui distiller des doses de poison.

Et alors qu'il vomissait tout son soûl liquéfié par les suées goudronneuse de son corps en état de choc, l'ombre paternelle le surplombait.
"Je t'ai déjà dis de ne faire confiance à personne."

*

Son couple s'était largement détérioré sous le nuage que Ritsuko avait épaissit par son arrivée et ses menaces - mère et fille dormaient dans le lit conjugal et lui se recroquevillait sur le canapé pour les maigres heures auxquelles il trouvait le sommeil. Il partit donc le pas rythmé par la houle sans attendre que ses femmes ne papillonnent les cils de leur éveil.

L'étui sur le dos.
Avec on-sait-quoi dedans.

Jinpachi était bien enterré et Maruo pleinement dans son corps, prenant toute la place, exultait : il avait hâte d'abandonner pour quelques temps les tongs de pêcheur et de poser botte sur le macadam de la contrebande. Le quadra sentait dans son poitrail qu'il s'engageait pour sa dernière ligne droite criminelle qui devait ratifier tout ce qu'il avait omis d'achever - il était plus assuré encore qu'avant sa retraite, nourri d'expérience mais surtout d'une mission. Confronter Ritsuko le léchait d'appréhension, encore incertain qu'il se vit d'être capable d'aller au bout de ce qui les attendait, mais il embrassa qui il était véritablement lorsque le bateau le déposa au port.

Il prit derechef un contrat facile pour se remettre en jambes et, ô comme il lui fut bon de retrouver son identité dont il savait ne pas avoir perdu une miette. Il se sentit rentrer chez lui de vacances trop longues et reposantes qu'elles en devenaient fatigantes alors que ses sabres se croisèrent docilement sur le poitrail de sa victime.

La coche laissée par l'assassin fit parler de lui et il s'en félicita : Ritsuko allait apprendre qu'il demeurait le maître, et qu'il était là pour prouver qu'on ne le faisait pas chanter.


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

Ritsuko s’était insidieusement infiltré deux fois dans la demeure Jinpachi. Une première fois lorsque Maruo était partie au travail avec sa fille. Elle était restée pendant de longues minutes assise sur l’un des fauteuils du salon à observer le visage ensommeillé de cette Matsumoto endormie sur le canapé, se demandant comment une créature si banale avait pu soumettre Maruo. Et elle lui tenait rancune pour cela. Sans l'avoir auparavant jamais rencontré. La haine lui était devenu facile, mais la jalousie était un sentiment encore étranger portant le visage d’une femme endormie cet après-midi-là. La deuxième fois fût de nuit, où elle y trouva Maruo à son tour, chassé du lit conjugal. Et même si une part d’elle-même désirait follement l’accueillir au réveil avec le sang de sa femme et de sa fille sur sa lame, elle n’en fît rien. Et non parce que la confrérie des mantes assassines ne permettait pas la tuerie de femmes et d’enfants, car à l’instant elle se sentait capable de tout pour assouvir ce besoin pressant de sang et pas n’importe lequel. Mais Maruo n’était pas le seul à devoir payer de ses crimes, et pour se faire, elle savait pertinemment devoir recourir aux talents de la Vipère à deux têtes dans sa folle entreprise. Elle était de toutes les manières assurée qu’il y laisserait sa peau et elle y veillerait de près. Cependant, elle ne pouvait étouffer ce tic relié à un trauma lointain qui la tendait, et cela dès la seconde où elle avait pénétré les lieux et le besoin urgent de faire taire ce trop-plein de vie en une fin immédiate. Et fort heureusement pour cette famille, avant qu’elle ne se décide de passer à l’acte, c’est le sommeil trop léger de Maruo qu’elle aperçut émerger doucereusement qui la décida à quitter les lieux avant de commettre l’irréparable.

Et au matin, elle reçut un appel qu’elle ne pouvait ignorer et qui abrégerait ses vacances, l'empêchant de donner à la mer une teinte nouvelle.
« Saito veut te voir. En urgence. Je ne pourrais pas couvrir ton absence plus longtemps, la tension ici est grande. Tous craignent le retour de Gonzo Kobata. »



De retour à fouler le sol de l’aile ouest de la demeure Yamaguchi-gumi consacrée aux affaires de la famille, Ritsuko passa devant la pièce à la cloison au dragon sur laquelle elle remarqua quelques souillures brunes ici et là du sang incrusté d’Otto. Cette pièce était consacrée aux exécutions en bonne et due forme, et cela était une bonne chose que son rendez-vous avec Boss Saito ne s’y passa pas. Cela voulait dire que le Boss ne lui portait pas rancune pour ses écarts de conduite de ces dernières semaines. Elle entra plutôt dans une pièce qui faisait office de second bureau au Boss dans sa propre demeure pour régler les affaires les plus urgentes. Celui-ci s’y trouvait d’ailleurs, entouré d’une fumée épaisse d’un cigare à moitié entamé. Sans un mot, il fit signe à la jeune femme de s’approcher. Ce que Ritsuko fit, gardant une distance respectable pour s’incliner avec respect devant le chef du clan.
- Ritusko. Le clan ne peut plus se permettre ton intransigeance à l’égard de nos membres, même déviant. » Il prit un temps pour sonder le visage de sa lieutenante. «  J’ai appris pour Otto. Et bien que ses actes étaient fort condamnables, tu n’avais pas à lui ôter la vie. »
Ritsuko s’inclina modestement vers l’avant, en signe de pardon cette fois.
- J’ai agi selon ce que je croyais de mieux pour vos intérêts Saito. Je suis désolé de vous avoir déçu.
- À l’heure où ce Gonzo Kobata menace notre organisation, j’ai besoin de tous mes hommes. Et je te veux toi à la tête. Ne commence pas à réduire nos rangs en ces temps incertains, simplement par contrariété.
- Soyez assuré que cela ne se reproduira plus.
- Bien. Car la prochaine fois que tu ignores mes ordres, je devrai appliquer des sanctions. Compte-toi chanceuse depuis longtemps de pouvoir compter tous tes doigts. Tes talents au sabre t’auront évité bien des souffrances, mais ma patience à des limites… Maintenant va, et rapporte-moi je te prie, la tête de celui qui se fait passer pour cette âme morte de Kobata et qui ose nous faire chanter. »
La jeune femme se pencha cette fois-ci légèrement en avant pour signifier son engagement à cette tâche.
- Ritsuko. Une dernière chose. Je te veux présente au gala de la fondation à la fin du mois. Je te veux à mes côtés et non sur le toit. Je t’ai déjà fait parvenir une robe pour l’occasion. » Il lui fît signe d’un geste de la main de se retirer. « Ce sera tout. »



Si Ritsuko comptait la résidence Yamaguchi comme un pied à terre, elle n’était certainement pas sa résidence principale. L’un des appartements les plus en vogue de Tokyo lui faisait office de “modeste” refuge. Certes, l’appât du gain n’était pas ce qui animait Ritsuko dans ses entreprises, mais préserver les apparences passait par démontrer son appartenance dans la démesure et le luxe des Yakuza. Et ainsi, le dernier étage de l’immeuble lui appartenait entièrement à seulement 26 ans. Un appartement où elle n’y était jamais vraiment seule, car déambulait un gang à sa solde dont elle avait recruté soigneusement ses cinq membres. Il s’agissait des quatre orphelins qu’elle et la vipère avait laissés dans leur sanglant sillage à l’époque. Sur la douzaine qu’elle avait été en mesure de sauver, quatre d’entre eux étaient devenus comme elle ; inapte à la normalité d’une vie sans tracas et avaient suivi ses traces. Non pour lui porter vengeance, car ils lui portaient tous une admiration et une loyauté sans faille. Elle était en quelque sorte leur créatrice et eux cherchaient à tuer ce père infanticide que Maruo avait pris dans un pan sombre de leur esprit. Ritsuko était une mère douce et cruelle envers eux à la manière qu’avait pu l’être avec elle son mentor. Et Ritsuko, pleinement consciente de leur haine, se retenait cependant de lâcher ses chiens sur Maruo. Car encore une fois, elle en faisait une affaire personnelle. Elle ne se retrouvait ainsi jamais seule, à moins que cela en était de sa volonté et qu’elle l’exprimait clairement. Ses chiens la suivaient partout. C’est d’ailleurs sa plus jeune qui l’accueillit à son arrivée. Yuri, qui avait 16 ans et une tête d’ange, avait pourtant déjà donné la mort à plusieurs reprises.
- Alors ? Tu l’as retrouvé ? Comment ça s’est passé ? » La gamine qui était étalé en étoile de mer sur l’un des canapés de cuir du salon proche de l’entrée s’était redressé d’un coup en entendant sa maîtresse arriver.
- Nos retrouvailles furent brèves. » Ritsuko s’avança dans la pièce et déposa son sabre sur la table basse du salon. « Saito m’a fait revenir d’urgence pour cette affaire de Kobata. »
- Crotte. J’aurai aimé te revoir couverte de son sang.
- Chaque chose en son temps, cela ne change en rien le plan. Au fait, que fais-tu là Yuri ? Tu es toute seule ?
- Non! Hajime est là aussi. Quant aux autres, ils sont allés chercher des infos comme tu l’avais demandé.
Ritsuko se rendit jusque dans sa chambre, dans laquelle elle y trouva tel que convenu sur son lit, déposé là une robe en soie noire moderne aux similitudes d’un kimono traditionnel ainsi qu’une petite note de la part de Saito indiquant l’heure et le lieu. Yuri apparut dans l’encadrement de la porte, curieuse.
- Tu vas porter ça au gala ? C’est pas un peu trop décolleté ? »  S’était enquis Yuri, bien aux faits de la marque cicatricielle que portait sa maitresse.
- Ça m'en a tout l'air...


La soirée du gala était une soirée permettant de préserver les apparences. Ristuko arriva dans sa robe noire accompagnant Saito au bras. Non pas sans son sabre, dont la robe avait été habilement confectionnée à cet effet pour permettre d’y glisser sa lame dans son dos, caché par un pan de la robe et dont seul le manche ressortait de l’ensemble. Un col noir opaque remontait gracieusement jusqu’à son menton, cachant ainsi ses cicatrices et qu’elle avait fait ajouter à cette pièce de vêtement superbe. Que l’élite de la société se trouvait à la soirée parmi lesquels étaient infiltrés quelques-uns des hommes de Saito et des siens pour assurer sa sécurité. La soirée se déroula dans un calme peu ordinaire et alors qu’on lui tendit une flûte de champagne, un homme lui glissa à l’oreille une information qui allait certainement changer la donne. Elle demeura cependant calme, reconnaissant là la voix de Hajime.
-  Je ne voulais pas te le dire avant de l’avoir vue de mes yeux… » Ritsuko prit une gorgée de champagne, d’un calme et d’une grâce qui lui était propre malgré son jeune âge sans se retourner.
- La Vipère est de retour. Elle est ici même, à Tokyo. J’ai vu les cadavres signés en croix, il n’y a aucun doute là-dessus. Je fais venir le reste des 5 immédiatement, je crains qu’il soit là pour…»
- Non. Reste à ton poste.» Sur ces paroles, laissant en plan perplexe l’un de ses chiens, Ritsuko s’éloigna et échangea un sourire avec la femme du maire qu’elle appréciait tout de même pour sa vivacité d’esprit malgré son âge avancé. Elle savait que si Maruo était ici, c’est qu’il était fort probable qu’il était ici à cet instant même. Mais où ? Cela elle l’ignorait et ne le distinguait pas parmi les invités. Les années passées, elle savait que la nouvelle génération d’hommes de Saito ne reconnaîtrait pas nécessairement son visage et cela, il devait en avoir conscience. Quoiqu’il en fût de la tournure que prendrait cette soirée, elle voulait lui montrer qu’elle était approchable. Pour l’heure, elle ferait une trêve et lui partagerai la raison de son intrusion dans son petit monde factice qu’il avait tenté de construire au loin, trop loin d’elle.  
- Ma petite Ritsuko! Mais quelle transformation! Je ne vous ai jamais vue aussi élégante, très chère! Vous devriez porter des vêtements ajustés plus souvent, cela mettrait davantage vos formes de femmes en valeur. » Ritsuko réprima faussement un petit rire de sa main. Ce genre d’accoutrement n’était pas sa tasse de thé et en combat rapproché, cette robe ne permettait pas de mettre en action toute la souplesse de son corps. Toutefois, tant que le sabre était à sa portée, Ritsuko demeurait mortellement dangereuse et ça, la vieille dame l’ignorait comme la plupart des gens présents dans la pièce.
- Et ce sabre, pourquoi le trimballez-vous toujours avec vous dites-moi ?
Les lèvres de Ritsuko s'étirèrent d’un sourire franc, l’innocence de cette vieille dame la toucha autant qu’elle l’amusait.
- Il était à mon père et avant lui à son arrière-grand-père. Il m’est très cher à mes yeux. » Inventer une lignée et une histoire de succession fictive amusait Ritsuko. D’autant plus que la façon dont elle s’était véritablement procuré le sabre s'accompagnait d'une histoire beaucoup plus sombre.
- Ah dans ce cas ma petite… je vous comprends.
- La prise de parole de Saito ne va pas tarder. Voulez-vous m’accompagner jusqu’à l’estrade ? » Ritsuko lui tendit un bras pour lui offrir appuie, ce que la vieille dame accepta volontier. Lorsque tous furent présents, le discours de Saito ne tarda pas à commencer. Les lumières s’abaissèrent et la foule écouta attentivement. Un discours auquel Ritsuko se retenait de ne pas vomir. Saito avait créé la Fondation pour y placer des fonds dédiés à la jeunesse qui de plus en plus étaient enclin à la violence en raison d’une forte augmentation des gangs de rue. Bien sûr, tout ceci n’était qu’un stratagème pour cacher ses véritables activités. Personne dans la salle ne se doutait qu’il était en majeur partie responsable de cette violence contre laquelle il s’insurgeait et que le problème se tenait sur cette plateforme même. On apporta toutefois le chèque en format géant de quelques milliers de dollars que tenait d’un côté Saito tout sourire et de l’autre le maire de la ville avec lequel il échangea une bonne poignée de main. Tous applaudirent fort pour couronner le tout, et la soirée repris son cours sur les notes du mouvement 3 de la sonate de Beethoven.
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


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On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"L'homme est un apprenti dont la douleur est le maître." - Alfred de Musset

Hiroki était défiguré. Son oeil exorbité, poussé à l'extérieur du visage par un hématome, était à peine retenu par des paupières closes et boursoufflées. Sa lèvre supérieure se fendait jusqu'à son nez et dans la plaie béante ruisselait du sang que l'informateur avait grand peine à avaler entre ses dents renfoncées dans leurs gencives. Ses sinus fracturés donnaient à son visage une torsion troublante, un oeil affaissé par rapport à l'autre, l'arête du nez comme dégringolée d'un côté, la pommette rentrée dans le visage et fort gonflée. Maruo l'avait mis au sol et avait piétiné sa face, très simplement, d'où les plaies asymétriques.

La femme d'Hiroki se cloîtrait avec leurs deux fils dans une pièce attenante. Le mari était désormais assis sur une chaise, main à plat sur sa table de cuisine - la Vipère tenait fermement ses doigt écartés pour l'interrogatoire et s'était saisi du hachoir du restaurateur pour l'occasion. "Petit fils de pute, lui dit-il sans animosité, comme d'un constat. Il a fallu que tu baves mon nom d'emprunt, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qu'on t'a proposé pour que tu prennes un risque pareil, mh ? De l'argent ? De la coke ? Qu'est-ce qui aurait pu avoir plus de valeur que ta vie et celle de tes mômes ?" Hiroki se contentait de pleurer en spasmes douloureux - Maruo était faussement paisible et n'attendait pas de réponse à ces questions rhétoriques. "Bon." La Vipère apposa la lame du chef sur son auriculaire ce qui anima la terreur du traître.

"Qui as-tu informé de mon nom ?
- Sh-sh-shunji Hibisawa !
- Tu me prends pour un con ?"


Le flegme de sa voix ne prévint pas Hiroki du revers qu'il lui envoya et qui manqua de faire tomber le pauvre homme de sa chaise, à peine retenu par la stabilité avec laquelle Maruo empoignait sa main sur la table.

"Hibisawa est un informateur, il est venu te le demander pour quelqu'un.
- Ritsuko Takeshi ... arrête de me frapper pitié, sanglota le martyr. I-i-il a appris qu'elle te cherchait, alors il est venu. Ritsuko travaille pour les Yamaguchi-gumi, tu sais ce que font ces gens si on ne coopère pas ?!
- Ne te cherche pas d'excuses ..."

Maruo pressa la lame sur le doigt qui se mit à s'ouvrir, mais il ne le sectionna pas complètement derechef.

"Si tu veux sauver ta main, dis-moi tout ce que tu sais d'officieux et d'officiel sur Ritsuko Takeshi et ton informateur.
- Je sais qu'elle a tué Shunji, c'est tout !
- Tu penses vraiment te protéger en omettant la vérité à la Vipère ?"

Cette fois, le doigt parti pour de bon dans le hurlement d'Hiroki. De l'autre côté d'une porte fermée braillait de terreur un enfant.

"D'accord ! D'accord ! Je t'en supplie arrête !"

Et Hiroki lui fit le topo sur ses cinq chiens de garde, l'appartement, son retour récent pour régler des affaires avec Saito et tout ce qui se savait communément dans la nasse noire de Tokyo. Des hésitations lui coûtèrent deux doigts de plus : l'index et l'annulaire. Il n'avait plus que de quoi faire un doigt d'honneur ou du stop. "Que lui veut Saito ?" Le restaurateur était rendu groggy par le sang perdu et les endorphines qui luttaient contre l'exécrable douleur. Maruo l'éveilla d'une nouvelle gifle, cette fois dans l'oreille dont le cartilage se mit rapidement à enfler - son ultraviolence contrastait avec le calme de sa composition.

"On ... souffla-t-il avec perdition ... on raconte que Gonzo Kobata est revenu. Tous les clans sont inquiets, tout le monde est inquiet. J'en sais pas plus, je te le jure !"

Gonzo Kobata - ce nom plongea Maruo dans un flou suspendu. Il en savait assez. Alors qu'Hiroki pensait avoir la vie sauve au prix de quelques doigts, la Vipère en décida autrement et se fit justice pour la trahison subie en croisant les sabres sur son torse qui s'ouvrit telle une outre. Il entra enfin dans la pièce voisine où se terrait la famille, et la suite, vous la connaissez : la Vipère ne laisse pas d'orphelin.

*

Lorsqu'il avait appris que Saito donnait réception à son gala de charité, et dans ce contexte où Gonzo menaçait, il savait que Ritsuko serait aux alentours. C'est là qu'il décida donc de frapper.

Le gala se déroulait dans une salle ultra-moderne attenante à un bâtiment tout en vitres. Sa hauteur sous plafond vertigineuse était scindée par un petit balcon d'intérieur qui en faisait le tour et débordait à l'extérieur par de grandes baies vitrées, bardé d'un ensemble compliqué de tubes d'acier agencés qui assuraient à la fois qu'on ne chute pas et qu'on les contemple. La structure même de l'établissement moquait tout ce à quoi il servait : un toit voluptueusement gondolé conçu par un architecte payé des millions qui auraient pu servir à autre chose, et qui abritait les richissimes donataires de Tokyo sans être un instant pensé pour la jeunesse qu'il était supposé inviter ; des oeuvres toutes en modernité dont la fracture aurait coûté des centaines de milliers ; l'absence totale d'une quelconque utilité pour la racaille - pas même l'appât du vol, puisqu'on avait volontiers fait garder la bâtisse. C'était une salle de réception par les friqués, pour les friqués.

Mais là n'était pas la préoccupation de Maruo. Il voulait frapper un grand coup pour faire savoir à Ritsuko qu'il était la priorité et non Saito ni Kobata, que si elle s'amusait à remuer l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête, elle devait s'attendre à ce qu'il la désarme pour la récupérer. Il voulait lui donner une correction davantage que la heurter - si inquiet qu'il était malgré lui pour la vie de cette enfant qui lui avait couru dans les jambes -, mais une correction pour la Vipère était un peu plus sévère que deux heures au coin. En réalité, il espérait être encore capable d'inspirer la peur à Ritsuko, elle qu'il savait être au meilleur de sa condition d'assassine - comme il l'était à son âge, machine à tuer - et lui qui avait beaucoup perdu ignominie.

*

Il s'était hissé sur le balcon extérieur de l'étage et attendait que l'un des hommes posté à la surveillance sorte pour fumer. Ces gens-là sont des âtres frénétiquement rattachés à leur nicotine, et passer six heures sous haute tension sans répit conduit fatalement à la faute d'inattention. Dans la nuit noire, Maruo repéra ainsi qu'une des baies vitrées s'était ouverte sur un point carmin de cigarette qui se consume. C'est le moment qu'il choisit pour s'avancer vers le tire-au-flanc et, profitant de l'effet de surprise, enfonça sans résistance la cigarette toujours allumée dans sa bouche du plat de la main. Avant que celui-ci ne puisse la recracher ou crier, l'assassin lui maintint la bouche close d'une main sous la mâchoire et de l'autre sur la tête. Il n'eut qu'à tourner d'un coup sec et puissant pour entendre la nuque céder, et il se débarrassa du corps en le laissant inerte dans un recoin de balustrade. Le loup entra dans la bergerie.

En smoking pour être inaperçu et ses deux sabres à la ceinture, il s'avança avec vitesse vers le second - ne voyant pas derechef le danger, l'homme ne tira pas, et ce fut assez de latence pour que Maruo se saisisse de sa tête et la cogne un grand coup, couvert par la musique, dans le mur juste derrière. Il jeta le corps derrière un bosquet de fausses plantes aux fleurs faites de couverts et peinturlurées dans une vision prétendument subversive. Il se saisit du pistolet à silencieux de sa victime pour abattre sans esclandres l'homme du balcon d'en face, puis observa à l'ombre ce qui se tramait sous lui et repéra Ritsuko à laquelle Hajime faisait glisser messes basses. Il tenta d'isoler des yeux les autres chiens qui étaient les véritables menaces de ce soir et se renfrogna quelque peu de voir sa protégée éduquer ces âmes en peine, lui qui lui avait pourtant si fervemment enseigné de ne s'accoutumer à personne - puis il se figura que lui-même ne s'était pas obéi, avec elle peut-être déjà, mais surtout avec sa femme et sa fille.

Maruo profita du discours de Saito qui commençait pour se glisser parmi la foule du rez-de-chaussée. Ces bonnes gens n'avaient aucune idée de qui il pouvait être, et Ritsuko était toute affairée à surveiller son supérieur - ainsi que son ordre de mission le lui sommait - en plus d'être accaparée par une dame de grand âge. Il se posta en revanche bien en ligne de mire de Hajime, et l'adolescent comprenant qui il était sembla se liquéfier : ilne pouvait interrompre sa mère ni alerter la meute dans le silence qui enveloppait la voix solennelle de Saito - il aurait risqué gros en le faisant, et pis que tout, aurait fait risquer gros à Ritsuko. Il se figea ainsi sur place et Maruo tint ce regard tendu d'une assurance crasse. Lorsque la musique reprit, affichant un sourire délecté sur le visage, il tira trois coups au plafond qui brisèrent le toit de verre s'effondrant ainsi sur le caviar d'invités qui se pressa soudain. Il croisa à travers la panique le regard de son ancienne élève dans ce qui lui sembla une éternité, mais elle se dut d'évacuer Saito et livra trois de ses chiens à défaut de pouvoir faire autrement.


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 Dc752805c85639eb55abab157abd49ac

Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider

Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon.
- Tolstoï

Ritsuko était du genre pragmatique. Le genre à faire défiler dans son esprit les pires scénarios possibles pouvant s’opérer sous ses yeux de par la main du pire des criminels à l’homme dépassé par l’âge. Et cela, en permanence. De sorte que qu'importe la tournure que prenaient les évènements, elle ne se retrouvait ainsi jamais dépassée, ni prise au dépourvu. C’était cet instinct de survie peu commun qui l’avait permise de se rendre aussi loin dans ce monde d’hommes au sein des Yakuza. Car pour des gens de sa nature, au moindre faux mouvement la chute était mortelle. L’erreur était pour ainsi dire, un cataclysme qui n’était pas seulement fatal à celui l’ayant causé. Mais parfois, l’erreur devenait une opportunité inespérée à la condition qu’elle était bien détournée. Et c’est ce que Ritsuko fît. Elle envoya d’abord ses chiens, en cela qu’elle voulait faire les présentations en bonne et due forme. Que Maruo découvre de ces arbustes mal déracinés tout le poison de leur sève. Cela avant de liquider tout possible témoins du grand retour de la Vipère. Ritsuko avait d’ores et déjà évacué Saito, le maire ainsi que sa femme des lieux. La police dans sa poche, elle savait qu’il ne lui suffisait que d’un coup de fil à passer pour que l’enquête qui s’ensuivrait soit tenue par les bonnes personnes. Plus tard dans la nuit, elle enverrait des professionnels fragiliser les fondations pour que l’on accuse la négligence de son architecte. Et lorsque plus tard, Saito demandera, elle répondrait tout simplement : Kobata. Ce que Maruo ignorait, c’est qu’il venait de lui faire une fleur. Au coût peut-être de quelques invités infortunés et de quelques millions de yen. Mais aux temps qui couraient, Ritsuko était prête à prendre tous les paris.


Une fois le convoi du Boss éloigné et assuré de sa sécurité, Ritsuko qui demeurait toujours parmi une foule hystérique, se saisit de son téléphone. Elle appela Hideo, toujours à l’intérieur des lieux aux côtés d’Hajime et d’Eiji. D’un calme noble, elle demeurait fixe dans la foule empressée de déserter les lieux par la peur d’un attentat politique.
- Hideo. Fais-moi un topo.
Hideo qui était aux côtés des deux autres Underdogs de la Yakuza, ne lâchait pas des yeux la Vipère qui se tenait à l’autre extrémité de la salle, toisant narquois et maraudeur les trois jeunes hommes.
- Elle est devant moi.
- Est-ce qu’il y a des hommes de Saito avec vous ?
- Oui.
- Tue-les sur le champ.

Hideo, le téléphone collé à la tempe tira d’une main habile, abattant les hommes tel que sommé par sa maîtresse imité d’Hajime. Ils ne leur laissèrent pas le temps de réaliser la traîtrise. Eiji de son côté, observait de ses yeux sombres la Vipère, faisant articuler agilement dans sa main un petit canif d’un bout à l’autre de ses doigts. L’autre main dans la poche, manifestait son impassibilité quelque peu déconnectée de la situation. Ritsuko qui de son côté entendait grésiller à son oreille les coups de feu, ne poursuivit qu’une fois que ceux-ci cessèrent.
- Bien. Maintenant écoute moi attentivement. Ne l’attaquez pas. Vous y laisseriez votre peau.
N’entendant pas de réponse de la part d’Hideo, Ritsuko repris plus autoritaire sans perdre toutefois de son calme.
- Hideo. Est-ce que tu m’as bien comprise ?
- Oui.
- Bien. Ne retournez pas à l’appartement avant que je ne vous le dise. »

Sur ce, elle raccrocha.
Voilà que se tenait droit et menaçant, trois des laissés pour compte de La Vipère à deux têtes. Les Underdogs étaient le gang personnel de Ritsuko. Composé d’adolescents et jeunes adultes que Ritsuko avait sauvé à deux reprises. La première fût d’une mort certaine. La seconde, en les affranchissant de l’humiliation quotidienne que leur faisait subir la société en raison de leur incapacité à s’y intégrer. Le trauma de certains d’entre eux s’était matérialisé en des comportements déviants et dangereux, incompris par leur entourage si pas tout simplement rejetés. Hideo était un jeune homme fin et d’une stature musculaire imposante. Il avait le même âge que Ritsuko lorsqu’il fît sa rencontre, alors recroquevillé sous son lit le soir où elle avait fait répandre le sang de ses parents avec Maruo jusque dans les planches de sa chambre. Au contraire des autres, il était venu de lui-même la retrouver lorsqu’il était en âge et surtout suffisamment excellent dans tous ce qui touchait au maniement des armes à feu afin d’impressionner sa maîtresse, dont il s’était aussi épris. Hajime, d'un an plus jeune que son confrère, était le cerveau du groupe. D’une sagacité rare, il était celui qui guidait étroitement Ritsuko dans ses entreprises. Il maniait aussi suffisamment bien les armes pour se retrouver sur le terrain et guider le groupe lorsque Ritsuko n’en était pas à la tête. Eiji était le seul qui ne s’était pas retrouvé affligé de la mort de ses parents. Il se tenait aux côtés de Ritsuko par affiliation plutôt que dévotion. Ritsuko avait d’ailleurs fini par déceler, à le voir grandir auprès d’elle, la psychopathie de son protégé dont le regard recelait de mille et une folies desquelles elle se méfiait avec raison. Elle savait qu’il n’était qu’une question de temps avant que celui-ci n'explose, mais comptait bien trouver utilité à celle-ci lorsqu’elle se produirait. Quant à Yuri, étant mineure, elle n’avait pu faire part à la soirée. Son jeune âge ne la rendait cependant pas moins redoutable que les trois autres.
- Salopard… Si tu savais comme j’attendais ce moment… » se disait Hideo à lui-même, perdu momentanément dans une transe à laquelle Hajime s’empressa de mettre fin.
- Hideo! » avait-il aboyé, l’attrapant par le col de sa chemise pour le ramener à l’ordre. « Déconne pas, c’est pas le moment de tout faire foirer. »
Les deux jeunes hommes échangèrent un regard tendu et surtout entendu, puis se dirigèrent vers la sortie suivit d’Eiji. Hajime lâcha un dernier regard en direction de La Vipère, réprimant la manifestation de l’émotion immense qui le pesait à sa vue, puis disparut passer l’encadrement de la porte.



Ritsuko n’avait pas pris la peine de se changer. La situation ne la lui permettait pas. Elle avait sous-estimé la réactivité de son mentor, même si au final elle avait su en jouer. Sa visite d’il y a un mois ne l’avait ainsi pas laissé suffisamment pantois pour demeurer caché derrière ce Jinpachi des îles et semblait même au contraire l’avoir rodé d’une détermination nouvelle. Ce constat la réjouissait, elle craignait Maruo d'avoir perdu de ses habilités après tout ce temps passé à vider les poissons. Elle se tenait nonchalamment sur le rebord de son balcon, dans l’attente de l’entendre déambuler dans son appartement. Elle se doutait Maruo s’être informé et disposer de la moindre information à son sujet, sauf bien sûr celles sur ses activités personnelles dont la mafia elle-même n’était pas aux faits. Devant elle se dressait la ville de Tokyo brillant de tous ses feux et qui témoignerait de leur bras de fer ici haut. S’il n’acceptait pas son marché, cela voudrait dire en finir maintenant et ici même. Pour une fois, elle était celle à s’impatienter de découvrir ce qui les attendait au tournant de leur destin.
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 2 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"Construire un meilleur piège à souris ne fait que créer des souris plus intelligentes" - Charles Darwin

Il était heureux de n'avoir pas perdu la main. Après ces années où il jouait le rôle d'un père labile, mal-aimant et désadapté, chérissant sa fille certainement et peut-être sa femme dans une moindre mesure, il réalisait combien cette vie-là, celle d'un criminel redouté, lui était plus savoureuse. Cette carrière ne le mettait jamais dans un échec d'où il ne pouvait revenir, alors que quelques fois où il était insensible avec Kumi, elle lui donnait ce regard de Je ne te le pardonnerai jamais qu'il recevait plus fatalement qu'une balle en plein foie. Satisfait de son effet donc, et léger d'abandonner sa mascarade de poissonnier pour celui qu'il était vraiment, il se rendit dès le lendemain de son guet-apens dans un café où il acheta journal et viennoiserie.

La une faisait bien sûr mention de la catastrophe qui s'était déployée par sa faute la veille et Maruo y constata avec quel brio sa protégée et rivale avait étouffé la réalité. Il se sourit à lui-même de voir que c'était quelque chose qu'il n'avait pas pu lui apprendre - lui-même détestant les relations et autres entourloupes - et qu'elle avait appris aux côtés des yakuzas qu'il exécrait. Il se décida tout de même à ouvrir le papelard pour y fouiller ce qu'il avait appris à apprécier avec la lenteur de sa vie en bord de marées : les sports. Ce n'est qu'une fois le journal déplié qu'une carte s'en échappa et il la saisit - un mot y était inscrit à son attention.

Citation :
Vipère à deux têtes,
Bon retour. Comme toi je sors de la retraite.
J'ai à te parler.
Garage Yashio à 17h30, ne sois pas en retard.
G.K.

Maruo lança une oeillade au jeune homme qui l'avait servi au comptoir, mais celui n'était plus et avait été remplacé par une collègue - il ne travaillait assurément pas ici du tout. Le mercenaire sourit à nouveau se délectant de l'animosité qu'il suscitait dans le paysage criminel.

G. K. Gonzo Kobata.

*

Depuis qu'ils vivaient ensemble pour de bon, Ritsuko était devenue une véritable femme d'intérieur pour Maruo. Elle s'occupait des tâches ménagères et elle travaillait avec lui en l'échange de quoi il ne faisait que l'héberger et lui laisser quelques billets pour les courses. Il n'échappait pas au jeune homme d'alors 34 ans pourquoi elle s'astreignait malgré elle à tout cet ouvrage avilissant : aussi curieusement qu'il le lui parut, elle était éprise de lui au moins autant qu'elle souhaitait sa mort. Lorsqu'il revenait seul et blessé de mission, elle serpentait toute en miel autour de ses plaies, et se plaisait à le voir frissonner des gazes froides qu'elle apposait sur sa peau.

Un jour qu'il était convalescent pour une balle prise entre les côtes, ennuyé de n'avoir rien à faire et Matsumoto étant occupée par d'autres clients, il se décida à ranger le foutoir qu'avait laissé leur train de vie singulier. C'est à cet instant qu'il était tombé sur la carte des Mantes Assassines cachée dans un tiroir de linge de sa protégée et qui le plongea très injustement dans une fureur qu'il ne comprenait pas. Maruo jalousait pour la toute première fois, estimant que Ritsuko et lui pourraient mener cette existence ad vitam aeternam, ce qu'il croyait mériter puisqu'il l'avait presque élevée. Sa mémoire se passa bien de lui rappeler quels desseins sombre la jeune femme avait toujours nourris pour lui et que la romance ne pouvait pas aisément essuyer, mais aussi l'enfer dans lequel il l'avait plongée en la faisant orpheline. Comment osait-il s'offusquer de la voir nourrir d'autres ambitions que la vie fade et lancinante qu'il lui offrait ?

L'inconnu de cette sensation le saisit avec d'autant plus d'intensité qu'il réalisa d'où elle lui venait : la jalousie naissait de l'attachement, et c'était là le comble de son drame.

*

Maruo était appréhendé comme un explosif - de mille et unes précautions. Trois hommes armés l'escortaient du pieds du garage à une salle à l'étage tenant leurs canons enfoncés dans son dos, mais le mercenaire était tranquille : si Kobata désirait le recevoir, aucun de ces hommes ne prendrait le risque de l'abattre. Ils achevèrent leur expédition dans une pièce de beau volume au centre de laquelle campait une table ovale en merisier et que seules deux chaises de bureau, chacune à une extrémité, paraient. En face de la porte était assis un homme d'une soixantaine d'années, crâne chauve et bouc blanchi, vêtu d'un costume britannique. Il jurait en tout point avec la tenue décontractée de Maruo et la façon dont il avait pris place avec nonchalance. Derrière lui, une femme en tailleur, flingue à la ceinture et document ramassés contre sa poitrine faisait office de décoration davantage que de secrétaire. L'homme se mit à parler.

"Je suis heureux que tu aies accepté de venir, autrement nous aurions dû venir te chercher.
- J'aimerais bien voir ça !
se gaussa le mercenaire.
- J'ai un marché à te proposer.
- Attendez, vieille branche. Je pensais rencontrer Gonzo Kobata."


L'homme demeura interdit sur sa chaise et sondait Maruo dans l'incompréhension. D'un signe qui n'échappa pas au quadra, la femme renvoya les trois types armés dans le couloir, et d'un mouvement qui n'égarait pas davantage la Vipère, elle planta droit dans le crâne du sexagénaire un couteau. Celui-ci écarquilla grand les yeux dans un instant qui dû lui paraître une éternité puis laissa choir, sans vie, son front sur la table. Cette tête chauve parut drôlement à Maruo comme un rocher réceptacle d'une Excalibur bon marché - il se perdit à en ricaner.

"Vous me prenez vraiment pour un imbécile ! s'exclama-t-il enfin. Ca paraissait évident que vous n'alliez pas mettre le vrai Kobata en face de l'homme le plus dangereux du Nippon.
- Maintenant que les masques sont tombés, parlons,
lui asséna la jeune femme."

Elle avait des traits et un accent Européens, un carré blond vénitien perturbé par des boucles et encadrant un regard émeraude moucheté tout autour de tâches de rousseur. Maruo se leva pour la toiser, elle n'était pas non plus Gonzo évidemment.

"Kobata est une excuse, nous venons de la part des Mantes.
- J'aurais dû m'en douter, y a que chez vous que les filles sont aussi jolies.
- Notre Mère se meurt."
Elle plantait ses yeux dans ceux du Japonais alors qu'il s'approchait d'elle. "C'est Ritsuko qu'elle a choisie pour la substituer." Ils n'étaient qu'à quelques centimètres et la voix de la jeune femme se perdait dans son souffle - intimidée, ou charmée peut-être.

Maruo quant à lui sentait grogner en son sein la même rage qui l'avait autrefois saisie lorsque, quelques années auparavant, les Mantes Assassines avaient cherché à lui cueillir sa protégée. Il ne pouvait concevoir de Mère à Ritsuko : si quelqu'un avait été un parent pour elle, selon le mercenaire du moins, c'était bien lui. Habillé du calme qu'il revêtait lorsqu'il était le plus sinistre, il coiffa avec douceur l'Européenne en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille. Comme s'il parlait d'autre chose, ou à lui-même, il prononça tout bas.

"Belle et violente. C'est une femme comme vous qu'il m'aurait fallu.
- Mais vous êtes père de famille maintenant,
esquissa-t-elle comme pour se défendre de la morsure de l'amphisbène.
- Au Honshu je ne suis que la Vipère à deux têtes."

Il s'approchait comme pour l'embrasser, mais au dernier moment, il s'amusa à introduire deux doigts dans la bouche de la jeune femme. Dans sa surprise étonnée, elle ne chercha pas à protester et Maruo lui extirpa une fiole de somnifères de derrière les gencives et qu'elle devait garder pour se défendre de lui. Cette fois, il fut pris d'un rire franc et se détourna tout à fait d'elle. "Je m'en doutais ! Je suis empoisonné par petites doses de cyanure depuis que j'ai six ans, vous auriez sûrement eu besoin de plus que ça pour m'arrêter. Allons bon. Qu'est-ce que les frileuses Mantes peuvent bien vouloir de moi ?"

La femme au carré se rassembla de sa frayeur et reprit plus cinglante. "Nous savons que vous entretenez un lien privilégié avec elle et qu'elle a cherché à vous approcher. Nous aimerions que vous la conduisiez jusqu'à nous. Aujourd'hui elle est intégrée dans une famille mafieuse et nous ne souhaitons pas nous en approcher."

L'expression du meurtrier se transfigura en un rictus de dégoût. Les Mantes, lui réclamer de la détourner de Saito, grands diables, de lui-même ? Quel culot. "Je verrai ce que je peux faire, concéda faussement Maruo."

Puis il croisa ses sabres sur le torse de la jeune femme et la laissa pour morte sur le sol en compagnie du vieillard qu'elle avait elle-même tué.

*

Le soir même, il se rendit à l'appartement de Ritsuko et y croisa un de ses Chiens sans même entrer. Avant que ce dernier n'aille quérir sa mère, Maruo lui tendit un mot à l'attention de sa protégée. "Tiens cabot, je ne vous ferai pas de mal. Donne ça à ta maîtresse."

Citation :
Parlons affaires.
Tu sais où je me trouverai.
Demain dans la nuit.

Et il se rendit à leur ancien appartement pour l'attendre à son tour. La roulotte à ramen n'y existait plus.


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