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 Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras

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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'

"Newton’s third law. You gotta leave something behind."

Il ne l'avait pas revue de si près depuis qu'elle était venue le menacer chez lui, à Sado. La finesse de sa complexion. L'obscurité de son regard. La raideur de sa nuque. Toute sa colonne épousant la violence de son sabre. Il la voyait aujourd'hui, il la revoyait chaque fois qu'il l'avait croisée - mais il n'ignorait pas qu'à chaque rencontre il lui faisait moins peur. Elle avait disparu un jour, pouf. Et la proie devint chasseuse.

*

Il devait être trois heures du matin lorsqu'il était rentré à l'appartement après son contrat - il lui avait fallu récupérer une cargaison de crystal. "Je suis mercenaire, pas routier, avait-il objecté." Mais ça payait plus que bien et surtout il s'agissait là d'arranger le patron de Matsumoto sur qui ce dernier se serait probablement vengé si tout ne s'était pas passé comme prévu (comment Maruo n'avait-il pas pu prévoir que s'enamourer l'enchaînerait déjà à cet instant ?). La Vipère avait trouvé un compromis entre son identité et la nature de l'emploi en récupérant la cargaison après avoir décimé tous ceux qui l'avaient subtilisée. "Pour le dédommagement."

Il avait reçu ce jour-ci une balle dans l'épaule dont il traînait toujours une cicatrice renfoncée dans la chair et qui lui démangeait si le temps devenait humide, et l'état de sa clavicule jamais opérée depuis lors lui donnait encore du mal à se suspendre à bout de bras. Mais le véritable coup dur était d'entrer dans un appartement vide. Vide d'elle. Ce n'était pas la première fois bien sûr, mais il sentait dans ses boyaux que les choses étaient différentes - comme un parfum de silence éternel. L'inchangé, l'immobilité de l'appartement lui venaient comme un diable qui serpente les jambes pour mordre dans la poitrine. Il souffrait de la solitude comme il souffrait des présences, incapable d'être au monde autrement que pour y mettre fin.

Une panique le rendit fou - il défit le lit soigneusement arrangé par Ritsuko, retourna sa commode vide de tout effet personnel, renversa les sachets alourdis d'épiceries que la jeune femme n'avait pas rangées. Le départ de sa protégée le blessait dans son égo, lui qui n'avait rien vu venir, qui estimait que leur vie perdurerait en l'état, il lui reprochait - à elle - de n'avoir pas su anticiper et de s'être laissé prendre au dépourvu. Mais surtout, il s'inquiétait d'elle et elle lui manquait. Toute cette rage lui aveuglait cette réalité, mais ce sentiment indéfini qui lui brûlait l'âme, c'était l'affection.

Sa blessure le somma de s'asseoir pour se recoudre et retirer la balle, ce qui lui donna également le temps de réaliser. Il repensa à la carte qu'il avait un jour découverte dans ses affaires - elle devait être partie chez les Mantes. Il eut beau l'attendre, il ne la reverrait que bien des années plus tard.

Mais la haine a plus fort pouvoir d'attraction que l'amour et, Ritsuko luttant des deux bouts, il savait qu'elle reviendrait.

*

"Tu te doutes bien que je n'ai pas fais tout ce chemin pour parler du beau temps."

Il répéta ainsi la menace tacite qu'elle lui avait intimée cette fois où elle s'était présentée devant la garderie de Kumi, installé dans le fond du salon, allumant une cigarette dont le rayon incandescent signalait sa présence malgré l'obscurité. L'appartement avait fini par servir de squat et il s'y trouvait quelques fauteuils éventrés colonisés de déchets en tout genre dans lesquels il s'était trouvé une place. Une ordure parmi les ordures, en quelques sortes. Le rire dans sa voix cachait son émotion.

"Espérais-tu me voir après le spectacle d'hier soir ? Jolie réception. Le temps est long quand on appréhende une visite, j'en sais quelque chose."

Il faisait référence à ces semaines patientes où il attendait qu'elle sévisse sur sa famille. Il se leva enfin et les lueurs artificielles des lampadaires l'éclairèrent à travers une fenêtre. Quelques sillons au coin des yeux laissaient transparaître sa quarantaine passée, de même que ses cheveux délavés par endroit qui rendaient d'argent le contour de ses tempes, réunis nonchalamment comme depuis toujours à l'arrière de sa tête. L'éclairage frappait en plein sur cette balafre qui barrait son front et tranchait le sourcil, souvenir d'un coup esquivé in extremis et qui aurait pu l'éborgner - à ses collègues de la pêche, il avait raconté un accident de navire, un crochet pris dans la tête et embarqué par le vent. Il était mal rasé, la barbe pointant sous la peau - il était aussi épuisé. De ces derniers jours. De ces dernières semaines. De ces dernières années. De cette dernière vie. La fatigue se voyait sur l'affliction anesthésiée de ses expression et le masque sombre qui plongeait ses yeux minces dans le bleu nuit.

"Tu es venue me trouver parce que tu as besoin de moi. Alors me voilà."

Lui avait-il une seule fois fermé la porte au nez ? Quoiqu'il eût plongé l'enfant qu'elle était dans l'enfer qui l'incendie depuis ses toutes jeunes années, et quoiqu'il eût été brutal et négligent, il avait en effet eu le mérite d'avoir toujours répondu présent. Il embrassait mieux l'affection contradictoire qu'il avait pour Ritsuko et ne la censurait plus - l'âge était à la maturité. Maruo jeta la cigarette sur le béton déshabillé du sol et l'écrasa du talon.

"Tu as une cible pour moi, ou ... je suis la cible ?"


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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 Dc752805c85639eb55abab157abd49ac

Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


Father and traitor, daughter and terror

Ritsuko s'avança doucement dans la pénombre. Elle comblait indéniablement l’espace de son aura si particulière, si meurtrière. Les ténèbres ne la précédaient pas, elle les apportait avec elle. Pas une seule fois son regard n’avait balayé les lieux qui pourtant, recelaient de tous ces souvenirs d’antan, de cette autre vie qui n’avait su leur suffire. Lui suffire. Elle fixait plutôt, et avec beaucoup plus de réserve qu’à la garderie, ce point lumineux dans le fond du salon. L’ironie, pas plus que le sarcasme qui s’éleva et qui perça le silence ne la toucha lorsque son ancien mentor lui renvoya ses propres paroles. Elle s’arrêta et se contenta de poser les yeux sur les ténèbres qui l’engloutissait et qui ne laissèrent pour vue que la pointe de ses chaussures. Elle était heureuse de constater qu’il avait abandonné ce personnage désuet en tongs derrière lui. La Vipère était bel et bien de retour et cette perspective de retrouver l’homme qu’elle connaissait la réjouissait. Elle n’aurait pris aucun plaisir à tuer un père de famille. Un assassin toutefois… c’était une toute autre affaire, et elle en faisait la sienne.

— En effet. » Concéda-t-elle. « Tu y as laissé un joyeux bordel… Mais j’ai depuis longtemps pris l’habitude de nettoyer derrière toi… nettoyer le sang entre les planches. » faisait-elle référence à leur passé commun qui n’avait pourtant connu aucun avenir, si ce n'était d'avoir annihiler celui des autres.

Son ancien mentor quitta les ténèbres et elle put s’attarder un instant sur le visage du quadragénaire, y lire quelconque intentions cachées s’il y en avait là. Il avait encore changé, depuis la dernière fois. Il n’échappait pas à Ritsuko la lassitude dissimulée sous la sévérité de ses traits. Il n’avait pas fait dans la dentelle non plus, il avait visé haut pour son grand retour. Elle fît le premier pas vers lui pour combler la distance entre eux. Ses cheveux noirs de jais semblaient flotter derrière elle si légers semblaient-ils, comme si animés d’une volonté propre. Ce n’est que lorsqu’elle s’arrêta à quelques centimètres devant lui qu’ils lui retombèrent sur le visage, inerte. Ils traversaient celui-ci, ne laissant entrevoir ses traits impassibles et cet air impavide qui ne la quittait jamais, que par fragment. Elle ne le lâchait pas des yeux, le sondait dans le silence afin d’y déceler une quelconque traîtrise à venir. Les mains toujours reposant dans le fond de ses poches, son corps ne trahissait pas ses incertitudes, si là y en avait. La lumière du lampadaire qui perçait à travers la fente des rideaux dévorés en partie par les anthrènes, donnait à sa peau une blancheur tout à fait livide. Parfaitement immobile, elle respirait si doucement qu’il était presque impossible de déceler la vie en elle. Sa poitrine ne se relevait que part moment et subtilement. Quant à son regard, il était éteint. La seule lueur qui traversait ses yeux par moment était la flamme d’une colère indocile, témoignant et trahissant de sa seule faiblesse. Maruo, plus d’une fois en avait été l’étincelle. Dernière émotion qui l’habitait encore. Dernière trace d’une humanité si peu désirée. Dernier rempart de ce qu’elle fût autrefois. Sur son visage laissait paraître l’effluve d’une jeunesse consumée par la rancœur, la laissant ainsi sans distinction d’âge, ni d’état la plupart du temps. Le souffle suspendu, l’oeil acéré plongé dans celui de Maruo l’autre caché par une mèche de cheveux, elle posa une main délicatement sur l’épaule de la Vipère et approcha ses lèvres de son oreille :

— Et toi, tu es venu me trouver parce que tu sais que tu n’as pas le choix…» Un rictus dissimulé par ses cheveux étira finement ses lèvres. « Néanmoins, je crois que ce que j’ai à te proposer va te plaire.

Elle ramena sa main à elle, passa dans son dos et alla s'accoter sur le rebord de la fenêtre. Elle tira légèrement sur le rideau et jeta un œil dans la rue afin de s’assurer qu’il était venu seul lui aussi.

— La cible que je vise est plus grande qu’un seul individu.

Ritsuko lâcha le rideau et replaça son regard froid sur l’ex-mercenaire. Il ne devait pas être sans savoir qu’elle avait pris certaines dispositions pour s’assurer de sa participation "volontaire" dans son entreprise suicidaire, quoiqu’elle ne trouva pas nécessaire de le lui faire savoir tout de suite. Elle avait le pressentiment que Maruo attendait ce moment depuis longtemps. Une excuse pour faire couler le sang à flot de nouveau. Ritsuko était son excuse : un de ses chiens qui se trouvait sur l’île de Sado n’attendait que d’un appel de sa part. Elle lui annonça le plus calmement du monde :

— Je vais décimer le clan. Dans sa totalité. Et je veux que tu sois là pour me couvrir. Je n’ai confiance en personne... » elle avait pesé ces derniers mots. «  De plus, ils connaissent mon visage, mais la nouvelle génération ne connaît pas le tient. Je pensais jouer de cette carte. Tout simplement.

Mensonges et demi-vérités mêlés, elle omettait de dire à son ancien mentor qu’elle comptait bien qu’il y laisse sa peau dans l’opération. Elle s’en assurerait personnellement. Son plan prenait déjà tranquillement place. Cela avait commencé en retournant les deux familles Sumiyoshi-kai et Tōa-kai contre elles quelques mois plus tôt en créant un conflit de territoire qui n’attendait que l’étincelle pour imploser. Ensuite, il ne resterait plus que les Inagawa-kaï et le clan de Saito, les Yamaguchi-gumi. À partir de ce moment-là, elle savait que les choses se compliqueraient. Que les doutes seraient de la partie et qu’elle devrait possiblement déserter son rôle de lieutenant dès qu’elle dénoterait un changement de caractère en son chef. De plus, l’ombre de Gonzo Kobata n’était pas bien loin. Elle comptait bien l’inclure à la partie, lui aussi. Que de retrouvailles qui les attendaient tous à la croisée de leur destin. Ritsuko était confortée dans l'idée qu'ils étaient tous méritant du sort qu’elle leur réservait et que dans le cas contraire, elle l'était tout autant.

— Après cela, tu pourras retourner auprès de ta famille l’esprit tranquille. Tu ne me verras plus jamais. Une retraite bien méritée pour un assassin dans ton genre. Qu’en dis tu ?

Elle pouvait discerner malgré la fatigue qui recouvrait son visage, l’excitation voilée du tumulte de ces dernières heures qu’il avait causé. Et en un regard, Ritsuko savait. L’odeur du sang lui avait manqué.
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 Captur16

On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


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"Guess no matter how hard we try. Fate's gonna keep throwing us back together!."

"C'est toi le petit Maruo ?"

L'enfant ne dormait que d'un oeil et darda un de ses deux katanas à l'individu penché au-dessus de lui ; son front se plissa dans une sévérité d'homme qui dévisageait la fraîcheur de ses traits. Le type qui lui avait adressé la parole endossait une toute récente trentaine dans un costume à la coupe droite, vintage et élégante. Un larbin à ses côtés tenait un parapluie pour l'épargner de ces grêlons qui décharnaient le jeune Maruo à mesure qu'ils lui tombaient sur le dos, et le souriant trentenaire le lui prit pour abriter l'enfant.

"Je ne vais pas te faire de mal. Tu sais, j'ai appris ce que tu as fais à tes parents.
- Dégagez si vous voulez pas finir pareil,
persifla avec méfiance l'adolescent.
- J'ai du travail à t'offrir, Maruo."


Travailler signifiait ne dépendre de personne, une perspective qui faisait baver - en plus de la faim - l'ambition du jeune garçon. Après avoir contemplé le meurtre de ses parents et les conséquences qui auraient pu lui tomber dessus, Maruo avait emmené un sac de nourriture et était parti, sabres à la ceinture, au hasard de la ville comme un mendiant. Voilà des semaines qu'il déambulait sans but, inadapté à la vie d'enfant, trop égaré pour se faire aimer de malfaiteurs, et qu'il souffrait sans ciller le froid et l'eau qui s'abattaient des cieux. Torturé depuis, peut-être, qu'il tétait encore, le vent ne l'ébranlait guère, et il avait au moins suffisamment de talent pour se défendre des détrousseurs.

Maruo avait fait parler de lui : cet enfant-arme qu'un couple de mafieux désireux de grimper les échelons avait tanné pour endurcir, qui assassine ses bourreaux avant ses premiers poils et disparait dans la nature filant entre les doigts de la police, c'est prometteur. Et cela, ce démarcheur peu commun l'avait très bien compris - ce qu'il avait également compris, c'était par quels biais manipuler l'âme mutilée de cet enfant.

"La mafia est une organisation de porcs, comme tes parents. Et j'ai des choses à leur faire payer, comme toi. Je pense qu'on peut faire affaires.
- Je dois faire quoi ?
- J'ai une liste de futurs morts."


Maruo contempla sa courte existence. Y avait-il autre chose pour lui que le meurtre ? La rue ? Le meurtre dans la rue ? Il se dit très tôt que l'argent était préférable à une tendresse, plus fiable du moins, et accepta la main tendue de l'homme qui le ferait rentrer dans un genre de criminalité dépassant les organisations et achèverait de l'insensibiliser à la peur qu'il inspirerait.

"J'ai faim, fut la première requête du très lucide jeune homme. Un repas ça sera mon acompte."

Le larbin reprit le parapluie sous les rires du patron.

"Allons manger quelque chose, dans ce cas."

Puis sur la route.

"Au fait. Tu peux m'appeler Monsieur Kobata."

*

L'assurance qui l'enveloppait désormais rendait Ritsuko plus désirable à son ancien mentor, comme si de l'enfant qu'il l'avait toujours vue être, elle était devenue femme. Une étincelle de fierté - sûrement - et d'envie - peut-être - luisait dans le regard patient qui suivait la ronde la Mante. Il savait qu'elle avait un coup d'avance. C'était cette faculté de ceux qui gravitent dans la mafia - ils sont les as de la fourberie. Ce sont eux qui imposent la torture à des enfants de six ans. Ce sont eux qui payent les flics pour les couvrir. Ce sont eux encore qui remboursent des années de sollicitude par des morts indignes. Maruo pouvait-il s'en offusquer, lui le tueur de veuves et d'orphelins ? Elle lui tournait autour, si proches, qu'ils se sentaient respirer. Il pensa à son départ - le souffle commun de Kumi et Matsumoto tandis qu'il livrait la maison à elle-même. Il eut fallu qu'il soit déjà redevenu la Vipère avant de mettre les pieds sur l'île principale pour avoir pu les abandonner - au nom de quoi, d'une sacro-sainte poussée d'impatience ? D'un égo effarouché ? D'une impulsivité invoquée ? C'était sa nature tout simplement. Aller au devant de n'importe quoi. Meurtre ou paternité.

Il voyait de moins en moins de lui en Ritsuko et ses méthodes. Mais il voyait comme il ne la rendait pas indifférente. A quel point la rage la dévorait encore malgré l'ouvrage difficile des Mantes à détruire toute individualité dans leurs filles. C'était pour lui une victoire - non sa souffrance mais ce lien indéfectible sur lequel elle s'acharnait sans pouvoir le rompre. Peut-être organisait-elle sa mise à mort, oui, mais il était toujours le maître de ce lien là. Une phrase le lui confirma - "Je n'ai confiance en personne ..."

Dos à lui les yeux rivés derrière les rideaux, elle ne vit pas son expression s'arquer en sourire mais il ne l'interrompit pas pour s'en enorgueillir. Alors qu'elle conclua sur ses propositions de marché, il se tourna vers elle, brûlant. Il était ouvragé par son existence mais ne l'aurait échangée pour rien au monde - les choses devenaient foutrement intéressantes. Il décocha enfin tout le magnétisme d'une expression amusée. "Tu me fais peut-être confiance, mais pas moi." Il ponctua sa réplique en agitant le téléphone de Ritsuko dans sa main (se méfiant en effet d'elle comme de ses contacts), qu'il lui avait subtilisé alors qu'elle s'était approchée de son oreille, puis reprit du sérieux pour le lui envoyer dans une passe. Maruo n'était pas un homme à faire chanter. Pressez le canon sur sa tempe, il appuiera sur la détente. "C'est pas au vieux singe qu'on apprend la grimace."

Il s'adossa au cadre de porte, regardant distraitement les amoncellements de détritus. "Nul besoin d'une contrepartie. La simple idée d'imploser la mafia suffit à me convaincre." Et il s'approcha à nouveau d'elle, proches comme elle s'était mise plus tôt, mais cette fois personne ne se déroba vers des rideaux. "En revanche, si on ressort vivants de cette entreprise, ce n'est pas d'une retraite que je veux." Il sembla s'approcher plus près si c'était encore possible. "Je veux un affrontement loyal à mort. Et on achève ce que j'aurais dû faire il y a près de 15 ans." Et s'il s'en sort, alors la retraite s'imposera d'elle-même.


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Ritsuko
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J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



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Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


One cannot be betrayed...

Elle le vit sortir d’une de ses poches son second téléphone qu’il agita devant ses yeux, celui qu’elle se servait pour les affaires dont elle ne voulait pas la mafia être concernée.

— Je n’en attendais pas moins de toi… » Un petit sourire étira ses lèvres tandis qu’elle attrapait habilement le cellulaire qu’il lui lançait.

De la proximité qu’il lui imposa, elle dû relever la tête pour soutenir son regard. Un rictus figé dans le coin des lèvres de la jeune femme exprimait son amusement. L’ancienne figure paternelle qui semblait dégager une tension tout autre désormais - et Ritsuko n’était pas sans savoir que les hommes demeurent malgré tout des hommes - tentait de reprendre pouvoir là où elle ne lui en laissait pas. S’il croyait faire face à l’adolescente éprise qu’elle était autrefois, il ne saurait tarder de découvrir qu’elle n’est plus. Ritsuko l’a tuée. Si l’amour avait un jour fait de l’ombre à la vengeance, les Mantes avaient été un moyen conscient de s’euthanasier d’elle-même. Elle qui avait été vraisemblablement incapable de faire un trait ni sur l’amour, ni sur sa haine. Le procédé des Mantes n’aura pas eu raison d’elle, mais lui aura tout du moins permis de se débarrasser de l’un de ces affligeants sentiments qui lui collait l’âme depuis trop longtemps.

— Toujours aussi vieux jeu à ce que je vois! Tu ne changes pas… Un duel et une mise à mort dans les règles, ce sera donc. » Ses yeux brillaient d'une lueur d’excitation terrible.

Elle l’empêcha de s’approcher d’elle davantage en lui tendant sa main à secouer pour conclure l’entente. Si tout du moins, à ses yeux, sa parole valait toujours quelque chose. Elle était prête à mettre ses pulsions meurtrières de côté et le laisser pour la grande finale s’il lui assurait de ne pas s’y dérober. La finalité de son entreprise n’en sera que d’autant plus satisfaisante. Il lui servait son plus grand fantasme sur un plateau d’argent. Elle savait d’expérience que Maruo n’était pas homme de mensonges, ni de détours, encore moins de tromperies. Cette demande était sans réelle surprise et tout à fait de caractère. Maruo était sans nul doute meilleur assassin qu’il ne devait être père et Ritsuko se demanda s’il éprouvait quelconque remords d’avoir déserté son tout dernier rôle. Si la crainte de ne plus jamais revoir sa famille ne faisait-elle pas naître en lui la peur de trépasser avant l’heure. Elle se déroba de lui, passa de nouveau dans son dos, volatile, agile, indocile qu’elle était.

— Tu connais le mythe Kobata, Maruo, non ? Il a osé faire une chose que personne d’autre n’aurait fait. Il s’est détaché de toutes considérations matérielles. Et toi et moi, plus que quiconque, savons à quel point elles peuvent être enfermantes, n’est-ce pas ? » Elle laissa le silence peser à la suite de ses paroles, durant lequel elle se perdit un court instant à pénétrer violemment son regard de par la haine qui recouvrait le sien. Il l’a décevait profondément de s’être laissé attendrir de la sorte, de s’être laissé abrutir, de s’être amouraché de cette autre qui dormait d’un sommeil paisible sur son île. Elle qui de son côté ne s’était fait aimer de personne, pour n’aimer jamais personne et lui, qui avait abandonné ses propres principes pour se faire aujourd’hui appeler “papa”.  « Pour préserver sa liberté, il a préféré abattre lui-même sa femme et ses enfants. » souffla la tranquille Mante retenant un sourire méprisant d’outrepasser ses lèvres et qui préférait lui laisser le soin de faire le parallèle. « Tu t’es imputé de la pire des faiblesses Maruo, c’est navrant. » La Mante traversa la pénombre habilement jusqu'à la cuisine et là, elle s'appuya sur le rebord de la table. « Le vrai génie de Kobata... est qu’il a eu la finesse d’esprit de ne jamais s’affilier à quelconque famille mafieuse. On sait qu’elles sont toutes des nids à vipères et de traîtrises. Lui, passait par de nombreux mercenaires de sorte que tous les assassins du Nippon travaillaient à son compte sans savoir qu’ils le faisaient. »  Le regard perçant qui traversa le voile de ses cheveux devint soudainement accusateur.  « Mais ça, tu le sais déjà. N’est-ce pas ? »  Lui demanda la jeune femme qui se doutait très bien de la réponse. Elle était convaincue que son ancien mentor devait avoir travaillé par le passé, et plus d’une fois, pour le diable. Peut-être avait-il même cherché à découvrir l'identité de celui qui le mandatait d'assassinats sans jamais les signer de son nom, pour assurer ses arrières, prévenir la traitrise sans jamais y parvenir car «…comment se retourner contre quelqu’un qui n’existe pas ? »  Un doigt malicieusement porté à ses lèvres, elle le laissa à cette réflexion. Ritsuko se redressa et déposa sur la table derrière elle, le téléphone qu’il lui avait dérobé quelques minutes plus tôt. « Voilà, comment l’on se fait passer pour le diable, tout simplement. Et l’on va faire exactement pareil, en se faisant passer pour Gonzo Kobata. »  Elle tendit une main, pointant le cellulaire dont elle s’était départie. « Garde-le. Pour rester en contact. Et ceci… »  Ritsuko sortit de la poche intérieure de sa veste, une petite clé rouillée qu’elle déposa à côté du téléphone portable. La clé de leur ancien appartement. Bien qu’elle n’avait pas prémédité leur retrouvailles ici, elle avait au préalable organisé la location des lieux le temps de conclure leurs affaires. Aussi que Maruo ait un lieu où demeurer s'il le souhaitait. « Ça n’empêchera pas quiconque d’entrer, mais ça fait plus officiel comme ça. » Elle remonta la fermeture éclair de l’étui de sa lame qu’elle avait descendu plus tôt et sur le départ, lui lança à la manière de l’adolescente qu’il lui connaissait d’avoir été, où chacun de ses départs ne signifiait que son retour impatient, un : « À plus tard, Maruo.
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


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On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 9b9d2189584f9d49c13664157e13a8b5

Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


Sanada Hiroyuki :copyright: Jo'
Il l'avait observée dérouler sa stratégie avec distance, décochant ce sourire ambigu entre tendresse, fierté et avanie. Elle était mal placée pour lui reprocher de s'être entouré, elle responsable de sa faille première, mais surtout elle n'ayant jamais fais cavalier seul. Les Mantes, la mafia, Gonzo, les Chiens, Maruo : Ritsuko avait-elle déjà été totalement livrée à elle-même ? Elle avait cette jeunesse de caractère de ne pas savoir formuler l'auto-critique que le mercenaire contemplait avec attendrissement. Il était pareil à son âge.

Se faire passer pour Gonzo. Peu importe le plan de Ritsuko, il signerait de sa croix car c'était là ce qu'il était, Maruo ne portait jamais de masque. Nonobstant, tout lui devenait indifférent à cet instant face à cette nostalgie enfiévrée qu'il ressentait, ce retour à l'époque où il était lui-même et flattait du bout de l'épée un semblant de bonheur, aussi ne releva-t-il pas et la laissa-t-il s'éclipser. Il y aurait le temps pour ces détails.

Une fois disparue de l'appartement, il contempla son téléphone avec un rictus et retrouvait cette sensation comme un grésillement entre les tempes lorsqu'autrefois elle le quittait avec une promesse tacite de retour. Cette enfant qu'il avait presque élevée lui fit alors penser à son foyer et, comble de l'ironie, il utilisa le portable de Ritsuko pour appeler sa femme. A l'autre bout du fil, il constata qu'il l'avait réveillée de sa nuit à la voix voilée qu'elle lui offrit.

"... allô ?
- Bonsoir."


Un temps suspendu avant qu'elle n'enfle sa rage à l'autre bout du combiné.

"Espèce de salaud ! Où t'étais ?! Où t'es parti, hein ? Laisser ta femme et ta fille en plan, sans un mot sur la table, pas un coup de fil depuis des semaines ! Et là t'appelles comme un fleur au milieu de la nuit ? Finalement je veux même pas savoir où tu traînes !"

Il se tendit et alluma une cigarette.

"Je ne reviendrai pas, Matsu."

*

Une rage contenue s'impatientait en lui lorsqu'autrefois il s'occupait de sa fille. Enlever le body. Enlever la couche. Essuyer - dans le bon sens ! Hydrater. Remettre une couche. Remettre le body. La faire rire pendant tout le processus. Tout cela, si lentement, si doucement. Il lui semblait être un pur sang marchant sur la pointe des sabots. Matsumoto le rejoignait pour pester contre lui, lui qui ne faisait jamais assez bien, lui incapable, inadapté - "Tu devrais quand même apprendre le faire, c'est ta fille aussi." Il partait plutôt qu'imploser et manquait de moyens d'entretenir sa vie sculptée dans le meurtre. Aimait-il sa femme ? Elle n'était pas pire qu'une autre, mais surtout, s'unir avec elle était ce qu'il s'était dit qu'il fallait faire. Peut-être saisir l'occasion d'apaiser le flot du sang - il s'était trompé et savait d'avance qu'un barrage ne calme pas les torrents mais les contient tant qu'il peut. Le sien avait cédé avec le retour de Ritsuko comme une crue dans le fleuve de ses assassinats.

Mais sa fille, il l'aimait pour de vrai. Elle voyait en lui un héros - voilà bien la seule en 42 ans. Son père était forcément un homme bon puisque c'était son père ! Elle était l'ultime phare qui lui avait permis de s'ancrer, aussi cette décision de ne plus jamais la revoir le poignarda en plein coeur. Kumi ne serait jamais en paix tant qu'il naviguerait près d'elle, aussi rassurante sa jeune lumière soit-elle dans la tempête, et il aurait mieux valu pour chacun qu'il ne revienne pas. En fait ce soir, Maruo avait décidé de mourir. Il était sur le chemin de la repentance depuis la naissance de sa fille et en constatant les tranchées qu'il avait creusées en Ritsuko, il se confirma que le prix de tous les morts qu'il avait faits s'élevait bien à sa vie. Il démantèlerait la mafia en compagnie de son élève puis, au terme d'un combat où il lui donnerait l'ultime enseignement, il la laisserait le tuer pour s'apaiser.

"Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien
Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien
S’il se pouvait, parfois, que de loin j’entendisse
Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !"
Edmond Rostand


Les Sumiyoshi-kai et les Toa-kai étaient en rivalité depuis quelques temps autour de questions de territoire dans un trouble qui avait été semé en réalité par Ritsuko. Leurs pratiques étaient surtout du léger banditisme : drogues "douces" - eux n'avaient pas le monopole de la meth, contrairement aux autres familles - et proxénétisme flirtaient avec arrangements de protection et rançons de commerces. L'ancien bordel de Matsumoto était sous la "juridiction", si l'on peut dire, des Toa-kai. Maruo se servit de ses relations avec le gérant pour partir à la pêche aux informations.

"Les filles ont l'ordre de pas prendre les clients de chez les Sumiyoshi, lui confia le mac en leur servant un saké que le mercenaire ne goûta pas. Tu sais, t'as fais parler de toi quand t'es revenu, qu'est-ce qu'elle devient la p'tite Matsumoto ?
- C'est pas tes oignons. Poursuis, j'te prie.
- C'est galère en ce moment, tirs à vue quand les deux familles se croisent, à tout moment ça peut péter. Tu vois, ça ?"


Shimura - c'était son nom - releva ses cheveux mi-longs pour découvrir à l'emplacement de son oreille un simple trou. En bon poissonnier, Maruo (ou dans tel cas, Jinpachi) se dit qu'il ressemblait aux lions de mer et l'image le fit rire intérieurement. Toujours était-il que le pavillon de l'oreille de cet entrepreneur avait été coupé net.

"Ils me l'ont fait parce que j'ai acheté des bosseuses chez la concurrence. Je m'entendais bien avec l'autre gérant mais depuis qu'ils se mettent la misère comme ça on est surveillé et y a pas à faire affaires. Triste temps pour les gens comme nous, c'est moi qui te le dis.
- Je prends les filles que t'as achetées chez eux. Chambre habituelle.
- Toutes ... toutes les deux ?"


L'hésitation de Shimura laissait entendre qu'il pensait bien sûr à Matsumoto, perdue on-ne-sait-où, trompée en l'instant. Sa cupidité et l'aplomb de la Vipère le fit malgré tout coopérer. Après tout, cette ancienne employée n'était plus sous sa tutelle.

*

Il sembla à Maruo que la chambre où il s'était uni avec la mère de sa fille n'avait pas bougé d'un iota ces dernières années. Le lit dans lequel elle venait se lover contre son coeur alors si éprise. Le chevet sur lequel elle déposait à la hâte son matériel de défense dont elle savait ne jamais avoir besoin avec l'assassin. Le miroir devant lequel elle arrangeait ses cheveux décoiffés au petit matin, assise nue sur la petite chaise en bois qui lui faisait face. Ce qui la rendait unique, c'était la douceur qu'elle gardait pour lui. Rien ne l'obligeait à noyer de baisers ses cicatrices douloureuses une fois encaissé l'argent, et pourtant.

Et pourtant. Les deux femmes entrèrent enfin et commencèrent à jouer leur numéro habituel : danses frivoles l'une contre l'autre, baisers et effeuillage mais Maruo les arrêta sans un mot en les séparant. Il leva le déshabillé de la première pour y observer de près quelques vergetures lasurant son ventre ; chez la deuxième il n'en vit pas et il l'allongea pour retirer son dessous. Bonne employée quoique surprise par le mutisme sans vie de son client, elle fit mine de se tordre d'envie - mais une fois la trace d'une césarienne repérée sur le grain de peau soigné de la jeune femme Maruo l'abandonna totalement pour s'installer à califourchon sur la chaise, faisant face au lit. Bingo : elles avaient toutes deux porté un enfant, il ne lui restait qu'à jouer dessus.

"Vous avez couché avec des Sumiyoshi-kai et des Toa-kai et je veux savoir tout ce que vous avez appris."

Les deux femmes se regardèrent d'un air terrifié mais entendu.

"On sait rien, Monsieur, signifia l'une d'elle."

Maruo conserva ce calme inquiétant et tendit sa dentelle à celle qu'il en avait privée avant de se poster à la fenêtre. Un moment passa occupé par les bruits de circulation et d'hommes saouls au dehors.

"Il y a une bonne raison pour laquelle je ne dors pas avec les femmes après avoir couché avec elles. Repus, les hommes deviennent bavards, les confessions sur l'oreiller sont une des méthodes d'espionnage les plus anciennes du monde. Je sais que vous savez des choses."

Il se tourna vers elles à nouveau et croisa les bras. Celle au déshabillé s'apprêta à parler mais l'autre l'interrompit avant de la sermonner du regard. Maruo eut confirmation : elles détenaient des informations.

"Voyez les deux sabres. Vous êtes peut-être un peu jeunes pour me reconnaître mais vous avez dû entendre parler de la Vipère à deux têtes ..."

Les deux femmes semblèrent se liquéfier et se rapprochèrent désormais l'une de l'autre comme deux souris cernées par un chat. La réputation du mercenaire le précédait et chacun savait qu'il était de retour avec ses deux sabres forêt.

"... et vous savez ce que la Vipère fait aux enfants."

A nouveau, la plus fébrile céda mais cette fois l'autre ne l'empêcha pas de parler.

"Ecoutez, on peut rien vous dire, si qui que ce soit sait qu'on vous a dévoilé quelque chose on va se faire torturer et tuer avec nos bébés. Pitié ne nous forcez pas à faire ça ..."

Elle se mit à pleurer dans les bras de sa collègue. Autrefois, la mafia avait à peu près le respect des prostituées mais le peu d'honneur qui leur restait s'était évanoui avec les guerres territoriales. Maruo eut une pensée pour son élève : voilà un beau bazar qu'elle avait foutu, et de nombreuses familles qui allaient être détruites. Décidément, elle lui ressemblait de plus en plus.

"Si c'est moi qui m'occupe de vous, ça sera pire, les filles. Parlez avant que je ne perde patience."

Elles tinrent bon mais lorsqu'il décolla de la fenêtre elles paniquèrent et, cette fois, c'est la jeune fille à la césarienne qui emboucha la conversation.

"J'vais vous dire c'que je sais !
- Misa, non fais pas ça,
tenta de l'interrompre l'autre entre deux sanglots.
- Y en a un qui joue sur deux tableaux ! Il venait au bordel où on était avant et il vient à celui-ci. Il m'a dit qu'il avait des arrangements avec les deux familles parce qu'il veut détourner de l'argent à la mafia et démarrer ses propres affaires. J'vous en supplie nous faites pas de mal ..."


Elle avait précipité ses renseignements mais Maruo n'en perdit pas une miette. Cette fois, elle pleurait à son tour.

"Comment s'appelle ce type ?
- Gomou ! Miyoki Gomou !"


Le visage de la Vipère s'illumina tandis qu'il s'approcha des fébriles amies éplorées l'une contre l'autre, frémissant de terreur à l'idée d'être tuées par le monstre à deux têtes que la réputation obscurcissait davantage qu'il ne l'était déjà. Il essuya les larmes de celle qui avait tout dévoilé, détailla ses traits avec un instant de désir, mais finit par poser un baiser par son front. Avant de quitter la chambre, il leur entonna une banalité grivoise qui jurait avec le ton général de la conversation.

"La vie de couple, quel gâchis !"

Dehors, Maruo célébra avec une cigarette.


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Gonzo Kobata
J'ai 56 ans et il est dit que je vis au Japon. Dans la vie, je suis la hantise de tous les criminels, autrefois, légendaire  baron de la drogue. Les rumeurs qui entourent mon existence font de moi l'homme le plus craint du Japon.


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...if one has no people


Il s’avance dans la chambrée de ses enfants.
Y découvrant l’odieuse amante qui,
Assise sur une chaise au milieu des corps assoupis,
Fait mine de couvrir de tendresse la dernière née sur ses genoux
Dont la tête endormie, repose dans le creux de son cou.


« Je pensais que les Mantes ne permettaient pas la tuerie d’enfants… »

« Pour l’instant, ils sont seulement drogués. Si tu me force la main, ils ne souffriront pas. Il n’y aura que toi pour souffrir de leur perte. »

Répond la jeune femme, d’un ton tout à fait détaché.

« Qu’est-ce que tu veux au juste, Ritsuko ? »

« Tu as essayé de te débarrasser de moi et j’aimerai bien savoir pourquoi...»

L’homme arbore un rictus indéchiffrable sur son visage de marbre.

« On m’avait promis une arme, mais cette arme ne sert que sa propre lame alors tu sais… Il marque une pause. Tu es une femme haineuse Ritsuko, et cela te rend instable. Admet-le. Tu en veux au monde entier. Je l’ai vue dans tes yeux. Si tu le pouvais, tu mettrais le monde en feu... Et tu sais ce que l’on fait aux chiens qui ont la rage et qui mordent leur maître ? »

L'homme s'avance tranquillement vers la jeune femme,
tandis que du regard, celle-ci avertie l'infâme.


«  Avance encore d’un pas et je l’envoie la première dans les limbes. »

Siffle la perfide Mante assassine,
Dont le canon du revolver glisse sur la tempe de la gamine.


« Je vais t’apprendre une leçon Ritsuko, que tu n’es pas prête d’oublier. »

Les monstres ? Prétendu fantaisies des enfants ?
Les monstres se cachent sous les masques des grands,
Et celui-ci s’avance d'un pas défendu.
Dans la demeure résonne la mort,
Non pas de par l’arme de la Mante tel qu’entendu,
Mais de celle dégainée par l'improviste mentor
Qui de cinq coups de feu retentissants et habiles,
s'est débarrassé de toute sa famille.


« Et maintenant, Ritsuko ? »

Il s’avance le malin,
Au milieu des cadavres des siens.
Il s'est défait de ce qui l'appartient,
Désormais plus rien ne le retient.


« Admettons, tu tire sur le Diable… et si tu le rates, il se passe quoi ? »

À la Mante, son regard noir laisse entrevoir
Une défiance impromptue et vigilante.
C’est là beaucoup prétendre,
Que de se prendre pour un mauvais ange.
Le sarcasme tout comme la rancoeur,
Bave de sa bouche qui s'esclaffe avec fureur.


«  Je n'ai pas de telles prétentions, mais si tu es le Diable, alors cela fait de moi la main droite de Dieu... »

L’homme attend patiemment son jugement,
Droit et impassible dans le sang de ses enfants.
D’une main droitement tendue vers l’avant,
Elle le pointe à bout portant
Et celui-ci lui glisse un regard ardent.
Le sourire qu’il lui tend, n'a plus rien d'indulgent.


« Ritsuko... »

« Je prends ma chance. »
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Ritsuko
Takeshi

J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

Quand tu seras grande, si tu éprouves encore de la haine pour moi, tu me trouveras - Page 3 4under10
Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


"Power resides where men believe it resides. It’s a trick, a shadow on the wall."

Cette scène lui avait paru irréelle et parfois encore, il arrivait à Ritsuko de penser qu’il ne s’agissait que d’un mauvais rêve. Elle qui s’était retourné contre son autorité pour avoir osé attenter à sa vie durant une embûche, il avait eu le pouvoir de la tuer dans cette chambre d’enfants d’un simple coup de feu, mais avait plutôt choisi de la laisser témoigner de son égo démesuré et prouvé sa supériorité en vidant l’entièreté de son chargeur devant elle. De ce temps là, Ritsuko cherchait par tout moyen à épargner la veuve et l’orphelin dans ses entreprises. Peut-être parce que le souvenir de la perte de ses parents lui pesait plus qu’elle ne se l’avouait et qu’elle cherchait là à éviter quiconque cette épreuve. Peut-être pour se distinguer de son mentor. Les enfants rebelles ne naviguent-ils pas en vent contraire de ceux de leurs parents juste pour leur causer du tort ? Ritsuko ne prenait pas pitié des morts, jamais. Mais des vivants en revanche, elle n’était pas sans savoir que c’était les laissés pour compte qui devenaient la gangrène de ce monde. Et leur destin pour cause, était de ce fait tragique. La promesse d’une mort violente était le lot de gens comme elle. Elle le savait d’expérience, force de témoigner autour d’elle la mort frapper son entourage factice au sein de la mafia. Le seul moyen d’éternité pour des gens aussi ambitieux est de répondre à leur devoir primaire de duplicité. Tentant désespérément de laisser une trace dans ce monde, ils y laissent donc un être fait de leur chair. Si leur vie s’écourte, ils crèveront néanmoins conforté que leur existence n’aura pas été vaine. Le sentiment d’accomplir une chose extraordinaire sans donner d’effort pour ce faire. Chose que méprisait Ritsuko et qu’elle abhorrait à l’annonce de chaque nouvelle naissance au sein du clan. C’est ce que Maruo avait fini par faire lui aussi. Laisser une trace indubitable de son existence en Kumi. Mais Ritsuko sachant ne jamais pouvoir se contenter d’enfant, préparait depuis longtemps la trace qu’elle léguera à ce monde. Afin qu’elle, Yuri, Eiji, Hajime et Hideo soient les derniers de cette génération meurtrie et meurtrière née d'un cycle de haine et de violence perpétré par les familles Yazukas. Ritsuko s’était promis le rompre, qu’importe le prix et les dommages collatéraux qu'elle provoquerait. Elle se voyait déjà annihiler la violence par une violence plus redoutable encore. D’une violence ultime qui bouclera la boucle d’un cycle qui ne connaît pourtant aucune fin.


*


Miyoki Gomou n’était pas un nom entièrement inconnu aux oreilles de Ritsuko lorsqu’il traversa les lèvres de Maruo. Quoi qu’elle ne fût pas aux faits que celui-ci filait des tuyaux aux Sumiyoshi-kais qui avaient le monopole des territoires les plus avantageux du business et semblaient chaque fois avoir un coup d’avance sur les Tōa-kais, Ritsuko savait ce Miyoki Gomou tout récemment marié à la fille du chef. Il menait ainsi depuis plusieurs mois une double vie grassement payante. Il n’en fallut pas longtemps pour que dans l’esprit vif de la jeune femme prenne place un plan qu’elle assurait l’infaillibilité tant par la conviction de ses propos en le vulgarisant à ses acolytes que l’assurance qu’elle dégageait. De ce qu’elle avait sous-tiré à Miyoki Gomou en menaçant de l’exposer à ses patrons opposés, les Sumiyoshi-kais devaient assurer dans les prochains jours le convoi de trois camions chargés de plus de 600kg de meth appartenant aux Yamaguchi-gumis que Ritsuko comptait non seulement détourner, mais substituer par deux camions vides afin de générer la confusion. C’est dans l’ancien appartement de son mentor que Ritsuko exposa son plan aux Chiens et la Vipère réunit dans une seule et même pièce. Les retrouvailles avaient laissé planer dans l’air une tension palpable que la jeune femme était parvenue à apaiser seulement en promettant aux Chiens de leur servir la tête de Maruo sur un plateau à la fin de ses entreprises contre la mafia. La jeune femme s’était accotée sur le rebord du comptoir de la cuisine alors qu’elle leur faisait part du déroulement de l’opération. Hajime, son bras droit, était posté non loin d’elle appuyé contre le mur d’en face. Eiji et Hideo avaient pris place autour de la table à manger tandis que Yuri qui était avachie sur le canapé du salon semblait écouter d’une oreille distraite. Les Chiens avaient eu du mal à lâcher des yeux la Vipère qui campait avec eux dans la pièce les premières minutes. Leur soif de meurtre pour ce fantôme du passé n’avait pu être contenu que par la présence de Ritsuko.

— Deux équipes. Avec moi, Hajime et Yuri on s’occupe du détournement et du plan de substitution. Maruo à la tête, avec Hideo et Eiji, vous vous chargez de troubler les activités à l’usine des Sumiyoshi-kais d’où le convoi partira. Vous serez accompagnés de quelques hommes de Gomou qui croient y accomplir une vendetta au nom des Toa-Kais. » Ritsuko ne pouvait pas agir à visage découvert. La cargaison appartenant à son clan, elle savait que quelques hommes de Saito se tiendraient présent sur les lieux aux côtés des Sumiyoshi-kais. Une opération en soi mineur pour le clan et qui n'avait pas requis sa présence, fort heureusement. Ce pourquoi, elle n’était cette fois-ci pas celle à commettre directement le chaos. « Le plan de substitution consiste à leur faire croire que deux de leurs camions n’ont jamais quitté l’usine. Les deux camions vides qui s’y trouveront seront les nôtres. Hajime, tu t’occuperas de brouiller leurs systèmes de communications. Le carnage de Maruo, Hideo et Eiji à l’usine suffira à faire croire que les choses ne se sont pas tout à fait passé comme prévu autant pour les hommes d’Obito* et Saito que les hommes de Gomou. Outre vous trois, personne ne doit ressortir vivant de cette usine. Les corps que vous laisserez derrière serviront à alimenter les rumeurs et propager la confusion. Brûlez l’usine afin de brouiller les pistes et que cela nous laisse le temps de planquer les deux cargaisons de meth et de placer la troisième chez les Toa-kais. Lorsque Obito découvrira deux de ses camions vides à l’usine, il croira en une offensive des Tōa-kais qui a mal tourné et chez qui nous auront déposé un camion bourré de leurs cristaux à leur insu. Gomou nous servira de passe partout. Il n’en faudra pas longtemps à Obito pour ramener ses hommes chez les Toa-kais et y découvrir leur cargaison manquante que l’on aura laissée là-bas. Est-ce que jusqu’à présent, j’ai été claire ? Le reste se fera tout seul. »

Bien entendu, Ritsuko sous-entendait par là un bain de sang inévitable qui affaiblirait notablement les deux clans et les jetterait dans l’ombre pour un temps. Les Sumiyoshi-kais auront de plus perdu la confiance des Yamaguchi-gumis. Cela laisserait le temps nécessaire à la Mante pour couper la tête du serpent. Ritsuko balaya du regard la pièce. Ses yeux se posèrent tour à tour sur chacun de ses Chiens avant de s’attarder de longues secondes sur Maruo, comme si elle cherchait là quelconque approbation ou éclat de fierté dans les yeux de son ancien mentor. Elle n’attendit cependant pas que cela se produise pour poursuivre. Il n’échappait pas à Hideo cet échange de regard qu’il redoutait non seulement, mais jalousait secrètement.

— Bien! Chacun connaît son rôle. On se voit dans 2 jours. » Et sur ces dernières paroles, la Mante sortie accompagnée de la jeune Yuri et Hajime qui ne manqua pas de lancer un regard noir sur Maruo, craignant probablement pour la vie de ses compères aux côtés de l’improviste Vipère. Hideo qui campait à contre cœur aux côtés de Maruo dans la pièce, regardait partir sa maîtresse le cœur serré tandis qu'Eiji n’avait pas une seule fois bronché et s’était muré dans le silence de son indifférence. Lorsqu’ils furent seuls dans la pièce, Hideo se tourna vers le quadragénaire d’une impétuosité contenue.

— Il faut croire que l’on n’aura pas le choix de faire équipe pour le moment… » cracha le jeune homme à la Vipère.


De ce qui était des deux cargaisons de meth détournées par l’équipe de Ritsuko, celle-ci comptait bien les livrer à Saito le lendemain même accompagné d’une petite note signé de son alter ego G.K une fois que le règlement de compte entre les deux sous clans aura fait ses ravages. Que Saito réalise que ni les Sumiyoshi-kais ni les Tōa-kais en aura été la cause. La cause du carnage qu’elle et Maruo laisseront à l’usine. Que les odieux responsables n'étaient qu’un et qu’il n’y cherchait aucunement à s’approprier la marchandise. Qu’il réalise que le maître du jeu n’était nul autre que Gonzo Kobata venu réclamer des comptes tel qu’il l’avait promis quelques mois auparavant.


*Obito = Boss des Sumiyoshi-kais
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Maruo Takeda
J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


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On le connaît parmi tous les criminels et les autoritiés sous ce surnom : la vipère à deux têtes. Deux lames, un coup, et il coche ses victimes en plein torse d'une croix qui signe sa morsure. Une survivante, qui deviendra son élève, qui deviendra sa rivale. Qui toujours dans le vent sifflant, siffle avec lui l'agitation. Et l'angoisse pour l'homme qu'un passé guerrier ne dégouline son sang sur son présent marin.

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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L'angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D'un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d'avoir trop aimé !

- Leconte de Lisle


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Il ne lui donna rien de ce que son regard agrippé attendait de lui. Elle qui désirait si ardemment l'éteindre n'avait jamais brûlé si proche de son feu : qui mieux que la Vipère à deux têtes pouvait se réjouir de la fin des familles criminelles qu'il exécrait ? Et qui ne s'est pas autant repus de leurs carcasses à la suite de chaque coup fatal, par l'enchevêtrement de contrats juteux qu'il acceptait sans discrimination ? Il avait l'aigreur de ne pas être allé au bout des choses à l'époque : il aurait eu les capacités de mettre fin à l'équilibre fragile qui dynamisait les quatre familles. Peut-être qu'un sentimentalisme, ou au contraire une désinvolture, l'en avait empêché. Que Ritsuko l'entreprenne - et y arrive, il n'en doutait pas - sans perspective de gain ne l'étonnait nullement et il notait comme elle le surpassait. C'était dans l'ordre des choses, d'une génération à l'autre. Il ne lui fit pas la satisfaction de le lui dire.

Et qu'importe puisqu'il avait déjà décidé de la laisser le tuer ? L'idée qu'en sacrifiant tout son être à briser le cycle, elle allait en créer un nouveau - car Kumi, dépossédée de parent, deviendrait alors l'homologue parfaite de la Mante. Une ultime leçon qui fut parmi les premières qu'il lui avait enseignées, mais qu'elle s'arque boutait à rebrousser. "Les gens comme nous ne quittent jamais la violence." Elle devait avoir quinze ans alors.

Mais s'il ne pouvait se résoudre à tuer l'enfant qui, d'un défi du regard défit ses intention meurtrière il y a près de vingt ans, il n'en n'était rien pour ses chiens dont, du reste, il n'avait pas grand mal à déceler les failles. Ils avaient été secourus par la confiance qu'il portait déjà par erreur en Ritsuko, et voyait dans ces cibles encore intactes tout l'abrutissement qu'un travail d'équipe peut produire en terme d'écarts. Ces quatre chiens étaient quatre bâtards ayant survécu sous les roues d'un bus, et Maruo était prêt à enclencher la marche arrière pour finir le travail.

Mais pas tout de suite. Il voulait profiter de sa dernière révérence.

*

La Vipère s'alluma une cigarette, peu décidé à décoller de l'appartement. Son calme jurait avec l'impatience des Chiens.

"Quel âge t'as, Hideo ? 24, 25 ans ?
- Quelle importance ?
- C'est une sacrée femme, Ritsuko."


Il adressa un sourire en réponse à la crispation de mâchoire de son interlocuteur : il avait confirmation de ce qu'il sentait de bouillonnement lorsque la Mante s'était attardée sur lui. Il se leva, affirmé, campant un personnage exécrable qui tortillait pour s'insérer dans les fêlures de celui qui était le plus stable mais aussi le plus sensible.

"Si j'avais su qu'elle deviendrait aussi épatante, j'en aurais profité quand j'en avais l'occasion." Une main dans la poche, il avança. "Par exemple lorsqu'on a vécu ensemble, elle et moi, qu'elle pansait avec attention (il insista) mes plaies." Les narines d'Hideo se dilataient d'un souffle coléreux. Devenus trop proches, il recula d'un pas, cédant de son langage corporel du terrain à Maruo. Entre eux, Eiji commençait à se tendre. C'était pour ainsi dire le premier dialogue qu'ils entretenaient et ils confrontaient l'image que les racontards donnaient du serpent à celle qu'ils avaient devant eux. "Ou encore, lorsqu'elle venait se mettre à califourchon sur mon ventre alors que je dormais ..." Il souffla la fumée sur Hideo qui se contenait par respect pour la hiérarchie de celle qui l'avait recueilli. "... et qu'elle me réclamait de lui faire un enfant."

C'est Eiji qui brisa la confrontation. Se ruant entre les deux hommes, il dégaina une arme de poing qu'il braqua sur la Vipère à deux têtes. Maruo se fendit d'un sourire satisfait lorsqu'Hideo prit sa défense. "Fais pas ça, Eiji ! Ritsuko en a besoin vivant. On n'a pas fait tout ça pour rien."

Toujours aussi serein, la Vipère croisa les bras sur sa poitrine, rivant ses yeux couleuvrins dans ceux du très jeune homme. "Tu rêves de me tuer, toute cette manigance ne mène qu'à ça, non ? Que vous assouvissiez tous votre vengeance." Hideo continuait à prendre sur lui pour tempérer.

"Allez, Eiji, baisse ton arme.
- Ca c'est le comble, poursuivit la Vipère. Ton plus proche ami, que dis-je, ton presque-frère t'empêche de tuer l'homme que tu as traqué toute ta vie. Alors qu'un doigt sur la gâchette et tout serait fini. Vous seriez tous soulagés. Et Ritsuko avec.
- C'est faux Eiji, Ritsuko est celle qui doit le tuer et tu le sais."


Eiji devenait plus agîté.

"Je n'ai aucun souvenir de tes parents Eiji. C'était une routine de les tuer. Tu n'étais même pas dans mes pattes puisque tu te planquais comme un couard. Tu avais peut-être des frères, des soeurs ? Aucun souvenir. Toutes les chairs sont identiques quand elles se vident."

Le jeune garçon rugit mais Hideo parvint à détourner l'arme avant qu'il ne tire et la balle perfora la fenêtre. Eiji se rua vers son acolyte plein de rancoeur.

"Pourquoi t'as fais ça ? C'était ce qu'il méritait, ce salaud !! J'l'ai loupé par ta faute !"

L'autre lui répondit les dents serrées.

"J'en ai autant envie que toi mais il faut se maintenir au plan si on veut que tout se déroule bien."

Eiji n'y entendit rien et Hideo le sidéra d'un coup de poing sévère néanmoins fraternel au visage pour un retour au calme. C'était là également son exutoire pour la colère qu'il ravalait difficilement pour Ritsuko - les choses se réglaient tout à fait comme chez les canins en l'absence de l'alpha. L'animosité immiscée entre les deux hommes, Maruo pouvait quitter son détestable rôle. Il avait fait des tranchées de leurs failles, et une dynamique nouvelle perturbait le binôme maintenant que leur raison de vivre (et mourir) se trouvait devant eux. Il n'était décemment pas fait pour le travail d'équipe, mais il y trouvait des aspérités qu'il se plaisait à gratter.

*

Hideo conduisait et laissait Eiji à contre-coeur seul avec Maruo à l'arrière. Son arme était prête à tirer mais chacun savait qu'aucune catastrophe ne se présenterait - la Vipère se tenait par ailleurs désormais très tranquille. Il n'aimait pas les préparatifs et coopérait pour que l'action lui arrive plus tôt.

Ils arrivèrent à l'heure et au lieu de rendez-vous convenus. Les hommes de Gomou n'étaient pas encore là et en cas de pépin, Hideo et Eiji avaient décidé qu'ils iraient les achever et déguiser la mort avec les autres comme s'ils s'étaient rendus au hangar ainsi qu'il était prévu - les deux Chiens avaient fait leurs devoirs et bien révisé qui aurait dû être présent ce soir-là. Les camions avaient déjà été substitués par l'équipe de Ritsuko et on n'attendait des trois malfrats que quelques pairs de bras prêts à déchiqueter leurs cibles.

Depuis la voiture, Hideo tressautait son énervement en ne voyant pas poindre le groupe de Miyoki. "Qu'est-ce qu'ils font ?" questionna Eiji. "J'en sais rien, ils devaient déjà être arrivés." Bon gré mal gré, et pour ne pas perdre de temps sur le plan confié par Ritsuko, ils décidèrent de régler le problème de l'entrepôt d'abord.


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Ritsuko
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J'ai 26 ans et je vis à Tokyo, Japon. Dans la vie, je suis la main droite du diable et je m'en sors à merveille. Sinon, grâce à ma hargne, je suis en quête de vengeance et je le vis plutôt bien.

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Dans les méandres maniérés de la jeune femme, la seule vérité perceptible était que de cette figure austère s'exhalait une aura meurtrière. Sous ses airs impassibles bouillonnait en elle une rage silencieuse qui transcendait avec son naturel calme.



The 4 Underdogs

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Il s'agit de quatre rescapés de la Vipère à deux têtes, recueillis par Ritsuko et entraînés dûment. Elle se sert de leur haine pour arriver à ses fins. Ils lui sont tous dévoués et loyaux. Yuri (16 ans), Eiji (19 ans), Hajime (25 ans), Hideo (26 ans)




Chanson thème (Ritsuko)

Effigie : Mika Schneider


"Parce que c'était lui, parce que c'était moi."

Si les années passées au coeur des assassinats prémédités et du trafic narcotique avait fait de Ritsuko un être d’une insensibilité froide et tout a fait détaché aux affections de l’âme, elle n’en portait pas moins une bienveillance toute relative à l’égard des rescapés de la Vipère à qui elle avait épargné une mort violente. Néanmoins, elle ne leur donnait d’elle rien de plus, les sachant de toute évidence condamnés à la seconde qu’ils avaient décidé de suivre ses traces et ne se souciait guère de les perdre en chemin. Cela avait été leur choix que d’entrer dans cette danse macabre dont Ritsuko avait ouvert le bal et qui était prête à tous les sacrifices afin de s’assurer être la dernière debout sur ses pieds. Aller de l’avant, ne jamais regarder en arrière, ne s’attacher de personne, c’était ce qui avait permis à Ritsuko de s’élever si haut en peu d’années. Quoique quelque chose en elle brûlait ardemment, comme un feu grégeois dans sa poitrine. Un désir qui avilissait tout son être à l'assouvissement de celui-ci. À la seconde même qu’elle était entrée dans la mafia, son existence était devenue un échiquier où chacun de ses gestes étaient calculés, prémédités par son esprit vengeur. Les gens dont elle s’entourait étaient des choix conscients, des choix qu’elle se savait tôt ou tard sacrifier pour d’autres. Ses Chiens n’en étaient pas exemptés et si la situation le nécessitait, elle se savait capable de les envoyer à la mort. De leur reprendre ce qu'elle leur avait autrefois accordé ; la vie.

— Ritsuko!

C’était la voix de Yuri qui grésillait dans le creux de son oreille alors qu’elle relevait la fermeture éclair d’une combinaison de motard d’homme entièrement noire dont elle s’était vêtue pour dissimuler tout galbe de son corps. Ses cheveux étaient ramassés dans son casque à la visière aussi noire que le reste, afin que de celui-ci ne dépasse pas une mèche traîtresse. Elle s’était dépossédée de son sabre, remplacé par deux revolvers accrochés à sa ceinture.

— Je t’écoute, Yuri.
— Gomou a envoyé ses hommes, je viens de les voir partir !» avait dit Yuri qui de son côté faisait filature à Miyoki.
— Parfait. Hajime ? Tu m’entends ?
—Oui… C’est bon, leurs systèmes sont brouillés. La communication entre eux est coupée pendant au moins une bonne heure et ils ne le savent pas encore… Mais Ritsu…
— Bien. J’y vais. On se retrouve au point de rencontre dans 45 minutes.
— Ritsuko…
— Quoi ?
— Tu ne crois pas que Maruo risque… de se retourner contre nous ? » Hajime ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour Hideo et Eiji qui devaient se trouver à l’usine à l'instant même. Il s’écoula quelques silencieuses secondes avant que la Mante ne lui réponde.
— Ça n’arrivera pas.  
— Pardonne moi de douter, mais je n’en serai pas aussi sûre. Il a tué nos parents, bordel, et a manqué de nous tuer ! Il est avec Hideo et Eiji au moment où l'on se parle ! Tu crois vraiment que ce connard va se contenter de suivre le plan à la lettre ?! »
— Hajime, calme toi. Tout ce que je te demande ce n’est pas de comprendre, c’est d’avoir confiance.
— Comment peux-tu être aussi sûre de toi ? Qui te dis qu’il n’essaiera pas de les tuer dès que l’occasion se présentera ? De te tuer ?! Merde, Ritsuko !
— Parce qu’il lui faut quelqu’un pour le condamner de ses crimes. » souffla d’un ton tout à fait perfide la Mante qui refusait de s’expliquer davantage et dont la fureur d’Hajime commençait à agacer.

Ritsuko enfourcha la moto qu’elle avait acheté pour l’occasion et baissa la visière de son casque sous ses yeux. La Mante n’avait par le passé conduit qu’une à deux fois ce genre d'engins. Ce qui assurait l'excellence des Mantes en multiples domaines n’était pas la pratique en soit, mais la volonté de devenir ce qu’elles se devaient d'être pour accomplir ce qui nécessitait d'être fait. Ces compétences hypothétiques étaient typiques chez les Mantes. Foncer, même dans l'inconnu, était le propre de ces femmes qui ne connaissaient aucune limite sauf celle que la mort elle-même imposait. Elle releva la béquille d’un coup de talon et de trois poussées sur l'accélérateur pour en tester le moteur, partie en trombe. La tuer ? Il en avait eu mainte fois l’occasion lorsqu’elle vivait encore sous son toit. Elle en avait eu la confirmation à l’appartement alors qu’elle lui avait déroulé son plan et qu’ils s’étaient sondés l’un et l’autre. L’assassin en Maruo n’existait que pour ses parents. Et l’homme en la Vipère s’était attendris pour l’enfant en elle. Elle le savait maintenant. Pourquoi il était là. Pourquoi il ne la tuerait pas. Parce que c’était lui, parce que c’était elle. Leurs coeurs avaient peut-être changés, mais leur lien était indéfectible. C'est pourquoi, elle devait le tuer. Pour y mettre un terme. Hajime ne pouvait pas comprendre. Il ne devait pas sa survie à la Vipère, mais à la Mante. Ce n’était pas la même chose. Ce lien là ne flirtait pas entre affection et affliction à son égard. Juste l'admiration éprouvée envers celle a qui il devait sa vie.

Elle démarra et alla rejoindre l’autoroute de là où elle attaquerait le convoi. Elle y trouva au loin devant elle les trois camions de meth des Yamaguchi-Gumi qui devaient passer par l’autoroute avant de regagner les routes campagnardes. Sur l’autoroute, le dépassement d’une moto ne paraîtrait pas aussi suspect qu’ailleurs, alors Ritsuko profita de la multitude pour se fondre dans la masse et se rapprocher petit à petit du convoi. Elle dépassa d’abord le premier camion, fit mine de suivre le second et remarqua dans l’un de ses miroirs le passager d’une des voitures du convoi tourner la tête vers elle. Alors elle ralentit la cadence et lorsqu’elle se savait suffisamment proche, enclencha la vitesse pour se mettre à la hauteur du camion en tête du convoi. Elle retira alors de sa ceinture l’un de ses revolver pour le pointer sur la tête du conducteur qui, tournant un regard surpris vers elle, se fît attaquer au même moment par son passager de droite. Parmi les hommes des Sumiyoshi-kais figurait quelques mercenaires travaillant au compte de la Mante qui se tenait prêt à prendre le contrôle des camions et qui se trouvaient à l’intérieur même des véhicules. Plutôt que de tirer sur le conducteur qui se débattait désespérément pour le volant et dont Ritsuko n’avait servi que de distraction, la Mante ajusta son tir plutôt sur la voiture yakuza sur sa gauche la plus proche qui baissait déjà sa vitre, son passager pointant le canon de son revolver sur elle. C'était eux, dont elle devait s'occuper. Elle tira la première, tuant l’homme côté passager et avant que son conducteur ne lève son arme à son tour, elle l’abattit à sa suite. C’est alors que deux autres voitures émergèrent du trafic pour foncer en sa direction. Elle replongea son revolver dans sa ceinture et pris de la vitesse alors qu’une pluie de balles commençait déjà à s’abattre dans son dos.


*


L’attente était longue et ils étaient les premiers à être arrivés au lieu du rendez-vous après l’altercation sur l’autoroute. Les camions avaient étés détournés comme prévus, l’un se trouvant d’ores et déjà chez les Tōa-kais, les deux autres reposaient dans une usine désaffectée connue de Ritsuko seule. Elle et ses hommes de mains iraient les conduire jusqu'à un ancien repère des Yamaguchi-Gumi le lendemain à la première heure afin que Saito découvre dans la journée la précieuse meth du clan avec une note baignant dans le sang qui s'écoulerait de la tête de Miyoki reposant sur le tas. Ce n'était qu'une question de temps avant que Yuri s'occupe de son cas et l'ajoute au butin. Hajime tournait toutefois en rond, d’une ronde nerveuse à attendre le reste de leurs compères. Il se contenait de ne pas vomir sa colère au pied de sa maîtresse qui pensait sa plaie. Ritsuko qui était appuyée contre leur voiture était en train de se rafistoler du passage d’une balle qu'elle s'était prise dans le bras. Elle fixait tout à la fois, sans s’en dérober, l'unique entrée du garage souterrain dans lequel ils se trouvaient et par laquelle devait arriver Maruo, Hideo et Eiji il y avait de cela quinze minutes. Si dans un recoin de son esprit elle avait laissé place à l’éventualité d’avoir perdu ses plus proches acolytes dans l’entreprise de la main des Sumiyoshi-kais ou de Maruo, une infime part d’elle même ne pouvait se résoudre à leur perte et attendait obstinément leur retour sans possibilité qu’il en soit autrement. L’attente était longue. Insupportable et à Ritsuko, les cheveux lui collaient aux tempes. Encore haletante, elle s’entendait respirer. Chose qu’elle détestait parce que trahissant l’humaine de la machine qu’elle était.

— Ils devraient déjà être là… » Hajime se prit la tête entre les mains et expira bruyamment. « …P’tain… On devrait pas rester là Ritsuko… » Il baissa les yeux sur sa blessure. « …Ça va aller ? »
— Oui, c’est rien. » Ritsuko prit une longue inspiration et après avoir fixé son bandage, rehaussa la manche de sa combinaison. « Ils vont arriver. » répondit la Mante même si en son fort intérieur elle craignait de ne jamais les voir revenir. De ne pas le voir, lui, revenir.
— Ils étaient censé être là il y a 20 minutes, il vaudrait mieux partir d’ici avant que... »

Mais tout juste lorsque Hajime semblait avoir perdu espoir, Ritsuko releva la tête. Un éclat de lumière passa dans ses yeux alors qu’une voiture les éclairait de ses phares et arrivait dans un crissement de pneu retentissant.


Les rêveurs vivent d' éternité

   
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J'ai 42 ans et je vis à Sado, Île de Sado, Japon. Dans la vie, je suis mercenaire yakuza et je m'en sors aisément. Sinon, grâce à mon charisme, je suis concubin et papa et je le vis plutôt tortueusement.


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Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
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Mais si l'amer venin est entré dans tes veines,
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Don't bark if you can't bite.

Hideo et Eiji avaient oeuvré comme des toutous bien dressés : un repérage en amont avait été réalisé autour de l'entrepôt pour dépoussiérer toutes les potentielles planques de sniper (ce qui expliquait pourquoi l'opération n'avait eu lieu que dans la nuit du lendemain, et le rendez-vous un jour plus tard encore), chacun portait sa propre oreillette, le coffre de la Honda Civic grise (qui donnait l'air de tout sauf d'une voiture mafieuse, mais qu'on ne repérait pas et néanmoins blindée) vomissant un arsenal fourni. La Vipère contemplait avec distance toute la technologie que les Chiens mettaient dans leur manoeuvre et sentait bien là l'influence yazkuza sur Ritsuko. Il accepta l'oreillette davantage pour les surveiller que pour coopérer mais se refusa à emmener autre chose que ses sabres. "Les armes que j'utilise, je les prends sur des cadavres."

Il fut décidé qu'Eiji se posterait dans un immeuble voisin ainsi qu'un chasseur dans son mirador, et que Maruo et Hideo nettoieraient l'intérieur de l'entrepôt sous sa supervision. En l'absence des hommes de Gomou ils étaient en infériorité crasse mais avaient le bénéfice de l'effet de surprise et du lieu - le hangar était particulièrement difficile à garder, s'ouvrant de deux larges palissades coulissantes sur les camions de cargaison entreposés, et à l'avant criblé d'une entrée plus classique, sans compter que la tôle laissait passer les projectiles. Les Sumiyoshi-kai avaient pris le parti de la discrétion plutôt que de la solidité, et s'ils avaient su que la Vipère et Ritsuko étaient sur le coup, ils en auraient probablement fait autrement - mais comment pouvait-on deviner que le bras droit de Saito en aurait après sa meth, et prévoir que qui que ce soit aurait eu l'argent d'engager Maruo sur ce coup ? La hiérarchie des familles mafieuses étaient goudronnées d'habitude et manquaient de discernement.

"Ils ouvriront pas avant l'heure de départ prévue, commenta Eiji depuis son guet.
- D'autant qu'ils ont aucun moyen de prévenir la hiérarchie,
surenchérit Hideo faisant allusion aux communications brouillées.
- Ce sera trop tard, on doit finir ça rapidement."
La Vipère sentait dans ses tripes froides que l'absence de l'équipe de Miyoki était de mauvaise augure. "On va les débusquer. Eiji, repère l'un des conducteurs des camions dans l'entrepôt : il lui manque deux doigts de la main gauche." Maruo aussi avait fait quelques révisions quant à l'équipe qu'embauchaient les clans (à la vérité, il surveillait la mafia depuis que Ritsuko l'avait rejointe peu avant son départ à la retraite, et depuis qu'il était de retour). Et il était bien au fait de cette infirmité, puisqu'il l'avait lui-même causée. "Je l'ai, confirma le jeune homme."

La Vipère exposa son plan aux Chiens : les mafieux savaient tous que leur vie était moins importante que la cargaison, et avaient probablement reçu l'ordre de séparer les véhicules chargés à la moindre anicroche pour en sauver le maximum, les contraignant à ouvrir le hangar à la hâte pour sortir la meth du danger. Ils étaient très certainement suffisamment nombreux pour qu'une équipe s'échine à embarquer le pactole tandis qu'une autre riposterait, mais avec un conducteur en moins s'ouvrait une fenêtre de timing plus large pour les trois hommes. Maruo attaquerait de front dès que l'entrepôt s'éventrerait de ses larges portes sur les remorques, et Hideo viendrait par l'autre flanc en décalage comme du renfort. Tous deux seraient couverts par le snipe d'Eiji.

*

Le coup de feu qui décérébra le malheureux conducteur d'un des camions donna le signal d'alerte à tout l'entrepôt. Les hommes postés à l'extérieur eurent l'ordre d'écarter les grandes portes et ils tombèrent dans les crocs du Serpent sans même s'en rendre compte. Tapis dans l'obscurité de cette zone désaffectée mal éclairée - une nouvelle erreur stratégique des Sumiyoshi-kai -, il n'eût qu'à attendre que le binôme se dirige vers lui, bras encombrés par la résistance de la tôle rouillée. Il les empala l'un derrière l'autre sur son sabre et les maintint contre lui pour absorber les balles du binôme affairé sur l'autre porte, en face. Il se saisit de l'uzi d'une de ses victimes pour tuer les autres à leur tour puis se défit du poids des deux cadavres agonisant récupérant sa lame.

De là, il évita une salve meurtrière venue du flanc droit du camion en s'évadant derrière sa remorque - puisque personne ne savait qu'elle était vide, aucun d'eux n'aurait osé tirer sur la cargaison, faisant de ces deux mastodontes de parfaits remparts de dissuasion. Il tira à nouveau pour tuer ceux qui l'y rejoignirent,  s'exposa en se hissant sur le camion pour enfler encore son carnage, et fut sauvé d'une balle mortelle par Hideo qui de son côté avait également progressé vers l'intérieur de l'entrepôt et y avait lâché un fumigène. Chargeur vidé, Maruo dégaina ses sabres profitant de la confusion opaque de la fumée, et nettoya encore ceux qui tentaient leur dernière chance. Il rendit finalement la pareille au jeune homme en décapitant un yakuza qui le tenait en joug.

Après le fracas de hurlements, coups de feux, ordres scandés par-dessus l'épaisseur du fumigène et brinquebalements dans la tôle du hangar, le silence parut peser son poids. Quelques minutes plus tard et le brouillard dissipé en fuite vers l'extérieur, ce qu'ils entendirent dans leur oreillette n'en fut que plus net. "Lâche ton arme, magne !"

Eiji s'était fait repérer par quelqu'un qui savait qu'il était ici. Maruo nota derechef l'aigreur de son pressentiment se réaliser : voilà la troupe de Miyoki. "Hideo, planque-toi sous un cadavre, joue le jeu."

*

Sept hommes arrivèrent tenant le plus jeune du trio en otage. Hideo jouait le mort badigeonné du sang d'un cadavre qu'il avait peut-être lui-même assassiné, la Vipère campait sabres en fourreaux et un pistolet dans la ceinture, dissimulé dans son dos. Eiji en déduisit naturellement, connaissant Hideo comme le plus entraîné et meilleur combattant de la meute, qu'il avait été tué par Maruo. "Putain tu l'as buté quand ils sont arrivés ! T'es avec eux c'est ça ?!" Le chef de bande de Gomou, qui n'était pas Gomou mais un sous-fifre, hésita un instant. Il savait que Miyoki prévoyait de trahir Ritsuko - et il n'était pas au courant qu'il avait été abattu par Yuri - mais il lui était possible d'avoir omis que la Vipère s'était lié à eux. N'étaient-ils pas devenus ennemis, ces deux-là ? "Perspicace, Eiji. Je l'ai buté, ils vont te buter, et ensuite on s'occupera du reste des Chiens. En échange, ils me laissent m'occuper de Ritsuko." Le jeune instable se mit à rugir et ignora la menace du canon à sa tempe en mordant le bras qui le retenait prisonnier.

C'était le moment pour Hideo et Maruo de dégainer. Le premier protégé par un corps, le second profitant du désordre pour se retrancher derrière un charge-palettes, ils couchèrent les traîtres sans difficulté. Gomou était proprement minable, si minable en vérité que ça lui avait permis de berner deux familles mafieuses. A la manière de la Honda Civic, sa force était dans son allure blafarde. Voyant son ami revenir à la vie, Eiji se rasséréna, sans ignorer qu'il perdait davantage - si c'était possible - foi en la Vipère. "On est en retard, remarqua Hideo essoufflé. On fout le feu et on y va."

Des gallons d'essence se répandirent sur le sol et une allumette suffit à faire disparaître toutes les preuves. Un feu de joie consuma les corps, le fer et le plomb, jaspant le ciel de moires flamboyantes qui demain se réduiraient en exhalaisons souffreteuses. La mort était capable de barbarie totale et de beauté fatale.

Râpant le moteur vieillissant dans une allure exagérée, ils rejoignirent le point de rendez-vous avec beaucoup de retard mais en un seul morceau. Maruo sortit non sans grimacer de la voiture : dans l'altercation, Eiji l'avait en effet touché sans savoir qu'il était resté des leurs. La balle était nichée juste sous le poumon, derrière une côte qu'elle avait fracturée, lovée dans le diaphragme qui lui refusait toute respiration saine - il le cachait à merveille à toute la meute, mais il savait que Ritsuko le verrait. Par égo, il refusa d'annoncer sa plaie, encore moins qu'elle puisse venir d'un jeune écervelé aux tendances psychotiques explosives. Il constata en lui-même qu'il vieillissait.

Elle était trahie par sa respiration, lui transpirait outre mesure sa douleur. Se pencherait-elle comme autrefois sur son corps tuméfié pour l'apaiser ? Il s'imagina comme elle avait changé et par conséquent l'absurdité que la scène aurait vêtit. "J'espère que vous lui avez réglé son compte à Miyoki, parce qu'ils se sont retournés contre nous, observa Hideo."


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