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 The Anuirean Covenant (feat Jo')

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Houmous
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INSCRIPTION : 06/01/2019
ÂGE : 24
RÉGION : Grand Est
CRÉDITS : Breaking Bad

UNIVERS FÉTICHE : Fantastique, SF
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Depuis que le Roi est mort, le royaume Anuire est réputé frappé d'une malédiction. Les bandits pullulent dans les campagnes, volant, tuant et violant à tour de bras. Les monstres ont depuis longtemps cessé d'être un problème rare et une occurence discrète. Les officiels sont si corrompus que marchands comme nobles préfèrent faire appel à des compagnies de mercenaire pour leur protection qu'à la garde.

A chaque nuit insondable succède des lendemains meilleurs et un temple d'une foi oublié en pleine rase campagne s'avèrera être le premier rayon de soleil...

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Houmous
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Malvo
J'ai 39 ans et je vis en Anuire. Dans la vie, je suis mercenaire des Impavides et je m'en sors bien.

Je suis un rescapé, quelqu'un qui avait de l'importance.


copyright: aenaluck


Les murs effondrés de cet ancien haut-lieu d’une culture perdue avait quelque chose de mélancolique dans la lumière de la pleine lune. Des colonnades brisées et dispersées laissaient à voir ce qui devait avoir été le visage d’une statue. Quelques pierres colorées issues de mosaïques, en miettes au sol, se devinaient dans les tons pourpres et azurs au milieu des poussières charriées par le vent. C’est le lieu qu’avaient choisi quelques membres d’une petite compagnie de mercenaires pour venir installer leur campement et prendre du repos au milieu de leur périple. Cela faisait des jours qu’ils étaient partis de la capitale en suivant une piste vague signant la présence d’un de ces maudits lézards géants des marais. La prime et le danger justifiaient facilement le détachement de plusieurs combattants.

Malvo, le capitaine en second de la compagnie des Impavides, observa longuement dans la nuit étoilée. A l’affut du moindre danger se présentant dans le lointain, il était réticent à l’idée de se joindre à ses hommes auprès du feu. Il savait qu’aussi près des marais, il y avait un véritable risque que des monstres noyeurs se présentent à eux pour faire un festin de leurs carcasses et que chaque seconde de manque de concentration se paierait avec du sang. Les quelques jeunes recrues qui officiaient sous ses ordres ne seraient certainement pas capables de se défendre s’ils étaient pris par surprise et probablement qu’ils fuiraient en tous sens pour tenter de sauver leur misérable vie. La majorité d’entre eux étaient des crève-la-faim venus de la campagne ou des bas quartiers en ville, trop jeunes et peu malins pour se rendre compte de la chance qu’ils avaient alors. Ils ne se rendaient pas compte des dangers que comportait leur nouveau métier. La vie qu’ils avaient avant, aussi épuisante et ingrate pouvait-elle être, valait toujours mieux qu’une mort effrayante et brutale. Ils avaient été trahis par leur cupidité envers une solde de quelques piécettes dont ils ne verraient certainement pas à nouveau la scintillance… s’il ne les protégeait pas.

Il entendit un bruit, au loin, semblable à un cri de peur. Tous au camp se relevèrent en se regardant. Ils n’étaient clairement pas en état de faire face et n’étaient pas aussi alertes que lui alors il leur ordonna de rester et de se couvrir les uns les autres en attendant son retour. Il avança donc, au milieu des gravats et décida de prendre sa lame au clair et une lanterne pour aller investiguer. L’épée, qu’il tenait fermement et avec maitrise, était la dernière relique d’un passé qu’il cherchait à oublier, le symbole du feu éternel sur le pommeau à demi effacés par de multiples coups de poignard rageurs. Sur sa lame, moulte fois croquée, on voyait encore quelques restes de cire utilisée jadis pour y accoler des prières. Autrefois l’image d’une croyance arrogante et indubitable, l’épée du temple qu’il maniait représentait désormais le poids des erreurs passées qu’il devait porter sur ses épaules.

Marchant un moment, il arriva en bordure d’un bassin marécageux et c’est là qu’il vit pour la première fois la salamandre verte géante pour laquelle il était venu. La bête, disait-on, emmenait les enfants, le petit bétail et les adultes les plus faibles dans son repaire, au milieu de la mangrove et se repaissait de leur chair. A voir le reptile de plusieurs coudées de haut qui luisait dans l’obscurité, il comprit que l’on puisse en être effrayé et pourquoi on l’avait engagé. Il siffla pour attirer l’attention du monstre et se prépara à combattre. Captant son regard carnassier dans ses grands yeux jaunes luisants surnaturellement, il entrouvrit la lanterne, une idée en tête. Alors qu’elle s’élança dans sa direction, il lui lança la lanterne dessus, qui éclata et répandit de l’huile brûlante et enflammée sur le dos de la créature. Une odeur âcre provint de la morsure des flammes et ouvrit une blessure à vif dans le flanc de la bête. Malvo prit le temps de prendre son épée à deux mains et alors que son adversaire arrivait à son niveau, il fit un léger saut de côté en abattant le glaive vengeur de son bras armé.

Alors que la bête se trouvait être effondrée, il essuya sa lame dans l’herbe car il savait que le sang putride de ces créatures n’était pas sans risque. A voir comment le liquide bleuâtre dégageait une odeur intense, il n’en avait pas le moindre doute, il avait encore une fois eu de la chance. Il siffla alors pour appeler ses hommes et que ceux-ci l’aide à charger la tête de leur proie dans la charrette. Après cela, il prit le temps de regarder tout autour de lui pour essayer de retrouver le ou la malheureux(se) qui aurait été pris pour cible avant son arrivée. La personne n’étant pas manifestée, il était parti du principe qu’il ou elle avait été dévorée mais dans le doute, il prit tout de même le temps de mener quelques recherches, ne serait-ce que pour offrir une sépulture décente à la malheureuse victime.

C’est là qu’il la vit, recroquevillée sous une souche, presque au bord de l’eau. Une jeune femme était cachée là, inatteignable par le monstre mais tout de même dans une posture fâcheuse. Il prit le temps de pencher la tête pour essayer de mieux y voir avec la lumière de la Lune mais rien n’y faisait, le temps était trop sombre à l’ombre des arbres étriqués des marais. Il tendit une main doucement en commençant à parler.

- Hey toi là ! Il n’y a plus rien à craindre. J’ai abattu la Salamandre géante, tu peux sortir de ton trou.

Il parlait dans une voix rassurante qui n’avait rien de celle d’un bandit ou d’un mercenaire habituel. Il avait l’air éduqué et plutôt à l’aise avec les codes de bienséance. C’était un étrange personnage au milieu des brutes épaisses qui lui servaient de compagnons.


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Jo'
Jo'
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Mélampe Hildegarde Gertrud
de Lanasthël

J'ai 24 ans et je vis où je peux, dans l'Anuire. Dans la vie, je suis fille aînée d'Aymeric Mosse Gawen de Lanasthël, Roi d'Anuire décédé d'une crise cardiaque et je m'en sors bannie du Royaume puisque j'ai convoité le trône.

Valla (Diablo) (c) Kyrie

Les grillons assourdissants chantaient les marais comme le vent balayait leur odeur d'humidité. Depuis les sous-bois, la princesse sentait la terre s'amollir à mesure qu'elle avançait et la position des étoiles le lui confirma - elle approchait le repère des salamandres où elle savait une ruine languissante réduire dans la terre et qui lui offrait l'espoir de dormir à couvert. Le froid gluant des marécages lui rentrait par tous les pores jusque dans les os et le camaïeu de vert impérial ne profitait pas à sa vision, mais elle n'avait pas le luxe de se refuser la sécurité de murs - depuis la mort du Roi, Mélampe autrefois chasseresse aguerrie ne reconnaissait ni ses terrains, ni leur faune, et quoiqu'elle fusse fort habile à la survie, elle ne l'était pas tant à l'abattage de monstres.

Sa colère la réchauffait néanmoins à mesure qu'elle envisageait sa vengeance et la confortait toutes ses nuits depuis son bannissement. Pour elle, la malédiction qui labourait Anuire était un signe du destin qui confirmait que la mauvaise personne était à la tête du Royaume, un roitelet de substitution misérable qui n'avait rien de l'épaisseur du sang qu'elle partageait avec son père, elle qu'elle estimait légitime bien que femme. On l'avait châtiée de son foyer mais elle était plus froissée dans son égo que perdue - depuis qu'Aymeric avait soupiré pour la dernière fois, elle n'était déjà plus tout à fait chez elle - et elle avait l'intention de récupérer ce qui lui valait de droit. Ainsi était-elle partie dans les tréfonds dangereux de ses terres maudites pour rencontrer des factions autonomes à rallier à sa cause. Mais avec la richesse et la dangerosité du bestiaire, elle devait faire montre d'une grande prudence.

Ce qu'elle ne fit précisément pas à cet instant, harassée de fatigue, et qui manqua de lui coûter la vie.

Elle aperçut dans le lointain la silhouette camouflée d'une salamandre déchiquetant une proie, et plus à l'horizon encore de petites flammèches scintillant à travers la brume - elle ne s'attendait pas à voir d'êtres humains en cet endroit mais elle n'avait pas tant d'options de renoncement. Distraite par la dualité de cette menace, elle ne prit pas suffisamment garde au terrain qui avala dans la boue son pied jusqu'au genou ; le trou d'eau dans la terre meuble se referma presque sur elle et plus elle grattait autour de sa jambe pour l'en sortir plus elle créait d'espace pour s'embourber davantage. Ce que Mélampe ne savait que trop bien sur les salamandres était leur capacité à sentir les mouvements comme les odeurs.

Il ne fit donc pas long feu pour que l'une d'elle se détache de son gueuleton plus loin dans l'eau noire afin d'aller renifler la mouche prise dans la toile. La bête se traîna vers la princesse toujours plus affairée à se sortir du pétrin, toute en longueur menaçante, dressée sur ses coudes saillants et des griffes qui labouraient le sol sans s'y enfoncer, la mâchoire dans le prolongement d'une encolure puissante qui enjoignait tout le mouvement du corps dans une musculature compacte et nerveuse. La voyant s'approcher, Mélampe réalisa qu'elle ne se libèrerait pas à temps et sortit sa serpe pour limer les lacets de sa botte - les grillons toujours chantant semblaient désormais encourager sa mise à mort. Elle parvint tout juste à s'extirper de l'emprise du marais au moment où la bête la rejoignit, loupant un coup de dents  claquant son manqué et qui lui arracha un cri d'effroi, et rampa d'une panique saisissante jusqu'à une niche sous un bois creux qui prenait l'eau sale. Tassée tout au fond du repère, la princesse devait se faire filiforme pour que la mâchoire de la salamandre ne l'attrape pas, trop grosse pour entrer totalement.

Mais un miracle salvateur vint sauver la martyr royale. Un homme parvint à abattre la bête, incendiant sa robe jaspée et illuminant la noirceur des marais, déchirant sa chair épaisse sous une cuirasse pourtant impénétrable, et il mit fin au cauchemar de tant d'hommes comme à celui de Mélampe. La princesse ne vit de l'affrontement qu'une gerbe de feu puis de sang, demeurant ramassée où elle était, se figurant qu'un tel guerrier pouvait aussi bien la sauver que la condamner ; elle se dit du même temps que c'était d'un combattant comme celui-ci dont elle aurait besoin pour renverser le nouveau roi - mais écoutant la voix d'autres sauvages dont elle n'était pas sûre des projets, elle demeura discrète. Ce fut finalement lui qui vint à elle, la voix sûre et forte confirmant à l'oreille de la jeune femme sa trempe de chevalier. Peu décidée à passer la nuit dans les remous stagnants de la souche, elle accepta de se saisir de sa main large pour se laisser traîner au dehors de son terrier.

La princesse était trempée, couverte d'une boue épaisse qui collait sa cape et ses cheveux, grelottant un peu de sa marche dans la nuit noire et humide gelée par son sol argileux. Elle observa derrière son sauveur une poignée d'hommes festoyant autour du cadavre de l'animal, le chargeant sur un genre de charrue qu'ils traînaient douloureusement dans l'enfoncement du sol impraticable, et les voyant s'éloigner elle se rassura. L'individu qu'elle avait en face d'elle ne dégageait pas la même impression rustre et cupide quoiqu'elle eut du mal à discerner ses traits ainsi dos à la lune. Elle croisa ses bras sur elle-même pour retrouver un peu de chaleur - certainement, elle ne montrait rien de princier à cet instant - sans se laisser aller à l'effusion de boniments - elle était trop fatiguée et méfiante encore pour cela.

"Merci. Je me suis enfoncée dans la boue et ça a alerté la bête."

Elle espérait qu'il lui propose de passer la nuit dans son campement, devant un feu et entre les pierres de la ruine où elle comptait se rendre de toutes manières.


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Une fois qu’elle sortit de dessous son refuge boisé, il put la regarder un peu plus. Il s’en était fallu de peu pour qu’elle soit défaite par ce monstre à en croire l’état piteux dans lequel elle s’était retrouvée. Il aurait été prêt à parier qu’elle s’était retrouvée ici par malchance. Il savait également que le village le plus proche était à plusieurs lieues et qu’elle ne survivrait pas à un tel voyage seule. Si cette femme était une paysanne des alentours, il en aurait été surpris mais cela n’était pas impossible.

- Je ne pense pas qu’il soit à propos de converser ici... Vous accepterez sans doute de venir vous joindre à nous, n’est-ce pas ? Notre camp est proche d’ici, nous y avons un foyer et de quoi nous sustenter, proposa-t-il directement.

Elle accepta, bien entendu et récupéra à la hâte sa botte restée captive de la boue. Ensemble, ils arrivèrent bien assez vite au campement, suivant simplement les traces de la charrette partie peu avant, ainsi que la lueur des torches du reste du détachement. Pendant tout ce temps, il resta avec son épée à la main, à l’affut du moindre risque. On sentait dans son attitude que c’était un combattant aguerri et habitué à des situations à haut risque telles que celle-ci. Il ne tournait pas incessamment sa tête et se fiait au contraire à son ouïe pour être averti d’une éventuelle attaque imminente. Il savait les salamandres géantes caractérielles et agressives. Avoir abattu la plus grosse de la colonie n’était qu’une mesure de sécurité temporaire pour les habitants des villages les plus proches et les braves qui arpentaient les routes de campagne qui passaient tout près d’ici. S’il s’écoutait, il aurait mis en place des pièges et serait resté quelques temps pour éradiquer cette menace définitivement mais il n’était payé qu’à cette tâche. De plus, ces bêtes n’en seraient pas moins agressives à l’égard des humains et le risque de perdre des soldats en cours de route était trop grand vu la prime dérisoire. Elles n’oublieraient pas, et il le savait…

Le camp avait tout d’un refuge de fortune. Si un feu illuminait certes entre les pans de murs restant du temple, on voyait aussitôt, une fois un œil à l’intérieur, que les moyens mis en place étaient relativement faibles. Si la prise du jour se trouvait dans la calèche, à l’extérieur du bâtiment, les hommes qui s’y trouvaient tenaient plus du vagabond mendiant que du guerrier de roman épique. Ils mangeaient les morceaux du seul lapin qu’ils avaient capturé sur la route en les réchauffant au feu. Ce n’était certainement pas suffisant pour nourrir six hommes adultes mais il fallait s’en contenter. Ils avaient consumé toutes leurs rations sur le chemin pour atteindre ce temple en partant des campements proches de la capitale où étaient stationnés pour le moment les Impavides. Le seul vague luxe était que le commandant de ce petit groupe avait installé ses affaires dans une autre pièce que les autres, s’épargnant une nuit difficile avec les ronflements de certains engagés.

Il invita la jeune femme à venir dans cette pièce où se trouvait son couchage et sortit d’un de ses sacs un torchon pour qu’elle s’essuie un peu et remette de l’ordre dans sa tenue. Pour sa part, il essuya le sang sur la lame de son épée sur ses braies avant de l’aiguiser méthodiquement. Sans lever un œil de son ouvrage, il commença à lui parler calmement :

- Nous n’avons que peu de choses. Prenez de quoi manger en mon nom aux hommes et dormez dans ma couchette pour cette nuit. Après avoir manqué de mourir, vous allez tomber rapidement de fatigue. Demain, vous me raconterez l’histoire qui vous a mené, en pleine nuit, à déambuler à côté des marais, expliqua-t-il avec une autorité qu’on sentait routinière.

Plus tard, il alla se joindre aux hommes qui semblaient désormais détendus et joyeux. Il ne savait s’il avait réellement rendu service à ces jeunes combattants en les privant d’une bataille aussi simple que celle-ci. Peut-être aurait-il mieux fallu que l’un d’entre eux soit blessé pour qu’ils comprennent les dangers, les risques et la violence de leur métier. Il savait, à juste titre, qu’abattre un monstre de taille humaine était l’une des choses les plus simples qu’il puisse leur être donné de faire. N’être qu’un pion face à une autre compagnie de mercenaire dans les jeux des nobles ou devoir faire face à des monstres plusieurs fois plus grands que soi étaient des tâches plus complexes et autrement plus ingrates.

- Ah ! Voilà l’capitaine Malvo ! Un « ourah ! » pour l’capitaine qui pourfend à tour de bras des bestiaux ! encouragea-t-il, suivi d’un cri collectif joyeux. Vous prendrez bien une coupe pour fêter la mort de c’foutu monstre ?
- Merci Jarn, je vais prendre à boire. Profitez bien de cette soirée car nous reprendrons la route demain aux premières heures du jour. Je veux que le camp soit défait proprement et que nous regagnions Ordelia dans trois jours pour ne pas avoir de retard. En attendant, buvez et mangez !

Le capitaine resta une petite heure en compagnie de ses hommes avant de relever le guerrier qui s’occupait de monter la garde et de surveiller le chariot. Il resta une bonne partie de la nuit ainsi avant d’échanger de place avec le dénommé Jarn et de se coucher à sa place. Il ne savait pas très bien encore si la jeune rescapée qu’ils avaient récupéré allait les accompagner quelques temps durant le voyage mais il était certain qu’elle ne partirait pas avant de lui avoir parlé. Il avait remarqué quelque chose dans son regard qui lui inspirait tant d’assurance que de crainte. Elle allait avoir quelque chose à demander, c’était une évidence.

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Mélampe Hildegarde Gertrud
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J'ai 24 ans et je vis où je peux, dans l'Anuire. Dans la vie, je suis fille aînée d'Aymeric Mosse Gawen de Lanasthël, Roi d'Anuire décédé d'une crise cardiaque et je m'en sors bannie du Royaume puisque j'ai convoité le trône.

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Elle regarda en égaux les va-nu-pieds qui reniflaient glaireux et âpres au campement, mais elle était déçue de voir un homme aussi assuré aux commandes d'un groupuscule si pitoyable. Elle savait bien, déjà sur les routes depuis des mois, que ce qui avait suivi son châtiment avait plongé une grosse partie de la population dans la disette et le désespoir - les terres se fermaient comme des outres, la chasse devenait inconcevable, la descendance même (unique force sociale de ces prolétaires) finissait arrachée par les monstres. Plus elle observait l'abysse avalant son royaume par rapides goulées, plus elle avait l'intime sentiment que sa place était à son sommet - pas tant par humanisme que par goût du travail bien fait. La malédiction portait ces visages stupides, résignés mais gaillards illuminés par l'instabilité du feu, et elle en avait autant le dégoût que la colère.

Son salvateur s'occupa d'elle comme d'un oisillon blessé : avec bienveillance et autorité. Il portait sur son visage toute la rigueur de son esprit, symétrique jusque dans sa barbe, avec une seule approximation dans ses cheveux grossièrement noués et à la lumière du foyer, Mélampe nota la clarté de son regard sous l'ombre de ses arcades sérieuses. Lorsqu'il quitta la chambrée pour rejoindre ses camarades, la princesse concéda à abandonner sa cape poisseuse et frotta sa chevelure réunie dans la boue pour les en défaire - il avait raison, elle était épuisée, mais elle s'inquiétait de s'assoupir vulnérable au milieu d'inconnus : à la cour et pareillement sur les chemins, on lui avait enseigné à se méfier des êtres humains.

Bientôt néanmoins elle ne tint plus. Rassurée par la chaleur et remparts de pierres défaites contre les salamandres, elle se refusa le lit du chef pour s'entasser en chien-de-fusil dans un coin, serpe à la main, et ne lutta pas longtemps pour que sa tête chute sur son épaule et qu'elle s'assoupisse lourdement.

*

Une raie lumineuse lui fit plisser tout son visage. Bagarrant avec ses yeux contre les assauts du soleil, elle réussit à les ouvrir sur des lueurs mirifiques frappant la poussière ambiante. L'aube plongeait la ruine dans un matin feutré, chargé d'une rosée épaisse venue tout droit des marais, et le spectacle engourdi auquel Mélampe assistait l'empêcha de remarquer immédiatement qu'on l'avait couverte dans son sommeil - elle pesta contre elle-même d'avoir eu un somme si lourd qu'elle ne s'en était pas rendue compte, mais elle s'y enroula malgré tout pour mieux se parer contre le glas d'un soleil timide qui ne pénétrait pas encore les pierres.

La nature chantait son silence et elle en déduit que les vaillants paysans ronflaient encore leur bibine de la veille. Elle réalisa enfin - et ce bien trop tard à son goût - que le capitaine, lui, était déjà éveillé.

Evidemment.
Il fallait s'en douter.
Frais comme un gardon en plus de cela.

La lumière de l'aube le montrait plus intimidant car elle rendait mieux compte de sa stature. Son épée à elle seule disputait au gabarit de la princesse, plusieurs sangles harnachaient la largeur de son torse et les rides de sa quarantaine confirmaient son expérience. Il formait un personnage tout particulier qui roulait une carrure de héros alors même qu'il était à la tête de six affreux et Mélampe - dont l'âme de future Reine s'éveilla enfin - brûlait d'en savoir plus. Ajustant le voile autour de ses épaules frileuses, elle prit enfin la parole après une nuitée de silence et d'une voix éraillée par une petite toux humide.

"Bonjour ... Vous êtes matinal."

Un temps. Les banalités n'étaient pas leur tasse de thé.

"Peu importe, merci pour hier. Dire que vous êtes bon combattant serait un euphémisme."

Elle considéra une nouvelle fois l'attirail de guerrier émérite qu'il tractait avec lui et la facilité avec laquelle il était parvenu à tomber une salamandre.

"C'est surprenant que vous soyez capitaine de ce genre d'équipe."

Frissonnant, Mélampe se ramassa pour mieux se réchauffer, laissant un temps pour signifier que la place d'un tel homme était ailleurs.

"Croyez-le ou non, je suis l'aînée de Lanasthël. Celle qui a été châtiée. Puisque je n'ai pas ma tête sur les pièces, la plèbe ne me reconnaît pas, alors le plus souvent je dors dehors."

C'était aussi un moyen pour la jeune femme de capter le niveau d'érudition du quadra : s'il était davantage qu'un fils de villageois devenu combattant par sa génétique guerrière, alors il devait connaître quelques détails de la vie royale et notamment le prénom de la princesse, aussi se passa-t-elle de se présenter. Elle renifla discrètement, malade de ses escapades trempées, malade aussi - à l'intérieur - du sort qui s'était abattu sur sa destinée. Son expression changea du tout au tout et s'assombrit notablement.

"Mais c'est temporaire, je vais reprendre le trône."

La pensée de sa vengeance la conforta telle une étreinte et elle releva vers lui ses cils dont l'ambre scintillait de malice à travers le matin pâle. Sa jeunesse la rendait trop prompte à se dévoiler sans se méfier des taupes du nouveau coq de la (basse-)cour et elle se croyait invincible juste parce qu'elle était en colère.


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Malvo
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Malvo avait appris à monter une garde attentive et à n’en jamais déroger lorsqu’il s’y mettait. Aussi, lorsqu’elle vint à sa rencontre au matin et qu’elle commença à lui parler, visiblement intriguée par le décalage qui existait entre lui et ses hommes, il se contenta de la saluer et de la laisser parler. Il en serait simplement resté là d’ailleurs si elle n’avait pas commencé à raconter qu’elle était de sang royal et une fugitive qui plus était. Il eut d’abord un éclat de rire de surprise avant de réaliser que cela était une réelle possibilité. Alors il se tourna vers elle en un éclair, tirant un poignard d’une main et portant la main à sa gorge de l’autre pour la plaquer sur le muret auquel ils étaient adossés. La menaçant ainsi, une lame sous l’œil, il commença à lui parler franchement.

- Jeune fille, tu n’es pas bien maline si tu penses qu’il est judicieux dans ta position de te faire passer pour une héritière exilée, déclara-t-il, le regard tranchant… De deux choses l’une : soit tu es effectivement Mélampe de Lanasthël et dans ce cas tu es stupide de le raconter à quelqu’un que tu viens de rencontrer, soit tu ne l’es pas et tu es ridicule de vouloir attirer mon attention ainsi.

Il la relâcha d’un seul coup de sa prise brutale en entendant l’un de ses hommes venir à sa rencontre. Il n’était pas connu de ses soldats pour avoir pour habitude de rire et le fait de l’entendre avait attiré l’attention de son groupe. Il le chassa en lui disant que tout allait bien et qu’il pouvait retourner travailler à lever le camp pendant qu’ils montaient la garde ensemble. Le jeune homme remarqua que la supposée Mélampe était en train de tousser violemment mais ne posa pas plus de questions en voyant le regard profondément colérique de son capitaine le fusiller. Une fois que l’homme était parti, Malvo se tourna à nouveau vers elle pour lui parler.

- Bon, « Mélampe »… Je vais t’appeler Hilde à partir de maintenant. Je ne veux pas de ce genre d’histoire pour la compagnie des Impavides, compris ? Tu veux tenter de renverser ton jeune frère Ulrich et le maréchal régent ? C’est ton affaire et je te souhaite bonne chance… Mais nous, on est une petite compagnie de chasseurs de monstres et on ne pourra pas te porter à la victoire, fin de l’histoire. Si tu veux te joindre à nous pour le trajet de retour jusqu’à Pontblanc et monter ta révolution là-bas, tu es la bienvenue, mais tu vas devoir éviter de raconter partout qui tu es et ce que tu veux faire, compris ?

Il se releva alors et la laissa seule pour qu’elle médite sur sa proposition qui ressemblait plus à un ordre. Prenant le temps de jeter un œil au travail de ses gaillards, il beugla un ordre ou deux pour qu’ils s’activent et évitent de plier n’importe comment des toiles de tente et des couchages encore humides de la nuit. Pendant qu’il mettait en place tous les chargements sur la charrette en plus de la carcasse de sorte que le tout soit correctement équilibré, il jeta quelques coups d’œil furtifs pour voir comment allait la jeune femme. Il avait en horreur la violence envers les femmes mais le désir de protéger son nouveau groupe d’appartenance était d’une importance plus grande que ses éventuels principes.

A peine quelques dizaines de minutes plus tard, ils se mirent en marche. Malvo prit place en tête de la troupe avec un paysan du coin devenu leur guide pour le temps de la mission. Discutant longuement de l’itinéraire à prendre et de l’éventuelle survenue proche d’un orage, ils avaient fort à faire ensemble pour planifier le long trajet avec la carriole surchargée. L’angoisse de devoir aider les chevaux à la tracter dans la boue était ce qui le faisait être plus exigeant qu’à l’accoutumée.

Rapidement pendant les premières heures de marche, un gaillard des villes appelé Tili alla à la rencontre de la jeune femme pour essayer d’en apprendre plus à son sujet. Les rires gras de ses amis de la petite troupe ne laissaient pas énormément à se méprendre de ses intentions ou de sa réputation. Cependant, plus qu’usuellement, il avait un véritable intérêt pour comprendre qui était cette jeune femme dont le capitaine semblait faire beaucoup d’égards. En effet, un débat animait ces quelques jeunes hommes sur la raison pour laquelle il prenait la peine d’emmener une bouche supplémentaire à nourrir alors que la situation était déjà si difficile pour eux.

- Eh mam’zelle ! T’endez moi, j’m’en vas vous cosoyer. Dites, z’êtes pas une bourgeoise ou une nobliette par hasard ? Parce qu’avec les gars on s’d’mande si z’êtes pas capable d’nous en dire plus sur l’cap’…

Il marcha à sa hauteur et à mesure qu’il essayait de le dissimuler, sa démarche gauche démontrait l’évidence d’un boitement. Il avait l’air d’avoir du mal à rester à sa hauteur et à avancer aussi vite que le reste du groupe mais pas une seule fois on ne l’entendait s’en plaindre. En guise d’armement, il ne portait guère plus qu’un coutelas mal forgé mais relativement aiguisé. En temps normal, il servait de cuisinier au groupe car il compensait son handicap par une patience et une détermination plus importantes.

- Avec les gars, on est bin intéressés d’savoir qui z’êtes d’ailleurs. Z’avez pas l’air des gens du coin. Z’êtes plus distinguée et y z’ont pas l’cran d’venir vous cosoyer… Qu’est qu’c’est vot’ nom ? demanda-t-il enfin avec un sourire alors que Malvo tournait légèrement la tête pour entendre la réponse qu’elle lui offrirait.

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Mélampe Hildegarde Gertrud
de Lanasthël

J'ai 24 ans et je vis où je peux, dans l'Anuire. Dans la vie, je suis fille aînée d'Aymeric Mosse Gawen de Lanasthël, Roi d'Anuire décédé d'une crise cardiaque et je m'en sors bannie du Royaume puisque j'ai convoité le trône.

Valla (Diablo) (c) Kyrie

L'étau de la poigne du capitaine se refermant sur sa gorge la priva d'abord de répondant, interdite par l'autorité avec laquelle il s'était abattu sur elle, princesse qui n'avait pas l'habitude de la physicalité. Son père lui-même ne lui aurait jamais parlé ainsi, et elle fut davantage meurtrie dans son égo qu'à son larynx malgré la toux - soudain, elle le méprisa totalement, et il lui fit parfaitement sens qu'un malotru bestial dans son genre se vit choir au commandement d'une poignée de bouseux, toute assurance martiale considérée.

L'un des hommes du quadra l'interrompit enfin et elle prit une grande goulée d'air qui brûla ses poumons grippés crapotant alors férocement - elle sauta sur l'occasion d'exprimer sa protestation.

"C'est vous-même qui m'avez demandé hier soir de vous dire comment j'étais arrivée ici !"

Elle comprenait mal pourquoi il lui reprochait si violemment d'avoir répondu en toute sincérité à une question qu'il lui avait lui-même posée, elle qui jamais ne faisait le détour - à tort ou à raison - de mentir et a fortiori lorsqu'il s'agissait de son identité, qu'elle protégeait plus jalousement à mesure qu'on la lui avait refusée (et qu'elle chérissait peut-être davantage que sa propre vie). Elle n'était assurément pas bonne âme, mais elle chérissait cette vertu d'être détestable de vérité. Quoi qu'il en soit, le capitaine endossa son rôle à merveille et dressa une barrière entre la princesse et sa troupe qu'il voulait tenir à l'écart des problèmes et que le désespoir aurait pu pousser dans les mailles d'une héritière si ensauvagée. Courageuse mais pas suicidaire, elle attendit qu'il soit hors de portée d'ouïe avant de le provoquer pour elle même - "Appelle-moi bien comme tu veux, un jour ou l'autre ce sera Sa Majesté." Elle abandonna volontiers le vouvoiement.

Elle dû bien malgré elle admettre qu'il était trop particulièrement renseigné sur la politique récente pour qu'elle le considère aussi superficiel qu'elle le pensait jusqu'alors.

*

Evidemment, rien ne retenait Mélampe avec un homme qui l'avait vexée et sa troupe qui empestait la camaraderie bourrue. Voilà des mois qu'elle vivotait seule, elle n'avait pas attendu ce féroce combattant pour être sa propre héroïne - le sauvetage de la veille semblait avoir été rangé bien loin dans le placard de ses souvenirs blessants qui lui rappelaient sa vulnérabilité. Elle partit donc sans attendre personne, mais bien organisés, accompagnés d'un guide et prompts au départ avec seulement 10 minutes de décalage, ils la rattrapèrent. En réalité, l'héritière l'avait fait un peu exprès, traînant les pieds sur un sentier mal dégrossi harassée de la peur d'être dévorée comme elle aurait pu l'être la veille et cherchant la sécurité d'un troupeau. "Il ne s'agit pas de courir plus vite que ton prédateur, lui disait son père pendant leurs parties de chasse. Mais de courir plus vite que ses autres proies." Et au vu du poids mort de la salamandre qu'on manoeuvrait difficilement sur son charriot, elle était à peu près sûre d'être plus explosive que l'équipée.

Elle les attendit donc plus ou moins, naturellement, sans (se) l'avouer.
Elle consentit même à souffrir la conversation tannée d'accents de misère d'un dénommé Tilli (qu'on envoya, à force boutades graveleuses et brimades rustaudes, faire connaissance).

Mélampe sentit sur elle le regard oppressant de Malvo aux questions indiscrètes du paysan mais elle n'y céda pas. Elle joua néanmoins le jeu dont les règles avaient été claires - si elle était en effet prête à tout pour accéder au trône et ne troqueraient rien de son intégrité pour cela, elle n'en chutait pas à vouloir remuer ce qui sent mauvais, et les limites paternalistes imposées par le capitaine lui semblaient légitimes vis à vis de ses soldats-enfants. Elle prit ainsi le parti de laisser l'escouade tranquille avec ses histoires de putsch.

"Je m'appelle Mélampe."

Rien de plus. Elle glissa un regard au chef dont une réaction aurait été suspecte et malvenue et qui fut contrit à la réserve. Elle était un peu offusquée qu'il puisse penser qu'elle convoitait ses boiteux pour une armée à vrai dire : c'était lui qui l'intéressait à ces fins, voilà tout. Un homme qui commande, protège et sait affronter.

"Eh bien j'ai de l'éducation, mais je suis sans le sou, alors j'en suis au même point que vous."

Elle évita ainsi de se trahir et de trahir celui qui, malgré tout, lui avait sauvé la vie et l'avait accueillie pour la nuit. Pas un mot sur sa condition d'héritière ni sur ses projets, Mélampe, un prénom comme un autre s'il n'est pas secondé par de Lanasthël. Un compromis qu'ils consentirent tous deux tacitement pour la traversée. Tilli quant à lui goba ce qu'on lui donnait à réfléchir et considéra positivement la jeune femme qui disait être leur égal.

La princesse se jugeait au contraire infiniment supérieure, il va de soi.
Peut-être était-elle, finalement, manipulatrice à ses heures perdues.

*

Pontblanc était une ville-carrefour assez animée et qui, comme son nom l'indiquait, surplombait un large fleuve en contrebas. Assez peu de natifs y habitaient de façon fixe, elle vivait surtout des flux qui la traversaient et formait un véritable lieu de rendez-vous pour les mercenaires, commerçants et voyageurs - Malvo avait raison, c'était l'endroit rêvé pour recruter ... mais sans argent, tout devenait compliqué, et rien n'intimait aux guerriers de croire en Mélampe : il fallait lui faire confiance sur le fait qu'elle était la vraie princesse bannie, que le coup d'Etat pourrait réussir et qu'elle tiendrait ses marchés une fois le séant sur le trône. L'héritière savait bien qu'elle partait perdante, mais que faire sinon se tuer sur-le-champ comme un large abandon ? S'il avait fallut qu'elle tente le renversement seule, elle en aurait pris le risque. "C'est peut-être bien ce que je ferai ..."

Mais son expérience infructueuse avec le capitaine lui avait appris quelque chose : elle n'avait pas besoin de revendiquer sa situation d'héritière pour former un coup d'Etat, il lui suffisait de remuer l'insatisfaction générale indépendamment de sa légitimité filiale.

*

La livraison de la salamandre se fit donc à Pontblanc, devant un comptoir avec pignon sur rue attenant à la taverne et de laquelle émanait un remugle tonitruant de voix masculines. La femme au comptoir appela semblablement son mari pour régler les modalités de la partie de chasse, mais Mélampe, ni tout à fait affiliée à la troupe ni tout à fait autonome, s'en détacha pour pénétrer dans la taverne à l'insu du capitaine. Des groupuscules de mercenaires étaient agglutinés d'affinité et échaudés par la bière comme par les contrat de chasse qui fleurissaient ici depuis de nombreux villages alentours.

"Comment ça ?! grogna l'un d'eux. La salamandre a été prise ?!"

Il portait une longue chevelure hirsute sur des traits mangés de cicatrices - sans doute d'une variole rétablie miraculeusement et qui ne laissait aucun doute sur la robustesse que portait son corps bedonnant. Il bouscula Mélampe pour sortir en trombe de la taverne sans même s'y attarder et débaroula rouge de rage et d'alcoolisme au devant du comptoir. Avec la recrudescence des bêtes, la corruption des forces officielles et le désespoir croissant de chacun, la concurrence entre les troupes officieuses était tendue : pour beaucoup de ces gens, rafler le bon contrat signifiait passer l'hiver sans perdre deux mômes.

Sentant que l'équipe de Malvo ne se laisserait pas malmener par un sagouin du genre, la princesse passa la tête au dehors et assista au spectacle.


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Malvo
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Malvo acceptait avec plaisir la monnaie au nom de sa petite équipée. Il avait même l’air plus détendu que durant le temps de voyage à vrai dire et rêvait certainement à s’écrouler dans un lit miteux d’une auberge duquel on ne le tirerait pas pour une raison aléatoire dans les prochaines heures. Malheureusement pour lui, on vint lui chercher des noises. Il n’était pas si rare que les marchands et échevins ne payent rapidement un second groupe pour se lancer aux trousses de monstres notablement dangereux si le premier venait à ne pas donner signe de vie pendant un trop long moment. C’était ce qui avait dû se passer et, dans un réflexe primaire et agressif, son concurrent venait lui faire comprendre qu’il n’aurait pas dû revenir et laisser simplement le champ libre pour ceux qui venaient après.

- C’est toi le capitaine des Impavides qui a ramené la salamandre ? On vient de m’engager pour aller m’en occuper ! J’en ai marre, c’est la troisième fois ce mois-ci qu’on annule une de mes missions comme ça ! Je dois nourrir ma femme et mes gosses, moi ! beugla-t-il, l’haleine portant le doux fumé de la vinasse.

- Voyons, mon ami, pourquoi t’exciter tant que ça pour un contrat si maigrelet ? Il ne s’agit que de quelques dizaines de pièces d’argent, commença-t-il à expliquer calmement. Et puis, entre nous, il y a un paquet d’autres salamandres là-bas… Si tu t’arranges bien avec le mar-

- Non, j’en ai marre ! J’ai refusé un contrat pour me concentrer sur celui-ci. Tu vas me dédommager maintenant et tout de suite !! Je veux ta prime ou je t’égorge ! s’époumona-t-il.

Malvo se toucha le front en soupirant, pensif. Voyant qu’ils attiraient les curieux et que ça allait bientôt partir en vrille, il aurait préféré lui donner quelque chose en gage de sa bonne foi mais vu comment cet homme était remonté, ça n’aurait pas suffi. Il le regarda et vit qu’il portait une ceinture avec une sorte de boucle un peu ouvragée en forme de chien de profil. Jetant un rapide coup d’œil, il se rendit compte que plusieurs autres hommes d’âge mur avaient aussi le même genre d’accessoire sur eux. Comprenant aisément qu’il était aussi avec son groupe et qu’ils étaient tous probablement plus expérimentés que ses jeunes soldats, Malvo s’apprétait à parler pour accéder à leur demande et protéger ses hommes mais il n’en eut pas le temps. Tili le premier sortit son poignard en pointant le vieux guerrier défiguré qui leur faisait face.

- On n’t’a don’ jamais dit qu’c’est pas poli d’menacer un bonhomme qui n’fait qu’son office ? J’voudrions ben voir comment qu’tu t’en vas l’égosiller l’cap’taine ! déclara Tili avec un ton plus assuré que son pas.

Malvo eut un profond soupir de désespoir en sachant que ce jour serait peut-être celui de la mort de toute son équipe. Il attrapa Tili par l’épaule et le fit passer derrière en lui mettant dans les mains la bourse avec toute la prime à répartir parmi tout le groupe. Il lui intima de s’enfuir avec les autres d’une voix qui ne permettait pas de protester. S’avancèrent de la foule 3 guerriers tout en armes et la brute avinée. Vus de plus près, ils semblaient féroces et ne devaient pas être à leur coup d’essai en ce qui concernait le racket de mercenaires et autres guerriers. Il acheva le tableau en prenant son épée du temple, une longue lame étincelante malgré l’usure extrême. Personne ne devait comprendre qu’ils faisaient face à un parangon du Temple du Feu Eternel et c’est pour cette raison que la suite des événements fut si funeste.

Une partie de la foule s’enfuit face à la bagarre qui allait débuter mais nombre d’entre ceux qui étaient là assistèrent à cette danse dont les participants diminuaient rapidement en nombre. Lorsque le premier de ses adversaires tenta de se jeter avec toute sa force pour abattre sa hache sur lui, Malvo dévia le coup avec son épée et le frappa de sa main libre dans la pomme d’Adam pour l’écraser. Le commandant du groupe qui lui faisait face beugla ses ordres en voyant l’un de ses hommes si violemment abattu et ils se mirent en place pour l’encercler et le frapper sans pitié de toutes parts. Malvo les laissa faire et patienta jusqu’à ce que le premier essaya de le tuer en le frappant à l’épaule avec une épée. Il se déplaça légèrement et se retourna pour l’attraper et le pousser à se prendre le coup de hache qu’un autre de ses ennemis lui avait réservé. La lame resta coincée dans le crâne de l’un et l’autre fut décapité sans mal par la longue relique affutée comme une lame de rasoir. Face à pareil fiasco, l’instigateur de cette rixe sanglante était déjà en train de prendre ses jambes à son cou mais il ne fut pas interrompu dans sa course.

Au sol, les trois cadavres étaient encore chauds que plusieurs membres de la garde locale arrivaient et bouclaient le secteur pour stopper tout éclat de violence. Un sergent tomba sur cette scène sans équivoque et fit mettre aux arrêts immédiatement Malvo. Il eut à peine le temps d'expliquer qu'il n'avait pas voulu ce combat et de lâcher son arme en guise de bonne foi qu'on le matraqua à la tête, le faisant tomber à la renverse. Il ne put que regarder le sergent prendre son épée tranquillement et l'examiner avant de déclarer à l'un de ses hommes :

- On dirait qu'on a fait une fameuse prise aujourd'hui... Le colonel sera ravi d'apprendre qu'on a trouvé une des épées du temple et le meurtrier de son propriétaire légitime. Emmenez-le, on l'interrogera plus tard, au calme, fit-il avec un sourire sadique.

Lorsqu’il reprit conscience, il avait la tête en passoire, contusionné de partout. Autour de lui, quelques uns de ses hommes étaient dans un état similaire, dans d'autres cellules. On lui avait pris ses armes, son armure et son manteau ainsi que tous les objets d’une quelconque valeur qu’il pouvait avoir, bien entendu. Se redressant, il comprit qu’il avait été réveillé par une coulée d’eau fraiche passant entre deux pierre du mur. Comment s’en sortir maintenant que les choses en étaient venues à là. Il avait tout de même la satisfaction de découvrir que Mélampe n’avait pas eu à subir le même sort qu’eux. Au moins, elle pourrait continuer à être libre, elle…

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J'ai 24 ans et je vis où je peux, dans l'Anuire. Dans la vie, je suis fille aînée d'Aymeric Mosse Gawen de Lanasthël, Roi d'Anuire décédé d'une crise cardiaque et je m'en sors bannie du Royaume puisque j'ai convoité le trône.

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"Lâchez-moi !! Vous ne comprenez pas, j'ai une information qui pourrait changer le cours de l'Histoire ! La face du Royaume !"

Elle ne démordait pas, ou plutôt elle tenta en effet de mordre.

*

"Princesse ... ?"

Cueillie par la surprise, la susnommée s'arracha au spectacle qui s'installait à même la rue et vrilla son attention sur la voix faiblotte qui l'avait ainsi appelée. Elle dévisagea une serveuse sans prétention nerveusement entortillée dans son tablier, charlotte en lin sur le chef et dont s'échappaient des mèches de cheveux filasses, aux mains étiques et joues vidées, la peau blême sillonnée de vaisseaux sanguins apparents. L'héritière retrouva soudain à qui appartenaient ces yeux bleus vitreux - mais elle en fut plus déconcertée qu'étonnée.

"... Tu étais la dame de chambre n'est-ce pas ?"

La pauvrette s'illumina de voir l'ancienne princesse se remémorer son insignifiance. Elle ne s'autorisa cependant pas à exprimer trop d'emport et s'empressa d'ouvrir le sac de sa détresse, le doigt nerveusement enfoncé dans sa bouche, dents affairées à mâchouiller son ongle.

"Chi vous chaviez, Madame, dit-elle l'articulation gênée par son tic inquiet, tout che qui ch'est paché après votre départ ..." Elle recracha son index et l'essuya vigoureusement dans sa robe élimée avant de poursuivre. "On m'a emprisonnée ! Mais j'ai pu m'échapper ... Ensuite j'ai dormi dans des caniveaux et un homme en cariole m'a récupérée, j'ai été vendue, je ne vous raconte pas ce qu'on m'a-
- Emprisonnée ? Pourquoi ?"


Mélampe n'écoutait pas les jérémiades de la larbine, mais elle savait comme la cour n'était pas prompte à mobiliser une cellule pour les domestiques : habituellement on se contentait de les tuer à la tâche ou de les renvoyer dans leurs campagnes - un emprisonnement était tout sauf anodin, et ce détail tiqua dès lors son attention. On commençait déjà à entendre un grabuge  à l'extérieur et il faisait écho avec la réflexion de la princesse, mais de son côté Ruppe (car ainsi s'appelait le spectre à bonnet de lin) hésitait à répondre et dandinait son anxiété maladive pour mieux éreinter la patience de Mélampe. Cette dernière insista plus fort et se vit réprimée par le tenancier, mais son regard en fut suffisamment pressant pour intimer à la dame de chambre de s'ouvrir.

"E-e-eh bien le jour de la mort de feu notre bon Roi votre Père - elle intima un signe religieux entre les mots qu'elle prononçait si vite qu'elle les avalait à moitié -, le Maréchal m'avait envoyée lui porter une tasse de lait de chèvre qu'il avait lui-même concoctée ...
- Qu'est-ce qu'il y avait dans cette tasse ? Que s'est-il passé ensuite ?"


Elle tint le silence, regard fuyant. Cette fois, on entendait clairement l'affrontement au dehors et une double appréhension tendue - l'une pour les réponses de la domestique, l'autre malgré elle pour Malvo - acheva de pousser Mélampe à la menace. Elle se saisit de la robe graisseuse de Ruppe qui, manifestement traumatisée par tant de choses, se fit presque dessus, et la somma d'insister. Cette fois, le tavernier se décida à quitter son comptoir mais la domestique embraya discrètement comme pour se libérer du fardeau qu'elle portait seule jusqu'alors :

"Deux heures après avoir bu le lait votre père a commencé à avoir des suées et des vomissements, il est mort dans la nuit et le Maréchal m'a fait enfermer pour que je n'en parle à personne ! Je suis désolée, j'ignorais Madame, j'aurais dû vous dire quand vous étiez encore au château !"

Ce que la princesse pressentait du Maréchal s'abattit sur elle sans ménagement - elle ignorait ce qui la retournait le plus entre la lâcheté du fomenteur ou la souffrance qu'avait vécue son père empoisonné, et elle relâcha Ruppe (qui se mit à pleurer d'émotions mélangées) avant même que le patron n'ait à les séparer. Elle fut mise dehors totalement amorphe au moment même où Malvo assommé rejoignit la terre meuble.

"Prenez celle-là avec ! tonna le tenancier. Elle perturbe les serveuses !"

Et ainsi se retrouva-t-elle mise dans le même sac que le capitaine et sa compagnie.

*

La brutalité des matons réveilla néanmoins son égo et suffit à l'extirper de sa torpeur - Mélampe ruait désormais de toutes ses forces et il fallut aux garde la décoller du sol pour laisser ses jambes battre le rien. Elle tenta de marchander, de hurler, de sauter sur l'occasion de faire connaître le coup fourré du Maréchal, de sauter tout court, de mordre donc, et se risqua presque à faire les yeux doux - en vain. La princesse était à cet instant ce qu'elle détestait être le plus au monde : négligeable.

Si Malvo et quelques compagnons furent directement amenés en cellules, on s'interrogea davantage pour le cas de l'héritière qu'on hésita à enfermer avec un homme - les prisonnières étant rares dans une ville surtout traversée par les marchands et les mercenaires - puis, comme elle n'était pas mariée, on se figura qu'elle pouvait bien être souillée sans risquer quelque représailles, et on la jeta dans la première geôle à disposition. C'est ainsi que la jeune femme arriva, pourtant capturée au même moment, en retard entre les murs moisissants des cachots.

Puisqu'elle ne coopérait pas, les gardes la larguèrent lourdement au sol et elle s'écrasa tête la première sur la pierre calleuse et crasse à laquelle elle érafla ardemment son menton qui se mit à saigner. Le spectacle aurait pu l'humilier (au sens premier, la rendre humble) mais que nenni : se relevant injectée de l'adrénaline de sa douleur, elle s'abattit sur les grilles qui s'étaient déjà refermée et ne manqua pas de hurler à nouveau aux gardes de la laisser sortir jusqu'à ce qu'elle les perde de vue tout à fait. Ce dernier élan de liberté ignoré, tout espoir la quitta d'une foulée et elle coula sur le sol avec grand peine.

Ce n'est qu'à ce moment qu'elle aperçut qu'elle était enfermée avec Malvo.
D'une certaine manière, elle était mitigée quant à son augure : un coup il lui sauvait la vie, le suivant elle finissait en prison.
Elle eut du mal à se dire qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même pour cette situation.

Elle était trop éreintée pour jouer sa fierté néanmoins, et elle pressait sa cape sur son visage douloureux en pensant à l'enfer qu'avait dû subir son père le dernier soir, tandis qu'elle-même était agréablement assoupie dans la chambre mitoyenne.

"J'ai vu votre arme dans les mains du Sergent, qui m'explique mieux pourquoi vous êtes si preux et habile."

Mélampe était éduquée à l'Histoire de son Royaume, aussi dans toutes ses remontrances la ligne caractéristique de l'épée ne lui avait-elle pas échappée. Cette fois pourtant elle n'avait plus à l'esprit le coup d'Etat.


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Malvo
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Tout vaseux, Malvo se redressa lentement afin de ne pas choquer le tourbillon de sensations provenant de sa tête contusionnée. Un œil au beurre noir ne tarderait certainement pas à se rendre visible et une de ses arcanes sourcilières avait éclaté salissant son visage d’un large sillon de sang séché. Il avait l’habitude de prendre des roustes et savait qu’il ne pouvait pas se permettre de se relever trop vite sous peine de se délester d’un peu de bile.

- Bravo Mélampe, vous m’avez percé à jour, ironisa-t-il en parlant légèrement. Mais cela n’aura bientôt plus d’importance… Si je ne suis pas exécuté dans les jours à venir, ce sont les traitements que l’on m’infligera dans ces geôles qui viendront à bout de ma misérable existence.

Il toussota et sentit le goût de l’acier dans sa bouche en portant enfin le regard dans sa direction. Il semblait qu’elle n’ait pas été rudoyée de la même manière que ses hommes et lui. S’il n’était pas dans cet état pitoyable, il aurait pu tenter de s’enfuir d’une manière ou d’une autre. Malheureusement, avec des réflexes émoussés et une ou deux côtes fêlées, il craignait de ne pas faire le poids contre un garde armé. Seul restait le repos et la concentration pour attendre sa chance patiemment...

Durant les heures et les jours qui suivirent, il n’élabora pas non plus sur le sujet des raisons extraordinaires qui avaient pu pousser un paladin du feu éternel à rejoindre une troupe de mercenaire ridiculement faible en tant que capitaine, non pas qu’elle lui ait demandé d’ailleurs. Le simple fait qu’elle ne le catégorise pas comme un hérétique ayant osé s’attaquer à un champion du temple lui suffisait en réalité. Peut-être qu’il lui raconterait un jour mais il n’était clairement pas le moment de se laisser aller aux sensibleries.

Les visites chez le sergent qui essayait de lui faire dire où et comment il avait bien pu abattre un paladin se succédaient. Le pauvre s’enfermait lentement dans cette situation intenable : il avait besoin d’aveux pour avoir une promotion et mettre à l’abri sa grosse bourgeoise et ses marmots à la capitale alors que l’ancien religieux n’avait rien à offrir sur ce registre. Au fil du temps, les hommes de la compagnie périssaient les uns après les autres sous la question, révélant des fables impossibles dans l’espoir de se libérer de la douleur. Mélampe avait la chance que le sergent ne la pensait pas réellement liée à Malvo et ne subissait donc pas la torture des heures durant comme les autres. A vrai dire, elle jouissait d’un mode de vie marqué par la privation uniquement. Ils mangeaient peu, ce qui n’aidait pas le guerrier à reprendre du poil de la bête dans un quelconque projet de rébellion et de fuite.

Leur salut leur parvint de la manière la plus surprenante. Après une quinzaine de jours passés dans cet horrible cachot, un autre homme les rejoint. Le garde qui l’y avait mené, probablement pas plus futé qu’il n’était athlétique, ne s’était pas douté qu’entasser au même endroit des prisonniers n’était pas la plus fine des idées. Leur nouveau camarade était un jeune homme androgyne et imberbe aux yeux pétillants qui arborait le plus souvent un air amusé sur le visage. Il parlait peu de lui mais avait un talent certain à poser des questions et recueillir des indices sur les petits secrets de tout à chacun. On l’avait mis ici parce qu’il avait été pris à essayer de voler la jument favorite d’un seigneur local. Suspicieux, Malvo avait du mal à croire qu’un jeune homme si brillant ait pu prendre un risque si inconsidéré et refusait de lui faire pleinement confiance. Dès lors que le garde avait le dos tourné ou s’assoupissait, celui qui se faisait appeler Krah s’attelait à saboter un pan de mur pour faciliter une éventuelle évasion future. Il avait remarqué après à peine un petit tour dans la cellule que certaines des pierres de l’enceinte n’étaient fixées que par un mortier friable et peu dense. Il avait récupéré un chainon qu’il utilisait pour creuser un sillon discret entre les différentes pierres et remettait un peu de poussière pour camoufler son méfait dès qu’il savait ne plus avoir le temps de poursuivre son ouvrage. Régulièrement, il se vantait de leur offrir une voie de sortie « royale » en faisant un léger clin d’œil à Mélampe, ce qui avait dû la stresser particulièrement lors des premières reprises.

Ce train de vie étrange dans lequel ils étaient comme figés, pareils à un insecte dans l’ambre, se devait de toucher à sa fin un jour. En effet, cela faisait quelques dizaines de minutes que leur garde s’en était allé en salle de pause pour ne pas revenir. Habituellement, il ne prenait pas tant de temps et s’en revenait particulièrement vite pour les surveiller à nouveau. Krah en avait presque fini avec sa porte de sortie pendant ce long moment de tranquillité par ailleurs. Leur garde s’en revint particulièrement éméché et se laissa tomber lourdement sur son siège et rit en les regardant. Le rictus sinistre qui serpentait sur ses joues ne laissa rien augurer de bon.

- Nous allons bientôt devoir nous quitter bande de petites raclures ! Le capitaine n’a plus de nourriture à donner aux prisonniers pour le mois alors vous serez pendus haut et court au lever du soleil. C’est bien un acte de piété que de ne pas vous laisser mourir de faim, quel grand homme ce capitaine !

Nous nous regardâmes quelques instants. Je vis que Krah feignait la surprise et la terreur comme un comédien alors que Mélampe devait avoir l’estomac noué. En se lançant à nouveau dans son pays comme à une époque passée, elle n’aurait jamais pu s’imaginer devoir peut-être en subir les lois… Non ce royaume ne convenait pas aux petites gens, malheureusement.

A peine le garde s’était-il assoupi que Krah souffla à ses compagnons qu’en un coup d’épaule dans le mur, il céderait mais qu’il ne pouvait pas garantir que l’éboulement ne les tuerait pas. Malvo s’appuya lourdement sur sa paume pour se relever, le corps encore endolori des divers coups qu’il avait pu recevoir durant la discussion de courtoisie du jour avec le sergent. Son corps, déjà couvert de stigmates en tous genres, était encore une fois à vif et peinait à cicatriser. C’était cependant loin d’être suffisant pour l’empêcher de venir réclamer sa liberté perdue. Prenant une inspiration, il fonça dans le mur en y mettant un grand coup de pieds. Plusieurs pierres basculèrent dans le ravin qui se trouvait de l’autre côté. Le garde se réveilla en sursaut et le vit foncer à nouveau l’épaule la première au travers du mur fragilisé. Sur la corniche qui se trouvait à l’extérieur dans la douce nuit printanière, il entendit dans son dos les cris d’alerte et les cloches tinter pour signaler l’évasion.

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