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 呪い - Noroi feat Houmous

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Pyramid Rouge
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patrick

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Mise en Situation



呪い
Rokugan - Automne

Dans un monde flottant et secret se trame bien des choses au cœur d'un territoire où prédomine 7 clans de samouraï tous aussi différent qu'impressionnant. Depuis l'aube de la civilisation les plus grands philosophes conclurent que leur monde est composé de quatre éléments : l'air, le feu, l'eau, la terre et le vide ciment essentiel de tous les autres.
Dans tout Rokugan, les sensei des différents clans enseignent aux futurs samouraïs comment observer ces différents éléments et les exprimer dans chacun de leurs mouvements au combat.
Seulement tandis que l'outre-monde gronde plus fort, des créatures, spectres et démons  plus terrifiants qu'irréels s'agitent aux quatre coins de Rokugan en silence, semant le trouble, le doute et la mort...
Œuvre du surnaturelle ou de l'Homme ? Pourquoi ces créatures de légendes s'agitent soudain dans la réalité des habitants de Rokugan ? Fruit du hasard ou complot une malédiction pourrait tout bousculer...  


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Pyramid Rouge
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Oyunchimeg

Utaku

J'ai 26 ans et je vis à  RokuganDans la vie, je suis un samuraï de l’école des vierges de batailles. Je sert un seigneur depuis  3 ans. Sinon, grâce à mon courage je suis maudite.

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la légende des 5 anneaux
La saison d’été changeant doucement, l’automne jaunissait les plaines verdoyantes du clan de la Licorne.  Assise là  sur un banc à l’extérieur de la demeure de la chaman, la jeune samouraï  restait stoïque et droite face à la dure réalité que lui rappelait l’automne qui faisait doucement tomber les feuilles de la cime des arbres: rien de dure.  Baissant les yeux ses poings restait serrés dans son armure et elle avait le cœur lourd. La nuit tombant doucement sur le pays entier, personne ne rôdait dehors alors que le vent transportait l’odeur de la mort et du sang. Se laissant inviter à entrer la jeune samouraï s’agenouilla au sol et fit un salut honorable à la chaman du village avant de s’asseoir en tailleur. Relevant le torse elle retira son casque à corne pour le poser à ses cotés en signe de respect. Se tenant droite, le regard  de respect porté sur la maîtresse des lieux ses bras étaient tendus et ses mains posées sur ses genoux. Respirant lentement, face à elle elle se sentait face au destin. Elle allait le lui dire, lui dire et confirmer ce qu’elle savait déjà…
Sur le coté en ligne étaient assis une petite assemblé. Il y avait cinq hommes et une femme assez âgée mais forte de constitution. Tous étaient vêtus de carcans samouraï ou de parures d’honneurs selon leurs âges. Chacun d’entre eux se voyait posséder une longue natte noir galopant dans leur dos.

Devant tous dans un silence qui pourrait être pesant pour n’importe quel étranger la chaman sur un tapis tressé avait disposé différentes petites statuettes. Sur ce tapis la vieille femme se voyait lancer différentes pierres de couleurs et de tailles différentes. Après de multiples lancés la femme releva les yeux sur la jeune samouraï.

-Ce que je vois hélas présage un grand malheur. Les pierres disent que le dieu déchu venait de l’est. Le maléfice est entré dans son corps tandis qu’il protégeait la montagne d’une menace sud. Le poison lui rongeait les chairs, perçait ses boyaux tout en lui brisant les os. Pourrissant lentement peu à peu la folie engendrée par la douleur l’a transformé en monstre malveillant.

Un silence se posa avant qu’elle ne continue.

- Comprend tu mon enfant ? Découvre donc ton bras que tout le monde puisse le voir.

Sur son ordre Oyunchimeg s’exécuta et découvrit son bras droit le tendant droit devant elle pour que tout le monde puisse  bien voir. Des soupirs de stupéfaction prirent les poumons de l’assemblé. En effet une tâche croûteuse et marron-âtre engloutissait une partie de l’avant bras de la demoiselle. Celle-ci la mine froide et stoïque soupirait lentement le regard toujours planté sur la chaman.

-Quel est cette marque ?

Se questionna l’un des samouraï de l’assemblé. La chaman repris alors.

-Mon enfant, les pierres m’ont raconté ce qu’il s’est produit. Es-tu prête à entendre le destin qui t’attend ?

-Oui, je m’y suis préparée au moment même ou j’ai amorcé le geste pour diriger ma lance.

-La tâche peu à peu s’étendra sur ton corps jusqu’à pénétrer même l’intérieur de tes os. Les créatures du mal te suivront pour t'occire tandis que les bêtes comme le troupeau de chevaux des vierges de bataille te fuiront à tout prix. Quitte à mourir.

Fermant les yeux un instant, elle se souvenait de chaque cheval qu’elle avait vu se jeter dans le vide de la falaise après avoir eu un bref contact avec elle. Son cœur se serrait en même temps que ses poings.

-Les vierges de batailles veuves de leur monture par ta faute demande le seppuku. Seulement le seigneur que tu servait à pris ta défense. Puis-ce que la malédiction à pris ton corps alors que tu protégeait seule nos terres, nous t’accordons la miséricorde de partir au devant. Mon enfant il se passe au sud des choses funestes. Si tu choisis d’y diriger tes pas en portant sur le monde un regard sans haine tu trouveras peut-être le moyen de rompre la terrible malédiction qui pèse sur notre pays et maintenant sur toi.  

La grande femme pris alors la parole. Ce n’était autre que la propriétaire du château des vierges de batailles.

-La grande héroïne de notre académie doit maintenant laisser son casque et couper ses cheveux tressés pour nous quitter, banni par son propre peuple qu’elle à protégé seule sans faillir. Une vierge de bataille qui depuis fait fuir toutes les montures qu’elle touche sauf la sienne, les dieux se rient de nous je crois...  

Une fois cela dit, la jeune femme  pris un coutelas posé sur une table adjacente pour venir couper sa longue natte noir qui ornait jusqu’à maintenant son dos. Elle posa la natte sur la table ainsi que le couteau et la chaman repris.

- La règle nous interdis de regarder ton départ Oyunchimeg. Bonne chance mon enfant.

Sur ces mots alors que les flammes des torches vacillait après avoir salué tout le monde la jeune femme se leva laissant son casque au sol, lui aussi preuve d’honneur et d’appartenance qu’elle n’avait plus le droit de porter.
Le cœur lourd elle rejoignit sa monture à la robe complémentaire de son accoutrement de samouraï violet pour partir seulement quelques bourses à sa ceintures, un chapeau traditionnel,  sa lance, un petit couteau et son sabre à anneaux sur elle. Dans la nuit sombre ou le vent soufflait elle s'en alla en silence maudire d'autres ciels.

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Houmous
Houmous
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Sae
Matsumori

J'ai 23 ans et je vis au château Matsumori, au nord du Rokugan. Dans la vie, je suis bushi du clan du Dragon et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis autorisée à voyager pour découvrir le monde et je le vis plutôt formidablement bien.

Informations supplémentaires ici.


Sae s’était assoupie dans sa méditation. Quel était le poème qu’elle avait composé en regardant le crépuscule de la veille ? Elle ne s’en souvenait guère mais avait un étrange goût métallique en bouche. Il y a de cela quelques jours, elle était parvenue à quitter les terres du kami Togashi, celles de son clan. Après tout le chemin qu’elle avait fait, c’était pour son plus grand plaisir qu’elle avait pu découvrir d’autres paysages que l’immobilisme de sa montagne habituelle. Demandant son chemin à quelque voyageur qui remarqua qu’elle portait à son côté le daisho, on lui indiqua de faire escale à Okamiyama, un proche village à la limite des terres de la Licorne. On racontait que le village devait son nom à un bushi qui décida de protéger coûte que coûte les paysans du coin de créatures fantasmagoriques. Le nom de ce grand guerrier s’était perdu dans le temps mais son surnom « le Loup gris » était resté dans les mémoires et avait permis de donner une nouvelle existence à cette peuplade. Les gens du coin disaient tous la même chose : il y a un cercle de pierres en altitude où le Loup gris résida pour en appeler à tous les kamis afin de trouver la force de terrasser les monstres qui s’attaqueraient aux habitants. Ils lui offrirent la force de combattre sans jamais faiblir.

Elle se décida à quitter sa posture de méditation et repassa son sabre à sa ceinture en ajustant sommairement sa tenue. Le lieu était poussiéreux mais qu’y pouvait-elle ? Elle ne passerait pas sa journée à se nettoyer pour être impeccable, certainement pas ! Elle se mit donc à descendre jusqu’au village en baillant légèrement. Le soleil était en train de se lever dans le lointain et la vallée faisant face à l’apique du Loup, là même où se trouvait le village, était envahie par une brume paresseuse. L’esthétisme brut de la scène la frappa bien qu’elle regretta de ne pas mieux pouvoir lire les alentours et y percevoir la suite de son périple. Alertée par quelque discussion lointaine, au milieu de cette fumée matinale, elle sentit bien l’agitation gagner les demeures des petites gens.

Une fois plongée parmi les demeures, elle se rendit compte qu’il était mal aisé de se diriger et de se repérer au milieu de cette purée de pois. Elle se remercia d’avoir pris le temps de retenir le chemin qui la mènerait jusque dans l’auberge qui l’avait accueillie pour cette nuit. A l’intérieur, Shiyo-san, la tenancière, était déjà en train d’allumer le foyer de la pièce principale. Peut-être avait-elle peur que l’humidité soit incommodante pour les voyageurs car elle prit soin de souffler doucement sur le brasier. L’odeur du pin qui craque sous la chaleur avait quelque chose de réconfortant qui lui rappelait les nuits d’hiver de son enfance. L’image la fit sourire et elle se fit un devoir de la noter pour un futur poème.

- Oh, Matsumori-sama ! s’exclama-t-elle en la saluant avec un profond respect. Je me suis inquiétée, je ne  vous ai pas vu revenir de la nuit ! N’avez-vous pas eu froid par ce temps ? Ah, j’aurais dû vous prévenir que le terrain est un peu rude par ce genre de nuits…

Elle coula lentement dans la pièce, avec légèreté, pour venir s’asseoir auprès d’une table de la pièce. Chassant avec souplesse son kimono de ses jambes, on sentait son habitude à devoir tenir de longues heures durant ce type de position.

- Ne vous en faites pas, Shiyo-san, les nuits sont plus dures dans les montagnes. J’ai l’habitude de pire que ça.

- En tous cas, je ne vous pensais pas matinale à ce point, Matsumori-sama. Je vous prie de ne pas en prendre ombrage mais vous allez avoir à attendre un peu que je vous prépare de quoi manger. Les jeunes samouraïs que je reçois d’habitude dans ma modeste demeure prennent leur temps au lever. Assurément, vous êtes tel un tigre parmi les loirs ! plaisanta-t-elle avec dans l’idée de la flatter.

Sae lui rendit un sourire amical tout en prenant le temps de se sortir complètement du sommeil. A bien y penser, elle doutait d’être effectivement réveillée. A regarder par l’ouverture vers l’extérieur, la brume semblait presque irréelle. Elle pénétrait entre les planches des demeures et formait de longues spirales au moindre mouvement proche. A vrai dire, cela lui rappelait plus la fumée de l’encens qu’un froid matin d’automne. Avant qu’elle n’ait le temps de construire une quelconque idée autour de cette ambiance particulière, l’aubergiste lui apporta à deux mains et avec soin deux coupelles, l’une avec du poisson certainement pêché près de là, couvert d’une mélasse, et l’autre de riz. Elle apporta ensuite une paire de baguettes ainsi qu’un verre avec un thé vert odorant. Joignant les mains, elle offrit un salut poli à la bonne femme et énonça un court remerciement aux fortunes de la terre pour leurs présents.

Pendant le temps qu’elle prit à manger, deux hommes sortirent chacun d’une chambre différente. L’un comme l’autre étaient des voyageurs eux aussi. Le premier était un voyageur qui avait pris le temps de venir se reposer en laissant sa caravane de biens à ses hommes. C’était un riche bourgeois, appelé Sakamoto Ushinage, dont elle avait appris qu’il venait du château de Shiba pour vendre des vêtements de soie et des parchemins pour un noble du clan du Phénix. Apparemment, l’une des premières étapes de son parcours était d’aller à la cité de la grenouille riche. S’il ne parvenait pas à céder toute sa marchandise là-bas, il aurait à aller plus loin dans le Sud avant de revenir là d’où il venait pour mener à bien d’autres affaires. Son jeune fils l’avait harcelé pour pouvoir l’accompagner durant son voyage et se trouvait encore à ronfler dans la chambre de l’auberge lorsqu’il referma lentement sa porte.

L’autre convive qui vint les rejoindre avait déclaré s’appeler Umeru Kozaki. Elle ne savait pas pourquoi mais un certain malaise la saisissait en discutant avec lui. Il évitait tant que possible de donner des détails à son sujet et en revanche n’était pas avare de questions pour toute autre personne qu’il venait à rencontrer. Il avait compris rapidement qu’elle n’était pas le plus au fait des coutumes du monde et lui avait notamment demandé la raison pour laquelle elle avait quitté ses terres natales. Il portait de longs cheveux bien entretenus et avait dit ne pas être un commerçant. L’état de ses mains prouvait également que ce n’était pas un paysan. Il était en partie la raison pour laquelle elle avait décidé de ne pas se reposer dans l’auberge durant la nuit, de crainte que ce soit un voleur ou pire encore.

- Alors, Matsumori-dono ? Avez-vous atteint l’illumination au monument du Loup gris ? demanda-t-il, ironique.

- Bonjour, Umeru-san ! Je dois vous avouer que le ciel nocturne était fort beau mais que je n’ai malheureusement pas réussi à épier les secrets des kamis et des fortunes malgré cela, s’amusa-t-elle à déclarer calmement.

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Oyunchimeg

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J'ai 26 ans et je vis à  RokuganDans la vie, je suis un samuraï de l’école des vierges de batailles. Je sert un seigneur depuis  3 ans. Sinon, grâce à mon courage je suis maudite.

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la légende des 5 anneaux
Il aurait aimé pouvoir la voir partir, l’arrêter sur son chemin, la serrer dans ses bras et lui dire au revoir correctement. Mais l’honneur avait décidé à sa place, sa loyauté s’en voyant un peu embarrassée. Le cœur comme une pierre, serrer les poings ne suffirait pas à le retenir assis-là. Si bien que dans un geste brusque il se releva comme furieux et sortie de sa petite demeure pour rejoindre le plus discrètement possible la sortie du village qui donnait sur un petit bois avant les plaines singulières et reconnaissable du clan de la licorne. La voyant presque partir il reste dans son coin d’ombres.

-Oyunchimeg !

Crie-t-il. La jeune femme tournant naturellement sa tête vers ce qui l’appelle elle s’en étonne un peu.

-Ajinaï, que fais-tu là ? Tu devrais être auprès de ton seigneur à l’heure qu’il est… Personne ne doit me voir partir.

-Ça m’est égal si je suis puni, je ne pouvais pas imaginer ne jamais revoir ma petite sœur plus brave samouraï de son école.

Prenant sa main gauche sans peur il la serra fort comme si c’était une chaude étreinte familiale. Le sourire aux lèvres ils avaient autant de peine l’un que l’autre. En lâchant sa main il s’éloigna et la jeune femme remarqua qu’il y avait laissé un sifflet qu’elle reconnaissait bien. Il s’agissait d’un rappel de faucon.

-Hai ? Non je ne puis accepter.

-Il veillera sur toi.

Sur ces mots il s’en alla comme si il n’était jamais venu et le sourire aux lèvres enfilant le sifflet autour de son cou elle regarda l’oiseau qui était posé sur un toit non loin. Son frère était un bon bushi qui avait également appris la fauconnerie au cours de ses années d’apprentissage. Prenant le galop elle traversa de nombreuses plaines désertes évitant à tout pris les villages pour ne surtout point attirer le  emal envers son clan.  Pour l’instant la douleur n’acculait pas son bras et le chemin s’avérait plutôt paisible malgré que la lune soit l’essentielle compagne de route de la jeune femme pour l’instant. Prudente une torche et la lumière même de la lune était son seul guide. Puis la nuit se faisant trop sombre elle se décida à prendre repos dans une  petite grotte de terre. Allumant un petit feu, elle grilla quelques petits poissons péché au matin par ses pairs pour les manger tant qu’ils étaient frais. Pensive le sommeil peinait a venir. Il s’installa un moment mais alors que le feu crépitait ses dernières lueurs des appels au secours lointain trahirent le sommeil de la jeune femme.

Son instinct protecteur en folie elle se releva brusquement les yeux plissés de fatigue, ceux-ci peinant à se décoller vraiment. Le jour ne tarderais pas à venir. Par conséquent la prise de décision fut rapide pour le samouraï. Pliant son petit camp et effaçant les traces de son passage la jeune femme  s’en alla en quête de cette voix faible qui appelait au secours.
Au fur et à mesure qu’elle s’approchait de la voix au lieu de devenir plus forte, elle semblait s’affaiblir énormément de fatigue d’appeler depuis peut-être un bon moment. Un brouillard était là et Aki n’était pas tranquille ronflant des nasaux. Étant au sol Oyunchimeg le rassurait de quelques flatterie jusqu’à ce qu’elle trouve la source du bruit. Un homme ni vieux ni jeune écroulé au sol à moitié noyé dans une marre de boue ou la brume semblait avoir élu domicile. Lâchant son cheval qui restait à proximité d’elle la jeune femme sauta presque sur l’homme pour le tirer de la boue et l’aider à reprendre un peu de courage. Il n’était pas lourd mais la boue semblait vivante et vouloir l’engloutir tout entier. A coup de froncements de sourcils l’homme fut bientôt hors de danger. L’aidant à se lever et lui donnant un peu d’eau pour s’hydrater l’inconnu semblait reprendre vie et il se mit a sangloter se cachant un peu les yeux.

-Doucement, calmez vous, tout vas bien. Que vous est-il arrivé ?

L’homme tremblait et regardait autour de lui l’air inquiet. Un genou à terre Oyunchimeg restait vigilante mais attentive à sa nouvelle rencontre.

-Je… je j’étais au puits pour prendre de l’eau quant la brume s’est levé et … la créature. La créature s’est déchaîné, elle nous à … elle nous à traîné jusqu’ici moi et trois autres villageois… En dévorant les autres on a… j’ai essayé de m’enfuir mais je suis tombé dans ce trou de boue...

Évaluant son état général, il était clair que sa jambe était cassé et son épaule était déboîté. D’ailleurs il se tenait l’épaule. Le fait qu’il parle d’une créature lui fit frémir l’échine de la colonne. Ici aussi d’étranges créatures rodait ? En lui posant de plus larges questions, l’homme confirma qu’il ne s’agissait pas d’un animal affamé. Et cette brume, elle était semblable à celle qui avait affolé les chevaux avant que n’apparaisse le dieu démon putride… Laissant l’homme lui indiquer son village c’était un petit village à la lisière des territoires du clan de la licorne. C’était assez loin…
Remettant l’épaule du pauvre homme elle lui fit une atèle pour sa jambe et son bras a l’aide de deux branche et d’un peu d’ingéniosité. Cherchant d’autres survivant la dame samouraï trouva une femme elle était évanouie et ses blessures étaient graves mais elle respirait. La soignant au mieux, elle fit monter sur son cheval l’homme conscient tandis qu’elle pris sur son dos la femme évanouie.

Tenir la femme très faible sur le dos et avancer était difficile et éprouvant mais avec quelques haltes à des points d’eaux c’était un peu plus encourageant. Au bout de quelques jours de traversé des plaines du clan de la licorne ils arrivèrent au village de bon matin. Okamiyama s’appelait le village. En arrivant le visage un peu caché par son accoutrement culturel de famille la jeune samouraï inspirait la crainte et le mystère mais elle apportait une bonne nouvelle. Le village s’agitait alors heureux de pouvoir retrouver deux de leurs membres disparus il y a maintenant plusieurs jours. Les petites gens s’affairait tous autour de l’étrangère dont ils se méfiaient, son accoutrement trahissant ses origines du clan de la licorne qui pouvait être un clan assez brutale. La menant jusqu’à une maison de soin près d’une petite auberge elle déposa la femme sur une couchette et aida l’homme douloureux à descendre de son cheval qui restait calme autant qu’il pouvait.

-Doucement, la femme à deux fractures importantes et un traumatisme crânien certainement. Elle m’as un peu parlé mais il faut au plus vite lui prodiguer des soins.

L’homme qui avait été conscient le long de la route rassura un peu les soignants en disant que la samouraï de la licorne les avaient aidés et que sans elle ils seraient morts. Celui-ci avant de se laisser être plus amplement soigné remercia la jeune femme sincèrement, lui serrant la main gauche.  D’ailleurs, elle évitait de toucher les êtres vivants avec sa main droite...

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Sae
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J'ai 23 ans et je vis au château Matsumori, au nord du Rokugan. Dans la vie, je suis bushi du clan du Dragon et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis autorisée à voyager pour découvrir le monde et je le vis plutôt formidablement bien.

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Pendant que Sae prenait son thé, de l’agitation se fit entendre aux alentours. Apparemment, des gens arrivaient au village, à en juger par le pas lourd d’un cheval qui marchait dans la boue, à l’extérieur. La tenancière de l’auberge salua ses invités avant de sortir pour aller s’enquérir de ce qui avait bien pu se passer. Son mari avait disparu quelques jours auparavant alors elle avait certainement l’espoir de le voir reparaitre. Apparemment, une brume similaire s’était alors abattue sur la région et plusieurs villageois n’avaient plus donné signe de vie.

A peine quelques minutes après, l’aubergiste rentra, toute sourire, en trainant à demi une samouraï derrière elle. Apparemment, cette jeune femme avait retrouvé son mari et avait pris sur elle de le ramener jusqu’à l’endroit dont il venait. Shiyo-san tenait à l’inviter à venir prendre un repas chaud par ce temps frais que ce soit pour reprendre la route ou simplement des forces. Les lieux étant relativement restreints, il n’y avait que quelques tables auxquelles la nouvelle arrivante pouvait venir s’installer et voyant que la jeune bushi du clan du Dragon en avait presque fini, c’est à cette table là qu’elle l’installa. Il lui fut apporté rapidement les mêmes bols emplis de coupe-faim et une tasse pour partager le thé avant même que les nouvelles camarades de tablée n’aient le temps d’échanger un mot. Sae la détailla un instant avant de commencer à lui parler.

- Bon appétit ! lui souhaita-t-elle avec un air amical en lui versant le thé sans cérémonie. Je me demandais ce que peut bien faire une si charmante bushi dans un si petit village ? Vous êtes-vous perdue sur la quête de quelque idéal ? plaisanta-t-elle avec légèreté pour laisser redescendre la pression.

Les autres personnes dans la pièce la regardèrent avec un air surpris de ses paroles. Elle n’avait pas été spécialement réservée depuis son arrivée mais ce genre de propos frontaux avaient quelque chose de plus surprenant. Elle remarqua l’étrange ambiance de la pièce et les regards gênés qui lui étaient adressés. Elle haussa d’un sourcil avant de se mettre à rougir et à éclater de rire.

- Désolée si je vous ai offensée, je m’appelle Sae Matsumoto. Je viens de montagnes reculées et je n’ai pas l’habitude des coutumes des plaines ! s’expliqua-t-elle, un peu mal à l’aise.

Il était vrai qu’à bien y regarder, cette bushi inconnue ne manquait pas de charme et de prestance. Ses vêtements, tous teintés d’un violet de lilas concentré, étaient pour le moins exotiques du point de vue de la campagnarde qu’elle était. Elle avait déjà entendu dire que les plus proches voisins de son clan, ceux de la Licorne et du Phénix portaient souvent des tenues de pourpre et de cochenille. Sa camarade était pour le moins silencieuse et ne semblait pas être d’une humeur splendide. Elle se décida donc à la laisser tranquille et la salua légèrement en s’en allant.

A l’extérieur, la brume ne s’était toujours pas levée. Les villageois avaient déjà commencé à s’affairer et visiblement, l’agitation s’était dissipée. Chez la guérisseuse du village, à la porte d’à côté, quelques curieux étaient encore présents pour entendre toute l’histoire contée par le vieillard ramené par la nouvelle bushi. Sae eut un léger sourire en voyant cela, elle appréciait déjà beaucoup les actions de cette nouvelle venue. Peut-être auraient-elles une meilleure occasion de faire connaissance, songea-t-elle, rêveuse. En flânant, elle se remit sur le chemin menant vers l’apique où elle avait passé la nuit précédente. Elle prit donc la route en marchant lentement, prenant plaisir à chaque pas qu’elle faisait à l’extérieur de son Clan. Si elle avait su siffler, elle aurait certainement commencé à le faire…

Rendue en bordure du village, elle observa les alentours pour voir les champs nimbés du coton climatique et un grand groupe avancer rapidement sur la route de terre qui reliait les habitants aux voisins de la région. Fronçant les sourcils, elle vit plusieurs paysans se relever et s’enfuir à toutes jambes au milieu des rizières. Un homme à cheval s’avança en premier de la petite foule qui leur faisait face et vint proclamer que la bande de Ryoma demandait trois sacs de riz et deux jarres de saumures. Sae le regarda un instant jusqu’à ce qu’il remarque qu’elle était en armes.

Une chose en entrainant une autre, ils croisèrent le fer. Après quelques échanges relativement simples de coups et de parades, Sae profita d’une ouverture pour lâcher une main de son katana tout en déviant l’arme de son adversaire et lui trancher la gorge en tirant de son fourreau son wakizashi. Tenant maintenant ses deux sabres face au cadavre tombant de son adversaire, elle beugla aux autres pleutres que s’ils souhaitaient s’en prendre à Okamiyama, ils devraient d’abord lui passer sur le corps.

A vrai dire, elle tremblait des jambes comme une feuille sous son kimono. C’était la première fois qu’elle ôtait une vie et elle avait déjà compris de quelles idées seraient faites ses prochaines méditations. On avait pu longuement lui parler dans son école de choses aussi triviales que la vie et la mort mais la vérité, c’était qu’il était absolument improbable de se rendre compte de la véritable signification de ces mots avant d’en avoir fait l’expérience comme elle venait de le faire. Les larmes lui montaient un peu alors qu’elle s’imaginait que cet homme qu’elle venait de sauvagement assassiner avait peut-être une famille et tout un monde qui dépendait de lui. Quelles fortunes avaient-ils irrités, lui qui avait perdu la vie en punition, et elle qui serait tourmenté de ce poids sur sa conscience ?

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