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LE TEMPS D'UN RP

"Ecoutez monde blanc, la salve de nos morts" | Houmous

Jo'
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Jo'
Sam 7 Nov - 18:18
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"Ecoutez monde blanc, la salve de nos morts" | Houmous Dead-island-20110711091229682

Chaleur étouffante sur l'île de Banoi en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les morts ressucitent et se nourrissent des vivants. Voraces, stupides, rageurs, vengeurs. Parmis les tribus locales. Dans les quartiers des villes. Dans la station balnéaire. Malades ou démons, chacun voit ce qu'il souhaite dans les cadavres ambulants.

Dans ce chaos de fin du monde, un employé d'hôtel, une jeune femme et son petit frère vont devoir osciller entre lutte et fuite pour survivre.


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"Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir" - Boris Vian
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Jo'
Sam 7 Nov - 18:32
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Lucile
Tarnier

J'ai 19 ans et je vis à Amiens, France. Dans la vie, je suis assistante vétérinaire et je m'en sors bien.

_ Je vis toujours chez mes parents.
_ Mon frère, Tom, a 11 ans.


Ellie :copyright: Ilya Kuvshinov


Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint


Pas de réponse de nos parents. Pas de réponse de l'hôtel. Pas de réponse du commissariat, ni des urgences. Les chaînes locales ne diffusent plus. Banoi est morte, et sa mort déambule en lambeaux derrière notre porte barricadée et sous le balcon de la chambre d'hôtel. Une mort animée. Une mort qui a de l'appétit. Une mort qui pue, et qui tue. Humains ressucités pour mieux se décomposer sous les rayons cruels du soleil brûlant de notre Paradis Perdu à la Milton. On se croirait sur MCM entre deux émissions de télé-réalité débiles - un scénario de fin du monde avec force zombies. Il ne manquerait plus qu'un mec baraqué nous prenne d'affection, moi et mon petit frère, et nous protège avec un shotgun sorti de nulle part et des molotov de conception artisanale. Où t'es, Chris Redfield, quand faut tuer du rampant ?

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Il faudra bien que l'on sorte, manifestement, personne ne viendra nous chercher. Mais Tom, il est terrifié. Et le laisser seul, c'est moi que ça terrifie. Il les a pas vus par la fenêtre, lui, les gens qui mangent d'autres gens comme ça, sans cuisson et sans sauce. Inutile de compter sur le secours de quelqu'un dans pareilles conditions : à 13 heures t'es un enfant, à 16 heures t'es un Kinder. Et Tom est loin d'être un sucre. Voilà deux jours qu'on cuit dans notre chambre d'hôtel en espérant qu'on vienne nous chercher, et on a vidé le mini bar, donc si on espère manger il faudra bien qu'on prenne le risque de se faire manger.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Je convaincs Tom de décoller avec force arguments rationnels ("Ils ne savent peut-être pas que nous sommes encore là !" et "On doit rejoindre papa et maman !" ou encore "Y a peut-être un point de rassemblement pour les secours !") mais sutout tautologie ("C'est moi l'aînée et tu me suis."). Avec de l'eau et une trousse de soins, on quitte la sécurité incapacitante de notre chambre. Les couloirs obscurs ont l'avantage d'être plus frais, mais leur silence est aussi surprenant qu'inquiétant. Rien ne fait de sens sur cette île de misère. Je le savais moi, que c'était un mauvais plan ces vacances dans une station balnéaire alors que les habitants de l'île croupissent comme leur eau dans des bidonvilles - All Inclusive, option vie putride après la mort. Ibiza à moitié prix, ben tiens, emmenons les enfants ! Faut pas avoir fait Sciences Po pour voir qu'une île en guerre avec ses propres tribus autochtones c'est déjà une mauvaise économie à soutenir. Enfin, j'ai beau dire, j'ai pas rechigné longtemps à me faire inviter.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Bon gré malgré, on déambule dans les lieux désertés entre les amoncellements de bagages en bazar témoignant de la catastrophe qui avait prit vie - ou reprit vie - ces derniers jours. Une odeur pestilentielle nous assaille dès le pas de la porte enjambé et Tom se reprend plusieurs fois à manquer de vomir. Nous rencontrons notre premier cadavre - un vrai cadavre celui-ci, trop amôché pour ressuciter manifestement, poitrail ouvert bien béant sur ses côtes, sans organes à l'intérieur, comme une grosse flaque de caillots plus que comme un reste humain. Cette fois nous vomissons tous les deux. Ca nous fait presser le pas.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van

Près de la cage d'escalier, un type qui porte l'uniforme de l'hôtel. Et puisque la position verticale ne garantit plus la vie d'un individu ici, je me risque à l'appeler doucement avant de l'approcher. Tom se presse dans mes jambes, poings serrés soucieusement agrippés à mon t-shirt. Cette île est un carrefour des langues, aussi me lancè-je en anglais.

"Pssst ! Are you alive ?"





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"Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir" - Boris Vian
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Houmous
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Houmous
Sam 7 Nov - 23:52
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Damian Edwins
J'ai 22 ans et je vis à Fresno, USA. Dans la vie, je suis serveur et je m'en sors difficilement.

- J'ai quitté Montréal et ma famille à mes 19 ans.
- J'ai travaillé en tant que serveur à plusieurs endroits des US.


James :copyright: SuppieChan


I got you one hell of a plan, Dam’ ! Look, there’s this place near Australia… It’s a huge hotel for rich folks that needs some barmen and clerks or something to pour them champagne by the pool. You worked for a long time at old Simmon’s corner, right ? I’m sure they’ll hire you, you got to try it out and see ! If you were hired, you’d be able to have a nice foreign girlfriend and relax at the beach. Don’t gimme’ that look, you need that job and you know it !

Quand je repense à cette discussion avec James, je me sens stupide. C’était sûr que c’était louche qu’un mec comme moi soit retenu pour travailler dans un hôtel de luxe au milieu du pacifique ! Je pensais juste que j’allais devoir fermer les yeux sur des trafics pas très nets ou un respect tout relatif des droits de l’Homme en plus de trimer comme un esclave. J’avais quelque part raison mais ça n’allait pas être réellement le centre du problème après tout…

Je me rappellerai toujours de ce que j’ai vu quand tout a commencé à partir en vrille. J’étais à côté d’une piscine proche de l’hôtel en pleine après-midi en train de servir des verres à une Karen. Elle râlait du fait que le parasol n’était pas assez grand pour protéger du soleil son importante stature pendant qu’elle surveillait ses mioches qui s’amusaient à grand renfort de remous et de jeux d’eau dans la piscine. A force, mon quotidien était devenu une grande succession d’automatismes. Aussi, je me mettais en mode machine en voyant qu’elle s’agaçait plus encore : « Yes, I’ll bring you something for the sun, madam. No, I don’t want you to have sunburns or insolations, madam. Yes, I’ll call you a manager for you to ask him a discount for the restaurant, madam. »

J’étais graduellement devenu bon à ce petit jeu de faux semblants et de réclamations. Après tout, c’est juste humain de s’adapter, j’imagine ! C’est donc tout naturellement que je vins à la rencontre d’une dispute qui avait l’air de commencer à côté de la piscine mais un hurlement étouffé qui en provenait me mit mal à l’aise. La scène qui s’offrit à moi était toute autre que celle à laquelle je m’attendais. Un client à la cinquantaine bien tassée était poursuivi par une jeune femme. Les deux firent irruption dans l’enceinte de la piscine, me passant juste devant sans que je n’aie le temps de faire quoi que ce soit. Tout semblait irréel et surtout, j’étais encore en mode « Robot Damy » alors je ne compris que trop tard ce qui était en train d’avoir lieu. Je retiens encore un haut le cœur quand j’y pense mais le bonhomme a trébuché ou est tombé de fatigue ou à cause de la perte de sang et la fille lui est tombé dessus… Elle l’a mordu sauvagement pour lui tirer un lambeau de scalpe, puis a tappé un second coup de croc au niveau de la carotide sous les regards horrifiés de l’assistance qui hésitait encore à croire que c’était une animation de mauvais goût. La piscine se teinta progressivement d’écarlate au rythme rapide des derniers battements de cœur du père de famille en train de se faire dévorer la cervelle encore vivant.

Quelques minutes plus tôt, j’étais en train de me dire que les gosses et les mères de famille me cassaient la tête mais maintenant que le monstre que je regardais, impuissant, se retournait vers moi, je me rendais compte qu’il existait des menaces bien plus réelles. J’eus l’impression de sentir ma tête légère et de perdre complètement pied avant de me ressaisir et d’avoir au contraire la sensation d’un corps léger comme une plume mais surmonté d’une brique. Je me retournais et la fuyais le plus vite possible alors qu’elle commençait à se relever et tituber dans ma direction, les lèvres dégoulinant de matière grise. Au-delà des haies qui bordaient les bassins, la prise de conscience était bien plus réelle. Il y avait une mare de sang et un aspect général de désordre flagrant. Je plongeais allégrement ma claquette dans la flaque, la laissant au passage. Plus tard, un banc nonchalamment renversé me bloquait le chemin. Dans mon esprit de jeune occidental abreuvé de pop culture et rempli de fantasmes d’héroïsme, je me dis que le plus simple était de sauter au-dessus pour ne pas perdre de temps mais je me réceptionnais mal à cause de ma course de pas encore dératé et manquais de tomber à cause de l’eau sur le carrelage. Le panneau mobile jaune « Attention, sol glissant » que je vis en reprenant mon équilibre avait l’air de se moquer de moi ! Je vis à ma droite la foule qui peinait à s’enfuir, une seule des deux portes n’étant déverrouillée. Je me dépêchais de prendre mes clés pour leur permettre de prendre eux aussi leurs jambes à leur cou mais elle m’échappa des mains dans la précipitation.

P***** de m****… P***** de m****… P***** de m****… P***** de m****…


Je regardai au sol les clés tombées, puis ma poursuivante qui se rapprochait inexorablement et enfin la foule qui suppliait. La décision fut vite prise : mieux vaut vivre avec des regrets qu’avec des remords. Dans la fuite qui me fit sentir à nouveau la brûlure de la première clope, je perdis mon autre soulier, celui-ci ne faisant que me ralentir. Je vis encore mille choses sur le trajet dont je ne parlerai pas… A mon entrée dans l’hôtel, un agent de sécurité dût me maitriser tant la panique et le rush d’adrénaline m’avait rendu erratique. Je crois qu’il m’a frappé : je ne m’en rappelle plus à vrai dire mais j’ai un peu mal à la tête. En tous cas, je ne me rappelle de rien entre mon entrée dans l’hôtel et le moment où je me suis réveillé dans cette chambre de l’hôtel. J’étais évidemment seul et le silence alentour était abominable. Je m’imaginais que tout le monde devait avoir commencé à se rassembler quelque part… mais où ?

Il me fallut un long moment pour me décider à sortir. Je ne sais pas si cela faisait des jours, les volets étant fermés je n’avais pas osé les ouvrir, mais c’était le plus long moment que j’avais passé à attendre de toute ma vie. Je n’avais que la lumière d’une lampe de chevet comme seule compagnie pendant ce temps à essayer de donner du sens à ce qui se passait dehors. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le mars dans ma poche et la bouteille d’eau dans la salle de bain vinrent à disparaitre. Je finis par rassembler tout mon courage et à ouvrir très lentement la porte en tenant ma bouteille vide comme une massue sophistiquée. Rien dehors… Autant avancer et regarder un peu autour. Quelques valises laissées à l’abandon… Je devais être seul par ici, ce qui n’était pas un très bon signe d’ailleurs ! Comment trouver de quoi se nourrir, protéger ses arrières ou avoir plus d’informations sur où aller pour fuir définitivement cette île de malheur ? Je m’avançais donc à pas de loup jusqu’à la cage d’escalier et observais l’intérieur avec hésitation. Là, j’étais surpris par un chuchotis qui m’étais visiblement adressés. Je ne pus réprimer un sursaut avant de me retourner et d’avoir un petit rire nerveux.

Yes ! You been bitten or something ?

Je finis par voir le petit garçon qui l’accompagnait de près et me sentis mal à l’aise…

Jo'
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Jo'
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"Yes ! Have you been bitten or something ?"

Sa voix est un secours angélique, délivrant, libérateur - une voix simplement humaine qui parmis les soupirs glaireux des deux derniers jours sonne mélodie Vivaldienne. J'exhale un soulagement sonore. Tom se décrispe - mon estomac-constrictor plutôt furieux depuis la dépouille éviscérée aussi. Un semblant d'humanité, enfin, dans ce charnier à la Otto Dix.

"No, we're safe."

Je m'approche avec la tique fraternelle collée à mes basques comme un cataplasme angoissé. Le jeune homme n'est pas vraiment le physique héros de série Z avec tatouages tribaux, biscoteaux luisants et look axe boat. Juste un type normal et paumé comme moi, mine effarouchée sur la réalité de ce cauchemar, épaules tombantes accablées par un tout, et j'aime bien mieux ça.

Notre héros n'est plus le pur esprit, l'homme abstrait. Il est un être qui est composé d'organes et qui trempe dans un milieu dont il est pénétré à chaque heure. - E. Zola

D'en bas de la cage d'escalier nous parviennent les râles souffreteux de plus-tout-à-fait-vivants-mais-bien-voraces apparemment coincés quelque part. Suppliques mortuaires, gémissements pénibles, plaintes endolories. La chaleur et le dégoût laissent courir dans mon échine un sillon brûlant de sueur glacée.

"This is Tom, and I'm Lucile. You don't know how happy we are to meet you, really."

L'ascenseur est hors-service, et l'escalier dégage un fumet pestilentiel. Il faut quitter cet endroit. Cet hôtel, déjà, clos et bondé. Banoi, de façon générale. Mettre un océan entre ces monstres et nous. Imposer les remugles marins à leurs chairs entamées. Achever leur érosion avec le sel des profondeurs. Un exorcisme tout naturel - la mort pour de bon. "C'est la mer qui prend l'homme" tintintin et tout le tintouin. La priorité pour Tom, ce sont nos parents. Je suis plus lâche que lui. Ou peut-être plus lucide. Je crois que j'aime mieux ne pas savoir ce qui a pu leur arriver.

"Do you have any information about some safe place ? Somewhere we could go ?"

Aucun message de la sécurité. Ni lorsque c'est arrivé, ni depuis que c'est arrivé. Nos parents étaient au bar, je gardais Tom dans la chambre et puis la fin du monde à notre fenêtre - avec son coup de soleil, impossible de barboter dans la piscine, ça nous a sauvé la vie. Néant de sens depuis lors. C'est fou comme on dépend des autorités. Ce type aussi désespéré que moi, et au moins tout aussi jeune, je lui fais confiance parce qu'il a un uniforme. C'est à se demander ce qui est le moins absurde entre les zombies et la civilisation.

La civilisation est une lutte contre la peur. - Gaston Bouthoul

Ah bah tiens, c'est de circonstances. La peur ce n'est pas ce qui manque cette semaine. On a vraiment besoin de s'en sortir. J'entrouvre mon sac à dos sur sa trousse de soins.

"You have to take us with you. I'm kind of a nurse, I'll be useful."


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Dim 8 Nov - 12:31
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Je les regarde un long moment, tous deux crispés tant dans leur posture, leur gestes que ses paroles. D’après ce que j’ai vu dehors, je peux le dire sans le moindre doute : ils n’ont aucune chance de survie dehors face à ces abominations. Je n’ose pas leur dire malgré tout, l’espoir peut faire vivre ou mourir dans ce genre de situations. Malgré tout, une gêne s’installe tout doucement en moi. Est-ce une bonne idée de prendre avec moi des gens que je devrai protéger ? Je suis déjà loin d’être certain de pouvoir survivre tout seul alors avoir deux personnes qui risquent de me ralentir en plus, c’est vraiment suicidaire… J’aurais plutôt espéré retrouver le vigile qui m’avait fait voir les étoiles quelques jours plus tôt mais faute de mieux, je ferai en sorte que les compétences médicales de cette fille me soient utiles.

Good, good… The name’s Damian but call me Dam’ or Damy. I have to tell you I’m not sure I’ll be able to protect the both of you. Do you still wanna come with me ?

Il me fallut un long moment de réflexion pour savoir quoi faire. Heureusement, les alentours étaient calmes alors j’imaginais que je pouvais me le permettre. Comment faire pour sortir ? Les bruits dans la cage d’escaliers luxueux ne laissaient aucun doute : il y avait des tonnes de ces gourmands-gourmets qui attendaient qu’on vienne leur servir nos carcasses comme plat de résistance. C’était ridicule d’essayer d’y aller et de passer par le hall d’entrée pour sortir de l’hôtel. Non, il nous fallait un plan plus imaginatif et ingénieux, quelque chose de plus intelligent qui pouvait nous permettre de partir sans avoir à nous battre. J’eus justement une idée qui pouvait faire l’affaire !

Listen, I don’t know if there is a safe place to go and for all I know, we are the only ones still alive. I’ve seen how it’s goin’ outside and it’s a million times worse than what you’ve seen or heard from your window. It’s… It’s the craziest shit I’ve ever seen, I’m not even sure it’s real anymore. I suppose we have to work together in order to survive. We can’t get out from the lobby, there’s far too many of them. We’ve got to go through the employees’ parts. I was put in this room but it’s not mine. I need to go there first to grab my stuff before we go. So follow me, be quick and quiet please… E can’t afford to be spotted by any one of those things…

Pour commencer, il fallait descendre de quelques étages dans la cage d’escaliers. Ca s’avérait déjà un défi en soi, un défi contre la peur et un pied de nez à la faucheuse en marchant sur le fil de son outil. J’eus néanmoins une foule de remerciements pour le grand homme aux goûts fort discutables qui s’était dit que mettre de la moquette partout dans les escaliers était une bonne idée. Comme il fallait pouvoir descendre et rester parfaitement silencieux pour ne pas attirer une attention aussi délétère que fatale pour nous, l’étouffement du bruit de nos pas était une bénédiction à n’en point douter.

Alors qu’on arrivait au palier qui m’intéressait, j’eus une vision d’horreur et d’injustice : un de ces zombies regardait fixement un mur se claquant parfois dessus, mais toujours plus ou moins sur notre trajet. Je me retournai vers les deux qui me suivaient et leur fit signe de ne pas faire un bruit ainsi que d’attendre avant de me suivre. Après un temps d’hésitation, je me mis donc à avancer sur la pointe des pieds, laissant mes mouvements être amples et lents jusqu’à la parodie. Je m’avançais jusqu’à la créature, arrivant même à sentir son putride fumé nauséabond. J’eus une grimace que je réprimais pour empêcher ma bouche de faire le moindre bruit. Le fait de passer dans son dos en priant pour qu’il n’ait pas l’envie soudaine de se retourner fut l’une des pires sensations de mon existence. C’était également une insulte au sens le plus commun que d’agir de la sorte mais je m’étais résolu à survivre… Une fois passée, je fis un pas de plus pour rentrer dans le palier de l’étage. Je vis avec soulagement qu’il n’y avait pas d’autre monstre aux alentours. Je pris un instant avant de me cacher dans l’encadrement de la porte et de lancer ma bouteille de plastique de l’autre côté de la cage d’escaliers pour détourner l’attention de notre immonde maton. Lorsque la bouteille tomba mollement et roula un peu dans les marches, elle fit plus de bruit que je ne l’aurais aimé mais la voie fut ouverte pour mes fragiles compagnons. Je leur fis signe de venir, tout en regardant bien dans les escaliers afin qu’ils ne soient pas attaqués par surprise.

Je leur fis un signe une fois qu’ils m’avaient rejoint dans la direction d’une porte « Employees only » affublée d’un passe-carte. J’avais toujours la mienne autour de mon cou alors je m’en approchais pour la biper et nous ouvrir l’accès. Je levais les yeux au ciel alors qu’elle lâchait un bip d’une bonne seconde et que la fermeture magnétique sautait. A l’intérieur, le passage n’était plus molletonné et moelleux comme cela pouvait être le cas dans les couloirs des chambres des clients. On était plus dans un ensemble de couloirs froids où le béton peint en beige/gris flirtait avec le métal des différentes tuyauteries sans ménagement. Bien sûr, toute forme de fenestration était prohibée, rendant chaque tournant plus indécis et effrayant. Néanmoins, des bruits de pas lourds venant de notre dos acheva de me motiver à avancer. Si jamais nous avions des poursuivants qui passaient les portes, il était évident qu’il ne faudrait pas rester sur leur route. Je me relevai et me mis à marcher d’un pas décidé alors qu’on commençait à frapper violemment sur la porte dans notre dos. Je me surpris même à prendre la jeune fille par la main pour les encourager à se dépêcher. Que m’arrivait-il ? Etait-ce un début de courage ? Non, ça ne se pouvait pas…

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Dim 8 Nov - 19:03
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_ Je vis toujours chez mes parents.
_ Mon frère, Tom, a 11 ans.


Ellie :copyright: Ilya Kuvshinov

"I don't need you to protect us, I need you because you know this place."

J'ai bien capté que le bougre n'était pas là pour faire des moulinets machette à la main et des chapelets de têtes de revenants. Mais entre être seuls dans les couloirs et à trois dans les coulisses, mon choix est vite fait. Tactique de ruminants : plus on est nombreux, plus on diminue les chances de se faire choper, individuellement. Les proies vivent toute leur existence comme nous en ce moment, il y a de quoi s'inspirer. J'acquiesce à la tirade du dénommé Damian, tente de la restituer à Tom - lui censurant qu'on serait peut-être les derniers en vie dans ce décor paradisiaque des enfers.

"Il faut absolument qu'on aille voir au bar pour trouver papa et maman !
- On les retrouvera quand on saura ce qu'il se passe. Je te le promets."

Je n'ai pas l'habitude de faire de fausses promesses, mais je sens que le contexte va m'y obliger pour tenir mon frère en vie. Lorsqu'il sera en sécurité, j'irai les chercher, moi, nos vieux. Avec lui, impossible - le pire ne serait pas tant qu'il se blesse, mais qu'il me voit achever nos parents malades affamés de la chair de leur chair. Je frissonne. Damian avance, et il a raison.

On craint mille morts, et l'on n'en vit qu'une. - Comte-Sponville

Il n'aurait pas pu prévoir ce qui nous arrive, le bon vieil André - mourir une seule fois, c'est le mieux qui puisse nous arriver sur cette île ... Dans les marches de l'hôtel, j'en vois un de près pour la première fois. Un cadavre debout. Face au mur plutôt que contre terre. Crédule dans le silence feutré de la moquette bleu roi. Autrefois bien humain, vivant, pulsations sous la carotide. Autrefois il y a à peine quelques jours. L'odeur nous frappe de plein fouet, Tom parvient à se contenir de tousser et vomir, et notre guide prend les devants pour divertir le fétide abrutis. Je me tiens prête à plaquer la bête pour un faux mouvement, peu convaincue par mon assurance - je la feins à défaut de l'avoir réellement. Nous entrons dans les couloirs des employés.

On ruse avec la vie, on ne trompe pas la mort. - Paul Eluard

La carte fait un bip qui m'envoie les poumons dans les talons - dans le brouahah insupportable des groulements terreux des rôdeurs, ce petit son est un appel à table. Nous entrons prestement et refermons derrière nous, mais le changement d'ambiance achève d'appeler nos bourreaux : dans les couloirs nus, cimentés et clos des quartiers du personnel, le paresseux qui vérouille la porte résonne et raisonne avec fracas. Nous nous précipitons dans les couloirs avec force angoisse de tomber sur des indésirables, et les bruits sourds des corps morts amoncelés sur notre maigre rempart prêt à céder nous intiment de nous dépêcher. Damian atrappe ma main que je serre en retour et je traîne moi aussi Tom par son bras - nos foulées s'allongent et enflent le bruit de notre vitalité comme une supplique à se faire dévorer.

BAM!

La porte hurle sa fragilité avec fracas plus loin derrière nous, et fatalement déverse dans les méandres du couloir du personnel sa poignée de non-morts-non-vivants. Je remarque qu'avec Tom dans les pattes, nous prenons du retard sur la course-poursuite - je lâche alors les deux garçons pour renverser en travers du chemin un porte-valise dénudé attendant là une quelconque révision.

"Keep on going ! I'll catch up !"

Je me dis que la témérité n'est pas ce qu'il me manque, et que si j'avais été un peu plus docile et violente, j'aurais fais bon soldat. Rempart de fortune installé et propulsée par la rumeur approchant des affamés déambulants, je m'époumone à ratrapper mon équipe, dans la hâte de rejoindre la sécurité de leur planque et de retourner auprès de mon frère - mais le couloir ne donne que sur des portes closes et identiques qui ne disent rien de ceux qui les ont fermées. A bout de souffle, je supplie entre murmure et plainte erraillée qu'on m'adresse quelle entrée est la bonne sous le néon psychotique du couloir mortuaire.

"Dam' it's me open up ! Tom, t'es où ? They're pretty far and slow, we're safe as long as they don't see me enter ! Ah merde c'est quelle porte ... ?"


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Damian Edwins
J'ai 22 ans et je vis à Fresno, USA. Dans la vie, je suis serveur et je m'en sors difficilement.

- J'ai quitté Montréal et ma famille à mes 19 ans.
- J'ai travaillé en tant que serveur à plusieurs endroits des US.


James :copyright: SuppieChan


Lorsqu’elle me lâcha la main et m’intima d’avancer avec son frère, je le pris comme une mission. Je n’avais bien entendu pas le temps de conscientiser tout mais la tâche s’imposait à moi de mener à bon port le petit bout, sain et sauf… Je le pris donc par le bras et lui offrit un léger sourire rempli d’une confiance que je n’avais pas tout en continuant à courir en petite foulée. Lorsque j’arrivais au bout du couloir, je tournai et me campai devant la chambre numéro E14. Rapidement, les clés me vinrent en main et rentrèrent presque tout seul dans la serrure. C’est étrange combien on arrive mieux à agir dans la précipitation quand c’est pour se sauver… Je me jurai de prendre le temps de regretter mes erreurs… mais plus tard, cependant.

Il y a quelqu’un à l’intérieur, Damy ? J’entends des pas… dit le petit en haussant d’un sourcil.

I don’t get what you’re saying, kiddo ! Just come in with me, it’s gonna be ok.

Je parvins à ouvrir la porte et rentrai de suite, suivi bientôt par le petit qui avait dû vouloir se mettre à l’abri. A l’intérieur, je vis des tâches brunâtres sur le sol et la porte de la salle de bain défoncée. Il y avait une drôle d’odeur en plus de celle de renfermé et il ne me fallut pas longtemps pour comprendre ce qui avait dû se passer. J’étais ici en pseudo-collocation avec un maitre-nageur, un grand type du genre à soulever de la fonte et des nanas tout l’été. Je n’aurais jamais cru qu’il puisse faire le trajet entre la plage et l’hôtel dans tout ce chaos… A moins qu’il n’ait pas été travaillé pour apprendre l’astrologie à une demoiselle ? La peur me saisit aux hanches de son étreinte glaciale alors que je faisais quelques pas et suivais les trainées au sol. Une fois rentré dans la pièce à vivre minuscule de cette chambre standardisée, je vis que l’espèce de superman bodybuildé qui se foutait allégrement de moi dès qu’il en avait l’occasion était maintenant en train de nourrir les asticots. Sa tignasse blonde retombait sur son visage comme de la paille grasse et suintante. Sa peau était lézardée de veines de goudron sur toile de fond pâle, comme un genre de marbre vivant. Il avait perdu quelques morceaux de chair mais ça n’avait pas dû être suffisant pour le tuer de suite. Je suspectais déjà que la non personne qui lui avait fait ça était en pièces détachées dans la douche.

Par réflexe, j’attrapai la première chose qui me passait sous la main, une corbeille de chambre, et fit signe au petit Tom de se reculer pour qu’il ne voie rien quoi qu’il se passe après. Le bruit qu’on avait fait en arrivant devait avoir été suffisant pour le réveiller d’entre les morts… Bientôt, il eut un râle lent et profond comme si le changement de position vidait ses poumons. Il se relevait doucement en ne s’appuyant que sur sa main droite. Le bras gauche, largement croqué semblait ne pas bien tenir à son attache. Je me dis que si je voulais tenter quelque chose, c’était le moment ou jamais. Je me jetai donc sur lui pour lui enfoncer la poubelle sur la tête et essayer déjà d’éviter qu’il ne me morde. J’eus une sacrée surprise en me rendant compte que ce n’était pas ce qu’il avait en tête et en le sentant m’attraper par le tee-shirt avec son bras gauche. Alors que je partais à la renverse en avant et me cognai contre la poubelle dans un semblant de coup de boule, je sentis mon haut se déchirer largement et le goût de l’acier dans ma bouche. Bordel, ce qu’il était costaud ! Il ne faisait vraiment pas semblant de les soulever ses 100 kg au développé-couché…

Un grognement sinistre s’éleva doucement dans la poubelle alors que mon visage y était collé et le grattement de ses dents contre le plastique me donnèrent froid dans le dos. Je pourrais mourir si facilement dans cette situation, me dis-je alors… Mais je m’étais juré que je ne le pouvais pas, pas maintenant alors que j’avais encore rien fait d’intéressant de ma vie. Saisissant mon courage et toutes mes forces, je le repoussai violemment et entendis un drôle de bruit venant de son bras. L’épaule qui n’était pas retenu par beaucoup de chair avait commencé à se décoller de la manière la plus sordide. J’essayais de fuir afin de mettre le plus de distance possible mais en vain, sa main droite avait déjà renoncé à le relever pour me saisir à la cheville. Je pris un petit tabouret qui servait de table de chevet et l’éclatais de toutes mes forces sur la poubelle. Ce fut suffisant pour le renverser sur le côté et me libérer. Je me reculais vivement, ramenant mes jambes vers moi, me campant dans un coin comme s’il n’allait pas pouvoir en approcher. Je le regardais se tourner doucement vers le petit Tom et la perspective qu’il soit blessé retourna tout mon sang d’un coup. Je me jetais sur le mastodonte, le pied restant du tabouret dans la main et l’abattais aussi fort qu’il le fallait pour l’abattre.

Au bout de près d’une vingtaine de coups portés à l’arrière du crâne, quand j’avais les mains blessées par les éclats de PVC du casque rudimentaire de mon ennemi et par les morceaux de bois qui s’étaient désolidarisés de ma massue improvisée, je m’arrêtai pour reprendre mon souffle. Je ne vis plus le petit gars et me repris tout de suite pour aller regarder où il pouvait bien être. La porte de la chambre entrouverte, je le vis en train d’appeler sa sœur à se presser de nous rejoindre. Je m’approchai de la porte pour la verrouiller derrière elle dès lors qu’elle serait arrivée. Je devais être dans un drôle d’état, le polo à moitié déchiré, du sang plein le visage et la main coupée de partout.

You okay ? I’ve got to check the bathroom, I’m not sure it’s really safe for the moment…

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Jo'
Lun 9 Nov - 8:43
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Lucile
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J'ai 19 ans et je vis à Amiens, France. Dans la vie, je suis assistante vétérinaire et je m'en sors bien.

_ Je vis toujours chez mes parents.
_ Mon frère, Tom, a 11 ans.


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E14. La porte E14 s'entr'ouvre avec toute la douceur du monde et mon petit ninja-petit ange-petit Tom sort sa frimousse concentrée pour m'inviter à entrer. Lui, comme une apparition miracle de mon salut. Lui, comme une apparition miracle de son salut, surtout. J'ai pris sur mon chemin tout ce que j'ai pu trouver pour bloquer le passage de notre petit fan club, dans chaque pièce ouverte (car là où il y a une porte ouverte, c'est que le reste ambulant d'une personne est ailleurs) tiré un fauteuil, renversé des chevets, balancé des valises. J'ai le dos éreinté mais j'ai la sensation d'avoir servi.

"Psst! Viens, dépêche-toi!"

J'entre prestement dans la chambre et serre mon frère contre moi - il déteste ça d'habitude, il est au collège maintenant, "ça ne se fait plus". Ici au moins, on s'en fout tous les deux. On s'en fout tellement que je ne remarque pas l'état de Dam' derechef. Je me relève et le scanne d'un air inquiet - soucieuse de sa santé, soucieuse de la raison qui l'a mis dans cet état, mais aussi soucieuse de savoir s'il s'est fait blesser par ces choses. Je ne suis pas sans me souvenir de sa propre préoccupation en nous rencontrant - "You been bitten or something ?" - et note bien que, comme dans tout bon film de zombie à deux sous, ce sont les plaies de macabées qui nous rongent le système nerveux.

"You okay ? I’ve got to check the bathroom, I’m not sure it’s really safe for the moment…"

Je me saisis de ses poignets pour tourner ses paumes au ciel et constate l'étendue des dégâts. De minces pourtant profonds sillons creusés dans sa chair laissent échapper le pourpre de son sang alors que la lésion se répète sur sa lèvre fendue - j'en déduis un affrontement sauvage qui n'est pas pour me rassurer. Chaque chose en son temps.

"Well, I'm better than you. Just sit down and relax, I'll take care of the bathroom ... and I'll take care of you."

J'abandonne mon sac à dos à Tom et me saisit d'une tringle de rideaux (c'est fou c'que je bricole depuis l'apocalypse, on dirait que je déménage) à défaut de me saisir de mon courage. Le dos contre la porte, j'écoute - un filet de voix éraillée se lamente en douceur derrière le bois. Prudente, je tourne doucement la poignée et ouvre avec lenteur. Un filet d'air vicié me parvient aux narines et c'est encore pire que celle du cadavre vidé du couloir. Je colle mon nez dans le pli de mon coude et passe à peine la tête dans l'interstice de la porte ouverte, toute proie à mon envie de gerber.

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu ? - Jacques Prévert

Vision d'horreur à l'intérieur. C'est une marre de sang brunâtre, épaisse, coagulée de morceaux de chair arrachée ; lambeaux de peau nonchallamment rejetés accrochés au lavabo ou aux toilettes ; autrefois un talon qui foulait le sol maintenant foulé par les mouches ; un bassin semble-t-il défiguré par les vers ; tout ce camaieu putride se décline de mille parfums, de mille nuances, de mille textures dans l'horreur exécrable du gore absolu. Une tête reste seule ici, il lui manque un oeil et une bonne portion de joue, elle murmure son reste de non-vie d'après-vie comme un relent d'existence. Je n'ai pas le coeur à avancer dans cette pièce pour l'achever, et elle ne fera rien détachée de son corps. Murmure encore, tronche dégarnie, je ne peux rien pour toi derrière tout ce rempart d'horreur. Je referme la porte.

"Nothing dangerous here, but nobody goes inside the bathroom. Tom, si tu dois faire pipi tu fais par la fenêtre et tu vises leur tête en bas."

Il mime un "beurk" en réponse à mon clin d'oeil complice mais ne rechigne pas davantage. Je rejoins Damian et m'assieds en face de lui - je tente un sourire, je crois le premier depuis des jours, pour lui intimer ma gratitude.

"Thank you for taking care of Tom. He's all I have."

Je fuis ma propre confidence la tête dans le sac et en sort désinfectant, pince à épiler, compresses et pansements. J'aime mieux agir que causer.

"Let's take a look at your wounds. Did the ... "thing" harm you ?"

Qu'il s'apprête ou non à se transformer en horreur rampante, j'ai l'intention de le soigner. Il aurait pu se sauver assurément en filant mon frère dans les bras du vile vorace et partant comme une fleur, m'abandonnant aux cinq autres dans le couloir - mais nous voilà apparemment sains et saufs en grande partie grâce à lui. Je désinfecte la pince à épiler et entame de retirer de ses mains et avant-bras les restes d'armes, protections ou peu importe qui s'y sont fichées. Le processus n'est pas tant douloureux. La désinfection qui arrive juste après, un peu plus ! Mais le bougre tient le coup.

"Those are superficial. You'll be fine."

Par prudence, ou méfiance, je prends son pouls au détour de son poignet - rythme normal, enfin, compte tenu du stress de notre situation. Armée du flash de mon téléphone, je teste ses pupilles qui se rétractent sans souci, et sans autre forme de procès tâte les ganglions sous sa gorge et à ses aisselles - aucune grosseur, nul bubon. J'oublie de lui demander son accord - en général j'osculte des chiens et des chats qui, de toutes manières, sont peu ravis. Comme pour pardonner mon intrusion, je lui tend une compresse pour sa lèvre.

"We can't fight, and we can't run away, my brother is too slow. We'll have to outsmart them : lurre them, lock them, avoid them. Look, my phone's working : maybe if we could pass a message through the security system or something, we can ask for people to call us and tell us where they are. The more we are, the safer we get, right ?"


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Quand elle décida d’aller regarder dans la salle de bain, je ne l’en empêcha pas… mais je gardais ma massue de mauvaise facture en main tout du long. Utiliser un pied de meuble Ikea fait de sciures de bois comme arme n’avait pas été une riche idée mais c’était le mieux que j’aie pour le moment. Je me sentis un peu soulagé de me rendre compte qu’elle revenait simplement mais pris note du fait qu’il devait rester un croqueur dans la salle de bain. Quelque part, je fus soulagé, ne me pensant pas forcément en mesure de remettre le couvert une seconde fois.

Pour qu’elle m’examine de manière plus pratique et qu’elle puisse me soigner facilement, je m’assis sur l’un des lits. Elle me parlait tout du long mais sa voix me semblait lointaine. Il y avait un genre de voile qui se levait sur la réalité face à mes sens, comme pour me protéger. Je ne faisais attention ni au soulagement de me délester des larges échardes, ni au baiser douloureux du désinfectant. J’avais tué quelqu’un ? Je supposai que c’était ce que l’on était en droit de penser. Le sang m’était monté à la tête et j’avais laissé mes instincts primaires reprendre le dessus. Ça m’avait certainement sauvé la vie et probablement celle de Tom également… mais je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que je commençais à commettre des actes innommables.

Je finis par reprendre conscience quand elle s’interrompait dans une position, croyant qu’elle attendait de moi une réponse. Heureusement, il n’en était rien, elle prenait juste ma tension au poignet. Je la regardai avec un léger sourire de remerciements avant de les expliciter à l’oral. Jetant un regard dans la pièce, je remarquai que le petit était en train de nous regarder, assis sur l’autre lit, le mien. Peut-être voulait-il comprendre ce qu’elle me disait et savoir si j’allais bien ? Je lui offris également un sourire calme et me mis à parler.

I know you can’t understand me, kid, but it’s ok. We’re gonna be just fine !

Je lui pointai du doigt le dessous du lit. Il y avait un sac à moi que j’avais laissé, avec quelques affaires. Outre mes habits, on pouvait y retrouver quelques barres chocolatées dont il s’empara avant de me regarder d’un air interrogatif. Je lui donnais un thumbs up, ce qui n’eut pas besoin d’être répété pour qu’il comprenne. Il se régala de quelques confiseries ultra sucrées. Dans le même temps, Lucile finit ses vérifications et commença à aborder la suite des événements.

Yeah… Right, just let me a few minutes to think up our next move. I just want to change my clothes and search for something we might use to protect us. I know we can’t really fight but we have to be able to retaliate if things get bad outside. It would make me feel better at least…

Je me relevai donc et serrai un peu les poings pour faire l’expérience de la gêne que généraient ces sparadraps et autres pansements. Elle avait été ferme mais pas brutale dans ses gestes et il fallait avouer qu’elle savait s’y prendre pour panser des plaies. Prenant des affaires dans mon sac désormais grand ouvert, j’optai pour une tenue relativement sombre, me convainquant que je serais moins visible ainsi. Je partis pour la salle de bain malgré les conseils qui m’avaient été prodigué pour pouvoir me laver le visage du sang qui y avait été projeté et me changer tranquillement. Voir la tête encore vivante malgré son incapacité à faire quoi que ce soit ne me surprit qu’à moitié. L’image était effectivement abominable et alimenterait mes plus sombres cauchemars mais je m’attendais à une telle violence de la part de Rick. Je fis couler un peu d’eau et m’essuyai le visage, prenant le temps de me regarder dans le miroir. Je ne ressemblais à rien, les yeux cernés et les traits tirés. Je pris la résolution de nous faire sortir tous les trois de ce guêpier, quoi qu’il en coûte. Mais pour ça, il nous faudrait commencer par mettre la main sur un bateau à moteur ou quelque chose du style. Tout autre moyen de transport était exclu, étant donné qu’on était sur une île… Mais où en trouver un ? Et surtout, où trouver des armes et de la nourriture ? Il allait falloir prendre des risques mais j’avais déjà quelques idées.

En revenant dans la salle, je vis l’objet de mon crime et ma victime. Cela m’était insupportable alors je me résolus à le tirer jusqu’à la fenêtre et le balancer par-dessus bord. La pièce serait certainement moins oppressante et dégoûtante ainsi. Le gaillard faisait son poids, bien entendu alors il me fallut un peu de temps pour y parvenir. Néanmoins, je m’y prenais avec soin. Pas question de me faire contaminer sur un regain de vitalité de cette abomination ! J’étais certainement trop prudent, je n’arrivais pas à regarder en face le fait que son visage était largement renfoncé et qu’un sang sale lui dégoulinait par tout ce qui devait être des orifices naturels auparavant. Lorsque je le basculai par-dessus l’appui de fenêtre, il laissa une petite trace. Je l’entendis tomber mollement et par la fenêtre, il semblait laisser une toute aussi petite trace sur le bitume, vu d’ici.

Sorry, I just couldn’t stand having him with us in here. And sorry for the long face also, I needed to catch my breath and calm down... I’ve got a good news : it’s kind of bad for now but it could get better. From the employees quarter, we can get to the rear entrance of the hotel. There’s a dock there with lots of tools and maybe some food that’s still edible. I think we could try our luck there and maybe even flee without having to fight. The dock is absolutely huge and there are lots of hiding places so if we stay cautious, it might go fine. Do you think it’s a good idea ? We could also try to just go directly through the restaurant of the hotel and flee quicker, I suppose…

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Lun 9 Nov - 18:14
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J'ai 19 ans et je vis à Amiens, France. Dans la vie, je suis assistante vétérinaire et je m'en sors bien.

_ Je vis toujours chez mes parents.
_ Mon frère, Tom, a 11 ans.


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Le vrombissement de l'eau coulant dans la pièce à côté accompagne les mâchouillements de Tom sur le lit. Je me saisis d'un torchon pour éponger la sueur qui me saigne tempes et cervicales et savoure le calme surprenant de cet instant coupé du monde - Dam' a l'air de s'être pris d'affection pour mon frère, ça me rassure, au cas où je ...

"Lulu, on va mourir ?"

Frappée en plein coeur. Je l'avais pas vue venir, celle-là, et pour cause : elle m'est bien passée par la tête cette question mais j'y opposais son inutilité pour ne pas avoir à m'y confronter. Les enfants, eux, ne fuient devant rien. Petits monstres de courage lucide. Je me demande comment on apprend à (se) mentir. J'en sais rien, Tom, comment veux-tu que je le sache ?

"Mais non. T'as bien vu que Damian se débrouille face à ces trucs, en plus de connaître l'hôtel par cœur. Et puis moi je peux nous soigner. Tu crains rien."

Je branche mon téléphone et ô miracle la prise fonctionne. Je repasse une batterie d’appels, de messages désespérés, et je commence à me dire qu’il n’y a plus que nous sur cette foutue île. Banoi, à quoi tu joues ? Tu vas me dire que deux dadets et un enfant de 11 ans ont réussi à survivre et nulle autre âme ? La bonne blague !

"Et Damy, c’est un meurtrier ?
- Non Tom, c’était de la légitime défense. "

Un lourd silence appuyé par la chaleur plane sur nos humeurs. Tom n’est pas stupide. Il se rend bien compte du malaise, là, le monstre quasi sans tête allongé à cinq mètres de nous, gisant démembré. On ne sait pas bien ce qu’on tue, on le tue pour ne pas se faire tuer, c’est tout - et on se demande si on vaut vraiment mieux. Ce qu’il nous faut, c’est un groupe. Notre force, c’est pas la bagarre. Notre force, c’est pas le meurtre. Y a des types qui attendent ça toute leur vie, de briller par leur violence mais pas nous – je sais que mon père, il aurait été dans son élément. Merde, les vieux.

« Deux sombres forgerons, le Vice et la Détresse. » - François Coppée

Dam’ nous rejoint d’un visage plus humain et se débarrasse du corps lamentable dans notre mutisme solennel. Il expose son plan pour nous acquérir des vivres et de quoi se défendre avant d’entamer quoi que ce soit.

"Okay, okay … Sounds good."

Je me lève et plante en ses mirettes des prunelles aussi désespérées qu’ardentes de détermination. Ma voix chute dans un souffle douloureux et je ne sais plus si je m’adresse à Damian ou à moi-même, pour une promesse faite à Tom ou à moi-même elle aussi.

"You can go with Tom, it’ll be safer for him, but I have to stop by the restaurant. Our parents may still be here and I need to know if they are …"
Mon murmure s’étrangle pour de bon et Tom sonde mon trouble – je pars du principe que Dam’ m’a comprise par refus de me justifier, et informe mon frère. Il proteste, évidemment, refuse de me savoir seule et d’être contraint à suivre un homme qu’il a vu achever quelqu’un à coups de tabourets. Mais il n’aura pas le choix.

"Tom has a phone with my number on it. I’ll know how to get to the restaurant. We stay in touch. "

Je leur confie une de mes bouteilles d’eau, au cas où, ébouriffe les cheveux de mon frère comme une promesse et suis prise d’un moment d’hésitation devant Dam’, peu fière de lui imposer une nouvelle fois la vie d’un enfant sous ma responsabilité. Mais il faut que je sache.

"I’ll bring back as much food as I can. I’ll meet you back at the docks, I promise. "

Je m’apprête à quitter la pièce et me retourne une dernière fois avant de rejoindre à pas de loups le lobby du restaurant.

"Thank you Dam’. "


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