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Leur danse funèbre [Houmous]

Nemo
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Nemo
Sam 1 Avr - 14:07
Leur danse funèbre
Mise en situation


Leur danse funèbre [Houmous] Yw6bx6

À la suite d’un cataclysme ayant ravagé la surface de la Terre, les derniers Hommes se créent leur monde souterrain, y vivant depuis plus de cent ans. Leah et Megan sont deux jeunes femmes aventureuses qui se connaissent depuis très jeunes et qui partagent le même groupe d’amis. Elles ont toujours eu envie de remonter à la surface pour voir comment la vie y avait évoluée. Dans le dos de leurs proches et avec leurs amis, elles franchissent le pas et s’aventurent sur la surface. Mais dès cet instant, elles comprendront qu’il s’agira de la plus grande erreur de leur vie. Elles se retrouvent très rapidement seules dans un paysage décrépit et décident de partir à la recherche de leurs amis disparus.

Contexte provenant de cette recherche


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Nemo
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Nemo
Sam 1 Avr - 18:32
le choix d'une vie
« Bon anniversaire Leah ! » La susnommée lança un sourire et un signe de la main à son voisin sans arrêter son chemin. Son père et sa grand-mère, les deux seules personnes de sa famille, venaient de lui offrir des embrassades des plus horripilantes. Ils l’aimaient, elle le savait, mais pourquoi autant de lourdeur ? Leah n’avait jamais supporté cette journée. Pourquoi fallait-il fêter le jour de sa naissance ? Personne n’y pouvait quoi que ce soit, et surtout pas elle ! Tous les « bon anniversaire » qu’elle se prenait toutes les minutes dans la tête se traduisaient en « bien joué Leah, tu as réussi à survivre encore une année entière ! Pourras-tu faire mieux ? » Quelle connerie.

Capuche vissée sur le crâne et mains enfoncées dans les poches de son sweat, Leah arpentait les chemins zigzaguant de la citée souterraine vieille déjà depuis plus de cent ans. La vie à la surface, avant cette ère, l’avait toujours intriguée et intéressée. Elle était de la jeune génération qui n’avait aucun souvenir de cette période, ni par son vécu, ni par celui de ses parents et grands-parents. Tout ce qu’elle savait de l’ancienne vie n’était que pièces rapportées, archivées, dont plus personne ne pouvait affirmer la véracité. Cela faisait plus d’un siècle qu’aucun être humain n’avait osé mettre le nez à la surface. Ils avaient peur.
Et si l’air était toujours irrespirable ?
Et si nos yeux n’étaient plus habitués à la lumière de l’extérieur, fonderaient-ils illico ?
Et si des animaux sauvages ou pire, des monstres mutants, attaquaient dès la sortie ?

Et si on se posait de telles questions pour tout et n’importe quoi, rien ni personne ne pourrait avancer dans sa vie !
Alors c’était décidé, pour son anniversaire, Leah partirait à l’extérieur. Avec ses amis ou seule, elle irait, point.
Elle préfèrerait tout de même que son groupe d’amis la suive…

Elle descendit la dernière « avenue » et arriva enfin à leur point de rendez-vous habituel. Ils étaient cinq, soudés comme les doigts de la main. Ils se connaissaient depuis toujours ou presque, savaient tous les uns des autres. Et aujourd’hui, ce n’était pas une journée habituelle : c’était le jour de leur promesse. Il y avait de cela onze ans, ils avaient marqué leur amitié d’une bouteille d’alcool fort piqué à l’un des parents. Ce n’était pas son anniversaire à elle, c’était l’anniversaire de leur amitié, de leur fraternité ; et c’était mille fois plus important pour la jeune femme.

En arrivant devant les quatre autres jeunes gens, elle cria en riant et ils se serrèrent tous dans leurs bras.
Ils plaisantèrent, discutèrent, jouèrent jusqu’au milieu de l’après-midi. Leur famille les connaissaient et savaient qu’ils ne les reverraient pas avant le soir, voire la nuit tombée. C’était une journée où ils étaient exempts de travail.

*

« Je vais sortir. Ce soir, quand tout le monde sera endormi, je me casse d’ici et je m’aventure à l’extérieur. » Ses mots avaient engendrés des cris d’exaspération, de surprise, puis des tentatives de persuasion quand ils comprirent que Leah était plus sérieuse que jamais. « M’emmerdez pas les gars, j’y vais, avec ou sans vous. Je serai à notre point de rendez-vous, d’ici quatre heures. Je vous attendrai pas longtemps. J’irais, que vous soyez là ou pas. » Ils marmonnèrent dans leur barbe, mais Leah n’y prit pas garde. Elle s’éloigna et les congédia d’un signe de la main. « À plus, les bouseux ! »

Sans le vouloir, Leah était devenue un peu le leader du groupe. C’était sans aucun doute à cause de son tempérament téméraire et protecteur, ou peut-être à cause de son âge. Elle avait quatre mois de plus que le plus vieux, et la plus jeune, Megan, avait 18 ans. S’il avait fallu un chef à ce groupe d’ami, elle ne se serait en aucun cas proposée. Elle était selon elle beaucoup trop pète-sec et provocatrice. Dangereuse pour les siens, même. Tout ce qui pouvait desservir un leader. Aron aurait fait un excellent parti, bien qu’un poil têtu pour son bien. C’est avec lui qu’elle se prenait le plus le chou. Parfois il avait la capacité de l’insupporter au point qu’elle pouvait en venir aux mains. Car elle était comme ça, Leah. Elle en venait toujours aux mains.

Après avoir passé quelques heures en compagnie de son père et de sa grand-mère, elle se saisit de son baluchon dans lequel elle emporta quelques vivres, une boussole et le canif de son père. Elle rejoignit l’intersection, près de la petite mare, dans laquelle flottaient des plantes luisantes. Le groupe s’était toujours émerveillé de cette végétation, ils en étaient venus à rester planter devant la surface de la flaque durant des heures. C’était devenu sans grand étonnement leur point de ralliement. Leah s’installa sur le banc en pierre qu’ils avaient construit plusieurs années auparavant, et elle attendit, une boule dans le ventre. Et si personne ne venait ?

Quelques minutes seulement plus tard, les deux frères, Sasha et Noah, apparurent. Elle leur adressa un sourire joyeux. Au moins ils seraient trois.
Aron et Megan allaient-ils les rejoindre ?
Elle imagina Aron tourner en rond, rongeant son frein et elle pouffa à cette vision.
@ Nemo


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Dim 2 Avr - 18:29

Megan
J'ai 18 ans et je vis à la colonie Newsburgh. Dans la vie, je suis apprentie intendante et je m'en sors autant que possible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis orpheline et ça me hante.

crédit : Lotusbubble

Chaque fois que le sang coulait, Megan avait cette même étrange impression. « Comme c’est curieux de voir la vie s’écouler », pensait-elle immanquablement. Une bouteille peut recevoir à nouveau de l’eau mais le corps n’a pas ce loisir. Le sang versé jamais ne revient comme si de rien n’était, il faut du temps. Il faut boire et manger et surtout laisser de bonnes semaines pour espérer revenir à son état normal. En comparaison, une bouteille se plonge dans une bassine ou sous un robinet et tout de suite, le temps est comme revenu en arrière. Parfois, elle fantasmait que les gens soient plus comme des bouteilles. En particulier, ceux qu’elle aimait et qui subissaient parfois les pires rebondissements d’une vie de grotteux, elle aurait aimé les plonger dans un bain et qu’ils en ressortent tout neuf plutôt que de devoir les cramponner et leur promettre que tout irait mieux bientôt tout en sachant qu’elle ne pouvait rien faire pour eux. Leopold, le chef du pôle médical, avait rarement permis qu’on transfuse les patients, à cause de tous les risques que cela pouvait comporter et de la fatigue que cela infligeait au donneur, sans certitude de réussite de l’opération. Alors, c’était quitte ou double : ou le cœur s’emballait et le pauvre diable périssait sans s’en rendre réellement compte, ou il survivait et restait pâlot quelques temps à prendre du repos. Probablement que Leopold aussi avait remarqué que, de la même manière que le corps n’était pas comme une bouteille, une colonie prenait du temps à remplacer ses absents d’une manière ou d’une autre.
 
De très bon matin, Megan avait été réveillée par une de ces occurrences malheureusement régulières. Le bras d’un mineur avait été écrasé par une des lourdes pierres des zones de minage alors on frappait à la porte. En tentant de le décoincer, ses amis lui avaient arraché un doigt, réduit en charpies. Depuis, il tremblotait d’une manière qui dénotait avec son physique de grand gaillard. La Terre n’a aucune pitié après tout et nul n’est assez fort pour se soustraire à cet ordre naturel des choses. Après une grosse heure de « chirurgie » et de compression, un début de coagulation avait été observé et il avait succombé au besoin de repos, s’endormant d’un sommeil sans songes. Leopold, l’hôte actuel de Megan, l’avait congédié amicalement mais fermement. Après tout, elle ne serait plus d’une grande aide maintenant qu’il était apaisé et stabilisé. A la manière de la fuite en avant permanente qu’était son existence, elle s’en était allée se rafraichir au puit pour remettre ses idées en place.
 
Musique:

Se lavant les mains de cet affreux réveil qu’elle avait vécu, elle se dirigea vers le point de rendez-vous en saluant toutes les bonnes gens de la colonie qu’elle croisait. Les sourires chaleureux et habituels dissimulaient les épreuves et les remplaçaient dans les esprits, si cela fut jamais possible. Dans les colonies, on n’a pas le loisir de s’apitoyer, en vérité. Chaque tragédie est rapidement remplacée par le prochain défi ou l’extinction. De plus, on lui avait donné la journée à son job d’intendance. C’était bien de pouvoir souffler pour une fois. On savait de longue date que c’était le seul jour qu’elle souhaitait passer autrement qu’à travailler sans rechigner. Alors, on profitait de ça pour l’envoyer voir ailleurs comment allaient les choses, pour changer de cette jeunesse servile. Au fil des années, son lien avec les autres du groupe : Aron, les frères Sasha et Noah et même Leah avait pris de l’importance. On pouvait même aller jusqu’à dire que ce qu’ils avaient entre eux avait pris de la valeur à ses yeux. Ouaip, c’était plus honnête de dire les choses comme ça.
 
Tandis qu’elle arrivait, les frères débattaient déjà sur la meilleure manière d’employer la journée pour en extraire tout l’amusement possible. Si l’un pensait surtout trainer dans les sections les plus vides de la caverne pour être tranquilles, l’autre arguait qu’il avait bien envie de boire un coup et de refaire le monde en se remplissant la panse avec ce qu’il pourrait faucher à droite à gauche. L’anniversaire du groupe (et de Leah), c’était quelque chose de sacré. Pas mal des grotteux du coin s’amusaient de les voir rire comme si la vie n’avait rien à voir avec ce qu’elle était. Quelque part, ils leur rappelaient ce que c’était de vivre, comme dans leurs jeunes années. A la manière de la boule à neige de New York qui trainait depuis on ne sait quand chez le chef du village, ils constituaient une petite cartouche temporelle ô combien nécessaire.
 
Et, comme à leur habitude, cette journée ne fit pas exception. Dès l’arrivée de Leah, les visages s’animèrent et les réflexions théoriques s’effacèrent pour laisser place au naturel. Megan oublia presque jusqu’à l’aspect détruit du doigt et son existence de va-nu-pieds nomade. A vrai dire, il vaudrait mieux dire qu’elle oublia ces choses une fois de plus. Et quand arriva le moment de partir pour s’en retourner chacun chez soi, Leah brisa la monotonie de leur existence soudainement. Aller au dehors ? Mourir au dehors, plutôt non ? Megan garda le silence pendant que les autres raillaient l’aventureuse cheffe de leur groupe. Elle en avait toujours rêvé de voir le monde d’avant. Elle avait caressé plus d’une fois l’idée de sortir et découvrir les merveilles du monde d’avant. Et chaque fois, elle se voyait revenir pour guider les autres vers un avenir radieux à la surface, loin des radiations qu’on mentionnait toujours dès que le sujet revenait sur la table. Guider tout le monde vers la paix et la tranquillité, c’est tout ce qu’elle avait jamais imaginé quand elle pensait à son avenir rêvé.
 
Le chemin du retour se fit beaucoup plus lentement que l’aller. Chaque pas était l’occasion d’une autre réflexion et d’une autre hésitation. Son curseur allait dans un sens comme dans l’autre : partir ou rester. L’idée que Leah soit en train de bluffer était hors de question. Elle avait toujours été brute et claire. Ce qu’elle décidait, elle le faisait peu importe ce qui pouvait lui être rétorqué. Megan, au contraire, n’était pas du genre à s’opposer pour avoir le dernier mot alors elles ne s’étaient jamais réellement pris la tête, contrairement à elle et Aron. Et à la fois, elle savait que Leah et Aron étaient plus proches qu’elle ne pourrait jamais l’être de l’un ou l’autre… Elle secoua la tête : ce n’était pas réellement la question et elle était en train de s’embrouiller et s’égarer.
 
Elle ne se rendit pas compte d’avoir gardé le silence jusqu’à ce que Leopold lui fasse remarquer. Il devait sentir que quelque chose se tramait puisqu’il tenta de lui tirer les vers du nez de plusieurs manières différentes. Elle garda le silence malgré elle tant cette décision avait de l’importance à ses yeux. Et malgré elle, elle fit ses affaires aussitôt qu’elle avait fini de tourner autour de son assiette. Elle fourrait dans un sac à dos son carnet et ses crayons puis une vieille lampe torche et la paire de gant qu’on lui avait offert quelques mois auparavant pour son dix-huitième anniversaire. Elle quitta aussi discrètement que possible « sa » demeure sans réellement réaliser qu’elle s’embarquait dans quelque chose d’impensable. Et ses pas la menèrent jusqu’au reste du groupe sans même qu’elle ne le réalise. Plusieurs fois, les rues vidées de la colonie lui laissèrent penser qu’elle imaginait peut-être tout ça. Pourtant, quand elle se retrouva face au sourire angoissé de Aron, quelques mètres avant le point de rendez-vous.
 
- Qu’est-ce que tu attends, espèce d’andouille ? rit-elle, soulagée de ne pas être seule à douter. On est attendus, je te signale !


Leur danse funèbre [Houmous] 1653241536-6Leur danse funèbre [Houmous] 1653241536-1Leur danse funèbre [Houmous] 1653241207-8
Nemo
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Lun 10 Avr - 13:18
à perte de vue
La boule d’angoisse et de nerf qui composait l’estomac de Leah s’évapora dès qu’elle aperçut les deux autres membres du groupe. Elle n’en revenait pas : ils étaient tous venus. Elle s’en voulu d’avoir douté d’eux toute la soirée et les prit un à un dans ses bras, comme pour se faire pardonner. Elle était véritablement heureuse à cet instant. Il ne leur restait plus qu’à mettre les voiles. Elle s’assura de façon maternelle que tout le monde ait bien ce qu’il fallait pour le voyage, et que personne n’avait dit quoique ce soit à leur famille, évidemment. Elle n’avait aucun doute concernant Megan et Aron, mais les deux frangins méritaient un petit doute. Ils étaient bavards, maladroits et on leur reprochait continuellement qu’ils ne réfléchissaient pas avant de parler. Une fois qu’ils lui assurèrent qu’ils n’avaient rien dit, ils se mirent en route.
La sortie de la cité souterraine n’était pas toute proche, il leur faudrait marcher un peu moins d’une heure avant d’y arriver. La cité avait été construite au plus loin de l’unique sortie, par peur des contaminations. Par chance, aucun signe de maladie venue de la surface n’avait été détectée depuis le début de la construction de la cité.
Après quelques dizaines de minutes, ils traversèrent la dernière parcelle d’habitations et entrèrent dans un tunnel vide, long de plusieurs kilomètres. Celui-ci menait directement à la salle contenant la fameuse porte. Le passage n’était pas gardé depuis plusieurs années, au vu du désintérêt total de sortir à la surface. C’était sans compter la naissance de ce petit groupe d’individus tous plus téméraires et curieux les uns que les autres.

Ils s’étaient tus depuis leur départ, tous restaient bercés dans leurs pensées et leurs aprioris. Qu’allaient-ils trouver ? Tout cela n’était évidemment pas sans risque et plus Leah avançait, plus elle se demandait si elle ne faisait pas une grave erreur en emmenant ses amis avec elle. Elle n’avait aucunement peur pour elle, mais si jamais quelque chose leur arrivait, elle s’en voudrait à mort.
Elle confronta son esprit aux différentes possibilités du paysage extérieur pour ne plus penser à ces funestes alternatives. À quoi pouvait bien ressembler l’extérieur ? On lui avait parlé de milliers de bâtiments montant jusqu’au ciel, touchant de grosses boules de coton, on lui avait dit que la lumière qui éclairait la surface était si puissante qu’il était possible de s’y brûler les yeux. Apparemment, des spécimens d’arbustes, bien plus hauts et épais que les végétations peuplant la cité, étaient regroupés en forêt, tel un océan de végétation. Elle avait entendu parler de mers de feu, d’océan de sables, de montagnes dépassant les visions humaines. Leah ne savait pas si tout cela était vrai ou non, certains des grotteux s’amusaient à dire que des monstres aux dents de sabres parcouraient la surface, que des poissons aussi gros que cent humains naviguaient dans les océans. Elle n’y croyait pas une seule seconde.

Ils arrivèrent à l’intérieur de la salle après une quarantaine de minutes de marche et découvrirent avec stupéfaction ladite porte. « C’est juste ça ? » Chuchota Noah, l’air déçu. Leah l’accompagna dans sa déception. Elle s’était fait une montagne de cette porte, la frontière qui les séparait du monde réel. Elle s’était imaginée une immense porte en bronze avec plus de cinquante serrures qui laisserait s’échapper une lumière éblouissante par ses interstices. Mais il ne s’agissait rien de plus qu’une porte rouillée de couleur jaune, avec une roue à manœuvrer. Elle s’empara des masques à gaz, accrochés depuis cent ans sur des pics. Il y en avait cinq, un signe du destin. Elle n'avait aucune idée si ces masques étaient encore fonctionnels ou pas, mais préférait être vigilante. Une horrible odeur de poussière et de vieux plastique envahit ses narines au moment où elle installa l’objet sur son visage.
Elle inspira un grand coup et entreprit de tourner la roue, rouillée et coincée par le temps. Elle demanda de l’aide à Aron, le plus costaud, et la roue tourna dans un grincement désagréable. Un nuage de poussière s’éleva autour d’eux. Derrière la porte, ils n’étaient toujours pas à l’extérieur. « Ce doit être un genre de SAS, de décompression ou un truc comme ça. Pour les maladies, les virus, tout ça. » Elle hocha la tête en écoutant les paroles du plus vieux frère. Comme Megan, il avait toujours adoré lire, découvrir l’histoire et le pourquoi de l’existence des choses. C’était intéressant de connaître des personnes cultivées, quand on ne l’était pas soi-même.
Le groupe entra et les derniers fermèrent la première porte. À quelques mètres, une porte beaucoup plus impressionnante leur faisait face. Elle avait l’air de faire dix tonnes et de mesurer un mètre d’épaisseur. Le groupe resta figé devant leur découverte. Le sang de Leah se glaça : la porte était entrouverte. Depuis combien de temps la sécurité sur laquelle ils vivaient était devenue anodine ? C’en était terrifiant.

Leah passa la porte en première, légèrement tremblante. La première minute, elle ne vit rien et ses yeux la faisaient extrêmement souffrir dès qu’elle ouvrait ses paupières. La lumière tout autour d’elle était beaucoup trop vive, beaucoup trop claire, elle avait l’impression de se trouver dans une pièce totalement blanche et éclairée dix fois trop. Après quelques minutes d’adaptation, elle put ouvrir ses paupières légèrement, et découvrit un paysage invraisemblable. De l’eau, au loin, jusqu’à perte de vue. Leah était bouche bée devant une telle beauté. Une boule de feu restait immobile, flamboyant juste au-dessus de cette mer. À ses pieds, du sable, également à perte de vue à droite et à gauche. Elle s’accroupit et en prit dans ses mains. Il était étonnamment doux et chaud. C’était incroyable. La porte menant à leur monde était cachée sur une immense dune de sable, camouflée par des ronces qu’ils avaient repoussées en l’ouvrant.

Leah tourna sur elle-même, les yeux toujours plissés face à l’incroyable luminosité. Elle aima observer la réaction de ses amis qui semblaient être, autant qu’elle, émerveillés. Elle entendit un cri et se retourna vivement. Sasha venait de s’étaler de tout son long sur le sable, il s’était pris le pied dans une ronce qui sortait du sable. La jeune femme ne respira plus pendant quelques secondes en observant le masque à gaz, détaché du visage du jeune homme. Cependant, Sasha respirait normalement, sans aucun mal. Il souriait. Leah ôta son masque et l’envoya valser au loin. Elle ria aux éclats, les yeux pleins d’étoiles. Elle l’avait fait ! Ils l’avaient fait, ensemble !

Une détonation se fit entendre et un brouillard épais les aveugla.
@ Nemo


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Mar 20 Juin - 14:43

Megan
J'ai 18 ans et je vis à la colonie Newsburgh. Dans la vie, je suis apprentie intendante et je m'en sors autant que possible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis orpheline et ça me hante.

crédit : Lotusbubble

Megan avait fait des premiers pas hésitants sur le sable, regardant à quelques centimètres d’elle pour réduire son éblouissement. Pouvait-elle… Pouvait-elle simplement poser ses pieds dessus ? Elle se sentait à nouveau petite fille qui ne savait juger de ce qu’il était bon ou non d’entreprendre. Les autres ne partageaient pas son interrogation. Elle finit par prendre son souffle, les poumons compressés par son cœur et ses battements qui résonnaient jusqu’à ses oreilles. Le sable s’infiltra aussitôt autour de ses pieds. Rien ne semblât en résulter… Son soulagement ne fut que de courte durée et elle sursauta aussitôt que l’un des jumeaux s’étala de tout son long dans le sable. Son masque à gaz s’était décroché. Elle courut jusqu’à lui pour s’assurer qu’il aille bien et ne fut accueillie que par des rires.

 
Et puis, une sensation étrange commença à la prendre à la base de la gorge. Comment pouvaient-ils être aussi détendus alors que la situation était aussi dangereuse ? Sasha vivait peut-être ses derniers instants avec les radiations et cela les faisait… rire ? Encore une fois, elle se sentit parfaitement étrangère. Et cela n’allait pas en s’arrangeant quand Leah lâcha son masque à son tour. Leurs rires incessants lui vrillaient la tête. Elle voulut hurler et leur faire ressentir son stress mais, un instant à peine avant, tout cessa de soi-même. Une lourde détonation avait provoqué le soulèvement d’un énorme nuage de sable. Alors qu’elle était entourée de ce nuage impénétrable et peut-être radioactif, sa terreur ne fit que s’approfondir. Son cœur s’emballait et le vieux masque de plastique s’était coincé au point qu’elle ne puisse plus respirer au travers de ses filtres ou le retirer. Elle tituba, chassa l’air de ses bras frénétiquement alors que des chaudes larmes dissimulaient plus encore sa vision de l’extérieur. Il fallait qu’elle se défasse de ce masque au plus vite ou elle mourrait ! Mais si elle retirait son masque, elle mourrait brûlée vive comme les histoires qu’on lui avait raconté sur les radiations. Ses cris redoublèrent, toujours emprunts de détresse. A mesure qu’elle se sentait défaillir, elle tentait d’inspirer en vain.
 
Elle sentit son poing frapper quelque chose de dur sur lequel il rebondit, l’entrainant à tomber finalement. Même au sol, elle continua à se tortiller en tentant d’arracher le masque, se griffant le cou et les joues au passage. La peur, si douloureuse, ne la quittait plus alors qu’elle se sentait commencer à être ivre de ses propres expirations. Quand finalement, le masque claqua et s’arracha, elle prit plusieurs grandes inspirations et expirations à toussoter tandis que les larmes se mêlaient à la transpiration sur son visage. Elle avait survécu et elle ne savait même pas comment elle y était parvenue. Un coup de chance assurément… C’est alors qu’elle put réaliser un peu mieux la situation. La porte de leur abri, leur maison, avait lâché et était retombée juste derrière elle. Sasha et Aron s’étaient précipité pour aider Noah à sortir des décombres tandis que Leah était venue l’aider. Elle avait dû frapper Leah au visage dans la panique car elle se frottait le nez, l’air un peu assommée aussi. Dès qu’elle put, Megan se releva et tendit une main à son amie pour l’aider à son tour. Il fallait aider Noah, c’était la priorité en cet instant.
 
Les deux autres avaient commencé à essayer de soulever la lourde porte de fer sans même réfléchir à si un tel acte était même possible. Megan commença à creuser jusqu’à atteindre le masque à gaz de leur ami. En voyant qu’elle avait un petit peu de succès de cette manière, elle fut vite rejointe par les autres pour extirper leur ami au plus vite. Rapidement, Noah fut mis en position de pouvoir respirer et en un rien de temps, il sut extrait de sa prison de fer. Miraculeusement, il y avait eu plus de peur que de mal. Les légers dénivelés dans le sable avaient donné un petit peu d’espace au jeune homme pour qu’il ne se fasse pas broyer par la lourde structure. Alors que tous commençaient à se détendre et presque se remettre à plaisanter sur la situation, Megan se sentit bouillonner à l’intérieur. Il semblait que même cette situation extrême, de vie ou de mort, n’avait pas réussi à les effrayer et leur faire comprendre la dangerosité de leur quête de liberté. Et à la fois, Megan en voulait énormément à ce monde qui se montrait si inhospitalier et agressif alors qu’ils n’avaient mis qu’un pied à l’extérieur. Cela dit, maintenant que la plus grande porte du SAS était tombée, il n’y avait plus de bonne raison de retourner à la colonie. Les gens leur en voudraient énormément pour les avoir tous mis en danger et, de toutes manières, l’extérieur n’était pas si empoisonné qu’elle semblait le croire initialement, tout le monde tolérant particulièrement bien l’air marin.
 

Megan ressentit malgré tout le besoin de s’isoler pour souffler un peu. Elle ne se sentait pas légitime à faire des reproches et avait pourtant du mal à ne pas les entendre tourner dans son esprit. Un objet brillant qu’elle remarqua dans le sable à quelques dizaines de mètres de là lui offrirait cette opportunité de s’esquiver le temps de penser à autre chose. Et puis, qui sait ? Ca pouvait être quelque chose qui leur serait utile… Elle s’en alla donc sans un mot alors que les autres étaient en train d’évaluer leur situation. Elle crut entendre Noah le remarquer mais fit comme si elle ne l’avait pas entendu.


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Ven 28 Juil - 14:43
richesse
« Regardez, là-bas ! Y’a quelque chose qui brille dans le sable ! Vous croyez que c’est un trésor ? » Leah pouffa face à la naïveté de son ami qui avait bien failli y passer quelques minutes auparavant. Le nouvel air ambiant ne semblait pas réussir à tout le monde et, malgré ce qu’elle montrait aux autres, le cœur de la jeune femme avait tendance à s’emballer au moindre bruit. Tout ce qui les entourait, du sol au ciel, tout dans son entièreté, était synonyme d’inconnu. Pour de jeunes adolescents en quête de liberté, cela s’apparentait autant à un rêve qu’à un cauchemar extrêmement dangereux.
Leah jeta un coup d’œil à ce que Noah désignait du doigt, vers lequel Megan s’éloignait déjà, sans se retourner. Elle avait remarqué que son amie ne réagissait pas de la même manière qu’eux. L’angoisse semblait la tenir aux tripes, à l’inverse des garçons. La désignée cheffe se redressa, ébouriffa les cheveux de Noah -geste qu’elle avait pris l’habitude de faire, telle une grande sœur à ses petits frères- et entreprit de partir à la rencontre de Megan. « Gardez un œil sur lui, qu’il se retrouve pas sous une autre porte ! Je vais voir par là. »

Marcher dans le sable donnait une sensation très agréable et le bruit des grains qui crissaient sous les semelles était un délice pour les oreilles. Leah arriva à la hauteur de Megan, accroupie au-dessus de l’objet scintillant. La jeune femme l’imita. « Qu’est-ce que c’est ? » Elle tendit sa main vide, curieuse. L’objet ressemblait à un pendentif couleur or, de forme ovale, attaché à une chaîne de la même couleur. Bien que rouillé et abîmé à certains endroits, le bijou restait très impressionnant de beauté. Les quelques gravures et ornements le rendait assez riche. Leah discerna une légère inscription dont elle ne sut saisir le sens : Aeternam. Elle fronça les sourcils lorsque son pouce heurta une sorte de bouton. « Je crois que ce machin s’ouvre. » Elle appuya sans y réfléchir davantage et sursauta quand le pendentif s’ouvra en deux. Pensant l’avoir cassé, elle tenta assez vainement de le reformer, mais aperçut soudain une image à l’intérieur. Leah ouvrit le bijou et ses yeux s’émerveillèrent. La photo d’une jeune femme, en noir et blanc, trônait royalement entre les encadrures dorées. De l’autre côté, un homme souriait. Leah avait l’impression d’avoir affaire à une pièce d’Histoire extrêmement importante. Elle le referma avec toute la délicatesse dont elle était capable et plaça la chaînette autour du coup de son amie, tout à coup effrayée à l’idée de posséder un objet avec autant de valeur. « Ce truc me fout les miches, je sais pas pourquoi. Tu devrais le garder, il te va bien en plus. » Elle sourit à Megan et enfonça son derrière dans le sable chaud.

Derrière elles, les garçons riaient en se balançant des grains de sable à la figure. Noah s’était vite remis. « Les gars sont tellement insouciants… » Megan ne réagissait pas vraiment, le regard dans le vide. Elle semblait réfléchir à une centaine de choses à la fois, tellement que Leah pouvait imaginer les engrenages dans son cerveau tourner à vive allure. Elle tenta de désamorcer la situation. « T’as failli me péter le nez tout à l’heure ! » Elle finit son éclat de rire en soupirant, elle était consciente de la frayeur que pouvait provoquer l’inconnu et ne pouvait faire qu’une chose : rassurer ses troupes.
Tout en fredonnant, Leah délassa ses chaussures une à une puis ôta ses chaussettes. Elle enfonça ses pieds nus dans le sable chaud et son regard s’éclaira. Elle se leva et sautilla devant son amie. « Megan ! Enlève tes chaussures, la sensation est incroyable ! Et ressens le soleil sur ta peau, est-ce que c’est pas trop bien ? » Elle s’accroupit à nouveau près de Megan et posa ses mains sur les genoux de la jeune fille. « C’est peut-être dangereux, j’ai peur aussi, crois-moi. Mais on peut pas savoir de quoi demain est fait ! Alors, autant en profiter, tu crois pas ? Regarde-les, ils sont si heureux… Te prends pas la tête, amuse-toi et on réfléchira plus tard. »
Elle empoigna les mains de Megan et la souleva, dansant avec elle au gré du vent. Les garçons les rejoignirent en riant, tandis que le soleil commençait à s’approcher de l’horizon.
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Megan
J'ai 18 ans et je vis à la colonie Newsburgh. Dans la vie, je suis apprentie intendante et je m'en sors autant que possible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis orpheline et ça me hante.

crédit : Lotusbubble

Megan avait marché mécaniquement dans le sable. Un pas devant l’autre, comme on lui avait appris, en regardant autour d’elle mais pas trop. Juste assez pour voir la beauté du monde. Pas assez pour remarquer sa laideur. Un mode de vie effroyable où on ignore la peur et on essaye simplement d’avancer vers quoi que ce soit de positif qui peut nous attendre. Un peu comme ses parents, elle marchait dans un couloir qui pouvait s’effondrer sans crier gare. Aveuglée par des choix stupides réalisés par son esprit jeune et influençable, elle se fantasmait être différente de ses parents : plus fine, plus intelligente, une meilleure survivante. Pourtant, ni son érudition, ni son éducation ne l’avaient empêchée de se retrouver sur cette plage avec ses amis. Il fallait voir les choses en face : elle n’était pas différente d’eux et ne valait nullement mieux.

 
Leah la rejoignit vite alors qu’elle pondérait l’utilité de la curiosité sur laquelle elle était tombée. L’objet, brillant de mille feux, était d’une qualité improbable. Une chaine aux minuscules boucles d’or et un pendentif d’une régularité digne de l’image qu’elle s’était faite de l’ancien monde. C’était clairement une relique d’un ancien temps, quelque chose qui avait du sens. Peut-être était-ce un symbole de foi ou un insigne du pouvoir ? Elle n’en savait rien… Leah ne manifesta pas ses scrupules et s’en empara. Elle hésitait peu et l’ouvrit presque aussitôt. Avait-elle déjà mis la main sur pareil trésor ? Elles découvrirent ensemble les deux portraits à l’intérieur avant que Leah ne le referme et lui passe au cou. Megan, encore une fois, ne savait pas quoi faire de la manière dont se comportait son amie. Que devait-elle lire dans l’intérêt qu’elle lui portait ?
 
***
 
Une forme d’exaltation s’était emparée du groupe tandis qu’ils profitaient de la mer et de la liberté. Ils dansaient joyeusement, jouaient, ignoraient tout du monde qui pouvait exister de l’autre côté de la bute de sable, que ce soit en surface ou sous terre. Megan avait du mal à se défaire de l’inquiétude que la situation lui faisait ressentir mais son regard s’était pourtant arrêté sur Leah. Les efforts qu’elle mettait en place pour la rassurer et l’embarquer dans sa curiosité avaient réussi à l’atteindre. D’une manière ou d’une autre, elle ne voulait pas la lâcher. Leah devait culpabiliser de voir la panique qui l’avait animée et le silence dans lequel elle restait plongée perpétuellement depuis l’accident de la porte. Pourtant, ce fut Aron, leur second leader, qui le fit remarquer en premier.
 
- Tout va bien, Megan ? On t’entend plus dire grand-chose depuis tout à l’heure…
- Oui, ça va… C’est juste que-, elle remarqua tous les regards braqués sur elle alors qu’elle allait s’ouvrir. -que… Que je regrette qu’on n’ait pas un objet à se partager en signe de notre amitié ! Je veux dire : Leah m’a offert cet incroyable collier et je suis la seule à avoir un truc super cool quoi ! On explore ensemble alors je me dis que ce serait bien d’avoir un truc qui montre qu’on est amis.
 
Elle se sentit vraiment inintéressante et incapable de dire ce qui pouvait lui passer par la tête. Elle-même avait du mal à saisir ces pensées intrusives qui l’assaillaient. Encore une fois, elle voulut prendre la fuite en prétextant d’aller trouver du bois pour pouvoir faire un feu pour la nuit, mais elle fut rapidement rejointe et aidée par les garçons. Ce qu’elle pensait être l’occasion de s’isoler un peu tourna rapidement en tâche ménagère partagée et soldée à vitesse grand V. Elle supposa que le reste du groupe s’était mis d’accord pour l’accompagner et l’entourer, ayant remarqué son égarement évident. Elle décréta mentalement cette attention adorable et insupportable et cela la rendit encore plus consciente de son comportement. Dire qu’elle n’aimait pas être remarquée était un euphémisme mais le fait qu’elle déteste être plainte était carrément proverbial. Venant de ses amis, c’était le genre d’attentions qu’elle supportait et tolérait, mais c’était bien parce qu’ils étaient amis !
 
***
 
Le ciel s’était assombri complètement. Enfin, pas complètement, il y avait des tonnes d’étoiles à perte de vue dans le ciel. Même avec le feu de camp qui se trouvait entre eux, elle était en mesure de discerner les différents motifs du zodiaque dans le ciel. Et c’était une excellente nouvelle en réalité ! Elle avait lu les témoignages de gens qui avaient subi la fin du monde. Ils avaient survécu suffisamment longtemps pour rejoindre les souterrains et raconter leur histoire. Du coup, on racontait que le ciel était couvert d’un épais brouillard perpétuel et qu’il pleuvait de l’acide. On disait aussi que les radiations brûlaient la peau, les arbres et rendaient tout ce qu’il y avait de vivant complètement difforme. Peut-être que la catastrophe s’était éteinte entre deux. Le feu était rentré dans la Terre, les radiations s’étaient dissipées et les pauvres diables qui se transformaient étaient maintenant morts. Peut-être que le monde d’avant n’était plus qu’à un pas ? Dans cette douce obscurité, sous les étoiles immobiles et impassibles, ça semblait ne plus être si impossible.
 
- … Et ça, c’est la grande ourse ! déclara-t-elle joyeusement à qui voudrait bien l’entendre.
- C’est vraiment naze ! C’est à ça que ressemble un ours ? demanda Noah, incrédule.
- T’es encore sonné, toi ! C’est pas un ours, c’est une ourse qu'on dit normalement ! s’exclama son jumeau pour se moquer.
- Ah ouais ? Et c’est censé ressembler à ça une ourse ?! C’est sacrément moche, bordel !
 

Elle rit un peu. C’était la première fois qu’elle riait de bon cœur depuis qu’ils avaient passé les portes de l’abri. Elle vit du coin de l’œil qu’Aron baissa le regard vers elle. Sans trop savoir pourquoi, elle se sentit gênée que sa réaction soit remarquée. Il y avait pour elle quelque chose de honteux dans un rire sincère. On ne lui avait jamais inculqué d’éviter de rire ou de faire preuve de calme, de silence. Pourtant, elle n’avait jamais été apprise à s’ouvrir de la sorte. Enfin, c’était le cas avant qu’elle rencontre ses quatre amis. Depuis qu’ils étaient ensemble, elle essayait d’apprendre à se comporter plus naturellement et faire preuve de moins de retenue. Elle laissa un long moment le sourire esquissé sur ses lèvres.
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Dim 3 Sep - 12:29
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Leah
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Voir ses amis s’amuser et rire à tue-tête ainsi était quelque chose de très précieux pour Leah. Plus que la leader involontaire de sa petite équipe, elle se considérait comme la grande sœur de ce groupe qui formait sa réelle famille. Alors les voir heureux la rendait elle aussi heureuse. Elle savait que s’il arrivait quelque chose à l’un d’entre eux, tout serait de sa faute : c’était elle qui les avait poussé à la suivre à l’extérieur. En son for intérieur, elle regrettait presque de les avoir mené ici, de peur qu’une atrocité leur arrive dans ce monde inconnu et sauvage. Pourtant, en voyant leurs lèvres étirées et leurs dents étincelantes dans la nuit, ses craintes s’envolaient peu à peu.
Même Megan qui au début se montrait réticente à toutes ces effusions de joie, reprenait du poil de la bête et semblait s’amuser à son tour.

Assise en tailleur près du feu, elle entendit un petit rire cristallin qui n’appartenait à aucun des garçons. Son sourire s’intensifia et elle jeta un coup d’œil furtif à son amie. Oui, tout commençait gentiment à être parfait.
« J’vous aime les potes. » Ces mots avaient été dit dans un soupir de satisfaction, en regardant le ciel étoilé. La jeune femme se sentait à cet instant merveilleusement bien et ne souhaitait en rien changer ce qu’elle était en train de vivre. Elle recueillit quelques réponses, mais surtout des sourires mi-conquis, mi-gênés. Leah ne demandait pas de retour, elle avait généralement l’habitude d’exposer à l’oral ses ressentis, sur le vif. Elle était actuellement heureuse avec ses amis et elle avait eu le besoin de leur faire savoir.
Elle sentit le regard gêné d’Aron sur elle, presque rougissant, et leva les yeux au ciel. Elle se releva, lui ébouriffa ses cheveux déjà emmêlés et lui fit signe de la suivre en souriant. Il s’exécuta en époussetant le sable qui recouvrait ses vêtements. Ils s’éloignèrent tout deux vers une dune de sable, un peu plus en hauteur.

Alors que Leah marchait résolument devant, Aron la suivait en faisant des ronds de jambes. Elle ne comprenait pas quelle mouche l’avait piqué et lui demanda de se « magner un peu le cul ». Quand il arriva enfin devant elle, toujours plus rouge qu’à l’accoutumée, il ouvrit la bouche pour parler. « Leah, je… Je voulais te dire, euh… » La concernée fronça les sourcils avant de poser ses mains sur ses épaules. Il était plus grand qu’elle mais elle s’en fichait. « Tu me diras plus tard, on n’a pas le temps ! Tu te souviens ce que t’a dit Megan tout à l’heure ? » Désarconné, il fit non de la tête et Leah soupira en levant encore une fois les yeux au ciel. « Bon dieu, écoute un peu ce qu’on te dit… Elle aurait voulu avoir un signe d’amitié, que l’on se partagerait tous les cinq. Comme les cinq doigts de la main. Tu vois ? » Elle pencha la tête sur le côté, désireuse que son ami comprenne. Il opina du chef et cette réponse simple la convainquit directement. La lueur de joie dans le regard de Leah fut communicatrice et Aron se débarassa de sa déception. « On pourrait trouver des cailloux, ou des coquillages, quelque chose de joli, et s’en faire des pendentifs. » La jeune femme approuva l’idée en riant de bon coeur et en prenant Aron dans les bras.
Perdu au loin, au-dessus de l’épaule de son ami, son regard se figea et son sourire disparu.

« Leah ? » Elle ne répondit pas, troublé par la forme sombre qu’elle venait de voir bouger au loin. Son coeur battait à tout rompre, si bien qu’elle restait accrochée au t-shirt d’Aron. Elle finit par reprendre ses esprits : c’était sans aucun doute un animal. Oui, un petit animal qui retournait dans son terrier. Rien de grave, rien de dangereux. S’éloignant du corps de son ami, elle peina à reformer un sourire sur son visage. « Qu’est-ce qui va pas ? » Il fronçait les sourcils, troublé par le changement d’attitude de la jeune femme. Leah souria et tenta de se remettre de sa soudaine torpeur. « Rien ! J’ai cru voir quelque chose mais ce n’était que le vent. Aller ! Viens, on va chercher des coquillages. » Cela sembla le convaincre. Elle le laissa partir devant et dès qu’elle ne fut plus dans son champ de vision, son sourire se décomposa. Elle se tourna à nouveau vers la forme qu’elle avait vu bouger, avant de s’apercevoir qu’une lueur flambait au loin, semblable à un feu de bois.

Les animaux n’allument pas de feux de camps, pas vrai…?
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Mar 12 Sep - 20:53

Megan
J'ai 18 ans et je vis à la colonie Newsburgh. Dans la vie, je suis apprentie intendante et je m'en sors autant que possible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis orpheline et ça me hante.

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Au fur à mesure qu’elle détendait ses nerfs en pelote, les discussions de ses amis jumeaux se firent de plus en plus lointaines. Elle les entendait mais sans complètement les comprendre jusqu’à sombrer complètement dans un sommeil confiant. Après tout, au milieu d’un monde vidé de toute substance et avec ses amis autour d’elle pour veiller au grain, elle n’avait pas de raison de s’en faire. La panique qu’elle avait ressenti en voyant Noah disparaitre dans les sables s’était éloignée et estompée, à tel point qu’elle se demanda si ce n’était pas ça le rêve finalement…

- Juste une heure de plus ! beuglait Leah à tous poumons à son père qui la trainait chez eux. Je veux juste jouer une heure de plus, lâche-moi !

Ah… Encore ce rêve, songea Megan en observant la scène se dérouler sous ses yeux. C’était l’image de sa rencontre avec ses amis qui se repassait dans son esprit, encore une fois. Aron avait été le premier à repartir et les jumeaux avaient continué à jouer après qu’il soit temps de rentrer mais Megan et Leah était reparties ensemble de leur terrain de jeu improvisé au bord du « lac ». Ils l’appelaient le « lac » eux-mêmes avec ironie, étant donné que ce n’était qu’une petite étendue d’eau peu profonde et glaciale. Elle servait surtout de test de courage qu’ils s’imposaient régulièrement pour se prouver quelque chose ou trouver la force de faire face à une situation difficile. C’était un endroit à eux, un coin en marge où il n’y avait rien de bien intéressant mais dans le rêve, c’était un paysage boisé et ensoleillé, exceptionnel. Ils y passaient des heures à s’imaginer des aventures dans le monde extérieur, à arpenter les faux souvenirs et les légendes que se racontaient les citoyens de la colonie. Quel âge avaient-ils à l’époque… ? Impossible de s’en souvenir. Megan essayait de repousser le cauchemar en déviant vers des détails mais rien n’y faisait. Leurs pas les menaient immanquablement à l’avenue principale de la colonie qui était ceinte de maisons e part et d’autre. A mesure qu’elles avançaient, les proportions étaient de plus en plus écrasantes et réservaient leurs menaces sourdes à une Megan observatrice et actrice, victime de son destin. Elle serrait les dents en voyant sa nouvelle amie se faire tirer soudainement vers chez elle, le visage déformé par une terreur incroyable pour une raison ou une autre. Son père la trainait par une jambe, avec ses mains monstrueuses. L’enfante Leah se débattait devant une enfante Megan impuissante et lorsqu’enfin, elle réussissait à se libérer, elle ramassait une baffe monumentale. Puis, elle rentrait et la porte se claquait non sans un grincement et un regard mauvais du père de Leah.

En sursaut et sueurs, Megan se réveillait aussitôt. Elle savait que tout ceci était faux, que ce n’était pas un souvenir mais une pure invention de son esprit qui lui collait à la peau comme une vilaine brûlure. Elle n’avait jamais vu cette scène se réaliser précisément comme ça. Leah était en réalité juste rentrée chez elle pour retrouver la chaleur du foyer et un bon repas. Mais le choc d’être laissée derrière sans un réel chez soi rien qu’à elle l’avait marquée en pervertissant tous les aspects de cet instant. La porte qui se claque était la seule chose réelle dans cette séquence, elle en avait l’intime conviction. Une porte qui se claque sur une amitié qu’elle ne comprenait pas complètement. Une porte qui se claque sur un avenir commun où elles se tiendraient par la main sans arrêt. Qu’est-ce qu’elle racontait ? Elle devait avoir l’esprit encore embrouillé par le sommeil. Se frottant les yeux, elle prit le temps de regarder autour d’elle. Le camp était calme mais une surprise attendait tout de même l’éveillée : l’absence de Sasha. Elle trancha qu’il devait s’être écarté du groupe pour aller se soulager et qu’il reviendrait bien assez tôt. Pourtant, le sentiment d’inquiétude lui proscrit de se rendormir. Alors, il ne restait qu’à se mettre en quête du disparu.

Megan se leva alors pour regarder autour d’elle, sondant l’obscurité qui encerclait le camp. Enfin, obscurité était un bien grand mot. Au-delà de la colline, le Soleil était déjà en train de se lever paisiblement. Elle le comprit à la teinte orangée qui filtrait au-delà. Quoique… Pourquoi cette teinte orangée n’était-elle pas plus large ? Dans ses souvenirs de la veille, le Soleil lui avait brutalement brûlé les yeux. Elle avait eu même du mal à regarder quoi que ce soit pendant quelques temps tant la luminosité était forte et baignait tout ce qui existait. Comment était-il possible que sa lumière ne se réduise qu’à cette ondulation faible et restreinte ? Dès que Megan vit que c’était la lueur d’une torche qui paraissait sur la dune, elle se jeta sur Leah puis sur chacun des autres pour les réveiller, paniquée.

- Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! s’écria-t-elle pour les forcer à émerger. Il y a des gens avec des torches sur la colline de sable et Sasha a disparu !

Elle se recula presque aussitôt pour essayer de disparaitre dans l’ombre. C’était là tout ce qu’elle était bien capable de faire : se cacher et laisser les gros bras du groupe qui savaient y faire se débrouiller pour régler le problème. Elle se laissa tomber presque à la renverse en voyant que les silhouettes étaient difformes, inhumaines. Mais où était encore allé se fourrer Sasha ? Dans quel merdier était-il encore tombé ? La panique, à nouveau, s’emparait d’elle pour la réduire en esclavage. Elle supposa que les créatures en feraient bientôt autant…
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Dim 8 Oct - 10:32
Sa faute
Leah
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Le sommeil avait eu du mal à l’atteindre, les tripes tiraillées par la terreur qui l’avait prise quelques heures auparavant, en haut de la dune. Elle redoutait tellement que quelque chose se passe durant la nuit qu’elle n’avait pas fermé l’œil jusqu’au beau milieu de la nuit, où sa fatigue avait finalement eu raison d’elle.

Elle se réveilla en sursaut lorsqu’un poids s’affaissa sur son corps et que des cris incompréhensibles atteignirent ses tympans. Il ne lui fallut qu’une seconde pour ouvrir les paupières en grand et se relever en position debout. Terrifiée à l’idée que sa volonté de taire ce qu’elle avait découvert la veille au soir ait coûté la vie à sa famille, Leah examina tout ce qui l’entourait, faisant un tour sur elle-même. Megan était près d’elle, cachée dans l’ombre, Aron se relevait en ne quittant pas des yeux la seule lumière autour d’eux, et Noah se réveillait en se frottant les yeux, encore endormi. Pas de trace de Sasha.

Son cœur se tordit mais elle refoula ses larmes et ses nausées. C’était sa faute. Complètement sa faute. Elle aurait pu éviter ça. Elle soupira et ferma les poings, les bras le long du corps. Elle culpabilisera plus tard, pas maintenant, alors que ses amis les plus chers ont besoin d’elle.

« Noah, reste derrière nous et ne quitte pas Megan. »

Elle murmurait mais son ton ne laissait pas de place à l’argumentation. À l’image d’Aron, elle ne quittait pas des yeux la torche, tenue par un être qui n’avait rien d’humain. Elle se rapprocha de son camarade, formant un rempart entre les créatures et les deux plus jeunes. Elle observa autour de la lueur, tentant de trouver Sasha, en vain.

« Sasha !? »

La main d’Aron se posa brutalement sur son épaule et il pointa du doigt un endroit légèrement éclairé, derrière la créature portant la torche. Elle discerna une petite forme, plus humaine, à genoux, qui se débattait. C’était lui, sans aucun doute, attaché comme un condamné. C’en était trop pour Leah. Mue d’une rage montant en crescendo, elle s’avança, le regard noir, vers la créature illuminée. Celui-ci ne bougeait pas et semblait observer leurs faits et gestes. Elle se baissa pour ramasser une pierre, seule arme aux alentours. Lorsqu’elle fut à quelques centimètres de la bête, elle ne recula pas devant sa monstruosité. Dotée de centaines de furoncles sur tout ce qui lui servait de visage, ses yeux jaunes et gorgés de sang l’observait curieusement. Il lui sembla que ces créatures descendaient des humains, mais qu’ils avaient muté au fil du temps passé sur la planète meurtrie.

« Rendez-moi Sasha, sur le champ. Qu’est-ce que vous nous voulez ? »

La créature tourna la tête sur le côté et fit un signe de la main à peine discernable à la bête qui tenait le pauvre enfant. Dans un cri guttural, le monstre lui enfonça un bâton dans les côtes brutalement. Sasha cria de douleur en s’étalant par terre et à ce moment, Leah ne devint rien d’autre que rage et haine. Elle lança sa pierre dans le visage de son opposant en criant et lui sauta dessus en le ravageant de coups de poings. De son côté, Aron prenait part au combat acharné de sa camarade en tentant de l’arrêter. Il était terrifié.

Soudain, la jeune femme se sentit décoller du sol et quand elle reprit conscience des environs, la créature la tenait par la gorge, l’étranglant à moitié. Elle ne touchait plus le sol, tout le monde criait, amis comme ennemis. Sentant son souffle s’évaporer, elle griffa, frappa le bras qui la tenait prisonnière. Mais il ne bougeait pas, beaucoup trop puissant.

Une fumée aveuglante s’inséra dans ses narines, dans sa bouche et ses yeux, formant un nuage épais dans un rayon de quelques kilomètres. Elle heurta violemment le sol et reprit sa respiration, erratique. Lorsque la fumée se dissipa après quelques minutes, ils n’étaient plus là. Elle chercha Aron du regard, Sasha, Noah, Megan. Elle ne trouva personne. Totalement perdue, aveuglée, elle ne put se relever et éclata en sanglots.

C’était sa faute. Elle venait de tous les perdre en une fraction de seconde.
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