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LE TEMPS D'UN RP

Tous ceux qui errent ne sont pas perdus. [PV Lulu] [+18]

Ezvana
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Ezvana
Dim 12 Nov - 22:19

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


- Très bien, je serais en noir ce soir.

La tête se penche sur le côté alors qu'il l'observe. Ce n'était probablement rien, mais il lui donnait la possibilité de choisir quelque chose. Dans ce monde embaumé par les encens et la musique pulsante, dans cette prison miroitante, elle pouvait influer sur une décision. C'était risible, presque rien, mais c'était tout de même important. Pour lui en tout cas. Et puis cela lui était agréable d'imaginer que c'était elle qui lui donnait une directive, qu'il s'y plie pour lui faire plaisir. Cela lui arrache un sourire imperceptible et fait plisser un peu plus ses yeux en amande.

Il remarque bien l'incertitude de la fée, qu'un trouble vient assombrir son regard. Il ne s'en formalise pas, n'y prête pas vraiment attention. Le Loup ne pouvait pas être dans sa tête pour l'apaiser et c'était un long chemin qu'elle devrait emprunter, parcourut de doutes et d'angoisses et c'était elle qui devrait les surmonter. Bien évidement qu'il sera présent pour la soutenir, mais c'était à elle d'agir. Et elle en était tout à fait capable, elle découvrira bien asse tôt qu'elle était bien plus forte qu'elle ne le pensait.

Avec attention il écoute Pansy, inscrit dans son esprit une liste pour chaque nom cité. Il hoche la tête ou émet un léger son de compréhension. Nina ne serait pas une alliée pour le moment au vu de son comportement, il devrait se méfier d'elle au début. Quant à Amaryllis il verrait bien pour la suite, son caractère pourrait aussi bien être positif à son égard comme changer et devenir un problème. S'il devait travailler avec eux, il devait l'avoir dans sa poche car elle influerait sur le reste du groupe.
Moon n'a pas l'air de poser problème pour le moment, c'était le plus avenant du groupe sachant très bien jouer avec les sens.
Emi il n'a pas eu beaucoup d'information sur elle, comme Almos. Il devait s'atteler aux prochaines nuits à mieux les découvrir à distance, comprenant comment ils travaillent pour améliorer leurs conforts de vie.
Silas poserait plus de problèmes. Il était entêté et Méléän sentait un égo surdimensionné. De plus, il n'a pas dû apprécier la mort de l'un de ses compères et il devra donc se méfier de cet énergumène.
Un rire sans joie fait trembler sa poitrine alors qu'il entend la note sur les créatures.

- Bien évidement qu'il ne prendrait ni concurrent ni une espèce qu'il considère comme inférieur. Un Humain, cela serait trop banale pour cet établissement.

Relever les yeux vers Pansy alors qu'elle attendait sagement la suite de ses questions.

- Wraith est-il présent tous les soirs ?

Frotter sa barbe d'une main, geste qui trahit le fait qu'il soit plongé dans ses pensées. Il a toujours essayé de se défaire de ce tic mais il n'avait pas encore réussi à prendre le parfait contrôle de son corps. Il allait bientôt devoir la tailler ceci-dit.

- J'imagine que le comportement des employés change en sa présence ? De quelle manière ? cela me permettra de mieux agir et comprendre pour ne pas mal interpréter certaines actions.

Il ne devait pas tomber dans un piège ridicule et s'étonner d'un changement dans l'air, d'une note dissonante dans la façon d'agir des autres. On ne pouvait pas être totalement soi-même en présence de cet individu, de cette créature avide de pouvoir. Il était pitoyable à asseoir son pouvoir sur des créatures nocturnes, à les tourmenter juste pour se sentir supérieur. C'était cela d'être un Daeva ? De vouloir contrôler la vie de ses employés pour avoir l'impression d'être supérieur ?
Un rictus déforme son visage et il veut chasser de ses pensées cet être corrompus. Il hésite, se mordiller la lèvre inférieure avant de lever les yeux vers la fée.

- Je vais devoir aller me préparer et accueillir les autres.

Une voix douce, un petit sourire pour se vouloir rassurant. Il y avait du temps avant les premiers clients, certes, mais il se devait d'être présent pour les autres travailleurs. Il ne pouvait pas se permettre d'être constamment près de la fée. Il n'effectuerait pas son travail correctement et les autres ne verraient pas cela d'un bon œil.
Se relever, sortir du confort ouaté du pouf, désolé de devoir briser cette bulle de réconfort. Hésitant le Loup, soudainement mal à l'aise, ne sachant pas comment remonter le moral de Pansy. Une main sur l'épaule, lui dire que ça va aller. Un dernier sourire avant de sortir de cette pièce qui embaumait le parfum délicat de la fée. Refermer la porte derrière soi avant de rentrer dans sa chambre.

Il souffle, expirer un long moment pour se remettre de ses émotions. Le loup devait se mettre en condition de travail. D'une pression non gérer il ouvre sa commode et sort ses vêtements comme on sortirait une mue de serpent. L'indication de Pansy était un costume noir. Un pincement de lèvre alors qu'il n'aimait pas vraiment ce genre d'accoutrement, peut à l'aise pour se mouvoir et agir lui qui était tout le temps dans l'action. De plus il lui était difficile de trouver des chemises à sa taille au niveau de la largeur et de la longueur de ses bras et épaule, sans qu'elle soit faite sur mesure et coute une fortune. Et déchirer un vêtement de ce type lui ferait mal au cœur ainsi qu'au porte-monnaie.

Rapidement il enfile son plus bel accoutrement, ce pantalon de toile qui ceigne parfaitement sa taille fine et la largeur de ses cuisses, cette chemise qu'il boutonne jusqu'en haut et qui ceintre parfaitement la longueur de ses épaules, cette veste qui s'ajuste parfaitement tel une seconde peau. Ce soir, il était un Loup, celui qui observe et qui est prêt à mordre. Être discret mais être menaçant. Quand il s'observe dans la glace, il ne sait pas comment réagir. Il avait l'impression d'être face à un baron de la drogue, d'un mafieux ou tout autre délinquant qui se met en valeur dans des costumes trop chers. C'était comme s'il n'était pas vraiment lui. Il ne voulait pas paraître mystérieux ou d'un Bad boy du dimanche. Pourtant lui aussi avait un rôle à tenir et il s'y plierait.
Une exclamation, un froncement de nez et il balaye ses cheveux, se frotte l'arrière du crâne avec un raclement de gorge prononcé.

Sortir de la chambre et s'arrêter devant la porte de Pansy, rapprocher son visage pour qu'elle puisse mieux l'entendre. Lui annoncer qu'il devait rejoindre les autres.
Et il s'engouffre dans le couloir. La soirée allait bientôt débuter.
Le Loup entre dans la bergerie.
Lulu
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Lulu
Mar 14 Nov - 22:14

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Il l’est – répondit l’ailée, au sujet du spectre qui hantait les corridors même avant que les festivités ne commencent. Toujours là pour recueillir les embruns secrets des clients ( et proies ), que les vagues, gorgées d'absinthe et de passions fugaces, rejetaient au gré de la nuit. ll était un général qui gardait toujours un œil vigilant sur ses troupes, surtout lorsqu'elles étaient s’élançaient dans l’arène des festivités. Il était là, toujours prêt à ourdir une stratégie, à dérober des confidences à l'ennemi, pour mieux le manipuler et, finalement, l'anéantir. Leur faire connaître le même sort funeste, que le vampire avait embrassé la veille.

— «  Je les côtoie rarement sans que Wraith ne soit très loin… Alors, j’ignore si leurs attitudes changent. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la manière dont je viens de vous les décrire, est l’attitude qu’ils ont quand il est ici », expliqua-t-elle, quelque peu désolée de ne pouvoir étayer davantage ses dires. « Sans compter que lors des rares absences de Wraith, ils se comportent de la même façon. Ils me considèrent comme ses yeux et ses oreilles, vous savez… » confia-t-elle, le regard égaré ailleurs, le cœur embrumé de tristesse.

Quand bien même le maître des ombres n'avait nul besoin d'elle pour les surveiller, ni pour les maintenir en ordre. Il était de ces entités mystiques aux pouvoirs abyssaux, dont la présence pouvait se ressentir dans les endroits les plus lumineux autant que dans les plus sombres. Wraith était omniprésent.
La vie se réintroduisit dans ce regard éteint par des rêveries alourdies de peine, s'accrochant à la silhouette lupine qui s'était relevée. Le moment était venu. Une annonce redoutée, qui souffla une rafale d'angoisse sur le cœur de celle qui devait maintenant préparer son être à l'offrande. Fuir ce corps, alors qu’elle avait adoré l’habiter en présence du lycan.
Une main sur son épaule, encouragement muet, et un sourire pour clore définitivement cet échange qu'elle aurait voulu éternel. Ce qu’elle aurait adoré, ne serait-ce que cette nuit, que seul le chant du loup berce les échos de son cœur, plutôt que la terreur que les ombres répandaient dans sa poitrine.
La fée lui rendit son sourire, mollement. Pansy reprit les rênes, doucement.

— « À plus tard. »

La porte se referma, laissant la chaleur fuir le sanctuaire désert.
Et la créature, avide de vie, se hâta d’ouvrir la fenêtre, laissant les bruits de la cité s'engouffrer et chasser l'odieuse sensation de solitude qui tentait d'assiéger son cœur.
Elle avait encore une ou deux brèves heures loin des fracas, ses ailes restant voilées jusqu'à ce que la liqueur ait coulé en abondance et que les esprits soient en ébullition. L’atmosphère idéale, pour pousser certains clients à dépenser une fortune pour l’obtenir, ne serait-ce que pour quelques instants.
En attendant, Pansy magnifia sa chair, la revêtant de son habit de scène. Une robe qui, cette fois-ci, lui insuffla un peu de réconfort. Car elle avait un peu de lui sur elle. Une cuirasse d'affection qui lui procurait un sentiment de sécurité, le fruit d'une complicité secrète que nul vautour ne saurait dérober.
Ensuite, elle s'adonna à la cosmétique, parant ses paupières de paillettes dorées, ourlant ses lèvres d'une nuance de grenat et laissant s'échapper sa chevelure ébène en une rivière parfumée de notes fruitées.
Soudain, une mélopée chaleureuse interrompit sa préparation. Lui, annonçant qu'il descendait rejoindre la petite troupe. La fée répondit d'un souffle murmuré, un simple « d'accord » avant que ses lèvres ne se scellèrent, laissant les pas du loup résonner en un écho funèbre, de plus en plus lointain. C'était la fin de l'insouciance, des découvertes et des sourires. La fin de tout, inaugurant le règne du néant, du froid et des automatismes.

(( deux heures se sont écoulées ))

— « Ne t’ai-je jamais dit que le violet ternissait ton teint ? », une voix spectrale résonna dans l'antre, atteignant à peine une Pansy particulièrement lointaine ce soir.
— « Désirez-vous que je me change ? », interrogea l'ingénue, ses yeux mordorées se déplaçant jusqu'aux pieds du sorcier.
— « Tu n’as pas le temps », souligna-t-il, mettant en lumière une évidence qui n'avait pu échapper à la sylphide. « Ce sera pour une prochaine fois » et voir si c'était un simple oubli, ou bien plus. Une inspiration profonde souleva son ample poitrine, prêt à révéler à sa fée ses attentes de cette soirée. « Tu seras à la merci de Monsieur Harlow Maëlstrom, héritier d'une lignée de loups alpha éminents. Il aura un bracelet pourpre. »

Le corps de la fée frémit légèrement, les muscles de sa mâchoire se contractant à l'évocation simple de ces mots : bracelet pourpre.
Cette nuit, elle n'y échapperait pas.

— « Monsieur Maëlstrom est... Un individu aux penchants singuliers, quelque peu colérique et extrêmement exigeant. Mais tu sais ce qu'il lui est permis de te faire et ce qui ne l'est pas, n'est-ce pas ? » questionna-t-il, plantant ses perles d'obsidienne dans le regard fuyard de sa fée.
— « Oui. »

Entre la connaissance et l'établissement de ses propres limites, s'étendait un abîme. Un gouffre que la jeune fée craignait de ne pouvoir colmater, un gouffre que celui qui l'exhortait à ne pas les oublier avait lui-même creusé.
Ses doigts s'entrelacèrent, puis son attention fut captivée par des heurts répétés contre la porte. Trois, pour être précis. La porte s'ouvrit, et ce ne fut pas le Diable qui se dévoila... Bien que, entre l'entité malfaisante et Roth, seule l'apparence les distinguait.
Un homme de stature modeste, pas plus grand que Pansy, pénétra dans la pièce et salua courtoisement les deux occupants. Vêtu d'un costume sombre, de gants noirs et de petites lunettes rondes, il semblait apporter avec lui le souffle de toutes les âmes qu'il avait récupérées, ainsi que les spectres qu'il n'hésitait pas à convoquer lors de rituels obscurs. Un frisson glacial secoua l'échine de la fée, son cœur s'enveloppant de crainte. Que venait-il faire ici ?
Il ne fallait pas se laisser berner par la galanterie du personnage. Roth était un oiseau de mauvais présage. Ces oiseaux qui tournoyaient au-dessus des dépouilles de ceux sur le point de rendre leur dernier souffle, prêts à fondre sur eux pour dévorer leur chair encore tiède.

— « Tu vas pouvoir nous laisser, Pansy... Et n'oublie pas ta friandise », ajouta-t-il d'un ton impérieux, désignant d'un geste du menton une petite gomme noire.
— « Madame », salua Roth avec élégance.

Les doigts nerveux de la danseuse s'emparèrent de la fameuse friandise, cette petite perle qu'elle absorbait chaque soir sur la demande de Wraith. Une concoction censée la plonger dans la quiétude, selon les dires de ce dernier. Malheureusement, elle ne faisait plus effet depuis au moins des siècles.
Pansy salua le convive ténébreux du maître des lieux d'un mouvement de tête, puis quitta le bureau de ce dernier. À peine la porte se referma derrière elle, qu’elle ingéra la perle. Une légère inspiration souleva sa poitrine, à peine couverte, et dès qu'elle exhala son souffle, ses prunelles s'éteignirent. Elle était prête... Du moins, aussi prête qu'une proie sur le point de se faire dévorer.

Ses pas la guidèrent vers la salle de tous les péchés, où les corps dansaient fiévreusement, pressés les uns contre les autres. Des effluves corporels saturaient l'atmosphère, des fragrances que le fils Maëlstrom absorbait avidement, à en croire ces femmes dont il savourait les lèvres avec ardeur.
Sans l'avoir jamais croisé, Pansy le reconnut. Il siégeait sur le trône, une mezzanine réservée aux convives prestigieux, en particulier à ceux qui pouvaient se permettre de louer les services de la fée pour une nuit entière.
L'oiseau pénétra dans sa cage, avançant vers le colosse aux cheveux de feu dont le regard s'anima dès qu'il remarqua l'éclat de ses ailes. Un large sourire s'étira sur ses lèvres, soulignant un regard brumeux d'alcool. D'un geste hâtif, il se leva, écartant les deux sirènes qui l'avaient chevauché plus tôt, pour s'emparer du visage de la fée et l'embrasser comme le ferait un amant passionné.

— « Putain... », soupira-t-il, dans un râle de satisfaction.
— « J'espère ne pas t'avoir fait trop attendre, mon beau... » murmura Pansy, captant sans difficulté toute l'attention du prédateur, maîtrisant cet art depuis une éternité.
— « L'attente en valait la peine, tu es parfaite. Allez, que les festivités commencent. »

Elle acquiesça, faisant face à ce regard étincelant d'excitation, et qui se reflétait dans ses prunelles étonnement sombres. Une obscurité qui révélait que la fée était en réalité totalement absente.
Ezvana
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Ezvana
Sam 9 Déc - 0:38

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Effervescence, bulle pétillante qui s'échappe des discussions animées, quelque chose de bien différent de ce confort ouaté qu'il avait quitté un peu plus tôt. Adossé au mur des vestiaires il voit les autres s'habiller, se préparer, échanger des anecdotes dans un rire ou un roulement d'œil, c'était chatoyant, de toutes les couleurs, les odeurs des parfums l'incommodaient et l'intéressaient dans un même ensemble. C'était un univers qu'il ne connaissait pas. C'était presque agréable à apercevoir, ce moment privé qui n'appartenait qu'à ces êtres prisonniers du Nymphéa. Les corps étaient souvent nus, mais nulle pudeur pour les travailleurs d'un établissement de luxure et le Loup par nature n'était pas gêné par la vu de plus de chair que de coutume.

Avec attention il observe les détails, ce qui différencier chacun de son compère. C'étaient des morceaux de puzzle de chaque personnage qu'ils construisent avec minutie et l'aisance de l'habitude.
La chevelure rouge d'Amaryllis tournoya alors qu'elle s'approchait de Méléän avec un grand sourire.

- Alors, Grand Loup, tu es prêt pour ta première soirée ?

Silas s'arrête, observe l'Ombre dans un coin qui lui lance un regard. Les yeux s'agrandissent un instant avant qu'une moue dédaigneuse déforme la beauté de ses traits fins.

- Tu es là pour mater le clébard ?

Il repart aussitôt sans attendre la moindre réponse. Ama pousse un semblant de soupir et balaye l'air de sa main.

- Ne fais pas attention à lui. Il est juste con quand il ne connait pas. Cependant, il va falloir changer un petit détail !

Ses mains se posent sur le torse du Loup qui l’observe, les narines frémissantes et l’œil alerte. Elles glissent sur lui tel une caresse sensuelle et vient dénouer les premiers boutons de la chemise sombre jusqu’à la naissance des poils. Un tapotement appréciateur, un clin d’œil et elle repars tel un feu follet vermeil. L’homme ne s’en formalise pas, à même un sourire en coin qui plisse son visage alors qu’il rappelle à tout le monde le code et le geste qui leurs permettrons de le faire venir immédiatement en toute discrétion. Certains détournent le regard par appréhension, d’autre hoche la tête convaincue. Ils savaient tous ce qu’avait fait le Loup dans les locaux, de quoi il était capable. On est répugné, on se sent en sécurité, peut importe on ne doute pas de l’efficacité.

Soudain quelqu’un tape dans ses mains bruyamment, agitant la foule qui reprend son agitation habituelle.
C’était l’heure.
~~~
Silhouette assise sur une banquette, parfois balayé par un sport coloré qui illumine son regard assombrit par les ténèbres. Ombre parmi les ombres, informe dans la pénombre. Grésillement discret, point rougeoyant de cette cigarette portée à des lèvres boudeuses. Cet éclat dans les prunelles chocolaté, cette façon dont il analysait ce nouveau territoire avec ferveur. Cette main veineuse qui balaye la table rayée par les années, doigts rugueux qui qui pianotent en rythme avec la musique pulsante. Assurance tranquille du fauve qui attend patiemment que l'action arrive, nonchalance du prédateur qui sait patienter sans devoir ronger les barreaux qui musèlent la furie.
Parfois une gorgée d'un liquide ambrée interrompt le silence, une langue humide vient récolter une perle qui s'échappe.
Il est de celui que l'on remarque si seulement son regard balaye cet endroit, puis on ne peut pas s'empêcher d'être attiré par cet attrait magnétique, cette façon de se tenir, cette chemise qui ne peut cacher la musculature saillante. Cet aspect plus âgé, très peu visible chez les immortelles, cette rugosité qui attire autant qu'elle rend méfiant. Il n'était pas la menace qui déplie ses dents en grognant comme un sauvage au moindre contact. Il était plutôt l'intimidation incarnée. D'un calme apparent, trompeur, de celui qui n'a l'air que de profiter de la soirée dans son coin alors que toutes son attention est dans la protection des employés du Nymphéa. Vigilant, attentif. De celui qui a une responsabilité et qui compte bien tenir sa promesse. Il rôde dans la périphérie de la boîte de nuit alors que sa présence est là, parmi les danseurs, les employés, les clients, Wraith. Personne n'échappe à son attention.
Une femme s'approche, roule des hanches et s'assoit sur la table, les cuisses entrouvertes et l'œil brillant d'excitation. Visiblement elle avait été attirée par une image trompeuse, celle d'un Bad boy prêt à en découdre. Un instant, l'homme laisse son regard dériver sur ce corps attirant, observant la façon dont la sueur perlait à son front, ce rouge à lèvre qui avait un peu été décoloré sur l'intérieur de la bouche. Il ne savait pas quoi en penser, s'il devait se sentir flatté ou être agacé par cette image qui ne lui convenait pas. Il la congédie avec douceur, bien loin de cette agressivité attendue. Elle est surprise par cette réponse et repars un peu étourdit.

Quelques minutes à peine s'écoule et Moon s'approche, un nouveau verre dans la main pour le Protecteur. Il s'assoit, pousse un long soupir en épongeant son front et repoussant des mèches bleues derrière ses oreilles. C'était sa pause après avoir dansé, c'était au tour de Silas de performer. Celui-ci, le corps finement sculpté, semblait être léger comme une plume sur cette barre rutilante, une beauté létale et parfaitement maîtrisé. Un instant les regards se croisent et le strip-teaser détourne son visage d'un air gêné.

Méléän ne comprit pas, releva son visage pour l'observer, mais Silas l'ignorait comme s'il n'existait pas.

- Il y a eu une alerte ?

Le danseur avait élevé la voix pour se faire entendre malgré la musique. Le Loup préfère se pencher à son oreille pour que personne ne puisse suivre la conversation.

- Non, pas encore.

Un hochement de tête pour réponse.

- Qui est cette personne avec Wraith ?

L'homme androgyne s'agite sur son siège, reprend son souffle.

- C'est Roth. Il sert Wraith depuis avant ma venue et tout le monde se méfie de lui. Je n'en sais pas beaucoup plus.

Boire une gorgée de ce nouveau verre en reniflant au préalable le liquide. Servir pendant des années auprès de personne influente lui a affûter les sinus à repérer le moindre poison commun dans les boissons. Moon avait l'air sympathique au premier abord, mais il ne le connaissait pas. Tout le monde pouvait lui planter une dague dans le dos.

Observer les allées et venus de Wraith et de ce Roth, noté avec froideur qu'ils avaient retrouvé Pansy.

Celle-ci sort enfin vers la lumière criarde de la grande salle, s'avance parmi la foule vers une cible toute désignée. Comment ne pas le remarquer ? Imposant de par sa nature, de celui qui à l'habitude d'être écouté et de donner des ordres. Il prend de la place parce qu'il veut qu'on le regarde, qu'on l'admire. Il était puissant et jouait de cela sans vergogne, s'arrachant les femmes les plus belles pour les exposer tel des trophées. Il était évident que le plus beau tableau de chasse portait le nom de Pansy.

Méléän retient un grognement, détourne vaguement le regard pour éviter un conflit. Cet homme puait la suffisance de l'Alpha et cela lui donnait la nausée. Lui et ce Loup n'était en rien comparable. Ils étaient de la même espèce, mais tous les différencies. Tandis que l'un cherche le feu des projecteurs, l'autre préfère se terrer dans l'ombre, alors que l'autre dirigeait une meute, lui n'était qu'un renégat dans son coin.
Car il n'avait aucun respect pour ce genre d'Alpha qui pense tout acquérir par droit de sang. C'était oublié la règle fondamentale d'une meute, du pouvoir conférer à l'un d'entre eux. Tout roi pouvait tomber de son trône si quelqu'un pouvait le battre.
Des envies de mordre, de faire plier une nuque qui le démange.

Pourtant L'Ombre n'était pas idiote. Il ne pouvait pas faire grand-chose contre un Loup de cette stature en extérieur, il préférait détourner le regard et ne pas interférer avec un haut gradé. Les Loups pouvaient être belliqueux et une vengeance était dévastatrice quand on était immortelle. Il n'était rien, même pas un béta d'une meute. Il ne devait pas attirer le regard de ce rouquin pour ne pas perturber la soirée.

Il n'aurait aucun remord à agir si quelqu'un était en danger. Et bien que son poing se serre en voyant Pansy partir vers le couloir donnant sur cette fameuse porte, il ne devait pas interférer. Chacun son travail dans cette Nuit.

Se lever, éteindre sa cigarette, faire un signe vers un autre vigile pour qu'il prenne sa place et qu'il le tienne au courant pour une alerte. Il ne voulait pas laisser les autres sans protection, son contrat incluait tout le monde. Mais il ne pouvait pas rester sans agir, assis en imaginant ce qui pouvait se dérouler dans la pièce sans être présent s'il devait y avoir un hurlement.

Alors il se dirige d'un pas lent vers le couloir, se glissant parmi les autres avec discrétion. Il eu à peine le temps de faire quelques pas isolé que des bruits de pas précipités l'alerte. Se retourner avant qu'une silhouette fonce sur lui et le plaque au mur avec violence. Une coupe de cheveux à la militaire, des yeux bleues qui virent au rouge et Silas le maintient par le col, froissant ses vêtements.
Stupéfait par cette soudaine brutalité, Méléän ne réagit pas, malgré la douleur qui pulsait de son épaule encore abîmée.

- Ne me dis pas que tu vas coller aux basques de l'autre ?! Encore ?!

La voix est sifflante, dérangeante à l'oreille. Il tire le vêtement de ses poings, plaque à nouveau le Loup contre le mur, bruit sourd du dos percutant l'obstacle.

- Elle a quoi de plus que nous, hein ? Tu baves pour elle sale clébard de merde ?

Battre des cils alors que sa propre colère montait lentement, son ventre se creuse alors que sa respiration se fait plus profonde. Silas feule tel un chat, dévoile ses deux longs crocs d'un air menaçant tel le serpent qui veut mordre.
Baisser son visage pour le rapprocher de l'agresseur, afficher ce sourire lupin qui dévoile les quatre canines d'un grondement inquiétant

- Moi aussi je sais mordre.

Silas reste interdit, comme s'il était surpris que sa position de danger fût mise à mal. Il devait avoir l'habitude d'être écouté alors qu'il jappe tel un roquet pour attirer l'attention.

- Et nous alors ? Tu te barres pour la protéger elle et tu nous oublies !

L'Ombre agrandit ses yeux, recouvre ses dents alors que le bruit de sa poitrine s'estompe. Froncer des sourcils alors qu'il comprend qu'il y a un malentendu.

- Je ne vous laisse pas seul, j'ai posté quelqu'un à ma place pour m'avertir s'il y a une alerte. Je suis là pour tout le monde, Silas.

La pression sur son col se détend alors que la Vampire fait un pas en arrière, prenant en compte l'information qu'on venait de lui transmettre. Perdu, il bafouille une piètre protection, comme quoi dans tous les cas il ne serait pas efficace pour tout le monde.
Une silhouette interrompant l'échange, celle d'un homme, un blond qui les observe depuis un moment visiblement. Un mouvement de main pour les saluer et Silas relâche brusquement la veste de Méléän, part en trottinant.

- Vous n'avez rien à faire ici. Les toilettes c'est de l'autre côté.

L'homme sourit, hoche la tête et repart sans rien dire comme ayant une image en tête.
Réarranger son costume avec un soupir. Un esclandre devant un client, il y aurait des retombés. Mais il n'avait pas le temps de se perdre dans des spéculations et dans les incertitudes de Silas. S'il le fallait il aurait une conversation avec lui.
Reprendre sa route, atteindre les bains ou se prélasser quelques privilégies avant de pousser cette lourde porte qui renfermait en son cœur des secrets qui se gardent précieusement.
En tendant l'oreille, il pouvait entendre certain son a travers chaque chambre, des gémissements, des claquements sonores. Fermer les yeux, presser fort les paupières pour chasser la nausée qui remonte en bile acide le long de sa gorge. Ce n'était pas le fait que des personnes vendent leurs corps qui posaient problème, mais le fait que certains y sont contraints et subissent des abus qui les brisent un peu plus à chaque fois. Coucher pour le plaisir, pour l'argent, chacun ses convictions tant qu'on était libre de faire ce que l'on désire.

Se concentrer sur l'odorat, si Pansy était une fleur plus discrète dans l'odeur générale du Nymphéa dû à l'origine macabre des parfums épicées, le client portait une odeur plus musquée et donc facile à suivre.
Prendre place à côté de la porte, adossé au mur, les bras croisés, contenant la frustration de ne pas pouvoir arrêter ce qui était en train de ce tramer derrières ces murs. Il n'était qu'un garde du corps, un vigile. Il n'était pas le dirigeant.
Mais s'il entendait les trois coups d'alerte à une des portes, il agirait.
Et alors l'Ombre prendra forme.

Lulu
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Lulu
Lun 11 Déc - 17:11

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
TRIGGER WARNINGS:

PANSY'S POV. La main de l’envoûté étreignit celle de la sylphide avec une passion dévorante, les conduisant à travers les dédales du temple des soupirs jusqu'à plonger dans les abysses de l'Enfer. Là où d’insatiables diablotins se délectaient des chairs des cupidons sacrifiés.
Dès que sa silhouette féerique pénétra l'une de ces chambres aux teintes écarlates, la fée abandonna à l'entrée la mince parcelle qui constituait son identité. Celle qui s'était timidement révélée ce soir-là, aux côtés de ce loup. Seule subsistait une poupée désincarnée, aux prunelles vides et à l'esprit embué, prisonnière dans cette cage aux barreaux veloutés. Une poupée cernée par des cousines écaillées, car les sirènes qui avaient jadis envoûté l'affamé les avaient suivies. Son appétit demeurait insatiable.
Une remarque, aussitôt engloutie par les brumes, qui se noya dans l'océan de l'oubli, tandis que l'instinct de survie régentait le néant avec la fermeté d'une taulière. Et tout comme, cet instinct invoqua une fille de lupanar, une entité feignant un sourire charmeur, pour entretenir son étau ensorcelé autour de l’esprit de son client nocturne. Les prunelles du rouquin s'illuminèrent d'une lueur plus que familière, telle celle d'un prédateur affamé prêt à dévorer sa proie. Pourtant, une violence singulière émanait de ce regard incandescent.
Cette intensité, elle l'ignora naturellement, tel un être conscient de son destin inévitable, une créature qui comprenait qu'échapper à son sort lui était impossible. Même lorsque les couloirs du Nymphéa étaient désormais arpentés par un gardien. La peur, insinuant sa confusion, rongeait son esprit telle une bête parasitaire, une entité que des siècles d'abus avaient rendue coriace à éradiquer.

— « Tu ne trembles même pas », constata-t-il, esquissant un sourire presque moqueur. « Soit tu es la créature la plus masochiste de cette cité, soit tu es une cause perdue  », ses yeux se figèrent dans le regard terne de la poupée féerique. « Ouais, tu n'es qu'un pantin, bon à être souillé  », conclut-il, et dans son regard, le désir se mua en dégoût, tel un vin qui tournerait au vinaigre dans une coupe abandonnée.

Une fissure se dessina sur ces perles mordorées, soudainement plus scintillantes, et son cœur s’articula de nouveau. Subitement, son corps se métamorphosa en un amas de chair sanguinolente, douloureux. Une nuée de souffrances menaça de se déverser dans sa poitrine à chaque palpitation, la malmenant cruellement. Quant à son visage, statique jusqu'alors, il s'inclina légèrement et inconsciemment, interloquée par ce dédain soudain.
Où était donc le loup éperdu qui l'avait enlacée avec fièvre ? À présent, tout ce qu'elle entrevoyait était une entité haineuse, repoussée par ce qui se dressait péniblement devant elle. Les éclats de la passion s’étaient éteints, transformant le tumulte en un désert hostile.
L'étrangeté de la situation incita la fée à scruter l'une des sirènes qui l'entouraient. Peut-être découvrirait-elle une réponse dans les yeux d'une semblable... Aucune trace de haine, seulement un regard sérieux et glacial. Trop glacial pour cet endroit. Elle se hâta donc d'examiner les prunelles de la seconde. Elles étaient identiques.

— « À être souillée, et à collaborer avec ceux qui oppriment tes frères et tes sœurs. Enfin, pour collaborer, faudrait déjà qu'il y ait quelqu'un là-dedans. Non, toi... Tu n'es qu'une marionnette, une marionnette manipulée par ces maudits sorciers. »
— « Qu'est-ce que vous voulez ? » interrogea la poupée, la peur crispant ses traits, jetant un regard inquiet au loup à la chevelure de feu.
— « Bien sûr que tu ne saisis pas la situation... J'espérais tout de même rencontrer une créature plus alerte d'esprit... Plus vivante. Mais il ne t'a laissé aucune chance, n'est-ce pas ? » ajouta-t-il, déplaçant son regard sur les ailes diaphanes de la fée.

Instinctivement, celles-ci se replièrent dans son dos pour échapper au regard insistant du loup. Ce dernier fit un geste du menton, désignant les ailes, et soudainement, des mains la capturèrent avec une force implacable. Aucun gémissement ne s'échappa de ses lèvres, ce qui ne manqua pas de faire sourire davantage le lycan. Il semblait n'y avoir définitivement rien à sauver chez cette fée. Du moins, c'est ce que semblait proclamer le regard méprisant du jeune Maëlstrom.

— « Même avec un garde du corps de l'autre côté de la porte, tu ne l'appelles pas. Il n'y a même plus une once d'espoir en toi... Heureusement, vu l'état de tes ailes et de ton corps, ta fin est proche. J'aurais presque pu abréger tes souffrances si cela ne signifiait pas devoir sortir les crocs ce soir. Je ne suis pas d'humeur à me battre, en tout cas, pas contre un frère », siffla-t-il suffisamment fort, son museau ayant détecté la présence de son compère.
— « Doucement, Harlow », chuchota l'une des néréides.

La glace qui cristallisait ses prunelles azurées se dissipa, lançant un regard désapprobateur à l'héritier.

— « Je relate simplement des faits », se défendit-il. « Ses ailes ont perdu leurs couleurs, et son corps… C’est un sac d’os. Elle crèvera d’ici peu… Et c’est tant mieux… Pour elle comme pour nous. »
— « Ça suffit ! Tes remarques, tu te les gardes. On n’est pas là pour ça », rugit l'entité marine.
— « Quoi ? Je devrais avoir du respect pour celle qui a ourdi le meurtre de Julian ? Qui a utilisé l'un des nôtres pour accomplir le sale boulot ? C’est ce que tu demandes, Janka ? » cracha-t-il, les traits déformés par la rage.
— « Allez, arrête de piailler, Harlow… Qu'on en finisse vite », rétorqua la seconde, dirigeant ses prunelles soucieuses vers la porte close.
— « Alors installez-la ! » s'emporta-t-il, tout en glissant une main dans l'une des poches de son pantalon.

Puis les mains des sirènes l'emportèrent, plaquant son buste sur le lit. Genoux au sol, le cœur résonnant dans la pièce, hurlant la même détresse que celui d'un faon s'apprêtant à être abattu froidement. Une mélodie familière, et pourtant, si lointaine tant elle l'avait étouffée. Car jusqu'ici, jamais personne n'avait réussi à dissiper les brumes, à l'atteindre véritablement, à franchir ses maigres protections lorsque l'infamie se déchaînait. Ils avaient réussi à faire croître la terreur sur des terres arides. Car Pansy savait que ce soir, elle serait tourmentée d'une manière encore inconnue.

— « Ça va aller », souffla Janka, dont l'une des mains se glissa tendrement contre celle de sa sœur ailée.

Tandis que la main de la seconde couvrit sa bouche. Elle avait discerné le regard hésitant que la pauvre fée avait lancé à la porte close. Pas un son ne franchirait ses lèvres.
Puis une douleur irradia son aile droite,
Et des pas résonnèrent dans le couloir.

— « Pitié, aidez-moi ! » s'écria une silhouette dévorée par la terreur, se ruant vers celle de l'Ombre. « Je... Elles sont devenues incontrôlables... Je vous en supplie, arrêtez-les ! »

À ses pieds, un jeune homme à la chevelure blonde - presque blanche, était recroquevillé. Une coquille fragile, tremblant de souffrance. Son cou avait été lacéré, tout comme le haut de son torse dénudé. Ses prunelles azurées - similaires à celles des sirènes -, brillantes de terreur, se levèrent vers celui sur lequel il projetait tous ses espoirs.

— « Je faisais une prestation pour deux femmes... Des vampires, et elles sont soudainement devenues violentes... Elles ont réussi à me blesser, mais je me suis échappé avant que le pire… »

Un hurlement soudain retentit au fin fond du couloir, celui d'un autre jeune homme.

— « Oh non... Silas ! » cria-t-il, jetant son regard terrifié vers les tréfonds obscurs du corridor.
— « Almos, aide-moi putain ! » répondit le danseur en détresse, sa voix perçant les feulements des deux vampires plongées dans une soif de sang incontrôlable.

Le triton dégagea sa carcasse des pieds de l'Ombre, la faisant lourdement chuter contre la porte de la chambre écarlate. Les prunelles d'Almos se levèrent alors vers celles du loup, l'implorant d'agir. Afin d'éviter que le pire ne se produise.

— « Réka, réduis ça en morceaux…  » susurra Harlow, les mains tachées d'hémolymphe.
— « Jamais nous n'aurons le temps pour l'autre…  » souffla Janka, ses mains maintenant la sylphide en captivité, bien que celle-ci demeurait immobile.
— « Je sais, je sais… Mais avec une en moins, ça affaiblira considérablement les réserves de Wraith…  » répondit le lycan, frottant la lame de son couteau contre son t-shirt pour le nettoyer. « Et puis, vu son état initial qui, sans doute, l'empêchera de se régénérer, elle n'en a que pour quelques semaines, si ce n'est que quelques jours. C'est le commencement de la fin pour eux, et le début d'une nouvelle ère pour nous…  » chuchota-t-il, abaissant son regard brûlant d'impatience vers la silhouette mutilée de la fée.

Les doigts d'Harlow se glissèrent avec une lenteur délibérée sur l'avant-bras de la créature, qu'il tourna méthodiquement pour atteindre les veines. Intuitivement, la fée comprit que le loup, après avoir dérobé l'une de ses ailes, convoitait désormais son sang. Elle tourna péniblement son visage, releva un regard rougi par la souffrance vers son bourreau. Cependant, aucun son ne s'échappa de ses lèvres, scellées par la main de la sirène. Elle ne se débattit pas non plus, son corps accablé par une douleur trop intense.

— « Plus vite ça sera fait… Plus vite ça sera terminé », répondit Harlow, l'expression renfrognée.
— « Nous sommes désolés… Mais c'est pour le bien des nôtres, je te le promets », bredouilla Janka, le regard scintillant de tristesse.

Ils extrayèrent trois flacons de cet élixir vital, puis libérèrent la créature au dos partiellement mutilé et au poignet sanguinolent. Avant de détaler, les sirènes parvinrent à persuader le jeune Maëlstrom de céder un peu de son sang curatif à la demi-ailée, ne serait-ce que pour cicatriser son poignet. Plus pressé de déguerpir que véritablement convaincu, il accepta… Et à sa surprise, celle qu'il pensait éteinte s'empressa de se nourrir de cet élixir.
Et les blessures disparurent, sans laisser la moindre trace. Comme si ces mutilations n'avaient été qu'un cauchemar, et pourtant, il lui manquait bien une aile et son corps continuerait à s'affaiblir. Selon les dires des sirènes, pour son mieux ; bientôt, elle serait libre.
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Ezvana
Ven 15 Déc - 0:45

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Il était difficile de rester statique, d'ignorer les sons qui pouvaient se laisser entendre malgré l'épaisseur des portes. Pourtant le Gardien était là, mâchoire serré l'œil ardent malgré le fait qu'ils fixaient le sol. Son statut lui interdisait d'entrer dans cette chambre et d'arracher Pansy d'une nuit d'horreur, il devait seulement servir de chien de garde, à tenir sa langue et à ronger son os dans son coin tandis qu'elle-même effectué son travail avec professionnalisme. Le sentiment d'impuissance était pénible, douleur en arrière-fond qui lui rappelle constamment que tout pouvait basculer d'un claquement de doigt.

Pourtant ses sens étaient floués, ses perceptions voilées par l'inquiétude d'un passé qui ne cesse de le hanter. Il se souvient que trop bien des moments de tensions, de ses partenaires de camps qui sont mort coup sur coup. Parfois il voyait la vie s'échappait de leur corps, parfois c'était simplement l'absence de la personne qui indiquait son statut. Chaque jour pouvait apporter son lot de souffrance et de mauvaises nouvelles. Tellement perdu dans ses pensées qu'il n'entend pas des signaux pourtant importants. Il n'entend pas les bruits de pas précipités, n'aperçoit que ce corps sanguinolent qu'(une fois à ses pieds.

Statue de cire alors que ses yeux s'écarquillent, que les paroles Almos l'atteigne tel une vague brutale. Pendant quelques secondes il reste immobile sans arriver à reprendre le pied avec la réalité, tel un cauchemar éveillé. Un hurlement lui arrache les tympans. Puis le mécanisme reprend vie.
Méléän se penche sur Almos, repousse violemment une de ses mains qui étaient à son cou. Il n'avait pas le temps pour la douceur, il voulait juste inspecter la profondeur des morsures. C'est vilain, suffisamment important pour devoir être soigné, mais pas suffisant pour laisser une artère à vif.
D'une main il lui attrape l'épaule et le plaque contre le mur du couloir en lui ordonnant de ne pas bouger.
Le corps plongé vers l'avant, des mouvements brusques des épaules pour jeter à terre cette veste bien trop encombrante. Respiration sifflante alors que l'adrénaline gonfle ses veines et qu'il se précipite vers la chambre à la porte grande ouverte. S'accrocher au chambranle de la porte pour ne pas glisser à terre et devant ses yeux il y avait une vision terrible.

Silas était sous deux corps féminins prit de rage. C'était un concours de feulement et de crocs ripant sur des peaux. Cela ressemblait à une bagarre entre des chats. Mais le danseur était dans une mauvaise position, le sang coulant abondamment et maculant son torse d'ordinaire d'albâtre.

Le Loup entre, ses pieds profondément enfoncés dans le sol pour ne pas chuter alors que le poids de son corps se tend alors qu'il attrape une première chevelure claire et que d'une traction violente il arrive à soulever le corps et à le projeter contre un mur dans un bruit sourd. La deuxième, les yeux rougis par la fièvre de sang lâche le corps de Silas pour se tourner vers lui. Elle se précipite vers lui d'un mouvement souple et Méléän dû mettre son avant-bras comme protection pour qu'elle ne puisse pas atteindre son visage.
La mâchoire se resserre et les deux longues canines s'enfoncent profondément dans sa chaire, manquent de ripper contre son os. La douleur flamboie, lui fait serrer les dents alors que le jaune habille son regard sous la tension brutale. D'un grognement il vient frapper ce visage d'un coup de poing, un craquement écœurant se fait entendre alors que le nez se casse. Pourtant elle ne bouge pas, reste accroché à sa proie, la furie ayant chassé tout esprit rationnel. Alors le Loup frappe, encore et encore, frappe de plus en plus fort alors que le sang l'éclabousse, que des gouttes vermeilles viennent décorer sa peau de baiser écarlates.Alors qu'un coup dans la poitrine la fait enfin lâcher, Méléän prit position et d'un mouvement souple du bassin donne un coup de tibia dans le ventre de la Vampire, lui coupant le souffle.

- Silas, sort de là !

A terre, complètement tétanisé par la douleur, le danseur n'avait pas bougé. Quand il entend l'ordre il se précipite vers la sortie, glisse sur le sol à cause du sang avant de réussir à se redresser et à sortir de la pièce.

La deuxième Vampire revenait à la charge, sifflant tel un serpent alors qu'elle lui griffe le torse d'un mouvement large du poignet, arrachant une partie de sa chemise dans l'échange. Un autre coup creuse des sillons sur sa joue en une balafre rouge. Le Loup s'accroupit pour esquiver un nouveau coup et se releva en lançant un uppercut dans le menton de son adversaire.

Rester debout les poings levés alors que ses yeux observent les deux Vampires à terre. Sonné par la douleur elle ne semblait plus être prit d'une frénésie sanguinaire mais elles restaient toujours dangereuse. Des bruits de pas dans le couloir, des personnes étaient en train de courir. Alerté il s'approche de l'entrée et voit trois personnes se précipiter vers la sortie.
Le loup et deux sirènes.
Son corps agit par réflexe alors qu'une peur viscérale lui nouer les tripes et glace son sang, il attrape le poignet d'une des femmes et le serre alors que ses yeux s'agrandissent alors que son cœur rate un battement. Car dans ce visage qui se tourne vers lui il y avait de la peur et elle sentait le sang. Le sang de fée.
Il n'a pas le temps de dire quoi que se soit, le Loup c'était retourné vers lui pour l'empêcher d'agir, prêt à le repousser violemment. La sirène s'agite sous sa poigne et se libère et Méléän n'un qu'un réflexe, sortir son couteau et porter un coup vers le visage de son ennemi. Il y eu un cri alors que la main du Lycan se porte à son oreille sectionnée. Il grogne, ses yeux devenant jaune sous la rage. Mais les deux sirènes lui attrapent les bras, le tire en arrière et ils repartent en courant abandonnant le combat bien trop facilement.

Méléän est là, debout dans le couloir, tenant fermement le manche de son coutelas, ses ongles s'enfonçant dans sa paume. Il grogne, d'un grognement sourd alors qu'en lui le Loup ne demande qu'à sortir, que sa peau semble se tendre presque ou point de craquer pour poursuivre ceux qui osaient porter cette odeur. Pourtant malgré sa poitrine se soulevant avec force il reste immobile, complètement divisé entre deux raisons. Celle de courir après eux pour avoir des réponses, de libérer sa colère pour les punir quoi qu'ils aient pu faire, alors que son côté protecteur lui ordonne de se retourner, de se diriger vers les deux hommes qui l'attendaient et cette chambre qu'il savait désormais ouverte.
Expirer rapidement, se retourner et trottiner vers les corps des deux hommes. Il ne pose pas de question, se contente d'observer les plaies, repoussant une épaule, la pointe d'un menton. Certaines étaient profondes, mais aucunes ne mettraient leurs vies en danger malgré les tremblements intempestifs de leurs corps.
Pourtant, leurs regards n'étaient pas posés sur leurs blessures, mais sur l'intérieur de la chambre.

Méléän se redresse, entre dans la chambre, l'œil jaune et le grondement proche de la gorge. Il la repère non loin du lit, tas de vêtements ramassé sur lui-même.

- Pansy.

Se hâter, presser le pas vers elle. Tomber à genoux quand il l'atteint, repousser un voilage pour mieux l'apercevoir. Mais elle semble informe, sans vie. Prit de peur il l'attrape par les épaules, les mains pleines de sang, la redresse. Ses yeux sont ouverts mais il ne semblait ne pas y avoir de vie dans le tréfonds de ses prunelles, le brillant de son regard doré c'était fané. Tremblant il vérifie le pouls, sent le cœur battre. Il la secoue, doucement pour la faire réagir.

- Pansy !

La voix est rauque, alors que l'émotion fait ressortir l'animal en lui. Il renifle bruyamment pour chercher la moindre odeur qui puisse identifier le problème, sent l'odeur de son sang sans en voir une goutte, l'odeur de la peur, acide sur la langue et puis quelque chose d'autre d'indéfinissable, semblable à celle qu'il avait trouvé dans sa chambre.
Fronçant des sourcils, il la relève un peu plus, observe derrière le dos de la fée.
Et l'horreur lui fait écarquiller les yeux et ouvrir la bouche.

Il se met à trembler si fort que le corps de la fée tressaute dans ses bras. Dans un mouvement il la porte contre lui, tient sa tête d'une main dans le creux de son cou pour qu'elle sente sa chaleur, pour que lui-même puisse vérifier qu'elle reste en vie.
Sa respiration est rapide, forte et résonne autour d'eux tel un soufflet de forge.

- Pourquoi tu n'as pas crié ?!

Un murmure guttural. Il répète inlassablement les mêmes questions. Pourquoi n'avait pas agi ? Pourquoi elle n'a pas émis le moindre son ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Et aussi pardon. Pardon de t'avoir laissé. Pardon d'avoir failli.
Aucune larme dans ses yeux, pourtant sa voix tremble d'émotion, une furieuse langue de flamme lui rongeait les entrailles. A deux doigts de se transformer, il n'y avait que le corps entre ses bras qui arrive à le contenir. Il entend vaguement Pansy articuler quelque chose mais il ne l'entend pas, ses propres battements de cœur tambourinant dans ses oreilles.
Je vais le traquer. Je vais le chasser. Je vais le tuer.

- L'Ombre, il faut avertir Wraith.

Almos avait fait un pas dans la chambre. Méléän presse la fée contre lui avec force et un lourd grognement résonne dans la pièce. Il tourne son visage où se lisait une colère féroce, jamais encore il n'avait été ainsi. Il avait l'air terrifiant, les traits déformés par l'animal qui suinte par tous les pores de sa peau. Le triton s'arrête, mais ne semble pas apeuré. Il fait des allées et retour entre Méléän et Pansy, se demandant quoi faire.
L'Ombre reprend conscience devant l'air compatissant du danseur, cligne des paupières pour chasser le voile rouge qui obstruait ses pensées.
Il fallait agir. Mais comment ?
Il se relève avec Pansy dans les bras se dirige vers les deux hommes qui ne quittaient pas du regard le corps recroquevillé comme choqué de ce qui avait pu se passer.

- Il faut vous soigner, je ne sais pas s'il y a une infirmerie ici. Si vous en avez l'occasion prenez du sang de Loup-garou, je vous en donnerai s'il le faut plus tard. Il y a une oreille dans le couloir, je veux que vous la mettiez dans un bocal soigneusement mit de côté. Enfermez les Vampires dans la chambre, voyez avec Wraith.

Se détourner d'eux, prenant déjà la direction de la grande porte. Une main l'agrippe et le retient, Silas le regarde les sourcils se fronçant.

- Je suis désolé, si je n'avais pas hurlé tu aurais pu…

- Ta gueule, Silas. Ce n'est pas le moment.

Le danseur plisse les lèvres, mais il pu lire la propre culpabilité du Loup dans son regard jaune aussi il relâche la pression sans rien dire.
Dans ses bras la fée s'agite aussi il reprend la route d'un pas rapide, prend les escaliers pour atteindre sa chambre car la sienne était fermée à clé et il n'avait pas le temps de l'enfoncer ou de chercher comment l'ouvrir.
Délicatement il dépose son fardeau dans ses draps, s'assoit sur le rebord du lit en ne la quittant pas du regard. Comment décrire l'horreur indicible qu'il ressentait ?

Mille et une question se bousculaient dans son esprit. Est-ce qu'une aile cela repousse ? Est-ce qu'il avait eu un moyen de la protéger ? Aurait-il dû laisser les deux autres avec les Vampires et agir au moindre frémissement ? Est-ce que Wraith allait agir ? Avait-il une solution pour elle vu qu'il connaissait les fées depuis toujours ? Y avait-il une solution pour l'apaiser ? A quel point cette mutilation va l'atteindre ?
Wraith allait certainement débarquer, certainement pour le rabaisser sur son incompétence. Mais Méléän était prêt à encaisser, prêt à répliquer. Il n'était pas en état de plier l'échine devant un persécuteur incapable de protéger ses biens les plus précieux.
Plonger son visage dans ses mains, grinçant des dents, les crocs ripant sur l'intérieur de sa bouche. Elle n'avait aucune autre séquelle visible, mais la terreur qu'elle a dû vivre peut la laisser inerte. La fée était si menue, si faible physiquement.
Prière muette dans ses mains qui viennent agripper sa chevelure pour la tirer en arrière pour que la douleur physique lui permette de réfléchir, prière pour qu'elle se batte. Qu'elle ait une raison de continuer, peu importe le reste. Qu'elle soit une battante. Qu'elle soit plus forte que tous ceux qui ont essayé de l'atteindre.

Une main s'agite, des doigts se déplient. Méléän se redresse brutalement, attrape cette main dans la sienne encore rouge de sang séché.

- Tu vas y arriver. Parce que je t'ai promis de t'aider et que tu n'es pas seule. Je suis là.

Presser doucement sa main.
S'il le faut, je porterais le nom de Vengeance.

Lulu
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Mar 19 Déc - 20:23

Pansy
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Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Dans le regard des vivants, elle s'était métamorphosée en une étrangère, une créature inconnue. Une entité singulière, presque monstrueuse, dépouillée d'égo, de souvenirs, d'envies, d'émotions, et même de rêves. Une ravissante coquille vide, que certains prenaient plaisir à contempler, tandis que d'autres rêvaient de briser. La briser, selon le loup, servirait à anéantir le mal mystérieux qu'elle semblait aider à propager, tandis que, selon sa sœur marine, libérerait son âme tourmentée de l'oppression que représentait son existence pénible.
Qu'elle suscitait l’admiration, la détestation ou la pitié, elle n'était plus perçue comme un être sensible aux yeux des autres, mais simplement comme un moyen pour atteindre une fin. Elle échappait à la compréhension commune, dérivant solitaire entre les ombres, portant en elle le poids d'une existence qui n'était plus qu'une illusion fragile.
Et pourtant, la poupée ébréchée fit glisser ses prunelles ternes vers les trois profanes en fuite, comme si elle voulait leur chuchoter qu'elle se souviendrait d'eux. De même qu'elle graverait dans sa mémoire ce clin d'œil complice échangé entre un Almos meurtri et l'une des nymphes, avant qu’ils ne s’évanouissent dans l’obscurité. Et alors, à l'ombre des regards médisants de ces étrangers, une étrange lueur fit étinceler les perles mordorées de la créature féérique, puis elle se replia sur elle-même, cherchant à économiser ses forces. Un nouveau départ l’attendait, et elle devait avoir la force de le saisir.

— « Je suis désolée… J’aurais dû… Pardonne-moi… »

Paroles laborieusement exhalées à mi-voix, une réponse susurrée à l'âme qui l'avait orientée vers ce sentier inexploré, celui de l'espoir. Pansy s'était égarée, détournée par les ombres de ses propres frayeurs. Nul ne lui avait soufflé que la lutte la plus ardue consisterait à vaincre les spectres qui la hantaient depuis l'intérieur, bien plus que ceux qui se dressaient autour d'elle, ceux qui pullulaient au Nymphéa.
Des sursauts de conscience l'ébranlaient, l'incitant à entrebâiller les paupières et, par moments, à laisser échapper quelques mots feutrés. Pansy livrait bataille contre un sommeil vorace, celui qui menaçait de dévorer sa conscience, ne laissant qu'une coquille inanimée. À certains instants, son cœur s'emballait dans sa poitrine, martelant avec la même vigueur que les sabots d'un cheval lancé au galop. D'autres fois, il se faisait discret comme les pas d'un rongeur, murmurant à peine sa présence.
L'harmonie fragile de son être avait été brisée, et son corps luttait vaillamment pour retrouver ne serait-ce qu'une once d'équilibre. Et lorsqu'un bref frisson d'harmonie effleurait son être épuisé, la fée puisait dans cette énergie renaissante pour contempler le loup qui, malgré ses erreurs, n'avait pas renoncé à veiller sur elle. Alors, la sylphide se nourrissait de sa voix, de son contact, de sa chaleur et de son attention, pour reconstituer ses forces.
Elle ne renoncerait pas à ce soleil qu'elle avait tant désiré retrouver, cet astre d'or éclatant qui avait nourri ses rêves d’espoir et réchauffé son cœur de promesses longtemps attendues.

Des murmures étouffés, annonciateurs d'une agitation légère, la contraint soudain à ouvrir les paupières. Des bruits de pas, mais pas n'importe lesquels. Ces pas-là, elle les reconnaîtrait parmi une myriade, car ils avaient hanté des siècles entiers de sa misérable existence.
Trop épuisée pour maîtriser les spasmes de son corps, l'un d'eux eut le pouvoir de la faire tressaillir plus intensément que les autres. La peur, acerbe, lui écrasa les entrailles, l’incitant à chercher ne serait-ce qu'une once de réconfort auprès de celui qui n'avait pas abandonné son chevet. Un court laps de temps s'écoula avant que les chuchotements du loup puissent atteindre ses tympans saturés d’acouphène, mais en dépit de la lassitude et de la lutte, son attention ne dévia pas de lui. Il était sa boussole, et jamais plus elle ne le quitterait des yeux.
L'esprit engourdi, elle ne l’assaillit pas de doutes, et ainsi, elle se blottit tout naturellement dans les bras du lycan, tandis que le fléau s'approchait insidieusement. Un discret râle de satisfaction fit frémir délicatement sa gorge, et pour la première fois depuis une éternité, son être tout entier fut parcouru de frissons de plaisir à la chaleur d'un contact partagé. Une proximité aussi bienvenue qu'essentielle, et qu’elle pressentit comme étant nécessaire à l’approche de la vague glaciale qui s'apprêtait à submerger l'antre du loup.
La porte s'ouvrit violemment, dévoilant la silhouette ténébreuse de Wraith, qui se rua vers la silhouette unie que formaient les deux êtres enlacés.

— « Ton dos, montre-moi ton dos ! » hurla le sorcier, prêt à s'emparer de la silhouette féerique… mais il fut stoppé à temps par Roth. Il y avait déjà une fée avec une aile amputée, il valait mieux éviter désormais qu'un sorcier ne perde une main.
— « D'après les dires d'Almos... Ils l'ont arrachée entièrement. Je pense que nous pouvons lui faire confiance », fit remarquer le nécromancien, la mine assombrie.
— « Et pourquoi la tête de ce maudit clébard n'est-elle pas à mes pieds ?! » cracha-t-il au visage de l'Ombre, consumé par la rage.
— « L'Ombre a sauvé deux de vos employés d'une attaque de... »
— « Un vulgaire vampire et un foutu triton sont remplaçables... Mais ça, ça... »
se lamenta-t-il, son teint pâlissant. « Les péris ont disparu il y a des siècles ! »
— « Il existe toujours des solutions... Le Coven pourrait éventuellement prendre en charge la situation, en traitant son cas comme ils le feraient pour une fée ordinaire. »

Le Coven, un terme qui engendra un silence glacial dans la pièce. Derrière les silhouettes des deux sorciers aux pouvoirs disparates, deux autres frémirent d'effroi ; le premier, Almos, de manière plus discrète, et le second, Silas, de manière plus distincte.
Le Coven était un lieu où les êtres souffrants, spécialement ceux sous l'emprise des sorciers, étaient condamnés à terminer leurs jours. Ceux qui arboraient des runes, semblables à celles gravées sur la poitrine de la fée. Un lieu où nombreuses créatures entraient, mais d'où aucune ne parvenait à s'échapper. Un lieu où d'obscures expériences étaient menées, où les sylphides agonisantes étaient contraintes de s'unir à d'autres créatures également prisonnières ; afin de perpétuer la lignée, donner naissance à des progénitures ailées, élevées en captivité, à jamais esclaves des caprices des sorciers.
La fée demeurait quant à elle immobile, le Coven lui était un lieu inconnu. Et de toute évidence, son attention n’était pas dirigée vers cet endroit, mais plutôt vers le triton, intimement convaincue qu'il avait joué un rôle dans sa déchéance.
À nouveau, ses prunelles s'illuminèrent, et Wraith, trop tourmenté, ne s'en aperçut pas. Quant à Almos, le regard scrutateur de sa comparse semblait peser lourdement sur sa stature, transformant alors son attitude en une froideur inhabituelle. C'était la première fois qu'elle contemplait chez lui une telle sévérité.

— « Nous aborderons ce sujet ultérieurement... Et toi, l'Ombre… », siffla Wraith en dirigeant son regard furieux vers le lycan. « Il est grand temps d'honorer ton contrat. Je réclame la tête du fils Maëlstrom, ainsi que celles de ses deux complices. »
— « Peut-être que Pansy pourrait fournir des informations pour faciliter leur traque... Avez-vous entendu des lieux où fouiller, voire des prénoms ? »

Almos retint son souffle, et la doyenne du Nymphéa le remarqua. Désormais, elle était convaincue qu'il était également complice.
Pourtant, son regard se voila, le corps n'avait même plus la vigueur d'exercer sa spécialité, à savoir observer. Ses paupières alourdies par la fatigue s'abaissèrent, devenant soudainement aussi massives que du plomb. Malgré son épuisement apparent, les deux sorciers exigeaient des réponses, et tels des prédateurs affamés, ils ne laisseraient aucun répit à la souffrante tant qu'ils n'obtiendraient pas satisfaction.

— « Non... Non, je… »

Réka,
Janka.


— « N'ai rien entendu… » candeur feinte par la proie, une innocence dont nulle âme ne soupçonnerait la fausseté tant cette vertu lui sied si naturellement.

Et le torse d'Almos se souleva de nouveau, retrouvant son souffle. Ignorant que le silence de la fée aurait cette fois-ci un prix, et que l'Ombre ne serait pas maintenue dans l'ignorance.

— « Bien… », murmura Roth, dont l'attention se recentra sur le daeva, son visage toujours marqué par la rage. « Allons discuter du Coven dans votre bureau... Si vous devez l'envoyer, votre décision doit être prise rapidement », avant qu'il ne soit trop tard.
— « Considérez ce contrat comme votre dernière chance, l'Ombre. Si vous échouez, nous nous occuperons de votre cas », conclut Wraith, lui lançant un dernier regard hargneux avant que l'obscurité ne l'engloutisse.

Tout comme les deux sorciers, Almos se dissipa dans la pénombre, abandonnant Silas seul dans le corridor. Ils n'étaient désormais plus que trois, véritables victimes. Pansy relâcha son attention et enfouit sa tête dans le cou du lycan pour s'y réfugier. Hélas, elle se crispa à nouveau, captant une senteur préoccupante.

— « Il est blessé... Silas... Peux-tu le soigner... ? » sa voix, éraillée et soucieuse, bien loin de ses mélodies veloutées habituelles, posa la question au vampire, qui parut hésiter à pénétrer dans la tanière. « S'il te plaît, je ne… » incapable de panser les plaies du loup, bien que l'envie en soit vive.
— « Peut-être n'a-t-il pas besoin de mon aide… », répondit le danseur, toujours penaud.
— « Il saigne », gémit la fée à la conscience vacillante.

Elle n'avait pas eu l'occasion d'examiner les blessures pour évaluer l'étendue des dégâts, mais l'odeur ferreuse avait fait naître en elle une angoisse démesurée, en témoignait l'hésitation de Silas.

— « Je peux te dénicher une trousse de soins, si tu en as besoin… », proposa alors le vampire au loup, sa culpabilité le poussant à obéir aux volontés de la fée.
Ezvana
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Ezvana
Mer 20 Déc - 22:53

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Comme un soubresaut, une pulsion de corps et la fée se redresse, glisse vers lui pour se nicher dans le creux de ses bras. La douleur se lit sur les traits du visage du Loup, les sourcils se froncent et la bouche se plisse alors qu'il ouvre ses bras et les refermes contre le corps de sa protégée mutilé, la presse contre lui pour la protéger du monde qui l'entoure, l'envelopper de sa chaleur, de son odeur pour qu'elle ne soit plus seule.
Il prend une de ses mains et la glisse sous sa chemise déchirée, au niveau du cœur pour qu'elle sente chaque battement et que son propre palpitant prenne exemple. Il fallait appeler la vie, il fallait l'invoquer et répudier l'horreur qui enveloppe l'esprit de Pansy.
Un son résonne dans sa poitrine, un semblant de grondement lointain, mais doux et rassurant tel le ronronnement d'un chat. Vibration basse qui apaise les esprits et rassure tel une mère prévenante.
Méléän ne parle pas, il en est incapable. Les yeux encore jaunit par la colère il serre les dents si fort qu'elles semblent grincer sous la formidable pression de sa mâchoire.
Et ce n'étaient pas les bruits de pas précipités dans le couloir qui fait baisser sa tension, il se prépare à l'impact, entourant un peu plus fermement le corps contre lui dans une forteresse de chair.
Wraith entre, furieux, crachant une exigence en tendant la main.

Il n'y eu aucun grognement, pas même des crocs apparents. Juste un regard qui s'était relevé brutalement, aussi jaune et acide que le souffre. Heureusement pour Wraith, Roth était apparu au bon moment. Il avait une odeur froide, celle qui faisait mal au sinus telle la mort qui errait dans la chambre. Méléän sut qu'il était de mauvais augure, vautour qui s'acharne sur des cadavres. Qu'un Daeva s'associe à ce genre de magie ne l'étonnait guère. Et avec une conviction glaciale, il sut qu'il devrait tuer Roth avant d'éliminer Wraith.
Et même la rage de Wraith ne put retirer ce voile de tueur impassible, ne put allumer les braises d'une furie sanguinaire. Il ne dit rien devant les insultes, ni devant les sous-entendus. Se mordre la langue quand il ose parler de « ça » en désignant la créature blottit contre lui, rester muet quand le Coven est mentionné. Comment ne pas connaître cette abomination ? Quand on a soit même vécut dans un camp de torture, on prenait vite conscience de ce qui pouvait exister de similaire juste pour ne jamais s'en approcher. Sa peau et son esprit étaient gravés, de la même manière que le tatouage sur la poitrine de la fée.
Mais pendant que tout le monde reste en suspens devant la gravité de la suggestion de Roth, Méléän remarque que le visage de Pansy n'était plus enfoui dans le creux de son coup et surtout elle semblait fixer quelque chose avec attention. Ses propres yeux papillonnent discrètement et il remarque l'échange de regard avec Almos.
Vite détourner ses prunelles d'ambre, faire semblant d'être ignorant, ne pas froncer des sourcils, ne rien laisser apparaître. Alors qu'un bloc froid c'était glissé dans son ventre en imaginant les possibilités, d'apercevoir que peut être le Triton était un traître. Chez les Lycans, la traîtrise était signe de mise à mort. Quand on était une meute, on se devait d'être soudé, quand il y en avait un qui osait menacer l'équilibre ou défier l'Alpha, il y avait un duel à mort.
Soudain, sa bouche close semble se remplir de sang, le goût métallique flatte ses papilles et coulisse dans sa gorge quand il déglutit. Mais il ne devait pas laisser la facilité de la rage prendre le dessus. Il devait être froid, efficace. Alors il ne dit rien au sujet du Coven, ne laisse rien paraître pour Almos, ne desserre pas sa mâchoire même quand Wraith le prend pour un chien qu'on lâche sur une cible. Son contrat n'avait rien à voir, il était seulement le gardien de cet antre. Il se contente de garder Pansy contre lui sans jamais desserrer son étreinte et laisse la tempête passer.

Pansy s'accroche à son coup et semble subitement prise de peur alors que sa main balaye les balafres sur le large torse de l'Animal. Il baisse son visage, colle sa joue contre son front pour l'apaiser. La souffrance, elle n'était pas physique. Le sang qui coulait de sa joue, sur sa poitrine et son ventre, ce n'était rien, rien que des vestiges du passé pas si lointain. Son esprit était divaguant, parfois distant et docile, parfois criant d'une clarté hostile, oscillant entre une rage indicible et une méticulosité polaire. Alors il garde ce doux parfum sous son museau, chuchotant dans son esprit mille et une promesse.
Elle serait vengée. Elle se redressera. Elle sera libre. Si elle est enfermée il brisera chaque mur de ses propres mains. Si le ciel devient nuageux il hurlera de tous ses poumons pour appeler la lune.
Petit corps qui s'agite contre lui, ce regard qu'il porte sur Silas sans vraiment le reconnaître. Ce n'est qu'en entendant sa voix qu'il reprend pied.

- Va me chercher une trousse s'il-te-plaît, Silas. Et ramène moi cette oreille.

Un hochement de tête alors qu'il ne fait qu'obéir à la fée pour l'apaiser. Grand méchant Loup qui se laisse porter par le chaperon doré qui reste dans le creux de ses bras.
Une fois seul, Méléän s'agite sur lui-même, cherche son téléphone portable dans sa poche tout en gardant le corps contre lui. Il compose un numéro qu'il semble connaître par cœur. Et quand enfin il entend une voix à l'autre bout du fils, son regard est incisif.

- Finn', c'est L'Ombre, j'ai besoin de toi.

Un nouveau hochement de tête alors que son corps se rigidifie alors qu'il prend une terrible décision. Une arme qui s'aiguise pour mieux savoir tuer, tout en sachant que tout avait un coup.

- Ce soir, au Nymphéa, je t'envoie l'adresse. Comme d'habitude, reste discret.

Il raccroche sans rien dire de plus pourtant il est agité comme s'il venait d'enclencher un mécanisme qui ne pourrait plus s'arrêter. Baisser son regard sur le visage de la fée qui semblait attendre sagement.

- Je vais faire venir quelqu'un pour m'aider à cette régler cette affaire. Il pourra peut-être aussi t'aider pour… ton aile, je dis bien peut-être. C'est un Djinn libéré.

Le mot pèse lourd alors qu'il roule sur sa langue. Désignation d'une espèce dont on susurre le nom dans les contrats lourds de conséquences, génie bon ou mauvais qui referme des pouvoirs immenses, promesses de fantastique tout en payant un dû parfois bien trop lourd à payer. Créature capable d'exaucer tous les vœux quand ils sont enfermés et une fois libre, ils deviennent des feux-follet, inattrapable et dangereux, capable de modifier les évènements qui les entourent selon leur bon vouloir. Vouloir pactiser avec un tel individu c'était jouer avec le danger.
Méléän observe le regard doré de son amie, essai d'apaiser ses craintes. Il avait les épaules larges, il pouvait endurer bien des difficultés, mais c'était à elle de se battre. De prendre tout ce qui pouvait l'aider pour se surélever. Qu'elle l'utilise pour pouvoir survivre. Pour qu'un jour elle puisse à nouveau battre des ailes pour s'envoler vers le sommet des arbres.
Ses yeux se plissent alors qu'il transmet cette émotion intense qui lui noue la gorge, que son regard jaune reprend les douces nuances d'un chocolat chaleureux. Délicatement il replace une mèche sombre pour la repousser plus loin sur une épaule alors que dans le couloir, Silas revenait au pas de course.
Dans l'encadrure il s'arrête brusquement comme arrêté par une force supérieure. Chaque créature savait très bien qu'entrer dans la tanière d'un Loup était mauvais signe. Pourtant Méléän lui fait un mouvement de tête pour l'inviter, relâchant doucement la pression autour du corps de Pansy.
Alors que Silas pose la trousse de soin sur le lit pour l'ouvrir ainsi qu'un récipient avec une oreille sanguinolente, le Gardien l'arrête d'une main et tend son avant-bras poignet vers le haut proche du visage du Vampire.

- Mords-moi.

Le danseur fronce des sourcils et recule son visage comme s'il venait de l'insulter.

- Je ne ferais pas ça.

- Silas, j'ai autre chose à faire. Tu es blessé, suffisamment pour devoir avoir des soins. Wraith ne t'autorisera jamais à te soigner correctement, tu risques des cicatrices visibles et à vie. Après cette soirée il cherchera à te punir de cette manière. J'ai déjà fort à faire concernant les soins, alors mord moi. Mon sang te permettra d'être guéris bien plus vite.

Le Vampire semble indécis, s’approche toujours un peu plus de cette veine battante qui semblait l’appeler.

- N’injecte aucun venin, je ne veux pas planer. Je m’en fou si cela fait mal alors vas-y et vite. Je n’ai pas le temps.

La mâchoire de Silas semble se tendre puis avec une expiration sourde il vient prendre cet avant-bras et dans un même élan il mord cette chaire tendue, ses crocs perforants avec un bruit doucereux cette enveloppe chaude, première gorgé d’hémoglobine qui semble résonner autour d’eux. Etrange spectacle que ses trois là si proche les uns des autres dans un moment presque intime et pourtant ils ne se connaissaient presque pas. D’une pression de son autre main il rassure la fée pour ne pas qu’elle panique.
Le Loup ne fait pas une grimace malgré la douleur lancinante, détourne juste son regard du spectacle pour ne pas être perturber. Bien des nuits ses propres canines ont transpercé des chairs, coït aphrodisiaque à apprendre que les nefs sont les mêmes pour la douleur et le plaisir. Cela lui était apparut comme vulgaire, immonde avec sa vision d’humain. Depuis, il était pleinement un Lycan et le sang faisait partie de sa vie aussi il ne voulait pas avoir des images subliminales d’un homme à sa veine.

Une dernière gorgée, denier bruit humide et Silas se redresse, laissant le maculer cette peau maltraitée. Sans un mot il se met à sortir les ustensiles et vient nettoyer et désinfecter les plaies sur sa joue et sur son torse ainsi que les deux traces de morsures sur ses bras. Il ne s'attarde pas et fait le plus vite possible, c'était une évidence qu'il était mal à l'aise évitant à tout prit de toucher à nouveau la peau du Lycan alors que ses pupilles se dilatent au fil du temps qui passe. Une fois qu'il a terminé il s'arrête quelque seconde en silence avant de poser le bout de ses doigts sur les genoux du Protecteur, appui doucement sans oser les regarder.
Les yeux bruns s'adoucirent et il ferme les yeux en comprenant ce remerciement muet et laisse le Vampire partir aussi silencieusement qu'il était venu.

- Ne t'en fais, murmure Méléän, je suis résistant. Les blessures se refermeront dans quelques jours. Pour le reste, je vais avoir besoin de ton aide.

Il reste doux et délicat, comme si elle était une poupée de porcelaine qu'il pouvait briser d'un souffle. Elle avait des informations, il en était certain, il suffisait de noter sa façon d'observer le triton qui s'était sauvé bien vite. Mais il lui laisse le temps, de respirer, de souffler.
Qu'elle reprenne vie
Lulu
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Lulu
Dim 7 Jan - 18:26

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Maintenant, le  néant ; le spectre l’a abandonnée, elle n’avait plus de raison de rester éveillée. Toutefois, Pansy continuait de lutter comme une barque fragile qui tanguait dangereusement sur les eaux du néant. Rongeant son crâne, des murmures lugubres se muaient parfois en hurlements, qui l’appelaient à se laisser emporter par ces courants funestes. Des eaux aux abysses diaphanes, à l’intérieur desquelles mères et sœurs demeuraient captives, et dont la présence rendait ces tréfonds plus chaleureux, plus désirables.

Sous les cieux glacés, abandonne ta peine, rejoins-nous, là où l’amour chassera la haine.
Dans l'ombre apaisante et infinie, la douleur s’éteindra.


Les doigts de la désirée se crispèrent, non pas autour des mains tendues de ces semblables assassinées mais autour du poignet du loup contre lequel elle s’était lovée. Elle s’accrochait à ce corps robuste, comme une naufragée se cramponnant à une planche de salut.
Son oreille s’était collée à son torse, juste là où elle pouvait déceler les battements de son palpitant. Ces derniers résonnaient en écho, telle une pulsation rassurante. Et soudain, la fée décela une dissonance.
Dans l’air, elle sentit poindre l’ombre d’une présence insaisissable qui venait mettre à mal leur précieuse quiétude. Elle crut percevoir des fragments de voix, sans pour autant réussir à les saisir. Et alors, les eaux funestes s’éloignèrent, Pansy s’empressa de regagner le rivage malgré ses maigres forces, prête à déployer sa dernière aile pour protéger son ami de cette menace.

— « Éloigne-toi de ça… »

Murmures fragiles, infidèles à sa volonté de fer ; celle de lui faire regagner leur refuge, là où l’obscurité ne pourrait plus les atteindre. Ses doigts serrèrent le poignet du loup, à quelques millimètres de ce téléphone qui le liait au danger.
Les ombres dansèrent autour d’elle, esquissant des formes insaisissables, murmurant des paroles inaudibles, qui se fondirent et se dissipèrent comme des songes éphémères. Et alors, dans cet état de fébrilité intense, sa peur se dissolva dès que ses prunelles furent inondées par ces reflets bruns, saturés de tendresse.
La sylphide s’enveloppa de toute cette douceur, tandis que ses billes mordorées se mirent à scintiller d’une félicité douce et d’émerveillement. Avec délicatesse, et en puisant dans ses dernières forces, Pansy fit une légère étreinte au lycan, désireuse de lui offrir la même chaleur qu’il avait su faire naître dans sa poitrine.
Peut-être, se disait-elle dans un éclat fugace conscience, avait-elle halluciné cette menace. Peut-être que la réalité, était cette réalité apaisante qu’elle avait vu briller dans ce regard tendre, et que celle-ci était la seule qui méritait d'être acceptée. Alors, dans cette danse floue entre la réalité et l’illusoire, la fée décida de s’abandonner pour une fois à la lumière.

Dans l’écrin doux des bras du loup, Pansy abaissa ses paupières, bercée par cette quiétude tout juste trouvée… Puis, un frisson imperceptible la traversa soudainement. Quelques secondes, minutes, ou heures après s’être assoupie ? La fée était incapable de le dire, tant sa conscience était vacillante. Comme une plume égarée dans le vent, elle se sentit légèrement ballottée. Ouvrant timidement ses yeux épuisés, elle perçut quelques mouvements puis elle distingua une figure familière ; Silas.
Elle ne se rappelait pas de sa supplique adressée au vampire, justifiant ainsi sa présence dans l’antre du loup. Pour autant, aucune crainte ne la traversa ; malgré leur absence de liens, la fée ne nourrissait aucune hostilité vis-à-vis du vampire. Après tout, ne subissaient-ils pas le même supplice ?
La tête cotonneuse, un sourire léger ourla même ses lèvres pour le saluer. Là où d’habitude, elle se serait contentée d’un simple mouvement de tête.
Curieuse, elle contemplait de ses paupières entrouvertes cette scène où le sang semblait tisser un lien entre deux êtres, avec une admiration empreinte de douceur. Aucune crainte n’altérait ses traits, simplement car elle ne discernait pas une once d’agitation chez le lycan, auquel cas, peut-être se serait-elle empressée de chasser la sangsue d’un petit revers de main.
Les pupilles dilatées de Silas, signes de la symbiose qui s'opérait, attirèrent le regard de Pansy. Un sourire, cette fois-ci amusé, étira ses lèvres délicates. Elle s’empressa de le dissimuler en blottissant sa mine contre le torse du loup, ne désirant pas interrompre le rituel entre les deux créatures que tout aurait dû opposer.
Une tendresse ineffable naquit dans le cœur de la sylphide pour le loup et le vampire, mettant entre parenthèses, le temps de quelques instants, sa propre souffrance.

Silas, de ses pas feutrés, s’éloigna dans l’ombre, jusqu'à disparaître entièrement de la chambre où les échos de cette étrange communion sonnaient encore. Pansy, toujours épuisée, mais apaisée, ne brisa pas sa proximité avec son ami. Les battements de son cœur résonnèrent en harmonie avec les souffles réguliers du loup, symphonie douce dans laquelle leurs mélodies vitales s'entrelacèrent.
La voix du loup résonna dans la pièce, soufflant des paroles teintées de résilience et de requête muette. Il aura besoin de son aide. Empreinte d'une solennité pesante, Pansy inclina doucement la tête, pour répondre à son appel. Ses yeux, plongés dans ceux de son ami, exprimèrent une promesse muette, teintée d’une détermination sincère. Cette fois-ci, elle ne le décevrait pas.
Car la culpabilité tourbillonnait dans le creux de son être. En effet, la fée estimait que tout ceci était de sa faute. Elle n'avait pas su demander l'aide nécessaire à temps, plongeant ainsi le gardien dans un océan de dangers inutiles. Ainsi, elle ressentait le poids du remords qui s'immisçait dans chaque fibre de son être.  
Et avant que les révélations ne franchissent ses lèvres, elle se blottit plus étroitement contre le loup, afin de lui témoigner de son soutien.

Dans l'atmosphère calme de la chambre, la fée s'apprêtait à se confier au loup. Mais soudain, comme un éclair dans la nuit, une énergie inquiétante tordit ses entrailles. Son corps, plus frêle qu’une coquille en cet instant, se crispa, son souffle se coupa, et le silence de la pièce fut brisé par le battement erratique de son cœur. Une menace insidieuse rôdait dans l'ombre, une présence étrangère qui ébranlait la quiétude précaire du lieu.
Aux aguets, Pansy se redressa légèrement malgré l'épuisement qui la nouait. Son regard, comme une sentinelle avertie, reflétait une méfiance aiguë, en résonance avec les murmures étranges de son instinct. Les ombres dansaient dans ses yeux éteints, une danse effrayante précédant l'arrivée de l’intru.
Les battements de son cœur, déjà agités, redoublèrent d'intensité à mesure que la porte reçut des coups sourds. L'instant suspendit son souffle, laissant la chambre baignée dans une tension électrique, et plongeant la demi-ailée dans une attente presque cruelle. Enfin, la porte s'ouvrit lentement, dévoilant la silhouette d'une créature que l’instinct de la péri connaissait trop bien ; un djinn.

La rancœur que ressentait Pansy, était née des chaînes invisibles que les daevas avaient forgées autour de son espèce, lorsqu’elles furent réduites en esclavage.
Parmi les nombreux fardeaux imposés aux péris, l'une de leurs tâches était celle de servir de gardiens, des sentinelles aux ailes étincelantes, chargés de protéger les daevas et les humains des caprices et des maléfices des djinns. Ces derniers étaient, auprès de ceux qui l’avaient capturée, réputés comme des entités malfaisantes, des démons volatiles à la solde des forces ténébreuses.
Certains racontaient également que des péris, jadis libres et majestueux, auraient été dépouillés de leurs ailes, les transformant en djinns dont la rancœur se cristallisait dans chaque tourbillon de leurs silhouettes insaisissables. On chuchotait même que parmi ces djinns, certains étaient des progénitures de péris, nées des unions interdites avec des entités maléfiques.
Et dans la chambre chargée d'énergies contraires, la présence du djinn suscitait une tension palpable.

— « Sors de cette chambre… »

Malgré son épuisement, Pansy déploya son aile restante avec une grâce féline. L'éclat fugace de douleur qui traversa son dos n'était rien comparé à la méfiance qui animait son regard. Elle couvrait ainsi la silhouette du loup, pour le protéger des prunelles malfaisantes de l’intru, réminiscence d’une époque aujourd’hui révolue.
Un duel silencieux s'installa dans l'obscurité, entre la péri aux ailes mutilées et le génie des sables.
Ezvana
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Ezvana
Mer 10 Jan - 19:18

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Sentir contre lui une douce pression de ce corps qui lutte contre quelque chose d'invisible. Avec douceur il la serre un peu plus contre lui, blottit plus intimement cette fée au bord d'un gouffre dont les murmures sont aguichants. Il ne peut les entendre mais il les comprend que trop bien. Il entend son cœur battre un peu trop fort parfois, mais il parvient à se calquer sur le sien, sa respiration devenant plus profonde et plus calme. Par un langage que seul lui pouvait comprendre elle lui disait qu'elle l'aiderait, qu'elle lui donnerait les informations dont il avait besoin pour avancer dans sa quête. De la même façon, il la remercie de se battre ainsi, de ne pas se laisser aller. Ils échangent un regard plein d'émotions comme si un lien venait de se créer, un nœud dans l'adversité, un fil de Marianne qui permettra de les maintenir sur le même chemin.

Il ne sait pas combien de temps il reste ainsi à bercer ce corps mutilé, des minutes ou des heures, dans une bulle douce et chaude il se laisse tenter pour une fois à prendre le temps de respirer et de profiter du son de cette respiration qu'il a crue disparaître cette soirée. On ne vient pas les chercher, pas même Wraith ou Roth furibond en annonçant le départ de Pansy au Coven. Les autres danseurs ont certainement quitté les lieux, la soirée s'interrompant plus tôt que prévu rien que pour assurer leurs sécurités. Pendant quelques secondes il espère que les deux Vampires seront punis pour leurs comportements et l'ombre du doute vient froncer ses sourcils. Il n'était pas rare que des espèces cèdent à leurs pulsions primaires, mais il était aisé pour celui ayant les moyens de trouver ce qui pouvait faire basculer n'importe quel être surnaturel, une potion, de la poudre, un sort. Il allait devoir enquêter, car le timing était bien trop précis, l'attitude d'Almos n'était pas normale.
Dans un coin de sa tête il prend note et garde précieusement cette remarque.

Des bruits de pas dans le couloir. C'est à peine s'il relève la tête, gardien attentif qui tend l'oreille. C'était très léger, furtif. Et une odeur vient chatouiller ses narines, celle du vent. On toque à la porte et Méléän sût que c'était la personne attendue avant même qu'il n'entre dans la pièce, ne s'étonnant même pas qu'il puisse trouver sa chambre dans tout l'établissement. Dans ses bras Pansy s'agite et se redresse, vibrant d'une énergie nouvelle, déployant son aile restante qui semble presque briller en captant la lumière nocturne provenant de la fenêtre.
Le Loup reste indécis, incapable de bouger en sentant la tension du corps de son amie, tout en admirant cette formidable force qui semble prendre possession de son corps.

- Mel, tu ne peux pas te passer de moi pas vrai ?

Voix guillerette et narquoise qui trouble le silence qui c'était instauré dans la chambre. La silhouette s'avance, dévoile un corps petit et fin et sa peau sombre semble se fondre dans l'obscurité. Ses yeux d'un bleu étrangement tacheté se posent sur cette femme presque dressé sur le lit et s'écarquillent.

- Une Péri ? Me… L'Ombre tu as fait fort !

Pas du tout impressionné par l'attitude de la fée il s'approche en regardant autour de lui avec une certaine curiosité, l'air un peu dans la lune. Visiblement cela remuait en lui, comme de vieux souvenir qui remonte à la surface au vu de l'aspect de l'établissement. Il fronce ses sourcils parfaitement symétriques quand quelque chose le pique intérieurement.

- Finnéas, merci d'être venu.

Le Lycan se dégage du corps de Pansy, fait en sorte de ne pas la blesser et pose sa main sur son épaule pour apaiser sa colère avant de s’avancer vers le Djinn qui tourne brusquement son visage vers lui, toute lueur narquoise se retirant de ses traits fins. Il fixe le Loup-garou en plissant les yeux d’un air accusateur.

- Je ne sais pas en quoi cela consiste mais je pense que cela la concerne, elle et son unique aile ?

Il a un vague mouvement de côté pour l’observer avant de se replanter devant Méléän, les mains sur les hanches. Curieuse scène de ce petit être qui tenait tête à un géant en comparaison, bien trop sûr de lui-même pour mettre en doute ses capacités.

- Si tu me parles de mon lien avec elle car c’est une cousine de l’Air, je te jure que notre relation va se dégrader. Rapidement.

Un courant d’air glisse de la fenêtre et balaye la chambre avec vigueur, soulevant les cheveux et jouant avec les draps. La menace était évidente, aussi Méléän reste silencieux pendant un temps. Cette idée lui avait traversé l’esprit mais cela ne fonctionnait pas sur un être tel que Finnéas. Les Djinns étaient souvent imbus d’eux-mêmes et ne supportaient pas la comparaison, créature bien trop puissante qui parfois flirt avec le statut de divinité de la nature. Capable de créer des cataclysmes comme de fertiliser des cultures en fonction de leurs humeurs. Heureusement, souvent ils préféraient ne pas intervenir, leurs magies étant bien trop importante pour être donné à tout le monde, se considérant comme trop différent des autres créatures surnaturelles.

On dit qu’un Djinn pour se libérer devait exaucer un million de vœux ou devait être délivré par un vœu de son propriétaire actuel. Cela n’arrivait jamais. Quand on pouvait avoir tous les pouvoirs du monde dans le creux de sa main, on ne le jetait pas au loin. On dit aussi que certains c’était libéré par de sombre maléfices, pervertissant le lien avec les éléments pour devenir… autre chose. Des esprits déconnectés du monde, libre et sauvage et consumer par la colère.
Pour Finnéas, c’était un mystère.

- J’aurais besoin de toi pour plusieurs affaires, effectivement, murmura Méléän. Il prit le temps de réfléchir avant de prendre sa décision, sa détermination se lisant sur les traits de son visage. Tout d’abord, il faut que tu m’aides pour Pansy. On vient de la mutiler et je ne sais pas s’il y a des moyens que son aile repousse.

Le Djinn hausse un sourcil en entendant ce prénom. Il était évident que c’était un nom d’emprunt, comme le sien. Il croise les bras et fait signe au Loup de terminer ses demandes.

- Celui qui lui a fait ça a perdu quelque chose en chemin, il vient prendre le petit récipient qui contenait l’oreille et qui attendait sagement d’être offert et le tend à Finn’. Je veux retrouver ce fils de pute et le broyer, il faut que tu le retrouves avec ça. Il a des collaboratrices Sirènes. Et certainement Triton.

Méléän serre la mâchoire et vient se frotter l’arrière du crâne en soupirant pour extérioriser cette tension qui mettait sa tension à rude épreuve. Finnéas se contente de le regarder en haussant un sourcil, l’air presque inquiet.

- J'aurais besoin de toi pour savoir s'il y a un sort jeté dans une pièce de l'établissement, une chambre privée. On peut faire ça se soir si cela te convient.

Mains veineuses qui viennent s'accrocher aux hanches, cette façon dont le souffle se fait plus discret comme s'il était à l'affût. La tête baissée, le Loup tente de refréner la frénésie qui tente de prendre le contrôle de ses émotions. C'est seulement quand il maîtrise cette furie qu'il se redresse.

- Et en dernier, je veux que tu m'aides à buter Wraith qui est le propriétaire de l'établissement qui est un Daeva et Roth, un nécromancien.

Finnéas ouvre ses yeux en grand et la température chuta brutalement dans la pièce. Il écarte ses bras d'un air surpris et commence à vouloir contredire le Loup.

- Je n'en ai rien à foutre Finnéas ! Le hurlement semblait prendre forme, emplit le pièce tel un orage qui gronde et fait frémir. Il l'a sous son contrôle depuis toujours, c'est son esclave ! Ils pensent l'envoyer au Coven !

Cela semble planer dans l'air tel une menace sombre qui peut s'abattre à n'importe quel moment. Le Djinn reste bouche close et semble réaliser plusieurs choses. Vexé que l'on puisse lui parler ainsi il croise les bras et mord l'intérieur de ses joues quand il contemple l'état du Loup face à lui. Il soupire, se frappe le front et son regard fait des aller et retours entre Pansy et Méléän.

-Tu n'as jamais agi comme ça pour une femme avant. Il lève la main et agite un doigt pour faire taire l'homme qui s'apprête à répliquer. Nan Nan, tu te tais. Tu t'enfonces la tête la première dans les ennuies pour les beaux yeux de cette Péri. Mais je comprends.

Il semblait agacé d'avoir eu tort dans l'ordre de ses pensées. La mention du Coven a eu l'air de le glacé de l'intérieur, comme un profond rejet de l'existence même de ce genre de lieu. Comme si imaginer la fée là-bas lui triturer l'estomac. Il fait les cents pas, marmonne, soupire et râle comme s'il était seul dans cette chambre alors que les deux autres étaient pendus à ses lèvres. Tout dépendait de lui. Puis il s'arrête et fait une moue qui plisse son nez et sa bouche.

- J'ai quoi en échange ? Tu demandes beaucoup, beaucoup plus que tu n'as jamais demandé. Tu sais que tout à un prix.

- Tu pourras aspirer l'énergie de Roth et de Wraith. On ne trouve pas de tel pouvoir à tous les coins de rues.

- Très bien. Mais ce n'est pas asse.

L'Ombre réfléchit, bien consciente qu'il n'avait pas de quoi satisfaire l'appétit d'une telle créature. Il observe Pansy qui le regarde droit dans les yeux alors qu'elle prend conscience de la gravité de la situation. Il ne pouvait pas décemment s'offrir et laisser la fée seule, elle avait besoin de protection. Et quelque part dans son cœur, une épine s'enfonce à l'idée de ne plus être à ses côtés.

- Celui que je traque, c'est un Lycan. Héritier d'Alpha.

Les fines oreilles pointues du Djinn semblent presque vibrer.

- Tu serais prêt à m'offrir un membre de ton espèce ? Un Alpha qui plus est ?

Les traits du visage de Méléän se tendent, une ride se forme entre ses sourcils signe de son malaise. Tuer quelqu'un était bien différent de le laisser entre les mains d'un Djinn. Il pouvait perdre plus que des membres de chairs, mais y laisser son âme qui pourrait être torturée pendant un temps infini. C'était comme aller en enfer pour nourrir l'appétit insatiable d'énergie d'un Djinn. Et même si Finnéas n'était pas pétrit de malveillance apparente, il pourrait bien l'utiliser à des fins mauvaises. Et trahir un membre de son espèce était terrible.
Lentement, le Lycan hoche la tête scellant le destin du rouquin et commence à désigner la fée d’une main. Finnéas grogne et balaye l’air de sa main en s’approchant de Pansy d’un pas lent comme s’il ne voulait pas s’attirer les foudres de sa colère.

- Je sais que tu ne m’aimes pas. Moi non plus je n’ai pas de bon souvenir avec ton espèce. Pourtant, cette rancœur est trop vieille et tu es une espèce rare. D’autre fée il en existe mais de ton lien, on en croise que trop peu. Et tu ne mérites pas d’être envoyé dans un tel endroit ou ton âme se perdra définitivement.

Il tend la main en s’accroupissant et s’approche de Pansy, fronce les sourcils quand elle bouge et claque la langue comme une menace douce. Une lumière émane du corps de la fée, un filament doré qui vient rejoindre la paume tendue du Djinn. C’était faible, presque tremblotant. Les nacres étaient pâles et même un amateur comme Méléän se rend compte que ce n’était pas normal.

- C’est la pleine lune bientôt non ? Il se tourne vers le Loup et hoche de la tête. Il y a cette clairière que tu connais. C’est un lieu magique très puissant, un Nexus. La magie peut opérer, les miracles peuvent se produire en présences de semblables et si je donne un coup de pouce. Son attention se tourne vers la fée et il penche la tête sur le côté comme rongé par la curiosité. Mais cela ne peut fonctionner que si tu le veux vraiment. Là, dans ton cœur. Serais-tu prête à te battre pour vivre ?

Lulu
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Lulu
Ven 12 Jan - 3:42

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. La sentinelle ailée avait su honorer ses responsabilités avec une noblesse que même ses meurtrissures ne surent altérer. Jamais, pourtant, un daeva n'avait usé de son être de cette manière, en tant que bouclier ou arme — on l'avait toujours préféré sagement allongée, jamais fièrement dressée. Cependant, l'air desséché et l'aura sinistre avaient réussi à évoquer dans son esprit fatigué des réminiscences gorgées de terreur et d'obligations. Ainsi, elle s'était souvenue de ses aînées, déchirant les corps des djinns captifs, telle une nuée de piranhas affamés dévorant la silhouette d'un infortuné.
Alors au cœur même des machinations des sorciers, l'enfant fée avait pourtant été horrifiée face à une telle cruauté. Rapidement, elle s'était hâtée d'interroger ses aînées sur la raison de cette violence démesurée. Péris, aux ailes scellées et aux esprits consumés par l'asservissement, lui avaient alors conté toutes les atrocités commises par les djinns à l'encontre de leurs mortels bien-aimés : enlèvements d'enfants, assassinats, vols d'âmes, tortures incessantes, et une multitude d'autres crimes qui réussirent à plonger le cœur de l’une des plus jeunes asservies dans une profonde terreur.
Lui, ne demeurait plus tout à fait parmi les humains, mais elle, en son for intérieur, refusait catégoriquement de voir son âme enlevée par les griffes insidieuses d'un djinn. Elle aspirait à contempler son éclat perdurer à ses côtés, aussi longtemps que lui permettrait… Mel ?
Ce fut donc entre les lèvres de ce djinn, qu’elle découvrit un nouveau nom évoquant l'Ombre : Mel. Était-ce là un simple surnom, ou bien la révélation de sa véritable identité ? Hélas, le moment n'était guère propice aux présentations, surtout entre le djinn et le loup qui semblaient déjà liés par des fils invisibles. Cette impression se consolida lorsque le lycan, d'une voix grave et empreinte de respect, prononça le prénom du djinn, le remerciant sincèrement de sa venue.
Pansy, en proie à un émoi croissant, comprit soudain que ses sens ne l'avaient pas trompée lors de cet étrange échange entre le gardien et son mystérieux interlocuteur, cette conversation téléphonique qui avait crispé les fibres mêmes du lycan. Le souvenir de cette interaction perturbante la poussa à maintenir cette posture défensive à l'égard du djinn, même si sa respiration sifflante et son corps tremblant révélaient une incapacité momentanée à endurer des émotions trop véhémentes — ou à assurer la protection de qui que ce soit.

Ce n'est qu'au moment où le loup prit ses distances qu'elle retrouva une contenance moins agressive, presque imposée par le départ de celui qu’elle était prête à défendre. Avant de s’éloigner davantage, il posa une main rassurante sur l’épaule de l’agitée, tentant de calmer ses inquiétudes. Pourtant, malgré ce geste, la sylphide ne pouvait se départir de l'appréhension qui la hantait. Au-delà de l'hostilité imposée, elle savait que la présence d'un djinn n'augurait que rarement de bonnes nouvelles, et puis, les souvenirs de la tension qui avait noué les muscles du loup lors de l'échange avec le génie persistaient dans sa mémoire. Alors, elle s'efforça de maintenir une posture digne, assise sur le lit, prête à réagir à la moindre ombre d'incertitude.
Ses prunelles mordorées, aiguisées comme des lames, demeuraient fixées sur les deux silhouettes échangeant des paroles graves. Une brise caressa légèrement sa silhouette fragile, et ses poings se crispèrent, un geste discret, trahissant l'agitation qui étreignait son être. La présence du génie continuait de la troubler profondément.

Le loup, prenant la parole, tenta d'éclaircir ses intentions. Chaque mot prononcé alourdissait l'atmosphère et fit peser sur sa silhouette une culpabilité grandissante. Sans qu'elle en soit consciente, elle se replia légèrement sous le poids de cette culpabilité, se ratatinant comme une fleur fanée. Son regard évita celui du djinn, teinté de honte. Elle se rendait compte, à présent, que c'était de sa faute si le loup se voyait contraint de solliciter une entité aussi redoutable pour la sauver. Si seulement elle avait su délier ses lèvres, un mot aurait suffi. Un seul.
L'atmosphère, saturée de rage, se densifia rapidement, un orage invisible électrisant l'espace autour d'eux. Pansy le ressentit avec une intensité poignante, ses prunelles soucieuses se jetant avidement vers la silhouette du loup, tendue dans une décharge de haine envers celui qui avait mutilé la fragile créature. Dans cette atmosphère surchargée, une brise de tendresse, curieusement, effleura son palpitant pourtant consumé par l'angoisse.
Mel, dans une frénésie difficile à contenir, s'efforça de poursuivre. Il semblait parvenir à maîtriser tant bien que mal l'effervescence de ses émotions. Il énonça alors son souhait ultime, une déclaration chargée d'une détermination farouche : éliminer Roth et Wraith. Les mots résonnèrent dans l'air, porteurs d'une résolution impérieuse et d'une soif ardente de rétribution, qui ne laissèrent ni la fée ou le djinn indifférents.
La température, telle une plongée brutale dans l'abîme, chuta sans crier gare. Cependant, aucune ondulation frissonnante ne vint troubler la carcasse de la sylphide. Son être tout entier était absorbé par la détermination féroce qui émanait du loup, comme une force ardente qui dévorait l'air.
Ignorant le djinn qui tentait vainement de contredire le loup, elle demeurait plongée dans la contemplation de cette détermination farouche. Bien qu'elle ne remarqua pas explicitement l'essai infructueux, elle en devina l'échec, car le loup lui hurla avec une fermeté inébranlable son intention de mener à bien sa vengeance. C'était comme si un incendie intérieur s'apprêtait à tout consumer sur son passage, un brasier ardent que rien ne pouvait éteindre. Cette fois-ci, un frisson la parcourut, face aux prémices d'une déferlante vengeresse qui allait bientôt s'abattre, laissant dans son sillage une empreinte indélébile de destruction — et de justice.
Ses perles mordorées s'ancrèrent au djinn, enlacement viscéral dès lors que celui-ci souligna que jamais, jusqu'ici, Mel n'avait déployé une telle ferveur pour une femme. Cette observation transperça Pansy en plein cœur, y gravant une trace indélébile.

Les échanges entre le génie et le loup se poursuivirent, la requête du djinn inévitablement tissée de l'appât du gain. L'attention de Pansy se resserra, suspendue aux lèvres de Mel, ses traits figés dans une tension palpable. L'appétit insatiable d'un djinn, vorace et insondable, réclamait une part plus élevée.
Qu'aurait-il donc à offrir en échange ? Tout son être se crispa, son souffle se coupa, et même les battements de son cœur semblèrent suspendre leur cadence, figés dans l'attente fébrile de la réponse imminente de son gardien. Une possibilité dramatique se dessina dans l'esprit de Pansy, une option funeste pour le lycan, et cela noua sa gorge délicate. La simple pensée qu'il puisse offrir une telle opportunité au djinn fit scintiller ses prunelles, non pas d'espoir, mais de tristesse abyssale. Il en était hors de question, hors de question qu'il s'efface dans l'abîme infernal, laissant derrière lui une ombre de sa présence. Elle refusait catégoriquement que son existence soit préservée au prix de son sacrifice. Elle le voulait à ses côtés, qu'ils partagent ensemble le spectacle d'une nouvelle aube qui s'élève, et qu'ils savourent ensemble la chaleur, l'éclat et la beauté qui en émaneraient. Ensemble, ou rien.
Soudain, un soupir de soulagement dénoua la carcasse de Pansy lorsque le loup proposa de sacrifier une autre âme en échange. Celle de l'Héritier d’Alpha. Ce soulagement, bien que profondément égoïste, résonnait dans l'écho de son être tourmenté. Cependant, au fil des instants, cette allégresse se mua lentement en une amertume qui lui enserra le cœur, lorsqu'elle réalisa le tribut que le loup s'apprêtait à payer. Une autre âme serait jetée en pâture aux forces infernales, tandis que la sienne s’en libérerait.

Le sort de l'héritier fut scellé, et le djinn, revêtu de ses nouvelles responsabilités, s'avança lentement vers elle. Les prunelles de Pansy demeuraient plongées dans le vide, son esprit happé par la contemplation du destin de l’héritier, qui, ironiquement, n'avait manifesté aucune empathie à son égard quand il avait décidé du sien. C'était une impulsion plus puissante qu'elle, instinctive ; le désir inné de préserver des vies, de les abriter des forces infernales qui rôdaient. Peut-être pouvait-elle le réfréner, comme elle avait su faire taire celui qui lui avait hurlé d’exterminer ce djinn.
Une résignation teintée de mélancolie emplissait ses pensées alors que le djinn n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle… La proximité de celui-ci ne s'imposa à elle qu'au moment où sa voix, soudainement plus haute, émergea à ses côtés.
Un frémissement léger parcourut son corps, la forçant à se crisper de nouveau, son instinct la frôlant comme une morsure prête à se manifester en un sifflement de rébellion envers le génie. Les battements frénétiques de son cœur résonnèrent de plus en plus distants, emportés par les paroles de Finnéas, ce dernier se tenant prêt à leur offrir son aide. Sa main tendue vers elle, il se rapprocha, provoquant un recul fugace chez Pansy, aussitôt contraint à l'immobilité par le claquement impérieux de sa langue. Comme si un tel son avait déjà été utilisé pour la maintenir statique, elle réprima immédiatement son agitation naissante, tandis qu'un filament doré révéla sa fragilité.
Alors conscient de l'état précaire de la fée, Finnéas confia qu'il connaissait un endroit, un Nexus, qui pourrait offrir à la sylphide une chance de régénération. Attentive, elle demeura suspendue à ses paroles, tout particulièrement lorsqu'il dévia son regard vers elle, arborant une expression inquisitrice.

—  « Mais cela ne peut fonctionner que si tu le veux vraiment. Là, dans ton cœur. Serais-tu prête à te battre pour vivre ? »

Ses prunelles s'entrelacèrent avec celles du djinn, dans une communion étrange où la question et la proximité semblaient conférer au génie le pouvoir de déchiffrer les parcelles les plus intimes de son âme. Dans cette union de regards, une ambivalence s'installa, une partie d'elle-même incitant à se prémunir contre ces billes scrutatrices, tandis que l'autre, poussée par une audace nouvelle, choisit de se confier au génie, arrachant les craintes qu’on avait ancré en elle, il y a des siècles de ça.
Son regard dévia vers la silhouette de l'Ombre, du Loup, de Mel, peu importe son nom. Et, pour la première fois dans son existence longue et morose, elle ressentit une certitude s'enraciner au plus profond de son être. Elle découvrit, enfin, une chose qu'elle désirait véritablement, une première révélation intérieure qui éclaira les méandres sombres de son cœur, comme une lueur fugace dans une nuit éternelle. Discrètement, son aile restante frémit légèrement.

— « Je suis prête à me battre pour avoir une chance de vivre... », articula entre deux souffles courts.

Bien que ses prunelles scintillaient faiblement, celles-ci se reposèrent avec une détermination farouche sur Finnéas. Sa voix, une mélopée frémissante, s'éleva à nouveau :

— « Personne ne devrait errer seul dans l'obscurité… Je veux devenir cette lumière pour quelqu'un… Je suis prête à me battre… Pour réaliser ce vœu », confia-t-elle entre deux souffles courts.

Les mots, bien que prononcés avec effort, résonnèrent dans l'air comme une déclaration de résilience, une flamme vacillante qui refusait de s'éteindre malgré la tempête qui faisait rage en elle.
Elle prit une inspiration à la fois ténue et chargée de détermination, cherchant à insuffler un peu de force dans son être affaibli. Le moment était venu pour elle de confier ce qu'elle avait entendu et vu ce soir, d’apporter sa pierre à l’édifice, aussi petite soit-elle.

— « Harlow Maëlstrom, est le nom du propriétaire de cette oreille… Réka et Janka, les sirènes… », souffla-t-elle, ses prunelles se fermant quelques instants seulement. Pansy était décidée à se reposer seulement lorsqu’elle aurait rempli son rôle. « Elles ne semblaient pas forcément à l’aise avec la manière de faire d’Harlow… Ni même avec ce qu’elles faisaient tout court », se rappela-t-elle. « Mais je suis certaine qu’elles connaissent Almos… Certains regards ne trompent pas. »

Dans l'effluve des souvenirs, elle se remémora les échanges de regards appuyés entre elles et Almos lors de leur fuite précipitée. Puis, le souvenir du regard préoccupé d'Almos lorsqu'on l'interrogea sur des indices susceptibles d'éclairer la traque des agresseurs hanta ses pensées.
Pansy fit une légère pause, et ses paupières s'abaissèrent cette fois-ci un peu plus longtemps, comme si le poids des souvenirs la poussait à plonger plus profondément dans les abysses de sa mémoire.

— « Harlow… A parlé de Julian Skart… D’une façon qui… Ils étaient amis, au moins… » d’où le manque d’empathie à son égard, elle en était à présent certaine. « Et au sujet de Skart… Avant de devenir agressif, Wraith lui a fait boire un peu de mon sang… Peut-être trop, je l’ignore… Si c’est le cas, ça signifie qu’il n’était plus maître de lui-même… » et s’il avait également été manipulé par Wraith pour arriver à un état pareil ? « Tu m’as dit de ne pas croire ce que Wraith me racontait… » fit-elle remarquer, en dirigeant ses prunelles vers le loup. « Il m’a dépeint Skart comme un proxénète, un agresseur d’enfants… C’est pour ça… Qu’il m’a demandé de te trouver, pour éliminer ce monstre… » elle ravala difficilement sa salive, et dévia son regard, la honte la gagnant. « Mais Wraith n’est pas du genre à avoir de l’empathie pour les enfants », sinistre aveu qui s’échappa des lèvres d’une mine soudainement plus sombre.

Au creux de la mémoire, elle revit la silhouette frêle de cette petite fée terrorisée, aux prunelles mordorées à peine extirpée des corps fumants de ses sœurs, celles-là mêmes qui avaient tenté de la sauver en la cachant. Et puis, le souvenir de ce sorcier sinistre surgit, une ombre promettant la liberté en échange de quelques services. Pour Pansy, il n’avait pas ressenti une once d’empathie en la jetant en pâture à ces monstres.
Elle ravala sa salive, s'efforçant de dénouer sa gorge serrée. Tout cela était désormais derrière elle, se susurra-t-elle intérieurement, une incantation murmurée pour conjurer les ombres du passé. Pour de bon. Ses prunelles papillonnèrent dans le vide, le temps qu'elle réussisse à s'ancrer de nouveau dans la réalité, celles-ci s’échouant finalement sur le loup, comme s’il était pour elle un repère solide.

— « J’ai… », articula-t-elle, sa voix dérailla légèrement sous l’émotion contenue. « Désolée… », une longue inspiration releva légèrement ses épaules, puis elle expira longuement, comme pour chasser son émoi soudain. « J’ai la sensation… Qu’il ne s’agit peut-être pas d’une bande d’amis lambdas… Ou d’un petit gang, désireux de se venger… Wraith ne s’attaquerait pas à ça… Ils ne s’attaquent qu’à des individus qui représentent une menace pour les sorciers… Et les humains, à la rigueur… » un discret soupir s’échappa de ses lèvres, tandis que les douleurs diverses redevenaient de plus en plus difficiles à ignorer. « Harlow parlait de frères et de soeurs, m’a accusé de collaborer avec l’ennemi… Beaucoup de sorciers nous exploitent, nous les créatures… Peut-être que des résistants se sont rassemblés pour leur faire front… J’ai déjà vaguement entendu parlé de ces mouvements… Et s’ils en faisaient partie ? », se demanda-t-elle, le souffle soudainement sifflant. « Je n’en sais rien… » conclut-elle, glissant ses doigts sur ses tempes pour légèrement les masser, comme si ceci lui permettrait de se débarrasser de sa migraine grandissante. « Juste une chose… » une dernière, avant d’accorder à son corps un peu de silence qu’elle espérait être réparateur. « Est-ce que tu seras présent, malgré la pleine lune ? » demanda-t-elle au lycan, glissant ses prunelles sur sa silhouette, désireuse de partager cette nuit particulière avec lui.
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