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LE TEMPS D'UN RP

Tous ceux qui errent ne sont pas perdus. [PV Lulu] [+18]

Ezvana
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Ezvana
Ven 10 Mai - 19:21

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Distante soudain l'ailée qui refuse presque de le regarder dans les yeux. Inatteignable, loin dans ses pensées silencieuses, un pli se formant sur son front, cette façon dont elle a de triturer sa lèvre inférieure. Cela tilt le Loup qui se raidit imperceptiblement. Il en avait trop dit. Il avait trop parlé, désirant trop fortement s'éloigner de ses angoisses en déblatérant sur son espèce. Encore une fois, il s'était ouvert un peu et il prenait une porte qui claquait devant son nez. Il aurait dû retenir la leçon et arrêter de tenter de s'ouvrir ainsi. Peut-être qu'il lui avait fait peur ? A ainsi dénaturer son espèce, peut-être que la méfiance, c'était installé, brisant le lien qui commençait à se former malgré eux. Voyait-elle qui il était vraiment au fond ? Rien qu'une épave qui tente de rester à la surface dans une tempête mouvementée qui se prénomme vie.

Éclat dur dans le regard brun, cette mâchoire qui se bloque dans un étau impitoyable et lui fait mal aux dents. L'envie de fuir, de courir au loin pour s'éloigner de cette créature, de prendre de la distance sur cette journée presque idyllique. Lâcheté écœurante, mais qui lui permet de tenir toujours un peu plus, de braver de nouvelles vagues sans se laisser emporter, mais qui lui donne la nausée à chaque fois. Putain d'éternité à recommencer encore et encore à perdre tout le monde. Par sa faute. Tenter vainement de combattre sa propre nature.

S'ébrouer alors qu'un frisson le parcourt, lui donne la chair de poule. Le poil se hérisse, la respiration lourde exhale un soupir. Machine en fonctionnement qui monte trop vite en température et manque de surchauffer. Pourtant, il ne lâche pas cette main dans la sienne. Des doigts raidis peut-être, mais aucune violence dans cette poigne. Se mortifier avec la violence d'un flagellateur, mais ne pas pouvoir s'empêcher de garder ce contact. Comment pourrait-il partir ainsi ? Laissant la fée seule dans une ville qu'elle ne connaissait pas ?
Et parce qu'inlassablement son cœur répond à l'appel.

Aussi, quand elle parle enfin, il l'écoute. La tête était lourde de murmure de banshee qui ne cessent de le hanter, mais il porte son attention sur son amie. Oreille tendue, il la laisse libérer son cœur meurtri, la laisse absorber sa douleur. Il en perçoit les teintes, les saveurs. Cela passe par une odeur étrange, dérangeante et addictive, celle de la peur et de l'insécurité. Facilement identifiable pour celui qui connaît déjà cette fragrance à la humer jusqu'à en être saoule, épaisse à presque pouvoir la mâcher, celle des bas-fonds et de ses traques. Le museau plongé dans l'horreur, forcer de l'ingurgiter et de s'en satisfaire avec dégoût.

Plus facile pour le Lycan de se porter sur les problèmes de la féerique que sur les siens et puis, il comprend un peu mieux sa réaction. Soulage d’un poids invisible, il respire un peu mieux soudain. Un vague froncement de sourcils, il était encore trop sensible à son environnement.
Alors il s’arrête, se met sur le bas-côté du chemin pour ne gêner personne et plonger son amie dans le secret.
Saisir cette autre main, garder ses doigts dans ses grandes mains calleuses en hésitant sur les mots à choisir. On voyait bien sur son visage baissé qu’il tentait de s’ouvrir, mais que c’était bien difficile.
Puis le regard se relève, plonge dans celui de la nymphe.

- Tu sais, tu me mentiras à nouveau à l’avenir. Et c’est normal. Une voix douce et un peu trop basse de celui qui tente de bien choisir ses mots. Moi aussi, je te mentirais. Pour te protéger, pour me protéger. Parce que je ne peux pas m’ouvrir à 100% pour quelqu’un d’un claquement de doigts. Nous avons tous notre jardin secret.

Un voile qui passe sur ce visage, celui de siècles d’errance, de souffrance, de non-dits. Il y avait parfois des choses que l’on préfère refouler plutôt que de s’avouer qu’on les a vraiment vécus.

- À l’avenir, tente tout de même de me tenir au courant de tes souffrances. Jamais tu ne me dérangeras, jamais je ne te jugerais. Prends appui sur mes épaules, je peux te soutenir.


Quelque chose qui pèse sur les sourcils qui se froncent, un pli de cette bouche trop prononcée. Le regard qui se détourne un instant, alourdit par la peine. Et sans réfléchir, il attrape ce corps et le plaque contre le sien. Ses bras enserrent Pansy, évitant soigneusement cette plaie trop douloureuse. Une main sur la chevelure de nuit pour la tenir contre lui, l'autre dans le bas du dos. Ce visage qui se baisse, ce corps qui semble presque s'enrouler autour de la danseuse en une barrière de chair.

- N'oublie jamais quand tu t'es redressé face au Djinn, te mettant en travers de sa route pour me protéger. N'oublie jamais que tu as décidé de te battre pour récupérer ton aile, que tu as accepté cette aide qui pourra prendre naissance demain soir. N'oublie jamais que tu ourdis contre lui, tu veux t'enfuir de cette prison dorée.

Un instant de silence, suspendu dans le temps. Cacher les yeux qui sont pleins d'une détresse farouche, d'une peine pleine d'empathie. Pourtant, dans cette pression douce et ferme, une tendresse infinie se dégage de ce corps fait pour l'action, sous les muscles tendus et neveux se lit une protection farouche. Une main d'acier dans un gant de velours.

- Et même quand tu trembleras, même quand tu douteras, n'oublie jamais que la faute n'est pas tienne. Ce sont eux les coupables, ce sont eux qui ne méritent aucune compassion. Ce sont eux qui t'ont formé pour penser ainsi, pour ne pas savoir comment réagir. Tu ne sais pas comment faire ? Ne laisse plus tes tourments prendre le dessus. Ce ne sont que les murmures de Monstres qui te veulent entière et s'approprier ta personne.

Une main qui se dégage, vient se glisser sous le menton pour redresser ce visage enfoui contre son torse. Longs cils qui caressent sa peau, regards alourdit par tant de pensées, tant de ressentit. Un tourbillon qui coulisse jusqu'au chocolat trop clair maintenant.

- Je sais. Je les entends aussi. Ces questions, ces chuchotements. Silencieusement, tu te fais du mal à l'intérieur. Tu culpabilises, tu te tourmentes, tu te poses mille questions. Je sais combien c'est difficile, mais il faut apprendre à les ignorer, à passer au-dessus. Ce sont eux qui devraient souffrir, pas toi. Si tu veux commencer quelque part, commence par combattre ces démons. Tu en ressortiras grandi.

La tête qui se penche encore un peu, si près de son visage, de ses lèvres désirables. Enivré, le Loup qui hume son odeur, veut plonger son museau dans les replis de peaux et de chevelure pour aspirer encore un peu de son parfum. Mais surtout une conviction presque brutale qui glisse à travers son regard.

- Tu n'as pas à me protéger. Je peux le faire. Tu crains de ne pas avoir la force de combattre ? Je serais tes crocs. Tu as peur de ne pas endurer ? Je serais ton bouclier. Tu veux t'envoler ? Je serais ton échappatoire. Si tu doutes, pense à tout cela. Accroche-toi de toutes tes forces, même si c'est douloureux. Tu es bien plus résistante que tu ne crois. Je ne connais personne qui aurait tenu tout ce temps dans ces conditions. Moi-même, j'aurais craqué.

Dans l'éclat jaune et fauve luit ce visage tendu vers le sien, miroir de sa propre vision. Elle était louve au cœur de feu, entêté et coriace au tempérament qui s'éveille tel un brasier. Seulement, la solitude l'avait étreint de ses doigts froids et tout comme lui, elle s'était perdue dans la nuit sans lune. Si lui hurlait à l'astre d'argent, elle s'éveillait sous l'astre solaire.

- Un jour, tu chanteras toi aussi pour ton soleil.

Voix un peu trop rauque, un peu trop intense, de cet appel farouche de la liberté. On ne muselait pas impunément un Loup. Il était prêt à mordre pour défendre celle qui était comme lui.
Les lèvres qui se rapprochent pour déposer un léger baiser sur l’arête du nez, évitant volontaire sa bouche. Terrible envie de plus, mais ce n'est ni le moment ni l’endroit. Alors il se recule, laisse ses mains glisser sur la sylphide pour ne pas rompre le contact.

- Je te présente ma surprise et on rentre juste après pour que… tu te reposes.

Que ce fumier ne t’appelle plus.

Lui saisir la main et l’emmener plus loin sur le chemin, se dirigeant d’un pas décidé vers cette serre immense qui était visible depuis le début. Aucun guichet, l’entrée était gratuite et le Loup pousse la porte d’une poussée et laisse entrer Pansy.

- Je te présente la serre du Jardin d’Eden.

Un petit sourire alors que devant, s’étalait une forêt luxuriante. La lumière était tamisée, absorbée par les immenses ramures des arbres aux troncs larges grignotés par d’innombrables plantes grimpantes. Des lianes pendaient çà et là et de la mousse partout, recouvrait chaque rocher, chaque base d’écorce. Des fleurs immenses s’ouvraient dans tous les sens, de toutes les couleurs imaginables, dévoilant leurs cœurs multicolores que des colibris dévoraient avec délice. Des spécimens provenant de forêts magiques arrivaient à tenir ici, extravagantes ou tout en délicatesse, poudre luminescente parfois qui s’échappe d’un pétale. Des lézards attendaient sagement sur les plantes, des petits oiseaux faisaient des allées et retour dans les ailes, caressant de leurs ailes le sommet des crânes des visiteurs. L’air était humide et lourd, permettant une adaptation parfaite pour cette jungle intérieure.
Intérieurement, le Loup espérait sincèrement que cela faisait plaisir à son amie, qu'elle retrouve peut-être cette passion pour la nature.


Lulu
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Lulu
Jeu 16 Mai - 16:41

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
Âme en détresse, aux yeux alourdis de peine, faisant le festin du désespoir depuis des siècles. À la moindre fissure, au moindre doute, au moindre chagrin, au moindre soupçon de honte, son être vacillait, se fracassait en mille éclats épars. Elle ne retrouvait pas tous ces fragments, et ceux qu’elle parvenait à réunir restaient imparfaits, mal soudés, rendant chaque reconstruction plus fragile que la précédente. On lui avait promis que ces épreuves la fortifieraient, la rendraient plus brave. Mais en contemplant ses innombrables fêlures, aucun sentiment de triomphe ne l’élevait. Bien au contraire, la fée se sentait engourdie, épuisée, vulnérable ; et si c’était moi qui fonctionnait mal ?

Mais alors qu'elle se noyait une fois de plus dans ses abîmes de torpeur, le loup s'approcha d'elle avec tendresse, désireux de suturer ses fêlures. Sa voix, telle un baiser sur ses plaies, se fit caresse chaude sur son cœur figé par la honte. Elle aurait voulu le préserver de ce spectacle lamentable, mais il avait su dénouer sa langue comme nul autre auparavant.
À ses yeux, il possédait mille et une qualités, et, entre toutes, celle fabuleuse d'inspirer à son âme perpétuellement terrifiée un sentiment de sécurité profonde. C'était comme sentir le soleil pénétrer sous sa peau, écarteler ses côtes pour réchauffer doucement son cœur affolé, apaisant ses battements frénétiques en y ramenant un éclat d'été. Et pourtant, elle ne lui ouvrait pas facilement la porte de son être, rarement même. Ce, malgré la certitude que s'abandonner à lui lui ferait tant de bien. À chaque fois, cela l'avait apaisée, comme en cet instant où il s'empressa de l'envelopper dans une étreinte solide.
Dans un élan avide, la fée se nicha contre ce cœur brûlant de compassion, ses doigts fins s'insinuant le long de ses flancs, plutôt que de s'échouer sur cette parcelle de peau interdite qu'est son dos.  Outre s’y lover, elle s’y accrocha férocement, ne faisant preuve de pugnacité que lorsqu’il s’agissait de ne pas laisser son soleil filer entre ses doigts fatigués. Il l'incita ensuite à s'élever, à rompre les chaînes, à croire en ses forces, et ses paroles bienveillantes la bercèrent tendrement, sa douleur se retirant lentement, telle une marée descendante. Bientôt, le bord de l’eau retrouverait sa quiétude.
Le gardien poursuivit, lui promettant qu’il la protégerait même lors des tempêtes, qu’il essuierait ses larmes, qu’il affronterait les vents, qu’il serait fort tel un roc inébranlable. Elle tremblerait presque, émue par sa dévotion, par cette protection qu’il érigeait sans hésitation tout autour d’elle, mais une crainte persista tout de même au creux de sa poitrine. Elle craignait que les tempêtes, les eaux tumultueuses, ne finissent par l’éroder un peu, beaucoup, et qu’il continue à être aussi silencieux qu’un rocher, quant aux angoisses qui l’habitaient.
Car elle avait décelé, ses regards, fuyants comme des bêtes affolées, ses poings, fermés comme des sépultures scellées, sa mâchoire crispée, ses ongles grattant nerveusement la surface de sa peau, ou encore cette veine pulsant dans son cou à un rythme endiablé. Une nuée d'indices, qui révélaient à demi-mots les angoisses fréquentes qui l'assaillaient. Lui, ne se protégeait pas autant qu'il la protégeait, malgré ses affirmations contraires. Un pacte abominable, scellé avec un djinn, hantait toujours ses pensées.
Et elle pressentait qu’elle effleurait qu'une infime part de lui, telle une pointe émergée d'un iceberg, ignorant ce qui se tapissait au-delà de la surface. Un abîme vertigineux d'angoisses, de non-dits, aux contours indistincts, aux origines nébuleuses. La fée se tenait là, désemparée, face à cet abîme intérieur,  tiraillée entre le soulager de ces fardeaux ou les laisser peser sur ses épaules éprouvées. Elle n'aspirait pas à l'abandonner dans ses tourments, mais pouvait-elle, seulement, le convaincre de s'ouvrir davantage, de libérer son cœur de ces noires vapeurs qui l'asphyxiaient ? Pétrie d'incertitudes, elle gardait ses désirs prisonniers derrière ses lèvres closes, espérant qu'un jour, le courage viendrait, et qu'il la libérerait de son mutisme.

Ses craintes se dissipèrent dans l'air chaud, emportées par les chuchotements doux du loup. Et peu à peu, dans ce cocon de réconfort, l'espoir et la reconnaissance se mirent à fleurir, faisant enfler sa poitrine, se répandant dans tout son être telles des floraisons sous un soleil ardent. L'obscurité, elle, s'étouffait, ne devenant bientôt qu'un lointain et déplaisant souvenir.
De douces émotions s'entrelaçaient en elle, gonflant une seule et même houle, qui étreignit intensément son cœur. Leurs prunelles se nouèrent, pépites brunes et dorées scintillant en unisson pour former une unique étoile. Sylphide noyée dans cet océan d'espérance, dont l'écume emplissait ces prunelles fauves, tandis que chaque battement de son cœur s'allégea peu à peu. L'enchantement l'emporta, et elle chavira au gré d'une pensée : je rêve de ses lèvres sur les miennes.
Que ses lèvres conquièrent les siennes, qu’elles scellent dans un baiser l'éclosion de cet empire d'amour et d'espoir. Mais l'instant suspendit son vol, ces lèvres délicieuses se firent languir tandis que leurs souffles s'unissaient. Elle soupire, la respiration frémissante, son cœur en suspens, capturé dans cet instant où son désir enflammait ses prunelles d'or et faisait vibrer son unique aile.
Et finalement, ses lèvres s'échouèrent sur le nez de la rêveuse, y déposant un baiser empreint de respect et de tendresse. Même si ses pensées avaient erré vers un autre désir, un sourire sincère illumina ses lèvres vides de frustration. Cette douceur la comblait, l'apaisait, l'élevait toujours plus haut, là-haut, vers ces nuages d'espoir.
D’ailleurs, peut-être attendait-il qu'elle vienne se poser à ses côtés, dans ces cieux cotonneux où l’espoir chantait, affranchie de ses peurs, de ses doutes, et ainsi, clamer ses lèvres sans craindre de la perdre. Sans craindre qu'elle se laisse fauchée par ses misères, le condamnant, comme tant d'autres avant elle, à errer dans une solitude sempiternelle. Ou peut-être, tout simplement, leurs cœurs ne chantaient-ils pas la même symphonie. Même pour l’éternelle hésitante, il lui était difficile d'y croire, tant il l'attirait inlassablement à lui, l'enveloppant d'une affection jamais goûtée auparavant, loin des bras froids et vides de ses amants passés. Et si cette fois-ci, elle avait raison d'y croire ?
La grisaille s'était évanouie, laissant place à l'aurore qui, de ses rayons d'or, répandait sa lumière dans les perles de la nymphe d'été. Elle n'entonnait pas encore son chant pour l'astre radieux, mais elle lui ouvrait son être. Puis, les mains du lycan s'aventurèrent sur ce corps qu'il avait rendu fébrile, et elles furent aussitôt capturées dans leur chute par celles de la péri. Doigts graciles effleurant timidement ceux marqués par les lames et les coups, se faufilant dans les creux, en quête d'une fusion, même fugace. Fée, qui savourerait le moindre contact qu'il daignerait lui accorder, mais l'instant se révéla être plus propice aux découvertes qu'aux caresses.

Leurs pas légers les menèrent droit vers l'intérieur d'une serre enchantée, où la nature s'épanouissait avec passion. Les fleurs revêtaient leurs plus éblouissantes parures, s'étirant infatigablement vers la lumière qui emplissait les hauteurs. Leurs parfums enivrants se répandaient en tourbillons délicats, emportant les visiteurs vers des contrées enchantées. Parmi les roses et les lys, les fougères ployaient gracieusement, offrant leur dos aux caresses de l'astre doré. On y découvrait également des lianes florissantes, ainsi que des arches drapées de clématites aux teintes flamboyantes. Dans ce sanctuaire à la lueur nacrée, virevoltaient les ombres des oiseaux chanteurs et des papillons chamarrés. Le lieu portait si bien son nom.
Dans cet éclat d'Éden, les prunelles de la péri s'embrasèrent, éprises par la beauté qui les entourait. Une onde d'émotion submergea la nymphe, son cœur tambourinant dans sa poitrine, sa respiration se faisant plus discrète, comme si elle renaissait au cœur de cet écrin de verdure. Ses douleurs se dissipèrent, abandonnés aux portes de ce jardin enchanteur, tandis que ce lieu partageait des similitudes flagrantes avec son paradis perdu.
La fée, momentanément muette, s'enfonça dans ce cocon de fleurs et de plantes,  sa main toujours enlacée à celle du loup. La nature sembla reconnaître ses gardiens, envoyant en guise de bienvenue une nuée de papillons curieux, qui tournoyèrent autour d'eux. Un sourire sincère éclaira alors le visage de la fée, pendant que le cortège ailé se dispersait peu à peu... Quoi que, pas entièrement.
Une lueur azurée dansait au coin de ses yeux, l'invitant à détourner son regard scintillant vers la source de cette agitation colorée. Ainsi, ses prunelles se posèrent sur la silhouette lupine, dont la main libre servait de perchoir à un petit papillon aux ailes bleutées.

— « Oh, quelle chance ! » s'exclama-t-elle dans un souffle d'émerveillement. « Là d’où je viens, un papillon qui se pose sur toi signifie bonne fortune... C’est si rare qu’ils atterrissent sur autre chose qu’une fleur... »  souffla-t-elle, contemplant l'insecte d'un œil attendri. « Il a l’air de bien s’y sentir… Je peux comprendre pourquoi », ajouta-t-elle d'un regard mi-tendre mi-complice, consciente qu'elle n'était pas l'unique créature ailée à être séduite par lui.

La lumière caressait la peau du loup, étreignant chacune de ses courbes avec l'ardeur d'une amante éperdue. La vie palpitait en lui, et devant cette vision ensorcelante, elle sentit un frisson de d'admiration et de gratitude lui chatouiller l'échine.  Il avait autant su lui révéler la splendeur du monde que celle de son âme.
Des horizons auréolés d'or, des jardins fleuris, des cieux éclatants, toutes ces merveilles palpitaient dans ces prunelles d'ambre. Sa voix portait en elle les murmures des rivières et les échos des forêts profondes. Dans ses bras, sous ses caresses, à chaque souffle échangé, elle ressentait les caresses de l'herbe tendre, les baisers frais du zéphyr. Il surpassait en beauté tous les sanctuaires fleuris, toutes les forêts enchantées, aussi précieux soient-ils pour le cœur d'une fée. Il dissipait ses peines, lui faisait oublier les amours vides autant que les chaînes entravant son être, il était celui qui exaltait la lumière et repoussait les ombres. Et dans sa poitrine, palpitait un flot d'amour naissant, tel un ruisseau de tendresse prêt à déborder de son lit.
Envoûtée et étreinte par la gratitude, par la tendresse, la péri se laissa emporter par ces flots enchanteurs. Dès lors que le papillon s'envola vers les sommets nacrés, ses mains se confondirent avec celles du loup, empreintes de douceur. Dans un élan d'assurance, leurs visages s'effleurèrent, leurs lèvres presque se taquinant, mais l'incertitude figea soudainement son élan.
Elle se souvint de la rapidité avec laquelle il avait fui cette possibilité de bâtir un avenir commun ; peut-être ses doutes, ses craintes, le tourmentaient-ils toujours. Face à cette incertitude, la fée, par égard pour le loup, préféra ne pas troubler son cœur, bien qu'à ses yeux, un baiser ne scellerait jamais leur destin. Toutefois, elle avait appris grâce à certains de ses amants, que ce genre de contact n’était réservé qu’à ceux désireux de construire ensemble un avenir commun, comme une sorte de pacte de chair. Pourtant, nombreuses avaient été les lèvres qu'elle avait touchées avec sincérité, et qui l’ont abandonnée dans les draps encore moites de leurs étreintes.
Ignorant le bord du lycan, ses lèvres se posèrent finalement sur sa joue, gravant sur cette peau rugueuse sa gratitude éternelle et son affection sincère. Puis, sans relâcher les mains qu'elle chérissait tant tenir, ni détourner son regard dans lequel elle aimait tant se perdre, son visage s'éloigna lentement du sien.

— « Nous devrions trouver un endroit pour nous asseoir, juste un peu… » grappiller encore quelques maigres instants avant qu'ils soient contraints de retourner au Nymphéa. « Peut-être que d’autres papillons viendront à toi » ajouta-t-elle, un sourire complice accroché aux lèvres.

Puis la fée l'entraîna alors vers un banc de bois, sous la voûte ombragée des frondaisons. Ses lèvres demeurèrent closes, contemplant les volatiles qui virevoltaient au-dessus d'eux, captivée par leur grâce immuable, enivrée par leurs mélodies si précieuses à son cœur. Puis, ses pensées se mirent à errer au gré des battements d'ailes, se dirigeant naturellement vers le loup à ses côtés.
L'endroit se prêtait aux confidences, à l'intimité, et elle se surprit à penser qu'il était peut-être temps de rompre le silence. Nichée dans ses bras, rassurée par ses paroles réconfortantes, puis au cœur de cette nature luxuriante, elle avait su puiser en elle un brin de courage, une parcelle d'assurance. Et puis, elle savait pertinemment qu'au Nymphéa, la quiétude leur serait refusée. Alors, dans un élan vers l'inconnu, elle décida de caresser du bout des lèvres cette carapace impénétrable qui protégeait le cœur et l'esprit du loup.

— « Comment tu te sens ? » murmura-t-elle, ses prunelles timides s'ancrant sur les fleurs en liesse. « Je veux dire... Tu semblais un peu agité quand tu parlais de ton espèce, comme si tu luttais pour étouffer quelque chose et... J'ai souvent l'impression que c'est le cas... » poursuivit-elle, d'une voix douce et soucieuse.

Elle redoutait de le heurter, de réveiller ses douleurs endormies, mais son cœur lui soufflait de lui tendre ses ailes. De devenir son refuge, sa flamme dans les ténèbres, de lui faire comprendre qu'il pouvait trouver asile en elle s'il le souhaitait. Non pas dans un désir de réciprocité, mais par véritable souci.

— « Tu peux me parler, je serai toujours là pour t'écouter », lui assura-t-elle, lui signifiant qu'il n'était pas seul, qu'il pouvait se fier à elle. « Je ne suis peut-être pas une alliée féroce capable de te protéger de tout, mais je crois être une oreille attentive », ses yeux vacillèrent vers lui, un sourire délicat ourlant ses lèvres.

Si elle reconnaissait une qualité en elle-même, c'était bien celle-ci. À lui de trouver refuge dans ce cœur empreint de douceur ou non, là, dans l'intimité de cette serre parfumée, parmi les oiseaux et les fleurs.
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