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Ezvana
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Ezvana
Lun 2 Oct - 1:10

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Vague chaude et doucereuse qui enveloppe sa peau, l'entoure d'une étreinte presque sensuelle qui couvre chaque parcelle de son épiderme, retire la transpiration et l'odeur de cigarette.
Une main calleuse qui vient récupérer de cette eau guérisseuse pour essuyer son visage, gouttelettes cristallines qui accrochent sa barbe, tombent pour dévaler les poils de son torse et refléter la lumière tamisée des bougies.

Un bras qui se pose sur le rebord du semblant de piscine, la tête qui se penche en arrière alors qu'il savoure pleinement la chaleur qui se diffuse dans ses membres fatigués. Une main qui se glisse dans l'eau pour venir frotter un genou, masser une cuisse. L'Animal se plie en deux, pour parcourir son corps pour venir le détendre, danse de ces cicatrices cachées par la pénombre qui souligne l'arc d'une épaule, l'arrondis d'un avant-bras. Stries de chair qui l'habillent d'une étreinte de ronce. Le Loup mutilé qui ce fond dans le clair-obscur pour n'être qu'un songe, le repos d'un guerrier qui jamais ne prend le temps de respirer. Pour un temps, il laisse de coter ses mirages et ses angoisses, laisse les moires tenir le fil de son avenir. Méléän ne cherche pas à se souvenir, de cet amant qui est devenu un étranger au fils des décennies, ne cherche plus à savoir quel était le goût de ses lèvres ou même quel était son nom. Cauchemars qui toujours le poursuivent sans relâche, même dans ses rêves il ne fait que courir. A osciller entre vouloir se souvenir pour ne pas perdre son identité et oublier pour ne plus souffrir de ce qui n'existe plus.
Chasser ce fouet mental qui ne cesse de le flageller.

Et alors qu'il essaie de s'échapper de sa prison de chair, il voit quelque chose dans sa vision périphérique. Sa tête tourne brusquement alors que l'éclat jaune vient souligner ses yeux d'une aura féroce. Son cœur tambourine aussitôt, toujours prêt à alimenter la machine pour qu'elle soit efficace. Son ouïe devient sensible alors que ses sinus essaient d'identifier la présence malgré la présence d'huile essentielle qui camoufle et enrobe chaque bulle d'odeur.
Les muscles sont tendus et roulent sous la peau qui semblait être prête à craquer sous la pression.
Pourtant la voix douce coulisse jusqu'à ses oreilles et Méléän bat des cils pour chasser le Loup qui était bien trop réactif. Quand on avait son rythme de vie, il était normal d'être toujours à fleur de peau, tel une grenade dégoupillée qui manquait de péter entre les mains de n'importe qui.

Son premier réflexe quand il prend conscience que ce n'était que la fée, c'est de s'immerger le plus possible dans l'eau pour qu'elle ne puisse pas voir son corps meurtris, cacher le péché d'orgueil qui était marqué au fer rouge dans son dos. D'une main il vient balayer l'eau devant lui pour que sa nudité ne puisse pas être dévoilé aux yeux de Pansy.
Quand elle s'avance elle semble être vêtus d'une robe de bal soyeuse, perle de lune qui ondule devant lui à chaque nouveau mouvement. Le Loup ne peut s'empêcher de la dévorer du regard, s'attendant presque à la voir danser et faire fleurir les dessins sur les murs. Et alors qu'elle repart, sa phrase lui fit mordre les joues pour étouffer le grognement qui allait s'échapper de sa gorge.
Il était amusé mais surtout il devait museler cette électricité qui parcourait son corps et risquait de le faire chavirer dans un penchant qu'il refusait d'accepter dans un tel endroit.

Une longue expiration quand il ne l'entend plus dans le couloir, cette façon de se frotter le crâne pour chasser toutes les pensées invasives. Plonger dans l'eau complètement pour faire taire les images et il y reste jusqu'à ce que ses poumons le brûlent, que l'oxygène vient à manquer et que des étoiles dansent derrières ses paupières closes. Ressortir en haletant, grande éclaboussure qui fait déborder les eaux paisibles.

Vite, il devait sortir. Cette fragrance aphrodisiaque avait bien trop d'effet sur lui et il n'était plus maître de son corps, chose qui avait tendance à le faire basculer. Ce besoin de contrôle permanent était la conséquence de ses années d'esclavage, une rigueur handicapante qui lui permettait de tenir la route malgré tous les aléas de la vie. Il avait tout perdu, alors il essayait d'attraper de ses griffes ce qu'il pouvait encore retenir. Et s'il ne pouvait pas agir sur son environnement, la façon dont il dirigeait son corps était un refuge. Difficile alors qu'on était un Loup, race connue pour son caractère prédominant et ses impulsivités.

Partir à la recherche d'un peignoir, grogner quand une couture craque quand il en enfile un à la va vite. En trouvé un autre plus ajusté à sa taille, ramasser ses affaires en boule sur le sol et partir vers les chambres. Pendant un instant il se dit qu'il n'avait pas de vêtement de rechange ou même de pyjamas. Un haussement d'épaule pour chasser cette dernière préoccupation, il avait l'habitude de dormir nu de toute façon.
Alors qu'il passe devant la chambre de Pansy il hésite, se demande si c'est une bonne idée de toquer pour lui demander d'autre vêtement. Il s'arrête un instant avant de reprendre sa route. Il n'était pas en état pour formuler quelque chose de cohérent.
Son premier réflexe en entrant dans sa chambre est d'ouvrir la petite fenêtre, juste pour aérer, pour qu'un courant d'air frais lui effleure la peau et apaise le brasier qui était née dans le creux de son ventre. Il y retrouve sa veste en cuir qui attendait sagement, il se contente de ré enfiler son caleçon et de laisser ses vêtements sur la commode. Il avait prévu de laisser sa porte ouverte, ainsi il pourrait réagir rapidement si le besoin se faisait sentir.

Entrer dans le lit comme en ayant l'impression d'entrer dans une tanière qui ne lui appartenait pas. Les draps sont doux, caressent sa peau tandis qu'il se faufile en dessous tout en laissant une jambe à l'air libre. La chaleur corporelle des lycans étaient plus élevés qu'un Humain, bouillotte ambulante qui n'avait donc pas besoin de se blottir sous une couverture pour se tenir chaud. La fatigue le happe, l'attrape et le tire loin vers les rêves lucides, un pied dans la réalité, un pied dans les esprits chimériques. Tout son être était éprouvé par la soirée mais Méléän était toujours poursuivi par des fantômes qui l'entourent dès qu'il ferme les yeux. Songe peuplé de cauchemar qui le hante même au réveil. Il s'agite, roule dans son lit trop grand. Des tics agitent son visage, une main vient empoigner le drap jusqu'à le faire craquer.

Puis quelque chose le tire de sa rêverie provisoire, un son qui n'avait rien de normal. Englué part le sommeil il essaie de se libérer de ses démons. Se redresser alors qu'il inspecte sa chambre. Il y voit une silhouette qui s'approchait sans vraiment d'hésitation. Il n'a pas le temps de réagir que déjà la personne est là, à genoux sur son lit. Des mains brûlantes remontent sa jambe alors que le corps l'enjambe pour se positionner au-dessus du sien. Une odeur lui chatouille les narines et il pense l'avoir déjà croisé. Des ongles viennent griffer les vallons de ses abdominaux contractés, glisser sur ses hanches pour jouer avec l'élastique de son caleçon. Et quand une pression se fait sentir sur sa virilité, un grognement lui échappe vite étouffé par un baisé précipité. Des lèvres écrasent les siennes, une langue essai de passer la barrière de ses dents. Et alors il reconnut l'odeur de la barmaid.

Il serait si facile de succomber au charme de la femme, de se laisser envoûter par son parfum. Une de ses mains remontent le long de sa cuisse, glisse sur une hanche pour sentir la peau sous ses doigts. Cela ne serait que l'assouvissement de ses pensées fugaces dans les bains, juste un réconfort pour une nuit trop longue. Ils étaient deux adultes consentants qui pourrait se complaire entre râle et soupir.

Pourtant, cette main agrippe une hanche pour la faire reculer, pour libérer sa bouche de cette emprise sucrée. Reprendre sa respiration alors que l'excitation lui coupe le souffle.

- Non, on ne peut pas. Je ne connais même pas votre nom.

La femme recule comme surprise, replace une mèche de cheveux derrière une oreille.

- Je suis Nina. Maintenant tu sais qui je suis. Rien ne nous empêche de se faire plaisir.

Méléän s'agite sur son lit comme pour se défaire du corps de la demi-louve mais il arrête très vite cette méthode alors qu'une pulsation presque douloureuse envahit son bassin.

- Non Nina. Cela serait une très mauvaise idée.

- Je n'ai pas mes chaleurs, je ne peux pas procréer. Et tu le sais que les maladies humaines ne nous atteignent pas.

Les maladies existaient toujours, inhérentes aux races, mais la plupart ont disparut avec l'apparition des êtres surnaturels. Les anticorps étaient beaucoup plus puissants, les molécules différentes. Le VIH par exemple ne pouvait pas les atteindre. C'était comme si le corps des Humains étaient pervertis avec le temps, devenant de plus en plus souffreteux. Enveloppe de chair incapable de se protéger des maladies qu'eux-même dispersait. Les rapports non protégés se sont développés puisqu'il n'y avait que les Humains qui pouvaient procréer rapidement. Il fallait parfois des dizaines d'années, voir des siècles pour certaines races pour avoir un enfant, choix de la nature quand on pouvait vivre aussi longtemps et ne pas surpeuplé la Terre. Un équilibre qui c'était formé après la guerre et la baisse de la population Humaine.
Certains on appelait cela la sentence divine. D'autre la descente aux enfers.

Nina fronce des sourcils, contrarié. Visiblement elle n'avait pas l'habitude de se faire rejeter. Le corps se penche avant, vient se frotter au sien dans une danse sensuelle. Méléän gronde à nouveau, mais cela n'avait plus rien d'un bruit de plaisir. De sa grande main il repousse une hanche plus loin, refuse ce contact étranger. Repousser la couverture d'un pied, se libérer de cette prison sensuelle.

- Je vois bien que tu as envie. Pourquoi me repousser ?

Le regard que lance le Loup est incendiaire. Mais aucune flamme de désir brûlait dans son regard. Elle le perçut et eu un mouvement de recul.

- Le consentement tu connais ?

Les crocs apparaissent alors qu'une grimace fronce le nez du Loup qui avait délaissé le vouvoiement par une version plus directe. Il arrive à se relever, titan en colère qui à les épaules redresser et le dos noué. D'un pas rageur il va vers sa pile de vêtement et enfile son tee-shirt à la va vite, toujours dans cette peur que l'on aperçoive les stigmates de son passé. Ouvrir la porte d'un mouvement vif et sec, un hochement de tête pour lui montrer la sortie.

Nina se frotte le coude, ne comprenant visiblement pas la véhémence de Méléän puis elle dirige vers la sortie sans lui adresser un regard.


Mel resta debout plusieurs minutes, essayant de maîtriser sa respiration, avant de refermer la porte en douceur. Les murs n'étaient pas des plus épais, à tous les coups elle a dû entendre des bribes de ce qui s'était passé. Mais il n'avait à rendre de compte à personne, c'était juste qu'il espérait ne pas l'avoir dérangé pendant le reste de la nuit.

Se recoucher, osciller dans des rêves qui le laissent transpirant et les muscles tendus. Et déjà le milieu de matinée arrive et le réveil par ses rayons solaires. Le Loup n'était pas un grand dormeur, trop bousculé par ses cauchemars pour pouvoir rester ainsi longtemps dans le sommeil.
Il prit une douche froide pour éveiller ses sens, se brossa les dents avec celle qui se trouvait dans sa salle d’eau et ré-enfila ses vêtements. Il fallait vraiment qu’il en ai d’autre tout en se demandant comme se passait les machines de linge sale dans cet établissement.
Sortir dans le couloir et toquer doucement à la porte de la fée. Attendre patiemment qu’elle lui ouvre en espérant ne pas troubler son sommeil.
Quand il vit son visage, il penche la tête sur le côté. Le jour lui allait bien au teint, particule dorée qui danse sur son épiderme soyeux, il put en admirer toutes les nuances.

- Bonjour. Je voulais savoir comment cela se passais ici au niveau repas. Il y a un comme une cuisine ou je vais vous chercher quelque chose à manger ? Vous aimez quoi ? Un régime en particulier ?

Croiser les bras alors qu’il s’appuie sur le mur de son épaule.

Lulu
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Lulu
Mar 3 Oct - 16:52

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. L'âpre souffle du givre s'engouffrait impitoyablement dans la pièce aux lueurs tamisées, s'insinuant jusqu'au tréfonds des os de la créature ailée. Malgré la froideur qui, telle une torche glacée, consumait son être, Pansy demeurait inflexible face à la tentation de fermer la fenêtre. Cette ouverture, aussi petite soit-elle, représentait pour elle un lien ténu avec le monde extérieur, un souffle de vie, le fil fragile qui préservait sa frêle existence des ravages de l'abandon. Ainsi, bien que le froid eût conquis son sanctuaire, le contact apaisant avec l'extérieur demeurait pour elle une étreinte quasi-vitale.

En l'absence de présence bienveillante, Pansy cherchait à repousser les rigueurs glaciales en se drapant d'une couverture aux nuances pourpres, lui donnant l'aspect d'un bourgeon sur le point d'éclore. Sa silhouette gracile se dessinait devant un autel surchargé de pétales fanés et drapé de voiles de cire, au sein duquel se dressaient une kyrielle de chandelles. Leurs flammèches dansaient avec timidité, et s’élevaient telles des arbres colossaux sur des montagnes figées de cire. Sous ses prunelles dorées, se dessinait un paysage en miniature, aux mille vallées et crevasses, éclatant de couleurs variées. De temps à autre, la sylphide esquissait de ses ongles effilés le contour de certaines de ces formations, donnant naissance à des silhouettes qui, jadis, avaient offert la douce chaleur de leur présence. Impossible de dire s’il s’agissait de souvenirs, de rêves ou d'illusions, mais dans cet acte de création, elle y trouvait beaucoup de réconfort. Par moments, ses doigts, délicats et agiles, traçaient les contours de ces figures avec une tendresse infinie, comme si elle cherchait à insuffler la vie dans ces êtres regrettés, à chasser le froid qui glaçait sa peau et à combler le vide abyssal qui l’entourait.

Comme si elle n’était pas la dernière vestale des fées,
Comme si elles n’avaient pas toutes été fauchées.


Soudain, alors que le silence demeurait maître des lieux, un son lointain vint mettre fin à son règne. Des pas, pesants et lents, foulaient le plancher et résonnaient comme une complainte sinistre, un grondement funeste qui se rapprochait peu à peu. Son cœur s'emballa brusquement, battant avec une fébrilité qui lui était hélas familière. L'intrus avançait avec lenteur, comme une démarche qui semblait s'étirer telle une agonie silencieuse, tel un prédateur qui lorgnait sa future proie. Pitié, pas encore, implora discrètement sa voix intérieure.

Puis, un son laissa planer une ombre plus sombre encore sur son cœur troublé : l’intrus pénétra dans la chambre adjacente, celle de l'Ombre. L'inquiétude gagna Pansy, qui chercha à se rassurer en se murmurant qu’il avait peut-être convié quelqu’un pour partager la nuit. Pourtant, les murmures étouffés, les éclats de voix sourds et les râles de protestation qui parvenaient à ses oreilles ne laissaient place à aucun doute : quelque chose de sinistre se tramait de l'autre côté de la porte close… Et sa détermination, la protection qu’elle s’était jurée d’offrir au loup, prit le pas sur sa peur. Elle se leva soudainement, ses jambes frêles la portant vers l'un des coussins qui jonchaient son lit. Ses doigts fébriles s'enfoncèrent sous l'étoffe, trouvant un couteau au pommeau finement sculpté. La lame froide semblait peser des tonnes dans sa main, elle tenait cette arme dont elle avait jusqu'ici repoussé l'idée de devoir se servir.

Le cœur battant à tout rompre, la main crispée autour du couteau, la sylphide était prête à ouvrir la porte de sa chambre et à affronter l’immondice qui avait osé pénétrer dans le sanctuaire du loup. Son souffle était retenu, chaque fibre de son être tendue vers l'action imminente, malgré l'angoisse qui la tenaillait… Mais avant qu'elle n'ait le temps d'agir, la porte s'ouvrit à nouveau dans un grincement sinistre, laissant filtrer une lumière pâle qui éclaira brièvement le couloir… Et l’Ombre chassa l'intrus avec une autorité qui ne laissait place à aucune contestation.

La tension qui étreignait Pansy se relâcha d'un cran, et elle desserra sa prise sur le couteau. Elle se sentit submergée par un mélange de soulagement et de curiosité. Ses pas la menèrent jusqu’au judas, et elle découvrit la silhouette de celle qui avait, à ses yeux, failli commettre l'abject. Ses sourcils se froncèrent brièvement, par surprise.
Nina.
La colère submergea tout le reste. Elle était comme une flamme sombre qui dévora soudainement son âme, un brasier d'émotions tumultueuses qui grondait dans le silence pesant de sa chambre. Le foyer de sa rage, alimenté par des années de solitude et de vulnérabilité, brillait d'une lueur sinistre au creux de son être.
Nina.
Silhouette ambiguë dans l'obscurité du couloir, elle était le catalyseur involontaire de cette éruption émotionnelle. Les souvenirs de douleur et de souffrance, les agressions passées et les cicatrices d'une existence marquée par la méfiance, se mêlaient à la silhouette de la demi-louve. Cette rage n'était pas dirigée contre la barmaid en tant qu'individu. C'était une réaction instinctive à tout ce qu'elle avait enduré, à tous ceux qui l'avaient blessée. Comme une rose épineuse, elle se protégeait de la douleur en dressant ses barrières, en armant ses épines, prête à piquer tout ce qui se paraît des intentions similaires de ceux qui l’avaient profanée.

Et Nina se volatilisa, laissant derrière elle une Pansy figée, le cœur battant à tout rompre. La chambre semblait s'être refermée sur elle, l'atmosphère étouffante, le silence oppressant. La colère, qui avait été sa compagne fidèle, était maintenant remplacée par une anxiété troublante, un sentiment de vulnérabilité, quand bien même elle n’avait pas été celle qui avait été menacée. Elle finit par regagner son lit, non sans difficulté. Ses membres étaient lourds de fatigue, mais son esprit était en ébullition. Les minutes s'égrenaient lentement, marquant le passage d'une nuit qui lui paraissait interminable. Les pensées tourbillonnaient dans sa tête, sa mémoire ressassant les bruits de l'Ombre, de Nina, des menaces passées, créant un labyrinthe d'angoisse dans lequel elle se perdait. Puis, enfin, l'épuisement eut raison d'elle. Le sommeil vint la chercher telle une vague qui l'emporta, l'entraînant dans les bras de l'oubli. Mais même dans ses rêves troublés, l'image de l'Ombre, seul et vulnérable dans ce lieu étranger, la hantait.

La nuit troublée avait laissé place à une aube pâle qui baignait la chambre de la danseuse de ses teintes dorées. Le sommeil avait offert un court répit à son esprit tourmenté, mais elle se réveilla encore fatiguée, les souvenirs de la veille la hantant. L'épuisement n'avait pas disparu, mais il lui fallait affronter une nouvelle journée dans les entrailles du Nymphéa. Pansy émergea de son cocon de sommeil, se redressant avec douceur sur son lit, sa silhouette fine se dessinant sous les draps froissés. La lumière tamisée de la pièce caressait son visage, illuminant chaque trait d'une lueur douce et tendre. Mais avant de laisser la matinée l'engloutir, elle savait qu'elle devait accomplir ce premier rituel, une nécessité impérieuse ancrée en elle depuis son arrivée au Nymphéa. Elle devait se décrasser. La fée s’enferma dans sa salle de bain, et elle laissa l'eau couler en douces cascades sur son corps, emportant avec elle les résidus des songes troublés et de ses cauchemars répétés.

( r o b e ) —  Après avoir quitté la salle de bain, la jeune fée pensait pouvoir affronter cette nouvelle journée. Sa robe légère flottait autour d'elle, accentuant sa démarche délicate, les mèches de ses cheveux, désormais soigneusement coiffées, encadraient son visage comme une auréole d'ébène. Maintenant que son rituel venait de prendre fin, la faim s’éveilla dans son ventre, ôtant quelques discrets râles à celui-ci. La créature s’apprêtait à descendre pour se sustenter, et elle espérait que l’Ombre puisse l’accompagner. En effet, elle voulait s'assurer qu'il ne passerait pas la matinée affamé et que cette vilaine visite nocturne ne l'avait pas trop chamboulée. D'ailleurs, elle devait s'assurer qu'un tel évènement ne se reproduise pas.

Puis, quelqu'un frappa à la porte de sa chambre. Son cœur fit un bond, et se figea sous l’effet de la surprise et de l'appréhension. Les souvenirs de la veille étaient encore frais dans sa petite caboche, et elle n’avait pas encore eu le temps de répandre son souhait parmi les agents du Nymphéa. Elle s'approcha alors de la porte, les battements de son cœur en cadence. De nouveau, elle utilisa le judas, à travers lequel elle découvrit la silhouette de l'Ombre. Son cœur s'emplit d'une douce émotion, un mélange de ravissement et de tendresse. Pansy ouvrit doucement la porte de sa chambre, laissant la lumière de l'extérieur inonder l'espace comme une cascade de rayons dorés, puis un petit sourire, à peine perceptible, se dessina sur les lèvres de la sylphide.

Elle l'écouta attentivement, son regard posé sur lui comme un papillon se posant sur une fleur. Le regard du loup était intense, des yeux profonds et pénétrants, comme les abysses d'une forêt interdite. Lorsqu'il parlait, son souffle était rauque et envoûtant, comme le murmure du vent à travers les arbres. Elle apprécia fortement cette vision aussi enchanteresse que apaisante, particulièrement pour débuter la journée.
Lorsque l’Ombre se soucia de son régime alimentaire, une douce attention qu'elle n'avait jamais expérimentée jusqu'ici, Pansy baissa la tête pour réprimer un sourire doux qui menaçait d’inonder ses lèvres. Cette petite attention, si simple, réchauffa son cœur. Elle n'avait jamais connu une telle prévenance, une telle sollicitude.

— « Je vous remercie », souffla-t-elle, d'une grâce sincère, tandis qu'elle reposait ses prunelles sur la mine du loup. « Nous disposons d'une arrière cuisine, juste à côté de la salle principale. »

Une petite cuisine aux allures modestes, où s'entassaient apéritifs et breuvages festifs. Les résidents du Nymphéa disposaient d’un placard et un étage de frigo, qui recelait de victuailles. Pansy espérait que Wraith, avait demandé à ce qu’on apporte d'autres mets, qui pourraient correspondre davantage aux préférences du loup, car elle n'était pas certaine que les vivres qu'elle affectionnait puissent lui plaire.

— « Laissez-moi vous montrer mes préférences… Et vous présenter la cuisine, par la même occasion », proposa-t-elle, ses lèvres se réhaussant en un délicat sourire.

Avec une grâce qui lui était fidèle, elle fit glisser sa silhouette hors de l'enceinte de la chambre. Ses gestes se déployaient telles des arabesques délicates, évitant de heurter la masse impressionnante du loup. Même ses ailes se blottirent contre son dos. Seule l'haleine douce et fruitée de son passage aurait eu le privilège de caresser ce corps imposant, même si, secrètement, elle n'aurait pas refusé le léger froissement de leurs vêtements. Cependant, Pansy réprima cet élan de curiosité et de tendresse dissimulée, le reléguant aux abysses insondables de son esprit. Le loup avait déjà enduré bien trop de contacts indésirables, et elle ne souhaitait nullement ajouter à son fardeau. Elle referma alors la porte derrière elle, s'assurant de verrouiller la serrure. Puis, d'un geste doux, elle lui fit signe de la main, l'invitant à la suivre dans les dédales du Nymphéa.

Pansy descendit les escaliers avec l'Ombre, leurs pas résonnant doucement dans les entrailles silencieuses de l’illustre temple dédié aux festivités nocturnes. Ils arrivèrent dans la salle principale, d'ordinaire envoûtante et animée, mais qui à l’aube, était plongée dans une tranquillité presque solennelle. Les lumières tamisées étaient éteintes, laissant les lueurs du jour pénétrer discrètement, révélant les moindres détails de ce lieu habituellement très fréquenté. Ils avancèrent vers le bar, un comptoir de bois poli qui avait certainement vu défiler de nombreux clients en quête de plaisirs nocturnes. Les bouteilles s'alignaient comme une armée prête à entrer en action, une réserve de délices sommeillant dans l'obscurité.

Cependant, ce n'était pas le bar qui les intéressait, mais une petite porte en bois, discrète dans un coin. Pansy l'ouvrit avec précaution, dévoilant une petite cuisine propre et accueillante. Les murs étaient décorés de motifs floraux, apportant une touche de délicatesse à cet espace fonctionnel. Le plan de travail était impeccable, les ustensiles rangés avec soin, prêts à être utilisés. Malheureusement, ce n’était sûrement pas la petite fée qui les manipulerait. Jamais n’avait-elle appris à cuisiner, simplement car elle n’y voyait aucun intérêt ; ses repas pouvaient être savourés sans être cuits ou bien assaisonnés.

La créature glissa sa main sur le réfrigérateur pour l’ouvrir et une étrange odeur envahit son nez délicat, une senteur qui ne lui était pas étrangère, mais à laquelle elle n’était pas habituée non plus. Des sachets blancs s'étalaient en rangs serrés, prenant davantage de place que ceux contenant ses propres repas. Elle tendit la main, saisit l'un de ces sachets et en constata le poids plutôt conséquent. Pansy était persuadée qu’il s’agissait d’une quantité presque démesurée pour une seule personne… Et pourtant, elle était bien dédiée à l’estomac de l’Ombre, puisqu’elle reconnut l’écriture soignée de Wraith qui y avait inscrit le nom de sa nouvelle acquisition.

— « Et voilà pour vous », déclara-t-elle d'une voix douce tout en déposant le sachet sur le plan de travail.

La jeune fée s'agenouilla à nouveau pour explorer davantage l’étagère, découvrant d'autres provisions qui appartenaient sans nul doute au loup. Des tas de sachets ensanglantés se trouvaient là, emplis de carcasses qu’elle ne saurait savourer. Elle espérait que l'Ombre saurait apprécier ce régime qui lui était imposé par Wraith, car il ne semblait pas y avoir d'autres alternatives. Pansy parvint à saisir un petit sachet, déjà bien entamé, qui contenait son premier repas du jour. Son prénom, ou du moins son nom de scène, était inscrit sur l'emballage. Les caractères qui le formaient étaient moins élégants que ceux inscrits sur le sachet de l’Ombre, dépeignant une écriture moins soignée, presque enfantine.

— « Et voilà pour moi… Vous voulez y goûter ? » proposa-t-elle sur un ton léger, lui tendant le sachet pour qu’il puisse y jeter un œil… Voire une main, s’il venait à trouver ça appétissant.

De par leur nature aérienne, les fées suivaient un régime strictement végétarien aux quantités réduites… En tout cas, c’était ce que Wraith lui avait raconté, et elle s’y était accomodée. Leurs repas se composaient d'une vaste gamme de denrées, allant des ingrédients les plus communs aux délices plus exquis, tels que les nectars des fleurs et les trésors enfouis sous la terre. Une énigme perdurait, toutefois, quant aux conséquences d’un régime carnivore sur ces créatures délicates, ou plutôt, leur disparition avait entraîné la perte de ce précieux savoir. En ce qui concernait Pansy, son inclination naturelle la portait vers les fruits secs, des mets qui avaient toujours su charmer son palais. C'est ce que renfermait le sachet qu'elle tenait entre ses doigts, et qu'elle proposait de partager avec l'Ombre.
Ezvana
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Ezvana
Ven 6 Oct - 1:47

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Il est étrange de parcours un tel lieu complètement vide. D'habitude c'était vivant, une animation constante et une musique pulsant dans toute la pièce. Pourtant on pouvait presque entendre le doux bruit de leurs pas sur le sol, celle de leur respiration dans les couloirs. Cette impression de ne pas avoir l'autorisation d'être ici à cette heure-ci, comme s'il était rentré par effraction et qu'il violait l'intimité de Pansy. Pourtant il suivi de nouveau la fée dans le cœur du Nymphéa.
La lumière aussi, était différente. Il n'y avait plus l'éclat tamisé des lumignons et des bougies, seulement celle plus crue du jour qui ose mettre à nu les petits défauts de l'établissement. On pouvait apercevoir des taches sur les tapis, des rayures sur les tables en bois. Là il y avait un trou dans un coussin. Ici la banquette avait des couleurs passées. Cela rendait l'endroit plus réel, bien loin de cette ambiance enchanteresse que l'on essaie d'instaurer pour voiler les yeux trop curieux.

Une fois arrivé dans la cuisine, Méléän patiente en voyant Pansy sortir le sachet, il l'inspecte brièvement en se demandant s'ils étaient tous identiques. Un Loup avait besoin d'un apport nutritionnel important, emmagasinant beaucoup de colories pour faire fonctionner la machine qui avait besoin d'entretien et surtout de la diversité pour ne pas être carencé.
Prendre appuie sur le bord d'un plan de travail en observant d'un œil intéressé de que lui tendait la fée. Pinçant ses doigts il vient récupérer quelques noix qu'il vient grignoter du bout des dents. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas pu en manger, c'était une denrée qui était bien trop onéreuse au vu de sa consommation quotidienne. D'ailleurs il n'en prit pas d'autres dans le sachet déjà entamer, il aurait pu finir le paquet à lui seul.
Se décoller de la cuisine pour se mettre à chercher les bons ustensiles pour se préparer son petit-déjeuner à l'heure du midi. Faire battre les œufs pour faire en faire une omelette, cuire les lanières de poitrines fumées. Il cherche dans les placards pour chercher d'autres denrées sèches et il trouve des flocons d'avoines. Se faire une sorte de porridge, chauffant les flocons d'avoines gonflé par du lait, couper une pomme en morceau, un filet de miel et quelques morceaux de chocolat noir, le tout mit dans un grand bol. Méléän n'était pas un grand cuisinier, mais il savait se débrouiller pour les bases, bien plus habitué à manger des repas rapides et tout prêt qu'à prendre le temps de se nourrir convenablement.
Mais il y a longtemps, si longtemps que les souvenirs ne sont que brumes éparses, il avait l'habitude de cuisiner. Tout pour faire la différence avec les rations militaires, pour faire plaisir à son compagnon.
Le regard du Loup s'assombrit. Réminiscence d'un bras autour de sa taille, d'un baisé dans le coup alors qu'il s'était mit sur la pointe des pieds. L'odeur d'œuf et de bacon qui embaume la pièce. Un rire qui s'éloigne, de plus en plus, pour devenir un lointain échos dont on reconnait quelque note, mais dont on oublie la mélodie.
Reprendre conscience avec la réalité qui le rattrape brutalement comme s'il venait de sortir d'un doux rêve. Se racler la gorge.

- J'espère que l'odeur de la viande ne vous dérange pas.

Se laver les mains minutieusement. Il se doutait que le régime alimentaire de la fée serait bien différent du sien et il respectait cela. Chacun sa nature, ses convictions profondes. Lui-même était un prédateur. Il lui était naturel de chasser sa proie et de s'en nourrir, alors la viande faisait partie de ses repas quotidiens. Le lui interdire serait de la pure idiotie.
Méléän mange debout, rapidement sans vraiment prendre le temps de savourer. Mauvaise habitude de celui qui doit toujours courir après le temps et qui doit survivre au jour le jour. Il devait toujours être sur le départ, sur le point de repartir d'où il venait pour ne laisser aucune trace derrière lui. Le contrat actuel est particulier pour cette raison. Il ne restait jamais bien longtemps au même endroit pour ne pas que l'on rassemble trop d'informations à son sujet, pour ne pas s'attacher.
Un regard en biais vers la fée qui grignotait ses noix. C'était visiblement rater pour cette fois, ne pouvant s'empêcher d'admirer la profondeur de la couleur de sa chevelure qui danse sur sa nuque tel des filets d'encre qui soulignent l'arc de sa mâchoire, se mêle à cette peau mate qui attirait le soleil à elle pour la parer de reflet doré.

- Vous faite quoi pendant la journée ? Vous avez des hobbys ?

Essayer de penser à autre chose, se concentrer pour une fois sur sa nourriture. Il lave au fur et à mesure sa vaisselle, retenant l'emplacement de chacun dans cette cuisine qui visiblement était peu utilisé. Certains couteaux avaient encore leurs étuis en plastique, les poêles et autres casseroles ne portaient aucune rayure. Il se demandait de quoi pouvait se nourrir Pansy, en se demandant si elle ne pouvait manger que des noix et autres produits de ce type.

Un regard vers son bol de porridge, le tendre vers la fée.

- Vous voulez goûter ? C'est végétarien. De plus il n'y a que des produits naturels et peu de calories.

Il ne savait pas du tout si elle était du genre à faire attention à sa ligne ou si c'était son espèce qui faisait qu'elle mangeait peu. Mais pourquoi pas lui faire découvrir de nouvelles choses, cela égayera les journées parfois longues.
Poser le bol à côté d'elle pour la laisser réfléchir, ne surtout pas vouloir la forcer à prendre une décision. Bien trop souvent on lui impose une vision des choses, on la force à prendre une direction où elle n'avait pas son mot à dire. Avec lui, il voulait que cela soit différent, voulant libérer de ces chaînes cette libellule aux ailes diaphanes pour qu'elle goûte à l'avant-gout d'un semblant de liberté.
Faire semblant d'être occupé à autre chose pour qu'elle ne sente pas le poids de son regard, d'un jugement possible. Chercher un sachet de grain de café à utiliser dans la machine rutilante qui attendait sagement. Une fois ouvert il hume le parfum, charmé par les notes fruitées qui s'en dégagent. C'était visiblement de la qualité même s'il n'en connaissait pas grand-chose, plus habitué au jus de chaussette qu'à autre chose.
Quelques minutes pour comprendre le fonctionnement de la machine, un marmonnement agacé filtrant de ses lèvres une petite exclamation de satisfaction alors que le liquide chaud coule enfin. Moment précipité alors qu'il avait oublié la tasse, cette grande main qui l'attrape vivement pour la placer sous le liquide sombre se brûlant un doigt au passage.
Prendre la tasse si petite dans le creux de sa paume et venir siroter son café, claquant la langue sur le palais pour en savourer toutes les nuances.

Il croise le regard de la fée, plonge dans cet océan doré. On ne pouvait que remarquer sa beauté, même dans cette allée sombre il l'avait remarqué cacher derrière un grand manteau. Mais le jour apportait des nuances particulières à son regard, tel de l'or en fusion qui ne cesse de se mouvoir pour mieux le déstabiliser. Cette robe si simple semblait à ses yeux la tenue d'une princesse. Pourtant il ne la dévisage pas, ne la dénude pas de son regard. Il était juste admiratif de cette grâce naturelle comme lorsqu'il arrive à croiser le chemin de Nymphes ou de Néréides les nuits de pleine lune. Créature hors du temps qu'instinctivement il voulait protéger. Il devait en être le gardien, celui qui est prêt à dénuder les crocs et à s'interposer pour que leurs danses ne s'arrêtent jamais et que leurs chants se mêlent à ses propres hurlements sauvages.

Pendant un bref instant il imagine Pansy dans la forêt, touchant la mousse du bout des doigts, l'écorce des arbres, trempant la pointe d'un pied dans le cœur d'une rivière. C'était là sa place. Cela l'attriste, le révolte. Était-ce le résultat de ses propres péchés ? Avait-il fauté ? Pourquoi n'avait-il pas protégé cette espèce quand il le fallait ? Il devait maintenant voir une fée prisonnière pour le punir durant son errance ? Son sang boue alors que le jaune habille discrètement son regard. Détourner le visage, battre des cils, faire semblant en buvant une nouvelle gorgée, grattant une tâche imaginaire.

C'était impossible à formuler, comment articuler de telle parole. C'était le meilleur moyen de blesser le cœur pur de cette créature délicate, de lui arracher les ailes pour la mettre devant une réalité qu'elle connaissait déjà par cœur. Pansy le vivait chaque nuit depuis… Depuis combien de temps ?
L'Animal se redresse, repousse ses cheveux en arrière d'une main.

- Depuis combien de temps le Nymphéa est-il ouvert ? Vous étiez là à ses débuts ? Ne répondez-pas si cela vous dérange, je ne vous force pas.

Détourner son propre esprit, se forcer à dévier de route pour ne pas se perdre dans la colère ou la mélancolie.

- Cela me permet d’en savoir plus sur le propriétaire des lieux et donc d’agir en fonction.  Si vous avez des anecdotes à transmettre, cela me facilitera la tâche.

Mais dans son cœur de Loup, chante une chanson de liberté, de course dans les bois.
Un jour. Oui, un jour.

Lulu
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Lulu
Sam 7 Oct - 22:54

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Les effluves délicieuses caressaient délicatement les narines de Pansy, des fragrances aussi envoûtantes que les brumes ensorcelantes des sources chaudes du Nymphéa. Ses prunelles, avides et captivées, observaient avec une curiosité discrète les préparations minutieuses de l'Ombre. Habituée à ne voir que des mains affairées à confectionner des cocktails ou à profaner des corps, elle découvrait en cet instant l’art culinaire, aussi  modeste soit-il. La créature, habituellement voilée de mystère, dévoilait un savoir-faire particulièrement rare ici, si ce n’est, inexistant. Elle se surprit même à rêver du goût de cet œuf qui se fendrait pour libérer son jaune doré, ou d'une cuillère de ce bol que le miel faisait étinceler comme des étoiles. Quand l'Ombre, préoccupée par les effets de ces arômes envoûtants, s'enquit de l'inconfort de la fée, celle-ci avala discrètement sa salive pour dissimuler sa gourmandise.

— « L’odeur est délicieuse », répondit-elle d’un ton empreint de sincérité tandis que ses prunelles se relevèrent pour admirer la mine du cuisinier improvisé.

Ses doigts plongèrent dans le sachet, précipités par cette faim qui rongeait ses entrailles, et elle s'empara d'une noix, l'enveloppant de ses lèvres en espérant que ce modeste encas saurait apaiser son appétit grandissant. La lassitude empoisonna sa bouche, une amertume qui accompagnait chacun de ses repas depuis que Wraith l'avait contrainte à se dénuder sous les feux impitoyables du Nymphéa. En secret, elle laissa ses papilles se perdre dans l'illusion, substituant aux dures noix la douceur d'une cuillère de ce bol empli de flocons d'avoine, de miel et de chocolat, une mélodie suave qui dansait sur sa langue assoiffée, transportant son esprit affamé vers des horizons plus gourmands.

Le voyage se coupa net, lorsque l’Ombre l'interpella pour lui demander ce qu’elle faisait de ces heures avant que son enveloppe charnelle ne soit offerte aux vautours. Ses prunelles, timides, se dérobèrent, submergées par une honte qui, tel un poison suave, inonda les horizons sirupeux. Lorsque l’espoir de goûter une existence affranchie des murs du Nymphéa avait fané, brûlée par les désillusions, les tromperies et le flux du temps, Pansy avait sombré dans une léthargie profonde. Son lit devint son mausolée, et la morte-vivante ne s'éveillait que lorsqu'un labeur l'évoquait. Des années durant, avant que l'espoir ne dépérisse, elle avait donné vie à ses songes à travers une palette de couleurs, griffonnant des myriades de cahiers de formes variées, parfois plus ou moins justement tracées. Peu importe si elle les dessinait avec adresse ou non, le but n’étant que de décharger des émotions, des souvenirs et de se divertir. Des milliers de ces précieux carnets s'étaient consumés sous ses doigts, jusqu'à ce que le désespoir lui murmure, que nul intérêt ne résidait à divertir un corps déjà perdu dans les ombres du trépas.
Ses lèvres s'étaient à peine pincées, aucune tromperie ne jaillirait des lèvres de la féérique entité, du moins pas en s’adressant à cette Ombre bienveillante.

— « Je dessinais beaucoup », confessa-t-elle en relevant ses prunelles en direction du barbu. Un sourire en demi-teinte s'étira sur ses lèvres, ne faisant qu'accentuer la sinistre implication de ses paroles : à présent, mes journées s'étirent dans la léthargie, dépourvues de tout désir. Elle se fanait de plus en plus, à l’abri des regards.

C’était sans compter le désir ardent de savourer l'un de ces délices offerts par le loup, qui avait su l’éveiller un peu. Ses prunelles se précipitèrent sur ce bol, généreusement garni, et ses entrailles tressaillirent sous l'étreinte de la faim. Tu dois te nourrir de quelques fruits seulement, lui susurrait une voix spectrale.
Émacier ton être, le rendre aussi fragile qu'une brindille, peut-être même le faire se dissoudre, pour le rendre attrayant aux yeux de ceux qui préfèrent croire qu'ils te dominent.
Pansy n'était qu'une petite fée lorsqu'elle avait été recueillie par Wraith, et déjà à cette époque, l'esprit spectral avait cherché à sculpter ses joues rondes et à faire fondre sa musculature naissante. Se sustenter n'était plus un plaisir, c'était devenu une perpétuelle bataille contre elle-même, et que les prunelles avides, ne cessaient d’alimenter.

Alors, lorsque l'Ombre lui murmura que les calories étaient rares, son regard, hésitant, se mua en une lueur d'envie. Peut-être pourrait-elle céder, ne serait-ce que pour quelques bouchées. D'un geste délicat, elle posa son sachet de noix sur le plan de travail et prit possession de ce bol qui la tentait depuis le début. Juste quelques bouchées, songea-t-elle, Wraith ne remarquerait rien.

— « Merci beaucoup », souffla-t-elle, ses lèvres affamées se réhaussant en un sourire discret, mais franc.

L'impatience l'emporta, sa faim devait enfin trouver satisfaction. Avec une délicatesse infinie, mesurant instinctivement les bouchées qu'elle prélevait, Pansy s'offrit une première cuillerée. Un déferlement d'arômes et de sensations caressa son palais engourdi, l'éveillant d'une manière exquise. Doucement, la jeune fée inclina la tête, laissant échapper un murmure discret de béatitude. Depuis si longtemps, elle n'avait pas connu pareille délectation. Elle savoura exactement trois bouchées subtilisées au bol du loup, avant de le reposer délicatement sur le plan de travail. Pas davantage, car elle savait que cela déplairait à Wraith. Pas davantage, car cet en-cas était également le festin de l'Ombre et elle ne souhaitait pas abuser de sa générosité.

Baignée dans une gratitude lumineuse, Pansy reporta son regard sur le loup, qui luttait silencieusement avec la cafetière. Une douce chaleur envahit son être, et un autre sourire naquit sur ses lèvres habituellement droites ou pincées. Il n'était pas encore là depuis une journée complète, et déjà il avait réussi à infuser un peu de lumière dans les ténèbres, à apporter une touche de chaleur dans cet univers de froideur. Pansy avait le sentiment que, peut-être, elle avait trouvé un allié dans cette réalité terne et fragmentée. Ses gestes attentifs, sa bienveillance naturelle, sa présence rassurante, tout en lui suscitait en elle une admiration discrète mais indéniable. Elle s'empressa de détourner ses yeux, espérant qu'il ne surprenne pas ses regards furtifs, qui pourraient paraître hassarants. Mais malgré sa tentative de fugue, le loup réussissait invariablement à capter son regard. Ses yeux, tels des aimants, trouvaient toujours le chemin pour la captiver. C'était comme si elle avait l'impression de s'immerger dans des eaux rassurantes et salvatrices, un océan d'apaisement où elle pouvait enfin se réfugier en toute quiétude. Comment pouvait-il être réel ?

Après des années d'errance en pleine désolation, dans cet océan d'or, elle rêvait d'absorption.
De se fondre, s'abandonner, perdre toute notion, en priant qu'il ne fût qu'une douce illusion.


Et soudain, l'océan se retira brutalement, trahissant les terres qui, à nouveau, s'endurcirent, comme si elles refusaient le baiser des vagues. Les prunelles de la fée s'agitèrent, cherchant frénétiquement un sens derrière cette fuite précipitée. Mais, hélas, rien ne se dévoila à son esprit avide. Peut-être était-ce le néant, en fin de compte, et c'est ce qu'elle se prit à espérer. Ses lèvres demeurèrent scellées, tandis que celles du loup, emplies de curiosité, s'animèrent de questions muettes. Combien de temps, lui demanda-t-il, était-elle captive de cet endroit ? Il voulait connaître chaque recoin de son territoire, s'imposer en tant que gardien vigilant. Les doigts de Pansy se crispèrent dans le vide, puis s'enchevêtrèrent en une promesse silencieuse, et c'est ainsi qu'elle abandonna cet océan doré qui l'avait momentanément retenu.

— « J’imagine que je suis là depuis toujours », répondit-elle.

L'enfant qu'elle avait été avait péri entre les murs d’un autre lieu maudit, tandis que Pansy était née en même temps que le Nymphéa, et que Wraith. Elle se tenait prête à dissimuler les détails sombres de son existence, à jeter un voile glacé sur les récits qu'elle s'apprêtait à partager. Elle se rassurait en se disant qu'il ne s'agissait pas de son histoire, mais celle du Nymphéa. Elle inspira profondément, apaisant les prémices de sa nervosité, renforçant sa détermination. Être étrangère à elle-même, à son passé, était une aptitude qu'elle maîtrisait avec excellence.

— « J'ignore précisément quand ce lieu a été construit », avoua-t-elle. « À mon arrivée ici, j'étais dépourvue de toute notion temporelle, mon espèce ne mesurant pas les années de la même manière que les mortels ou certains autres immortels. Ce lieu, autrefois, était le refuge des Daevas, de puissants mages venus de contrées lointaines, ce qui explique son esthétique unique. »

Wraith avait conservé ce lieu tel qu'il l'était, non seulement pour préserver ses origines, mais aussi pour offrir aux immortels un sanctuaire qui évoquerait une époque à jamais révolue. Alors que d'autres établissements du même acabit optaient pour une modernité évidente, le Nymphéa se démarquait avec brio.

— « Les Daevas furent jadis persécutés pour leur magie. Un roi humain du nom de Jamshid décida de leur accorder protection en échange de leurs pouvoirs. Grâce à eux, Jamshid parvint à obtenir l'immortalité... ou, plus précisément, grâce aux péris, que les Daevas utilisaient pour leurs divers pouvoirs en faveur du roi. Péri est le nom donné aux fées de ces contrées éloignées », expliqua-t-elle, levant ses yeux pour les poser sur l'Ombre.

Pansy fit une pause, laissant au loup le temps d'assimiler ces informations et ces termes qui devaient lui sembler bien étranges.

— « De nombreuses d'entre nous furent capturées. Les Daevas nous imposèrent un sceau, comme gage de soumission et pour empêcher notre fuite », dit-elle, glissant ses doigts sur sa poitrine pour baisser légèrement les pans de sa robe et dévoiler la rune apposée. Wraith ne l'avait pas retirée, bien qu'il lui en avait fait la promesse. « Jamshid se montra arrogant, et devint un souverain médiocre. Son peuple se souleva et le renversa. Les Daevas furent massacrés, tout comme les péris et les autres surnaturels. Toutefois, quelques-uns d'entre eux réussirent à s'exiler, emportant avec eux leurs précieuses péris. Le Nymphéa devint leur dernier refuge, et ils tentèrent de nous exploiter à nouveau pour se faire une place dans ce nouveau monde. Mais ils échouèrent, et pire encore, certains révolutionnaires parvinrent à les retrouver », conclut-elle.

Le silence, lourd et douloureux, enveloppa Pansy après qu'elle eut partagé une partie de son récit. Un vide béant de douleur se reflétait dans ses yeux, tandis qu'elle replongeait dans les abysses de ses souvenirs tortueux.
Soudain, comme un coup de tonnerre dans l'obscurité, elle fut submergée par des bruits glaçants. Des cris d'agonie résonnaient dans son esprit, des échos des horreurs passées qui la plongeaient dans un abîme de terreur. Elle n'avait pas assisté au massacre, mais elle l'avait entendu. Les cris déchirants, les appels à l'aide, les hurlements de désespoir la hantaient encore la nuit, comme des spectres surgis du passé.

Elle, avait été cachée par l'une des fées sous les planchers, précisément là où se trouvait aujourd'hui la salle de danse. Lorsque les premiers échos de la tragédie parvinrent à ses oreilles, le plancher froid au-dessus d’elle devint un refuge terrifiant, une prison de bois qui n’était que les prémices de sa captivité en ce lieu maudit. Les cris de ses compagnes d'infortune, les larmes versées, tout cela résonnait encore, des murmures sinistres qui montaient du sol, transperçaient les murs, s’écoulaient du plafond.

Les souvenirs cruels persistaient, indomptables, les fantômes du passé ne disparaissaient jamais vraiment malgré le temps.

Pansy, secouant doucement sa tête pour chasser les ombres du passé, s'efforça de retrouver sa concentration. Elle ressentait le besoin de continuer son récit, malgré les horreurs qui la hantaient. Dans un effort de volonté, elle se souvint qu'il y avait le loup, et elle refusa de flancher, ne voulant pas le plonger dans les abîmes de sa propre tristesse. Alors, elle prit une inspiration, cherchant la force de continuer son récit. Les souvenirs douloureux semblaient maintenant flotter autour d'elle, mais elle s'efforça de rester calme et concentrée.

— « Wraith, qui n'était alors qu'un apprenti Daevas à l'époque, fut l'un des rares à survivre », dit-elle d'une voix douce, évoquant le nom de celui qui dirigeait ce lieu maudit. « Il prit possession de ce lieu et le renomma le Nymphéa, la fleur de la renaissance », ajouta-t-elle, un soupçon d'amertume dans sa voix.

Car si lui avait su renaître, elle s'était vue dépérir au fil des années.

— « Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à propos des vertus de mon sang ? » le questionna-t-elle, plongeant ses prunelles dans celles du loup. « Les effets ne vous rappellent-ils pas la fragrance qui font tourner vos sens... et ceux de tous ceux qui se perdent ici…? » poursuivit-elle, tandis que sa gorge se serrait peu à peu. « Cette odeur n'est autre que celle du sang de toutes ces pauvres péris, qui s'est imprégnée dans les murs, les plafonds et les sols du Nymphéa. Le moindre recoin en est souillé », murmura-t-elle, un frisson parcourant sa colonne vertébrale alors qu'elle livrait une anecdote macabre. « Une odeur que Wraith exploite allègrement », conclut-elle, retenant une grimace de dégoût.

L'arôme sucré du passé se mêlait au parfum de l'obscurité, créant une toile olfactive complexe qui évoquait une douce nostalgie autant qu'un chagrin profond. C'était comme un bouquet de roses écarlates, dont chaque pétale portait la trace d'un souvenir, un mélange d'amour et de tristesse qui emplissait l'atmosphère du Nymphéa.
Ezvana
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Ezvana
Jeu 12 Oct - 19:00

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Un pli ce forme sur son front, son regard bien vite baissé vers la tasse de café entre ses mains. Ne faire aucun commentaire sur la façon dont Pansy évoque le passé avec ces dessins. A quoi bon remuer le couteau dans la plaie, il devinait sans peine que la lassitude avait étreint son âme et que la belle avait abandonné cette expression artistique. Lui-même n'était pas touché par l'art, incapable de dessiner autre chose que des hommes bâtons ou bien de composer une musique avec des instruments. Parfois il chantait, quand le cœur était trop lourd et que l'isolement le peiné, semblable aux hurlements quand la lune s'arrondit dans la nuit. De sa voix basse et grave il chantonnait des vieilles chansons de son époque d'humain, modifiant parfois le rythme oublié depuis des décennies. Mais il trouvait cela triste que la fée ne puisse plus s'exprimer d'une manière ou d'une autre. Dans le monde où elle vivait, cela devait être primordiale. A quoi s'occupait-elle dans ce cas ? Qu'est-ce qui pouvait faire un peu vibrer son corps ?

Quand elle s'approche de son bol, il la regarde en biais, fuit le moindre contact pour ne pas paraître grossier. Méléän l'observe plutôt avec sa vision périphérique, sirote son café tandis qu'elle prend délicatement quelques petites bouchées de son porridge tel une abeille butinant le cœur d'une fleur rare. Il voyait bien dans la posture de son corps, dans l'éclat de son regard qu'elle rayonnait d'envie mais qu'elle se privait visiblement d'un plaisir pourtant considéré comme normal pour la plupart des personnes. Elle ne connaissait rien aux saveurs pourtant simples d'un repas préparé en moins de 5 mins, une enfant qui savoure son premier bonbon le sourire aux lèvres. Le son qui s'échappe de sa bouche lui arrache un frémissement.
Le Loup ne se moque pas, n'est pas condescendant. Il se demande plutôt si ce n'était pas ainsi qu'on lui a appris à vivre, si ce n'était pas des règles hideuses pour l'emprisonner dans un corps qui correspondrait à des normes toutes aussi laide. Comme si elle n'avait vécu que dans cet endroit.

Puis Pansy commença un récit qui lui glaça le sang. Incapable de bouger, il laissa le porridge refroidir aux côtés de la fée, se contente de la regarder sans pourvoir dire un mot. La gorge se serre, les sourcils ce froncent de douleur, des rides plissant ce visage transformé par la tristesse. C'était une douleur lancinante, celle d'une perte inestimable que le monde devait regretter et pourtant passé sous silence. Personne n'en a parlé, jamais il n'a entendu cette histoire. Comment se soucier de ce qui n'existe pas ?

Mains veineuses qui agrippent le rebord du plan de travail, jointures qui blanchissent sous la pression comme si elles pouvaient fendre la pierre. Il avait envie de se tendre vers l'avant, d'approcher ce corps si frêle pour l'entourer de ses bras. Faire fuir les images qui traversent ces douces prunelles et qui transforme la beauté de cette femme en un interdit muet. La serrer contre elle, lui embrasser le front pour chasser ces réminiscences du passé. Lui dire que c'était terminé et que le cauchemar prendrait fin.
Mais il se retient, contient cet élan de protection qui s'activait à chaque fois en sa présence. C'était plus fort que lui, comme un réflexe instinctif qui s'enclenchait à chaque fois qu'il apercevait le reflet sur une aile diaphane. Cela boue en lui, monte par vague de plus en plus dévastatrice. Il sent sa mâchoire le lançait alors que ses canines semblent prendre de la place dans sa bouche, que son cœur bat déjà plus vite pour anticiper une transformation. Son poil se hérisse et un élan douloureux lui broie la colonne vertébrale alors qu'il essai tant bien que mal de retenir ce corps qui refuse de lui obéir. Le corps à un soubresaut alors que l'animal se transparait dans son regard. Il voit la jeune femme face à lui et il réalise qu'il pouvait être terrifiant, entre l'homme et la sauvagerie. La peur s'insinue dans ses veines et trace des rides anxieuses sur son visage. Il ne voulait surtout pas effrayer la fée, ne voulait pas être une personne de plus dont elle se méfierait.
Éclat de lune solitaire qui fait échos à son propre isolement.

- Putain de merde. Quel fis de pute.

Se retourner d'un mouvement brusque, serrer les poings sur la plaque lisse. Il serait prêt à soulever des montagnes pour trouver ce Wraith à l'instant, de lui dévorer le cœur ou de glisser une arme à feu sur sa tempe. Il était imprégné d'une colère, non d'une furie, qui était en train de balayer tout sur son passage. Une nouvelle fois il a l'impression d'avoir échoué dans une mission pour laquelle il était destiné alors qu'il n'en comprenait pas les raisons. Comme le Loup qui hurle naturellement vers la lune, il sentait le poids d'une quête qui lui demandait d'agir. Pourtant il se raccrochait à une lucidité acide, celle de ne pas faire souffrir la créature derrière lui. Il ne pourrait pas supporter de voir l'éclat de la frayeur ternir le doré de son regard ou d'apercevoir un mouvement de recul pour se soustraire à sa présence.
Un long souffle comme pour expirer sa haine et la retirer de son corps bouillant. Cela faisait deux fois en deux jours, ce n'était pas normal. Il avait la tête froide d'ordinaire et la nouvelle lune ne serait pas là avant un certain temps.

- Je suis désolé.

C'était un chuchotement, incapable d'articuler normalement avec la boule dans la gorge. Il était désolé d'être effrayant, il était désolé qu'il fut obligé de tuer quelqu'un devant ses yeux. Il n'était peut-être pas la bonne personne lui venir en aide, trop barbare pour un être de lumière.

Il se retourne pour lui faire face.

- Je suis désolé…

Un son étranglé alors que dans ses yeux l'émotion brille même si aucune larme ne vient perler au bord de ses cils.
Il était désolé qu'elle ai pu vivre cet enfer. Il était désolé que dans ses yeux vitreux on pouvait y voir des reflets d'horreur indicible. Il était désolé qu'elle soit dans une prison de verre et que personne ne lui soit venu en aide.

Se mordre la langue pour que la douleur apaise son émoi. Il regrettait amèrement de lui avoir fait ce commentaire sur ces odeurs. Lui d'habitude si peu loquace avait dévoilé un peu trop de ses pensées, il devait en retirer une leçon

- Je suis navré pour le commentaire sur ces fragrances. Je ne voulais pas faire remonter des souvenirs douloureux.

Une fois encore il se flagelle mentalement, la honte étreignant son palpitant. Pourtant il relève son visage, regarde cette fée droit dans les yeux pour lui prouver la véracité de ses dires. Comme si elle pouvait lire dans son âme à travers le miroir de ses prunelles.

- Mais je peux vous affirmer qu'il y a des bougies avec des phéromones qui affectent les personnes tel que moi. Comme l'odeur du sang peut attirer un Vampire, il y a des choses qui peuvent tourner l'esprit des Lycans.

Une faiblesse qu'il annonce sans sourciller. C'était un fait, bien que beaucoup ne souhaitent pas divulguer une telle brèche dans leur capacité à se contrôler. Comme les nuits de pleine lune ou la frénésie l'emportait, il y avait des choses qui pouvaient les affecter autrement. Pansy en était une, mais il se retenait bien de le lui avouer.

- Je n'avais pas en connaissance l'histoire de votre espèce. Je … J'étais un humain autrefois. On vivait dans un monde ou les personnes comme nous n'étaient que des on-dits, des fables que l'on racontait aux enfants. J'ai pris connaissance l'existence de tout cela lors de la Grande Guerre, il y a plusieurs siècles, quand le monde surnaturel a envahit l'Humanité. Je ne savais pas qu'il existait déjà des lieux comme celui-ci.

Cette impression d'essayer de se justifier maladroitement. Alors il ferme la bouche, pince les lèvres. Il venait également d'avouer son ancienne humanité, chose qu'il ne faisait jamais pour éviter les brimades, les insultes. Beaucoup d'entre eux sont devenus ce qu'ils étaient de la même façon que lui, la Morsure devenant prohibé plusieurs années après. On ne pouvait pas envahir une planète d'immortelle au risque de la tuer plus rapidement que prévu. Pourtant encore, être Humain était devenu une insulte. Quand on était doté d'incroyables performances, être aussi banal qu'un être Humain était mal perçu.
La mâchoire se serre par spasme alors qu'il essaie de chasser le reflet jaune de son regard.

- Cela veut dire que Wraith et l'un des derniers de sa caste ? Avez-vous déjà rencontré d'autres Daevas depuis … ? Est-il souvent au Nymphéa ? Que fait-il quand il est présent ?

La colère brillait toujours dans ces billes de souffre, mais maîtrisé comme on dompte un monstre mythique. Plus il en saurait sur ce Wraith plus il pourrait agir. Il ne doutait pas qu'un être qui est vécut aussi longtemps était affuté telle une lame de rasoir passant maître dans la manipulation et que cet être était un danger. Folie que de penser qu'il suffirait de lui bondir dessus et de serrer la mâchoire autour de sa gorge jusqu'à entendre un craquement satisfaisant. Méléän n'était pas un justicier. Il était un mercenaire. Et justement, il ne craignait pas de se salir les mains et d'agir contre toute volonté. Il lui suffisait d'avoir un contrat.
Après tout, il était l'Ombre.

Lulu
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Lulu
Sam 14 Oct - 20:38

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. La bête enragée se manifesta de nouveau, dévoilant sa fureur dans un éclat jaunâtre. Mais l'hôte réprima sévèrement ce démon intérieur, préférant s’infliger une douleur palpable que la libérer sous les yeux de la fée. Le voile de mélancolie qui avait enveloppé les yeux d'or de Pansy s'évanouit soudain, laissant place à une peine indicible et à un étonnement flagrant. Jamais n'aurait-elle osé prétendre pouvoir susciter la compassion de quiconque en ces lieux. La plupart des naufragés l'avaient déjà abandonnée, piégés par Wraith, avant même que les lèvres de la sylphide ne puissent se délier pour partager un fragment de son histoire, et par extension, un bout de la vérité.
Une puissante vague de compassion submergea la fée et sa tristesse, face à l'abîme de douleur qui jaillissait de l'âme tourmentée du loup. Son cœur, comme empoigné par une main invisible, se serrait douloureusement dans sa poitrine, et un désir irrépressible naquit en elle, celui de soulager cette créature de la nuit, brisée par des tourments insondables. Alors, elle s'approcha de l’Ombre, à pas lents, laissant entre eux une distance raisonnable, afin que le prédateur blessé ne se sente pas acculé, ne se trouve pas traqué. Tout près de lui, elle posa sa main délicate sur le plan de travail, à quelques maigres centimètres de l'une de ses mains crispées. L'hésitation la saisit, comme une brise fragile dans la nuit, avant de finalement renoncer à l'acte trop audacieux. Elle craignait que tout contact non désiré se mue en une nouvelle torture.
Et pourtant, elle aurait tant désiré étreindre cette main avec tendresse, prodiguer une nuée de caresses à cette silhouette tremblante, dans l'espoir d'apaiser son tourment.
Tout doucement, la fée se préparait à tenter d'apporter ne serait-ce qu'un modeste réconfort au loup dont l'âme sombrait dans l'abîme de sa propre noirceur. Ses paroles seraient maladroites, elle en avait conscience, car elle se savait peu habile avec les mots, la faute à des années passées à être réduite à un bout de chair alléchant. Toutefois, elle était déterminée à l'offrir, ce réconfort, ne pouvant se contenter de l’observer sombrer. Cependant, avant qu'elle n'ose franchir le seuil de cet échange incertain, le loup, dans un élan de remords, l'interrompit en s'excusant humblement. Les sourcils de la fée se froncèrent, l'étonnement flottait de nouveau sur ses traits. Lentement, Pansy se pencha vers le plan de travail, cherchant à plonger son regard dans celui de l’Ombre, dans l'espoir de l’extraire de ce flot de détestation qu'il nourrissait envers lui-même, et qui le dévorait de l’intérieur avec la même férocité qu’une bête féroce.
Contre toute attente, la petite fée n'était pas effrayée. Elle avait vu maintes créatures perdre le contrôle de leurs instincts primaires, laissant éclater des pulsions violentes, et plus d'une fois, son propre corps avait été le réceptacle de leur fureur incoercible. Mais cette fois-ci, elle avait la sensation que c'était différent, que cette rage, cette violence, n'étaient pas dirigées vers elle, mais vers un ennemi bien plus redoutable, invisible à ses yeux mais bien présent dans l'esprit du ténébreux. La compassion, teintée d'une certaine tristesse, l'envahit, comme une pluie douce tombant sur un champ de bataille désolé.

L’Ombre lui fit face. Leurs regards se croisèrent, s'entrelaçant comme deux rivières qui se rejoignent pour former un seul courant. Là, dans cet échange silencieux, il s'excusa de nouveau, la tristesse scintillant dans ses prunelles. Les mots sont presque superflus, car la compassion qu'il exprimait se lisait dans l'éclat de ses yeux tourmentés.
Pansy ressentit alors une vague de tendresse se déverser de ce regard pour l’innonder, une douce chaleur qui se glissait dans son âme à travers ces mots et ces prunelles emplis de regrets face à ces crimes qu’il n’avait même pas commis. Les traits de la fée se détendirent imperceptiblement, mais elle ne put dissimuler le frémissement qui agita son être. Une émotion puissante s'empara d'elle, mélange complexe de soulagement et de vulnérabilité. Elle aurait voulu, à cet instant, baisser la tête pour protéger son cœur de ce flot d'émotions, mais elle tint bon, car elle croyait, peut-être naïvement, que ce loup brisé ne se servirait pas de sa vulnérabilité pour la rabaisser, comme le ferait sans doute Wraith. C'était une lutte intérieure qui exigeait d’elle un courage hors du commun : s'exposer sans défenses, avec une sincérité brutale et crue.
Un acte qui, autrefois, lui était naturel, mais qui avait été corrompu et enseveli sous les chaînes invisibles de la cruauté de Wraith et de ses pairs. Elle savait que la moindre faille, la moindre trace de fragilité, étaient utilisées par cet être malveillant pour l'accabler et la punir. Depuis trop longtemps, elle s'était retranchée derrière un masque, une façade impénétrable, parfois candide, pour survivre. Au point où elle s’était elle-même convaincue qu'elle ne ressentait aucune souffrance. Que ce n’était pas si terrible.

— « Ce n’est pas à vous de vous excuser… » souffla-t-elle en déviant son regard de sa silhouette, une myriade de noms et de visages lui traversant l’esprit, comme une pluie d’étoiles filantes. Mais plutôt à eux, qui défilaient avec indifférence sous ces prunelles impuissantes.

La fée reposa son regard du loup, lorsque ce dernier, d'un souffle timide, s’excusa pour sa maladroite remarque au sujet des fragrances. Ses prunelles, ces deux joyaux dorés, cherchèrent à se lover dans les orbes du lycan, en quête de ce précieux contact visuel, afin de lui transmettre que nulle rancœur ne logeait dans le creuset de son palpitant.
L'Ombre poursuivit son récit, dévoilant sa sensibilité lupine à l'égard de certains parfums, dévoilant une petite faille dans l'armure de la bête nocturne. Cette confidence pénétra le cœur de la fée avec une douceur insoupçonnée. En cet instant éphémère, la fée ne se sentait plus comme une simple créature fragile, obligée de s’incliner devant la toute-puissance d’une autre créature. Grâce à cette vulnérabilité partagée, elle goûtait à une équité rare et précieuse, qui lui soufflait que même les êtres les plus redoutables avaient des faiblesses.

— « Rassurez-vous, votre commentaire ne m’a pas blessé » révéla-t-elle, esquissant un petit sourire qui se voulait être réconfortant. « Ça m’est précieux de savoir que pour certains, cette odeur n’est pas synonyme d’atrocités… Qu’elle a préservé son essence originelle, c’est-à-dire celle d’inspirer la vie et non la mort. »

Il lui arrivait parfois de désirer ardemment en découvrir les effets, ne serait-ce qu’une fois, au cours de cette existence sans fin, pour savourer le désir plutôt que le dégoût ou l'effroi. Elle rêvait de faire frémir son être, de l'habiter pleinement, de ne plus se sentir étrangère à lui, de ne plus le fuir par crainte de ressentir une multitude de souffrances en son sein. Elle rêvait de sentir qu’il n’était pas infesté, que leurs dards infâmes n’avaient pas empoisonné ses chairs, que ce corps n’était pas une vulgaire charogne. C’était l’un de ces vœux qu’elle murmurait à la lune et aux silhouettes en cire.

L’Ombre, dans une langueur mélancolique, poursuivait ses explications, dévoilant son ignorance des massacres fées, expliquant que sa condition d'ancien être humain l’avait maintenue dans l'obscurité. Une lourde confession qui offrit à la fée un aperçu plus sombre de l'âme de l’Ombre. Avec une timidité résignée, il révélait une part de son identité dans un monde où l'humanité était vilipendée, considérée par certains surnaturels comme une race inférieure. Isolée du monde extérieur depuis des siècles, Pansy demeurait ignorante des tourments endurés par les humains, des souffrances que le grand brun avait éventuellement pu connaître lors de cette Grande Guerre, dont elle n'avait capté que de vagues échos. Elle savait bien que Wraith avait joué un rôle dans ce conflit - vouant une haine viscérale pour les êtres humains -, mais elle ignorait tout de sa contribution précise et de l'impact de celle-ci sur l'ensemble de ce drame. En conséquence, lui reprocher ses erreurs lui paraissait tout à fait impossible. Pansy, l'âme éplorée, ressentait toute la gravité des mots de l’Ombre et, puisant au plus profond d'elle-même, elle chercha une réponse qui puisse exprimer non seulement sa compréhension, mais aussi son absence totale de jugement.

— « C’est normal de ne pas le savoir. Moi-même… j’ignore ce que l'humanité a traversé, à croire que je suis coupée du monde depuis plus longtemps que je le pense » confia-t-elle, quelque peu embarrassée. « Je suis plutôt navrée que vous ayez dû laisser derrière vous une part de vous-même » ajouta la fée, ses prunelles éclairées par une compassion profonde caressant la mine du mercenaire. Hésitante à l’idée de continuer par peur d’être maladroite, ses lèvres pincées s’agitèrent brièvement, puis la sylphide prit une légère inspiration. « Je sais ce que ça fait d’être obligé de renoncer à une partie de soi-même pour survivre. »

Un silence, teinté d'une mélancolie partagée, se dressa entre eux. Un silence qui transcendait les mots, où la fée, d'un regard tendre, convia leurs âmes à fusionner, telles deux étoiles solitaires perdues dans l'abîme d'une nuit sans fin. Un regard qui dessinait les prémices d’une potentielle complicité forgée dans la douleur, d’une communion muette entre deux êtres qui, pour survivre, avaient dû inhumer des fragments d'eux-mêmes. Les soubresauts de guerres insensées, ces tempêtes qui les avaient emportés dans des tourbillons pour les rejeter sur des rivages étrangers, les vidant de leurs identités, les dépeçant de leurs intégrités, les condamnant à la solitude.

La colère incandescente crépitait dans les prunelles du lycan, attisant le feu de la curiosité. Les questions, chargées de présages funestes, fusèrent comme des flèches dans l'air électrifié. Toutes ces interrogations visaient Wraith, sujet d’une féroce répulsion. Pansy discernait avec clarté le dessein de l’Ombre, devinait vers qui cette véhémence était dirigée, vers qui convergait cette implacable colère. Une furie qu’elle ne s’était jamais permise. Dans ces braises, elle entrevoyait une opportunité, une lueur d'espoir qui s'offrait à elle. Peut-être, si elle laissait le loup se lancer contre Wraith, pourrait-elle aspirer à la délivrance, voire à la liberté absolue. Le fruit défendu.  
Pourtant, l'hésitation s'insinuait sournoisement en elle, telle une vipère rampant dans l'antre de son esprit terrifié. La crainte de la colère de Wraith la prenait au piège, nourrissant ses inquiétudes face aux tourments que lui infligerait ce bourreau impitoyable. Tel un poison, cette peur éveillait en elle des doutes jusqu’à la persistance du désir vengeur de l'Ombre, la faisant se questionner si cette volonté était éphémère, destinée à s'atténuer pour finalement s'évanouir. Laissant en son sillage une fée abandonnée, seule et démunie, appelée à faire face au paysage désolé qu’aura laissé cette colère implacable.
Pansy s'enfonçait toujours plus profondément dans le labyrinthe de ses pensées, ruisselantes de venin, se questionnant sur la véritable puissance du lycan, se demandant s'il était suffisamment vaillant pour se dresser face à Wraith, pour résister à l'ombre dévorante de ce démon immortel. En elle, naissaient des appréhensions sombres, des craintes lourdes comme le plomb, suggérant que toute confrontation pourrait bien se muer en une tragédie déchirante pour l’Ombre. Elle craignait que, pour préserver sa propre existence, le loup ne s'éclipse dans les ténèbres, ou que le cruel Wraith ne le plonge dans un enfer sans fin.
Au fil de ses songes, Pansy prit conscience des raisons qui l'avaient poussée à s'enfermer dans la solitude pendant des siècles. Elle comprenait que la terreur, cette entité insidieuse qui grignotait son âme et empoisonnait ses songes, la maintenait captive dans un isolement qu'elle s'infligeait depuis des siècles maintenant. Cette peur paralysante pouvait sembler irrationnelle, mais aux yeux de l’oubliée, elle paraissait insurmontable, comme si ses chaînes étaient forgées dans l'acier de ses terreurs.  
Main frêle quitta le plan de travail, où elle s’était échouée plus tôt dans l’espoir de le libérer de l’étau de sa furie vrombissante, pour se menotter à son autre main. Ses prunelles s’obligèrent de quitter celles dans lesquelles elle avait aperçu une lueur d’espoir, pour se jeter dans un néant familier.

— « Je suis désolée », confessa-t-elle, consciente d’avoir jeté l’Ombre dans les abîmes d’une sympathie qui lui serait potentiellement mortelle. Fée se fit violence pour ignorer l’incendie de la colère qui s’éveillait en elle, et qui menaçait de brûler cette Pansy qui avait eu la langue bien pendue. Cette Pansy, qui aurait tant voulu saisir cette main tendue. « Vous ne devriez pas vous le mettre à dos. Je ne compte plus les âmes qui se sont mystérieusement évanouies dès qu’elles ont eu le malheur de se hisser contre lui… »  et je ne veux pas que la vôtre devienne l’une d’entre elles, s’empêcha-t-elle d’ajouter. « Ne faites pas de ce lieu votre prison, ou votre tombe. »

Pas une de plus, murmura une pensée qui glissa furtivement à travers les méandres de son esprit, lui rappelant d’ailleurs un songe recueillit lors d’une visite nocturne indésirée. Pansy s'était jurée d'empêcher les profanateurs d'enfreindre le sanctuaire où ils avaient tissé leurs nids, et pour se faire, elle avait une petite idée. Un soupir, teinté de résignation, s'échappa de sa poitrine tatouée, cherchant à se débarrasser des tourments que le venin de ses appréhensions précédentes avaient fait naître en elle.

— « Pourriez-vous me rendre un petit service ? » questionna la fée, qui releva ses billes dorées vers la mine de celui qui incarnait son espoir désormais enfoui, mais qui pourrait en représenter un autre. « J’ai cru entendre qu’il y avait une sorcière qui tenait une échoppe à quelques pas du Nymphéa… Serait-il possible pour vous de me ramener une petite dizaine de fonges et de la sève de berce du Caucase ? »

C'était une course pour laquelle il n’aurait pas à débourser une seule pièce. Pansy prévoyait de lui remettre un petit sac rempli de sous, afin de couvrir les frais nécessaires. La fée se trouvait inéluctablement contrainte de recourir à ses services, car elle était, de toute évidence, captive du Nymphéa, incapable de s'échapper de ce lieu pour accomplir la moindre tâche à l'extérieur. Du moins, tant que Wraith ne le lui permettait pas.
Ezvana
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Ezvana
Lun 23 Oct - 23:23

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Il y avait quelque chose d'invisible qui s'était forgé pendant un instant, un pont entre leurs deux âmes alors que les regards s'échangent que dansent leurs émois qui font battre le palpitant plus ardemment. Une danse entre le doré délicat et l'ambre vieillit, une liaison qui se marie et ne forme plus qu'une flamme qui brûle d'un éclat parfait. Le temps semble se ralentir, chaque grain du sablier tombant avec une lenteur délicieuse, alors qu'une sensation particulière diffusait une chaleureuse doucereuse dans ses membres. L'impression de trouver un écho à ses propres réflexions, d'avoir trouvé quelqu'un de semblable, celle qui connaissait la même chanson que l'on hurle à la lune quand la solitude vous étreignait le cœur.
C'était fragile, presque éphémère, rien qu'un mirage dans une fumée dispersée. Mais c'était suffisant pour toucher le Loup en pleine poitrine et ranimé quelque chose de perdu depuis longtemps. Méléän était incapable d'en comprendre la raison, ni même ce qui était détruit par le passé et pourtant quelque chose remue dans ses entrailles.

Mais comme un miroir qui tombe à terre, le reflet se brise en mille morceaux alors que la fée recule, détourne son visage pour mettre un terme à cet échange, que ses paroles le mettent en garde d'oser s'aventurer sur un terrain glissant.
L'Homme observe les brisures, ne comprend pas pourquoi tout a été détruit avec une désinvolture qui le touche profondément, pourquoi cet éclat brillant était soudainement devenu des morceaux épars qui n'avait plus aucune lumière. Une boule monte dans sa gorge manque de se transformer en un grondement de colère et de peine mêlée. On lui avait fait miroiter un semblant de croyance, quelque chose sur laquelle prier pour retrouver ce qui lui manquait intensément.
Et tout s'effondre par l'éloignement de la femme.

La sauvagerie le quitte instantanément, cette envie de mordre qui lui cingle la gencive s'évapore. L'éclat de souffre de ses prunelles disparait au profit de ses yeux naturellement brun assombrit par une autre colère, bien plus dévastatrice que la sauvagerie. Car elle était le reflet de sa déception, de cette douleur d'avoir espéré et d'avoir été dupé. Finalement ce n'était bien qu'un mirage, une illusion pour mieux le charmer pour finalement le laisser seul pour éviter les choses concrètes. Comme toujours. Comme tous les autres.

La mâchoire se dessine alors que les dents grincent, un pli amer déforme cette bouche, les canines éraflant l'intérieur des muqueuses. Méléän essai de calmer cette impulsion qui vibre dans tout son corps à chaque battement de cœur, essai de contenir cette peine qui ne devait pas l'atteindre profondément. Peut-être qu'elle n'avait pas répondu à ses questions pour l'empêcher de prendre des risques, peut-être était-elle pétrifiée par la peur de subir les conséquences s'il devait rater. Esquiver les réponses qui pouvaient lui être utiles était la seule arme qu'elle avait en sa possession et il ne devait pas lui en vouloir. Pourtant une montée acide lui brûle l'œsophage et il détourne son visage pour ne plus apercevoir cette fée qui le mettait dans tous ses états.
Il s'en voulait de réagir ainsi, d'être touché bien trop facilement par une inconnue qu'il ne connaissait même pas depuis une semaine. Il ne pouvait pas lui en vouloir d'agir ainsi après tous ce temps à être seule à se protéger avec les moyens mis à disposition.
Pourtant le venin rongeait son esprit, liquéfie ses pensées cohérentes et une pensée fugace le traverse et tend ses muscles.
Et si elle l'utilisait pour mieux se servir de lui à l'avenir.

Un battement de cils. Ne pas vouloir imaginer ce scénario, ne pas croire qu'il c'était autant trompé sur la nature de la fée.
Et pourtant le serpent s'insinue toujours plus profondément dans son cerveau et ses murmures le paralyse. Cela pèse sur sa langue comme des crachats qu'il veut jeter sur la femme qui osait le mettre dans cet état. Un rejet brutal de ce rapprochement qu'il les a mis des étoiles dans les yeux pour chasser chaque éclat lumineux et ne laisser qu'une nuit sans lune.

- Je sais me protéger seul.

Voix grave, qui raisonne dans la pièce à cause de l'intonation dur qui s'échappe de cette bouche crispée.
Baisser la tête, expirer longuement par le nez pour essayer de chasser le démon qui continue de laisser un sillon acide sur son passage.
Après tout, il était seul depuis si longtemps. Combien d'années se sont écoulés ? Combien de décennie ? Te souviens-tu de leurs noms, de leurs odeurs, de leurs sourires ? Qui sont-ils finalement si tu n'es pas capable de les identifier hormis de la poussière bien vite balayer par ta mémoire ?
Si tu es seul, c'est pour une bonne raison. Besoin de personne, ne compter sur personne, s'attacher à personne. La liberté est là.


Quand il relève son visage, il était inexpressif. La neutralité lissait les traits de son visage, atténuant les ridules aux coins de ses yeux, les billes chaudes sont vides de toutes expressions. Il se contente de regarder Pansy comme si elle était une étrangère, une anonyme qui ne pouvait pas l'atteindre puisqu'il ne la connaissait pas. Il n'était pas fermé juste trop loin pour être atteignable.

- Très bien, je m'exécuterais.

Comme obéir à un ordre. Il ne devait pas oublier qu'il était là pour le travail. Un petit sourire étire ses lèvres qui ne monte pas jusqu'à ses yeux.
Avec une voix neutre il lui annonce ce qu'il avait mis en place le matin même avec ses collègues, le cocktail mit en place ainsi que le mot de passe pour qu'il intervienne immédiatement.
Emballer le porridge avec du cellophane et le mettre dans le frigo, effectuant sa tache avec rapidité et sans un mot. Pas un regard pour la femme, même quand il la contourne et qu'il s'éloigne d'elle et qu'il parcourt le Nymphéa pour regagner sa chambre.
Se brosser les dents en fuyant son reflet dans le miroir, faire une toilette rapide alors qu'il est obligé de renfiler des vêtements sales. Il allait devoir faire un détour pour retourner chez lui et récupérer des affaires personnelles.

Enfiler sa veste en cuir brune et ressortir toquant à la chambre de Pansy, vu qu'il l'a entendu y entrer, pour récupérer l'argent nécessaire pour les courses. Un hochement de tête pour la remercier et déjà il repart, avale de ses grandes enjambées cette distance qui pouvait le séparer de cet endroit. Quand il pousse la porte de sortie, il inspire une grande goulée d'air frais, gonfle ses poumons d'un air humide chargé de pluie. Vent qui griffe ses vêtements, dérange des mèches de cheveux poivre et sel. Fébrilement il cherchait dans ses poches son paquet de cigarette malmenée et froissé, tire une tige cancérigène et l'allume. Une première bouffée qui le soulage, lui brûle les voies respiratoires. Quel plaisir de savoir le danger que contenait ce plaisir coupable alors qu'il ne pouvait plus être atteint par celui-ci.
Réajuster sa veste qui craque sur ses épaules et se diriger vers la rue adjacente. Le Nymphéa avait beau être un établissement prestigieux, il n'en était pas moins un lieu de plaisir et donc mit sur le côté et pas mit sur le devant d'une artère dans la ville. Le Loup se mit à la recherche de cette boutique et ce fût la devanture qui l'interpella. A l'intérieur un millier d'odeur vint lui agresser les sinus, fait plisser son nez sensible. Curieux, il regarde certains bocaux, incapable de comprendre ce qu'ils pouvaient contenir, touche à certaines plantes séchées en humant leurs parfums pour les identifier. Quand il tombe sur la vendeuse, il lui demande de la sève de berce de Caucase et une dizaine de fonges comme demandé. Elle le regarde étrangement, comme si elle essayait de percer le mystère de cette commande et son identité.

Patient, il attend sur l'avant de la boutique et paie la somme demandée quand il prend le sac en papier kraft. Vite il repart déjà, mange le bitume de la rue pour prendre le bus jusqu'à chez lui.
Quartier gris aux hauts immeubles et aux espaces verts oubliés par le service public. On était loin des quartiers riches qu'occupait bon nombre de Vampire millénaires ou d'autres créatures ayant mis à profit l'immortalité. Ici on croisait toutes les races, toutes les couleurs, toutes les fonctions. C'était banal en comparaison des façades blanches et dorée ou argenté des artères principales, ici les fleurs n'étaient pas aussi éclatantes, les arbres moins fournit. Avec ce ciel chargé de nuages gris, la lumière ne semblait pas attendre correctement cette partie de la ville. C'était un lieu parfait pour Méléän qui se fondait ainsi parmi toutes les ombres.

Ouvrir la porte du hall par un badge, monter par les escaliers car l'ascenseur était en panne depuis un mois déjà. Et quand il se retrouve dans le petit appartement il reste debout alors qu'il a refermé la porte, à observer cet endroit en étant déconnecté de la réalité.

Il avait passé une journée et demie au Nymphéa et pourtant cela l'avait déjà impacté. Ici on était bien loin des lumières chatoyantes et du confort luxueux du lieu de plaisir, c'était simple, peut-être un peu austère. Il n'y avait pas de décoration aux murs, pas de couleurs pour habiller l'endroit. Pas de bougies parfumées ni d'encens pour enchanter les sens. Comme si le locataire ne vivait pas vraiment dans cet endroit.
Méléän ne s'attarda pas, ne cherche pas à plonger dans ses pensées vénéneuses qui lui susurrent d'autres mensonges.
Il pouvait rester ici, annuler ce contrat et se libérer des chaînes dorées de ce regard qu'il admirait.
Prendre un large sac de voyage, y enfourner tous ses vêtements en boules ne se souciant guère de leurs états. Sa trousse de toilettes, un flingue rutilant qu'il faufile entre deux pantalons en vérifiant au préalable s'il était chargé. Des munitions, un manteau, le chargeur de son téléphone plus deux ou trois autres choses. Le Loup malgré tout cela ne voulait pas laisser Pansy seule trop longtemps, c'était son rôle de la protéger et toutes ces blessures personnelles ne pourraient pas le détourner de sa mission.
Repartir de chez lui en chassant une nouvelle vague de murmures, ignore le passage d'un voisin et se retrouve déjà dans la rue à attendre le bus en retard.
Difficile pour lui d'être ainsi mêlé à la foule, plus grand que la moyenne et trop large on le regardait de travers, on le dévisageait comme s'il était un animal exposé. Méléän se contente de regarder par la fenêtre, de compter les minutes qui passent jusqu'à descendre au bon arrêt et disparaître dans la ruelle adjacente.

Alors qu'il entre dans le Nymphéa il se mit une note dans le crâne de demander une autre paire de clé a Wraith. Un lieu fermé serait plus sécuritaire pour tout le monde.
Dans la chambre il déballe ses affaires, les ranges dans la commode, met son flingue dans le tiroir de sa table de chevet. Il prit une douche, se frotta le visage comme s'il pouvait effacer tous ses tourments qui restent en tourbillon dans le creux de son ventre. Il avait beau afficher un masque, il n'en était pas moins doué de sensibilité. Quand il passe une main dans ses cheveux mouillés il se retient de ne pas les tirer en arrière pour ressentir de la douleur physique et ne plus se focaliser sur ce qu'il avait à l'intérieur de lui.
Une fois propre il enfile un jean parfaitement ajusté à sa taille fine et à ses longues jambes, ce tee-shirt blanc qui épouse les lignes de son corps et cache parfaitement les premières cicatrices de ses épaules et bras.
Des gouttelettes cristallines tombaient encore de ses mèches de cheveux sur son torse alors qu'il prit son courage à deux mains pour retourner voir Pansy et toquer à sa porte. Il ne pouvait la fuir indéfiniment.
Et surtout, malgré lui, l'éclat de son regard lui manquait.
Lulu
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Lulu
Jeu 26 Oct - 18:26

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Le buste de la fée reposait sur l'autel, échoué parmi les volutes de cire et les pétales desséchés, rongé par les souffrances qui la dévoraient de l'intérieur comme de l'extérieur. Des douleurs lancinantes s'intensifiaient cruellement à la moindre pensée empoisonnée ou à la moindre brise maligne qui venait caresser sa dépouille écorchée.
La sylphide avait enfoui son museau au sein de son avant-bras, tandis que ses prunelles, tantôt vides, tantôt enflammées par la douleur, se fixaient inlassablement sur six minuscules éclats d'argent, délicatement disposés sur un mouchoir de soie immaculée. Ces paillettes scintillantes patientaient dans leur écrin soyeux, prêtes à être dispersées.
Les ailes et le cœur chantaient en chœur leur complainte, ne laissant aucun répit à l'esprit de la fée. Embrassant une haine viscérale envers elle-même, elle ne cherchait aucune évasion hors de cette geôle d'épines, préférant la cruauté de son auto-dévoration. Comme si cet acharnement pouvait la punir de ses agissements précédents.
Le souffle haletant, entrecoupé par la douleur, et le regard hanté, la fée éplorée fixait les stigmates argentés de son sacrifice silencieux. Ses ailes jadis resplendissantes n'étaient plus que l'ombre flétrie, tordue par la souffrance. Elles saignaient toujours, quelques gouttes d'un fluide diaphane perlaient au creux des plaies, témoin silencieux des actes déchirants qu'elle avait gravés dans sa propre chair. Elle venait de dépouiller ses ailes de leurs ultimes trésors féeriques, ceux que les mains voraces de Wraith n'avaient pas eu le temps de dérober.
Et elle aurait pu épargner à son âme tourmentée ces afflictions cruelles, si le fardeau de son existence n'était pas alourdi par l'ignorance. Si l'on lui avait octroyé le loisir d'assimiler, auprès de ses aînées, les leçons de la vie, avant qu’on ne fasse d’elle la dernière de sa lignée.
Ces particules scintillantes étaient capables de se développer, de se multiplier, de croître à la surface des ailes. Elles avaient la capacité de recouvrir les nerfs et la membrane sur lesquels elles poussaient, de manière à ce que leur présence devienne indolore, telle des phanères. Hélas, l'avidité de Wraith entravait leur essor, car il ne cessait de les dépouiller à intervalles réguliers.
Cette poussière, rare et précieuse, promettait, en son acquisition, la maîtrise sur des puissances mystérieuses. La substance avait été l'objet d'une convoitise ardente à travers les siècles, et s’était raréfiée au fil des massacres endurés par les sylphides. Elle détenait, entre autres, le pouvoir d'enchanter les cercles de fée, ces espaces sacrés où les lois du monde ordinaire se dissolvaient pour céder à celles des fées qui formaient ces anneaux enchantés. Chacun de ces cercles recelait des pouvoirs distincts et variés, tantôt bienfaisants, tantôt maléfiques, dépendant des desseins de celles qui les invoquaient.
Pour la toute première fois, elle s'était octroyée le privilège de les extraire de ses propres mains, déterminée à les mettre au service de ses desseins personnels. Que dirait Wraith, lorsqu'il se rendrait compte de l'absence de poussière ? Qu'importe, ce n'était pas lui qui occupait ses pensées en cet instant précis.
Hantée par ces orbes ambrées assombries, dans lesquelles la tendresse tant désirée s’était enfuie. Jusqu’à ce que ses actes ternissent ces précieux reflets, lui prouvant que seules ses erreurs la guidaient.

Au sein de son sanctuaire, là où le silence régnait en souverain absolu, un écho inopiné se fit entendre, brisant d'un coup la mélancolie de la sylphide. Son cœur, déjà épuisé, vacilla, et ses yeux dilatés par l'effroi s'élancèrent vers la porte de sa chambre. Car les visites dont Pansy était l'objet n'annonçaient jamais rien de bon.
Tapis au plus profond des abysses de sa conscience, les souvenirs de ces sombres rencontres frissonnèrent, dérobant à sa carcasse une nuée de frissons glacés. Son souffle se raccourcit, et elle se pétrifia sur sa chaise, dans une immobilité totale, espérant que l'ennemi tapi de l'autre côté ne la détecte pas.
La terreur enserrait son âme meurtrie, et l'ombre de la douleur grandissait, telle une vipère prête à cracher son venin.
Puis, tel un rai de lumière frappant les ténèbres, la mémoire lui revint. Elle n'était plus seule ici, et elle avait sollicité le loup aux yeux d'ambre pour une tâche… Ce dernier devait probablement lui apporter ses courses. L'éclair de cette pensée la fit bondir de sa chaise, poussant sa silhouette à s’élancer vers la porte. Pansy plongea son œil fiévreux dans le judas, et découvrit la silhouette massive et singulière de l’Ombre qui se tenait à son seuil. Oui, c’était bien lui.
L’instant à la fois apaisant et angoissant, était empreint de la douleur d'une faute passée qui ne cessait de la tourmenter. Les éclats de son comportement maladroit s'étaient disséminés tels des tessons de verre brisé, abîmant l'écrin fragile de leur complicité naissante. Elle devait s'excuser, panser ces blessures invisibles, causées par le venin de son existence empoisonnée.
Ainsi, Pansy puisa dans ses entrailles le courage qui lui faisait défaut, et d'un geste résolu, elle fit tourner la clé dans la serrure, sentant le froid du métal contre sa paume fébrile. La porte émit un grincement léger, abolissant l'obstacle qui les séparait, et elle se retrouva engloutie par l'ombre du lycan.
La fée releva ses prunelles vers celles de l’Ombre, plongeant sans résistance dans les abîmes de ce velours ambré. Ces yeux s’emplirent soudainement d'une mélancolie désolée, d'une tristesse incontrôlable. En cet instant, la crainte l'étreignait, la peur de se heurter de nouveau à cette froideur, à cette glace qu'elle avait malencontreusement appelée à ses dépens. Une appréhension opiniâtre demeurait en elle, tel un parasite qui dévorait son cœur, celle de voir s'éteindre à jamais l'éclat chaleureux qui avait caressé ces prunelles.
Désemparée, incapable de discerner clairement au milieu de l'abîme d'incertitudes qui la submergeait, ses lèvres laissèrent échapper un murmure hâtif :

— « Je suis désolée », balbutia-t-elle.

Face à l'ampleur de ses sentiments, les mots lui semblaient bien frêles. Elle aurait donné n'importe quoi pour effacer ce regrettable malentendu, pour ne pas condamner l'écho des questions du loup à l'abîme du silence, ni laisser sa bienveillance se faire déchiqueter par ses propres terreurs.

— « Je ne veux pas que vous l'affrontiez seul… »

Pansy continuait de s’insurger contre l'idée de l'abandonner à un possible destin funeste, de le voir se sacrifier pour offrir un hypothétique renouveau à la sienne. Elle, qui n'osait même pas effleurer les pensées d'une existence solitaire au-delà des murs de sa geôle, dans un monde où les éclats de rire et les larmes, les rêves et les espoirs, n'étaient que des échos lointains, des soupirs fugaces à ses oreilles, capturés quand elle se penchait à sa fenêtre.
Toutes ces années de captivité avaient dressé autour d'elle un rempart de solitude, une barrière entre elle et la société, la reléguant dans l'abîme où son être demeurait invisible aux yeux du monde. L’écho lointain d'un vieux drame, oublié ou inconnu de la plupart des mémoires.
Non, il ne paierait pas non plus à lui seul le lourd tribut de sa propre couardise, cette lâcheté dans laquelle elle se réfugiait depuis toujours. Car Pansy avait la sensation, qu'il était plus facile pour elle de s'accommoder de ses souffrances plutôt que de trouver le courage de les affronter.

— « Je pense que si nous le confrontons ensemble, nous pourrions éviter que le pire n'arrive à l'un de nous. »

Pansy plongea ses perles mordorées, scintillantes d’une volonté nouvelle, dans celles ambrées de l’Ombre. Celles-là même, où elle avait contemplé une lueur réconfortante, les frémissements de l’aube qui portait en ses aurores, le renouveau.
Enfin, elle décida de saisir son propre courage à pleines mains, puisant dans la force du lycan qui se dressait devant elle pour forger la sienne.
Icône de puissance, qu'elle s'apprêtait à adorer, pour insuffler en son corps frêle un souffle redoutable. Et enfin, s’élever et briller dans la nuit, telle une étoile. Découvrir de là-haut, la fierté de pouvoir dire qu’elle s’était battue pour s’affranchir des ténèbres.
Briser les chaînes qui l'avaient maintenue prisonnière pendant une éternité lui insuffla un frisson d'espoir. Elle ressentit l'appel de la liberté, un doux murmure de l'inconnu et du terrifiant qui la prenait dans ses bras.
Ses souvenirs du monde extérieur s'étaient effacés au fil des ans, mais la flamme de la vie, l'envie d'un avenir différent, brûlaient toujours en elle. Laisser cette flamme la consumer, tout en étant bercée par le chant du loup.

— « Mais… Je comprendrais si mon comportement précédent vous a blessé au point que vous choisissiez désormais de garder vos distances. »

Cessant d’admirer le regard lupin, Pansy inclina légèrement la tête en signe d'assentiment.
Elle se savait imparfaite, et la culpabilité, cette vieille compagne de ses jours sombres, continuait de lui étreindre le cœur. Elle s'en voulait profondément pour son erreur qui avait ébréché le joyau de leur relation naissante.
Et si elle ne s’était pas contentée de seulement ébrécher, et si elle l’avait complètement détruit ? La gorge de la fautive se serra, et ses prunelles démunies se raccrochèrent aux lèvres de son gardien.
Ezvana
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Ezvana
Dim 29 Oct - 23:26

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Des bruits de pas se font entendre derrière la porte, ce qui interpelle les sens du Loup. La fée était d'une légèreté déconcertante et pendant un bref instant l'inquiétude s'insinue en lui en se demandant ce qui faisait qu'elle se précipite ainsi. Le bruit distinctif d'une clé dans la serrure tinte à ses oreilles et Pansy apparut, le rouge aux joues, les yeux brillants de quelque chose que Méléän ne comprenait pas.

Une nouvelle fois il est happé par ce regard, semble plonger la tête la première dans un tsunami doré. Une grimace qui plisse son nez alors qu'il essaie de se dégager de cette emprise ne voulant pas être de nouveau charmé par cette beauté de la nature, littéralement. Elle était un joyau perdu entre les ramures d'un arbre et la bise du vent. Elle était l'essence de ce qu'aspire chaque Lycan de cette planète et il était aisé de se laisser aller. Mais il ne voulait plus perdre pied, se devant d'être calme et placide, pour leurs bien à tous les deux. S'il devait perdre les pédales trop facilement, Wraith lui tomberait dessus.

Pourtant une odeur acide se glisse dans son nez et se dépose sur langue qui s'agite, de l'amertume tapissant dans sa gorge, celle de la peur et de la colère. C'était d'ordinaire des fragrances agréables dont il pouvait se repaitre mais seulement provenant de ces victimes. Il y avait autre chose, quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre. Comme une poussière dans l'air, un éclat qui manque, un détail qui échappait à sa surveillance. Cela le fait froncer des sourcils et il écoute Pansy énoncer des choses qui ne devaient jamais s'ébruiter dans les couloirs de l'établissement.
Il est surpris. Agréablement surpris. Et en même temps le poids de la culpabilité pèse sur ses épaules et tous ces griefs contre la fée s'évanouissent rapidement, écrasé parce qu'il avait peut-être fait naître chez cette créature qui semblait être douce de naissance.

Le Loup ne sait pas comment manier ce qui avait été dit, comment modeler ses phrases pour qu'elles soient juste. Déstabiliser, il ne pouvait pas fuir et se retrouver acculer.

- Je suis navré.

Il prend le temps de réfléchir, de respirer profondément comme s'il essayait de chasser sa pudeur. Le Lycan se sentait obliger de parler de lui, de ce qu'il avait put ressentir lui qui ne parlait jamais de ses émotions à quiconque. C'était un exercice compliqué au vu de la complexité de ce qui l'animait.

- Je suis désolé que mes propres émois ont pu vous blesser d'une quelconque manière.

Soupirer et s'appuyer sur le mur en croisant les bras dans une position de protection instinctive.

- J'ai juste du mal avec les interactions sociales. Disons que je suis maladroit et que je me protège. De tout.

Il cache la partie sur sa sensibilité. Cela a toujours été quelque chose qu'il trouvait de négatif sur lui, cette partie de lui qui peut être touché facilement où déstabiliser par rien, du moins à ses yeux. Il suffisait qu'un éclat perce l'armure qui entourait son cœur et il perdait le contrôle sur ces pensées qui balayaient par vagues destructrice ses années de contrôle rigide sur sa manière d'agir. Avant même d'être Loup, c'était ce qui l'animait, ce qui avait été une note négative dans son travail à l'armée. C'était un ancien passionné qui était prêt à se battre pour ce qu'il croyait juste, quitte à avoir des problèmes par la suite, bien loin de l'idée générale du militaire lambda. Mais il avait toujours été un bon élément, surtout quand il devait protéger. Depuis qu'il était Loup, cet état avait empiré et depuis le centre d'esclave, Furax était devenu un surnom. Lui qui était capable d'être un calme olympien par les années d'entraînement pouvait devenir furieux et se transformer en une grenade dégoupillée.

Et en cet instant son regard se durcit, une flamme de détermination vient flamber et animer son regard chaud. Les paroles de Pansy résonnent dans son crâne avec un écho qui lui hérissait le poil des bras. Déjà des images de violence naissent dans son esprit et Wraith n'était plus qu'un amas de membre sanguinolent.

- Nous l'affronterons donc ensemble. Mais je me dois d'abord de voir si votre détermination tient seulement de la tête ou du cœur.
Un hochement comme pour celer un contrat étrange entre deux créatures si différentes. Cela en était presque risible, qu'est ce qu'un Loup et une fée pourrait faire contre une créature comme cette âme damnée ? Il ne pouvait pas se reposer seulement sur de belles paroles, risquant ainsi sa vie et la sienne sur une hésitation.

- On ne traque pas un cerf à la hâte. Il faudra agir avec soin, avec patience. La hâte pourrait précipiter notre perte.

Ne pas douter une seconde que la fée voulait briser les chaînes qui meurtrissaient son âme, mais avec la patience des immortelles ils devront établir un plan d'action sur du long terme. Amasser le moindre indice, les déplacements, des noms, des adresses, des dates. Tout ce qu'ils pourraient amasser sera un élément de plus contre cette ordure à la voix mielleuse. Déjà il imaginait des entrevues avec certaines personnes pour trouver tout ce qu'il pourrait.
La réalité le rattrape alors qu'il perçoit un frémissement chez Pansy. De doute ?
Se décoller du mur et tendre une main pour caresser cette joue à la pommette saillante, venir se glisser sous ce menton pour redresser ce visage et qu'elle le regarde dans les yeux. Se pencher en avant comme s'il venait l'embrasser, pourtant il s'arrête à une distance raisonnable pour ne pas être intrusif. Plonger en elle pour fouiller derrière le miroir de ces prunelles.

- Je ne vous abandonnerais pas. Je vous en fait la promesse.

C'était intense, comme s'il dévoilait son cœur devant les yeux dorés de la belle Pansy. Qu'elle s'imprègne d'une sensation unique et qu'elle comprenne la dévotion du Loup. Lui ne la quitterait pas. S'il devait y avoir une faille, cela ne pouvait provenir que d'elle et ses incertitudes.
Méléän voulait la bousculer, voulait qu'elle prenne conscience de l'ampleur de la mission. Que peut être ils iraient droit vers leurs pertes, que peut être il y avait un espoir, maigre, voir infime, pourtant là. Braise qui ne demande qu'à redevenir flamme ardente. Lui il pouvait aller jusqu'au bout mais était-elle prête à prendre les rênes et à courir vers la liberté ? Serait-elle prête à avoir du sang qui coulera à jamais sur ses doigts graciles ?

Cette main chaude qui quitte la pointe du menton pour repousser une mèche sombre et soyeuse, caresser délicatement les deux plaies déjà refermées tel un baisé fugace. Bientôt il n'y aurait plus de marque et l'incident ne restera que dans leurs esprits. Cela l'apaise et déride son front aux sourcils trop froncés. Se redresser, passer une main dans ses cheveux humides.

- Les autres arriveront dans quelques heures. Avez-vous une idée en tête pour passer le temps ?

Un sourcil qui se hausse, un sourire retenu. Il ne voulait pas qu'elle pense à une danse endiablée entre leurs deux corps pour expulser toutes ces émotions retenues, bien que lieu de travail s'y prêtait totalement. Il était juste prêt à l'écouter et à ne plus fermer les portes comme il l'avait fait plus tôt. Qu'ils puissent discuter de tout et de rien, de commencer à échafauder un plan ou alors à mieux se connaître. Tout lui allait dans qu'ils puissent avancer
Lulu
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Lulu
Mar 31 Oct - 12:44

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
PANSY'S POV. Poupée aurait pu se briser l’échine à force de pirouettes désolées, s'offrir en un vulgaire débris aux pieds du loup, si le brasier de sa colère avait perduré. Témoigner d’une soumission extrême, d’un anéantissement total, si cela lui avait promis un bref répit ou l'absolution des erreurs présumées qui avaient terni l’affection de ceux qu'elle admirait. Mais il n’était pas Wraith, puisqu’aucune jubilation ne marqua ses prunelles ambrées dès lors qu'elles franchirent ses lèvres.
Lui, n’avait pas besoin de la voir se flétrir, pour que son propre ego puisse croître et s'épanouir.
Et il s’excusa. Des excuses qui, tels des accords discordants, frappaient toujours l'ouïe de la belle d'une note étrange, qu’elle n’avait jusqu’ici perçue que dans les murmures de l'Ombre. Étrangère à la notion de respect, à l'écho de la considération, Pansy, d'un froncement fugace du sourcil, témoigna de sa surprise. Néanmoins, elle s'efforça de sceller ses lèvres, laissant au loup la tâche de justifier ses excuses, taisant ses propres interrogations.
Ainsi, malgré la pudeur qui l'enveloppait de son voile, il osa dévoiler une parcelle de son âme qui lui permettrait de mieux le comprendre. Il avait voulu se protéger, et détresse se mêlant à la maladresse, il l’avait blessée en le faisant. En réponse à cette confession sincère, aucun nuage ne vint obscurcir le regard de la fée, bien au contraire, ses prunelles scintillèrent d’un éclat aussi doux que l’aurore. Tandis que son esprit, se mua en orfèvre et grava cet aveu dans le marbre de sa mémoire, espérant ainsi éviter de causer d’autres ravages à l'avenir.
Ne serait-ce qu’en ne le condamnant plus à l’ignorance.

Puis, les frémissements de sa révolte trouvèrent un écho vibrant dans les orbes du lycan, qui se montrèrent agités par une détermination tout aussi farouche. Cependant, la prudence restait de mise. Wraith n'était pas un adversaire à sous-estimer, et qui, mieux que la fée, était à même de comprendre cette vérité ? Il l'avait maintenue captive entre ces murailles depuis des siècles grâce à une rune mystérieuse, il était l'unique sorcier à avoir survécu au carnage de ses semblables, et il demeurait imperméable aux ravages du temps, là où les siens n'étaient pas réputés pour leur longévité. Sans omettre les autres mystères innombrables qui l’entouraient et qu'elle n'avait jamais réussi à percer, malgré une éternité sacrifiée à ses côtés.
Jamais réussi, ou plutôt, jamais osé.
Car sur son cœur, l'ombre de Wraith jetait une longue et glaciale éclipse, lui inspirant une terreur profonde, étouffant chaque braise d’indépendance qui l'avait fait pétiller au fil des années. Il connaissait tout d’elle, possédait la moindre parcelle de son être. Et elle, n’était familière qu’avec cette silhouette sinistre, aux desseins aussi insondables que les abysses et aux prunelles scrutatrices.
Mais ce n'était pas seulement la noirceur de son être qui glaçait l'échine de Pansy. Les sévices qu'il lui avait infligés hantaient encore ses nuits, tout comme les ombres de ces individus qui s'étaient glissées dans son lit. Elle était persuadée que Wraith les avait envoyés, peut-être en échange d'une somme d'argent conséquente, ou bien d'un autre pacte diabolique, mais la vérité demeurait insaisissable.
Wraith avait, de tout temps, ourdi des stratagèmes pour la réduire à l'épuisement, la maintenant captive sous sa sinistre emprise. Il s'employait à effacer chaque parcelle de son être, à anéantir les lueurs d'espoir qui pouvaient encore briller en elle, la laissant dans l'unique rôle de spectatrice impuissante face à ses blessures béantes. Et dès que son regard se détournait de ces plaies, une nouvelle ombre surgissait, prête à l'assaillir.
Dans les replis de sa mine, la crainte s'était gravée en une mosaïque de lignes tordues, qui, telle un miroir, reflétait la peur qui étreignait son cœur. La moindre révolte, le moindre murmure de désobéissance, laissaient planer la menace d'une pluie d'ombres encore plus impitoyables et de représailles insidieuses.
Il pourrait restreindre encore davantage les portions de nourriture qui lui étaient accordées pour l’affamer. Il pourrait répandre plus de rumeurs malfaisantes parmi les personnels du Nymphéa pour renforcer son isolement. Il pourrait envoyer une nuée d’ombres briser son sommeil et sa tranquillité, pour l’épuiser, la briser. Pire encore, elle craignait que Wraith ne pousse à bout son unique allié ou qu'il réussisse, par sa perfidie, à le manipuler, tout comme il avait manœuvré les autres, le piégeant davantage dans ses filets.

Soudain, une chaleur ineffable irradia sa joue, consumant tel un brasier ardent toutes les pensées angoissantes qui la hantaient. Ses perles dorées, telles des étoiles filantes, se hâtèrent de rouler jusqu'à l'âme du lycan. Là, elles furent happées par un océan de tendresse et de sincérité d’une profondeur abyssale. Souffle suspendu et cœur captivé, elle se retrouva ensorcelée par la vision somptueuse qui se déployait devant elle. Une vision qui, d'un cri silencieux, lui intimait de ne pas se laisser submerger par la peur. Car désormais, elle n’avait plus à se battre seule.

— « Je ne vous décevrai pas. »

Ni lui, ni cette part d'elle-même, tapie dans les ombres, qui murmurait des rêves de liberté et que le monde avait forcé à se taire. Alors que leurs regards se fusionnaient, ses prunelles, jadis ternes, recommencèrent à frémir, à s'enflammer de la volonté, du désir de liberté. Désormais, nulle force ne pourrait les étouffer, car rien ne pourrait éteindre les braises ardentes de l'incendie qu'elle se préparait à déchaîner sur le Nymphéa, sur Wraith lui-même.
Et dans cet échange de souffle contre souffle, Pansy découvrit une proximité qui, pour une âme habituée à craindre la moindre approche, ne provoqua nulle angoisse. Au contraire, elle se surprit à désirer la présence du loup, à vouloir sentir sa chaleur la submerger. Hélas, le lycan se retira avec une infinie douceur, sa main glissant de sa joue en une caresse légère qui fit pleuvoir une nuée de frissons délicieux le long de son échine. Il sût même ôter quelques frémissements à ses ailes, qui s’agitèrent brièvement dans des mouvements courts et précipités, signe de sa félicité.
Il ne s'éloigna pas brusquement, mais prit le temps de replacer une mèche rebelle de ses cheveux d'ébène, avant de se retirer complètement, la laissant seule, toujours animée par les flammes de ce nouveau désir.

Au lieu de se séparer pour regagner chacun sa chambre, afin d'attendre le début des festivités, le loup lui tendit une invitation à prolonger leur précieuse proximité. Une offre à laquelle Pansy, évidemment, ne saurait résister. Un sourire espiègle vint effleurer ses lèvres, trahissant une pensée qui n'était sans doute pas exclusive à elle seule, après une cette intimité partagée. D'un mouvement gracile, elle pencha légèrement sa tête sur le côté, laissant transparaître son charme ensorceleur. En cet instant, elle se trouva en proie à une lutte intérieure contre ses propres instincts, et plus encore, à l'idée de voler au loup le précieux sourire qu'il avait su faire naître sur son minois.

— « Eh bien… Je connais de nombreuses façons de nous divertir. Malheureusement, quelques heures ne seraient pas suffisantes pour toutes les explorer », souffla-t-elle sur un ton taquin, le fixant intensément. « Et il serait également regrettable que vous soyez épuisé lors de votre première soirée de travail. »

D'un geste empreint de grâce, Pansy pressa son dos contre la porte de sa chambre, une invitation silencieuse adressée au loup, l'encourageant à franchir le seuil. Là, à l'intérieur, ils se trouveraient assurément à l'abri des regards curieux et des oreilles indiscrètes.

— « Si vous le désirez, vous pouvez entrer et vous installer où vous voulez. Si vous avez sur vous les produits que je vous ai demandé, je vous expliquerai à l’intérieur en quoi ils nous seront utiles. »

Laissant l'Ombre s’introduire dans son sanctuaire, Pansy eut le soin de refermer doucement la porte derrière lui, sans toutefois la verrouiller. Elle savait que quiconque oserait pénétrer en ces lieux serait exposé à un sort regrettable, puisque le loup y rôdait.
La fée s'avança à son tour, foulant les planches de sa démarche féline, ses pas la menant vers l'autel où reposaient les éclats enchantés. Ces éclats magiques devaient être réduits en poussière, et elle entreprit cette tâche avec une concentration intense. Ses gestes étaient précis, et ses mains délicates les réduisirent en une fine poudre scintillante aux vertus redoutables.

— « C’est de la poussière de fée… Je compte l’utiliser pour créer un cercle, juste en face des escaliers qui mènent à notre étage. Quiconque qui ne sera pas convié par l’un de nous deux… » quelques particules argentées tournoyèrent autour de ses mains graciles. « Souffrira d’horribles brûlures », termina-t-elle froidement, glissant la poussière dans une petite bourse qu’elle avait elle-même confectionnée.

Tel était le tribut à acquitter pour ceux qui osaient troubler leur quiétude. Pansy n'était pas encline à leur accorder pitié, ni à leur offrir l'occasion de justifier leur intrusion, tout comme eux, en leur temps, ne lui avaient concédé la moindre chance de se dégager de leurs griffes acérées. Ce, malgré ses pleurs, malgré ses coups, malgré ses supplications. Désormais, les règles du jeu se trouvaient nivelées, et l'équilibre des forces serait instauré, ne serait-ce qu’à l’étage. La fée, d'un regard complice, reporta son attention sur le loup, un sourire subtil jouant sur ses lèvres. Une puissance nouvelle, brûlante, s'incarnait dans les éclats de ses prunelles.
Après s'être emparée d'une minuscule fiole ainsi que d'une aiguille stérile, elle s'avança vers lui d'un pas serein, laissant le doux murmure de sa robe bercer l'atmosphère. Arrivée à sa hauteur, ses yeux descendirent avec lenteur vers l'une des mains du lycan, teintés d'une lueur avide, mais subtile. Avec une délicatesse extrême, semblable à celle d'une mère qui caresse le sommeil d'un nourrisson, elle posa sa main juste en dessous de la sienne, effleurant à peine la peau, comme le contact d'une plume qui effleure le vent.
Pansy, attentive à chaque souffle, préférait laisser naître une proximité douce et consentie entre eux. Jamais elle ne serait comme eux.

— « J'aurais besoin d'une goutte de votre sang pour la disperser dans le cercle et vous offrir l'opportunité d'annuler ses effets ou de les invoquer » , expliqua-t-elle, d'une voix plus apaisée. Elle releva ses prunelles vers celles de l'Ombre et plongea le sien dans cet océan dont les tréfonds recelaient de multiples trésors. « Vous me permettez de l'extraire ? » demanda-t-elle, laissant transparaître un désir plus profond encore : celui d'enfin pouvoir effleurer sa peau.
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