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LE TEMPS D'UN RP

La lune hurle aussi, mais le loup ne l'a jamais su • Ezvana [+18/!\]

Léolyne
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Léolyne
Sam 13 Mai - 14:06
Le contexte
Mise en situation
Méléän est un loup-garou isolé, reclus dans les basses villes ou dans des forêts profondes. Plus le temps passe, plus l'absence d'une meute ou d'une interaction lui fait du mal. Cela se passe dans un univers où toutes les créatures peuvent exister. Les humains connaissent leur existence et vivent avec, avec plus ou moins d'harmonie.

Will et Héléna Kwanita sont issus d'une famille particulière de chamans dotés de gênes lupins. Ils tentent de faire leur vie malgré l'ombre de leur Alpha qui plane sur eux, et cherche à diriger l'intégralité de leur vie. Si Will est haut placé dans la hiérarchie malgré ses réticences, Héléna est au contraire une paria qui a bafoué les règles de l'Alpha. Les deux cousins sont pourtant très proches et vont faire de leur mieux pour aider Méléän après que Will l'ait trouvé par hasard sur le territoire, et surtout faire en sorte de dissimuler son existence à l'Alpha.

Contexte provenant de nos p'tites têtes, mais voilà une jolie image pour illustrer le post parce que c'est jouli.La lune hurle aussi, mais le loup ne l'a jamais su • Ezvana [+18/!\]  Wolf-pack-on-rock-formation
Léolyne
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Léolyne
Sam 13 Mai - 23:25
Parfois, alors que le soleil s'éveillait lentement, illuminant la forêt qui s'étendait en contre-bas, il se demandait si tout cela servait à quelque chose.

Cela faisait maintenant cinq décennies qu'il se posait régulièrement la question, sans jamais trouver une réponse acceptable. Son existence avait un sens, un but, et il était de son devoir de veiller sur sa famille et d'obéir à sa grand-mère quoiqu'elle lui dise. Quoiqu'il en pense également. Mais chaque fois qu'elle prenait une mauvaise décision, qu'elle laissait parler son coeur au lieu de sa raison et qu'il devait en assumer les conséquences, il envisageait sincèrement de tourner le dos à cette vie et d'aller se reconstruire ailleurs. Sa soeur l'avait bien fait, elle. Elle était partie un matin sans se retourner pour suivre son amant, elle avait eu une belle vie, de charmants enfants -et il le savait parce qu'à défaut d'avoir le droit de communiquer avec sa soeur, il le pouvait avec l'une de ses nièces- et elle était heureuse, du moins jusqu'au tragique incident de l'an passé. Et il ne pouvait même pas lui venir en aide. Un soupir lui échappa alors qu'il se détournait du panorama forestier visible depuis la fenêtre de sa chambre, pour plutôt se concentrer sur le texto qu'il venait de recevoir. Sa cousine, sans être partie à son tour, avait elle aussi rejeté l'Alpha à sa manière et ne s'en portait pas plus mal, comme le prouvait ce message où elle lui parlait d'un photo shoot incroyable qu'elle venait de faire. Cela lui arracha un bref sourire. Elle était restée, elle subissait parfois la pression et le jugement de la meute, mais elle était là et elle vivait ses projets à fond. Il l'enviait pour ça, lui qui ne savait qu'obéir sans jamais prendre ses propres décisions. L'on frappa à sa porte et cela le tira de ses sombres pensées. Il inspira un grand coup, tapota légèrement ses joues pour se donner contenance, puis alla ouvrir avec un grand sourire de façade qui trompait absolument tout le monde depuis des années.

"Tiens, tu n'as pas cours aujourd'hui ?
L'adolescente qui lui faisait face secoua négativement la tête, en faisant la moue.
-Sierra m'a demandé de faire le rituel de purification en début d'après-midi, mais officiellement je fais une indigestion. Elle m'envoie te demander d'aller faire un tour dans la forêt car elle sent les esprits un peu agités.
-Je m'y attèle. Comment tu te sens, par rapport au rituel ?
-...Nauséeuse.

Il lui adressa un doux sourire et ébouriffa sa chevelure de jais, indifférent à ses protestations.
-Tu es douée, et tu ne seras pas seule. Je viendrai t'encourager."

Elle acquiesça en silence, mais rassurée, et le salua avant de repartir à l'autre bout du manoir. Son interlocuteur se dirigea donc vers la sortie après avoir verrouillé sa porte de chambre, suivant le chemin pavé qui menait à l'orée de la forêt. Il procédait toujours de la même manière : d'abord le tour des habitations sur deux jambes, puis l'exploration des profondeurs à quatre. Cela lui permettait de voir les membres de la famille présents ce jour-là, de discuter un peu avec certains, d'aviser l'état mental des autres... Si certains lui reprochaient de ne jamais confronter Sierra lorsqu'elle faisait de mauvais choix, ils restaient conscients qu'il faisait de son mieux pour eux, pour les protéger d'elle comme du monde extérieur. Et si quelques uns venaient parfois à l'oublier, sa cousine n'avait aucun scrupule à monter dans les tours. Il sourit en pensant à elle et lui envoya un message pour l'inviter à parler plus longuement de sa séance photos.
Après une bonne heure à faire le tour des maisons sans rien constater de louche, il s'enfonça un peu plus dans les bois et retira ses chaussures, son jean, son boxer et son t-shirt avant de laisser La Bête le remplacer. Contrairement à la plupart des métamorphes, son changement était indolore, bien qu'il prenait un peu de temps. Il ne ressentit rien alors que ses os se brisaient, que sa peau se déchirait, révélant au fur et à mesure une fourrure argentée parcourue de tâches blanches similaires à de la neige tombant sur un tas de cendres. Le loup s'ébroua pour faire passer les derniers fourmillements de la transformation, vérifia que ses effets étaient soigneusement rangés et à l'abri, puis il s'élança à petites foulées à travers les arbres. Jusqu'ici, les esprits lui paraissaient aussi nuageux qu'à l'ordinaire, jusqu'à ce qu'il finisse par capter un peu d'agitation pas très loin du lac. Parce qu'il était là pour ça mais également par curiosité, l'animal se dirigea sans un bruit jusqu'à l'étendue d'eau, attentif à la moindre anormalité. Et il en vit une, de taille plutôt conséquente : un autre loup paisiblement endormie à l'ombre d'un chêne, avec un joli pelage poivre et sel qui ne ressemblait à celui d'aucun des loups de la meute. Il ne semblait pas hostile, mais ce n'était pas une raison pour ne pas se méfier. Il s'approcha donc jusqu'à être totalement à découvert, pour ne pas le surprendre et éviter sois une fuite, soit un combat, puis se retransforma en homme pour pouvoir communiquer. Il était loup depuis trop longtemps pour être pudique, et bien qu'il ne semblait pas stratégique de reprendre un corps moins protégé face à un inconnu, il était sur son territoire et entouré d'invisibles qui feraient bouclier. Ainsi, à quelques mètres de l'intrus, il se tint fièrement alors qu'il engagea la conversation.

"Tu n'as rien à faire ici, Loup. Et il pourrait t'arriver malheur si tu ne te décidais pas à partir."

Son ton était ferme, mais doux. Il se fiait toujours à son intuition, et l'étranger lui semblait plus égaré qu'hostile. Il croisa les bras sur sa poitrine tout en appuyant l'une de ses hanches contre un arbre. Il était grand et fin, avec un tatouage en forme de lierre enroulé tout le long de son corps et s'arrêtant dans son cou, de longs cheveux de jais voletant au gré du vent et des traits amérindiens marqués. Ses iris, d'un mauve profond, soutinrent le regard du loup poivre et sel en attendant qu'il daigne se soumettre.
Ezvana
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Ezvana
Dim 14 Mai - 18:42

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.
Après tant d'année, je rêve de trouver une âme avec qui errer.

Après des années d'errance, je veut trouver une meute, un autre lou avec qui être. Je ne sais qui cela pourrait être, je ne sais pas comment faire. Mais un jour, alors que je me suis perdu, quelqu'un m'a trouvé.

La douce lumière réchauffait son corps meurtris. Allongé sous l'ombre d'un arbre, le Loup c'était mis en boule après avoir erré pendant des heures. Perclus de douleur, abattu par la fatigue, il s'était écroulé sur un tapis de mousse. Pendant de longues minutes il avait nettoyé sa plaie, balayant de la langue humide l'estafilade qui ouvrait sa chaire et mettant son os à nu.

Une rixe dans un bar pour une connerie, un homme qui avait sortit un couteau. Il c'était protéger le visage et son avant-bras fu ouvert en deux. Il avait alors couru pour échapper à la sécurité, avait courut jusqu'à en perdre haleine. Dévalant le bitume de ses chaussures de cuir, atteignant la forêt ou précipitamment il avait retiré ses vêtements qu'il avait recouvert de terre pour que l'on ne puisse pas les retrouver grâce à l'odorat. Il avait pris sa forme lupine puis il avait à nouveau couru. Courir malgré la douleur lancinante, courir jusqu'à sentir son cœur battre à ses tempes. Taire le geignement de douleur derrière des crocs serrés. Sentir la terre et l'humus sous les coussinets, louvoyer entre le territoire des meutes qu'il connaissait.


La fatigue l'avait rattrapé et il c'était effondré près d'un lac, au bord du gouffre. Tremblant sous la douleur, la langue pendante, il resta replier sur lui-même, attentif au moindre craquement dans la forêt. Il était résistant, il était solide. Mais toute être vivant avait ses limites et les siennes étaient atteintes.
Posant sa truffe dans la mousse, il avait sombré dans un sommeil qui le libérait de toute forme de souffrance.
Méléän ne baisse jamais sa garde ainsi. Parce que c'était son instinct de survie qui l'avait maintenue vivant depuis toutes ces décennies. Un instinct aiguisé depuis qu'il fu devenu un loup-garou.
Mais il était fatigué.

Fatigué. Fatigué de courir. Fatigué de faire le guet nuit et jours. Fatigué d'errer toutes les journées et toutes les nuits dans des lieux mal famé de la ville pour dégoter le moindre petit contrat que l'on veuille bien lui refourguer. Il n'était qu'un déchet de plus dans ces immenses cités ou il ne trouvait pas sa place. On se méfiait de son apparence, on se posait des questions sur sa nature. Depuis des années les êtres dits magique côtoient les humains et pourtant il y avait encore de la méfiance. Certains bars affichés sur leurs portes qu'ils étaient interdits pour les non-humains. La haine entraîne la haine, les non-humains ouvrent leurs propres boîtes interdites aux humains. Parfois cela devenait exclusif à une seule race.

Alors Méléän se faisait discret sur sa nature. Lui qui avait été humain autrefois, il y si longtemps, comprenait parfois le rejet viscéral de sa nouvelle nature. Lui-même est allé au front quand il a fallu lever les armes contre eux. Maintenant il était de l'autre camp. Les années lui ont permis de s'adapter et d'accepter cette condition étrange.

Fatigué de devoir supporter les humeurs des autres. Fatigué de devoir de se méfié tout le monde. Rejetant toute forme de complicité, fuyant le contact. C'était peut-être plus simple comme ça. Pourtant c'était une condition qui commençait à éreinter son endurance. Un loup c'était fait pour avoir une meute, des compagnons. Avoir des interactions. Et son esprit partait à la dérive à s'isoler ainsi.

Une voix l'arrache brutalement des bras de Morphée. Avec une rapidité terrifiante il se retrouve sur ses pattes. Sa crête est hérissée, il déplie les dents en grognant sourdement. La terreur avait fait dilater ses pupilles. Un jappement sonore retentit autour d'eux alors qu'il se remet à grogner sourdement, prêt à se battre pour sa vie. Un pas en avant pour être plus menaçant. Aucune boiterie apparente. Surtout ne jamais dévoiler sa faiblesse à l'adversaire. Pourtant sa plaie se remet à saigner abondamment, liquide rouge dévalant sa patte antérieure droite.


Il reste ainsi de longues secondes, cherche du regard d'autres loups dans les fourrées. Il s'attendait à être attaqué par derrière, d'être prit en traîtrise. Pourquoi celui-ci viendrait le prévenir ? Il devrait le chasser, le tuer s'il le fallait.

Le temps passe et Méléän reste toujours agressif. Pourtant il sentait que cette situation n'allait pas pouvoir être éternelle. Il perdait trop de sang, il était trop faible. Impossible de courir pour s'enfuir, il serait vite rattrapé. Il pourrait se battre, avec toute la hargne et la maîtrise qu'il possédait. Mais il doutait de pouvoir s'en sortir.

Alors, il réfléchit, cherche à effacer ses pensées brumeuses de loups qui lui demandent d'agir. Lentement la crête s'aplatit, lentement le grognement se fait moins impressionnant. Il cherche.
Trouver une solution. Vite.

Il était acculé. Il ne pouvait rien faire hormis parlementer. Alors, résigné, il reprend sa forme humaine. Presque aucun bruit pour celui qui erre depuis tant d'année. Être invisible, un fantôme. Se tient alors un homme à large carrure dont les épaisses cicatrices se lisent aisément sur le corps musclé. Aucune peur de la nudité, même s'il n'aimait pas que l'on puisse ainsi voir son passé. Il avait un corps taillé pour le combat, et ceux depuis sa prime jeunesse. Ancien militaire, il était rigoureux sur l'entretien de son corps. Et ce n'était certainement pas la tenant d'Adam qui allait le faire rougir.

Bien plus visible sous cette forme, la plaie était béante, rouge écarlate. Le sang glissait le long de son avant-bras, s'attardait sur ses doigts avant de gouter au sol. Pourtant il se tenait droit, presque aussi menaçant que sous sa forme de loup.

- Je me suis égaré. Je ne voulais pas violer votre territoire.

Une voix rauque, de celui qui ne parlait jamais. Comme un outil qui avait prit la rouille avec le temps.

- Me laisseras-tu partir ?

Ou allons-nous nous battre ?
La question était muette, bien qu'évidente.


Léolyne
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Léolyne
Mer 17 Mai - 13:27
Bien que ses instincts primaires l'incitent à dominer ce loup étranger, à l'écraser pour le contrôler et endiguer la menace, il restait parfaitement calme. C'était cette maîtrise de son loup, couplée à ses dons qui avaient survécu au Changement, qui le rendait si intéressant pour son Alpha. Le fait étant qu'il était aussi intelligent et qu'il savait parfaitement comment détourner les ordres de Sierra à son avantage, notamment pour faire quelque chose qu'il aurait regretté. Cet étranger n'était pas un ennemi. Il avait senti l'odeur du sang, et fronça légèrement les sourcils en voyant une plaie béante se rouvrir suite à son mouvement trop brusque. Colère, peur, agressivité... L'inconnu avait l'habitude d'être chassé, il s'attendait certainement à une embuscade ou quelque chose du genre... Cela ne faisait que renforcer l'intuition de l'amérindien, qui refusait de céder à quelques bas instincts pour satisfaire sa bête. Les esprits considéraient le loup comme un danger parce qu'il n'avait pas été invité à pénétrer leur territoire, il suffisait simplement que cela soit fait pour les calmer... Et c'était tout ce qu'on lui avait demandé : apaiser les invisibles. Il attendit que l'animal s'apaise un tant soit peu, qu'il comprenne qu'il voulait simplement discuter, et cela finit par se faire. Il l'observa changer et se sentit quelque peu jaloux de sa rapidité, mais peut-être souffrait-il ? En tout cas, il ne put cesser de l'observer une fois redevenu humain. Une posture de soldat, un corps mutilé... Quoiqu'il ait vécu, il avait toutes les raisons du monde d'être méfiant.

"Je sais."

Il se redressa un peu, se détachant de l'arbre sur lequel il était appuyé, et lui adressa un infime sourire.

"Pas sans t'avoir soigner d'abord. Si tu t'étais enfoncé un peu plus dans le bois, ton sang aurait attiré quelques créatures... affamées. Je préfère ne pas les tenter. Will, enchanté."

Il se permit même une petite révérence avant de tourner les talons, prouvant ainsi qu'il ne le considérait pas comme un ennemi. On ne tourne jamais le dos à son ennemi, surtout lorsqu'il se sent acculé. Will ne prit pas la peine de s'approcher ou de lui proposer son aide, craignant que l'inconnu prenne cela pour une ruse ou une attaque, et de toute façon ils n'iraient pas bien loin. Il commença à se diriger de l'autre côté du lac, conscient d'être suivi, rattrapant un petit chemin de terre qu'il parcourut durant une centaine de mètres, arrivant enfin devant une maison qui semblait totalement incongrue au milieu de la forêt. Grande, moderne et fraîchement repeinte, elle aurait plutôt eu sa place dans une grande ville qu'ici. Will obliqua en direction du garage dont la porte n'était jamais verrouillée, et s'immisça dans une maison qui n'était pas la sienne en laissant l'égaré le rejoindre à son rythme. Si de prime abord la maison semblait propre et bien rangée, le garage était une véritable caverne d'Ali-Baba, bardé de costumes, d'éléments de décors et de tout un tas de choses qu'on imaginait difficilement réunies au même endroit. Il ne s'y attarda pas et passa à l'intérieur de la maison pour arriver dans un salon de bleu et d'or, décoré de dizaines de photographies allant du paysage au nu sans la moindre logique. Il grimaça en voyant la tête qu'il ramenait sur le parquet et se promit de descendre nettoyer ça très vite. Il alla récupérer deux chaises pliables qu'il installa au milieu du salon mais loin des meubles et des tapis, et hocha légèrement la tête pour les désigner.

"Installe-toi, et ne touche à rien. Parfois je me dis que ma vie vaut moins que ce mobilier, et j'aime bien vivre."

Il n'était qu'à moitié-sérieux. Sa cousine avait investi pendant des années pour se créer la maison de ses rêves, et Will ne résisterait pas à sa colère si l'étranger qu'il amenait ici souillait le tapis avec son sang. Mais elle ne le tuerait pas. Enfin, peut-être. Il préféra ne pas y penser et alla plutôt récupérer une trousse de soin ainsi que des linges humides dans la salle de bain avant de revenir, déposant le tout sur la deuxième chaise. Sans lui laisser le temps de protester il épongea autant de sang que possible avant de venir panser sa plaie pour arrêter l'écoulement, constatant au passage qu'il s'agissait d'une trace de couteau. Une larme en argent, sans doute. Ce n'était pas courant, mais ça expliquait une guérison plus lente. Quant au pourquoi du comment il avait été blessé...
Will récupéra tout son matériel pour aller le ranger puis se nettoyer les mains, et passa cette fois par la cuisine pour aller y piocher un grand verre d'eau, et un reste de sandwich au thon. Il rapporta tout ça au loup, puis s'éloigna pour lui laisser suffisamment d'espace.

"Ma cousine devrait rentrer d'ici une heure. Elle n'est pas en très bons termes avec notre Alpha, alors elle t'accueillera sans problème. La salle de bain est juste là, il se tourna pour désigner la deuxième porte dans le couloir face à eux, je vais aller te trouver une tenue à ta taille, elle doit avoir ce qu'il faut. Ne mouille pas ton bandage. Pour les questions, on verra plus tard, les tiennes comme les miennes."

D'abord soigner, ensuite demander. Will passa en premier dans la salle d'eau pour sortir une serviette -et se nettoyer les pieds, histoire de sauver le parquet-, puis il ressortit pour aller dans la porte juste avant celle de la salle de bain. Il en ressorti vêtu d'un jean noir et d'un pull crème, et tenant dans ses bras un boxer, un jogging gris et un t-shirt jaune relativement large qu'il alla déposer dans la pièce. Ensuite il commença par ranger les chaises, nettoyer le sol et toutes les traces possibles de leur passage, avant de se rendre à la cuisine. Armé d'une boîte d'oeufs, de champignons pré-émincés et de pommes de terre, il prépara une omelette copieuse qui fut terminée juste au moment où le loup avait terminé sa douche. Will déposa le plat sur la table de cuisine, suivi d'un verre et d'un pichet, ainsi qu'une boîte de muffins chocolat en guise de dessert. Et vu le regard qu'il lançait à son invité, ce n'était pas une option.

"Ton corps a besoin de reprendre des forces. Quand tu auras fini, tu pourras tout mettre au lave-vaisselle."

Et il le laissa là sans autre forme de procès, préférant s'installer dans le canapé pour feuilleter un magasine de mode.
Ezvana
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Ezvana
Mer 24 Mai - 20:27

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.
Après tant d'année, je rêve de trouver une âme avec qui errer.

Après des années d'errance, je veut trouver une meute, un autre lou avec qui être. Je ne sais qui cela pourrait être, je ne sais pas comment faire. Mais un jour, alors que je me suis perdu, quelqu'un m'a trouvé.



Un sourire, une présentation. Et déjà l'homme s'éloignait de lui en l'invitant à le suivre.
Méléän reste sur place quelques secondes, indécis. De ses yeux sombres il cherchait un piège, une alternative, un mirage. Il était anormal pour un loup-garou de se comporter ainsi envers un inconnu qui avait franchi la limite du territoire, personne n'était aussi accueillant.
Se tourner, fouiller les fourrés. Il était toujours persuadé qu'un autre loup était là, tapis et qu'il était prêt à lui arracher un bras ou à l'égorger.
Et quand la silhouette semble disparaître derrière les troncs, il fait un pas. Hésite. Puis un autre.
Méfiant Mel, de celui qui fu toujours traqué.
Alors, il suit celui qui s'était présenté comme Will. A distance, suffisamment loin pour voir quel chemin il parcourait tout en ayant la possibilité de se glisser ailleurs s'il le fallait. A plusieurs reprises il faillit reprendre sa forme lupine pour de nouveau courir. Tenter sa chance plutôt que de foncer de son propre chef dans la gueule du loup.
Pourtant, la curiosité le picoter. Que pouvait attendre une telle personne ?
Sans émettre le moindre son il observe ce corps un peu plus loin, admire les courbes de cette peau caramel, ce tatouage qui s'enroule autour tel du lierre sauvage.
Jamais il ne se ferait tatouer. A moins d'y être obligé. Son corps avait subi suffisamment de marque par les autres au cours de sa vie. Et jamais encore il n'eut l'occasion de se plier à ce rituel que beau-coup de meute faisait sur leurs membres.

Déjà une maison. A l'apparence étrange, bien trop ordonné pour être perdue ainsi dans une forêt. Il continue de suivre son guide, s'approche en essayant de calmer les battements de son cœur qui tam-bourinait sous l'effet du stress. Rien ne lui prouvait que ce n'était pas une jolie cage dorée. Il avait suffisamment donné il y a quelques décennies.
Les yeux s'attardent sur les bibelots, cherche une cohérence dans tout ce bazar amassé. Un indice sur le propriétaire des lieux, une confirmation d'un potentiel piège.
Rien. Tout semblait normal.

Avant d'entrer il essuie ses pieds sur de grosses touffes d'herbe grasse, plus par réflexe d'une an-cienne vie que par sympathie. Avec précaution il passe le seuil de la porte, admire les couleurs qui l'entouraient. Analyser l'endroit, repérer les différentes portes, les issues potentielles. Sa large thora-cique se gonfle, ses vertèbres craquent, alors qu'il prend de longues inspirations profondes pour sen-tir la moindre odeur partielle. Les narines frémissent, les yeux font des allés et retour.
Il ne s'attendait pas à une telle tanière pour un Loup. Bien qu'il ne savait pas du tout à quoi cela pouvait ressembler. C'était plutôt chaleureux, un peu trop désordonné, mais accueillant.

On lui ordonne de s'asseoir et un tic nerveux agite sa lèvre supérieure. Comme une envie de grogner, de ce rebiffer. Visiblement il avait l'habitude de se faire obéir mais Mel n'était pas un bon candidat. Pourtant, il prend place sagement, attend patiemment le retour de ce Will.
Quand il s'approche de sa plaie, il se retient de ne pas enserrer ce coup de sa poigne et de serrer jus-qu'à le faire glapir. Il lui était difficile de laisser quelqu'un s'approcher ainsi d'un point faible.
Mais cet homme est doux, appliqué dans ses mouvements. Alors il se concentre plutôt sur la très belle couleur de ses prunelles, de ce violet soutenu qu'il avait rarement croisé dans les membres de sa race. On ne pouvait pas douter une seconde de sa nature magique.

La douleur était lointaine, un vieux reflux passé au loin, ignoré. Elle était la compagne de sa vie et depuis longtemps il savait danser avec elle. Parfois son étreinte était étouffante, de celle qui fait pleurer en silence recroquevillé dans un coin. Mais les années et le vécut lui avait appris à se détour-ner de ses pas trop pressant. Ce n'était plus un tango mais il valse et c'était lui qui devait guider.
Alors quand on panse sa plaie, il n'emmenait aucun son. Il juge plutôt la capacité de nettoyer et de faire un bandage, tel l'ancien militaire qu'il était.

On lui apporte un reste de sandwich, un verre d'eau. Nerveux Mel, qui prend ce qu'on lui donne, se met à renifler la nourriture pour y sentir le moindre poison connu. Cela serait une méthode bien étrangère pour un loup, surtout après lui avoir laissé la vie sauve. Mais il avait suffisamment de per-fidie dans sa vie pour faire attention à tout. Toutes les races pouvaient être mauvaises, toutes pou-vaient être bonnes. Mais les personnes ont la fâcheuse tendance à se tourner vers le mauvais côté.

Il ne repère rien et sans quitter du regard cet étranger, il mange le sandwich en deux bouchées à peine, engloutit le verre d'eau sans respirer. L'idée de se faire questionner le dérange, le fait s'agiter sur son siège. Il n'avait rien à dire, rien à prédire. Cela faisait déjà bien longtemps qu'il ne faisait qu'errer. C'était devenu une habitude, une routine à laquelle il se pliait douloureusement. Mais il comprenait. Alors, il se plie à la demande, récupère les vêtements en remerciant d'un mouvement de tête et entre dans la salle de bain.
Une fois seul, il chancelle. Il se rattrape au rebord du lavabos. Les jointures blanchissent, le teint est pâle. Dans un souffle heurté il relève son visage et regarde son reflet. Dans son regard danse une flamme ambrée, un appel sauvage de la facilité. Une grimace dévoile ses quatre canines qui trahis-sent sa nature. Deux en haut, deux en bas. Moins impressionnantes que celle d'un Vampire, mais suffisamment présente pour percer la chair. Un trait que tous les loups n'héritaient pas de ce qu'il avait put apercevoir. Lui n'avait pas de beaux yeux violets, plutôt des marques d'une sauvagerie qui le hante.
Un air de dégoût lui tire les traits, plisse ce nez aquilin. Comme si son corps avait été étreint par un rosier sauvage, sa peau était triée de cicatrices profondes, témoignage de son ancienne condition d'esclave, rappel constant de tout ce qu'il avait perdu.
Une nouvelle fois, il essaie de se souvenir. De son prénom. De sa présence. Il ne se souvient que d'un reflet dans des prunelles, une odeur épicée qui reste dans l'air. De rage il serre les dents, con-tracte les muscles de sa mâchoire. Il pleur en silence ce qui avait été perdu, dans la vie comme dans son esprit.
Un soupir tel un sanglot.
Il devait arrêter. Il ne pouvait pas ainsi baisser la garde dans la maison d'un inconnu.

Mécaniquement il prend sa douche, fait bien attention à ne pas mouiller son bandage. Il se frotte la peau jusqu'à la faire rougir, se décrasse chaque parcelle de son corps. L'eau chaude lui fit du bien, décontracta quelques muscles noueux.
S'essuyer, s'habiller. Le haut serre son torse et ses bras, mais il était suffisamment à l'aise. A peine eut-il le temps d'ouvrir la porte qu'une odeur de nourriture lui chatouille les sinus.
Reflexe d'agiter son nez, de humer, d'identifier ce qui pouvait sentir aussi bon.
Presque aussi vite on lui ordonne de manger.
Il s'assoit, renifle sa nourriture en épiant du coin de l'œil ce Will. Son esprit balance entre la méfiance et se désir viscéral de se nourrir. Tel le chien qui se jette dans sa gamelle par peur du manque, il a la salive qui emplit sa bouche. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas mangé un vrai repas ? Bien trop longtemps. Il avait perdu du poids, de la masse et il s'en était rendu compte.
Prendre une décision.
Manger.

Il se précipite sur la nourriture, engouffre cette omelette simple mais terriblement satisfaisante. Il mâche consciencieusement sa bouchée, avale un long trait d'eau entre chaque. Aucune miette n'a été laissé et il n'y avait que son éducation stricte qui l'empêcha de lécher l'assiette. Il prend un muffin, croque à pleins crocs. Il roule des yeux quand la saveur sucrée chatouille ses papilles, se reprend avant d'engouffrer le reste du gâteau. En prendre un autre. Puis un troisième. Et quand enfin il semble être calé il s'arrête.
Docilement il prend la vaisselle, cherche le lave-vaisselle et dépose le tout soigneusement, sans faire aucun bruit.
Malgré sa taille et sa corpulence, il se déplaçait silencieusement sur ses pieds nus. Une habitude qu'il a gardé depuis ses années à l'armée et depuis qu'il est devenu Loup-garou. Être discret était devenu une seconde nature. Une personne qu'on n'entendait pas était invisible.
Revenir vers le salon, trouver un fauteuil et s'y asseoir.
Il se racle la gorge avant de braquer son regard dans celui de son hôte. Il préférait fuir les conflits, mais il n'avait aucun mal à confronter quelqu'un s'il le fallait. Et la vérité pouvait se lire dans les yeux.

- Je voulais vous remercier pour tout ceci. Les soins, la douche, le repas. Je m'appelle Méléän.

Une grande inspiration, comme pour reprendre confiance en lui.

- Pour ce qui est des questions je peux déjà vous aiguiller sur certaine chose. Je me suis fait cette blessure dans un bar très fréquenté par les lycans. Un homme alcoolisé a voulu s'en prendre à une femme. J'ai dû intervenir. Je n'ai pas fait asse attention et il a dégainé un cou-teau. J'ai dû me protéger avec l'avant-bras. Et vu la couleur de la lame, il n'était pas venu pour ce faire des amis.

Un sourire en coin, un sourire amer.

- Pour éviter tout contrôle je me suis enfui. Et non, je n'ai pas de meute, non je n'ai pas de lien avec d'autres Loups. Longue histoire. J'avais juste besoin… de courir. De m'évader.

Un mouvement de bras, cette main qui se tend vers l'avant pour appuyer son propos. Aller tout droit. Avancer. Son hôte le comprendrait certainement.

- Et j'ai surestimer ma résistance. J'ai dû m'arrêter auprès de ce lac. Voilà pourquoi je me suis retrouvé sur votre territoire.

Sa main qui vient frapper doucement sa cuisse comme pour terminer sa tirade. Il reste silencieux à regarder Will. Il ne voyait pas ce qu'il avait à dire d'autre mais au vu de la situation il voulait bien rester ouvert et se plier à d'autres questionnements.



Léolyne
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Léolyne
Mer 31 Mai - 0:33
Il était rare que des inconnus, quelque soit leur nature, s'aventure sur le territoire de la meute. Les invisibles n'appréciaient guère les étrangers et n'avaient aucun scrupule à les harceler jusqu'à les rendre fous, et qu'ils partent de leur propre chef. Will avait pris l'habitude de faire des rondes régulières juste au cas où, et de s'informer de l'état général des esprits pour prévenir ce genre de situation. Rendre un surnaturel encore plus imprévisible puis refiler la patate chaude au voisinage n'avait rien d'une bonne idée. En voyant ce loup presque mutilé, blessé et sur le qui-vive, son besoin de protection outrepassait son côté territorial. Il avait raison de faire ce qu'il faisait, d'aider au lieu de chasser, celui-ci n'était qu'une preuve supplémentaire.

Il lui avait laissé tout le temps du monde pour se mettre un minimum à l'aise.

Hormis les quelques indications qu'il avait pu lui donner, Will n'avait rien dit. Il l'avait laissé prendre son temps pour se doucher et se nourrir, comme si la situation était tout à fait banale et qu'il en était ainsi chaque jour. Néanmoins, lorsque son invité eut terminé et se décida à parler, il releva un oeil intéressé et l'écouta lui donner le minimum d'informations possibles. Uniquement du présent, pas de mention particulière sur le passé. Il y avait mille raisons à cela, mais l'amérindien ne remit pas sa parole en doute. Déjà parce qu'en tant que loup il pouvait flairer le mensonge, et ensuite parce qu'il préférait se fier à son instinct et que celui-ci ne lui hurlait pas de se méfier du dénommé Méléän. Il referma son magazine de mode afin de le remettre à sa place, puis acquiesça simplement aux paroles de son interlocuteur.

"Hormis le fait que tu ais défendu une femme, j'avais deviné tout le reste. Tu n'as pas dit grand chose d'intéressant, ce n'était pas vraiment un reproche, et il lui adressa un sourire. Mais ta façon de présenter les choses m'aiguille suffisamment. Tu es sur le territoire Kwanita. Nous ne sommes pas de simples loups, nous sommes des chamans et le pont entre les invisibles et le reste du monde. Si je ne t'avais pas trouvé, tu serais probablement mort ou fou à lier."

À l'instar de Méléän, Will présentait les choses comme des faits avérés, ce n'était en rien une menace. Le bruit aisément reconnaissable d'une portière de voiture se fit entendre, et le loup se releva alors pour saluer celle qui arriverait dans quelques instants.

"Si tu veux partir, je t'accompagnerais pour éviter tout problème susnommé. Si tu veux rester un moment, je pense que ma cousine acceptera. Elle est arrivée, de toute façon."

En effet, une femme pénétra la maison avec la délicatesse d'un chien enragé dans le vaisselier. Elle était dissimulée sous une pile de cartons débordants de tenues aux coloris variés qu'elle déposa avec fracas au pied du canapé, comme si elle avait oublié avoir de la visite. C'était tout à fait le cas. Elle fronça les sourcils à la vue de l'étranger, avant de lancer un regard interrogateur à son cousin. S'ils étaient de la même famille, ils ne se ressemblaient aucunement : elle avait la peau aussi noire que l'eau profonde, mais constellée de tâches blanches de toutes tailles et formes. Ses yeux, en amande, étaient d'un bleu si clair qu'il paraissait blanc, contrastant avec les prunelles améthystes du loup. Lui paraissait parfaitement amérindien, tandis qu'elle semblait plutôt d'origine métissée colombienne-africaine. Elle resta interdite un instant, son regard détaillant le visiteur, avant qu'elle ne lui adresse un large sourire.

"J'avais parfaitement oublié...
-C'est étonnant... Méléän, je te présente Héléna, ma cousine.
-Salut ! Will m'a prévenue, mais sur le coup ça m'était sorti de la tête. Hé mais, c'est à cause de vous que mon entrée est toute salopée ?!"


Elle s'était tournée vers son cousin sans hésitation, le fusillant du regard alors qu'il reculait légèrement, plus amusé qu'impressionné. Héléna était une louve dominante, mais elle n'était pas fâchée. Enfin, pas vraiment... Il promit de s'en occuper dès que possible et elle se contenta de hausser les épaules avant de regarder à nouveau son invité.

"Si tu veux rester, ça ne me dérange pas, mais je n'aurai aucun scrupule à t'exploiter. D'ailleurs, en parlant de ça, venez donc m'aider à vider la voiture !"

Et sans plus de cérémonie elle tourna les talons, Will soufflant du nez avant de lui emboîter le pas. Son véhicule débordait de costumes, palettes de maquillage, branches de fleurs, de trépieds, différents appareils photos et objectifs, du matériel pour la lumière et tout un tas d'autres babioles qu'elle entreposa dans le salon. Lorsqu'ils eurent terminé, elle alla récupéré de la limonade fraîche préparée la veille, en servit trois grands verres et retourna s'installer dans le canapé. Will la remercia avant d'en avaler de longues gorgées avec un plaisir à peine dissimulé.

"Il vaudrait mieux que tu restes ici le temps de guérir, ta plaie a pas l'air jolie-jolie.
-Elle ne l'est pas. Tu saurais le soigner ?
-Si tu me montres, oui, mais t'es meilleur que moi à ces trucs-là. Cela dit avant toute chose, est-ce que Grand-Mamie risque de me tomber sur le coin du nez, ou est-ce que tu lui as caché notre invité surprise ?

Le loup détourna le regard, comme gêné de répondre.
-En fait...
-Ouais ouais, c'est mieux qu'elle ne sache rien. Mél,elle se tourna vers l'inconnu,si pour une quelconque raison tu croises une autre personne que Will ou moi, tu peux soit dire que tu poses pour moi, soit qu'on couche ensemble, comme tu préfères. Personne ne remettra ça en cause si tu sais le dire de façon convaincante."
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Lun 21 Aoû - 20:26

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.
Après tant d'année, je rêve de trouver une âme avec qui errer.

Après des années d'errance, je veut trouver une meute, un autre lou avec qui être. Je ne sais qui cela pourrait être, je ne sais pas comment faire. Mais un jour, alors que je me suis perdu, quelqu'un m'a trouvé.


Le dos de Méléän se raidit, les narines frémissent. Will avait beau sourire, il n'appréciait guère les sous-entendus. S'il avait été plus en colère il aurait répliqué qu'il en aurait peut-être tué un ou deux avant de clamser. Il était un guerrier depuis des décennies. Il ne vivait pas dans le confort de la sureté contrairement à eux.

Mais il ne réplique pas, il se contente de rester la bouche close. Faire refluer cette hargne qui le caractérise, faire taire la flammèche pour quelle redevienne braise. Il avait été accueilli, soigné, nourris. Il pouvait bien prendre sur lui et museler son égo.
Ce qui le fait tiquer c'est cette histoire de chamans. Ce n'était pas de vrais loups comme lui ?
Une grimace déforme les traits de son visage. Voilà bien longtemps qu'il avait perdu son humanité, mais en faire le constat par un lapsus n'était pas agréable. En quoi était-il plus « vrai » qu'eux ? Mais c'était de l'inconnu et il se méfiait de ce qu'il ne connaissait pas. C'était sa nature.

Un bruit de portière qui claque et le Loup bondit sur ses pièges comme s'il était monté sur un piège armé. Le cercle brun de son regard jaunit instantanément et la respiration est profonde. Son regard passe de la porte à Will qui s'était levé sans heurt. Il était prêt à répliquer, le cœur tambourinant dans ses oreilles.

Quand la femme entre, il hume l'air, essai d'identifier des phéromones pour comprendre. Quand elle fronce des sourcils il retient à grande peine un grognement dans sa poitrine. Son grand sourire le déstabilise et il se redresse lui qui était prêt à bondir. Il cligne des yeux, hoche la tête pour la saluer, incapable de parler tant le loup en lui était à fleur de peau.

Méléän reste quelques secondes immobiles quand on lui indique d'aider à porter les cartons. Un bref instant il regarde par la fenêtre, admire la forêt qui semblait l'appeler. Il serait si facile de juste si précipiter, de courir, de retrouver ses vêtements enterrer et de retrouver la ville. Un bref soupir et il s'avance, se dirige vers cette voiture débordante de cartons. Il soulève les cartons avec une force non dissimulés, reste efficace dans sa tache comme un militaire autoritaire. Il devait juste faire attention à sa plaie. Mais avec rigueurs et précisions il porte et pose les cartons là où lui indiquait. Parfois discrètement il reniflait les odeurs, jetait des coups d'œil sur des affaires qu'il n'avait jamais vus. Trop de couleurs, trop de paillettes. C'était un monde qu'il ne connaissait pas.

C'est quand il n'avait plus de directive que le mercenaire se trouvait penaud. Il était là, debout, à prendre de la place de pars sa carrure alors qu'il aurait préféré être invisible. Il était un homme d'action, non de réflexion. Il ne savait pas ou se mettre, quoi faire.
Il écoute les échanges, garde l'intention sur les différentes intonations.

- Pour ma blessure, ce n'est rien. J'ai déjà vécu bien pire.

Un semblant de sourire pour paraître sociable. Il a eu des muscles arrachés, des os brisés. Défiguré, battu, mutilé. Et pourtant la chaire se recompose, les os se ressoudent et l'esprit se durcit.
Mel ? Comment ça Mel ?

- Je ne peux pas dire que je pose pour vous. C'est évident que je n'ai pas la tête de l'emploi.

Aucun mouvement pour cacher ses bras ou se dévoilent de longues zébrures plus claires. Juste un simple sourire en coin.

Pourquoi ne peut-il pas sous-entendre qu'il couche avec Will ? Serait-il fermé à ce genre d'approche ?

- Je prendrais donc la seconde option.

Oui il aurait pu coucher avec. Elle était belle dans cette particularité étrange et fascinante. Presque une envie de glisser ses doigts sur sa peau tacheté pour en caresser le duvet. Ou glisser ses doigts dans les longs cheveux sombre de Will.

Battre des cils. Se reconcentrer. Trop de phéromones dans une trop petite pièce. Il n'avait pas l'habitude d'être ainsi en contact avec d'autres loups. Ils les évitaient en général. Ils ont une foutue manière de deviner les mensonges, une attache très forte à leurs territoires.
Et le nombre de fois où il c'était fait courser parce qu'il avait couché avec un membre d'une meute ! A ces souvenirs un léger sourire vint fleurir sur ses lèvres. C'était intense, toujours.
Il aimait leurs côtés viscérale, sincère, brut. Mais c'était source de problème. Quand tu touchais à l'un des leurs, c'était toute la meute qui était impliquée. Et lui était bien trop libre pour se plier à ces règles qu'il trouvait absurdes. Une méconnaissance d'une vie de meute qui le met en défaut.

- Puis-je me permettre de vous poser quelques questions ? Will m'a dit que vous étiez des chamans et j'avoue ne pas connaître votre espèce. Vous entendez quoi par le pont entre l'invisible et le visible ?

Il s'avance et prit son verre de limonade. Cette fois-ci il prit le temps de savourer chaque gorgée. Il était plus salé que sucrée, mais cela lui fit du bien.

- Merci pour votre proposition de rester que j'accepte volontiers, mais je ne veux pas causer de problème avec votre… Grand-Mamie. Je n'ai pas envie de déclencher une guerre par ma présence.

Depuis combien de temps ? Combien de temps qu'il ne c'était pas retrouvé dans un endroit saint ? Un toit sur la tête, autre chose qu'un matelas miteux posé dans un squat, des sourires, des conversations, de la nourriture. Une présence avec qui dormir.

Il détourne le regard et serre la mâchoire. Ces deux-là n'imaginaient pas du tout ce qu'il était capable de faire. Ce qu'il avait déjà fait.
Méléän regarde sa main calleuse, propre et sèche. Pourtant, il lui semblait qu'elle était toujours parcourue de sang séché, de rainures ou s'écoule l'hémoglobine. Une lame d'un coutelas dans la paume, la mort sur le bout des doigts.
C'était le jeu de la survie. Il était un mercenaire. Il suffit de le payer pour que le monde trouve une nouvelle horreur dans le détour d'une ruelle.
C'était tué où être tué.

Faire semblant. Se redresser. Boire une nouvelle gorgée. Regarder à nouveau ces deux personnes, plonger dans le regard violet de Will. Esquiver cet entrelacs mauve pour que ses propres yeux ne hurlent pas la vérité.
Pencher la tête sur le côté en attendant la réponse. Hocher la tête. Repousser une mèche grisonnante du front. Se rattraper sur les tous petits rien pour paraître normale.
Alors qu'en lui il est enchaîné.


Léolyne
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Léolyne
Lun 21 Aoû - 22:02
Avec l'arrivée fracassante de la maîtresse des lieux, Will ne fut pas particulièrement étonné de voir son invité se mettre en position de défense. Il eut brièvement la vision d'un chat accroché aux rideaux du salon après un bruit sourd, et dut se retenir de sourire d'amusement. Malgré son flegme apparent, il était parfaitement apte à comprendre pourquoi le loup était dans un tel état, et cela n'avait rien de drôle. C'était simplement qu'il... préférait prendre un peu de recul sur la situation, c'était comme cela qu'il gardait le contrôle sur sa bête intérieure. La réaction première devait être humaine, pour qu'il le reste également. Il y avait quelque chose de similaire dans le fonctionnement de sa cousine, car n'importe quel autre loup tout aussi dominant aurait probablement grondé ou menacé l'inconnu qui, lui-même, se montrait légèrement hostile. Héléna s'était contentée de sourire parce qu'elle appréciait recevoir du monde, même si le monde en question avait sali son entrée. Les cousins décidèrent d'un accord tacite de ne pas réagir au comportement de Méléän pour qu'il puisse s'apaiser, si bien que Will s'engouffra à la suite de la demoiselle pour l'aider à vider sa voiture. Grâce à l'aide de leur invité, ils purent finir le travail assez rapidement ; néanmoins le salon croulait sous le bazar et ne restait plus que deux fauteuils ainsi qu'un infime morceau de canapé disponible. Lui s'était mis sur un fauteuil, elle en équilibre entre l'accoudoir et un carton de balles en plastiques colorées. Voyant que le blessé ne bougeait pas, Will désigna le siège près de lui d'un signe de tête.

"Tu peux t'installer là, si tu veux."

Il lui laissait le choix à nouveau. Tout comme il lui laissait la possibilité de se désaltérer, ou non, à l'aide du verre posé sur la table basse -sur un carton entreposé sur la table basse, mais ce n'était que point de détail. Les premiers mots qu'il adressa à la demoiselle la firent froncer des sourcils.

"Que tu ais eu pire ne signifie pas que ce n'est pas grave. Et tu te trompes, tu as tout à fait la tête de l'emploi. Non seulement tu es très beau, mais en plus je me suis spécialisée dans l'embauche de modèles dits atypiques, elle appuya sa remarque en désignant d'un vague geste sa propre peau décolorée par endroits. Enfin, fais à ton aise, je m'en accommoderai bien.
-Tu peux même utiliser les deux excuses...
-Je sens comme une odeur de jugement dans l'air...

Un sourire étira les lèvres du brun.
-Ce n'est pas moi qui, après avoir répété inlassablement à mon cousin préféré qu'on ne mélange pas vie professionnelle et vie personnelle, me suis mise à coucher régulièrement avec certains ou certaines de mes collègues de travail."

La réplique ne se fit pas attendre, Héléna s'empara d'une petite balle de plastique qu'elle lui lança dessus, et il ne prit même pas la peine de l'esquiver. Il la méritait un peu. Les deux échappèrent un rire mais très vite, le loup se tourna vers Méléän, son regard d'améthyste semblant l'examiner.

"Si tu n'es pas à l'aise, nous pouvons te laisser un peu tranquille."

C'était en partie son rôle de gérer les nouveaux loups et toutes les relations externes de la meute, alors il savait mieux que personne déceler le malaise chez son interlocuteur. Sa bête voulait encore un peu chahuter cet étranger pour lui montrer qui dominait ici, mais à le voir singer la sociabilité tout en captant différents signaux prouvant qu'il ne savait pas bien quoi faire, il ressentait principalement le besoin de le protéger. Héléna, de son côté, avait d'ores et déjà décrété qu'elle aimait bien cet homme. Peut-être parce qu'elle n'avait qu'une envie : le prendre en photos sous tous les angles possibles afin d'en faire sa nouvelle égérie ? Elle avait même quelques idées de duos, mais il était un peu tôt pour lui faire une telle proposition. Elle sirota à nouveau son verre, laissant le soin à son cousin de répondre à la question du loup.

"Les chamans sont une sorte de sorciers reliés à la nature et aux esprits invisibles qui vallonnent ce monde. Ils maintiennent un certain équilibre pour protéger les esprits des créatures tangibles, mais l'inverse est vrai également. Notre meute a la particularité d'être issue d'une puissante lignée de chamans, ces pouvoirs coulent dans nos veines au même titre que les gènes lupins, mais la métamorphose ne se déclenche que par choix ou en cas de traumatisme puissant. Nous ne sommes pas assez humains pour être de simples chamans, mais nous ne sommes pas assez loups pour être reconnus par nos pairs comme tels non plus.
-Les détails sont longuets et ennuyeux, mais malgré cet héritage double les deux ne sont pas vraiment compatibles. Généralement, quand nous Changeons par choix ou contraintes, nous perdons nos capacités chamaniques. À une ou deux exceptions près, comme Will."


Le concerné détourna le regard, visiblement gêné. Héléna n'en avait pourtant rien à faire, elle ne lui reprochait pas sa place, au contraire elle le plaignait car, d'une certaine manière, il était celui que Sierra malmenait le plus. Elle, elle avait sa liberté, sa propre maison, et un compte en banque superbement rempli par son propre travail, ça lui convenait assez bien. Elle se tourna vers Méléän et lui adressa un doux sourire.

"Notre Grand-Mère est en réalité l'Alpha de cette meute. Mais elle n'a jamais muté malgré ses quelques centaines d'années d'existence, donc bien que ses sens soient affutés elle ne sera pas capable de déceler que tu es un loup si tu ne le lui montres pas directement. Elle se fie à Will pour ce genre de choses. Elle n'a pas de raison de s'intéresser à toi, c'est sur moi que pleuvront les reproches, ne t'en fais pas tu ne risques rien.
-Alpha ou non et peu importe ce que cela implique, je ne la laisserai pas te chasser tant que tu ne seras pas en meilleur état.
-Je suis déjà une renégat ici, je lui ai déjà fait le pire affront possible, tu ne seras pas remarqué."


Un parfum de regret, provenant de Will, apparut aux derniers mots de sa cousine. Elle semblait plutôt... déçue, ou énervée, mais tout cela se dissipa dès lors qu'elle sauta sur ses deux pieds en s'étirant bruyamment.

"Je vais prendre une douche ! Tu devrais l'installer dans ta chambre en attendant, Will.
-Et pas celle d'Amara ?
-Je vais m'en servir pour un shooting d'ici quelques jours, alors non. Si tu viens squatter, tu te contenteras du canapé."


Il bougonna quelque chose d'inaudible alors qu'elle s'enfuyait dans un rire. Las mais amusé, il se redressa en incitant Méléän à le suivre. Il le mena deux portes après la salle de bain, pour lui faire découvrir une pièce petite et étonnement peu remplie contrairement au reste de la maison. Un grand lit double avec des draps aussi mauves que les yeux du loup, quelques photos ci et là représentant principalement les deux cousins et une femme hâlée aux longs cheveux rouges, certaines plus vieilles que d'autres puisqu'ils y en avaient datant de leur enfance. De temps à autre, deux autres garçons étaient présents sur les images : tous les deux la peau noire, mais l'un avec des yeux noisettes tandis que l'autre les avaient plutôt verts. Ce dernier faisait presque toujours la tête d'ailleurs. Du reste la pièce contenait un petit bureau sur lequel traînait pas mal de matériel de peinture, une petite armoire, et une télévision accroché sur un mur couvert de dessins peints représentant des signes colorés entrelacés. La pièce portait l'odeur de son propriétaire, signe qu'il y venait régulièrement. Il laissa Méléän entrer avec un grand sourire.

"Ce n'est peut-être pas l'idéal puisqu'on ne se connaît pas encore, mais voilà ta chambre pour le moment. On va commencer par changer les draps et aérer un peu."

Il désigna le premier tiroir de l'armoire tandis qu'il ouvrait la fenêtre.
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Jeu 24 Aoû - 3:15

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.
Après tant d'année, je rêve de trouver une âme avec qui errer.

Après des années d'errance, je veut trouver une meute, un autre loup avec qui être. Je ne sais qui cela pourrait être, je ne sais pas comment faire. Mais un jour, alors que je me suis perdu, quelqu'un m'a trouvé.


Il était beau ?

Un mince sourire étire ses lèvres en l'entendant. Il avait l'air d'une personne âgés en comparaison de leurs jeunesses flamboyantes. Un homme mûr, dans la force de l'âge. Dont la chair a été malmenée à bien des égards. Il était donc rare qu'on le qualifie ainsi, mais il prenait le compliment. Mais si était beau, eux ils étaient superbes.

Les balayés du regard. A chacun sa particularité, cette braise que l'on voulait alimenter d'un souffler pour en admirer les reflets.

Méléän se demandait quel âge il pouvait bien avoir. Une fois il était tombé sur un Vampire millénaire. Cela l'avait marqué et peiné. Au bout d'un moment les souvenirs s'estompent, s'effacent. On a le temps de vivre plusieurs vies mais on les oublies malgré soi, jusqu'à se perdre soi-même.
Lui-même ne courrait il pas après des souvenirs qui s'étiolaient dans la brume du temps qui passe ? Peut-être était-ce ce qui le rattaché encore à sa vie humaine.

Le Loup les écoute se chamailler, sourit sans se rendre compte en voyant leur complicité. Et quand Will se tourne vers lui et surprend son malaise, il fait semblant.

Il fait un signe de main, prend une nouvelle gorgée de limonade, s'assoit sur l'accoudoir du fauteuil. Il n'avait aucune envie de s'expliquer, cela ne regardait que lui. Enfin peut être. Et surtout, il ne voulait pas inquiéter d'autre personne. C'était l'une des raisons de sa solitude. Son incapacité à sociabiliser correctement et aussi ne pas vouloir faire souffrir d'autre personne de ses propres malheurs.

- Merci pour vos explications. J'ai déjà entendu parler de votre espèce, mais je n'en avais pas les détails. Cela ne doit pas être simple pour vous d'être ainsi scindé en deux. Je peux comprendre.

Il reste silencieux quelque seconde, regarde son verre et cherche une odeur d''alcool. Non, même pas. Voilà que sa langue se déliait d'elle-même. Mais il ne pouvait que comprendre. Lui simple humain c'est retrouvé du jour au lendemain loup-garou, par un traumatisme qui le poursuivra toute sa longue vie. Trop Humains pour les Loups, trop loups pour les Humains. Il s'est laissé alors porté par sa nouvelle nature pour survivre.

Ne pas reconnaître un Loup ?
Il respirait le lycan. Il puait la lycanthropie. Il n'avait certes pas les apparences aussi flatteuses et incroyables que ces deux compères, mais tout en lui hurlait la traque et la sauvagerie. Et il en avait parfaitement conscience. Il ne pouvait se défaire de cette nature lupine qui lui collait à la peau. Mais bon, si la Grand-Mamie pouvait se fourvoyer, cela était à son avantage. Il fallait qu'il évite de sourire ou de grogner, ce n'était pas si compliqué.
Boire une nouvelle gorgée et se racler la gorge. Se pencher en avant, l'inquiétude brillant dans son regard chaud.

- Je ne connais pas votre passé dans votre meute, mais je ne souhaite pas vous indisposer. Je ne veux causer aucun problème. Ne vous prenez pas les foudres de votre Alpha pour un illustre inconnu incapable de se tenir correctement en présence de congénère.

Pour la première fois un grand sourire étire ses lèvres, presque un semblant de rire qui résonne dans la large cage thoracique. Il était conscient qu'il avait un balai enfoncé dans le fondement et que son comportement de Loups ne l'aider pas.
Finir son verre, se diriger vers le lave-vaisselle pour le déposer comme un habitué de la maison. Et quand on lui demande de de suivre il le fait sans histoire.

Quand il se retrouve face à la chambre, il hésite quelques secondes. C'était un peu comme rentrer dans une tanière, l'odeur du propriétaire des lieux envahissait ses sinus. C'était intime, privé.

Discipliné il se penche sur le lit, de ses grandes mains il tire sur les draps, défait cette jolie couleur pour la plier soigneusement au pied du lit. Il dut se retenir pour ne pas porter cette couverture à son nez pour s'imprégner de cette odeur qu'il commençait à reconnaître.
Et qu'il appréciait.

Se diriger vers le tiroir, sortir les nouveaux draps propres. Avec l'aide de Will le lit fut de nouveau fait en quelques minutes.
Puis Méléän hésite, se gratte l'avant-bras nerveusement. Comme à son habitude il à des paroles sur le bout des lèvres, mais il se retient, ne se permet de s'exprimer d'une quelconque façon. Et quand Will lui tourne le dos, il se mord la lèvre inférieure.
Puis sans réfléchir, avec douceur, il lui attrape l'avant-bras.

- Vous… Tu peux ne pas dormir dans le canapé. Ta présence ne me dérangera pas.

Relâcher l'avant-bras pour ne pas paraître grossier. Esquiver le regard mauve pour ne pas être en confrontation. Il n'était pas chez lui, ce n'était pas lui qui dirigeait.

- Et si la mienne est déplaisante, je peux dormir dans le canapé ou en Loup. J'ai l'habitude et cela me va tout autant.

Comment faire comprendre que l'on ne veut pas être un poids ? Il avait l'impression d'avoir une dette qui pesait sur ses épaules et qu'il devait s'en acquitter le plus vite possible. Se râcler la gorge, faire quelque pas dans la petite pièce. Négligemment il prend une photo et détail les personnes qui étaient dessus.

- Vous avez l'air d'être nombreux. Vous faîtes tous partie de la même meute ?

Un bref instant il plonge dans ses pensées tourbillonnantes. Lui aussi il aimerait parler de ses connaissances, de ses amis, de sa famille. Mais il était seul depuis tellement longtemps. Depuis si longtemps que la candeur de ces deux personnes le touche plus profondément qu'il ne le montre.
Un mince sourire amer.
Un murmure.

- Cela doit être beau d'avoir autant de vie autour de soi. Tu as de la chance.

Léolyne
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Sabrina
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Léolyne
Jeu 24 Aoû - 11:59
Les cousins se chamaillaient régulièrement, d'autant plus depuis le départ de deux des membres de leur petit groupe. La peine les avait rapproché, soudé plus qu'ils ne l'avaient jamais été. Ils partageaient une complicité similaire avec l'un de leurs cousins éloignés, mais Will et Héléna avaient grandi ensemble et se sentaient plus liés entre eux du fait. La jeune femme surprit l'ébauche d'un sourire sur le visage de leur invité et s'en voulut immédiatement de ne pas avoir eu son appareil photo sous la main, cela s'exprimait par une grimace bien spécifique qui arracha un rire à son parent.

"Le plus complexe réside dans nos relations avec autrui, en réalité. Chacun a son propre équilibre vis à vis de cette balance génétique, trouver sa place peut devenir compliqué.
-Au moins, nous n'alternons pas entre deux mondes...
-Tu fais référence à la fille d'Amara ?"


Il hocha la tête pour confirmer, Héléna fit la moue en réponse. Leur amie avait généré quatre hybrides atypiques au possible, dont l'une était devenue la favorite du Roi des Esprits. Connaissant sa cousine, la photographe se doutait d'à quel point cela devait être difficile pour elle de gérer ce fait. Elle devait sans cesse paniquer, se dire qu'on lui volait sa progéniture, qu'elle ne pouvait rien faire pour la protéger. Le regard de Will s'égara un instant dans le lointain, il murmura sans bruit quelques mots, que même de très bonnes oreilles surnaturelles n'auraient pu entendre. Mais très vite ce moment de flottement fut effacé, remplacé par les explications du fonctionnement de leur meute tandis qu'ils reprenaient chacun un doux sourire pour égayer leur visage.

"Je n'ai jamais eu besoin de toi pour m'attirer les foudres de l'Alpha, rassure-toi !
-C'est vrai ça, quand elle avait quinze ans elle lui a volé sa voiture et l'a enfoncée dans un arbre.
-Hé, c'était un accident !
-Un accident survenu quelques heures à peine après que tu ais été punie pour tes mauvaises notes à l'école."


À court d'arguments, elle n'eut d'autre choix que de lui balancer une nouvelle balle en plastique en riant malgré tout. Ils étaient détendus à l'idée d'héberger Méléän, car même si Sierra venait à l'apprendre, sa colère serait bien moindre que le jour où sa protégée lui avait tourné le dos pour s'enfuir avec son grand amour. Tant qu'aucun d'eux ne décidait de partir en lune-de-miel et de s'installer dans un autre pays avec leur invité, cela devrait bien se passer. De toute façon, même si Sierra le croisait sans déterminer sa nature, les autres membres de la meute s'en rendront assez facilement compte. Que ce soit son regard, sa façon d'observer ce qui l'entoure ou même la façon dont il se déplace, difficile de masquer son inhumanité. Cela dit, Héléna vivait assez à l'écart de la meute pour qu'il n'ait pas à croiser qui que ce soit, il pouvait se contenter d'aller dans la ville située de l'autre côté. Le petit rire de Méléän trouva un écho chez les cousins, visiblement ravis de le voir se détendre.

Dans la chambre, une fois le lit fait, Will récupéra les draps sales qu'il laissa tomber dans une corbeille au niveau de la porte d'entrée. Comme il avait tendance à se tâcher comme un enfant de trois ans lorsqu'il peignait, Héléna avait décrété qu'elle laverait ses tenues à part, il avait donc droit à sa propre panière de linge sale. Un contact sur sa peau le surprit. Il se retourna doucement, scrutant l'inconnu qui faisait de son mieux pour se montrer respectueux et soumis sur un territoire qui n'était pas le sien. Il lui sourit.

"Je ne pense pas que je trouverai ta présence déplaisante, une lueur malicieuse brillait dans son regard. Je ne vis pas ici, de toute façon, je ne peux pas vraiment m'éclipser comme je le souhaite. On pourra toujours aviser à la fin de la semaine, quand notre soirée films aura lieu. Une tradition qu'on n'a pas intérêt à oublier sans quoi la dame nous malmène."

Et cette fois, il rit franchement. La soirée film était un bon prétexte pour exploiter, durant la journée, ses cousins favoris histoire de faire quelques shoots ou de l'aider à retrier son matériel. Will observa le loup se déplacer, saisir une photo où ils étaient tous ensemble. À l'instar de Méléän qui semblait s'être perdu dans ses pensées un instant, Will réfléchit quelques instants avant de se rapprocher à son tour.

"Et de la même famille. Contrairement à une meute de loups classiques, la nôtre ne s'étend qu'à coups de mariages arrangés ou de grossesses arrangées. Les relations homosexuelles, les adoptions et la stérilité sont extrêmement mal-vues évidemment. Moi je suis issu du premier mariage de ma mère, mais mon père est mort très peu de temps après. Ma petite soeur, il désigna la fille aux cheveux rouges sur la photographie, est un arrangement d'une nuit pour sceller une entente avec une autre meute. Caleb, il montra le garçon noir aux yeux verts et à l'afro plus développée, est une forme de rébellion de la part de notre mère. Un enfant adopté, métamorphe renard de surcroît. Le dernier c'est Pietro, un cousin éloigné à je ne sais quel degré, mais c'est surtout mon meilleur ami. Et la seule autre personne à laquelle tu peux te fier sans réfléchir ici. Techniquement il est le fils de la demi-soeur d'Héléna... Enfin ça devient vite complexe. J'ai grandi en partie avec sa mère et avec Héléna puisque c'est leur père qui nous a élevé tous les trois. Pardon, je m'emballe un peu mais ce n'est ni très intéressant ni très clair ce que je raconte."

Il échappa un petit rire tout en se grattant l'arrière du crâne, visiblement gêné. Il adorait parler des gens qu'il aime, même s'il avait l'impression qu'on lui enfonçait un poignard dans le coeur quand il évoquait certaines personnes. La solitude de Méléän le frappa de plein fouet et il hocha vaguement la tête, l'air un peu triste.

"Pas quand ces vies se font briser l'une après l'autre devant toi. Ma soeur a choisi son grand amour et s'est fait reniée pour ça, mon frère n'en pouvait plus d'être maltraité pour sa nature, il est parti fonder sa propre meute de renards. Héléna est une paria parce qu'elle n'a aucun don chamanique, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle vit ici. La meute est établie un peu plus au centre de la forêt, dans un coin mieux lotis. Ici il n'y a que ma chère cousine et un... parent que je ne saurais situé sur l'arbre familial qui vit quelque part avec sa mère et sa fille. Honnêtement je ne l'ai vu que deux fois, il n'a pas le droit de s'approcher de la meute et l'inverse est vrai aussi. Je ne sais pas comment il pourrait réagir si un inconnu s'approcher de son territoire, fais attention si jamais tu décides d'aller te balader. Fais attention tout court car dans cette partie de la forêt il y a tout un tas de bestioles pas très sympas."

Si seulement je pouvais changer les choses. Mais il ne le pouvait pas. Pas encore, du moins. S'ils étaient dans une meute normale, ils auraient pu se débarrasser de leur Alpha et la remplacer sans se prendre la tête, mais les choses ne fonctionnaient clairement pas ainsi pour eux. En soupirant, il fit trois pas en arrière pour s'approcher de la sortie.

"Je vais nettoyer l'entrée avant qu'elle ne m'égorge, puis préparer un repas pour ce soir. Tu as envie de quelque chose en particulier ?"
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