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LE TEMPS D'UN RP

De pluie et de sang • Dinamite

Dinamite
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Région : Au pays des merveilles...
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Univers fétiche : Réel, Historique, Fantasy, HP, SF
Préférence de jeu : Femme
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Dinamite
Mer 31 Jan 2024 - 5:44

Ashild Vekeldottir
Ashild Vekeldottir est la fille du Jarl de Skorravik.

A 30 ans, c'est une guerrière accomplie et cheffe des Vikings. Elle s'est battue pour en arriver là, et mériter sa place.

Pourtant, Ashild n'en doute pas un instant: si son père la savait tribade, il la tuerait de ses propres mains.

L'amour saphique lui étant refusé par les traditions ancestrales, seuls la sécurité de son peuple, la prospérité des serfs de son père et Seigneur, et la satiété de sa famille lui importent.

Ashild est un peu trop fière, sanguinaire, tête-brûlée, mais bonne vivante, avec un côté plus mélancolique et doux, le cœur sur la main avec ses proches. Elle vit et combat pour offrir l'abondance à la population de son village bien-aimé.

Avatar Assassin's Creed  .
Après plusieurs demandes récidives d'Olaf et un signe d'Ashild sa cheffe, qu'il interpréta comme un ordre, Knud le Sorcier se leva en grinçant des dents pour suivre le Sage qui lui ouvrait le chemin.

Knud, comme tous les hommes présents dans la salle, commençait à se sentir fatigué par cette longue journée, et le vin qu'il avait ingurgité commençait à faire son effet. Il serait bien resté dans la grande salle surchauffée, à profiter de la fête jusqu'à ce que le sommeil ait raison de lui. 

Au lieu de quoi, il se retrouvait à suivre Olaf dans les couloirs traversés de courants d'air glacés de l'immense chateau.

Heureusement, ceux- ci étaient presque déserts, et les rares anglais qu'ils croisaient, baissaient les yeux et s'écartaient de leur chemin, l'effroi se reflétant dans leurs regards.

Olaf et Knud n'y prêtaient pas trop attention, le premier plutôt titubant sur ses jambes, et le second pressé de terminer cette mission et de pouvoir aller reposer sa carcasse épuisée. 

Arrivé dans la chambre de la jeune Seigneure, Olaf regarda autour de lui et poussa un juron sonore, agacé. La gamine n'était plus dans la pièce.

Cette garce lui avait posé un lapin, alors même qu'il lui apportait l'aide qu'elle lui avait réclamé. Maudite anglaise! Il se demanda un moment s'il devait partir à sa recherche, mais un reste de lucidité lui fit comprendre que les chances de la retrouver, dans l'état où il se trouvait et l'immensité de ce château étaient minces, voire nulles.

- Elle s'est barrée, annonça t-il a Knud le Sorcier en vieux norrois. La compensation dont je t'ai parlé. Elle s'est barrée. Viens, nous n'avons plus rien a faire la.

Les deux hommes se retournèrent pour sortir de cette chambre lugubre, mais Knud le Sorcier s'arrêta sur le pas de la porte et hésita un moment.

Il ne comptait pas perdre sa nuit auprès de ces sales anglais, mais la Cheffe avait donné des ordres.

Faisant volte face, il revint rapidement sur ses pas, s'approcha du médecin anglais qui dodelinait de la tête sur sa chaise et l'attrapa par le col de sa veste.

- Toi, dehors! lui intima-t-il avec force, le faisant lever de sa chaise, et le poussant vers la porte.

Puis, il sortit de sa besace une petite boîte ronde qui contenait l'Onguent de Guérison à base de plantes médicinales, dont la recette secrète avait été transmise de génération en génération de Sorciers vikings pour arriver jusqu'à lui. 

Il la déposa un peu rudement sur une table basse près du lit de la Dame Rouge, avant d'adresser un signe de tête a la vieille femme qui veillait toujours la malade, pour lui faire comprendre de l'utiliser.

Puis, sans ajouter un moment, les deux vikings quittèrent la chambre de la jeune anglaise avec soulagement.


Opale Or
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Univers fétiche : Fantasy et fantastique
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Valise
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Opale Or
Lun 12 Fév 2024 - 16:37

Annlise d'Ysthierde
J'ai 28 ans et je vis dans le château de mon père, au duché de Scarborough, en Angleterre. Dans la vie, je suis dame et chevalier et je m'en sors très bien. Sinon, je suis célibataire et pure et je ne laisserais aucun homme voler mes titres ou ma gloire.

Je suis née dans la noblesse et une famille aimante, bien que ma mère soit morte en couche.
Mon père aurait préféré que je sois un garçon parce qu'il n'aurait pas eu autant à s'inquiéter de ma sécurité. Mais puisque j'étais une fille, il a demandé à son maître d'arme de m'apprendre discrètement à me défendre. J'ai dépassé toutes ses attentes en devenant une bretteuse hors pair et une guerrière habile, rusée et stratège.

A mon grand malheur, mon père est tombé malade à mes 21 ans. Sur son lit de mort, il m'a fait promettre de garder son trépas secret et de prendre sa place : il m'avait formé pour cela. Avec la complicité de mon mentor, j'ai joué le jeu malgré mon chagrin. Personne n'a rien trouvé à y redire, nos gens m'ont accordé immédiatement leur confiance.

Mais bientôt la guerre a éclaté et j'ai pris les armes pour défendre la couronne, en me faisant toujours passer pour mon père. Pendant plusieurs années, j'ai mené des troupes, perdu et gagné des batailles mais surtout arraché la victoire. La paix revenue, le roi m'a fait mandée pour m'attribuer les honneurs dû à un chevalier de son royaume et j'ai été contrainte de révéler mon identité.

Le scandale s'est répandu à toute l'angleterre et on m'a vite surnommée La Dame Ecarlate. Les nobles ont crié à la trahison, ont demandé à ce que je sois exécutée pour mon crime, mais le roi m'a accordé sa grâce. Pour mes exploits et pour la paix du royaume. J'ai pu conserver mes titres, ma châtellerie et vivre en paix parmi les miens. Hélas, j'ai bien vite compris que ce n'était qu'une façade puisque les seigneurs voisins n'ont pas hésité à m'attaquer, établir des sièges et harceler mes positions. Tous ont appris à leur dépent ce qu'il en coûtait de s'en prendre à mes terres et à mes gens.

Mais j'ai payé le prix fort de leur dernier assaut...

De pluie et de sang • Dinamite - Page 3 Ahnlys11

Quand le sommeil la quitta, Annlise se souvenait mal du jour qui avait précédé. Il lui semblait avoir fait un mauvais rêve, fait de loups et de violences, de mort et de corbeaux à trois yeux. La fièvre lui avait fait voir une géante qui possédait tout ce que son coeur désirait. Elle pouvait encore entendre sa voix aux accents étranges, se perdre dans le bleu de ses yeux, sentir le froid de son armure sous ses doigts. C'en était troublant.

Sa première inspiration hors de la somnolence la fit hoqueter de douleur, chassant ses divagations. Tout son corps se tendit sous les draps, déclenchant une myriade d'éclairs là où ses blessures étaient les plus profondes. Elle grogna et fut surprise de ne pas reconnaître sa voix. Rauque, presque éteinte, comme si elle s'était époumonnée toute une journée à hurler des ordres sur un champ de bataille. Pourtant, cela faisait près de deux semaines qu'elle était alitée. Un étrange malaise s'empara de la châtelaine, tandis qu'elle ne parvenait pas encore à mettre de l'ordre dans les récents événements.

Ses mouvements réveillèrent sa nourrice, qui somnolait sur le bord du lit. Elle sursauta, hagarde, mais son visage fatiguée s'illumina et elle s'empressa de serrer sa main en se répandant en remerciements à Dieu. Sa présence apaisa la dame d'Ysthierde qui cessa de bouger pour apprivoiser la douleur que provoquait sa respiration. Etrangement, elle lui semblait moins vive que lros de son dernier réveil. Elle se sentait également plus alerte. La fièvre avait sans doute diminué, ce qui était bon signe. Elle pourrait peut-être même s'aventurer hors du lit. En revanche, elle ne se souvenait pas qu'il fasse si sombre et si froid dans sa chambre. Elle entendait le feu crépiter dans la cheminée, et pourtant, chaque centimètre de peau hors de sa couette frisonnait.

"De l'eau..."

Sa gorge la brûla quand elle essaya de parler, la faisant toussoter, ce qui réveilla la douleur de son flanc. Annlise grogna faiblement et se redressa dans son lit avec l'aide de la vieille femme. Les rideaux autour de son lit étaient tirés, voilà qui expliquait la pénombre. Elle fronça les sourcils : ses servants savaient pourtant qu'elle n'aimait pas être enfermée de la sorte dans un écrin de tissus. A chaque fois qu'elle se réveillait les rideaux tirés, elle avait l'impression d'ouvrir les yeux dans un tombeau. A travers son incompréhension, un détail supplémentaire la laissa dubitative : les rideaux bougeaient comme en plein courant d'air.

"Tenez, buvez mon enfant."

La voix de sa nourrice la coupa dans ses pensées. Elle but doucement la tasse qu'elle lui tendait et constata avec bonheur qu'il s'agissait d'une infusion au miel juste tiède. Elle l'avala d'une traite et soupira de soulagement en refermant les yeux. De longues minutes de quiétude passèrent ainsi jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole :

"Nourrice, pourquoi avez-vous cloisonné le lit ?"

Le silence de la vieille femme lui parut trop long pour être naturel. Elle tourna le regard vers elle et l'expression qu'elle lut sur son visage lui fit froncer les sourcils. Quelque chose ne tournait pas rond. Son malaise se transforma en angoisse, chassant toute trace de sommeil et de tranquillité de son visage. Lorsque Gunhild lui rappela qu'une flèche avait brisé la fenêtre et que les vikings avaient brisé la porte, tout lui revint comme un coup de baliste dans la poitrine. L'attaque. Les vikings. La géante aux yeux de glace. Sa reddition. Après cela, ses souvenirs restaient flous. Elle avait jeté son épée au sol, Gunhild avait été repérée dans l'armoire, mais après cela, le néant. Elle avait forcé sur ses blessures et avait du perdre connaissance... Autrement dit, c'était un miracle qu'elle se soit réveillée.

Elle souleva les draps pour jeter un oeil à son flanc. Aucun sang ne maculait ses vêtements. Elle réalisa alors qu'elle ne portait pas la même chemise de nuit et qu'une forte odeur de plantes embaumait la pièce. Diable, que s'était-il passé après sa perte de conscience ? Les barbares avaient-ils repris la mer avant son réveil ? Etait-ce fini ? Où étaient les autres ? Dans quel était se trouvait le château ? Est-ce que la herse avait été baissée et la porte des remparts fortifiée ? Bon sang, elle n'avait pas le temps de se tourner les pouces et de boire du thé !

La dame repoussa nerveusement ses draps, retenant seulement ses gestes pour ne pas se blesser davantage et essaya de se lever prudemment, tout en questionnant sa nourrice :

"Que s'est-il passé ? Les vikings ont-ils repris la mer ?"

Le visage de cette dernière blêmit à vue d'oeil alors qu'elle se dépêchait pour l'aider. Comme elle semblait prise de panique à l'idée de la voir se lever, Annlise s'immobilisa et prit une de ses vieilles mains dans la sienne. Elle remarqua qu'elle tremblait légèrement.

"Racontez-moi, demanda-t-elle d'une voix douce."

La vieille femme échangea un long regard avec elle, empli d'inquiétude et de désespoir. Comme si le poids des malheurs l'avait submergé, elle se laissa tomber sur son siège et expliqua la situation à sa protégée. Sa perte de connaissance et l'aide inespérée de la cheffe viking qui lui avait sauvé la vie, détail qui troubla profondément Annlise, puis l'installation des barbares dans le château, la soumission des soldats à la reddition grâce à Beren, le drame évité avec Isolde, le courage de cette dernière et la pommade du sorcier viking qui lui avait permi de reprendre connaissance si tôt et sans fièvre ; et enfin la volonté de la cheffe viking de l'emporter avec eux...

Annlise accusa le coup en fronçant les sourcils. Sa nourrice avait forcément mal entendu... Quel intérêt les vikings auraient-ils à l'emporter avec eux ? Elle était blessée, gravement, et ils avaient déjà accès à son château, ainsi qu'à ses richesses puisqu'elle ne pourrait pas les défendre. C'était certainement de ça qu'ils avaient voulu parler et le sens de leurs mots s'étaient perdus au moment de la traduction. L'homme qui parlait anglois avait un tel accent qu'onle comprenait à peine.

"Bien... Si Erold a pu tenir nos hommes tranquilles, c'est parfait. Faites le appeler, j'ai besoin de m'entretenir avec lui.
-Madame... Sir Kirkawl est... Il est mort durant l'attaque."

L'air quitta les poumons d'Annlise. Pendant un instant, elle ne parvint pas à dissimuler sa détresse. Erold était tombé. Son mentor, son confident, son modèle.... Celui qu'elle avait toujours considéré comme un parent d'adoption. Mort. La jeune femme serra les dents et se souvint de la présence qu'elle avait senti près d'elle la vieille. Comme si son mentor s'était trouvé dans la chambre à ses côtés, sa main sous son bras pour l'aider à tenir face à ses ennemis. Au fond, elle avait su dès cet instant qu'il n'avait pas survécu à l'assaut, mais cela n'empêchait pas son coeur de se dessécher maintenant qu'elle en avait la confirmation. Instinctivement, elle couvrit son coeur blessé d'une main, appuyant le poing contre sa poitrine comme pour l'empêcher de s'en évader. La gorge serrée, le souffle court, elle sentit l'émotion sur le point de la submerger, un cri sur le point de lui échapper. De tristesse ou de rage ? Elle ne prit pas le temps d'examiner cette émotion violente qui grondait en elle, préférant la repousser loin, très loin de son esprit.

Un pillier de sa vie s'était effondré mais elle ne pouvait pas se permettre de se laisser tomber en ruines. Alors son regard se durcit, étincelant comme une étoile dans la nuit, quand elle se leva de son lit. La douleur fut moins forte que ce à quoi elle s'était attendue mais elle était inhabituelle et tirait sa peau comme une toile trop tendue. Au moins, elle ne saignait plus, ce qui expliquait pourquoi elle se sentait plus lucide que la veille, mais malgré tout, elle esquissa ses premiers pas avec prudence, en s'aidant du montant du lit pour se stabiliser.

"Je vais avoir besoin de votre aide pour m'habiller, articula-t-elle entre deux grimaces de douleur. J'ai déjà perdu trop de temps...
-Bien sûr, Madame !"

La vieille femme se pressa vers l'armoire de la châtelaine, reprenant un peu espoir, et chercha un vêtement adapté à la situation. Quelque chose de facile à enfiler et qui n'appuyerait pas sur ses blessures. Son choix se porta sur une robe à l'étoffe vert émeraude dont le col et les poignets étaient doublés de fourrure noire et les coutures réhaussées de fil d'argent. Annlise observa le vêtement d'un oeil mauvais mais ne protesta pas. Elle devait apparaître comme la Dame d'Ysthierde pour sa première apparition devant ses hommes depuis des semaines, et comme une noble devant ses ennemis, l'eussent-ils déjà vu en bien piteux état... En revanche, elle n'accepta pas si facilement que Gunhild immobilise son bras gauche en écharpe. Les deux femmes se chicanèrent pendant plusieurs minutes avant qu'Annlise ne cède au bon sens de sa nourrice.

"Vous devez ménager votre blessure et garder votre bras immobile !"

C'était plus sage, en effet. Gunhild insista également pour la coiffer pendant qu'elle prenait son "petit déjeuner". Un bien joli terme pour désigner un peu de pain et de viande froide que les serviteurs avaient réussi à sauver du festin des vikings, ainsi qu'une infusion médicinale au goût atroce. Annlise finit de se restaurer bien avant que sa nourrice ait achevé de tresser et torsader savamment ses longs cheveux. Son regard se perdit alors vers le mannequin portant son armure et sa deuxième épée. Elle fut surprise d'en deviner le pommeau à la hanche de l'armure avant de prendre conscience que les vikings n'avaient pas violé sa chambre. En dehors de la fenêtre et de la porte brisée, ils n'avaient touché à rien : ni à son armure, ni à sa boîte à bijoux, ni à toutes les richesses que la pièce recelait. Pour des pillards de leur espèce, cette retenur avait de quoi laisser perplexe. Puis un souvenir se forma dans l'esprit d'Annlise, la mettant soudainement mal à l'aise. Le regard de la cheffe viking juste avant qu'elle ne s'effondre à ses pieds... A travers sa surprise de voir son ennemie la supplier, une autre émotion avait fait briller ses yeux. De l'inquiétude ? Pas exactement. De la compassion, peut-être ? Annlise ne parvenait pas à mettre exactement le doigt dessus mais il lui semblait évident que cette femme du nord avait donné des ordres pour qu'on ne pénètre pas dans ses appartements. Comme elle en avait donné pour qu'on la soigne. La châtelaine se mordit l'intérieur de la joue. Elle ne comprenait pas pourquoi son ennemie avait agi ainsi, et encore moins pourquoi cela la troublait autant.

"Vous êtes prête, Madame."

La voix de sa nourrice la tira de ses pensées. Elle saisit le petit miroir qu'elle lui tendait et s'observa quelques instants. Son visage portait les stigmates de l'épuisement, creusant un sillon violacé sous son oeil et un bandage propre couvrait une bonne partie de son côté gauche. Néanmoins, Gunhild avait réussi à passer un ruban argenté sur son front et positionner des tresses de manière à rendre l'ampleur de la blessure moins impressionnante qu'elle ne l'était réellement.

"C'est parfait, merci."

Sa nourrice sourit à ses mots, réchauffant un peu son âme, puis elle lui tendit sa chevalière, expliquant que Beren était venu la rapporter quelques heures plus tôt. Annlise la passa à son doigt et caressa l'emblême de sa maison du pouce. Il était temps qu'elle reprenne sa place.

"Allons-y, fit-elle en se levant."

Le geste lui tira un nouveau grognement guttural tandis qu'elle serrait les dents. Elle avait l'impression qu'un troupeau de chevaux de guerre lui était passé dessus dans la nuit. Pourtant elle se força à faire quelques pas vers la porte sans aide, testant ses capacités. La douleur irradiait à chaque pas et la faisait trembler sur ses appuis. Sans l'adrénaline du combat, sa jambe gauche aurait tôt fait de céder si elle continuait à s'appuyer dessus comme si de rien n'était. Sa nourrice se plaça aussitôt à son côté, l'air de rien et lui fit comprendre d'un simple regard qu'elle était là pour la soutenir. Annlise la remercia d'un hochement de tête bref et posa la main sur son épaule. Il leur fallut quelques pas pour ajuster leur démarche mais une fois hors de la chambre, elles avançaient avec naturel du même pas lent qu'elles faisaient passer pour mesuré.

Quand elles quittèrent le donjon, seul l'écho de murmures et pas feutrés semblait s'élever du château. Etrangement, elles ne croisèrent guère de vikings dans les couloirs, bien qu'ils portent parfois la marque de leur passage. Chandeliers arrachés, meubles renversés... Annlise constata que le reste de sa demeure n'avait pas eu droit au même respect que ses appartements. Elle en ressentit une pointe d'amertume, mais ce n'était rien en comparaison du maelstrom qu'elle n'allait pas tarder à affronter...

Quand les escaliers achevèrent de la mettre à l'épreuve, quand elle reprit son souffle en parvenant dans le grand hall à l'entrée du château, quand son oeil se posa sur la cour intérieure, la colère déferla en elle. L'odeur de mort la saisit à la gorge et les flaques de boue rougies par le sang versé lui agressèrent la vue. Son havre de paix ne valait guère mieux que tous les bourbiers des champs de bataille. Quel gachis. Ses hommes s'affairaient pour déblayer le passage et entasser les corps sur des chariots, en attendant de savoir ce qu'ils devaient en faire. Parmi les cadavres se trouvaient beaucoup d'anglais, reconnaissables à la livrée de la maison d'Ysthierde, mais également des vikings dans leurs armures déparaillées. Et quelque part se trouvait le corps d'Erold. Annlise déglutit difficilement, le coeur au bord des lèvres.

"Madame !"

Non loin dans la cour, l'exclamation de Beren fit tourner plusieurs têtes vers elle. Annlise le salua d'un signe de tête, ignorant les murmures qui circulaient et la manière dont ses hommes l'examinaient, et lui fit signe de la rejoindre. Le jeune page s'exécuta prestement, s'inclinant bien bas en arrivant devant elle.

"Conduis-moi à lui."

L'air plein d'espoir du page s'éteignit devant sa mine grave. Elle n'eut pas besoin de lui préciser de qui elle parlait pour qu'il comprenne. Il la mena de l'autre côté de la cour, près de la porte d'enceinte désormais gardée par des vikings. Ils grognèrent Dieu savait quoi dans leur langage étrange mais Annlise les ignora. Elle venait d'apercevoir l'épée de son père et l'éclat de son armure lavée par la pluie. Elle s'arrêta à quelques pas sans pouvoir détourner les yeux du métal, ne remarquant même pas que l'un des vikings se pressait vers le château, sans doute pour prévenir sa cheffe que la dame ennemie était sur pieds et en train de se balader librement aux yeux de tous. Elle ne remarqua pas plus le petit attroupement de ses soldats à distance respectueuse et de leur air endeuillé quand ils comprirent devant quel corps elle se tenait, immobile comme une statue.

Après quelques instants difficiles, elle murmura à l'intention de Beren et de Gunhild :

"Laissez-moi..."

Beren songea à protester, n'ayant pas loupé l'empressement du viking, mais la vieille femme lui fit signe de ne rien en faire.

"Viens mon garçon."

Gunhild le saisit par le bras pour l'éloigner en direction des anglais et en profita pour lui dire, à vois basse :

"Disperce les hommes, ou nous allons au devant des ennuis. Fais-les patienter jusqu'à ce que notre Dame donne ses prochains ordres."

Là-dessus, elle le laissa rejoindre l'attroupement et se posta dans un coin de la cour, les yeux rivés vers sa protégée qui avançait désormais doucement vers le corps de son mentor.

Chaque pas lui révélait un peu plus de sa carcasse. Jusqu'au cou, il semblait n'avoir subi presque aucune blessure et sa cape, posée sur son visage, semblait avoir été charriée là par le vent. Annlise aurait pu y croire si ce n'était tout ce sang qui l'imbibait. Lentement, elle s'agenouilla à côté de la dépouille, la douleur physique de loin surpassée par celle du chagrin. Elle n'osa pas soulever la cape immédiatement, saisissant plutôt une main gantée du guerrier pour la serrer doucement. La sienne semblait toujours si petite et fragile en comparaison. Même mort, Erold lui paraissait grand, puissant, prêt à se relever d'un instant à l'autre. Mais sa main était froide et rigide. Ses doigts ne se repliaient pas contre les siens et son bras pesait lourd. Un poids énorme tomba dans la poitrine d'Annlise, et avant qu'elle ne puisse y faire quoi que ce soit, sa vision se brouilla. Elle baissa la tête pour cacher son émotion, serra les paupières si fort que son oeil bandé lui fit mal et laissa passer quelques instants pour se reprendre.
Quand elle rouvrit les yeux, elle inspira profondément et lâcha la main de son mentor pour se rapprocher de son visage et le découvrir. Elle laissa retomber la cape mollement sur le sol, figée par l'horreur de la blessure qu'elle venait de révéler. Dépourvu de son casque, son crâne était fendu en deux, ainsi que son visage, les traits figés dans une grimace à peine humaine.

Mille tempêtes explosèrent dans le coeur de la dame d'Ysthierde.

Elle resta figée un long moment sans pouvoir détourner les yeux de son mentor, trop choquée pour hurler, trop brisée pour pleurer. Ce n'était pas la première fois qu'elle était conforntée à l'horreur des combats mais elle n'avait jamais imaginer voir Erold dans cet état un jour. Et elle n'avait pas été là pour le sauver. Ou se battre à ses côtés. Ou prendre le coup à sa place...
Elle n'était pas sûre de pouvoir le pardonner un jour. Ni à celui qui lui avait fait ça, ni à ceux qui l'avaient empêchée de se battre ce matin-là et encore moins à elle-même de l'avoir laissé mourir pour elle. Si elle ne lui avait pas demandé de porter cette armure... de prendre sa place pour mener les hommes... alors peut-être que... Non. Elle ne devait pas y penser. Elle ne devait pas y penser sans quoi elle pouvait aussi bien s'allonger à côté de lui et se laisser mourir, le ciel pour linceul.

Après ce qui lui sembla une éternité, elle parvint enfin à bouger. Avec un long soupir, elle posa une main sur la joue du mort et formula ses adieux dans un murmure. Nulle promesse de vengeance, nul remord. Seulement un au revoir et une pensée pour les portes ouvertes sur une fête éternelle qu'elle avait vu en songe. Quand elle eut terminé, Annlise ferma ses paupières ouvertes et prit de temps d'enrubanner son crâne dans sa cape, formant un bandage rappelant étrangement celui qu'elle portait, pour que la partie intacte du visage d'Erold soit encore visible et qu'on puisse le reconnaître, même dans la mort. Elle se leva ensuite pour aller récupérer l'épée de son père et la déposa sur la poitrine de son mentor, ramenant ses deux mains sur la poignée, comme il était de coûtume pour les chevaliers.

Seulement après, elle se décida à le quitter, esquissant un pas en arrière sans toutefois le quitter des yeux. Il lui fallut un moment pour reprendre pied dans la réalité, percevoir à nouveau les bruits dans la cour, le froid qui lui engourdissait les doigts et l'humidité sur son visage. Finalement, elle avait pleuré. Elle s'essuya la joue du plat de la main, sans réaliser qu'elle remplaçait ses pleurs par une traînée de sang, car sa main en était recouverte.

Désormais, elle se sentait vide d'émotions mais son esprit tournait à plein régime. Il fallait débarasser le château des morts ou les mouches et la puanteur allaient ramener les maladies. Et puis, elle devait mettre au clair les plans des vikings, s'enquérir de leur départ et démêler ce qu'ils avaient voulu dire pour que Gunhild pense qu'ils voulaient l'emmener avec eux. Ensuite, il faudrait compter les morts, prévenir les familles, reconstruire les portes, s'assurer que personne n'était encore au courant, nommer un nouveau second...

Annlise releva les yeux, bouche ouverte pour appeler Gunhild quand son regard croisa des yeux de glace. Elle ferma la bouche, balaya la cour du regard pour constater que le traducteur était là, ainsi que davantage d'yeux que lorsqu'elle s'y était engagée. Elle soupira doucement, jeta un dernier regard au corps d'Erold, et s'avança à pas mesuré vers la cheffe viking.

"Nous allons enterrer nos morts."

Son regard se porta vers les chariots, loin derrière la viking, dont certains étaient plein des siens, avant de revenir sur son visage.

"J'ignore comment vous rendez hommage aux vôtres, mais nous pouvons également enterrer les vôtres."

Elle marqua une pause pour faire taire d'un regard les murmures réprobateurs des anglais ayant entendu ses paroles.

"Vos hommes sont tombés loin de chez vous, reprit-elle d'une voix plus douce qu'elle ne l'aurait songé, mais vous êtes de bons marins. Je ne doute pas que leur âme retrouve le chemin de vos terres..."


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