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LE TEMPS D'UN RP

Tempête brûlante sur Gorgoroth | Arthécate

Arthécate
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Arthécate
Jeu 26 Oct - 8:21

Morwen Garmorok
Je suis une elfe appartenant au peuple des Réprouvés. J'ai sans doute plus de 300 ans. Le temps n'a finalement d'importance que pour les humains pour qui il est compté.

Je vis à Gorgoroth, capitale de la nation du feu , royaume de mon père. Dans la vie, je suis une guerrière et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mon père , je suis fiancée à Ilvir et je le vis plutôt mal.

Informations supplémentaires ici.


Comment je me sens ? répétais-je, un peu surprise par cette question qui semblait sortie de nulle part.

Je venais d'éteindre la torche et de la tendre à Lili. Tenir quelque chose, n'importe quoi pouvait la rassurer. Je me souvenais d'elle, alors que son apparence était celle d'une jolie jeune fille aux cheveux d'or… Elle avait cette étrange habitude d'agripper n'importe quel objet lorsqu'elle avait peur. Cela la rassurait, me disait-elle, même si la raison m'échappait totalement.

Je ne sais pas comment je me sens, Owen.

Je venais de trahir mon peuple… Ma famille. Je venais de fuir la seule maison que j'avais pu connaître… Et je me retrouvais là, dans cette grotte, au milieu de personnes qui avaient toutes les raisons du monde de me détester… Moi, indigne représentante de ma race, cette horrible espèce qui se voyait totalement dépourvue du moindre sens de respect… Mais je ne ressentais rien… Rien du tout. Mes pensées s'étaient tus, l'âme en berne. J'avais l'impression de n'être plus qu'une ignoble coquille vide…

Tu venais souvent ici ?
Une fois seulement… Il y a bien longtemps… je déposais une main curieuse sur un amas de ces fameux champignons. Je les trouvais jolis… Mais je compris bien vite que leur beauté venait avec une certaine fragilité… Ceux se trouvant sous ma main perdirent aussitôt de leur éclat. Ils mourraient… À cause de moi.

Je ne sais pas ce qui se trouve là-dehors. Je ne suis jamais allée plus loin qu'ici…

Ma dernière tentative de fuite s'était soldée par un échec. Les gardes m'avaient rattrapé bien avant que je ne parvienne dans cette salle… Tout ce qui se trouvait au-delà m'était totalement inconnu. J'observais ma paume recouverte de spores sombres, résidus d'une nouvelle vie que je venais de prendre sans le vouloir. De combien de mort étais-je responsable.

Mieux vaut ne pas s'attarder davantage. Il faut quitter leur territoire.

Et après ? Qu'allais-je faire ? Owen honorerait-il sa part du marché ? J'en doutais … Il me parlait beaucoup trop. Les regards qu'ils posaient sur moi n'exprimaient aucune animosité. Il se montrait même plutôt gentil à mon égard… On ne se comporte pas ainsi lorsque l'on s'apprête à tuer quelqu'un. Il me lâcherait, forcément. Ma flamme semblait d'accord avec moi. Je pouvais la sentir se mouvoir chaque fois qu'il se rapprochait de moi, comme si elle cherchait à l'atteindre.

Mais le problème demeurait pourtant, je ne pouvais pas les suivre au-delà des terres Mortes. Pas sans leur causer de problèmes, pas sans prendre le risque de nous faire tous tuer pour ma simple présence à leurs côtés.

Allons-y, je récupérais la torche et l'allumais avant de la rendre à Lili. Je n'en avais pas besoin. Là, dehors, tout était humide… Le feu ne pouvait rien mordre… Rien, mis à part moi. Je levais une main en l'air et appelais ma flamme. Celle-ci vint aussitôt s'agripper à mon bras. Je grimaçais sous la douleur, mais ne manifestais rien de plus. J'avais l'habitude.

Les Terres Mortes portaient bien leur nom. En dehors des Réprouvés et des créatures relâchées par la Brume, rien de pouvait vivre ici. Les arbres comme l'ensemble de la végétation semblaient figés comme des centaines de roches noires. Quelques os abandonnés çà et là, témoignaient de l'ancienne prospérité des lieux… Même les oiseaux ne chantaient plus par ici … Et pourtant, je fus surprise de découvrir quelques brins d'herbes… Les feuilles, certes jaunies, mais toujours présentes sur les cimes…

Nous ne sommes plus très loin de la frontière.

Je guettais le moindre bruit… Une branche qui craque, un bruissement, un souffle… N'importe quel son provenant de plus loin pouvant manifester une présence ennemi… Mais rien… Tout semblait presque trop facile… Petit à petit, pas après pas, la vie semblait reprendre ses droits… Nous débouchâmes sur une clairière au moment où le soleil débutait son ascension… Cela faisait des siècles que je ne l'avais pas vu… Ces couleurs, je ne les connaissais pas, ou plutôt, je les avais oubliées. Les humains se précipitaient joyeusement vers cette magnifique étendue verdoyante où perçaient quelques petites fleurs aux multiples couleurs. Ils riaient de bon cœur, certains allèrent même jusqu'à se rouler dans l'herbe…

Je souris… Tout en prenant une profonde inspiration. Je voulais savourer cette vision… Les montagnes au loin, le soleil, les arbres bien verts… Les Terres Mortes se trouvaient dans mon dos et je ne voulais plus y retourner.

Owen… je lui tendis ma dague, hors de question d'accepter une mort offerte par une autre lame. À toi de me libérer maintenant.


Ally
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Ally
Ven 17 Nov - 23:00

Owen
Atréis

J'ai 27 ans et je vis au cœur de la nation du feu, dans sa capitale,Gorgoroth. Dans la vie, je suis guerrier mais désormais esclave et je m'en sors tant bien que mal. Sinon, à cause de ma malchance, je suis célibataire, j’ai perdu celle que j’aimais et je le vis plutôt mal.


Elle ne sait pas comment elle se sent.

Owen a assez de contrôle de lui-même pour ne pas relever le propos, ce qui ne l’empêche pas de réfléchir à ce qu’elle vient de dire, librement. Ne pas savoir ne veut pas dire qu’elle ne ressent rien. Peut-être n’a-t-elle tout simplement pas les mots pour pouvoir exprimer ce qu’elle éprouve. L’a-t-elle seulement déjà fait, d’ailleurs ? Et même si elle avait pu traduire un ressenti, y a-t-il un seul moment dans sa longue existence d’Elfe qui ait été joyeux ? Heureux ? Bienveillant ? Probablement pas. Elle est la fille du plus puissant des Réprouvés. La fille d’Aegnor. Comment aurait-elle pu recevoir ne serait-ce qu’un peu d’attention douce ou même simplement un mot gentil ? Il est communément admis que les Sombres ne vivent que pour le combat, la lutte, le cœur plein de fiel et plein de haine. Du moins, c’est ce que prétendent les trois autres nations elfiques et les rares humains qui les ont rencontrés et qui s’en sont sortis indemnes. C’est ce qu’il pensait lui aussi, il y a de cela quelques jours.

A présent, les choses ont changé.

Il la regarde d’un œil nouveau, éclairé par une expérience qui lui a démontré que ce que racontent les histoires et les chansons ne sont jamais que les récits édulcorés par les vainqueurs. L’on dit que ce sont eux qui écrivent l’Histoire avec un grand « H ». En ce qui concerne les Réprouvés, il semble que l’adage se vérifie. Non, ils ne sont pas tous des monstres. Et on peut trouver des perles partout, y compris dans la plus sombre et la plus visqueuse des boues des terres mortes.

Il déambule en silence dans la grotte, le nez en l’air, attentif à tout, attentif aux esclaves, attentif à elle. Il comprend. Elle vient de quitter sa maison, la seule qu’elle ait jamais connu, du moins c’est ce qu’il suppose, elle les a trahi pour qu’ils puissent tous s’en sortir, retrouver leur vie d’avant, avoir une chance. Cela fait d’elle un renégat aux yeux de ses semblables. Sa position doit être plus qu’inconfortable.

-Je comprends, dit-il alors de sa voix grave sans se retourner. Et tu as raison, il vaut mieux ne pas traîner ici. Ils peuvent surgir à tout moment.

Il se tourne à demi pour l’observer et fait un léger signe de tête, emmenant derrière ses pas les esclaves qui avancent en groupe, serrés, se soutenant l’un l’autre pour ne pas tomber. Certains d’entre eux tremblent de peur, affaiblis par des semaines, des mois, des années de sévices. Ceux-là, Owen les rassure d’une main douce sur l’épaule pour les guider dans les méandres obscures du souterrain.

Au bout d’interminables minutes de marche, le chemin se fait plus pentu, plus difficile, il y a des marches immenses à gravir, taillées dans un roc gris et lisse. Les russules disparaissent peu à peu, au fur et à mesure que la lumière du jour apparaît, plus douce, plus claire, de ce rose orangé qui annonce l’aube.

-Regardez !, dit l’un des humains en tendant un index maigre vers l’horizon qui se dévoile enfin.

Puis il y a un silence. Le petit groupe d’esclaves se tient là, à la sortie des grottes, le nez piqué par le vent frais d’un matin de liberté. Plus habitués à la lumière, leurs yeux se plissent avant de s’ouvrir tout à fait pour apercevoir les nuances de vert, de bleu et de rose, de jaune et de blanc qui se dessinent juste là devant eux. Rien qui ne soit rouge. Ou Noir. Non, il n’y a que de jolies couleurs issues de leur vie d’avant. Et dans cette stupéfaction quasi religieuse, cette béatitude retrouvée, il y a un sanglot qui éclate. Un jeune garçon cache son visage derrière ses deux mains sales, hoquetant ses larmes qu’il ne sèche même pas. Un petit cri de joie succède aux larmes alors qu’il s’élance, petit corps maigre couvert de haillons sales, vers l’herbe tendre et grasse afin de s’y rouler, en laissant éclater sa joie. Aussitôt les autres le suivent, se prenant la main, se serrant même dans les bras, heureux de retrouver leur monde.

Owen, lui, demeure à l’arrière, le nez en l’air, les yeux clos. Il ressent le moindre mouvement du vent léger, il s’imprègne de cette odeur d’herbe humide de rosée, il écoute le pépiement d’un oiseau du matin, là-bas, dans la clairière. Il écoute. Il ressent. Et enfin, un large sourire fend son visage en deux. Sa main se perd dans son épaisse tignasse noire.  

Pourtant, la réalité de la présence de Morwen le rappelle à des préoccupations plus pragmatiques.

Elle lui tend sa lame, une vraie lame d’Elfe, forgée en territoire interdit. Inestimable beauté destinée à tuer sa propriétaire.

Désire-t-elle donc à ce point la mort ?

Il lève les yeux de dessus la lame pour la regarder elle, puis pour regarder les autres qui sont déjà au loin, occupés à plonger leurs mains dans un petit ruisseau pour apaiser leur soif et se laver un peu.

-Viens avec moi, dit-il en lui montrant un petit chemin parmi les hautes herbes.

Le soleil se lève lentement, répandant des flots d’or sur l’horizon, l’air frais se charge de senteurs exquises, les pépiements se font plus intenses, au fur et à mesure qu’ils progressent. Les autres humains ne perçoivent pas le manège, tout à leur joie. Seule Lili le remarque, petite silhouette voutée adossée à un immense chêne vert, les suivant des yeux sans ciller.

A quelques mètres de là, Owen décide de s’arrêter, la lame à la main. Il y a d’immenses chênes, des frênes, aux lourdes branches chargées de feuilles dansant sous un souffle léger. Puis, non loin de quelques fougères et larges pierres couvertes de mousse, il découvre le petit ruisseau dans lequel les autres s’égaient un peu plus loin.

-Avant de répondre à ta demande, il faut que je te raconte pourquoi je suis arrivé sur le territoire de ton père et pourquoi…pourquoi je ne suis pas un inconnu pour lui, murmure-t-il en regardant les flots glacés qui ruissellent doucement à trois pas d’eux.

Le guerrier lui doit cela. Ne serait-ce que parce qu’elle l’a aidé, là où les autres l’ont abandonné à son sort. Pourtant, ce n’est guère aisé de se confier, ce sont des choses dont il n’a jamais parlé à qui que ce soit. Pas même à ceux qui ont partagé sa geôle à Gorgoroth. Il regarde la lame noire, pensif.

-Il y avait une femme dans ma vie. Avant. Elle était…Elle était la plus magnifique créature de ce monde, douce, d’une intelligence incroyable, au cœur aussi vaste que le ciel. A la seconde où je l’ai vue, je n’a pas pu m’empêcher de l’aimer. Elle m’aimait, elle aussi. Mais…C’était sans compter sur les lois de ce monde. Des lois stupides et insensées. Des lois qui lui ont couté la vie.

La poigne d’Owen se ferme sur la lame, il ferme les yeux, essayant de chasser cette boule à la gorge qui venait de s’y former.

-Elle était comme toi, Morwen. La fille d’un souverain. Une Elfe de haut rang, puissante parmi les siens. Elle était la fille du Gardien des Quatre Vents, Princesse d’Elvendale, Fille d’Ardamir, roi des Elfes Mondains. Et elle aussi, tout comme toi, détestait sa condition.

Il regarde Morwen, esquisse un sourire triste avant de reprendre.

-Son père a appris notre liaison, il nous a séparé. Il l’a cloitrée dans la forteresse, j’ai voulu l’en libérer et elle en est morte.

Owen prend volontiers des raccourcis, il n’a guère envie de s’appesantir sur ces souvenirs douloureux.

-Tout cela parce qu’il refusait que sa fille unisse son sang au mien. Un Humain anormalement riche et beau, puissant et charismatique, aurait peut-être trouvé grâce à ses yeux, mais…pas moi.

Depuis la rive, un doux son de cristal s’insinue entre les herbes qui se meuvent en douceur, remuées depuis leur base par quelque chose qui avance vers Owen sans que cela ne l’inquiète.

-Moi, je ne suis personne. Pour les Humains, je ne suis qu’un guerrier qui a réussi à gagner sa jolie vie en protégeant les plus faibles.

Depuis le sol, le son cristallin s’arrête aux bottes d’Owen qui sourit encore.

-Et…pour les Elfes, je ne suis qu’un bâtard, je n’ai aucun droit nulle part, pas même d’utiliser ce qui court en moi, parce que je suis une hérésie, je ne devrais même pas exister.

Depuis la botte, un mince filet d’eau arpente la jambe du guerrier, enlaçant sa taille avant de venir s’enrouler sur son bras et de venir se lover dans la main qui tient la lame. Il regarde l’eau avec un sourire doux avant de regarder Morwen.

-Ardamir savait ce que j’étais, qui j’étais, c’est pour cela qu’il m’a envoyé à Gorgoroth. Il a des liens étroits avec ton propre père, assez pour m’envoyer en territoire sombre comme jouet pour les geôliers de la forteresse noire. Il avait bien trop peur de se salir les mains.

L’eau serpente sur la lame, la nettoyant de toute trace et de toute imperfection, comme si ce n’était rien, normal.

-Dans cette geôle, lorsque tu as été blessée, incapable de te soigner, c’est ma magie qui t’a guérie. Et maintenant, tu me demandes de te tuer. Je voudrais…Je voudrais que tu me dises pourquoi tu veux mourir.

Le regard clair d’Owen accroche celui de sa compagne, en attente d’une réponse.
Arthécate
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Sam 18 Nov - 7:23

Morwen Garmorok
Je suis une elfe appartenant au peuple des Réprouvés. J'ai sans doute plus de 300 ans. Le temps n'a finalement d'importance que pour les humains pour qui il est compté.

Je vis à Gorgoroth, capitale de la nation du feu , royaume de mon père. Dans la vie, je suis une guerrière et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mon père , je suis fiancée à Ilvir et je le vis plutôt mal.

Informations supplémentaires ici.


J'écoute son récit en silence, cherchant néanmoins à comprendre pourquoi il se sent obligé de me raconter tout ceci. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Lui seul le sait. J'écoute et j'observe, admirant presque sa magie, si belle, si douce. Contrairement à ma flamme qui n'existe que pour détruire, elle est empreinte de vie, d'une sérénité presque touchante et envoûtante. Je détourne les yeux. Je ne dois pas me laisser distraire.

Un sang-mêlé, je constate avant de pousser un long soupir empreint d'une étonnante compassion.

J'observe l'eau nettoyer ma lame… La débarrassant doucement de tout ce qui avait fait d'elle une arme porteuse de mort. Ma flamme s'agite. Elle y voit une allégorie, pensant bêtement qu'il serait lui-même capable de faire la même chose avec moi… Me nettoyer ? Me guérir ? Sornettes.

Dans cette geôle, lorsque tu as été blessée, incapable de te soigner, c’est ma magie qui t’a guérie. Et maintenant, tu me demandes de te tuer. Je voudrais…Je voudrais que tu me dises pourquoi tu veux mourir.


C'était donc cela, je pouffe en observant ma main, puis la jambe qu'il a donc soigné. Je comprends mieux pourquoi ma flamme hurle chaque fois qu'il se trouve près de moi. Sa magie et la mienne se sont côtoyées un instant. Elles se sont mêlées l'une à l'autre… Tu ne m'as soigné que parce que tu avais besoin de moi, Owen, je rétorque en croisant les bras pour adopter une attitude plus fermée.

Il veut connaître les raisons qui me poussent à vouloir mourir… Visiblement, celles que j'ai déjà exprimées ne lui suffisent pas. Elles sont pourtant tout à fait valables… Je réalise alors pourquoi il s'est ainsi confié à moi. Il attend que je fasse la même chose… Soit.

Je suis navrée pour ta compagne, pour toi aussi, sincèrement, je soupire bien malgré moi avant de me murer dans un silence de quelques secondes, le temps de réfléchir à la bonne manière de lui expliquer les choses…

Je n'ai pas envie de mourir, Owen… Mais disons plutôt je n'éprouve plus la moindre envie de vivre et ce… depuis près de deux-cent ans maintenant. Je lutte depuis longtemps, et j'en ai tout simplement assez.  

Je m'écarte un peu, lui tournant le dos… Non pas que son regard anormalement doux soit particulièrement difficile à supporter, mais je ressens simplement le besoin de m'éloigner… Juste quelques pas, me rapprochant ainsi d'un vieux chêne aux branches garnies. Je sens la vie circuler sous son écorce, sur ses branches. Une petite créature dont j'ai oublié le nom saute sur ces dernières.

J'ai aimé moi aussi… Une fois, il y a très longtemps. Bien avant que la sombre nuée ne s'empare des montagnes du nord. J'étais très jeune, encore faible et dépourvue de flamme… Une enfant, pour les miens. Et lui, c'était un humain. Il avait des cheveux d'or et un regard aussi intense qu'un ciel d'été… Il était mon garde attitré. Avec le recul, je réalise le ridicule de la chose. Un humain devant protéger une jeune elfe alors qu'une centaine de Réprouvés se trouvaient autour. Mais à l'époque, j'étais guidée par la stupidité de la jeunesse et il semblait presque exotique avec sa peau claire… Je l'ai aimé, profondément et il disait m'aimer en retour. On parlait même de s'enfuir tous les deux, on avait tout organisé… Et le jour du départ… Mon père l'a fait empaler puis écarteler devant moi.

Je ferme les yeux quand la bile remonte dans ma gorge. Je n'ai pas l'estomac fragile, mais cette vision continue pourtant de le tordre douloureusement. Ma flamme se manifeste aussitôt, me léchant doucement les bras … Une sorte de caresse, pour elle. Une caresse bien douloureuse cependant.

Après ça, il m'a fiancé à Ilvir. Sais-tu à quoi ressemblent des fiançailles chez les Réprouvés ? un sourire carnassier vient étirer mes lèvres… Je ne saurais dire quelle partie de ce souvenir me dégoûte le plus dans cette histoire. Ce n'était certainement pas consenti. C'était brutal, douloureux et humiliant…Toute la cour y a assisté… Le corps de Caleb reposait non loin, encore chaud.

Je poursuis en lui parlant des vingt-cinq années suivantes, celles que j'ai passées enfermée parce que je ne cessais d'essayer de fuir. J'évoque l'appel de ma flamme. De la force et du courage qu'elle m'a apportée. Des siècles qui se sont écoulés, des humains qui se sont succédé à mon service jusqu'à Lily… Non, c'est faux…Jusqu'à Sibylle.

Je l'ai tué,  je déclare sans sourciller. Il fallait que cela cesse. Que mon père arrête de tester ma volonté. Je savais qu'il continuerait de placer des humains sur mon chemin si je ne mettais pas moi-même un terme à ce jeu sordide… Alors je l'ai égorgée devant mon lui… Après ça… Seulement après ça, mon roi a estimé que même si je ne méritais toujours pas sa confiance, je valais au moins quelque chose… Pour moi, c'était l'inverse. Je ne valais plus rien du tout. Je me dégoûtait.

Ma flamme me saisit puis m'enlace. La douleur me ramène à la vie quand tout en moi appelle la mort. C'est un combat usant et éprouvant auquel je m'adonne depuis si longtemps maintenant que j'en ai oublié tout le reste.

Ta douce et moi, n'avons rien en commun, Owen. Je suis un monstre, c'est ce que l'on a fait de moi. Elle méritait très certainement de vivre une vie heureuse… Moi pas. Et je suis fatiguée de tout ça… Vraiment fatiguée.

Ma flamme proteste, mais je ne l'écoute pas.

Il n'y a rien pour moi dans ce monde. Si je repars chez les miens, ce ne sera que pour vivre une éternité de tourment. Ils ne me tueront pas, c'est un sort bien trop doux et enviable à leur yeux… Si j'avance dans ton monde, je ne pourrai jamais trouver ma place. Mes crimes se lisent sur ma peau. Je ne cherche pas à les racheter, lasse, je finis par m'asseoir sur une racine, mes jambes sont épuisées. Je ne le veux même pas. Je mérite ma sentence parce que rien de tout cela ne serait arrivé si je ne m'étais pas montrée aussi stupide et naïve. Si je ne m'étais pas laissée guider par mes faiblesses.

Je lève les yeux vers lui, un sourire plus doux, plus résigné se dessine sur mes lèvres.

Penses-tu qu'il existe une autre issue pour moi ?

Ally
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Ally
Mar 28 Nov - 22:14

Owen
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J'ai 27 ans et je vis au cœur de la nation du feu, dans sa capitale,Gorgoroth. Dans la vie, je suis guerrier mais désormais esclave et je m'en sors tant bien que mal. Sinon, à cause de ma malchance, je suis célibataire, j’ai perdu celle que j’aimais et je le vis plutôt mal.



Il écoute.

Il l’écoute.

C’est probablement ce dont elle a le plus besoin en cet instant où, enfin, le flot de paroles se libère peu à peu, l’histoire prend forme, son histoire.

L’eau abandonne progressivement la lame désormais nettoyée de toute souillure pour s’en retourner dans le lit du petit ruisseau. Owen, lui, ne lâche pas l’arme qu’il serre dans sa main, tout en gardant les yeux rivés sur Morwen.

L’Elfe sombre explique, raconte, et plus elle parle, plus le visage d’Owen s’adoucit. Lorsqu’elle finit par s’asseoir sur la racine, au pied de l’arbre, il se décide à la rejoindre et à s’asseoir à ses côtés en silence avant de le rompre en murmurant :

-Il y a quelques jours, aurais-tu seulement pensé pouvoir t’asseoir ici, libre ?

Il sourit et pose la lame sur l’herbe tendre avant de la regarder.

-Je sais que tu traverses une période vraiment difficile en cet instant. Les défis et les douleurs que tu ressens peuvent sembler insurmontables, et je crois qu’il est normal que tu te sentes dépassée par les événements. Mais je veux te rappeler quelque chose d'important : même si les choses semblent sombres maintenant, il existe toujours de l'espoir et des possibilités pour un avenir meilleur. Toujours.

Owen se mord la lèvre, visiblement amusé par quelque chose qui se trouve derrière Morwen. Pourtant, il continue, de sa belle voix grave :

-Tu n'es pas seule. Même si les problèmes semblent écrasants, je crois en ta force intérieure, même si elle peut sembler éclipsée en ce moment. Un monstre ne nous aurait jamais aidé, les autres, Lili, ou moi. Les monstres ne font pas ça.

Il prend appui sur le tronc d’arbre et croise les jambes, préférant ne plus regarder ce qui se passe derrière la Sombre.

-Il est difficile de trouver un sens à la vie quand tout semble si insurmontable, mais parfois, même les moments les plus sombres peuvent nous enseigner des leçons importantes. La vie est un voyage avec des hauts et des bas, et il y a toujours de l'espoir pour un changement positif. Rappelle-toi des moments où tu as surmonté des difficultés dans le passé. Ces expériences montrent ta résilience et ta force intérieure. Même si c'est difficile à croire pour le moment, il y a la possibilité de jours meilleurs devant toi, j'en suis absolument convaincu.

Owen passe une main sur son visage et finit par avouer, l’œil pétillant de gaieté :

-Morwen, juste derrière toi, près de ton épaule, il y a un petit écureuil qui te renifle. Je crois que tu l’intéresses beaucoup.

Un minuscule animal aux poils roux et à la truffe humide, hésitant et pourtant plein de courage, renifle les longs cheveux blancs de l’Elfe, sans paraître effrayé.

-Ces créatures sont parmi les plus craintives que je connaisse et pourtant, elle est là, juste à côté de toi.

Owen ramasse la lame puis la tend à sa compagne, pommeau en avant.

-Il y a toujours une issue, même dans les heures les plus sombres de nos vies. Toujours. Alors ne me demande pas de tuer cet espoir. Je m’y refuse. Chaque petit pas que tu fais vers l'avant compte, et je crois en ta capacité à surmonter cela. Fais toi confiance...
Arthécate
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Mer 29 Nov - 14:38

Morwen Garmorok
Je suis une elfe appartenant au peuple des Réprouvés. J'ai sans doute plus de 300 ans. Le temps n'a finalement d'importance que pour les humains pour qui il est compté.

Je vis à Gorgoroth, capitale de la nation du feu , royaume de mon père. Dans la vie, je suis une guerrière et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mon père , je suis fiancée à Ilvir et je le vis plutôt mal.

Informations supplémentaires ici.


Il y a quelques jours, aurais-tu seulement pensé pouvoir t’asseoir ici, libre ?

Non, je lâche, peut-être un peu trop précipitamment. Instinct de Réprouvée habituée à la brutalité. Je soupire puis reprends, plus calmement. En réalité, ça fait bien longtemps que j'ai cessé de penser à "demain". Alors, non, même en rêve, cette éventualité ne s'est jamais présentée.

Quand on vit comme moi, le futur prend des allures de chimère, de légende. J'ai cessé de penser à l'après, sauf quand il s'agissait d'envisager une nouvelle punition d'Aegnor. Elles, elles finissaient toujours par venir, à un moment ou à un autre. Le reste n'existait tout simplement pas… Sauf, peut-être, l'idée de ma mort prochaine, seule pensée réconfortante dans cette existence chargée de désespoir.

Mais je veux te rappeler quelque chose d'important : même si les choses semblent sombres maintenant, il existe toujours de l'espoir et des possibilités pour un avenir meilleur. Toujours.


Je pouffe, malgré moi. Ce genre d'idée n'est certainement pas partagée par les miens. Les miens croient en la volonté, au pouvoir, à la force. Quand on veut, on prend. On n'espère pas l'obtenir. L'espoir n'existe pas par chez nous, ou alors on l'associe à une énième preuve de faiblesse. Je ne suis donc pas vraiment familière avec cette croyance.

Tu ne me le rappelles pas, tu me l'apprends, je déclare en tentant de lui offrir un sourire.

Je décide finalement de le laisser parler. Je ne sais pas vraiment comment interpréter ses paroles… Jamais je n'en ai entendue de semblables auparavant… Enfin si, peut-être… Mais je n'étais certainement pas apte à les écouter ou simplement à les entendre.  Serait-ce ce que les humains appellent du réconfort ?

Il affirme que je ne suis pas seule… C'est peut-être vrai maintenant, mais je sais pertinemment que cet instant ne durera pas. Il parle de ma force intérieure et… Cela me donne envie d'éclater de rire. Ma force, c'est ma flamme. C'est elle qui me maintient en vie et qui me force à avancer. Seulement elle.

" Un monstre ne nous aurait jamais aidé, les autres, Lili, ou moi. Les monstres ne font pas ça."

Je me demande bien d'où lui vient toute cette assurance. Pense-t-il sincèrement tout ce qu'il me raconte ? Je n'en sais rien… Je ne le connais pas suffisamment pour pouvoir affirmer quoi que ce soit … Mon regard se pose alors sur la lame qui repose dans l'herbe. Je sais au moins une chose : il n'a aucunement l'intention de me tuer aujourd'hui. Non, pas après un tel discours…

Je soupire… Et c'est le moment que choisit le petit animal – un écureuil, apparemment – pour démontrer toute sa curiosité à mon égard. Je n'ose pas bouger de peur de l'effrayer. Je dois lui sembler si étrange avec ma peau sombre et mes cheveux blancs comme la neige. Je n'ose pas le regarder non plus. Mes yeux rouges ont le don de mettre les autres créatures mal à l'aise… Alors, je reste là, immobile et silencieuse, attendant simplement que l'animal termine son inspection.

Ces créatures sont parmi les plus craintives que je connaisse et pourtant, elle est là, juste à côté de toi.


Toi non plus, tu n'as plus peur de moi, je murmure en haussant un sourcil. Pourquoi ?

Après tout, rien ne m'empêche de récupérer l'arme qu'il me tend à présent pour la lui planter dans le cœur. Personne ne pourrait m'arrêter, pas même lui. Cela fait un moment maintenant qu'il a totalement baissé sa garde. Son regard à changé, tout comme le son de sa voix lorsqu'il s'adresse à moi.

Il y a toujours une issue, même dans les heures les plus sombres de nos vies. Toujours. Alors ne me demande pas de tuer cet espoir. Je m’y refuse. Chaque petit pas que tu fais vers l'avant compte, et je crois en ta capacité à surmonter cela. Fais toi confiance…

Je ne sais vraiment pas comment interpréter ces propos. Une partie de moi, la plus importante, ne peut s'empêcher d'y voir de la faiblesse … Des mensonges mal assumés prononcés simplement pour ne pas avoir à respecter sa part du marché… Ma flamme, elle, danse joyeusement à l'intérieur de mon âme… Elle sait qu'elle a gagné, que Owen n'a pas la moindre intension de me tuer.

Je détourne la tête en soupirant… L'écureuil remonte dans son arbre tandis que je me relève, contrariée.

C'est facile pour toi, tu peux aller n'importe où et y trouver ta place. C'est pas compliqué avec ta belle gueule d'humain de montrer patte blanche… Mais pour moi, la seule option qu'il me reste, c'est de trouver une grotte et m'y terrer en priant pour que les miens ne me retrouvent pas…Pfff.

Je range ma lame tout en m'efforçant de ravaler ma déception… C'est une existence bien minable qui m'attend. Je secoue la tête en serrant les dents. Je refuse de le regarder, alors je lui tourne simplement le dos.

Bon vent, dans ce cas, je lâche pour l'inviter à partir avec les autres.

Ally
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Sam 9 Déc - 21:18

Owen
Atréis

J'ai 27 ans et je vis au cœur de la nation du feu, dans sa capitale,Gorgoroth. Dans la vie, je suis guerrier mais désormais esclave et je m'en sors tant bien que mal. Sinon, à cause de ma malchance, je suis célibataire, j’ai perdu celle que j’aimais et je le vis plutôt mal.



« Tu n’as plus peur de moi. Pourquoi ? »

Owen ne s’est jamais posé la question. En y réfléchissant, il se dit qu’il lui a fait confiance, simplement, parce qu’elle a prouvé par ses actes qu’elle n’est pas à la semblance de tout ce qu’il a pu appréhender des Réprouvés, parce qu’elle ne ressemblait en rien à tout ce qu’il avait pu entendre en son enfance. Il a reconnu en elle cette vaillance propre aux guerriers, cette ardeur indéfectible propre à la chevalerie humaine. Il lui en ferait bien part mais il a soudain un doute : la comparer à un humain ne serait sans doute pas avisé. Tous les Elfes qu’il a rencontré ont toujours détesté les comparaisons avec une race aussi vile et faible, à leurs yeux, que celle des Humains.

-Tu es différente. Je l’ai su dès l’instant où tu m’as demandé d’éloigner ce gamin du combat dans lequel tu t’es jetée. Tous les autres l’auraient laissé mourir. Nous auraient laissé mourir. Comment avoir peur de quelqu’un qui nous a sauvé la vie ?

Parce que c’est bel et bien ce qu’elle a fait, même s’il la rejoint pour achever ce monstre sorti des cauchemars, même si ça lui a couté la geôle et les privations en un lieu sordide.

-On a partagé la même cellule. Tu as eu cent occasions de me tuer, et tu n’en as rien fait.

Il ajouterait volontiers qu’il l’a vue en état de faiblesse tout comme elle l’a vu lui dans une tenue minimaliste que la morale humaine réprouverait.

-On a vécu des choses ensemble, cela crée des liens. En tout cas, pour moi, c’est le cas. Je sais reconnaître une personne de valeur quand j’en vois une, peu importe sa race, sa naissance ou sa richesse. Et tu en es une, même si tu refuses de le voir, du moins pour l’instant.

Tout ce qu’il dit ne semble pourtant pas ramener Morwen sur un sentier moins épineux. Il lui semble même qu’elle est frustrée, pour une raison bien précise : elle est persuadée qu’elle n’a aucun avenir nulle part. Le guerrier se lève souplement à son tour et la retient par le bras.

-Cette belle gueule comme tu dis n’a plus de maison non plus. Je ne peux rentrer en la cité d’argent. Le souverain des Mondains m’arrêterait sur le champs.

Il lâche son bras, un peu gêné d’avoir faire preuve de brusquerie, un mouvement inhabituel chez lui, d’ailleurs.

-Je ne peux pas davantage m’aventurer en la forêt des Sylvestres. A leurs yeux, je ne suis qu’une honte, une erreur et une présence indésirable. Alors, à ton avis que me reste-t-il comme choix à part tenter de trouver un endroit sûr pour tous ces gens ?, dit-il en montrant les anciens esclaves qui se reposent dans l’herbe. Il y a bien la Montagne et ses campagnes alentours…mais c’est loin. C’est à au moins une semaine à cheval, et nous sommes à pieds, blessés pour certains, fatigués. Tout comme toi.

Il ne dit plus rien, il la regarde, ose un sourire doux et dit enfin :

-Viens avec nous. Tu n’auras pas de meilleure chance, tu as tout ce monde à découvrir, et tu ne seras pas seule. Si tu en as assez de nous, tu seras libre de partir, mais ne te cache pas. Peut-être est-il temps de montrer au monde que les Réprouvés ne sont pas tous ce qu’ils semblent être. Qu’en dis-tu ?

Arthécate
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Sam 9 Déc - 23:33

Morwen Garmorok
Je suis une elfe appartenant au peuple des Réprouvés. J'ai sans doute plus de 300 ans. Le temps n'a finalement d'importance que pour les humains pour qui il est compté.

Je vis à Gorgoroth, capitale de la nation du feu , royaume de mon père. Dans la vie, je suis une guerrière et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mon père , je suis fiancée à Ilvir et je le vis plutôt mal.

Informations supplémentaires ici.


D'aussi loin que je me souvienne, ma différence a toujours été source de reproches et de sévices. Personne ne l'avait jamais souligné de façon positive et encore élogieuse… Je ne savais donc que penser des propos d'Owen. Lui avais-je réellement sauvé la vie cette nuit-là ? Était-ce ce que j'avais fait ?

J'essayais de me remémorer le déroulé de ces évènements… Tout cela me semblait si loin et, pourtant, il ne s'était écoulé qu'à peine quelques jours… Comme il est étrange de constater qu'une vie entière peut basculer si brusquement. Seulement quelques jours… Je revois la créature de la sombre brume… Je sens de nouveau cette odeur putride… Je le vois lui, essayant de soutenir un gamin à bout de force… Les avais-je sauvé ? Au fond, je m'étais contentée d'attaquer le monstre, parce que c'était ce que l'on attendait de moi. Eux… Ils se trouvaient juste là, trop faibles pour faire quoique ce soit… Trop faibles, vraiment ? Non, certainement pas.

Tu t'es battu aussi, il me semble, soupirais-je en songeant qu'il aurait mieux fait de m'écouter à ce moment-là et de prendre la fuite…

Non… S'il l'avait fait, Lily serait encore dans ce cachot sordide, ils le seraient tous.

"Rien ne se produit jamais sans raison". C'est ce que Lily avait l'habitude de dire… Elle était si jeune à cette époque-là, une jeune femme souriante, malgré la laideur de son environnement. Pensait-elle encore que rien n'arrivait sans raison après avoir passé des décennies dans ces foutues geôles ? Probablement pas.

On a partagé la même cellule. Tu as eu cent occasions de me tuer, et tu n’en as rien fait.

Pourquoi l'aurais-je fait ? m'enquis-je. Tu ne m'as jamais donné de raison de vouloir te tuer.

En l'entendant évoquer ces choses que l'on avait vécu ensemble, je ne pus que secouer la tête. Il parlait de liens créés mais je refusais encore de les voir. Pour moi, il m'avait simplement utilisé pour quitter la cité noire et les terres mortes. Je n'imaginais rien de plus. Toutefois, je ne pus cacher ma surprise lorsqu'il affirma me considérer comme une personne de valeur. Je ne comprenais pas encore le sens de ses propos, ce n'étaient pas des termes que les miens utilisaient pour parler des gens… Les bijoux, les soieries, les armes avaient une valeur… Pas les personnes, sauf peut-être les esclaves, bien que ces derniers n'étaient nullement considérés comme des "personnes".

Je ne savais donc pas encore quel poids donner à ses propos. Néanmoins, même si les mots me semblaient flous, l'intonation de sa voix laissait sous-entendre une certaine sincérité.

"Quelle importance," me dis-je en songeant au sort misérable qui m'attendait. J'avais peut-être la vie sauve, mais cette dernière risquait fort de devenir épouvantable. Le sort qui m'était destiné se trouvait alors bien pire que la mort et aucune belle parole ne pourrait changer cela. Je me levais donc, prête à lui tourner le dos tant j'étais persuadée que la conversation s'arrêtait ici. Mais il m'arrête en m'empoignant le bras… Un geste étonnant, un peu brusque mais totalement dépourvu de la moindre animosité. Je relevais alors les yeux vers lui, cherchant à comprendre pourquoi il s'accrochait autant à cette discussion… Pourquoi vouloir la prolonger ?

Alors il parla de sa situation à lui… Des Mondains et des Sylvestres. Son bras me relâcha tandis qu'il s'évertuait à m'expliquer que son sort n'était pas plus enviable que le mien. Sa main ne se trouvait plus autour de mon bras et, pourtant, je pouvais encore sentir son poids. J'écoutais la voix de ces êtres enjoués, sincèrement heureux d'avoir pu retrouver leur liberté. Puis lorsqu'il me demanda de les suivre, les pupilles ardentes l'effleurèrent tandis que je restais silencieuse, pensive.

L'espace d'un instant, je pus l'entendre… Mon cœur. Il battait fort dans ma poitrine resserrée. Ma flamme semblait si joyeuse… Pas moi.

Vous êtes humains… Peut-être ne l'es-tu qu'à moitié, mais tu leur ressembles. C'est bien suffisant pour trouver une place parmi eux, soupirais-je tout en massant l'endroit qu'il venait d'empoigner. Ce ne sera pas mon cas, Owen. Pire encore, si je viens avec vous, ils vous fermeront leurs portes. Je n'ai pas plus envie de vous faire courir ce risque que de pourrir dans une grotte. Votre peau n'est peut-être pas sombre, pas plus que vos pupilles sont rouges, mais vous deviendrez aussi des réprouvés.

Je croisais les bras contre ma poitrine, tournant de nouveau le regard vers l'endroit où se trouvaient les humains. Je ne pouvais les voir d'ici, mais leur joie se faisait sentir à travers la brise. Ils ne méritaient pas de voir leur rêve brisé… Pas à cause de moi.

Tu sais très bien que j'ai raison… ma voix prit alors un timbre plus éraillé. Jamais auparavant je ne l'avais entendu se briser ainsi. Ma flamme en fut si mécontente que sa rage dû se lire dans mes yeux brillants.

Je ne pouvais dissimuler ce que j'étais. Jamais les humains ne pourraient tolérer ma présence alors que mon existence leur était insupportable. Je savais tout ceci… J'en ai toujours eu conscience et même si j'avais envie de le croire, envie de lui faire confiance et de le suivre… Je ne tenais pas à leur faire courir le moindre risque.

J'apprécie ta proposition, Owen. Je l'apprécie sincèrement… Mais si je dois sombrer, je préfère le faire seule plutôt que de vous entraîner tous avec moi dans ma chute, un sourire étira mes lèvres, mon regard se fit alors plus doux, plus apaisé. Prends soin d'eux… Prends soin de Lily pour moi.



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Mer 13 Déc - 13:20

Owen
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J'ai 27 ans et je vis au cœur de la nation du feu, dans sa capitale,Gorgoroth. Dans la vie, je suis guerrier mais désormais esclave et je m'en sors tant bien que mal. Sinon, à cause de ma malchance, je suis célibataire, j’ai perdu celle que j’aimais et je le vis plutôt mal.


Owen ne peut s’empêcher de sourire encore.

-Tu ne comprends donc pas ? Nous sommes déjà des Réprouvés. Tous autant que nous sommes.

Un mouvement sur sa gauche attire brièvement son attention avant de reprendre, le regard revenu sur Morwen.

-Ceux d’entre nous qui sont trop âgés n’ont probablement plus de famille vivante, plus de maison. Ils n’ont aucun abri. Parmi les autres, ceux qui ne sont pas recherchés par leur faction ou qui ont été envoyés à Gorgoroth, quelle que soit la raison, seront immédiatement arrêtés dès qu’ils remettront les pieds en leur contrée, peut-être même renvoyés en Terres Noires. Ceux qui ont été capturés peuvent sans doute tenter de rentrer chez eux mais…ils ont changé. Et ils vont faire face à des proches qui pointeront ces changements. L’un dans l’autre, peu importe le cas de figure, nous sommes tous dans le même bateau.

Le guerrier secoua la tête.

-Alors non, tu as tort. Cela étant…Je ne peux te contraindre à rien, juste te laisser ta vie et une chance de parcourir un monde inconnu, peut-être hostile, mais pas dénué de gens biens.

Owen est avant toute chose un guerrier. Un homme d’honneur et de courage. Il y a des gens là, non loin d’eux, qui ont besoin de son aide pour les guider, les mener en un lieu sûr, loin des Elfes Sombres, loin des dangers immédiats. Même s’ils sont sortis des Terres Noires, le danger n’est jamais loin. Voir Morwen s’obstiner dans sa décision le navre beaucoup, il aurait espéré qu’elle le rejoigne, ne serait-ce que par simple curiosité ou par un désir de vivre autre chose qu’une vie de misère, même s’il sait que les jours qui s‘annoncent n’auront probablement rien de facile. Il ne prendra cependant jamais une telle décision pour quelqu’un d’autre que lui-même alors il s’incline, à regret.

-Nous partons vers l’Est, vers la Montagne de Fer. C’est le seul havre que je connaisse, du moins pour l’instant. Là-bas, il y a peu d’humains et ils vivent en paix avec les habitant des grottes de lumière. Nous aurons une chance de repartir de rien, pour autant que nous ne provoquons pas d’ennui. Quant à Lily…

Le regard gris acier se trouble un peu, sa voix se fait plus grave encore :

-Tu peux le lui dire toi-même, elle est dans les fourrés à nous écouter depuis tout à l’heure.

Dans un mouvement souple et harmonieux, le sang mêlé s’incline comme le font les Elfes lorsqu’ils rencontrent ou quittent un de leur pair, en un signe de respect :

-Nous te devons tous la vie. Puissent tes pas te conduire vers la meilleure destinée, Morwen Garmorok. Je prierai les dieux pour toi.

Etrangement, une douleur fugace étreint sa gorge, une douleur qu’il dissipe en se relevant, en lui souriant et en s’éloignant, alors que depuis les fourrés une vieille toux gênée se fait entendre. Un bruit de feuillage, un bruit de pas hésitant alors qu’un bonnet piqué de brindilles et de feuilles mortes se dévoile.

-Dame Morwen, pourquoi vous ne venez pas avec nous ?

La vieille femme au dos vouté et aux doigts endoloris regarde Owen là-bas qui est déjà en train d’organiser le départ.

-Pardonnez mon indiscrétion...Je n’ai pas envie de vous voir partir, mademoiselle. Ce ne sera pas pareil sans vous…
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Mer 13 Déc - 15:23

Morwen Garmorok
Je suis une elfe appartenant au peuple des Réprouvés. J'ai sans doute plus de 300 ans. Le temps n'a finalement d'importance que pour les humains pour qui il est compté.

Je vis à Gorgoroth, capitale de la nation du feu , royaume de mon père. Dans la vie, je suis une guerrière et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mon père , je suis fiancée à Ilvir et je le vis plutôt mal.

Informations supplémentaires ici.


Des Réprouvés, eux ? Non, ils ne l'étaient pas encore. Ou peut-être que si, dans leurs contrées d'origine, mais certainement pas partout. Le monde humain était si vaste, après tout. Il devait forcément exister un endroit prêt à les accueillir. De cela, j'en étais tout bonnement certaine.
Malgré tout, je décidais de ne point contredire Owen. Nous n'étions clairement pas d'accord et cette discussion n'avait que trop duré. Nous ne saurions tomber d'accord sur ce sujet là. Sans compter ma déception matérialisée sur la lame propre toujours dans ma main et non dans mon cœur, comme je lui avais demandé. A quoi bon insister après tout ? Je savais pertinemment que je n'aurais jamais eu gain de cause avec cet homme-là. Il avait des principes…

Ainsi donc, son projet était de rejoindre les montagnes de fer… La terre des Ombres, des elfes à la peau aussi sombre que la mienne mais au tempérament plus calme. L'on disait d'eux que leur flegme légendaire, ils le devaient à la nature de leur essence : la Terre. Mon père pensait que leur peuple était guidé par un illuminé. Un elfe si âgé que son esprit s'était perdu, trop usé par l'immortalité.

Nous te devons tous la vie. Puissent tes pas te conduire vers la meilleure destinée, Morwen Garmorok. Je prierai les dieux pour toi.

Vous ne me devez rien du tout, rétorquais-je en croisant les bras.

Hors de question de me laisser aller au sentimentalisme et autres sensibleries. En tout cas, pas ouvertement. Je me contentais donc d'incliner légèrement la tête, les yeux fermés, un signe de respect et d'amitié pour les miens.

A peine eut-il tourné le dos que je vis ma vieille amie sortir des fourrés. L'air visiblement gêné, elle ne me regardait pas dans les yeux.
– Dame Morwen, pourquoi vous ne venez pas avec nous ?
Lily, pouffais-je en souriant. Non, je ne viens pas.
– Pardonnez mon indiscrétion...Je n’ai pas envie de vous voir partir, mademoiselle. Ce ne sera pas pareil sans vous…
 Il n'y a plus de "Dame" ou de vouvoiement qui tiennent. Nous sommes égales à présents.

Elle se mordit la lèvre et, l'espace d'un instant, je revis la jolie petite rousse qu'elle était autrefois. Cette jeune femme au regard pétillant. Quand elle souriait, une petite fossette creusait sa joue droite… À présent, celle-ci se mêlait simplement aux nombreuses rides qui flétrissait son visage.

– Dans ce cas, permets-moi de te dire que tu es une belle imbécile, Morwen Garmorok !

Je fus si surprise par cet aplomb que mon regard se figea… Je la dévisageais, les yeux ronds comme deux écuelles. Elle, petite femme âgée, au dos voûté et aux articulations grinçantes, venait d'insulter une princesse Réprouvée. Le choc m'arracha un fou rire si violent que je dû me tenir les côtes par crainte de les voir prendre la fuite. Ce fut vraiment très douloureux.

Et bien ! Quel revirement magistral, ma chère ! pouffais-je, hilare. J'aime beaucoup !
– Pas moi ! Gronda-t-elle. D'ailleurs, puisque c'est ainsi, je reste avec toi !
Quoi ? m'offusquais-je. Non, c'est hors de question !
– Essaie donc de m'en empêcher !

Saleté de vieille dame…

Lily … grognais-je.
– Morwen…

Par tous les dieux, quel tempérament. Comment avait-elle fait pour le contenir durant toutes ces années.

– Soit je reste, soit tu viens avec nous, mais il est hors de question que je te laisse seule. Tu peux toujours courir.

Je savais parfaitement qu'il me serait impossible de la protéger si les miens venaient à notre rencontre… Je ne pourrais pas fuir non plus. Pas sans l'abandonner.  Cette vieille teigne me mettait cruellement dans l'embarras, bien consciente que je ne la mettrais pas en danger… En tout cas, pas volontairement.

Tu as pourtant entendu ce que nous nous sommes dit, Owen et moi, non ?
– Oui, et je suis même d'accord avec lui, affirma-t-elle en souriant.
Insupportables, soufflais-je en me frottant le front.
– Que décides-tu ?
Je pense que te tuer réglerait une bonne partie de mes problèmes !
– Peut-être, mais tu ne le feras pas.
Non… Mais je devrais.

Et ainsi, je la laissais gagner. Quelle vieille carne, bon sang! Lily m'entraîna avec elle, en me tirant par la main… Elle me tournait peut-être le dos, mais j'étais certaine qu'elle souriait fièrement à Owen lorsque nous parvînmes à sa hauteur.

Pas de commentaire… Je vous déteste tous, de toute manière.
– Ne l'écoutez pas, elle ment. Elle n'a rien trouvé de mieux pour se défendre.
Lily !

Et elle éclata de rire…

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Mer 13 Déc - 21:55

Owen
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J'ai 27 ans et je vis au cœur de la nation du feu, dans sa capitale,Gorgoroth. Dans la vie, je suis guerrier mais désormais esclave et je m'en sors tant bien que mal. Sinon, à cause de ma malchance, je suis célibataire, j’ai perdu celle que j’aimais et je le vis plutôt mal.


Il avait pris un peu de distance pour laisser les deux amies se parler, potentiellement pour la dernière fois. Il ne voulait pas écouter, pas plus qu’il ne voulait entendre ce qu’elles avaient à se dire, cela fait partie de leur histoire, pas de la sienne.

Pourtant, il ne peut s’empêcher de penser à la sienne, d’histoire. Ce qu’il a dit à Morwen est parfaitement exact. Il ne peut plus rentrer chez lui, il ne peut plus récupérer ses biens, sans doute confisqués et vendus, il ne peut non plus entrer en contact avec les quelques amis qu’il possède encore, cela les mettrait sans le moindre doute en danger. Il ne reverra probablement jamais la cité d’argent.
Son regard dévie sur l’ouest, vers la belle forêt des Sylvestres dont on peut percevoir les hautes cimes d’arbres au loin. Le foyer de son père. Owen ne peut s’empêcher de baisser la tête, un bref instant. Là aussi, il serait reçu comme un paria, un moins que rien. Pourtant, il a toujours voulu voir le grand arbre aux branches d’argent, il a toujours voulu voir de ses yeux la Dame de la Forêt, entendre les chants de l’eau, et se baigner en la source primordiale, dans cette eau qui sait tout, dit-on. C’est un rêve malheureusement inaccessible…

Alors il regarde à l’Est, là où se dresse la Montagne de Fer. Les Ombres sont, à ce que l’on dit, de remarquables guerriers à l’infinie sagesse, vivant en paix avec toutes les créatures qui parcourent leur territoire. Auraient-ils de la place, une place, pour quelques humains bannis et un Hybride ? De la place, peut-être, pour Morwen, si elle change d’avis ? Il lui répugne de l’abandonner à son sort, même s’il s’agit de sa décision, une décision qu’il respecte. Pourtant, il est absolument convaincu qu’elle peut se faire une place en ce monde, une place loin de la souffrance et de la douleur, une place au soleil, loin des ennuis et des soucis. Ils en ont tous le droit.

Un bruit de pas le fait se retourner et il ne peut s’empêcher de lever un sourcil de surprise, perplexe. Lily tout sourire? Tenant Morwen par la main ?

-Mesdames ?

Le guerrier penche la tête en écoutant les propos tenus par les deux amies et ne peut s’empêcher de sourire, amusé par la petite scène. Ainsi, il semble que la vieille Lily ait plus d’un tour dans sa besace, assez en tout cas pour faire changer d’avis la jeune Morwen.

-Je n’imaginais guère être la meilleure destinée de qui que ce soit mais je suis flatté, ose-t-il, un peu taquin avant de faire un clin d’œil à Lily. Vous êtes redoutable, chère amie. Je m’en souviendrai. Nous devrions nous mettre en route. Le chemin sera long et nous avons besoin de nous ménager tout en avançant.

Il s’empare de la vieille main ridée de la vieille servante et y dépose un rapide baiser, tout en serrant ses doigts délicatement.

-Bien. Nous éviterons les chemins et passeront par les landes. Cela sera un peu plus long mais elles auront l’avantage de nous procurer des abris et de  la nourriture. Il faudra ramasser ce que nous trouverons en cours de route. Si nous avançons bien, je pense que nous pourrons atteindre les terres grises dans dix jours.

Owen regarde alors Morwen qui boude encore.

-Je porterai Lily sur mon dos, nous pouvons nous en charger à tour de rôle, si tu le souhaites. Les autres peuvent marcher, il faudra simplement faire de nombreuses haltes pour permettre à tous de suivre.

Un silence.

-Je suis content que tu aies changé d’avis, avoue-t-il en douceur avant de hausser la voix et de demander, à tous : ceux qui portent des armes, vérifiez qu’elles soient bien accrochées à votre ceinture. Ceux qui portent des outres de peau, veillez à les remplir d’eau au ruisseau. A tous ceux qui ont des poches, ramassez des fruits si vous en trouvez. Nous partons. Le chemin sera long mais nous aurons bientôt un refuge, loin d’ici.

Il revient alors à Morwen, pendant que tous s’affairent à une tâche, une pétillante étincelle dansant au fond de ses yeux clairs.

-Tu es prête ?


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