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LE TEMPS D'UN RP

La clé du temple (ft. LarkoDim)

Asma
Messages : 164
Date d'inscription : 01/04/2022
Crédits : graenfur

Univers fétiche : Dystopique, fantastique, mythologie, etc.
Préférence de jeu : Les deux
tea
https://www.letempsdunrp.com/t5038-protopl-asma https://www.letempsdunrp.com/t5166-repertoire-rp-d-asma#102871 https://www.letempsdunrp.com/t5030-proteiforme https://www.letempsdunrp.com/t5028-asma
Asma
Mer 6 Juil - 12:56
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

La clé du temple (ft. LarkoDim) 3ee582c4400e45474b88b408a294a744618ab5df


Il est des rêves, de ces rêves récurrents que l'on peut faire, mais où au lieu de revivre les mêmes évènements, on reprend l'histoire où on l'avait laissée auparavant. Et s'il y avait là en réalité autre chose qu'un simple rêve ? Et s'il ne s'agissait pas seulement d'un autre pan de notre conscience, mais d'un autre monde à part entière ?

@LarkoDim

Contexte provenant de cette recherche
Asma
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Asma
Mer 6 Juil - 18:41

Emma Khan
J'ai 23 ans et je vis à Oxford, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis étudiante en archivistique et paléographie et je m'en sors correctement. Sinon, grâce à ma timidité, je suis célibataire et je vis plutôt moyennement la solitude.

En savoir plus.


J’avais l’habitude de suivre le même chemin. Celui qui, quittant la maison, me faisait contourner le champ du domaine familial, et plongeait dans le sous-bois. Maintes et maintes fois, j’avais emprunté cette route. Quand des torrents de lave se mettaient à dévaler le flanc de la colline à laquelle était adossée la maison. Quand des hordes de sangliers se pressaient contre les vitres jusqu’à les faire exploser, et inonder les lieux pour tout détruire sur leur passage. Quand des créatures monstrueuses nous encerclaient de toutes parts.

A chaque fois, je me voyais courir dans les escaliers à m’en crever les poumons, m’enfermer à double-tour dans ma chambre à l’étage, et passer par la fenêtre pour décamper le plus discrètement possible. Je me voyais alors contrainte de fuir la demeure familiale, et trois options s’offraient à moi.
A droite, la route de la montagne. Elle m’emmenait parfois dans une périlleuse randonnée en crêtes et bords de falaise. D’autres fois, elle me faisait longer un loch à la profondeur insondable, et prise entre la falaise et le loch, je finissais péniblement par atteindre un village désert.

A ma gauche, la route du village. Le chemin descendait jusqu’au ruisseau, le traversait puis remontait une nouvelle colline vers un petit hameau. Celui que l’on voyait, depuis la maison. De là, on découvrait que l’on était en réalité au sommet d’une très haute montagne, et on plongeait ensuite très loin en contrebas vers une ville, si loin qu’elle était quasiment inatteignable. La route était dangereuse, certains recoins étaient de véritables coupe-gorges. Quand ce n’était pas la végétation elle-même qui cherchait à vous tuer.  

Et face à moi, si je refusais de prendre quelque route que ce soit, je pouvais couper à travers champ et rejoindre le sentier de la forêt. Le sentier était ma route favorite. Si l’atteindre pouvait être une mission en soi – il fallait esquiver, se cacher, affronter des ennemis, les distraire, se soustraire à leur vue -, une fois sur le sentier, j’avais la sensation que plus rien ne pouvait m’arriver. D’ailleurs, c’était généralement le moment où commençait à sonner mon réveil, m’extirpant brusquement de ces lieux.


- ‘Jour Marvin, lancé-je en me frottant les yeux, la marque de l’oreiller encore sur la joue.

L’hurluberlu qui me sert de coloc’ se gratte très disgracieusement le caleçon en me gratifiant d’un grand geste de la manette de jeu vidéo qu’il ne prendra pas la peine de lâcher. Il a certainement dû passer la nuit sur le canapé avec son jeu débile. Mais il a l’amabilité de mettre un casque pour jouer, de ne pas hurler la nuit, et il paie bien sa part du loyer à la fin du mois. Je ne peux pas en exiger beaucoup plus.

- Yo, Em’. Y a de la pizza au micro-ondes, si tu veux, lance-t-il dans mon dos, tandis que je m’éloigne en direction de la cuisine.

A cette heure de la journée, je préfère un bon café au lait et des tartines que de la pizza surgelée réchauffée au micro-ondes. Mais intérieurement, je ne peux m’empêcher de sourire, et de le remercier de sa sollicitude. A la Marvin.

- Ne m’attends pas pour dîner ce soir.
- Tu retrouves des potes ? Nice ! Me lance-t-il, les yeux toujours rivés sur son écran.

Je n’ai pas le cœur de lui dire que je n’ai pas vraiment de potes à retrouver. On est samedi. Quand je ne suis pas en train d’étudier, je donne de mes heures pour faire un stage à la bibliothèque de l’université, afin de cumuler plus d’expérience pour mon CV. Au moins, ça me permet d’occuper un peu mes week-ends, et de m’éviter de finir comme mon geek de coloc’. Parfois, j’envie ces filles que je vois flâner dans la rue entre copines, faire du lèche-vitrines, se faire un afternoon tea. J’aimerais avoir le courage d’aller parler à l’une d’entre elles, et de lui demander de m’emmener avec elle faire tout cela. J’aimerais. Donc pour ce soir, pas de pote, pas de restau ou de sortie. C’est simplement que j’ai promis à la responsable des archives de rester l’aider jusqu’à la clôture, et la bibliothèque ferme à 22h.

****

- ‘Soir Marvin.
- Yo Em’.

Ledit Marvin est toujours enfoncé dans le canapé, plus ou moins dans la même position dans laquelle je l’ai quitté ce matin. Dans le même caleçon, ça c’est sûr. Mais au moins, il a l’amabilité de bien vouloir en porter un, de caleçon. Ça semble être un minimum, mais je ne peux malheureusement pas en dire autant de tous mes colocataires précédents. Et puis, il paie bien son loyer à la fois du mois, alors. D’un haussement d’épaule intérieur, je pousse la porte de la cuisine, me sert un verre d’eau bien fraîche, puis traverse le salon où trône la gentille épave de Marvin.

Je lui mets une petite tape amicale sur le sommet de son crâne où règne un désordre de cheveux bouclés en bataille, et pose une bise sur sa joue, qu’il s’empresse de frotter comme un gamin effacerait le bisou un peu trop baveux que vient de lui faire sa maman. Je souris. C’est notre espèce de running gag. Marvin est possiblement ce que j’ai de plus proche d’un ami. Et pourtant, la plupart du temps, voilà à quoi se limitent nos échanges.

- ‘Nuit, Marvin.
- ‘Nuit, Em’.

Je ferme la porte derrière moi, et pose mon verre d’eau sur la table de chevet. Mes paupières sont lourdes et je sens la fatigue m’envahir, et le sommeil prêt à me submerger. La journée a été longue, trop longue. Je suis fourbue, j’ai mal partout. Mon matelas m’appelle, et je m’apprête à être toute à lui.


Je suis dans la maison. Il n’y a personne d’autre que moi, aujourd’hui, à la maison. Mes parents sont partis en voyage. La voiture n’est plus dans l’allée. Je suis seule dans la maison, face à cette fichue baie vitrée du salon qui refuse de se refermer comme il faut. Quand je tire pour la verrouiller d’un côté, l’autre battant cède. Et ainsi de suite, à l’infini. Gauche, droite, gauche, droite. Je sors dans le jardin, pour fermer les volets. Mais bien évidemment, le loquet du volet est bloqué. Le métal est rouillé, et le bois a gonflé. Donc évidemment, ce fichu volet ne veut pas non plus fermer.

Je n’ai même pas besoin de me retourner pour savoir que le ciel derrière moi a déjà commencé à s’assombrir. L’air devient lourd, l’ambiance pesante. Quelque chose va me tomber sur le coin de la figure. Mais quoi, ce coup-ci ? L’avalanche ? Les loups ? Les contrebandiers installés dans la colline ?
A cet instant, un véhicule que je ne connais pas emprunte l’une des deux allées qui rejoint la maison. Mes parents ne sont pas là. Je suis seule. La maison ne ferme pas. Il n’y a pas d’armes chez nous. De toute façon, même si je finissais par mettre la main sur une arme, elle ne fonctionnerait pas. Il manquerait les balles, le chargeur bloquerait, le chien casserait, ou je n’aurais que des balles à blanc. Bref, rien de vraiment utile. Je n’ai jamais tiré sur personne dans la vraie vie. C’est peut-être pour cela que je suis incapable de le visualiser ?
Quoi qu’il en soit. Je suis seule. Deux hommes à l’air patibulaire sortent du véhicule. Je ne crois pas qu’ils m’aient vu. Ils s’approchent de la porte d’entrée. Je fais le tour de la maison. Tant qu’ils restent de ce côté, ils ne me verront pas. Du moins, pas avant que j’atteigne l’autre allée. Là, je serais totalement à découvert. Il ne me restera qu’à courir. Vite, du plus vite que je peux. Ça, par contre, j’ai toujours couru vite dans mes rêves. Apparemment, fuir, c’est dans mes cordes.

Me voilà sur la route. A l’intersection des fameuses trois décisions possibles. Celles entre lesquelles j’ai toujours le choix. Pour aujourd’hui, le choix sera vite vu. Ils ont une voiture. Ce qui signifie que si je reste sur la route, ils n’auront aucun mal à me rattraper. Je ne sais pas ce qu’ils me veulent, mais je n’ai absolument aucune envie de le savoir.

Sans réfléchir plus avant, je fonce à travers le champ. Derrière moi, j’entends le bruit du moteur et le crissement des pneus. Ils m’ont vue. Le temps presse. Je cours aussi vite que je peux à travers champ, sautant par-dessus les racines, contournant de vieilles souches d’arbre. J’entends le bruit se rapprocher dans mon dos, mais je n’ose pas me retourner. Je suis toute entière tendue vers mon objectif. Le sentier. L’orée du bois. La forêt. Là, juste devant moi, la verte frondaison des chênes l’appelle. Plus que quelques mètres. Je sens ses membres s’engourdir, les muscles se saturant d’acide lactique, tout ralentit. Non, je ne veux pas me réveiller, pas maintenant. Pas si proche. Mes pieds s’emmêlent, je tombe, face contre terre. Par réflexe, je ferme les yeux.

Quand j’ouvre les yeux, je m’attends à me trouver dans mon lit. Au lieu de ça, je suis le nez par terre, dans l’humus, des feuilles collés sur la figure et un genou écorché. Comme c’est un rêve, je n’ai pas vraiment mal. D’ailleurs, je ne sais pas bien à quel moment cela a eu lieu, mais l’ensemble jean et t-shirt que je portais encore à la maison est devenu une jupe et un vieux sweat-shirt informe. D’où le genou à l’air maintenant écorché.

Je suis sous le couvert végétal. Dans mon dos, le sentier a disparu, masqué par un dense rideau de végétation. De part et d’autre, il règne une pénombre qui ne m’incite pas le moins du monde à m’écarter du sentier, qui est probablement ce qu’il y a de plus engageant. Prenant mon courage à deux mains, je souffle un grand coup et je commence à marcher.
Au bout de plusieurs minutes, qui me semblent une éternité – mais probablement une fraction de fraction de seconde pour mon cerveau hyperactif -, le chemin tourne vers la gauche. Il y a plus de lumière par là-bas. Ce doit être le bout de la forêt. Je presse le pas. C’est la première fois que je vais aussi loin.
J’émerge du sous-bois dans un charmant décor champêtre. Une jolie clairière envahie de vivaces et autres fleurs sauvages, un petit ruisselet à l’eau clair qui serpente au milieu. Tandis que le cours d’eau sinue, le chemin le suit, mais plus directement en ligne droite. Et là, au bout, une bâtisse hors du temps s’élève devant mes yeux. Il règne en ces lieux une incroyable sérénité.
Comment ne suis-je jamais venue ici auparavant ? Il faudra que je m’efforce de retenir le chemin. J’espère ne pas tout oublier lorsque j’ouvrirai les yeux.

La bâtisse est à la fois simple et majestueuse. Elle a le charme exquis des cottages britanniques, et il règne l’âme du luxe d’une époque depuis longtemps révolue. Des lierres courent sur sa façade de pierre, s’accrochant à toutes les anfractuosités. Pourtant, elle ne semble pas abandonnée. Elle a l’air coquette. Et pourtant si ancienne. Petite. Immense. Comme une maisonnette qui contiendrait un château. Elle est tout cela à la fois. Indescriptible, au fond.
Je m’approche, escalade les trois marches qui me mènent à son perron. Devant moi, une porte en bois d’un autre siècle. Elle est ornée d’un heurtoir en bronze qui représente une main tenant une pomme. Fascinée, je la contemple longuement, hésitant à m’en saisir. C’est une main, c’est quand même un peu bizarre.
J’envisage mes options. Et si je faisais le tour de la maison par l’extérieur ? De part et d’autre, sur les côtés, de très hautes haies séparent ce qui est possiblement l’autre partie du jardin. Je l’avais vu en arrivant. Impossible de passer par là. Je n’ai pas trop le choix.
Courage, fille.
LarkoDim
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Univers fétiche : City (student/gang)/Surnaturel (vampire.vampyr/loup)/HP
Préférence de jeu : Homme
patrick
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LarkoDim
Mer 10 Aoû - 13:45

Gardien
J'ai beaucoup trop d’années au compteur et je vis ailleurs, entre rêve et réalité. Dans la vie, je suis le Gardien et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malédiction, je suis seul et je le vis plutôt comme je peux, habitué à la solitude.

Âge inconnu ¤ Humeur changeante ¤ Visage changeant ¤ Pouvoir inconnus ¤ Depuis trop longtemps entre deux mondes
Le temps.

Immuable. Docile. Changeant. Borné. Imposable.

Il avance sans que l’on ne puisse y faire quoi que ce soit. Il avance à jamais et se délie de mille et une façon. Linéaire, en trois dimensions, plus selon les esprits les plus actifs, moins pour ceux qui s’en fiche pas mal.

L’espace.

Intouchable. Palpable. Paradoxal. Présent. Absent.

Sous les doigts, il est là, il est derrière, il est devant. Droite, gauche, au-dessus ou sous les pieds. Il est un allié et un ennemi. Il s’unit au Temps avec grâce, violence et s’ancre doucement dans l’âme humaine, se fige dans le regard.

C’est dans cette multitude de pensée à la fois familière et nouvelle que tu marches doucement vers ta grande bibliothèque, contemplant mille et un ouvrage à la fois. Ils volent autour de toi, s’approchant, ouvrant leurs pages pour que tu puisses y poser tes yeux sur ses lignes que tu connais presque par cœur. Quelques fois, tu les refermes, les pousses doucement du doigt pour qu’ils retrouvent leur emplacement strict. Tu soupires un peu, posant tes pieds sur les murs, comme si de rien n’était. Grimpant à la verticale sans que la pression ne s’exerce sur ton corps, tu joues avec tes doigts pour te faire parvenir d’autre ouvrage. Mais tu n’es pas satisfait.

Tu te diriges vers ton plafond et décides de réarranger cette immense salle qui te sert aussi d’archives. Tu passes tes yeux sombres sur les titres dorés des tranches des livres un instant. Seul, dans le silence le plus total, enivré par un rythme d’horloge flottante et le bois mouvant, tu vois les multitudes de noms de pays, planètes, personne, univers même. Tu essayes de tout réarranger alors que d’autres meubles se baladent dans ton dos. Cela fait combien de temps que tu n’avais pas fait le tri dans cette salle ? Des années ? Des décennies ? Siècles ? Millénaire même ? Tu ne saurais dire.

Tu réfléchis doucement au nouvel emplacement de chaque ouvrage lorsque la lumière des pièces se met à clignoter avec une certaine violence. Tu te figes, sentant un long frisson te parcourir l’échine. Que se passe-t-il ? Pourquoi tes meubles s’affolent ? Pourquoi tes livres se mettent à tourbillonner autour de toi, comme des protecteurs ? De boucliers cherchant à te cacher quelque chose ? Tu soupires et d’un geste de la main, tu arrêtes le temps. Du moins, tu arrêtes tout mouvement et commences à te balader entre les objets figés. Par tous les Dieux des univers… Pourquoi le silence s’est retrouvé brisé ?

Depuis que tu as pris possession des lieux, personne, Ô grand Dieu, PERSONNE n’a pu entrer ici… Personne n’a eu la bonne idée, n’a eu le cran de passer le portail. Personne n’a pu trouver le chemin, avoir le courage de l’emprunter. Tu soupires et avances pour sortir de la pièce, toujours au plafond. Un pas après l’autre, tu changes de pièce, tu les parcours rapidement. Tu avances rapidement, cherchant à savoir dans toute la demeure d’où pouvait venir ce remue-ménage. Mais rien. Juste les meubles, les affaires, les livres qui continuent d’être figés. Tu secoues la tête et claque des doigts.

Tic… Tac… Tic...

Les horloges reprennent leurs courses folles. Les livres semblent vouloir se poser de nouveau sur des tables, sur les étagères. Les meubles se collent au plafond, mur, sol. Tu te pinces le nez, te masses la tempe et penses à repartir dans la bibliothèque, enfin pouvoir reprendre ton travail, mais… Un frisson t’arrache le dos, l’échine, fait soulever les poils présents sur tes bras. Tu te retournes de nouveau. La porte ? Quelqu’un appuie la poignée de la porte ? Comment ? Tu te laisses retomber au sol pour léviter vers l’entrée. Trônant fièrement dans l’escalier principal, tu attends de voir ce qui se passe.

La porte bouge lentement. D’un geste de la main, tu éteins les bougies et te remets à léviter pour rejoindre le plafond. Tu t’y sens mieux, certes, tu vois tout à l’envers, tu vois tout d’un angle plus haut, mais tu préfères. Mouvement fin de la main, tu laisses la porte s’ouvrir d’elle-même et tu peux ainsi observer qui est l’invité surprise. Tu peux y voir qu’une jeune femme se trouve devant le perron de la porte. Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Comment est-elle arrivée là ? Tu attends de voir ce qu’elle va faire. Tu réfléchis. Un geste du visage et un chandelier s’éclaire. Cela va peut-être lui servir si elle ose visiter la demeure.
Asma
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Univers fétiche : Dystopique, fantastique, mythologie, etc.
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tea
https://www.letempsdunrp.com/t5038-protopl-asma https://www.letempsdunrp.com/t5166-repertoire-rp-d-asma#102871 https://www.letempsdunrp.com/t5030-proteiforme https://www.letempsdunrp.com/t5028-asma
Asma
Mer 10 Aoû - 20:48

Emma Khan
J'ai 23 ans et je vis à Oxford, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis étudiante en archivistique et paléographie et je m'en sors correctement. Sinon, grâce à ma timidité, je suis célibataire et je vis plutôt moyennement la solitude.

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« Bip, bip, bip »
« Bonjour à tous et haut les cœurs ! Le ciel est clair ce matin, et il va faire un soleil radieux au-dessus d’Oxford. N’oubliez pas la crème, solaire plutôt que glacée ! »

Une semaine. Voilà maintenant une semaine que j'essaie de retourner à la maison, mais rien à faire. J’ai rêvé d’une plage au milieu de l’océan Indien. J’ai rêvé de courses de voitures sur un boulevard sans fin. J’ai rêvé de blizzard et de neiges éternelles, mais la maison m’échappe.

Marvin me regarde comme si j'étais folle. La tête au-dessus de mon bol de céréales, je contemple leur lente décomposition dans le lait en me parlant à moi-même. Avec mes cheveux en pagaille qui me retombent devant les yeux, je dois avoir l'air d'une sorcière ou d’un épouvantail. Il est l'heure de retourner à la bibliothèque. Pour la première fois depuis longtemps, voire peut-être même pour la première fois de ma vie, je n’ai pas envie d’y aller. J’ai envie de retourner dans mon lit, de fermer les yeux, et de rentrer à la maison.

Je m'arrête devant un rayon que j'abhorre, celui du « développement personnel ». Pour la plupart, de belles brochettes d'escroc qui vous expliquent comment réussir votre vie avec des recettes fumeuses, leur conclusion étant toujours la même : « venez suivre mon séminaire à 4000 livres les deux jours de pseudo-formation ».  En sort-on vraiment plus éveillé ? En tout cas, on en sort allégé d’une sacrée somme d’argent….
Une couverture attire pourtant mon attention. « Le rêve éveillé ». C'est de la psychothérapie. Comment déclencher un processus de transformation psychique grâce à la symbolique des rêves. Sans intérêt. Je regarde encore. Je trouve un ouvrage sur le rêve lucide, un rêve où le rêveur a la conscience d’être en train de rêver. D’après sa quatrième de couverture, il existerait des moyens de diriger ses rêves. J'embarque le livre. Et deux de plus sur le même thème. J’ai besoin de savoir ce qu'il y a dans cette maison. Je dois y retourner.

Assise en tailleur sur le canapé, je grignote du céleri et des carottes, le bouquin ouvert sur mes genoux. A côté de moi, sur le fauteuil moulé au postérieur de Marvin, ce dernier est tout occupé à son jeu vidéo et parle avec Chen par casque interposé. Ils ont décidé de se faire une soirée rétrospective de « Dino Crisis ». Ça défouraille à tout bout de champ. Des dinosaures braillent de temps à autres et engloutissent des personnages secondaires. Je ne sais vraiment pas comment ils peuvent passer des heures devant ce truc-là. Marvin doit se poser la même question me concernant. D’ailleurs, ça ne rate pas

- Tu sors pas, ce soir, Em’ ? T’as pas une copine à aller voir ?

Comprendre : laisse-moi un peu en paix et va bouffer tes carottes ailleurs. Ça tombe bien, je viens de finir. De toute façon, mon bouquin est ennuyeux à en mourir, et je n’ai pas l’impression d’y apprendre grand-chose. « Les rêves lucides sont plus fréquents chez les personnes qui pratiquent la méditation ». Oui, merci. Et alors ?

Je grignote du céleri et des carottes, assise sur le canapé, le bouquin ouvert sur mes genoux. Marvin est occupé sur son jeu vidéo et parle avec Chen par casque interposé. Ils ont décidé de se faire une soirée rétrospective sur Dino Crisis. Ça defouraille à tout bout de champ et des dinosaures brillent de temps à autres et engloutissent des personnages secondaires. Je ne sais vraiment pas comment ils peuvent passer des heures devant ce truc-là. Mes paupières sont lourdes, ce bouquin est ennuyeux à mourir, et je n'ai pas l'impression d'y apprendre grand-chose. « La jonction temporo-pariétale est plus active chez les grands rêveurs ». Ce n’est pas que je n’apprends pas, c’est tout bonnement que je ne comprends pas.
Bisou sur le front.
Grommellement.

- Nuit, Marv'.
- Nuit, Em'.

Je mets mon assiette vide dans levier et traîne mes savates jusqu'à mon lit. Je baille inélégamment, et me vautre sur ma couette, avant de me rouler lamentablement dessous. Marvin a raison sur un point. Il faudrait que j'essaie de me faire des amis. J'aimerais bien avoir quelqu'un avec qui échanger et rigoler. Une copine avec laquelle je pourrais discuter de choses et d'autres. Un copain, idée absurde. En plus, il faut que je nettoie le frigidaire. Qui voudrait d'une fille comme moi ? Je suis ennuyeuse à mourir. Le cheval va râler à cause de sa litière. Attends, mais pourquoi j'ai un cheval dans mon frigidaire ?

Le sol tremble. J'ouvre les yeux dans la familière maison familiale et le sol tremble. Moment de bonheur, suivi d’un moment de panique. Le sol tremble de façon rythmique. Caractéristique. Je reconnaîtrai ce pas entre tous. Je ne te remercie pas, Spielberg, toi et ton Jurassic Park. Je le sais, le T-Rex est de l'autre côté du volet.
Je cours aussi vite que je peux. Je monte les escaliers quatre à quatre, alors que j'entends et que je sens la créature faire le tour de la maison. Son œil globuleux apparaît soudain à la fenêtre du premier. Au plafond, une trappe. Tiens, c'est nouveau ça. Je tire, un nouvel escalier apparaît alors que la vitre vole en éclat. Je grimpe à toute vitesse et ferme la trappe derrière moi. Comme si ça suffisait à l'arrêter. Je suis dans les combles, et cet escalier est sans fin. La vibration semble s’éloigner. Est-ce lui qui se déplace, ou moi qui m’éloigne suffisamment ?

J’atteins un palier, une nouvelle chambre. Une nouvelle fenêtre. Là, au pied de la fenêtre, un sac. Qui ressemble comme deux gouttes d’eau au vieux Kipling de mes années collège. Jusqu'au porte-clés gorille avec son pouce dans la bouche. Et pourtant, je sais que c'est un parapente. Je n'en ai jamais fait de ma vie. Mais ce n'est pas grave. Je passe par la fenêtre, alors que le sol se met à vibrer de nouveau de façon si reconnaissable. J’aperçois la terrifiante silhouette au loin et je saute. La voile m'emporte loin, toujours plus loin de la maison familiale. Je finis par me poser. Dans le champ, à l'orée de la forêt. Je ne survolerai pas la forêt. Je sais pertinemment qu'il n'y a d'autre choix que de la traverser. A pied. Alors je balance tout le matériel et je marche. Je presse le pas. Je retrouve un endroit familier. Je me donne l'illusion d'y avoir des repères. Je suis simplement le sentier. Au bout, la clairière. Face à moi, la maison hors du temps.

Je pose la main sur la poignée. Je veux savoir ce qu'il y a de l'autre côté....

La poignée m'échappe des mains et la porte s'ouvre toute seule. Face à moi, le hall d'entrée d'une maison ancienne. Une horloge d'un âge inénarrable, les meubles de ma grand-mère, jusqu'à la poupée en porcelaine et robe de dentelle sur sa chaise en bois. Les murs lambrissés vert pastel. Et le vieux parquet patiné prêt à grincer si j'y pose un pied. Tout ça pour ça ?

Je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine déception. Je viens quand même d'affronter un T-rex pour arriver là ! Enfin, d’affronter… de fuir, plutôt. Mais je l’ai fait !

Un détail attire mon attention. Dans cette entrée qui donne l'impression d'une maison entièrement assoupie, un signe de vie. Sur une commode, les bougies d'un chandelier sont toutes éclairées. Est-ce que je ne serais pas en train de me jouer un remake de la Belle et la Bête ? Est-ce qu'il va bouger et se mettre à me parler ? Je n'ai rien à perdre de toute façon. Je n'hésite qu'un cours instant avant de m'engouffrer dans le hall.

- Bonjour ? Il y a quelqu'un ?
LarkoDim
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Mar 16 Aoû - 11:05

Gardien
J'ai beaucoup trop d’années au compteur et je vis ailleurs, entre rêve et réalité. Dans la vie, je suis le Gardien et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malédiction, je suis seul et je le vis plutôt comme je peux, habitué à la solitude.

Âge inconnu ¤ Humeur changeante ¤ Visage changeant ¤ Pouvoir inconnus ¤ Depuis trop longtemps entre deux mondes
Un souffle.

Il faut alors un souffle pour que la porte s’ouvre enfin alors que tout t’a semblé soudainement interminable. Le temps qu’un mouvement se fait, qu’un battement de cils se produit, les meubles se posent au sol et changent. Tu les observes faire lentement, voyant quelle apparence ils prennent et fronces les sourcils. Fascinant. La dernière fois qu’ils ont décidé de faire des manières comme ça, c’était il y a bien des millénaires. Tu soupires doucement, te disant que tu deviens étrangement paranoïaque avec le temps. Ou alors la solitude te rends plus qu’acerbe avec les choses qui ne se déroulent pas tel que tu le souhaites.

Un pas.

Elle entre. Tu peux enfin voir son visage, de qui il s’agit et sa voix envahit la pièce. Une jeune femme. Ce n’est qu’une jeune femme, au visage innocent et une chevelure rousse flamboyante. Qui est-elle donc ? Pourquoi elle peut venir ici… Comment est-elle venue ici ? Le nombre improbable de question qui t’envahissent te figent, ne sachant pas par quoi commencer. Tu restes dans l’ombre, marchant toujours au plafond, continuant de l’observer lentement alors qu’elle pose son regard sur le chandelier. Tu observes sa démarche avec attention. Main sous le menton, tu prends un moment pour t’inventer sa vie. Étudiante ? Travailleuse ?

Quelles sont les histoires qui peuvent se trouver dans sa tête, qui sont ancrés dans sa peau, son regard ? Est-elle née dans une bonne famille ? Une famille perdues et décomposée ? A-t-elle des frères ? Des sœurs ? Tu l’imagines entourée de livre, entourée d’œuvre qui mettent en valeur sa fine forme, perdues au milieu d’ouvrage beaucoup trop grand pour elle. Petite souris qu’elle peut être, capable de mémoriser des encyclopédies. Ou alors, elle enseigne devant des enfants ? Qui sait ? Rêveries qui te prend qui ne sont que des illusions. Tu as perdu l’habitude de sociabiliser, cela ne fait aucun doute.

Tu te racles la gorge, pour annoncer ta présence. Elle ne te verra pas de suite, ou alors te prendra pour quelque chose que tu n’es pas. Les humains peuvent être si ignorant. Ou alors pas près à entendre quelque fois l’impensable, même dans leurs désirs les plus fous. Un de tes livres s’approche de ton épaule, curieux aussi de voir votre invitée. D’ailleurs, quelques uns le suivent. Et bien… Pour ne pas effrayé quelqu’un c’est raté. Tu lèves les yeux aux ciels et d’une légère impulsion, tu flottes pour atterrir au sol en haut des escaliers principaux. Tu te tiens droit, maître des lieux.

- Bonjour, bonsoir, mademoiselle.

Un pas.

Tu descends l’escalier lentement, une main sur la rambarde. Ton regard noisette focalisé sur ses gestes.

- Comment êtes-vous arrivée ici?
Asma
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Asma
Dim 21 Aoû - 14:04

Emma Khan
J'ai 23 ans et je vis à Oxford, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis étudiante en archivistique et paléographie et je m'en sors correctement. Sinon, grâce à ma timidité, je suis célibataire et je vis plutôt moyennement la solitude.

En savoir plus.


Je m’attends à ce que tout autour de moi disparaître brusquement. Que je me retrouve dans mon lit, frustrée, à fixer le plafond et assommer ce fichu réveil. Pourtant, je suis encore là. Je n’ai pas la sensation d’y voir tout flou. Je ne me sens pas léthargique. Les indicateurs classiques que je ne vais pas tarder à me réveiller. Tout est d’une impeccable netteté.

J’entends ce qui ressemble à un raclement de gorge. Il y a quelqu’un dans la pièce. Il y a forcément quelqu’un dans la pièce. Il y a toujours quelqu’un quelque part. En général, le quelqu’un ne me souhaite pas du bien. J’avise de nouveau le chandelier. Il doit être quoi, en laiton ? Je devrais réussir à gagner un peu de temps avec cela. Et si la personne qui est là n’est pas seule ? Si elle a du renfort ?

Une voix m’interpelle. Il est là, au sommet de l’escalier. Instinctivement, je jette un coup d’œil au chandelier, mais aussi et surtout à ma tenue. C’est un grand classique de mes rêves. A chaque fois que je rencontre quelqu’un d’intéressant et qui ne veut pas ma mort, je me retrouve dans une tenue ridicule ou incomplète. Un pantalon en moins. Une jupe déchirée. Je deviens obnubilée par mes habits. J’étais en jean et t-shirt quand j’ai quitté la maison avec mon parapente. Je n’ai absolument plus aucune idée de ce que c’était quand j’ai traversé la forêt. Là, je porte une robe smockée aux imprimés floraux. Où ai-je bien pu inventer un truc pareil ? Au moins, elle a le mérite d’être intègre et d’un seul tenant. Je repose les yeux sur mon interlocuteur, pas encore entièrement convaincue qu’il ne veut pas ma mort. Après tout, certains d’entre eux avaient eu l’air gentil… au début.

- Bonjour, monsieur.

Il fait un pas en avant, je recule mécaniquement d’un pas. Il continue à descendre, et je fais un pas de côté vers le guéridon. Histoire de rester à portée de main du chandelier. Sait-on jamais. Je sens son regard sur moi. Il a l’air de décortiquer tous mes faits et gestes. C’est étrange. La texture de ce rêve est devenue étrange.

- Comment je suis arrivée ? M’étonné-je, en insistant sur le « je ». Par le chemin.

Je le dis comme si c’était une évidence. Il n’y a qu’un seul chemin pour arriver à cette maison. Le sentier derrière le champ, la forêt, la clairière, la maison. Toujours le même chemin. Pas une seule variation. Tout ce qui était avant pouvait changer radicalement, mais cette composante-là, non.

- C’est… hum… c’est chez vous ici ?

Mes yeux furètent de droite et de gauche. Je ne sens pas d’autre mouvement, n’entend pas d’autre voix. Est-il vraiment seul ? A-t-il des sbires qui m’attendent dans la pièce d’à côté ?

- Qui êtes-vous, d’ailleurs ?
LarkoDim
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patrick
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LarkoDim
Mar 30 Aoû - 10:10

Gardien
J'ai beaucoup trop d’années au compteur et je vis ailleurs, entre rêve et réalité. Dans la vie, je suis le Gardien et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malédiction, je suis seul et je le vis plutôt comme je peux, habitué à la solitude.

Âge inconnu ¤ Humeur changeante ¤ Visage changeant ¤ Pouvoir inconnus ¤ Depuis trop longtemps entre deux mondes
Elle t’a vue.

Elle a jeté un coup d’œil au chandelier avant de regarder sa propre tenue. Tu lèves un sourcil devant ce drôle de réflexe qu’elle a eu. Est-ce naturel ? Elle compte te jeter le chandelier à la figure ? Mettre le feu à la demeure ? Elle s’attendait à avoir une tenue plus sobre ? Plus extravagante ? Moins habillée ? Plus habillée ? Tu ne saurais dire. Se pense-t-elle dans un rêve ? Se pense-t-elle dans la réalité ? Tant de questions qui brûle tes lèvres sans pouvoir les dire, trop anxieux. Le genre humain est si imprévisible et pourtant, il ne changera jamais. Tu connais déjà les mille scénarios qui pourraient se dérouler sous tes yeux.

Elle recule.

Chaque pas que tu engages l’oblige à reculer. Chaque pas que tu entreprends, elle les rend en sens inverse. Tu lui fais peur ? Vu ton accoutrement, il serait plus judicieux pour elle de l’être en effet. À moins d’être suicidaire, tu ne respires pas la joie de vivre, tu ne sembles pas chaleureux et avenant. Tout peut paraître sombre autour de toi, tu respires ces vieilles années du gothique chic où les mythes se fondent à la réalité. Croyances où les humains consomment le sang de leur semblable pour se nourrir, où ils prennent la forme d’animal pour dévorer leur frère et sœur de chairs.

Elle répond.

Elle répond à ta question par une autre question, ce qui a le don de te faire froncer les sourcils. C’est imperceptible, mais il est bien là ce changement sur ton visage. Les mots qu’elle prononce ont le don de te créer dans ta cervelle encore plus de question qu’il n’en faut pour garder ton calme. Le chemin ? Depuis quand il est ouvert aux humains celui-là ? Depuis quand il s’ouvre sans ton autorisation ? Tu redresses la tête, posant ton regard par la fenêtre la plus proche, comme cherchant quelque chose.

- Le chemin...

Que tu répètes en fin de phrase comme un écho.

Tu sembles soudainement pensif, cherchant dans les méandres de ton esprit une réponse claires et précise, manquant d’ignorer sa question. Pourquoi elle ? Qu’a-t-elle donc de si spécial pour parvenir à ce sanctuaire ? Tu reviens à son visage, sa tenue, lèves un sourcil et soupires. Elle regarde un peu partout, comme perdue, espérant trouver refuge, des mots qui puissent l’aider à comprendre où elle se situe. Tu passes ta main rapidement dans les airs, comme abandonnant l’idée de devoir la rejeter.

L’humain est têtu.

Plus l’interdiction est forte, plus il sera enclin à vouloir transgresser les règles qui leur sont données. C’est un fait.

Claquement de doigts, la pièce change d’un battement de cils. Un grand fauteuil apparaît derrière elle, poussant un peu derrière ses genoux pour la forcer à prendre place à l’intérieur. Il te faut être courtois. Nouveau claquement de doigts, les théières s’emballent et l’odeur de thé envahit la pièce accompagnée de sa meilleure amie, la torréfaction du café. Les tasses se présentent à elle, comme attendant qu’elle choisisse, qu’elle s’empare de l’une d’entre elle.

- Thé ou café ?

Que tu demandes, presque naturellement alors que tu n’as toujours pas eu un sourire à ton invité. Manque d’habitude. La tienne de tasse est déjà en main, fumante. Tu prends alors place face à elle, t’asseyant dans le vide, comme si ton siège était invisible à ceux qui seraient incapables de le voir correctement.

- Par quel chemin dites-vous êtes arrivée ? Il n’apparaît jamais normalement… Et oui. Jusqu’à preuve du contraire, il s’agit de ma demeure.


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