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LE TEMPS D'UN RP

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

Beloved
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Beloved
Ven 27 Jan - 11:16

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

- Non c'est ma mère.

J'avais répondu avec un léger sourire, ravi intérieurement qu'il m'entraine sur un sujet plus simple. J'arrivais à retrouver un peu mes esprits après ce qu'il venait de se passer. Et je remerciais ma mère et sa petite attention. Elle me les avait tendu avec un sourire malicieux et je m'étais demandé, si elle n'en savait pas plus sur Simon et moi que ce que j'avais bien pu lui dire.

Je continuais mon dessin avant de relever un peu trop vivement la tête, surpris par ce qu'il venait de me dire. Je le fixais, sentant le rouge envahir petit à petit mes joues. Me dessiner... moi... Ca me faisait bizarre. Je pensais être le seul à avoir dessiné l'autre. Je l'avais dessiné de nombreux soirs seul dans ma chambre alors que je rêvais de lui. Je m'étais laissé aller à le dessiner en sa présence pour la première fois la veille. Je pensais être le seul à avoir cette passion dévorante, ce besoin de le coucher sans cesse sur le papier, comme pour garder une trace de lui à jamais, ailleurs que dans mon coeur et mon esprit. Et voilà qu'il venait me surprendre, semblant presque me demander l'autorisation de me dessiner. Je ne pouvais pas refuser bien entendu. Quand bien même cela me mettait terriblement mal à l'aise, je ne pouvais rien lui refuser.

- Euh... oui... oui bien sûr... vas y...

Je retournais à mon propre dessin, me concentrant sur ce que je dessinais et tentant désespérément de ne pas penser à lui. Je le savais, je pouvais le sentir, son regard posé sur moi. Il devait être entrain de détailler les moindres traits de mon visage, comme je l'avais fait la veille. J'avais l'impression d'être mis à nu, de me découvrir complètement contre lui. C'était l'un des moments les plus intimes que j'ai vécu de ma vie, et tous avaient été avec lui.

Je retournais la tête, surpris une nouvelle fois, alors que je sentais sa main venir effleurer ma joue, dessiner le contour de mes lèvres... Je le fixais, déglutissant difficilement. Ses gestes... comment un simple effleurement pouvait il me mettre dans cet état? Je le regardais, mon coeur battant la chamade dans ma poitrine. Je me sentais chavirer, emporté dans un torrent d'émotions que je ne maitrisais pas. Il s'excusait, mais je ne voulais pas qu'il s'excuse. Je ne voulais pas qu'il retire sa main ainsi. J'aurais voulu qu'il continue, qu'on arrête d'être sage et qu'on oublie notre séance de dessin. Il était plus intéressant de le goûter du bout de mes lèvres que de me perdre dans la contemplation de ce lac.

Et il m'embrassa... comme si il avait compris la supplique muette que je lui avais lancé. Il m'embrassa et c'était chaque fois un peu plus fort, comme si il m'embrassait à nouveau pour la première fois.

Je ne pus m'empêcher de sourire légèrement alors qu'il terminait sa phrase, continuant ses excuses pour son geste.

- Ne t'excuse pas. C'était une excellente idée.

Je me rapprochais de lui, posant mes mains sur sa taille pour le rapprocher de moi. J'allais l'embrasser à mon tour, prenant l'initiative pour une fois. Je l'embrassais avec envie, envoyant balader mes bonnes résolutions et mon envie d'être sage. Je ne voulais plus l'être. Nous n'avions que peu de temps, peu de moment comme celui ci alors que j'avais ma vie entière pour le dessiner.



June
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June
Sam 28 Jan - 16:54

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance inattendue, je suis en train de connaître ma première histoire d'amour et je le vis plutôt bien, même si j'ai encore du mal à y croire.
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Morgan abandonna son dessin quelque part dans l’herbe à son côté, s’approchant de moi ; ses mains se posèrent sur ma taille et je me concentrai sur cette sensation, sur la pression discrète qu’elles exerçaient, comme pour me rendre plus proche. Je m’efforçai d’imprimer ce geste dans ma mémoire, cette chaleur à l’endroit exact où je le sentais, à travers le tissu léger de ma chemise. J’accueillis ses lèvres en fermant les yeux, et je sentis de nouveau cet empressement, l’envie d’aller plus loin.

Il voulait plus, j’en étais presque sûr maintenant ; il voulait plus mais il ne savait pas comment faire. Et j’avais beau m’être promis de tempérer toutes les ardeurs du monde, je sentais que ma lucidité s’effondrait, que ma volonté de résister était devenue si fine qu’elle se déchirait comme du papier à chaque nouvelle seconde de nos lèvres mêlées.

Je passai une main dans ses cheveux, collant son visage contre le mien. Nos souffles désormais audibles, haletants, s’avalant l’un l’autre, je cherchai de mes mains à quel endroit de son corps mon désir pouvait s’incarner le plus fort. J’agrippai son t-shirt, dans son dos ; à travers le t-shirt j’agrippai sa peau même, sentant sous mes doigts le volume de sa cage thoracique, la forme régulière de ses côtes. Je pressai Morgan contre moi dans une étreinte beaucoup plus impatiente, jusqu’à l’entraîner à son tour sur le dos, mon matériel de dessin quittant mes genoux pour s’éparpiller sur le sol sans que je m’en aperçoive.

Cette fois, c’était moi qui étais penché au-dessus de lui. Je posai une main sur son torse ; l’autre plantée dans l’herbe à côté de son visage pour me retenir ; je l’embrassai encore, constatant dans quel état d’excitation mon corps se trouvait désormais. Je m’arrêtai un instant, le souffle court, nos cœurs battant ensemble ; me reculai légèrement pour le regarder.

Mes yeux parcoururent son visage plusieurs fois, avec insistance, comme pour mesurer à quel point je le désirais. Mon regard dériva le long de sa mâchoire, tombant dans sa nuque, qu’une ombre fraîche contre le sol rendait si accueillante, et je me penchai dans son cou avec une lenteur calculée ; là, j’embrassai sa peau avec toute la sensualité dont j’étais capable, et, presque sans m’en rendre compte, je passai ma main sous son t-shirt, sur son ventre.

Beloved
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Beloved
Mer 1 Fév - 17:03

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

Je me laissais emporter, guider par lui. Je me laissais aller contre ses lèvres. Je n'étais certain que d'une chose, je ne voulais pas qu'il s'arrête. Je ne savais pas jusqu'où j'étais prêt à aller. Pas jusqu'au bout ça c'était certain. Mais je savais que je ne voulais pas qu'il arrêter de m'embrasser. Je voulais pouvoir rester ici à l'embrasser encore et encore sans jamais m'arrêter.

Je le laissais m'allonger dans l'herbe, le serrant contre moi alors qu'il venait se mettre au dessus de moi. Je frissonnais alors que je sentais ses mains se glisser sous mon tee shirt. Je me laissais faire, nullement gêné par cette caresse, bien au contraire. Je frissonnais mais je frissonnais de plaisir. Je n'arrivais pas à contenir les légers gémissements de plaisir qui s'échappaient de mes lèvres. C'était trop bon. Il était beaucoup trop doué. Ou peut être était ce tout simplement parce que c'était lui que ses baisers me faisaient tant d'effet. Ou certainement un mélange des deux.

Je fermais les yeux alors que ses lèvres venaient se poser dans mon cou. C'était nouveau pour moi. On ne m'avait jamais embrassé là. On ne m'avait même jamais embrassé comme il l'avait fait, ni caressé... Personne ne m'avait même regardé comme il le faisait lui. Il était le premier, le tout premier à me faire connaitre tout ça et j'étais heureux que ce soit lui. Je n'aurais pu rêvé plus bel premier amour que lui.

Je me tortillais un peu le laissant me retirer mon tee shirt, le laissant me caresser plus facilement. Mais tout à coup je réalisais que ce n'était pas assez. Je voulais le voir lui aussi. J'avais déjà pu l'admirer torse nu mais ce ne serait pas pareil. Là nous étions seuls, enlacés ensemble. Il y avait une intimité entre nous qu'il n'y avait que rarement eu.

Je tendis mes doigts vers lui, redressant légèrement la tête alors que je tentais de défaire les boutons de sa chemise. Mais putain pourquoi est ce qu'il avait mis une chemise? Je tremblais, d'excitation, de stress peut être un peu aussi, et je n'arrivais pas à défaire ces fichus boutons!

- Pardon... je... je suis désolé...

Parce que j'étais terriblement gauche. Que je venais couper et gâcher ce moment parce que je n'étais pas capable de défaire quelques boutons en quelques secondes. Ils faisaient comment dans les films pour y arriver en un instant? Ah oui, ils arrachaient la chemise et les boutons avec. Mais on n'était pas dans un film et je doutais qu'il apprécie que je bousille sa chemise en voulant la défaire. Alors je continuais de défaire les boutons un à un, tentant de me concentrer pour ne pas trop trembler.





June
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June
Sam 4 Fév - 14:21

Simone Perri
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Mon regard se perdait sur sa peau blanche, qui me semblait attraper et réfléchir toute la lumière du jour. Morgan se redressa légèrement, tendant les mains pour défaire ma chemise. Il n’y parvenait que mal, et je sentais par moments le contact de ses doigts fébriles à travers le tissu. La sensation était renversante. Parce qu’elle était douce. Elle me plaisait.

Je fus surpris lorsqu’il s’excusa. Je ne voyais pas le temps qu’il mettait à me dévêtir comme une interruption : j’en aimais chaque seconde. Personne n’avait jamais entrepris de me déshabiller comme il le faisait. « Rien ne presse », lui murmurai-je avec chaleur pour le rassurer. Je me redressai pour qu’il puisse s’asseoir et avoir les gestes plus libres. Il se concentra sur chacun des boutons, et moi, je le regardais, subjugué. Je souriais, je ne pouvais pas m'arrêter de sourire, j’aimais trop ça.

Chaque seconde, il révélait un peu plus ma poitrine, tandis que les pans de la chemise s’entrebâillaient et finirent par se séparer. Je pris ses mains qui tremblaient encore dans les miennes. Je les posai à plat sur mon torse. Elles étaient chaudes, presque moites. J’étais sûr qu’elles pouvaient sentir comme mon cœur battait fort. Je voulais qu’elles le sentent, pour une fois.

Malgré la chaleur, je frissonnai. Ma peau se rassemblait en minuscules petites bosses qui se hérissaient sous ses doigts. À cet instant, je ne pouvais ignorer combien mon excitation était grande et mon sexe dur – ce que Morgan ne pourrait manquer de remarquer, lui non plus, car la bosse que formait la toile de jean entre mes jambes était manifeste. Je posai une main sur son visage, entourant sa joue, le bout de mes doigts touchant le lobe de son oreille. J’approchai lentement mes lèvres des siennes, mes doigts glissèrent dans ses cheveux et je l’embrassai, en fermant les yeux et en ouvrant la bouche.

L’endroit où nous nous trouvions n’avait rien de commun avec les contextes dans lesquels j’avais connu le sexe toute ma vie. Je n’avais connu que la nuit, l’obscurité qui empêche de se voir, l’alcool qui endort les sens et rend les gestes approximatifs, la satisfaction purement physique, la sensation poisseuse des fins de soirée dans des lieux clos. Morgan et moi, nous étions au grand jour, dans la douceur de l’été italien, à mille lieues de tout cela, et j'avais la sensation de quelque chose de si pur, de si limpide, presque diaphane. C’était beau, simplement beau comme ce que j’imaginais de l’amour. J’en aurais pleuré.

Autour de nous, il n’y avait que l’herbe et l’eau, les restes d’un déjeuner simple et où se percevait pourtant toute la richesse de la terre et des savoir-faire de cette région de l’Italie que j’aimais tant, la bienveillance de la mère de Morgan, l’attention que nous nous portions l’un à l’autre et qui n’était pas sans une certaine timidité, malgré notre intimité. Jamais je n’aurais cru à l’intensité de la douceur, moi qui associais jusqu’ici l’intensité à une certaine forme de violence, qui condamnait les gens comme nous. Mais cette scène que nous vivions, et que je voyais bien ; tout l’être de Morgan qui n’était que beauté ; tout cela me faisait aussi comprendre combien l’interdit était injuste et combien nous devions avoir le droit de nous aimer, de nous toucher, de nous embrasser. C’était trop essentiel pour être néfaste.

Néanmoins, mon corps qui n’avait connu que la nuit dans des boîtes peu fréquentables et n’avait joui que dans une certaine forme de dureté, lui, ne reconnaissait que l’excitation, et appelait son assouvissement qu’il n’avait éprouvé que rapide, direct et sans délicatesse. C’était un désir réflexe, impatient, qu’il me fallait rééduquer – avec suffisamment d’indulgence, car il m’évoquait avant tout le dégoût de moi-même, la honte d’avoir eu si peu d’estime de moi pour ne jamais croire que l’amour avec un homme pouvait être beau aussi.

J’en avais pourtant la preuve sous les yeux. C’est elle qui me donna le courage de pardonner à mon passé.

Je repris mon souffle en le regardant de nouveau. « J’ai envie de toi, Morgan », soufflai-je. Une inquiétude évidente passa dans ses yeux. Ou la remarquai-je seulement parce que moi, je comptais ralentir ? « Mais rien ne presse », répétai-je. J’étais encore essoufflé. Je murmurai : « J’ai envie... d'aller lentement. D’avoir le temps de comprendre chacune des choses qui nous arrivent. C’est... tant de sensations nouvelles. Je veux pouvoir identifier et retenir chacune d’entre elles. » Ce que... chacun de nos gestes fait naître en moi... je ne veux pas prendre le risque de le méconnaître, ou… de l'oublier. Je ne voulais pas prendre le risque d’oublier. Comme si je croyais déjà que plus jamais de ma vie je ne retrouverais ces sensations. Et c’était vrai. Sans que je le sache encore... ce serait vrai.

Mes mains qui entouraient son visage descendirent dans sa nuque, sur son torse nu et blanc, glissèrent le long de ses côtes, vinrent dans le creux de son dos, se posèrent sur ses omoplates. Je nichai enfin mon visage au creux de son épaule, l’attirant à moi dans une étreinte. Je serrai nos torses l’un contre l’autre, remarquant attentivement ce que sa peau nue contre la mienne me faisait à cet endroit, inspirant profondément l’odeur de son cou, l’odeur de toute ma vie retrouvée.

Beloved
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Sam 4 Fév - 16:45

Morgan Hall
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Nick Robinson

Je me maudissais de trembler ainsi. J'aurais aimé que ce moment soit plus simple, plus fluide, que je sois beaucoup plus expérimenté en gros. J'aurais aimé avoir cette facilité, que ce soit naturel pour moi et pas que je sois aussi gauche que ça. Je voulais être à la hauteur pour lui et je n'avais pas l'impression de l'être. Mais je voulais tellement l'être... Il était tellement adorable, si patient et attentionné avec moi, tellement beau aussi bien entendu. J'avais l'impression d'être un gosse à qui il était entrain de tout apprendre et je ne voulais pas ça. Je voulais être le partenaire qu'il méritait.

Je me redressais avec lui, m'asseyant face à lui, mes mains toujours posées sur sa chemise. Je hochais doucement la tête en l'entendant parler. Je restais à regarder mes mains, me concentrant sur ce que je faisais pour réussir à défaire cet satanée chemise.

Je laissais mes mains reposer sur son torse une fois sa chemise retirée. C'était fou comme un simple geste pouvait être si excitant. Je l'avais vu se déshabiller quelques fois devant moi à la plage, mais là c'était différent. Là c'était moi qui le faisait. Mes doigts venaient effleurer doucement sa peau tandis que je faisais glisser la chemise.

Je me laissais aller à répondre à son baiser. Je profitais de l'instant, oubliant un moment mes doutes. Il avait le don de me faire fondre littéralement sous ses baisers. Puis il se recula finalement, lâchant mes lèvres pour parler.

Et ce qu'il dit me fit rougir et me mit mal à l'aise à nouveau. Il avait envie de moi... Je ne savais pas complètement où j'en étais moi même. Une part de moi avait envie de lui, mais l'autre était encore effrayé à l'idée de le faire et même tout simplement effrayé à l'idée de le lui dire.

Je soufflais un peu, rassuré, quand il me dit qu'il voulait prendre son temps. Malgré ce qu'il disait, j'avais quand même l'impression qu'il faisait ça un peu pour moi, parce qu'il sentait que je n'étais pas prêt moi aussi. C'était bien de prendre son temps, mais on n'avait pas tout notre temps non plus. Nous n'avions pas toute une vie pour apprendre à nous découvrir, juste quelques semaines. Je ne voulais pas le voir partir et avoir le regret de ne pas avoir pu faire plus avec lui.

Je le serrais doucement contre moi alors que je le sentais venir m'étreindre doucement. Je caressais légèrement son dos, effleurant sa peau du bout des doigts. Je ne savais pas quoi lui dire. Je n'avais pas envie de gâcher le moment en parlant de celui de notre séparation future. Nous n'avions pas besoin de ça pour le moment. Je voulais savourer chaque instant.

Je me penchais pour embrasser doucement son épaule. Même si on prenait notre temps, je voulais quand même avancer, découvrir de nouvelles choses avec lui. Alors je déposais de légers baisers sur son épaule, dans son cou, comme lui même l'avait fait un peu plus tôt.



June
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Lun 6 Fév - 17:07

Simone Perri
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Je crois que Morgan fut rassuré, malgré tout, par l’idée que nous n’avions pas besoin d’aller trop vite, d’aller trop loin dès maintenant. Je sentis l’intensité qui redescendait, qui demeurait dans un espace un tout petit peu moins empressé, mais tout aussi sensuel. Il embrassa ma peau, sur l’épaule, dans le cou, en silence, pour toute réponse ; et je fermai les yeux, procédant à ce que je venais d’évoquer : identifier et retenir chacune de ces sensations.

C’est ce que nous fîmes, cet après-midi là. Pendant combien de temps, je ne saurais le dire, mais nous restâmes longtemps sur la rive du lac, torses nus, l’un contre l’autre, frissonnant malgré la chaleur, à explorer la tendresse, la naissance du désir, à réveiller nos sens, apprendre ce langage nouveau.

J’étais resté assis là, perdu dans l’ombre rose de mes paupières fermées, le laissant découvrir de mon corps ce qu’il voulait et comme il le voulait. Plus tard il était allongé dans l’herbe ; accoudé près de lui, je suivais sur son torse toutes sortes de lignes réelles ou imaginaires, avant d’oser de nouveau toucher ses lèvres du bout des doigts, m’empêchant volontairement de les embrasser alors que j’en mourais d’envie, juste pour voir ce que ça faisait.

Nous avions presque tout abandonné de nos vies, tout oublié, pour nous livrer l’un à l’autre. Pour entrer pleinement dans ces journées d’été qu’il nous restait et dont nous ne voulions plus rien manquer. J’avais l’impression que nous n’arrêtions pas de parler, alors que la plupart du temps, seul le balancement des hautes branches des arbres parlait pour nous.

Et puis, finalement, je m’étais étendu près de lui, j’avais cherché sa main, glissé mes doigts dans les siens. Ce petit geste par lequel la vie était pleine, intacte, parfaite. Au-dessus de nous, au-delà des arbres, la lumière s’était colorée légèrement.

Je finis par me redresser, regardant autour de nous comme pour reprendre pied. Les reliefs de notre pique-nique étaient là où nous les avions laissés. Nos carnets à dessin et nos crayons aussi. Je souris. Je tendis la main et attrapai l’une des pêches que j’avais apportées de la cuisine. J’en proposai une à Morgan, avant de croquer dans la chair jaune, m’efforçant de ne pas me mettre du jus partout. Je désignai son cahier. « J’espère que je ne t’ai pas trop empêché de dessiner », dis-je tout en sachant que ce n’était pas vrai, que je ne pouvais pas arriver à m’en préoccuper vraiment. Un peu comme quand il disait qu’il espérait ne pas trop m’empêcher de travailler. Puis, je désignai mon propre carnet à spirales, dans lequel j’avais tenté mon premier portrait de lui – mon premier portrait tout court. « Tu veux voir ce que ça donne ? »

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Mer 8 Fév - 12:22

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L'après midi se déroula de la plus délicieuse des façons. Nous prenions notre temps, comme il me l'avait dit et ça me convenait. Je pouvais simplement profiter de lui, de ses baisers et de ses caresses. Je découvrais en douceur un nouveau monde qui m'avait été totalement inconnu jusqu'à présent. Je m'y laissais aller, m'y plongeant et m'y oubliant avec un plaisir qui m'était étranger. Je n'étais pas prêt encore à aller plus loin mais chaque instant qui passait me donnait envie de plus. Il était facile de lui faire confiance, de se sentir à l'aise avec lui. Ses gestes, ce n'étaient que de légères caresses cherchant à me découvrir, à me faire plaisir, à savourer les sensations que nous appréhendions tous les deux. J'étais loin du plaisir bestial et sans émotion que j'avais pu imaginer en regardant des films pour adultes ou en entendant d'autres parler et qui m'intimidait tellement. Là il n'était question que de tendresse, de respect de l'autre et de plaisir. Je pourrais facilement me laisser convaincre d'aller plus loin. J'en avais davantage envie à chaque instant qui passait.

Il finit par se reculer, me laissant une impression de froid alors qu'il me privait de la chaleur de ses bras. Je ris de bon coeur à sa remarque, jetant un coup d'oeil à mon esquisse dans mon carnet qui gisait abandonnée un peu plus loin.

- Tu m'as empêché de dessiner mais je n'étais pas venu pour ça. Alors ce n'est rien.

J'étais venu pour tout autre chose et j'avais été largement satisfait de ce côté là. Je le regardais en souriant légèrement alors que je venais croquer dans la pêche qu'il m'avait tendu. En même temps, quel autre fruit aurait il pu me proposer que celui là?

- Oui bien entendu.

Je me rapprochais de lui, profitant du prétexte du dessin pour venir me coller contre lui, sentir nos peaux se frôler à nouveau. Je laissais une de mes mains courir autour de se taille, effleurant doucement sa peau alors que je contemplais son dessin. Il avait un joli coup de crayon. On sentait que ce n'était pas dans ses habitudes de faire des portraits. Il y avait quelques erreurs ici et là, des coups de crayons hésitants qui pouvaient être décelé par l'oeil averti. Mais je me moquais de ces petits défauts parce que son dessin était vibrant d'émotion, qu'on pouvait ressentir dans ses traits ce qu'il ressentait pour son modèle. Ca n'arracherait pas de critique positif à un expert mais moi il me touchait. Et c'était aussi bien comme ça. C'était un dessin seulement pour nous. Seuls lui et moi étions capable de ressentir l'émotion qui se dégageait de ce dessin.

- C'est très beau...

Je le regardais, un peu ému. Je ne savais pas quoi lui dire à part ça. Alors je me penchais simplement vers lui, l'embrassant tendrement, espérant réussir à lui faire ressentir à travers ce baiser ce que mes mots peinaient à exprimer.




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Ven 10 Fév - 16:53

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Je le regardais regarder mon dessin, attendant la sentence avec un sourire. Je ne savais pas ce qu’il allait en penser, et puis finalement, je sentis son émotion quand il me dit qu’il le trouvait beau. Je comprenais qu’il ne sache pas quoi dire d’autre ; ce n’était pas simple, et je ne me rappelais que trop bien la vive émotion qui m’avait chaviré, la première fois que j’avais vu l’un de ses dessins de moi. Quand il m’embrassa, j’accueillis ses lèvres avec bonheur, attentif à toute la tendresse que j’y ressentais, touché de sa sincérité. Il avait un goût sucré, un goût de pêche.

« Je l’aime bien aussi », dis-je après que nous nous étions séparés sans hâte, jetant un coup d’œil au dessin. « Même si… je préfère le modèle. » Je souris, prenant un air entendu, espérant sans doute le séduire un peu plus. « Mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de toi, je te reconnais. » Je m’étais fait plus sérieux, cette fois. Quelque chose à l’intérieur de moi me disait que je chérirais longtemps ce dessin. Que je le garderais près de moi quand nous serions séparés, comme le souvenir de ce moment suspendu. Comme le secret de notre amour.

« Et toi ? Qu’est-ce que ça donne ? » demandai-je en désignant son cahier. Il s’écarta légèrement, le temps de l’attraper. Puis sa peau nue retrouva le contact de la mienne – ce contact qui était en train de me devenir vital. Je regardai son dessin, jetant dans l’herbe le noyau de la pêche que j’avais terminée. Comme précédemment, j’étais soufflé par l’aisance et la liberté de son trait. Morgan dessinait avec nonchalance, comme presque sans y croire, malgré sa passion évidente. Il avait fait naître un paysage à la fois enlevé et précis, encore inachevé, qui me semblait contenir l’essence même de notre été.

« Tu as beaucoup de talent », dis-je avec douceur. Je lus aisément le scepticisme qui, instantanément, comme une sorte de réflexe, était monté sur son visage. C’était presque un rejet du compliment. La crainte, peut-être, d’être trompé ; d’oser y croire pour s’apercevoir ensuite que ce n’était pas vrai. Je plantai mes yeux dans les siens et je repris, avant qu’il ait pu contester : « Je t’assure. Tu verras : un jour, tu me croiras. Un jour, tu connaîtras ton talent, toi aussi. Et alors tu repenseras à moi, à ce que je viens de te dire, et tu sauras que j’avais raison. » Oh oui, s’il y avait bien une chose dont j’étais sûr, c’était celle-là.

Je lui souris tandis que je tendais la main pour caresser sa joue du bout des doigts, perdu dans son regard. J’espérais que je n’avais pas l’air trop triste, en lui annonçant sa réussite. Je venais de me rappeler, par la même occasion, qu’un jour – ce jour dont je parlais – j’aurais disparu de son existence. Qu’il ne repenserait à moi qu’en des termes lointains et distants. Nous avions beau nous tenir dans la lumière, une ombre menaçait toujours de se poser sur nous, de nous dire combien notre bonheur était éphémère.

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Préférence de jeu : Homme
ETOILES 2
Beloved
Ven 10 Fév - 18:15

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

J'allais fouiller derrière moi à la recherche du carnet pour lui montrer le dessin que j'avais commencé à esquisser. Ca ne ressemblait pas à grand chose encore. Je n'avais pas eu le temps de le terminer, interrompu par une certaine personne. Je n'avais pas de difficultés à lui montrer le dessin que j'avais fait. Il était beaucoup moins personnel que les dessins de lui que j'avais pu faire. Ce n'était qu'un paysage que j'avais vaguement gribouillé pour m'occuper l'esprit et les mains, me tenir éloigner de lui.

Je levais les yeux au ciel en l'entendant complimenter mon dessin. Ca ne ressemblait à rien. Je ne voyais pas comment on aurait pu déceler une once de talent dans ce prémisse de dessin. Je restais persuadé que l'attirance qu'il éprouvait pour moi faussait grandement son jugement. Comme on disait l'amour rendait aveugle et dans son cas j'étais persuadé que l'attirance faussait son jugement artistique.

Je sentais un peu de mélancolie dans sa voix alors qu'il me parlait du futur, un futur dans lequel je finirais par reconnaitre mon talent, mais un futur aussi dans lequel il n'existait pas. Nous savions tous les deux qu'à la fin de l'été tout serait terminé, que jamais nous ne pourrions nous revoir. Il y aurait un océan entre nous. Rien ne pourrait venir le combler. Et même si nous tentions de rester en contact, le temps finir par tout effacer, les sentiments avec lui. Il n'y aurait plus rien de nous dans ce futur qu'il évoquait, juste un souvenir que nous évoquerions en souriant, un temps lointain qui n'aurait plus rien à voir avec notre présent et dont nous nous rappellerions avec une pointe de nostalgie.

Je me penchais pour venir l'embrasser à nouveau, essayant d'effacer cet air triste de son visage. Je ne voulais pas penser à ces moments là. Je voulais profiter de lui et faire comme si demain, ce demain déprimant, n'existait pas.

La fin de l'après midi s'étira dans la même volupté. Nous restions ensemble, nous effleurant par moment, nous embrassant. Je l'écoutais parfois me réciter des poèmes, ma tête reposant sur son épaule.

Ces petits moments avaient fini par devenir des rituels entre nous. J'allais le voir de plus en plus fréquemment. Simon trouvait toujours un petit coin tranquille dans ce genre pour que nous puissions nous prélasser à l'abri des regards. Nous dessinions souvent. Il me récitait de la poésie ou me parlait parfois de la thèse qu'il préparait. Je lui parlais moi aussi des oeuvres d'art que j'aimais, celles qui m'avaient marqué et devant lesquelles je passais des heures étant gamin. Je ne parlais jamais de Paris, de tout ce que je ferais une fois là bas. De même qu'il ne me parlait jamais de ce qu'il ferait une fois sa thèse terminée. Nous passions beaucoup de temps à nous embrasser. Nous faisions comme il me l'avait demandé. Nous prenions le temps de nous découvrir petit à petit. Je poursuivais cette découverte aussi, seul dans ma chambre le soir. Je repensais à lui, à la douceur de ses caresses, à la beauté de son sourire, aux courbes de son visage, et je laissais le désir petit à petit m'envahir.

Puis le fameux matin arriva. Celui qui voulait voir arriver sa soeur. Celle qui monopoliserait une bonne partie du temps de Simon, qui me priverait de lui. J'étais installé à la fenêtre de ma chambre. De là où j'étais, je pouvais voir la cour de sa maison. Je les regardais, le frère et la soeur, se retrouvant avec joie. J'étais ravi de le voir aussi heureux. Mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir une pointe de jalousie à l'idée du temps avec lui qu'elle me volait.

Je soupirais doucement avant de reprendre mon travail. J'avais un cadeau à terminer et la venue de sa soeur signifiait qu'il me restait peu de temps pour le terminer.






June
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Univers fétiche : Réel, SF, inspiré d'œuvres ou de jeux vidéos
Préférence de jeu : Les deux
Lune
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June
Ven 10 Fév - 23:10

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance inattendue, je suis en train de connaître ma première histoire d'amour et je le vis plutôt bien, même si j'ai encore du mal à y croire.
xavier serrano (c) cosmic light
Bientôt, la campagne italienne n’eut plus de secrets pour Morgan. Je l’emmenai dans tous les endroits que je connaissais – là où nous pouvions être sûrs d’être seuls. Nous n’avions plus besoin de prétexter une quelconque activité pour nous voir. Nous n’avions besoin que l’un de l’autre. Ces jours heureux me parurent ne devoir jamais finir. Nous qui avions souvent été silencieux, nous n’arrêtions plus de parler, de nous raconter nos passions pour la poésie, l’art, l’esthétique, la botanique ; avides de nous connaître, de nous dire maintenant ce que nous ne pourrions plus jamais nous dire, peut-être.

Nous nous explorions avec de plus en plus d’assurance, et il m’était de plus en plus difficile de résister à mon désir pour lui. Je commençais à penser à ce qu’il se passerait quand tout le monde serait parti, quand nous aurions la maison pour nous. Bientôt, il me sembla que nous n'attendions que ça, et j’étais tiraillé entre ma hâte d’être déjà le 14 août, et mon angoisse que l’été menace de s’achever.

Je m’absentais tous les jours. Je ne pensais plus à ma thèse que lorsque j’en parlais à Morgan, ayant délaissé toute prétention à achever les travaux prévus. Dans ma chambre, je regardais souvent le portrait que j’avais fait de lui. Quand nous n’étions pas ensemble, j’avais besoin de le voir, il était toute ma réalité.

J’en étais venu à regretter que ma petite sœur doive venir. C’était bien la première fois de ma vie que je pensais une telle chose. Mais chaque seconde passée loin de Morgan me semblait une occasion perdue, glissée dans un abîme où elle ne se retrouverait plus jamais.

*

En vérité, quand Grazia descendit de la vieille Fiat 850 rouge, dans la cour devant la maison, le matin du jeudi 8 août, je ne pus m’empêcher d’être heureux de la voir. Fulgurante comme un rayon de soleil, elle s’était jetée dans mes bras en une fraction de seconde, fidèle à elle-même ; je la serrai contre moi, le visage enfoui de force dans ses longs cheveux châtains. Nous nous saluâmes à l’italienne, en forçant le trait, sans pouvoir retenir longtemps nos rires complices. J’avais toujours la sensation de retomber en enfance, quand je la retrouvais ; que tout le poids du monde m’était soudain retiré, que tout était devenu simple et joyeux. Elle avait ce regard vif, ce sourire pétillant qui incarnaient la joie de vivre et vous donnaient envie de tout envoyer balader pour vivre follement le moment présent.

Je l’aidai à s’installer, montant sa valise dans l’escalier jusqu’à sa chambre, puis nous redescendîmes nous asseoir un moment à la cuisine, savourant nos retrouvailles. Elle me donna des nouvelles de Toronto, de nos parents et même d’Adriano, omettant de parler d’elle comme toujours ; puis elle me demanda des miennes, et je lui racontai mon été à demi-mots. Elle me prit les mains, fit son air sérieux dont elle faisait semblant de se vexer qu’il me fasse rire, me regarda droit dans les yeux et me parla du séjour à Sienne, du Palio. Comme je l’avais prévu, elle tenta d’abord de me convaincre de venir, de remettre ma thèse à plus tard ; et puis elle comprit que ce n’était pas là le motif qui me retenait. Ses yeux brillèrent, elle parut satisfaite, se leva d’un bond et ne m’en parla plus.

Je la laissai faire une sieste pour se remettre du long voyage, préparai un déjeuner pour nous quatre. Nous mangeâmes assez tardivement, pris dans nos vives conversations ; nous établîmes plus ou moins le programme des jours à venir, dans lequel je pris soin de m’engager le moins possible. Quand nous eûmes terminé, je laissai à mes grands-parents le soin de débarrasser et je pris Grazia par la main, l’entraînant dehors. « Ho qualcuno da presentarti », lui disais-je, et elle savait très bien de qui je parlais.

Quand nous arrivâmes devant la villa voisine, Morgan était déjà là et nous attendait. Il devait nous avoir aperçus depuis l’intérieur. Mon ventre se tordit comme à chaque fois que je le voyais sans pouvoir l’embrasser, je restai à une distance intolérable de lui, attrapant ma sœur par les épaules pour la lui présenter. « Ciao Morgan, je te présente Grazia, ma petite sœur. Grazia, je te présente Morgan. » Dans un geste qui lui ressemblait tellement, elle l’embrassa sur une joue avant de le prendre dans ses bras, incapable de résister à l’élan qui la poussait toujours joyeusement vers les autres. « Sono così felice di conoscerti, Morgan, je suis tellement contente ! (Elle relâcha son étreinte et lui adressa son éternel sourire d’enfant.) Tu peux m’appeler Grace, si tu veux. C’est comme ça que tout le monde m’appelle, à Toronto. »

Je passai une main dans mes cheveux, visiblement nerveux, ne sachant pas ce que j’appréhendais le plus : que Grazia n’aime pas Morgan, ou que Morgan n’aime pas Grazia. Mais j’avais toujours pensé qu’ils s’entendraient bien, tous les deux, alors je tentai de me rassurer. « Grazia a fait un long voyage, elle va… rester là, ce soir, mais nous pensions que ce serait sympa d’aller à Ravenne demain soir. Avec toi. Qu’est-ce que tu en penses ? On pourrait dîner en ville, aller voir la mer, et sortir en boîte ? » Ça me faisait vraiment un drôle d’effet, de m’adresser à Morgan dans ce nouveau contexte, après avoir passé des journées entières seul avec lui. Comme s’il fallait que je me fasse à un nouveau langage – encore un. J’espérais qu’il ne soit pas trop embarrassé, de son côté. Mais je savais que je pouvais compter sur ma sœur pour mettre tout le monde à l’aise.

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Parce que c'était lui, parce que c'était moi
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