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 Westfield Bank and Marble Street (feat PyramidRouge)

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Houmous
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CRÉDITS : Breaking Bad

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Les habitants de Marble Street à Manhattan ont toujours été nombreux à travailler dans l'Aciérie Powels. Depuis que New York devient la grosse pomme, ils ont fourni une part importante des structures métalliques permettant la construction des énormes gratte-ciels. Plusieurs générations se sont succédées et n'ont épargné aucun effort pour permettre ce rayonnement de l'entreprise.

Richard Powels, troisième dirigeant, a revendu toutes ses parts et a permis à un plan de restructuration catastrophique d'avoir lieu. Il compte bientôt laisser tous les habitants de Marble Street à leur sort misérable...
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Houmous
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Tommy Hagle
J'ai 37 ans et je vis à Marble Street. Dans la vie, j'étais ouvrier chez Powels et tout allait bien.

J'ai été dans les forces spéciales au Vietnam


copyright: Erik Johnson


Musique:
 

« L’Aigle est rentré dans la ménagerie. Je répète : l’Aigle est rentré dans la ménagerie ! Le Chat, c’est à votre tour, mettez-vous en position ! Je répète : Mettez-vous en position le Chat. »

Mon oreillette crachote violemment la validation par l’équipe de mon avancée dans les réseaux de ventilation. Je reste calme malgré le sentiment de claustrophobie croissant que j’ai le plus grand mal à réprimer. Après tout, il faut tout de même se rendre compte que si je voulais ramener mes mains le long de mes jambes, je n’en serais pas capable tant j’ai peu d’espace pour manœuvrer. La réverbération du bruit de mes gigotements me donne des sueurs froides avec la crainte qu’un gardien de nuit n’ait la présence d’esprit de regarder au-dessus de lui… Heureusement pour moi, je parviens à avancer assez rapidement jusqu’à la bouche d’aération que je dois rejoindre. Je sors de ma manche droite un petit couteau que j’utilise pour retirer les jointures de la plaque avant de la décaler et de plonger la tête la première par l’ouverture que je viens de créer. Me retenant par les mains à la conduite, je fais une sorte de roulade aérienne pour venir me lâcher doucement au sol. Les années d’entrainement pour le Vietnam auront fini par me servir à quelque chose…

Tout autour de moi, il fait sombre et je ne peux rien percevoir correctement. Je prends ma lampe torche dans mon petit sac à dos et l’allume dans un petit clic discret pour remarquer je ne suis pas dans le bureau du directeur mais… dans ce qui semble être un local pour les femmes de ménage. Je soupire et porte la main à mon oreillette pour commencer à expliquer la situation au guide du groupe.

« Médusa, ici Aigle. Je viens de descendre du système d’aération et la salle ne correspond pas. Je suis dans un placard à balais au premier. Vous pouvez me guider jusqu’au bureau du directeur ? »

Une fois que j’ai fini de parler, j’ai le réflexe de couper ma lampe torche. Je viens de me rendre compte qu’une lumière provient d’en dessous de la porte qui relie le local d’entretien dans lequel je suis au couloir. L’hésitation s’empare de moi rapidement : que faire ? Si j’essaye de remonter dans le conduit d’aération, je risque de faire du bruit et de ne plus laisser le moindre doute quant à notre présence et faire foirer l’opération. D’un autre côté, si je me fais prendre par un garde qui a un doute, ça revient au même… Le temps que je prenne une décision, la lueur que je vois filtrer ne me laisse aucun doute, le curieux s’avance dans ma direction et il est quasiment derrière la porte ! La porte s’ouvre et je suis ébloui par le faisceau sur mon visage. La peur de me faire prendre et de finir en prison me ramène à repenser à tous les événements qui m’ont mené à ce moment fatidique, au milieu des balais brosse et des produits cirés d’entretien pour les sols, au milieu du premier étage de la Westfield Bank.


Le soleil me réveilla, passant entre les rideaux grignotés par les mites. Je me levai doucement et allai regarder dans la rue. Des gamins jouaient en bas. Ils avaient éclaté une borne d’incendie avec un morceau de parpaing et profitaient de la douche occasionnée pour se rafraichir. C’était un mois de juillet, un mois particulièrement chaud. L’aciérie Powels devait avoir fermé ses portes peut-être deux mois auparavant. Les gens du coin arrivaient à survivre avec leurs maigres économies et galéraient à retrouver des emplois dans le bâtiment. Après tout, on pouvait se dire que ça n’était pas si mal de changer de boite, que c’était l’opportunité de découvrir d’autres choses… Malheureusement, ceux qui se prenaient à penser ainsi n’avaient jamais connu la vie telle qu’elle était là-bas. C’était devenu au fil du temps une entreprise familiale dans laquelle tout le monde se connaissait. Plus qu’une usine, c’était un mode de vie. C’était le terreau qui m’avait accueilli et le tuteur qui m’avait permis de me redresser au retour de Saïgon.

Une sirène de police retentissait bien avant que je n’en voie le gyrophare. Les gamins détalaient rapidement dans des ruelles en se rendant compte qu’ils allaient se faire démonter. J’entendis un des deux flics râler sur le fait que ce quartier partait complètement en vrille depuis que l’aciérie avait fermé. A demi assis sur mon appui de fenêtre, je pris un fond de verre que je n’avais pas fini et le descendait rapidement. Un petit passage par la salle de bain achevait de me préparer pour retourner au seul endroit auquel tout le monde se rendait. Les rues étaient désertes, il devait être déjà tard. C’était incroyable de voir la mobilisation dont faisaient preuve les gens du coin, presque hors normes. Je pense qu’à l’époque, je faisais tout machinalement parce que je n’aurais jamais pu imaginer que le temps de repos dont je profitais pouvait prendre fin si subitement. Je m’allumai une clope une fois sorti et saluai vaguement les policiers qui refermaient la vanne, tout trempés par le prodigieux jet d’eau.

En face des grilles de l’entrée de l’usine, les gens s’étaient massés par centaines. C’était une manifestation comme les rouges les imaginaient dans leurs rêves mouillés. Jimmy Bel Œil était monté sur un monticule de palettes et d’autres encombrants récupérés ça et là. Il beuglait dans son micro au sujet des injustices dont, tous ensembles, ils étaient victimes. Une bonne partie de ces gens avaient vu le jour dans cette jungle urbaine et n’avaient jamais pensé à autre chose qu’à cet endroit pour subvenir à leurs besoins. Je pense que pas mal d’entre eux n’avaient même jamais appris à lire et à écrire car ils n’avaient jamais eu l’occasion d’aller à l’école. La situation était vraiment dure moralement pour ces gens-là mais elle allait devenir sinistre en quelques minutes à peine. Les journaux en feront leurs gros titres et en parleront un peu avant de passer à autre chose. Ils titreront « Deux jeunes s’immolent en protestation de la fermeture d’une usine », ou « Deux morts dans la lutte sociale contre le géant de l’acier ». Ils seront froids. Ils seront distants. Ils minimiseront. Et cela mettra le feu aux poudres.

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Pyramid Rouge
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Jdislava  -Jack-

Bronkov

J'ai  28 ans et je vis partout et nullepart. Dans la vie, j’étais  prostituée aux environs de  Marble street . Sinon, grâce à ma chance et mon choix, je me suis enfuie et je survie seule.

Непобедимая Сила Духа

417 / Pyramid Rouge

-L’Aigle est rentré dans la ménagerie. Je répète : l’Aigle est rentré dans la ménagerie ! Le Chat, c’est à votre tour, mettez-vous en position ! Je répète : Mettez-vous en position le Chat.

A ces mots de précipitations donnés par ce qu’on pourrait appeler la coordinatrice extérieur, ses mots te ramenèrent à la réalité alors que tu fixais une petite boîte noir en face de toi. Une petite boîte posée en face juste sur le coté de la sortie d’aération du plafond, celle ou tu devais selon le plan te glisser. Pensive tu plissait encore une fois ton regard dans une expression ridée.  L’ordre était imminent mais ta curiosité se rapportant à ton nom de code fut plus fort que la raison et c’est ici que tu perdis quelques dernières secondes qui te manquerait peut-être plus tard… Ouvrant la boîte tu y découvrit tout ce que tu redoutais de trouver ici… Sur cette mauvaise découverte, tes sourcils se froncent et ton cœur te serre. Si fort que tu en peine a respirer convenablement. Secouant la tête en fermant les yeux un instant tu te dépêche de faire sauter la grille d’aération pour laisser tomber une corde noir avant de t’y glisser et tomber à pas de velours sur la moquette d’un des bureaux de la banque.

Balayant la salle du regard tu fais ce que tu as à faire, suivant le plan avec vigueur. Les mains gantés finement d’un tissus noir type seconde peau, tu te saisit de ton couteau suisse fétiche remodelé à tes activités illégales pour faire sauter le verrou du bureau au milieu du fond de la large pièce. Fouillant l’espace du tiroir sans succès tu souris un peu. Comme si un double fond allait t’échapper... Toutes les combines, tous les trucs ou presque, tu les connais maintenant.
Faisant se lever le double fond à l’aide de ton petit couteau, tu y trouve l’objectif : une clé. Une clé que tu glisse au fond de l’une de tes poches à fermeture éclair.

Seulement, alors que la réussite pourrait se crier ici, des bruits de pas perturbent la jeune femme qui accroupit derrière le bureau se sait acculée si quelqu’un ouvre la porte. Observant la lumière qui émanait de dessous la porte c’est avec soulagement que tu constata que l’intrus était de passage. Néanmoins… En remontant te terrer dans les conduits d’aérations du deuxième, tu compris que l’intrus allait trouver Tommy en se dirigeant ainsi vers l’escalier menant au premier… Catastrophée tu prend le temps malgré tout de refermer le conduit correctement comme tu l’as fait avec le bureau pour que ton passage reste invisible…  Pendant ce temps, tu te demande si oui ou non tu  devais alerter l’aigle, au risque de le faire repérer. Sur ce dilemme difficile tu observa les cartes d’identités de tes amies disparus... Il les avaient caché là. Ingénieux.


-Medusa, ici le chat. L’aigle est en mauvaise posture, un intrus approche… Comment l’aider de ma position ?  

Sur ces paroles chuchotées, dans les secondes d’une attente qui pourrait être fatale tu avançais jusqu’à un coin de sécurité emportant avec toi les preuves d’une culpabilité qui te ramena à une promesse lointaine.

* * *
-Promet-moi que tu reviendra plus tard me chercher. Promet-le Jack !

On aurait pu croire qu’il s’agissait d’un mauvais film romantico-dramatique mais tu étais là 1 an plus tôt. Sur les escaliers de secours brinquebalant usé et même cassé au bord d’une fenêtre clouté que tu avais à moitié défoncé pour sortir. Tes cheveux, d’un blond presque blanc coulait sur ton dos en se mouillant à la pluie  épaisse qui s’éclatait sur tout les volumes de la ville. Tes yeux verts fixés dans le marrons profond des siens, ton expression est vaine et tu ne sais pas quoi faire. Ta bouche tremble, tu vois l’état de sa jambe qui est boursouflé et bleutée, traduisant d’une fracture évidente. Si tu la laissait là, demain ou après demain elle serait morte. Emmenée à l'aciérie pour disparaître je ne sais comment car plus viable à la vente de chair...

-Jack répond moi je t’en prie… Tu peux pas me laisser là, ils vont me tuer...

La bouche serrée tu colle ton front au sien alors qu’elle se tient en équilibre sur une jambe à l’intérieur de la fenêtre.

-Surtout si tu t’enfuis ils vont être sur les nerfs en me trouvant...

Ses mots sont comme des pierres dans ton cœur qui cogne lentement dans tout ton torax.  Tu sais que tu ne peux pas la porter, tu sais que vous êtes trop lourdes à deux, tu sais que les chances de réussite de la fuite s’amoindrissent avec elle… Si seulement, si seulement elle ne t’avait pas suivi, si seulement elle avait attendu que tu revienne plus tard si tu le pouvais… Si seulement elle n’était pas tombée dans l’escalier en te courant après… Si seulement ils n’était pas déjà en train de les chercher… Si seulement les choses avaient été différentes. Silencieuse, tu la prend dans tes bras après lui avoir offert un baiser d'un élan passionné.
La suite est facile à comprendre.
En fuite, le moment fatidique d’une chute sur le miroir d’eau qu’avait créé la pluie sur le bitume arrive. Elle tombe, et toi… ta liberté parle plus fort. Elle te hurle dessus que tu n’aurais jamais dû faire ça, que dans une vie pareil la solitude c’est tout ce qui vaux de mieux…
Donc, tu te cache. Au sol sous une poubelle vos regards se sont croisés pour briser ton cœur un peu plus lorsqu’ils l’emmènent en la piquant dans la cuisse.

Alors, là quand tu la voit s’immoler dans un rassemblement de foule devant l’acierie, tu n’y crois pas. Ce n’est pas elle. Pour toi ce n’est pas elle. C’est impossible. Et pourtant si c'est bien elle… Tu la reconnaitrait entre milles. Le cœur qui bat, la respiration qui flanche une larme t’échappe. Tu la croyait morte. Morte depuis des mois. Aucune trace d’elle nulle-part. Le cerveau redescendant dans ton crâne comme dans un mauvais tripe, la colère et la culpabilité te submerge. Si seulement tu avais été assez vite pour prouver la culpabilité du patron de l’aciérie, pour toutes les disparitions de corps de prostituée, tes « sœurs »,  contre quelques plaisirs charnels…

Si seulement.  
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Houmous
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Musique:
 

Le son du liquide qui coulait me sortit de mes pensées. Assis dans un pub du quartier complètement blindé, je regardai le whiskey couler à flot dans les verres comme autant de feux crépitants dans de minuscules cheminées. Il était grand temps que tout le monde se rassemble et réfléchisse à un nouveau moyen de s’en sortir puisque la grève et les manifestations n’avaient rien changé au cours des choses. La misère guettait tout à chacun alors que l’espoir de voir renaitre le plein emploi se tarissait… Les jeunes gens qui s’étaient tués par le feu, comme la mort de cet avenir que tout le monde ici souhaitait, représentait un véritable électrochoc. Comment faire face et survivre dans cette situation où l’on combattait un puissant ? Comment tordre le cou à un système qui favorisait celui qui foulait du pied toute une population en se cachant derrière un climat économique « compliqué » ? Comment sauver ce petit monde d’une vie brisée, fauchée comme les blés ?

Je ne savais comment m’y prendre ni quoi faire mais ce que je voyais, c’était qu’au fil du temps et des hommages rendus sobrement aux années passées, aux temps révolus et aux jeunes perdus, le pub se vidait peu à peu. Certains étaient complètement saouls et partaient trouver un endroit où cuver, peut-être comme à leur habitude, d’autres s’en allaient car pleurer les morts se fait seul. Personne n’était capable de trouver une solution permettant d’avancer et de prendre une quelconque revanche. Il aurait certainement fallu se faire une raison à ce moment-là : rien ne pouvait être fait qui ne soit radical et que le grand public ne serait pas incapable de comprendre. J’aurais certainement dû m’y faire à cette époque-là. J’aurais dû accepter que je vivrais avec des remords… mais j’y ai préféré des regrets.

Au final, il ne restait que peu de monde et je pus m’asseoir au bar pour redemander un verre de tord-boyaux. Le barman avait l’air d’être aussi mal à l’aise que moi, ne sachant comment se positionner par rapport à tout ça et quoi penser de son avenir. Je lui parlais un peu et il me racontait que si le quartier tel qu’il était disparaissait, il n’était pas sûr de savoir de quoi serait fait ses lendemains. Plus encore que de pouvoir vendre, il était apeuré de perdre sa fonction de lieu de rencontre et de retrouvailles apparemment. Pour la première fois, je comprenais que c’était déjà un vieux bonhomme, bien au-delà de l’âge auquel on commence à préparer le départ, un gars sincère et plutôt silencieux d’ordinaire. Il me servit mon verre la mort dans l’âme et me rappela le regard que je devais avoir en étant arrivé pour la première fois ici…

Je trinquai avec lui avant de me tourner vers quelqu’un qu’il semblait regarder avec plus ou moins d’insistance. C’est là que je la vis, dans un des coins de la pièce, assise et hypnotisée par sa boisson. C’était une jeune femme au crâne rasé, un grand vide dans son regard forestier. Elle me semblait encore plus perdue que moi ici. Les yeux rougis, on la sentait concernée par ce qui s’était passé, mais son style ne faisait pas réellement penser à ceux des gens du coin. Elle ressortait en cela qu’elle n’était pas vraiment là. Je me décidai à m’approcher d’elle car quoi de mieux qu’être à la dérive à plusieurs ?

Je lui demandai si je pouvais m’asseoir avec elle avant de commencer à lui dire que j’étais désolé pour sa perte. Son état de désarroi global ne laissait aucun doute sur ce qui avait pu se passer. Elle n’avait pas réellement côtoyé qui que ce soit jusqu’ici dans le bar à ce que j’avais l’impression et je me rendis compte par cela qu’elle devait avoir à parler et vider son sac. Sans lui demander de le faire, je bus avec elle de nombreuses heures encore. Elle s’appelait Jack apparemment. Ce qui me frappa chez elle était la froide colère tintée de regrets qui l’animait. Elle n’était pas avare de de mots durs contre Powels et je pouvais la comprendre. Il avait réellement cassé tout un monde par ses décisions basées uniquement sur le profit. Il était de ces requins des hautes sphères complètement déconnectés de la réalité.

Je crois que toute cette histoire a réellement commencé lorsque je lui ai dit, absolument saoul, que ce qu’il fallait, c’était qu’il rende l’argent. Après tout, outre l’aciérie, les Powels avaient un petit empire financier parmi lesquels on pouvait compter la banque Westfield, les sandwicheries Billy Riley ou les boutiques Electropolis. Dans une sorte de fantasme spontanné, je lui parlai longtemps de comment faire goûter à ce vieux grippe-sou un peu de sa propre médecine. Je l’impliquai, sans m’en rendre compte, on nous donnant le rôle de ceux qui redistribuerait l’argent à tous les habitants du quartier pour leur permettre de voir venir et leur proposer de constituer un fond commun pour racheter toutes les parts de l’aciérie et de créer un endroit qui nous appartenait et dans lequel on ne vivrait plus sous la domination de quelque gros bonnet mal intentionné.

La soirée se passa relativement mieux à partir du moment où je plaisantai à ce sujet. Je crois que plusieurs fois je la fis rire même si elle n’était pas réellement convaincue par ma méthode. J’abusai largement de la boisson ce soir-là et me réveillai le lendemain avec un mal de crâne terrible et des souvenirs très vagues des heures tardives de la soirée précédente. La bouche aride, j’ouvrai un œil puis l’autre pour voir la lumière filtrer entre mes rideaux rapiécés. Une nouvelle journée comme les autres débutait, comme à son habitude. Je me relevai lentement pour sentir la pression dans ma tête et apprécier l’étendue de mon erreur de la veille. Un gémissement me vint et je me rendis compte que j’avais dormi dans mon fauteuil. Pourquoi est-ce que j’avais fait ça ? Un autre regard porté sur la pièce me permit de remarquer la dénommée Jack en train de dormir dans mon lit, juste à côté. Ah oui, elle n’avait pas vraiment d’endroit où aller pour le moment et voulait rester un peu dans le coin…

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417 / Pyramid Rouge
C’est quoi déjà, les étapes du deuil ? Choc, déni, marchandage, tristesse, résignation, acceptation. Oui quelque chose dans ce goût. Au moment ou on subit un choc, en fait on en a toujours rien a faire de ça et on aurait envie que ce soit faux, mais les choses était ainsi… Et au plus profond de son verre, Jack à rencontré son déni. L’alcool rien de mieux que pour oublier les bonnes choses et tout voir comme on veut. Et la le verre au bord de ses lèvres elle boit tout, et elle refuse de croire que ça a pu arriver. En réalité, là elle essaye plutôt de se convaincre qu’elle est là et qu’elle est triste parce que d’autres de ses amies et anciennes « collègues » ont disparu dans cette entreprise foireuse qui à laissé tout le monde dans la merde. Oui , pour l’instant elle n’arrive qu’à voir que cela. Et quand elle rencontre le yang de son yin de colère, comment tout cela aurait pu tourner au calme ?

La soirée,longue et lourde de degrés dans le verre -si on les comptait tous ça ferait peut-être 1000°c tout droit dans le gosier- la tête après cela ne peut rien faire de bien. Rien. Ainsi les deux épaves rentrent et lorsque le lendemain brille de sa plus atroce lumière se réveille le génie fou ayant déblatérer le gosier en flammes la meilleure idée.
Endormi en boule sur son matelas comme un petit animal qui ne veut pas prendre trop de place, elle dort profondément et avant cela n’avait jamais dormi si lourdement. Remarque heureusement qu’elle avait autant bu sinon, il est fort probable qu’elle n’aurait pu réussir à fermer les yeux sans penser à elle.  Lorsqu’en fin elle ouvre avec difficultés ses yeux elle constate rapidement qu’elle n’est plus dans son squat, non cette fois-ci elle est dans un vrai appart. Pas un grand luxe c’est sûr, mais pour elle c’en était vu ou elle avait l’habitude de dormir d’ordinaire. Se redressant en tournant la tête elle reconnaît le bleu des yeux de la personne avec qui elle avait noyé son âme.

Un petit sourire en coin de lèvre pour lui adresser un petit remerciement cordial et une sorte de bonjour à demi articulé. S’asseyant au bord du lit elle récupère son paquet de cigarette à demi vide dans ses bottes pour s’empresser de les enfiler à nouveau. Le paquet dans la poche, elle se retient d’allumer quoi que ce soit pour le moment. Même si sa gueule pouvait témoigner d’une impolitesse évidente elle ne l’était pourtant point. Cet homme l’hébergeait et vu la soirée étrange et pourtant pas si désagréable qu’ils avaient passé, c’était bien la moindre des choses que de rester poli.
Se levant pour le rejoindre vers la kitchenette qui lui servait de cuisine, l’odeur du café inonde la pièce alors que celui-ci fume ardemment dans sa cafetière. A sa proposition de lui en servir une tasse elle hoche un peu la tête.

-Alors, par où on commence ?

D’un air  très sérieux, elle le fixe de ses deux yeux verts de jade… Peut-être que l’alcool fait oublier ce qu’il a de désagréable au coeur d’une vie, mais pas forcément ce qu’il y a d’agréable… Malgré son mal de tête évident après avoir ingéré une telle quantité de Vodka, il était à peine croyable qu’elle n’ai pas déjà vomi et pourtant elle était là, fraîche -autant qu’elle le pouvais tout du moins- devant lui et son regard bleu du ciel, insondable. Elle était sérieuse, très sérieuse. A vrai dire elle n’aurait jamais pensé rencontrer pile au bon moment l’allumette de sa colère en gazoline. Ça la faisait même sourire un peu, elle qui ne souriait jamais sincèrement, il y avait de gros progrès…

-Chercher qui serait viable pour nous aider ? [/b

Toute la question résidait en le fait qu’il se souvienne de leur paroles alcoolisé de la veille. Maintenant que le réel d’un jour nouveau c’était levé, les idées étaient à l’heure et il fallait incorporer cette splendide idée dans la réalité que ce soit plus qu’une parole dans un bar entre alcoolisé en colère…
Le regardant elle attendait sa réponse avec impatiente lisible dans son enthousiasme facial.

-Parce qu’il se pourrait que j’ai quelques petites connaissances qui nous soit bien utile...

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Je ne me souvenais plus trop bien de toute la soirée précédente. On avait tant et tant parlé de choses et d’autres que les propos s’étaient perdus dans des rivières d’eau de vie. J’avais un vague souvenir d’avoir parlé de braquer tout l’argent bien mal acquis de ce bon vieux Powels petit-fils… Elle avait dû me raconter des choses à son sujet et sur le pourquoi du comment elle était désemparée, comme tout le monde… Je me grattais la tête en prenant deux tasses à moitié ébréchée en y mettant du café avant de m’allumer une clope et la sienne. Lui tendant la sienne, je pris un long moment silencieux pour réfléchir à ce que j’allais faire.

Perdu dans mes maux de cheveux rincés d’un océan de café et de tabac, c’est le moment où je pris une très mauvaise décision. Je lui expliquai que j’avais bossé fut un temps avec des gens qui pourraient nous permettre de venir mettre les pieds dans le pentagone s’ils le souhaitaient. Je devais passer quelques coups de fil et retourner quelques pierres.

- Je peux nous trouver quelqu’un qui puisse construire et diriger l’opération de l’extérieur. Mais après, en ce qui concerne la banque ou la méthode à employer pour s’emparer de l’argent, je n’en ai aucune idée. Essayer de voir pour trouver des gens qui pourraient nous aider de ton côté et on voit où on en est ce soir, si ça te va ? proposai-je simplement, encore peu convaincu par le projet que j’avais développé.

Musique:
 

Après un rapide passage par la douche pour me débarrasser des toxines que mon corps relâchait, je me rendis compte qu’elle était déjà partie et qu’elle s’était certainement déjà mise au boulot. J’eus un soupir en me rendant compte qu’elle était bien trop enthousiaste à l’idée de commettre un crime de haut vol tel que celui-ci. Elle avait l’air d’avoir déjà vécu des coups durs et d’en avoir vu d’autres mais j’avais quand même du mal à convenir que j’étais effectivement en train de raccrocher sur un plan aussi foireux que celui-ci…

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- Qui va là ? beugle le garde en parcourant la pièce de sa lampe torche. J’ai entendu du bruit, je sais qu’il y a quelqu’un ! Sortez de votre cachette tout de suite !!

Du fait qu’il fasse sombre, il ne me remarque pas en train de me cacher derrière une armoire. On dit que l’œil humain n’est fait que pour chercher le regard et s’il n’en trouve pas, il peut ignorer une forme humanoïde. Alors qu’il avance et s’apprête à passer à côté de moi, je profite de l’occasion pour saisir sa main qui tient un revolver et lui retourner le poignet. Il lâche son arme dans un petit cri de surprise et je l’attrape et l’accroche à l’armoire avec un serre-fil que j’ai trouvé précédemment. Je lui pique son bipeur et m’en vais rapidement en verrouillant la pièce derrière moi… en espérant que ça suffise.

- Allô, Mike ! Y a quelque chose de ton côté ? demande une voix au travers du bipeur.

- Médusa, j’ai besoin d’un soutien ! Il y a un type au bipeur qui va me demander le code d’un certain Mike ! dis-je, en pleine descente d’organes, à l’oreillette.

- Du calme, Aigle, j’ai entendu et j’y travaille. Le code est… C35F47 !

- Allô, central ! C’est encore un de ces foutus rats… Fausse alerte, je déblatère, retour à ma ronde habituelle.

Après quelques instants, le central répond en me disant de les appeler si jamais il se passe quelque chose de bizarre. Je soupire de soulagement… Comment est-ce que ça a pu passer ? Et comment est-ce que j’ai pu faire une erreur si grossière dans mon infiltration… J’ai fait ce genre de choses toute ma vie et la première fois que je le fais pour quelque chose qui me tient à cœur je fais n’importe quoi. Je me remets en mouvement en entendant dans mon dos le garde en train d’essayer de se libérer…

- Médusa, j’amorce le plan B. Je vais avancer vers la laverie pour obtenir la puce d’uniforme dont on a besoin pour passer les lasers du couloir. Rdv dans 30 clics, Chat. Terminé.

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Le centre de Manhattan a été à une époque l’un des lieux les plus peuplés du monde. C’était même le centre du monde à une époque, avec la bourse de Wall Street. Je regardai autour de moi et me rendis compte qu’il y avait un tel maelstrom de personnalités et de styles différents que je ne ressortais pas plus que ça. J’avançai et poussai la porte d’une petite boutique de serrures. Je regardai autour de moi et entendis la patronne, à moitié désabusée, me dire qu’elle n’ouvrait que dans 20 minutes sans lever les yeux de son magazine de sport. Je jetai donc un coup d’œil autour pour voir toutes sortes de modèles entreposés sans réel ordre compréhensible.

- Eh, on est ferm-, commença-t-elle à râler jusqu’à ce qu’elle voie ma tête et s’interrompe quelques instants. Qu’est-ce que tu fais ici, Hagle ? Je croyais qu’on n’avait plus rien à se dire depuis que tu étais revenu à la vie civile ?

Je me promenai encore dans sa boutique et m’approchai du comptoir pour venir y poser mes mains simplement. Je la regardai dans les yeux. Elle avait vieilli depuis la dernière fois qu’on avait bossé ensemble. Son visage arborait des lunettes plus épaisses que celles qu’elle portait auparavant, avec des montures noires et droites. Elle avait troqué le tailleur pour une chemise sur un débardeur et un jean. Ses cheveux étaient mouchés de blanc, comme une carrosserie qui s’écaille inlassablement. Quelques rides sur son front me laissaient penser également que passer à une vie d’entrepreneuse s’était avéré plus complexe qu’elle ne l’avait prévu…

- Je t’offre un café ? Je voudrais te faire une proposition, répondis-je finalement en soutenant son regard acéré.

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En le voyant s’allumer une cigarette elle ne perd pas l’occasion d’en coller une entre ses lèvres, une qu’il se fait un plaisir d’allumer. Elle n’avait même pas eu à demander au final c’est parfait. Dans tous les cas vu la mine collective qu’ils s’étaient infligés ensemble c’est bien qu’il avait un peu le même mode de vie au final. S’asseyant quelques instant face à lui ce qu’il lui raconte lui plaît. Il n’a pas oublié. Il semble chaud. Tout l’intérêt de cette chaleur doit perdurer et la haine devra souffler sur ses flammes assez longtemps jusqu’à ce que ça puisse arriver.  Confiante elle prend son temps. Buvant doucement le contenu de la tasse dépareillé de sa vaisselle , ce n’est pas souvent qu’elle a l’occasion de boire du café chaud en sécurité c’est agréable.

-Excellent. Je m’y jette.

Deux trois taffes dans le gosier pour accompagner la saveur acre du café. Lorsqu’il s’en va dans la douche, Jack ne tarde pas a se lever la clope au bec pour sortir et commencer à trouver quelqu’un pour les aider dans ce plan insensé. Pourtant ce plan c’était le dernier espoir d’une vengeance que méritait bien chacune de celle qui avait été victime de cette maudite aciérie, ou plutôt de leur dirigeants ignobles. Balançant d’un geste sa capuche sur sa tête , la jeune femme commença sa recherche compliqué mais néanmoins primordiale de la journée. Trouver Marius. Autant dire que la tâche n’était pas simple car il était constamment entre plusieurs identités pour survivre dans la jungle d’asphalte qu’il choisissait de voler.

* * *
-Une banque à New York-

Le souffle court, l’heure tournait et malgré un plan bien rôder… Tout peut toujours basculer à n’importe quel moment si on a hormis de prendre en compte de multiples petites variations infimes et pourtant vital. Pas de noms, des codes. Toujours des codes c’est ce qu’il y avait de plus simple pendant un braquage. Et il ne fallait user de ces codes qu’en cas de grande urgence. Trois personne entre dans un lieu ou tout le monde fait ce qu’il a à faire. Certains leur travail d’autres leur obligations sociétales d’une vie de consommation absurde. Tout le monde à la tête rivé sur ce qu’il fait si bien qu’a l’arrivé des trois masqué armé, personne ne prend conscience du problème avant que cela ne dégénère. Les caméras de surveillances se brouilles et plus rien. Le bug s’en va et tout est calme de nouveau seulement le regard fatigué de l’agent de sécurité aura faillit avoir raison de lui ce jour-là. Trop fatigué il ne s’était rendu compte que trop tard que trois individus armés étaient rentrés.

Tout le monde pleurait la tête contre le sol en train de se dire qu’il fallait mieux rester au sol pour sa propre survit, le front contre le carrelage et les mains sur la tête. Si seulement Cynthia ce jour-là n’avait pas tourné le regard pour faire un clin d’œil idiot à Marius, elle aurait sûrement vu l’un des otages faire le héros et déclencher l’alarme.

La suite on la connaît. C’est toujours pareil. Les flics arrivent en faisant crisser du pneu sur le béton presque encore chaud. Ils entrent. Les voleurs ne veulent pas êtres pris, ne veulent pas finir en prison alors leur liberté cri fort à bruit de barillet en folie. Puis au sol du sang, des larmes, des cris et un seul survivant comme à chaque fois : Marius Faentzenfeld
Ce conna*d avait le don de ne pas savoir gérer un plan à bien, mais il avait le don d’être un très bon tireur avec des couilles la ou il faut comme on dit. Et surtout… En cinq braquages de banques il était toujours le seul survivant. Ses coéquipiers et ses petites amies tarées comme Harley le laissant toujours tomber au moment ou les choses tournaient au vinaigre. Ma foi c’était comme ça. Ce mec avait une chance irréel. Il ferait un bon élément à coup sûr. Puis il ne fallait pas nier qu’il en connaissait un rayon en sécurité de banque et qu’il avait des fonds indéniables…  

* * *
Errant dans la rue, Jack peina a rassembler des informations sur lui, mais elle avait les bons tuyaux connaissait les bons clochards et les bons dealers pour savoir qu’en ce moment il cherchait à se barrer de New-York. Il fallait absolument l’intercepter avant. Il lui avait fallu du temps. Toute la putain de journée a vrai dire. Mais bordel, la devant-elle s’était bien lui, accroché à un combiné téléphonique de rue. Restant à distance avec sa capuche sur la tête elle fumait appuyée contre un arrêt de bus a proximité.

-Allô… Maman ?  Ouais… Je voulais te dire que … Que je suis désolée et que je t’aime mais que je dois partir... Il s’arrêta. Sa mère lui parlait sûrement. Il se tourna un peu pour regarder autour de lui. Il semblait indécis. Maman… je…. Hum d’accord. Une dernière fois à la pharmacie de l’angle de ta rue…

L’homme raccrochant, il avait vraiment le don d’être un peu trop sentimental sur les bords celui-là. Se remettant a marcher alors qu’elle fonçait droit sur lui la tête basse elle choppa son bras et lui chuchota.

-Ne soit pas bête. Ta mère t’a vendu aux flics. Si tu y vas ils te descendrons et tu auras gagné toutes ces thunes pour rien. Suis-moi.

Les regards se croisent, son corps se crispe puis la peur s'en va.

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La sueur perlait sur mon front alors que je me laissais retomber sur les draps propres dans la moiteur de l’été. Chaque fois que nous nous retrouvions avec Lisa, ça finissait de la même manière. Nous n’avions plus le même âge qu’à l’époque mais au final rien n’avait changé… Je pris dans mon pantalon, étendu au sol à côté, mon paquet de clopes et un briquet. Elle m’en prit une et je nous les allumai avec soin avant de simplement me détendre. Elle avait arrêté de fumer dans mes souvenirs mais les vieux réflexes avaient tendance à revenir rapidement. Les réminiscences d’un autre temps et d’une autre vie me venaient d’ailleurs sans cesse.

- J’imagine que tu n’es pas venu simplement tester la qualité de mon matelas alors : et si tu me disais ce qui t’amène ? demanda-t-elle en regardant le plafond, impassible.

- Je vais me remettre au boulot et je voulais que tu m’aides. Il n’y a rien à y gagner alors je comprendrais que…

- Tu ne changeras vraiment jamais, hein ? Tu te rappelles comment s’est fini ton dernier déploiement à Karachi ? Tu te rappelles toutes les nuits qu’on a passé à réparer tes conneries avec les civils ? souffla-t-elle, en même temps que la fumée.

- C’est différent cette fois-ci… C’est personnel et on est en hors-piste. C’est un job sans arme ou violence ou quoi que ce soit du style, éludai-je malgré moi, réalisant la folie de ce dans quoi je m’engageai.

- Qu’est-ce que tu racontes ? Tu bosses pour qui au final ? Et c’est quoi le job ?! commença-t-elle à s’agacer en se tournant vers moi pour me regarder.

- On bosse pour personne, ou pour le peuple j’imagine… Ecoute, je veux faire un vol organisé à la Westfield Bank pour les gens de mon quartier. Ils n’ont plus rien et c’est la seule manière de faire pencher la balance ! déclarai-je plus directement.

Il y eut un grand silence. Je l’entendais d’avance me dire qu’elle allait refuser et devoir m’en aller pour aller chercher parmi les autres opérateurs de mission que je connaissais. Elle prit le temps de fumer en soupirant à plusieurs reprises et en grommelant dans son coin. Quand j’étais encore dans mon ancien taff, elle était vraiment la meilleure que j’aie connu. Aller la voir en premier lieu allait de soi de mon point de vue tant elle avait su se montrer digne de confiance et jusqu’auboutiste dans son approche des préparatifs.

- T’es qu’un con et tu vas crever avec tes grandes ambitions et ton sens du devoir mal placé. Quand tu as foiré au Pakistan, tu te rappelles de ce que tu m’as dit ? Mmh ? Tu m’as dit : « Si jamais j’essaye de refaire un job un jour, rappelle-moi que je ne suis qu’une merde et comment ça s’est passé ! ».

- C’était une autre époque et je ne suis plus la même personne. Ça n’a plus rien à voir avec ce temps-là. Dis-moi simplement si tu es des nôtres ou pas, il faut que j’aille faire deux ou trois trucs encore, déclarai-je en me redressant pour sortir du lit et m’habiller.

Je me tournai vers elle et captai une étrange lueur dans son regard. Elle avait l’air réellement confuse et surprise par ma venue et ce que je venais de lui dire. J’étais le premier surpris par la passion qui m’animait à me joindre à ce plan foireux mais ça avait l’air de lui faire un sacré choc. Après tout, elle m’avait connu parfait petit soldat prêt à commettre n’importe quel crime de guerre pour l’institution et la nation alors me voir raccrocher pour le bien d’autres que moi la surprenait au plus haut point. Cette réalisation que le temps m’avait fait murir et changer d’une manière que je n’aurais jamais soupçonné me frappa un peu. Je m’apprêtais à m’en aller quand elle se redressa, couverte par un fin drap et m’annonça qu’elle viendrait me retrouver quand elle aurait eu le temps d’y réfléchir.

---------------------------------------------------------------------------------------

La soirée s’annonçait bien chaude encore une fois. Le mercure n’avait que paresseusement redescendu de son piédestal et encore en ce moment le goudron était assez chaud pour cuire un œuf. J’étais passé dans une supérette pas loin du quartier pour prendre quelques bouteilles et quelques petits trucs à manger à l’appartement. Avec un peu de chance, Jack ne s’était pas barrée en me chourant des trucs… Poussant la porte de mon appart, que je ne verrouillait jamais, je découvris de la lumière dans mon salon et Lisa qui s’était assise dans mon fauteuil. D’un autre côté de la pièce, à la fenêtre, Jack était en train de se détruire tranquillement les poumons. Je déposais calmement mon sac de courses et allai mettre les rafraichissements au frigo.

- Je vois que vous avez dû faire connaissance… Tant mieux. Bon, du coup, on commence par où ?

- Il nous faut des plans des lieux pour pouvoir prévoir la moindre chose. De là, on peut préparer le plan pour le point d’infiltration et d’extraction. Vu que vous allez prendre des billets à la brouette, j’imagine que vous allez avoir besoin de quelque chose de moins subtil pour la sortie… Aussi, on est bien d’accord qu’on se cantonne à une approche plus risquée si on y va sans armes ? déclara-t-elle dans un calme glaçant dénonçant l’habitude des opérations sous couverture.





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Une fois dans une ruelle plus tranquille Jack use de sa connaissance abusée des rues pour pouvoir arriver à un endroit qu’on ne pourrait soupçonner. Passant dans les arrières cuisine d’un restaurant asiatique elle atterrit dans une seconde ruelle ou elle pris une autre porte puis un escalier. Finalement elle poussa une porte après avoir toqué.  A l’intérieur une pauvre famille y vivait mais partout ou elle passait, les gens n’étaient pas étonnés. Elle savait précisément ou elle passait. Chaque connaissance, chaque amis pouvais toujours se montrer intéressant quand on voulait être sûr d’être seule et non suivit. Arrivant finalement par la fenêtre a un escalier de secours de l’extérieur Jack mis son doigt sur sa bouche en le regardant… Puis elle montra le ciel. Marius fit légèrement dépasser sa tête pour voir le toit et elle y vit le canon d’un sniper. Il rangea tout de suite sa tête et mis une capuche. Il avait la trouille mais au final avec les années Jack avait découvert que malgré tout ce qu’on pouvait faire se placer au plus près de l’ennemi était une parfaite solution pour que l’ennemi ne le remarque pas. En fait, il était dans l’immeuble d’en face la pharmacie dont il avait parlé au téléphone. Marius, sans qu’elle n’ai prononcé un mot compris qu’elle disait vraie.

Souriante elle lui propose une clope  avant de descendre doucement les escaliers de secours. La police patrouillait partout et il fallait être discret et ça Jack savait le faire. Aussi discrète qu’un chat on ne l’entendait pas. Marius était plus pataud mais il faut croire que sa peur l’avait menée à un grand coup d’adrénaline. Repassant par une autre porte ils se retrouvèrent dans le local poubelle de l’immeuble. Soufflant enfin il rigola un peu. Il se mit a parler doucement.

-Bordel Jack… J’ai cru crever de trouille… Pourquoi tu nous a m’ner ici ? SI Près du piège qu’ils me tendaient?

Fumant sa clope assise sur une poubelle capuche sur la tête elle souriait alors qu’il fumait lui aussi.

-Réfléchis un peu. Quand ils se rendront compte que tu ne viendra pas et que leur piège à échoué, il ne te chercheront pas près de cette pharmacie mais au plus loin possible en train de fuir. Au final rester tout près d’eux, mais discret c’est le meilleur moyen de les duper.

Marius penaud souriait un peu assez impressionné par la perspicacité de Jack. Elle continua.

-Enfin, trêve de bavardage. Maintenant que j’ai sauvé ta peau tu m’en dois une. Je te propose un deal : tu bosse avec moi sur un nouveau CAS. Mais un CAS spécial. Un CAS sans haine, ni arme ni violence. Dis comme ça ça paraît con je sais bien. C’est clair que ça pourrait clairement déraper mais au final ça pourrait aussi très bien fonctionner. Puis soyons honnête Marius, ta une chance de cocu dans tes CAS, tu te débrouille bien quand y’a de la pression et tu as de la thune et de l’expérience. Tu sais comment ça marche spécifiquement dans une banque et avec un bon cerveau a notre tête je pense que pour le coup ça finirait pas en marre de sang.

Un silence pesa. Oui, sans alcool dans le sang ça pouvait paraître fou ou idiot. Marius n’était pas sûr. Il n’avait nulle part ou aller. Mais les faux plans c’était pas son délire.

-Jack, je savais que t’avais quitté tes bourreaux depuis un moment et qu tu cherchais à aider tes amies et ta meuf. Mais du coup faut que tu m’explique pourquoi tu te met dans des bails de CAS maintenant ?  

Elle soupire souffle sa fumée et ouvre la petite fenêtre proche du plafond en profitant pour observer les mouvements dans la rue. Rien les flics étaient pas loin mais il était pas dans le coin.

-Justement, ce CAS c’est ma putain de belle vengeance pour la mort de mes sœurs… Mais surtout pour la mort de…

Les yeux happés par le sol, impossible de dire son nom mais il comprend. Il baisse les yeux lui aussi et il n’ose pas dire quoi que ce soit. Il s’approche juste et lui saisit l’épaule. La regardant dans les yeux il lui sourit et cherche le siens.

-Je veux pas te faire pitier ! Jamais. Mais voilà, ceux qu’on vise c’est les coupable que je cherche a coincer depuis des mois sans succès. Alors là en rencontrant ce type qui doit être un ancien soldat soldat a ce que j’ai compris en divaguant on avait le bon plan. Faire renaître de ses cendres Marble Street.

S’étant un peu reculé elle le regarde finalement un sourire au sourcil arqué d’un air complice.

-Puis franchement, qu’est-ce que t’a de mieux a faire ? Après tout c’est moi ton ange gardien, la seule qui n’est pas morte en t’accompagnant dans un CAS foireux.
***

De retour à l’appartement de Hagle, Jack était étonnée que la porte soit ouverte. Recluse dans un coin à fumer à la fenêtre elle semblait attendre quelqu’un. Elle ne fouilla nulle part et ne chercha pas à voler quoi que ce soit. Pourtant quand la porte s’ouvrit ce n’était pas la personne qu’elle attendais, mais une femme mûre. Dans le même ordre d’âge qu’Hagle. La bile remontant jusque dans sa gorge elle connaissait la jalousie des femmes cocufiée par des prostitués. Le regard froncés elle la regardait avec méfiance. C’était marrant, on aurait dit qu’elle n’arrivait pas a se décider à gueuler sur Jack ou à lui dire poliment bonjour.

-Je sais que ma tête peut indiquer le contraire mais je suis pas une vagabonde, vous pouvez me faire confiance. Même si sincèrement je comprend votre réticence. Si je me voyais je pense que je me ferais pas confiance non plus… Je m’appelle Jack.

Les yeux de la femme se plissent sur la chauve et son comportement complaisant. En plus elle souriait un peu effrontément.

-Alors c’est toi la dégénérée qui à convaincu Hagle…Bordel il place vraiment mal sa confiance je m’en doutais.

Réaction typique la chauve reste silencieuse et continue à fumer avant de lui répondre avec un calme olympien.
-Alors, sachez cher dame que cette idée de merde provient de nos deux cerveaux malades alcoolisés combinés. Inutile de remettre votre colère sur moi.

Toujours devant la porte ses yeux ne se défronçait pas en une ride colossale.

-Pff vous allez tous y passer bande d’abrutis ! T’aurais… pas pu t’abstenir de le soutenir ?!

-Allez Green miss… Vous agacez pas comme ça si vous êtes là c’est sûrement pour nous aider pas pour me crier dessus… Avouez.

Elle portait un imperméable vert pour justifier le surnom que Jack lui avait donné. Serrant des dents la femme souffla du nez et Hagle ne tarda pas a arriver alors que Jack écrasais sa cigarette dans le cendrier en croisant les bras. Prête à entendre ce que Miss Green avait à dire. Car si elle était là c’était pour le CAS, pas pour discuter Tupperware autour d’un café chez Hagle… Hochant la tête à ce que disait ce qui semblait se montrer être le nouveau cerveau de l’opération Jack pouvait sortir sa carte de sa manche.

-Pour ce qui est des plans j’ai un tuyau et je nous ai recruté un chevronné des CAS, blindé aux as pour nous aider à connaître les protocoles d’évacuations et de sécurité des banques… Il devrait pas tarder à se ramener, c’est assez long de récupérer tout une pile de bifton dans des murs de briques d’immeubles aux quatre coins de la ville.

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La fumée des cigares embrumait la pièce complètement, pareille à un voile laiteux. Au travers de ce filtre, les regards se faisaient plus diffus et les mimiques d’avantage fugaces et discrètes. Tous avec un verre d’alcool divers à la main, les joueurs se jaugeaient en permanence les uns les autres. Chaque main qui voyait tomber de qui une tête couronnée était accueillie avec des sifflotements signifiant un intérêt feint. A l’arrière-boutique du restaurant « les Délices de Chow », comme tous les mardi soir, des joueurs chevronnés de poker venaient s’adonner à leur perdition favorite ensemble. On voyait rarement les mêmes gars se présenter mais on n’y entrait pas comme ça et certains parvenaient à se tailler une place au milieu de cette table de haute voltige.

Ce soir-là, j’étais des leurs et j’étais déterminé à faire cracher tout son pognon à un type en particulier : James Allister. Ce dernier était sur une mauvaise pente même avant notre rencontre fugace. Il enchainait les défaites ces derniers temps et s’enfonçait dans une spirale mortelle qui se refermait lentement sur lui. A chaque prêt qu’on lui faisait et qu’il dilapidait, il en contractait un nouveau pour essayer de se refaire et de rembourser ses dettes. Parfois, il arrivait à rendre un peu d’argent mais la plupart du temps, il finissait avec un œil au beurre noir ou une côte fêlée et quelques insultes à son encontre. Travailler ? Bien peu pour lui, sa mère en était morte… Malgré lui, il avait pleinement conscience de ce qu’il était en train de faire, en partie à cause du coup de pression de l’un des hommes de main d’Orlov, son dernier « mécène » en date. On lui avait expliqué explicitement que s’il ne rendait pas une fois et demi l’argent dans quelques jours, on lui prendrait un ou deux organes. Mais il fallait le comprendre après tout : il n’avait plus le choix d’aller emprunter à des gens moins dangereux étant donné que plus personne n’avait envie de lui lâcher un kopeck.

Cela faisait un moment que je l’observai du coin de l’œil, au-dessus de ma paire de dames, pique et cœur. La transpiration gouttait de son front et il remettait ses lunettes nerveusement chaque fois qu’elles venaient à glisser le long de son nez humide. On le sentait mal à l’aise et malheureusement pour lui, ses talents reconnus de bluff n’avaient plus aucun effet comme il n’était plus capable de sur-réagir. Des paires d’yeux carnassiers allaient et venaient à lui régulièrement comme pour anticiper les mouvements d’une proie qui se serait trop approchée de son prédateur. Le poker étant l’un de ces rares jeux d’argent dans lesquels il était possible de faire fortune car la banque n’était jamais impliquée dans les transactions. C’est en cela qu’on pouvait facilement saisir que tout le monde ne soit pas là pour blaguer mais bien pour gagner sa vie. Les gens qui jouaient pour s’amuser ne venaient pas à ce genre de table à haut risque car on y perdait rapidement des sommes astronomiques.

La soirée n’allait pas si mal que ça finalement pour le petit Allister. Il avait pris quelques mains avec deux paires ou un brelan mais on sentait que le fait de lui laisser de l’espace pour respirer et se croire en sécurité faisait partie d’un plan plus important. Passé une heure de partie, il commença à perdre vite, par excès de confiance certainement. A nouveau, il se pinçait les lèvres, le visage pétri d’une inquiétude mal dissimulée. Et là, ce fut le drame. Il prononça des mots qui allaient probablement déterminer la couleur et les saveurs de son avenir. En un seul mot et un seul geste il avait scellé un destin inextricable. « Je fais tapis » dit-il en poussant tous ses jetons sur la table d’un geste théâtral. Un sifflotement se fit entendre d’un type que les joueurs du coin connaissaient comme le vieux Mike, guantanamera à la main. Je pris le temps de regarder à nouveau mes cartes et celles sur le terrain et d’hésiter un peu après que tous eurent dit qu’ils se couchaient.

Basculant mon verre de rhum, je regardai un long moment les trois cartes déjà sur la table : une paire d’as et un cinq de carreau avant de faire silencieusement tapis à mon tour. La mâchoire de ce bon Allister aux mains pourries se décrochait lentement alors que le dealer sortit deux nouvelles cartes l’une après l’autre. J’eus un léger sourire en voyant James montrer qu’il avait un as et un cinq et en annonçant fièrement « full ! ». Il se pencha pour prendre mes jetons et j’eus un rire. Haussant un sourcil, il prit mes cartes et les révéla finalement plutôt que de prendre mes jetons et vit que j’avais une paire de dames formant un carré avec les deux dernières qui avaient été posé quelques instants plus tôt. Je m’emparai de ses jetons et les fis échanger par Chow pour obtenir une rondelette somme de quelques milliers de dollars.

---------------------------------------------------------------------------------------

Musique:
 

Quelques minutes après la fin de la partie, je sortais et vis mon nouveau meilleur ami attendre en hésitant à la sortie. Il avait l’air complètement défait, victime d’un énième coup du sort à son encontre. Ses lunettes abimées lui donnaient un air de gars complètement paumé. Je m’en allais à sa rencontre et allumai la clope qu’il galérait à incendier, visiblement depuis un moment. J’eus un léger sourire en m’en sortant une que j’allumai juste après. Je pris une longue taffe avant de lui mettre dans la main l’ensemble des billets qu’il avait perdu. Il me regarda, dans une incompréhension qui l’honorait. Il n’osait pas en espérer autant apparemment…

- James, j’ai un petit service à te demander en échange de tout ce pognon dont tu as certainement besoin. J’ai besoin que tu me récupères les plans de travaux de ton père pour la Westfield Bank pour que j’en fasse une copie. Après ça, on sera quittes.

Il me regarda un long moment, surpris avant d’avoir un rire nerveux. Nous restâmes un long moment à fumer ensemble, chacun comblé de l’arrangement que nous avions conclu.

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