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 Pince-mi et pince-moi sont dans un bateau | pv - Lein

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Le Shien
Le Shien
MESSAGES : 20
INSCRIPTION : 23/03/2020
RÉGION : Sud-Ouest #canard
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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

XVIIIe siècle.
Le grand large.
Des mouettes à l'horizon.
Une grand-voile, tranchant avec le bleu de l'océan.

Vous venez d'embarquer sur le Sirius, un navire parmi tant d'autres à cette époque. Ici, vous allez suivre les trépidantes aventures de son singulier équipage constitué - liste non exhaustive - d'un artificier fou, une femme médecin, un cuisinier cannibale, un mécanicien bourru, de nombreux alcooliques, et un d'un capitaine résigné. À cette joyeuse troupe s'ajoutent nos héros : le navigateur du navire et sa principale acolyte, promue second officier.

Nous relateront les chroniques de ce duo d'infortune, évoluant dans un monde proche de celui que nous connaissons, avec un soupçon de steampunk-mecha en supplément.

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Le Shien
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Eaan

J'ai 20 ans et je vis sur le Sirius. Dans la vie, je suis Second officier et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon orgueil, je suis engagée dans des relations compliquées et je le vis plutôt bien parce que je fais ce que je veux.

Enfant d’une famille trop nombreuse pour compter correctement le nombre de bouches à nourrir, elle grandit dans les rues d’une ville portuaire où elle observe avec envie les navires et leurs histoires venues d’ailleurs. Plutôt que d’aller travailler pour gagner sa pitance, elle décide à 11 ans de tenter sa chance et de s’embarquer comme mousse dans l’équipage du capitaine actuel, travestie en petit garçon. Démasquée, sa tentative échoue mais elle réussit quand même à monter à bord en se cachant dans les cales. Déniché par le Coq, le Capitaine est forcé de la garder comme mousse sur le navire le temps de la prochaine escale. Entre chance, excès de zèle et bonne volonté, elle réussit à s’incruster durablement sur le navire, malgré un équipage plutôt réticent à l'idée de voir le sexe faible sur un bateau. Protégée du capitaine, elle passe son enfance dans les pattes de tous les matelots, apprenant les différents métiers de chacun.
Avec l'adolescence et la puberté, le capitaine juge bon de l'éloigner d'éventuelles paluches mal intentionnées et la place sous la surveillance du navigateur de l'époque, Jacob, et de son apprenti, Isaac. Elle apprend en parallèle à se défendre ainsi que le maniement des armes.
Le capitaine voit en elle un potentiel leader, indépendamment de son sexe, et lui apprend tout ce qu'elle doit savoir pour diriger un navire. Suite à une bataille tragique, une partie de l'équipage est décimée. Eaan est nommée Second à 18 ans, et est chargée de recruter les actuels artificier, médecin et mécanicien.
Après avoir cherché longtemps sa place au sein de l'équipage, elle remplit désormais totalement son rôle de Second officier. A la fois crainte et respectée de tous elle mène l'équipage d'une main de fer.


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FLASH BACK # 1

« Pourquoi j’peux plus rester avec vous ? »

Un profond soupir de lassitude comme première réponse. Howell, le Second, avait encore la main sur la poignée de la porte du bureau du capitaine lorsque le reproche accompagné d’une mine déconfite surgit des lèves boudeuses de la jeune fille. Tous les deux avaient été convoqués, l’ordre avait été passé, sans appel, et lui, Howell, chargé de faire appliquer la sentence : escorter la gamine jusqu’à son nouveau garde-fou.

« Parce que tu es une jeune fille. Et que tu ressembles à une jeune fille. »

Un éclair de colère passe dans les yeux sombres d’Eaan. D’un mouvement de tête, elle observe son large pantalon en toile et sa tunique d’homme, deux fois trop grande pour elle, masquant ses récentes formes d’adolescentes. Pardon, mais elle ne ressemble pas à l’une de ces filles qu’elle peut apercevoir sur le port, enrobées dans leurs jolies robes et bien abritée du soleil par leurs chapeaux.
Entre sentiment d’injustice et colère, lève des yeux accusateurs vers Howell qui, de son coté, prend bien soin d’éviter son regard.

« Et alors ?! »

Cette fois la réponse ne se fait pas attendre. L’homme, visiblement agacé, se campe devant elle et se met à hausser la voix.

« Alors tu sais depuis combien de mois nos gars n’ont pas vu une jeune fille ? Tu veux un dessin, Eaan ? Tu obéis au capitaine, point. »

La mine renfrognée et les poings serrés, elle donne un coup de botte dans un sac de cordage ayant eu le malheur de croiser son chemin. En effet, le capitaine a tranché, protester ne sert plus à rien. Elle lance un dernier regard désespéré à la salle commune et aux cuisines d’où l’on peut entendre les joyeuses chansons des marins enivrés par le rhum. Pressée par Howell, Eaan grimpe avec lenteur les marches menant à la salle de navigation. En entrant dans la pièce remplie de livres et de cartes, elle se sent presque déjà submergée par l’ennui.

« Je vous amène de la compagnie, Jacob. »

Le Second s’écarte pour laisser passer Eaan tandis que le navigateur se détache de son ouvrage. Entre deux âges, sérieux et taciturne, Jacob a quelque chose qui fait penser au capitaine. Il est l’une des personnes qu’Eaan connait le moins sur le navire. Toujours occupé, toujours inaccessible, toujours à réaliser des manœuvres délicates : on lui a vite appris à ne pas trainer près du gouvernail. Mais derrière Jacob, tranquillement assis sur une banquette, un garçon relève le nez de son livre.
Élan d’espoir. Finalement, peut être que contre toute attente, elle le tient, son compagnon de jeu.

////

Eaan griffonne plus qu’elle n’écrit. L’encre bave sur ses mains, fait des taches et des trous.
Eaan ronchonne. Elle en a assez d’être cloitrée dans cette salle. Assez de Jacob et ses remarques. Assez de ses histoires de marée et d’étoiles. Et assez de son apprenti prodige, Isaac.
Isaac l’agace. Isaac est tout ce que Eaan n’est pas. Patient, intéressé, travailleur, et mou. Isaac est mou et pénible. On croirait que cette espèce de grande gigue a avalé tous les livres de cette foutue bibliothèque lorsqu’il rentre en conversation avec Jacob. Et pendant ce temps, elle, elle recopie les indices de marée. Pendant ce temps, elle, on lui fait réciter le nom des constellations. A quoi ça sert de connaitre le nom des étoiles si c’est pour risquer de crever à la première attaque venue ? Non, parce qu’Isaac, lui, est mou et mauvais au combat. Bien moins bon qu’elle en tout cas. Elle ne comprend pas pourquoi elle, Eaan, continue à prendre tant de leçons forcées avec Howell, tandis qu’Isaac qui passe son temps le nez dans ses livres, ne peut même pas lui résister. En même temps il faut dire qu’elle a fait des progrès. Même si Howell ne veut pas le reconnaitre, elle sait qu’elle sera bientôt prête pour sa première bataille. Terminé pour elle, ces longs moments à attendre que l’on vienne la délivrer de la cabine où l’on continue de l’enfermer à chaque assaut venu. Elle sait qu’elle pourra bientôt prendre les armes parce qu’on commence à lui apprendre à manier le couteau. Et surtout parce que la dernière fois, elle a provoqué Isaac en duel et l’a battu à plates coutures. Le pauvre bougre s’était retrouvé sur les rotules et ne s’exprimait que par léger couinement. Certes, s’attaquer aux parties sensibles des messieurs n’est peut-être pas très loyal, mais rien ne dit qu’il faut être loyal dans une bataille. L’important, c’est de gagner. Et Eaan, elle, est sûre de gagner.

Alors lorsqu’elle envoie valser sa plume et repousse sa chaise, interrompant les deux hommes dans leur discussion, elle transpire la confiance en elle. Trop consciente que dans ce monde d’homme, pour être libre il faut prouver sa force et sa valeur, elle cherche à tout prix l’action et un terrain pour exhiber aux yeux du monde entier sa toute puissance. Tant pis si cela signifie humilier ce pauvre Isaac qui n’a rien demandé et qui, du reste, est objectivement fort sympathique.
Elle s’extirpe sans peine de derrière le bureau encombré de cartes en tout genre pour se camper fièrement devant Isaac, un sourire presque carnassier sur les lèvres.

« J’en ai marre de recopier ces vieux machins ! Hé Isaac, viens on s’entraine au combat tous les deux ? »

Le refus n’était pas vraiment dans les options qu’elle avait envisagée. Le temps que les deux hommes échangent un regard dubitatif, la voilà déjà sortie sur le ponton bien éclairé par un ciel clair et une nuit de pleine lune.

« Allez, viens ! Promis je recommencerai pas comme l’autre fois. »

Un petit ricanement pour elle-même. Évidemment qu’elle avait l’intention de recommencer.
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Lein
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Isaac
J'ai 24 ans et je vis à bord du Sirius, sur toutes les eaux du monde. Dans la vie, je suis navigateur et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon style de vie, je suis célibataire, du moins, ça s’en rapproche et ça s'en éloigne, on sait pas trop et je n’ai pas envie d'avoir d'avis sur la question.




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FLASHBACK #1

« J’attends de ta part un comportement exemplaire. »

Jacob, le navigateur, t’a convoqué deux heures plus tôt pour te forcer à classer les différents documents de la salle et retrouver, dans ce chantier qui vous sert de lieu de travail, les différents supports qui permettent l’apprentissage des rudiments de la navigation. Jacob hérite d’une nouvelle disciple.

« Je ne vais pas te mentir, c’est davantage pour la protéger des sales pattes des matelots que pour lui apprendre tous les secrets de notre art qu’elle est envoyée ici. C’est pourquoi j’insiste et serai intransigeant : au moindre écart de ta part, je te plante l’arbalestrille dans l’oeil. Et ce sera une caresse par rapport à ce que le capitaine te fera subir, crois-moi, Isaac. »

Tu hausses les sourcils, perdu au milieu des cartes éclatées sur l’intégralité de la table (pourtant gigantesque). Ok. Message reçu. On ne peut plus clair. Tu en as entendu vaguement parler, de cette gamine ; la peste hyperactive qui, malgré son jeune âge, sa petite taille et son poids plume, sème une pagaille joyeuse sur le pont à l’heure où les matelots sont à l’oeuvre et toi tu sommeilles. Apprenti navigateur, tu travailles surtout de nuit pour le moment. Tu finis d’apprendre comment faire cracher aux étoiles les secrets de la navigation, tu te penches sur le cas de ces comètes que l’on ne croise qu’une fois toutes les décennies, tu gagnes en précision chaque jour dans tes mesures. Tu le sais, Jacob est extrêmement fier de t’avoir comme future relève. Car c’est pour cela que, à dix-sept ans à peine, ton père adoptif, prêtre Ewenn, t’a fait embaucher sur ce navire : Jacob souhaite prendre sa retraite mais ne peut pas laisser le capitaine sans un navigateur digne de ce nom.

A deux, vous réussissez rapidement à mettre de l’ordre dans cette paperasse qui demandait à être triée depuis bien longtemps déjà. Cartes et manuels mis de côté pour l’apprentissage de la jeune recrue, vous vous mettez rapidement au travail. L’itinéraire de ces prochains jours ayant déjà été tracé, vous attendez de devoir les corriger en fonction des vents, des courants et potentielles perturbations que vous allez rencontrer sur votre route. Pas besoin, donc, ce soir, de travailler sur la navigation pure du navire ; Jacob te met entre les mains un ouvrage sur les astrolabes, leur histoire et les clefs de leur fonctionnement, seul instrument de mesure présent sur le bateau qu’il ne t’a pas encore laissé utiliser et qu’il ne te laissera pas manipuler tant que tu n’en connaîtras pas toute la théorie du bout des doigts.

« Je vous amène de la compagnie, Jacob. »

Tu t’arraches douloureusement aux astrolabes et leurs secrets pour jeter un rapide coup d’oeil à la petite teigne qui se tient sur le pas de la porte.

///

Jacob et toi êtes tout deux des individus d’un calme olympique. La navigation n’est pas pour ceux qui manquent de patience, de rigueur et de tenue. Un seul degré mal calculé peut envoyer un équipage entier dans un récif ;  se tromper d’une décimale sur un calcul peut, sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres, vous empêcher d’arriver sur l’île convoitée et vous envoyer sur un territoire ennemi. La navigation n’est pas une science qui répond aux exigences des impulsifs et des humains pressés ; c’est la science de l’anticipation, celle qui demande de savoir attendre et ronger son frein, celle qui demande de savoir se corriger, en permanence, de s’adapter aux caprices de la mer et de l’océan. La navigation est un art qui ne se révèle qu’à ceux qui sont assez travailleurs pour bien vouloir l’étudier ; elle demande efforts, concentration, volonté d’apprentissage et curiosité. Et il ne faut pas être un génie pour rapidement se rendre compte que Eaan n’a pas les qualités humaines qui feront d’elle un navigateur aguerri. Du moins, pas maintenant. Dissipée, intenable (combien de fois Jacob a-t-il dû la clouer de force sur sa chaise, pourtant la plus confortable de la pièce), déconcentrée et source de distraction, sa présence rend les leçons de Jacob et les échanges on-ne-peut-plus pénibles. Discipliné (et un peu terrifié par la menace de Jacob), tu restes sourd, autant qu’il est humainement possible de le faire, aux jérémiades de la mioche capricieuse et ingrate.

Et ce cirque dure.
Une nuit.
Une autre encore.
Et une poignée d’autres.
Jusqu’à ce que, un soir, à force de provocation verbale à ton encontre, la gamine décide de passer à l’acte, sans doute motivée par le fait qu’à chaque tentative d’obtenir de ta part une réaction belliqueuse tu restais de marbre. Cette petite peste t’a foutu un coup de pied dans les valseuses.
Tu n’es pas de ceux qui se mettent en colère facilement. Mais, on ne va pas se mentir, le fait de te sentir obligé de te laisser marcher dessus par une gamine insupportable qui ne comprend pas que sa seule force est le statut que lui offre le capitaine du vaisseau, t’a donné envie de distribuer quelques claques fortement méritées. Tu as ravalé ton caquet et ta fierté pour simplement te relever, grimacer, et te remettre au travail.

Et il y a eu cette nuit-là.
Forte de ce qu’elle pense être une victoire obtenue par K.O. (qu’est-ce qu’une victoire quand l’adversaire ne cherche pas à se défendre ? A-t-on déjà vu un corsaire ou un pirate conter l’exploit de cette bataille où il aurait terrassé un ennemi qui n’a absolument rien fait pour se défendre?), la morveuse affiche un sourire narquois et plein d’une suffisance qui t’agacent et irritent également ton supérieur. Vous faîtes chacun de votre mieux pour ignorer la teigne qui s’agite sur sa chaise même si tu sens que Jacob bouillonne et souhaiterait, d’une part, lui clouer les mains à la table et d’autre part lui coudre les lèvres.

« Et c’est en partie pour cette raison que, même si les astrolabes sont des instruments magnifiques, ils ne sont pas nécessairement les plus optimisés pour la navigation telle que nous la pra... »

Une plume vole et une chaise raye le plancher. Eaan interrompt Jacob sans état d’âme qui serre les dents tellement fort qu’Isaac les entend grincer.

« J’en ai marre de recopier ces vieux machins ! [...] »

Tu regardes Jacob, Jacob te regarde, les yeux de Jacob sont à la recherche de ta réaction, Eaan est déjà sur le pont et tu es paumé. Jacob ne la rappelle pas. Jacob te sonde.

« Tu sais qu’elle ne te respecte pas et qu’après l’incident de l’autre soir il serait temps que tu réagisses ?
- C’est une invitation à cesser d’être parfaitement exemplaire ?
- Ce n’est pas vraiment faire preuve d’exemplarité que de laisser cette chipie penser qu’elle est plus forte qu’elle ne l’est réellement. C’est même particulièrement délétère.
- Vous pouvez faire mine de me pousser sur le pont de force avec un coup de pied ? Elle n’a pas encore assez confiance en elle. »

Jacob ricane et prend bien plus d’élan que nécessaire.
Tu t’avances. L’air pas serein. Presque l’air d’y aller à reculons. Comme si tu étais déjà certain que l’issue de ce combat allait être dramatique pour tes roubignoles.
Elle t’a promis qu’elle ne recommencerait pas mais, bon sang, elle a treize ans, tout se lit sur sa tronche. Elle ne dupe personne. Et se laisse parfaitement duper.

Elle s’élance avec beaucoup trop d’entrain, tu as presque mal pour elle. Mais c’est avec une énorme satisfaction que tu interceptes sa jambe et l’envoies faire un soleil sur le pont. Elle s’écroule sans avoir le temps de comprendre la raison de sa chute. Donc elle recommence. Donc toi aussi, tu remets ça, de l’exacte même façon.

« C’est bien d’être fourbe dans notre monde mais assure-toi de ne pas utiliser deux fois le même type de tactique sur une seule et même personne. »

Elle se relève et s’énerve. Tu le vois. Si elle le pouvait, elle t’arracherait les yeux, le nez, et te ferait bouffer tes oreilles. Elle s’élance sur toi, cherche à te faire goûter ses griffes et tu tends une jambe, déjà lassé par son petit manège qui ne fatigue qu’elle et l’envoies manger le sol une dernière fois. Une dernière fois car cette fois-ci tu l’immobilises, en prenant place sur son petit dos que tu briserais très certainement en deux si tu y mettais réellement tout ton poids. Une main immobilise ses bras dans son dos, une de tes jambes vient appuyer sur ses genoux pour qu’elle cesse de se débattre, ta seconde main vient lui maintenir la tête contre la poussière. Tu appuies par un intermittence sur son petit crâne de piaf non pas pour lui faire mal, mais pour l’humilier en bonne et due forme.

« Tu es nulle, tu n’as aucune technique et je pèse 30kg de plus que toi. Si tu t’en es sortie l’autre fois, c’est simplement parce que j’avais pour ordre d’être très sage avec toi. C’est tout. Rien à voir avec les compétences que tu imagines avoir. Et si tu veux un autre conseil (la bouche contre le plancher, elle tente de te hurler qu’elle n’en a rien à foutre de ton avis et de tes longues phrases, connard) ahah, je t’entends pas Eaan, bref, si tu veux un autre conseil, évite de sous-estimer tes adversaires. Je participe à des abordages et à des batailles depuis trois ans déjà. J’ai déjà tué et failli être tué. Tu serais pas en train de baver sur le plancher si tu avais un peu moins écouté ton orgueil et un peu plus écouté ce qui te sert de cervelle. »

Tu restes confortablement installé sur la furie vexée comme jamais aucune femme n’a été vexée auparavant. Si tu bouges, elle va essayer de t’arracher la jugulaire avec les dents, juste pour te donner tort. Ce que vous n’aviez pas remarqué, ni elle ni toi (mais elle on ne peut pas la blâmer, elle a la tronche écrasée au sol), c’est que, alerté par le bruit, le second est venu prendre place aux côtés de Jacob et vous a observés tout du long.

« Très bien. Isaac, tu peux laisser Eaan partir. Eaan, avant que tu n’essayes d’égorger ton camarade, tu auras le droit de prendre ta revanche dans une semaine après un entraînement intensif à mes côtés, chaque jour. Revanche qui sera encadrée, bien entendu. »

Un peu méfiant, tu libères le fauve qui semble, à en croire ses prunelles, considérer un instant la possibilité de désobéir à l’ordre de son supérieur hiérarchique pour t’attaquer en traître.
Elle ne l’a pas fait.

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Le Shien
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Eaan

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FLASH BACK # 2

Elle le contourne par la gauche, prend appui sur sa jambe droite et frappe de toutes ses forces en direction de l’épaule. Pas assez fort. Son adversaire saisit son poignet, faisant valser le morceau de bois censé représenter un poignard. D’un geste sec, il l’attire vers elle et lui assène un coup de poing au creux de l’estomac. Le souffle coupé, elle sent les larmes lui monter aux yeux et recule tant bien que mal, s’accrochant au mat du navire.

« Tu es trop petite pour ce genre de coups, Eaan. Je t’ai déjà dit cent fois. Tu seras toujours plus petite que ton adversaire. Tu dois te rapprocher de lui et frapper depuis le bas en visant le ciel. Là tu auras une chance de compenser ton manque de force. »

Eaan serre les dents, relève la tête, essaie de trouver une faille dans la garde d’Howell. Elle s’élance, feinte sur le coté, esquive une première attaque, une seconde en se ramassant sur le coté. Elle prend appui sur son pied droit, pivote le bassin, son coude fuse, visant le plexus de son professeur. Elle sent ses pieds quitter le sol, son corps décrit une parabole presque parfaite puis c’est le choc, si violent qu’elle en ferme les yeux. Son dos heurte de plein fouet le mat principal avant qu’elle ne s’effondre sur le sol comme une vulgaire poupée de chiffon.
Les yeux mi clos et les oreilles bourdonnantes, elle entend les pas lourds du doc’ s’approcher d’elle et écarter ses cheveux collés par la sueur de son visage.

« Quand même Howell, tu devrais y aller mollo. C’est qu’une gamine. »
« Elle a 14 ans, Doc. Va bien falloir qu’elle progresse. »

Touché, en plein dans son orgueil. L’adolescente rassemble ses forces et se remet tant bien que mal en position de combat.

////

La pluie ruisselle sur son visage fatigué. L’ensemble de l’équipage semble enfin reprendre son souffle maintenant que la houle se calme. Ils venaient d’essuyer une tempête et s’étaient battus pour conserver leurs voilures intactes. Au loin, postés prêt du gouvernail, Isaac et Jacob semblaient se féliciter, ils le pouvaient, de leur excellente manoeuvre. La tension retombée, un frisson parcourt le corps de la jeune fille. Ses vêtements détrempés par les vagues et la pluie lui collent désagréablement à la peau.
Ce n’est qu’à cet instant qu’elle s’aperçoit que tous les regards sont fixés sur elle. Ou plus exactement sur la courbe de ses hanches et l’échancrure de sa tunique, révélés aux yeux des matelots par le tissus mouillé. Un moment de flottement.

« Le spectacle est terminé. » Déclare t-elle d’une voix puissante pour masquer son manque d’assurance. « Calmez-vous si vous voulez continuer à voir la lumière du soleil. »

Tête haute, elle s’éloigne d’une démarche faussement nonchalante, quittant la scène pour revêtir des habits secs. Et trop grands pour elle. Elle n’a pas aimé la lueur qu’elle a vu dans certains regard.

///

Les cris diminuent autour d’elle. Elle reconnait davantage de voix. Elle sent la bataille se terminer. Au fil des années, elle a appris à ressentir plus qu’elle ne voit.
Elle sent la présence du premier ennemi blessé et désarmé à ses pieds. Elle sent la détresse et la fureur dans les yeux du second homme, en face d’elle. Elle sent l’attaque venir. Se prépare.
Plutôt que de s’écarter pour éviter le coup d’épée, elle dévie la lame et se colle presque au corps de son assaillant. D’un geste net et rapide, son poignard s’enfonce dans la gorge de l’homme. Terminé.
Elle sait que le premier homme vient de se saisir d’un sabre. Derrière elle, elle entend le souffle rauque qui se prépare à asséner un coup. Elle se remet en garde.
Bruits de pas précipités.
Effectue un demi tour.
Qui se rapprochent.
Prête pour mettre se dernier ennemi hors d’état de nuire.
Trop proches d’elle.
Quelque chose, plutôt quelqu’un, lui fauche les jambes. Impossible. Elle avait compté le nombre d’ennemis à abattre. Il ne devrait rester que celui devant elle.
Complètement déséquilibrée, Eaan s’étale de tout son long, loin de l’homme qui l’attaquait. Entre surprise et fureur, elle est forcée de considérer l’éventualité de s’être trompée dans son compte. Elle se redresse avec agilité et dégaine un mousquet de sa ceinture, prête à combattre deux assaillants au lieu d’un. Mais son décompte était correct. En face d’elle, l’homme à l’épée laisse échapper un dernier glougloutement en s’écroulant dans une mare de sang, au pieds d’Isaac.

Il a recommencé. Il a encore recommencé.
Une colère noire l’envahit. Après toutes ces années, il ne lui fait toujours pas confiance. Il se sent obligé de la couvrir sans cesse, niant tous ses efforts et ses progrès. Niant qu’elle remporte désormais la moitié des combats contre lui, à l’entrainement. Niant sa valeur. Niant ce qu’elle est devenue.
Furieuse, elle jette le mousquet à ses pieds et se met à hurler, emplissant de sa voix le silence de mort du bateau ennemi.

« Je l’avais vu. ! Je savais qu’il était là ! J’étais prête a riposter, Isaac ! Et j’étais prête à te tuer avec lui ! »

Elle passe devant lui, prend appui sur le bastingage et saute sur le pont de leur navire avec l’assurance qui est la sienne.

« Arrête de me protéger comme si j’avais 12 ans. » lance-t-elle avec amertume.

Ses yeux maquillés de noirs lancent des éclairs. Son visage taché de sang n’est plus celui d’une enfant.
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Isaac
J'ai 24 ans et je vis à bord du Sirius, sur toutes les eaux du monde. Dans la vie, je suis navigateur et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon style de vie, je suis célibataire, du moins, ça s’en rapproche et ça s'en éloigne, on sait pas trop et je n’ai pas envie d'avoir d'avis sur la question.




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FLASHBACK #3

« Avant toute chose, tu commences par repérer l’étoile polaire. »

Perchés sur un des postes de vigie, quelque part entre le bateau et le ciel, Eaan et toi contempliez les étoiles. Elle n’était pas auprès de vous ces deux dernières nuits, le capitaine ayant ordonné qu’elle se repose. Tu ne l’enviaies pas franchement. Entre ses leçons forcées de navigation le nuit et ses journées passées sur le terrain auprès de l’équipage de qui elle apprenait à se faire respecter jour après jour, elle vivait une existence plus remplie que la plupart des membres de l’équipage.

« La plus brillante.
- Je sais que c’est la plus brillante. Mais toutes les étoiles brillent, Isaac. »

Elle s’est renfrognée, déjà impatientée par ta leçon qui, soyons honnêtes, était davantage un prétexte qu’une véritable tentative de faire de l’astronomie sur le terrain.

« Tu vois la Grande Ourse ?
- Oui. »

C’était la seule constellation qu’elle savait repérer du premier coup.

« Tu prends les étoiles du bout de la casserole. Tu prends la distance entre les deux étoiles, tu fais cinq fois la distance entre les deux en restant dans l’Axe et… tu trouves l’étoile polaire. C’est fou que tu ne t’en souviennes pas, on te l’a répété au moins vingt fois.
- Jamais sur le terrain, déjà. Ensuite, Isaac, j’ai énormément d’informations à avaler jour après jour et la navigation fait pas forcément partie de mes priorités.
- Oui, enfin, là, on parle quand même de savoir repérer le Nord, on n’est pas sur de la navigation avancée.
- Ferme-la.
- T’es vexée ?
- Ferme-la je t’ai dit. C’est quoi ça là-bas ?
- De l’eau ?
- Non, la tache sombre là-bas.
- Des problèmes. »

Vous avez sonné la cloche pour alerter l’équipage de l’arrivée imminente d’un navire ennemi. Car, quiconque s’approche d’un autre vaisseau, de nuit, torches éteintes, ne peut rien être autre qu’un ennemi.

///

Tout s’est enchaîné très vite.
Réveiller l’équipage.
Attendre l’abordage.
Un premier coup de canon.
D’autres.
Très vite, vous vous êtes retrouvés débordés par les assaillants et leur hargne. Ce n’est pas un coin maritime très emprunté par les autres navires ; vous ne vous attendiez pas à être abordés et vous n’étiez pas prêts.
Vous avez vu quelques matelots, présents à vos côtés depuis vos arrivées respectives, tomber au combat ce soir-là.
Tu te tenais près de Eaan, près mais pas trop, pour ne pas non plus la gêner comme la dernière fois.
Elle est grande. Tu cherchais à te persuader.
Elle va s’en sortir. Tu essayais de t’en convaincre.
Tu peux la quitter des yeux trois secondes, Eaan ne tombera pas au combat. Tu n’y arrivais pas. La simple idée de la lâcher de vue te donnait la nausée.
Tu savais qu’il fallait que tu cesses de la voir comme une enfant de treize ans. Elle n’avait plus treize ans. Et ce n’était plus une enfant. Tu le savais, Isaac, ne joue pas les innocents. Tu les as détaillées, comme tous les autres, ses courbes arrondies qui faisaient d’elle une jeune femme à présent. Elle n’était plus cette gamine de treize ans que tu foutais par terre et qui n’avait pas d’autre moyen de défense que te mordre jusqu’au sang.
Elle n’était plus cette gamine. Alors pourquoi refusais-tu d’arrêter de la surveiller ? Ne voyais-tu pas que c’était justement parce qu’elle cherchait à s’émanciper qu’elle prenait tous les risques qu’elle prenait ce jour-là ? Est-ce que tu t’es, ne serait-ce qu’une seule fois avant ce jour, rendu compte de la charge que tu ajoutais à ses épaules en croyant la protéger ?

Apparemment, non.


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Eaan

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Ils avaient sonné la cloche et son instinct s’était mis en marche. Sans un mot, elle avait quitté Isaac. Sans un mot, elle avait remonté le flot de marins à contre courant, pour rejoindre la cabine supérieure. Elle se surprenait à agir par automatisme. Ne s’était pas émue lorsque le capitaine, l’incarnation du sang froid et de la distance, lui avait posé la main sur l’épaule et lui avait dit de se préparer au pire.
Des ordres avaient été passés, elle exécutait les ordres.
Comme en dehors d’elle-même, elle s’entendait hurler d’une voix assurée aux matelots tirés de leur veille, de saisir leurs armes et d’allumer toutes les torches du navire. Aucune discussion, Jacob à la barre comme seul espoir de gagner une poignée de minutes et les tenir à distance des canons ennemis. Tous les autres sur le pont.
L’abordage paraissait inévitable. Alors, fait exceptionnel, le capitaine revêtu de sa tenue de combat, avait rugit à son équipage de se battre pour sauver leurs vies.

////

Les cris des matelots. Le bruit des bottes sur le pont de bois. Les ombres dansantes à lumière des flammes des torches. Le navire qui tangue. L’odeur de la poudre, vite remplacée par celle du sang.
Les pupilles presque entièrement dilatées, Eaan entre dans une sorte de transe. A côté d’elle Edward s’écroule, l’éclaboussant d’un liquide chaud.
Eaan connait le nom de tous les matelots du navire. Elle a passé son enfance à écouter leurs histoires. Elle n’accorde pas un regard à Edward.
Un premier coup de pistolet. Un premier ennemi s’effondre. Elle dégaine un long poignard et se jette dans la danse.
Ce soir-là, Eaan ne se bat pas. Elle danse. Son corps s’élance comme un pantin tueur à l’assaut de ses proies. Elle égorge, transperce, pourfend. Très vite, ses cheveux sont collés à son visage par le sang de ses ennemis.
Elle prend des risques. Passe d’un combattant à l’autre. Se colle contre les corps des hommes sentant la mort, avant de frapper de toutes ses forces, du bas vers le haut, inversant à son avantage l’écart de force et de taille.
Eaan change d’arme. La sienne est restée coincée dans un thorax.
Eaan esquive. Manque de trébucher sur un corps. Un pan de sa tunique se déchire.
Eaan n’entend pas son souffle rauque. Ne sent pas la douleur des multiples petites coupures sur son corps, résidus de tentatives ennemies pour l’éventrer, déviées à la dernière seconde.
Ses mains sont trempées d’un liquide poisseux.
Une balle siffle à ses oreilles. Elle se ramasse derrière une caisse de cordage. Un assaillant pense la prendre par surprise. Elle profite du déséquilibre causé par son esquive pour balancer l’homme par-dessus bord.

Les yeux écarquillés, Eaan est une machine à tuer. Tout n’est que réflexe. Tant pis si pour abattre ces deux-là, il faut prendre le risque d’y laisser sa jambe. Tant pis si tuer celui-ci nécessite de se mettre juste dans le rayon d’action de celui-là.
Eaan n’entend pas les signaux de son corps qui demande grâce. Elle ne sent pas les égratignures de plus en plus fréquentes. Elle ne remarque pas son champ de vision qui diminue. Eaan est là pour tuer. Sauver sa vie et celle de l’équipage. Mais tuer avant tout.
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Isaac
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Relève-toi, bats-toi, Isaac. Tu souhaites réellement mourir avant d’avoir vu ce monde correctement ? Du nerf, garçon, relève-toi, ravale tes larmes et ta douleur et comporte-toi comme un homme. Dans ce monde, il faut savoir se battre pour survivre, seuls les fous et les imbéciles ne l’ont pas encore compris.

A chaque bataille tu entends la voix d’Ewenn, ton père adoptif, alors qu’il t’entraînait dans la cour pour te foutre raclées sur raclées. Il n’a jamais eu pour vocation de faire de toi un homme de foi. Ewenn avait bien trop d’ennemis au sein de sa propre religion pour pouvoir espérer t’y protéger en faisant de toi l’un d’entre eux. Sa vocation de prêtre guerrier, son obstination à vouloir se forger sa propre opinion et ne pas suivre bêtement les préceptes et ses très vastes connaissances avaient fait de lui un homme redoutable, redouté et donc détesté.
Tout ce qu’il a toujours souhaité, c’était que tu survives.

Tu n’as jamais aimé te battre. Tu n’as jamais aimé ôter la vie.
(on s’est jeté sur toi, tu as esquivé, tu as saisi le crâne de ton adversaire pour amener sa gorge à ton sabre)
Tu t’es toujours battu parce que tu devais vivre.
(tu as évité de justesse un coup porté à la tête qui t’aurait été fatal mais ton épée t’a alors échappé, ton contraignant à user seulement de tes compétences au corps à corps. Par chance, l’excès de confiance de ton adversaire lui a fait baisser sa garde. Quelle erreur que te sous-estimer. C’est grâce à cette capacité que tu as toujours eu de paraître moins impressionnant que tu ne l’étais réellement que tu as su tirer ton épingle du jeu et survivre. Tu ne pouvais déjà à cette époque plus compter ceux qui avaient péri sous ta lame pour la seule raison qu’ils avaient cru le duel gagné d’avance. Tu déstabilises d’une balayette simple mais efficace cet homme qui s’écroule au sol, surpris, comme tous les autres avant lui. C’est sa propre épée qui provoque son trépas, plantée dans son estomac).

Tu cherchais du regard ta lame qui avait dû voler un peu plus loin (tu aurais bien récupéré le sabre du défunt, mais les lames irrégulières n’étaient pas celles que tu manipulais le mieux et vous étiez bien trop en difficulté pour que tu aies pu songer à t’exercer avec un autre type d’arme). Tu l’avais repérée, tu essayais de voir si tu pouvais la récupérer sans te mettre en danger, quand tu l’as vue.

Elle était déchaînée, inarrêtable. Et pourtant épuisée. A bout de souffle. Tu l’as vue, faire les erreurs qui l’ont progressivement acculée. Tu as vu que cet homme était bien trop compétent pour elle ; il l’était certainement bien trop pour toi aussi. Tu l’as vue ne pas trouver cette solution qu’elle trouve toujours au dernier moment pour sauver sa peau et triompher. Tu l’as vue, être décontenancée, perdre sa concentration et voir que, cette fois, tombée à terre, elle ne pourrait pas échapper à la lame tranchante.
Tu n’as jamais su expliquer par quelle magie tu as réussi à bondir avant que le coup ne l’atteigne. L’effroi que tu as ressenti devant la mort pratiquement inévitable de Eaan si le coup l’atteignait ne t’a pas paralysé. Tu n’as jamais compris pourquoi tu n’as pas trouvé mieux à faire que faire rempart avec ton propre corps.

La douleur de ta chair qui se fend, les yeux du bourreau qui s’écarquillent de surprise. Eaan avait gardé les yeux ouverts pour regarder la faucheuse en face.
Le bruit de l’os de ton bras, l’horrible fêlure qui devient une fente et qui se transforme en section quasi complète. L’horrible douleur. La chaleur de ton sang qui t’éclabousse. Tu as sans doute hurlé, tu ne t’es pas entendu, tes oreilles ont bourdonné, tu as eu une soudaine nausée et pourtant, pourtant, tu devais encore la sauver, vois-tu, et tu as eu une chance inouïe Isaac, car la lame est restée coincée à l’intérieur de ton os qui craquait de part et d’autre comme un bois sec que l’on tranche avec une hache émoussée.
L’assaillant était aussi surpris que toi par ton apparition, aussi surpris que toi de ne pas réussir à arracher son arme de ton bras pour t’achever et terminer son office. Eaan ne bougeait pas alors que tu venais de rassembler tes dernières forces avant le malaise, tes dernières forces avant de t’écrouler, assommé par la douleur, de l’inattention de l’homme pour le saisir de ton seul bras valide.
Elle ne bougeait pas.

Et tu as hurlé.
Car il commençait à tirer sur son sabre de toute ses forces, frottant sur les dernières parties de ton bras encore connectées à des terminaisons nerveuses, transformant la coupure nette en hachis.

« PLANTE-LE EAAN. »

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Sa lame tremble en tentant de dévier le coup de son assaillant. Jusqu’ici elle évitait les parades pour économiser son énergie. Elle sait qu’en combat frontal elle ne peut pas rivaliser avec la force brute d’un guerrier aguerri. Elle se sent faiblir et préfère reculer que de poursuivre un combat perdu d’avance.  
Sa botte heurte le mur de la balustrade menant au pont supérieur. Seconde attaque. Elle dévie une nouvelle fois le coup en se plaquant contre le mur. Sa main rendue poisseuse par le sang glisse le long de la paroi. Elle dérape en voulant esquiver un troisième coup et tombe à genoux.
Le sabre décrit une courbe parfaite. Elle n’a le temps que de retenir sa respiration pour encaisser un coup. Probablement fatal.
Une ombre passe devant ses yeux.
Un cri, déchirant.
Son cœur rate un battement.
Le sang gicle sur son visage.
Le temps s’arrête.

Ses yeux détaillent avec horreur le corps d’Isaac, à demi affalé, la lame du sabre de l’homme qui lui était destinée profondément enfoncée dans le bras.
Un vide immense se fait dans son esprit. Stupéfaite d’être encore en vie. Stupéfaite de voir celle d’Isaac s’étioler.
Quelque chose se brise en elle. Son cerveau semble avoir déconnecté.
Tiens, derrière l’épaule de cet homme qui gesticule, ce ne serait pas la fameuse constellation d’Orion ?

« PLANTE-LE EAAN. »

Le cri éraillé du jeune homme agit sur elle comme un sceau d’eau glacée.
Elle sent monter en elle une vague de rage désespérée, balayant toute la fatigue de son être. Quelqu’un doit payer. Ils doivent tous payer pour Isaac. Tous, à commencer par celui-là.
Ses doigts agrippent le manche de son poignard. D’un bon, elle s’élance par-dessus le corps du jeune homme. La lame du poignard s’enfonce dans l’abdomen de l’assaillant comme dans du beurre. Un rictus de douleur se peint sur son visage à mesure que sa chemise s’imbibe de sang. La blessure aurait probablement suffi à le mettre définitivement hors d’état de nuire. Mais pour Eaan, ce n’est pas assez.
Elle bondit de nouveau, accompagnant l’homme dans sa chute. Désarmé, maintenu sur le dos par la jeune femme l’écrasant de tout son poids, il ne parvient même plus à respirer. Mais ce n’est toujours pas assez.
Dans un cri de rage, Eaan abat de toutes ses forces le poignard dans l’oeil gauche de l’homme. Deux fois. Craquement sec. Le sang gicle à nouveau. Ce n’est toujours pas assez.
Elle se redresse, secoue son arme pour en chasser les morceaux d’immondices collés à la lame et se retourne vers le pont principal où la bataille est encore loin d’être terminée.
Une main assez large pour recouvrir entièrement son épaule l’immobilise fermement alors qu’elle s’apprêtait à se jeter dans un nouveau combat. Elle tente de se dégager de l’emprise. Alors, ce sont deux bras qui l’agrippent et la tirent en arrière. Elle laisse échapper un cri de colère, vite étouffé par le bruit de sa chute, abandonnée par ses jambes exténuées. Le capitaine du navire, sabre dégainé, passe devant elle et la toise d’un air sévère.

« C’est fini pour toi aussi, Eaan. »

D’autres mains l’entrainent à l’intérieur du navire. On lui confisque son poignard et l’arme de secours cachée dans sa botte. Cliquetis de la porte que l’on ferme à clé. Le parquet est maculé du sang. Jacob se tourne vers elle et plante ses yeux glacés dans ceux d’Eaan.

« Un seul, c’est largement suffisant pour ce soir. Tu restes là. »

Isaac est étendu au sol. Prise au piège, elle ne peut plus fuir et assiste, impuissante, à l’explosion de sa culpabilité. Sa gorge se noue en entendant les gémissements retenus du jeune homme. Ses poings se serrent lorsque ses yeux s’attardent sur son front humide de sueur et de sang. Elle détourne le regard. La vue de la blessure lui retourne l’estomac. Immobile, plantée au milieu du couloir, elle se sent pâlir.
Le Doc la bouscule, s’agenouille au-dessus d’Isaac. Perdue entre inquiétude et panique, les yeux dans le vague, elle ne comprend que des bribes de conversation. Le Doc parle d’urgence. De stopper l’hémorragie. Quelqu’un lui demande un chiffon, elle ne bouge pas. Jacob passe à côté d’elle et tend une poignée de linges propres au Doc.
Eaan finit par se laisser glisser le long du mur, la tête entre les genoux. Isaac hurle.
Il a recommencé. Une fois encore, il s’est senti obligé de la protéger. Et le pire, c’est qu’il avait raison de le faire. En fin de compte, c’est à cause de sa faiblesse à elle, qu’Isaac est en train de se vider de son sang aujourd’hui. En fin de compte, la seule qui doit payer, c’est elle.
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Isaac
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Le chaos dans tes nerfs, le chaos autour de toi. Eaan a fini par se mouvoir, renverser l’adversaire et tu t’es autorisé à te laisser tomber. Tes nerfs tranchés hurlaient, l’os brisé te faisait l’effet d’un brasier, ton coeur battait à tout rompre et si ton bras était comme incandescent tu te sentais toi-même refroidir. Surtout, ne t’endors pas. Le bourdon de tes oreilles et le voile devant tes yeux t’ont empêché d’assister au massacre de Eaan, à sa rage destructrice et incontrôlable.
Tu as à peine senti Jacob te soulever ; tu as à peine senti la paire de claques qu’il t’a donnée pour t’encourager à ne pas perdre connaissance, tu ne l’as pas entendu t’ordonner de rester avec eux. Rester avec eux, sur le champ de bataille ? Non. Rester avec eux tout court. Surtout, ne t’endors pas. Jacob t’a transporté comme il a pu, ton bras en charpie dans lequel le sabre était encore planté. Tu n’as pas regardé la plaie et, par chance, l’obscurité t’a permis d’éviter d’y jeter un coup d’oeil, même furtif. A chaque pas, la nausée se faisait plus forte. À chaque pas, ta tête se faisait plus lourde. Tu n’as pas vu que le capitaine vous escortait, repoussait les assaillants pour permettre à Jacob de se rencontrer sur sa marche. À chaque pas, ton champ de vision se faisait plus faible et ta vue plus trouble.

Cette délivrance que tu as ressentie lorsque vous avez franchi la porte et qu’ils t’ont étendu à même le plancher poussiéreux. Jacob t’a offert une nouvelle paire de claque qui t’a tiré un vague sourire, très vite remplacé par une grimace et un haut le coeur à peine contrôlé car le Doc commençait à analyser tes dégâts. Qui étaient considérables.

Par chance, tu étais trop vaseux, assommé par la douleur, assommé par tes sueurs froides, pour réellement comprendre. Tu ne les as pas entendu parler d’hémorragie, pas plus que tu n’as vu Eaan arriver, poussée de force dans la pièce par le capitaine qui est retourné au combat. Tu as fait le souhait pieux que l’adrénaline te permettrait de tolérer la douleur le temps que les premiers soins te soient attribués ; tu as tenté de te rassurer, de te dire qu’il n’y avait blessure que le Doc n’était capable de soigner. Que ça allait bien se passer.

Mais, hélas, ta lucidité t’est revenue quand le garrot a été posé.
Ton hurlement a glacé le sang de Jacob lorsque le sabre t’a été ôté d’un tir sec.
Les yeux du Doc faisaient tout pour éviter les tiens. Il a secoué la tête. Il a dit à Jacob qu’il fallait faire vite, rendre la blessure nette, pour qu’il puisse ensuite recoudre les artères et te permettre d’arrêter de te vider de ton sang. Jacob a hoché la tête et t’a regardé avec une pitié qu’il n’avait jamais éprouvé à ton égard.
Ton coeur battait dans tes tempes et il t’a murmuré avec toute la douceur dont il était capable de faire preuve qu’il fallait que tu lui fasses confiance quand il a placé la corde dans tes bouches.

« Mords ça, tu ne dois pas te mordre la langue. »

Tu as alors compris que le Doc n’était pas capable de soigner toutes les blessures et que celle-ci. Pâle comme la mort, le front plus brillant que les plus fiévreux, tu as tenté d’implorer Jacob du regard tandis que le Doc prenait place au-dessus de toi pour coincer la partie basse de ton corps tandis que ton maître navigateur te pressait le haut du corps pour que tu ne bouges pas.
Tu as fermé les yeux.
Tu as attendu une éternité.
Ils ont séparé ta main et ton avant-bras de toi et la corde dans ta bouche que tu as mordu au point de te l’enfoncer dans les gencives par endroit n’a pas suffi pour étouffer le cri. La nausée que tu contenais a fini par avoir raison de toi ; tu as rendu ton maigre repas, manquant de t’étouffer toi-même. Jacob a saisi ta main à présent libre et l’a jetée, hors de ta vue, hors de la sienne, plus loin dans la pièce. Tu ne l’as jamais su car tu n’avais pas remarqué sa présence, mais il l’a envoyée rouler aux pieds de Eaan.

La suite n’est plus, aujourd’hui, qu’un lointain souvenir flou ; la douleur avait réduit ta conscience à néant. Les connaissances techniques médicales et chirurgicales du Doc t’ont permis d’échapper à la cruelle cautérisation qui est encore pratiquée à grande échelle sur certains navires moins équipés que le vôtre. Il t’a recousu, finement, artères après artères, veines après veines, désinfecté comme il se devait.

« Une fois la bataille terminée, on le transportera dans le cabinet. Il a perdu beaucoup de sang. S’il doit survivre, il vivra. Je ne peux plus rien de plus à part attendre et voir. »


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Eaan

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Des pas précipités font des allers et venue devant elle. Elle entend les ordres précis du Doc. Le souffle saccadé d’Isaac. Le bruit des objets qui s’entrechoquent. Les muscles des hommes qui se tendent. Un avertissement bref. Un craquement, indéfinissable. Suivi d’un hurlement étouffé, déchirant.
Ensuite vient l’odeur. Qui la prend à la gorge. Une odeur forte odeur de sang mélangée à de la bile. Prise d’un haut le cœur, elle parvient avec peine à contrôler son estomac. Quelque chose de mou tombe près d’elle. La tête serrée entre ses bras, elle ne voit pas ce qui était la main d’Isaac rouler dans la pénombre.

Elle entend simultanément la voix de Jacob et du Doc s’adresser au blessé. Dehors, les bruits des combats s’amenuisent. Pour finir par définitivement s’arrêter.
De nouveaux, des bottes passent devant elle. La porte jusqu’ici fermée à clé s’ouvre. Des gens entrent. D’autres sortent. Des mots sont échangés. Elle les entend mais ne les comprends pas. Les hommes repartent.
Un temps. À sa gauche, dans la pièce où se trouve encore le Doc, Isaac ne gémit plus.
Sa gorge se serre. Ses yeux la brulent.
La porte s’ouvre de nouveau. Quelqu’un entre, s’arrête devant elle. On lui parle, elle ne comprend pas. Mais elle reconnait la voix d’Howell. Donc Howell est vivant.
Une main ferme l’attrape par le bras, la force à se relever.
Sous la couche ocre de sang séché lui recouvrant le visage, le teint d’Eaan est livide.
La main l’entraine vers l’extérieur. Elle obéit. Amorce un premier pas. S’effondre. On la maintient debout par une pression douloureuse sur son bras. Howell lui parle, elle ne répond pas. Elle sent son regard balayer son corps, avec une expression s’apparentant à de l’inquiétude, si tant est qu’Howell soit capable d’éprouver une telle émotion. Sur le pont, des marins s’affairent autour des cadavres, ennemis comme alliés. Les yeux d’Eaan passent de corps en corps, sans parvenir réellement à les reconnaitre. Le visage d’Howell se glisse dans son champ de vision.
Lui aussi fait barrage entre la mort et elle. Lui non plus ne l’estime pas assez forte pour endurer la souffrance de la vie.
Sans un mot, il l’entraine vers le pont supérieur, sa main toujours fermement agrippée à son bras. Eaan grimpe non sans difficulté les marches qui la mènent à la cabine du capitaine. La porte est ouverte. Ils entrent. Un échange de regard entre les deux hommes. Howell quitte la pièce en fermant la porte derrière lui. Silence.

Eaan est debout, immobile. Nauséeuse, presque titubante. Ses yeux fuyants fixent le sol. Elle se sent mal. Peine à trouver de l’air à cause de sa gorge nouée. En face d’elle, le capitaine dont la tenue de combat est souillée de crasse et de sang la transperce de son regard. Indéchiffrable.
Ce qu’Eaan ne sait pas, c’est qu’il vient de sauver de justesse son navire. Que les dégâts matériels ne sont rien comparé aux pertes humaines. Et que son équipage vient d’être amputé de plusieurs de ses hommes. Il en considérait certains comme des amis. Lui aussi se contient. Car sur ses épaules reposent le poids de la vie des matelots restants, et que l’heure n’est pas aux sentiments mais à l’action. Alors il détourne d’elle son visage aux traits tirés, et contemple le large depuis l’une des fenêtres de sa cabine.

« Quand tu seras capitaine, ton équipage entier sera prêt à mourir pour toi. Pas seulement Isaac. Chaque mort sera directement sur ta conscience. »

Le nom d’Isaac est un coup de trop dans la digue derrière laquelle elle contenait ses émotions. La digue cède et Eaan prend l’eau. Tous les efforts déployés jusqu’ici pour se contrôler s’écroulent, la submergent. L’humiliation de ne pas être à la hauteur. La culpabilité, cuisante. De ne pas avoir assez pris au sérieux les avertissements de ces dernières années. De ne pas avoir travaillé assez. De ne pas avoir été assez forte, assez rapide. De ne pas avoir réussi à se débarrasser de ce dernier ennemi. Et d’avoir eu besoin qu’un imbécile intervienne pour lui sauver la peau, au risque de perdre la sienne.
Les larmes brulantes glissent silencieusement sur ses joues sales. Elle serre ses poings craquelés de sang séché.

« Deviens digne de leur sacrifice, Eaan. »

/////

Elle referme la porte de la cabine derrière elle. L’aube se lève déjà. Sur le pont, les matelots s’organisent pour une manœuvre. Beaucoup manquent à l’appel, ils ont besoin de bras. Elle doit les rejoindre. Elle doit combler le vide. Alors qu’elle s’élance vers l’escalier dans l’intention de les rejoindre, la voix d’Howell la stoppe dans son mouvement. Adossé au mur derrière elle, il l’attendait.

« Je vais aider l’équipage. »  
« Non, pas tout de suite. »

Sans lui laisser d’autre choix, Howell l’entraine vers le cabinet du Doc, transformé en infirmerie. Lorsqu’elle entre, l’attention d’Eaan est happée par Isaac, allongé sur un lit, pâle comme la mort. Les yeux clos, le front perlé de sueur, il respire de façon irrégulière. A l’emplacement où devrait se trouver sa main, un pansement taché de sang. Dans son dos, loin, très loin d’elle, elle entend le Second annoncer la raison de cette seconde visite. Elle sent le regard appuyé des deux hommes sur le tissu de sa tunique durci par sang coagulé, dont le pan déchiré laisse entrevoir une entaille nette sur son flanc, à première vue superficielle.

« Elle est blessée. »
« Non. Non, c’est bon. C’est pas mon sang. » rétorque-t-elle avec amertume, sans parvenir à décrocher ses yeux d’Isaac.   « Occupez-vous plutôt de lui. » Sa voix déraille.
« Eaan, tu boites. »

Elle regarde, incrédule, la toile de son pantalon déchirée au niveau de la cuisse.

« Et je ne peux rien faire de plus pour Isaac. »

Constat simple, sans détour. Elle sent les larmes lui monter aux yeux. Se force à se détourner du jeune homme et parvient à se maitriser dans un soupir qui ne laisse personne dupe. Nouvel échange tacite entre les deux hommes. Howell s’éclipse, les laissant seuls.

« Tu permets, que je regarde un peu ? »

/////

Isaac va mal. Isaac a de la fièvre depuis plusieurs jours. Le Doc passe le plus clair de son temps à son chevet.
Isaac délire, il ne mange pas. Elle a entendu Jacob le dire à Howell.
Eaan, elle, encaisse. Ses blessures qui n’étaient que superficielles, se sont rapidement transformées en cicatrices.
Eaan comble le vide. Entre les morts et les blessés, l’équipage se trouve cruellement réduit et les manœuvres flirtent entre complexes et irréalisables. Jacob a été forcé de réduire la voilure pour pallier au manque de personnel. Eaan travaille. D’arrache-pied. Toujours là lorsqu’on a besoin de bras pour porter les caisses de nourriture, aider à virer de bord, réparer une voile. Eaan ne dort plus. Elle tombe de sommeil, puis se réveille, quelques heures plus tard, souvent en sursaut. Elle a appris les leçons du livre de navigation qu’Isaac et Jacob avaient tant de mal à lui faire rentrer dans le crâne. A lu les deux tomes suivants. Depuis plus d’une semaine, elle rejoint le navigateur la nuit, à l’heure où c’est normalement son apprenti qui est censé tenir la barre. Elle ne parle que très peu. Comme beaucoup, elle mure son inquiétude derrière le silence.

Isaac va mal. Le Doc l’évite. Elle a surpris une conversation entre le navigateur et le capitaine. Jacob a demandé s’il fallait l’avertir qu’Isaac risquait d’y passer. La capitaine a répondu par la négative : il la trouve déjà assez déconcentrée comme ça.

Eaan a demandé à Howell de rependre son entrainement. Eaan a radicalement changé d’attitude. Elle écoute et applique, sans se plaindre. Elle essuie les coups et progresse vite. Au fil des semaines, l’attitude de l’équipage se transforme. Eaan n’en a pas tout à fait conscience, mais quelque chose d’important est en train de se passer. Le capitaine n’en perd pas une miette. Il observe ce qui n’était que jusqu’alors qu'une intuition se réaliser sous ses yeux.

Plus personne ne lui parle d’Isaac. Elle ne parle d’Isaac à personne. Juste au Doc. Elle le guette tous les soirs, lorsqu’il passe prendre son repas aux cuisines. Elle lui demande des nouvelles. Elle apprend que depuis quelques jours la fièvre est tombée. Rien de plus. Il ne se prononce pas sur son état.

Pour la première fois, Eaan vient de gagner un combat contre Howell. Au bruit sourd du morceau de bois glissant sur le pont, toutes les têtes se sont tournées vers elle. Quelque chose change dans leurs regards.

Il parait que l’état d’Isaac s’améliore de jours en jours. Le Doc le pense tiré d’affaire. Il l’invite une nouvelle fois à venir lui rendre visite, elle refuse. Eaan ne peut pas voir Isaac. Elle n’est pas encore prête à l’affronter.
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