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LE TEMPS D'UN RP

Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher)

Val
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Val
Mer 6 Déc - 16:26

Simon Smith,
disent-ils...  

J'ai paraît-il 22 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? Tout et rien ? En quête d'emploi, d'utilité, d'identité ? Je suis caractérisé par une chose très particulière, je suis amnésique j'ai perdu la mémoire à la suite d'un accident de la route, aux USA en Californie il y a un peu plus de deux ans.



J'ignore ce que j'y faisais, et qui je suis et personne ne peut me le dire autour de moi L'enquête menée après le carambolage qui a causé la mort de six personnes, n'a pas permis de définir d'où je sortais ni ce que je faisais là. Je suis très probablement célibataire, mon jeune âge le laisse supposer mais si j'ai eu dans ma vie une personne aimée, elle est désormais dissimulée comme le reste sous la chappe de plomb qui me sert de mémoire.




avatar :Simon Julius Joergensen (instagram)

Le ciel est un océan suspendu.  

Elizabeth &  Simon

Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Fille-seule


« J'ai une mauvaise mémoire des noms,
mais je me souviens rarement des visages
»
W.C. Fields

Décembre 2023


« Le ciel est un océan suspendu. De temps à autre, il fond sur nous, lavant les collines et les maisons à l'eau de mer. » (*)

Le ciel, la mer, la glace, le vent... Je ne sais pourquoi il me semble que tout cela est « normal ». Parlons de moi ? Ça va être bref, il doit déjà être facile de résumer vingt années d'existence mais la mienne se réduit à deux ans...

Je suis « né » le 28 octobre 2021, après trois semaines de coma quand me réveillant j'ai été incapable de donner mon nom véritable. L'accident qui m'a pris mes souvenirs a causé six décès, il semblerait que j'en sois la cause, jeté d'une voiture sous les roues d'un camion qui pour m'éviter a traversé la chaussée et percuté une berline familiale... Un couple et ses trois enfants ont péri ainsi que le chauffeur du poids lourd. Tout cela, on me l'a dit. Je ne me souviens pas. Par la suite, personne ne m'a reconnu sur les photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et dans les médias. On m'a nommé Simon Smith, Simon parce que je suis revenu à la vie le jour où l'on fête ce saint, Smith... J'ai reçu des papiers américains, je ne sais pas par quel miracle.

Malgré de nombreuses séances d'hypnose et un suivi psychologique je n'ai jamais pu me retrouver. Je dois recommencer une vie, croulant sous les dettes -une association a pris en charge mes soins médicaux et attend d'être remboursée pour en aider d'autres-, incapable d'attention plus de quelques dizaines de minutes et donc de fournir un travail assidu et convenable.

Je suis un morceau de glace à la dérive, comme ceux que j'observe aujourd'hui. La seule chose dont je suis sûr, « les » devrais-je dire ? C'est que je ne m'appelle pas Simon, il m'a fallu un temps fou pour répondre à ce prénom, et que je ne suis pas natif de Californie, j'ai des visions de neige, de glace et d'océan !

C'est pour cela que j'ai accepté un boulot sur un paquebot qui faisait croisière vers les pays scandinaves, je voulais « voir », et me suis retrouvé à quai, viré, sans argent ni contacts... Ce n'est qu'une fois de plus !  C'est pourquoi je suis là, vêtu d'un manteau léger, un vêtement notoirement inadapté au climat du pays mais je suis arrivé direct de Californie. Un vol en avion nous a conduit sur la côte est et le bateau a fait le reste en deux semaines... Ils sont repartis, sans moi, personne ne veut d'un bon à rien qui oublie ce qu'il doit faire avant d'avoir fini.

Le peu d'argent que je possède fond comme neige au soleil... J'ignore comment justifier ma présence dans ce pays et où aller... Je reste perdu, ne réagissant pas même à l'urgence qu'implique le climat et mon dénuement. Je cherche du boulot, puis oublie et pars me balader sur le port, attiré par l'eau, les plaques de glace qui flottent dessus... Appuyé contre la barrière sur la jetée j'ai dans les yeux des images de sirènes et de tritons, de nage extrême tout au fond d'une eau froide. Je n'arrive pas à me défaire de la fascination qu'exercent les flots sur ma mémoire endormie.

Je jette un rapide coup d'oeil autour de moi, personne n'a bravé le froid à cette heure tardive. Les réverbères percent à peine le brouillard qui s'élève de plus en plus dense.

L'eau m'appelle, je ne sais pas pourquoi mais je suis clairement dans un état second. Cela m'arrive, assez fréquemment... A San Diego, j'avais un ami ? Un latino rencontré à l'hôpital qui se relevait également d'un accident de la route, je revois vaguement ses traits, et ai oublié son nom, sa voix seule me reste, calme, reposante, sensée, rassurante... Il m'aurait tiré en arrière, me rappelant doucement mais fermement que je me mettais en danger en enjambant cette rambarde. Mais il n'est plus là, dans ma tête quelques voix subsistent que je ne situe pas, certaines douces et amicales d'autres au contraire agressives... C'est étrange de se souvenir d'un timbre de voix et de paroles mais pas de ceux qui les possèdent et prononcent ?

J'ai enjambé, devant moi il y a les vagues figées qui se fracassaient contre la jetée, sous moi un mur de béton couvert d'algues et de coquillages morts, et l'eau... cette eau qui me murmure de sauter, j'ai la tête qui chavire, les yeux dans le vague, j'essaie de me souvenir de pourquoi je le dois ?

Sauter ?


Je prends ma respiration, et esquisse un mouvement. Un sursaut de conscience me dit que je ne dois pas le faire tout habillé, je commence donc à retirer mon manteau...

J'agis lentement, cherchant dans mes souvenirs diffus et confus le pourquoi de ce que j'entreprends ?

Qui es-tu quand tu es seul ?
Qui es-tu et qui n'a nulle part où aller ?
Qui es-tu quand tu es hanté par la ruine ?
Qui es-tu dans tes rêves les plus sombres ?


Un peu plus loin, je vois un groupe de personnes qui courent en cadence vêtus de couleurs voyantes et gaies. Ils s'arrêtent, boivent, parlent, rient... Vivent.

Mon esprit a comme un sursaut, je regarde l'eau sous mes pieds à trois mètres environ, je sens la barrière en bois et métal dans mon dos. Je me mords les lèvres et froncent les sourcils, qu'est-ce que je fais là ? Qu'avais-je entrepris ? Puis... je me rends compte que s'il est facile de sauter par dessus un muret d'un mètre de haut quand on a de la terre ferme sous les pieds, il est beaucoup plus difficile en sens inverse de revenir quand il ne subsiste que quinze centimètres de béton glissant... Me retourner pour prendre appui sur le bois gelé est une épreuve que je risque fort de rater et mes doigts gourds n'ont pas la certitude de me hisser sans heurt pour que j'enjambe à nouveau...

En dessous, les vagues immobiles attendent sous une mince couche de glace. Lorsque je la percuterai malgré ma minceur, elle cassera.

Musiques:

(*) Frédéric BeigbederUn roman français (2009)









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Lun 11 Déc - 0:13
Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Elisim10
Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Et puis...Il y a LUI qui m'empêche de me suffire. Je le vis douloureusement.

Le comte et la comtesse Van Sechtelen s'aimaient comme l'on pouvait s'aimer dans le milieu aristocratique. Quelques années plus tôt, leurs familles respectives avaient œuvré avec soin pour que leurs progénitures se rencontrent, s'apprécient. De rallyes en rallyes, des affinités se liaient, les jeunes tricotaient et fricotaient ensemble. Ces deux-là finirent par se marier, encouragés par leurs proches très au fait des avantages de porter un nom prestigieux.
Mais Madame pécha par excès. Grisée, lassée et délaissée depuis trop longtemps par son époux, elle succomba à ce bel amant d'un soir. Renversée sur le bureau d'ébène, elle se laissa aller comme jamais, noyée au creux d'un ventre en feu et assoiffé.

1994

Au sourire de la Lune, elle naquit presque sans bruit. Ne pleura pas. Ses grands yeux ouverts s'arrêtèrent quelques instants sur l'aube de cette grande vie qu'on lui offrait. Il paraît même qu'elle avait souri...
Elizabeth, fruit d'une adultère éphémère. Si jeune et déjà, elle voyait les anges.
Le secret de son origine fut férocement gardé. On l'éleva comme il se doit, telle une descendance de rois. Par chance ou par destin, l'enfant maudit se révéla excellente élève, douée pour les études. Elle aurait pu être promise à une brillante carrière mais sa passion brisa les aspirations familiales. Comédienne ! Ce n'était pas un métier, encore moins un avenir, tout juste un passe temps d'original et ce, chez les autres ! Pas dans le milieu ! Alors, d'une manière subtilement hypocrite et joliment perfide, on la bannit définitivement du clan familial. On ne l'aima pas l'enfant de "l'accident". Le manteau infâme de la Bienséance la revêtait comme une lèpre. Alors, au fil des années, elle développa une sensibilité à fleur de peau. Elle devint différente.HPE diagnostiqua le rapport du spécialiste.

Un.
Deux.
Trois.

Le bruissement du rideau qui se lève.
Arrêt sur scène.
Les secondes ralentissent.

Elle ne voit plus ici. Ses ailes se déploient délicatement
L'audace d'une extravagance
Le chant d'un songe
L'insolence de l'irréalité

Le théâtre. Le RÊVE.

Et puis cette rencontre. Un chauffeur de maître. Un être à part. Ob. Celui qui la comprend. Celui qui résonne. Celui qui rêve avec elle. Les clartés de Là-bas se mirent à resplendir les éclaboussures d'un sublime amour. Un feu douillet valsait tout autour, les écailles de Lune voletaient. Projetée dans une dimension parallèle. Aveugle et sourde à la réalité. S'imprégner de l'éternité. Rêver à deux, à l'Absolu, à l'Infini. Enfin! L'exil n'est plus! Mais...Il s'en est allé loin, soudain inaccessible tel un songe éthéré n'ayant jamais existé.

Eli avait deux cœurs : l'un ici, l'autre...L'autre... ? Non, vous ne saurez pas. Vous ne pouvez pas comprendre.



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L'été ondulait dans le lointain, si proche. Le secret qui l'habitait désormais se palpitait là, à l'intérieur, comme un souffle de soleil. Y penser la fascinait, en rêver l'émerveillait, le vivre la transcendait. Elle  volait par amour en vrai ! En vrai ! Sa perception du vent et de ses brises avait changé pour toujours. Par l'esprit, elle voletait parfois  avec les oiseaux rencontrés par hasard, les piafs, les bergeronnettes des ruisseaux, les harfangs des neiges, les hirondelles...Elle avait basculé de l'autre côté, déséquilibrée sur le fil d'une destinée sans filet ; fermer les yeux du monde pour mieux s'en imprégner encore et encore...Ob...et sa présence qui avait fait craqué la sienne, Ob dont le sentiment l'avait adoubée d'ailes et d'onirisme incarné, Ob qui coulait dans ses veines et vogue l'éternité sur les flots de l'Absolu et... ! Oh seigneur ! Cet amour là !

Et Val...Cette amitié folle et sans filtre qui les liait sans raison. Peut-être simplement celle d'un miracle altruiste ? Elle n'avait jamais pu en parler à ceux qu'elle aimait. Que dire ? Qu'elle éprouvait à son égard une affection comparable à celle d'un frère de sang ? Qu'il signifiait le sanctuaire d'une fraternité choisie ? Elle n'en avait pas envie. Et toutes ces choses qu'il souhaitait lui enseigner...!

Eli se baladait dans son cœur, ses pensées, l'âme emplie de bonheurs frémissants. Une ombre l'inquiétait cependant au sujet de Ob. Quelque chose lui échappait, qu'elle ne comprenait pas, insaisissable. Il avait refusé de voir un médecin mais son intuition lui chuchotait des sensations noires. Inquiète, une tristesse particulière s'était alors immiscée, profonde, cachée.


Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Regatt10


Mais cette semaine s'annonçait joyeuse et légère : une chouette soirée prévue avec la bande habituelle : des gens de la troupe, des vieilles amitiés qu'elle connaissait depuis très longtemps. Une après midi entière au SPA avec sa voisine âgée qu'elle adorait, une randonnée dans les fjords, du shopping...Depuis la disparition de son cher et tendre, elle n'avait pas repris les tournées, préférant se poser et digérer ce qui s'était passé. Pensez donc ! Se retrouver dans les airs avec des plumes à la place des bras ! Au fond, d'une certaine manière, elle y était restée là-haut, ne réalisant pas encore les implications et les bouleversements que cela impliquait. Et puis ça ne s'était produit qu'une fois ! Elle avait tant et tant à apprendre !

Ils avaient décidé de se rendre au Regatta sis au bord de l'eau dans le quartier de Töölö. Lydian avait apporté sa guitare, jouait en sourdine avec l'accord du patron qu'il connaissait bien. Le froid sec leur avait permis de griller leurs saucisses dans les bans tout près du rivage. C'était bon de les revoir tous ensemble ! Ils restèrent jusqu'à la fermeture puis finalement voulurent prolonger la soirée. Autant en profiter ! Et d'un d'aller chercher des bières dans son coffre qu'il venait d'acheter, et de l'autre de proposer de marcher le long de la mer. Ça lui fit un bien fou à Eli de les revoir tous depuis tout ce temps où elle avait un peu disparu de leurs radars. Vint le moment de se quitter mais Ainikki proposa de courir pour rejoindre le parking histoire de se réchauffer et de rigoler pour rien ! Rosis par le froid vivifiant, ils se dirent au revoir et chacun chacune retourna chez lui telle une volée de moineaux. La rouquine ne démarra pas tout de suite, prit le temps de consulter son téléphone. Sa mère avait essayé de l'appeler sans laisser de message. Comme d'habitude... Elle la chassa de sa pensée, soupira, mit la clef de contact, ceinture, l'anti brouillard qui percerait les nuages rasant le sol. Soudain, tandis qu'elle manœuvrait, elle le vit. Debout. Seul. Figé.

Le pied sur le frein, elle laissa le moteur tourner. Quelques secondes. Un couteau dans le ventre. Les yeux rivés sur la silhouette, elle osait à peine respirer.

Il ne bougeait pas. Seul. Figé. Au dessus de l'eau, au dessus de la glace.

Sans le quitter du regard, Eli coupa le contact, sortit de la voiture, marcha d'un bon pas vers lui. Ralentissant à son approche, elle évalua la distance entre le parapet et la rive. Au moins trois mètres, de quoi se fracasser le crâne. Le cerveau en apnée, elle toussota.

-Salut.

Ramassa le vêtement sur la terre dure.

-Ton manteau est tombé.


Et sans attendre une éventuelle réaction grimpa  à son tour prenant soin de garder une jambe de l'autre côté de la rambarde.

-Tiens, tu peux le remettre. Comme si de rien n'était.

Elle lui tendit et en profita pour s'approcher très près de lui. Tandis qu'elle lui présentait une manche, elle s'arrangea pour placer son pied devant le sien.

-C'est beau n'est-ce pas ? J'aime venir ici et contempler la mer. Toi aussi ?

Qu'il fasse un seul mouvement en avant et elle se jettera de tout son poids contre lui ! Ils tomberaient ensemble en arrière sur le bord de la route, un moindre mal !

La nuit tombait. L'atmosphère devenait étrange avec ce brouillard qui s'épaississait de plus en plus. Animale, concentrée à l'extrême, Eli ne pensait plus. Tout son corps n'aspirait qu'à une unique volonté de fer : l'empêcher de se tuer !

Rescue
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Sam 23 Déc - 14:04

Simon Smith,
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J'ai paraît-il 22 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? Tout et rien ? En quête d'emploi, d'utilité, d'identité ? Je suis caractérisé par une chose très particulière, je suis amnésique j'ai perdu la mémoire à la suite d'un accident de la route, aux USA en Californie il y a un peu plus de deux ans.



J'ignore ce que j'y faisais, et qui je suis et personne ne peut me le dire autour de moi L'enquête menée après le carambolage qui a causé la mort de six personnes, n'a pas permis de définir d'où je sortais ni ce que je faisais là. Je suis très probablement célibataire, mon jeune âge le laisse supposer mais si j'ai eu dans ma vie une personne aimée, elle est désormais dissimulée comme le reste sous la chappe de plomb qui me sert de mémoire.




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Le ciel est un océan suspendu.  

Elizabeth &  Simon

Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Th?id=OIP


« Le ciel est un océan suspendu. De temps à autre, il fond sur nous, lavant les collines et les maisons à l'eau de mer. » (*)

Décembre 2023

De ma contemplation hypnotique jaillissent des mots ? Ils résonnent sur les parois vides de ma boîte à pensées et à angoisses... J'entends la voix, cherche, elle fait partie des oubliées si elle et moi nous sommes connus...

- Salut. Ton manteau est tombé. Tiens, tu peux le remettre.

Je tourne la tête, égaré, interrogatif ? Le remettre ? Je prends conscience que mon pullover fin en synthétique usé laisse passer l'humidité qui s'infiltre jusqu'à mes os... Pourquoi ai-je retiré mon manteau ? Qu'est-ce que je fais là ? Non pas face à l'eau gelée, ça c'est courant, elle m'attire comme la flamme attire un papillon fasciné, mais … au-dessus du vide ?

- Ya ne znayu... Je fronce les sourcils ? J'ai murmuré comme pour moi-même... Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'ai-je dit et de quel passé lointain cela sort-il ? Je me mords les lèvres, j'essaie de trouver les mots, en finnois ? Elle a parlé finnois, c'est normal on est en Finlande. Mais comment puis-je la comprendre ? Je ne me suis encore pas posé la question, là-bas, là où on m'a trouvé, sauvé et nommé, je parlais l'anglais, sans accent et avec des expressions purement américaines ? C'est pour ça qu'ils m'ont accordé la nationalité, parce qu'ils me pensaient des leurs ? J'ai traversé l'océan et parlé finnois, comme si je n'avais jamais parlé autre chose ? Et là ? Qu'ai-je dit ? En quelle langue ? Qui suis-je ? La réponse à cette ultime question serait une fin à mes tracas non ?

Peut-être pas ?

Qu'en sais-je ?

Je la regarde, ses cheveux qui dépassent du bonnet me font sourire, elle est rousse ! Je ne sais pas pourquoi cette teinte me réchauffe et me rassure.

- Je ne sais pas... mais je tends la main pour enfiler le manteau. Mais enfin, pourquoi l'ai-je retiré ?! Je regarde au dessous, il y a quelques mois, ou semaines, quand l'eau est devenue glace les vagues venaient se casser sur la jetée en béton. Mes yeux regardent loin dans un passé révolu à jamais, je les vois, elles ne sont pas énormes, à part pendant les tempêtes ces eaux là sont sages, pas comme en Californie où les rouleaux prisés des surfeurs font plusieurs mètres de haut. Elle continue à parler, je sens son pied contre le mien et ne comprends pas ?

- C'est beau n'est-ce pas ? J'aime venir ici et contempler la mer. Toi aussi ?

Je tourne un peu plus la tête dans sa direction et fais un « oui » perdu sans parler, je m'accroche aussi à la rambarde, au point que mes bras me font mal. Je dois avoir l'air d'un enfant en faute, convaincu d'avoir fait une grosse bêtise et de mériter une punition. Pourquoi suis-je de ce côté là de la barrière ? Je murmure à nouveau - Je vais tomber, ça glisse.

Je ne veux pas tomber ?
Je n'ai jamais voulu sauter ?
Si ?
Pourquoi ?
Quand ?

Ma tête me fait mal, ils ont dit qu'elle avait cogné contre le sol, fracture et traumatisme crâniens, mes jambes aussi souffrent, elles ont été brisées en plusieurs points et n'ont pas encore retrouvé leur solidité. Je suis revenu au monde … neuf, et probablement différent. Le temps, l'espace et même la réalité sont pour moi des notions variables ?

Je la vois, je lui parle, elle me parle, mais je sais pour l'avoir déjà expérimenté que je peux fort bien la voir réelle alors qu'elle ne l'est pas. Les médecins là-bas ont dit que ça reviendrait à la normale, mais de quelle normale parlaient-ils ? J'ai peut-être toujours été mentalement dérangé ? Je me suis fait des tas de plans, une tête que personne ne reconnaît ? Ils n'ont pas publié mes traits qu'en Californie, pas même qu'en Amérique, à ce que j'ai compris le mystère que je représentais a eu les honneurs de la collaboration internationale des polices. Et nulle part, personne ne s'est manifesté ? Alors qui sait, j'étais peut-être déjà une anomalie qu'on cachait avec honte et qu'on a voulu tuer en la jetant sous une voiture ?

Je m'oblige à articuler le plus sereinement possible...

- Je voudrais remonter. Pouvez-vous m'aider ?

Puis, comme elle m'a tutoyé j'ajoute, troublé

- On se connaît ?

A n'en pas douter que ce soit le cas ou pas elle va s'interroger ? Pourquoi ne puis-je pas amorcer une conversation avec un être humain sans avoir l'air totalement à l'ouest ? D'aucuns me diraient qu'à l'ouest je le suis, et que donc cela se voit ? Mais ça ne répond pas à mon interrogation.

Il y a eu l'accident certes, mais d'autres ont des accidents de la route chaque jour et ne restent pas entre deux mondes perdus à ne pas savoir qui ils sont ?

- Je suis désolé, je ne me souviens pas.

Mes doigts me font mal, au moins ils ne sont pas gelés, je ne sais où j'ai pris que gelés tu ne les sens juste plus ? J'essaie de saisir la rambarde et de rassembler mes forces, je dois l'escalader à nouveau !

J'ai l'impression que je vais y laisser mes empreintes digitales -muettes elles aussi, personne ne m'a jamais mis en fiche nulle part ? Pas même pour un recensement militaire ?- puis...

Je glisse, mon pied dérape et l'eau m'attire soudain !
Pile ou Face:

Ainsi, naufragé, une incommensurable douleur me parcourt comme si mon corps se souvenait d'une chose qui échappe -comme toujours- à ma mémoire- je me sens tourner, le vertige me prend, je vais sombrer !


Musiques:

-------
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'PILE OU FACE' :
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Dim 24 Déc - 1:54
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Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Et puis...Il y a LUI qui m'empêche de me suffire. Je le vis douloureusement.

Le comte et la comtesse Van Sechtelen s'aimaient comme l'on pouvait s'aimer dans le milieu aristocratique. Quelques années plus tôt, leurs familles respectives avaient œuvré avec soin pour que leurs progénitures se rencontrent, s'apprécient. De rallyes en rallyes, des affinités se liaient, les jeunes tricotaient et fricotaient ensemble. Ces deux-là finirent par se marier, encouragés par leurs proches très au fait des avantages de porter un nom prestigieux.
Mais Madame pécha par excès. Grisée, lassée et délaissée depuis trop longtemps par son époux, elle succomba à ce bel amant d'un soir. Renversée sur le bureau d'ébène, elle se laissa aller comme jamais, noyée au creux d'un ventre en feu et assoiffé.

1994

Au sourire de la Lune, elle naquit presque sans bruit. Ne pleura pas. Ses grands yeux ouverts s'arrêtèrent quelques instants sur l'aube de cette grande vie qu'on lui offrait. Il paraît même qu'elle avait souri...
Elizabeth, fruit d'une adultère éphémère. Si jeune et déjà, elle voyait les anges.
Le secret de son origine fut férocement gardé. On l'éleva comme il se doit, telle une descendance de rois. Par chance ou par destin, l'enfant maudit se révéla excellente élève, douée pour les études. Elle aurait pu être promise à une brillante carrière mais sa passion brisa les aspirations familiales. Comédienne ! Ce n'était pas un métier, encore moins un avenir, tout juste un passe temps d'original et ce, chez les autres ! Pas dans le milieu ! Alors, d'une manière subtilement hypocrite et joliment perfide, on la bannit définitivement du clan familial. On ne l'aima pas l'enfant de "l'accident". Le manteau infâme de la Bienséance la revêtait comme une lèpre. Alors, au fil des années, elle développa une sensibilité à fleur de peau. Elle devint différente.HPE diagnostiqua le rapport du spécialiste.

Un.
Deux.
Trois.

Le bruissement du rideau qui se lève.
Arrêt sur scène.
Les secondes ralentissent.

Elle ne voit plus ici. Ses ailes se déploient délicatement
L'audace d'une extravagance
Le chant d'un songe
L'insolence de l'irréalité

Le théâtre. Le RÊVE.

Et puis cette rencontre. Un chauffeur de maître. Un être à part. Ob. Celui qui la comprend. Celui qui résonne. Celui qui rêve avec elle. Les clartés de Là-bas se mirent à resplendir les éclaboussures d'un sublime amour. Un feu douillet valsait tout autour, les écailles de Lune voletaient. Projetée dans une dimension parallèle. Aveugle et sourde à la réalité. S'imprégner de l'éternité. Rêver à deux, à l'Absolu, à l'Infini. Enfin! L'exil n'est plus! Mais...Il s'en est allé loin, soudain inaccessible tel un songe éthéré n'ayant jamais existé.

Eli avait deux cœurs : l'un ici, l'autre...L'autre... ? Non, vous ne saurez pas. Vous ne pouvez pas comprendre.



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Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Simon211
Ne te fuis pas. Attends moi, j'ai quelque chose à te dire...

Il grelottait. Elle nota le corps transi vêtu d'un pull élimé bien trop fin pour empêcher le froid de le mordre, enregistra la détresse qui dégoulinait. Près de lui, Eli recevait en plein sa présence éperdue, sentait le sang de son âme suinté d'un mal invisible. La désespérance la frappa douloureusement, révélant la justesse de l'intuition qui l'avait étreinte dans la voiture.

L'hiver...On croit savoir qu'il arrive sans cesse après l'automne et s'en va  à l'arrivée joyeuse du printemps. En vérité, il peut s'installer dans la part d'éternité jaillissante de notre esprit délaissant. Les plus beaux rires et sourires ne sont ils pas souvent le privilège des maux et des blessures les plus profondes ? Et quand ces joies disparaissent, parfois ou pour toujours, alors les courages et les sursauts de survie ne savent plus combattre le chagrin qui nous étreint en ronde. Et le froid envahit les cœurs. Une neige glacée se met à tomber tout doucement, sans bruit et sans fin à l'intérieur. Elle se pose et s'épaissit entre le monde et ce que nous devenons alors : un terrain vague immaculé, figé, acédique, solitaire.Triste. Fatigué. Lavé. Décimé. On s'en fiche, on se défriche. On coule dans la houle.

Sans être vu.

La rouquine se souvenait, il y avait si longtemps...Alors elle comprenait , autant qu'elle pouvait. C'était si délicat ! Si difficile ! Mais non pas impossible : il aurait déjà sauté.

Elle vit la marque de l'ailleurs dans ses yeux, la terrible marque. Celle qui faisait peur, celle qui retranchait, celle qui faisait fuir. Celle qui noyait. Elle eut mal pour lui, mal pour cette abominable limite, infranchissable : l' incapacité de le sauver malgré lui. Deux grosses perles salées grimpèrent jusqu'à ses paupières mais elle les retint avec force.

"J'ai envie de hurler mais je me tais !  Je voudrais sangloter mais je souris ! Tu me touches en plein cœur, de plein fouet ! mais je LE combattrai !" 

Il parla...Il y avait au moins un contact ! Il réagissait ! Tout d'elle gueulait en silence : « Je vais t'empêcher de te tuer ! De toutes mes forces ! DE TOUTES MES FORCES ! »

La finlandaise écouta les mots qui ressemblaient à...du russe ? Une langue de l'est ? Ça compliquerait la communication  et dans l'espèce, c'était grave ! De surcroît, il semblait étonné de ses propres propos? Peu importait ! Elle allait lui parler avec des gestes, essayer l'anglais, l'essentiel se résumait à le sortir de ce parapet de la mort, l'équation était simple !

Mais il ne lui en laissa pas le temps, répondant ensuite dans un parfait finnois sans aucun accent particulier. Ouf ! Ils pourront se comprendre sans problème ! Un point positif qui la soulagea un peu. Elle accrocha son sourire au sien tout en l'aidant à enfiler son manteau tranquillement, usant de beaucoup de douceur. Mais bientôt, son attention retourna vers l'étendue d'eau et de nouveau, il redevint hagard. « Dire des banalités, raconter tout et rien pour détourner l'aspiration vers le vide...Parler, parler pour qu'il ne sombre pas dans le néant...Parler c'est le vivre de l'humanité...le VIVRE... »

Il acquiescia, elle, jeta un œil très rapidement sur ses mains qui se maintenaient sur le métal froid du parapet. Les phalanges blanchies...Il fallait quitter ce lieu dangereux immédiatement !

-Non, tu ne vas pas tomber mais l'humidité gèle et rend le sol glissant c'est vrai ; il faut bouger lentement.

« Je vais tomber... » Elle reçut -et accueillit- les mots presque chuchotés au-delà du corps physique. « Où vas tu tomber mon ami ? Qui ou quoi t'a fracassé au point de vouloir mourir...? »

En elle cependant, un immense soulagement la fit expirer plus fort. Il avait conscience de la situation précaire dans laquelle il se trouvait ! Demandait de l'aide !

-Je peux t'aider, affirma t-elle paisiblement. Une évidence farouche qu'elle défendra bec et ongles !

S'ils se connaissaient ? Une fraction de secondes elle hésita, indécise. Lui dire la vérité ? Mentir pour tenter de le forcer à se sauver de lui-même ? Durant ce laps de temps extrêmement bref, elle essaya de capter ce qu'il y avait dans son regard. N'y trouva pas grand chose de  solide : il regardait sans voir, sans la voir véritablement, l'attention fuyante, épuisée, vidée, comme s'il ne possédait plus aucune substance. Il s'exprimait machinalement, désorienté, désemparé tel un pauvre fantôme égaré...attiré par l'onde ébène...Oui, Eli percevait cette sensation évanescente qui s'échappait de son être, exacerbée de surcroît à cause de ce fichu brouillard qui rendait la nuit tombée angoissante. Encore un peu...de temps...et il allait disparaître d'un coup ! Un cauchemar éveillé dont elle se souviendrait ?

-On se connait oui, depuis tout à l'heure.

La stricte vérité adoucie par une subtilité qui, espérait-elle, maintiendra suffisamment leur lien éphémère -quoique puissant à cet instant-pour le tirer de là !

-Ça n'a aucune importance. J'ai une mémoire de poisson rouge comme toi tu sais ; on m'appelle Bubulle tellement j'oublie tout.

TU N'ES PAS SEUL ! 

Elle lui sourit bénissant les halos des réverbères et leurs lueurs perçant  la brune. Il fallait le noir pour que la lumière jaillisse...

Tout s'enchaîna brutalement. Elle le retint comme elle put alors qu'il s'effondrait, déséquilibré. Le soutenant à bras le corps, elle en tomba à genoux criant un « woooh ! » de panique. Sa jambe de l'autre côté de la rambarde lui permit de résister à l'effroyable chute. Mais elle ne pourrait pas tenir ainsi pas longtemps !

-Hey ! Réveille toi ! Réveille toi !

Essoufflée par l'effort immense de son poids inconscient qu'elle empêchait de tomber, elle essaya de se rapprocher de la barre de métal. Au bout de quelques centimètres de reptations pénibles où elle s'écorcha les doigts au sang, elle renonça. L'inconnu pesait bien trop lourd pour elle.  
Que faire ?!!!... Que faire ?!!!... Respirer...Respirer...Longuement. Profondément. Ne pas céder à l'angoisse...Ne pas forcer le destin... « Je ne force pas...Ne pas forcer... » Aller dans le sens qui s'impose...Ne pas chercher à remonter...Descendre...Suivre le versant de ciment...Une seule solution s'imposait : se laisser glisser le long du mur et finir sur la glace ! Il fallait atteindre la partie plate qui se situait après le décrochement du bâti par contre, afin d'éviter une chute violente. Rouler sur eux mêmes serait la solution la moins pire sachant qu'ils allaient subir un rebond avant de s'échouer sur la pente !

Le fait d'ôter sa jambe du dessus de la rambarde allait inévitablement les faire basculer. Calant la tête du jeune homme contre la sienne, les bras autour de son torse, elle inspira un grand coup puis...se replia.

Undercover

Aussitôt, les deux corps enlacés se mirent à rouler. À  l'endroit du retrait de la paroi, la rouquine se crispa, évitant au maximum que leurs crânes ne soient choqués. Elle se prit un coup malgré tout et leur course se poursuivit jusqu'en bas. La charge de chair et d'os mêlés atterrit durement, brisant dans un grand bruit d'écho la glace. Le froid intense de l'eau les perça en même temps et Eli cria. Il fallait sortir ! Sortir de ce piège gelé !

Soulevant le garçon par les épaules, elle le tira par à coups jusque sur le bord et enfin, s'effondra sur le dos dans la neige. Épuisée. Transie. Mais il fallait s'en aller ! Mettre des vêtements secs, se réchauffer !
Impossible de le porter jusqu'à la voiture, alors elle lui tapota les joues.

-S'il te plaît, reviens !


Ne pas rester les pieds mouillés par un temps pareil. Elle entreprit de lui enlever ses chaussures, ses chaussettes, puis fit de même pour elle. Elle tâta son front, vérifia qu'il n'avait rien de cassé, se mit à lui frotter les pieds avec frénésie.

-Je t'en prie...

S'il ne reprenait pas conscience rapidement, elle courait jusqu'à sa voiture et appellerait les secours. C'était sans doute la meilleure solution. Qu'un médecin prenne soin de lui, qu'il puisse lui redonner l'envie d'être...

Ce regard qu'il avait eu...Au milieu du blanc et du silence, Elizabeth, tout à coup, pleura.

Descending


Spoiler:


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Val
Mar 26 Déc - 19:28

Simon Smith,
disent-ils...  

J'ai paraît-il 22 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? Tout et rien ? En quête d'emploi, d'utilité, d'identité ? Je suis caractérisé par une chose très particulière, je suis amnésique j'ai perdu la mémoire à la suite d'un accident de la route, aux USA en Californie il y a un peu plus de deux ans.



J'ignore ce que j'y faisais, et qui je suis et personne ne peut me le dire autour de moi L'enquête menée après le carambolage qui a causé la mort de six personnes, n'a pas permis de définir d'où je sortais ni ce que je faisais là. Je suis très probablement célibataire, mon jeune âge le laisse supposer mais si j'ai eu dans ma vie une personne aimée, elle est désormais dissimulée comme le reste sous la chappe de plomb qui me sert de mémoire.




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Le ciel est un océan suspendu.  

Elizabeth &  Simon

Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Th?id=OIP


« Le ciel est un océan suspendu. De temps à autre, il fond sur nous, lavant les collines et les maisons à l'eau de mer. » (*)

Décembre 2023

- On se connaît oui, depuis tout à l'heure.

Le regard que je lui lance doit paraître totalement égaré, je le suis, je ne sais plus, j'ai mal, ma tête me lance comme à chaque fois que j'essaie de remonter à la surface quelque chose, n'importe quoi, et puis... mon corps aussi me fait mal, mes doigts sont gelés, je constate que je n'ai pas de gants ? En ai-je amené ? Je ne sais plus, probablement, on ne part par sur un bateau qui va traverser l'Atlantique jusqu'en Scandinavie sans gants ? J'ai pris un manteau, même un bonnet -que j'ai perdu- alors des gants ? Mon pied glisse, mes bottines ne sont pas faites pour la neige et la glace, la semelle de cuir souffre et n'adhère pas, en fait, rien n'est prévu pour ces températures et cette météo.

Pourtant, je ne suis pas Californien, j'en suis sûr ! Mais peut-être suis-je vraiment Américain ? Ou Canadien ? Il y a sur ce continent des endroits froids où la mer gèle ? Non ? Qu'est-ce qui m'a poussé à prendre ce job ? J'ai combattu pour l'avoir, j'ai supplié, alors que je me doutais bien qu'en situation ça ne le ferait pas. De toute façon, je suis complètement largué dès qu'il s'agit de travailler, pas assez de concentration, des sautes d'humeur, des moments de stase où je reste à voir devant moi des choses que personne ne perçoit ! Les autres me prennent pour un fou et sans doute ont-il raison.

Je me sens tomber, je NOUS sens tomber ? Pourquoi s'est-elle accrochée ? Je crois qu'elle l'a fait ? Je ne sais plus, je me suis évanoui emporté par une spirale qui ressemblait dans mon esprit au trou noir qu'est ma conscience. Est-ce que c'est d'avoir faim ? Froid ? Peur aussi même si c'est refoulé ? Là-bas, j'avais une chambre dans un foyer -dont je devais presque deux mois de loyer, mais l'association d'aide aux victimes se portait caution- ici, je n'ai rien trouvé, pour trouver il faudrait un boulot et des papiers qui soient en règle, je n'ai pas la moindre idée de la façon dont je dois régulariser ma situation, le bateau m'a posé à quai et est reparti, je n'ai pas de quoi rentrer aux USA et honnêtement je ne le souhaite pas...

Je veux rentrer à la maison.

C'est une idée qui s'impose... et qui est très compliquée à suivre puisque j'ignore où se trouve la maison.

J'en suis là de mes rêves quand je me sens doucement gifler puis mes pieds sont massés...

- S'il te plaît reviens ! Je t'en prie  

Reviens ? Reviens d'où ? Je suis allongé par terre, la neige se mélange à une eau glacée qui dégouline de mes vêtements ? Ah oui, je suis tombé ! Pourquoi étais-je sur cette rambarde ? Je n'ai jamais voulu sauter ? D'impuissance je laisse enfin couler les larmes, je n'en peux plus ! Je ne peux plus vivre en n'étant qu'une ombre sans passé ni avenir, incapable de même savoir d'où elle vient et encore plus ce qu'elle est ! Ma mémoire immédiate elle agit, elle a dit « Je vais t'aider » ? Je crois ?

Je me redresse, m'assois, je ne peux pas arrêter les larmes... Plus qu'un chagrin véritable elles sont l'expression de mon épuisement, physique, mais surtout mental. Où vais-je ? Qui suis-je ? Pourquoi suis-je là ?

Parfois, j'ai comme un éclair d'intuition qu'aussitôt mon esprit occulte.

- Ils disent que je m'appelle Simon... Merci. Je ne voulais pas, enfin je ne crois pas, j'ai glissé...

Mon estomac se tord, ma tête tourne... Dans un réflexe je sors de ma poche intérieure un passeport américain, dont les pages intérieures sont trempées et vont devoir sécher... et ce qui me reste d'argent, des dollars, eux aussi en piteux état. Je fais un petit tas de tout ça, comme un enfant mettrait devant lui ses trésors, bien piètres trésors qui déjà pourvus de peu de valeur vont être inutilisables s'ils restent mouillés...

- Je ne sais pas où aller, peut-être qu'ils me rapatrieraient … mais je ne veux pas y retourner...   Elle ne doit rien comprendre ? Même si je trouve l'ambassade des Etats-Unis, même s'ils acceptent un passeport dans cet état, qu'irais-je faire là-bas ? Ce n'est pas chez moi ! Je suis certain que ce n'est pas chez moi ? Mais où est « chez moi » ? - Je veux rentrer à la maison... J'ai murmuré, si elle a entendu et me demande une adresse ? Je ne peux même pas citer un pays !

Simon Smith tu es fou.

Tout simplement fou.


On ne donne pas la nationalité américaine sans raison ? Quand on voit le nombre de demandeurs auxquels on la refuse ! Mais si je suis vraiment des leurs, pourquoi je me sens si mal là-bas ?

Si mal, partout ?

- Tu as dit que tu voulais m'aider ? Ou j'ai mal entendu ?

Elle me regarde depuis que j'ai commencé à parler. De quoi avons-nous l'air posé sur la neige, les vêtements détrempés, les cheveux qui laissent couler dans le cou de la glace fondue...

- Je suis désolé, je dois avoir l'air incohérent ?

J'ai hésité un peu, cherché le mot exact... D'où ai-je appris cette langue ? Et l'anglais ?

- J'ai eu un accident... j'ai des... absences. Je suis vraiment désolé...

Je me répète, plus pour moi que pour elle. J'ai appris à essayer de minimiser ces « absences » qui peuvent être dévastatrices. Ce sont elles qui m'empêchent de trouver un boulot, même les tâches les plus simples deviennent insurmontables quand je reste cinq minutes perdu, dans un monde où rien ni personne ne peut me contacter, et dont personne n'est parvenu à me ramener... Il faut attendre, que de moi-même je remonte la pente, et une fois arrivé en haut je suis hébété, dans un brouillard pire que celui qui tombe sur la berge... On me pardonne une fois, apitoyé, deux fois parfois... Le plus vaillant de mes patrons a tenu trois semaines puis a fini par me dire qu'il était navré mais que j'étais dangereux pour moi comme pour les autres. Sans doute avait-il raison, je ne sais pas, je voudrais savoir.

-YA khochu domoy... Bozhe moy ! skazhi mne, kuda idti !

J'ai presque crié ? Je reste interdit, j'ai compris ce que j'ai dit, mais j'ignore quelle langue j'ai parlé... pourquoi ? Je me souviens avec ce type à San Diego qui voulait lui aussi m'aider quand la famille du routier a porté plainte, avoir déjà usé de ces mots... J'avais réussi à retenir mes larmes, un peu, en revenant petit à petit au présent mais là les sanglots m'anéantissent !

- Je n'en peux plus ! C'est insupportable !

Est-ce que cette femme mérite ça ? Trouver un fou qui tombe à l'eau, l'entraîne, se met à pleurer comme un gamin perdu au milieu d'un marché et qui hurle à la mort après sa mère !

Pourquoi cette image ? Pourquoi une mère ? Pourquoi un marché ? J'essaie de trouver, chaque pensée que j'ai me fait chercher, pourquoi ai-je pensé ça et pas autre chose ? Pourquoi ai-je dit ça et pas autre chose !? Si je n'étais pas déjà dément avant l'accident je suis certain de le devenir, déjà j'en suis bien proche, pourtant, non je ne voulais pas mourir ! Mais que voulais-je ? Pourquoi ai-je franchi cette barrière... De désespoir je me replie, les genoux ramenés sur le torse, je serre mes jambes de mes bras et j'enfouis ma tête contre mes cuisses... Mon Dieu, Mon Dieu ! Je sais que je croyais à Votre existence ! En quoi ai-je péché pour en arriver là ?!

De très loin une cacophonie qui s'organise peu à peu retentit et prend possession de mon crâne entier... Quoi ? Qui ? Où ? Je me laisse envahir... Dans ma tête une tempête me submerge et étrangement m'ancre dans la réalité...

- Et toi ? Je veux dire, ton nom ?

Musiques:

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Illustration couleur du haut : Amnésie réminiscente par Magali Trivino, 2021 | Peinture

(*) Frédéric Beigbeder Un roman français (2009)
(1) - Je veux rentrer à la maison... Mon Dieu ! dis-moi où aller !










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Mar 26 Déc - 23:47
Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Elisim10
Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Et puis...Il y a LUI qui m'empêche de me suffire. Je le vis douloureusement.

Le comte et la comtesse Van Sechtelen s'aimaient comme l'on pouvait s'aimer dans le milieu aristocratique. Quelques années plus tôt, leurs familles respectives avaient œuvré avec soin pour que leurs progénitures se rencontrent, s'apprécient. De rallyes en rallyes, des affinités se liaient, les jeunes tricotaient et fricotaient ensemble. Ces deux-là finirent par se marier, encouragés par leurs proches très au fait des avantages de porter un nom prestigieux.
Mais Madame pécha par excès. Grisée, lassée et délaissée depuis trop longtemps par son époux, elle succomba à ce bel amant d'un soir. Renversée sur le bureau d'ébène, elle se laissa aller comme jamais, noyée au creux d'un ventre en feu et assoiffé.

1994

Au sourire de la Lune, elle naquit presque sans bruit. Ne pleura pas. Ses grands yeux ouverts s'arrêtèrent quelques instants sur l'aube de cette grande vie qu'on lui offrait. Il paraît même qu'elle avait souri...
Elizabeth, fruit d'une adultère éphémère. Si jeune et déjà, elle voyait les anges.
Le secret de son origine fut férocement gardé. On l'éleva comme il se doit, telle une descendance de rois. Par chance ou par destin, l'enfant maudit se révéla excellente élève, douée pour les études. Elle aurait pu être promise à une brillante carrière mais sa passion brisa les aspirations familiales. Comédienne ! Ce n'était pas un métier, encore moins un avenir, tout juste un passe temps d'original et ce, chez les autres ! Pas dans le milieu ! Alors, d'une manière subtilement hypocrite et joliment perfide, on la bannit définitivement du clan familial. On ne l'aima pas l'enfant de "l'accident". Le manteau infâme de la Bienséance la revêtait comme une lèpre. Alors, au fil des années, elle développa une sensibilité à fleur de peau. Elle devint différente.HPE diagnostiqua le rapport du spécialiste.

Un.
Deux.
Trois.

Le bruissement du rideau qui se lève.
Arrêt sur scène.
Les secondes ralentissent.

Elle ne voit plus ici. Ses ailes se déploient délicatement
L'audace d'une extravagance
Le chant d'un songe
L'insolence de l'irréalité

Le théâtre. Le RÊVE.

Et puis cette rencontre. Un chauffeur de maître. Un être à part. Ob. Celui qui la comprend. Celui qui résonne. Celui qui rêve avec elle. Les clartés de Là-bas se mirent à resplendir les éclaboussures d'un sublime amour. Un feu douillet valsait tout autour, les écailles de Lune voletaient. Projetée dans une dimension parallèle. Aveugle et sourde à la réalité. S'imprégner de l'éternité. Rêver à deux, à l'Absolu, à l'Infini. Enfin! L'exil n'est plus! Mais...Il s'en est allé loin, soudain inaccessible tel un songe éthéré n'ayant jamais existé.

Eli avait deux cœurs : l'un ici, l'autre...L'autre... ? Non, vous ne saurez pas. Vous ne pouvez pas comprendre.



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Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Simon211
Ne te fuis pas. Attends moi, j'ai quelque chose à te dire...

Pour quelles raisons un être humain aussi jeune pouvait-il en arriver à ne plus vouloir vivre ? Il lui rappelait...Mais Eli avait fermé avec des tours de clef infinis -depuis bien longtemps- les caves ténébreuses de ses secrets. N'empêche, l'inconnu lui liquéfiait le palpitant et toute sa volonté se liguait d'instinct à lui venir en aide.

Il suffisait de l'écouter, de l'observer, pour se rendre compte qu'il se sentait profondément perdu. Avait-il consommé de la drogue ? Il semblait très faible également, presque famélique ? Son visage émacié, trop pâle, ne respirait pas la santé. Etait-il malade ? Beaucoup de questions tournaient dans sa tête mais pour l'heure, la rouquine s'appliquait à le réchauffer dans l'urgence, à lui tapoter les joues pour qu'il reprenne conscience !

Il s'éveilla enfin ! Des larmes coulaient sur ses joues, ça la fit sourire alors même qu'elle venait d'essuyer subrepticement les siennes juste avant.

« Ils disent que je m'appelle... » Précision mémorisée ! C'était très important mais elle verra cela plus tard.

-Simon, ok ! Ne t'inquiètes pas, nous avons glissé ensemble, tout va bien maintenant mais il faut absolument s'en aller.

Elle arrêta de lui frictionner les pieds, s'occupa un peu des siens, se releva, claquant des dents. Il avait sorti un passeport, de l'argent, continuait de parler sans se rendre compte de la situation ? Il se trouvait ici mais ailleurs. Sans se démonter, elle agit pour le préserver du froid qui pouvait s'avérer dangereux.

-On ne doit pas rester ici et il faut enlever nos vêtements.

Et sans attendre, elle se rapprocha et commença d'autorité à lui enlever son manteau. Elle, tremblait de tout son corps, envahie par la sensation glacée de l'eau sur sa peau.

-Tu es avec moi, là, maintenant. Regarde, tu es là, Simon. Je suis avec toi. Nous sommes au bord de l'eau, nous sommes à Helsinki. Helsinki en Finlande.

Elle enleva sa doudoune à son tour, l'essora. La nuit était complètement tombée mais par chance, ils se trouvaient sous la clarté d'un des réverbères.

-Je veux rentrer à la maison... murmura t-il. La raison exigeait qu'elle respecte sa demande mais...si cela s'avérait pire que mieux ? S'il était en danger ? Lequel, elle n'en n'avait aucune idée ! Mais son intuition lui criait de ne rien précipiter, pas tout de suite. Et puis, n'avait-il pas dit « ils me rapatrieraient … mais je ne veux pas y retourner... » Rien n'était clair ! S'il retournait chez lui, qui pouvait lui assurer qu'on ne lui ferait aucun mal ? Personne ! Alors non, elle ferait comme elle pourrait, comme elle le sentirait mais au moins jusqu'à demain matin, elle s'occupera de lui. Ainsi, elle ne releva pas son souhait, continuant de le déshabiller.

-Tu as très bien entendu Simon, répondit-elle doucement. Oui je veux t'aider, c'est ce que je suis en train de faire et je te remercie de ta confiance. Comme tu le vois, je t'aide à retirer tes vêtements trempés car sinon on risque d'attraper une pneumonie ou quelque chose du genre vraiment pas cool du tout.

Dans le même temps, elle ôta également son pull, son tee-shirt, essorant grossièrement le tout, nattant ses cheveux sur le côté pour éviter qu'ils ne lui glace le dos. Elle ne se sentait pas rassurée, sur le fil, craignant que la situation ne lui échappe, qu'il panique, qu'il veuille se sauver...La moindre parole malheureuse ou inadéquate pouvait tout faire basculer ! Elle n'aurait pas la force physique de le maîtriser si besoin. Un très bref instant, elle ferma les yeux, implorant Valravn de l'aider.

-Ne sois pas désolé, un accident est un accident, tu as le droit d'avoir ces absences comme tu dis. C'est toi qui sais et moi je suis là pour t'aider, juste pour t'aider.

Petit à petit, elle l'accompagna à se débarrasser de son jean, posant en tas vêtements et bottines, fit de même avec les siens aussi rapidement que possible. Alors qu'elle allait lui dire de partir enfin, il se mit à crier à nouveau en...russe ? Oui, c'était du russe, elle en fut quasi certaine.

-Je n'en peux plus ! C'est insupportable !

Interdite, debout face à lui, les bras serrés par réflexe autour de ses poumons pour lutter contre le froid, Eli assista, impuissante, à sa détresse brutale et soudaine. Quelques secondes passèrent et puis, elle se précipita sur lui, s'agenouilla à ses côtés, l'enlaça plaçant sa joue contre la sienne, les lèvres tout contre son oreille. Elle murmurait, murmurait... :

-Simon, tu n'es pas seul, écoute moi, reste avec moi. N'aie pas peur, ça va aller, ça va déjà mieux. Tu n'es pas seul, tu n'es pas seul. Je te protège, personne ne te fera de mal, tu comprends ? Tu m'entends ? Personne ne te fait de mal, personne ne te fera de mal. Je suis là, tu n'es pas seul...Tu n'es pas seul...

Elle le serra fort dans ses bras, déposa un baiser sur son front, dégageant des mèches de cheveux, appuyant ses paumes contre ses joues, le contraignant délicatement à la regarder.

-Regarde, regarde moi. Nous sommes ici et maintenant, je vais t'aider, tu vas me donner ta confiance Simon, sinon je ne pourrai pas le faire. Je vais t'emmener chez moi pour que l'on se réchauffe ensemble, tous les deux ok ? J'ai besoin de toi, que tu restes avec moi, tu comprends ? On doit partir tout de suite Simon. Tout de suite..
.

Elle hachait les mots, transie, mais sa voix claire et nette perçait les ténèbres. Quasi nus, le froid était un peu plus supportable mais ils risquaient de choper un sacré rhume !

-Lève toi Simon, viens avec moi. Ma voiture est garée juste après le pont. Je vais mettre le chauffage à fond et on se sentira beaucoup mieux. On doit se réchauffer Simon et je ne le ferai pas sans toi. Si je reste ici, je vais tomber gravement malade. Alors, s'il te plaît, accompagne moi jusqu'à ma voiture pour que je me réchauffe, pour que l'on se réchauffe, ensemble.


Elle lui parlait comme à un gosse qui avait besoin qu'on lui répète les choses afin de les intégrer. Qu'allait-elle faire s'il refusait ? Elle n'aurait pas d'autre choix que d'appeler les secours. Pourtant, elle pressentait que ce n'était pas ça la solution. Non, ce n'était pas ça, surtout pas...

Au bout d'un moment, il sembla s'apaiser alors elle répondit simplement:

-Elizabeth.


The Water

Nuit solitaire
J'ai envie de me défaire
Es-tu ouvert ? Es-tu ouvert ?
L'amour s'enflamme
Le combat pour l'obtenir est gagné
Tu t'ouvres ? Ouvre-toi ?

Laisse-moi dans le sillage
Tout coincé et voilé
Et entre dans l'eau, entre dans l'eau
Laisse-moi par la lune
Laissée lourde pour fleurir
Nous nous rencontrerons dans l'eau
Nous nous rencontrerons dans l'eau

Nuit solitaire
J'aspire à me défaire
Tu es ouvert ? Es-tu ouvert ?
L'amour s'enflamme
Le combat pour l'obtenir est gagné
Tu t'ouvres ? Ouvre-toi ?

Laisse-moi dans le sillage
Tout coincé et voilé
Et entre dans l'eau, entre dans l'eau
Laisse-moi par la lune
Laissée lourde pour fleurir
Nous nous rencontrerons dans l'eau
Nous nous rencontrerons dans l'eau
Val
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Val
Mar 2 Jan - 18:44

Simon Smith,
disent-ils...  

J'ai paraît-il 22 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? Tout et rien ? En quête d'emploi, d'utilité, d'identité ? Je suis caractérisé par une chose très particulière, je suis amnésique j'ai perdu la mémoire à la suite d'un accident de la route, aux USA en Californie il y a un peu plus de deux ans.



J'ignore ce que j'y faisais, et qui je suis et personne ne peut me le dire autour de moi L'enquête menée après le carambolage qui a causé la mort de six personnes, n'a pas permis de définir d'où je sortais ni ce que je faisais là. Je suis très probablement célibataire, mon jeune âge le laisse supposer mais si j'ai eu dans ma vie une personne aimée, elle est désormais dissimulée comme le reste sous la chappe de plomb qui me sert de mémoire.




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Le ciel est un océan suspendu.  

Elizabeth &  Simon

Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Th?id=OIP


« Le ciel est un océan suspendu. De temps à autre, il fond sur nous, lavant les collines et les maisons à l'eau de mer. » (*)

Décembre 2023

- Oui je veux t'aider, c'est ce que je suis en train de faire et je te remercie de ta confiance.

« Je te remercie ». Avant elle a dit d'autres choses, qu'il fallait partir, se déshabiller pour ne pas avoir trop froid, elle a dit aussi « nous » avons glissé « ensemble »... Je ne sais pourquoi, sa façon d'être, de faire, de dire, en m'intégrant à son processus me touche infiniment. Peut-être est-ce une manière d'agir européenne ? Je revois les médecins et les policiers à mon réveil.

Les seconds s'agaçaient que je ne puisse rien révéler sur les circonstances de l'accident, les premiers arguaient que le traumatisme était trop récent pour que je puisse surmonter le choc et l'horreur... mais aucun ne disait « nous » les flics d'emblée m'avaient tutoyé, j'avais accepté l'idée que j'étais très jeune, sans doute l'âge des enfants de la majorité d'entre eux, mais tutoyer dans mon esprit c'était déprécier, je ne l'ai jamais dit, et ils ne m'ont jamais demandé la permission de le faire, ni expliqué pourquoi ils le faisaient. C'est moi qui ai rapporté ça à mon âge, pour rendre cela... acceptable, supportable, convenable !

Les toubibs eux, parlaient de moi comme d'un cas d'école, à la troisième personne, ils me vouvoyaient quand il devaient m'adresser la parole, c'était à leur crédit, mais ils ne m'associaient pas « C'est trop récent, il ne peut se rappeler, cela reviendra, c'est une réaction courante, pas généralisée, mais courante... » comme si j'avais été … une chose, un être distant et immatériel, un cobaye intéressant uniquement par ce qu'il avait d'instructif pour leur discipline.

Cela dit, elle aussi me tutoie, mais je n'y perçois ni mépris ni condescendance... Elle me tutoie comme elle tutoierait un petit frère ?

- Ne sois pas désolé, un accident est un accident, tu as le droit d'avoir ces absences comme tu dis. C'est toi qui sais et moi je suis là pour t'aider, juste pour t'aider.

Je me redresse, éperdu, me ment-elle ? Dit-elle cela pour que j'obéisse, suive ses consignes ? Je me fais presque honte d'avoir pensé cela mais j'ai peur de sa sollicitude, de sa gentillesse, de l'intérêt qu'elle me porte. Ai-je tort ? Et pourquoi est-ce ma première réaction ? J'ai besoin de la croire. J'ai besoin de rencontrer quelqu'un de désintéressé dont l'empathie va m'empêcher de couler !

- Simon, tu n'es pas seul, écoute moi, reste avec moi. N'aie pas peur, ça va aller, ça va déjà mieux. Tu n'es pas seul, tu n'es pas seul. Je te protège, personne ne te fera de mal, tu comprends ? Tu m'entends ? Personne ne te fait de mal, personne ne te fera de mal. Je suis là, tu n'es pas seul...Tu n'es pas seul...

A  travers mes larmes j'écoute. Je tends mon être entier, mes oreilles, mes yeux, mon cœur ! J'ai tellement besoin de la croire ! Au lieu de me calmer je sanglote désormais sans retenue, l'émotion me submerge, j'ai envie d'hurler « Ne m'abandonne pas ! »  et je ne sais pas pourquoi. Si j'ai ces absences qu'elle a déclaré légitimes, je me souviens de l'essentiel du « présent » ou du passé très proche... Je revois la plage de San Diego, un garçon brun aux yeux rieurs. Je lui avais fait part de mon envie d'avoir un vrai « chez moi », de trouver une colocation et il s'était proposé... puis, il a disparu, sans doute s'est-il dit que malgré ses dénégations il ne se voyait pas payer le loyer seul, cohabiter avec un doux cinglé qui décollait vers un monde à part sans savoir quand il ré-atterrirait  Je revois des balades sur la plage, des marches dans l'eau, deux cannes, deux éclopés survivants. Est-il rentré « chez lui », lui savait d'où il venait. En tout cas, du jour au lendemain il n'a plus été là pour moi, et j'en ai souffert, comme si on m'avait mutilé.

Elle, j'ai peur que ça ne soit pareil. Qu'elle cède à la pitié puis prenne conscience de la charge que je vais être, parce que je vais en être une... ne nous leurrons pas.

Dans mes pensées brouillonnes et désordonnées, des tas d'émotions se mêlent ! Pourquoi ai-je peur qu'on m'abandonne ? Qu'on me laisse rêver puis que l'on me jette, comme un déchet dans une poubelle ? Ai-je déjà vécu cela ? Plusieurs fois ? On en revient toujours à « qui suis-je ? » « d'où suis-je venu pour échouer sur une autoroute californienne » ?

- Je vais t'emmener chez moi pour que l'on se réchauffe ensemble, tous les deux ok ?

Je sors de ma torpeur larmoyante. Je me mords les lèvres, mon visage doit être tordu par un espèce de rictus destiné à m'empêcher de pleurer davantage. Je ne sais pas ce que disent mes yeux, mais en moi-même je crie « Ne me mens pas ! Ne me laisse pas ! Ne me fais pas croire que je compte si ça n'est pas le cas ! »

- ... tu vas me donner ta confiance Simon... J'ai besoin de toi, que tu restes avec moi, tu comprends ? On doit partir tout de suite Simon. Tout de suite... Si je suis lucide -et c'est le cas au moment présent- comment aurait-elle besoin de moi ? Elle ne sait rien de ce que je suis ?

Je lance la tête en arrière, mes cheveux dégoulinent dans mon cou et sont collés les uns aux autres, j'ai peine à respirer, je sens dans mon torse mon cœur se serrer comme si on l'empêchait de battre ! Besoin de moi ? Elle dit avoir besoin de moi ? J'ouvre la bouche comme un poisson que l'air tue, puis la referme. Peut-on avoir besoin de moi ? Si on m'a déjà dit ça c'est tellement vieux que je n'en n'ai plus une infime trace dans les méandres de ma mémoire... J'ai une vision fugitive, un univers sans fin où j'erre, et pourtant, je n'ai pas peur ? Au contraire, j'en conçois comme de la joie, de l'excitation ? Quand ? Où ? Étais-je seul ? Qu'était cet endroit ?

Je sors de mon monde interne pour entendre sa réponse à ma question. Je suis presque heureux d'avoir été « normal. », car il est normal de s'enquérir du nom d'une personne qui vous invite ? Non ?

Elizabeth... Elle s'appelle Elizabeth. Ce prénom n'évoque rien, c'est normal, elle a dit qu'on se connaît depuis « tout à l'heure » ou quelque chose comme ça ? Je suis debout, d'un geste machinal je ramasse mes vêtements glacés et trempés... Aller jusqu'à sa voiture, se réchauffer. Qui est-elle ? Je n'en sais pas plus sur elle qu'elle n'en sait sur moi ? Je suis certain que les gens lui diraient de se méfier de ce type bizarre que je suis, mais elle ? En quoi puis-je lui accorder ma confiance plus qu'elle ne doit m'accorder la sienne ?

Je suis persuadé que j'ai toujours passivement accepté ce que me disaient les autres, sans me demander plus. Pourquoi ? Je l'ignore... Qu'est-ce qui me donne à penser que je ne remets rien véritablement en question ? Que j'ai le profil d'une victime plus que d'un prédateur? Je ne sais pas cela plus que le reste !

Ou cette idée s'impose-t-elle parce que je me sens si vulnérable ? Si dénué de repères ? Je ne réponds pas mais fais « oui » de la tête... Allons-y, et si ma foi elle n'est pas fiable, si elle m'agresse comme certaines gens dans la rue et bien elle le fera, de toute manière... à quoi pensais-je en enjambant ce muret ? À l'état conscient je jurerais n'avoir jamais voulu me tuer, mais que suis-je venu faire face à la mer gelée, la nuit, dans un coin habituellement désert ?

Je porte la main à mon front, j'ai mal, comme souvent. J'ai l'impression que ma vue se brouille, mon cou semble incapable de soutenir mon crâne... Traumatisme crânien, fracture.. Cela fait si longtemps maintenant ! Combien de temps vais-je rester invalide !

J'articule péniblement - Je crois que je vais tomber... Je m'évanouis... assez souvent.

Beaucoup trop ces derniers temps, mon corps proteste à sa façon, il s'insurge contre le froid, le manque de sommeil et de nourriture, la tension permanente que m'occasionnent la peur de la rue, la recherche de logement où je ne risque pas de me faire molester, de travail aussi...

Ai-je toujours vécu comme ça? Ou les images que j'ai de lieux de désolation sont-elles le reflet de mon état mental ?

Aider... Ensemble... pas seul... pas de mal...

J'essaie de rester debout... Je crois que le bain a été de trop, je vais crever si je ne fais rien pour me trouver travail et abri !

Musiques:

-------
(*) Frédéric Beigbeder Un roman français (2009)










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Dim 7 Jan - 0:25
Le ciel est un océan suspendu (Val & Dreamcatcher) Elisim10
Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Et puis...Il y a LUI qui m'empêche de me suffire. Je le vis douloureusement.

Le comte et la comtesse Van Sechtelen s'aimaient comme l'on pouvait s'aimer dans le milieu aristocratique. Quelques années plus tôt, leurs familles respectives avaient œuvré avec soin pour que leurs progénitures se rencontrent, s'apprécient. De rallyes en rallyes, des affinités se liaient, les jeunes tricotaient et fricotaient ensemble. Ces deux-là finirent par se marier, encouragés par leurs proches très au fait des avantages de porter un nom prestigieux.
Mais Madame pécha par excès. Grisée, lassée et délaissée depuis trop longtemps par son époux, elle succomba à ce bel amant d'un soir. Renversée sur le bureau d'ébène, elle se laissa aller comme jamais, noyée au creux d'un ventre en feu et assoiffé.

1994

Au sourire de la Lune, elle naquit presque sans bruit. Ne pleura pas. Ses grands yeux ouverts s'arrêtèrent quelques instants sur l'aube de cette grande vie qu'on lui offrait. Il paraît même qu'elle avait souri...
Elizabeth, fruit d'une adultère éphémère. Si jeune et déjà, elle voyait les anges.
Le secret de son origine fut férocement gardé. On l'éleva comme il se doit, telle une descendance de rois. Par chance ou par destin, l'enfant maudit se révéla excellente élève, douée pour les études. Elle aurait pu être promise à une brillante carrière mais sa passion brisa les aspirations familiales. Comédienne ! Ce n'était pas un métier, encore moins un avenir, tout juste un passe temps d'original et ce, chez les autres ! Pas dans le milieu ! Alors, d'une manière subtilement hypocrite et joliment perfide, on la bannit définitivement du clan familial. On ne l'aima pas l'enfant de "l'accident". Le manteau infâme de la Bienséance la revêtait comme une lèpre. Alors, au fil des années, elle développa une sensibilité à fleur de peau. Elle devint différente.HPE diagnostiqua le rapport du spécialiste.

Un.
Deux.
Trois.

Le bruissement du rideau qui se lève.
Arrêt sur scène.
Les secondes ralentissent.

Elle ne voit plus ici. Ses ailes se déploient délicatement
L'audace d'une extravagance
Le chant d'un songe
L'insolence de l'irréalité

Le théâtre. Le RÊVE.

Et puis cette rencontre. Un chauffeur de maître. Un être à part. Ob. Celui qui la comprend. Celui qui résonne. Celui qui rêve avec elle. Les clartés de Là-bas se mirent à resplendir les éclaboussures d'un sublime amour. Un feu douillet valsait tout autour, les écailles de Lune voletaient. Projetée dans une dimension parallèle. Aveugle et sourde à la réalité. S'imprégner de l'éternité. Rêver à deux, à l'Absolu, à l'Infini. Enfin! L'exil n'est plus! Mais...Il s'en est allé loin, soudain inaccessible tel un songe éthéré n'ayant jamais existé.

Eli avait deux cœurs : l'un ici, l'autre...L'autre... ? Non, vous ne saurez pas. Vous ne pouvez pas comprendre.



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Lost

Perdu...:

Bien qu'habituée et appréciant le froid, la finlandaise grelottait à s'en péter les mâchoires, incapable de maîtriser les spasmes de son organisme trop refroidi, mais surtout...débordant d'émotions. Cette intuition sauvage et irrépressible qui la plongeait dans des situations... improbables... Ses -amis- proches s'opposaient régulièrement à ses élans qu'ils jugeaient à juste raison irrationnels. Elle s'en fichait, vivait ainsi, l'instinct ferré envers et contre tout, n'en déplaise aux esprits cartésiens.

Ce jeune inconnu, perdu, égaré sur le bord et le débord. Simon avait-il dit. Simon. Les sonorités même de son prénom résonnaient étrangement au travers des nuages bas. Si. Mon. Et SI... Si quoi ?! Tu divagues ma fille ! Si elle n'avait pas été là, si la soirée ne s'était pas prolongée, si la date avait été décidée un jour avant, un jour après... ?

Simon. Elle nota la peur, voire la terreur engorgée dans ses prunelles, ses attitudes émaciées comme s'il s'excusait de vivre, d'être là, de posséder une consistance humaine. Cette façon qu'il avait de se recroqueviller...Une bête blessée à mort qui se cachait au fond des bois.

Elle n'osa pas se montrer trop affectueuse. La douceur, la tendresse pouvaient brûler et provoquer des réactions extrêmes si l'on en usait au mauvais moment, trop vite. Elle marchait sur des œufs, craignait qu'il ne vrille brutalement. Elle espérait l'apaiser mais il  sanglota de plus belle. Impuissante, elle finit par se taire, relâcha son étreinte, ne laissant que ses mains glacées posées sur ses épaules. Le trop plein de larmes finit par se tarir. Très calme, elle ne bougeait pas, décidée à faire tout ce qu'elle pourrait pour le sortir de là ! Tout ! Peu importe qui il était, ce qu'il avait fait, d'où il venait.

Lorsqu'il releva enfin la tête, elle vit dans ses yeux cette détresse là. La gorge serrée, elle se reçut  un coup de poignard en plein cœur.

Inverser les pôles lourds de sombreurs, diffuser de la lumière là où elle s'était dissoute. Donner de l'amour brut d'humain à humain sans limite, sans réflexion de quelque nature que ce soit. Elizabeth essayait de toutes ses forces.

Elle l'aida à se relever, prit ses affaires à son tour soulagée de le voir réagir. Il acceptait de venir avec elle. Elle lui sourit, se plaça à ses côtés très près afin d'effleurer son bras. Garder le contact, il fallait garder un contact à tout prix mais avec délicatesse.

Ils avaient effectué la moitié du trajet environ quand tout à coup, il marmonna :

- Je crois que je vais tomber... Je m'évanouis... assez souvent.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Eli passa un bras autour de sa taille le maintenant fermement contre elle.

-Je te tiens, accroche toi à moi et tu ne tomberas pas. On a passé le pont, le parking est à quelques mètres. Tiens le coup, aide moi Simon ! Si tu t'évanouis, je n'aurai pas la force de te porter. Et ...

Elle continua de parler... Qu'il entende sa voix dans la nuit, dans sa nuit. Qu'il ne perde pas le fil...Ni sa conscience...

Le brouillard les empêchaient de visualiser les alentours ce qui accentuait l'impression d'avancer sans fin. À un moment, il trébucha, elle cria « merde ! » de surprise et d'inquiétude, mais heureusement le rattrapa.

-On y est ! Dit-elle d'un ton enjoué. Il était temps car il s'appuyait de plus en plus sur elle.

Elle contourna l'avant de la voiture, saisit la clef de contact dans son sac -qu'elle avait fermement fixé sur son dos lors de leur chute-, aida Simon à s'assoir, bouclant sa ceinture de sécurité dans la foulée.

-Je prends le pilou qui est dans le coffre, je reviens tout de suite.


Elle y balança ses frusques trempées, prit la couverture, enfila une paire de baskets qui traînait, revint.

-Tiens, mets ça.

De fait, c'est elle qui l'emmitoufla au mieux des pieds à la tête tant il était sans force, jetant ses vêtements sur le siège arrière. Elle claqua la portière, démarra.

-Woooh, du chauffage, vite !

Elle claquait des dents, tremblait, poussa la clim à fond, mit les codes, le feu anti brouillard. Compte tenu de la météo, il leur fallait au moins une heure pour arriver chez elle.
Bientôt une bonne chaleur les enveloppa dans l'habitacle. Eli reprenait des forces, son corps se détendait petit à petit, elle espérait la même chose pour lui. Elle se taisait, concentrée à rouler dans le brouillard, priant qu'il ne s'évanouisse pas.

-On est arrivé.

Elle bipa le portail qui s'ouvrit sans bruit, se gara, coupa le moteur.

-Attends, je vais t'aider.


De nouveau, elle soutint Simon à sortir de la voiture, le calant contre ses hanches jusque devant sa porte qu'elle ouvrit fébrilement.

-Lumière.

Et le miracle de la domotique agit. Les pièces s'illuminèrent comme par magie.

Elle le guida dans le salon.

-Allonge toi, tu es épuisé...Voilà. Elle cala un coussin sous sa tête, le couvrit avec un second plaid. Tu fais comme... « comme chez toi » faillit-elle dire. Se reprit : ...comme tu as envie. Ok ? Tu peux te doucher, je vais te donner des fringues, bon ça ne sera pas de ton goût évidemment, pouffa t-elle légèrement, mais ça ira pour cette nuit, on verra demain. Si tu as faim, on peut dîner, si tu préfères aller dormir je vais te montrer...ta chambre. Ou bien tu restes ici, tu fais comme tu veux. Si tu n'as pas envie de dîner, je vais te préparer un repas que tu pourras manger quand tu le souhaites.

« Ta chambre ». Elle aurait pu dire « la chambre d'amis » mais une inspiration soudaine l'avait faite riper. SA chambre. Qu'il se sente chez lui au moins pour quelques heures ? Quatre murs et un lit rien qu'à lui afin qu'il se dénoue. S'apaise. Un peu.

Mine de rien, elle allait le surveiller comme l'huile sur le feu. Ne pas le laisser seul. Jamais.

Il était si faible...

-Ça te dit une Lohikeitto ?

Elle s'agenouilla,  posa sa main sur son front avec un sourire tout doux. Il n'avait pas de fièvre.

-Tu es en sécurité Simon. En sécurité. Et je vis seule, il n'y a que toi et moi.

Rassurée pour lui au moins dans l'immédiat, elle en oubliait qu'elle aussi avait besoin de se laver et de s'habiller.

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When darkness falls
Quand les ténèbres tombent
And surrounds you
Et t'encerclent
When you fall down
Lorsque tu tombes
When you're scared, and you're lost
Quand tu as peur et que tu es perdu
Be brave
Sois courageux
I'm coming to hold you now
Je viens pour te soutenir à présent
When all your strength has gone
Lorsque toute ta force s'en est allée
And you feel wrong
Et que tu te sens mal
Like your life has slipped away
Comme si ta vie s'était échappée
Follow me, you can follow me
Suis-moi, tu peux me suivre
And I, I will not desert you now
Et moi, je ne vais pas t'abandonner
When your fire has died out
Quand ton feu s'est éteint
No ones there, they have left you for dead
Personne ici, ils t'ont laissé pour mort

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Val
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Lun 8 Jan - 20:34

Simon Smith,
disent-ils...  

J'ai paraît-il 22 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? Tout et rien ? En quête d'emploi, d'utilité, d'identité ? Je suis caractérisé par une chose très particulière, je suis amnésique j'ai perdu la mémoire à la suite d'un accident de la route, aux USA en Californie il y a un peu plus de deux ans.



J'ignore ce que j'y faisais, et qui je suis et personne ne peut me le dire autour de moi L'enquête menée après le carambolage qui a causé la mort de six personnes, n'a pas permis de définir d'où je sortais ni ce que je faisais là. Je suis très probablement célibataire, mon jeune âge le laisse supposer mais si j'ai eu dans ma vie une personne aimée, elle est désormais dissimulée comme le reste sous la chappe de plomb qui me sert de mémoire.




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« Le ciel est un océan suspendu. De temps à autre, il fond sur nous, lavant les collines et les maisons à l'eau de mer. » (*)

Décembre 2023

Je me laisse entraîner... Je ne sais pas si je tombe parce que j'ai faim, parce que je suis épuisé ou... parce que... parce que quoi ? Ça me traverse l'esprit pour s'en aller au plus vite... Comme d'habitude, on dirait que les pensées passent si rapidement dans ma tête qu'elles n'ont pas le temps d'être matérialisées, finalisées... Mon cerveau peut-être les reçoit, et en fait ce qu'il veut... Mais à l'état conscient, j'ignore tout de ce qui m'est venu ou revenu. Pourtant, à avoir ainsi des flashs, ou des ébauches de flashs qui n'aboutissent à rien de réel, je m'épuise, cherchant, creusant, comme un chien sur une plage qui creuse un trou  mais n'amène en son fond que de l'eau de mer... Je ne sais pas pourquoi j'ai dit « un chien » ni une plage. Mes yeux regardent une vision inexistante, fixes, éperdus, le chien je le vois, il est grand et mince, poilu, hirsute même, avec de bons yeux de chien aimant. Mais pourquoi creuse-t-il ? Avec qui est-il ? Suis-je là ? Ai-je eu un chien auquel je tenais ? Allais-je sur une plage froide avec comme horizon la mer d'aujourd'hui, gelée, avec ces glaçons à la dérive lorsque les bateaux la brisent ? Le chien s'estompe.

- Merde !

Je suis désolé, je suis désolé, je n'ai plus de force ! Même pas pour le dire ! Mais elle me retient, me porte presque... Dans la cacophonie de mes élucubrations sensorielles et contemplatives, j'ai un sursaut « Qui est-elle ? » la voiture est là, elle a parlé de sa voiture je crois ? J'ai peur de n'avoir pas tout entendu, anxieux que j'étais de rester avec elle, sans perdre connaissance... Mon corps est demeuré mais pas mon esprit, je ne sais pas combien il s'est passé de temps depuis qu'elle est arrivée mais j'ai le sentiment de n'avoir jamais eu de « crise » comme ce soir ? Est-ce sa présence qui précipite mon intellect dans des méandres incohérents ? Le poussant à s'insinuer dans les zones d'ombre qui se vengent en s'étendant ? Ma mémoire est comme un tube rectiligne lorsqu'on regarde dedans. Je crois qu'enfant je faisais ça, le prenant pour une longue vue... la lumière est au bout, la révélation, mais la longueur du chemin fait que le trou éclairé est minuscule et prompt à devenir aussi sombre que ce qui le précède.

- Woooh, du chauffage, vite !

Je me suis laissé sangler, je m'abandonne, incapable de répondre... La chaleur amène sans doute sur mes traits un sourire, je suis enclin à sourire facilement, j'ai l'impression que cela fait du bien à tous de lire sur les lèvres d'un autre un peu de satisfaction... c'est contagieux généralement, moins que le rire, mais ça l'est... et à moi, ça donne un masque comme ces produits que l'on se met sur la peau pour la maintenir en état ? Une apparence doublée d'un bien-être, la sécurité d'un aspect avenant... A nouveau, ma mémoire toque et fait mal, sourire ne suffit pas ! Parfois au contraire je crois que ça incite les gens à te malmener ? Je ne sais pas... Je ne sais plus ! Tout ce que je fais me paraît à double tranchant, c'est peut-être normal ?

Je crois que j'ai dormi, je ne sais pas combien de temps elle a roulé, je ne reconnais pas mon chemin dans la ville de toute manière, j'arrive même à perdre mes chambres, ne me souvenant plus dans quel hôtel minable j'ai pu louer un lit... Il faut dire que je ne cesse de changer, découvrant des merveilles d'ingéniosité là où je me pensais vide.

J'assiste, absent, à l'ouverture d'une porte automatique, à ma sortie de l'habitacle, elle me porte presque à nouveau jusqu'au salon où elle m'allonge sur un canapé.

-  Allonge toi, tu es épuisé...Voilà. Tu fais comme... comme tu as envie.  

- Merci...

J'ai murmuré, je sors de mon sommeil, doucement, je l'entends parler... Elle me fait du bien. Elizabeth ? Elle a dit Elizabeth, je ne crois pas l'avoir rêvé ? Je me redresse lentement, je dois la remercier mieux que cela, mieux qu'un soupir sorti de lèvres encore froides... La gangue glacée qui m'entoure me fait frissonner, mais ça n'est pas un froid réel. Je suis dans un salon, sans être luxueux il dénote une aisance certaine, mes yeux parcourent sans paraître les voir les objets posés ça et là, elle a éclairé par sa voix... La magie de la domotique... Je connais cela ? Comment ? À San Diego je n'ai eu comme logis qu'une chambre minuscule dans un foyer peuplé d’éclopés, de convalescents, de sauvés de l'alcool ou de la rue... Pas de domotique, même l'électricité était dangereuse, je revois les fils apparents de la prise à l'entrée...

- Tu peux te doucher, je vais te donner des fringues... Si tu as faim, on peut dîner, si tu préfères aller dormir je vais te montrer...ta chambre.

Se laver, s'habiller, manger, dormir ? Ce que font les gens chaque jour et que moi j'ai tendance à ne plus faire ? Je fais le geste de vérifier ma fortune avant de me rendre compte que je suis nu... Je prononce ridiculement - Je n'ai pas d'argent... alors qu'elle n'a jamais parlé de paiement. Je ne suis pas à l'hôtel, ni même dans un refuge, ni un squatt, ni … Elle a dit « TA » chambre ? Je n'ai pas de chambre ? De cela je suis certain. Même dans une auberge de jeunesse je n'ai plus assez pour rester plus d'une nuit !

Je murmure encore, incapable de donner à ma voix un timbre audible - Manger... Je crois que j'ai faim... Je me suis assis, j'essaie de donner l'illusion que je suis là, je lui suis véritablement reconnaissant, c'est juste que je peine à rester... Dormir ? Oui j'aurais aussi besoin de dormir mais j'ai fait un somme pendant le trajet, un petit ? long ? Somme. Je ne sais pas... J'ai dit « je crois que j'ai faim » ? Non, je suis sûr.  - Oui j'ai faim.

Je me rends compte que je respire étrangement, comme si j'étais essoufflé ? Pourtant, c'est elle qui a fait tout le travail, mes jambes n'ont fait que suivre tandis que je m'accrochais à elle comme à une bouée, éperdu à l'idée qu'elle puisse me lâcher ! J'ai dit « merci », j'espère que mon ton était assez sincère ? Je reprends mon souffle, je reste les yeux douloureux, mon torse se soulève brutalement, comme si j'avais trop couru, j'ai l'impression que l'air refuse d'entrer dans mes poumons ! Je ne peux pas avoir de malaise ici, elle a déjà tant fait ! Tu fais comme tu as envie ? Mon sourire se crispe, ce n'est pas un refus, pas un regret ? Il y a quelque chose dans le mot « envie », un relent du passé non identifié. Plus récemment j'entends le psy, celui que je n'ai pas assez vu parce que ça coûtait une fortune « Ce n'est que de l'angoisse Simon, c'est quelque chose de naturel dans votre situation, une réaction parfaitement normale... » Il m'avait dit aussi « Voulez-vous que nous creusions ? Que nous trouvions la clé qui vous permettra de vous rappeler ? » parce qu'il comprenait bien que j'étais rétif à cette idée, à la fois désireux de savoir et terrifié de me souvenir... La voix d'Elizabeth me ramène au présent.

- Ça te dit une Lohikeitto ?

- Lohikeitto ? Ça se mange ? Je ne sais pas ce que c'est

Je la regarde, soudain craintif sans la moindre raison, elle m'a pourtant prouvé que je pouvais avoir confiance ? A moins que ...

- Je ne suis pas d'ici... Je suis désolé, je te remercie, pour tout, c'est juste que je n'arrive pas à le dire bien...

Je parle en interrogeant mon corps, il se souviendra mieux que mes neurones, et ajoute, dubitatif...

- Je veux bien manger n'importe quoi, je crois que je n'ai pas mangé aujourd'hui... Hier je ne sais plus...

Voilà, je vais encore avoir l'air d'un fou échappé d'un asile ! C'est que manger est mon dernier souci, je dois trouver une solution, il le faut ! Si j'étais resté à San Diego, j'aurais pu passer l'hiver dehors, ça n'aurait eu aucune conséquence sur mon organisme à part que j'aurais eu peur, j'ai très peur de la rue, de ce qui peut s'y passer, des rencontres qu'on y fait souvent... Mais ici, comme je l'ai dit je ne suis pas chez moi, à la crainte des autres SDF -ceux que j'identifie comme « les vrais »- s'ajoutent des peurs nouvelles : je ne suis pas en règle, je ne connais pas la ville, il me faut du travail et je ne sais même pas si j'ai le droit de travailler ? Je ne sais rien des lois, des possibilités qui s'offrent à moi... Aux Etats-Unis c'était pareil à vrai dire, mais j'ai été aidé, ici, j'avais l'air trop normal et local pour qu'on s'occupe de moi, et c'est très bien comme ça. J'ai lu des tas de choses, sur la volonté de la Finlande de ne laisser personne à la rue, leur politique de logement des sans-abris, même s'ils n'ont pas de quoi payer un loyer... C'est peut-être vrai ? Curieusement il y a moins de gens « dehors » qu'en Amérique, ma seule référence... mais je ne veux pas m'y frotter, si c'est faux, que ferait-on de moi ? Je murmure à nouveau...

- Ya ne khochu, chtoby menya zaperli (1)

Si je lui dis la vérité ? Est-ce qu'elle me fera enfermer ? Est-ce qu'elle appellera je ne sais quels services sociaux pour me « mettre à l'abri » ? Ces mots « mettre à l'abri » sonnent pour moi comme le glas, ils contiennent non la notion positive d'un refuge, mais celle d'une chape de plomb qui te coupe du monde et des vivants. Pourquoi ? Je m'oblige à revenir ici, en ce moment, à chasser toute velléité de souvenance...

- Tu trouves que je suis sale ? Tu veux que je me douche ?

Je lui dois d'être à son goût ? Quand tu ramasses un chien ou un chat dans la rue, il se doit d'être sans puces et sans puanteur ? Bien élevé, éduqué ? Est-ce que je peux être ça ?

Des mots me heurtent ! J'avais dit ne pas se souvenir, ne plus chercher ! C'est si bref, une grande pièce d'apparence froide, presque entièrement dans le noir, des présences que je sens sans les voir et  la voix... cette voix qui me réveille parfois ou me fait sursauter quand je suis éveillé !

- Vous représentez votre pays ! Vous devez être impeccable pour faire honneur à votre Patrie ! voulez-vous qu'ils pensent que nous ne sommes que des rustres sans éducation  ?!

Je réponds, à voix suffisamment haute pour m'entendre...

- Je n'ai pas de patrie.


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(*)  Frédéric Beigbeder Un roman français (2009)
(1) - Je ne veux pas être enfermé









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