Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Moi sol ye tselai [winter x Jen]

winter
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Ariel
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Sam 8 Juil - 5:03

Serafim Kovalyov
J'ai 22 ans et je vis en Ravka. Dans la vie, je suis grisha, précisément un Tidemaker et je m'en sors. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple et je ne le vis pas très bien, car je ne sais pas si ma bien-aimée est en vie.



Im Changkyun (c) moi
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C’était bien la Katerina qu’il connaissait, têtue et décidée; pas la trace d’une hésitation dans sa voix, alors qu’elle répondait au positif, que peut-être bien elle aurait préféré qu’il soit mort. Dans l’un des poèmes moins sérieux que Serafim lui avait donnés, il avait écrit Tu n’as pas besoin d’être Heartrender / Pour avoir accès à mon cœur. Des lignes mielleuses à outrance, pour la faire rire, des lignes qui se révélaient véridiques, mais pas du tout avec l’esprit dans lequel il les avait écrites. Il avait l'impression que Katerina avait son cœur directement dans la paume de sa main et qu'elle le serrait jusqu’à ce qu’il menace d’éclater.

Une partie de lui voulut renchérir, insister. Si c’est vraiment ce que tu penses, fais-le toi-même. Mais il avait déjà trop tenté sa chance, et il voulait réellement terminer cette journée en vie.

Et puis l’arrivée d’une nouvelle voix lui glaça le sang. Ignatiev. Serafim avait pris trop de temps, son camarade était venu vérifier ce qui se passait. Avec la tension dans l’air, Ignatiev ne prendrait pas longtemps à additionner 2 + 2 et deviner que Kat était alliée à l’Invocatrice. Serafim lança un regard paniqué vers Katerina; ils savaient aussi bien l’un que l’autre à quel point il était mauvais menteur.

Mais elle avait une longueur d’avance sur lui; brièvement, il se rappela avec affection de la Katerina qu’il avait côtoyée en classe, celle qui devait être la meilleure, sans compromis, et il se rappela comment c’était la première chose qu’il avait admirée chez elle. Cette réactivité, cette capacité à trouver l’avenue auxquels les autres n’auraient pas pensé, c’était tout elle. Le mensonge de la blessure était rusé.

Il fut brusquement ramené entièrement au moment présent alors qu’elle commençait à déboutonner sa chemise. L’action et son absence de délicatesse lui arracha une exclamation de surprise qui, avec un peu de chance, passerait pour de la douleur. Sa main sur la blessure de Serafim, Katerina lança une deuxième réplique à Ignatiev. Retenant sa respiration, Serafim attendit. C’était maintenant que les jeux se faisaient. Il n’osait pas croiser le regard d’Ignatiev. Faites qu’il croit son bluff.

Je t'attends au chariot, dit finalement Ignatiev, et Serafim n’entendit même pas le reste de sa phrase.

Il n’aurait jamais pensé qu’une phrase si anodine allait lui procurer tant de soulagement.

Ignatiev s’éloigna, et Serafim prit quelques respirations profondes. Katerina ne s’était pas déplacée non plus. Sans la quitter des yeux, il n’osa ni parler, ni bouger, comme l’on ne voudrait pas déranger un oiseau, de risque que celui-ci ne s’envole sous nos yeux. (Mais la métaphore était fautive. Serafim n’avait-il pas déjà perdu Katerina de la manière qui comptait? L’oiseau s’était déjà échappé, loin dans le ciel; Serafim n’avait pas plus de chances d’apprendre à voler pour l’atteindre qu’il en avait que Katerina rejoigne son camp un jour.)

Alors, Katerina fit quelque chose d’inattendu; elle passa sa main sur sa blessure et la fit disparaître. Il inspira soudainement, surpris. Juste son instinct de guérisseuse? En honneur de ce qu’ils avaient partagé? Un autre cadeau d’adieu, peut-être? Ou la preuve qu’elle ne l’aurait pas vraiment préféré mort? Qu’au fond d’elle, malgré les circonstances, elle voulait qu’il soit en sûreté plus qu’elle détestait son camp?

Il attendit une explication, quelque chose, mais elle ne fit que le relâcher et prendre quelques pas de distance en lui lançant sa chemise. Il l’attrapa de justesse. Il l’enfila sans la lâcher des yeux, espérant croiser son regard pour y lire quelque chose, mais elle l’évitait à tout prix.

Elle lui redit de s’en aller. Je ne veux plus jamais te revoir, ajouta-t-elle. Il lui avait déjà dit qu’il partirait, alors il respecterait sa parole (et il n’y avait rien à gagner à encore plus de confrontations ici et maintenant), mais il refusa de lui promettre qu’elle ne le reverrait jamais. Si la vie voulait qu’ils se revoient, ils se reverraient.

Sois prudente, furent ses derniers mots, avant de se détourner et de quitter la ruelle.

Sois prudente, je veux que tu sois en sûreté. Mais aussi sois prudente, sois attentive à tes environs et à tes alliés, s’il fallait qu’ils te trahissent lorsque ton dos leur est tourné. Il le lançait comme une bouteille à la mer : qu’elle prenne son souhait comme elle le souhaitait. Il fit deux coins de rue, s’éloignant du noyau plus fréquenté, avant de s’appuyer contre un mur, s’effondrant presque contre celui-ci. Il prit plusieurs respirations profondes, jusqu’à ce que ses mains soient assez stables pour reboutonner sa chemise.

Kat est en vie.

Kat est avec l’Invocatrice.

Kat est mon ennemie.


Pas le temps pour ça. Pas du tout le temps pour ça. Ignatiev l’attendait déjà, et Serafim n’avait pas encore acheté une seule chose sur sa liste pour le marché. Il se dirigea d’un pas franc vers le centre de la ville, se procurant les items de sa liste aussi rapidement qu’il le pût sans laisser paraître qu’il était pressé. Il profita de ce temps pour finir de reprendre ses esprits, pour faire abstraction de ses émotions et ses pensées, qu'il revisiterait plus tard.

Lorsqu’il revint vers Ignatiev, qui attendait avec le chariot, celui-ci était encore plus de mauvaise humeur. L’avantage, c’était qu’un Ignatiev frustré avait encore moins envie de discuter, et ne lui poserait pas de questions à travers lesquelles il risquait de se trahir. Pour se faire pardonner de son retard, Serafim s’occupa des rênes des chevaux pour presque l’entièreté du voyage.

À une heure ou deux de la fin du chemin, Ignatiev repris les rênes d’un geste brusque.

Donne-moi ça, dit-il, et Serafim supposa qu’il lui avait finalement pardonné le retard.

Alors que le paysage défilait sous ses yeux et qu’il relaxait, il sortit son carnet et crayon de sa poche, comme par réflexe. Il fit défiler les pages jusqu’à atteindre la première qui était vide. Il fixa le papier, et se rendit compte, en approchant le crayon, qu’après trois mois de vide, il avait finalement de l’inspiration. Il se mit à écrire une série de notes désorganisées.

Non-cicatrice / Absence de blessure / Sur mon corps / Un fil rouge jusqu’à Katerina / Peut-être une preuve / Écho ou instinct / Guérisseuse ou sentiment / Même quand je suis l’ennemi

***

En arrivant au Little Palace, Serafim enfila son kefta à la première occasion. Le retour du poids familier et de la sécurité qu'il amenait, après sa journée bouleversante, était plus que bienvenu. Il revint rapidement aider à décharger le chariot puis à ramener les chevaux aux écuries. Ludmila était occupée avec ses propres tâches mais réussit à s’éclipser juste deux minutes pour le saluer, avant d’être rappelée à l’ordre. Elle leva les yeux au ciel tandis qu’elle tournait encore le dos au responsable, et Serafim dut dissimuler un sourire afin de ne pas être réprimandé non plus.

Cela prit trois jours à Ludmila pour qu'elle devienne sûre qu’il se passait quelque chose avec lui, après avoir décelé que quelque chose clochait seulement quelques heures après son retour. Alors pourtant qu'il n'avait pas arrêté d'y penser, Serafim n’avait pas du tout parlé de son périple à Poliznaya, de peur de se trahir et révéler ce qui s’y était vraiment passé. L'évitement du sujet, semble-t-il, avait été suspect.

Ludmila profita du fait qu’ils avaient tous deux été assignés à nettoyer les écuries pour le questionner.

Qu’est-ce qui s’est passé à Poliznaya? insista-t-elle, après qu’il eut déjà refusé de s’expliquer.
Rien, s’empressa-t-il de répondre à nouveau.
Serafim, je n’ai même pas eu besoin d’utiliser mes dons de Heartrender pour déterminer que tu mentais.

Serafim pinça les lèvres. Ludmila avait arrêté de nettoyer, s’appuyant plutôt sur son balai pour le fixer d’un regard qu’elle pensait sûrement sévère.

Pas ici, concéda-t-il finalement.
Parce que les chevaux pourraient entendre, ironisa-t-elle, mais elle changea de sujet ensuite, satisfaite qu’il avait capitulé.

C'est après le couvre-feu et seulement une fois qu'elle eut confirmé qu'elle ne détectait aucun battement de coeur à proximité, qu'il lui raconta tout ce qui s’était passé, incluant les détails incriminants. Pour cette conversation, ils s'étaient réfugiés dans un coin caché de la bibliothèque (après l’avoir explorée pendant des années, il en connaissait bien les recoins). Serafim avait beau être son aîné de presque cinq ans, Ludmila était infiniment meilleure pour garder les secrets. Et honnêtement, il avait eu besoin d’en parler à quelqu’un.

C’est romantique! s’exclama-t-elle en chuchotant, lorsqu’il eut terminé son récit.

Il la dévisagea. Quelle partie de ce qu’il venait de raconter était romantique? Mais Ludmila renchérit avec un ton dramatique.

Deux amoureux dans des camps différents, voués à s’opposer sans pourtant réussir à se départir de leurs sentiments l’un pour l’autre. Allez-vous vous rencontrer lors de rendez-vous secrets?
Elle a dit qu’elle préférerait que je sois mort, dit-il, tentant de la sortir de ses romans à l’eau de rose et de la ramener à la réalité.
Et après elle t’a soigné! rétorqua-t-elle.

Elle posa une main sur son épaule dans un mouvement de support.

Lorsque le Général aura mis la main sur Ravka et aura rendu les choses meilleures, elle comprendra. Vous pourrez alors être réunis!

***

La routine avait repris le dessus, et pourtant rien n’était comme avant. La révélation que Katerina était en vie – la révélation que Katerina était du côté de l’Invocatrice – avait tout changé pour le pire, et pour le meilleur. La crainte de tomber sur un cadavre, ou sur un grisha en cage qui se révèlerait être Katerina avait à la fois augmenté et diminué. Augmenté, parce qu’être sûr qu’elle était vivante voulait dire que ça pouvait changer à tout moment, que son sort lors de l'expansion du Fold, au moins, n’était plus nébuleux. Diminué, parce que la revoir lui avait rappelé sa force et sa détermination. Même si la pensée que les soldats alliés à l’Invocatrice se retourneraient éventuellement contre les grishas là-bas le taraudait, il trouvait aussi en lui la confiance que d’une manière ou d’une autre, Katerina arriverait à s’en sortir.

De plus, il n'arrêtait pas de penser à son geste final. Elle avait soigné sa blessure. Malgré tout ce qu'ils s'étaient dit, elle l'avait guéri. À cause de cela, il ne pouvait s'empêcher de garder espoir que peut-être, un jour, ce qui s'était brisé entre eux se réparerait. Il l'avait cru morte, mais l'avait retrouvé. Il pensait maintenant leur séparation et leur opposition irrévocables, mais peut-être se tromperait-il là-dessus également.

Un soir, Serafim se réveilla brusquement. Son cœur battait la chamade. Il s’assit dans son lit, et remarqua une ombre à la porte. Il sursauta, avant de voir qu’il s’agissait de Ludmila. La position de ses mains… L’avait-elle réveillé avec ses dons? Il se leva et s’approcha lentement. Tous les autres grishas de son dortoir dormaient paisiblement. Il se demanda si elle avait aussi quelque chose à voir avec ça.

Elle le traîna jusqu’au même recoin de la bibliothèque qu’ils avaient utilisé la dernière fois.

Qu’est-ce qui se passe? l’interrogea-t-il.
Il ne faut pas que t’en parles, souffla Ludmila.
Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire alors, répondit-il, alarmé.

Mais elle secoua la tête. C’était quelque chose d’assez grave qu’elle jugeait qu’il devait savoir, et cela ne fit qu’exacerber son inquiétude.

Tu sais qui est David Kostyk, n’est-ce pas? Ils disent qu’il s’est enfui, et que Genya Safin s’est retournée contre le Général.
Quoi? Pourquoi?

Pourquoi le Durast qui était pratiquement le bras droit du général Kirigan aurait-il voulu partir? Son cœur s'accéléra d'angoisse. Ça ne faisait aucun sens.

Je ne sais pas, mais Genya a été vue dans une cage. Dans le palais.

Une cage? Ces mots lui glacèrent le sang. Qu'est-ce qui était en train de se passer au Little Palace?


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Mer 12 Juil - 0:38

Katerina Pokrovsky
J'ai 21 ans et je vis au Spinning Wheel, Ravka. Dans la vie, je suis Grisha, Healer de l'ordre des Corporalki et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je me suis retrouvée séparée de celui que j'aime et je le vis plutôt mal.

Moi sol ye tselai [winter x Jen] - Page 2 68747470733a2f2f73332e616d617a6f6e6177732e636f6d2f776174747061642d6d656469612d736572766963652f53746f7279496d6167652f637742486c6553427a414a6c4f513d3d2d3830373532363735372e3137353531363562336463383337303732323838363134313232352e676966

Fiche détaillée juste ici
Dès que Serafim eut tourné les talons, Katerina planta son regard dans le dos du jeune homme jusqu'à ce qu'elle soit assurée qu'il était définitivement parti. Qu'il ne tenterait pas de revenir pour la faire prisonnière auprès du Général, la dénoncer à son camarade, ou simplement essayer de la convaincre du bien-fondé de sa décision. Car elle était persuadée que le Tidemaker avait concocté une histoire à dormir debout pour justifier sa trahison. Lui qui était si rêveur, si idéaliste. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour se laisser berner par des rêves d'un monde meilleur, et si le Darkling était toujours aussi beau parleur qu'il l'avait été dans ses souvenirs, alors irrémédiablement, Serafim aurait pu se laisser attraper dans ses filets. Parce qu'elle était désormais convaincue qu'il n'avait pas fait ce choix sous la contrainte. Il semblait réellement attaché à son camp. C'était injustifiable. C'était une trahison à sa nation. Et pourtant, elle l'avait lu dans ses yeux sombres : il était persuadé d'avoir fait le bon choix en s'alliant à l'ennemi.

Se retrouver seule face à elle-même après la pire révélation de sa vie était une épreuve en soi. Elle voulut hurler. Taper du poing contre le mur de briques derrière elle. Tout mettre à feu. Rattraper Serafim pour le secouer par les épaules jusqu'à lui faire réaliser la gravité de ses actes. Mais elle n'en fit rien. A la place, la jeune fille ravala ses larmes et prit une profonde inspiration. La mission. Elle avait toujours une mission en cours. La couronne, ses alliés, sa patrie comptait sur elle pour s'assurer de la sécurité des alentours. Elle savait d'ores et déjà que les Grishas de Kirigan étaient eux aussi envoyés dans le coin. Elle devrait immédiatement en avertir ses supérieurs. Puis elle réalisa. Comment justifier qu'elle ait obtenu cette information sans révéler son altercation avec Serafim ? En gage de son affection passée pour le jeune homme, elle lui avait promis de ne pas révéler à ses alliés - leurs alliés en réalité - la trahison qu'il avait commise. Elle avait peur de le voir courir un grand danger si son nom remontait aux oreilles du Tsar. Il lui avait demandé si elle préférait le savoir mort que traître. Elle n'en savait rien, mais elle ne souhaitait certainement pas être à l'origine de sa mort.

Elle inventerait une excuse. N'importe quoi. Une conversation entendue, des Grishas inconnus aperçus. Elle trouverait bien de quoi couvrir Serafim, pour cette fois. Mais cela reviendrait à mentir. Katerina déglutit, en proie à une profonde agitation. Serait-elle capable de mentir en regardant ses supérieurs droit dans les yeux ? Il le faudrait. Ce serait la seule fois. Elle se le jura, mais ses mains tremblaient encore de la réalisation.

La Healer ne s'attarda pas longtemps au marché. Elle fit mine d'aller d'étal en étal pour laisser trainer l'oreille ici et là, mais elle n'entendit aucune information nouvelle. Les habitants étaient préoccupés par une nouvelle expansion du Fold, sans surprise. Son coeur se serra en les écoutant échanger avec inquiétude. Elle les protégerait. Elle ferait tout pour empêcher Kirigan d'anéantir Ravka et ses habitants. Elle, ses alliés, la Couronne, et l'Invocatrice de lumière. Ils seraient le salut de ces pauvres innocents.

Serafim.

Elle rebroussa chemin sans prendre le temps de refaire une provision de plantes médicinales. Elle n'en avait plus le courage. Les plantes qui lui restaient encore devront faire l'affaire jusqu'à la prochaine mission. Si elle trouvait la force de retourner affronter le monde extérieur, où Serafim était devenu l'ennemi.

Un traître.

La petite blonde retrouva sa monture là où elle l'avait laissée plus tôt dans la journée. Elle paya l'aubergiste pour ses bons soins, et se remit aussitôt en route. Plus de raisons de s'attarder inutilement dans les parages.

Un ennemi.

La nuit commençait doucement à tomber. Elle devrait s'arrêter pour monter un camp de fortune, il était trop dangereux de rester sur le chemin avec une visibilité réduite. Elle trouva finalement les restes d'un camp en s'enfonçant dans les bois bordant la route, et sans même prendre le temps de faire un feu, elle sortit de quoi grignoter de sa sacoche et fit boire son cheval. Elle l'attacha à un arbre pour la nuit et s'allongea sur le côté, priant pour trouver le sommeil rapidement.

Mon ennemi.

Mais il l'empêchait de fermer l'oeil. Lui. Car à chaque fois qu'elle baissait les paupières, elle le revoyait. Elle revoyait leur complicité passée. Elle se revoyait seule, au Spinning Wheel, espérant chaque jour le voir apparaitre avec un nouveau lot d'arrivants. Elle se revoyait aujourd'hui, reconnaître son visage familier et se sentir revivre. Puis réaliser qu'elle ne pourrait plus jamais l'aimer. Qu'elle devrait le haïr. Pour la première fois de sa vie, son coeur et sa morale lui dictaient deux ordres opposés. Et la tourmente ne la quittait plus.

Pourquoi... ?

Elle fut accueillie au Spinning Wheel par des sourires enchantés et une ambiance étrangement festive. Tout le contraire du vide qu'elle ressentait en elle. Zoya Nazyalensky la fit demander au rapport. Elle débita une excuse toute trouvée pour justifier l'acquisition de son information. Elle aurait entendu deux jeunes hommes déguisés en paysan parler du Général Kirigan, leur supérieur sans aucune ambigüité possible. Elle expliqua même que l'un d'eux était très certainement un Inferni, puisqu'elle l'avait vu manipuler un silex. Ainsi, elle ne mentait pas, ou du moins pas entièrement - elle omettait simplement une partie de l'histoire. La partie la plus importante pour elle, mais qui ne ferait pas de différence pour eux. Un beau mensonge dont elle s'était convaincue sur le chemin du retour. Ce n'était que grâce à cette conviction qu'elle avait pu mentir éhontément à sa hiérarchie. Zoya prit note de son rapport, ordonna que la surveillance de Poliznaya soit renforcée, puis la congédia.

"- Et Pokrovsky, va te trouver un Tailor pour tes vilaines cernes, l'interpella sa supérieure tandis que la jeune fille s'éloignait. Tu devras avoir l'air plus présentable que ça aux fiançailles du Tsarevitch.


Katerina ne put s'empêcher de se retourner en haussant un sourcil circonspect. Ca c'était nouveau. A quelles fiançailles faisait-elle allusion ?

- Nikolai et L'Invocatrice de Lumière, soupira Zoya face à son air étonné. Tiens toi un peu au courant, Pokrovsky.

- Mes excuses, moya kapitan."

La Healer exécuta une brève révérence puis tourna les talons. Ceci expliquait l'air enjoué qui régnait dans les lieux depuis son retour. Des fiançailles entre la couronne et le symbole même de la salvation de Ravka. Une union entre la Couronne et les Grishas. Même pour son coeur meurtri, la nouvelle était réjouissante. Les promesses de cette union étaient fortes. Une Ravka unie, symbole de paix entre les peuples. Une Ravka plus forte pour détruire la menace du Fold et du Darkling. C'était une excellente chose en réalité.

Les jours suivants, Katerina prit un soin tout particulier à éviter ses amis communs avec Serafim. A la place, elle s'adonna corps et âme aux soins des blessés et des malades à l'infirmerie. Elle reprit les tours de nombre de ses camarades, prétendant avoir de l'énergie à revendre alors qu'en réalité, elle ne dormait pas de la nuit et ne supportait tout simplement pas de se retrouver seule. Et surtout, rester ainsi affairée à l'infirmerie l'empêchait d'une certaine manière d'être envoyée en mission à l'extérieur. On la voyait se rendre utile ici, alors on l'y laissait. Du moins, pour un temps. La jeune fille ne se leurrait pas : tôt ou tard, elle devrait repartir en mission, avec toutes les chances de recroiser la route du Tidemaker. Et si elle n'était pas seule, elle ne serait pas en mesure de le couvrir comme la fois précédente. Il devrait répondre de son acte. Elle refusa d'y penser.

Un soir, alors qu'elle était entrain de tomber de fatigue face à sa préparation médicinale pour une rage de dents, Anja déboula en furie dans l'infirmerie. L'air alarmé de son amie lui fit l'effet d'un coup de fouet et toute trace d'épuisement disparut du visage de la petite blonde, remplacée par une expression effarée.

"- Quoi que se passe t-il, qui est blessé ? l'interrogea t-elle, prête à accourir sur le lieu de l'accident.

Anja leva un regard terrorisé sur elle, qui la terrorisa à son tour d'autant plus.

- Il ne s'agit pas d'une blessure Kat, murmura la jeune fille une fois son souffle retrouvé. J'ai appris que David Kostyk était ici.

Katerina ouvrit grand les yeux. Le bras droit du Darkling ? Etaient-ils en danger ? Tous ?

- Il dit s'être retourné contre Kirigan, poursuivit Anja d'une voix fébrile. Et il aurait dévoilé l'existence de créatures monstrueuses créées du merzost. Dans le Fold. Des créatures de l'ombre asservies au Général, hautes comme deux hommes. La jeune fille déglutit avant de reprendre. Elles n'auraient pas de souffle à couper, pas de sang à faire couler, pas de coeur à arrêter. Et pourtant, elles vivent et tuent. Et elles résisteraient à la lumière du jour, contrairement aux volcras. Ce qui veut dire...

Anja éclata en sanglots avant de pouvoir terminer sa phrase, mais l'implication était évidente. Katerina secoua la tête, sidérée. Si tout ce que disait la Tidemaker était vrai, alors ni leurs dons, ni leurs armes ne seraient efficaces contre ces créatures cauchemardesques. La Healer se sentit gagnée par un tremblement. Tout cette histoire dépassait l'entendement. Utiliser le merzost n'était plus de la petite science. Il s'agissait d'une hérésie, ni plus ni moins. Et une création du merzost ne pouvait pas être meilleure que sa source même.

- C'est impossible, souffla t-elle d'une voix blanche.

Elle refusait d'y croire.

Soudain, une réalisation la frappa de plein fouet. Serafim. Il était toujours aux côtés de ce Général fou. Etait-il seulement au courant des agissements insensés de celui-ci ? Il courrait un grave danger. Il devait fuir. Elle devait le prévenir. Mais peut-être était-il déjà au courant ? Pensait-il peut-être même que c'était une excellente chose ? Katerina prit sa tête entre ses deux mains, sur le point d'imploser. Devait-elle agir pour lui ? Risquer de trahir à son tour pour un homme qui était déjà lui-même un traître ?
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Lun 17 Juil - 1:19

Serafim Kovalyov
J'ai 22 ans et je vis en Ravka. Dans la vie, je suis grisha, précisément un Tidemaker et je m'en sors. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple et je ne le vis pas très bien, car je ne sais pas si ma bien-aimée est en vie.



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Serafim, en train d’enfreindre le couvre-feu et de se faufiler dans les recoins et couloirs du Little Palace pour essayer d’atteindre l’aile réservée au Général et à son cercle proche sans être repéré, se demanda : mais qu’est-ce que je suis en train de faire? Sa question n’était pas littérale. Il savait ce qu’il était en train de faire. C’était plutôt une dernière tentative de se faire changer d’idée. Avec ce qu’il était en train de faire, il allait se créer des ennuis, soit en étant découvert, soit lorsqu’il finirait par parler de… ce qu’il découvrirait. S’il découvrait quelque chose.

Il n’allait rien découvrir, se dit-il pour se rassurer. Rien de troublant. C’était juste la façon dont Ludmila en avait parlé, une cage... Non, voilà ce qui allait arriver : il allait trouver la prison de Genya Safin, et se sentir rassuré de voir une traîtresse à la cause emprisonnée là où elle ne pourrait plus nuire ni à eux ni au Général. C'était tout. Il aurait le cœur net de la situation et pourrait dormir en paix.

Rien ne distinguait cette porte des autres, mais lorsqu’il la poussa doucement, il sut qu’il avait trouvé la bonne pièce. Il repéra d’abord une table couverte de matériaux divers, sans doute utilisés par l’Alkemi du Général qui ne se mêlait jamais aux autres (Viktor? Vladim?), et puis il tenta de distinguer le reste de la pièce à travers la noirceur. Bien vite, ses yeux s’y habituèrent, aidés par la lueur de la lune qui passait à travers quelques longues fenêtres, et enfin il vit, au fond, deux cages, et deux prisonnières. Il fut rapide de déceler l’identité de la première, parce que c’est elle qu’il cherchait: Genya Safin. Mais il n'arriva pas à immédiatement identifier la deuxième, une femme d’un certain âge. Il l'observa un long moment jusqu’à ce qu’il réalise finalement, avec surprise, qui c'était. Baghra. La plupart des grishas ayant grandi au Little Palace aimaient et détestaient l’enseignement de Baghra à mesure égale, pour sa violente sévérité et son habileté à faire en sorte que ses pupilles dépassent leurs limites. Il ne se serait jamais attendu à la voir en cage.

Doucement, il referma la porte de la pièce avant qu’une d’elles ne le voit et ne puisse se douter qu’il n’avait rien à faire là, puis il recula de quelques pas rapides et pris une respiration tremblante. Une cage. Si semblable au genre de cage dont le général Kirigan l’avait libéré, dont il avait libéré Genya Safin avant – de toute évidence – de la remettre dans une autre. Serafim ferma les yeux et cacha son visage dans ses mains et pour un instant, il était là-bas encore, il y avait des entraves à ses poignets, il était à leur merci– d’un mouvement brusque, il fit apparaître devant lui de l’eau, tirée de l’humidité dans l’air. Mécaniquement, il transforma les gouttelettes d’eau en glace. Il expira lentement. La preuve sous ses yeux que ses dons de Tidemaker étaient à sa portée le ramena au moment présent. Il fit s’évaporer l’eau avec un soupir puis se déplaça vers son dortoir. Il était plus que temps qu’il s’éloigne de cette aile du palais.

Genya était peut-être l’une de leurs camarades grishas, mais elle les avait trahis. Non? La manière avec laquelle elle avait été emprisonnée avait peu d’importance. Même si c’était le même genre de cage que la Première Armée avait utilisé pour eux. Et qu’est-ce que faisait Baghra au milieu de tout ça? Serafim s’étendit dans son lit, avec encore plus de questions qu’il avait précédemment. Il arriva à peine à dormir.

Le lendemain (ou plutôt, plus tard dans la même journée) au matin, il déjeunait en peinant à garder les yeux ouverts, Ignatiev d’un côté et Ludmila de l’autre, lorsqu’une exclamation d’horreur discrète de celle-ci lui fit relever le regard. Dans la salle des repas, un silence s’installa rapidement tandis que le général Kirigan traînait Genya Safin, dont le visage était défiguré par plusieurs cicatrices profondes, jusqu’à l’endroit de la pièce où ils seraient le plus visibles par le plus de grishas possible. Serafim entendit à peine alors que Kirigan faisait un discours sur la cause, sur leur camp, sur les dangers de le trahir. Prenez-la comme exemple, dit Kirigan en désignant Safin. Des filaments de noirceur, ressemblant à de la fumée, émanaient autour de lui, comme s’il allait invoquer ses nichevo’ya ici et maintenant. Serafim avait admiré la création des nichevo’ya, leur puissance, leur invincibilité. Il avait cru leur usage réservé à ceux qui les menaçaient; à la Première Armée, à la Couronne, aux otkazat’sya qui les méprisaient. Voici ce qui arrivera à tous ceux qui tenteront de s’en prendre à moi.

Le général Kirigan ressortit de la pièce avec sa prisonnière aussi vite qu’ils y étaient entrés. Serafim jeta un regard vers Ludmila, qui avait une main sur sa bouche et les yeux écarquillés dans un mélange d’horreur et de peur. Même Ignatiev, toujours si impassible, paraissait blême. Alors, pour autant que Serafim avait tenté de se convaincre, après la nuit précédente, que tout allait bien, cela tomba à l’eau. Il avait besoin de plus de réponses sur... sur Kirigan. Tout en s’assurant de ne pas se retrouver dans le même état que Genya Safin.

***

Serafim n’était pas sûr que Katerina lui pardonnerait ça. En même temps, ce n’est pas comme si elle allait lui pardonner d’avoir rejoint le camp de Kirigan non plus, alors qu’est-ce qu’il avait de plus à perdre? Encore plus de sa confiance, répondit une voix en lui. Mais il avait toujours été prêt à sacrifier beaucoup pour la vérité.

M. Pokrovsky avait quelque chose d’à la fois sévère et chaleureux, qui correspondait bien à sa nature d’Inferni. Il l’invita à entrer, prendre un verre.

Je ne peux vraiment pas rester longtemps, insista Serafim, n’allant pas plus loin que le cadre de porte.

Le plus longtemps il restait, le plus longtemps il risquait de trahir quelle était sa véritable allégeance. Contrairement à leur fille, les parents de Katerina n’auraient sans doute aucun scrupule à le dénoncer comme un sympathisant du général Kirigan s’ils comprenaient que c’est ce que Serafim était. Serafim était un terrible menteur, alors la meilleure stratégie était de ne pas mentir du tout, et de se tenir au minimum d’information. Ce qui voulait aussi dire qu'il ne pouvait pas se laisser emporter dans une conversation qui s’étirerait.

Je voudrais juste que vous lui remettiez ça, ajouta Serafim en leur tendant une lettre scellée.

Mme Pokrovski observa l’enveloppe avec curiosité, avant de reposer son regard sur Serafim, et il se sentit scruté. Il voulut se justifier; avec les perturbations des derniers mois, il arrive souvent que les messagers ne trouvent pas le récipiendaire, peut-être. Ou bien, le contenu est privé, je veux m’assurer que seulement Kat le lise. Mais il se força à se taire. C’était exactement avec ce genre de phrase qu’il finirait par dire quelque chose de suspect, surtout que la vraie raison était qu’à cause de ses loyautés, il ne connaissait pas l'emplacement de son refuge, et il ne savait pas par quel autre chemin lui faire parvenir une lettre sans apporter trop de suspicion vers elle ou vers lui-même.

Est-ce que tout va bien entre Katerina et toi? demanda Mme Pokrovski, fronçant les sourcils.

Serafim n’avait rencontré les parents de Katerina qu’une fois auparavant. Il n’était pas sûr de ce que ceux-ci avaient alors pensé de lui, et maintenant aussi il n’arrivait pas à le deviner dans leur expression ou leur posture. Le fait qu’ils ne lui avaient pas claqué la porte au nez – et ne l'avaient pas attaqué – dès le début voulait probablement dire que Katerina ne leur avait pas parlé depuis sa brève réunion avec Serafim. Il était au moins chanceux pour ça.

Pas tout à fait, répondit-il honnêtement. Avec nos missions opposées, il y a eu… des temps difficiles.

Un bel euphémisme, ironisa-t-il mentalement. Quant aux « missions opposées », Serafim avait déjà donné l’excuse que lui et Katerina avaient été assignés à des missions éloignées. Simplement, ses parents assumaient sans doute qu’il s’agissait de deux missions pour l’Invocatrice.

C’est pour ça que je veux lui parler, finit-il.

Voilà. Assez près de la vérité qu’il n’avait pas de problème à le dire de façon convaincante.

Serafim se déroba à davantage de questions, en insistant sur le fait qu’il devait partir. Il finit ses tâches à Balakirev tandis qu’il repensait à la lettre qu’il avait écrite.

Kat,

Notre dernière rencontre a été hâtive et brève, et a été loin de se passer dans les meilleures circonstances.

Je regrette que nous ne puissions plus nous comprendre.

Je veux te donner une autre occasion de me convaincre que j’ai tort. J’ai des questions auxquelles tu aurais peut-être les réponses.

Si tu consens à me rencontrer, juste tous les deux, je serai à l’église d’Altynai le…


Suite à quoi il avait inscrit une date dans quelques semaines – le temps qu’elle visite ses parents, et qu’elle décide si elle voulait venir. Altynai était un village à mi-chemin entre Balakirev et Poliznaya.

Il avait gardé les choses assez vagues afin que, avec un peu de chance, les parents de Katerina pensent qu’il ne s’agissait que d’une querelle d’amoureux s’ils décidaient de lire la lettre avant de la donner à leur fille. S’ils la lui donnaient.

Il avait signé simplement avec son nom. Il avait hésité à rajouter Avec affection ou En espérant te voir ou Encore ton bien-aimé juste avant, avant de juger qu'il était mieux qu'il s'abstienne.

***

Istorii Sankt’yaLes vies des Saints – avait été l’un des livres étudiés lors de leurs cours d’histoire au Little Palace. Serafim n’avait jamais été particulièrement religieux, plus porté à mentionner les Saints lors d’exclamations que lors d’expressions de foi, mais il s’était pris à se réintéresser à l’histoire de Sankt Feliks avec la nouvelle tournure qu’avait prise sa vie. Sankt Feliks avait nourri le peuple grâce à son verger florissant alors que les autres récoltes avaient gelé. Pourtant, lorsqu’une foule violente s’était retournée contre lui, l’accusant de sorcellerie, les gens qu’il avait sauvés de la famine n’avaient pas levé le petit doigt pour l’aider. Serafim ne pouvait s’empêcher d’établir des parallèles avec le sort des grishas, protégeant Ravka seulement pour que celle-ci se retourne contre eux.

Au final, il avait surtout choisi l’église d’Altynai parce qu’il s’agissait d’un lieu plus facilement reconnaissable que « étable » ou « entrepôt ». Peut-être qu’il espérait aussi que Katerina ne l’attaquerait pas dans un lieu sacré. Mais s’il pensait vraiment qu’elle s’en prendrait à lui, il ne lui aurait pas écrit. Il se raccrochait au souvenir de Kat qui guérissait sa blessure.

Au jour qu’il avait donné dans la lettre, il s’approcha lentement de l’église. Il portait son kefta, cette fois-ci. Son cœur battait la chamade d’anxiété, à cause de l’incertitude de ce qu’il trouverait derrière les portes. Il ne pouvait pas être sûr que Kat ne profiterait pas de l’occasion pour l’attirer dans un piège, s'il était maintenant vraiment son ennemi à ses yeux. Il ne pouvait pas être sûr qu’elle avait réussi à venir à Altynai, dans l'éventualité où elle voulait bien s'y rendre. Il ne pouvait pas être sûr qu'elle consentirait à le voir seule. Il ne pouvait même pas être sûr qu'elle avait lu la lettre – par choix, ou parce qu’elle n’aurait pas visité ses parents; peut-être qu’il ouvrirait les portes et que l’église serait vide, et qu’elle le resterait, peu importe combien de temps il attendrait.

Ou peut-être que Katerina serait là.


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Mar 18 Juil - 19:47

Katerina Pokrovsky
J'ai 21 ans et je vis au Spinning Wheel, Ravka. Dans la vie, je suis Grisha, Healer de l'ordre des Corporalki et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je me suis retrouvée séparée de celui que j'aime et je le vis plutôt mal.

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Embusquée derrière les grandes portes de l'église, le dos plaqué au mur et la respiration retenue, Katerina était prête. Prête à bondir sur Serafim ou sur n'importe quel ennemi qui se déciderait à débarquer par ces mêmes portes. Elle inspira lentement et expira. Sa poigne était ferme sur la crosse de son revolver. Son regard se fit d'acier. Elle devait se faire confiance.

Elle n'avait eu que quatre misérables jours pour échafauder son plan. Ses parents, ne voyant pas leur fille décidée à leur rendre visite, avaient fini par lui écrire une lettre dans laquelle ils l'informaient d'une visite surprise de Serafim. Le sang de Katerina n'avait fait qu'un tour, et dès qu'elle avait eu un jour de relâche, elle avait filé jusqu'à Balakirev, alarmée. Fort heureusement, ses parents ne semblaient croire qu'à une banale dispute entre jeunes amoureux et s'étaient contentés de la taquiner gentiment tout en lui faisant promettre de rentrer plus souvent au bercail. De son côté, la Healer avait tenté de les convaincre de rejoindre le sanctuaire du Spinning Wheel à cause de la menace croissante qui pesait sur les Grishas isolés - d'autant plus qu'elle était désormais au courant que des menaces bien concrètes et imminentes courraient sur tout Ravka - mais ils ne voulurent rien entendre. Alors elle était repartie dépitée, avec à la main, une lettre qu'elle n'avait pas eu le courage de lire.

Il lui avait fallu trois jours de plus pour que la curiosité se fasse suffisamment insoutenable pour qu'elle se décide à ouvrir le courrier. Le simple fait de rompre le sceau lui avait fait l'effet d'une haute trahison. Puis son visage s'était mué dans une expression d'horreur pure en prenant connaissance des mots qui y avaient été écrits. Serafim était-il définitivement devenu fou ? Une entrevue secrète ? Cela revenait à trahir chacun son camp, sans ambigüité aucune. Non, elle s'y refuserait. Elle avait brûlé la lettre sur-le-champ, trop effrayée de laisser des traces de cette ignoble proposition.

Et pourtant, la voilà qui était en avance sur le lieu du rendez-vous, après s'être éclipsée de son dortoir plus tôt dans la soirée. Qu'était-elle devenue ? Qu'avait-il fait d'elle ? Nouvelle inspiration. Concentration.

Une mission d'espionnage, avait-elle fini par se persuader. Elle devait considérer cette entrevue comme de l'espionnage au profit de la Couronne. Mais pour se rendre jusqu'ici, elle avait menti à ses amis et à ses supérieurs. Aux premiers, elle avait prétendu être appelée de toute urgence à l'infirmerie et qu'elle ne reviendrait certainement pas de la nuit. Aux seconds, elle avait prétexté avoir une vilaine fièvre et s'était ainsi éclipsée supposément pour prendre du repos. En réalité, elle avait fait le mur pour rejoindre l'ennemi. Consciente du danger qu'elle courrait, Katerina avait laissé une enveloppe scellée sous son oreiller, juste au cas où. Si ses amis s'inquiétaient de ne pas la voir revenir après plusieurs jours, ils trouveraient dans cette enveloppe les instructions pour rejoindre l'église. Aucune explication de plus. Simplement un lieu, duquel ils pourraient commencer leurs recherches. Mais elle espérait ne pas en arriver là. Ce n'était qu'un filet de secours qu'elle avait laissé derrière elle par sécurité.

Un bruissement retint soudain toute son attention. La Healer se raidit imperceptiblement, prête à attaquer la première. Elle espéra de tout coeur qu'elle ne venait pas de plonger dans la gueule du loup, la tête la première. Et si tout cela n'était qu'un guet-apens ? La possibilité n'était pas à exclure entièrement. Si Serafim avait fini par avouer l'avoir retrouvée, il aurait très bien pu se voir affublé de la tâche de la piéger pour la faire prisonnière et lui soutirer des informations sur leur lieu de rassemblement. Hors de question. Elle mourrait avant de lâcher la moindre information au Darkling. La porte s'ouvrit lentement. Katerina retint son souffle.

La silhouette de Serafim pénétra prudemment dans les lieux. Katerina ne bougea pas. Elle le laissa faire quelques pas en avant, tandis que la porte se refermait derrière lui dans un craquement sinistre. Les pas du Tidemaker résonnaient dans l'obscurité environnante. Elle tendit l'oreille. Il ne semblait y avoir personne à l'extérieur. Il était bien venu seul.

D'un geste vif, Katerina bondit hors de l'obscurité et attrapa Serafim par le dos, en lui plaquant une main sur la bouche pour l'empêcher de crier. Si malgré tout il restait des ennemis à l'extérieur, elle devait se montrer des plus discrètes. Le canon de son revolver se colla à la tempe du jeune homme.

"- Tu n'es pas suivi ?" souffla t-elle durement à son oreille tandis que ses yeux scrutaient frénétiquement les alentours.

Puisqu'elle n'avait toujours pas libéré la bouche du Tidemaker, elle attendit que celui-ci lui confirme par des signes de la tête qu'il était bien seul. Puis, sans ménagement, elle le tira avec elle derrière le rideau d'un confessionnal. On n'était jamais trop prudent, mieux valait éviter de rester exposés dans cette église. Alors seulement une fois qu'ils furent à l'abri derrière les lourds rideaux du confessionnal, Katerina relâcha sa prise sur le jeune homme, tout en gardant néanmoins son arme collée à la tempe. Elle hésita une seconde. Mais par précaution, elle se saisit des deux poignets du Tidemaker et les bloqua dans sa poigne. Ainsi, il ne pourrait pas utiliser ses pouvoirs contre elle, ni ne pourrait dégainer une arme qu'il aurait caché quelque part sous son kefta. L'obscurité et l'étroitesse du lieu n'aidaient en rien si Serafim décidait soudainement de se retourner contre elle.

Mais d'un autre côté, se retrouver ainsi serrée contre celui qu'elle avait tant aimé était une véritable épreuve. D'aussi près, il ne ressemblait plus à l'ennemi horrifiant qu'elle avait décidé de faire de lui. Le maigre filet de lumière qui suintait par dessous le rideau éclairait les yeux bruns du Grisha, et tout en elle avait envie de baisser la garde. Mais elle n'en fit rien. A la place, elle chassa toute mélancolie et raffermit sa prise sur ses poignets.

"- C'est moi qui pose les questions, chuchota t-elle d'un ton menaçant.

Ce disant, elle baissa enfin son arme, sans pour autant la ranger à sa ceinture. Elle devait rester vigilante. Si la menace ne venait pas de lui, elle pouvait surgir de n'importe où ailleurs, à n'importe quel moment. Elle prit une profonde inspiration, l'air plus sévère que jamais.

- Des monstres de l'ombre, capables de résister à la lumière du jour , reprit-elle sur le même ton sinistre. Ca te dit quelque chose ?

Elle s'interrompit une seconde pour planter un regard froid dans celui de Serafim.

- Dis-moi tout ce que tu sais sur eux."
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Ven 21 Juil - 3:14

Serafim Kovalyov
J'ai 22 ans et je vis en Ravka. Dans la vie, je suis grisha, précisément un Tidemaker et je m'en sors. Sinon, grâce à ma malchance, ma situation de couple est compliquée et je ne le vis pas très bien.



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Alors qu’il s’avançait à pas prudents dans l’église, cœur battant la chamade, Serafim se rappela délibérément qu’il n’avait pas promis à Katerina qu’il n’allait jamais la revoir, même si elle en avait exprimé le souhait à la fin de leur dernière rencontre. La contacter et tenter de la rencontrer ne brisait aucun serment prêté. Les portes se refermèrent derrière lui avec un grand bruit. L’église était vide, remarqua-t-il avec une vague de déception. Mais il n’était pas tard, il y avait encore le temps–

Quelqu’un l’attrapa et couvrit sa bouche. Il commença à se débattre, amenant ses mains devant lui pour utiliser ses dons, lorsqu’il sentit le toucher froid d’un revolver et se figea. Ses regrets déferlèrent; Katerina lui avait tendu un piège. Qui s’en prenait à lui? Des soldats de la Première Armée, ou des grishas loyaux envers l’Invocatrice? Malgré tout ce qui s’était passé, il avait cru pouvoir mettre sa vie entre ses mains, mais il–

Ses pensées furent de nouveau interrompues, alors qu’il reconnut la voix de Katerina et ne put s’empêcher de relaxer légèrement. La Première Armée ou un grisha inconnu ne l’écouterait pas s’il devait plaider pour sa vie, mais Kat, oui; avec elle, il pourrait raisonner. Elle hésiterait avant de l’achever – il en avait déjà la preuve. Il ne pouvait pas complètement la craindre, pas quand elle l'avait soigné lors de leur adieu précédent.

Était-il suivi, demanda-t-elle. Non, il était seul. Mais vu cet accueil, il n’était pas encore sûr que Kat le soit. Cependant, si elle était venue accompagnée, n’aurait-elle pas laissé la tâche de le restreindre à quelqu’un d’autre afin de pouvoir l’interroger elle-même? Il voulut répondre à voix haute, mais elle ne le libéra pas, alors il finit par faire signe de la tête qu’il était effectivement seul.

Elle le tira derrière les rideaux d’un confessionnal, où ils furent presque entièrement plongés dans la noirceur. Laissant son arme sur sa tempe, Katerina attrapa ses poignets d’une poigne solide. Malgré la menace qu’elle émanait, cela faisait plusieurs semaines qu’il s’était retrouvé si proche d’elle – ou de qui que ce soit – et la proximité le fit rougir. Il était facile d’imaginer que c’était simplement une mission de routine, qu’ils avaient tous les deux étés envoyés à Altynai, et que pendant un temps mort Serafim avait réussi à la convaincre de s’éclipser brièvement, pour l’attirer dans un coin en retrait et l’embrasser, la distraire affectueusement.

Le revolver sur sa tempe témoignait d’un destin bien différent, bien sûr. Mais il prit le fait qu’elle l’ait amené dans un confessionnal, même si c’était juste par discrétion, comme un signe de bon augure; les confessionnaux n’étaient-ils pas des espaces de vérité et de pardon?

Elle rabaissa son arme sans relâcher ses poignets, annonçant que c’était elle qui poserait les questions. Il ne tenta pas de se débattre, au moins pour le moment. Si elle était venue, c’était qu’elle n’était pas totalement opposée à l’idée de répondre à ses questions, pensa-t-il, même si elle profitait de l’occasion pour également poser les siennes. Il pouvait bien répondre d’abord, si elle ne demandait rien de compromettant, et si ça la rendait plus disposée à lui rendre la pareille ensuite. Croisant durement son regard, elle commença son semblant d’interrogation. Comme elle, il garda sa voix basse.

Les nichevo’ya? dit-il, clignant des yeux à quelques reprises à sa surprise de ce choix de sujet.

Serafim les avait vus en chair et en os (ou plutôt, en non-chair et en absence d'os) une seule fois. Le général Kirigan les avait invoqués lorsqu’il avait libéré le groupe de grishas emprisonnés dont Serafim faisait partie. Les voir se fondre sur les soldats de la Première Armée qui l’avaient emprisonné pour les réduire en morceaux l’avait rempli d’une satisfaction vicieuse. Malgré son nouvel inconfort de savoir qu’ils avaient été utilisés contre une camarade grisha, contre Genya Safin, les nichevo’ya restaient un objet d’admiration pour lui. Une forme avancée, ultime de la Petite Science; des créatures invincibles qui pouvaient attaquer même sans les directions de leur créateur, même lorsque ce dernier était attaqué ou restreint. Leur processus de leur création restait néanmoins nébuleux.

Ils sont… grands, faits de noirceur, dit-il lentement, réfléchissant à ce qu’il savait sur eux. Indestructibles, ajouta-t-il avec une pointe discrète d’appréciation. Je doute en savoir plus que toi, confessa-t-il, plongeant ses yeux dans les siens.

Il aurait dû s’abstenir de l’admettre, regretta-t-il immédiatement avec un tressaillement, détournant le regard. S’il n’en savait pas plus là-dessus, Katerina allait l’interroger sur autre chose où la réponse aurait davantage d’importance, alors que pour les nichevo’ya, il ne pouvait pas révéler une faiblesse qu’il ne connaissait pas. L’Invocatrice de Lumière pourrait probablement les affecter, s’ils étaient similaires aux volcras, mais il se garda d’exprimer cette pensée pour le moment.

Est-ce que ça peut être mon tour maintenant? Une question pour une question? réclama-t-il.

Ce n’était pas dans les règles qu’elle avait établies, mais Serafim avait encore foi que cette rencontre pouvait devenir un échange. Si sa patience s’épuisait, alors il vérifierait si sa poigne était si solide.


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Lun 24 Juil - 13:43

Katerina Pokrovsky
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Des nichevo’ya ? Katerina fronça imperceptiblement des sourcils. Bien évidemment, signature du Darkling, le nom donné à ces créatures était sans équivoque et parfaitement terrifiant. Le néant. Ou très littéralement, les néants. Malgré l'impassibilité dont elle s'efforçait de faire preuve, la Grisha sentit un frisson d'horreur lui remonter le long de l'échine. Ce nom semblait confirmer les dires d'Anja - ou plutôt ceux de Kostyk - que Katerina avait refusé de croire. Le Darkling aurait bel et bien utilisé le merzost pour créer ces créatures tout droit sorties des enfers. Il n'y avait plus rien de la Petite Science dans cette création, elle relevait d'une dimension démentielle. Des abominations qui n'auraient jamais dû voir le jour. Son regard qui s'était fait hagard un bref instant se posa soudain sur Serafim, et Katerina sentit son esprit s'alarmer. Il était en danger. Au moins autant qu'elle ne l'avait craint, si ce n'était bien plus. Pourquoi ne s'en rendait-il pas compte ? Pourquoi ne faisait-il rien pour s'enfuir ?

Elle ouvrit la bouche puis la referma aussitôt. Elle avait été à deux doigts de l'implorer de la suivre. De ne pas rester proche de ces créatures de l'ombre. De venir avec elle, là où il serait à l'abri. Elle aurait menti à tous, et aurait prétexté l'avoir retrouvé par hasard quelque part, errant loin des siens. Elle l'aurait couvert, sans jamais révéler le choix d'alliance qu'il avait fait. Mais quelque chose l'en empêcha. Etait-ce sa conscience, bien trop mise à vif de par ce qu'elle était déjà entrain de faire contre son camp ? Ou était-ce la lueur d'admiration qui avait brièvement éclairé les yeux de Serafim lorsqu'il avait mentionné les nichevo’ya ? Il était perdu. Perdu, perdu, perdu. Elle ne pouvait rien pour lui. Elle voulut se l'ancrer dans la tête. Mais quelle était cette force en elle qui s'entêtait à se raccrocher à l'espoir vain de le sauver ? Une déformation de son instinct de Healer ?

Amère, Katerina ravala ses supplications et s'apprêta à reprendre son interrogatoire, lorsque Serafim la devança. Sa hardiesse la surprit. Elle ne put s'empêcher de hausser un sourcil inquisiteur. Même dans cette position, il osait encore lui demander un droit de réponse. Donnant-donnant. Mais de quel droit... Elle détesta la partie d'elle-même qui céda avec une facilité déconcertante. D'un geste du menton, elle l'invita silencieusement mais sévèrement à poursuivre, non sans avoir au préalable bien resserré sa prise sur les poignets du Tidemaker.

Malgré tout ce qu'elle s'était promis, malgré la cage dans laquelle elle avait enfermé son coeur depuis qu'elle avait découvert la nouvelle allégeance de Serafim, Katerina devait admettre que l'air dans le confessionnal se faisait de plus en plus étouffant. Et pas uniquement à cause du manque de ventilation dans l'espace exigu. Si elle fermait les yeux, si elle lâchait son revolver, si elle oubliait tout, elle serait simplement réunie avec lui. Lui, qui lui avait tant manqué. Qu'elle avait tant aimé. Ils seraient de nouveau ensemble, envers et contre tous. Sa détermination vacilla, telle la flamme faiblissante d'une bougie en fin de vie.

Non.

Sa conscience se réveilla de nouveau brutalement, plus forte que jamais. Elle avait choisi de se battre pour Ravka. De se battre pour faire le bien autour d'elle. S'associer à Serafim ferait d'elle une criminelle. Elle repensa aux discussions inquiètes entre les paysans au marché de Poliznaya. A ses parents, vulnérables face à la menace que représentait le Darkling, le Fold, ses créatures, et toutes les autres créations abominables qu'il engendrerait. Elle repensa à l'éclat qui avait illuminé le regard de Serafim lorsqu'il lui avait mentionné l'invulnérabilité des nichevo’ya. Cette pensée suffit à chasser toute trace de sa faiblesse passagère. Pour la forme, elle releva le canon de son revolver, qui n'avait jamais quitté sa main droite.

La jeune fille retrouva son masque de fer. Elle se réservait le droit de ne pas répondre. Il était clair qu'elle ne divulguerait rien puisse compromettre ses alliés et la Couronne.
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Mar 25 Juil - 1:47

Serafim Kovalyov
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Lorsque Katerina acquiesça d’un signe de tête, Serafim resta stupéfait pendant un moment. Elle… acceptait? Il savait que c’était une possibilité, mais il s’était attendu à devoir davantage insister. Puis Katerina remonta son arme et Serafim pinça les lèvres, agacé.

Tu n’as pas besoin–

Il s’interrompit. Certes, la menace du revolver lui semblait maintenant plus une façon pour Kat de se convaincre qu’elle était implacable qu’une manière efficace de l’intimider. Ce n’était plus comme leur rencontre à Poliznaya, quand Serafim avait reculé avec une peur réelle; si Katerina était si prête à s’en prendre à lui – à le tuer – elle ne serait pas venue à Altynai, ou en aurait profité pour le capturer avec ses camarades, pensait-il. Mais peu importe que la menace de son revolver lui semblait plus un geste théâtral; c’était ainsi que Kat se sentait en contrôle, et ce n’était pas le temps de lui faire changer d’idée.

Elle avait consenti à ce qu’il pose une question, après tout. Dans un soupir, il relâcha sa frustration. Il ne gâcherait pas sa chance.

Tu étais si horrifiée à l’idée que je sois loyal à Kirigan, se rappela-t-il.

La révulsion qu’elle avait ressentie, la façon qu’elle l’avait repoussé… Le moment l’avait marqué.

Dis-moi pourquoi, supplia-t-il. Que savez-vous sur lui qu’il ne nous dit pas?

Malgré la dureté et la cruauté dont Kirigan pouvait faire preuve, malgré les morts et blessés qui résultaient des conflits entre sympathisants du général et partisans de l’Invocatrice, Serafim avait cru que les grishas qui ne faisaient pas partie de leur camp étaient des brebis égarées. Ils étaient des camarades qui seraient remis sur le droit chemin en temps et lieu. Mais les nouvelles menaces de Kirigan semblaient témoigner d’une autre idéologie.

Comprenait-elle maintenant pourquoi il avait pris contact avec elle? Pourquoi c’était seulement elle avec qui il osait parler de cela? L’idée lui était venue, certes, de repérer des grishas loyaux à l’Invocatrice lors d’une mission à l’extérieur du Little Palace pour leur poser des questions. Mais comment aurait-il abordé le sujet? Comment aurait-il expliqué ce qu’il voulait savoir? Ils auraient éventuellement compris à quel camp il appartenait et Serafim aurait été chanceux de s'en sortir vivant.

Kirigan leur cachait des choses. Restait à savoir si ces choses allaient renforcer les doutes de Serafim ou lui permettre de les dissiper.


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Jeu 27 Juil - 15:33

Katerina Pokrovsky
J'ai 21 ans et je vis au Spinning Wheel, Ravka. Dans la vie, je suis Grisha, Healer de l'ordre des Corporalki et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je me suis retrouvée séparée de celui que j'aime et je le vis plutôt mal.

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La question de Serafim la prit de court. Katerina eut un mouvement de recul, mi-horrifiée, mi-stupéfaite. Comment osait-il lui poser une question pareille ? Pourquoi ne serait-elle pas horrifiée à l’idée qu’il rejoigne les rangs de l’ennemi ? De l’Hérétique Noir ?

De l’Hérétique Noir.


Et la réalisation la frappa de plein fouet.

La Grisha écarquilla des yeux. L’Hérétique Noir. Le Fold. Sa création, son origine. Elle en connaissait les tenants et aboutissants grâce à l’Invocatrice de Lumière qui leur avait révélé ses découvertes. Ses horrifiantes découvertes. Mais Serafim lui, l’ignorait peut-être encore. En fait, il l’ignorait encore très certainement. Sans l’Invocatrice de Lumière, Katerina elle-même n’en aurait pas été consciente. Un éclair ahuri traversa les yeux de la Healer. Elle planta un regard confus dans les yeux sombres du jeune homme.

"- Kirigan… commença t-elle d’une voix blanche. Il est l’Hérétique Noir. C’est lui qui a créé le Fold. Et il n’a aucune intention de le détruire, il n’aspire qu’à l’étendre encore et encore jusqu’à ce que tout ne soit plus que Ténèbres asservies à sa volonté…

Elle observa douloureusement Serafim.

- Serafim, Kirigan est un monstre. Il…"

Katerina s’interrompit brusquement et tendit l’oreille, alarmée. Il lui avait semblé avoir entendu des roulements de sabots à l’extérieur de l’église. Elle se figea et attrapa Serafim par le poignet, par réflexe. Ils devaient fuir de là, et vite. Si qui que ce soit les trouvait tous les deux, au beau milieu de ce rendez-vous parfaitement félon et capiteux…

En faisant signe au Tidemaker de se taire et de la suivre en silence, Katerina s’extirpa de l’espace exigu du confessionnal, son revolver au poing. Sans lâcher le poignet du grand brun, elle le maintint derrière elle, juste au cas où. Elle attendit ainsi, figée, le temps d’un battement de cœur. Rien. Avait-elle rêvé ? La petite blonde fit un pas en direction des portes. Soudain, des voix s’élevèrent à l’extérieur. Proches, très proches. Trop proches. Son sang ne fit qu’un tour.

Katerina se rua jusqu’à la porte arrière de l’église, du côté parfaitement opposé aux grandes portes principales. Elle allait l’ouvrir à la volée mais s’arrêta soudain, consciente que l’ennemi pouvait aussi se trouver tout autour de l’édifice. Elle poussa Serafim derrière une colonnade de marbre et lui intima de ne pas bouger de là. Puis, avec une précaution infinie, elle entrouvrit légèrement la petite porte de bois, et jeta un œil prudent à l’extérieur. Elle ne vit rien. Elle ne pouvait pas tarder plus longtemps. Des pas se rapprochaient dangereusement des grandes portes d’entrée.

D’un geste vif, elle attrapa Serafim et se jeta dehors avec lui, claquant sans ménagement la porte au passage. A peine eût elle mit le pied dehors qu’une voix s’éleva dans l’église.

"- Kat ! Kat où es-tu ?"

Katerina tourna la tête vers la bâtisse, affolée. Elle avait reconnu la voix. Peut-être même Serafim l’avait-il reconnue aussi. La Healer jura à demi-voix. Comment Anja avait-elle pu…

Son cœur manqua brusquement un battement, en même temps qu’elle réalisait comment son amie avait réussi à la retrouver aussi rapidement. La lettre. Evidemment. Qu’avait-elle cru ? Qu’Anja n’y verrait pas clair dans son jeu ? Sa propre meilleure amie ? Bien sûr qu’elle s’était doutée de quelque chose en voyant son amie prétexter être souffrante, elle qui ne se plaignait jamais de rien. Alors lorsqu’elle avait trouvé cette lettre – cette fichue lettre – sur l’oreiller de la Healer, elle n’avait pas hésité une seconde avant de l’ouvrir et prendre connaissance du contenu. Katerina secoua de la tête, rattrapée par sa propre bêtise. Elle n’aurait jamais dû chercher à couvrir ses arrières. Ce maudit filet de sécurité était entrain de se retourner contre elle.

"- On ne peut pas rester ici, chuchota t-elle à voix basse. S’ils te trouvent, s’ils nous trouvent, ils vont comprendre… "

Ils allaient comprendre qu’il les avait trahis. Ils allaient comprendre qu’elle les avait trahis. Ils étaient irrécupérables dans tous les cas. Le regard de la jeune fille se porta frénétiquement sur les alentours, à la recherche d’une issue de secours. Ses amis n’allaient pas tarder à vouloir fouiller l’extérieur de l’église aussi. Son regard finit par se poser sur la forêt située à quelques mètres devant eux. C’était leur seule chance de s’éclipser ce soir. Katerina attrapa la main de Serafim et fonça sans un regard en arrière, direction la forêt plongée dans une obscurité dense.
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Lun 20 Nov - 3:00
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Serafim Kovalyov
J'ai 22 ans et je vis en Ravka. Dans la vie, je suis grisha, précisément un Tidemaker et je m'en sors. Sinon, grâce à ma malchance, ma situation de couple est compliquée et je ne le vis pas très bien.



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L'Hérétique noir, répéta en pensée Serafim, sidéré. Il aurait dû le deviner. Peut-être aurait-il fait le lien lui-même, s'il avait été moins préoccupé par mille autres choses. L'horreur de Katerina était palpable, presque contagieuse, alors qu'elle révélait les intentions et les origines de Kirigan. Sa respiration devenue irrégulière, Serafim ferma brièvement les yeux alors qu'il se mettait à considérer ce que ça voudrait dire pour lui, pour ses allégeances. Kirigan ne faisait qu'utiliser les grishas pour parvenir à ses fins, n'est-ce pas? Comme la Couronne. Comme la Première Armée. Comme l'Invocatrice.

Il se força à revenir à l'instant présent, mettant sa furie de côté, prêt à demander à Katerina d'élaborer, lorsque Katerina lui fit soudain signe de se taire et de la suivre. Ce n'est qu'en chemin vers la porte arrière qu'il entendit ce qui l'avait alarmée; les voix, les chevaux, les bruits de pas. S’ils nous trouvent, ils vont comprendre… Katerina ne finit pas sa phrase.

Anja, reconnut brusquement Serafim. C'était la voix qui avait appelé Kat dans l'église. Une amie proche de cette dernière qu'il avait également côtoyé, avant, lorsque tout était encore simple. Katerina avait promis, comme cadeau d'adieu, de ne pas révéler ses allégeances. Mais ce n'était pas comme si Serafim avait respecté cet adieu, en visitant ses parents, en demandant à la voir... Pour autant qu'il sache, tous ses ponts avaient été coupés.

Il attendit qu’ils se soient un peu avancés dans l’obscurité de la forêt.

Kat, que leur as-tu dit? demanda-t-il en chuchotant, appréhensif.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre, se rendant compte que sa réponse n'avait pas d'importance. Ceux qui suivaient l'Invocatrice ne pouvaient pas comprendre.

Kat, arrête.

Toujours un chuchotement, car il ne voulait pas qu’Anja et les autres les trouvent, mais plus ferme cette fois. Katerina reconnaîtrait son ton résolu. Une bruine commença à tomber, les gouttes de pluie froides contre sa peau avec la brise du soir.

Il arracha sa main de la poigne de Katerina. Elle l'avait tiré derrière elle, plus protectrice que menaçante, et ça aurait dû être si proche d’être exactement ce qu’il voulait. Mais c’était le contraire. Il ne le voulait pas comme ça.

Pas après avoir constaté toute la méfiance qu’elle ressentait envers lui. Pas quand il avait l’impression que c’était tout sauf vrai, et qu’ils s’enlisaient dans un mensonge, dans une fantaisie fragile. Serafim en avait assez que Katerina ne parvienne pas à choisir si elle était son ennemie ou son alliée. Qu'est-ce qui lui avait pris de convoquer Katerina ainsi, en secret? Comme s’ils pouvaient ignorer leurs camps, leurs allégeances respectives.

Je suis désolée d’avoir été aussi stupide, je…

Il déglutit. Il fit quelques pas en arrière, établissant une distance entre eux. Il l’était vraiment, désolé. Désolé de son hypocrisie, de tirer un trait maintenant alors qu’il était celui qui avait tout fait pour la revoir même après qu’elle ait demandé le contraire. Il était également reconnaissant d’avoir eu la réponse sur Kirigan qu’il recherchait. Cependant…

Par les Saints, continua-t-il à mi-voix, te demander de venir ici, c’était…

Il se passa une main dans les cheveux, maintenant humides à cause des gouttes de pluie qui parvenaient à passer entre les arbres, et il pinça les lèvres, frustré de son inhabilité à terminer une phrase. Y avait-il plus vexant, pour un écrivain, que de ne pas trouver les bons mots? Cependant, il irait jusqu’au bout, avec ou sans éloquence.

C’est toi qui avait la bonne idée depuis le début. Nous devrions– nous sommes ennemis. Et dans des camps ennemis. Je n’irai pas plus loin avec toi.

Dans cette forêt. Aujourd’hui. À partir de maintenant.

Il ferait face à la vérité qu’il avait été trop faible pour affronter jusqu’à maintenant: ils étaient irréconciliables.

Dans un élan de panique, son cœur s'accéléra. Il devait partir d’ici avant qu’Anja et le reste des alliés de Katerina ne le trouvent. La pluie et l’obscurité étaient à son avantage. Il leva les mains. Paume vers l’avant; les gouttes autour d’eux s’immobilisèrent. Mouvement circulaire; l’eau fut transformée en un brouillard épais. Il espérait que ça empêcherait Katerina de viser correctement avec son revolver, si elle l’employait. Il ajusta les pans et le collet de son kefta pour plus de protection, puis choisit une direction au hasard qui ne le ramènerait pas vers l’église, et se mit à courir.

Il devait les contourner. Attraper son cheval. Et espérer qu’assez de temps avait été gagné, par son brouillard, par l’hésitation de Katerina lorsqu’elle n’avait pas voulu qu’ils soient vus ensemble, pour s’enfuir avant qu’ils soient proprement à sa poursuite.

***

Serafim ne quitterait pas le Little Palace, pas quand les alternatives au camp de Kirigan étaient la solitude (isolé de ses semblables, personne pour surveiller ses arrières) ou l'Invocatrice (et son refuge infesté de soldats de la Première Armée, d'Otkazat'sya auxquels Serafim ne pourrait plus jamais faire confiance). Même avec l'état exponentiellement instable de Kirigan. Même avec la tension montante dans leurs rangs, et les bourgeons de discorde entre ceux qui prenaient peur et ceux qui, au contraire, s'enthousiasmaient à la cruauté de leur leader. Même avec...

Ils ne me laissent plus partir en mission, murmura Ludmila, sa voix à peine assez haute pour qu'il l'entende.

Elle cachait son visage dans ses genoux. Serafim et elle s’étaient réfugiés dans un coin sombre de la bibliothèque, assis au sol contre le mur.

Je crois qu'ils ont compris que je veux partir pour de bon.

La dernière fois que Serafim l'avait vu aussi ébranlée était à leur première rencontre, et elle était alors en cage. Il avait fait partie du groupe qui l'avait libérée. De toute évidence, le Little Palace n'était devenu qu'une autre sorte de cage pour elle.

Je n'osais pas t'en parler, je ne savais pas si je pouvais te faire confiance à ce point, mais à quoi bon le cacher, ajouta-t-elle avec un léger rire amer. Ce n'est pas comme si je vais réussir à m'enfuir.

Elle semblait vaincue et épuisée. Bien sûr qu'elle avait voulu se confier à quelqu'un, considérant son tempérament. Elle était à peine une adulte; ils avaient fêté son dix-huitième anniversaire peu après son arrivée au palais. Certes, Serafim pensait encore qu'il fallait combattre le feu par le feu, le statu quo étouffant de l'Invocatrice contre la dévastation de Kirigan. Mais si Ludmila pouvait être loin des confrontations finales... ce serait pour le mieux.

La Couronne avait voulu utiliser les grishas comme soldats même si ceux-ci étaient à peine sortis de l'enfance. S'ils changeaient les choses pour les leurs, il fallait qu'ils les fassent mieux.

Si tu pars, tu as quelque part où aller? demanda-t-il, avant de immédiatement vouloir retirer ses mots. Ne répond pas, je ne dois pas savoir.

Il serait déjà assez difficile de dissimuler qu'il avait su d'avance qu'elle s'enfuirait, mais s'il avait de la chance, la suspicion de toute anxiété serait enterrée par la tension générale de ces dernières semaines. Ludmila, incertaine, releva la tête, croisant son regard. Une pointe d’espoir ramena une lumière à ses yeux.

Je vais t'aider à sortir d'ici.

***

Sa seule consolation était que Ludmila s’était enfuie depuis plus d’une journée; il était trop tard pour la rattraper.

Le… départ de Ludmila Fyodorova. Tu ne saurais pas quelque chose là-dessus, par hasard? demanda Fruzsi avec un sourire sardonique.

Un rire hystérique monta à la gorge de Serafim, mais il ne le laissa pas s’échapper. Bien sûr qu’il savait que Ludmila était « partie », tel qu’elle l’avait diplomatiquement décrit. Parce qu’il l’avait aidée, et Fruzsi le savait. Sinon, elle ne lui auraient pas demandé d’attendre à genoux, les mains derrière le dos. Il n’était même pas attaché. Ce n’est pas comme s’il aurait pu s’échapper, seul et surveillé. Au moins Kirigan ne s’occupait pas de lui personnellement.

Ce qui me rend curieuse, c’est que tu ne sois pas parti avec elle.
Ce n’est pas… Serafim chercha ses mots. Ma loyauté n’a pas changé. Mais Ludmila est encore tellement jeune. À peine adulte. Elle n’a pas à faire partie de tout ça.
Nous sommes tous impliqués dans ce conflit, Kovalyov, intervint une nouvelle voix.

Serafim blanchit. Son soulagement avait été de bien courte durée. Kirigan. À une certaine époque, il aurait été fébrile que son idole sache son nom, aurait rêvé d’une telle rencontre. Il aurait aspiré à ce que son implication au sein de la Seconde Armée le fasse se démarquer suffisamment pour mériter une rencontre avec le Général. Maintenant… Serafim leva les yeux vers la silhouette imposante de leur leader.

Il est naïf de croire qu’un grisha pourrait être épargné simplement à cause de son âge, sermonna-t-il. Les Otkazat’sya n’ont pas de tels scrupules. Fyodorova est impliquée, ici ou ailleurs. Vous ne lui avez pas fait de faveur en la laissant se dérober à notre protection.
Une « protection », Serafim répéta-t-il sarcastiquement, avant d’immédiatement le regretter.

Kirigan lui lança un regard noir.

Debout.

Suivant l’ordre, Serafim se remit lentement sur ses pieds, posant le regard sur Fruzsi, souriant dangereusement, puis sur Kirigan, impassible.

Où est allée Fyodorova? interrogea Kirigan.
Je ne sais pas, répondit honnêtement Serafim.

Kirigan lança un regard vers le Heartrender qui, dans un coin de la pièce, monitorait son état. Après un moment qui sembla interminable à Serafim, le grisha hocha finalement la tête, confirmant qu'il n'avait pas menti.

Alors on en a fini ici, soupira Kirigan. Veillez à ne pas reproduire une telle erreur, Kovalyov. Considérez cela un... avertissement.

Un nichevo’ya se manifesta, s’extrayant de l’air ou du corps ou du coin de l’âme de Kirigan où les ombres se lovaient lorsqu’elles n’étaient pas visibles. Serafim fit un pas de recul par réflexe.

La créature s’avança lentement, ses pas glissants, ses membres flous, sa forme changeante. Serafim ressentit une vague de nausée et serra les poings, tentant de combattre un tremblement de peur. Pour autant, il ne se laissa pas détourner les yeux.

Pas ses bras, ordonna Kirigan, brusque. On ne voudrait pas affecter son usage de la Petite Science.

Il sonnait ennuyé. Il était évident que Kirigan n’avait pas de temps à perdre avec lui. L’ombre le contourna, pour aller dans son dos, et-

Une douleur fulgurante. Serafim s'effondra dans un cri.

Sa jambe. Une blessure à la jambe.

Kirigan avait déjà quitté la pièce.

Amène-le aux Healers, ordonna Fruzsi, adressant le Heartrender.

Après que la douleur initiale se soit calmée, après un passage chez les Healers qui avaient nettoyé et bandé la plaie sans pouvoir faire grand chose d’autre, Serafim reconnut la nature de sa blessure. La coupure n’était pas trop grave, pas trop profonde. Rien qui ne l’empêcherait complètement de marcher, ou de courir, ou de monter à cheval; il combattait encore pour Kirigan, après tout. C’était simplement une punition. Juste un rappel, de ne plus jamais aller à l’encontre de Kirigan. Un rappel permanent.

Cette nuit, dans son lit au dortoir (parce qu’à quoi bon le garder à l’infirmerie pour une blessure qui ne guérirait jamais), il passa la main sur son bras, sur l’ancienne blessure que Kat avait guéri et dont il ne restait plus une trace. Il inspira. Expira.

Il ferma les yeux.



CHAPITRE II




Rarement n’avait Serafim autant souhaité se trouver près de la mer. Il se serait aussi contenté d’un point d’eau. S’il avait été seul, il aurait été difficile de faire beaucoup de dommages dans cet affrontement; c’était une faiblesse des Tidemakers, comparés aux Inferni ou Squallers ou Heartrenders, ces derniers pouvant attaquer plus directement. Mais en travaillant en équipe…

Serafim manifesta du givre autour de la cheville du grisha devant eux, juste assez pour le faire trébucher et l’empêcher d’éviter les flammes d’Ignatiev. La bataille faisait rage entre soldats et grishas de l’Invocatrice et grishas de Kirigan. Parce que même lorsque les grishas échappent à l’emprise d’un tyran, ils se retrouvent sous la main d’un autre, songea amèrement Serafim. Ce serait peut-être la dernière bataille, Serafim étant vaguement au courant qu’ailleurs, l’Invocatrice et le Général en personne s’affrontaient.

Ce n’était plus tant pour Kirigan, qu’il combattait, que contre l’Invocatrice. Pas que cela ferait une différence pour la Couronne, s’il se retrouvait un jour à devoir justifier ses actions. Mais il espérait que les rangs seraient réduits des deux côtés; une destruction mutuelle. S’il fallait tout mettre à feu et à sang pour ensuite pouvoir construire quelque chose de mieux à partir des cendres, alors qu’il en soit ainsi.

Du coin de l’œil, il vit un soldat ennemi, affalé contre un rempart après avoir été sonné par l’attaque d’un Squaller, qui fut alors rejoint par une Healer, reconnaissable à la couleur de son kefta.

Le temps d'un moment; Ignatiev remarqua la même chose que lui, et son regard croisa celui de Serafim. La pensée leur vint à tous les deux; un Healer de moins voulait dire que moins de combattants ennemis se relèveraient. Ignatiev créa une étincelle avec ses gants de fabrication durast.

Au moment suivant, Serafim remarqua les cheveux blonds de la Healer, et son profil, et son cœur ne fit qu’un tour alors qu’il reconnut Katerina.

Ils étaient ennemis maintenant. Juste ennemis. Et pourtant…

Au dernier moment, Serafim attrapa le bras d’Ignatiev, déviant son attaque. Les flammes frappèrent le muret, s’éteignant inoffensivement. Celui-ci se tourna brusquement vers lui, contrarié, et la voix nouée, Serafim demanda, supplia, ordonna:

Pas elle.

Lorsqu’il lança de nouveau un regard vers le soldat tombé, il croisa le regard de Katerina et se figea.



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Mar 9 Jan - 15:42

Katerina Pokrovsky
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Un Tidemaker ennemi créa un brouillard juste assez épais pour l'empêcher de rejoindre ses blessés. Katerina fulmina de rage et abaissa son revolver. Elle ne pouvait risquer de tirer à l'aveuglette sur des alliés. Cependant, sa rage meurtrière ne fit qu'empirer: elle ne supportait plus le brouillard. Plus depuis qu'il l'avait retourné contre elle et qu'il s'était lâchement enfui après avoir tout saccagé dans sa vie, de longs mois auparavant.

Cette nuit-là n'avait été que le début de sa longue descente aux enfers. Prise de cours lorsqu'il avait retourné sa veste, Katerina avait dû trouver en hâte un nouveau mensonge à raconter à ses amis. Paniquée, elle avait inventé une histoire à dormir debout, comme quoi elle avait cru pouvoir intercepter des informations sur les déplacements des armées de Kirigan, et qu'elle avait cru bien faire d'agir seule par souci de discrétion, mais qu'elle était tombée dans une embuscade dans cette église. Si la plupart de ses camarades avaient bien voulu croire en sa version des faits, ses plus proches amis n'avaient pas été dupes: jamais Katerina n'aurait agi ainsi, au péril de sa propre sécurité et contre les ordres du Tsarevitch. Anja avait tout essayé pour la faire parler mais Katerina était farouchement restée sur sa version des faits. Et depuis, sa meilleure amie ne lui adressait plus la parole, et il en allait de même avec tous ceux qui avaient vu clair dans son jeu.

Le brouillard se dissipa et la Healer tira sur le premier ennemi qui eut le malheur d'apparaitre devant elle. Pour Anja.

Bien évidemment, avec tout le raffut qu'elle avait créé avec son escapade nocturne, elle avait dû rendre des comptes devant le Tsarevitch en personne. Avec l'impression de trahir tout son royaume et pis encore, Katerina avait débité les mêmes sonnettes devant l'autorité suprême. Une traîtresse. Voilà ce qu'elle était désormais. Pour s'être mis en danger elle et ses amis, la Healer avait reçu une peine de travaux forcés de plusieurs longues semaines. En contre-partie, une fois sa peine purgée, le Tsarevitch avait eu la clémence de ne pas retenir d'autres accusations à sa charge en raison du prétendu dévouement de la jeune fille envers la couronne et ses alliés. Katerina n'avait jamais été aussi mortifiée de sa vie. Elle ne méritait ni cette clémence, ni cette fausse reconnaissance de loyauté. S'il avait ainsi cru alléger sa peine, il l'avait en réalité empirée.

Une deuxième silhouette se précipita sur la première et subit le même sort sinistre. Pour le Tsarevitch.

Désemparée et désoeuvrée, Katerina s'était donnée corps et âme au-delà du raisonnable et du possible dans son travail, une fois sa chère infirmerie retrouvée. Si elle était déjà une habituée des gardes prolongées et des études nocturnes, elle n'avait désormais plus aucune raison de sortir le nez de son travail, que ce soit de jour ou de nuit. Elle avait alors fait une ascension fulgurante au sein des Healers, de plus en plus respectée pour ses accomplissements, ses connaissances, et son acharnement. On avait même fini par lui confier un groupe de jeunes recrues dont elle avait l'entière charge de leur apprentissage et de leur entrainement. A cette occasion, elle avait été promue Caporal. Ces pauvres six jeunes n'avaient rien demandé mais s'étaient retrouvés du jour au lendemain à obéir aux ordres autoritaires et exigeants d'une Katerina métamorphosée. Ils étaient les derniers à rejoindre leur dortoir la nuit et les premiers à le quitter au matin, mais leur progression faisait la fierté de l'ordre entier. Même l'Invocatrice de Lumière en personne s'était enthousiasmé sur l'excellent travail de la Healer. Mais Katerina n'était plus que l'ombre d'elle-même qui préférait se noyer dans le travail plutôt que se noyer dans ses états d'âmes.

Un battement de coeur affaibli lui parvint à sa gauche. Au-delà du brouillard qui se dissipait lentement, la petite blonde aperçut un soldat de Kirigan, écroulé au sol, dont l'abdomen saignait abondamment. Un seul coup d'oeil lui suffit pour comprendre qu'il était irrécupérable. Elle tira sans hésiter dans sa boîte crânienne. Pour Serafim.

C'était miséricordieux de sa part.

Un éclair rouge se matérialisa à ses côtés et d'un geste noueux de la main, fit s'écrouler un nouveau soldat qui s'avançait vers elles.

"- Je te couvre", affirma Ludmila avec un regard déterminé qui lui était peu familier.

Ludmila était la seule qui se rapprochait le plus d'une amie désormais. La jeune fille, effacée, ne parlait jamais d'elle-même ni de son passé, ce qui en faisait une paria pour les autres et une bénédiction pour Katerina. Ainsi, elles avaient tissé un semblant de lien de confiance sans toutefois jamais s'échanger un seul mot au sujet de leur passé. Peut-être était-ce la dernière personne qui empêchait la Corporalki de sombrer parfaitement dans la folie et la solitude.

Katerina la remercia d'un geste de la tête puis fonça sans tarder vers un Etherealki dont le nom lui échappait, qui s'était écroulé à quelques pas de là. Mais alors qu'elle allait apposer ses mains sur la blessure qu'il présentait à la tête - d'ailleurs, ne devrait-elle pas l'emmener à l'infirmerie plutôt ? -, elle sentit la force d'un regard braqué sur elle. Elle releva la tête juste à temps pour apercevoir deux soldats ennemis à une vingtaine de pas d'elle, puis son coeur manqua toute une série de battements.

Lui aussi sembla la reconnaitre immédiatement. Encore heureux, ne put-elle s'empêcher de rire jaune. Il dévia l'attaque qui lui était destinée.

Ce serait son erreur de trop.

Katerina sentit deux de ses apprentis la rejoindre. Sans quitter Serafim de son regard noir, elle ordonna d'une voix claire:

"- Amenez-moi le Tidemaker vivant. Faites ce qui vous chante de l'autre."

Comme deux rouages d'une machine bien huilée, les jeunes Healers obéirent immédiatement. Katerina se félicita d'avoir enseigné le maniement des armes à ses recrues. Un Healer était un double avantage pour une armée lorsqu'il savait à la fois se battre et soigner. Sans plus se soucier d'eux, la jeune fille se remit à soigner frénétiquement la blessure du soldat à ses pieds. Amoché comme il l'était, elle décida finalement de le porter elle-même jusqu'à l'infirmerie mobile de l'autre côté du champ de bataille.

"- Caporal, l'interpella une voix frêle depuis l'extérieur de la tente.

Katerina grommela. Ils avaient pris un sacré temps. Après avoir vérifié une dernière fois les signes vitaux de son patient désormais endormi, la Healer sortit de l'infirmerie pour trouver ses deux recrues ensanglantés mais vivants, fièrement debout de part et d'autre d'un Serafim ligoté, bâillonné, et agenouillé au sol. Le traitement typique des prisonniers.

- Bon travail vous deux, les félicita t-elle. Sasha, surveille les blessés dans la tente. Ivan, retourne auprès des combattants. Je te rejoins dans un instant."

Katerina apprécia la prompte exécution de ses subordonnés. Elle avait conscience d'être exigeante et parfois même trop avec eux, mais au moins, les résultats étaient là. Ils n'avaient même pas cherché à comprendre pourquoi ils avaient dû faire ce soldat-là prisonnier et pas un autre.

Sans aucune délicatesse, Katerina attrapa Serafim et le traina jusqu'aux cages réservées aux prisonniers de guerre. Là, elle prit soin de lui enchainer les poignets afin d'éviter toute utilisation de sa magie. Un désir de vengeance sourd grognait au fond d'elle, mais la situation ne lui apporta aucun du réconfort attendu. Au contraire, elle dut lutter pour ne pas laisser tomber le masque de fer. Elle détesta cette partie d'elle-même qu'elle avait pourtant cru avoir enterré pour de bon cette nuit-là. Ses gestes redoublèrent de hargne tandis qu'elle resserrait le bâillon de Serafim.

"- Tu m'excuseras pour le désagrément", souffla t-elle avec un sourire mauvais avant de verrouiller la cage du Tidemaker.

Le Tsar avait ordonné de faire une vingtaine de prisonniers de guerre stratégiques, pour leur soutirer des informations ou pour servir de monnaie d'échange en cas de négociations. Négociations en lesquelles ne croyait pas l'Invocatrice de Lumière, et Katerina se joignait à son avis. Quant à savoir si Serafim était un prisonnier stratégique elle n'en savait rien, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de s'emparer de cette chance d'une vengeance facile.

Katerina baissa les yeux au sol. Une flaque d'eau souillée lui renvoya une image tristement déformée de son visage.

Qu'était-elle devenue ?
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