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LE TEMPS D'UN RP

Moi sol ye tselai [winter x Jen]

winter
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Date d'inscription : 10/06/2018
Région : montréal, qc, canada
Crédits : avatar : moi. signature : anesidora (code) & pando (icons) & welcome to night vale (citation)

Univers fétiche : science-fiction, fantasy, réel
Préférence de jeu : Femme
Ariel
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winter
Ven 1 Mar - 3:12

Serafim Kovalyov
J'ai 22 ans et je vis en Ravka. Dans la vie, je suis grisha, précisément un Tidemaker et je m'en sors. Sinon, grâce à ma malchance, ma situation de couple est compliquée et je ne le vis pas très bien.



Im Changkyun (gif & avatar) (c) moi
Serafim croisa le regard de Katerina, mais ce fut de courte durée. Distrait par une attaque puis une deuxième, il la perdit de vue avant de pouvoir décider s’il voulait s’approcher pour lui parler ou s’éloigner davantage pour ne plus risquer que ses attaques la ciblent.

La bataille était chaotique, mais Serafim arrivait à déceler que les grishas de Kirigan avaient le dessus. Au début. Et lorsqu’il remarqua que la tendance s’était renversée, et qu’Ignatiev et lui étaient encerclés, il était trop tard.

L'Inferni projeta un arc de feu, et Serafim lança des projectiles de glace acérés, mais les grishas étaient agiles comme des soldats, et il n’y avait pas, dans leurs défenses, les faiblesses qu’il y avait habituellement chez les Healers.

Ignatiev, on devrait…

Fuir. Partir. C’était une bataille perdue entre deux camps damnés.

Il n’eut cependant pas l’occasion de finir sa phrase. Au milieu d’un mot, Ignatiev fut frappé d’une balle. Malgré son kefta qui amortit l’impact, il s’effondra quand même, et sans la force d’attaque de l’Inferni, Serafim se retrouva bien vite les mains liées et bâillonné. Avant d'être amené plus loin, il entendit:

Le Caporal Pokrovsky nous a seulement dit d’amener celui-là, alors l’Inferni… achevez-le.

Serafim se débattit et réussi à se dégager de la poigne du Healer, mais il fut aussitôt rattrapé. Il appela Ignatiev, les syllabes incompréhensibles à travers le bâillon. Traîné plus loin de force, avec les battements effrénés de son cœur assourdissant tout le reste, il ne sut pas si Ignatiev fut achevé par une balle ou par un couteau ou par la Petite Science.

Le destin l'avait ramené à la merci de Katerina.

On le poussa pour qu'il s'agenouille à ses pieds et le regard de Serafim se porta sur ses cernes, ses cicatrices, son expression. La Katerina qui lui faisait face n’avait rien à voir avec la Katerina qui avait partagé ses classes, et même rien de la Katerina qu’il avait abandonné dans la brume. Elle avait beau se tenir devant lui en chair et en os, elle s’était entourée de murs de glace à travers lesquels il n’arrivait plus à la voir.

Elle se chargea personnellement de l’amener jusqu’à sa cage, enchaînant soigneusement ses poignets et par le fait même entravant ses dons. Lorsqu’elle resserra son bâillon, elle effleura ses cheveux, et Serafim ferma brièvement les yeux. Qui était la dernière personne qu’il avait touché, pas pour engendrer ou subir de la violence, mais par amitié ou affection?

Kat, tenta-t-il de dire.

Pour implorer sa merci une fois de plus. Lui demander une autre chance, un autre au revoir, une autre trahison. Mais avec ce bâillon, son appel était incompréhensible. De toutes façons, Katerina était celle qui resserrait maintenant ses liens, pas celle qui allait l’en libérer.

Tu m’excuseras pour le désagrément, dit-elle, son sarcasme évident. Sa voix résonna dans sa tête, même bien après qu’elle ne soit partie... Des visions d'Ignatiev, ensanglanté et froid, se mêlèrent à des images d'une jeune Kat qui pratiquait ses tirs, de la Kat désillusionné qui l'avait toisé aujourd'hui, des soldats qui avaient capturés Serafim il y avait des mois de cela, des Healers qui l'avaient capturé aujourd'hui, des nichevo'ya de Kirigan-

C’est ta faute, une voix dit alors, interrompant son cauchemar éveillé.

Il releva la tête, mais il n'avait pas besoin de la voir pour la reconnaître; Anja. Elle sonnait sidérée, trahie.

C’est ta faute, ce qui est arrivé à Kat? Comment elle a changé, comment-

Elle s’interrompit. Possiblement, elle s’était rendue compte qu’elle parlait à l’ennemi, aussi familier qu’il pouvait être, et qu’il valait mieux en dire moins que plus. La dernière fois que Serafim avait entendu sa voix, c’était à cette église… Il se demanda si elle était au courant, qu’il avait été là.

Comment tu as pu t’allier à-
Anja, un jeune homme l’appela, de l’entrée de la tente, sa voix à la fois réprimande et réconfort.
… Mikhail, répondit Anja.

Elle était penaude, mais pas désolée. Serafim en eut l’impression qu’elle n’était pas censée l’avoir visité, mais qu'elle ne regrettait pas sa désobéissance. Les deux quittèrent la tente main dans la main et Serafim ignora le pincement au cœur que cela lui provoqua. Il avait déjà assez regretté que lui et Katerina ne pouvaient pas se soutenir de cette façon pendant cette guerre.

Le temps lui sembla être un sablier ne s’écoulant qu’un grain de sable à la fois. Être en cage avait le don de tout ralentir. Le choc de voir Anja avait au moins dissipé ses souvenirs tourmentés. Pour ne pas y retomber, il s’efforça de remarquer les couleurs de la tente sous laquelle étaient les cages, le tissu de son bâillon, la froideur de ses liens, tout pour se distraire. Il savait parfaitement à quoi la trahison ressemblait sur les visages de Kat et d'Anja. Il aurait voulu pouvoir l'oublier, ou au moins l'écrire. Les émotions mises en poèmes avaient le don de soudainement paraître moins imposantes.

Il échangea brièvement un regard dépité avec un autre prisonnier, un Alkemi dont le visage mais pas le nom était familier.

Sasha, tu as remarqué, quand on l’a attaché?

La conversation était discrète, à l’extérieur de la tente, mais la brise portait leurs voix.

Oui, la blessure sur sa jambe. Tu as reconnu?
Bien sûr. Tu penses que c’est pour ça que le Caporal nous a demandé de le capturer?

Sasha renifla hautainement. Serafim se rendit compte qu’ils parlaient de lui. La blessure dont ils parlaient, ce devait être…

Évidemment. C’est sûr que le Caporal a remarqué une blessure de nichevo'ya. Hey, Ivan? dit alors Sasha, de l’humour dans sa voix. Tu penses qu’elle va l’utiliser comme cobaye?
Ça serait son genre, répondit-il en rigolant. Je ne dis pas que ses méthodes d’entraînement ne sont pas efficaces, mais j’aimerais bien voir son tempérament dirigé vers quelqu’un d’autre pour une fois.
Vous devriez aller voir si le Caporal Pokrovsky a besoin de vous, si votre quart de garde est terminé, une nouvelle voix, trop familière, intervint.

Au lieu de mémérer, était le sous-entendu. Un bruissement frénétique, alors que Sasha et Ivan, apparemment alarmés, se mettaient en mouvement.

Oui, Fyodorova.

Auréolée par la noirceur de la nuit qui était tombée depuis quelques temps, Ludmila ouvrit le rabat de la tente et s’approcha. Une colère sourde s’empara de Serafim. Qu’est-ce qu’elle faisait là? Qu’est-ce qu’elle faisait ici, quand il avait tout fait pour la sortir de ce conflit?

Ludmila s’approcha de la cage et glissa sa main entre les barreaux pour attraper le bâillon de Serafim et lui enlever.

Il prit un moment un moment pour prendre quelques respirations. Puis, la voix enrouée, il chuchota:

Qu’est-ce que tu fais ici, Ludmila? Avec eux?

Elle pinça les lèvres et, évitant momentanément son regard, elle se passa une main dans les cheveux.

Kirigan va trop loin, dit-elle en affrontant finalement son regard. Il faut que quelqu’un l’arrête.
Je pensais que tu voulais t’enfuir de- de tout ça!
L’Invocatrice et la Couronne me protègent. Je fais encore des cauchemars à l’idée que leurs soldats Otkazat'sya se retournent contre moi, avoua-t-elle avec un sourire amer. Mais les gens détestent les grishas partout, Serafim.

Je ne serais pas plus sûre ailleurs, affirmait-elle.

Je n’ai pas oublié ce que tu as fait pour moi. Je sais le prix que ça a coûté et je suis désolée, dit-elle, des larmes lui montant aux yeux.

Serafim soupira. Elle était au courant de sa blessure alors.

Tu dois leur dire que tu as confronté Kirigan et que tu ne restais avec lui que par peur! S’ils peuvent comprendre que-
Tu sais que ce n’est pas vrai, répliqua-t-il.

Et que je ne sais pas mentir. Elle lui lança un regard noir, souhaitant qu’il change d’idée, mais il ne fléchit pas. Cette narrative ne le mènerait pas loin. Sa blessure d’un nichevo'ya serait davantage considérée comme une preuve de la folie de Kirigan que de sa propre innocence. Il ne serait pas si facilement pardonné après avec combattu et tué des leurs aujourd’hui.

Alors je vais trouver un autre moyen, affirma-t-elle, déterminée. Je ne te laisserai pas dans cette cage alors que tu m’as libérée de la mienne.
Tu ne devrais pas te mettre en danger-

Et Serafim réalisa alors qu’ils parlaient ouvertement devant une dizaine de prisonniers qui seraient probablement prêts à faire n’importe quoi pour sauver leur peau. Incluant sacrifier une ancienne camarade si ça pouvait alléger leur sentence, encore plus une camarade qui s’était retournée contre eux.

Les autres prisonniers-
Je les ai endormi avant d’entrer dans la tente, répondit-elle calmement, levant brièvement les yeux au ciel.

Voilà pourquoi il laissait l’élaboration des plans aux autres.

Ludmila jeta un regard vers l’entrée de la tente et Serafim compris qu'ils n’avaient plus beaucoup de temps. Pourtant, il avait encore mille choses à lui dire.

Ludmila, Ignatiev est…
Je sais, dit-elle douloureusement.

Un moment de pause, de deuil, et puis elle continua.

Serafim, j’ai rencontré Katerina!
Vraiment? répondit-il, surpris mais avide d’en savoir plus.

Lui avait-elle parlé? Qu’avait dit Kat? Comment allait-elle, vraiment? Est-ce que Kat avait parlé de lui, ou pas du tout? Avait-elle finalement dénoncé sa trahison ou préféré la cacher?

Personne ne me fait confiance ici, parce que je ne veux pas révéler d’où je viens, dit-elle, un semblant misérable.

Serafim imaginait facilement qu’une telle atmosphère n’était pas facile à vivre. Sans doute que la suspicion ambiante qui régnait au Little Palace n’était pas si différente de la suspicion que Ludmila avait subi en rejoignant le camp de l’Invocatrice si tard.

Mais Katerina est différente.

Ludmila sourit, alors que la lumière revenait à ses yeux.

Elle est comme tu m’as dit. Rigoureuse, passionnée. Peut-être moins bavarde et plus sévère que je pensais. Mais elle me tient compagnie. Tu sais, je pense encore que vous pourriez vous comprendre! Avec assez de temps…

Il semblait que Ludmila n’avait pas abandonné ses histoires, alors. S’imaginait-elle vraiment que Serafim et Katerina pouvaient encore être réconciliés, alors que toutes leurs réunions jusqu’à maintenant avaient été désastreuses?

Néanmoins, ses impressions de Kat le rassura. Malgré la façade de fer qu’elle montrait, il restait encore les qualités et les défauts pour lesquels Serafim l’avait aimée. Il n’avait pas besoin qu’elle soit la même personne - il ne l’était certainement pas. Mais il espéra que tout ce qui s’était passé, avec lui certes mais aussi dans cette guerre, ne l’avait pas irrémédiablement brisée. Ou peut-être Ludmila était-elle simplement trop prise dans ses illusions et imaginait une Kat qui n'existait pas, à mi-chemin entre la Kat qui vivait dans les poèmes de Serafim et la vraie.

Ludmila regarda de nouveau brusquement vers l’entrée. L'arrivée imminente d'une tierce personne devait être imminente.

Je dois y aller, mais je vais revenir te voir, souffla-t-elle en se levant.

D’un mouvement de la main, elle libéra les autres prisonniers de leur sommeil artificiel juste avant de sortir de la tente, bien que certains demeurèrent assoupis.

Viens-tu vérifier leurs états? entendit-il Ludmila demander. Certains dorment, ajouta-t-elle.

Les talents d’actrice de Ludmila étaient bien meilleurs que les siens. Elle avait dû se précipiter pour sortir, mais il n’entendait pas du tout d'inquiétude dans sa voix.

Elle reçut une réponse, mais Serafim n’en saisit pas les mots, seulement la voix. Katerina. Elle entra dans la tente, illuminée seulement par la lanterne mourante de l’intérieur, et il y avait cette lueur froide dans ses yeux encore, ce côté d’elle qui demeurait nouveau pour Serafim.

Tu m’as à ta merci, dit-il, attirant son regard noir. Tu vas décider de mon sort, maintenant?

Ils avaient la possibilité d’une conversation où ni l’un ni l’autre n’avait besoin de s’enfuir. Mais leur restait-il des choses à se dire? Il était poète. Il aurait voulu avoir quelque chose de parfait à lui dire; ce sentiment était familier. Cependant, pour la première fois, il aurait voulu savoir quoi dire non pas pour les rapprocher, mais pour couper les ponts définitivement. Ils étaient irréconciliables, pourtant il ressentait encore cet appel envers elle, comme si elle était le nord et lui l'aiguille d'une boussole.

Est-ce que tu comprends pourquoi j’étais du côté de Kirigan?

'J’étais', parce qu’il ne pouvait pas vraiment dire qu’il l’était toujours, même s’il faisait encore moins partie du camp de l’Invocatrice. Avec tout le temps qui était passé, les brèves rencontres qu’ils avaient eues, avait-elle pu voir l’autre côté de la médaille? Apprendre à propos des côtés de Kirigan qui n’étaient pas cruels ou assoiffés de pouvoir, mais protecteurs et défendeurs des grishas? Ou n’avait-elle aucune idée?

Après tout, peut-être qu’elle n’était là que pour recueillir ses dernières volontés avant de l’amener à la ligne finale de son destin. Et peut-être que même la mort ne serait pas suffisante pour le guérir de cet appel envers elle. Que s'il ne restait de lui qu'un spectre, même ce dernier serait voué à hanter Katerina.


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Jen
Lun 25 Mar - 21:51

Katerina Pokrovsky
J'ai 21 ans et je vis au Spinning Wheel, Ravka. Dans la vie, je suis Grisha, Healer de l'ordre des Corporalki et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je me suis retrouvée séparée de celui que j'aime et je le vis plutôt mal.

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Fiche détaillée juste ici
Lorsqu'elle retourna au combat, Katerina n'eut même plus à se battre. Les derniers soldats du Darkling qui n'étaient pas encore vaincus ne tarderaient pas à l'être - s'ils ne battaient pas en retraite avant. La Healer fut donc réquisitionnée pour soigner les blessés dans leurs rangs, prodiguant des soins le plus rapidement possible au plus de soldats possibles. L'utilisation de son pouvoir la revigorait, la rendait plus forte, et lui faisait momentanément oublier le conflit intérieur que Serafim avait fait ressurgir en elle.

Elle n'aurait su dire combien de temps elle avait ainsi soigné les blessés aux côtés de ses pairs, mais lorsqu'elle reçut l'ordre de se retirer, Katerina ressentait l'effet paradoxal du pouvoir Grisha : elle était épuisée mais rayonnait de son utilisation. Elle envoya ses apprentis prendre un repos bien mérité pour la soirée, et les laissa célébrer la victoire avec leurs confrères. Elle, n'avait pas vraiment la tête à la célébration, mais elle ressentait une immense satisfaction d'avoir fait un pas de plus vers la chute définitive du Darkling et de tout ce qu'il représentait.

A contre-courant des soldats quittant le champ de bataille, Katerina traversa le camp en direction de la tente des prisonniers.

"- Viens-tu vérifier leurs états? s'enquit Ludmila, qui sortait de la tente au moment où Katerina allait y entrer. Certains dorment.

- Tu m'as l'air suspicieusement heureuse ce soir, Ludmila, ne put s'empêcher de remarquer la Healer.

Victoire ou pas victoire, la Shu n'était pas du genre à se réjouir à la fin d'une bataille. La guerre, les combats, et la violence l'éreintaient au lieu de la galvaniser.

- Kat, tu crois aux fins heureuses ?

- Je crois en la science, la petite science, et en les chiffres.

- Et en les lettres ?

Les lettres étaient le domaine de Serafim. Elle y avait cru, fut un temps, mais cette époque était désormais révolue. Mais Ludmila ne pouvait pas le savoir, et n'avait pas non plus à le savoir.

- Comment tu t'en es sortie aujourd'hui ? se déroba Katerina pour détourner la conversation.

- Mieux, avoua Ludmila en triturant le pistolet que lui avait offert son amie quelques mois plus tôt. Mais je ne me ferai jamais à la violence de la bataille."

Katerina hocha pensivement la tête pour toute réponse. On n'apprenait à apprécier les combats que lorsqu'ils devenaient l'unique moyen d'annihiler tout le reste. Au coeur de la bataille, elle n'était plus que mouvements, précision, présent. La Heartrender n'avait pas besoin de ça pour tranquilliser son esprit, et Katerina lui souhaitait de rester ainsi encore longtemps. Elle ne l'aurait jamais admis en public, mais la candeur de la brunette était rafraîchissante.

Ludmila prit congé et Katerina souleva le pan de la tente pour y pénétrer. A l'intérieur, ses yeux mirent quelques instants à s'habituer à la pénombre.

Avant même qu'elle ne puisse distinguer sa silhouette, la voix de Serafim s'éleva dans le silence ambiant. Instantanément, Katerina le foudroya du regard. Certes, elle était venue pour lui - pour quoi faire, elle n'en savait rien - mais elle ne tolérait pas qu'il se permette ainsi de s'adresser à elle comme si c'était elle qui avait fauté.

Pour toute réponse à son attaque verbale, elle rit en coin, sans se soucier de réveiller les autres prisonniers qui semblaient tous ensommeillés. Elle n'avait aucun droit de vie ou de mort sur Serafim, tous les prisonniers de guerre devant passer obligatoirement par le jugement du Tsarevitch, qui décidait ensuite de leur sort. Et connaissant l'intérêt et l'affection du souverain pour les Grisha, Katerina savait d'avance que Serafim serait épargné. Mais elle se garda bien de lui en dire quoique ce soit.

La deuxième question du Tidemaker effaça toute trace d'amusement - bien que feinte - de son visage. Elle sentit un barrage céder dangereusement au fond d'elle-même et les mots s'échappèrent de sa bouche avant qu'elle ne puisse réfléchir.

"- Ce que je comprends, c'est que non content de m'avoir trahi une première fois, tu m'as trahie une deuxième fois, gronda Katerina d'une voix sourde. Sais-tu seulement à quelles conséquences j'ai dû faire face après que tu m'aies lâchement abandonnée dans cette église ? A combien de personnes j'ai dû mentir, à toutes ces nuits où je n'en ai pas dormi ? Non, bien sûr que tu n'en sais rien. L'honneur et la loyauté n'ont aucun sens à tes yeux."

Elle lui en voulait. Elle pensait avoir barricadé son esprit à tous ces sentiments mais elle se trompait. Le revoir lui faisait mal et ravivait la douleur de sa trahison. Elle n'était pas passée outre. Elle était encore cette fille, abandonnée dans la nuit face à une forêt, tremblante d'angoisse et refusant de comprendre ce qu'il venait de se passer. Elle était cette fille, qui avait offert tout ce qu'elle avait à donner et qui s'était retrouvée avec un poignard planté dans le dos. Elle était cette fille, qui, face à cette cage, voulait lui hurler tout ce qu'elle avait sur le coeur et laisser libre cours à son chagrin. Ou à sa colère. Ou très certainement un mélange des deux.

La position de faiblesse de Serafim servant d'exutoire malsain à son ressentiment, Katerina prit tout son temps pour l'observer longuement en s'attardant sur sa blessure à la jambe, avant de sortir une clé de la poche de son kefta pour ouvrir l'étroite cage dans laquelle elle avait elle-même enfermé le jeune homme. Avec des gestes calculés, elle s'approcha de la silhouette entravée et posa une main d'une douceur douloureuse sur la joue du Tidemaker. Puis elle approcha ses lèvres de son oreille, comme pour lui murmurer une confidence.

"- La défaite est imminente, annonça t-elle à voix basse, un sourire satisfait aux lèvres. La victoire du jour la rendait plus enhardie que d'ordinaire. Nous avons eu le dessus sur le champ de bataille et très bientôt, ce sera l'Invocatrice de Lumière qui aura le dessus sur ton cher Darkling. Tu as perdu, moi sol."
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