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A vol de condor...

Oskar
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Oskar
Sam 1 Avr - 9:34

Mel  E.
Guzman-Cea

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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A vol de condor...

Ayelén Cardenas & Mel E. Guzman-Cea

Prologue : Novembre 2022

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Prologue - Suite


Mel Guzman refait progressivement surface, froid, calculé, mesuré, efficace, calculateur, stratège et militaire... Pourtant, en moi des hurlements ondoient, parcourent mon corps, mon esprit, suppliants et enragés d'être réprimés, à nouveau enfermés, pour combien de temps !

 - Je ne fais rien, je ne veux rien.

Je me redresse, coupe l'ampli et range la guitare. J'ai peine à retrouver mon visage de glace, peine à maîtriser mes traits et à empêcher les larmes de couler.

- C'est une plage privée.

Ma voix est redevenue ce qu'elle est au quotidien si mon aspect ne l'est pas encore, toutefois, tout au fond, enfouie, reste une parcelle de cette humanité que je renie.

- Vous auriez dû accepter ma proposition et venir manger à l'intérieur.  A l'écart des autres au besoin, pourquoi pas dans le studio là-bas.

-outfit- Je montre la maison jetée sur la plage à une époque où les permis de construire étaient inutiles -banale en apparence, basse de toit, couleur sable, dans le plus pur style colonial espagnol, oubliée parmi des immeubles- dont la seule particularité en plus de l'immense patio sableux donnant sur la plage est une grande pièce abracadabrante posée par la précédente propriétaire, un studio d'enregistrement de qualité professionnelle... Elle se croyait douée pour la musique, elle a abandonné l'idée à la première difficulté comme la plupart des gens que je côtoie, vie trop facile pour être tenace.

La musique est un besoin, vital, impérieux...

Cependant... tout besoin peut être dompté, si le devoir l'exige.

Je reste avec un souvenir de cette inconnue que j'aurais dû faire raser, une verrue moderne à étage jouxtant la propriété d'époque, sans âme, sans beauté, sans utilité à vrai dire... à laquelle on accède par un escalier métallique emprisonné dans une cage de verre entre les deux édifices.

Mais après tout si j'avais écouté mon père pour les aménagements intérieurs de cette maison c'est l'ensemble qui aurait été détruit ! Elle aurait juste été ridiculement grande et grandiloquente, un temple dressé à l'argent et au pouvoir. Trop de dorures, trop de fioritures, trop de spéculations accrochées au mur au milieu de véridiques œuvres d'art... Des gens qui jugent en fonction du prix plus que de la beauté. Mon père en est... L'a-t-il toujours été ? Ou comme moi a-t-il dû apprendre à museler le désarroi naissant face à l'authentique, au vrai, à ce qui te déchire les tripes et non le porte-monnaie ?

Moi, je l'ai choisie pour son dénuement, ses poutres brutes, ses murs blanchis à la chaux, son dépouillement mobilier que j'ai accentué. Pas d'œuvres d'art-investissements en guise de décoration, pas de tapis luxueux, des pièces presque vides... C'est ce qui m'a valu cette mine désapprobatrice quand je la lui ai fait visiter, la puissance doit se montrer. C'est entre nous un point d'achoppement, je ne la montre pas ainsi.

Je murmure...

- L'art est douleur et agonie...

Je continue mon rangement, tournant le dos à la fille. Elle n'aurait pas dû être là ! Ni là, immédiatement, ni même ce soir. Je me demande si mon père n'a pas vu là un moyen de savoir ce que je lui ai toujours tu, ce que j'ai tu à tout le monde, au point de l'oublier moi-même.

Si elle ne m'avait pas envoyé chier au début de mon incursion dans leur concert, je le leur aurais proposé ce exutoire inutile avec vue sur l'océan, ça, et les deux salles du rez de chaussée qui pourraient servir à répéter ou même donner des représentations en petit comité.  Tout à l'heure, l'alchimie était réunie pour que je sois agréable et communiquant, la musique faisait son effet, là, la brèche temporelle s'est refermée.

- Je vais vous raccompagner, tes amis et toi avez fini votre prestation ? Vous avez été payés il me semble ?

Tout à l'heure, je leur aurais donné un supplément, pour ce qu'ils m'ont permis de revivre, là, il n'est plus temps... Dans mon cœur, il y avait un noyau chaud qui ne demandait qu'à palpiter, il perd son pouvoir, sa puissance, devant moi, je vois une ombre de visage... dans mes oreilles, j'entends la voix que j'avais à l'époque, et une autre me répond, assourdie, baillonnée ! J'essaie de la main, d'un geste réflexe de maintenir le passé en place, juste assez pour découvrir ce que le temps a recouvert !

C'est trop tard, le cadet Melchior Estrello Guzman-Cea est mort, mon visage à nouveau se crispe d'un cri, primal, atroce, Mel est né.

Je suis Mel.

Je tourne un visage fermé d'androïde vers la fille, impatient qu'elle rameute sa troupe et qu'ils disparaissent de mon présent ! Je n'ai pas de temps à perdre avec des foutaises.

En moi la faille se ferme dans un hurlement d'apocalypse. J'ai rejoint l'enfer du monde des vivants.

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***

Paroles de Igorrr – Downgrade desert

&&&&&&&&&

Je regarde fixement le feu sur la colline en face, comme hypnothisé... Que se passe-t-il en moi ? Une fraction de seconde je le vois se propager à une vitesse folle, courant comme un troupeau de chevaux sauvages en direction de cette maison, symbole de ma famille et d'un pays qui n'est pas le mien.

Quittant la lueur dansante je porte le regard vers la fenêtre du premier derrière laquelle dort l'aïeul...
S'il n'avait pas été lui, aurais-je été différent ?

Derrière moi, mon valet-chauffeur et tout ce qu'on veut attend mon bon vouloir, non pas servile comme beaucoup le voient mais à l'écoute, prêt à m'assister si besoin est.

Je ne ressens pas le besoin de parler, de bouger. Dans la nuit, la musique s'entend comme si l'on était à proximité. Il s'approche, lui et moi avons tant en commun... Presque tout, à l'exception de la naissance ! Créés l'un comme l'autre pour servir et réussir, vivre d'honneur plutôt que bonheur.


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Prendre son envol
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Ven 7 Avr - 15:29
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Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.

Ayelèn ça veut dire la joie. Un comble quand on connait la vie de merde que je me suis cognée avec un père alcoolo et une mère grandiose par son absence. Je ne l'ai jamais connue et c'était tabou d'en parler pour le chaw dépassé par une gosse dont il ne savait que faire. Il m'a aimée je suppose comme il a pu, à sa façon, c'est à dire très mal et carencée d'affection et de sécurité. J'ai grandi à la va comme je te pousse, aléatoire, versatile, excessive, paumée. Muter en parent de son parent c'est glauque, tordu. Mais j'avais une liberté de folie et je ne saurai jamais comment j'ai fait pour ne pas me retrouver sur le trottoir ou droguée ou assassinée ou torturée! J'aurais pu tomber dans n'importe quel trou noir et ne plus en sortir. À la place de ça, j'ai culbuté dans le grand chaudron de la musique. Ça a du me sauver.

Le jour de mes 18 ans, j'ai dit au revoir à mon père, épuisée des relents de trop d'années qui puaient les égouts. Je lui rends visite de temps en temps mais je ne fais plus le ménage ni les courses ni le reste et le deux pièces miteux dans lequel j'ai créché pendant mon enfance est devenu un taudis qui me donne des hauts le cœur.

Je bosse partout où il y a du taf sans aucun diplôme, mal payé évidemment mais je m'en fous, je mange à peu près à ma faim, je partage un studio avec une fille qui galère comme moi mais à deux, c'est plus facile. J'ai vécu une période assez longue dans la rue mais ça, je n'en parle jamais et personne des gens que je connais en ce moment ne sait. J'en ai gardé des cicatrices moches sur le corps, des terreurs que je gère pas et si on me demande, je réponds que j'me suis faite bouffée par un clébard.

Activiste à mes heures, j'ai embrassé la cause des Mapuches comme une gosse embrasse sa mère, parce que j'y crois tout simplement. J'espère dur comme fer qu'on aura -bientôt- la place qui nous revient de DROIT.

J'ai aimé une fille une fois, à la folie. J'm'étais tatouée des mots doux, des mots d'éternité sur l'épaule gauche du côté du cœur. Et puis elle a fait comme ma mère, elle s'est tirée sans me prévenir après toutes nos promesses et nos bonheurs. Alors, j'ai pris un couteau et j'me suis arrachée la peau pour tout enlever.

« ...La tribu des damnés, des éternels crève-corps, crève-cœur, porteurs de souffrances et de deuils, si mal gâtés que la moindre miette de vie était reçue comme un don inespéré. Les déshérités...avaient quelque motif de vouer un infini amour à la vie : car de l'existence ils avaient bu toute l'eau amère ; ils en avaient goûté aussi, de temps à autre, les saveurs inouïes. »

F. Cheng



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Même si j'explose


-C'est une plage privée.

La tonalité profonde et la chaleur particulière qui venaient des tripes du chant métal avaient disparu. En lieu et place, s'imposaient un fait implacable, une formulation hypocrite.  « Dégage ! » aurait été honnête et... apprécié. Le contraste brutal avec cette douleur qui s'étalait encore sur son visage en rus intempestifs quoique mutiques, la surprit. Elle se tourna vivement vers lui, et éclata de rire.

-Ah ouais et alors ?

Ce ne serait pas la première fois qu'elle outrepassait un interdit ou un territoire ! Comme il remballait son matos, elle se leva, rétorqua :

-Pourquoi on « aurait du » ? Tu t'es imposé dans notre concert, comme un cow-boy, poussez-vous j'arrive, ça m'a emmerdé ok ? Ton show, pas mal je reconnais, a duré presque une demi-heure ! On s'est adapté ok mais moi j'avais pas envie et ça m'a fait chier et t'en as rien à foutre de tout ça, on est d'accord. En plus nous balancer une invit sur scène j'aime pas parce que c'est pas le bon moment et j'me méfie de ce genre de trucs. On est concentré sur autre chose et j'ai pas refusé, j'ai dit « on verra ça ». Je peux pas savoir si j'en aurai eu envie après ou pas, ça se calcule pas ok ? Personne m'impose quoi que ce soit encore moins un sale gosse de riche.
-Oh et puis merde !
cracha t-elle plus fort.

Le groupe avait fait sa presta, merci, salut, fin du deal ! Vexée, blessée alors qu'elle avait eu une intention compatissante, la brune allait se tirer et vite fait ! Ce mec la jugeait de son promontoire, exigeant et intransigeant à la fois. Pour qui se prenait-il ? Haussant les épaules, elle jeta un œil machina vers le studio dont il parlait. Il cherchait quoi ce connard ?

-Allez vas-y, enfonce le clou.

Une colère sourdait, irrépressible. Cette condescendance culpabilisante qu'il lui jetait à la gueule ! Moi j'ai tout, toi t'as rien et t'as merdé connasse ! Ce type, elle n'en avait rien à carrer mais il réussissait à la sortir de ses gonds. Elle devint mauvaise.

-Je crois pas nan mais TOI par contre tu te résumes en deux mots, douleur et agonie, ça claque quand tu parles de toi. Tu chiales ta mère pour trois notes et l'instant d'après monsieur est le seigneur du monde, aux taquets pour mépriser la p'tite merde avec qui il daigne s'abaisser à sortir trois mots. Tes belles fringues là et ton sourire parfait à deux balles, «  Guzmany, Douleur et Agonie » un titre !

Elle ricana, humiliée, en tremblait dans son corps et sa gorge.

- Ne vous abaissez pas à nous raccompagner Maître Guzman, TU t'en relèveras pas.

À l'intérieur de l'un et l'autre se promenaient une Belle et une Bête, tantôt l'une, tantôt l'autre, entre les cœurs se balançaient.


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***

La grosse baraque se rapprochait dangereusement. La caisse fut stoppée à une centaine de mètres. Pas un mot, pas un bruit...
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Ven 7 Avr - 18:35

Mel  E.
Guzman-Cea

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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Prologue : Novembre 2022

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Prologue - Suite

- La crise est passée ?

S'il y a une chose qui me dégoûte prodigieusement ce sont les gens qui sortent de leurs gonds en public. Exactement ce que j'ai fait ce soir !? Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de venir m'effondrer sur la plage... Mais elle ? J'analyse ce qu'elle dit, ses contradictions. Elle me rappelle par chaque parole qu'il est impossible de nouer des relations avec un être humain, trop imbu de sa propre importance, trop aléatoire, trop sujet aux émotions. J'ai failli succomber à l'humanité. Ma décision est prise je vais faire démolir cette verrue qui s'appuie sur le mur nord.

- Si je résume, je n'avais pas le droit de chanter chez moi ? Uniquement parce que le groupe engagé par mon père est composé de prolétaires fatigués pour lesquels la musique n'est qu'un taf qu'ils souhaitaient expédier ? Et qui demande tant d'attention qu'il empêche de comprendre une proposition dictée par un peu d'humanité ?  

Je suis face à elle, je pense encore bien trop impliqué dans cette bouffonnerie. Je ramasse la valise de mon ampli et la guitare. Je vais ranger tout cela, définitivement. J'ai autre chose à faire de bien plus important.

- Comment ai-je osé te demander de prévoir ton humeur à une heure, c'est impossible, chacun le sait... Il est vrai que c'était probablement condescendant que d'imaginer que nous pourrions être unis par la musique, j'en suis confus. Je pense que tout est dit.  

Elle est là, à se contredire à chaque mot, elle, la chanteuse qui a elle-même résumé sa prestation à un taf que j'ai pollué en est à me reprocher de la réduire à … rien. Et à nous comparer ?

 - Mais quoi que tu fasses, quoi que tu dises sous tes belles fringues et ton sourire parfait à deux balles, la merde t'a vu. Je t'ai vu et tu pourras jamais enlever ça. Et peut-être qu'un jour ça m'amusera de le chanter à la face du monde ! Va savoir ! « Guzmany, Douleur et Agonie », un titre !

Je hausse les épaules. Vu ? Vu quoi ? Un type suffisamment parti pour vivre un morceau ?

- C'est puéril non comme comportement ? Qu'est-ce qui t'a le plus ennuyé dans tout cela ? Mes belles fringues ? Mon sourire ? Ou le fait que je me suis payé un trip à coup de métal ? C'est un domaine réservé peut-être ?

Comment puis-je me laisser aller ainsi ?

J'énonce, le plus sérieusement du monde - « Guzmany, Douleur et Agonie », ça peut faire un très bon titre qui sait, si vous avez suffisamment de tripes pour le rendre ? Quand à ma réputation, vous avez peut être remarqué que j'ai eu ce... malencontreux passage à vide devant près de quatre cent personnes ? Elles relaieront n'ayez crainte ! Vous n'imaginez pas avec quel plaisir !

De cela je ne doute pas, je vois et j'entends déjà des multitudes de conversations écourtées par mon arrivée, de ragots qui se croiront subtiles... et après ? Mel Guzman aime le metal ? Etrange alors qu'un concert de ce même genre musical est donné dans sa propriété ? Il est inutile de souligner que j'ignorais tout du groupe, que je n'ai rien organisé... S'il y a bien une chose dont nous nous fichons tous dans ma famille ou mon entourage proche, ce sont les bavardages de gens qui n'ont rien d'autre à faire de leur vie que tenter de la remplir de celle des autres.

Je me dirige vers la maison, mon instrument dans une main le matos dans l'autre. Je vais aller enfermer tout cela dans le studio. Il me faudra ensuite décider de ce que j'en fais, de ce que je fais de cette maison d'ailleurs, sa seule qualité est la plage, tout le reste -pour ce qui est de moi- pourrait être rasé et reconstruit.

 -  ... on trouvera la sortie.

Je me retourne et la regarde à nouveau. Au bout de mon bras, la musique pèse, comme au fond de mon cœur. Comment ai-je pu ! Je baisse la tête une fraction de seconde... Il me fallait me souvenir ? Mais de quoi. La raison seule compte et survit. La raison, le devoir, l'honneur... Je ne sais pourquoi, un relent me remonte : le sang et la loi...


A vol de condor... - Page 2 Sans_t20

***


Un monde que tu veux au-delà
Ce monde de tourments sans fin
Le sang et la loi sont une prison
Respire des chœurs à venir
Briseras-tu les lois
Défie les royaumes pourpres
Dans une réalité lointaine pour toi

Tous les sens tombent
Dans la glace et le fer
Alcôves de peurs infernales
Et entendre le son du chaos appelant
à cet hiver des damnés
Définir sans raison
Transcender les échecs sans conséquence 
Définir sans valeur
Punir profondément tous les péchés 
Quand un chaos vient enfin 
Éclipser le ciel accablant 
Sous les piliers vers le bas 
Tout espoir et peurs ont nié l'existence 
Le cycle recommence 
Voulez-vous briser la perte


En moi quelque chose vibre, comme si je n'étais qu'un vide, tam-tam caisse de résonnance, qui propulse un écho dans le futur, image d'un passé inconnu ! Je dois sortir de cet état ! Il est indigne de moi.



&&&&&&&&&


Je me redresse comme piqué par une flèche, la terre tremble sous le vrombissement d'un véhicule lancé à toute allure, loin encore, mais qui se rapproche bien trop rapidement.

Le regard sombre croise le mien, nos corps se rapprochent et nos mains se touchent, paumes contre paumes. Qui nous verrait observerait surpris, cherchant vainement le sens de cet étrange rituel...

- Va  

Il s'éloigne, le sol est sec et le ciel clair, il n'a pas plus depuis plus de trois jours et le soleil en cette saison chauffe déjà la terre... Sous les roues du bolide arrêté, le chemin se craquèle, des fissures apparaissent, de la boue en jaillit qui englue les pneus et envase la voiture... Je perçois la peur.

Nous ne voulons pas de compagnie.

Là-haut, dans son nid d'aigle, je sens le sourire de l'ancêtre...


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Dim 9 Avr - 11:44

Aye Min Sein,
En vérité אמת, si près de la mort מת...

J'ai vu le jour le 13 novembre 1995. Je suis venu au monde comme mon « jumeau » Melchior Estrello dans cette propriété au Chili, dans la province d'Araucanie.

Nous sommes porteurs tous les deux d'un tatouage, perdu entre d'autres qui nous rappelle à tous deux ce que nous sommes, les porteurs de la vérité jusqu'à la mort...

Pendant ses études aux Etas-Unis, je suis resté là où est ma place, à attendre son retour en prenant soin de cette famille qui est la mienne. Ma mère a donné le sein m'a-t-on dit à l'héritier du nom, je suis donc son frère de lait et bien plus que ça. Lui et moi sommes chargés de défendre les valeurs des nôtres envers et contre tout et tous : obéissance et honneur est notre devoir !  

J'ai donc  27 ans et je suis toujours à la Casa Guzman, chauffeur et ombre du jeune maître dont je ne puis être séparé bien longtemps, à quelques kilomètres de l'Argentine, à près de 800 km de Santiago du Chili.

Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai d'autre but dans la vie que faire correctement ce pour quoi j'ai été créé, et je le fais à la perfection, du moins jusqu'à présent.



J'ai fait mes études grâce au vieux Guzman, celui qui a posé le pied au Chili en 1948 après une période trouble en Europe venant d'Allemagne.
Moi, je serais Birman, du moins d'origine, né au Chili je suis Chilien, je ne me suis jamais demandé comment ni pourquoi, je le suis, c'est tout, les questionnements ne mènent à rien et gênent l'action.
Otto m'a instruit, il m'a appris non seulement tout ce qui est nécessaire pour comprendre ce monde et y tenir la place qui est mienne, mais bien d'autres choses encore.

Je suis le gardien des traditions, le protecteur de cette famille et je le serai tant que je vivrais.

De ma naissance, si providentiellement orchestrée le jour même de celle de Mel, je ne sais rien, je n'ai plus ma mère pour me le raconter, comme lui n'a plus la sienne.

Je vis dans cette demeure isolée habitée par l'Ancêtre âgé de cent cinq ans, sa domesticité et Mel Guzman, l'avenir du clan... Nous sommes seuls et souhaitons le rester dans la mesure du possible.



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Ayelén Cardenas , Mel E. Guzman-Cea et  Aye Min Sein,

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Début 2023

La terre souffre de cette érosion que provoquent les roues de la voiture lancée à vive allure... Là où la musique apportait un semblant -non de quiétude- le genre musical choisi ne le permettait pas, mais de résonnance profonde en moi -également en Mel que j'observais- comme il se doit en retrait à attendre les ordres, règne désormais le chaos et le tumulte de l'agression.

Cette douleur, nous la partageons, cette terre est nôtre et l'intrusion est réelle. J'ai vu là-bas, le feu s'allumer, j'ai senti la chaleur du sol, la violence des flammes... ensuite, je les ai vu au loin danser et rire, plaisanter et jouer... Des enfants d'hommes, pourtant probablement plus âgés que nous ne le sommes ?

L'ordre a été bref et clair : - Va  

Alors j'ai souri, mes yeux ont brillé un court instant relayés par ceux du blond. Nous avons approchés nos paumes et nos regards se sont rivés l'un à l'autre profondément, pour que nous ne fassions plus qu'un...

Je suis rentré dans la maison, ai retiré mes vêtements que j'ai posé proprement sur la console de l'entrée, et ...

A vol de condor... - Page 2 15d25910

J'ai agi.

La grosse voiture est enlisée, la terre sous les roues s'est affaissée, emprisonnant sa carcasse dans des sabots pires que ceux de la fourrière...

Ensuite seulement, je prépare le sol pour que les pas des occupants soient lents et douloureux, chacun d'entre eux comme tiré à l'intérieur du sable et de la pierre qui composent la terrasse... Le vent s'est levé et la pluie tombe, là haut dans sa chambre, Otto Guzman s'est levé malgré son grand âge, et regarde depuis sa fenêtre, un énigmatique sourire sur les lèvres...

Nous avons fait ce qu'il faut.

Il est satisfait.

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Notre devoir est simple, cette terre est nôtre.





Paroles...




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Ven 14 Avr - 19:36
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Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.

Ayelèn ça veut dire la joie. Un comble quand on connait la vie de merde que je me suis cognée avec un père alcoolo et une mère grandiose par son absence. Je ne l'ai jamais connue et c'était tabou d'en parler pour le chaw dépassé par une gosse dont il ne savait que faire. Il m'a aimée je suppose comme il a pu, à sa façon, c'est à dire très mal et carencée d'affection et de sécurité. J'ai grandi à la va comme je te pousse, aléatoire, versatile, excessive, paumée. Muter en parent de son parent c'est glauque, tordu. Mais j'avais une liberté de folie et je ne saurai jamais comment j'ai fait pour ne pas me retrouver sur le trottoir ou droguée ou assassinée ou torturée! J'aurais pu tomber dans n'importe quel trou noir et ne plus en sortir. À la place de ça, j'ai culbuté dans le grand chaudron de la musique. Ça a du me sauver.

Le jour de mes 18 ans, j'ai dit au revoir à mon père, épuisée des relents de trop d'années qui puaient les égouts. Je lui rends visite de temps en temps mais je ne fais plus le ménage ni les courses ni le reste et le deux pièces miteux dans lequel j'ai créché pendant mon enfance est devenu un taudis qui me donne des hauts le cœur.

Je bosse partout où il y a du taf sans aucun diplôme, mal payé évidemment mais je m'en fous, je mange à peu près à ma faim, je partage un studio avec une fille qui galère comme moi mais à deux, c'est plus facile. J'ai vécu une période assez longue dans la rue mais ça, je n'en parle jamais et personne des gens que je connais en ce moment ne sait. J'en ai gardé des cicatrices moches sur le corps, des terreurs que je gère pas et si on me demande, je réponds que j'me suis faite bouffée par un clébard.

Activiste à mes heures, j'ai embrassé la cause des Mapuches comme une gosse embrasse sa mère, parce que j'y crois tout simplement. J'espère dur comme fer qu'on aura -bientôt- la place qui nous revient de DROIT.

J'ai aimé une fille une fois, à la folie. J'm'étais tatouée des mots doux, des mots d'éternité sur l'épaule gauche du côté du cœur. Et puis elle a fait comme ma mère, elle s'est tirée sans me prévenir après toutes nos promesses et nos bonheurs. Alors, j'ai pris un couteau et j'me suis arrachée la peau pour tout enlever.

« ...La tribu des damnés, des éternels crève-corps, crève-cœur, porteurs de souffrances et de deuils, si mal gâtés que la moindre miette de vie était reçue comme un don inespéré. Les déshérités...avaient quelque motif de vouer un infini amour à la vie : car de l'existence ils avaient bu toute l'eau amère ; ils en avaient goûté aussi, de temps à autre, les saveurs inouïes. »

F. Cheng



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Firelights

Spoiler:

***

Et tu t'écrases ! Brûle ! Brûle ! Brûle ! Mâche la douleur d'ton drôle de cafard. Se durcir. Se saborder pour rejeter. Digère l'acide d'une vérité affûtée qui ne se trompe pas ! Un chant du cygne. Un décalage incommensurable. Un « accident » qui te mord à mort.

Et tu t'effondres. J't'ai eue, jusqu'à la moelle ! T'as pas pu me résister, comme d'habitude tu perds pied et ça m'fait jouir tu sais ma mignonne. Tu t'tires des balles et t'en crèves à chaque fois. T'es pas miscible Ayel, tu sais tellement que tout finit TOUJOURS par mourir. T'as la mort au vent. Détruire, abîmer ça te va bien, tu sais tellement comment ça éloigne. Une abrutie à sa place d'abrutie qui n'a rien compris, les bras ballants dans le noir. Et tu pisses le sang parce que tu te sens rejetée comme une merde alors que tu restais pour lui...à cause de ce duo que t'as kiffé. Tu sais pas faire autrement quand t'as mal... Monstrueux  gâchis. T'es trop écorchée dans le fond du fond, hein Ayel ? Tu t'en sortiras pas. T'as foiré ma belle,t'as encore foiré. Mais moi, ta douce colère, ta divine hargne, oh comme je t'aime, je serai toujours là pour toi, toujours. Je ne te quitterai jamais.


***


Recroquevillée contre la portière, elle entendait ses ventricules qui cognaient trop fort. Elle avait peur de ce noir-là, peur des sombreurs qui s'abattaient entre les sommets.

-Qu'est-ce que...?

La caisse sursauta brutalement avant de caler. Miguel essaya de redémarrer, en vain. Le moteur crachait, les roues patinaient, s'enfonçaient.

-Arrête, ça sert à rien !

Ils descendirent, s'éclairant avec leurs portables.

-C'est quoi ce délire ?

Le printemps était plutôt sec, le sol durci en conséquence surtout en altitude où le vent asséchait les surfaces. Ayel s'éloigna un peu de la voiture, scrutant tout autour. 

-C'est peut-être une source...
-Mais non, ça ne resterait pas en poche comme ça...Woh !

Des flots de boue jaillirent soudain de la terre. La fille se figea, tripes serrées, ses compères reluquèrent le phénomène, se lançant des œillades interloquées. Elle, intrinsèquement, avait PEUR.

Et puis ils râlèrent, s'échinèrent à désembourber les roues par tous les moyens malgré le vent qui s'était levé. Rien à faire, la voiture était scellée dans la glaise. S'ensuivit une discussion animée sur la suite à donner. Finalement, ils décidèrent que le mieux à faire était de rejoindre cette foutue baraque qu'elle soit habitée ou non, mais Ayel n'était pas d'accord.

-On retourne au campement et on s'occupe de ça demain quand il fera jour ! Je n'ai pas envie d'aller là-dedans !

Il s'était mis à pleuvoir. Cette bâtisse qui se détachait de la nuit avec sa façade blanchie...L'orgueil mal placé, elle conserva pour elle la terreur qui la frappait de toutes parts. Mais...si près du but ? Il ne restait qu'une vingtaine de mètres à franchir avant d'atteindre la maison.

-Allez viens, on y va !

La grosse blague ! Il avait crié car la brise avait muté en tumulte et la pluie en déluge. Trempés, ils se mirent à courir vers la maison. Enfin, ils essayèrent car étrangement, leurs pas n'avançaient que très lentement. Pire...Une douleur aigüe, à chaque mouvement, leur arrachait un cri.
En retrait, Ayelèn hésita, les regarda partir. Au premier hurlement, elle sursauta. Au second, elle paniqua. Essoufflée par la terreur, elle voulut leur venir en aide mais subit le même martyr.

La Terre les dévorait.

A vol de condor... - Page 2 2uef

Pneuma

Spoiler:
Oskar
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Ven 14 Avr - 21:23

Mel  E.
Guzman-Cea

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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Ayelén Cardenas & Mel E. Guzman-Cea

Prologue : Novembre 2022


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Prologue - Suite

Le soir de cette fichue soirée, j'avais laissé aux vigiles employés pour la circonstance le soin de s'assurer qu'ils partaient... Après tout, ils étaient embauchés pour cela ? Faire en sorte que seuls les invités et le personnel soient là ? Pas de pique-assiettes, pas de fauteurs de troubles ou de profiteurs. L'honneur de mon père et donc de la famille dépendait du bon déroulement de cette blague écœurante qu'il appelait « une soirée dînatoire en musique, surprenante et prenante » ainsi qu'il l'avait écrit sur les cartons d'invitation.

Le choix du groupe me questionnait toujours... Pourquoi, lui qui probablement n'avait jamais entendu ce type de musique, pourquoi avait-il décidé d'en mettre plein les oreilles des convives ? Parce que le groupe était « local », ou … J'ai refusé de simplement envisager la question.

Et puis, je suis retourné à ce que d'aucuns appelleraient ma routine, et que moi je nomme très justement ma vie. A la salle sur le ring, sur le parcours sportif mis à la disposition des cadres harassés voulant combattre leur bedaine prête à jaillir ou des jolies secrétaires désireuses de le rester ! Presque ludique et en tout cas inutile tant il avait été voulu « accessible » par la municipalité.  

Et puis déposé dans la boîte aux lettres dans une enveloppe sans timbre « Pour Mel » j'ai ouvert ça...

« Salut,
Scène ouverte à partir de 18h chez Miguel. On ne sera qu'une huitaine de musiciens, apporte ta gratte, Miguel t'espère.
Ayel »


Suivait une adresse dans un quartier de Temuco où je n'avais jamais mis les pieds.

Mon premier réflexe a été de jeter le papelard. Ayel ? C'est cette fille vulgaire qui s'est permis de me remettre à ma place en m'accusant de lui avoir volé la vedette lors de la fête donnée chez moi par mon père pour le lancement de... ? Cette soirée où je me suis lamentablement donné en spectacle devant quatre cent personnes -un peu moins- et qui me vaut encore des « 
Oh ! Capitaine Guzman ! Comment avez vous pu cacher un tel talent ? Toutes ces années ? »

De quel droit se permet-elle de me contacter la prolétaire harassée à laquelle je me suis retenu de jeter à la figure la « demi-heure » supplémentaire que ma prestation lui a valu? Je crois que j'aurais eu en poche la liasse de billets nécessaires à son dédommagement, je les aurais sortis et l'aurais regardée courir après sur la plage...

Qu'elle m'ait trouvé mon adresse est logique, elle est juste revenue sur ses pas. Ce n'est pas l'enveloppe que me tend un larbin stoïque qui me gêne... Ce qui me dérange, c'est l'intérêt que je porte à ces quelques mots...

J'ai passé la semaine ou presque à ressortir des placards des squelettes... J'ai travaillé sur mon projet de bouquin, au son de morceaux oubliés, certaines devenus mythiques pour les amateurs de metal... J'ai revu une scène, plusieurs fois... Quand je parle de scène, ce n'est pas ce qui s'est passé -cela c'est ce que je cherche à nouveau- mais bien l'endroit où nous nous produisions... J'ai creusé  ma mémoire, j'ai revu des images, entendu des phrases mais l'essentiel m'échappe.

Qu'étais-je ? Que suis-je ?

Du tréfonds de mes pensées remonte un garçon très jeune, musclé par l'exercice quotidien mais beaucoup trop mince... Je me souviens très bien que mes problèmes ont commencé lorsqu'on s'est avisé que j'oubliais de manger. Mon père bien sûr ne l'a jamais appris. Le fait que son fils puisse se négliger au point de mettre en jeu son pronostic vital aurait été pour lui un déni. Non... Jamais.

Moi... ombre parmi les ombres, je cherche une vision, un souvenir... J'essaie de me souvenir si c'est son action pour conjurer mon anorexie qui a causé sa mort... ou si j'ai cessé de manger après celle-ci pour ne pas rester seul.

En descendant du taxi je me demande encore ce que je fais là, et pourquoi je n'ai pas fait de cette « invitation »  une boule de papier jetée à la corbeille. La guitare sagement empaquetée d'une main, et la valise de matériel de l'autre, je regarde l'immeuble...

Miguel m'espère ? Elle lui a parlé du studio d'enregistrement sur le côté de la maison côtières avec tout ce qu'il faut derrière pour répéter ?


A vol de condor... - Page 2 Ujnp1c


&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&


J'ignore pourquoi je pense à tout cela, si longtemps après. A cause sans doute de cette musique répercutée par les cimes qui a empli la vallée d'échos divers...  Je suis tiré de ma rêverie par des cris, des rires nerveux, un bruit de moteur qui s'épuise...

Il a obéi, la terre a parlé, elle ne veut pas de visiteurs !

Je vois Aye Min Sein revenir, impeccablement habillé comme il se doit, le visage légèrement luisant de sueur et quelques mèches détachées de ce chignon qu'il fait au quotidien...

Dehors, il semble que nos visiteurs soient déconcertés, la pluie et le tonnerre s'en donnent à cœur joie.

Que voulez-vous, les orages sont violents en montagne.

Il me fait un signe de la tête, les yeux brillants et un sourire discret sur les lèvres... Je réponds par un sourire aussi furtif.

Les choses sont comme elles doivent être. Une sonnerie couvre le bruit des éléments, Otto veut me voir.




Prendre son envol
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Sam 15 Avr - 14:40
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J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.

Ayelèn ça veut dire la joie. Un comble quand on connait la vie de merde que je me suis cognée avec un père alcoolo et une mère grandiose par son absence. Je ne l'ai jamais connue et c'était tabou d'en parler pour le chaw dépassé par une gosse dont il ne savait que faire. Il m'a aimée je suppose comme il a pu, à sa façon, c'est à dire très mal et carencée d'affection et de sécurité. J'ai grandi à la va comme je te pousse, aléatoire, versatile, excessive, paumée. Muter en parent de son parent c'est glauque, tordu. Mais j'avais une liberté de folie et je ne saurai jamais comment j'ai fait pour ne pas me retrouver sur le trottoir ou droguée ou assassinée ou torturée! J'aurais pu tomber dans n'importe quel trou noir et ne plus en sortir. À la place de ça, j'ai culbuté dans le grand chaudron de la musique. Ça a du me sauver.

Le jour de mes 18 ans, j'ai dit au revoir à mon père, épuisée des relents de trop d'années qui puaient les égouts. Je lui rends visite de temps en temps mais je ne fais plus le ménage ni les courses ni le reste et le deux pièces miteux dans lequel j'ai créché pendant mon enfance est devenu un taudis qui me donne des hauts le cœur.

Je bosse partout où il y a du taf sans aucun diplôme, mal payé évidemment mais je m'en fous, je mange à peu près à ma faim, je partage un studio avec une fille qui galère comme moi mais à deux, c'est plus facile. J'ai vécu une période assez longue dans la rue mais ça, je n'en parle jamais et personne des gens que je connais en ce moment ne sait. J'en ai gardé des cicatrices moches sur le corps, des terreurs que je gère pas et si on me demande, je réponds que j'me suis faite bouffée par un clébard.

Activiste à mes heures, j'ai embrassé la cause des Mapuches comme une gosse embrasse sa mère, parce que j'y crois tout simplement. J'espère dur comme fer qu'on aura -bientôt- la place qui nous revient de DROIT.

J'ai aimé une fille une fois, à la folie. J'm'étais tatouée des mots doux, des mots d'éternité sur l'épaule gauche du côté du cœur. Et puis elle a fait comme ma mère, elle s'est tirée sans me prévenir après toutes nos promesses et nos bonheurs. Alors, j'ai pris un couteau et j'me suis arrachée la peau pour tout enlever.

« ...La tribu des damnés, des éternels crève-corps, crève-cœur, porteurs de souffrances et de deuils, si mal gâtés que la moindre miette de vie était reçue comme un don inespéré. Les déshérités...avaient quelque motif de vouer un infini amour à la vie : car de l'existence ils avaient bu toute l'eau amère ; ils en avaient goûté aussi, de temps à autre, les saveurs inouïes. »

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ULTRAnumb

Spoiler:

Elle pensait oublier cet « incident » mais ça n'allait pas, ça n'allait plus. Ça la rongeait comme un rat. Pourquoi ? Elle n'en savait fichtre rien ! Une blessure d'égo ? Le besoin de rétablir une justesse ? La colère qui descendait pas ? Même pas. C'était elle qui avait merdé et profond. Comment avait elle pu se la jouer aussi bas ? Les sons, c'était sa vie, ce qui la faisait vibrer, ça la tenait debout face au monde. Les morceaux de bonheur n'existaient qu'avec la zique, l'amante des jours et des nuits. Le corps et l'esprit décollaient, se transportaient ailleurs, intouchables, irrécupérables. Ça durait le temps des mélodies, une perpétuité. Elle composait mais n'en parlait pas, c'était son secret, un nid d'aigle exclusif où la poésie avait un territoire réservé. Partager « ça » ? Impossible. Le groupe se résumait à la partie visible de l'iceberg et c'était très bien comme ça.
Guzman dans tout ça ? Paradoxe. Incohérence. Discordance. Absurdité. Inutile ! Indifférence ! Mais ça ne marchait pas, ça la taraudait comme une tique sur le cul d'un cheval. Elle ne cherchait pas à comprendre,fonctionnait à l'instinct comme un animal. Un sentiment d'inachevé ? Et alors ? Elle n'éprouvait aucune once d'amitié pour ce type ! Elle s'était perdue dans des larmes qui ne lui appartenaient pas. Dégage ! Passe ton chemin Ayelèn !

Elle hésita, gribouilla deux lignes.
Elle n'aurait pas du, ne devrait pas. Elle s'en veut. Elle s'en fout. Se dégoute. Il ne viendra pas, elle est sauvée. Elle se sauve.

***

Brusquement, l'aspiration glaiseuse se tut. Échoués sur la terrasse, chacun appuyé sur le mur de la grande maison, ils reprirent leur souffle, anéantis par la violence de ce qui venait de se dérouler. Que s'était-il passé d'ailleurs ?!
Personne ne souffla mot durant un long moment. L'orage grondait, puissant, majestueux.

-On ne va pas rester là à se peler ! Je vais voir si on peut rentrer là-dedans !

Bastián, le timide, s'était levé. Les autres firent de même, transis, se frottant les mains pour se réchauffer. L'urgence était de lutter contre l'humidité qui les mordait. Ils parleraient de tout ça, plus tard.
Aucune lumière ne filtrait de l'intérieur de la demeure. La brune les enveloppait, noire, inquiétante. Ils contournèrent l'arrière, Ayel se prit les pieds dans une chaise, buta, faillit se viander, lâcha un merde au travers de la pluie battante. Oui, c'était la merde ! Ils étaient coincés au milieu de nulle part, suaient la flotte jusqu'aux os et l'aube n'était pas prête de se pointer.
Bastián trouva la porte et se mit à cogner dessus avec son poing tandis qu'à tâtons, Juan mit le doigt sur une sonnette. D'un geste, Miguel leur fit comprendre qu'il allait de l'autre côté, cherchant un moyen de rentrer coûte que coûte.
Ayelèn, mutique, collée contre le mur, claquait des dents, tremblait de froid et de peur comme une damnée. Ce truc horrible, là, dans la terre...Et si ça recommençait ? Si ça recommençait ! ?...


A vol de condor... - Page 2 I3vq

Creed Of Chaos

Oui, écoute
Bienvenue dans le credo du chaos
Le credo du chaos, je suis la fin
Je suis celui que tu ne peux pas supporter

Credo du chaos
La sixième révélation est là
C'est l'indompté, le mort-vivant
Contemple l'éveil et crains le credo du chaos

Bienvenue dans le credo du chaos
Le tueur en série numéro un au monde
Je suis le tueur à l'épine dorsale
La cible est verrouillée, prête à être effacée
Donne-moi le masque et je te montrerai mon vrai visage
Montre-toi mon vrai visage

Le temps est mauvais, l'endroit est mauvais
… Directement dans ta face
Oui
Oui, écoute
Je suis la fin, je suis le chaos, je suis la fin
Je suis celui que tu ne peux pas supporter
Nocturnes
Oui
Le tueur en série numéro un au monde
Je suis le tueur à l'épine dorsale
La cible est verrouillée, prête à être effacée
Donne-moi le masque et je te montrerai mon vrai visage

… Dans, dans, dans ton visage
Tueur
Val
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Sam 15 Avr - 19:22

Aye Min Sein,
En vérité אמת, si près de la mort מת...

J'ai vu le jour le 13 novembre 1995. Je suis venu au monde comme mon « jumeau » Melchior Estrello dans cette propriété au Chili, dans la province d'Araucanie.

Pendant ses études aux Etas-Unis, je suis resté là où est ma place, à attendre son retour en prenant soin de cette famille qui est la mienne. Ma mère a donné le sein m'a-t-on dit à l'héritier du nom, je suis donc son frère de lait et bien plus que ça. Lui et moi sommes chargés de défendre les valeurs des nôtres envers et contre tout et tous : obéissance et honneur est notre devoir !  

J'ai donc  27 ans et je suis toujours à la Casa Guzman, chauffeur et ombre du jeune maître dont je ne puis être séparé bien longtemps, à quelques kilomètres de l'Argentine, à près de 800 km de Santiago du Chili.

Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai d'autre but dans la vie que faire correctement ce pour quoi j'ai été créé, et je le fais à la perfection, du moins jusqu'à présent.



J'ai fait mes études grâce au vieux Guzman, celui qui a posé le pied au Chili en 1948 après une période trouble en Europe venant d'Allemagne.
Moi, je serais Birman, du moins d'origine, né au Chili je suis Chilien, je ne me suis jamais demandé comment ni pourquoi, je le suis, c'est tout, les questionnements ne mènent à rien et gênent l'action.
Otto m'a instruit, il m'a appris non seulement tout ce qui est nécessaire pour comprendre ce monde et y tenir la place qui est mienne, mais bien d'autres choses encore.

Je suis le gardien des traditions, le protecteur de cette famille et je le serai tant que je vivrais.

De ma naissance, si providentiellement orchestrée le jour même de celle de Mel, je ne sais rien, je n'ai plus ma mère pour me le raconter, comme lui n'a plus la sienne.

Je vis dans cette demeure isolée habitée par l'Ancêtre âgé de cent cinq ans, sa domesticité et Mel Guzman, l'avenir du clan... Nous sommes seuls et souhaitons le rester dans la mesure du possible.



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Ayelén Cardenas , Mel E. Guzman-Cea et  Aye Min Sein,

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Début 2023

Nous avons fait ce qu'il faut. J'ai fini pour l'instant, mon rôle est secondaire, je ne suis qu'un simple exécutant destiné à faire entendre raison à des intrus. Ici, personne ne vient qui ne soit invité, et les invitations sont données par le Maître, par Melchior aussi dans une moindre mesure mais toujours avec Son accord. Il est chez lui, il a connu suffisamment d'horreurs au cours de sa longue existence pour avoir le droit désormais à la paix...

J'entre dans l'entrée où mes vêtements sont déposés, proprement pliés comme j'ai l'habitude de le faire... Sans ordre, c'est le chaos, l'un comme l'autre, nous les gardiens de la tranquillité du Vieux, nous sommes organisés, méthodiques, disciplinés. Il est inutile d'espérer faire son devoir dans le désordre et le manque de concentration. C'est probablement pour cela qu'il a fait en sorte que Mel intègre une académie militaire.

Je me rhabille, de l'incident ne subsiste qu'un peu de sueur et une mèche déplacée. Je souris et reçois en retour un sourire.

Je crois qu'à part les proches personne n'a jamais vu Melchior Estrello Guzman-Cea sourire et être l'un des privilégiés qui a le droit à ce rayon de soleil me fait chaud au cœur. Remarque, en cherchant, personne n'a jamais dû me voir sourire non plus mais à moi personne ne fait attention, je ne suis qu'un rouage aux ordres des Guzman. Dans la société qu'ils fréquentent un domestique est transparent, l'invisibilité est une chose très pratique, vos actions passent le plus souvent inaperçues.

La sonnette appelle, impérieuse, et bien sûr il s'y soumet. Otto Guzman n'est pas patient, ça peut paraître surprenant quand on sait qu'il a vécu plus d'un siècle, peut-être craint-il de n'avoir plus le temps d'attendre pour rien ? Pourtant, notre présence devrait lui accorder encore un sursis conséquent ?

Dehors, j'entends leurs voix. Je sens leurs pouls aussi, ils ont peur. La porte retentit de coups hâtifs et tonitruants tandis que la sonnette émet un son strident malgré l'orage. Je n'ai pas besoin de demander ce que l'Ancêtre en pense, je sais, deux étages plus haut il a donné ses ordres... La connexion entre Mel et moi est largement suffisante pour que j'agisse. D'abord en entrant dans le séjour pour ouvrir une fenêtre, l'individu qui tentait de la forcer semble étonné, sans doute pensait-il que le bruit de l'orage aurait couvert le sien ?

Lui faisant signe d'entrer d'un geste brusque je referme la croisée pour aller m'occuper des autres.

Au moment précis où j'ouvre la porte d'entrée, comme par miracle l'orage cesse, cédant la place à un lever de soleil tout à fait banal bien que magnifique comme d'habitude.

- Entrez. Vous êtes à la Casa Guzman. C'est une propriété privée, je suppose que vous le savez puisque vous avez ouvert les barrières pour y pénétrer ? Le señor Guzman consent toutefois à vous recevoir.

Je n'en dit pas plus. Je sais que là-haut, Otto a même dit qu'ils pourraient rester plus longtemps parmi nous, ce genre d'arrangement suppose généralement un prix à payer qui n'a rien de financier... Mais ce n'est pas à moi de le préciser, Mel descend l'escalier, si je ne l'entends pas je sens à son rythme cardiaque qu'il n'est plus « sur du plat ». Je leur indique le salon, jetant un coup d'œil à leurs vêtements trempés et boueux.

- Peut-être préférez vous vous rafraîchir avant de déjeuner ?

Il n'y a à cet étage qu'une salle d'eau avec lavabo destinée aux invités et attenante aux toilettes, mais en passant dans les communs, la douche destinée aux domestiques est plus que correcte...

En plus de Melchior qui se rapproche, j'entends dans la chambre du deuxième étage la respiration calme et tranquille du vieillard, Il est satisfait. Cela amène sur mes lèvres une ébauche de sourire que je retiens, redevenant l'impassible larbin d'une grande maison.

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Non ce n'est pas sans rapport...:




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Lun 17 Avr - 0:39
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Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.

Ayelèn ça veut dire la joie. Un comble quand on connait la vie de merde que je me suis cognée avec un père alcoolo et une mère grandiose par son absence. Je ne l'ai jamais connue et c'était tabou d'en parler pour le chaw dépassé par une gosse dont il ne savait que faire. Il m'a aimée je suppose comme il a pu, à sa façon, c'est à dire très mal et carencée d'affection et de sécurité. J'ai grandi à la va comme je te pousse, aléatoire, versatile, excessive, paumée. Muter en parent de son parent c'est glauque, tordu. Mais j'avais une liberté de folie et je ne saurai jamais comment j'ai fait pour ne pas me retrouver sur le trottoir ou droguée ou assassinée ou torturée! J'aurais pu tomber dans n'importe quel trou noir et ne plus en sortir. À la place de ça, j'ai culbuté dans le grand chaudron de la musique. Ça a du me sauver.

Le jour de mes 18 ans, j'ai dit au revoir à mon père, épuisée des relents de trop d'années qui puaient les égouts. Je lui rends visite de temps en temps mais je ne fais plus le ménage ni les courses ni le reste et le deux pièces miteux dans lequel j'ai créché pendant mon enfance est devenu un taudis qui me donne des hauts le cœur.

Je bosse partout où il y a du taf sans aucun diplôme, mal payé évidemment mais je m'en fous, je mange à peu près à ma faim, je partage un studio avec une fille qui galère comme moi mais à deux, c'est plus facile. J'ai vécu une période assez longue dans la rue mais ça, je n'en parle jamais et personne des gens que je connais en ce moment ne sait. J'en ai gardé des cicatrices moches sur le corps, des terreurs que je gère pas et si on me demande, je réponds que j'me suis faite bouffée par un clébard.

Activiste à mes heures, j'ai embrassé la cause des Mapuches comme une gosse embrasse sa mère, parce que j'y crois tout simplement. J'espère dur comme fer qu'on aura -bientôt- la place qui nous revient de DROIT.

J'ai aimé une fille une fois, à la folie. J'm'étais tatouée des mots doux, des mots d'éternité sur l'épaule gauche du côté du cœur. Et puis elle a fait comme ma mère, elle s'est tirée sans me prévenir après toutes nos promesses et nos bonheurs. Alors, j'ai pris un couteau et j'me suis arrachée la peau pour tout enlever.

« ...La tribu des damnés, des éternels crève-corps, crève-cœur, porteurs de souffrances et de deuils, si mal gâtés que la moindre miette de vie était reçue comme un don inespéré. Les déshérités...avaient quelque motif de vouer un infini amour à la vie : car de l'existence ils avaient bu toute l'eau amère ; ils en avaient goûté aussi, de temps à autre, les saveurs inouïes. »

F. Cheng



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Mélodrame

Condamnés d'avance : le résumé du sort de l'humanité. Et une tristesse incommensurable se faufilait, perpétuelle, entre chaque battement de cœur. La mapuche se mouvait, âme en peine insondable, entre vie et mort. Black and white,  le Mur s'était dressé quelque part un jour d'Infranchissable. Passer, trépasser ce qui restait, respirer à attendre, à espérer une autre vie ? Une rage la prenait à la gorge, à la tête, au sang, dans les os. Elle cassait alors tout ce qui lui tombait dans les mains puis s'effondrait, fracassée contre l'invisible qui ne répondait jamais. Elle se finissait en jouant de la guitare ou s'enfonçait dans un drôle de sommeil. Rarement, elle s'écrivait dans ce gros carnet vieux et moche. Mille fois elle avait voulu le jeter, mille fois elle l'avait reposé tout au fond du placard, mille fois elle l'avait ressorti de la poubelle.

« ...Encore moi. Je m'écris de mon royaume, ce foutu royaume que je ne partage avec personne excepté moi. Joues trempées, je ne sais pas. Je ne sais pas ce mystère qui se symphonise, mon âme et la musique. La musique passeuse d'âmes... ? S'est on rencontrées dans une autre vie ? Un hasard qui n'en est pas un. Peut-être à me relire me verrais-je enfin telle que je suis, lucide et malade de maux inguérissables: l'esprit cinglé qui réussit à donner un très mauvais change. Folie de mots écrits sans pudeur, alien perdue sur Terre , égarée, errante. Je ne sais pas ce que sera ma fin, j'espère qu'elle sera une réponse...Ces  abysses d'émotions brutes et pures, intactes,  sagement alignées en désordre sur les cordes. La musique...mon amante qui me brûle et me consume, ne me laisse pas...Ne me laisse jamais personne me salir, jamais. Ne me laisse jamais personne me pourrir, jamais. Mais lui l'a fait, mais elle l'a fait. Le paternel m'a pourrie, elle m'a pourrie. Salie, gâtée comme une vieille pomme moisie et c'est trop tard. Il est trop tard, il m'est trop tard. Ils ne peuvent pas comprendre. Je ne prétends pas le comprendre non plus, je me survis sans concession, sans exigence, dans une liberté parfaite et je pleure sur cet « autrement » inatteignable et je hurle ! Je ne sais pas, je ne sais rien, je ne suis rien. Délicieuse ignorance. Savoureuse inexistence. Ne plus penser, devenir vide et creuse, béance sans fin, qui me donnera de toucher l'univers ?  »

Certaines pages collaient entre elles, tâchées de larmes. Un lecteur curieux connaissant Ayelèn aurait sans doute été étonné : l'orthographe était irréprochable.

****

-Ça sonne !

Miguel se leva décrochant l'interphone, appuya sur le bouton pour l'ouverture.

-Oui ?...Quoi ?...Ah Super ! Premier étage gauche, deuxième porte sur ta droite.

Il entrouvrit celle de l'entrée puis se retourna le regard ahuri vers sa comparse :

-Mel arrive ?

Elle n'avait rien dit de ce qui s'était passé, encore moins le mot gribouillé à la hâte.
Un « alpha » à la rhétorique affûtée, efficace, qui laminait. Quelle autre alternative que de se durcir, se vautrer dans le mutisme pour...s'en échapper ?! A quoi bon ? Elle n'avait pas eu les épaules pour s'expliquer. Et le suc d'un diable avait coulé, déversé sur une fille figée, en colère, meurtrie, humiliée. Un chant du cygne. Un décalage incommensurable. Une erreur. Un accident...mortel. Elle avait perdu pied, reçu chaque mot comme des poignards injustes. Subtil, la froideur bien placée, il avait étalé ses ombres viles de blessée de la vie qui se sabordait, mentait salement pour rejeter l'Autre. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle avait aimé leur duo et pour cause ! Elle, en avait oublié le reste, s'était prise au jeu d'une osmose qui, en vérité, n'était pas pour elle. Il était des milieux sociaux non miscibles n'est-il pas. Et tout finissait par MOURIR alors il fallait détruire, abîmer, déformer pour éloigner et ne prendre aucun risque de s'attacher, et ce, d'autant plus que le type évoluait dans un univers inaccessible, méprisant. «  Des prolétaires fatigués », voilà comme il les voyait ! Dévalués par la somptueuse expression, ça l'avait confortée dans ses a priori : ces bourgeois de haute volée, pétés de blé, jugeaient, critiquaient, attaquaient, reprochaient. Ils en possédaient tous les moyens. Toi, t'as rien, RIEN à part ta petite vie. La musique peut-être ? Mais elle ne t'appartient pas, elle n'appartient à personne cette grande Dame.

-J'ai lui ai proposé de passer, j'ai oublié de prévenir.

Menteuse ! Tu as jeté ce papier comme une bouteille à la mer sur un coup de tête de ton sale p'tit cœur, convaincue que le trop beau blond ne s'abaisserait pas à se mélanger avec le bas peuple. T'es pas dans la merde ! Encore !
Son pote lui lança un regard qui demandait des explications pour plus tard lorsqu'ils seraient seuls. Miguel était content de toute manière car sans trop savoir pourquoi, il avait accroché avec ce mec quand il était venu sur scène lors du concert sur la plage.

-Salut et bienvenue ! Woh tu as amené la belle.


Accueillant comme il savait le faire. Poignées de main, clin d’œil, sourire sincère. "Viens, on se prend un verre tranquille, avant de commencer. Pose tout ça là. Je te présente..."
De fait, sur les huit musiciens prévus, seuls cinq étaient présents, libres des imprévus de dernière minute du week-end : un violoncelliste d'orchestre qui s'amusait comme un petit fou à jouer du rock, un batteur et un claviériste. Hormis les deux compères, les autres jouaient ailleurs.

Le ventre noué à en avoir la nausée, Ayel se savait plus où se mettre.


****

La fenêtre s'ouvrit brusquement, faisant sursauter le musicien qui recula. Ah...C'était habité. Il n'eut guère le temps de dire quoi que ce soit, le propriétaire lui indiquant d'un geste rapide de rentrer avant de refermer vivement les battants. Docile, il rejoignit les autres au moment où la porte s'ouvrait.
« ...Guzman...consent... ? » Des relents de réminiscences l'écorchèrent quelque part alors qu'elle se tenait derrière le petit groupe. Serait-ce... ? Non ! Ce n'était qu'une mauvaise idée qui lui fit froncer les sourcils. Inquiète Ayel ? Mal à l'aise, très mal à l'aise. Les autres avaient-ils remarqué que le jour se levait ? Par chance, la pluie et l'orage avaient brusquement cessé. Combien de temps avait duré ce...cette...ce « magnétisme » terrestre ? De mémoire, ils étaient partis au milieu de la nuit vers deux heures, deux heures et demi du matin, peut-être trois... En tous cas, le trajet avait été rapide, quelques kilomètres avalés, une poignée de minutes pour lever les barres de fer signifiant la limite d'un territoire. Quelle heure pouvait-il être maintenant ? Discrètement, elle tira de sa poche son portable, appuya sur l'écran : 6h07. Plus de 3h à...C'était impossible. Impossible.

Les barrières...Ainsi, ils avaient été vus. Des caméras devaient se nicher dans tous les coins et recoins. D'instinct, elle leva le nez pour essayer d'en repérer alors que les autres acceptaient l'invitation.

Ils s'avancèrent jusque dans le salon. « NON ! Tirons nous ! On  n'a rien à faire ici... » L'homme était très bien habillé. Tiré à quatre épingles, mince, l'élégance sobre, il dégageait cette assurance raffinée de ceux qui n'ont jamais manqué de rien, vivant dans une opulence de naissance. En tous cas, ce fut l'impression de la mapuche. Mâchoires serrées, elle suivit le mouvement mais resta en retrait, planquée derrière les statures hautes et larges des  gars. La pièce, chaleureuse, décorée avec soin, donnait envie de s'affaler dans le canapé, de prendre un café. Le bois clair des murs reflétait par endroits la clarté du jour naissant. La tentation de se laisser séduire...

Ils puaient l'humidité, la boue comme des chiens mouillés. Mais ils s'en foutaient, discutèrent un peu avec l'inconnu, - « Merci, avec plaisir », même Bastiàn se mit de la partie. Un rafraîchissement ?! Qu'est-ce qu'ils leur prenait ? Le regard durci, mutique, Ayelèn ne pensait qu'à une chose : quitter cet endroit le plus vite possible. Et ce fut pire lorsqu'elle l'aperçut qui s'avançait : Melchior Guzman ou le Roi Hautain à l'allure parfaite, les cheveux immaculés coiffés avec grâce. Le contraste de ce qui se déroulait à cet instant la fit sourire en coin. Mais un venin persistant s'immisça dans ses veines, grandissant au rythme de sa venue. Elle ne voulait pas se confronter à cet homme, à cet inconnu racé, à cette maison trop belle. Ils n'auraient jamais du venir, jamais...Elle voulait juste rentrer...dans sa vie.

Elle les préviendrait après. Ils la pratiquaient depuis longtemps, savaient comment elle pouvait être parfois. Il devait bien y avoir d'autres issues, ce genre de baraque ne se contentait pas d'une seule entrée. Il suffisait simplement de placer sa demande au bon moment...

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Oskar
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Oskar
Mar 18 Avr - 1:46

Mel  E.
Guzman-Cea

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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A vol de condor...

Ayelén Cardenas & Mel E. Guzman-Cea

Prologue : Novembre 2022


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Prologue - Suite
« Salut Mel et bienvenue ! Woh tu as amené la belle. Viens, on se prend un verre tranquille avant de commencer. Pose tout ça là. Je te présente... »

Mais qu'est-ce que je fiche là ? J'ai des sujets importants à traiter pour la Fondation Guzman, sans parler de choses plus graves encore, Otto semble inquiet et fébrile, pourquoi ? Je l'ignore, mais je dois border chaque coin de mon implication et de mes actions. Préparer un rapport sur la commercialisation de nos produits, sur nos perspectives d'attirer une clientèle internationale... Au lieu de cela, je suis là, presque timide et affable ?

Pourquoi ?

Cette maudite soirée a réveillé en moi la musique... En soit, ça n'aurait rien d'alarmant si la musique ne servait pas de paravent à autre chose. C'est cet « autre chose » qui me perturbe, me remue, fait de moi un...
être humain ?! Je m'étais juré que plus jamais. Plus jamais je ne laisserais le moindre sentiment, la moindre sensation qu'elle soit de bien ou de mal-être, m'envahir. Je viens de lâcher prise, à cause d'une sale peste de donzelle avec laquelle j'ai adoré chanter. Une femme ! Comme si j'avais besoin d'UNE femme dans ma vie quand je peux en avoir mille d'un simple claquement de doigts... Je peux même en choisir comme elle, qui me détesteraient en m'appréciant, me voudraient tout en me repoussant ? Car elle en est là, ils sentent comme moi qu'elle n'a pas agi sans raison, j'espère de tout cœur qu'ils se trompent sur sa motivation et que ce n'est qu'une façon déguisée de s'excuser de m'avoir engueulé, chez moi, pour un truc qui avait paru lui plaire sur le coup ?

Bref, je suis confus, pire, diffus. Je m'atomise, disséminé entre le présent et un passé de brumes denses et débilitantes... Là, dans le brouillard, il y a une réponse à l'énigme qui hante mes cauchemars. Mais même dans mes cauchemars, la chose qui me manque pour me construire n'a pas de visage, pas de corps, c'est... un être sorti des limbes que je sens constitué de reproches et d'espoirs perdus ? Les miens ? Les siens ? Je ne saurais dire... pas plus que je ne saurais préciser quand cette créature est apparue ? À la fin de mes classes ? Au tout début de mon retour à la vie civile ? Le groupe de hard lui est daté, mais je ne suis même pas certain que le souvenir qui me taraude lui soit véritablement lié ?

Je suis là, comme anesthésié par l'ambiance, absolument certain de n'être pas à ma place. Ils sont pour la plupart un peu plus âgés que moi mais de peu. Enfant, adolescent, ce décalage pouvait paraître énorme, j'étais la grosse tête qui survolait l'école, commençaient une année de l'enseignement général élémentaire dans une classe pour la finir trois plus haut ? Les instituteurs n'arrivaient pas à me motiver et me regardaient avec effroi. C'est ainsi que j'ai intégré  West Point à quatorze ans, sur dispense exceptionnelle. C'est en partie ce qui me fait hésiter... non pour la musique, elle a été là très tôt, piano, violon, guitare, du classique... Puis l'improbable rencontre. Non, je n'hésite pas sur l'effet de la musique -et plus particulièrement du rock, metal, hard, heavy, death...- sur mon intellect à la fois impérieux, dénaturé, vorace, avide de connaissances nouvelles... J'hésite sur la parenthèse que je suis certain d'avoir ouverte. Quand ? Mon anorexie elle est datée, et j'ai l'impression vague que ce que je cherche est lié ? Je bascule tout d'une fermeture ferme et nette du livre de mes pensées !

Désormais, les deux ou trois ans d'écart ne se voient plus, ils ne dérangent plus personne... Tous plus vieux, à part elle ? Quel âge peut-elle avoir, elle ? Les femmes ne m'ont jamais vraiment captivé, je parviens à m'en passer parfaitement, comme je me passe d'hommes... En fait, c'est de sexe que je me passe ce qui me donne la réputation d'être un dangereux personnage guindé et insensible. Le suis-je ? D'une certaine manière oui... Il n'y a plus de place en moi ni pour un cœur ni pour une âme. Avant de devenir ce que je suis, il me semble que j'ai eu l'un et l'autre ? Ce n'est peut-être que de la rationalisation, personne, même moi, n'aime à être à ce point différent. « Aime » ? Non, là encore le terme est incorrect.

Je saisis le verre tendu, qu'y a-t-il dedans ? De l'alcool à n'en pas douter, et pas le meilleur à son odeur, mais quoi d'autre ? J'ai connu -où, comment ? - des groupes de metal qui ajoutaient bien autre chose pour être en transe au moment d'entamer un spectacle ? J'ai un sourire amusé, Melchior Estrello Guzman-Cea, directeur du département Recherches et développement en Sciences physiques et nucléaires de la fondation Guzman en train de se camer lamentablement ?

«
 Les remords sont pour les faibles, les regrets pour les inconséquents. » a écrit je ne sais plus qui ? Éclatons-nous ! Je souris comme jamais personne ne m'a vu sourire en prenant le verre qu'on me tend. Miguel ? C'est ça ? Je détaille Miguel, je les mate tous à vrai dire, sauf Ayelèn. En moi la raison me dit que je suis injuste, après tout c'est à cette fille que je dois d'être ici ? Mais la raison a parfois du mal -surtout quand on relâche la garde et se laisse aller à l'humanité- à surpasser la rancœur. Je la vois encore, éructant et me postillonnant à la figure parce que j'avais fait mention de plage « privée » ? et m'étais offusqué qu'elle me reproche un épisode auquel elle avait participé librement ? Comment aurais-je réagi si elle m'avait dit en me montrant le bas de la scène « Veuillez descendre c'est notre concert ? », je ne saurais le dire, cela n'a pas été.

D'un geste vague je lève mon verre... Dans ma tête quelque chose résonne, raisonne, je ferme les yeux. Je ne pense pas me tromper en disant que le whisky n'était pas pur. C'est sans importance, mon corps sait gérer pire que ça.

Je ne sais combien de temps je me laisse aller ainsi, une parenthèse...

J'ai apprécié, je ne peux le nier. Je me suis noyé, perdu dans la musique, je suis devenu note, son, onde...

Et puis je me suis senti traversé par une sorte de... tumulte calme et pressant... Tumulte ? Calme ? Oui, je sais, c'est antinomique... Une sorte de lourde onde de choc d'une intensité grandissante, sans douleur, comme un coup de main dans le dos, une tape amicale mais forte et urgente... J'ai remballé mon matos disant que je devais les quitter. J'ai eu peu d'écho, la musique s'était tue, tous avaient l'air groggy, épuisés, et je sentais cette sensation avec presque autant d'acuité que l'appel qui œuvrait en moi.

En moi ? C'est un terme inadéquat. Je me suis retrouvé, j'ai soudain oublié l'humanité pour redevenir ce que je suis... J'ai descendu l'escalier dédaignant l'ascenseur.

En bas de l'immeuble, Aye Min Sein attendait :« Il attend. Il veut nous voir. Rapidement la voiture m'a emporté jusqu'à l'héliport, d'une portée d'hélices je suis rentré à la Casa Guzman.


A vol de condor... - Page 2 Targui36


Mars 2023

Otto est inquiet, très inquiet.

Quand j'arrive il chasse généralement ses garde-malades. Ses cent cinq ans grabataires se changent en une grande sagesse et une autorité sans égal. Mon grand-père est un génie, un homme à la fois instruit dans les sciences et le dogme. Sa foi n'est pas désordonnée et inconditionnelle, il apporte à la compréhension de la religion la même rigueur qu'à l'expérimentation et la maîtrise des mathématiques ou de la chimie.

Ce qui l'a amené au Chili, il n'en a jamais parlé, pas même à son fils mon père. J'ignore si ma grand-mère l'a suivi, probablement puisque mon père est né ici ; mais d'elle pas plus que de ma mère ou de celle de Min Sein on ne parle ici ? Cette maison est vide de féminité, elle transpire l'ordre et le sérieux, en sont bannis la fantaisie, la beauté sensuelle, les bouquets de fleurs ou les arrangements de bibelots un peu décalés comme j'en vois parfois chez des relations.

Il les a senti à travers nous. Il a entendu la musique aussi, une musique de l'enfer a-t-il dit.

Il les veut à l'intérieur, pour les sonder, savoir.

Je descends l'escalier, quatre hommes et une femme.

Mes yeux s'arrêtent sur le groupe ! Que fait-elle là ? Comment m'a-t-elle retrouvé !

Je croise le regard surpris de Aye Min Sein et sens là-haut un étonnement similaire.

- Bonsoir. Soyez les bienvenus à la Casa Guzman. Sein ? Laisse-nous veux-tu je ferai le service seul.  

Un regard d'intelligence me confirme qu'il a compris, moi j'occupe et lui surveille...

- Je ne pensais pas vous retrouver ici.  

Je pourrais ajouter « surtout pas ici », je l'ai fixée ELLE en parlant, je ne me suis pas présenté, nous avons traversé une nuit de metal ensemble, ils devraient se rappeler de moi ?

Dans l'encadrement de la porte, alors qu'il en franchit le seuil mon chauffeur se retourne et m'adresse à nouveau un regard étonné, et désaprobateur.


A vol de condor... - Page 2 Trio10



Prendre son envol
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