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Oskar
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Oskar
Dim 26 Mar - 19:47

Mel  E.
Guzman-Cea

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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Ayelén Cardenas & Mel E. Guzman-Cea

Prologue : Novembre 2022














Prologue

J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello-, elle était paraît-il heureuse et fière d'avoir pour premier né un garçon, vieille survivance machiste qui j'en ai peur a la peau dure dans ce pays. Garçon ou fille, peu m'importe, je suis resté premier, enfant unique, par la faute d'un maudit éboulement sur une route de montagne qui l'a surprise au volant en train de téléphoner mon père... Loin de tout, sur une voie isolée et presque privée, sans doute pensait-elle ne rien risquer. J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Aussi étrange que cela puisse paraître pour quelqu'un de mon âge, j'aime la montagne proche, les lacs, les bourgades que d'aucuns jugeraient arriérées... Malgré le sang qui coule dans mes veines, je me sens Mapuche et résistant au pouvoir central. Les ancêtres de ma mère sont pourtant venus combattre et asservir les indiens, et j'ai peur que mon grand-père paternel n'ai vu en eux que des sous-hommes à la volonté de survivre trop tenace.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...

Mon retour a coïncidé avec le départ de mon père, désireux de laisser la maison entre de bonnes mains tout en bénéficiant de conditions optimales pour faire fructifier ses affaires. Lui vole donc de Santiago du Chili à Buenos Aires, en passant par cette Amérique du Nord que la famille a toujours regardé avec méfiance. Moi, je me remets doucement d'un passage inopportun à l'académie de West Point, l'une des vingt victimes étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Pourquoi n'en suis-je pas sorti satisfait ? J'y ai fait des classes exemplaires, ai obtenu avec mention mes diplômes, ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité ? Disons que mon rêve n'était pas d'intégrer l'armée de mon pays en tant qu'officier, pas plus qu'une autre qui se jugeait plus « prestigieuse ». Je n'en suis pas pour autant pacifiste ou anti-militariste...  J'avais déjà à l'époque d'autres projets et les ai toujours aujourd'hui.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.

Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel né en 1917 dans une Allemagne exsangue qui le fera grandir revanchard... Cent cinq ans, certes grabataire, mais vivant ! J'ai pour « tradition » de chasser la bonne, l'infirmière et la garde-malade qui veillent sur lui de l'aube au crépuscule chaque jour à la tombée de la nuit... Lui émerge de son sommeil léger pour perdre sur ses vieilles lèvres un sourire, je le lui rends et reste seul avec lui une heure environ. Il paraît que mes visites lui rendent un semblant de vie, le médecin de famille comme l'infirmière m'en complimentent.
En quoi être fidèle à son sang est-il un exploit ?
Là n'est pas la question...

A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.

Cette année est un peu particulière... Cela fait exactement 75 ans que Otto Guzman a posé les pieds sur le sol chilien...

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Lun 27 Mar - 18:26
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Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.


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Tic Tac... ! Tic Tac... ! Pendulait l'étrange marée filant comme le foehn, froide et implacable, traversant les murailles et les remparts. Rien ne pouvait l'arrêter. La misère débordait, torrentielle, habituelle. Ayelèn ou l'histoire banale d'un fétu de paille dissous sur l'autel d'une réalité féroce.  « Maman s'est tirée, papa picole », une devise. Tous les jours, il fallait tout faire, tout le temps. La bouffe, le ménage, laver ses dégueulis, ses merdes éparpillées, l'administratif. Et puis nettoyer encore et encore, laver les draps gris d'une mauvaise crasse, vider les cendriers et puis refaire la bouffe.  La fille unique devint le parent de son père, vieillit bien trop vite, bien trop tôt. L'école, c'était pas son problème, elle avait d'autres chats à fouetter, des petits boulots à assurer pour ne pas crever de faim. A dix ans, elle distribuait des journaux après l'école. Dans sa douzième année, un concours de circonstances lui permit de piquer une guitare à un musicien de rue. La gloire de posséder un objet inaccessible lui donna suffisamment d'estime de soi pour s'acharner à apprendre à en jouer. La musique fut son mentor et sa sauvegarde la sauvant d'un potentiel sordide qui touchait certaines familles pauvres : drogue, prostitution, esclavage, trafics en tout genre...Sans personne pour la guider et la protéger dans cette putain de vie, la môme ne s'en sortait pas si mal que ça au final.

La grande famille des musiciens l'accueillit en son sein comme une mère son enfant : avec deux trois copains passionnés, ils montèrent un groupe qui s'affirma petit à petit, « Witrun Ko  », « Cascade » en langue mapuche, gagnant une certaine notoriété locale. Ayelèn se révélait douée pour la guitare, chantait juste.

L'année de ses seize ans, le père fut convoqué à plusieurs reprises pour ses absences aux cours laissant sa fille totalement libre de faire ce qu'elle voulait depuis belle lurette. Elle faillit être renvoyée et perdre ainsi son boulot de serveuse, les mineurs pouvant travailler avec l'autorisation parentale et l'obligation de poursuivre la scolarité obligatoire. La rebelle maintint un semblant de présence pour avoir la paix, passant la plupart de son temps à écrire des mélodies et des textes.

Elle resta plus ou moins chez son paternel jusqu'a sa majorité. Sans contrainte institutionnelle, elle découchait et sortait sans cesse, s'investissait  dans la musique corps et âme, s'occupait moins de lui, usée de toutes ces milliers d'heures d'enfance à jouer un adulte de substitution. Très maigre, imbibé par l'alcoolisme, sa santé se dégradait lentement mais surement et la brunette, épuisée, lâchait l'affaire. Elle avait échoué à le sauver de lui-même, qu'aurait-elle pu faire de plus ou de mieux ?

***

Un cœur vide et assoiffé pouvait se tremper peu ou prou dans les profondeurs d'une cause qui comblait certains manques. Ça se résumait à s'étourdir un peu, beaucoup, passionnément avec des doses de poudre de perlimpinpin qui au fond, occupaient, permettaient de penser à autre chose, procédaient à oublier ce qu'il fallait oublier. Une anesthésie sociétale en quelque sorte. Ayelèn ne tomba pas dans ce travers et au cours des années qui passèrent, la maturité aidant, elle embrassa farouchement la cause des mapuches avec conviction. Aucune solidité, aucun repère familial ne l'avaient accompagnée à se construire. Elle avait poussé seule au gré d'un vent aléatoire empli d'une multitude de situations quotidiennes silencieuses mais violentes. Certains coups, vils et pernicieux ne laissaient aucune marque visible. Si l'on pouvait les voir cependant, bien des humains laisseraient une traînée de sang sur leur passage. La chilienne ne fut pas épargnée certes mais trouva la ressource pour s'appuyer sur la seule et unique « chose » qui demeurait irréfutable, indestructible : son origine, ses racines amérindiennes. Elle faisait partie de la grande famille du Peuple de la terre. Le sentiment d'appartenance émergea notamment lorsqu'elle quitta son père à dix huit ans pour s'installer en coloc. Les pieds dans une vase mouvante, ce fut sa façon de se maintenir à flots, de construire une raison de vivre en plus de la musique qui la tirait vers l'avant, offrant ce que l'on appelait un peu d'espoir. Un baume qui adoucissait la dureté de l'existence d'une fille pauvre. Elle s'y sentait moins seule, rencontrait des tas de gens, savourait le sel de donner du sens à une vision élargie d'un quotidien âpre et dur.

En 2020, elle adhèra à la Wallmapuwen, une organisation politique qui militait principalement pour obtenir un statut d'autonomie pour le territoire mapuche, la diffusion et l'enseignement de la langue mapudungun, l'accès au pouvoir. Elle était de toutes les manifs, les sit-in, les blocages de sites symboliques...Engagé, le groupe de musique possédait dans son répertoire quelques morceaux revendiquant une justice et des droits pour les autochtones. Bien salés et provocateurs, ces extraits choisis faisaient parfois le buzz.

***

Fin Mars 2022

Une virée au bord des lacs, à Pucón plus exactement à une centaine de kilomètres de Témuco. Le thermomètre de la voiture indiquait 23°, un week-end sympa les attendait. L'après midi tirant à sa fin, il fallait trouver un lieu pour se poser, s'installer pour la nuit. Le camping sauvage c'était leur truc au risque de se faire virer mais ils s'en foutaient, ça marchait toujours leurs combines gratos. Ça serpentait depuis un bout de temps quand soudain Miguel cria :

-Tourne là !

Un chemin apparaissait parmi d'autres en effet, ayant l'avantage d'être suffisamment large pour qu'une voiture puisse s'y engager mais deux poteaux en limitaient l'accès avec une grosse chaîne où une pancarte indiquait « PROPRIÉTÉ PRIVÉE » en grosses lettres rouges parfaitement tracées. Complices silencieux, c'est qui Juan sortit pour libérer le passage. Ils entrèrent et roulèrent ainsi sur plusieurs centaines de mètres avant d'arriver sur un plateau où la vue plongeait aux alentours, dominant une vallée verdoyante entourée de montagnes.

-Waouh ! Super beau !

Ça l'était en effet.

-Vous avez vu la baraque de l'autre côté ? Pas mal non ?

D'où ils se trouvaient, une grande maison se dressait au loin, entâchant de sa façade blanche le vert ambiant.

-Mouais. On devrait s'éloigner, non ? Imagine qu'un taré mate avec ses jumelles.

-Arrête qu'est-ce qu'on s'en fout !

Bref. Ils déployèrent trois mini tentes, sortirent le réchaud, ramassèrent du bois mort, des pierres, de quoi faire un feu en pleine cambrousse. Au bout d'une demi-heure, de grandes flammes crépitaient joyeusement, les bières circulaient, le café chauffait.
Les mecs discutaient à bâtons rompus, Ayelen s'était allongée sur le dos, bras croisés derrière la nuque le regard perdu dans les nuages rougoyant le crépuscule. Bientôt, ils feront cuire les saucisses et puis la nuit venue, ce serait leur moment de musique en plein air rien qu'à eux.

Un bonheur simple en pleine nature, que demandait le peuple !

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Oskar
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Mer 29 Mar - 0:29

Mel  E.
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J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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Prologue : Novembre 2022




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Prologue - suite

Des campeurs... Le gardien est venu m'avertir de la présence de campeurs, un groupe de "jeunes", me croit-il si vieux ? De sales trognes, des gens de la ville -certainement drogués Señor Melchior- pas Guzman... pour toute la domesticité, le Señor Guzman est Otto, après sa mort ça sera mon père Adolfo... Moi, je ne le serai qu'à la mort de mon père, si je lui survis. J'ai un sourire, indéfinissable, qui le met je le vois très mal à l'aise. Que doit-il faire ? Rien. "¿ Perdon ?" Je répète : n'agir que s'ils dépassent les limites. Je vois bien que pour lui le simple fait d'avoir contourné une pancarte "propriété privée" est déjà un dépassement du savoir-vivre le plus primaire...Je fais comme si je n'avais pas perçu sa contrariété. "Et s'ils les dépassent ?" je lui montre d'un geste vague la cuisine où je sais qu'à cette heure mon chauffeur doit me préparer une collation que nous ne partagerons -évidemment- pas. Le vieux ne dit rien mais son air renfrogné me dit clairement que je ne suis pas à la hauteur. Mon sourire s'accentue et mes yeux le défient de préciser sa pensée... Il tourne les talons.

Je me reporte en arrière, quelques jours après mon retour des Etats-Unis, quelques jours avant mon envol pour rentrer ici. J'avais séjourné  dans ce mausolée qu'est la résidence achetée pour moi dans l'hypothèse où je déciderais de faire carrière à Santiago. J'avais choisi Algarrobo et non Valparaiso, chose qui avait déplu à mon géniteur. La raison en était simple, en hélicoptère je gagnais la capitale en un quart d'heure, la maison donnant sur la plage était bien entendue dotée d'un héliport privée, comme l'est la demeure familiale.

Est-ce parce que le vieillard a parlé de jeunes, drogués, étrangement vêtus, et visiblement d'un milieu infréquentable pour les gens que nous étions ? Mes souvenirs s'engouffrent avec une véhémence que je ne leur soupçonnais pas.

&&&&&&&&&&

Mon père n'a pas eu à insister. Ce n'était ni une prière ni même une demande : il a ordonné. J'aurais pu argumenter, mais en tant que fils unique et héritier, l'éventualité d'une désobéissance m'a été refusée. Je ne pouvais décliner, j'ai donc prêté ma propriété pour une bouffonnerie d'ampleur, une friandise osée offerte à quelques personnes choisies, un concert à demi sur la plage, et un groupe local pour bien flatter la gentry. Je ne me suis pas enquis de qui il fallait gagner la voix -je suppose que cette fête sans queue ni tête n'est pas due à un caprice ?- ni pourquoi, cela ne me regarde pas puisqu'il n'a pas jugé bon de préciser.

C'est un bon moyen de m'obliger à aller de l'un à l'autre, souriant, affable. J'ai le plaisir de voir la plus sincère stupéfaction sur le visage de quelques Araucaniens obligeamment invités, habitués à une mine fermée et des mots jaillissants comme des balles d'un barillet. J'ai même salué les membres du groupe, enfin la plupart, la femme semblait se (re)maquiller ou s'apprêter d'autre manière...

- Bonjour, Mel Guzman. Mon père n'a pu être présent, un empêchement de dernière minutes. Il en est absolument navré. Profitez de la soirée, j'espère que le groupe choisi vous plaira... Vous êtes ici chez vous.

Des conneries, par Dieu, être forcé de faire des ronds de jambe à tous ces abrutis ! Je suis malhonnête, il y a quelques personnes de valeur mais sur les trois cent quarante deux invités, ils se comptent sur les doigts des deux mains. Sont-ils ceux que Père a en vue ? Quelques instructions m'auraient simplifié la vie !

Et puis le concert commence.

- Tout le monde va bieeennn ?!

Je me surprends à regarder, puis à écouter... ça en envoie, et curieusement quelques échos se font en moi.

Allons donc ! La nuit va être pluvieuse, Melchior Estrello Guzman-Cea, devenu Mel après son séjour trop long en Amérique du Nord, en train non seulement de caresser dans le sens du poil tous les présents parce que j'ignore qui mon père veut se mettre dans la poche, mais aussi d'apprécier de la musique, un groupe de rock, hard-rock ?

Je suis là, probablement l'un des seuls à ne rien avoir pris pendant la soirée, à peine un ou deux verres de champagne, le second est encore presque plein dans mes mains tandis que je suis adossé à l'un des poteaux du patio, rêveur, ferré...

Puis la fille descend dans la foule, souriante, provocante...

Je me surprends à la regarder, puis lui fais un signe.

Je monte sur scène... Je prends le micro et me lance ! Je chante les yeux fermés, un truc qui me vient aux lèvres, je suis fou ! Je provoque presque la fille pour qu'elle m'accompagne... Je suis quasiment en transes !

La foule est en délire, elle aussi attend un duo, les musiciens jouent le jeu ! Le capitaine Guzman, fils du requin d'affaires du même nom, héritier du nom, du domaine agricole, de je ne sais combien d'actions minières et autres bouts de papiers qui valent de l'or sur scène avec une chanteuse brune aux cheveux vaguement tressés, étrangement vêtue, aux yeux charbonneux et bijoux gothiques !

Si quelqu'un filme ça...



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Mer 29 Mar - 4:12
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J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.


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Le client était un sénateur, un type pété de thune et de pouvoir invitant tout un gratin d'huiles, trois cents à quatre cents personnes potentiellement présentes. Il voulait du son qui claque. Le genre de soirée où sous leurs airs précieux et propres, la coke circulait comme une sortie de bureaux sur l'autoroute. C'était très bien payé et le lieu, une immense propriété en bord de mer, faisait rêver.

Le micro en main, la chanteuse héla la petite foule. Une fois, deux fois, trois fois. Et puis ça commençait...Ayelèn adorait ça et se contentait d'une notoriété locale, relayée par le bouche à oreille. Les concerts, exclusivement privés, restaient coincés dans une sphère réservée. Un succès potentiellement plus important exigeait des contacts et des moyens que le groupe ne possédait pas et puis la folie des grandeurs c'était pas leur trip.

Soudain, les spots s'éteignirent. Rupture. Silence. Elle attaqua un morceau mélancolique a capella. La voix chaude s'éleva. Au bout d'une minute tout se ralluma brusquement et elle enchaîna avec Adrenalize. Ayelèn était une autre sur scène, fringuée à l'excès, maquillée à outrance. Les concerts, c'était le sésame pour un shoot de vie, de plaisir intense, d'adrénaline pure et dure, un Graal, une utopie réelle. Ça la désinhibait, la comblait d'un sentiment de réparation, l'unifiait. Quelque chose se passait à chaque fois là, au dessus, à côté, en elle, tout autour...Une espèce de bercement sublimement doux et dense à la fois l'enveloppait. Cette impression que ses os baignaient dans un cocon tendre alors même que le style du groupe était violent. Et elle s'amusait sur scène comme une folle, jouant de son corps avec provocation. Une fois de l'autre côté elle se dévêtait de ses oripeaux du quotidien, des rôles contraints imposés par la nécessité de bosser. L'habit ne faisait pas le moine, pourtant son apparence lui posait des problèmes ici et là. Certains la prenaient pour une fille facile, d'autres la jugeaient vulgaire. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent ! Sa vie, c'était la musique. Elle se retrouvait enfin à sa place lorsqu'elle chantait. Peut-être qu'un jour tout ça s'arrêterait alors elle en usait et abusait.

À un moment, elle descendit de l'estrade pour se frotter d'un peu plus près à tous ces riches dont elle n'était pas, déambulant parmi la petite foule qui s'écartait sur son passage. Suivant l'inspiration, elle effleurait des mains, une joue, un menton, une épaule...se tournait et puis tournait contre un dos, un bras...Il fallait chauffer, mettre l'ambiance. Un grand type blond lui fit signe, elle répondit par un clin d’œil et continua le show mais par pour longtemps. L'attention du public se reporta soudain sur la scène où une voix masculine se superposa quelques secondes à la sienne. Derrière le pied du micro, elle le reconnut. Mais qu'est-ce qu'il foutait là ?!!! Elle se tut. Il faisait partie de la clientèle ce mec, elle ne pouvait rien dire. Sourit en coin, le regard méprisant. Quel gros connard ! Il allait jarter de son territoire non ? ! Mais il persista, chanta, la héla, s'amusant à inventer des rimes « ...et avec nos microoos, on va faire un duooo... »
excitant les gens qui scandaient désormais : « Un du-o ! Un du-o ! Un du-o... » Et les musiciens la trahissait insolemment ! Coincée, acculée, elle arbora un beau sourire de circonstance, applaudissant au rythme de sa prestation tout en se rapprochant de la scène. Il chantait bien en plus ! Tout pour lui...déplaire ! Sale petit voleur ! Profiteur ! À la fois à son intention et à celui des spectateurs, elle déclama :

-Okkk guy ! Juste une minute.

Elle discuta avec ses acolytes puis disparut derrière le batteur et revint avec une partition. Ils emportaient toujours leur répertoire avec eux.
La mine renfrognée, elle lui tendit les paroles. A priori il savait faire, alors, qu'il se démerde !

-Les mecs, c'est parti ! Un, deux, trois, quatre !

Elle s'était placée à côté de l'intrus, face au public. Au bout de trois mesures, elle ne pensa plus à «  l'incident » et se prenant au jeu, s'accorda parfaitement au vilain petit canard ! Pire, elle y prit plaisir. C'était...super chouette ce duo improvisé !


***

La nuit était tombée. Ils avaient sorti l'ampli nomade, les guitares, le micro. Jouer au milieu de nulle part à fond les ballons, le kiff total. Et le feu brûlait, grandiose...
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Mer 29 Mar - 9:49

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J'ai vu le jour dans cette propriété le 13 novembre 1995. C'est à ma mère Alba que je n'ai jamais connue que je dois de porter deux magnifiques prénoms impossibles à exporter -Melchior Estrello- J'ai donc  27 ans et je suis actuellement  de retour chez moi au Chili, dans la province d'Araucanie à vol d'oiseau à quelques kilomètres de l'Argentine, pas très loin non plus -pour un condor- de la ville de Pucón, à près de 800 km au sud de Santiago du Chili, dans un environnement à la fois minimaliste et grandiose.
Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
A part l'ancêtre, sa domesticité et la mienne qui se résume à un factotum : valet, chauffeur, garde du corps, pilote de l'hélicoptère familial, il n'y a que moi ici.



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Ayelén Cardenas & Mel E. Guzman-Cea

Prologue : Novembre 2022




A vol de condor... Q31yll





Prologue - suite

La petite star tire la gueule. Dire que cela me déplaît serait mentir, la parenthèse que j'ai ouvert n'a rien changé à mon caractère, l'embarras des autres est une jouissance perpétuelle.

Je ne sais pas ce qui me prend, j'ai comme un relent d'adolescence, une courte période où mourant d'ennui j'ai accepté d'être le chanteur -et bassiste- d'un groupe de jeunes cadets tous plus âgés que moi... J'avais à l'époque un aspect androgyne qui plaisait à nos militaires et je m'exhibais en kilt aux couleurs du clan Bowes hérité probablement d'un des autres membres... J'avais déjà ce visage qu'on me dit fermé et inexpressif, et une voix trop grave pour mon âge...

J'ai tiré de cette courte période un plaisir que je peine à réintégrer moi qui désormais ai fait passer le devoir avant tout autre chose.

 -Okkk guy ! Juste une minute.

Elle me colle dans les pattes une partition avec un regard que je soupçonne d'être moqueur, mais si je suis doué pour utiliser les autres je ne sais décrypter que peu de sentiments.

 -C'est parti ! Un, deux, trois, quatre !

Même moi suis capable de me rendre compte que l'ambiance se détend. Nous sommes liés par un même besoin de hurler notre mal-être à travers des mots et des notes ! Si j'avais pu prévoir cette grave déviance j'aurais sorti le violon dont je ne joue quasiment jamais, surtout pas en public, pour conserver mon image de militaire incorruptible, scientifique sans âme ! Une fois son morceau terminé, en manque de partition, je vais murmurer quelques mots à son bassiste qui me tend son instrument et je commence l'intro, le regardant pour voir s'il capte... C'est le batteur qui me fait signe que oui, je rends la guitare et fais un sourire à la brune...

- Après je te laisse la vedette, je ne vais pas te faire chier toute la soirée

J'ai parlé normalement, sans baisser ni hausser la voix mais la musique déjà relayée par les amplis a masqué au public tout ce que j'ai pu dire. Aussi surprenant que ce soit, le tutoiement m'est venu naturellement, et si elle me connaissait elle en serait surprise. L'homme que je montre ce soir n'est en rien celui que la plupart croisent, pour ceux qui font partie de mon environnement quotidien.

-  En fait, je suis Mel Guzman, quand ce troupeau sera parti, je vous invite à boire ce que vous voulez et à jouer plus en privé si vous voulez ?

Je ne dis pas merci, pourtant je le pourrais, je cale ma voix, la regarde avec un sourire dans les yeux, j'aime cette chanson, les paroles reflètent ce que je me laisserais aller à dire si je ne m'interdisait pas toute émotion. Je surprends dans la foule quelques proches de la famille, et d'autres relations qui vont sans doute raconter que le capitaine Guzman cache des talents sympathiques, qu'ils se brossent pour en profiter davantage ! Ils auront eu de moi moins de trente minutes d'ébahissement, ensuite la brunette et ses potes meubleront parfaitement le vide de ces têtes formatées et communes !

Ma haine des autres reparaît, haine ou peur ? Mon sénateur de père est le seul à s'être posé la question, je suis comme tous l'ont clamé remarquablement doué intellectuellement, j'apprends ce que je veux en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, mais j'ai peur de mes semblables ? Peur au point que j'ai été un officier craint et détesté, et suis aujourd'hui un membre de la diaspora allemande que la plupart haïssent tout en l'admirant. L'Araucanie suit la mouvance, je sais parfaitement que je suis jugé comme un parvenu, un sale opportuniste pistonné. Pourtant, quel pistonné est capable de résoudre les équations que je regarde simplement avant d'en donner la solution ? Mes voisins ont pu percevoir bien des changements dans notre manière d'exploiter la terre -et les hommes- plus scientifique, moins aléatoire, tout se mate.

J'ignore tout de cette fille, de ses potes, de leur vécu, de leurs galères éventuelles... j'aurais tendance à dire que je me fiche qu'ils rencontrent des difficultés à exister, que m'importe ?

Seulement ils m'ont apporté ce soir quelque chose que j'avais enfoui si loin au fond de moi que j'ai l'impression de sortir de la tombe ! Je descends de scène totalement métamorphosé et fais signe à l'un des larbins embauchés pour l'occasion, puis, me ravise. Après tout je suis chez moi ? Je vais aller me doucher et me changer.


A vol de condor... Rock10

C'est curieux comme la mention d'une intrusion sur la propriété fait remonter ces souvenirs, ce soir là, bien que chez moi j'étais -moi- l'intrus...

Paroles de Smile Again - Chaoseum


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Mer 29 Mar - 21:44
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Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.


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Ambiance en imaginant une voix de femme...


C'était rare heureusement mais quelquefois, il arrivait qu'un invité prenne la liberté de pousser la chansonnette ou de déclamer un discours devant l'assemblée en plein concert. Cela se produisait plus particulièrement lorsqu'il n'y avait pas de scène. Les musiciens se trouvaient alors au même niveau que les spectateurs, gommant ainsi une limite invisible mais réelle. Pénibles ces imprévus car on ne savait jamais combien de temps l'intermède allait durer ni de quelle manière il allait tourner. Payé au forfait, le groupe n'avait guère envie de faire du bénévolat et de rentrer à l'aurore. Chaque musicien travaillait par ailleurs, les semaines se suivaient mais ne se ressemblaient pas. Certains weekends, l'un ou l'autre étaient crevés, enrhumés, le moral n'allait pas fort, il y avait des emmerdes...Même bien intentionnées, les interventions spontanées des gens demeuraient mal perçues et gonflantes. Mais ça faisait partie des risques à accepter. Ce soir, en tous cas, malgré des a priori négatifs et méfiants, l'impro se révélait une belle surprise.

La musique : déesse d'un carpe hora, une passion. Profiter de chaque instant comme si c'était le dernier. La voyageuse au long cours se laissait bercer aux flux et reflux des cadences, la conscience flottant entre les portées, liée et déliée aux sons. Elle se laissa embarquer, victime consentante aux shoots vibratoires de la mélodie. Leur duo fit son effet, leurs voix se calant dans une perfection improbable malgré quelques canards que personne ne remarqua. Le public ne s'y trompa pas, sifflant, criant sa joie par ci par là d'assister à un magnifique « accident ». Et Miguel qui lui refilait sa basse ? Il sera charrié copieusement à la première occasion ! Il détestait qu'on y touche pourtant ! Comme quoi, tout pouvait arriver.

Mum...Elle reconnut les premières notes qu'il frappa sur les cordes dures. Un très bon son ! Un « frère » métalleux ? Drôle de hasard avec lequel elle n'aurait pas parier un kopeck dans cette soirée. Le client, haut placé, riche, avait choisi de faire dans de « l'original » certes, se gaussant  de cet orgueil mal placé de ceux qui, pour se démarquer, daignaient s'intéresser à des cultures populaires. Mais de là à rencontrer un des leurs surfant sur la même longueur d'onde...Sauf que la musique était un art sans frontière épousant toutes les catégories sociales. Et ce type, -trop policé pour être vrai-, possédait une très belle voix. Ne pas se fier aux apparences !

D'une moue ironique, elle rétorqua aussi sec :

-La musique ne me fait jamais chier. Fais toi plaisir.

Le troupeau ? Ça la fit marrer, « mais t'en fais partie mon pote » pensa t-elle franchement amusée. Un membre de la famille ? Elle n'avait pas été en relation directe avec le commanditaire pour l'organisation de la soirée mais se souvenait du nom de famille. Étonnamment, il ne s'arrêta pas là. « je vous invite à boire...et à jouer plus en privé... » Ç'aurait pu être sympa et sincère mais certaines lumières aveuglaient. Elle n'y crut pas une seule seconde, à peine quittera t-il le plateau qu'il aura déjà oublié.

-On verra ça !
Répondit-elle poliment. L'aparté s'était perdu au milieu du reste et pour la seconde fois, elle lui décocha un clin d’œil, reculant vers le fond de scène.

Ils étaient tous pareils ces mecs pétés de thune, tellement sûrs d'eux. La fameuse invitation en bonne et due forme. Le bas peuple pouvait être fier soudain : on daignait lui tendre la main, - la belle charité ! - « J'ai bu un verre avec une chanteuse...originale ? », le ton ampoulé et snob à souhait, ça faisait genre dans un dîner mondain. « Monsieur Mâchin a de drôles de fréquentations ! » Et de caqueter et de jacqueter pour combler l'abominable ennui d'une énième soirée. Une nouvelle saveur à se mettre sous la dent, entre le caviar et la langouste ! Sérieusement, en quoi l'intéressait-elle hormis le distraire parce qu'il s'emmerdait comme un rat mort au milieu d'un « troupeau » ? Sacrée dose de mépris envers ses pairs de surcroît. Non beau blond, Ayelèn ne tombera pas dans la chimère pailletée de pénétrer dans TON grand monde interdit et inaccessible, fut-ce le temps d'un verre. Elle connaissait par cœur ces invitations privées-dorées d'un soir, affûtées à l'éphémère d'une euphorie d'instant.

Il ne pouvait la voir et pour cause, mais au bout de quelques mesures, la chanteuse frappa les mains au-dessus de sa tête, entraînant la petite foule à accompagner son binôme d'un soir. Un peu plus tard, s'approchant de  Juan -le batteur- pour prendre une bouteille d'eau, elle lui lança une moue complice : l'inconnu, malgré son costume, envoyait de la qualité. Il finit par quitter les planches, le concert reprit son cours, il y eut l'ultime morceau, un rappel, et puis ce fut terminé. La nuit était tombée, les invités se dirigeaient désormais vers les somptueux buffets installés de part et d'autre de la propriété. Ah la bouffe ! Le responsable des serveurs avait annoncé au micro que le dîner n'attendait plus que ces messieurs dames. En quelques minutes chrono, tous avaient disparu comme une volée de moineaux.

Fatigués, affamés, les membres du groupe étaient descendus sur la plage en contre bas, grignotant des sandwichs et des bières. Une pause avant de tout remballer.


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Jeu 30 Mar - 9:32

Mel  E.
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Cet héritage est le mien, tel quel je le revendique, je n'ai guère la réputation d'être altruiste ou empathique. Je suis et reste un propriétaire terrien d'Amérique du Sud, riche, très riche...



J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
Pour résumer tout en restant discret, nous dirons que mes besoins sont autres et que je fais tout aussi bien à manifester mon autorité naturelle ailleurs que sanglé dans un uniforme.




Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
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Prologue : Novembre 2022




 
Prologue - suite

Devrais-je me sentir vexé, humilié ? Peut-être, après tout je viens de me faire rembarrer par une chanteuse qui doit galérer si j'en crois ses fringues, originales et bien assorties mais d'un commun immonde... Mais non, j'ai pris ma dose de musique comme d'autres leur dose d’ecstasy ou de coke, et la majorité d'alcool à cette heure-ci. Au maître d'hôtel j'ordonne de dire que le capitaine Guzman a du s'absenter un moment, happé par une obligation professionnelle. Les quelques militaires présents vont se demander quoi et qui ose me déranger à cette heure-ci et un week-end, ils m'ont connu susceptible et très imbu de mes prérogatives alors que j'étais en charge d'un projet de recherches sur l'arme atomique, qu'ils se creusent la tête, elle n'en sera pas plus vide !

La gamine a eu l'air de croire que je méprisais mes semblables... Mes « semblables » ? je fais partie de ce que j'appelle « le troupeau » oui, comme je suis un être humain. Il paraît. Certains autour de moi me verraient bien en androïde sorti tout droit d'une série de SF délirante et c'est un compliment qu'ils me font, bien plus qu'ils ne peuvent l'imaginer. Ne pas être humain ! Ne pas devoir côtoyer chaque jour ces nullités dotées de la parole, ou bien les rendre tous muets ! La médiocrité est ce qu'il y a de pire dans ce monde, et mon père en dressant sa liste a réussi à en réunir une telle proportion que la nausée me vient ! Je retire le smoking dont la veste est froissée d'avoir été jetée au sol pour mon improvisation et le pantalon trempé de sueurs. J'ai un sourire extatique, si peu de temps, si peu de son, alors que j'aurais voulu m'y noyer ! Mais c'est incompatible avec mon statut.

Ce soir je suis rebelle, j'envoie chier ce fichu statut ! Comme fils de famille, ancien officier, ex-chercheur militaire haut placé, gosse poussé trop vite ? Ouais, c'est ça qui me mine... à jouer à l'adulte en engloutissant toutes les connaissances qui passaient à ma portée, j'ai oublié de vivre. Même dans ce groupe dont j'ai visiblement gardé de bons restes, si la fille m'a snobé les musiciens eux ont eu l'air d'apprécier, je me sentais ailleurs, différent, supérieur !

J'en viens à me demander pourquoi j'ai reçu ce don... Un peu comme un télépathe se demanderait pourquoi il sait ce que pensent les autres, ou un voyant pourquoi il connaît l'avenir, sans rien pouvoir faire d'autre qu'être soi, et jouir -parfois- de regards admiratifs, la plupart du temps d'une méfiance mêlée de jalousie.

J'attrape un pantalon de cuir et le blouson qui va avec, enfile un vague T-shirt pour dire que je suis « habillé », Mel Guzman en loubard c'est déjà inouï, mais en loubard torse nu ! Je passe par l'arrière et contourne la maison, ils sont tous en train de se remplir à en vomir du menu pantagruélique qui leur est offert. C'est qu'ils ne faudrait pas perdre ! Pas une miette de ces mets que pourtant la plupart pourraient avoir à leur table ? En parlant de vomir, la nausée me gagne de plus en plus, je retourne en arrière et ouvre un dressing où je n'ai pas mis les pieds depuis que la maison m'a été léguée... Je me fais la réflexion que si j'ai choisi parmi plusieurs propriétés, je n'ai même pas eu le loisir de l'acheter moi-même... Cela aurait-il changé quelque chose ? Si j'avais, moi, décidé de l'achat, l'aurais-je choisie ? La proximité avec la plage est admirable, ça en « jette » sur mes interlocuteurs éventuels, mais moi ? Quel plaisir suis-je capable de retirer de cette situation ? Je profite de cette plage, et m'amuse de voir l'agacement des promeneurs qui se trouvent face à une clôture... plage … privée. J'attrape une guitare sanglée dans sa housse et le haut-parleur qui va avec, je ne pourrai pas approcher de l'eau, le câble n'est pas assez long et sur la plage une seule prise est accessible, protégée des éléments par un boîtier étanche. Ça n'a pas d'importance, c'est suffisamment loin des invités qui de toute façon n'entendront rien, il y a un orchestre plus « classique » à l'intérieur. Ils ont assez frissonné, on ne peut les mettre en présence de la rébellion et du chaos que le temps qu'ils réalisent que ce n'était qu'un rêve osé et qu'ils sont toujours en sécurité dans leur bulle friquée et policée.

Je m’assoies, à l'écart, je sors l'instrument et l'accordeur...

Et je joues.

J'ai les doigts qui se meuvent sans que j'y pense, je suis en transe de musique... un sourire perdu erre sur mes lèvres, puis se délite.

Je chante.

Je suis seul sur mon île déserte.

Rien ne change, je suis toujours seul en toute occasion, j'ai simplement changé d'île... Et je sens m'envahir comme un orgasme que jamais ni homme ni femme n'est parvenu à me procurer... Je suis les notes, je suis le son, je me disperse dans la nuit étoilée...

A vol de condor... Cuir10
Paroles de Come as you are – Nirvana

C'est étrange, je revis la musique, j'ai comme l'impression de l'entendre dans le lointain... Quand Aye Min Sein se gratte la gorge en tapotant sur le bois de la porte avec tact et discrétion, je me retourne comme pris en faute ! Ils ont allumé un feu digne d'un sabbat de sorcières ? Et c'est leur son que j'entends ? Au moins, je n'ai pas perdu la raison.

Mon pas sur le sol laisse comme une empreinte de sable, ça crisse sur le marbre de l'entrée.

- Surveille. Si le feu menace tu sais quoi faire.

Moi, j'ai besoin de sortir, l'introspection ne me vaut rien, les espaces trop fermés non plus. Je passe derrière la maison et regarde au loin le feu de camp qui illumine la nuit comme la musique la peuple.



A vol de condor... Le-feu-de-camp-dans-le-clair-de-lune-35323640



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Jeu 30 Mar - 19:37
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A vol de condor... Eefr12 A vol de condor... Frame_11


Le ventre plein, les compères savouraient le silence. Il faisait nuit, ils se reposaient, se taisaient, simplement. Après l'avalanche de sons lors du concert, ils appréciaient toujours un temps de « rien », de vide empli de complicité muette. En général le groupe se produisait dans des salles ou des lieux qu'il fallait dégager rapidement. Là, les circonstances particulières leur permettaient un espace luxueux dont ils profitaient à fond. Au bout d'un assez long moment, Juan se mit à parler :

-Vous avez vu ce mec ? Jamais je n'aurai pensé qu'un truc pareil arrive avec ce milieu.
-Ouais et comment il s'est fait son délire, il suait sang et eau, le jeté de veste magistral, complètement shooté.
-Tu sais bien que la zique peut faire ça, on a tous nos trips.
-Mouais...Il t'a dit quoi avant de commencer ?
-Qu'il s'appelait Mel Guzman. C'est un fils à papa, faut pas rêver, mais bourré de talent quand même.
-Moi j'ai pas aimé son intermède.
-Pourquoi ?
-'Sais pas, y'a un truc qui sonnait faux en mode euh...j'ai un balai dans l' cul mais suis libre à l'intérieur.
-C'est le hoquet du fric...

La discussion bifurqua sur les prochains concerts. Autant la saison hivernale avait été minable, autant celle de l'été s'annonçait conséquente. Jongler entre le taf et les soirées allaient être sportif ! Ils en étaient là de leurs réflexions quand tout à coup, des accords amplifiés brisèrent le calme ambiant. Ils tournèrent la tête vers la droite.

-Il se passe quoi ?
-
-Nirvana.

La fille se leva, fit quelques pas en direction de la mélodie puis lança :

-Je vais voir.
-Te noie pas ma belle !
-Et j'ai crié, crié-é oh Ayel pour qu'elle revieeenne !
-Woh dangerous on the beach beach beach...

Tirant la langue, elle fit volte face et marcha à reculons tout en leur brandissant un doigt d'honneur qui les fit marrer. Elle les adorait ces andouilles puis s'éloigna, se rapprochant sans se presser vers la voix qui chantait avec...intensité. Grave, chaleureuse, profonde, elle reconnut son timbre. Mel Guzman. Jetant un œil à la propriété, elle se demanda ce qu'il foutait ici. Pourquoi s'isoler alors que la fête battait son plein  C'était lui qui recevait non ?

Elle s'immobilisa à quelques mètres. Aucun éclairage ne venait illuminer la plage. Les vaguelettes rayonnaient en myriades de gouttelettes d'argent. La Lune, grandiose, léchait la nuit parsemant ses ombres ici et là. La mapuche comprit qu'il avait les yeux fermés, qu'il se baignait dans la musique aussi sûrement qu'un poisson dans l'eau.

Elle attendit. On ne brisait pas une symbiose.


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Ven 31 Mar - 0:29

Mel  E.
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J'ai fait mes études à l'académie de West Point, aux Etats-Unis. L'une des vingt recrues étrangères proposées par leur pays d'origine chaque année... Malgré des classes exemplaires : j'ai obtenu avec mention mes diplômes et ai laissé là-bas un souvenir tel qu'on m'a proposé la double nationalité, je n'ai pas souhaité poursuivre dans la carrière militaire.
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Je vis dans cette demeure isolée que je partage avec mon grand-père paternel âgé de cent cinq ans.
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A vol de condor... Sans_t20
 
Prologue - suite


Là-bas, dans le monde des vivants, il y a des hommes et des femmes qui mangent, boivent, parlent, peut-être draguent ou même baisent qui sait... Cette demeure si imposante et si peu importante est le domicile d'un membre du sénat et ses invités ne sont pas réputés pour leur abstinence... Leur naissance les a préparés à goûter à tous les plaisirs, la jouissance extrême est chez eux un mode de vie

Alors ici, dans le monde des morts, je jouis !

J'ai gardé les yeux fermés, ils permettent de mieux sombrer dans la mémoire... Je me fais la réflexion que je me joue « le jour des morts » des mexicains, un seul jour, une seule nuit plutôt, avant de redevenir la statut fermée à tous et à tout...

En sourdine j'entends les bruits des voix et des rires, j'ai le sentiment d'être cerné, derrière dans la maison, devant plus loin près de l'eau... Qu'importe, ils ne peuvent m'atteindre, ils ne sont pas là !

Je sens des souvenirs m'effleurer que j'empêche de se matérialiser, je dois rester fluide et incorporel, je dois maintenir à tout prix cette distance !

Tandis que mes doigts continuent à œuvrer moi d'ordinaire si inexpressif je me laisse aller à peindre les paroles sur mes traits... De l'un à l'autre, je creuse tout au fond de moi, j'ai des relents de présence chassée je ne sais plus pourquoi ! Ai-je été accompagné un jour ? Ai-je voulu l'être au moins ? Pourquoi mon cœur au lieu d'un plaisir retrouvé saigne-t-il comme il le fait...

Je sens sur ma peau le sable d'une autre peau... J'admire la différence de grain... Je souris extatique à un parfum, et la douceur s'immisce dans mon cerveau de robot...

«Si proche peu importe la distance
Ça ne pourrait guère être plus près du cœur
Croyons éternellement en ce que nous sommes
Et rien d'autre n'a d'importance
Je ne m'étais jamais ouvert de cette façon
La vie est nôtre, nous la vivons comme bon nous semble
Tous ces mots que je ne dis tout simplement pas
Et rien d'autre n'a d'importance
La confiance que je cherche et trouve en toi
Chaque jour est quelque chose de nouveau pour nous
Nous ouvrant l'esprit à un point de vue différent
Et rien d'autre n'a d'importance 
»


Je hoquète de douleur, mon visage se détruit, la peinture coule incapable de conserver son aspect lisse et insensible... Le temps s'est arrêté aujourd'hui, demain, si je vis, j'aurais oublié !

Je rouvre les yeux, et mes mains cessent de bouger, comme prises en faute ?

- Qu'est-ce que tu fais là ? Que veux-tu ?

Dans ma tête tout s'est enfui, senteur, douceur, promiscuité, je suis à nouveau seul, entre deux îles !

Je regarde la chanteuse comme si elle avait absorbé toutes les notes et tout à coup je baisse la tête, mes épaules sont secouées par les sanglots muets qui me déchirent ! J'ai été si près de savoir !

Derrière ce chagrin incongru, la colère se ramasse pour déferler en tsunami dévastateur ! Tu n'avais pas le droit ! Pas le droit ! Je dois me ressaisir ! Je ne suis plus Mel Guzman... Je cherche dans ma mémoire effacée des traits, un nom !


A vol de condor... Tumbl218
***

&&&&&&&&&

La musique là-bas sur la colline outrepasse ses droits. J'avais oublié cette soirée comme ce soir-là j'avais oublié la cause de ma douleur. D'un autre que mon chauffeur j'aurais reçu une interrogation curieuse, que se passe-til ? Qu'ai-je soudain ? Ce garçon là est comme moi, il sait jusqu'où il a le droit de vivre et ce que ça suppose de renoncement.

- Reste.

Il ne dit rien, il est derrière moi silencieux et comme moi écoute et regarde...


A vol de condor... Sans_t21




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Prendre son envol
et tout oublier

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Dreamcatcher
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Ven 31 Mar - 20:40
A vol de condor... 16799310
Ayelén Cardenas
J'ai 27 ans et je vis à Témuco, au Chili. Dans la vie, je suis dans plein de petits boulots et je m'en sors pas trop mal finalement car je m'éclate avec la musique et le chant. Je suis célibataire et je le vis très bien car je m'en fous royalement.

Ayelèn ça veut dire la joie. Un comble quand on connait la vie de merde que je me suis cognée avec un père alcoolo et une mère grandiose par son absence. Je ne l'ai jamais connue et c'était tabou d'en parler pour le chaw dépassé par une gosse dont il ne savait que faire. Il m'a aimée je suppose comme il a pu, à sa façon, c'est à dire très mal et carencée d'affection et de sécurité. J'ai grandi à la va comme je te pousse, aléatoire, versatile, excessive, paumée. Muter en parent de son parent c'est glauque, tordu. Mais j'avais une liberté de folie et je ne saurai jamais comment j'ai fait pour ne pas me retrouver sur le trottoir ou droguée ou assassinée ou torturée! J'aurais pu tomber dans n'importe quel trou noir et ne plus en sortir. À la place de ça, j'ai culbuté dans le grand chaudron de la musique. Ça a du me sauver.

Le jour de mes 18 ans, j'ai dit au revoir à mon père, épuisée des relents de trop d'années qui puaient les égouts. Je lui rends visite de temps en temps mais je ne fais plus le ménage ni les courses ni le reste et le deux pièces miteux dans lequel j'ai créché pendant mon enfance est devenu un taudis qui me donne des hauts le cœur.

Je bosse partout où il y a du taf sans aucun diplôme, mal payé évidemment mais je m'en fous, je mange à peu près à ma faim, je partage un studio avec une fille qui galère comme moi mais à deux, c'est plus facile. J'ai vécu une période assez longue dans la rue mais ça, je n'en parle jamais et personne des gens que je connais en ce moment ne sait. J'en ai gardé des cicatrices moches sur le corps, des terreurs que je gère pas et si on me demande, je réponds que j'me suis faite bouffée par un clébard.

Activiste à mes heures, j'ai embrassé la cause des Mapuches comme une gosse embrasse sa mère, parce que j'y crois tout simplement. J'espère dur comme fer qu'on aura -bientôt- la place qui nous revient de DROIT.

J'ai aimé une fille une fois, à la folie. J'm'étais tatouée des mots doux, des mots d'éternité sur l'épaule gauche du côté du cœur. Et puis elle a fait comme ma mère, elle s'est tirée sans me prévenir après toutes nos promesses et nos bonheurs. Alors, j'ai pris un couteau et j'me suis arrachée la peau pour tout enlever.

« ...La tribu des damnés, des éternels crève-corps, crève-cœur, porteurs de souffrances et de deuils, si mal gâtés que la moindre miette de vie était reçue comme un don inespéré. Les déshérités...avaient quelque motif de vouer un infini amour à la vie : car de l'existence ils avaient bu toute l'eau amère ; ils en avaient goûté aussi, de temps à autre, les saveurs inouïes. »

F. Cheng



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« Je te vois » s'exprima sans mot dans son esprit. Situation ubuesque s'il en était : elle n'aurait jamais du assister à ce dévoilement intime, secret qui traversait les frontières de l'apparence, explosant les armures et les carapaces. Une parenthèse volée par indavertance sur le rivage d'un bout de vie. Quelques minutes d'éternité sans fard au bord d'une plage, d'un cœur.

« Je te vois » Mel Guzman, sans ton consentement, je rapte tes émotions, tes yeux qui se plissent, ta bouche qui se tord, ton âme qui s'abandonne... « Je te vois » comme jamais je n'aurais du te voir.
« Je te vois » vivre les paroles que tu chantes. Ulysse échoué entre terre et mer, tu t'agonises à chaque souffle conté. L'incarnation te disloque et tu souris. Avec justesse.

Mains dans les poches, Ayelèn ne bougeait pas, attendait, abreuvée de l'authenticité pure qui se déversait. Et puis la douleur, celle qui démasque, qui déforme. « Sois sage ô ma douleur et tiens toi plus tranquille ! Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici, Loin d’eux.*»

- Qu'est-ce que tu fais là ? Que veux-tu ?

« Quelle conne... ! Quelle conne... ! »

Silence.

Elle se rapprocha machinalement cherchant une réponse qui ne vint pas. Devait-elle s'excuser ? Lui rentrer dans le lard pour déformer tout cela en poussière ? L'envoyer chier ? Elle avait le droit de se balader !  La brune se trouvait assez près désormais pour capter les lumières sombres qui s'échappaient de son regard. La détresse d'une victime. L'effroi d'un guet-apens. Un Mal expectoré. Une violation. Une annihilation.

Et puis il s'effondra.

Elle déglutit, vérifia par réflexe s'il n'y avait personne aux alentours. A toute vitesse, elle soupesa les options : rester ou se tirer. Cinq secondes.
Elle s'assit tout contre lui, l'effleurant, genoux repliés, enserrés entre ses bras, les yeux rivés sur la mer ondulant en face.

-Je ne fais rien, je ne veux rien.

Se pauser à la frontière d'une grande souffrance.
Se taire.
S'habiter longtemps, si peu, presque rien.


*Baudelaire

A vol de condor... 62239910

***

Ils refaisaient le monde les poumons encrassés par un peu de fumette. Les heures s'égrenaient au rythme de la musique, de silences, de déconne, de souvenirs...Et puis cette idée de merde qui la mit dans une colère muette parce qu'elle flippait comme une malade à rester seule sur ce bout de colline. Il n'avait pas pu s'en empêcher le Miguel! Le "stégo"* du groupe qui adorait toucher les étoiles...

* de stégophilie: passion pour l’escalade des toitures.
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