Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

Beloved
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Beloved
Sam 4 Juin - 12:45

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

Je souris doucement alors que ma main se tendait vers son paquet de cigarette pour en prendre une.

- Ah oui? Comment tu as deviné qu'il m'arrivait de fumer?

Je glissais le bâton de nicotine entre mes lèvres avant de lui taxer son briquet pour l'allumer. Je n'avais jamais de paquet sur moi, je ne fumais pas assez pour ça. En général je piquais des cigarettes à mes amis entre deux cours ou quand on sortait le soir. Il m'arrivait aussi d'en piquer une à ma mère quand on partait se balader tous les deux et qu'elle faisait une pause clope. Je n'étais pas aussi dépendant qu'eux. Je fumais vraiment occasionnellement. Mais là ce soir j'en avais bien besoin d'une. J'avais besoin de me détendre, de chasser de mon esprit toutes les questions qui venaient de l'envahir. Je ne voulais pas croire que ça puisse être possible, que je puisse être comme ça. Et pourtant... je ne pouvais m'empêcher de me sentir bizarre quand je le regardais.

J'étais soulagé d'entendre que je pouvais partir sans avoir besoin d'attendre les filles. Je redoutais de devoir faire le trajet de retour avec elles. J'avais beaucoup trop peur qu'elle me juge, qu'elle me fasse la gueule parce que je l'avais repoussé et que j'étais parti. Je doutais même d'être capable de sortir à nouveau en boite avec elles, pas avant un moment en tout cas. Mais même si je pouvais partir maintenant, je n'en avais pas envie. Il était là avec moi et je ne voulais pas que ces moments cessent. Je voulais rester avec lui. Le temps qu'on avait passé loin de l'autre sans pouvoir se revoir me semblait beaucoup trop loin. J'avais besoin de sa présence, autant que celle ci me troublait. Peut être était ce pour ça d'ailleurs que j'avais tant besoin de lui. Parce que le simple fait de le voir, de le sentir à mes côtés, de le voir me sourire, faisait naitre ce trouble en moi et que j'étais entrain de devenir accro à cette sensation.

Je hochais doucement la tête à sa proposition, ravi de pouvoir passer du temps avec lui tout en trouvant une alternative à celle de rentrer en boite. Ca ne me semblait plus envisageable pour le moment.

- Allons y oui.

Je lui souris doucement et le suivis pour aller à mon tour écraser ma cigarette dans le cendrier. Je marchais à ses côtés en silence, perdu dans mes pensées. L'air frais de la nuit, le bruit des vagues, cette douce ambiance de fin de soirée sur la plage me faisait du bien. Il était là avec moi, assez près pour que je sente la chaleur de son corps mais pas trop près pour que je puisse le toucher. Que se passerait il si je le faisais? Si j'osais me rapprocher un peu plus pour le frôler doucement? Non.. il fuirait. Il me regarderait avec dégout. Je ne pourrais même pas lui en vouloir, je me dégoutais un peu dans un sens.

Je me décidais à parler au bout d'un moment, vidant un peu du poids qui pesait sur mon âme depuis que je l'avais rencontré ou plutôt depuis que je m'étais avoué ce que je ressentais.

- Ca t'est déjà arrivé de... je sais pas comment le dire.

Je me mordis doucement la lèvre, réfléchissant à comment formuler la chose sans lui laisser comprendre tout ce que je ressentais pour lui.

- De ne pas te sentir normal... comme tout le monde... Tu vois c'est comme, un truc que tout le monde aimerait, comme le chocolat. Mais toi tu n'aimes pas ça. Tout le monde te dit que oui tu devrais l'aimer parce que c'est normal d'aimer ça. Tout le monde le fait bien. Mais toi tu... t'aimes pas ça. T'as beau essayer de te forcer à trouver ça bien, tu n'aimes pas quand même. Ca t'est déjà arrivé?

Je le regardais, essayant de ne pas avoir un regard suppliant. Qu'est ce que je ferais si il me disait que non ça ne lui était jamais arrivé? Je passerais vraiment pour un mec bizarre et si jusqu'à présent il n'avait pas fui, il risquait certainement de le faire là. Je n'aurais pas du parler... Mais que choisir entre parler et mourir? Vaut il mieux parler ou mourir? Ou peut être serait il plus juste de dire parler puis mourir, mourir de honte, mourir de douleur du rejet qui allait arriver... Se taire et mourir de douleur, de le voir sans pouvoir être avec lui. Parler et souffrir du rejet. J'étais perdu...


June
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dolores June
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Sam 4 Juin - 15:08

Simone Perri
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J’avais souri, j’avais esquissé un rire même, quand il avait finalement acquiescé et tendu la main pour prendre une cigarette. Là dessus je m’étais trompé, de toute évidence. Sur quoi d’autre m’étais-je trompé encore, à son sujet ? Je n’avais jamais été bon pour cerner les gens, contrairement à ma petite sœur, à qui un regard suffisait pour tout comprendre. J’enviais ce don qu’elle avait en cet instant, j’aurais aimé être capable de lire en lui. Et d’un autre côté, c’était aussi cette distance, cette retenue, qui me plaisait. J’avais admis en lui prêtant mon briquet, comme en rendant les armes : « Ce n’est pas ce que je pensais. Tu me surprends. » Je lui avais souri avec douceur. Je ne voulais pas dire qu’il me surprenait seulement là, maintenant. Je voulais dire qu’il n’arrêtait pas de me surprendre.

Nous avions fumé en silence, et il m’avait suivi quand j’avais proposé de bouger, comme à chaque fois jusqu’à présent. Nous avions marché jusqu’à la plage, côte à côte, sans rien dire. Le bruit des vagues avait enflé dans la nuit, jusqu’à recouvrir peu à peu les échos des soirées qui nous parvenaient de la ville. Je songeai que nous nous étions rencontrés à quelques pas de là. Je me souvenais très bien où, exactement. Dans mon souvenir, cette journée avait le goût de la glace à la fraise. Je voulais continuer de réfléchir à ce qu’il s’était passé ce soir, dans la boîte de nuit, mais la fraîcheur de l’air marin m’en empêcha.

Et puis, Morgan commença à parler. Il me sembla percevoir nettement la dimension personnelle, peut-être même intime, de ce qu’il me disait. Ses paroles me frappèrent, trouvant en moi un écho immédiat, me renvoyant à mon homosexualité et à l’échec de toutes mes tentatives de relation avec une fille. C’était la première chose à laquelle j’avais pensé, et cette évidence était si forte que j’avais du mal à me détacher de cette idée pour essayer de deviner à quoi il faisait référence. Quelque chose en moi respirait mieux, pourtant. Était-ce seulement l’air de la mer ?

Je me tournai vers lui, incapable de répondre dans un premier temps. Je cherchai son regard. Est-ce qu’il était en train de parler de ça ? Je n’osais pas y croire. Ce n’était pas possible. Pourtant il était là, tout proche. Je n’aurais peut-être eu qu’un geste à faire pour en avoir le cœur net. Tout mon corps était tendu vers lui, mais je luttais pour conserver ma trajectoire initiale, pour ne pas frôler sa main avec intention – comme cette fois où nous nous étions baignés dans la mer. Je le jaugeai longuement avant de parler, essayant de peser ce qu’il venait de dire et d’estimer ce que je pouvais répondre sans me dévoiler pour autant. Tout en moi n’était qu’incertitude. Je repensais à Maria. Quelque chose d’essentiel s’était joué ce soir que je mourais de savoir.

Lentement, je dis : « Oui, ça m’est déjà arrivé. » Après quelques secondes, j'ajoutai en souriant, faisant mine de plaisanter alors que je n’avais peut-être jamais été aussi sérieux : « Mais ce n’était pas pour le chocolat. » Je n’avais même pas réussi à trouver ce que j’allais prétexter s’il me demandait pour quoi ça m’était déjà arrivé. Allais-je vraiment en dire plus ? Allais-je en dire trop ? J’étais fébrile. Je n’avais jamais parlé de ça à personne. J’avais la sensation de marcher sur un fil, comme dans un rêve éveillé. « Ça m’est même souvent arrivé de ressentir ça. Tu regardes les autres et tu arrives juste à penser que tu aimerais être comme eux, mais tu ne peux pas. Tu n’arrives à sentir que ce qui vous sépare. Et le temps n’y change rien… Sauf que tu finis par t’habituer à te sentir différent, j’imagine. » Je prenais conscience de combien c’était vrai en le disant. D’une certaine façon, je m’y étais habitué, mais au prix d’une éternelle solitude.

« Pourtant c’est plutôt une bonne chose, d’être différent des autres, non ? » demandai-je soudain en cherchant son regard. J’essayais de vérifier ce qu’il avait compris de tout ça, qui n’avait probablement ni queue ni tête. Lui comme moi, nous parlions par énigmes. J’espérais naïvement qu’il acquiesce à ma question, comme si de cette façon il m’aurait dit qu’il acceptait ma différence. Qu’il acceptait ce que je ressentais pour lui.

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Sam 4 Juin - 18:52

Morgan Hall
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J'étais soulagé de l'entendre parler. Il semblait me comprendre. J'avais le sentiment depuis notre rencontre qu'il me comprenait mieux que n'importe qui, mieux même que ma mère. J'avais peur à chaque fois de paraitre étrange à ses yeux, mais il ne me jugeait jamais. Il continuait de rester avec moi, de me proposer des sorties, de me sourire avec ce sourire qui me faisait littéralement fondre.

Non seulement il ne me jugeait pas mais lui aussi il semblait vivre une situation similaire. Je ne pensais pas que c'était la même chose que moi. Je doutais que lui aussi ait cette attirance hors norme. Mais il avait un secret, un secret avec lequel il semblait réussir à vivre. Je me demandais ce que c'était mais je gardais mes questions pour moi. Ca ne me regardait pas. On ne se connaissait pas assez pour que je l'interroge sur sa vie privée. Je n'étais pas près à lui avouer mon secret alors je n'avais aucun droit de le questionner sur le sien.

Je haussais vaguement les épaules alors qu'il venait m'interroger. La question était délicate. En temps normal j'aurais répondu que oui, ce n'était pas vraiment une mauvaise chose d'être différent. Je l'avais toujours plus ou moins été. Ma passion pour l'art et le dessin plus précisément n'avait pas vraiment été quelque chose de normal. Les autres jeunes de mon âge n'étaient pas passionnés par ça. Ils étaient même à des années lumière de partager ce genre de loisirs. Mais dans ce cas là, j'avais tendance à dire que j'étais plutôt fier de ma différence.

Mais pour ça... non je ne voyais pas en quoi ça pourrait être quelque chose de positif. Je n'arriverais pas à avoir une vie normale, une femme et des enfants. Je ne m'en sentais pas la force. Plus le temps passait et plus je doutais de pouvoir me forcer à ce point. Je serais regardé de travers si je tenais à faire ma vie avec un homme. Sans même parler de la réaction de mes parents si je venais à le leur dire. Alors ce n'était pas une bonne chose... loin de là...

- Ca dépend de la situation je dirais. Alors oui je suis plutôt en décalage par rapport aux autres de mon âge par rapport au dessin ou même à l'art en général. Mais ça effectivement je pense que c'est plutôt une bonne chose. En tout cas c'est ce qui me passionne et je ne le lâcherais jamais quoi que les autres en pensent.

C'était d'ailleurs pour ça que je partais faire les Beaux Arts, que je n'envisageais pas de carrière autre que dans l'art. Mais pour... l'autre truc... c'était différent.

- Mais ce n'est pas le cas pour... toutes les différences. Il n'est pas toujours facile d'en faire une force, surtout quand ça risque de... de te mettre trop à l'écart des autres.


June
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dolores June
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Sam 4 Juin - 19:44

Simone Perri
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J’écoutais sa réponse avec attention. Nous marchions toujours, je regardais les ombres de l’éclairage public s’étirer sur la plage et mourir avant d’avoir atteint la mer. Je commençais à avoir du sable dans mes chaussures. « C’est drôle », dis-je à Morgan, qui n’avait pas vraiment réussi à approuver, « tout ce que tu dis… j’aurais presque pu dire la même chose. Je pense que je comprends. » J’ignorais à quelle différence il était en train de penser. Je n’arrivais pas à me sortir de la tête qu’il aurait très bien pu être en train de parler de la même chose que moi. Je devais sans cesse me raisonner, sans parvenir à faire taire tout à fait l’espoir qui persistait. Après tout, il aurait pu être en train de parler de sa situation familiale. Ou d’un problème de santé, peut-être. Cette idée m’inquiéta. J’espérais avant tout qu’il allait bien.

Je fis une pause pour défaire mes lacets, je pris mes chaussures pour profiter de marcher dans le sable devenu frais. Insensiblement, nous nous rapprochions de l’endroit où les vagues venaient mourir sur la plage. « Je pense qu’il est toujours possible de trouver un moyen de ne pas être à l’écart, en tout cas pas de manière trop visible », dis-je en pesant mes mots. Pourtant, en cela, pouvais-je vraiment croire que j’avais réussi ? Oui, si j’entendais par là que personne ne se doutait de rien. Et non, d’un autre côté, parce que j’étais solitaire. Je n’y pensais jamais, évitant de remuer tout ce qui avait un rapport avec cet état de résignation que j’avais mis au point. Mais si je devais être honnête avec moi-même… est-ce qu’il ne m’arrivait jamais de me sentir seul ?

Je regardai Morgan, attentif à chacun de ses traits. Si je laissais mes sentiments m’envahir, si je me laissais désirer un autre garçon, si je me mettais à penser à lui sans cesse… Et si ce garçon demeurait toujours loin de moi… Alors oui, je me sentirais seul. Ce serait insoutenable. Dans l’air flotte la torpeur de ce qu’on n’obtient jamais… Toujours cette tristesse, passagère et persistante. Mais je n’arrivais pas à renoncer à lui. « Peut-être qu’il suffit de trouver des personnes qui sont comme nous », dis-je en plantant mes yeux dans les siens, avec une légère insistance. Je ne savais tellement pas quoi faire. Une partie de moi voulait qu’il comprenne – mais je n’en disais toujours pas assez pour ça. Et l’autre partie voulait renoncer. Laquelle des deux me faisait le plus de mal ?

J’en vins à penser que j’aurais bien bu encore et encore, pour que l’alcool me fasse faire ce qu’il m’avait rendu possible une fois déjà. Mais je ne pouvais pas compter sur cette aide pour oublier toutes les barrières, ce soir. Je ne pouvais pas me permettre d’être inconscient, je ne pouvais me permettre que la sobriété. « Ça t’embête si je vais me baigner ? » demandai-je, ne sachant pas quoi faire de ma soudaine impulsivité. J’avais besoin de bouger, de secouer la peur, le doute, l’envie, le renoncement, le regret qui me collaient à la peau – et même si la mer ne les ferait pas disparaître, je n’avais rien d’autre vers quoi me tourner.

Beloved
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Dim 5 Juin - 9:17

Morgan Hall
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Nick Robinson

Trouver des personnes comme moi... oui ce serait bien mais je doutais d'en trouver tant que je resterais à Cambridge. Les gens étaient tellement coincés et conservateurs là bas. Peut être que les choses étaient différentes dans des grandes villes comme Londres. Elles le seraient certainement encore plus à Paris. Je pourrais peut être trouver d'autres garçons comme moi, aimant... les mêmes choses. Mais ça ne réglerait pas entièrement le problème. Je ne serais jamais accepté pour ce que j'étais par mes parents. Peut être ma mère y arriverait avec le temps mais je doutais que mon père l'accepte. Je n'étais pas prêt à me faire renier par ma famille pour ce que j'étais.

J'acceptais distraitement alors qu'il me demandait si il pouvait aller nager.

- Oui oui vas y. Je t'attends là. Je te pique juste une autre clope si ça ne t'ennuie pas.

Je n'étais pas d'humeur à aller m'amuser dans l'eau. J'avais encore beaucoup trop de pensées en tête. Je m'installais dans le sable pendant qu'il allait rejoindre l'eau. J'allumais la cigarette que je lui avais emprunté, le regardant alors que mes pensées dérivaient à nouveau. Il était si beau... à moitié nu courant ainsi dans la lumière de la lune et des étoiles. Je souris légèrement en entendant son cri de surprise quand sa peau entra en contact avec l'eau froide. Je savais que cet instant serait gravé aussi dans ma mémoire, la vue de son sourire alors qu'il se retournait vers moi à moitié enfoncé dans l'eau.

Je faisais une obsession sur lui, je le reconnaissais. Ca faisait un moment que j'en avais conscience. Il ne cessait d'envahir mes pensées. J'étais troublé à chaque fois que je pensais à lui, que j'étais près de lui... Et je commençais à me dire que si j'étais troublé, c'était parce qu'il me plaisait. Il me faisait vibrer comme jamais personne ne l'avait fait. Si ça avait été lui sur la piste quand le slow avait commencé, j'aurais adoré me blottir contre lui, me laisser guider par ses pas, sentir son odeur m'envahir, la chaleur de son corps tout contre le mien... Et si je pouvais je le rejoindrais là maintenant. J'irais me coller contre son corps. Je passerais mes bras autour de sa taille pour le serrer davantage contre moi. Rien de plus... Je ne demanderais rien de plus que de pouvoir profiter de ses bras.

Je soupirais, détournant le regard de cette vue. Je rêvais. Je n'aurais jamais le courage d'aller le rejoindre dans l'eau, encore moins de le toucher. Il restait inatteignable. Il serait juste le mec sur qui j'avais fantasmé un été, le premier mec à me faire cet effet et à me faire réalisé que j'étais attiré par les hommes.

Je restais à l'attendre dans le sable, m'amusant à dessiner des arabesques du bout des doigts. Je finis par relever le regard et par lui sourire en le voyant revenir.

- Alors? Pas trop froide?

J'effaçais mes dessins d'un geste de la main avant de me redresser.

- Si ça ne t'ennuie pas, j'aimerais bien que tu me raccompagnes.

La soirée avait été assez compliquée comme ça. Même si je me sentais incapable de fermer l'oeil pour le moment, j'avais besoin de rentrer, de me retrouver un peu seul dans ma bulle.

June
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dolores June
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Mar 7 Juin - 9:14

Simone Perri
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« Oui bien sûr, je t’en prie », dis-je en sortant mon paquet de cigarettes pour qu’il puisse se servir. Je déposai mes chaussures sur la plage et je retirai mon jean et ma chemise, que j’abandonnai à côté de Morgan. Je me retournai vers la mer et la rejoignis en courant, pour sentir le fond de l’air sur ma peau nue. Je ralentis au contact des vagues qui venaient me lécher les pieds, mais je continuai de marcher d’un pas déterminé, sachant qu’il fallait y aller sans réfléchir. Un frisson me parcourut lorsque l’eau grimpa le long de mes jambes jusqu’à mon ventre, ma peau se rétracta et je ne pus retenir un cri qui se transforma en rire, faisant voler en éclats l’ambivalence de mes sentiments, balayant la vie comme si seule l’insouciance comptait. Je me retournai vers Morgan en souriant. Il était toujours là, assis sur la plage, à fumer sa cigarette. Il était toujours là, près de moi, et c’était tout ce qui importait vraiment.

Je me tournai vers le large et me jetai dans l’eau calme et noire. Je nageai assez longtemps, avec vigueur. Le mouvement me faisait le plus grand bien. La mer était finalement apte à me laver de mon fardeau de doutes. J’allai vers l’horizon pour prendre du recul. J’y découvris que j’aimais l’instant que j’étais en train de connaître. L’été était fait pour se jeter à l’eau et, qu’au bout du compte, rien ne soit vraiment grave. Je fis face aux étoiles, me laissant dériver en pensant à lui. Quand je revins sur la plage, le corps ruisselant et aussitôt saisi par le froid, je le regardai, assis devant les lumières de la ville devenues lointaines, à dessiner dans le sable. L’esprit clair, vivifié, je ne pouvais m’empêcher de sourire. « Un peu, mais ça fait du bien », répondis-je à sa question. « C’est plutôt maintenant que je vais me geler », dis-je en riant, enfilant aussitôt mon jean pour me réchauffer. Morgan se leva, et me demanda de rentrer. « Avec plaisir. » Je plongeai mes yeux dans les siens et lui souris.

Alors, nous étions rentrés ensemble. Le paysage s’était dévoilé dans la lumière des phares, la route nous avait bercés, la radio italienne poursuivait en fond ses programmes musicaux. Je n’arrêtais pas de penser à la première fois que nous étions rentrés ensemble. Cette fois-là marquerait mon souvenir aussi, je le savais. J’espérais qu’il y aurait d’autres fois. J’avais tellement envie qu’il y ait d’autres fois, pensais-je en le regardant, de temps en temps, dans l’ombre de la voiture, son profil souligné seulement par la clarté de la nuit. Je sentais de plus en plus fort ces impulsions qui m’élançaient vers lui et retombaient de ne pas savoir où ni comment s’accrocher. Ma volonté d’y résister s’érodait un peu plus à chaque instant. Je ne pensais pas pouvoir y résister très longtemps.

Je m’arrêtai devant la villa, sans couper le moteur. Comme la première fois, je voulais dire quelque chose et n’y parvenais pas. « Ecco, sei arrivato. J’ai beaucoup aimé cette soirée avec toi. J’espère te revoir bientôt », finis-je par réussir à articuler, le cœur battant. S’il savait à quel point je l’espérais… « Bonne nuit, Morgan. » Mon regard glissa brièvement sur ses lèvres. La portière claqua. Je fis un dernier signe par la fenêtre et redémarrai, avec cette sensation étrange de déjà-vu. Après être rentré, je montai dans ma chambre et m’installai à la fenêtre pour fumer une dernière cigarette. Je crois qu’inconsciemment, j’attendais qu’une lumière s’allume dans la maison d’en face, mais il ne se passa rien. Je pris une douche avant de me glisser entre les draps, et je mis un certain temps à m’endormir. M’en empêchait ma hâte de savoir si j’accomplirais en rêve ce dont je rêvais dans cette réalité.

*

Le lendemain, je repris mes travaux de thèse, la tête pleine de la soirée passée. Dans l’après-midi, Maria vint récupérer son vélo. J’étais au jardin lorsqu’un garçon la déposa en voiture devant la maison. Elle vint discuter brièvement avec moi. Au moment où elle allait repartir, je ne pus m’empêcher de l’interpeller : « C’était cool hier soir, avec Morgan ? Vous avez beaucoup dansé. » Elle haussa les épaules, incertaine, et poussa un bref soupir. « Ouais, je croyais que c’était cool. Mais vous les mecs, vous êtes vraiment bizarres parfois », me dit-elle avant de me saluer. Je la regardai s’éloigner sur son vélo, songeur. Je repensais à la conversation de la plage, dont le souvenir persistait. Elle m’avait remué, bien que ses enjeux profonds continuaient de m’échapper. Je m’y étais découvert bien plus prêt que je ne l’aurais cru à accepter mon attirance pour les hommes. Et puis il y avait cette histoire avec Maria… Maria que Morgan avait repoussée, j’en étais maintenant presque sûr, malgré la réponse énigmatique de celle-ci. Je retournai m’asseoir à ma table de travail, sous la tonnelle, et je tentai de me reconcentrer, mais… la tâche n’était pas aisée, avec toutes ces choses qui tournaient dans ma tête.

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Mar 7 Juin - 14:56

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Nous étions rentrés... Le voyage de retour s'était fait dans le silence. Je profitais de la musique, de l'air frais qui s'engouffrait dans la voiture par ma fenêtre ouverte, des étoiles et de la lune qui parvenaient à peine à illuminer la route. Je restais plongé dans mes pensées et je le remerciais de ne pas venir les interrompre en parlant pour combler le silence. J'étais perdu, noyé au milieu de tout ce que je ressentais. Mais je me sentais quand même bien là, en sa compagnie.

Nous arrivâmes bien trop vite devant ma villa. Je descendis, le coeur un peu lourd après tout ce qui venait de se passer. La soirée avait été riche en émotions, un peu trop à mon goût. J'allais le laisser et je n'étais pas certain de vouloir le laisser. Je lui souris doucement alors que je descendais de la voiture. Je le détestais de me faire craquer ainsi chaque fois qu'il parlait italien.

- J'espère aussi... Bonne nuit Simon.

Je lui souris une dernière fois avant de fermer la portière et de retourner dans ma villa. Mes parents étaient déjà couchés. Dans la même chambre ou chacun dans la leur ça je n'en savais rien et pour le moment ça m'était égal. Mon esprit tout entier était tourné vers lui. Je m'étais rendu dans ma chambre sans allumer la lumière. J'aimais trop cette lumière tamisée, cette ambiance de fin de nuit avec la lune pour seul éclairage. Je m'étais installé sur le rebord de ma fenêtre comme à mon habitude. De là je pouvais voir sa maison. Je ne savais pas où était la fenêtre de sa chambre. Est ce que lui aussi pouvait me voir? Regardait il vers moi en ce moment même? Non j'en doutais. Il avait certainement du partir se couchant comme un bien heureux. Il ne devait avoir le même bordel dans la tête que moi.

Je passais une bonne partie de la soirée à dessiner. Je dessinais la plage avec la lune illuminant l'eau tandis qu'une silhouette se découpait dans l'horizon. Puis j'en avais fait d'autres, des dessins de lui, de son visage, de son sourire qui illuminait ses traits à chaque fois. J'avais fini par aller me coucher alors que le soleil commençait à apparaitre à l'horizon.

Il était plus de midi quand je m'étais levé. L'après midi était bien entamé. J'avais retrouvé mes parents sur la terrasse, prenant avec moi un sandwich que je m'étais rapidement préparé avec les restes que j'avais trouvé dans le frigo. Pour une fois ils étaient ensemble, mon père concentré sur son journal et ma mère plongée dans un livre. Je l'avais rapidement embrassée sur la joue avant d'aller m'installer à table avec elle.

"Tu as passé une bonne soirée honey? "

- Oh ça je n'en doute pas vu l'heure à laquelle il se lève.

J'ignorais le regard que mon père posa sur moi à sa remarque. Je devinais très bien le sous entendu qui se cachait là dessous et je n'avais pas envie d'y répondre. Mais je voyais le sourire de ma mère, les questions qu'elle n'osait pas poser. A elle je ne pouvait pas me permettre de ne pas répondre.

- Ca a été oui. On s'est bien amusé.

- Et... il y a une fille dans l'histoire non?

"Charles!!"

- C'est de son âge non? Il a dix huit ans. Il est temps qu'il se décide à fréquenter des filles non? Allez dis moi tout. Elle s'appelle comment? Elle était canon j'en suis sur non?

Nouveau cri outré de ma mère alors que je tentais de me faire le plus petit possible. Elle devait être belle oui et non je ne savais pas son prénom. Mais ce n'était pas elle qui m'avait retourné le coeur ni empêché de dormir une bonne partie de la nuit. C'était lui... Simon... et il était beau à s'en damner.

Je me levais alors qu'ils recommençaient à se disputer. Je n'avais pas envie de m'en mêler, même si je semblais être le centre de leur discussion. Je n'avais aucune envie d'avoir à affronter mon père, de lui dire que non il n'y avait pas de fille dans l'histoire.

Je quittais la terrasse, me sentant mal. J'attrapais mon sac pour y fourrer mon carnet de croquis et mon walkman. Je ne savais pas encore où j'allais partir mais je n'allais pas rester là. J'avais à peine fait quelques pas en dehors de la maison, j'entendais encore les cris qui provenaient du jardin. La dispute semblait avoir évolué, s'éloignant de moi pour aller sur des sujets plus généraux. J'hésitais un instant, ne sachant pas dans quelle direction aller. Je n'avais même pas pris mon vélo. J'aurais pu partir à pied mais je ne connaissais pas assez le coin et je ne savais pas où j'aurais pu me rendre pour me poser un peu. Je tournais une nouvelle fois la tête, perdu, quand je la vis... sa maison. Il m'avait déjà invité à passer. Peut être qu'il serait là. Je m'agitais un peu sur place, indécis. Est ce que je pouvais vraiment me permettre de le déranger? Il avait sa thèse à préparer et...

"TU NE CONNAIS MEME PAS TON PROPRE FILS!!! T'ES UN ETRANGER DANS CETTE MAISON."

- LA FAUTE A QUI HEIN? QUI PASSE SON TEMPS A LE COUVER SANS LE LAISSER RESPIRER???

Je soupirais avant d'aller rejoindre sa villa. Je frappais doucement à la porte, espérant trouver quelqu'un. Je n'avais même pas pris le temps de vérifier que la voiture se trouvait bien là. Je tombais sur sa grand mère qui me sourit en me voyant. Il me fallut plusieurs minutes pour réussir à lui faire comprendre que j'étais venu voir Simon. Et quelques minutes encore pour qu'elle m'amène le voir. Je frappais timidement à la porte de la bibliothèque avant d'y entrer poussé par la grand mère.

- Euh... salut... tu m'avais dit que je pouvais passer... alors... me voilà...

Je lui souris timidement, gêné de me trouver là comme ça devant lui.




June
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dolores June
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Mar 7 Juin - 15:42

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec résignation.
xavier serrano (c) cosmic light
J’avais fini par rentrer dans la bibliothèque, pour faire quelques recherches supplémentaires. Puis je m’étais mis à dessiner, presque sans m’en rendre compte, à mesure que je me perdais dans mes pensées. Je traçais la silhouette des grands pins d’Olmatello, n’osant pas réitérer mes essais de paysages et me concentrant sur quelque chose que je maîtrisais, mais qui me rappelait Morgan. Je ne me rendis pas compte que de lointains échos de disputes entraient par la fenêtre ouverte.

Je sursautai quand on frappa à la porte. Je me retournai, ma grand-mère annonça dans son italien vif et chaleureux que j’avais de la visite. Je sursautai presque une seconde fois quand je compris enfin qui se tenait là dans l’encadrement de la porte. Mon corps se déplia comme un ressort, au point que je manquai de renverser la chaise sur laquelle j’avais été assis. C’était lui. « Grazie nonna, puoi lasciarci », la remerciai-je, sans parvenir à détacher mon regard de cette apparition inespérée. La porte se referma. J’avais eu beau me lever à la seconde où je l’avais reconnu, je ne savais plus maintenant si je devais aller vers lui ou rester là où j’étais.

« Morgan », dis-je enfin. « Tu as bien fait de venir. Je… Je suis heureux de te voir », bafouillai-je le temps de reprendre mes esprits. Puis, semblant retrouver l’usage de mes membres et mon sens de l’hospitalité, je délaissai définitivement le bureau pour me diriger vers le divan et les fauteuils disposés dans un angle de la pièce. Je les désignai d’un geste, pour l’inviter à s’installer s’il le souhaitait. « Entre, je t’en prie ! Je vois que tu as rencontré ma grand-mère. Est-ce que je peux te proposer quelque chose à boire ? Tu es bien rentré hier soir ? » demandai-je, puis je réalisai que non seulement il n’y avait aucun lien entre tout cela, mais qu’en plus cette dernière question était stupide puisque c’était moi-même qui l’avais raccompagné. Je me repris, essayant de calmer l’enthousiasme fébrile né de la surprise qu’il m’avait faite : « Je veux dire, comment ça va ? »

Beloved
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allo
Beloved
Mar 7 Juin - 18:37

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Je lui souris timidement alors qu'il m'accueillait chaleureusement. Je m'installais un peu gêné dans le fauteuil qu'il me montrait. Je me demandais encore ce que je faisais là, pourquoi je m'étais dirigé vers sa maison au lieu de rester dans mon coin, d'aller me balader. Il m'avait dit que je pouvais venir chez lui quand je voulais mais je ressentais quand même une certaine gêne à débarquer comme ça chez lui. Je n'avais pas de plan, aucune idée de ce que je faisais en arrivant chez lui. J'avais juste suivi mon impulsion du moment.

- Non merci rien à boire ça va aller et...

Je lui souris doucement, touché par ses questions.

- Et oui je suis bien rentré.

En même temps il m'avait déposé devant chez moi, je ne risquais pas grand chose en traversant juste la rue. Le retour s'était bien passé mais c'était plutôt le réveil qui était désastreux.

- Je vais bien oui. Je...

Je grimaçais en entendant les cris de mes parents reprendre de plus belle. D'ici on ne parvenait pas à comprendre exactement ce qu'ils disaient mais au ton de leur voix on pouvait clairement deviner qu'ils étaient entrain de s'engueuler. Je soupirais, détournant le regard gêné.

- Je suis désolé.... pour ça.

Je lui montrais d'un geste la fenêtre et plus particulièrement ma maison d'où on entendait toujours les cris s'élevaient. Qu'est ce que je pouvais lui dire maintenant? Mes parents sont encore entrain de s'engueuler, à cause de moi cette fois, et j'ai préféré fuir ici plutôt que de rester à les affronter. J'allais rentrer tard ce soir pour ne pas avoir à les voir et je prierais pour que demain à mon réveil ils aient choisi au mieux de s'ignorer tous les deux. Non... je n'avais pas envie de lui ramener mes problèmes. J'avais fui c'était vrai, mais c'était aussi sa compagnie que je cherchais. Je ne faisais que penser à ça depuis la veille, au moment où je pourrais le revoir. Vu que j'avais la tête toute entière prise par l'idée de le revoir, ce n'était pas vraiment étonnant que mes pas m'aient conduit machinalement ici.

- Est ce que... on pourrait aller se balader un peu? Je suis certain que tu connais d'autres endroits magnifiques.

Je lui souris un peu plus chaleureusement. J'étais persuadé qu'il connaissait d'autres endroits magnifiques. Le genre d'endroit que j'aurais encore à l'esprit pendant des jours et que je ne pourrais m'empêcher de dessiner pendant des nuits entières. Des endroits qui me feraient sans cesse penser à lui.


June
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dolores June
June
Jeu 9 Juin - 21:05

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec résignation.
xavier serrano (c) cosmic light
Mon regard suivit le geste qu’il faisait en direction de la fenêtre. Je fis enfin le lien entre les éclats de voix qui traversaient la quiétude de l’après-midi, ce qu’il venait de me dire et peut-être même sa présence ici. « Oh, ne t’inquiète pas. C’est moi qui suis désolé », dis-je, car il était évident que cette situation pesait bien plus sur lui que sur moi. Qu’il me demande si nous pouvions aller nous balader ne m’étonna plus, dès lors. Je me rendis compte qu’il était sans doute venu ici pour fuir les disputes de ses parents, et qu’il n’avait bien sûr aucune envie de continuer de les entendre. J’aimais l’idée que ma maison ait représenté une issue pour lui, à défaut d’un refuge. Bien que je pusse par ailleurs douter que me voir eut été son premier désir.

Je me levai aussi vite que je m’étais assis. Sa proposition – sa demande, devrais-je dire – tombait à pic. Depuis son apparition dans mon quotidien bien rangé, je ne tenais pas en place. C’était vrai pour ce jour en particulier, mais c’était vrai en général, pour la tournure qu’avait pris mon été. J’avais toujours cette sensation de perte de repères, je ne parvenais plus à maintenir ma routine. Ses rouages enrayés me laissaient dessiner sur un coin de table où j’aurais dû travailler, fumer tard le soir à la fenêtre, nourrir constamment des pensées qui n’avaient plus rien à voir avec les arbres fruitiers. « Oui, bien sûr, excuse-moi, j’aurais dû te le proposer », dis-je sans savoir pourquoi je ressentais le besoin de m’excuser. « On pourrait aller… », continuai-je en réfléchissant, car il y avait tant de possibilités. Je voulais lui faire découvrir tant d’endroits que j’aimais. L’y emmener et qu’il y laisse la trace de son passage, pour que je puisse l’y retrouver quand je serais seul… à défaut de pouvoir être avec lui. « Ah, je sais. Ce n’est pas très loin, on peut y aller à pied. »

Je me dirigeai vers la porte de la bibliothèque en l’invitant à me suivre. En passant devant le salon, j’informai ma nonna que nous sortions et je précisai, pour une raison mystérieuse, qu’il ne fallait pas m’attendre – comme si je ne prévoyais pas de rentrer pour le dîner, ou comme si je voulais être délivré de toute obligation. Entièrement disponible pour Morgan.

Je l’emmenai par d’autres chemins, derrière la maison. Nous longions des champs baignés de soleil. Je prenais des passages inattendus à travers les vignes, marchant sur la terre entre les feuillages grimpants des ceps, passant entre les grappes qui s’alourdissaient. Je goûtai au passage le raisin qui attendait encore de mûrir, doux et acide. Nous finîmes par rejoindre le couvert d’un bosquet, au cœur duquel s’étendait un lac calme et frais. Depuis ses rives, les arbres masquaient la campagne alentour, aucune habitation n’était visible. Seul le silence se posait sur l’eau, immobile. Nous aurions pu être seuls au monde. « J’aime bien venir ici. Pour me baigner, mais le lac n’est pas très profond. Ou sinon je m’installe là pour lire, il n’y a jamais personne. Je n’étais pas encore venu, cette année », dis-je, et je sentais que je voulais dire autre chose. Je m’enhardis à ajouter, avec une certaine détermination : « On dirait que je t’attendais, pour revoir tous ces lieux que j’aime. » Je le regardai, mes yeux dans les siens, osant soutenir ce contact un peu plus longtemps.

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