Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

Beloved
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Beloved
Lun 25 Juil - 18:18

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

Je lui souris, timidement, un brin mal à l'aise, quand il parla. Oui tout était différent maintenant, plus rien n'avait le même sens qu'auparavant. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais dans la vie mais je pensais être sûr de certaines choses. J'étais loin de m'imaginer avoir un jour des sentiments pour un homme, de ressentir ce que je ressentais pour lui avec une telle intensité. J'avais toujours cru que si je devais un jour ressentir quelque chose ce serait pour une femme, dans la version normale de la vie. Mais plus rien n'était et ne serait jamais pareil. Je ne pourrais pas être une femme. Et je doutais de pouvoir vivre sans ça, sans l'ivresse que me procurait ses baisers.

Je le laissais se décoller de moi à contre coeur. Je laissais ma main dans la sienne, me contentant de se léger contact pour faire disparaitre la frustration de ne plus l'embrasser. C'était fou comme je devenais vite accro. Il y avait peu, j'étais heureux de simplement lui tenir la main. Mais maintenant il me fallait déjà plus, beaucoup plus. J'aurais aimé pouvoir rester blotti dans ses bras à l'embrasser encore et encore, comme si le monde autour de nous n'existait plus.

Je le suivis dans la montée, ne pouvant m'empêcher de le regarder à chacun de ses mouvements. Je ne pouvais me retenir. J'étais beaucoup trop fou de lui pour pouvoir m'en passer. Je m'installais à ses côtés une fois arrivé au sommet, lâchant un léger waah admiratif en découvrant la vue. Il avait vraiment le don pour m'amener dans les endroits les plus beaux de sa région. C'était une autre façon de visiter qu'avec ma mère. Elle se concentrait sur les monuments historiques, les oeuvres d'arts. Lui, il me faisait découvrir la beauté brut de son pays. Celle qui était née de la nature, du passage du temps sur ses paysages, pas celle née des mains d'artistes. Et il y avait quelque chose de poétique dans ces décors.

Je lâchais un petit rire mal à l'aise alors qu'il venait me taquiner sur ce que j'avais pu croire dans le passé. Je me sentais tout à coup ridicule. Si j'avais su plus tôt... que de temps nous avions perdu tous les deux à croire l'autre inaccessible.

- Ce n'est que justice, que j'ai envahi tes pensées. Tu as fait de même avec les miennes. Je n'étais plus capable de faire autre chose.

Que de le dessiner encore et encore. Je préférais cependant garder ça pour moi. Je n'étais pas encore prêt à lui avouer tous mes secrets honteux. J'avais déjà reconnu qu'il hantait mes pensées, c'était beaucoup.

- C'était évident pour moi qu'il y avait quelqu'un d'autre. J'étais déjà à cent lieux d'imaginer que tu étais... enfin... attiré par les hommes.

Ce n'était pas quelque chose de courant. Il était le premier que je rencontrais à avoir une attirance de ce genre. Alors me dire qu'il pourrait avoir les même penchants que moi... c'était inimaginable.

- Et crois le ou non mais personne n'a jamais tenté de me draguer, à part ta copine en boite qui a voulu m'embrasser. Je ne pensais pas être assez attirant pour te séduire.

Je haussais distraitement les épaules. C'était inespéré ce qui était entrain de m'arriver. Le mec sur qui je fantasmais depuis des semaines partageait mes sentiments. Je pouvais enfin être avec lui. Je vivais un rêve, dont je n'avais aucune envie de me réveiller.

Je bougeais un peu ma main, venant effleurer doucement son bras. J'avais besoin de le sentir proche de moi, de pouvoir ne serait ce que le toucher un tout petit peu.

- Et toi alors? Tu pensais vraiment que j'avais quelqu'un à Cambridge?


June
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dolores June
June
Mer 27 Juil - 21:14

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.
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Je souris quand il me dit qu’il avait pensé à moi, lui aussi. Si seulement j’avais pu le soupçonner, ces soirs où je rentrais tard et où, en claquant la portière de la petite Fiat 850, je levais le regard vers les fenêtres éclairées de la maison voisine ; où j’étais demeuré étendu sur mon lit pendant qu’un disque tournait dans l’angle de la chambre, à ressasser des pensées tristes. Nous aurions pu gagner du temps, peut-être. Si nous avions été un homme et une femme, je n’avais aucun doute sur le fait que tout se serait passé beaucoup plus vite, beaucoup plus simplement. Et pourtant, une part de moi se disait que même si nous avions mis plusieurs semaines à nous trouver, tout cela aurait pu aussi bien ne jamais se produire. Je ne voulais pas penser au temps perdu, je voulais profiter de chaque seconde passée avec Morgan. J’avais tellement hâte de savoir où tout cela nous mènerait.

Mon sourire se fit un brin plus amer quand il me dit qu’il n’avait pas imaginé que je puisse être… gay ? Était-ce le mot qu’il avait failli employer ? Je ne m’étais jamais pensé en ces termes, je ne m’étais jamais approprié cette identité. Et pourtant, maintenant que ce mot m’était évoqué, pouvais-je en choisir un autre qui me conviendrait mieux ? En tout cas, je comprenais parfaitement ce que disait Morgan. Ce n’était pas courant, pour un homme, d’être attiré par les hommes, ou alors c’était caché. Tout se passait souvent de façon souterraine ; j’étais bien placé pour le savoir.

« Tu sais, avant de te rencontrer, je faisais tout pour l’oublier moi-même… Mais quand même, après t’avoir avoué ça, j’étais persuadé que tu comprendrais très vite ce que je ressentais. Je ne m’en cachais pas spécialement, j’en étais bien incapable… » répondis-je, avant qu’il me dise que personne n’avait jamais essayé de le draguer à part Maria. Finalement, ce n’était pas étonnant qu’il n’ait pas deviné avant que je me montre parfaitement explicite. Mais on croit toujours que la chose qui nous rendra le plus vulnérable est la plus évidente pour les autres…

Je secouai la tête avec un sourire de dénégation amusée, à l’entendre me dire qu’il ne pensait pas être assez attirant. Ah, s’il savait… Il fit un bref mouvement de la main, et un léger frisson me parcourut comme une onde depuis l’endroit où nos peaux étaient entrées en contact. Je baissai le regard, brièvement, pour vérifier que je ne rêvais toujours pas. Je trouvais ça beau, sa main et l’avant de mon bras qui se touchaient, comme par inadvertance, comme si ni lui ni moi ne l'avions remarqué, alors que tout mon être se tendait instantanément vers ce point précis.

Puis il me demanda si j’avais vraiment cru que lui avait eu quelqu’un d’autre en tête. « Crois-le ou non, mais avant cette histoire de la fille de Cambridge, j’avais la bizarre intuition que ça pouvait marcher avec toi. Que j’avais mes chances. Et quand tu m’as dit ça… Enfin, je suis naïf, et tu étais assez convaincant, tu sais. » J’eus un léger rire en admettant qu’il m’avait bien eu, quoique cela ne me rappelait pas de très bons souvenirs.

« Et puis le soir où on est allés en boîte et où je t’ai vu danser avec Maria, je me suis vraiment dit qu’elle te plaisait. Il fallait voir comment vous dansiez ensemble, tous les deux ! » m’exclamai-je avec un geste comme pour retracer la scène, en me redressant légèrement. « D’ailleurs c'est pour ça que je suis resté comme un con seul au bar. » Je m’esclaffai franchement cette fois. J’étais finalement moins embarrassé qu’heureux de mesurer l’écart entre la situation désespérée d’alors, et celle qui était la mienne aujourd’hui. Les choses avaient définitivement tourné en ma faveur.

Beloved
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Jeu 28 Juil - 11:37

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Il fallait croire que j'étais particulièrement naïf, ou plutôt aveugle aux tentatives de drague des autres. Je n'étais clairement pas assez habitué à tout ça. Il avait peut être tenté de venir vers moi après m'avoir avoué son attirance, mais je n'avais rien vu. J'avais été certain qu'il y avait un autre homme, que c'était de lui qu'il me parlait, vers lui qu'il était attiré. J'avais été stupide. Je me sentais ridicule en repensant à ça. Nous aurions pu être ensemble plus tôt si j'avais compris les allusions qu'il m'avait fait. Mais ça ne servait à rien de regretter... ce qui était fait, était fait. On ne pouvait revenir en arrière. Et il n'était pas trop tard pour qu'on soit ensemble. Ca n'avait été qu'un contre temps. Je ne l'avais pas perdu à trop attendre.

J'éclatais de rire quand il me parla de la fameuse Maria et moi entrain de danser. Il s'était fait des idées en nous voyant ensemble. Des idées qui étaient vraiment à mille lieux de la réalité.

- C'est juste que j'aime danser. Avec elle ou une autre ça aurait été pareil. Et elle m'a carrément fait flipper quand la musique est devenue plus... intime et qu'elle s'est approché de moi, attendant que je l'embrasse.

Je secouais doucement la tête en repensant à ce moment. Ce qui aurait pu être un moment romantique pour elle, le moment qu'elle attendait tellement, le sommet d'une soirée de danse avec le mec qui lui plaisait, avait juste été le moment qui gâchait tout pour moi. J'aurais largement préféré que nous restions sur un rythme plus dynamique, à danser en m'amusant toute la soirée. Puis on se serait quitté en toute amitié sans qu'il ne se soit rien passé. Ca aurait été ma soirée idéale, mais pas la sienne.

- En fait... j'aurais préféré danser avec toi...

Le scénario aurait été bien différent si ça avait été lui à la place de Maria. C'est moi qui me serais rapproché de lui quand la musique se serait fait plus langoureuse. J'aurais passé mes bras autour de lui, venant me blottir contre son corps. Je me serais allé sur le rythme, profitant de la chaleur de ses bras autour de moi. Et j'aurais attendu, espéré, que vienne le moment où nous nous serions embrassé. Mais jamais je ne pourrais vivre une telle chose en boite de nuit avec lui.

Je finis par combler l'écart entre nous pour prendre sa main, souriant légèrement.

- Dis moi... je me demandais...

Je rougissais un peu, le regard baissé sur nos deux mains enlacées. La question me brûlait les lèvres depuis un moment, depuis que j'avais su qu'il avait cette attirance. Un peu de curiosité malsaine certainement. Je pourrais très bien vivre sans avoir la réponse. Je me doutais même de celle ci. Mais nous parlions à coeur ouvert tous les deux. Et ma curiosité était plus forte que tout.

- Tu... tu as connu beaucoup d'hommes?

Et peut être que dans un sens ça me rassurait que ce soit vraiment le cas. Parce que j'étais perdu, complètement inexpérimenté là dedans. Alors peut être que si lui savait, si il savait ce qu'on faisait, ce serait plus facile...


June
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Sam 30 Juil - 15:37

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J’étais content de l’avoir fait rire franchement. Je l’écoutais tout en parcourant le paysage du regard, toujours penché sur le parapet de pierre. Je ne pouvais pas m’arrêter de sourire, tout en l’écoutant me raconter de son point de vue ce moment de notre soirée en boîte. L’idée me vint que ce n’était pas que personne n’avait jamais essayé de le draguer, contrairement à ce qu’il pensait, mais plutôt que lui ne l’avait jamais remarqué avant que Maria se montre très explicite. En cela, peut-être, je percevais notre différence d’âge et elle m’intimidait. Non pas qu’elle représentât pour moi un frein à ce qui était en train de se passer et que je n’avais aucune envie d’interrompre, mais elle me faisait sentir une forme de responsabilité vis-à-vis de Morgan. Si je devais être sa première relation, et si celle-ci devait être gay – ce qui était si éloigné de la normalité, si répréhensible aux yeux du monde –, alors je voulais au moins qu’elle se construise dans la douceur. Pour compenser de ne pouvoir lui offrir qu’une situation marginale, inconfortable à bien des égards, je voulais qu’il puisse se sentir libre, se reposer sur une base ferme qui, je l’espérais, lui donnerait de la confiance.

« C’est pour ça que je t’ai vu partir alors, je comprends maintenant », répondis-je en me tournant vers Morgan. « Bon, j’avais deviné que ça n’avait pas marché avec Maria, c’est ce qu’elle m’a laissé entendre le lendemain quand elle est venue chercher son vélo. Mais tu vas rire, après coup je me suis dit que tu avais résisté à ses charmes à cause de la fille de Cambridge ! » J’eus moi-même un nouveau rire tant ça me paraissait absurde maintenant, et c’était un rire de joie pure et de soulagement, un rire libérateur. Tout ça, tout ce que j’avais pensé, tous ces scénarios déprimants n’avaient aucune réalité. La réalité, c’était qu’il aurait préféré dansé avec moi, et moi avec lui, et qu’il n'en avait jamais été autrement. La réalité, c’était sa main qui venait prendre la mienne – la mienne et aucune autre. Et cette réalité était si merveilleuse, si inespérée que j’aurais voulu rire encore, rire au nez de la vie qui m’avait refusé si longtemps ce que j’avais maintenant et que, à cet instant, rien ne semblait pouvoir me retirer.

Je sentis nettement le ton changer quand Morgan vint m’interroger avec beaucoup d’hésitation, comme s’il craignait de me froisser. Je cherchai son regard mais ne le trouvait pas : il demeura baissé sur nos mains enlacées. Sa question ne me dérangeait pas. J’aurais pu, peut-être, avoir peur de son jugement, être tenté de lui cacher certaines choses. Mais il n’en était rien. Je me sentais bien avec lui. J’avais la sensation d’avoir déjà tout avoué, qu’il me connaissait mieux que personne désormais. Et surtout, je voulais parler avec transparence, sans honte. Ça me semblait d’autant plus important, vu notre situation… inhabituelle.

Par réflexe, je serrai un peu plus sa main dans la mienne. « Pas vraiment », finis-je par répondre après un bref silence, pendant lequel j’avais réfléchi à la façon dont j’avais envie de lui raconter mon histoire. « J’ai compris mon… attirance il y a quelques années, après mon entrée à l’université, à une soirée chez des amis de ma sœur. En fait ma sœur a toujours fréquenté des milieux beaucoup plus… ouverts que moi », précisai-je pour planter le décor. « Elle m’avait déjà emmené à des soirées où j’avais cru percevoir des choses un peu différentes, dans des interactions avec d’autres garçons, mais ça m’avait mis mal à l’aise. Peut-être parce qu’au fond, je savais déjà, à ce moment-là… mais je m’étais toujours trouvé des raisons de ne pas m’en inquiéter, on va dire. Bref, tard dans la nuit ce soir-là, je me suis retrouvé complètement bourré dans une chambre avec un mec. On a commencé à s’embrasser, et très vite à aller plus loin. C’était la première fois. » Je fis une pause, me tournant légèrement vers Morgan pour poursuivre. « Et en fait ça a été la seule fois avec quelqu’un que je connaissais. Ça m’a ouvert les yeux sur mon… homosexualité », dis-je, butant légèrement sur le mot, que je n’avais peut-être même jamais dit à voix haute. « Mais c’était impossible pour moi de la vivre au grand jour. J’étais paniqué, et décidé à ce que personne ne sache… Alors les rares fois où j’ai connu d’autres hommes, c’était dans des contextes pas super sains. » J’étais arrivé au passage le plus délicat de mon récit. Je ne pus m’empêcher de marquer une brève pause, comme pour prendre mon souffle, mais je n’avais aucune envie de faire durer le suspens. « Je suis allé quelques fois dans des bars gays, juste pour le sexe. C’est vraiment pas une expérience sympa. Mais c’est la seule façon que j’avais trouvée pour vivre avec ça, en tout cas au début. Ça fait plusieurs années que je ne l’ai pas fait. »

Je m’interrompis quelques instants. Ça me faisait tellement bizarre de raconter tout ça à voix haute. Cette période de ma vie que j’avais volontairement effacée, enterrée tout au fond de ma mémoire… et que j’exhumais maintenant, en plein cœur de l’été ; qu’elle me semblait lointaine. Elle appartenait à une autre vie dont je ne voulais plus. Que je n’avais jamais voulue, en réalité. Peut-être était-ce pour ça que Toronto était une ville sombre et souterraine pour moi : parce que je l’associais à ça, à une certaine violence dans ce que pouvait être la découverte de sa propre sexualité.

J’esquissai un sourire légèrement embarrassé. « J’espère ne pas te faire fuir après t’avoir raconté tout ça… Mais voilà, tu sais tout. » Tout de mon existence peu reluisante, ne pus-je m’empêcher de penser, chassant aussitôt ces idées noires. « Ça va paraître très cliché, ce que je vais dire mais… – je cherchai le regard de Morgan – pour moi, c’est toi, le premier. Parce que tu es… le premier que j’ai envie de connaître ? » dis-je, et ma voix se fit toute petite, alors que je laissais retomber timidement mon regard sur les toits du village en contrebas, attendant le verdict, espérant qu’il soit indulgent. Soudain c’était moi qui avais besoin d’être rassuré, semblait-il. Il faut dire que je ne m’étais jamais livré comme je venais de le faire. Peut-être, tout compte fait, avais-je encore peur de le perdre, peur qu’il suffise d’un effleurement pour que le rêve éclate et s’anéantisse…

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Dim 31 Juil - 14:34

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Il avait raison, j'avais ris. Ce n'était pas à cause de la fille de Cambridge qui n'avait jamais existé que j'avais fui, mais bien à cause de lui. Je ne pensais qu'à lui déjà à ce moment là. Je ne voulais être qu'avec lui et absolument pas avec sa fille.

Puis la discussion prit un tournant plus sérieux tandis qu'il se confiait à moi. Je l'écoutais, buvant la moindre de ses paroles. Son histoire, bien sur qu'elle me touchait. Ca aurait complètement pu m'arriver, si je ne l'avais pas connu. Cette incertitude au début, le fait de sentir qu'il y avait quelque chose au fond de soi qu'on arrivait pas à assumer. Puis nos histoires commençaient à différer. Parce que je n'étais qu'au début de la mienne et que j'avais eu la chance de le connaitre. Si il n'y avait pas eu ces vacances, cet été avec lui, peut être que ça aurait fini ainsi pour moi. Un mec un soir dans une soirée à la fac, une soirée trop arrosée, les corps qui se rapprochent... et une première fois. Ca aurait pu être moi, mais j'avais connu Simon.

Je lui souris doucement pour le rassurer.

- Non tu ne me fais pas fuir. Je te comprends. Ce n'est pas facile d'assumer ce qu'on ressent. Moi j'ai eu de la chance. Je t'ai connu toi.

Je serrais un peu plus sa main, caressant doucement celle ci avec mon pouce.

- Je suis flatté d'être ta première relation sérieuse. Et je suis heureux que tu le sois pour moi.

Je ne me sentais pas prêt à aller plus loin, pas pour le moment en tout cas. Mais je savais que ce serait plus facile avec Simon. Tout me semblait soudain plus facile maintenant que j'avais décidé de me laisser aller avec lui. Notre relation évoluait doucement, tout me semblait naturel, comme le fait de lui prendre la main là.

Je bougeais un peu pour me mettre dos au mur et à la vue. Je préférais l'admirer lui pour le moment. Je l'attirais dans mes bras, me collant contre lui. Je passais mes bras autour de sa taille, me rapprochant de plus en plus. Je me sentais plus audacieux plus le temps à ses côtés passait. Je lui souris avant d'aller l'embrasser, essayant de mettre de la tendresse dans mes baisers. J'étais encore hésitant mais je faisais tout pour m'améliorer, pour le faire vibrer comme lui le faisait.



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Dim 31 Juil - 16:09

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La secousse passa et tout sembla demeurer intact. Le sourire de Morgan n’avait pas vacillé, sa main n’avait pas bougé : elle avait au contraire affirmé sa présence dans la mienne et il m’avait dit qu’il comprenait, qu’il était heureux comme ça. Ma poitrine fut libérée d’un poids et je respirai librement à nouveau. Je ne sus pas lui répondre, mais mon cœur se réchauffa de ses paroles et je lui souris, rassuré. Il avait l’air si sûr de lui maintenant. Je me demandais où il avait trouvé la force de se laisser emporter si vite par notre… relation, oui, c’était bien le mot qu’il avait employé. C’était aussi simple que ça, alors. Il n’était plus question de douter de la nature du lien qui nous unissait, mais seulement de l’embrasser, de profiter de ce qu’il nous avait été donné de vivre sans plus perdre de temps.

Il s’écarta de moi, m’amenant à lui contre la paroi par nos doigts emmêlés. J’étais surpris de me retrouver dans cette position, nos corps si proches, ses mains autour de moi désormais. Je me laissai faire, surpris par son audace, par l’assurance qui semblait progresser en lui à chaque seconde. Il m’embrassa et comme à chaque fois, mon cœur se souleva dans ma poitrine. Je me perdis dans son baiser, fermant les yeux, y répondant avec toute la tendresse qu’il me faisait ressentir. J’étais perdu dans un autre monde, tout ce qui était autour de moi n’existait plus vraiment.

J’aurais aimé que Morgan soit vraiment le premier, pensais-je dans l’écho de ses dernières paroles. Que ma vie amoureuse et sexuelle ait vraiment commencé comme ça, comme elle aurait dû le faire, dans un moment si beau et si facile. Je voulais vraiment faire comme si c’était le cas. C’était l’occasion d’effacer le passé sombre que je venais de lui confier. Mais à la faveur de ses baisers, je sentais aussi dans mon corps se réveiller la mémoire d’autre chose ; je sentais que j’étais loin d’être vierge, et que notre proximité m’inspirait des choses qu’elle n’inspirait pas encore à Morgan.

Nos lèvres se séparèrent un instant. « Tu… tu es sûr que tu n’as jamais rien ressenti pour personne ? » lui demandai-je pour le taquiner, le souffle court. Peut-être était-ce parce que j’avais rêvé d’un moment comme ça pendant toute ma vie, mais sa façon d’embrasser ne me semblait aucunement maladroite. Elle me comblait tout entier.

Mon regard se perdit dans le sien, puis je contemplai ses traits attentivement, descendant vers ses lèvres. Je les avais regardées tant de fois sans pouvoir les atteindre… Mon sourire s’évanouit, je redevins sérieux, jouant à me retenir de l’embrasser à nouveau. Quand nos lèvres se retrouvèrent après avoir feint d’hésiter, je me sentis complètement emporté par ce baiser, par le désir immédiat que j’avais de lui. Mon corps se réveillait après une éternité de sommeil, et il en demandait tellement plus. Je devais me concentrer pour ne pas me laisser complètement déborder, pour garder la tête froide, mais oh que c’était difficile. Le sentir contre moi, sentir le mouvement par lequel il semblait vouloir se rapprocher, sentir son corps enfermé par ma présence tout contre le mur de pierre… Tout cela faisait beaucoup. J’agrippai sa nuque, l’embrassant avec beaucoup plus de force, tandis que mon autre main descendait le long de son torse pour venir prendre sa taille.

Le contact de sa peau nue contre la mienne me fit soudain tressaillir ; je réalisai que j’avais passé les doigts sous son t-shirt. Je m’écartai brusquement pour reprendre mes esprits, un peu essoufflé et rougissant. « Excuse-moi… Je crois que… tu me fais un peu perdre mes moyens. » J’eus un petit rire gêné en passant une main dans mes cheveux, puis je vins prendre ses deux mains dans les miennes, revenant près de lui pour poser mon front contre le sien. « Je ne veux pas que ça aille trop vite », soufflai-je avant de fermer les yeux pour l’embrasser timidement. Puis je lui demandai tout bas : « Est-ce que ça te dirait… de redescendre et d’aller prendre une glace ? »

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Dim 31 Juil - 16:50

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Nos lèvres finirent par se séparer. Après m'avoir fait perdre complètement la tête, me laissant légèrement tremblant, à bout de souffle, mais plus heureux que je ne l'avais jamais été. Je ris légèrement en entendant sa question.

- Non jamais... tu es le seul...

Et ce n'était pas un mensonge. Il était le seul, le tout premier à me faire ressentir ce tourbillon de sensations. Je me demandais si je pourrais vivre ça à nouveau un jour. Est ce que ça pourrait être aussi intense avec un autre que ça l'avait été avec lui?

Je me laissais happer à nouveau par ses lèvres, perdant une fois de plus toute notion de la réalité. Je l'embrassais, ne voulant quitter ses lèvres pour rien au monde. Je frissonnais doucement en sentant ses mains venir s'aventurer sous mon tee shirt. C'était encore plus grisant, de sentir ainsi ses mains sur ma peau nue, mes vêtements ne faisant plus obstacle entre nous.

Alors que j'étais en train de perdre la tête, complètement transporté par le plaisir qu'il me faisait ressentir, il arrêta tout, me laissant à nouveau à bout de souffle, les joues rouges et terriblement frustré.

Ce n'est que lorsqu'il parla que je compris, la grande différence entre nous. Je me sentais comme un gamin, heureux de simplement embrassé le mec qui l'attirait et ne voulant rien de plus. J'aurais pu rester des heures contre ce mur à simplement l'embrasser encore et encore. Mais j'avais un homme contre moi, un homme avec des désirs d'adulte qui venaient le perturber. Il ne voulait pas que ça aille trop vite et je comprenais pourquoi. C'était moi qui bloquais. Il avait bien senti que je n'étais pas prêt. J'étais même à des années d'éprouver la même chose que lui. Et je m'en voulais... de n'être qu'un gosse alors qu'il aurait mérité d'avoir un homme.

Je hochais la tête, les joues rouges mais de gêne cette fois.

- Oui... allons prendre une glace.

Je le laissais se reculer et en profitais pour quitter mon mur et descendre les escaliers à ses côtés. Je le suivais, perdu dans mes pensées, des pensées pas très joyeuses pour le coup. Je m'en voulais, de ne pas être sur la même longueur d'onde que lui, de ne pas avoir envie des même choses. Je n'avais jamais eu cette envie là, pour personne. Ne serait ce que l'idée d'embrasser quelqu'un était nouveau alors... aller plus loin... c'était de l'ordre du surnaturel. Je ne m'étais même jamais... je n'avais même jamais pensé à ça... je ne savais pas si je serais capable de le faire en pensant à Simon... Non l'idée me semblait complètement absurde.

Je le suivais au pied de la tour, restant silencieux, perdu dans mes pensées. Je marchais à ses côtés dans les rues de la ville, me tenant à distance de lui désormais. Je n'oubliais pas qu'on pouvait croiser d'autres personnes à chaque coin des rues, des personnes qui n'apprécieraient pas de voir deux hommes se tenant la main dans la rue.

On arriva finalement chez le glacier, je m'installais à ses côtés dans la fille d'attente, lui souriant doucement.

- Alors... tes conseils sur la meilleure glace à l'italienne à choisir.




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Lun 1 Aoû - 11:57

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J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.
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Nous redescendîmes par l'escalier de pierre, dans la fraîcheur ombreuse des arbres, après un dernier regard vers la tour de l'Horloge. Je gravai dans mon esprit ces moments de l'été, conscient déjà de la place qu'ils occuperaient dans mon souvenir, ces moments où se décide une vie tout entière, non sans une certaine gravité, solennels par leur importance et leur irréversibilité.

Nous étions en silence, perdus chacun dans nos pensées, moi trop absorbé dans les miennes pour percevoir le léger désarroi de Morgan. Je profitai de ces instants pour calmer mon corps prêt à s'échauffer, retenant l'envie folle que j'avais de m'élancer dans la vie comme dans le cœur de cet après-midi de chaleur, sentant bouillonner dans mes veines une énergie neuve, trépignante et dont les amarres étaient prêtes à se rompre.

Nous arrivâmes en bas, je guidai Morgan vers une placette au milieu du village. Il semblait que dans la chaleur de l'après-midi, le petit glacier de Brisighella concentrait toute l'activité des rues ensommeillées à l'ombre de sa terrasse, dans sa promesse de fraîcheur sucrée. « Je ne sais pas si je serai de bon conseil, répondis-je à Morgan, j'ai une légère obsession pour les glaces à la fraise. » Mes yeux parcouraient les bacs de glace, se faufilant entre les quelques personnes qui se penchaient devant nous pour choisir leurs parfums. « Il paraît que la nocciola vaut le détour, même si les noisettes ne sont pas locales : elle viennent du Piémont. » Je souris alors que Morgan me glissait un regard en coin. « Oui, je sais, je ne peux pas m'en empêcher », dis-je en riant.

Je commandai pour nous deux, dans un italien affirmé que je me plaisais à parler devant Morgan. Je m'y appliquais même, j'en tirais la satisfaction grisante d'un atout dont on peut être sûr qu'il saura charmer l'autre innocemment. Puis nous nous éloignâmes de nouveau, marchant lentement, plongés tout entiers dans le cœur de l'été, pris par la torpeur lancinante qui imprimait son rythme dans les rues. Je goûtai la fraise dans son cornet du bout de la langue, rafraîchi et clignant des yeux de plaisir. J'emmenai nonchalamment Morgan vers la Via del Borgo, une ruelle intérieure accessible après quelques marches, construite au XIVe siècle, qui passait derrière les façades colorées à l'étage des maisons. Dans l'épais mur de pierres cimentées s'ouvraient des arcades qui donnaient sur les rues ensoleillées, tandis qu'à la faveur d'un vent frais qui circulait sous les vieilles poutres en bois, nos yeux se reposaient à l'ombre de leur bain de lumière vive.

« Alors, content de ton choix ? » demandai-je à Morgan en désignant sa glace. Je léchai mes doigts sur lesquels la fraise avait déjà eu le temps de dégouliner. Ce geste me rappela un jour de juillet sur la plage, dans l'écho des vagues, où sans avoir encore retiré mes chaussures je sentais dans l'air que tout était vacant et disponible, avant qu'un jeune garçon ne vienne soudain m'interrompre. « Elle est bonne, mais pas autant que celle du glacier de Ravenne. Je t'y emmènerai, quand on ira à la mer. » J'eus un court instant d'hésitation. « Ça me fait penser à toi. La glace à la fraise », ajoutai-je devant son air interrogateur. « Le jour où tu es venu sur la plage... Tu t'en souviens ? J'y ai souvent pensé depuis. »

Beloved
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Mer 3 Aoû - 17:37

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

Je ris alors qu'il ne pouvait pas s'empêcher de me parler de l'origine des noisettes des glaces. Je trouvais ça plutôt mignon en réalité, de le voir aussi passionné quand il parlait de son futur métier. Il était... inspiré, rayonnant, quand il se laissait aller ainsi et ça le rendait encore plus beau. Puis il parla italien et mon coeur chavira un peu plus. Est ce qu'il se rendait seulement compte de l'effet qu'il me faisait en parlant ainsi? Avant j'aurais certainement répondu que non. Je pensais ne lui faire aucun effet, qu'il se moquait bien de ce que je pouvais penser de lui. J'avais conscience de lui plaire. Il savait qu'il me plaisait aussi. Mais savait il que j'adorais particulièrement quand il faisait ça? En jouait il?

Je commandais la même chose que lui, cherchant à voir ce qu'il trouvait de si particulier aux glaces à la fraise pour qu'elles l'obsèdent. Je récupérais mon cornet et le payais avant de suivre Simon dans les ruelles de la ville. Je savourais ma glace, la trouvant plutôt excellente. Je comprenais pourquoi son choix s'était porté sur celle ci. L'après midi s'approchait de sa fin. Le soleil commençait à baisser sur l'horizon se cachant derrière les murs de la ville et nous offrant un peu d'ombre. Je n'aimais pas la fin de journée. Cela signifiait toujours qu'il était temps pour nous de nous séparer. Et je n'étais pas prêt à ça.

Je me retournais vers lui, replongeant dans notre conversation et chassant mes sombres pensées.

- Oui très, elle est délicieuse.

Je l'écoutais parler, fronçant légèrement les sourcils alors qu'il m'avouait que la glace lui faisait penser à moi. Je souris légèrement alors que j'entendais son explication.

- C'est vrai... j'avais oublié que tu mangeais une glace quand je t'ai abordé la première fois.

Je calais la glace dans une de mes mains avant de me mettre à fouiller dans mon sac à la recherche de mon carnet.

- J'ai beaucoup repensé à notre première rencontre aussi. Je n'arrêtais pas de penser à toi...

Je détournais le regard, rougissant un peu alors que je lui avouais ça. Nous semblions avoir établi un accord tacite, nous parlions désormais sans plus aucun mensonge. Nous n'avions plus de secret à dissimuler, plus de sentiments à cacher que nous n'arrivions pas à assumer. Je pouvais maintenant lui montrer mon carnet. Il verrait à quel point il m'avait obsédé pendant ces semaines. J'étais quand même gêné de faire ça, mais je n'avais plus peur de le perdre en le lui montrant.

Je fouillais mon carnet avant d'arriver au premier dessin que j'avais fait de lui. Je le lui tendis, un peu gêné. Il était étendu sur la plage, un léger sourire sur les lèvres. On pouvait voir la mer en arrière plan du dessin mais celui ci était concentré sur son visage fixant un point hors du dessin avec son sourire. Mais je n'étais pas pleinement satisfait. Je n'avais pas le sentiment d'avoir réussi à retranscrire la beauté réelle de son sourire.

- Je l'ai fait le soir de notre rencontre. Je... je n'arrivais pas à chasser ton image de mon esprit.




June
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dolores June
June
Mer 3 Aoû - 18:53

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance inattendue, je suis en train de connaître ma première histoire d'amour et je le vis plutôt bien, même si j'ai encore du mal à y croire.
xavier serrano (c) cosmic light
« Je suis content que tu partages ma passion pour les glaces à la fraise », dis-je en riant avec autodérision quand il confirma qu’il appréciait son choix. Je sentis son pas se ralentir tandis qu’il s’organisait pour récupérer quelque chose dans son sac, son cône penchant dangereusement dans une main. Je le regardais, intensément curieux de savoir ce qui allait en sortir. Quand je vis son carnet se matérialiser entre ses doigts, je n’en crus pas mes yeux. J’en oubliai même de répondre à ce qu’il venait de me dire et qui n’avait pas manqué de me toucher, encore une fois. Mais ce n’était rien à côté de l’émotion qui m’envahit quand je vis s’ouvrir le cahier sur un dessin de moi. Mon cœur se serra et je restai muet, le souffle coupé, les yeux rivés à la page que me montrait Morgan. Je refaisais encore et encore le tour du tracé qui campait de façon saisissante mon profil sur la plage.

J’ignorais pourquoi cette vision hypnotisante me bouleversait autant. Peut-être mesurai-je seulement alors à quel point Morgan partageait les sentiments qu’il m’inspirait, et que l’intensité des moments passés ensemble avait précipités, exacerbés. Aussi, pour la première fois depuis longtemps – depuis toujours ? – je me sentais profondément accompagné. Je n’étais plus seul ; en vérité je ne l’étais déjà plus, découvrais-je, après ce jour où nous nous étions rencontrés sur la plage. Je l’ignorais et pourtant déjà ma solitude s’était peuplée, car quelqu’un s’était mis à penser à moi. Nous n’existons que si quelqu’un est là pour se rappeler de nous, et par ses dessins c’était comme si Morgan m’avait fait vivre ; je prenais conscience que j’existais réellement, que la vie s’attardait en me traversant et que je pouvais prendre corps plus fermement sur la terre.

Je repensai à ces moments suspendus à la fenêtre de ma chambre, ces moments où sans le savoir je le rencontrais déjà en pensée ; il y avait bien quelqu’un qui dessinait sous la lampe de l’étage, et ce quelqu’un n’était nullement un étranger.

Je pris entre mes doigts tremblants le carnet que Morgan me tendait. J’avais rarement éprouvé une émotion aussi forte, j’en sentais presque mes yeux se remplir de larmes et c’était démesuré, c’était absurde peut-être, mais c’était si vrai. De la même façon que ses mains sur moi semblaient me guérir, ce dessin avait de manière inattendue un tel pouvoir de guérison que dans le même mouvement il me faisait aussi comprendre à quel point j’avais été brisé.

« Je me demande comment j’ai fait pour vivre sans toi tout ce temps », dis-je sans quitter des yeux le carnet. Je ne me rendais pas compte que je parlais dans un murmure, la voix tendue, fragile. « Je ne vivais pas vraiment, en fait. Tout était mort à l’intérieur de moi. » Ma gorge se serra violemment et je baissai la tête, soudain désolé d’être aussi abattu. J’aurais voulu m’excuser auprès de lui, lui dire que cette réaction inattendue n’avait rien à voir avec ce que je pensais de son dessin que j’aimais, mais je sentais qu’il était trop tôt pour parler. Le moindre mot eût fait éclater cette émotivité soudaine et dont je croyais qu’elle me ressemblait si peu…

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