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LE TEMPS D'UN RP

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

Beloved
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Beloved
Mar 10 Mai - 18:39

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

- Si si....

Je hochais doucement la tête, continuant d'admirer son travail du bout des doigts. Il avait du talent, ça s'était certain. On pouvait sentir sa passion pour la botanique dans les traits qu'il avait esquissé. J'aimais ça. J'adorais ce qu'il dessinait. Il y avait plus d'âme dans ces dessins de plante que dans certaines oeuvres qu'on nous avions pu voir avec ma mère. Des pseudos peintres qui peignaient pour l'argent et non par passion.

Je me retournais, le regardant alors qu'il revenait avec un livre, l'ouvrant pour me montrer le travail du peintre dont je lui avais parlé. J'avais merdé encore une fois. Je m'étais laissé emporter par ma passion pour l'art et je n'avais pas pu m'empêcher de parler. Il fallait que j'étale mes connaissances, que je l'assomme avec des monologues sur des peintres obscures que personne n'était sensé connaitre. Et pourtant il ne semblait pas m'en vouloir. Il restait là à me parler, me montrant l'un des livres que je venais de lui citer.

- C'est lui oui. Je suis impressionné, ses livres sont assez rares. Le seul exemplaire que j'ai vu, c'était à la bibliothèque de Cambridge.

L'endroit était réputé pour avoir une impressionnante collection de livres et pas mal de livres rares. J'étais surpris de voir que Simon, ou plutôt ses grands parents, aient un tel livre dans leur collection. Ils me plaisaient de plus en plus. Je sentais que si je me laissais aller, je pourrais passer des heures dans cette bibliothèque et m'y perdre. A moins que tous les livres ne soient en italien. Là je serais dans la merde.

- Mais ses dessins botaniques ne sont pas ses meilleurs. Il faisait ça pour illustrer les livres qu'il vendait dans l'imprimerie où il travaillait. Il s'est vraiment révélé quand il a commencé à peindre pour lui même. Alors que toi ce n'est pas pareil. On sent ton amour de la botanique dans chacun de tes traits. Ils sont très beaux.

Je lui souris doucement avant de me calmer.

- Excuse moi encore. J'ai tendance à m'emballer un peu quand je parle art. En général j'arrive à me retenir, mes amis n'abordent pas le sujet alors c'est plutôt simple.

Avec mes amis je pouvais être le gentil Morgan. Celui sur qui tout le monde pouvait compter, qui était là pour écouter les autres, qui aimait s'amuser et danser en boite avec eux. Je n'étais pas le Morgan intello qui adorait dessiner pendant des heures ou se perdre dans un musée. Celui là, il n'y avait que ma mère pour le voir et l'aimer.

- Alors... à part t'enfermer ici pour étudier, qu'est ce que tu fais de beau?

June
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dolores June
June
Mer 11 Mai - 14:19

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec résignation.
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« Oui, il y a des trésors insoupçonnés dans cette bibliothèque… Des éditions rares, des livres qui sont là depuis très longtemps. Je crois que même mon grand-père ne sait plus tellement d’où ils viennent », répondis-je. Nous étions toujours absorbés dans la contemplation des planches d’illustration à mesure que je tournais, avec précaution, les pages anciennes. Morgan me parla un peu plus du peintre, pour en revenir à mes dessins. J’allais lui dire que j’étais décidément flatté quand il battit en retraite, s’excusant de nouveau de ce qu’il venait de dire. Je cherchai son regard. « Ne te retiens pas, ça m’intéresse. Je suis sérieux », ajoutai-je, parce qu’il me semblait percevoir qu’il en doutait encore. « Moi non plus, je ne parle pas beaucoup de dessin, d’art, de littérature, de culture en général avec mes amis, tu sais. »

Je pensai à la bande de Toronto : que des Italo-Canadiens comme moi, avec qui j’avais grandi pour la plupart et dont j’avais toujours été très proche. Nos amitiés étaient anciennes, solidaires, solidement ancrées dans nos vies ; mais ils avaient bien d’autres préoccupations que l’art ou la littérature. En cela, ils ressemblaient plutôt à mon grand frère, Adriano. Leurs intérêts tournaient plutôt autour des sorties, du sport, de l’argent, des filles… J’avais toujours été l’intello privilégié du groupe, et j’étais d’ailleurs celui qui avait entrepris les plus longues études. Eux travaillaient déjà, et, avec le temps, j’avais fini par me sentir suffisamment déconnecté d’eux pour ne pas avoir envie de revenir à ces sujets, que j’abordais plutôt avec Grazia, ma petite sœur, et mes parents. Je n’avais pas envie de me faire charrier, ni de sentir ou leur faire sentir ce fossé qui s’était, par la force des choses – le temps passant, nos vies prenant des voies divergentes – formé entre nous.

Mon regard, qui s’était perdu un instant dans le vague, se posa sur les rayonnages qui nous entouraient. J’eus une intuition très vive d’à quel point l’atmosphère de ce lieu était unique et rare – à quel point j’avais de la chance aussi, en tant qu’immigré, d’y avoir toujours accès. Je chérissais si fort mes racines, j’étais si reconnaissant qu’elles n’aient jamais eu à être coupées. Et je pensai aussi que l’ambiance, en Italie, n’avait rien de commun avec celle des soirées torontoises. Ici, au cœur de l’été, tout paraissait plus simple, plus naturel. J’évoluais dans un milieu qui m’était favorable et j’avais un sentiment profond de sérénité. L’idée qu’il ne pouvait rien m’arriver, qu’ici j’étais prêt à accueillir tous les secrets que réserve la vie. Je revins à Morgan et c’était comme si chaque fois que mes yeux se posaient sur lui, je le découvrais sous un nouveau jour. Il ne s’était écoulé que quelques secondes avant que je reprenne : « Je suis content qu’on puisse parler de tout ça. Ce sont des sujets qui me plaisent. » Je lui souris avec douceur, j’avais encore envie de passer ma main dans le haut de son dos, pour lui transmettre combien je disais vrai, mais quelque chose me retint, et il changea de sujet.

Je refermai le vieil ouvrage sur la flore espagnole et j’allai le remettre à sa place dans la bibliothèque. Puis je me retournai et plaisantai pour lui répondre : « Oh pour travailler je vais dans le jardin parfois aussi, ça permet de prendre un peu l’air. » Je préférais prendre avec autodérision le côté un peu trop sérieux de ma personnalité, parce que je ne voulais pas qu’il me voie comme un intello ou une sorte de rat de bibliothèque, lui non plus. Je ne voulais pas qu’il pense que j’étais indisponible aussi, peut-être. Bien que dans l’ensemble, j’étais censé l’être. Je repris : « Plus sérieusement, pas grand-chose de plus que ce que j’ai mentionné l’autre fois… Mais j’aime bien parfois, quand même, aller me balader pour m’aérer. Il y a des coins magnifiques par ici. Tu as déjà eu l’occasion de découvrir un peu la campagne ? » demandai-je et, pour l’avoir vu flâner plus d’une fois dans les alentours, je connaissais déjà la réponse.

Beloved
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Ven 13 Mai - 17:52

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Il me plaisait de plus en plus. J'avais peur de le saouler avec mes discussions sur l'art et les peintres. En règle générale, dans mon entourage, il n'y avait que ma mère et moi pour aimer ce genre de discussion. Mes amis étaient loin de ces préoccupations là. Quant à mon père... il était tellement loin des même centres d'intérêt que nous, c'était à se demander comment ils avaient pu tomber amoureux l'un de l'autre à une époque.

Mais Simon était différent. Il n'avait rien à voir avec les personnes que j'avais rencontré jusqu'à présent. Et ce n'était pas uniquement parce qu'il s'était montré amicale avec moi dés le début. Certes ça aidait quand même pas mal, il y avait quelque chose dans son attitude, sa façon d'être et de me parler, qui me poussait à lui faire confiance. Mais il y avait plus que ça. Je sentais qu'avec lui je pourrais peut être discuter de tout, de ce qui me passionnait sans avoir peur d'être jugé. Au contraire, je commençais à me dire que ce qui me passionnais pourrait le passionner aussi. Et ce petit quelque chose en plus, faisant que je me sentais bien avec lui.

Je ris doucement alors qu'il m'avouait aller parfois dans le jardin pour travailler. C'était une façon détournée de dire qu'il passait son temps à travailler. Je ne pouvais pas le lui reprocher. J'étais en vacances. Je n'avais aucun devoir à faire. Pourtant il m'arrivait de me perdre dans des bouquins sur l'histoire de l'art. Mais ce n'était pas vraiment du travail, pas pour moi en tout cas. Et je me doutais que lorsque je serais à la fac, si les cours étaient aussi passionnants que je m'y attendais, je risquais de passer des heures à travailler moi aussi. C'était comme ça quand on était vraiment passionné par quelque chose. Je pouvais me perdre des heures dans le travail sans même m'en rendre compte.

Je réfléchis un peu avant de répondre à sa question. Je m'étais installé dans un coin de la pièce, regardant les volumes de la bibliothèque tandis que je lui répondais.

- Et bien... je me suis baladé un petit peu autour de la maison mais jamais trop loin. Avec ma mère on a surtout visité la ville de Ravenne. Sa prochaine destination prévue c'est Bologne.

Je souris doucement en pensant à elle et au programme qu'elle avait fait pour toutes nos vacances. Une part de moi espérait qu'elle me laisse quand même un peu de temps libre, que je puisse le passer avec lui..

Je me retournais vers lui, souriant doucement.

- Tu me ferais visiter les alentours? Il y a des choses sympas à voir dans la campagne?



June
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Lun 16 Mai - 19:01

Simone Perri
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Nous étions là, chacun à un bout de la pièce, à discuter à l’ombre de la bibliothèque, tandis que dehors le soleil se perdait dans les feuillages des hêtres et des grands charmes qui entouraient la maison, colorant d’un vert joyeux et frais la lumière qui entrait se poser sur les livres. Je regardais Morgan qui regardait les rayonnages, songeant que là où il était, il n’était pas loin de tomber sur les œuvres complètes de Dante, dans une très belle édition reliée. J’étais content qu’il semble apprécier les lieux. J’avais envie qu’il se les approprie, qu’il y laisse une part de lui-même peut-être, que je pourrais y retrouver quand, plus tard, je me remémorerais sa présence. J’avais envie, de plus en plus, de parler de mille choses avec lui, de plonger dans les intérêts que nous partagions ; je m’imaginais prendre un livre que j’aimais et lui en lire des passages au hasard, et découvrir qu’il le connaissait aussi, qu’il avait mille et une choses à m’en dire.

« C’est une magnifique idée, Bologne. Je suis sûr que tu vas adorer la ville », répondis-je comme si je le connaissais déjà assez pour prétendre deviner ce qui lui plaisait – mais peut-être était-ce le cas, finalement. Ou du moins savais-je que j’aimais Bologne, et nous semblions avoir des sensibilités proches… pour ce qui était de ce genre de choses. J’avais bien noté qu’il avait parlé de s’y rendre avec sa mère, et que ce n’était pas la première fois qu’il parlait d’elle et de leurs activités communes sans faire mention de son père, que je savais pourtant être là aussi. Il n’était pas difficile de deviner un rapport avec les disputes que j’avais entendues peu après leur arrivée, mais le moment de parler de ces choses plus personnelles n’était pas encore venu.

Morgan se retourna avant d’avoir atteint le rayon de littérature italienne ancienne, me demandant de lui faire visiter les alentours. J’acquiesçai : « Oh oui, il y a plein d’endroits magnifiques. Même pas très loin d’ici, il y a un coin que j’adore. On peut y aller maintenant, si tu veux », proposai-je en jetant un œil à ma montre, gagné par l’enthousiasme. « On en a pour quinze minutes à vélo, et la balade est belle aussi. Ça te dit ? »


*

Une dizaine de minutes plus tard, nous nous retrouvions devant la maison avec nos vélos. L’après-midi était déjà bien avancée, mais nous avions encore plusieurs heures de jour devant nous, et la chaleur allait doucement tomber à présent. Je demandai à Morgan en enfourchant mon vélo : « Tu me suis ? » Puis nous nous élançâmes ensemble sur les petites routes de ma campagne aimée. Elles étaient peu fréquentées par les voitures, ce qui les rendait agréables à la promenade.

Quelques minutes plus tard, après être passés devant une minuscule église perdue au milieu de la végétation, nous croisâmes cependant mes grands-parents qui rentraient de Ravenne dans la petite Fiat rouge, toutes fenêtres ouvertes, et je les saluai avec de grands éclats de voix et gestes chaleureux, jusqu’à ce qu’ils soient trop loin pour que nous nous entendions encore. J’étais d’une excellente humeur, et nous avions cette habitude de nous interpeller avec cette familiarité débordante, faisant de cette profusion volontairement exubérante l’une des fondations de notre complicité sincère. Je gardai un sourire aux lèvres quand je me retournai vers Morgan, roulant à côté de lui. « Bon, tu les rencontreras peut-être une autre fois. Ils sont adorables, mais ils ne parlent pas très bien anglais », dis-je avec une pensée amusée pour leur façon de se débrouiller dans ma seconde langue natale, dont ils avaient appris des rudiments tardivement, et seulement parce que mes parents étaient partis vivre au Canada.

Nous continuâmes de rouler ensemble, passant entre les champs, les vignes, les vergers ; longeant de minuscules hameaux perdus dans la campagne, ou quelques maisons isolées. Il y avait là une infinité de recoins où j’aurais pu emmener Morgan, mais j’avais en tête un endroit bien particulier, et nous en approchions à mesure que la petite route s’élevait. « Au fait, tu as eu l’occasion d’écouter mes disques ? » demandai-je tant que l’effort était aisé, car je savais que la fin du parcours grimperait un peu plus et serait moins propice à la conversation.

Beloved
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Lun 23 Mai - 10:27

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Je hochais doucement la tête alors qu’il me parlait de Bologne. J’avais hâte d’y aller bien entendu. Mais je commençais à me dire que si je n’y allais pas, si je passais du temps avec lui à la place, à flaner dans sa bibliothèque, à discuter de tout et de rien avec lui, ça me comblerait également. J’adorais passer du temps avec ma mère. J’adorais nos visites touristiques en ville. Mais j’aimais aussi passer du temps avec lui, profiter de sa compagnie, échapper à l’ambiance pesante de ma maison.

Je lui souris alors qu’il me proposait une sortie, prolongeant un peu plus notre moment ensemble. J’avais jeté un rapide coup d’oeil vers ma maison. La voiture n’était toujours pas là, signe que ma mère était encore en vadrouille pour faire son marché. Elle mettrait encore un moment à préparer le diner typique italien qu’elle voulait faire. Il me restait donc quelques heures encore de liberté avant de devoir retourner chez moi.

J’avais donc accepter avant de filer chercher la vieille bicyclette dont je me servais pour mes escapades. Je l’avais rapidement retrouvé et nous avions filé ensemble sur les routes d’Italie. Il m’emmena dans des chemins que je n’avais pas encore exploré. Si au début j’avais reconnu la route, elle avait rapidement changé,et je ne me lassais pas de découvrir ce nouveau décor. Je gravais chaque détail dans ma mémoire, me promettant de les coucher sur le papier plus tard. J’étais entrain de détailler une église abandonnée quand je le vis saluer des personnes en voiture avec enthousiasme. Je le regardais faire avec un léger sourire, ne tardant pas à comprendre qu’il s’agissait de ses grands parents. Mon éducation anglaise ressortait un peu plus en cet instant. Nous n’étions pas des habitués des grandes effusions d’affection comme ça. Il m’arrivait bien d’enlacer quelques fois ma mère mais toujours à l’abri des regards, dans nos moments à nous. Il nous suffisait en général d’un regard, d’un sourire, pour faire passer tout ce que nous ressentions l’un pour l’autre.

- Je serais ravi de les rencontrer.

Ils avaient l’air de personnes adorables en tout cas. Et une famille unie... ça ne me ferait peut être pas de mal d’en fréquenter une.

Je hochais la tête une nouvelle fois alors qu’il venait m’interroger sur les disques. Si il savait que je ne cessais de me les passer en boucle chaque soir en pensant à lui, en le dessinant sans cesse... Non, il ne devait pas le savoir. Je passerais pour un psychopathe sinon. Alors je me contentais de lui sourire légèrement, comme à chaque fois.

- Oui je les ai écouté. J’aime beaucoup. Et toi les miens?

On continua à discuter tranquillement tout en pédalant tous les deux. On parlait principalement de musique, de ce qu’on écoutait habituellement. On avait des goûts plutôt similaire tous les deux. Il connaissait des chansons qui m’étaient étrangères et inversement. On pourrait s’en échanger pas mal pour notre plus grand plaisir à tous les deux, j’en étais certain.

On finit par arriver là où il avait voulu m’emmener. Je laissais tomber mon vélo, fixant la vue qui s’offrait à moi, un peu bouche bée.

- Simon c’est... c’est magnifique.

Je m’installais dans l’herbe, restant là à regarder le paysage qui s’étendait devant moi. Je gravais chaque détail dans ma mémoire mais je savais que celle ci ne serait pas assez fiable pour que je rende hommage à ce que je voyais.

- Je regrette de ne pas avoir mon carnet avec moi. Je crois que je pourrais rester ici pendant des heures à dessiner.

Je me retournais pour le regarder avec un léger sourire.

- Merci...





June
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Lun 23 Mai - 14:47

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Morgan me dit qu’il avait écouté mes disques et qu’il les avait aimés. Lorsqu’il me demanda ce qu’il en avait été pour moi, je repensai aux moments où je m’étais installé pour dessiner en les écoutant, et je l’imaginai, en miroir, dessiner en écoutant les miens… « Oui, moi aussi, j’ai beaucoup aimé tes disques », dis-je, et nous continuions de rouler, emportant dans la campagne, entre les champs, nos mots qui s’égaraient dans l’air. J’avais toujours cette sensation de liberté, de la vie qui commence et où tout est encore possible. Puis nous nous engageâmes sur des sentiers plus étroits, où je pris la tête et où il devint difficile de parler.

Je poussai de plus en plus fort sur mes pédales, me hissant au poids du corps, à la force des jambes dans les chemins qui grimpaient sur le promontoire dominant le ravin. Ni lui ni moi n’avions un vélo tout à fait adapté à la circonstance. Le couvert des arbres s’était densifié, mais il faisait encore chaud et je ne tardai pas à transpirer dans la côte, à ne plus entendre que nos souffles courts et haletants, la mécanique de nos vieux vélos et le bruit de nos roues contre la terre. Nous arrivâmes en haut, le terrain se déroba et aussitôt la vue sur le ravin et sur la vallée s’ouvrit immense devant nous, à nos pieds. Les collines de l’Émilie-Romagne faisaient sur l’horizon comme des courbes de niveau qui se perdaient peu à peu dans le ciel d’un bleu profond. Le relief haché de la terrasse naturelle, couleur de sable, se découpait sur le paysage, et les vieux pins immobiles dressaient leurs cimes au-dessus de nous.

Je sautai à terre, et déposai mon vélo à côté de celui de Morgan, qui déjà profitait de la vue. Je souris de le voir surpris et subjugué par celle-ci, un peu content de moi, je devais bien l’avouer. J’essuyai d’un revers de main mon front trempé de sueur, et je retirai mon t-shirt pour être plus à l’aise. Nous avançâmes un peu plus loin et je m’installai alors à côté de lui, me perdant dans les lignes et les couleurs de ce tableau de campagne et d’été. Je ressentais encore dans tout mon corps l’effort de la montée, qui se diluait dans le retour au calme. Le fond de l’air était suffisamment frais, et je fermai brièvement les yeux, soufflant doucement pour évacuer la chaleur. J’avais toujours mon t-shirt à la main.

Morgan me dit qu’il regrettait de ne pas avoir pris son carnet. J’ouvris les yeux et je le regardai au moment où il se tournait vers moi, me souriant. Il me remercia avec douceur, en un mot qu’il me semblait comme avoir dit tout bas. Mon regard tomba sur ses lèvres, et je réprimai un frisson soudain. Il y avait quelque chose d’autre dans l’air que la chaleur et l’odeur des pins ; à cet instant précis, j’aurais pu en jurer. Troublé, je détournai rapidement le regard. « Alors tu dessines plutôt des paysages ? » demandai-je. J’avais compris que ses dessins n’étaient pas son sujet préféré, mais c’était la première question qui m’était venue, et je me sentais pressé de relancer la conversation. Comme pour… éviter cette tension étrange que j’avais ressentie, et dont la nature menaçait, plus que jamais, de m’apparaître claire.

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Lun 23 Mai - 18:03

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Je lui souris doucement avant de replonger mon regard dans la vue qui s'offrait à moi. Je n'avais rien perçu du trouble qui l'agitait à ce moment là. J'étais perdu dans ma contemplation du paysage. J'étais en plein dans un moment de détente, de sérénité. Je me voyais déjà revenir ici, me perdre pendant des heures à profiter de la vue, la dessinant encore et encore. C'était un petit écrin de paix qu'il venait de me montrer et je le remerciais pour ça. Sa présence n'avait rien de désagréable ou d'intrusive. Je me sentais bien en le sentant à mes côtés. J'aurais pu rester des heures, même sans mon carnet, à juste rester comme ça avec lui.

Mais il me sortit de mon moment pour parler. Je haussais doucement les épaules, ne détachant pas mon regard du paysage.

- Pas mal oui. Je dessine des personnes aussi de temps en temps mais c'est plus rare. En général je dessine des endroits qui m'inspire. Des endroits que j'ai déjà visité ou alors d'autres que j'imagine. Je ne suis pas vraiment du genre à faire des natures mortes et encore moins de l'abstrait.

Je ne savais pas encore vraiment dans quel domaine m'amènerait ma passion pour le dessin. Je n'avais absolument pas la prétention de devenir un artiste à part entière, du genre qui fait des tableaux et qui les vend dans des galeries. Je dessinais pour moi, pour m'évader. Je ne le faisais pas en espérant me voir exposer dans une galerie. Peut être même que je ne vivrais jamais de mes dessins. Je finirais peut être comme à ma mère, à transmettre ma passion de l'art à d'autres. Il n'y aurait rien de choquant là dedans. J'étais un passionné et j'aimais en parler, pas autant que ma mère mais quand même.

- Mais je n'ai pas la prétention d'être un artiste. Ni même de dire que mes dessins sont bons.

C'était des gribouillages que je faisais pour moi même. J'avais été surpris de voir que ma candidature avait été accepté aux Beaux Arts. Peut être que le nom de ma mère y était pour quelque chose. Je n'en savais rien. Je savais juste que j'allais pouvoir faire ma scolarité dans un domaine qui me passionnait, peu importait les débouchés qu'il y aurait derrière pour moi.

Je finis par détourner le regard de la vue pour le regarder. J'esquissais un léger alors que je le vis torse nu à côté de moi. J'avais été trop obnubilé par la vue pour remarquer son changement de tenue.

- Tu avais si chaud que ça?

Je souriais doucement, le taquinant. Mon regard se promena sur lui avant que je ne détourne le regard légèrement gêné. Je le sentais revenir à nouveau, ce sentiment étrange qu'il faisait naitre en moi quand je croisais parfois son regard. C'était étrange, perturbant, mais je ne pouvais pas dire que c'était désagréable.

- En tout cas, si tu as d'autres endroits comme ça sous la main, n'hésites pas à me les montrer.

June
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Lun 23 Mai - 19:29

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Je perdais mon regard sur les cimes des arbres en contrebas, remontant peu à peu vers l’horizon bleu en l’écoutant. Lui aussi regardait le paysage, de sorte que nos paroles semblaient presque adressées à celui-ci. Elles s’inscrivaient dans l’air où elles demeuraient, comme le temps dont je perdais toute notion. L’heure qui tournait à mon poignet, de la même manière que les couleurs du jour passant insensiblement, étaient des signes qui ne m’atteignaient pas vraiment. J’avais la tête pleine de l’instant présent, je n’arrivais plus vraiment à penser à ce qui viendrait après ; je ne visualisais rien, seulement l’inconnu et l’imprévisible. Le film bien ordonné de mon existence m’échappait et j’en ressentais une vague fébrilité sous-jacente, comme une sorte de fuite en avant, d’incapacité à réfléchir ou à décider. C’était la contrepartie de cet état de disponibilité totale dans lequel je me trouvais.

Morgan me raconta qu’il dessinait beaucoup les lieux qu’il visitait. J’étais certain qu’il avait déjà fait de nombreux dessins de l’Italie, et j’aurais aimé les voir – voir à travers son regard cette région que j’aimais et que je connaissais bien. Mais je préférai m’abstenir de le lui dire. Je craignais secrètement de briser le fil du lien qui commençait d’exister entre nous, et cela me faisait prendre des précautions nouvelles, peut-être même inutiles. « J’aime bien les natures mortes, mais je dois dire que j’ai du mal à être sensible à l’abstraction », dis-je et je souris en me disant que ça n'était sans doute pas très compliqué à deviner, vu la nature de mes dessins et ma formation scientifique. Lorsqu’il reprit la parole pour dire qu’il ne se considérait pas comme un artiste, je tournai à nouveau mon regard vers lui, comme pour vérifier si l’impression que j’avais ressentie quelques secondes plus tôt était toujours là. « Je te dirai ce que j’en pense, si j’ai un jour l’occasion de me faire mon propre avis », répondis-je sur un ton léger. Il se tourna vers moi et je vis son regard se poser sur mon torse nu. L’espace d’un bref instant, je sentis alors de nouveau cette tension. C’était un imperceptible embarras, sans cause apparente ; comme une retenue ou un temps de retard, pendant lequel se développait une autre conversation, à l’endroit de nos corps, inconnue de nous deux – une forme d’élan aussitôt réprimé, fait de pensées informulées, avortées. Je n’arrivais toujours pas vraiment à cerner ce sentiment. Je parvenais seulement à en comprendre l’ampleur, car il balayait, pendant un court instant, l’espace d’un battement de cil, toutes mes réflexions conscientes.

Il plaisanta alors, et la sensation disparut. « Oui, j’avais chaud », répondis-je simplement avec un sourire, en enfilant mon t-shirt. « Désolé, ce n’était sans doute pas une tenue très correcte », dis-je en riant pour poursuivre la plaisanterie. « Pour ma défense, je n’ai pas l’habitude de venir ici accompagné. » Je regardai de nouveau le panorama. « Oh oui, j’en connais plein d’autres. Pas exactement comme ça, mais très beaux aussi. Je t’y emmènerai. » Un court silence suivit mes paroles, peuplé des images des endroits auxquels je pensais, et où j’imaginais que nous irions ensemble. J’avais parlé comme s’il était certain que cela se produirait, comme si plus rien d’autre n’existerait dans mes journées, comme si je m’y engageais formellement. Je me tournai vers lui, cherchant son regard. « D’ailleurs tu sais, si un jour tu as envie de… changer un peu d’air », dis-je, espérant faire référence avec suffisamment de tact à l’ambiance parfois pesante chez lui, « n’hésite pas à passer chez moi, maintenant tu sais que tu as de grandes chances de m’y trouver. Tu seras toujours le bienvenu. » Je poussai un soupir, avant de m’allonger sur le sol, les bras au-dessus de la tête. Je regardai la cime des pins séculaires, qui étaient là bien avant nous, et demeureraient longtemps après notre passage. Une phrase lue un jour me vint en tête, sans que je sache en identifier la source. Dans l’air flotte la torpeur de ce qu’on n’obtient jamais. Je me la répétai plusieurs fois, et une tristesse inattendue et passagère se localisa quelque part à l’intérieur de moi.

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Parce que c'était lui, parce que c'était moi
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