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 Les Enfants d'Hégémonia

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Aura
Aura
Féminin MESSAGES : 76
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Yenariel
Ascalide

J'ai 18 ans et je vis à Hégémonia, en Lustria. Dans la vie, je suis apprentie-mage de lumière et je suis connue comme étant une Cendrée. Sinon, je suis froide, fière et persifleuse, mais également studieuse, déterminée et observatrice et je rêve de faire mes preuves.


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→ Modèle architectural de la tour Solitaire : Tour Tanguy (Brest)
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C’est plus fort que toi : tu répugnes à l’idée d’accepter son aide. Le fait est que tu tiens farouchement à garder le contrôle sur la situation : dans ton équipe précédente, c’était toi la mage dominante, et tu es bien déterminée à ne pas rester dans l’ombre de ton coéquipier. Tu vis déjà extrêmement mal ce retournement colossal que l’on vient de t’infliger. Tu décideras plus tard si c’est une bonne chose ou pas : pour le moment, tu as surtout besoin de reprendre le dessus sur les événements, et la première étape est de ne laisser à Léoryan aucune possibilité de te mener par le bout du nez. Alors, lui devoir quelque chose, être son obligée… cela ne te semble pas la meilleure des manières d’assurer ta position de supériorité dans ce manège saugrenu qu’on vous force à jouer.
(Aborder ce plan insensé sur un pied d’égalité ? L’idée ne te traverse même pas l’esprit. La faiblesse, c’est la déchéance, voilà bien ce que tu as retenu de ton enfance dans la misère : alors, tu seras forte, pour que personne, jamais, ne s’imagine pouvoir t’écraser sous sa botte.)

Notre demeure, dit-il.
Pour lui, tout semble déjà réglé.
Toi, tu as encore du mal à avaler la notion d’avoir un nouveau Liant, dans de telles conditions.
Et lui, il… il rougit. Sérieusement ? Et le pire, c’est que ce qu’il te sort est parfaitement sincère – tu ne détectes aucun mensonge dans ses explications un peu hésitantes, juste une gêne palpable. « … Je comprends. Aucun problème. Tant qu’on est d’accord, ça me convient. »
Il évite ton regard, et tu ne sais pas vraiment quoi penser de lui. Sa politesse excessive t’irrite quelque peu – cessera-t-il seulement de te vouvoyer un jour ? Mais il ne semble pas particulièrement hostile, en dépit de la réputation qu’on lui fait (et de ton attitude envers lui depuis votre rencontre, bon). Le plus étrange, dans tout ça, c’est que son embarras ne t’apporte aucune satisfaction. Tu devrais t’en réjouir, pourtant, non ? Te féliciter d’avoir déjà le dessus sur lui, de mener vos échanges. D’être la maîtresse de vos échanges.
Ce n’est pas le cas. Il y a une part de toi, bien cachée derrière ta carapace de prétentions et de faux-semblants, qui regrette la complicité qu’Isilde avait su instaurer entre vous… et qui s’inquiète, un peu, de la tristesse discrète que tu crois discerner lorsque vos regards se croisent brièvement, juste l’espace d’un instant. Il ne te laisse pas le loisir d’investiguer plus avant : te voilà chargée de repérer d’éventuels passages secrets et autres escaliers dérobés.

C’est un concept intéressant : tu as un appétit certain pour les histoires qui en mentionnent, et l’idée d’en avoir un dans ton logement te séduit tout autant qu’elle t’angoisse. Oui, ce serait utile de pouvoir se cacher en cas de besoin, voire de te déplacer sans que Léoryan n’en ait connaissance ; mais d’un autre côté, lui pourrait en faire tout autant, et l’idée d’être prise en défaut à l’improviste… n’est pas très rassurante. C’est donc avec un soin très appliqué que tu fais le tour de ce qui sera très bientôt ta chambre, tapotant chaque lambris, chaque moulure et chaque plinthe ; appuyant sur toutes les pierres, et inspectant minutieusement tous les angles. Quand la voix de ton futur Liant s’élève à nouveau derrière toi, de longues minutes ont passé, et tu es à peu près sûre que ta chambre est dépourvue de tout mécanisme d’ouverture.

« Non, je n’ai rien trouvé. Par contre, je sais exactement où je mettrai des tapis, le plancher grince par là. » expliques-tu, en désignant de l’index un pan de mur près d’une des fenêtres. « Je ne pense pas que ça cache un passage secret, et si jamais c’en est un, il ne mène clairement pas au grenier. »

Lui, visiblement, il a trouvé quelque chose : il tient un tabouret, de fort belle facture d’ailleurs à en juger par ses pieds ouvragés, et tu admires une seconde la finesse du travail réalisé. Puis la question s’impose : d’où vient-il, ce joli meuble que tu n’as pas le souvenir d’avoir aperçu dans les pièces visitées ? Tu rejoins le Ragan dans le couloir, sous la trappe menant au dernier étage. Espérons qu’elle est équipée d’une de ces échelles qui se déploient automatiquement lorsque la trappe est ouverte…

« Ça vient d’où, ça ? Tu as trouvé des meubles, quelque part ? » Un brin d’espoir s’est glissé dans ta voix. « Est-ce qu’il y avait du mobilier qu’on pourrait utiliser ? De la vaisselle, des draps peut-être ? Des rideaux ? Quoi que ce soit d’utile ? » Tu te forces à t’arrêter avant d’en venir à énumérer tous les articles dont tu aimerais agrémenter ta chambre et vos espaces de vie communs. Des tapis, au nom de tout ce qui est sacré ! Des foutus tapis, moelleux et épais, pour réchauffer tes pieds le matin en hiver, sur lesquels tu pourrais t’affaler pour lire devant la cheminée, et qui étoufferaient le bruit des pas de ton colocataire quand tu auras besoin de dormir. De jolies tentures pour égayer les murs, et vous faire oublier que cette tour à la renommée sinistre est un peu la prison dans laquelle les officiels de l’école ont décidé de vous reléguer. De l’encens et des brûle-parfums, pour effacer la triste impression produite par votre macabre trouvaille à la cave. Une machine à coudre, peut-être, pour remplacer celle de ta mère que tu n’as pas pu emporter en partant et dont, curieusement, l’usage te manque ? Une platine et des disques, que vous pourriez installer dans le bureau pour écouter de la musique parfois ?

N’importe lequel de ces objets te comblerait de joie, et tu es suspendue aux prochaines paroles de Léoryan, les yeux emplis d’espoir.
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Slyve
Slyve
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UNIVERS FÉTICHE : Romance / Fantastique
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Léoryan
Thyriel

J'ai 19 ans et je vis à Hégémonia, en  Lustria. Dans la vie, je suis étudiant-mage d'ombre. Mon existence a beaucoup changé, ces derniers temps. J'ai autrefois été un étudiant lambda, puis un Hégémonien et enfin un Cendré. Je vais bientôt avoir un nouveau Liant.





Je ne peux retenir un léger sourire, en voyant que le lourd tabouret rapporté fait son petit effet.
Ma camarade a tout de suite remarqué que ce nouveau meuble ne faisait pas partie de ceux que nous avions croisés durant notre visite de la tour.
Ses yeux pétillent. Ainsi, c’est face à un tabouret que le visage de Yenariel se métamorphose pour offrir des élans d’humanité.
Je prends mon temps pour répondre. Cela me plaît de faire grandir le désir de connaissance, chez ma  partenaire.

« Je vous montrerai tout à l’heure. J’ai trouvé ce tabouret dans la pièce vide, figurez-vous. Pour être plus pragmatique, je pourrais citer des chaises, un bureau, de lourds rideaux. Peut-être un tapis, je ne sais plus trop. »



Il ne m’est pas venu à l’idée de lui parler du piano. Et pourtant, sa vue fut un baume. J’étais l’un des seuls à avoir suivi les cours de musique, cette année. Chez moi, nous n’avions pas du tout l’argent pour cela. Toutes les économies de mes parents servaient au strict nécessaire. Ainsi, bien que ces cours soient optionnels, j’avais décidé de venir prendre des cours. J’avais commencé par un peu de violon et de hautbois. Mais c’est finalement le piano qui a remporté tous les suffrages ! Celui de l’étage inférieur semblait ancien, mais aussi maintenu par magie. Alors…
Je pose mon regard vers la chambre réservée par la disciple de Krysta. Je marche doucement vers l’endroit qu’elle m’a indiqué. Mes mains se posent sur le sol, pour entamer une inspection. Des craquements se font entendre, comme d'après ses dires.
Je me relève et fait un non de la tête, en direction de Yenariel.
Autours de moi, c’est immense, rien à voir avec la petite chambre froide qui m’attendra de l’autre côté de l’escalier.

Le tabouret est sous la trappe.
Nos regards se focalisent dessus.
Impatience ou appréhension?
Curiosité ou tremblements?

« Yenariel, tenez-vous sur vos gardes… On ne sait jamais. Et il y a fort à parier que s’il y a des spectres, ils seront sensibles à la magie de Krysta que vous cultivez….même si je n’y crois pas une seconde. »

C’est vrai ! Yenariel est une personne en or à avoir avec soi, pour ce genre de mission. De mission? Je me prends tout de même très au sérieux, nous sommes juste en train de visiter la tour dans laquelle nous allons habiter.

« En ma main, la poigne qui bâtira nos lendemains,
  
  En mon bras, la force de protéger nos idéaux,
  
  En ma tête, la  capacité à déjouer toute malice
  En mon coeur, la bravoure de faire ce qui est juste » 




Je le dis à voix basse, dans un doux murmure. Ma mère m’avait appris ces mots. Elle les tenait de son père, qui les tenait lui-même de son père. Ces quelques phrases dataient des jours qui ont vu poindre la guerre. Pas celle contre les monstres, mais de celles qui déchirent les hommes. On me les a enseignés, comme un code à suivre. Pourtant, je n’avais aucun lendemain à bâtir, rien à protéger, aucune malice à déjouer ni de justice à rendre.  Aujourd’hui, c’est différent.
A l’époque, ces quelques mots m’offraient un refuge, pour toutes les fois où j’avais besoin de courage, où j’avais peur. Ils me servent encore aujourd'hui.
Cela me rassure qu’une mage de lumière soit à mes côtés.
 Je m’agrippe à la trappe et inspire profondément.

A la une, à la deux, à la trois.

Mes bras se contractent  et parviennent à soumettre les gonds rouillés ainsi que le bois vieilli.
C’est dans un grincement sépulcral que s’ouvre une voie sombre, s'élevant vers les toits.
Pour tout dire, je ne vois rien.
Je chuchote, tout en restant vigilant.

« Pourriez-vous me passer la lanterne? »


Je sens le parfum d’agrume s’éloigner un instant, puis se rapprocher de nouveau. Force est de constater la présence de rails sur le dessus de la trappe. Il a dû y avoir une échelle, un jour.
Peu de temps après, je pouvais faire glisser quelques faisceaux lumineux sur les ombres du grenier. Pour l’instant, je ne voyais aucune échelle. Je pris mon courage à deux mains, afin de me hisser là-haut.
Rien en vue.  
Tout semble sans danger

« Périmètre sécurisé »


J’avais une envie folle de prononcer ces mots d’une voix robotique. Mais je préfère éviter de passer pour un fou, même pour détendre l'atmosphère. 
Je tends une main à Yenariel.
Je ne suis pas dupe sur le fait que possiblement, elle ne voudra pas s’en saisir. Mais au moins, j’aurais fait l’effort.

Il est temps d’inspecter plus attentivement ce qui se trouve dans ce grenier. Nous allons devoir nous contenter de la lanterne : ici, pas de fenêtres.

Il y a un bazar démentiel ! Des tables, des commodes, des meubles à tiroirs, des..tiroirs sans meubles. Je pose la lanterne sur une table, un peu plus haute que le reste de ce gigantesque puzzle d'objets en désordre, afin de nous faire un éclairage un peu plus étendu et équitable. Je distingue que les murs sont en vérité précédés de grandes armoires remplies de livres. Certains sont par terre, bien sûr.

« Avec toutes ces bibliothèques, nous aurons de quoi lire pour un moment. »

Je présume que ma partenaire est une amatrice de lecture, d’où cette petite phrase à son attention.
Dans cette pièce, contrairement à d’autres de la tour, il y a de la poussière, beaucoup de poussière. J’ai parfois l’impression de distinguer des empreintes de pas sur ce tapis poussiéreux. Mais ce n’est rien, enfin, je crois. Rien que mon imagination.  
Sous des espèces de tentures vieillies, se trouve toute une panoplie d’équipements de cuisine. Tout y est : poêles, casseroles, plats, vaisselle, maniques... J’ai un grand sourire à la vue de tout ce matériel.
Yenariel semble avoir repéré tout ce qui concerne la literie, dans des vieux sacs tressés.
Il y a même une vieille machine à écrire, au-dessus de l’une des bibliothèques.
Mon esprit se met à imaginer les touches s’enfoncer seules. Cela me déplaît beaucoup et je me rapproche de la jeune femme blonde.

« C’est chouette ici, hein? »

Vieilles cartes du monde, instruments de mesures, feuilles vierges ou non, crayons, morceaux de bois, outils, canne à pêche, vieille machine à café, vinyles, vieux clous, tapis, table basse, lampes torches, gourdes, légumes pourris, vieille télévision carrée... tout y passe !
Je finis par tomber sur une échelle et la replace aussitôt sur les rails de la trappe. Cela fonctionne à ravir et nous permettra de revenir ici plus simplement à l'avenir. 



Nous convenons de faire différents tas, en fonction de l’utilité des objets. Lorsque j’ai des doutes, et cela ne manque pas, je demande à mon alliée : Yenariel a un esprit pratique et arrive souvent à voir une utilité, voire un futur emplacement aux objets, là où je n’en vois pas. Il y en a partout!
Je rattrape même de justesse ma future Liante, dont les pieds s’étaient accrochés à une vieille corde maintenue aux extrémités par des sacs d’anciens vêtements.

Petit à petit, le contenu du grenier s’éclaircit.

En faisant un dernier tour avec la lanterne, nous repérons une porte, derrière une des bibliothèques.
Nous vidons quelque peu cette dernière de ses entrailles de papier avant de la déplacer, ses pieds raclant contre le sol, soulevant des copeaux de bois, au milieu de poussières virevoltantes.
J’épargnai à Yenariel la dangereuse place de l’éclaireur en posant ma main sur la poignée.

Lorsque la lumière vint éclairer la pièce, mes yeux se mirent à briller.
Quel spectacle ! 

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Aura
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Yenariel
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J'ai 18 ans et je vis à Hégémonia, en Lustria. Dans la vie, je suis apprentie-mage de lumière et je suis connue comme étant une Cendrée. Sinon, je suis froide, fière et persifleuse, mais également studieuse, déterminée et observatrice et je rêve de faire mes preuves.


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→ La tour Solitaire (Tour Tanguy, Brest)
Extérieur - Intérieur

→ L'observatoire :
Le toit - Le téléscope (Quito Astronomical Observatory)

Oh. Un mensonge. Formel et total ! Visiblement, si les fantômes existaient, ta magie ne pourrait pas grand-chose contre eux, bien que Léoryan tente de te faire croire le contraire. Mais les spectres et autres revenants n’existent pas, tu en es fermement persuadée – tout le monde sait, par chez toi, que ce sont juste des racontars de bonne femme, des histoires qu’on se raconte le soir au coin du feu pour passer le temps et faire peur aux enfants, afin qu’ils se tiennent tranquilles un jour ou deux. Peut-être aussi une manière de repousser les préoccupations du quotidien, en remplaçant les monstres bien réels qui menacent tout un chacun, par des chimères illusoires que tout le monde sait inventées. Une façon de se rassurer.
Tu ne sais pas vraiment, mais en tout cas, toi, tu n’y crois pas. Tu aimes frissonner devant la cheminée en écoutant un narrateur talentueux imiter un râle d’outre-tombe, mais tu n’es pas du genre à en perdre le sommeil pour la semaine qui suit ! Ton futur Liant serait-il plus impressionnable que toi ? Ça vaudrait presque le coup de lui faire une petite frayeur, à l’occasion, en jouant les âmes en peine en quête de repos éternel…

Non. Tu écartes cette idée aussi vite qu’elle t’est venue, et tu en rougis même un peu. De honte. C’est une chose d’être la meneuse du duo, mais tu ne veux pas pour autant devenir la tortionnaire de celui qui est censé devenir ton soutien le plus inaliénable. Pour peu qu’il soit réellement de bonne foi et qu’il ne compte pas te faire du mal (tu resteras tout de même sagement vigilante), tu risques de te le mettre à dos définitivement et ce n’est pas le meilleur départ pour une équipe de mages.
Peut-être quand vous vous connaîtrez mieux.
Tu as le temps d’y réfléchir.

Pendant que tu méditais ton éventuel méfait, ton coéquipier a forcé la trappe à s’ouvrir, et te réclame la lanterne. Tu la lui fais passer, et tu l’observes tandis qu’il se hisse sous les toits à la force de ses bras. Pas de hurlement désarticulé, pas d’effusion de sang, aucun coup fourré : cela semble à peu près sûr et tu grimpes sur le tabouret à ton tour. Le Ragan te tend la main, et ta première impulsion serait de repousser fermement son offre d’assistance, pour toutes les raisons que tu t’es répété en boucle depuis votre rencontre ce matin. Mais force t’est de reconnaître que tu n’auras pas assez de bras pour simultanément retenir tes jupes élégantes mais fort encombrantes, t’agripper au cadre de la trappe, et te hisser à l’étage du dessus. D’un geste résigné mais prudent, tu attrapes sa main – premier vrai contact entre vous, et tu refuses de t’attarder sur la symbolique de ce geste tandis qu’il te hisse par l’ouverture. « Merci. » lui dis-tu simplement, avec un signe de tête très formel. Dans la lumière chiche de la lanterne posée à côté de vous, tu observes autour de toi, à genoux dans la poussière qui va certainement laisser sa marque sur tes vêtements clairs.

Quel désordre ! Un bric à brac sans queue ni tête vous entoure de tous les côtés, jusqu’au mur qui sépare apparemment la pièce en deux et qui disparaît presque derrière un désordre indescriptible. Léoryan déplace la lanterne et l’installe sur une table pour mieux éclairer l’endroit, et ton regard court ici et là, cherchant à discerner les formes des meubles, des objets, pour repérer d’éventuelles trouvailles parmi ce bazar. « Tous ces livres… ! » murmures-t en réponse à la remarque de ton équipier, un peu abasourdie par leur nombre considérable. Il y en a partout : sur les commodes, dans les bibliothèques, en piles au sol, dans les tiroirs entrouverts, et tu aperçois même un ouvrage fatigué, ouvert à cheval sur une poutre, visiblement en équilibre précaire. Te relevant prudemment, tu avances de quelques pas, tournant la tête de tous les côtés pour continuer ton inventaire sommaire. Là ! Dans ces paniers tressés, est-ce que… ? Tu t’approches et soulèves les couvercles d’osier, avant de fouiller méthodiquement dans les piles de tissu. « J’ai trouvé les draps, et là-dedans c’est un édredon je crois… Il y a d’autres paniers derrière, je pense qu’on aura de quoi habiller nos lits. Il faudra juste les laver avant… » Tu as déjà dormi dans la paille, mais tu refuses de le faire dans la poussière !

Il est mal à l’aise. Tu perçois le mensonge derrière son petit commentaire, et tu inclines la tête sur ton épaule gauche dans un geste qui t’est familier, plissant à demi les yeux pour le dévisager, plongée dans une grande concentration pour tenter de comprendre la nature de sa tromperie. « C’est… inespéré, oui. Une découverte intéressante, nous pourrons trouver un usage à la majorité de ce tout ça. » Est-ce la réponse qu’il attendait ? Est-il en train de te tester ? Impossible de le savoir. Il finit par dénicher une échelle, que tu l’aides à glisser dans les rails prévus à cet effet. « Il y a peut-être un monte-charge, plus loin, pour descendre tout ça dans les étages… Je crois qu’il y avait une trappe de monte-plat, dans la cuisine tout en bas, je n’ai pas pensé à vérifier, mais il donne sûrement dans la pièce vide du premier étage. Il y en a peut-être une dans ta chambre, il n’y en avait pas dans la mienne en tout cas – et une ici. Dans l’autre pièce, peut-être. »
Elle est inaccessible, pour le moment, tant les lieux regorgent de désordre.

Impossible de dire combien d’heures vous passez à trier – tu as trouvé une collection d'ampoules un peu défraîchies et abîmées, que tu t’es empressée d’enchanter pour qu’elles vous procurent plus de lumière. Vous êtes à présent bien éclairés et le temps file tandis que vous remettez de l’ordre dans le grenier. Ta robe est devenue d’un gris assorti à celui de tes mains, et la peau de ton visage est aussi poussiéreuse que tes cheveux, mais tu es satisfaite : vous serez raisonnablement bien installés ! Tu as même trouvé une collection de tapis, enroulés derrière deux grosses armoires, que tu te feras un plaisir d’installer dans les différentes pièces. Du doigt, tu désignes une forme à peine discernable sous les sacs de vieilles tentures. « Je pense que c’est un lit, un grand. Il n’a pas de baldaquin, mais s’il est en bon état on devrait pouvoir te le descendre. Tu serais mieux installé. »
Oui, tout à l’heure encore tu envisageais de le faire dormir sur la banquette de pierre de l’étude. Tu n’as jamais prétendu être la plus constante des femmes !

Vous unissez vos efforts pour déplacer une bibliothèque branlante et vermoulue – et voilà, la porte menant à l’autre partie du grenier ! Léoryan ouvre le battant – ouf, il n’est pas fermé – et tes yeux s’arrondissent de stupeur. Dans la lumière de votre première lanterne qu’il tend à bout de bras dans l’autre pièce, un objet particulièrement massif étincelle de mille reflets dorés. Distraitement, tu te fais la remarque que tout est impeccablement rangé, de ce côté-ci du mur – il y a des bureaux le long de la paroi extérieure, des volets en bois masquant une ouverture visiblement conséquente – mais tu ne parviens pas à détourner ton attention de la merveille que vous venez de découvrir. Tu en as presque le souffle coupé, et dans ta stupeur tu saisis la main libre de ton Liant, comme pour t’assurer que c’est réel, que tu n’es pas en train d’halluciner. Il y a dans tes yeux une allégresse hésitante, lorsque tu les reportes sur lui – une question, une demande de confirmation, qui n’ose pas se formuler. « C’est un téléscope… ! » lui murmures-tu dans un soupir incrédule, estomaquée de trouver un appareil si précieux dans un recoin oublié de tous.

Tu avances de quelques pas, le tirant machinalement derrière toi – car tu ne l’as pas lâché, inconsciente de ton propre geste qui t’agrippe à lui comme à une balise de survie – et tu poses délicatement ta main libre sur le bel outil d’astronomie. Ton plus grand rêve, concrétisé devant toi. Avez-vous seulement le droit de toucher ce trésor… ? Oh ! Et puis tant pis ! « Mieux vaut demander pardon que permission… » chuchotes-tu amoureusement à l’instrument que tu caresses du bout des doigts. « Toi et moi, on va devenir très proches, mon mignon, tu verras… ! » ajoutes-tu, comme une promesse solennelle.
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Slyve
Slyve
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Léoryan
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J'ai 19 ans et je vis à Hégémonia, en  Lustria. Dans la vie, je suis étudiant-mage d'ombre. Mon existence a beaucoup changé, ces derniers temps. J'ai autrefois été un étudiant lambda, puis un Hégémonien et enfin un Cendré. Je vais bientôt avoir un nouveau Liant.





Pour avancer, on tourne toujours le dos à quelque chose !
C’est un fait ! Totalement inéluctable !
Dans mon dos, des livres de toutes sortes qui attendent d’être lus par une nouvelle lectrice férue d’asseoir sa soif de connaissances. De vieux livres, finement ouvragés qui subissent les effets du temps.

Des tas !
Des énormes tas, qui a bien y regarder sont composés d'autres, plus petits.
C’est qu’il nous a fallu regrouper les objets en fonction de leur utilité, des endroits où ils iraient dans la tour, de leur taille.
Je ne suis pas mécontent d’en avoir terminé, à dire vrai. Je finissais par être fatigué par cette tâche éprouvante qui à présent se trouve…

Derrière nous : l’obscurité, remplacée par des ampoules enchantées.
Elles étendent leur lumière dans la pièce que nous avons triée, tout en venant accompagner leurs rayons chatoyants sur la première moitié de cette nouvelle pièce. Ma future Liante a vraiment de bonnes idées. Cette magie lumineuse fut des plus utiles, dans les recoins sombres de la tour. Cela nous a permis de bien mieux trier, et de repérer d’un coup d’œil quels meubles viendraient trôner dans nos chambres respectives ou dans les parties communes. Beaucoup des tapis ont d'ailleurs été placés dans le tas que se réserve mon alliée. J’ai remarqué que Yenariel est restée très centrée sur notre travail commun, mais de toute évidence, elle reviendra seule pour laisser vagabonder son regard sur les beaux livres anciens. J’ai peu lu, pour ma part. Je n’ai jamais vraiment trop su par où commencer, cela ne me parle pas, ne me parlait pas. Comme Cendré, j’ai malgré tout compensé le manque de présences par la lecture. La poésie fut mon principal refuge contre la solitude, alors peut-être viendrai-je fureter ici, moi aussi, de temps à autres, à la recherche d’évasion.

Dans l’embrasure de la porte, je laisse derrière moi une fille aux jupes blanches immaculées. Ces dernières ont été remplacées par des jupes assorties au Gris de notre couleur hybride. J’ai été surpris, Yenariel.. Surpris de voir combien tu pouvais t’investir dans quelque chose, même dans la saleté, combien tu as pu mettre ton égo de côté pour travailler sur notre but commun… Combien même tu as supprimé cet égo et fait cela avec simplicité.
Je n’étais pas ton esclave cette fois, et tu t’es donné du mal, dans une collaboration d’égale à égal. Je t’ai mal jugée, je te demande pardon.
Autrefois tu me vouais à la banquette en pierre, et à présent, tu me proposes un grand lit.
Si cela semble infime, pour moi il n’en est rien. Recevoir de l’estime, renoue mon quotidien.
Dans une tour, à sa cime, se déploient nos destins. Que futur et joies riment, qu’ils se prennent par la….

Pour avancer, on tourne toujours le dos à quelque chose.
Où est-il donc passé ce visage fermé?  Qu’as-tu fait de cette pudeur, de cet air supérieur?
Les aurais-tu placés dans le tas des objets à jeter? Es-tu trop émerveillée pour penser à me haïr? 
Ô Yenariel, qui es-tu donc? Ce visage radieux et émerveillé est-il le tien? Est-ce lui que tu cherches tant à cacher, sous ces airs implacables et ces paroles tranchantes? Es-tu cette enfant de lumière qui s’émerveille à la vue des étoiles? Cette enfant, qui a choisi Krysta pour briller autant que les astres qui inonderont bientôt la longue vue spatiale qu’elle chérit déjà du regard?

Quelle ne fut pas ma surprise quand ma future Liante prit ma main dans la sienne. Une petite main, blanche et douce. Je frissonne très légèrement à ce contact. J’ai une très légère gêne avant de réaliser qu’elle est totalement ailleurs et que la vue du télescope semble avoir réveillé quelque chose en elle. N’en avait-elle pas un grand dans la demeure familiale des Ascalide?
 Un encore plus grand que celui-ci? La gêne ne dure qu’un temps. Mais autre chose est là… Depuis combien de temps n’ai-je pas reçu ce genre de contacts?
Une petite éternité.
Seules deux femmes ont tenue ma main dans la leur.
Tout d’abord, il y avait feu ma mère, qui a si bien veillé sur moi, alors que j’étais enfant et encore ignorant de la vie… Ma sœur a également eu ce geste envers moi. Elle aussi, elle en avait une toute fine et menue. Mes yeux se voilent légèrement…Ces souvenirs sont à la fois les plus beaux et les plus douloureux que je possède. Ils sont tout ce que j’ai et tout ce que j’ai jamais eu. C’est cette maudite école qui m’a éloigné de ma petite Lilia… Où est-elle, maintenant? Nos seules permissions sont durant le 8ème mois de chaque année, du moins en théorie. Je n’ai pas encore eu l’occasion de la revoir. J’aurai dû veiller sur elle…Comment peut-elle se débrouiller toute seule? Pourquoi m’avoir éloigné d’elle? Pourquoi cette obligation? Je n’ai jamais choisi d’aller à Hégémonia. Ma place était prés de ma famille. Et je n’aurai jamais dû entrer dans cette école, je n’avais même pas les capacités pour. Ma Lilia…ma petite sœur adorée, mère…Il ne passe pas une journée sans que je pense à elles…Quelle maudite vie. Se retrouver lié à des inconnus pour combattre des menaces insurmontables…Je n’aurai jamais dû être sélectionné à Hégémonia normalement, je le sais. Je le sais… J’aurai souhaité mourir, je l’avoue. Je n’ai jamais créé de vrai lien avec Byron et j’aurai sans doute dû y passer à sa place. Et après, cette vie recluse, bordée de haine et de mépris…J’ai déjà pensé à en finir…De plus, ma réputation, ma maudite réputation ! A quoi bon tout cela ?

Où en étais-je déjà? ah oui ! Le contact de cette main sur la mienne. Cela faisait des années. Mais là, aujourd’hui, cette fille qui semblait me détester a pris ma main. Elle est la seule personne hors de ma famille qui a réalisé ce geste. Yenariel…
Je modère ma respiration. Je me sens étrange. A la fois triste, à la fois heureux et apaisé.
C’est étrange. J’ai ce sentiment familial de petit garçon… Comme ce besoin d’une mère, d’attentions… J’avais parfaitement oublié que cela pouvait exister. C’est le premier geste réellement gentil que quelqu’un a envers moi depuis tant de temps…
Je suis debout comme un enfant, fixant mes pensées.
Elle est debout elle aussi, comme une petite fille qui s’émerveille de quelque chose.
Elle tient la main d’un père qu’elle tire pour s’approcher de l’objet de ses convoitise.
Et moi, je suis au bras d’une personne chère…enfin, c’est ce qui aurait dû être. Une sœur, une mère..
Deux enfants qui se tiennent la main pour des raisons différentes.
Débute alors une folle partie de mimétisme, de jeu du Jacques à dit.

Elle avance.
Je la suis.
Elle me tire légèrement.
Je m’efforce de suivre pour qu’elle ne soit pas ramenée trop vite à la réalité.
Elle touche le télescope.
Je le touche à mon tour.
Elle parle au télescope.

Je me tais !

A dire vrai, je préfère ne pas parler pour l’instant, pour que le moment perdure. Peut-être est-ce un peu malsain, ou que j’abuse de la situation, je ne sais pas…Mais comment faire autrement? Quelqu’un m’apporte enfin un petit quelque chose. Autant en profiter alors.
Que se passera-t-il, lorsque tu prendras conscience de tout cela Yenariel?
Je me doute bien que tu n’en es pas pleinement consciente, en ce moment.
Que vas-tu faire, alors?
Tu vas regretter et être mal à l’aise, sans doute. Ou alors, vas-tu compenser en étant encore plus hautaine et désagréable que tu n’as déjà pu l’être?
J’aimerais bien que cela n’arrive pas, que ce moment ne soit pas brisé en mille morceaux par les coups de ta fierté. Je retomberais de haut alors. J’ai seulement l’envie de conserver le peu que j’ai reçu, même par inadvertance, même si c’est à la place d’un autre et même si je ne le mérite pas. Cela me rappelle un peu que j’existe, d’une certaine façon.
Alors j’ouvre la bouche à mon tour, pour bien montrer que je ne manque pas d'aise en cette situation, qu’il n’y a pas de gêne à avoir. Je m'exprime d'un ton calme.

« Il est magnifique. Je les ai toujours beaucoup regardées de chez moi, à l’œil nu. Les astres me fascinent, mais je ne les connais pas du tout. Vous  pourriez m’apprendre? »


Yenariel est plus cultivée que moi, c’est évident. Dans sa famille, on lui a sans doute mis tôt un télescope entre les mains, en lui racontant l’histoire merveilleuse de chacune des constellations. Elle doit être consciente de sa place dans l’univers. J'ai prononcé la dernière phrase entre la question et l'affirmation.

Le moment se termina finalement. Il fallait bien que cela arrive. J’ai encore la sensation de cette main sur la mienne, de la chaleur et l’empreinte qu’elle a pu laisser.
Je me sens encore un peu étrange. Ce moment était hors du temps, hors de la réalité. J’ai passé un moment avec ma sœur et ma mère, par l’intermédiaire de ma Liante. Future Liante !
Je regarde les différents meubles qui longent la paroi. Sur ces bureaux, il y a de nombreux papiers, enroulés, tels de mystiques parchemins. Ce sont en réalité des plans d’astronomie, des feuilles de calculs, des mesures. Je distingue un globe sombre qui me fait de l’œil. On a le sentiment que la galaxie se meut à l’intérieur, par un effet de jeux de lumières et de couleurs.
Il y a de nombreux livres , parfaitement rangés, qui ont l’air de porter sur diverses mythologies, le cosmos... Certains parlent encore de l’histoire de l’Hégémonia, des premières apparitions de monstres. Du moins, c’est ce que j’en déduis, par rapport aux titres. Du coin de l’œil, je remarque l’attrait toujours présent de ma camarade pour le télescope qu’elle regarde régulièrement.
Je me décide à ouvrir en grand les immenses volets qui bloquent la vue du télescope. Il y a de petites estrades qui permettent d’accéder à cette hauteur. Mais les voilà qui résistent comme des diables à mes poussées frénétiques. Yenariel remarquant ma difficulté vient m’apporter son aide, afin de décoincer ces morceaux de bois qui résistent drôlement. Chacun se met sur une des estrades, en forçant. Quel ne fut pas notre soulagement de voir que nous avons finalement réussi à mettre un bout de ciel dans notre observatoire, au sommet de notre tour.

Le soir est tombé.
Je ne m’en étonne qu’à moitié, avec le temps qu'il nous fallut pour trier tous les bibelots de la salle précédente. Nous avons passé des heures entières dans cette tour. L’air frais me fait du bien. Je le laisse caresser mon visage.
J'esquisse un petit sourire en direction de Yenariel, qui, je n’en doute pas, apprécie aussi notre avancée, alors qu'un petit courant d'air vient voleter sa chevelure blonde.

Me voilà reparti à analyser la pièce, une ampoule enchantée à la main.

« Peut-être pourr..iez-vous vous essayer à voir comment fonctionne le télescope? Il ne reste pas grand chose à observer dans la pièce. Et maintenant que le lieu d’observation est dégagé ! ».

C’est une fleur que je lui fais - non, un remerciement- devant son enthousiasme face à la lunette astrale. J’observe une difficulté momentanée au vouvoiement. J’ai bien failli la tutoyer, à l’instant.
Je continue mes recherches. Il y a cette grande porte de fer, non loin de l’endroit où nous sommes entrés, qui ne semble pas vouloir s’ouvrir. Non loin d'elle, un trou pour une plaque en cuivre sans doute, mais cette dernière est manquante.
Je soupire.

Bon ! Je fouille les différents tiroirs des bureaux qui sont essentiellement remplis de plumes, d’encre, d’instruments de mesure en tout genre, de papiers. Et finalement, dans le bureau le plus éloigné, je retrouve la plaque en cuivre, plus foncée que celles observées jusqu'à présent.
Elle se pose tout naturellement dans l’emplacement côtoyant la massive porte en fer.
Une lumière orangée vient faire le tour de la plaque, calmement. Finalement, dans un bruit métallique sourd, la porte s’ouvre, dévoilant le monte-charge qui avait dû permettre aux scientifiques de monter les pièces démentiellement lourdes du nouveau joujou de Yenariel.

« Yenariel, j’ai trouvé l’ouverture du monte-charge. Vous voudrez venir inspecter avec moi? »

C’est un immense monte-charge , avec un intérieur tout en bois. Dieu sait quels endroits de la tour il dessert. Je ne peux m’empêcher d’imaginer de nouvelles pièces cachées, même si je n’envisage pas une seule seconde où elles pourraient être. J’imagine aussi des spectres qui viendraient bloquer le monte-charge. Et voilà que je me fais peur à nouveau, bêtement. Il n’y a pas de fantômes ici, et c’est tant mieux ! Il n’y a que nous, et les anciens locataires de la tour. 

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Aura
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Yenariel
Ascalide

J'ai 18 ans et je vis à Hégémonia, en Lustria. Dans la vie, je suis apprentie-mage de lumière et je suis connue comme étant une Cendrée. Sinon, je suis froide, fière et persifleuse, mais également studieuse, déterminée et observatrice et je rêve de faire mes preuves.


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→ La tour Solitaire (Tour Tanguy, Brest)
Extérieur - Intérieur

→ L'observatoire :
Le toit - Le téléscope (Quito Astronomical Observatory)

Les étoiles te font rêver depuis ton enfance, et tu te demanderas toujours si c’est la part de toi qui t’a orientée vers Krysta. Il y aura perpétuellement dans le secret de ton cœur un peu de la petite fille de naguère, qui promenait sa blondeur dans les champs de blé la nuit l’été, pour s’y affaler à plat dos et contempler entre les épis les dames éternelles du firmament qui scintillaient, si loin au-dessus d’elle. Rien que d’y repenser, tu fermes les yeux et tu inspires à pleins poumons - et ce n’est pas la poussière que tu respires. Non, tu sens la chaleur résiduelle un peu âcre du champ baigné par le soleil toute la journée et qui se calme une fois la nuit tombée - tu entends les cigales chanter et les grenouilles croasser, le long du cours d’eau qui irrigue vos terres avant d’aller se jeter dans la rivière à l’autre bout de la vallée. Sur ta peau, ce n’est plus la soie immaculée et le satin écru de Krysta, ni le cuir des chaussures élégantes fournies comme complément de l’uniforme. Non, tu sentirais presque la caresse rustique des robes de lin un peu rêches que toutes les petites filles portaient alors, battues aux épaules par des sempiternelles nattes de toutes les teintes.

Dans ta toute jeunesse, les monstres ne ravageaient pas encore ta campagne - jusqu’à tes sept ans, tu pouvais venir observer la nuit dans le calme des champs à côté de la maison, sans courir trop de danger. Puis il a fallu que tu deviennes agile, pour éviter les rondes de ton père, de tes oncles et de tes frères pour tenir loin de votre foyer d’éventuels maraudeurs. Au fil des mois, les réfugiés ont commencé à affluer, à s’installer - à voler, à détruire, à menacer. A l’âge de 12 ans, tu ne voyais plus les étoiles que depuis l’ouverture étroite de ta chambre de fortune, à l’étage de la grange. On te gardait enfermée le plus souvent, à apprendre la couture auprès de ta mère tandis que tes frères partaient aux champs, la faux dans une main et l’épée dans l’autre. Puis les monstres ont commencé à se faire remarquer aux alentours, et à partir de là l’ambiance s’est considérablement alourdie à la maison. Tu as continué ta vie en recluse dans ta propre maison - même la grange ne t’était plus accessible que la journée, et l’on te faisait dormir dans la cuisine, avec les plus jeunes de tes frères, sur des matelas posés au sol. Ton départ pour Hégémonia est venu comme une libération, à tous les égards.

Les étoiles sont devenues un idéal lointain que tu ne pourrais jamais atteindre ; et l’errance dans la nature endormie un soir d’été, un souvenir béni d’un temps où la vie était bien plus simple. Bien sûr, l’année écoulée, tu regardais le ciel la nuit, parfois ; mais entre les cours et les missions, la fatigue aidant, tu avais bien peu de temps à consacrer à ce loisir - d’autant plus que la majorité de tes loisirs étaient absorbés par l’apprentissage accéléré des manières et de la culture nécessaires à quiconque tente de se faire passer pour bien-née…

Léoryan parle soudain, et le retour à la réalité est… brutal. Je retire la main du télescope comme si le fouet l’avait brusquement cinglée - et l’autre, de la sienne, comme s’il m’avait brûlée, les enfonçant prestement dans les poches de mes jupes. Faire comme si de rien n’était semble pertinent, et je me focalise sur sa demande. Que je doute de pouvoir satisfaire. « Je n’ai pas eu l’occasion de manipuler de tels instruments par le passé. Dans la demeure où j’ai grandi, les jeunes filles ne pouvaient bénéficier d’une instruction dans ces sujets savants. » Stricte vérité ! Même si c’était plus une question de pauvreté crasseuse que d’idées obsolètes et absurdes sur les capacités scientifiques des cerveaux féminins. « Toutefois, j’ai pu consulter de nombreux livres traitant d’astronomie, et cet endroit est rempli de cartes et de manuels. Nous pourrons sûrement faire bon usage de ce trésor. » J’ai énoncé le dernier mot avec la révérence fervente que l’on emploierait envers une divinité, mais c’est mérité : ce télescope est presque un ange de bonheur descendu des cieux pour illuminer mes pensées.

Le temps passe en rangement toujours plus appliqué, puis nous parvenons à débloquer les volets qui bloquaient la coupole de l’observatoire. Partiellement seulement, seul l’un d’eux a consenti à céder pour dévoiler un bout de ciel ; mais je ne m’avoue pas vaincue. Nous reviendrons avec de quoi graisser les charnières rouillées, et cette pièce sera mon terrain de jeu, j’en fais serment ! Dehors, la pénombre est tombée, et les derniers rayons du soleil couchant accompagnent une brise légère qui s’invite dans la pièce et caresse les parchemins, les voilages et les mèches éparses de ma chevelure poussiéreuse. La proposition du Ragan est intéressante, je dois bien le reconnaître, et je suis terriblement tentée de planter là toute idée de tri et de ménage pour me perdre dans l’observation du ciel ! Mais je sais très bien que je n’aurai pas envie de reprendre demain la remise en état de ce logement, alors je secoue la tête à regret. « J’aimerais en avoir le temps, mais notre journée sera épuisante, demain, entre le Lien à nouer, nos affaires à transporter… Je ne pense pas pouvoir dormir beaucoup, si je dois faire mes valises puis les apporter ici. Même sans les meubles à déplacer. Je sais déjà que quitter mon statut de Cendrée va m’attirer la curiosité et l’hostilité de quantité d’autres élèves, je voudrais pouvoir me retrancher ici demain soir sans avoir de gros œuvre à terminer. J’aurai bien le temps de regarder les étoiles plus tard. »

Mon ton était sûrement un brin défaitiste, mais je sais pertinemment le genre de brimades auxquelles je m’expose. On n’aime pas les Cendrés, à Hégémonia ; alors que penser d’une mage bénéficiant d’un nouveau Lien, qui plus est avec un individu du sexe opposé, de surcroît d’une autre famille ? Le découragement est bien là, sous-jacent, dans chaque inspiration que je prends ; et je ne parviens pas à me convaincre que la présence de ce garçon est un réconfort. Ce n’est pas le cas - pas encore, à tout le moins. Un jour, peut-être. J’en doute ; mais l’avenir me le dira.

De quelques pas prudents, je le rejoins devant l’ouverture qu’il a débloquée. Le monte-charges est plutôt grand - normal, pour avoir monté jusqu’ici des objets aussi volumineux ! Même s’il a l’air solide, je n’ai pas vraiment confiance dans la fiabilité de l’installation. C’est sûrement ce que naguère on appelait ‘ascenseur’, du temps où l'électricité pouvait être utilisée à volonté, bien avant l’arrivée des monstres et la régression de nos sociétés. Visiblement, il a été adapté pour fonctionner magiquement, et j’observe l’appareil avec curiosité. « Je ne suis pas certaine d’avoir envie d’entrer là-dedans, on ne sait jamais, si la porte restait bloquée… » Hors de question de me retrouver enfermée dans un espace aussi réduit ! Je ne me rappelle pas avoir vu de portes de cette hauteur dans les étages inférieurs - juste la trappe d’un monte-plats, dans la pièce avec la cheminée. Ça, c’est différent… Où cela mène-t-il ? Au sous-sol, peut-être ? « Je voudrais d’abord savoir où cela aboutit. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu une autre ouverture de ce genre, dans la tour. Il y a peut-être un sous-sol plus grand que ce qu’on a vu en arrivant ? »

Une solution serait que l’un de nous emprunte l’ascenseur et fasse du bruit à l’arrivée pour que l’autre le repère. Je n’ai pas très envie d’être l’explorateur, mais je ne veux pas non plus sembler faible devant lui… La nuit qui s’avance me donne une échappatoire pour ce soir, en tout cas. « De toute manière, je ne pense pas que nous devrions faire ça maintenant. Il faut que nous terminions notre installation… La plupart de ces affaires sont poussiéreuses et inutilisables en l’état, il faudra que nous apportions nos draps et couvertures pour cette nuit, en plus du reste. On regardera demain, d’accord ? »

La fatigue se lit sûrement clairement sur mon visage. Une fois mes affaires à leur place dans ma nouvelle chambre, je testerai la baignoire enchantée, et tant pis si j’ampute un peu plus ma nuit de ses heures de sommeil. Le repas, je peux le sauter sans problème ; mais hors de question de rester aussi crasseuse !
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Léoryan
Thyriel

J'ai 19 ans et je vis à Hégémonia, en  Lustria. Dans la vie, je suis étudiant-mage d'ombre. Mon existence a beaucoup changé, ces derniers temps. J'ai autrefois été un étudiant lambda, puis un Hégémonien et enfin un Cendré. Je vais bientôt avoir un nouveau Liant.





Cette soirée s’engage sous le signe des refus.
A peine avais-je osé ouvrir la bouche que la demoiselle frémit, se tendit et retira sa main, d’un geste brusque.
Horreur, la fine main blanche de Krysta touchant la grossière patte noire et velue de Ragan.
Erreur, laissons la lumière au soleil et la pénombre au cachot !
Ailleurs, vite, mettre les mains en lieu sûr !
Je remarquais ce petit manège, bien évidement. Cela faisait déjà un moment que je m’y préparais. Au moins, elle fait comme si de rien n’était, cela évite de m’enfoncer trop profondément.
D’autres s’en seraient sans doute offensés. Peut-être même que je m’en offusque moi-même. Mais en quoi mériterais-je ces petites excursions du côté de mes tendres mémoires?
Je parle, comme si de rien n’était, terminant ma phrase. Et c’est en faisant semblant que nos façons de faire se croisent à nouveau. Les défauts nous unissent. Le blanc ne rattraperait-il donc pas le noir?

« Je n’ai pas eu l’occasion ». Tels furent les mots annonçant la seconde négation.
Je fus bien surpris de me dire que la sainte famille Ascalide ne prodigua pas de cours à sa petite perle. De nos jours, tout de même, une éducation aussi guindée qui refuserait l’astronomie aux femmes, c’était grotesque.
La mage blonde voit ses yeux se transformer en topaze ardentes lorsqu’elle mentionne l’outil astronomique, son tremplin vers les astres.
Quelle famille aisée refuserait à sa progéniture chérie l’éducation vers une discipline savante qui la fait tant vibrer de désir.
Encore aujourd’hui, la mention des étoiles en emplit ses yeux, rafraîchissant ses traits fatigués par le dur labeur de la journée. Cela m’emplit de joie qu’elle puisse avoir accès à un télescope aujourd’hui.
Qu’elle ne puisse pas m’apprendre? Au fond, tant pis. Nous rechercherons ensemble et voilà tout.

Elle ne voulut pas s’arrêter pour regarder le télescope malgré tout. Cela fut tout à son honneur. Je vis bien que derrière ses palabres certes adroites, se cachait aussi un honneur de ne pas me laisser oeuvrer seul. A attention discrète, retour discret. Je me contente de l’écouter calmement.
De toute façon, l’un comme l’autre, nos n’arrêtons pas. Des courbatures nous accompagneront demain, c’est certain, venant meurtrir ces muscles qui ont eu pour seule grande utilité ces derniers temps, de se terrer hors de portée des mots belliqueux de nos compagnons d’arme.
Et c’est d’ailleurs l’une des choses qui inquiètent ma future Liante. Comment pourra-t-elle faire face au poison de leurs remarques, sans avoir pu dormir correctement? Les langues se délieront, c’est certain, si elles furent liées à un moment ou à un autre. Comment pourrions-nous en douter?
Toutes les amuses-gueules verbaux de la nuisance seront de bon ton !
Les attaques fuseront sur le fait que nous resterons des Cendrés, quoi que nous fassions, que nous sommes des assassins. Nul doute encore que les on-dits sauront franchir les barrières du pudique en nous accusant de choses coquines l’un envers l’autre. Ils diront que je l’ai forcée, que je l’ai espionnée. Après tout, n’avaient-ils pas déjà fait ça alors même que j’étais des leurs?
Je jette un coup d’oeil à mon alliée. J’ai de la peine en imaginant l’impact de ce qu’ils diront sur elle.
Comment acceptera-t-elle des remarques horribles et déplacées clamant que je l’aurai violée ou qu’elle m’aurait séduite, ou encore que j’aurai utilisé la magie pour lui faire faire ce que je voulais?
Elle dit qu’elle sera heureuse de pouvoir se retrancher ici. Elle sait que ce sera difficile.
J’hésite sur quoi lui répondre. Je pourrai me concentrer uniquement sur la partie du télescope, mais je ne peux réprimer cette compassion et cette peine, par avance. Pas pour moi, mais pour elle.

« Ne vous inquiétez pas, leurs mots seront probablement durs, mais nous saurons qu’ils ne seront que de vulgaires fétus de paille, tout juste bons à être brûlés. Ne laissez pas leur bave vous salir. Vous valez mieux que cela, je le sais. Je sais aussi que vous ne m’aimez pas beaucoup, et que ces remarques vous pèseront d’autant plus…Nous dépasserons les injures et la fange que l’on cherche à nous infliger. Qu’ils parlent, qu’ils bonimentent, filous qu’ils sont ! Vous êtes seule maîtresse et connaisseuse de votre personne ! Je sais que vous n’êtes pas ce qu’ils diront que vous êtes. Je ne croirais pas un mot de leurs sornettes… »   Je marque une petite pause et reprend, plus timidement.   « Vous pourrez compter sur moi…ne serait-ce que pour ne pas vous juger et vous voir à travers mes yeux, et seulement ainsi ! »

Avais-je bien parlé? Je n’en avais aucune traitre idée. Cette détresse et cette fragilité passagère m’ont attendri. Après tout, j’ai aussi été un grand frère. Peut-être en a-t-elle un, elle aussi, qu’elle ne peut pas revoir et qui serait content qu’elle ait quelqu’un sur qui compter.

Mes pieds déjà à-demi avancés sur le monte-charge, je glisse un regard par-dessus mon épaule. Si compréhension est mienne, je serai donc le seul à devoir m’aventurer comme explorateur, dans l’hypothèse où je continuerai sur ma lancée.
Pas à pas, je recule, m’éloignant de cette antre boisée aux contours métalliques, qui pourrait me happer pour me mener dieu sait où. Allons bon, je ne suis pas fou. J’ai déjà combattu ma peur assez de fois aujourd’hui. Visiblement, ces histoires de fantômes n’étaient que des légendes destinées à faire donner un peu de vie et d’aventure aux élèves du campus. Elles pourraient aisément être racontées aux soirées estivales où l’on se retrouve entre jeunes, au coin du feu, pour se faire trembler d’effroi avec des histoires finement choisies. Le genre même qui débute par « c’est une histoire vraie ». Eh non ! La tour B14 n’est hantée que par les amas de poussières et les squelettes du sous-sol.
Je vois que ma compagne est fatiguée. Ses traits sont tirés, sa mine pâle. Elle ne doit pas être habituée à la poussière ou au ménage. Sa détermination réveille en moi un véritable sentiment de fierté. Il est difficile de lutter contre ses habitudes. Et voilà que cette fille y parvient de manière déconcertante ! Je lui aurai tiré mon chapeau si j’en avais eu un, autre que les toiles d’araignée.

« Je pourrai vous aider. Cela vous soulagerait au moins de cette partie du travail. Vous pourrez ainsi plus rapidement regagner vos quartiers et vous reposer. Je doute que nous puissions tout finir aujourd’hui, comme vous l’avez mentionné. Cela me fera plaisir ! Au pire, vous triez et je vous rejoins devant votre ancienne chambre, à une heure donnée, afin de vous porter main forte. »

Cela pourrait au moins lui éviter des voyages de nuit.
Mais jamais quatre sans cinq, je présume.

Après quelques instants de nettoyage et rangements dans cette pièce, nous convînmes que nous avions des obligations plus urgentes à gérer, avec nos déménagements, et nos corps fatigués à rafistoler.
C’est d’un pas trainant que je quitte la tour en direction des quartiers Ragan, qui se trouvent pratiquement à l’opposé ! Je me dis d’ailleurs que c’est mademoiselle Ascalide qui a gardé les clefs. Si elle n’est pas rentrée à mon retour, je vais devoir rester dehors à l’attendre.
Aux alentours du bâtiment 5, je remarque une silhouette en longue robe, debout, qui regarde en ma direction. J’eus tôt fait de reconnaître le doyen de Krysta. Celui-là même qui nous a répudiés tout à l’heure. Son regard perçant et énigmatique suit mes foulées, comme une analyse. J’ai l’impression qu’il m’espionne, vérifiant que nous appliquons les règles qu’il nous dictées plus tôt dans la journée.
Je ne sais même pas comment s’appelle cet homme. Cet air supérieur…En quoi valait-il mieux que nous? Maudite école !
Le doyen de Ragan n’est pas bien mieux. C’est un grand homme aux cheveux noirs et courts. Il a une aura à vous glacer le sang. Maître Kyrin…  Malgré son rasage de prés, on peut toujours voir de petits points noirs de poils cherchant à sortir de nouveau. Et son regard ! Il pourrait geler un lac d’un seul coup d’oeil. Les ténèbres sembleraient blanchâtres à côté de ses yeux. Il s’exprime peu, et sa voix grave n’augure rien de très sympathique. C’est un homme qui m’a toujours fait peur. En le croisant dans les couloirs, j’ai déjà eu la pensée qu’il pourrait me planter une dague dans le dos, sans crier gare.
Si le soir a bien un avantage, c’est celui de ne pas croiser grand monde.
Les deux filles qui m’avaient accusé de bizarreries se présentèrent sur mon chemin.
Leur voix se fait basse, leurs postures corporelles se tournent, l’une vers l’autre en une pose bien connue : Celle du ragot !
Je fais mine de ne pas remarquer. J’aurais aimé que ce soit le cas !
Cela m’aurait évité d’entendre « Et dire que ce sale Cendré a tenté de nous voir sous la douche. »
Elles ne parlent pas de mon futur Lien avec une fille de lumière. J’imagine qu’elles ne sont pas au courant. Auraient-ils caché cela, ce nouveau Lien?

Ce n’était pas rien à l’époque ! La cérémonie des Liens ! Nous nous réunissions dans l’immense salle du bâtiment 0, réservé pour cela même et pour les distinctions ou autres récompenses incroyables.
Que de luxe autours ! Tout le monde était heureux ! Enfin presque. Moi, je ne l’étais pas.
Il fallait préparer des choses à dire, un texte à répéter, toute une procédure millimétrée. Je ne peux m’empêcher de trouver cela étrange que nous n’ayons pas eu tout cela à préparer de nouveau. La cérémonie se fera peut-être de manière secrète, qui sait.
Si le Lien avait fait ressentir quelque chose d’agréables à certain, de légers changements, il n’en fut rien pour moi. Ce ne furent que des mots disant que j’étais à présent Lié à Byron.
L’assemblée a applaudi. Si j’avais su, j’en aurais profité, avant que ces mains se frappant pour me féliciter ne se transforment en mains tendues pour me battre.

L’appartement a quelque chose de terriblement solitaire et triste. Je ne serai sans doute pas si mal, avec cette fille. Déjà sur la porte, un écriteau blafard « Ne prenez que ce qui vous appartient ». Quelle impersonnalité ! J’ai bien trop de mauvais souvenirs, ici. La dépression teinte les murs de son râle glacial. Quelques produits de toilette, quelques vêtements, une épée emballée dans de nombreuses couches de linge, quelques livres. Je retrouve le petit chat en bois que ma mère avait acheté au marché, un jour. C’était un petit bibelot typique des marchés de petites villes. Beaucoup de personnes de la campagne confectionnaient des objets à vendre sur les places.
Je détourne le regard. Les meubles appartiennent à l’école, de même que la literie. Je n’ai pas vraiment de couette ou de draps à moi et je n’ai pas fait très attention à ce qu’il y avait dans la chambre de la tour.
Seul…si seul… sans rien…rien, à part cette petite carte, écrite à la main. De nos jours, les documents étaient faits à la main, de toute façon, et le métier de copiste reprit tout son galon d’antan.
Cette carte me venait de Lilia. Ma petite Lilia. Que le manque peut faire souffrir.
Serait-ce à cause de cette main dans la mienne, en haut de la tour, qui me raviva tant de souvenirs, ou à cause de cette douce carte emplie d’une encre bleue ciel, portée par une plume maladroite..
Les larmes se mirent à couler. Une, deux, Dix, Cent…
Impossible de stopper cette hémorragie d’eau salée. Mon cœur saigne des larmes…
J’inspire un grand coup et me complet à une nouvelle séance de mon petit rituel.
Poing serré auréolé de bleu.
Manche remontée.
Bleu de poing épousant bleus du bras.
Douleur intense
Cri retenu
Manche rabaissée
Silence entrecoupé de sanglots

Cela dure longtemps. Il faut un moment pour dire au revoir à un lieu, à un camarade qui fut ce qu’il fut. Mes jambes me relèvent malgré moi et prennent la route vers la sortie, mes deux pauvres sac d’affaires au bras. Je regagne la tour. Elle est ouverte. Au moins, la princesse des lieux ne m’a pas enfermé.
« Merci votre altesse », dis-je dans ma barbe.
N’ayant pas les clefs, je me contente de fermer la porte. Il fait noir. Les volets sont fermés, et les lanternes magiques ne sont plus là.
Je grimpe les marches, encombré par mes sacs qui fatiguent encore un peu plus mes bras maigres. Heureusement, de par le Mana Ragan, j’ai de légères prédispositions à la vision nocturne. Elles sont très légères mais me permettent au moins de ne pas me tuer dans les escaliers. Néanmoins, cette pénombre m’effraie. Quel puissant mage noir ! Ne pas être rassuré dans une tour déjà visitée et aménagée en journée, habitée par une autre mage…de quoi faire honte à Ragan !
Arrivé au premier étage, l’air est chaud mais humide. Des effluves sucrées se font sentir.
La blondinette a pris son bain pour retirer la poussière qui l’a assaillie toute la journée.
Ma fatigue, trop présente, me dit qu’il est trop tard pour faire de-même. Ce sera pour demain matin !
J’arrive finalement au deuxième étage et m’engouffre dans ma chambre, épuisé. La princesse doit déjà dormir depuis quelques temps. Je pose les sacs, sans rien vider et m’installe dans mon lit. Il possède un drap et une toute petite couette. C’est officiel, je vais mourir de froid. J’en ai connu d’autre, il est vrai. Cependant, la tour est humide et fraîche, sans oublier la fatigue et la peur qui me glacent le sang.
Je n’ose pas me mettre en trop petite tenue pour dormir. J’ai retiré ma veste afin de me la mettre dessus, comme un plaid. J’ai également trouvé une petite bougie que j’allume avec une pierre à feu. Elle m’apportera un peu de chaleur.

Le sommeil ne vient pas. Je pense quelques temps, avant de m’endormir. Comment cela va-t-il se passer demain? Que vont penser les gens? Quel sera notre nouveau statut. Moi aussi, cela m’inquiète. Combien de temps me reste-t-il à dormir? Pas grand chose. Et plus j’y pense, moins je dors. Pris dans mes réflexions, le regard dans le vague, je suis absent. 
Quand soudain, un élégant petit raclement de gorge de fait entendre. Je sursaute et me redresse dans mon lit.
Quelle ne fut pas ma stupeur. Elle est là, Yenariel. Je n’aurais jamais cru qu’elle viendrait me trouver ici, dans ma chambre, surtout en pleine nuit. Elle aussi doit avoir du mal à dormir.

« J’ai vu de la lumière allumée, alors je suis venue » me dit-elle sur ton assez doux.

« Oh oui, en fait, je … j’avais un peu froid »
.

Je me sens bête. En effet, je n’ai ni draps, ni couette. Je me rends compte qu’elle risque de voir les bleus sur mon bras, alors, je tire sur la manche courte de mon haut blanc.
Ma future Liante reprend.

« J’ai un peu peur, en vérité. Cet endroit, ce contexte, demain ».
Elle se rapproche doucement de moi, dans une démarche souple, le pas léger.

« C’est sûr que ce n’est pas rassurant. Je vous comprends tout à fait, j’ai les mêmes appréhensions que vous. Mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure. Peu importe les épreuves, nous les surmonterons et moi, je ne vous trahirai pas »
J’accompagne ces derniers mots par un sourire franc.
Et voici que ma future Liante me le rend, marchant toujours. Suis-je en train de rêver?

« Oui… C’était vraiment très gentil de ta part, Léoryan. Ça m’a beaucoup touchée que tu me dises cela. Tes mots ont su m’apporter un peu de réconfort dans ce moment difficile. »

Je suis bouche bée. Elle a utilisé mon prénom. C’est bien la première fois que cela arrive. J’avale difficilement ma salive. Je me pince discrètement. Je ne rêve pas, elle est vraiment là.

« Ce…c’est normal. Ne vous en faites pas… »
 Et voilà que je bégaye à présent.  J’ai été déstabilisé.
Elle s’accroupit à côté de mon lit, toujours avec un petit sourire qui disparaît doucement et finit par devenir une moue triste…Apeurée, peut-être?



« Aide-moi… »

Elle murmure ces mots. Comment pourrais-je bien l’aider? Elle semble chercher un rapprochement . Je sais que tout à l’heure, sa main dans la mienne a été un grand moment d’émotion pour moi… Mais je n’envisage absolument rien de plus, ni rien tout court. Je ne la connais pas. Comment peut-elle être aussi bipolaire dans ses réactions? Me détester, puis venir toute gentille pour demander un câlin ou je ne sais quoi parce qu’elle a peur.
Après cela, je ne suis pas un monstre. et s’il faut lui faire une petite étreinte pour lui permettre de ne plus avoir peur, je peux le faire. Ca n’engage à rien. Je suis bien conscient que je ne veux rien, et qu’il n’y a rien de plus qu’une gentillesse désintéressée derrière mon geste. Donc à partir de là, rien ne peut arriver. Je n’ai qu’à voir ce qu’elle veut réellement.
Toutefois, l’hypothèse du câlin ne semble pas exclue, car elle se relève légèrement pour se rapprocher encore.
Je me sens très intimidé. J’ai de moins en moins envie de ce câlin, ça me gêne. Je ne sais pas faire ça, je ne l’ai jamais fait… Pas comme ça …Pas avec cette inconnue juste pour une histoire de peur à dormir debout alors qu’elle ne peut pas me voir le reste du temps !
Soudain, quelque chose attire mon attention. Un détail cloche !
L’odeur… Yenariel, elle n’en a plu. Elle devrait sentir le bain, le parfum ou son odeur naturelle. Mais là, rien… Mince, ça ne va plus. Ce n’est pas ma future Liante.
J’arme un peu de magie autours de mon poing.
La créature humanoïde ressemblant à ma future Liante éclate alors de rire et disparaît. Ma bougie s’éteint dans le même temps !
Ça craint !
Je me lève en trombe, sans remettre ma veste, le poing toujours armé et vais tambouriner à la porte de ma Liante !

« Yenariel, vous allez bien? Je vous en prie, ouvrez, vite ! Nous sommes en danger ! »
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Aura
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Yenariel
Ascalide

J'ai 18 ans et je vis à Hégémonia, en Lustria. Dans la vie, je suis apprentie-mage de lumière et je suis connue comme étant une Cendrée. Sinon, je suis froide, fière et persifleuse, mais également studieuse, déterminée et observatrice et je rêve de faire mes preuves.


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→ La tour Solitaire (Tour Tanguy, Brest)
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Le toit - Le téléscope (Quito Astronomical Observatory)

Il est décidément d’un optimisme forcené, ce Ragan, et je n’arrive pas à déterminer si c’est un courage tranquille ou une inconscience démesurée. Il a forcément conscience de ce qui va nous arriver, dans les couloirs, derrière chaque angle de mur, chaque encadrement de porte, chaque tournant du passage – il sait très bien qui nous attendra, dans tous les coins sombres. Les regards assassins, hautains, dégoûtés ; les murmures méprisants et les insultes voilées ; les coups d’épaule, de pied ; les projectiles en tout genre. La souillure diffamatoire sur nos deux noms, la réprobation de ceux qui n’ont jamais été Cendrés, la méfiance de tous les autres élèves. La curiosité froide des professeurs, qui n’auront certainement pas pour nous, les deux réprouvés, la même bienveillance et les mêmes attentions que celles qu’ils destinent à nos camarades bien propres sur eux. Ce qui nous attend, une fois Liés, c’est une vie de marginaux, à la lisière de la société : ce que nous allons devenir, personne ne l’a été avant nous.
Et je n’ai aucun moyen de m’y opposer.
Une grande fatigue pèse sur moi : les séquelles physiques d’une journée passée à remettre un semblant d’ordre dans la Tour Solitaire. Mais c’est aussi l’épuisement moral, la révélation de ce qui m’attend demain, et l’appréhension des conséquences. Je ne suis pas d’accord avec ce qui m’arrive, je me rebelle contre le destin depuis le trépas d’Isilde – je ne suis pas sûre d’avoir la force d’âme requise pour un tel défi.
Je ne suis pas sûre non plus d’en avoir envie. Ce serait si simple d’abandonner… si tentant, de me cloîtrer quelque part pour attendre que le temps passe, et me perdre dans les livres.

Je doute qu’on m’en laisse la possibilité.

Le petit discours de Léoryan se veut réconfortant, mais je suis encore trop chamboulée par tous ces bouleversements pour réellement y croire. Je l’en remercie toutefois d’un signe de tête, grave et solennel. Je ne sais pas vraiment quoi lui répondre, je le connais encore trop peu pour savoir ce qu’il a besoin d’entendre, ce qui lui ferait du bien. Cela ne doit pas être facile pour lui non plus – si tant est que ce ne soit pas lui le responsable de toute l’affaire, encore une fois – et je me demande un instant ce qu’il doit ressentir en ce moment, sous sa façade de jovial optimisme.
Son Lié lui manque-t-il autant que je pleure la mienne ?
Je ne suis pas prête à la remplacer. Je ne suis pas sûre de pouvoir l’être un jour. Alors, demain matin ? Mais quelle folie les a donc tous pris… ?

Léoryan me propose à nouveau son aide. C’est la… quatrième ? Cinquième fois ? J’ai perdu le compte. Autant d’offres que de refus. Je secoue doucement la tête, le regard fixé sur lui. « Je ne sais pas combien de temps je mettrai à trier mes affaires. À voir tout le mobilier déjà présent ici… Il ne me faudra que quelques voyages. Ça ira. Si vraiment j’ai besoin d’aide, nous pourrons y repasser demain pour prendre ce que je n’aurai pas pu transporter, mais je doute que cela soit nécessaire. » Il y a quelque chose dans son regard, avant qu’il ne le détourne. Je n’arrive pas à définir quoi. « Ta proposition est… très aimable. Merci. », j’ajoute à mi-voix. Comme une arrière-pensée. Comme une idée sauvage, un peu trop dangereuse pour que j’ose m’y attarder.

Au final, je n’aurai pas besoin de son aide. La Tour Solitaire n’est pas très loin de mon logement précédent – dans la même aile de l’académie, au moins – et je n’ai besoin que de quelques allers-retours furtifs. D’abord, mon épée et mes vêtements – mes uniformes propres, les vêtements civils que je me suis cousu, mes affaires de toilettes, de couture et quelques colifichets sont du premier voyage, mes sacs contenant chacun une couche de livres avant les épaisseurs de tissus plus légers, adroitement répartis. Au second voyage, j’emporte le reste de mes livres, mes nombreux coussins et une peluche offerte par Isilde, quelques semaines avant sa mort. Au troisième passage, j’emporte le linge de lit et mes affaires scolaires, ainsi que l’épais tapis qui me sert de descente de lit. Le dernier voyage me sert à vider les étagères de leurs menus objets décoratifs, guirlandes de fleurs séchés, cailloux jolis et autres brindilles élégantes. Quand je ferme la porte de l’appartement, je laisse la clé dans la serrure. J’ai emporté tout ce qui compte et qui m’appartient en propre, l’école peut bien garder le reste.

À pas pressés, je retourne à la tour, et je hisse mes affaires par le monte-plats du rez-de-chaussée – il compte effectivement une ouverture sur le palier des chambres, à l’arrière de l’escalier. Je passe une heure à faire un ménage complet de ma chambre, balai et serpillière en main – tant que j’y suis, je nettoie le reste de l’étage, un peu plus superficiellement, incluant la chambre du Ragan. Je déballerai mes sacs demain – je me contente de sortir une chemise de nuit propre, et mon nécessaire de toilette. Mon nouveau colocataire n’est pas encore rentré, alors… Je fais le tour des lieux, fermant les volets sur mon chemin. Je dépose la lanterne allumée dans sa chambre, pour qu’il ait de la lumière cette nuit, et un jeu de clés sur sa table de nuit ; et je descends explorer la salle de bains.

Ça me prend une bonne heure aussi, à l’issue de laquelle je me déclare suffisamment propre pour aller me coucher. Il est tard, je n’ai même pas faim ! Je dépose mon uniforme maculé de poussière dans un coin de ma chambre – j’irai le porter à la laverie de l’école demain, ou je le brûlerai peut-être dans l’allée… Je prends le temps de faire le lit, avec les draps propres que j’ai apportés, j’y empile traversin, oreillers, couvertures et mon édredon, et je m’enfouis dessous. Le sommeil vient me cueillir d’un coup, et je sombre dans ses bras comme la flamme d’une bougie soufflée par le vent.
Ce sont des coups frénétiques à ma porte qui m’en tirent, brutalement. Réveillée en sursaut, j’essaie de m’asseoir – avant de me rendre compte que quelque chose ne va pas. J’ai beau me contorsionner dans tous les sens, je n’arrive pas à me dépêtrer de l’amoncellement de couvertures qui m’enserrent à m’en étouffer… comme une dépouille dans son suaire. Je ne peux même pas répondre à Léoryan sur le palier : le drap me bâillonne, et je commence à suffoquer. Impossible d’articuler quoi que ce soit ! Je suis au bord de la panique, complètement immobilisée – mais, de l’infime bout des doigts, je parviens à tracer une esquisse de glyphe, contre ma cuisse. La flamme qui en naît est vacillante et manque singulièrement de puissance, mais ce n’est pas un mal : je me brûle modérément, mais cela me permet de me dégager de l’emprise de ma literie possédée, avant que la flamme ne s’éteigne au bout de quelques secondes seulement.
Quel dommage d’endommager des draps apportés ici avec tant de peine… !

Je me retrouve haletante sur le tapis, dans le noir complet – d’un enchantement devenu instinctif avec la pratique, je rallume les ampoules que j’ai placées ici et là, et un hurlement m’échappe. Mes draps et couvertures sont en train de s’échapper du lit, glissant de sous le matelas, et s’approchent de moi en flottant dans les airs, s’agitant violemment, comme possédés. « Léoryan… ! » Mon appel à l’aide n’est pas très élaboré, mais le sens en est clair : viens me sortir de là, bon sang ! J’ai à peine le temps d’attraper mon épée contre le coffre au pied du lit avant qu’un drap ne s’approche, visiblement déterminé à m’étrangler, et que je ne tranche violemment l’air de ma lame.
C’est définitivement un complot pour me tuer !
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Slyve
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Léoryan
Thyriel

J'ai 19 ans et je vis à Hégémonia, en  Lustria. Dans la vie, je suis étudiant-mage d'ombre. Mon existence a beaucoup changé, ces derniers temps. J'ai autrefois été un étudiant lambda, puis un Hégémonien et enfin un Cendré. Je vais bientôt avoir un nouveau Liant.





Je tambourine attends une réponse qui ne semble pas vouloir venir. 
Enfin, elle n’est quand même pas sourde à ce point !
Ou alors elle n’est pas là?
Non, réfléchis Léoryan, tu as senti l’odeur de son bain.
Et me voici, humant à nouveau, cherchant un fragment d’odeur de la fille de l’autre côté de la porte.
Force est de constater que je ne la sens pas.
Aucun bruit ne me parvient, comme si sa porte était faite d’une ouate absorbante, comme si le son ne pouvait me parvenir. Les odeurs non plus, d’ailleurs, un filtre. Il me semble distinguer une lumière qui s’allume, par-dessous la porte, mais rien de plus.
Je m’inquiète. Quelle créature est en train d’essayer de nous jouer ce sale tour?
Alors, je l’entends, le cri. Sans doute pas comme il est en réalité.
Un son brumeux et voilé, totalement déformé et inhumain.
Est-il réel? Provient-il de Yenariel, ou est-il une illusion produite par la créature?
Je crie à mon tour, espérant que le message lui parviendra.

« J’arrive, tenez bon. »

J’essaye d’ouvrir. Ça ne fonctionne pas ! Si ma colocataire est présente, nulle doute qu’elle a dû se barricader, vu la confiance qu’elle semble me porter. Elle avait l’air de vraiment tenir à ce que je ne mette pas les pieds dans son passé. Et elle aurait aimé m’écarter aussi de son présent, être tranquille. Là, au moins, elle a pu tenir ses petites affaires bien loin de mes yeux félons.

Dans l’immédiat, il me faut agir ! Si elle est là-dedans avec son double, je ne sais pas réellement ce qui pourrait se passer. Défoncer la porte? Vu l’épaisseur de cette dernière, c’est mon épaule qui va y rester. La briser à la magie? Je ne suis pas sûr d’y parvenir, je vais juste épuiser mon Mana. Il me faut essayer autrement. Il y a une serrure de ce côté-ci, et en regardant à l’intérieur, il me semble bien apercevoir une clef qui obstrue le passage !
Voilà qui est en tout point parfait ! Si j’arrive à faire tomber la clef, je pourrais la récupérer grâce à mon sort de piège d’ombre. Il me permet de créer un petit cercle d’ombre au sol et d’y introduire un piège. Cette particularité ne me serait d’aucun secours, ici. Toutefois, ce cercle d’ombre a une profondeur d’une vingtaine de centimètres sous le niveau du sol. Il me permettra de passer ma main sous la porte et de récupérer la clef !
Le plan est trouvé !
Ne reste plus qu’à faire sortir l’habitante massive de sa serrure adorée.
Que faudrait-il faire passer par ce trou, pour déloger la dame forgée?
Je panique et réfléchis vite, de façon désordonnée. Les idées se bousculent, je me sens perdu.
Un étrange bruit retentit derrière moi. Il a quelque chose de métallique avec une résonance étrange.
Je regarde dans cette direction, mais ne perçoit rien. Mes yeux se perdent dans la pénombre sans s’accrocher à un quelconque indice. Des murs, du noir, du silence, une tension désagréable.
Le temps presse, il faut aider Yenariel !

Je l’ai !
Venue de je-ne-sais-où, une idée se fit mienne, à point nommé.
Pas plus tard que dans la journée, cet « artefact » savoureux avait déjà su m’être d’un précieux secours ! Mes bâtons de réglisse !
Je m’en vais chercher la précieuse relique dans ma chambrette.
Tout est saccagé à l’intérieur. Les draps sont en miettes, des inscriptions rouges - du sang probablement, j’en suis conscient - ornent les murs. « Quiconque foule ces terres redeviendra poussière .
Je frissonne… C’est un cauchemar. Je reste là, bras ballants, perdu dans l'horreur de ces lettres ensanglantées.
Vite, une prière…à qui? Je l’ignore. Mais je prie intérieurement pour que ce ne soit pas le sang de ma future Liante.  
L’air se fait frais, terriblement frais… Mes oreilles bourdonnent. Quel est donc ce maléfice?
Je ne dois pas rester ici….
Mais l’idée d’abandonner me serait trop cruelle !
J’inspire un grand coup ! Le froid n’est qu’un état d’esprit, n’est-ce pas?
Je me rue sur l’un de mes sacs et trouve assez rapidement un bâton de réglisse d’une taille qui conviendra.
J’ai l’impression d’être ankylosé, comme victime d’un froid extrême. Mes doigts ont du mal à se refermer sur leur prise, cette petite proie de bois aux allures rassurantes.  Cela ressemble quelque peu à des magies que l’on peut trouver du côté Noir…
Et pourtant, il y a ces espèces d’illusions sensorielles étranges, qui seraient plus typiques du côté Blanc !
Et si…
Non, ce ne serait pas elle qui serait en train de se moquer de moi, qui aurait mis un double d’elle, prêt à essayer de me faire craquer, qui créerait du froid et chercherait à me terrifier.

Non, c’est évident, ce n’est pas ça !
Il faut que je me reprenne et que je fonce.
J’avance lentement, mais sûrement. Rien.

Un nouveau tête à tête avec la porte. Nous commençons à bien nous connaître, tous les deux.
Les fissures du bois épais me sont familières .

Le plan est parfait.

La baguette salvatrice s’introduit tout naturellement dans la serrure et vient pousser la précédente locataire. Celle-ci ne put supporter plus longtemps la délicieuse odeur de réglisse qui s’échappait du bâtonnet et se jeta hors de son habitat de métal rustique.
Un bruit famélique, extrêmement amoindri me parvint. Bien que le son produit soit fortement altéré, je reconnus qu’il ne s’agissait point de la netteté caractéristique d’un atterrissage sur parquet. La clef semblait avoir rebondi contre quelque chose d’anguleux. Ne me dites pas qu’elle est allée mettre un meuble pour bloquer l’entrée. Je rêve ! Elle me prend à ce point là pour un monstre?
Bon, il faut essayer.

Ce sont l’envie de la sauver, mais aussi un peu de désespoir sur ce que l’on pense de moi qui m’habitent. Elle... elle aurait pu me comprendre, passer outre les rumeurs, et savoir ce que c’était que cette vie cendrée. Une vie qui porte bien son nom ! Route ornée de cendres, de deuils, de mépris. Le deuil de notre binôme, de nos amis, de notre réputation, de notre réussite, de notre ascension. En somme, le deuil de notre vie entière.  Mais au lieu de cela, elle verrouille sa porte et met des meubles pour être sûre que je ne vais pas aller la violer, moi !
!!

Je concentre mon énergie vers le sol, tendant mon bras, jusqu’à faire apparaître cette petite flaque noire familière. Je passe mon bras à l’intérieur. Bien entendu, je ne déclenche pas le piège. Mon bras ressort finalement de l’autre côté de la porte. Je sens un objet lourd qui m’empêche de retourner à la surface. Néanmoins, des sons semblent me parvenir, plus distinctement, une sorte de lutte. Et une odeur…Comme une sorte de grillé, une viande qu’on aurait laissée sur le grill et qui dispenserait ses parfums calcinés. Aucun doute, il se passe quelque chose dans cette chambre. La princesse est en danger, et le preux chevalier est en train de mordre la poussière devant l'entrée.
Cette clef n’a pas pu rebondir bien loin !
Je suis à plat ventre, tête collée contre la porte, sur la droite, ma main cherche autours, mais aucun objet ne vient rencontrer mes doigts.

Une petite roulade me permet de me positionner vers le côté gauche de la porte.
Un groupe d’oiseaux se faufile dans la tour et passe derrière moi dans un battement d’ailes.
Je me tends au maximum, pour fouiller le plus loin possible.
Des oiseaux ici? Comment?
Mes doigts finissent par distinguer une surface froide et rugueuse.
Dans un dernier effort, je me tends pour passer l’auriculaire dans le trou de la clef et pouvoir la retirer vers moi.
J’entends à nouveau le son métallique étrange de tout à l’heure.
La fatigue se fait de plus en plus puissante. Mes forces me quittent, doucement.
Serait-ce un drain de vie?
Je sais que ce sort existe…Je ne me souviens plus bien où, quelle famille magique?.
J’ai du mal à réfléchir. Il fait froid. J’ai peur.
La clef et ma main finissent par ressortir de la flaque noire. Je vais pour me redresser, lorsque une vive douleur se fait sentir sur ma tête. Un objet tombe au sol.
Une pierre, de bonne taille. Je n’en ai pas vu ici.
De la magie?
Je vacille. Mon regard apeuré scrute chaque recoin. Il n’y a rien. Aucune présence, aucune ouverture. Le néant !
Peut-être que Yenariel saura !
Pourvu qu’elle sache !
Du sang tombe sur le sol, le mien.

J’entre la clef dans la serrure et la tourne frénétiquement. Le déclic me panse le coeur, seul élément rassurant depuis fort longtemps. J’ai réussi, j’ai fait quelque chose, enfin.
Je pousse, de toutes les quelques forces qu’il me reste et me laisse tomber sur la porte, Peut-être que ce poids sera plus efficace que mes forces amoindries.
Dans un temps qui me semble interminable, la porte s’entrouvre, puis s’ouvre complètement, déplaçant le lourd coffre qui gardait farouchement l’entrée.
Un regard en arrière me mit en effroi, face à une pierre en lévitation, qui semblait vouloir s’abattre sur moi. J’entre et referme la porte prestement, sentant le choc de la pierre venant frapper le bois dans mon dos.

Je me retourne, haletant, et laisse aller mes pupilles terrifiées au-devant de la situation.
Tel un spectateur, je visionne la scène.
Un imbécile dos au mur, acculé ici pour essayer désespérément de sauver une personne plus forte que lui.
Une jeune femme en robe de nuit blanche, carbonisée au niveau de la cuisse, laissant entrevoir une peau rouge et brûlée, en contact direct avec un feu, sans doute. En son poing, une lame. Elle fait face.
L’ennemi? des draps, déjà plusieurs fois découpés et sans doute moins efficace qu’autrefois, qui essayent d’esquiver avec souplesse les coups d’épée, tels des acrobates malicieux.
Sur chacun de ces draps, un léger filet de fumée qui samblant se diriger vers un autre bout de la pièce.
De l’autre côté de ce lien, en plissant les yeux, une créature, étrange, tapie dans l’ombre, à peine visible, même pour un observateur immobile. Elle semble à la fois osseuse et transparente.
Une espèce de spectre à l’aspect fort peu engageant, qui agit dans l’ombre, à l'instar  d'un marionnettiste sournois.

Soit…
Mes souvenirs concernant ces créatures sont bien vagues. Déjà peu fournis au départ, les voilà encore amoindris. Ma vision se teinte de rouge. Mon sang, probablement.
Les spectres sont éthérés, voilà la seule chose dont je sois certain. J'en mettrais ma main à couper.
Seule la magie peut les atteindre. Ils peuvent être vengeurs, retenus par une grande colère. Mais comment en identifier la cause?
pour l’heure, je n’ai qu’une idée en tête, faire cesser cet abominable monstre, pour donner un peu de répit à ma future Liante qui doit grandement fatiguer.
Elle se bat fièrement, mais l’ennemi n’est pas celui qu’elle croit.
Dans le coffre qui bloquait la porte, je remarque plusieurs cailloux. Que peuvent-ils bien faire là? Alourdir la malle?
J’en saisis un et y appose un voile d’énergie noire.
La pierre, propulsée par mon bras le plus valide, fend l’air pour venir se ficher dans l’épaule de la créature. Quelques os spectraux volent. Les draps retombent au sol, nous offrant l’accalmie que je recherchais.

Je m’approche en courant de Yenariel. Enfin, c’est ce que j’aurai voulu faire. En réalité, je n’arrive pas à avancer bien vite, chancelant. J’attrape doucement son poignet, qui m’aide également à pouvoir me maintenir un peu. Mon regard se fixe dans le sien. J'aurais mille choses à dire.

« Yenariel, vous allez bien? Il…il y avait un spectre, dans un recoin de votre chambre, il animait les draps….Nous devons fuir ! »
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Quelqu’un veut ma mort, et je n’arrive pas à décider qui. Les draps et couvertures redoublent d’efforts pour m’attraper, et je danse au milieu de la mêlée, l’arme à la main, esquivant de justesse leurs tentatives. Il fait sombre, trop pour que j’y voie clairement ; mais si je relâche ma focalisation sur leurs mouvements, ne serait-ce qu’un instant, je sais très bien qu’ils me tueront. Je n’arrive pas à me concentrer pour éveiller plus de lumière : mon esprit tout entier est fixé sur la menace immédiate, et je ne vois pas d’issue. Si j’avais le temps, je réfléchirais, pour comprendre ce qui se passe et en déduire ce que je dois faire pour interrompre la sarabande dangereuse de ma literie ; mais je n’ai même pas la possibilité de souffler, alors… Oui, quelqu’un veut ma mort.
Quelqu’un va d’ailleurs probablement l’obtenir.
Chère Isilde, je ne t’aurai pas survécu de bien longtemps.

Il serait sûrement plus digne de capituler, de laisser tomber mon épée sur le parquet de bois poli par les ans, que je n’ai pas encore eu l’occasion de recouvrir d’un tapis. Mes efforts sont inutiles : autant abandonner et attendre la fin. Oui, ce serait sûrement ce que ferait une jeune fille de la bonne société, éduquée dans le respect des bonnes manières – mais moi, je suis une sauvageonne des campagnes lointaines, une fille de ferme qui a grandi dans la paille et le bétail. Je ne me rends pas. La sueur me coule dans les yeux et mon bras me fait mal à force de fouetter l’air pour trancher le vide, mais je résisterai jusqu’au dernier moment. Rage, rage encore lorsque meurt la lumière !
Le tissu enserre ma main – je me débats, mon autre poignet est enserré à son tour. Je me dégage, je frappe de taille, d’estoc, un pas à droite, un quart de taille. Les hanches mobiles, les épaules fermes. Un instant, les efforts de l’ennemi, quel qu’il soit, semblent se relâcher – j’en profite pour intensifier la lumière. Ma tête pivote rapidement, observant d’un coup d’œil ma chambre à présent parsemée de plumes d’oie, de fibres végétales et de morceaux de draps déchirés. Deux éléments retiennent mon attention : Léoryan, qui semble tout à fait à même de forcer ma porte même si je la barre avec minutie – béni soit-il – et une silhouette menaçante, tapie dans la pénombre, qui a bien l’air de jouer les marionnettistes funestes.
Le danger vient sûrement de là.

Je n’ai pas le temps de me pencher sur la question – un objet fend les airs en sifflant, et la chose s’évapore. L’ensemble de la literie s’affaisse au sol, et je regarde de tous côtés pour m’assurer que nul autre péril ne s’apprête à fondre sur moi. L’air est lourd. Presque épais. Je respire avec difficulté. Léoryan chancelle vers moi, attrape mon poignet. Je laisse échapper un couinement étranglé lorsque ses doigts effleurent les marques rouges laissées par les draps en furie. Demain, je ne serai qu’un hématome géant, partiellement carbonisé. Si je survis jusque là. « Je vais bien. » Ma voix est rauque, et ma gorge me brûle là où les draps ont serré pour m’étouffer. On verra ça plus tard, Yen, concentre-toi sur l’urgence ! « Merci. » Oui, on verra plus tard aussi pour la litanie de reproches incluant le crochetage de serrure et le traitement plus qu’irrespectueux réservé à mes cailloux préférés ! Plus tard, plus tard. Fuir, c’est une très bonne idée. Hochant la tête, je ramasse ma paire de bottes près du coffre au bout du lit, et je me chausse prestement. Vu l’état des sols, j’ai fort peu envie de m’y aventurer pieds nus…

Sur le palier, il y a des pierres. De taille respectable, aux arêtes saillantes et acérées. L’une d’elles est même fichée dans le battant de la porte, et un frisson de malaise me parcourt l’échine. Il se passe tellement de choses anormales que je ne sais pas si la fuite est réellement la solution. Les dirigeants de l’école nous auraient-ils vraiment logés ici si le danger était si important ? Et s’ils l’ont fait exprès, souhaitent-ils réellement notre mort ? Il y a des manières plus simples de nous tuer ! Je m’apprête à m’en ouvrir à Léoryan lorsqu’un mouvement à la périphérie de mon champ de vision remet tous mes sens en alerte. « Attention ! » ai-je à peine le temps d’articuler, poussant fermement mon futur Liant contre le mur. La pierre qui s’est mise à léviter le rate et percute le mur dans un claquement sec qui traduit bien la force avec laquelle elle a été lancée. « On bouge ! Allez ! » Je ramasse la lanterne au sol, et nous voilà partis pour sauver nos vies. On ne court pas dans l’escalier, non, il n’y a pas le temps pour ça : on le dégringole avec un contrôle approximatif, poursuivis par le bruit de dizaines de pierres percutant la muraille.

Arrivés en bas, je me précipite vers la porte d’entrée de la tour : mais rien n’y fait, elle reste bloquée. J’ai beau tourner la clé dans la serrure, le battant ne bouge pas d’un pouce, comme s’il était barré de l’extérieur. Les fenêtres sont trop hautes pour sortir par là – et l’instinct me souffle qu’elles sont sûrement bloquées, elles aussi. « La fuite n’est pas la solution, je pense. » La panique est encore maîtrisée, pour le moment, mais il va falloir que l’on trouve comment se sortir de ce guêpier. Un nouveau sifflement retentit alors qu’une autre pierre fend les airs, et je n’ai pas le temps d’esquiver celle-là : surgie de nulle part, elle frôle ma joue, y traçant une estafilade sanglante avant de percuter la porte. Un halètement de douleur m’échappe, mais je refuse de craquer. Pas le temps pour ça, Yen ! Réagis !

« Il faut qu’on trouve la raison de tout ça. Je me demande si… le sous-sol, peut-être ? » Ma question est dirigée à Léoryan, dont la présence a tout de même le mérite d’être réconfortante. Au moins, je ne suis pas seule dans cette galère… Et évidemment, j’ai laissé mon épée à l’étage. La panique est bien là, clairement visible dans mes pupilles dilatées – mais je lui tiens la bride pour l’instant. Pourvu que l’on arrive à résoudre le problème…
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Slyve
Slyve
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INSCRIPTION : 17/04/2021
ÂGE : 29
RÉGION : sud
CRÉDITS : Slyve

UNIVERS FÉTICHE : Romance / Fantastique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Léoryan
Thyriel

J'ai 19 ans et je vis à Hégémonia, en  Lustria. Dans la vie, je suis étudiant-mage d'ombre. Mon existence a beaucoup changé, ces derniers temps. J'ai autrefois été un étudiant lambda, puis un Hégémonien et enfin un Cendré. Je vais bientôt avoir un nouveau Liant.





Ce n’est pas vraiment l’image que je me fais d’une personne en bon état.
Le trou dans la tenue de nuit est auréolé de couleurs allant du rose au marronnasse. La plaie a déjà dû suinter et suppurer. La demoiselle tressaute lorsque je touche son poignet. L’autre aussi a l’air d’être en mauvais état. Et si son « merci » me touche, il est néanmoins prononcé par une voix rauque qui ne ressemble en rien à celle de Yenariel, habituellement. Gorge rouge...strangulation...Je la regarde un moment dans les yeux, espérant faire passer un quelconque soutien. Cela m’aide aussi, me donnant un objectif.

Je suis un peu ailleurs et perds en lucidité. Je ne relève même pas qu’elle est en train de se chausser, ou du moins qu'à moitié.
Je réfléchis à ce qu’il serait possible de faire pour soulager ses blessures. En vérité, je n’en sais rien. Les quelques notions de soin que nous avons pu entrevoir me sont sorties de la tête, si tant est qu’elles y soient seulement entrées un instant.
Il faudra qu’elle aille à l’infirmerie. Une goutte de sang tombant au sol me rappelle que ma place serait également auprès de l’infirmière pour être remis sur pieds au plus vite, dans un bon lit.

Nous n’avons pas vraiment parlé, tous les deux en état de choc, mais nous semblons avoir une idée commune en tête : filer par la grande porte. Ma future Liante fut tout de même intriguée par les pierres au sol. L’une d’elles porte encore un peu de mon sang.
Je ferme les yeux un instant, en attendant qu’elle ait fini, avant de repartir. Je me sens fébrile. Ce coup m’a mis en piteux état. Et je sens encore ce froid, étrange.
Je sursaute, la Krysta qui m’accompagne crie quelque chose. Elle me saute dessus et me pousse contre le mur. Un gros bloc de pierre fend l’air à l’endroit où je me trouvais juste avant et va se fracasser au fond du couloir.
J’ai envie de la remercier. La voilà rapidement repartie, me privant du petit puits de chaleur qu’elle avait commencé à m’octroyer. Je ne comprends pas complètement ce qu’elle dit. J’ai la tête en vrille.
Son ton a l’air assuré et autoritaire. C’est une sommation de continuer.
Il est impossible que je me laisse aller, ce n’est pas le moment !
Alors je cours avec elle, du mieux que je peux.
Un regard derrière nous me fait entrevoir une nuée de pierres, toutes plus menaçantes les unes que les autres. Mais d’où sortent-elles? La muraille du démon se démonte pour nous chasser.

Nous manquons tomber à maintes reprises dans l’escalier. Les étages passent à une vitesse folle.
Une avalanche semble avoir lieu derrière nous. Les pierres cherchent à nous atteindre, à nous fondre dessus. Certaines viennent rouler non loin de nos jambes.

Nous voilà en bas, enfin. Nous allons pouvoir sortir. Yenariel s’approche de la porte, auréolée de lumière. Je m’apprête à voir entrer la faible lueur de la lune et les paysages d'ombres chinoises. Au lieu de cela, mes yeux contemplent ma future Liante, forcer, bouger, changer d’angle, pousser, pester…
La porte ne s’ouvre pas. Comment ne pas s’en être douté auparavant?
Un spectre qui arrive à faire apparaître des pierres ne serait pas capable de maintenir une porte en place? J’ai pu entrer dans la chambre tout à l’heure, alors pourquoi cette porte m’arrêterait?
Je m’approche, et vraisemblablement, la porte est verrouillée, la clef n’offrant aucun salut.
Ça ne sent pas bon. Un bruit d’air retentit de nouveau, la pierre vient toucher un bout de la joue de Yenariel. J’arme mon poing de manière magique et parvient à dévier deux nouvelles pierres qui allaient la percuter. Cela me fait mal, mais je prends sur moi. La femme blonde dont les pupilles trahissent une inquiétude réelle a une intuition concernant le sous-sol. Remarque cela se tient. L’un des squelettes pourrait abriter un esprit vengeur. Je commence par acquiescer.

Je veux répondre, mais je n’y arrive pas. Ma bouche ne semble pas vouloir s’ouvrir. La fatigue et la faiblesse ne sont pas les seules causes, ici, malheureusement, je le sens bien. Un sortilège.
 Comme si j’avais un bâillon invisible. Ce sont de grands gestes qui viennent témoigner de ce nouvel handicap. Non pas que je veuille alerter Yenariel, mais je me trouve être le premier étonné de cette situation. Une idée me vient alors. Je regarde mon poing encore armé et vient l’approcher de ma bouche. Quelque chose brûle. Il semblerait que la magie soit efficace sur les entreprises de ces monstres. La sensation est toutefois très douloureuse. Quelques bouts de peau ont été arrachés.
Je ne dis rien à Yenariel. Si ça lui arrive, je saurai comment réagir. Plus de pierres, on dirait...
Quelque chose se déplace dans mon champs de vision. C’est tout le mobilier de cet étage qui se met à bouger, et à se mouvoir, comme une petite armée disciplinée, pour bloquer l’entrée du sous-sol.
Yenariel a vu juste. Cette fille est loin d’être une imbécile. Heureusement qu’elle est là. Je n’aurai pas fait grand chose, sans elle. Notre hôte a cependant dû entendre sa réflexion.

Ces choses doivent craindre la lumière. Il suffit de rester dans la lumière de ma future Liante pour être protégé et ne plus craindre grand chose. Je me serre plus proche d’elle. Le mobilier s’approche dans une frénésie lourde. Commodes, armoires, tabourets, vases, couverts, table, chaises… Et les voici qui passent dans la lumière. Il me semble discerner un ralentissement lorsqu’ils entrent dans le cercle lumineux. Tristesse est de constater qu’ils se meuvent encore.
 Vite, me voilà à ramasser trois morceaux de la pierre qui a éclaté non loin.
Je me penche par-dessus l’épaule de Yenariel et lui chuchote à l’oreille.
« Trouvons le spectre, j’enchanterai un objet et lui jetterai. Ça libèrera le sort. »

Il me sembla préférable de ne pas parler à voix haute. Les murs ont des oreilles, ici.
L’angoisse est palpable, et nous sommes assaillis.  Heureusement, je suis tombé sur une fille qui semble bien se battre, une épée au poing. Mes yeux parcourent le bras de la jeune blonde, puis l’autre, plus anxieux… Son arme… Mais quelle folie lui a pris? Elle a mis des chaussures mais a laissé son épée? Elle veut qu’on meure ou quoi?
Je respire plusieurs fois pour essayer de me calmer.
Mes yeux parcourent la pièce, rien ne m’apparaît. Ni arme pour ma compagne, ni spectre.  
Malédiction. Après, nous ne voyons pas toute la pièce, me dis-je pour me rassurer. Peut-être se cache-t-il de l’autre côté de l’escalier. Il est possible de se dissimuler ainsi, par le jeu de cercle de la tour.
Il faudrait que je puisse attraper l’un des couteaux qui nous tournent autours, comme des requins attendant leur proie…de la magie directement dessus le désenchanterait… Oui, c’est une bonne idée…
Les hostilités démarrent ! Alors qu’un banc amorce un mouvement latéral  pour nous faucher comme des blés en période de moisson.
Je saute. Les assauts arrivent de toute part. J’essaye tant bien que mal de me défendre, mais la panique et la faiblesse grandissante n’aident pas. Un tisonnier vient frapper mon bras, déchirant la manche qui couvrait les bleus. Elle va les voir... Je dirai que je me suis fait ça pendant le combat. Oui, mais elle saura que ça ne devrait pas apparaître si vite... Ce n'est pas le moment de penser à ça ! Le banc heurte mon genoux, me ramenant douloureusement à la réalité. Une bûche censée alimenter le feu vint éprouver mon bras, de nouveau. A cette vitesse, nous allons nous faire massacrer. Une douleur immense s’empare de l'endroit qui vient d'être frappé. Je serre les dents.
Je repère l’un des couteaux, dans la mêlée.
 Bravant la lame qui vient entailler mes paumes à divers endroits , j’essaye de l’entourer de magie autant que possible. Pourvu que cela fonctionne… Après un léger ralentissement, le voilà qui tombe au sol, dans un bruit sec.  Je pose une main dessus et l’entoure d’aura bleue, au niveau de la lame. Je n’ai pas le temps d’en avertir mon alliée, les assauts reprennent de plus belle.
Il va me falloir lui faire confiance.
Les coups viennent de partout. C’est une lapidation, ni plus ni moins.
Je me débats, autant que possible. Des éclats de bois volent, de la poussière aussi. C’est irrespirable.

« il faut qu’on bouge de là !! »

On m’entend à peine, au travers des bruits du combat et ma toux. 
Je prends mes jambes à mon cou, dans la limite de mes possibilités, et essaye de contourner l’escalier, recherchant frénétiquement, en essayant de ne pas le montrer, ce qui alerterait l’ennemi.
Une bonne partie du mobilier vient à ma poursuite. Je crois que nous allons mourir ici...

Là-haut !  Je vois à nouveau ces maudites mains appliquées à danser pour animer cette armée improvisée, non loin de l’une des fenêtres. Mon bras est en trop mauvais état. Je ne pense pas que je serai capable de tirer avec mon autre bras, je ne suis pas assez habile.
Il faudra qu’elle le fasse…. J’enchante les trois pierres…
Celles-ci, plus la lame du couteau de Yen, et mon poing… c’est très lourd à supporter, même si ce sont de très faibles auras  à chaque fois… Mon Mana faiblit…
Je ne fais presque plus attention aux coups reçus… Je nage en plein cauchemar.
Au travers de la folie de ce champs de bataille, je croise le regard de Yenariel et indique d’un petit mouvement oculaire la position de l’ennemi.
J’ai pris dans ma main les trois pierres auréolées. Pourvu qu’elle comprenne, pourvu que…
Notre réussite dépend d’elle.

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