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LE TEMPS D'UN RP

Labyrinthe (Oskar vs Aiko)

Oskar
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Sabrina
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Oskar
Sam 22 Juin - 12:25
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Où ? Quand ? Qui ?

Ce sont de très bonnes questions !

Dans un passé plus ou moins proche, l'Oligarque a pris le pouvoir et mis en place un régime basé sur la foi et le patriotisme. La société se doit d'être unie, une sorte d'immense fourmilière dont il serait le souverain, représentant du dieu unique sur la planète et maître des pensées et des actes de chacun.

Le principe en est simple, et la hiérarchie plus encore... Au sommet l'Oligarque, ensuite le Cercle composé des sept sages, la Garde rapprochée et la Cour qui protègent et isolent du bas peuple le représentant de Dieu, les Élus, les Médians, les Humbles et les Parias.

La richesse et les libertés vont diminuant au fur et à mesure que l'on s'éloigne du sommet, enfin, les « libertés »... c'est un fait établi qu'il vaut mieux ne rien remettre en question, pas même mentalement...

Les oreilles et les yeux peuvent être dangereux, parmi chaque classe sociale sont disséminés des espions qui grattent quelques avantages en dénonçant des crimes, plus ou moins imaginaires... J'ai peur que certains n'aient le pouvoir de « lire dans les pensées et les rêves. »

Mais... l'Oligarque l'a fait graver sur chaque mur de la ville, et de tout rassemblement humain :

« La liberté est relative et illusoire, l'esclave ne s'affranchit que dans la foi et l'obéissance. Croire et suivre la voie, là est le salut ! »


Contexte provenant de cette recherche : Texte 3


Samuel Young
J'ai 23 ans et je vis à Eden , Capitale de l'Oligarchie. Dans la vie, je suis étudiant en Chimie, en Chimie Organique plus exactement et je m'en sortais plutôt bien jusqu' encore récemment. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis fort bien.
FC : Jeno Lee, crédits : i don't know...


Informations supplémentaires ici : Mes parents j'en ai peur ont des aspirations qui ne sont pas les miennes... Depuis mon enfance mon dossier scolaire mentionne chaque année que mon rêve est de rejoindre la Garde rapprochée de l'Oligarque. Dans notre monde, c'est le meilleur gage de sécurité aussi bien financière que personnelle.
Le Hic ? C'est que je crains bien de n'être en rien attiré par un Corps où la discipline, l'obéissance, le fanatisme religieux sont parmi les plus grandes qualités d'un homme...
Je n'ai pas connu « l'avant » comme le murmurent certains vieillards, mais il me semble que la vie -même si elle peut être très dure- ne requière pas la soumission d'un peuple entier et l'anéantissement de toutes les différences, l'uniformité physique comme de pensée me paraissent même une abomination !
Bien entendu, je tais mon opinion, connue... elle ferait de moi un rebelle, et les rebelles ne vivent pas vieux c'est de notoriété publique.
@Aiko

Labyrinthe
Labyrinthe (Oskar vs Aiko) Sans_t19

Un couloir qui aboutit à un mur et formant un T offre deux autres directions... J'ai essayé de griffer  les murs pour laisser une trace de mon passage, ai systématiquement tourné  à droite à chaque fois que c'était possible... mais je serais bien incapable de dire où j'en suis de ma progression d'autant que je n'ai pas la moindre idée du dessin de ce truc ! Je regarde le plafond, m'attendant à y voir un miroir sans tain qui permettrait à des scientifiques de suivre le chemin de la souris de laboratoire que je suis ! Mais il paraît en béton, gris, sans la moindre imperfection qui serait un repère, sans marque d'aucune sorte, d'indication des points cardinaux ou du temps qui passe !

Au début, j'avais peur de tomber nez à nez avec je ne sais quel monstre, ou individu malveillant, je me suis rassuré peu à peu, il n'y a que moi ! Avant de céder de nouveau à l'angoisse... Seul, dans un endroit inconnu, qui à ce que j'en vois semble un labyrinthe, sans savoir ce que j'y fais, combien de temps je vais devoir y rester ? Pourquoi j'y suis ?

Mes jambes se dérobent, j'ai déjà cédé à la fatigue trois ? Quatre fois ? Plus ? Je ne sais plus !

Je m'allonge, respire fort, soupire... puis me laisse aller ! « Les hommes ne pleurent pas ! » aurait dit mon père. Pourquoi ? Et puis... où est-il ? Le reverrais-je un jour ? Je ne me suis jamais porté volontaire pour ce type d'expérience ? En fait je n'ai aucun souvenir, pas de mission « secrète » donnée par un supérieur, pas de capture ou d'enlèvement, ma mémoire refuse d'expliquer !

Je sens le sommeil m'éteindre... Autour, les murs gris sont toujours éclairés de cet étrange contre-jour, il ne fait ni sombre ni clair, juste assez de luminosité pour permettre d'avancer et de scruter la pierre en y cherchant d'improbables indices...

Mes rêves me submergent, je vis dans mon sommeil lourd bien qu'agité la journée, la dernière dont je me souvienne, qui se répète en boucle. Rien d'inhabituel, ma mère me réveille le premier, avant mes deux frères plus jeunes qui me gêneraient pour me préparer rapidement, mon père finit son petit déjeuner quand j'arrive dans la cuisine, embrasse sa femme et me fait un signe en quittant la maison... J'ai pris ma douche, descendu mon sac et ma veste, je vérifie que le badge de l'Université est bien en place, passe devant le testeur pour contrôler que ma puce d'identification fonctionne toujours -pourquoi le faire ? je n'ai jamais entendu dire qu'un seul de ces mouchards ait jamais dysfonctionné ? peut-être pour nous rappeler que nous sommes marqués comme du bétail dés la naissance ?- J'ai chaussé mes bottes, j'avale mon café, sors -la barre vitaminée encore en bouche-, j'attrape le car, descend devant la fac, fait un signe trop discret à Claire, un plus amical aux deux garçons qui m'attendaient... Cette fille nous est présentée, une nouvelle, je serais son mentor et guide ? Ce qui est généralement ressenti comme un honneur me fait étrangement chier. Elle est là, silencieuse, souriante, attentive... Son uniforme de bonne facture indique qu'elle est issue d'une famille d'Élus, pourquoi lui donner comme référant un Médian ? Elle m'a suivi toute la journée, légèrement en retrait, muette, comme une ombre supplémentaire pour doubler la mienne ?
Je me vois lui désigner une table au réfectoire tandis que la litanie des prières couvre les conversations.

Ensuite ? Rien.

Je me retrouve... ici.

Seul.




Prendre son envol
et tout oublier

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Tournesol
Aiko
Dim 30 Juin - 11:32

Charlie
Klein

J'ai 28 ans et je vis à Eden. Dans la vie, j'enchaîne les petits boulots, en fonction de ce que je trouve et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibatairel et je le vis plutôt bien.

Un père envolé avant ma naissance, une mère qui a fait comme elle a pu jusqu'à ce que la maladie la rattrape. On ne va pas dire que je suis partie gagnante dans cette vie. Il a fallu faire avec, se créer son réseau pour espérer survivre dans ce monde de folie. Aujourd'hui, je vis avec deux amies au parcours tortueux comme le mien. On fait comme on peut, on se débrouille avec les moyens du bord. Un peu outsider mais sans le dire trop fort, un peu hors de la boîte mais sans le montrer. On sait que tout s'entend, tout se répète. Alors chacune garde ses opinions. Mais parfois, en se regardant dans les yeux, on comprend. Ce monde n'est pas fait pour nous.


Lisa Vicari
Sensation de fraîcheur et d'humidité.
C'est étrange.
Mon nez se fronce, mes sourcils frémissent, ma gorge me gratte. Je me sens engourdie et il fait noir.
Ah. C'est peut-être parce que j'ai les yeux fermés qu'il fait si sombre, non ? Je fais un effort, mes paupière clignent, au début, j'ai du mal à voir la différence, j'ai du mal à distinguer les formes. Finalement, mes pupilles s'habituent à la faible luminosité et je constate rapidement que je suis dans un endroit que je ne connais absolument pas. Allongée sur le sol froid, légèrement humide.
Je me redresse lentement, grimace en sentant mon corps ankylosé se mettre en mouvement.
Où suis-je ?
Je reste assise par terre un long moment. Mes pensées vont et viennent, tournent en boucle, j'ai du mal à les organiser.
Où suis-je ?
Seule question qui revient, lancinante.
Où suis-je ?
Mes pensées s'organisent peu à peu et je dois me rendre à l'évidence : je n'en sais rien. Autour de moi, tout est gris béton. Même au dessus. Dans mon dos, un mur. Face à moi, un chemin qui s'enfonce dans l'obscurité. C'est quoi ce bordel ?!

Après avoir longuement réfléchi, j'ai le sentiment que rester ici ne m'avancera à rien. Je n'ai aucune réponse autour de moi et il est hors de question de les attendre. Je ne peux plus rester immobile à ne rien faire. Sinon l'angoisse risque de me submerger et m'emporter dans son courant.
Je me mets debout et me décide à avancer à pas prudents. Tous mes sens aux aguets.
Il n'y a pas un son, pas un bruit.
C'est rassurant, non ?
Ce gris béton tout autour de moi me rend claustrophobe. J'ai l'impression d'être enfermée dans un boîte géante.
Pourquoi j'ai atterri là ?
Alors que je continue d'avancer, me heurtant parfois à un chemin qui diverge -gauche ou droite, c'est au hasard- j'essaie de me remémorer ce que je peux.
Il y a une semaine, j'ai trouvé un emploi dans une usine de barres énergétiques. Sale boulot, peu de respect de la part de la hiérarchie, salaire de misère mais au moins, ça aide un peu à payer les factures. Pas sûr que j'y fasse long feu. En attendant, on fait avec ce qu'on trouve. Je suis partie à l'aurore ce matin pour arriver à l'heure. Arabella et Betty dormaient encore. Et après... je sais que je suis arrivée à l'usine. Je me revois revêtir mon uniforme sacré-méga-moche. Peu de mots, peu de contacts avec les autres. Personne n'est là pour sociabiliser. Tout le monde est là pour gagner sa croûte.
Empaqueter, emballer, envoyer... mouvements répétitifs, que le temps est long.
Pause déjeuner. Il faut reconnaître une chose à l'usine : sa bouffe de réfectoire est mangeable. Mais... qu'est-ce qu'on a mangé ce midi ? Je ne parviens pas à visualiser un seul aliment. Y avait-il de la viande synthétique ? Ou encore un de ces brocolis dont le goût fade est relevé par un sauce aux ingrédients mystérieux ? Je n'en ai aucune idée. Ai-je seulement mis les pieds dans le réfectoire aujourd'hui ? Enorme trou de mémoire.
Je me sens vaciller.
Impossible de me rappeler la suite, encore moins comment j'en suis arrivée là.
Je me force à respirer lentement pour calmer les battements de mon coeur.
Ne pas céder à l'angoisse ne pas céder à l'angoisse ne pas céder...

Poings serrés, je continue d'avancer. J'essaie de me dire que j'ai déjà vécu pire mais en fait...
Non.
Je n'ai jamais vécu pire.
Pire que l'inconnu et l'incompréhension totale.

Ca fait je ne sais combien de temps que j'avance. Comme une automate. A prendre des chemins au hasard.
Au début, j'ai essayé de retenir le parcours emprunté. De visualiser à quoi pouvait ressembler cette énorme boîte labyrinthique.
Maintenant, mes pensées grésillent, brouillées, abattues.
Je ne tente plus rien. A part marcher.
Peut-être que je tourne en rond. Je ne le saurais même pas.
J'ai soif. Et faim.
Je vais quand même pas crever ici ?

Tout à coup, une forme se découpe au loin.
Je me fige.
C'est vivant ? C'est mort ? C'est dangereux ?
Je ne bouge plus. Retiens mon souffle. Mais ça ne me saute pas dessus.
Poussée par la curiosité, je finis par reprendre mon chemin à pas prudents. Poings toujours serrés, prête à me défendre si besoin.
Lorsque je suis assez près, je constate que ça est humain et a l'air vivant.
Des traits jeunes et masculins. Allongé au sol. Je ne serais donc pas seule dans cette boîte géante ?
Je déglutis, me racle la gorge et prononce, d'une voix enrouée de ne plus avoir parlé depuis un moment :

-Eh, tu fais quoi ?
Oskar
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Sabrina
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Oskar
Lun 1 Juil - 17:59

Samuel Young
J'ai 23 ans et je vis à Eden , Capitale de l'Oligarchie. Dans la vie, je suis étudiant en Chimie, en Chimie Organique plus exactement et je m'en sortais plutôt bien jusqu' encore récemment. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis fort bien.
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Informations supplémentaires ici : Mes parents j'en ai peur ont des aspirations qui ne sont pas les miennes... Depuis mon enfance mon dossier scolaire mentionne chaque année que mon rêve est de rejoindre la Garde rapprochée de l'Oligarque. Dans notre monde, c'est le meilleur gage de sécurité aussi bien financière que personnelle.
Le Hic ? C'est que je crains bien de n'être en rien attiré par un Corps où la discipline, l'obéissance, le fanatisme religieux sont parmi les plus grandes qualités d'un homme...
Je n'ai pas connu « l'avant » comme le murmurent certains vieillards, mais il me semble que la vie -même si elle peut être très dure- ne requière pas la soumission d'un peuple entier et l'anéantissement de toutes les différences, l'uniformité physique comme de pensée me paraissent même une abomination !
Bien entendu, je tais mon opinion, connue... elle ferait de moi un rebelle, et les rebelles ne vivent pas vieux c'est de notoriété publique.



@Aiko

Labyrinthe
Labyrinthe (Oskar vs Aiko) Sans_t19

Ici...

La journée se termine, celle du rêve... Enfin se termine ? Non. Elle recommence comme un film qui passerait en boucle... Je me relève, je reprends mon petit déjeuner après le départ de mon père, j'entends mes deux frères là-haut à l'étage, se disputer pour une serviette de bain, ma mère jette un coup d'oeil à la porte qui s'est refermée, mon père voudrait qu'on se passe de ce linge à laver et donc coûteux en eau, produits lessiviels et matériel à réparer... Les panneaux solaires dont chaque maison dispose permettent de faire souffler un vent presque naturel qui sèche bien mieux qu'une serviette mais le premier émerveillement de ma mère face à cette nouvelle technologie n'a pas remplacé la douceur de l'éponge sur le corps... Par sa profession -elle dirige un hôtel de luxe- elle sait que les Élus non plus n'ont pas abandonné ce plaisir de s'enfouir dans un tissu doux, doux et de plus en plus cher pour nous autres Medians.

C'est curieux, même mes rêves dévient. J'admets que ce monde nous préserve de bien des choses, nous avons une énergie gratuite, des écoles, un service de santé, l'ordre règne, pas l'égalité mais la classe à laquelle appartiennent mes parents nous permet beaucoup de choses que des Humbles et à plus forte raison des Parias n'auraient pas. Si j'avais accepté d'intégrer la Garde, cela aurait en plus représenté un bond social, et entrant parmi les Élus j'y aurais traîné ma famille... Je le sais. D'ailleurs officiellement je n'ai pas refusé, j'ai juste différé ma demande au grand déplaisir de mon père et à la surprise de mes professeurs...

Depuis le début de ma scolarité, chaque paraphe parental attestant qu'ils ont -mère et rarement père- pris connaissance de mes bons résultats rappelle -après les remerciements aux notateurs- que ce travail exemplaire est dû à ma volonté d'être dans les meilleurs, pour servir l'Oligarque et assurer Sa sécurité ! Il aurait donc été normal que dès l'année dernière je prenne rang dans les listes de pré-sentis et officialise ma candidature ? La Garde est accessible à chaque citoyen dès ses vingt et un ans, homme ou femme, à la condition qu'il soit en possession de tous ses moyens, physiques et mentaux, et puisse présenter un casier judiciaire vierge...

Je ne l'ai pas fait, ni il y a un an, ni cette année ? À la question posée j'ai répondu que je voulais être « parfait » avant de me proposer donc diplômé et ai reçu comme réponse que trop de perfectionnisme à force pouvait être néfaste...

Pourquoi j'y pense ? Pourquoi ce maudit souhait qui n'est pas le mien vient-il parasiter mon sommeil ?

À cause de la fille.

S'il est courant qu'un étudiant de dernière année chapeaute un débutant, c'est en général fait par un égal, ou un supérieur. Or socialement je suis son inférieur... C'est certainement parce que mon profil bien que non encore proposé à cette funeste institution qui ne peut qu'être ma carrière -un refus de ma part serait une rébellion affichée- est considéré comme acceptable, voire intéressant ?

Dans les brumes du sommeil cette évidence se fait de plus en plus pesante.

Ma volonté de me préparer « mieux » a déplu, EUX me veulent maintenant, pour EUX je suis prêt ! Ils m'ont envoyé un message clair et pressant en me nommant mentor d'une Élue, je n'ai pas eu le temps de l'annoncer à ma famille mais j'imagine ma mère me serrant contre elle à m'étouffer, à la fois fière et émue aux larmes, mon père si gonflé de son importance future et des promotions qui ne pourront que fondre sur le géniteur d'un Garde de l'Oligarque, mes frères envieux et admiratifs, poussés à travailler, à apprendre, à se surpasser...

Oui, mon monde onirique est grandiose, j'ai fait ce qu'un aîné doit faire -fils ou fille d'ailleurs- j'ai honoré mes parents, mes professeurs, mon clan, la société tout entière et ce faisant notre dirigeant si précieux : l'Oligarque lui-même !


J'ignore si c'est une conclusion judicieuse, je me torture les méninges depuis que je suis coincé dans ce trou ! L'entrée dans la Garde est autant un honneur qu'une épreuve, si ce que je vis est un test pour s'assurer de ma valeur, de ma capacité à gérer une situation anxiogène, à faire face à des événements déroutants, alors c'est réussi ! Je sais que si je suis intégré, ni Claire ni mes amis hommes n'existeront plus, la première chose qu'ILS feront sera de me détacher de tout ce que j'ai pu aimer, pour que je ne puisse pas faillir à cause de souvenirs, que je sois un instrument de l'ordre et de ce qu'ILS appellent la justice...

Un test ?


Depuis ma plus tendre enfance, je n'ai pas pu jouer comme les autres, on m'a appris à me méfier, à être sur mes gardes, à donner une apparence appréciable et attachante tout en surveillant chaque geste, chaque parole, aussi bien les miennes que celles de mes « amis »...

Je suis avachi, à moitié réveillé, somnolent, je me surprends à remarquer que l'uniforme de l'école a disparu et que je ne porte plus de chemise ? Quand est-ce arrivé ? Pourquoi ? Je n'ai pas eu conscience de me déshabiller ? Autour de moi, il fait sombre, encore...

De cette « sombreur » lumineuse qui rend l'endroit surnaturel et inquiètant. Le silence ajoute à cette pesanteur de l'air, l'absence de perspective, la largeur des couloirs trop étroits pour donner une illusion d'espace mais trop larges pour qu'on puisse toucher les deux murs bras étendus ?

Malgré moi je suis tendu, dans ma torpeur il m'a semblé entendre des pas ? Comme ouatés, camouflés ? Comment les bruits peuvent-ils être absorbés dans  cet espace vide ?

La silhouette approche, plus elle se profile et plus je suis sur mes gardes, ma puce devrait réagir ? Me l'ont-ils retirée ? Est-elle endommagée ? Dans notre société elles nous permettent d'être immédiatement avertis de la présence d'un autre humain, de déceler les signaux principaux comme son Clan : Elu, Médian, Humble ? Sa note sociale ? Si cette femme était une criminelle -de pensées ou d'actes- je le saurais ? Pourquoi ne puis-je la situer ? Dans ma vie de tous les jours, ce marqueur que je maudis comme indiscret et imposé m'évite les impairs, je me comporte selon les principes édictés, je salue comme il faut, me met en retrait face à un Élu tandis qu'au contraire un travailleur m'accorde une supériorité sociale et un respect dû.

- Eh, tu fais quoi ?


Les habitudes ont la peau dure, je pense que je la toise plus que je ne la regarde, son langage, les vêtements qu'elle porte ? D'où sort-elle ? Avec cette fichue puce défectueuse, je ne peux pas la situer, je me rends tout à coup compte que j'ai beau m'afficher rebelle j'ai toujours adhéré au dogme de l'Oligarque, chacun a sa place et ne peut en changer, sauf s'il est appelé à d'autres tâches par le pouvoir en place ! Ne pas savoir  qui elle est fait bien plus que me rendre méfiant, ça me déstabilise totalement ! Et si elle était déguisée en prolétaire pour me prendre en traître ? C'est incroyable comme l'absence d'information peut rendre vulnérable...

Nous ne savons pas réfléchir par nous mêmes, sentir, écouter notre cœur ou nos sentiments... Le module incrusté sous notre peau, à un endroit variable pour ne pas pouvoir être retiré, indétectable, dirige nos pas et nos pensées... Sans lui... Je suis perdu.

Est-ce un test ?


Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ?

Bêtement je réponds, un peu agressif peut-être, mais ne l'est-elle pas aussi ?

- Et toi ?




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Tournesol
Aiko
Sam 13 Juil - 23:38

Charlie
Klein

J'ai 28 ans et je vis à Eden. Dans la vie, j'enchaîne les petits boulots, en fonction de ce que je trouve et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibatairel et je le vis plutôt bien.

Un père envolé avant ma naissance, une mère qui a fait comme elle a pu jusqu'à ce que la maladie la rattrape. On ne va pas dire que je suis partie gagnante dans cette vie. Il a fallu faire avec, se créer son réseau pour espérer survivre dans ce monde de folie. Aujourd'hui, je vis avec deux amies au parcours tortueux comme le mien. On fait comme on peut, on se débrouille avec les moyens du bord. Un peu outsider mais sans le dire trop fort, un peu hors de la boîte mais sans le montrer. On sait que tout s'entend, tout se répète. Alors chacune garde ses opinions. Mais parfois, en se regardant dans les yeux, on comprend. Ce monde n'est pas fait pour nous.


Lisa Vicari
Un temps en suspend.
Il me regarde.
Me toise.
Méfiance.
Silence.
C'est bien un être humain. Vivant.
Cette constatation me fait réaliser que je n'ai reçu aucune donnée à son propos. Avec les années, j'ai appris à être de moins en moins attentive aux informations envoyées par la puce dont on nous affuble tous à notre naissance. De toutes les façons, vu l'endroit où je vis et les rues où j'évolue, ces informations me sont peu utiles. Je sais que tous les gens que je croise sont des pauvres types comme moi, largués et peu intéressants pour le système. Servant uniquement de main d'oeuvre pas cher pour faire fonctionner les rouages au-dessus de nous. En savoir davantage sur eux ne m'avance à rien. Ne m'intéresse pas.
Nos esprits sont sans cesse pollués pour ce flot d'informations parfois indésirables. Alors j'essaie de les faire passer au second plan.
Il n'y a aucun moyen de retirer soi-même sa puce. Et puis, même si on le pouvait, qui sait ce qui nous arriverait ? A ma connaissance, personne n'a jamais voulu tenter l'expérience pour apporter une réponse à cette question. Parfois, l'ignorance est la meilleure des options.
Mais alors, le fait de ne rien connaître de l'être en face de moi m'interroge. Est-ce un bon signe ? Aurais-je trouvé à mon insu une manière de rendre cette foutue puce défectueuse ? Ou... il faudrait que je regarde si j'ai une cicatrice quelque part, là où elle devrait être... quelqu'un pourrait-il me l'avoir retirée ? Pourquoi ?

L'autre en face répond par une question.
Je le fixe un instant, désarçonnée par l'interrogation envoyée en retour. J'ai envie de souligner que c'est moi qui ai posé la question en premier mais ça ferait trop gamine je suppose. Alors je me contente de hausser les épaules.

-Moi j'suis pas par terre, je lance, dans un premier temps.

Bah quoi, c'est vrai ? De nous deux, c'est quand même lui qui avait l'attitude la plus bizarre. On aurait dit un mort au sol. Sauf qu'il est vivant.
Je le dévisage quelques secondes. Il a l'air très propre sur lui. Il n'a pas le visage de ceux qui triment dans les mines à la recherche des derniers métaux précieux qu'on n'aurait pas encore exploités. Ou encore ceux qui font les boulots sous-payés dont personne ne veut mais qui arrangent bien tout le monde. Je me demande ce qu'un type comme lui fait dans un endroit comme celui-ci. Et surtout, comment ça se fait qu'on soit tous les deux dans le même lieu. Nos origines sociales que je suppose être très différentes n'auraient pas dû permettre cette rencontre. Notre monde, c'est beaucoup d'entre-soi. On se mélange peu et on n'est pas trop en demande de mixité. Les privilégiés préfèrent garder leurs privilèges dans leurs cercles restreints. Et les plus en bas de l'échelle sont trop exténués et embrigadés pour se projet dans entre chose que l'entre-soi dans lequel ils vivent actuellement.

-Pourquoi t'étais par terre ?
je reprends. Tu peux plus marcher ? Tu sais ce que c'est, ici ?
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Labyrinthe (Oskar vs Aiko)
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