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LE TEMPS D'UN RP

« Connais ton adversaire, connais-toi, et tu ne mettras pas ta victoire en danger. »

Stormy Dream
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Tournesol
Stormy Dream
Jeu 4 Jan - 16:05
@FoxDream

Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
J’aime bien quand tu fais ça. La chaleur qui avait quitté son corps face à tant de douleur revint l’envelopper. Ces quelques mots prononcés dans un demi silence lui arrachèrent un petit sourire alors que son visage se noyait dans sa chevelure défaite. Sa sincérité le touchait en plein cœur tant elle était inhabituelle. Helene était pourtant complète, toujours droite dans ses bottes… Ils s’amusaient souvent ensemble à manipuler le langage, en français ou en anglais -peut-être même plus souvent en anglais. Lucien connaissait le pouvoir des mots, et avait compris depuis le premier jour qu’elle l’utilisait, elle aussi. Il n’était pas dans leurs habitudes de se dire les choses avec tant de simplicité. A nouveau, la situation inédite lui démontrait une marque de confiance de la part de son amie, et c’était précieux.

“Très bien…” chuchota-t-il au creux de son oreille. “J’ai trouvé ta faiblesse, tu devrais faire attention à ne pas la révéler trop facilement. Certains pourraient en user à outrance...” ajouta le français d’une voix douce, mais malicieuse qui lui ressemblait tant.

Il poussa une expiration rieuse lorsqu’elle lui demanda, sur le même ton que lui, si l’offre était réservée dans le temps ou à un nombre de clients réduit. “La revoilà…” souffla-t-il, trop heureux de retrouver quelques joutes verbales avec Helene. “En chiffre.” Précisa-t-il, pour lui signifier que cela ne dépassait pas la dizaine… Après tout, “un” était un chiffre aussi.

Alors qu’il attendait la réponse de la jeune femme, les yeux rivés dans les siens, il se sentit perdre le contrôle sur ses émotions. Avait-il était trop insistant ? Trop présent ? Il n’avait pas la moindre envie que cet instant ne cesse, alors même qu’il avait prié tous les dieux -auxquels il ne croyait pas- de stopper ses larmes.

Sa réponse arrêta les battements de son cœur, encore une fois. C’était devenu une habitude, et il se retrouvait à chaque fois avec le souffle coupé. Lucien baissa les yeux sur les mains d’Helene qui se glissaient sans hésiter dans les siennes : il les serra, doucement, mais un sourire sur les lèvres. “Attends un peu de voir mes vrais arguments…” Dit-il, faussement fanfaron. “C’est toi qui me parles d’obstination ? Quel comble !” S’offusqua-t-il en se redressant pour l’aider à se relever. Lorsqu’elle fut de nouveau sur ses pieds, Lucien se détacha du contact si agréable, mais qu’il fallait bien rompre à un moment donné, pour remettre un peu d’ordre dans la pièce.

En rentrant de sa promenade, sa mère verrait que la boutique n’avait pas ouvert, elle s’y rendrait directement. Il n’avait pas la moindre envie d’attirer les soupçons sur ses activités nocturnes, alors il valait mieux que l’arrière-boutique soit impeccable. Il releva le matelas contre le mur, ramassa la couverture encore au sol pour la plier soigneusement, puis nettoya la tasse utilisée la veille, oubliée  dans l’évier, pour la mettre à sécher. Lorsque la pièce fut parfaitement en ordre, il se retourna vers la jeune femme, et l’invita à venir s’emparer de nouveau de sa main. Du moins, il la lui présenta de manière à ce qu’elle s’en saisisse si elle en avait envie, ou qu’elle l’ignore si c’était plus confortable pour elle.

Il n’était pas aussi tard que l’avait imaginé Lucien en ouvrant les yeux. Paris était encore bien désert lorsque la cloche tinta à l'ouverture de la porte. Il laissa le passage à Helene, verrouilla la boutique, puis se dirigea vers l’impasse où se trouvait l’entrée de son immeuble. Sans surprise, ils ne croisèrent pas âme qui vive. C’est la raison pour laquelle il chérissait tant cette impasse : le calme y régnait toujours.

Les deux silhouettes arrivèrent rapidement à la grande porte en bois que Lucien ouvrit avec une clef en métal. La dernière fois qu’elle avait pénétré dans ces lieux, ils étaient plongés dans la pénombre. Avait-elle fait le lien ?

L’homme l’orienta vers l’escalier en colimaçon, grimpant derrière elle les marches qu’il avait toujours connues. Cet escalier, il l’avait dévalé en toutes circonstances… des bonnes, et des moins réjouissantes. Lorsqu’ils arrivèrent sur le palier de l’appartement, Lucien reprit les devants et ouvrit. La pièce principale était traversante de l'est vers l'ouest, bien que relativement étroite. La lumière pénétrait par le côté est, allongeant les ombres, ce qui donnait un peu plus de hauteur à l’endroit. Il n’y avait que très peu de meubles, mais une grande bibliothèque sur le mur qui leur faisait face. “On ne se refait pas… C’est la collection personnelle, celle que les privilégiés ont le droit de voir…” Dit-il avec un sourire.

Il la laissa parcourir les livres -ce qu’elle ferait forcément selon lui, car à sa place il n’aurait pas pu s’en empêcher- pour se rendre vers la minuscule cuisine. Georgette avait laissé une miche de pain et quelques baies sauvages… Sa connaissance de la nature, et sa passion pour la marche faisaient que, plusieurs fois par semaine, elle s’absentait pour se rendre dans la campagne parisienne pour cueillir -et chasser !- ce dont ils avaient besoin. Les rations données par les allemands ne suffisaient pas à combler leurs besoins...

Le repas était généreux pour une personne en temps de guerre, un peu plus maigre pour deux… mais Lucien glissa le tout dans deux bols. Il mit ensuite la théière à bouillir, et fouilla dans les placards à la recherche d’un bocal qu’il n’avait pas vu depuis longtemps. “Pourvu qu’elle l’ait encore…” Grommela-t-il, sur la pointe des pieds, en regardant toutes les étiquettes écrites à la main. Au moment où il mit la main dessus, Helene arriva dans son dos. Il pivota, pris d’une pointe d’angoisse vis à vis de tout ce qu’il était en train de manigancer dans la cuisine.

Il déposa le contenant en verre sur la table, étiquette apparente devant la jeune femme : Verveine Citron séchée. C’était l’une des plantes que Lucien aimait le plus lorsqu’il était enfant, mais il s’était bien gardé de le mentionner à son amie, préférant lui faire croire qu'il détestait le thé. “Installe-toi !” Dit-il en lui tirant la deuxième chaise en bois. Le sifflement de la théière le fit sursauter, alors qu’il s’était perdu dans les prunelles bleutées qui le regardaient avec attention.

“Ce n’est pas le grand luxe… mais peut-être que ça pourra te remonter un peu le moral. Un corps qui a faim ne peut pas aller bien.” Dit-il finalement en versant le liquide dans une tasse. Il poussa le bol rempli de pain et de mûres sauvages. “Ma mère a quelques endroits bien gardés…” se justifia-t-il, conscient que les fruits étaient devenus une denrée aussi chère que de l’or en période de restrictions. Lui mordit dans un morceau de pain nature, trop heureux de satisfaire son estomac qui se tordait de mécontentement.
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Sabrina
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Sam 13 Jan - 22:58
@Stormy Dream

Helene Magnus alias Robin Hood
J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
Depuis combien de temps ne s’était-elle pas sentie aussi détendue dans les bras d’un homme ? Depuis combien de temps ne s’était-elle pas sentie en confiance dans les bras d’un homme ? Tout simplement, depuis combien de temps ne s’était-elle pas autorisée à tout simplement lâcher-prise accompagnée ou bien seule ? Elle avait toujours eu tant de choses à gérer, une vie à cent à l’heure : ses études, sa carrière, ses recherches, sa vie personnelle… Tant de choses à gérer, à maitriser, tant d’émotions à gérer, d’angoisses, de peur, de marques à dissimuler. Mais là, maintenant, dans les bras de Lucien, tout semblait si différent. Le froid glacial qui l’avait envahi lors de ses retrouvailles avec John se tenait à l’écart. Tel un prédateur aux aguets, il était toujours là, tapis dans l’ombre, prêt à se jeter sur elle à la moindre occasion. Dès que la chaleur s’éloignerait, elle serait à nouveau au prise avec ses cauchemars.

Mais les gestes doux de Lucien dans ses cheveux l’aidaient à tenir ses pensées éloignées, à se laisser aller contre lui et s’enfoncer dans une torpeur qu’elle accueillait avec un certain plaisir. Un frisson parcourut son corps lorsque la voix grave du libraire chuchota à son oreille. Elle serra ses doigts sur la chemise une pointe d’angoisse se fraya un chemin dans la torpeur. Son esprit rationnel savait qu’il cherchait à la taquiner, sûrement pour la faire sourire. Mais l’autre part de son esprit, celle qui avait le contrôle sur ses actes, ne pouvait s’empêcher de s’en inquiéter. « Je ne la révèle pas à n’importe qui, tu fais partie des privilégié. » Répondit-elle, son ton manquant encore de la taquinerie habituelle, bien que ces mots en étaient emplis. Son émotion était différente… J’espère ne pas le regretter de m’ouvrir à toi ainsi. Elle savait bien trop au combien il était douloureux qu’une personne de confiance se retourne contre soi. Elle ignorait si elle pourrait le supporter à nouveau.

Ses yeux clos, un petit sourire étira malgré tout le coin de ses lèvres. « J’espère que tu ne l’as pas proposé à trop de mon alors… Je suis une cliente régulière et exigeante, tu devrais le savoir. Et je suis vraiment intransigeante pour les massages. » Aurait-elle droit à un massage dès qu’elle lui demanderait ? Bien que farfelu, cette idée avec quelque chose de plaisant.

L’insistance de Lucien et ses mots finirent par balayer les dernières réticences de la jeune femme. Ou peut-être ne voulait-elle simplement pas s’avouer qu’elle ne voulait pas s’éloigner pour le moment. « J’ai hâte de voir ça alors. » Rétorqua-t-elle en secouant légèrement la tête. Elle serra les mains du libraire en retour, sentant les cales dures développer à force de grimper sur les toits, bien plus que de manipuler les livres, sentant toute sa force et sa douceur. Elle s’appuya sur lui pour se redresser. « C’est bien connu pourtant, les français sont connus pour être de véritable… Comment vous dites déjà ? Elle réfléchit un instant. Tête de mule. » Elle fit un petit sourire. Ils étaient loi, de son sourire ou son ton malicieux habituel, mais l’effort y était.

Enfin sur ses jambes, Helene eut un léger vertige. Toute la fatigue accumulée, les émotions, les larmes… elle se stabilisa et un frisson de froid parcourut son corps, tandis que Lucien s’éloignait pour remettre en ordre. Elle voulut l’aider, mais son ami refusa son aide, terminant certainement bien plus vite que si elle était intervenue. Elle resta à l’écart, croisant les bras pour empêcher son corps de trembler, perdit un instant le contact avec la réalité, jusqu’à ce que Lucien soit de nouveau dans son champ de vision. Ses yeux se posèrent sur cette main tendue. Elle hésita un instant, puis glissa sa main dans la sienne, se laissant guider dans les rues de Paris.

A l’extérieur, Helene retrouva cette angoisse, presque familière, et observa tout autour d’eux. Sous le soleil levant, personne ne se trouvait dans les rues. Cela ne fit pas disparaitre ses craintes. Elle connaissait que trop bien les capacités de John. C’était irrationnel, elle le savait pourtant, il ne prendrait pas ce risque, mais sa peur lui soufflait tout le contraire.

Occupée par ses pensées, elle ne remarqua qu’au moment de s’arrêter devant la porte qu’ils étaient arrivés. Elle pénétra à l’intérieur, grimpant les marches qui lui semblèrent familières. Elle le suivit à l’intérieur de la pièce, découvrant l’endroit avec une certaine curiosité. « Je fais donc partie de ce petit cercle de privilégiés ? Quel honneur. » Encore cette tentative d’humour, pour mieux cacher son état. Le premier choc était passé, mais elle se sentait toujours affectée par les événements de la veille. Affectée et vidée.

Helene s’approcha de la bibliothèque, lisant les noms inscrits sur le dos des ouvrages. Elle éleva sa main pour toucher l’une des reliures et suspendit son geste. Ses yeux venaient de se poser sur la marque violacée sur son poignet. Elle fut brutalement projetée à nouveau à cette soirée. Sa main fut prise de tremblements et retomba le long de son corps. Elle se mordit la lèvre, essayant de rester connecter à cette réalité, cet endroit.

Des bruits provenant de la cuisine la sauvèrent de ses pensées. Elle se dirigea vers la pièce, découvrant une scène qui la fit sourire tant elle sortait de l’ordinaire. Lui qui était si grand, il était pourtant sur la pointe des pieds en train d’essayer de saisir quelconque objet. « Tu es peut-être grand, mais même les grandes personnes peuvent utiliser un escabeau tu sais ? » Elle sourit, croisant par habitude les bras dans son dos pour cacher son poignet. Elle lut l’inscription sur le bocal et en fut toucher. Lucien faisait tant d’efforts pour qu’elle se sente mieux, elle ne pouvait qu’en être touché. Elle observa Lucien, qui ne cessait d’avoir des réactions étranges. Etait-il gêné de l’avoir finalement invité chez lui ? Helene secoua la tête et lui sourit en observant ce qu’il avait préparé. « Eh bien, peut-être que l’on va faire de toi un médecin avec ce grand principe. » Lui dit-elle en souriant. « C’est plus que suffisant Lucien et je sais que ça signifie beaucoup. Alors merci. » Elle lui sourit. Helene saisit un fruit entre ses doigts, le faisant rouler. Son corps avait faim, elle le savait bien, mais elle ne sentait aucune envie. Elle glissa le fruit entre ses lèvres. « Je vois ça. Ta mère semble très douée et débrouillarde. Il faudrait que je parle avec elle plus souvent. »

Un silence s’installa entre eux. Elle grignota quelques fruits, mordit dans le pain. Elle tendit la main pour saisir la tasse chaude. Elle ne remarqua qu’à l’instant qu’elle avait soif. Ses yeux se posèrent à nouveau sur la marque laissée par John. Ses lèvres tremblent légèrement. Elle ramène sa main, la couvrant avec la seconde. La tête baissée, elle prit une inspiration pour garder son calme. « Tu… n’as pas de questions à me poser ? Tu aurais le droit après tout ce que tu as fait hier… » Oui, il avait prit tellement de temps avec elle, encore maintenant il continuait de prendre soin d’elle, et pourtant il ignorait tout de ce qui l’avait mis dans cet état.
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Mer 17 Jan - 16:10
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Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
Les échanges avec la britannique avant de quitter la librairie lui restaient dans la tête, à mesure qu’il marchait vers le bâtiment où il habitait. Le ton avait changé, et elle avait doucement retrouvé la touche d’humour piquante qu’il appréciait chez elle. Lorsqu’elle lui avait indiqué qu’elle ne révélait pas ses faiblesses à n’importe qui, et avait utilisé le terme de privilégié, Lucien n’avait pas pu retenir son sourire. Privilégié… terme qu’il emploierait quelques instants plus tard devant sa bibliothèque, en écho à ses paroles.

“Tu ne regretteras pas.” Avait-il répondu au murmure prononcé, comme si elle n’avait pas souhaité qu’il l’entende. Mais il l’avait entendu, et relevé. Il lui avait promis durant la nuit qu’il ne la laisserait pas tomber. Promesse facile, parce qu’il n’en avait pas envie... Tout simplement. Il n’avait rien ajouté de plus quant au fait qu’il ait hypothétiquement proposé à des clients habitués de profiter de quelques instants de calme dans ses bras. Le ton était trop cynique pour qu’elle n’y croit, et il appréciait laisser planer un faux mystère à ce sujet.

Ils savaient tous les deux, c’était le principal.

Il aurait aimé savoir imiter une mule pour clore cette conversation sans queue ni tête, mais il s’était contenté de rire avec spontanéité. Il était soulagé de retrouver son amie sur pieds après la nuit compliquée qu’ils avaient passée. Qu’elle avait passée.

“Pour l’instant !” Répondit Lucien depuis la cuisine, tandis qu’elle se flattait de faire partie des privilégiées à son tour. “N’en abuse pas.” Enchaîna-t-il, bien conscient qu’elle prendrait un malin plaisir à user de ce statut à chacune de ses visites. De toute façon, elle avait déjà récupéré un ouvrage provenant de sa collection quelques jours plus tôt… Peut-être qu’elle ne l’avait pas cru, quand il le lui avait annoncé.

Elle le rejoignit alors qu’il n’était pas tout à fait prêt, et le prit en flagrant délit d’étirement pour aller chercher un bocal au fin fond d’un placard. “Parce que tu imaginais qu’avec ma taille il soit question de se procurer un escabeau dans cette maison ?” Il s’empara de l’objet, puis se retourna pour plonger ses prunelles amusées dans le regard azur de son amie. Tout en souriant, il se remémora les centaines de fois où sa mère cria son prénom pour lui demander de lui attraper quelque chose en hauteur. Pourquoi montrer sur une chaise quand on a un fils qui a le bras assez long pour à peu près tout ce dont on a besoin ? En plus, il aimait bien prendre cet air fier lorsqu’il parvenait à s’emparer de l’objet convoité. C’était peut-être la seule fois où il prenait vraiment un air fier… lui qui était plutôt du genre humble le reste du temps.

Lorsque la bouilloire siffla, l’homme versa le liquide brûlant dans une tasse où Helene avait disposé les feuilles nécessaires à la préparation. Il s’installa ensuite devant elle, conscient que ce genre de moment intime risquait de se faire très rare. Peut-être même qu’il serait le dernier ? Alors il profita de chaque seconde à ses côtés, savourant le fait de pouvoir en apprendre plus à son sujet. Il connaissait ses goûts en lecture, à force d’en avoir discuté… mais il ne savait rien de sa vie.

“Ma mère serait ravie de pouvoir discuter avec…” Il allait dire une femme comme toi, en référence à sa culture, son métier, sa prestance, sa grande intelligence qu'il admirait tant… en mettant en avant à quel point elle était différente des autres. Mais il s’était coupé dans son élan, préférant la désigner comme une personne, comme son amie. Oui, parce qu’elle était dans sa cuisine, mordant dans un morceau de pain et des baies cueillies par sa mère. Le moment était plus personnel. L’hésitation ne dura qu’un quart de seconde. “...avec toi. Mais je te préviens, tu ne pourras plus t’en dépêtrer. A tes risques et périls…” soupira l’homme en mordant à son tour dans un morceau de pain.

Puis, l’ambiance chaleureuse bascula en un silence qu’il ne sut interpréter. Il prit le temps de manger lentement, comme depuis le début du rationnement : escroquer son cerveau en mâchant longtemps lui permettait de tenir plus longtemps malgré la faim. Il l’avait rapidement appris au début de l’Occupation.

Lucien intercepta le regard d’Helene qui glissa vers sa main blessée. Son cœur se serra, de peur que ses angoisses ne reviennent. Il serra les doigts sur sa tasse, nerveux, tandis qu’elle prenait une longue inspiration. Elle luttait intérieurement, et il ne pouvait pas l’aider.

Pourtant, alors qu’il ne quittait pas son visage des yeux, elle lui posa une question qui lui fit afficher un air stupéfait.

Des questions, il en avait des centaines en tête depuis qu’il l’avait retrouvée sur le sol du théâtre. Des centaines. Que s’était-il passé ? Quelle était la gravité de la situation pour qu’elle se soit retrouvée dans un état de panique comme celui-ci ? Avait-on essayé de l’intimider ? De la menacer ? Un peu de tout à la fois ? Mais surtout, et avant toute chose, qui ? Qui était responsable de tout ça ? Il était déjà convaincu que le bleu violacé sur son poignet était lié, mais après tout… était-ce vraiment lié ? Si oui, qui ? Qui avait bien pu s’en prendre à Helene ?

Et enfin… Aurait-il pu l’éviter s’il était arrivé plus tôt ?

“Bien sûr, que j’ai des questions…” Commença-t-il d’une voix douce, bien que la colère se soit remise à animer ses pensées. Il ne comprenait pas qu’un tel comportement puisse se tenir dans les coulisses du théâtre. Qu’on s’en prenne à son amie lui était insupportable. “mais tu ne me dois rien du tout, Helene. Jamais.” Il soutint son regard, lui adressant un sourire sincère. “Je serai là pour t’écouter, si seulement tu avais envie de m’en parler. Sinon, il fait beau dehors… Est-ce que tu m'accompagnes faire une promenade au bord de la Seine pour prendre un peu l’air ? Il faut que je me change avant, bien sûr…” Il lança un regard vers ses vêtements de régisseur qu’il n’avait pas quittés depuis la veille. S'occuper était la meilleure façon de ne pas penser, il en savait quelque chose.
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Sabrina
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Jeu 18 Jan - 21:59
@Stormy Dream

Helene Magnus alias Robin Hood
J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
En avançant dans la rue, Helene ne cessait de regarder par-dessus son épaule en marchant auprès de Lucien, de crainte de voir une ombre inquiétante au coin de la rue, cigarette en bouche, ses yeux glacials fixés sur eux. D’un côté, cette crainte la poussait à se rapprocher de celui qui avait veillé sur sa nuit, et à la fois le repousser, ne pouvant empêcher son esprit d’imaginer le pire. Comment John réagirait-il s’il la voyait si proche d’un homme ? Il avait déjà ressenti bien de la jalousie vis-à-vis de Nikola alors même que leur relation n’avait jamais aussi été… Eté quoi exactement ? Elle était proche de Nikola, mais elle n’avait jamais pleuré dans ses bras de la sorte, ne s’était jamais dévoilée ainsi. Tandis qu’avec Lucien…  Tout était si différent. Avec lui, elle se sentait bien, capable de tout lui dire, et cela avait tout pour être effrayant. Et pourtant… Lucien, comme s’il lisait dans ses pensées, avait cherché à la rassurer. Tu ne le regretteras pas. Comment avait-il su qu’elle craignait le regretter ? Il n’avait pas mis cette pointe d’humour comme il l’aurait fait à son habitude face aux paroles qu’elle avait prononcé. Pourquoi semblait-il lire dans ses pensées alors qu’elle-même ne le pouvait pas ? Ou était-ce simplement son esprit inquiet qui s’emballait ? Après tout, il faisait partie des « privilégié », quoi de plus normal de lui assurer qu’elle ne devrait pas le regretter ?

Tout se mélangeait dans son esprit. Sa crainte de John, celle de s’être si soudainement rapproché de Lucien, sans même s’en rendre compte, de se sentir si bien en sa présence, à tel point qu’elle ne voulait pas s’éloigner. Et maintenant, elle s’imaginait que Lucien était lui aussi télépathe ? Cela n’avait pas de sens. Elle était vraiment épuisée si quelques coïncidence la poussait à croire des choses aussi invraisemblables.

En train d’observer la collection de Lucien et Georgette, Helene eut un léger sourire, n’imaginant pas son ami lui retirer les privilèges nouvellement acquis. « Et que feras-tu si j’en abuses ? Tu ferais bien de faire attention à ce que tu dis, j’ai l’un de tes précieux livres en otages désormais. » Avait-elle répondu en imaginant ce pauvre petit livre chez elle, posé sur sa table de chevet qui l’accompagnait depuis quelques nuits lorsqu’elle trouvait le temps et l’énergie de parcourir quelques pages.

Helene rejoignit Lucien pour voir ce qu’il trafiquait dans la cuisine. Un petit sourire étira ses lèvres. « Si je ne m’abuse, tu n’as pas toujours été un géant et un escabeau est quand même moins encombrant, tu ne te ranges pas facilement. » Elle fut contente de croiser le regard amusé de son ami. Il semblait agir naturellement, comme si cette nuit ne s’était pas vraiment déroulée. Elle aurait bien aimée, mais cette bonne humeur l’aidait à passer outre et garder un peu de force. « Mais tu as l’avantage d’avoir plus de répartit qu’un escabeau je te l’accorde. » Et d’être plus agréable à regarder. pensa-t-elle tandis qu’il lui tournait le dos pour s’occuper de la bouilloire.

La médecin secoua la tête pour faire fuir cette pensée qui n’avait rien à faire ici. Elle s’occupa les mains – et l’esprit – en disposant les feuilles de l’infusion. Ses yeux se posèrent sur le visage du libraire face à elle. Helene enroula une de ses mèches de cheveux autour de son doigt en imaginant les discussions qu’elle pourrait avoir avec Georgette. « Je n’arrive déjà pas à me dépêtrer de son fils, il ne cesse de me poursuivre. Je crois que je saurais gérer ta mère, qui a certainement une conversation très intéressante en plus. Et puis… tout comme Louise, je suis persuadée qu’elle aura quelques anecdotes croustillantes et affreusement gênante à ton propos. » Elle lui sourit, essayant d’imaginer un instant comment avait été le jeune Lucien, sachant pertinemment que tout ce qu’elle pouvait imaginer était certainement loin de la vérité. Elle savait à quel point il pouvait être simple de cacher ses traumas.

Helene tritura quelques fruits, les glissant entre ses lèvres sans envie. Plus elle mangeait, plus elle sentait son estomac se réveiller, lui faire comprendre qu’elle avait faim, mais rien. Elle n’avait aucune envie. Elle continuait pourtant, sachant à quel point c’était généreux de la part de Lucien. Elle ne pouvait pas refuser. Elle détestait s’enfermer dans le silence, mais plus elle s’y enfonçait, plus elle sentait son esprit tourner encore sur le sujet de la veille, et plus elle se terrait dans le silence.

Helene gardait son poignet couvert, dissimulant l’objet de sa honte, n’osant pas lever les yeux pour croiser le regard de Lucien. A quel point devait-il être déçu qu’elle, d’habitude si forte et infaillible, craque pour un simple bleu ? C’était pourtant déjà arrivé, elle était restée forte, mais quand John était impliqué, elle n’arrivait pas à garder son calme.

Elle trouva le courage de relever les yeux alors que la voix douce de Lucien s’adressait à elle. Elle croisa son regard. Il semblait si sincère dans sa façon de lui répondre. Il était là pour elle. Il lui avait promis. « J’aimerais pouvoir t’en parler, mais… c’est compliqué, il y a trop de choses que je dois gérer pour le moment. » Et elle ne pouvait pas parler de John. C’était trop important. Elle le savait que trop bien… « Et… Ce n’était pas si grave, c’est seulement moi qui ait exagéré. Je suis trop stressée en ce moment et je ne dors pas assez, comme toujours. » Elle tenta un sourire, essayant de dédramatiser, car après tout ce n’était pas si grave.

Helene replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, essayant d’oublier le reste, de retrouver son sourire. « J’apprécie ta proposition, mais je crois que je devrais rentrer chez moi, je dois me préparer pour le travail. Même si je peux longer les bords de la Seine pour rentrer. Je ne voudrais pas te mettre plus en retard… » A nouveau ce sentiment de culpabilité, à nouveau cette impression de déranger avec des détails insignifiants. Même si j’aimerai que tu m’accompagnes… Elle ne se sentait pourtant pas suffisamment forte pour lui demander. « Est-ce que je peux t’emprunter ta salle de bain pendant que tu te changes ? Je crois que j’aurais besoin d’un brin de toilettes. » Elle avait beau avoir mis peu de maquillage, elle imaginait à peine son apparence. Et s’isoler un peu, afin de reprendre le contrôle, de ne plus se laisser déborder comme elle avait failli le faire à nouveau.
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Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
Le sourire sur le visage du libraire trahissait le soulagement qu’il éprouvait suite à cette nuit compliquée. Elle pouvait le menacer tant qu’elle le souhaitait au sujet de ses ouvrages généreusement prêtés, car c’était loin d’être une priorité à ses yeux. Peut-être même qu’il n’en avait rien à faire… mais ça, il ne le dirait jamais. Plutôt mourir que d’admettre que son chantage fonctionnait sur lui !

Dans la cuisine, muni du précieux bocal qu’il avait eu un -tout petit- peu de mal à attraper, il sourit de nouveau à son amie. “Il ne m’a pas fallu si longtemps pour devenir le plus grand dans cette maison, ce n’était pas vraiment compliqué.” Dit-il en faisant une allusion à la taille de sa mère. Bien sûr, Lucien ne parlerait jamais de son père de son plein gré : il n’entrait même pas dans les comptes. Pourtant, il tenait son gabarit de quelqu’un… et ce quelqu’un n’était certainement pas Georgette. Il s’apprêta à répliquer que, bien sûr, il avait de la répartie ! Il travaillait jour après jour pour cela. Mais cette fois, il n’eut pas tout à fait l’occasion d’en user car la fin de sa phrase le laissa bouche bée.

Venait-elle de dire qu’il était agréable à regarder ? Il serra le bocal dans ses mains, décidant d’ignorer ce qu’il pensait avoir entendu. Il avait probablement rêvé, Helene ne lui aurait jamais dit une chose pareille. Elle avait sûrement tout un tas de prétendants bien plus agréables à regarder qu’un vieux libraire périmé. D'ailleurs, elle avait plutôt dit "plus agréable à regarder qu'un escabeau", ce qui ne voulait pas dire grand-chose. Ses joues avaient tout de même rosi, mais il se concentra pour faire disparaître le sentiment de malaise qui l'emplissait en préparant une infusion… sauf qu’elle avait eu la même idée que lui.

Confus, Lucien la laissa glisser les feuilles dans la tasse tout en calmant son souffle pour que son esprit en fasse de même. Peine perdue avec la suite de ses paroles. Bien sûr que sa mère et Louise auraient tout un tas d'anecdotes à son sujet, et il n’aurait aucun moyen de les censurer. “Je ne t’ai pas forcée à pousser la porte de ma librairie il me semble ! Qui poursuit qui ?” Réussit-il à articuler en priant pour que ça ne sorte pas de manière incompréhensible, tant il se sentait en proie au bégaiement. Quelle plaie cette timidité ! “En tout cas c’est clair que ces deux-là auront plus de discussions qu’un libraire un peu rouillé.” Ricana-t-il de manière un peu forcée. Etait-ce parce qu’il le pensait vraiment ?

Il profita des instants de silence qui suivirent pour la regarder glisser une ou deux baies entre ses lèvres, ravi qu’elle y ait fait honneur. La suite de la discussion bascula dans un sentiment moins joyeux, et il retrouva cette sensation de lourdeur dans l’estomac. Au moins, il ne sentirait pas son ventre se tirailler de faim avec la ration légère du matin...

Bien qu’il ait totalement perdu ses moyens, Lucien fronça les sourcils et glissa sa main tiède sur celle de son amie. “Je n’ai pas vraiment envie de remettre en cause tes talents de comédienne mais je suis assez sûr de ce que j’ai vu.” Les prunelles bleutées du parisien suivirent ses doigts qui replacèrent nerveusement une mèche de cheveux hors de sa vue. Elle était nerveuse, il pouvait le sentir d’ici. Et bien sûr, il la comprenait. Les traces sur son poignet en témoignaient.

“Pour être en retard, il faut des horaires. Je n’en ai pas !” Dit-il avec un peu plus de contenance, car sur ces points, il était tout à fait en confiance. Il libéra la main de la britannique pour qu’elle ne se sente pas prise au piège… Elle n’avait probablement pas envie qu’il voit où elle habitait, ou d’être aperçue à ses côtés. Avec tout ce qu’on lisait dans les journaux, il fallait rester prudent.

Lorsqu’elle lui glissa à voix basse qu’elle aimerait qu’il l’accompagne, Lucien plongea ses yeux surpris dans les siens. Il avait tellement l’habitude de cette femme indépendante au tempérament de feu... qu’il n’avait pas vu venir la situation. Oh, bien sûr qu'il l’avait imaginée plus d’une fois, mais sans jamais y croire. Et voilà qu’elle le surprenait une seconde fois en quelques minutes. Lucien lutta contre la chaleur qui lui montait aux joues. “J’aimerais t’accompagner, dans ce cas.” Dit-il d’une voix douce dans sa langue maternelle, ne réussissant pas à vaincre le bégaiement cette fois.

Heureusement pour lui et son malaise, elle enchaîna directement sur une nouvelle question. “Bien sûr, je t'en prie. Fais-moi signe si tu as besoin de quoi que ce soit.” Dit-il en débarrassant leurs assiettes pour les glisser dans l’évier. L’homme nettoya rapidement la vaisselle avant de rejoindre sa chambre pour se changer. Il prit soin de vérifier qu’il ne prenait pas des vêtements trop usés, de peur de paraître encore plus ridicule à ses côtés -ça attirerait les mauvaises langues…

Lucien laissa à Helene le temps dont elle avait besoin pour se retrouver avec elle-même, ce qui lui permettrait de se remettre les idées en place, lui aussi. Quel crétin il faisait, parfois. Assis dans un fauteuil du salon, les doigts posés sur un ouvrage pris au hasard -pour se faire croire à lui-même qu’il était tout à fait à l’aise-, il avait perdu toute notion du temps.

Elle réapparut dans son champ de vision, serrant sa poitrine lorsque leurs regards se croisèrent. Il venait de réaliser à quel point elle était ravissante dans cette robe. Il se releva maladroitement pour chasser cette observation de son esprit, mais il fit tomber l’ouvrage en allant trop vite. Même les livres n’avaient pas envie de se tenir tranquilles aujourd'hui…

Elle avait souhaité partager encore un peu de temps avec lui, alors il pria pour ne pas enchaîner plus de maladresses… il risquait de ne pas s’en remettre sinon. Après avoir ramassé le livre et remis à sa place, Lucien se retourna vers la britannique. Il essaya de dire quelque chose, mais il était pétrifié par son regard bleu, sa prestance, et toute l’aura qui l’entourait. Elle était époustouflante.

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Dim 11 Fév - 22:47
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Helene Magnus alias Robin Hood
J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
Ces petites joutes verbales entre eux les éloignaient de cette terrible nuit et des douleurs traversées, leur permettant de retrouver un semblant de normalité, de mettre de côté les nuages pour essayer de faire percer le soleil. Ce n’était qu’un instant de répit avant de retourner dans le tumulte de cette vie – plus encore depuis l’arrivée des Allemands – mais Helene préférait toujours sa vie chaotique au fait de retrouver John. Cependant, elle n’aurait pas le choix et elle devait s’y préparer. Ceci dit… pour le moment elle voulait simplement profiter de ce moment simple que lui offrait le libraire. Avec lui, elle se sentait capable de respirer, comme si le poids permanent sur ses épaules disparaissait un instant.

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire, en réponse à celui de son ami. « J’imagine oui. Et c’est à ce moment que ton ego a pris une telle ampleur également ? » Dit-elle avec une pointe malicieuse dans la voix. Lucien était loin d’avoir un fort ego, elle le savait que trop bien. De plus, même si elle désirait ardemment en savoir plus sur lui, elle ne le questionna pas sur l’origine de sa taille. Si Georgette était petite, elle imaginait que son père ne devait pas l’être. Seulement, jamais il ne l’avait évoqué et qu’elle avait l’instinct que ce n’était pas un sujet à aborder. Cela aurait été si facile de savoir avec un autre, de savoir quoi demander, quel sujet éviter. C’était toujours facile de savoir avec tous les autres, mais jamais avec lui. C’était aussi frustrant qu’agréable.

Toute à essayer d’échapper à ses pensées quelque peu gênante, Helene s’activa sur préparer leur infusion et ne remarqua pas l’absence de réaction de Lucien. Elle devait vraiment être épuisée pour laisser ses pensées se relâcher à ce point et détailler la physionomie de son ami, avec une certaine pudeur certes, mais qui n’en restait pas moins mal placé. Bien évidemment qu’elle avait déjà remarqué le bel homme qu’il était et très charmant en plus de cela, bien qu’il n’ait pas l’air conscient de ce qu’il dégageait. Helene se mordit la lèvre pour revenir à la réalité. La voilà en train de s’enfoncer un peu plus dans ce malaise, inconsciente de ce qui se jouait pour à ce moment même.

Cherchant à fuir ses divagations de fatigue, la médecin revint à leur conversation, ce qui ne l’aida pas tout à fait. Elle l’avait connu jeune Lucien, pendant des années, bien que leur relation de l’époque soit encore superficiel comparée à celle qu’ils entretenaient en ce moment. « Une nouvelle librairie à Londres, un libraire qui écoute mes demandes, qui ne m’ignore pas et ne cherche pas à me vendre des livres de cuisine et de la parfaite femme à mariée, et qui en plus à une répartie suffisamment intéressante pour ne pas m’ennuyer… Tu as tout fait pour me garder comme cliente quitte à tordre tes principes de libraire poussiéreux même à l’époque, avoue-le ! » Elle laissa même échapper un faible éclat de rire en repensant à cette époque tellement plus simple. Puis il vint appuyer son menton sur son poing en observant le dit libraire. « Rouillé peut-être, mais qui manque de discussion ? Je ne prends pas le thé avec n’importe qui. Si tu m’ennuyais, je ne serais pas revenu aussi souvent. » Elle lui sourit, avec une certaine sincérité, tout comme ses propos qui ne dévoilaient aucun sarcasme. Elle rougit légèrement et détourna les yeux en s’éclaircissant la gorge, comme si elle remarquait seulement le malaise qu’elle risquait de créer entre eux. « Enfin, Georgette et Louise ne manquent certainement pas de discussions intéressante elles aussi. Peut-être qu’elles remplaceront mes passages à ta librairie. » Aucune chance, pensa-t-elle, presque amusé. Les livres étaient trop important – même s’il lui suffisait d’aller dans une autre boutique pour satisfaire ses envies – mais dans ces autres boutiques, il n’y avait pas son conseiller habituel.

Malgré leurs échanges amusés – ou peut-être à cause d’eux et ce qu’ils dévoilaient de leur relation – Helene ne put s’empêcher de retomber dans l’angoisse sourde qu’elle connaissait si bien, qui lui avait tenu compagnie pendant bien des années et dont elle pensait s’être débarrassée… Elle aurait aimé que cela reste silencieux à jamais et qu’elle n’ait plus à l’affronter, mais ce n’était guère dans ses habitudes.

La main chaude de Lucien vint couvrir la sienne, la tirant de ses sombres pensées. Elle releva les yeux, croisant son regard, détournant à nouveau les yeux face aux paroles qu’il prononça. « Je t’assure, ce n’était rien. Ne t’inquiètes pas trop pour cela, je peux le gérer. » Oui, elle pouvait gérer la situation, elle pouvait gérer John, elle savait que trop bien comment est-ce qu’il fonctionnait.

Elle essaya de sourire à ce qu’il lui rétorqua. « C’est mauvais de ne pas avoir d’horaire, tu risques d’en oublier de dormir ou de manger. Crois-moi, je sais de quoi je parle. » Combien de nuit blanche avait-elle passé à étudier et mener ses recherches ? Elle ne comptait plus, même encore maintenant alors qu’elle ne pouvait plus faire de recherches.

Lucien retira sa main et elle eut l’impression de ressentir à nouveau le froid. Elle ramena ses mains contre ses cuisses, jouant avec le tissu de sa robe. La surprise teinta alors son expression. Elle fixa le libraire. Pourquoi avait-il soudainement changé de langue ? Pourquoi semblait-il si gêné et hésitant alors qu’il proposait de lui-même ? Lucien lui avait proposé de se balader près de la Seine avec assurance. La raccompagner chez elle n’avait rien de bien différent. Et pourtant… Elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait réagi à son désir silencieux qu’il l’accompagne. Mais comment avait-il pu le deviner ? Cela n’avait pas de sens, mais bien trop de coïncidences se répétait depuis cette nuit pour qu’elle continue de penser ainsi. Cela avait du sens, mais elle n’arrivait pas à penser clairement pour émettre des hypothèses logiques.

« D’accord. » Souffla-t-elle simplement. Elle quitta sa chaise, voulant attraper la vaisselle sale, mais Lucien fut plus prompt qu’elle. Helene hésita un instant, mais finit par s’éclipser et se glissa dans la salle de bain. Elle ferma la porte, son dos et sa tête trouvant appuie sur le bois. Elle prit une profonde inspiration, ses yeux se fermèrent, essayant de trouver une façon d’apaiser son esprit, autant que son corps, dont l’angoisse continuait de se manifester, insidieuse, comme un bruit de fond qui jamais ne cessait. Elle se redressa et fit face à son reflet. Ses traits étaient tirés, ses yeux rougis par les larmes et cernés par la fatigue. Ce tableau se terminait par des traces sombres – vestige de son maquillage – qui traçaient le contour de ses paupières et continuaient leur course sur ses joues. Ses cheveux étaient en bataille et pleins de nœuds. Elle était dans un état lamentable. Comme si souvent dès lors que cela concernait John…

Helene fit couler l’eau, essayant d’oublier la raison de son état – tant mental que physique – et recueillit le liquide dans ses mains. Elle vint s’asperger le visage d’eau fraiche, cherchant à effacer cette sombre nuit. Elle ne sut exactement combien de temps elle passa à essayer de redonner vie à son apparence et d’effacer les stigmates, mais, lorsqu’elle sortit de la pièce, elle avait effacé le maquillage, avait grossièrement démêlé ses cheveux et défroissé quelques plis de sa robe. Insuffisant, mais elle se trouvait toujours mieux qu’à son arrivée et ses pensées étaient un peu plus apaisé.

Ses yeux se posèrent sur Lucien, qui l’attendait dans le salon. Elle lui sourit doucement, croisant les mains dans son dos. Epoustouflante. Cette pensée fut si forte, qu’il était impossible qu’elle en ignore la provenance cette fois. C’était la voix de Lucien, dans son esprit. Pourquoi maintenant ? Qu’est-ce qui avait changé ?

Son esprit ne s’arrête pourtant pas sur ses questionnements. Il la trouvait époustouflante, alors même que son apparence était dès plus négligée après cette nuit. Ses joues rosirent légèrement, son cœur s’emballant. Elle passa une main dans ses cheveux, essayant de garder contenance. « Merci pour la salle de bain et désolé d’avoir pris autant de temps… Nous devrions y aller. La Seine ne va pas nous attendre. » Hélène se dirigea vers la sortie, attendant qu’il la suive. Ils sortirent à l’air frais, le soleil se dressant petit à petit dans le ciel, réchauffant la ville. Elle vint doucement saisir le bras de son ami alors qu’ils sortirent de l’impasse. « C’est par ici. » Elle lui sourit, s’étant un peu reprise. « Il semblerait que ce soit moi ton guide cette fois-ci. Ne t’éloigne pas trop. » Elle baissa les yeux sur leurs bras, avant de le relâcher et de prendre une distance plus convenable. « Il fait beau, profites-en, tu ne vois pas beaucoup le soleil à t’enterrer sous tous tes livres. » Elle sourit et traça son chemin jusqu’à voir le fleuve parisien s’étendre sous leurs yeux, les rayons du soleil dansant sur la surface de l’eau. Helene prit une profonde inspiration, fermant un instant les yeux, chassant le reste brumeux de cette nuit. Son attention se posa sur son ami. Elle ignorait tant sur lui, sur qui il était, sur ses capacités, elle ignorait ce qu’il pouvait faire et pourtant… Ses yeux se plongent dans les siens, prise d’un sérieux soudain. « Dis-moi… Est-ce que je peux te faire confiance ? » Elle ignorait si elle croirait en sa réponse, mais elle avait besoin de l’entendre, de s’en assurer, même si cela ne calmerait pas entièrement ses inquiétudes, elle avait besoin de savoir.

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Mar 27 Fév - 19:36
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Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
Epoustouflante, oui, à lui en faire perdre ses mots. Lucien eut le sentiment d’être resté planté devant elle comme un imbécile pendant au moins une minute. Il était, certes, bien loin de la réalité, mais il fallait qu’il se ressaisisse. Helene avait passé une nuit compliquée, elle n’avait pas besoin qu’on la détaille de haut en bas pour lui dire qu’elle était jolie.

Quelle idée… Non ! Pas qu’elle ne soit pas jolie, mais pourquoi cette idée lui trottait dans la tête ? Peut-être parce que, quelques instants plus tôt, elle avait prononcé un long discours sur les raisons qui l’avaient poussée à revenir dans sa librairie plutôt qu’une autre, à l’époque où il se trouvait au bord de la Tamise. Des raisons qui, malgré toute la confiance qui lui manquait, allaient en sa faveur.

Lucien chassa ses pensées qui s'emmêlent dans son esprit d’un geste de la tête, alors qu’il sentait la chaleur lui monter aux joues. Il devait vraiment être fatigué pour se sentir si fiévreux. Pourtant, la nuit avait été douce -il n’avait pas vraiment de chance d’attraper froid, aussi proche de son amie. Cette simple pensée lui arracha un frisson, et il se jura qu’il était temps de consulter un médecin.

Il en avait d’ailleurs une juste devant lui... Et non, ça ce n’était pas une bonne idée. Alors, il oublia sa promesse, et se décida à sortir puisqu’elle avait accepté son invitation. Le grand air leur ferait le plus grand bien. Quand il avait besoin de se ressourcer, il trouvait son bonheur au bord de la Seine, surtout si Notre Dame n’était pas loin dans son champ de vision.

Tous les deux silencieux et perturbés par leurs propres démons, les amis quittèrent l’appartement de la rue Frédéric Sauton. Ils n’eurent qu’à tourner au bout de la rue, en passant devant la librairie de Lucien, avant de retrouver une rue légèrement plus animée.

Ce chemin, il le faisait tous les jours, plusieurs fois par jour. Toutes les nuits, ou presque, aussi. Pourtant, lorsqu’Helene passa les doigts sur son avant-bras pour le guider dans ce chemin -qu’elle devait bien connaître aussi- Lucien eut le sentiment d’avoir perdu tous ses repères. Il se laissa entraîner dans son sillage, complètement déboussolé. Le contact fut bref, mais le souvenir de sa peau contre sa sienne le faisait encore frissonner lorsque son vieil ami, le fleuve parisien, se montra scintillant sous les rayons du soleil.

“Ne force pas trop, tu as une capacité de lecture digne des plus sinistres libraires.” Répliqua-t-il, ravi de ne pas avoir perdu son sens de l’humour dans le périple.

Ils descendirent l’escalier en béton qui les aida à se rapprocher de l’eau, tout en profitant de la chaleur délicate de cette matinée de septembre. Comme à son habitude, il chercha la cathédrale et sa flèche qui se dressaient fièrement sur l’Île de la Cité. Il aimait dire qu’elle était la plus jolie Dame de Paris. Bien loin devant la Tour Eiffel, à qui il ne trouvait pas grand intérêt. "J'ai toujours adoré cette vue." L’homme tourna la tête vers sa compagne de promenade, quand elle s’arrêta pour plonger ses yeux bleutés -dont la transparence était relevée par la luminosité ambiante- dans les siens.

Mais il constata, avec grande surprise, qu’elle avait pris un ton particulièrement sérieux… presque grave.

Le plus surprenant, dans cette situation, fut surtout la question qu’elle lui posa. Si elle pouvait lui faire confiance ? “Je…” Commença-t-il, confus, à bégayer. Bon sang mais il fallait vraiment qu’il ré-apprenne à parler ! Il s’agaçait tout seul. “Quelle étrange question…” Ses sourcils s’étaient légèrement arqués de surprise, alors que ses yeux brillaient d’un éclat nouveau. Un éclat de confiance en lui… fait rarissime. “Je préfèrerais mourir que de trahir ta confiance.” Dit-il avec autant de naturel et de spontanéité qu’il n’était clairement pas permis… Il s’en voulut presque de ne pas avoir mâché ses mots. “Enfin, je veux dire… Oui, bien sûr, et j'espère que tu le sais déjà !”

Son expression faciale passa de la surprise à l’inquiétude dans l’instant qui suivit, alors que Lucien s’imaginait les pires scénarios possibles. Elle lui sembla inquiète, de nouveau. Pourtant, il aurait aimé qu’elle se sente en sécurité à ses côtés. “Tu m’inquiètes un peu, Helene. Je suis là pour t’écouter, tu le sais n’est-ce pas ?” Finit-il par demander, entre l’angoisse, la douceur, l’inquiétude et le profond respect. Tous ses sentiments se chamaillaient dans son esprit pour essayer de prendre le dessus.
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Lun 11 Mar - 19:04
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Durant un instant, alors qu’elle lui avait prit doucement le bras, Helene hésita à garder sa main poser sur lui, marcher l’un près de l’autre au même rythme, mais elle n’en avait rien fait, laissant cette pensée où elle devait rester : dans son inconscient. Tout ceci n’avait pas lieu d’être entre ami. Pour autant, la pensée, l’unique mot qu’elle avait entendu provenant de cet ami se raviva soudainement, lui faisant perdre ses repères. Elle se mordit la lèvre, se concentrant sur le chemin à suivre et la Seine qui apparut sous leurs yeux.

Elle rit doucement à la remarque du libraire. « Est-ce que tu sous-entends que tu me trouves sinistre ? Je suis déçue… Moi qui pensais que mon côté solaire compensait mon appétence livresque… » Un sourire mutin vint étirer ses lèvres, tandis qu’ils descendaient l’escalier pour venir marcher au plus proche de l’eau et profiter, comme certains badauds qui ne s’étaient pas découragés malgré l’ambiance général de Paris.

Helene profita un instant de cette vue, n’entendant pas la réplique de son ami tant les sombres pensées venaient l’assaillir. Elle ne reconnaissait que trop bien cette sensation. Celle de sentir l’angoisse venir assombrir ses pensées, contaminer tout son être au fur et à mesure, tout ce qu’elle avait réussi à reconstruire. Elle se sentait soudain si fragile et exposée. Elle avait besoin de retrouver un peu de contrôle, un peu de sérénité et de certitude sur laquelle elle pouvait s’appuyer.

Ses yeux se posent sur Lucien, ses mots traversent ses lèvres, qu’elle pince légèrement face à l’étonnement du libraire. Ce n’était pas surprenant. Comment aurait-il pu savoir avec quel sérieux elle allait poser cette question ? Elle-même l’ignorait avant de la poser. Pourtant, elle ne décrocha pas son regard de lui. Je préférerais mourir que de trahir ta confiance. Les lèvres d’Helene s’entrouvrirent de surprise, son cœur s’emballant, des émotions confuses naissants en elle. Surprise, plaisir, confiance, mais la crainte et l’angoisse étaient tout aussi présentes, si ce n’est plus forte encore.

A nouveau, elle se connecta au regard de Lucien, dont l’expression était passé d’une extrême confiance, à une grande inquiétude. Un frisson traversa son corps, elle croisa les bras, détournant les yeux un instant. « Je sais, finit-elle par souffler. Je le sais bien, mais ce n’est pas aussi facile tu sais. Pas pour moi en tout cas. » Elle marqua une pause, se rendant à nouveau compte à quel point Lucien était différent pour elle, à quel point elle se dévoilait face à lui, plus encore après les événements de cette nuit.

Ses yeux reviennent sur le libraire, une main se portant à une mèche de cheveux, enroulant son doigt avec celle-ci. « Ca n’a jamais été simple pour moi de faire confiance à quelqu’un, finit-elle par lui avouer. Et… certains événements dans ma vie n’ont fait qu’accentuer ce trait de caractère chez moi. Ses deux mains retombent le long de son corps, dissimulant son poignet dans les plis de sa robe. « Je suis désolée si je t’ai inquiété, ce n’était pas mon intention, mais comprend que je ne m’ouvre jamais ainsi d’habitude et avec ce qui s’est passé hier… J’avais besoin de l’entendre. » Helene se mordit légèrement la lèvre en posant les yeux sur l’éclat de la Seine. Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille. « Je sais que c’est beaucoup en demander, mais j’espère que tu me pardonneras d’avoir besoin de temps. » Oui, c’était beaucoup. Qu’importe ce qu’était leur relation, la façon dont elle se déployait, Helene prenait conscience que les choses se précipitaient.

Je ne veux plus faire les mêmes erreurs… pensa-t-elle en venant couvrir de sa main le bleu sur son poignet.

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Ven 12 Avr - 11:46
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Quelque chose dans l'atmosphère avait changé à cet instant où les deux silhouettes s’étaient rapprochées de la Seine. L’ambiance pesante avait des similitudes avec le moment où Lucien l’avait retrouvée au sol dans les coulisses du théâtre. L’homme sentit son sang se glacer dans son corps contracté, l’émotion le gagnant plus que jamais. Ce n’était pas facile, pour elle, de lui accorder la même confiance que celle qu’il lui témoignait. Sa raison comprenait qu’il n’avait pas tous les éléments pour assimiler les choses. Il comprenait qu’elle avait traversé des moments compliqués, et avait même été témoin de ses angoisses. “Je comprends.” Valida-t-il.

Son cœur, lui, ne saisissait pas.

Lucien acquiesça d’un signe de la tête, confirmant une nouvelle fois son affirmation sur le fait qu’elle pouvait lui faire confiance. Il avait été si spontané en lui répondant qu’il se demanda si elle n’avait pas pris peur ? A cause de lui. Il avait été irréfléchi, et maintenant elle était mal à l’aise. A cause de lui. L’entendre lui dire qu’elle avait besoin de temps était à la fois compréhensible et décevant, car il sentit qu’à cet instant, quelque chose s’était brisé. A cause de lui.

Lucien garda le silence, fuyant son regard lorsqu’elle affirma qu’elle ne voulait pas faire les mêmes erreurs. “Je comprends, je ne t’en veux pas.” Répéta-t-il, du bout des lèvres.

Il ne comprenait pas.

Il ignorait même toute l’ampleur des erreurs en questions, mais il se sentit immédiatement remis à sa place de libraire. Avoir pensé qu’une réelle amitié était possible avec sa cliente était peut-être l’erreur à laquelle elle faisait allusion. Et si elle regrettait tous leurs échanges ? Les tasses de thé et paroles en anglais... Et si c’était une façon de lui expliquer qu’il n’y avait pas de place pour cela dans son monde ? Monde dont il ignorait tout.

{{C’est à cause de moi}}.

Ils n’avaient pas cessé de marcher, bien que l’homme ait agrandi un peu sa foulée sans s’en rendre compte. Le regard perdu sur l’horizon, il luttait intérieurement contre toutes les pensées qui le parasitaient.

Le silence était intense, mais Lucien n’avait plus les mots. Alors, il la suivit docilement pour honorer la promesse qu’il lui avait faite : la ramener chez elle. Le français glissa ses mains dans les poches de son pantalon, relevant le menton droit pour garder un peu d’allure là où son corps avait envie de se courber sous la déception.

Lorsqu’ils arrivèrent à destination, Lucien se retourna enfin vers elle en se forçant à affronter son regard. Il eut envie de dire quelque chose, n’importe quoi pour mettre un terme à son mutisme. En vain. Lorsqu’il entrouvrit les lèvres, aucun son n’accepta de s’en échapper.

Pourtant, son regard ne se détachait pas du sien, et dans l’attente d’un geste de sa part, son estomac s’était douloureusement noué.

{{C’est à cause de moi}}.
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Sam 13 Avr - 22:05
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La tension entre eux était palpable depuis qu’elle lui avait posé cette question. Cette question fatidique. Est-ce que je peux te faire confiance ? Cette question était importante, peut-être la plus importante qu’elle est pu lui poser depuis qu’elle l’avait retrouvé. Que pouvait en comprendre Lucien ? Que pouvait-il ressentir face à ce doute qu’elle faisait peser sur ses épaules ? Elle n’avait aucune des réponses à ses questionnements. Elle ne pouvait qu’essayer de deviner ses émotions, comme n’importe quel humain peuplant ce monde. Face à lui, elle n’était plus une télépathe, mais une simple humaine devant faire face à ses plus grandes angoisses : faire confiance à quelqu’un. Elle avait déjà affronté tant de souffrance, alors même qu’elle pouvait tout savoir des pensées de John – peut-être en partie à cause de cela qu’elle avait tant souffert. Mais face à Lucien… Lucien qui pouvait lui dissimuler tout : son passé, ses blessures profondes, ses intentions, ses désirs, et tant de choses encore. Avec lui, tout était si complexe et à la fois si simple, ce qui rendait la situation nouvelle et angoissante.

La réponse, si sincère, si directe et sans hésitation, les yeux plongés dans les siens, une flamme déterminée brûlant en leur sein. Helene fut prise d’un émoi puissant qui traversa son corps, chamboula ses pensées, balaya son angoisse et l’ombre de John. Pendant un instant tout ses doutes s’envolèrent. Pendant un instant, elle put le croire sans réserve. Un bref instant de confiance et de joie, rapidement balayer par ses craintes, profondément ancrée. C’était trop rapide, trop imprévisible, trop soudain. Ca n’avait guère de sens. La douleur à son poignet s’était rappelée à elle, comme pour lui dire {i]Méfie-toi, je suis toujours là[/i]. John était là et c’était trop dur et violent pour elle, elle ne pouvait supporter toutes ces choses. Pas en ce moment, pas dans cette situation.

Elle fut saisi par une vague de souffrance et de doute, ne provenant pas de son cœur. Sa gorge se serra. Sa main initia un mouvement pour se tendre vers lui, mais se figea, frappé par la culpabilité qui étreignit son cœur. C’est à cause de moi. « Je suis désolée… » Fut la seule parole qu’elle réussit à prononcer. En cet instant, elle ne trouva pas les mots pour l’aider à comprendre ses sentiments, pour qu’il saisisse la tempête qui vibrait dans son esprit, ni les angoisses contre lesquelles elle luttait et la crainte que tout ceci pouvait lui inspirer. En cet instant, elle se sentait impuissante et elle se détestait pour cela.

Ils reprirent leur marche, tous deux silencieux. Elle aurait voulu le libérer de cette obligation de la raccompagner, mais n’eut pas la force. Elle l’avait déjà tant repoussé en si peu de phrases, elle l’avait déjà tant blessé… Elle regrettait ses paroles, son besoin de se défier de lui… mais le visage de John ne cessait de se rappeler à elle, son angoisse lui souffler qu’elle avait prit la bonne décision pour se protéger.

Dans ce lourd silence, le trajet sembla bien plus long. Enfin ils arrivèrent en vu de sa maison, la façade donnant sur une rue tranquille, tandis que, dissimuler par le bâtiment, une arrière cours avec un jardin se dissimulait. Helene s’arrêta, observant cet endroit, prenant une inspiration pour poser les yeux sur Lucien. Cette fois, elle aurait préféré ne pas avoir à faire à ses pensées. Elle se mordit la lèrve, gardant ses yeux dans les siens.

« Lucien… Rien de tout ça n’est de ta faute. » Dans un élan de regrets et d’envie, elle étendit la main, frôlant celle de son ami sans oser la saisir. « J-Je t’apprécie beaucoup Lucien, mais ce qui m’est arrivé hier. J’ai besoin de faire de l’ordre dans mes pensées. Tu n’es responsable de rien. » Elle avait touché son poignet blessé, les souvenirs de la veille serrant sa gorge. Elle détourne les yeux, essayant de garder sa maitrise, ne pas se laisser déborder une nouvelle fois. « Tu veux bien, me laisser un peu de temps ? » Souffle-t-elle en le regardant, pourtant consciente qu’elle ne faisait que les abimer un peu plus malgré elle. Elle se surprit à vouloir une autre étreinte de la part du libraire. A la place, elle s’approche de lui et vint poser une bise maladroite et rapide sur celle du libraire. « Fais attention à toi. », murmure-t-elle en s’écartant. Je veux te revoir, pensa-t-elle en croisant un instant les yeux clairs de son ami – elle espérait toujours le considérer ainsi –, puis monta les quelques marches pour pousser la porte de chez elle.
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