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LE TEMPS D'UN RP

« Connais ton adversaire, connais-toi, et tu ne mettras pas ta victoire en danger. »

Stormy Dream
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Tournesol
Stormy Dream
Jeu 16 Fév - 17:01
Le contexte du RP
Mise en situation

Paris, fin août 1940
Les semaines s'enchaînent sans se ressembler. Les tensions montent de plus en plus dans la Capitale. Les réseaux de résistance s'activent pour monter des actions contre l'Occupant.


@FoxDream

Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
La chaleur ne retombait pas. L’été était éprouvant. De toutes parts : la Politique n’en finissait pas de surprendre les parisiens qui luttaient contre la fournaise de leur logement, la fraicheur de la Seine ne suffisait pas à apaiser les esprits... car la température ne baissait que très peu la nuit.

Le ciel orangé de cette fin de journée colora les toitures Haussmanniennes. La nuit tomberait bientôt, laissant un minime espoir aux plus positifs que demain serait meilleure qu'ajourd'hui.

Lucien Moreau parcourait la rue du Vieux Colombier à grandes enjambées, perplexe sur sa destination. Le Théâtre qu'il visait portait le même nom que la rue dans laquelle il était construit. Un théâtre… mais oui, tiens, qu’allait-il bien pouvoir faire ici ?

Tandis que le libraire recherchait sa destination du regard, il se remémora la raison pour laquelle on lui avait donné cette adresse : une urgence. Encore une urgence... comme depuis un mois où le réseau de résistance qu’il tentait de rejoindre l’éprouvait. Il tenait dur comme fer à donner de sa personne pour lutter contre l’Occupation… mais il devait avouer que les diverses combines que Bolivar employait pour le faire littéralement tourner en bourrique, risquaient de lui faire perdre patience tôt au tard.

Entre les traductions de livres, les promenades nocturnes sur les toits de Paris, les rendez-vous dans des salons de thé pour ne prononcer aucun mot, tuer l’ennui et ne rien comprendre… il y avait de quoi se poser des questions.

Cette fois, il irait au théâtre. Certes, pourquoi pas. C’était toujours mieux que de boire une chicorée dans un salon de thé en solitaire, chassant la serveuse qui voulait absolument lui faire la discussion alors qu’il devait rester silencieux. Cette fois, il n’avait pas reçu d’autre consigne que celle de venir se présenter à l’accueil avec un bouquet de roses, et de réclamer les loges. Il s’était même demandé si la serveuse du salon de thé n’était pas derrière toute cette organisation…

Il devait rester concentrer. Coûte que coûte. C’est donc muni de ce fameux bouquet de roses que Lucien arriva à l’entrée du théâtre du Vieux Colombier. La pièce du jour ne se jouerait pas avant une bonne heure, et le public n’était pas encore arrivé. Pourtant, il pouvait sentir une grande agitation dans le bâtiment.

Se dirigeant vers l’homme en uniforme qui patientait derrière les portes, Lucien se mit dans la peau d’un habitué et salua le réceptionniste avec enthousiasme. « Bonjour très cher, vous allez bien ? J’ai une distribution de fleurs pour les loges ! » Confiance était le maitre mot.
Suspicieux à son tour, le réceptionniste se demanda s’il avait déjà croisé cet homme dont la carrure ne passait pas inaperçue… mais il semblait bien connaître les lieux, alors il le laissa passa sans sourciller. Trop facile. Maintenant, il devait trouver les fameuses loges.

Il longea un couloir désert qui débouchait sur l’arrière de la scène, sans se faire attention aux acteurs qui se pressaient autour de lui pour remettre de l’ordre dans les coulisses. Finalement, son air serein attira l’attention d’un homme qui tenait un carnet à la main. « Lulu, c’est bien ça ? » Il acquiesça d’un signe de la tête. « Antoine, je suis le scénariste de la pièce. Venez avec moi ! » Lucien garda son expression la plus neutre tout en emboîtant le pas du fameux Antoine. C’était décidé, si Bolivar lui faisait jouer au théâtre pour le tester, c’était la dernière fois qu’il entendrait parler de lui !

L'homme qui était passé en tête le fit remonter le long couloir qu'il venait d'emprunter dans le sens inverse. Il le guida ensuite vers une petite salle qui faisait face à la scène. « Bienvenue dans la régie ! » Les deux hommes étaient en tête à tête : devant la perplexité du libraire, le scénariste éclata d’un rire cristallin. « Mon petit doigt me dit que vous avez des aptitudes qui pourraient nous intéresser ici. » L’homme observa son interlocuteur avec cette fois, une légère angoisse. Il allait enfin commencer à mener des actions concrètes.

Bon. Par concrètes, il s'était attendu à ce qu’on lui explique de façon plus claire l’intérêt de se percher au-dessus de la scène pour obtenir des informations. S’assoir dans le public n'aurait-il pas permis de ne pas en perdre une miette ?

Pourquoi lui… ça, en revanche, il n’avait eu aucun doute. Qui d’autre que Lucien Moreau aurait pu accepter un poste de régisseur de la lumière, obligé de grimper à la base des rideaux pour diriger les projecteurs ? Métier qu’il n’avait jamais exercé auparavant, oui, et pour lequel il serait même payé ! Improbable. Inconscient. Mais alléchant !

C'était donc assis depuis la structure métallique, à plusieurs mètres de hauteur, qu'il vit l'entrée des acteurs sur scène.

Lucien n’était pas dépaysé. Sur la terre ferme, on lui avait brièvement expliqué comment fonctionnait le matériel : il n’aurait plus qu’à reproduire les mêmes manipulations en hauteur. Ce serait certainement plus palpitant que de passer des nuits à traduire des pages et les emmener aux quatre coins de Paris... Donc il avait accepté sans broncher.

« Connais ton adversaire, connais-toi, et tu ne mettras pas ta victoire en danger. » Avait déclaré Antoine avant qu’il se démarre son ascension. C’était un drôle de personnage, tout de même. Mais Lucien n’avait rien à perdre. Au pire, il profiterait de la pièce de théâtre, chose qu’il n’avait pas pu faire depuis… Et bien depuis Londres !

FoxDream
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Sabrina
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Ven 17 Fév - 13:27
@Stormy Dream

Helene Magnus alias Robin Hood
J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
Au fil des semaines, la Résistance s’était petit à petit organisée de mieux en mieux, avec un développement de plus en plus important. Les liens se créaient entre les divers partis et de plus en plus de personnes étaient recrutées pour espérer créer un réseau d’informations et, au fur et à mesure, pouvoir interférer dans les plans des Occupants et frapper plus fort. Pour l’instant, la Résistance n’en était pas encore à ce stade, mais cela ne l’empêchait pas de se projeter de la sorte.

La Docteure également se projetait dans cette vision pour faire évoluer les choses. Elle avait fait en sorte de renforcer sa position auprès des autres, mais également de pouvoir étendre son propre réseau et se faire connaître pour ceux qu’elle tenait plus particulièrement à protéger et préserver. Les plus vulnérables dans ces périodes de guerres, particulièrement au vu de l’idéologie que propageait les Nazis. Elle ne pouvait que s’inquiéter de l’avenir de ceux dont les différences le mettaient plus encore en danger.

Dans cette optique de créer une réputation plus importante, à la fois pour la Résistance et pour elle-même, la jeune femme s’était lancée dans le théâtre. Une demande de la part des autres groupes, qu’elle avait accepté au vu de ses compétences, mais également de son appréciation pour cet art. Elle pouvait se glisser dans tant de rôles différents, qu’elle se perdait parfois dans tout ceci. Cependant, reprendre le théâtre lui avait permis de se détendre un peu. Toutes les répétitions avaient créé un sentiment de compétences et de plaisir, à tel point qu’elle avait pu oublier pendant ce temps un certain nombre de ses responsabilités. Jusqu’au soir de la représentation du moins.

Helene s’était isolée de l’agitation qui régnait dans le théâtre, à peine ne heure avant la représentation. Les derniers réglages se mettaient en place, les décorateurs, la régie, les costumes. Bref, tous ceux travaillant en coulisses s’activaient et créaient une tension que la jeune femme n’était pas habituée à gérer. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle affrontait le stress de devoir traiter devant des spectateurs et déclamer un texte plus ou moins appris. Elle avait déjà fait des conférences, ses différentes thèses et bien d’autres instants particulièrement stressant. Ce n’était pas non plus la première fois qu’elle faisait du théâtre, activité auquel elle avait alloué du temps étant plus jeune. Seulement, les choses étaient différentes aujourd’hui, et, d’une certaine façon, bien plus angoissante. Donner une représentation dans un théâtre amateur, pour le simple loisir, c’était bien plus simple que cette situation.

Maquillée, déjà dans sa tenue pour la première partie, le texte bien en tête, Helene prenait ce temps pour elle, pour respirer et s’isoler de l’effervescence des derniers préparatifs. Finalement, ses yeux s’ouvrirent, son attention revenant progressivement à l’instant présent. La médecin se leva, revenant vers les autres acteurs et actrices qui se pressaient tout autant. Certains étaient habitués à la scène et cela se ressentait dans leur comportement. D’autres étaient plus agités et le géraient moins bien que la médecin, qui n’avait rien d’une médecin ici, puisqu’elle avait prit le parti d’utiliser un nom de plume : Elena Sand. Elle avait préféré opté pour la discrétion plutôt que d’utiliser son identité véritable. De plus, elle n’était pas ici pour simplement jouer la comédie – quand bien même elle aimait cette activité – son activité principale résidait ici pour la Résistance. Transmettre des messages au travers de la pièce, mais également repérer et créer d’éventuels liens avec certaines personnes du public. C’était toujours une occasion de se rapprocher de ceux qui leur permettaient d’obtenir des informations…

La pression de passer devant un public, dans un théâtre tel que le Vieux Colombier, et de devoir rassembler des informations, ne faisaient qu’augmenter au fur et à mesure que les minutes se rapprochaient du moment d’entrer sur scène. Elle ne pouvait communiquer avec tous sur ce sujet, mais, à son habitude, conservait tout ceci pour elle. Ce soir, pour la première représentation, elle souhaitait surtout prendre du plaisir et oublier un peu ses responsabilités. Qui lui en voudrait pour ce simple soir après tout ?

La première scène s’installa, les premiers acteurs firent leurs entrées, le rideau se leva sous les regards des spectateurs. Les premiers échanges, les premières paroles, puis se fut à son tour de pénétrer sur la scène. Helene prit une inspiration et se glissa dans son personnage et fit enfin son entrée, prononçant ses premières répliques. Le stress s’envola peu de temps après, la soulageant de cette charge. Plus elle avançait dans son jeu et plus elle se sentait à l’aise. Sa voix prenait en assurance, ses gestes s’affirmaient et prenaient en ampleurs, dévoilant une aisance presque naturelle. Sur scène, Helene put laisser tomber un peu de ses charges et ses obligations, pour incarner une autre femme, avec d’autres priorités, un autre caractère et une autre vie. Une sensation si agréable qu’elle se laissa porter par l’euphorie du moment.
Stormy Dream
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Tournesol
Stormy Dream
Ven 3 Mar - 16:32
@FoxDream

Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
Vu d’en haut, tout semblait beaucoup plus beau. Lucien ne se satisfaisait pas des détails, il préférait davantage s’extasier devant un ensemble : les rayons de soleil orangés sur une toiture Haussmannienne, un vaste ciel bleu, ou encore une chaîne de montagnes aux sommets enneigés. Peu lui importait cette gargouille nichée sous la gouttière, ou ce pigeon ramier nichant sur la cheminée voisine. Le monde était fait d’une multitude de jolies scènes, une unique situation ne le définissait pas dans son entièreté.

Concentré sur sa tâche du moment, l’improvisé régisseur de la lumière suivait les artistes qui jouaient leur rôle, chacun à leur tour. S’il lisait beaucoup –libraire oblige, oui oui….- le théâtre restait un domaine particulièrement complexe pour lui. Certes, il connaissait ses classiques et pouvait conseiller toute personne souhaitant découvrir la discipline. Les chefs-d’œuvre ne manquaient pas dans sa boutique. Cependant, s’il avait dû informer un scénariste ou metteur en scène chevronné, il aurait été bien en difficulté.

Lucien, lui, s’épanouissait plus dans les romans et nouvelles. Aussi, certains recueils de poésie avaient plus de saveurs que les meilleurs plats de Georgette. Le théâtre, lui, était ce livre qu’il devait ouvrir depuis des années sans jamais oser sortir de sa zone de confort. Finalement, se retrouver projeté en plein dans l’univers, tout à fait contraint, lui donnait cette étincelle de courage qui lui manquait. Et les acteurs qui se pressaient à quelques mètres sous lui étaient doués.

Vue dans son ensemble, la scène était minuscule : comme la salle bondée de spectateurs avides de distraction. Il savait qu’il devait garder un œil sur tout ce qu’il se passait par ici ou par là… mais le détail n’était pas son fort. C’était à se demander pourquoi Bolivar misait sur lui ! Oui, il était doué pour escalader, doté un bon équilibre et d’une condition physique irréprochables. Pourtant, quand il s’agissait de repérer quelque chose d’inhabituel, Lucien n’était pas le mieux placé.

Son œil accrocha la silhouette de la prochaine actrice à entrer en scène. Ayant endossé son nouveau rôle avec sérieux, le régisseur tourna le projecteur pour permettre à la salle obscure de profiter de l’acte. La silhouette était longiligne, avec un port de tête altier, un visage fin. Que de détails, pourtant, pour le moins minutieux de tous les observateurs. Que de détails pour le déstabiliser quand la voix de l’actrice s’éleva, puissante et douce à fois, mystérieuse et pourtant si évidente.

Impossible. Pensa-t-il alors qu’il mettait à plat tous les souvenirs dont il disposait pour contredire sa pensé. Elle ne m’a jamais parlé de théâtre, ce ne peut pas être elle. Il se reconcentra, se dépêchant de suivre la silhouette de l’actrice, à deux doigts d’être plongée dans la pénombre par sa distraction. Et si c’était elle ? Aurait-il pu passer à côté d’une telle information ? Avait-il été distrait pendant une de leurs longues discussions ?

Non, ce n’était pas elle. A cette distance, ses yeux lui faisaient peut-être faux bond ! La transparence de sa voix, néanmoins, ne cessait de le faire frissonner. Ce qui était impossible, c’était plutôt que ce ne soit pas elle… Son allure, le timbre de sa voix, ses intonations… Comment était-ce possible qu’il en soit autrement ?

Et si Helene jouait devant une assemblée remplie, quel était le genre de karma qui animait sa vie depuis plusieurs semaines ? Comment se faisait-il que chaque situation inopinée ne mène à une rencontre avec la britannique ?

Il sortit de ses pensées quand il faillit oublier sa mission pour la deuxième fois et ensuite, se promit qu’il ne se laisserait plus déconcentrer. C’est donc avec le plus grand des sérieux que Lucien suivit les acteurs de son projecteur jusqu’à ce que le rideau rouge ne soit déployé.

Drôle de soirée.

L’homme sécurisa le matériel qu’il devait descendre, s’assura que tout tenait en place en bougeant bras et jambes amplement… puis démarra la descente. C’était la partie la plus risquée car la gravité pouvait à tout moment précipiter son retour sur la terre ferme. Pour ce soir, c’était une formalité : ses côtes cassées se faisaient de plus en plus discrètes, il n’avait plus que de légères gênes quand l’amplitude de mouvement était trop longue. Et encore, pour ce point, il compensait largement avec la force de ses bras et de ses jambes.

Lorsqu’il eut regagné les coulisses, il rangea les objets à leur place puis entreprit de trouver un endroit pour de débarrasser de l’horrible chemise trop ample qu’ils lui avaient fournie à la régie. C’était comme un uniforme, mais en bien plus grossier. Quand il aurait suffisamment de métier, il leur expliquerait à quel point un vêtement trop grand est susceptible de causer des accidents.

Mais pour l’heure, il s’exécutait tel le bon soldat.

Après un vague coup d’œil autour de lui, il décida que le champ était libre pour retirer le vêtement et le remplacer par celui déposé sur une chaise qui traînait.

Une chance qu’il ne se soit pas agi d’un élément de décor, par ailleurs… Lucien passa la chemise par-dessus sa tête, grimaçant quand ses bras se tendirent –les côtes étaient tout de même encore cassées, il l’oubliait parfois. Un grognement mécontent lui échappa. Peu importait, il était seul.


Du moins, c’est ce qu’il pensait.

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Dim 5 Mar - 14:58
@Stormy Dream

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J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
L’avancée sur scène avait augmenté un temps son angoisse, mais à la fois d’adrénaline. Une sensation à la fois terrifiante et agréable à la fois. Ses yeux se posèrent sur les spectateurs tandis qu’elle déclamait ses premières répliques. La salle ne lui semblait pas comble, mais il y avait plus de monde qu’elle ne s’y attendait et se retrouver ainsi devant tous ses yeux à la fixer provoqua un émoi chez elle auquel elle ne s’était pas particulièrement attendue. La médecin, mais avant tout la chercheuse, était habituée à donner des conférences dans un monde dans lequel elle avait du s’imposer par la force des choses. Son auditoire était souvent difficile à galvaniser, à convaincre, avec un éclat dans le regard qui montrait bien à quel point ils considéraient que sa place n’était pas ici. Ses gestes et ses mots étaient observés et au moindre faux-pas durant sa présentation ou faiblesse dans ses recherches, elle savait qu’elle serait dévorée. Mais sur cette scène, les choses étaient différentes. Personne ne savait qui elle était. Elle n’était pas médecin, ni même Helene ou Elena. Elle devenait un personnage à incarner et à faire vivre durant le temps d’une pièce. Elle ne devait pas les convaincre de la pertinence de ses recherches en leur faisant oublier son sexe, mais leur faire croire que ce personnage était réel. Avec tout son passé, son présent et le futur qu’elle vivrait.

Emporter par ses sensations, Helene ne remarqua pas qu’à plusieurs reprise, elle manqua de sortir de l’éclairage – ou que l’éclairage ne suivait pas ses mouvements – bien trop attentive à ses propres répliques, son propre jeu, ainsi que celui de ses partenaires de scènes. Ils s’étaient entraînés régulièrement, bien qu’elle n’ait pu être aussi disponible qu’elle l’aurait voulu. Cependant, elle avait cet avantage qu’Antoine ait choisi une pièce qu’elle connaissait bien : La nuit des Roi, une pièce tragicomédie de Shakespeare. Une pièce qui avait déjà marqué l’histoire du Vieux Colombier, peu de temps avant la Grande Guerre de 14-18 et dont Antoine espérait qu’elle marquerait à nouveau un grand succès et attirerait plus de monde. Bien que se faire remarquer n’était pas le but de la plupart des lieux de spectacles qui restaient en majorité ouverts – particulièrement les cabarets – c’était pourtant le but de ce lieu. En faire un lieu qui attire ces chers Allemands ou alliés qui pourraient aider la Résistance. Ils tentaient peut-être une folie, mais Helene appréciait suffisamment ce plan, que beaucoup jugeait fou, pour y participer. Après tout, elle était habituée à un ami au plan bien plus fou.

La jeune femme déclama donc son texte et les différentes, non sans quelques faux-pas, mais habilement rattrapés par les autres comédiens ou elle-même, ce qui permis une certaine fluidité dans toute la passation de la pièce. Finalement, le rideau rouge fut tiré, accompagné par les applaudissements du public, ravis de ce qu’il venait de voir. A ce moment, Helene sentit un poids se soulever de ses épaules et elle laissa échapper un soupir entre soulagement et une joie tout enfantine. Pendant un instant, elle se laissa combler par cette émotion, une sensation qu’elle avait cru perdu pendant bien longtemps. Oui, pour une fois, elle se permit un lâcher-prise en allant voir les autres et en célébrant cette première plutôt réussi malgré la période et la vitesse que mettre en place tout ceci avait demandé. Cette allégresse était tout agréable et souffla une énergie nouvelle à Helene, faisant refluer la fatigue à la fois mentale et physique de sa vie à cent à l’heure.

Petit à petit, l’émotion retomba et les comédiens se dispersèrent pour se changer, laissant enfin plus de places pour agir aux employés de l’ombre. Ceux sans qui le spectacle ne pourrait pas avoir lieu. Helene s’éclipsa dans sa loge pour retirer à la fois son costume de scène, mais également son maquillage. Mise à part pour des soirées exceptionnelles, elle n’avait jamais été habitué, ni même tant apprécié, porter trop de maquillage. Quelques pointes discrètes lui suffisaient amplement. Elle choisit de souligner son regard pour ce soir. Elle se glissa dans une robe vert sombre, un peu plus habillé que d’habitude, dont le décolleté descendait dans le creux de sa poitrine. Elle lança un regard à son reflet, bien sortit enfin pour rejoindre les autres. La soirée n’était pas finie.

Mais alors que la jeune femme s’apprêtait à s’enfoncer dans le théâtre, elle fut attirée par une silhouette qui s’enfonçait entre les décors. Elle ne vit que son dos, mais sa démarche et cette nuque lui rappelait une personne de sa connaissance. Cependant son comportement était plutôt suspect. Il semblait craindre d’être suivi. Ce qu’elle fit évidemment, évitant de faire du bruit avec ses talons et se glissant derrière les nombreux rideaux ou décor. Helene projeta son esprit vers le sien pour en apprendre plus sur sa venue, mais fut surprise de se heurter à un mur. Elle ne connaissait qu’une personne capable de faire ceci, ce qui ne fit que confirmer son impression de connaitre sa démarche. Mais que diable Lucien faisait-il ici ? Elle ressentait une certaine confiance envers lui, mais son expérience passé et la situation actuelle, ne put que l’inquiéter. Elle choisit donc de le suivre et s’arrêta derrière un rideau sombre, ses yeux ne le lâchant pas. Du moins, jusqu’à ce qu’il retire son haut. Elle ne le voyait que de dos et il restait dans la pénombre, mais c’était bien suffisant pour qu’elle puisse voir clairement sa peau dont les muscles dessinés se mouvaient sous cette dernière. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un homme torse nu, dans un cadre médical ou même intime. Et ce n’est pas la première fois que tu le vois… Essaya-t-elle de se raisonner. Mais cette situation était différente et elle n’avait pu empêcher son cœur de s’emballer.

Le grognement de Lucien la sortie de sa rêverie et elle se détourna de lui, ses joues soudain plus chaudes. Dans sa précipitation, son talon claqua sur le bois. Elle prit une inspiration, essayant de se reprendre rapidement, se sachant dévoiler. Elle sortit de l’ombre, ses yeux se posant sur Lucien, essayant d’afficher son expression habituelle et de dissimuler son trouble en l’observant, gardant les yeux sur son visage, bien qu’il ait repassé sa chemise. « C’est amusant, je ne pensais pas que les coulisses étaient ouvertes à n’importe qui… Elle jeta un coup d’œil au vêtement qu’il avait retiré, essayant de ne pas penser à ce qu’elle avait vu, puis revint sur le libraire en croisant les bras sous sa poitrine. Ni que nous étions devenus un magasin de vêtement avec une cabine d’essayage. » Ces quelques paroles lui permirent de se reprendre un tant soit peu. Elle choisit alors de se rapprocher de Lucien, son expression devenant un peu plus douce. « Je ne savais pas que tu t’intéressai au théâtre. Tu t’es perdu peut-être ? » Il est vrai que durant leur discussion, elle n’avait jamais réellement abordé le théâtre, ni même son affection pour la comédie, certainement trop occupée dans sa propre vie. Peut-être que, finalement, Lucien s’y intéressait plus qu’elle ne l’avait pensé à l’époque.
Stormy Dream
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Dim 2 Avr - 11:54
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Quelle naïveté, d’avoir pensé qu’il serait seul l’espace d’un instant… Lucien connaissait le Paris qui grouille de monde, les salles de spectacle bondées, et les places vivant de conversations animées. Comment les coulisses d’un théâtre auraient pu échapper à cette dynamique ?

En entendant le bruit sourd derrière lui, facilement assimilable à un bruit de pas, il se dépêcha de passer sa chemise et la boutonner. Peu importait la douleur de ses côtes, il n’avait pas envie d’imposer sa nudité à qui que ce soit. Dommage que les régisseurs n’aient pas leur propre loge… mais pour cela il n’avait aucun espoir. Comme toujours, Lucien était un homme de l’ombre.

Avant même de se retourner pour prendre connaissance du visage qui l’observait, l’homme se surprit à imaginer qu’une seule personne pourrait se trouver là. Toujours au bon endroit et au bon moment : comme si les évènements étaient construits de façon à ce que leurs chemins se croisent. Sans même savoir si c’était vraiment de sa cliente préférée qu’il s’agissait, son instinct le lui criait très fort. Il plaisantait d’ailleurs régulièrement avec elle sur le fait qu’elle le suivait. Helene.

« Je vais vraiment finir par penser que je suis sous filature… » Dit-il à voix haute, en français. Phrase suffisamment vaste pour qu’elle ne soit pas interprétée personnellement par un inconnu… et assez ciblée pour qu’elle soit interprétée personnellement par une connaissance. Il fallait qu’il mette fin au suspense et vite, car il n’avait pas une montagne de petites piques impersonnelles à ressortir à volonté. Lucien brillait lorsqu’il s’agissait de personnaliser la discussion.

L’homme se retourna lentement, découvrant non sans surprise le regard bleuté de cette actrice qu’il était chargé d’éclairer quelques minutes auparavant. Cette actrice qu’il commençait à bien connaître... mais sous une autre identité. Le moins que Lucien ait pu en dire, c’est qu’elle ne manquait pas de ressources : une femme cultivée, exerçant un métier difficile mais tellement gage de valeur pour la société… Elle qu’il avait l’habitude d’accueillir dans sa librairie, et avec qui il avait développé un lien s’approchant de l’amitié –ce qu’il ne parvenait pas encore totalement à admettre car elle restait sa cliente-, avait-elle encore d’autres secrets ?

Sa découverte mettait un côté encore plus remarquable à la personnalité de la femme qui se tenait devant lui. Pourtant, l’étonnement fit rapidement place à la désillusion : comment avait-elle pu oublier de mentionner son statut d’actrice ? Le théâtre n’avait pas même été abordé dans sa librairie, alors qu’il en possédait des rangées d’ouvrages. Il conserva un visage fermé, et sérieux, pour ne rien en montrer.

L’homme tourna la tête à droite, puis à gauche à plusieurs reprises, comme pour vérifier qu’il n’y avait personne d’autre. « N’importe qui ? Je ne vois que vous et moi ici. » Dit-il, toujours en français, totalement premier degré en masquant ses questionnements derrière un sarcasme bien réveillé. Puis il marqua un temps de silence pesant mais volontaire, tout en posant ses prunelles dans celles de son interlocutrice. « J’avais remarqué que les régisseurs n’étaient pas appréciés à leur juste valeur, mais je ne pensais pas que ce serait aussi assumé ! » S’offusqua-t-il. Si son interlocutrice n’avait pas déjà pratiqué son humour tranchant, elle aurait très bien pu penser qu’il s’était vexé.

Mais Lucien ne se vexait pas, il contre-attaquait avec une prompte répartie. « Je n’ai pas trouvé les loges, mais ce grand espace censé être vide faisait totalement l’affaire. » Tout en lui répondant, les yeux dans les yeux, Lucien terminait de reboutonner sa chemise. Le vêtement qu’on lui avait donné pour le travail en hauteur gisait au sol, témoin du jeu de regards entre les deux silhouettes. Et lorsque son regard passa de ses yeux bleutés à sa silhouette habillé d’une élégante robe vert foncé, Lucien se contraint à regarder vêtement abandonné.

Elle ne portait pas sa tenue de scène mais une élégante tenue de soirée qui contrastait réellement avec la dégaine du libraire reconverti. « J’ignorais que tu étais actrice. » Répondit-il simplement mais cette fois en anglais, s’efforçant de ne pas partager avec elle sa surprise et son émotion quant à la découverte de cette information. Il conserva une distance physique et mentale vis-à-vis de la situation, gardant en tête que sa présence en ce lieu n’avait rien d’une distraction. Il devait rester concentré sur le rôle qui lui avait été donné : le jour il était libraire, et la nuit, son nouveau travail serait de mettre en lumière les pièces de théâtre depuis l’ombre.

Rapidement, la conclusion de sa présence ici s’était imposée à lui, Pour garder la maîtrise de la suite de leur échange où, naturellement elle lui demanderait pourquoi il était en régie, il préféra de lui dire directement. « Je travaille ici. » Lucien n’aimait pas mentir… c’est pourquoi il avait dit la vérité. Une certaine vérité. « Les temps sont difficiles à la librairie, tous nos clients ont fui Paris… J’ai dû chercher un complément. » Expliqua-t-il succinctement. Encore une fois, ce n’était pas faux. Il avait simplement oublié de préciser que de nouveaux clients prenaient la place des anciens, à commencer par les occupants. La régie lui permettrait de survivre, et d’aider la Résistance par la même occasion.

C’était la couverture la plus parfaite qui soit. Et si elle lui permettait de réduire les heures d’ouverture de la librairie pour ne pas être en capacité de recevoir les Allemands, alors tout fonctionnerait comme sur des roulettes.

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Lun 29 Mai - 18:16
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Helene Magnus alias Robin Hood
J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
Les pensées d’Helene la renvoyaient à la scène à laquelle elle venait d’assister. C’était idiot et elle ne cessait de se répéter les raisons rationnelles qui devraient – auraient dû – lui ramener les pieds sur terre. Elle était médecin, avait de ce fait vu des corps dénudés, encore plus le corps de Lucien dans une situation médicale. Elle avait déjà connu des hommes dans sa vie et n’avait pas attendu d’être marié. Alors pourquoi cette situation la faisait réagir ainsi ? Etait-ce le fait qu’elle était dans une position de voyeuse, accédant à l’intimité de quelqu’un sans y avoir été invité ? Cela ne semblait pas une mauvaise supposition au vu de la situation.

Son empressement à se dissimuler ne fit que provoquer l’effet inverse. Plutôt que de fuir, l’actrice sortit de l’ombre et se dévoila sous la faible lueur des lumières encore allumées. Malgré son trouble, elle avait réussi à reprendre une certaine contenance et ramené son esprit à des pensées plus logiques et premières : que faisait Lucien ici ? Devait-elle s’inquiéter ? Cette rationalisation lui permit d’être plus concentrée et d’éviter de laisser son regard faire ce qu’il voulait. Les bras croisés sur sa poitrine, elle put garder son attention sur les yeux bleus pénétrant de son interlocuteur. Le ton utilisé l’a surpris. « Le jour où je te suivrais, tu ne remarqueras même pas ma présence. » Lui rétorqua-t-elle avec un sourire en coin. La pénombre ne lui permettait pas de savoir ce que Lucien avait derrière la tête. Son visage semblait cependant très fermé. Son incapacité à lire en lui à ce moment la frustra particulièrement. Helene n’était pas habituée à être dans le flou, encore moins depuis sa triste histoire avec John.

Au fil des années, Helene avait appris à connaitre l’humour de Lucien, ses nombreux sarcasmes, sa froideur parfois. Pourtant, la façon dont il s’adressa à elle la déstabilisa un instant, la situation n’avait rien de leur quotidien ordinaire… « C’est bien connu, il y a un univers qui sépare les acteurs des autres. » Lui rétorqua-t-elle tout de même, elle-même piquante comme à son habitude. « Un théâtre n’est jamais vide, il y a toujours des oreilles indiscrètes qui trainent. Heureusement, que je suis là pour t’en informer. » Ou bien des yeux… Termina-t-elle pour elle-même. Lucien n’était pas un sotte, mais elle ne souhaitait pas avouer sa propre faute. Pensée qui l’amena à baisser un instant les yeux, tandis que Lucien terminait de reboutonner sa chemise.

Helene s’empressa de détourner le regard pour retourner se poser sur le visage du libraire. Elle espérait que la faible chaleur de ses joues ne se voyaient guère. Les mots de Lucien l’aidèrent à revenir sur terre. Bien qu’il se soit exprimé dans leur langue habituelle, elle sentait quand même une distance qu’il imposait entre eux. Elle se mordilla le coin de la lèvre. Son ton était neutre, mais elle eut l’impression d’un reproche, provoquant une sensation désagréable – faisant remonter une culpabilité ancrée par l’habitude. Un frisson la parcouru, elle referma un peu plus ses bras autour d’elle, essayant de refluer ce sentiment, tout en contrôlant l’expression de son visage. « Je ne t’en avais pas parlé après tout. » Lui répondit-elle avec une forme de neutralité.

« Et toi, que fais-tu là ? » Reprit-elle pour changer de sujets et d’émotions. Elle ne souhaitait plus être prise dans cet étau désagréable. La solution semblait évidente, mais elle préférait attendre sa confirmation. Ses yeux ne le lâchaient pas, l’examinant comme pour savoir ce qu’il pouvait dissimuler malgré sa réponse plutôt franche. Tout le monde avait ses secrets, mais ceux de Lucien étaient bien plus impénétrables que la normale pour elle. « Je vois… J’espère que le travail te plaira malgré tout. Tu es à quel poste de régisseur ? Je ne crois pas t’avoir vu auparavant. » Son malaise ne passait pas réellement, mais son ancienne situation n’avait rien à voir avec celle actuelle. Elle devait soumettre son esprit à cette raison pour retrouver son calme habituel.

Helene finit par désigner le vêtement qui trainait au sol. « Au fait, si tu veux éviter que cela ne se reproduise, je peux te montrer quelques endroits plus… discret. Ou te prêter ma loge. Elle ramena ses yeux sur lui, se mordant l’intérieur de la lèvre pour se reprendre. Quand je n’y suis pas… Je ne voudrais pas que quiconque se m’éprenne. Une actrice comme moi qui fréquente un simple régisseur, ce serait un véritable scandale. » Ajoute-t-elle en glissant sa main dans ses cheveux, prenant un air faussement supérieur. Elle ne resta pas figé dans cette pose bien longtemps, reprenant rapidement son attitude malicieuse habituelle. « Je ne sais pas si quelqu’un te l’a dit, mais certains se retrouvent dans le bar-club sous le théâtre, si tu veux rencontrer un peu l’équipe. » Elle lui fit un sourire un peu plus sincère et posée. Elle se rapprocha de lui, croisant les mains dans son dos, penchant un peu la tête sur le côté, un sourire mutin sur le visage. « Au fait… Comment me trouves-tu ? Elle laissa un silence, sa main se posant sur le collier qu’elle portait. « Sur scène je veux dire. C’est toujours intéressant d’avoir l’avis de quelqu’un pour que je puisse m’améliorer. »
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Jeu 15 Juin - 11:28
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Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
J'ai 35 ans et je vis à Paris, rue Frédéric Sauton -(5e arrondissement), France. Dans la vie, je suis propriétaire d'une librairie et je m'en sors comme je peux, au vu des restrictions.... Sinon, je suis célibataire mais je ne suis jamais seul bien longtemps.
Avoir trouvé ce poste de régisseur était une opportunité pour Lucien, autant pour ses valeurs portant sur le changement, que pour son aspect pécuniaire. S’il avait saisi l’opportunité, c’était en connaissance de cause : ses journées seraient plus longues, plus laborieuses, mais aussi bien plus physiques. Ainsi conditionné, l’homme n’avait pas le moindre doute que ce ne serait pas une partie de plaisir, et qu’il devrait parfois accomplir des tâches ingrates pour le bien collectif.

Pourtant, il était loin de s’imaginer qu’une compagnie, aussi ponctuelle soit-elle, aurait pu lui insuffler une pointe de réjouissance. La même pincée d’allégresse que lorsqu’il relevait le nez de son livre à la librairie, et que la voix de la plus britannique de ses clientes le saluait. « Es-tu si sûre de toi ? Tu parles d’un rat de bibliothèque qui connait mieux les pas des êtres vivants que leur propre voix. » Rappela-t-il avec un sourire en coin à son interlocutrice. Lucien savait parfaitement reconnaître une démarche sans voir le visage de la personne qui approchait : ses séances nocturnes sur les toits Parisien –ou de manière générale, braver l’interdit- l’avaient bien formé à la discrétion.

Les joutes verbales avec Helene étaient d’une de ses activités préférées, il fallait l’avouer. Elle était la seule personne à sa connaissance à pouvoir rivaliser face aux sarcasmes dont lui seul avait le secret. L’humour anglais, peut-être ? Il ne comptait pas lui poser la question, pourvu que cela puisse continuer encore et encore.

« Tant que ce ne sont que des oreilles indiscrètes, je peux me changer ici. » Ricana-t-il cette fois, sans détourner les yeux de son regard pétillant… qui lui, suivait ses mains dans leur remontée vers le col de sa chemise. Ce n’était pas la première fois qu'elle le voyait faire ce geste, mais il imaginait que cela pouvait être embarrassant de tomber sur un énergumène dénudé alors qu’on se promenait juste dans les coulisses.

Elle avait enroulé ses bras autour de sa silhouette, ce qui lui confirma qu’elle n’était pas tout à fait à l’aise –elle non plus. « Désolé pour le désagrément, tes pas feutrés m’ont surpris. » Il nota pour lui-même que se changer dans sa librairie serait tout aussi efficace la prochaine fois…

Avec curiosité, dans sa langue maternelle, la britannique lui demanda quel poste il occupait en régie. Les railleries ayant déjà été bien lancées, Lucien poursuivit sur sa lancée. « Tu ne m’as pas vu ? Oh, crois-moi, tu le découvriras bien assez tôt… » Il laissa s’installer le suspens, conscient qu’il serait insoutenable. Il connaissait son esprit déductif, elle saurait facilement tirer les conclusions qui s'imposaient.

« Oui, et ternir ta réputation pour un ouvrier miteux serait bien dommage ! » Répliqua-t-il, plus sarcastique que jamais pour dissimuler la surprise de sa proposition. « A force de me tromper je finirai bien par trouver un endroit approprié, n’est-ce pas ? » L’homme ramassa le tissu abandonné précipitamment quelques instants plus tôt, et le jeta sur l’un de ses bras.

« L’équipe… se constitue-t-elle de régisseurs ? » Demanda l’homme, partagé entre son ironie et une question sincère. La proposition de se changer les idées dans un bar dont il ignorait l’existante était tout à fait alléchante, mais il craignait que cela ne dépasse son rôle fraîchement acquis. « Je n’aimerais pas me faire offrir le privilège refusé à tant d’autres parce qu’une actrice souhaite faire une bonne action envers la plèbe… »

Mais tout en plaisantant, le régisseur suivit les mains de la comédienne qui se croisèrent dans son dos, et observa avec quel raffinement elle inclinait sa tête sur le côté. Comment me trouves-tu ? Un frisson parcourut son corps entier tant la question était imprévisible. Son regard, juste là très raisonnable, parcourut sa silhouette valorisée par une robe vert sapin.

Sa matière grise lui expédia le champ lexical de la beauté en guise de répartie, mais sa bouche demeurait entrouverte, incapable de répondre. Belle. C’était le terme qui lui venait spontanément à cette question, mais la réponse était indécente. Il activa ses cellules nerveuses en quête d’une meilleure répartie alors que ses mains se mettaient à trembler d’anxiété.

Sur scène. Sauvé par le gong. Lucien serra ses ongles contre sa paume de main, se forçant à se reprendre. Il s’était liquéfié devant Helene, et cela ne lui ressemblait pas. Alors, rassemblant toute l’audace qui le façonnait, il trouva une issue. « Petite. » Répondit-il avec malice, aussi naturellement que si son subconscient ne lui avait pas joué un mauvais tour. Petite, vue d’en haut. Petite, mais tellement présente qu’elle avait su capter son attention au premier pas. Petite, c’était le seul mot qu’il avait prononcé, et il savait qu’elle parviendrait à faire le lien.

D’ailleurs, avant qu’elle ne le fasse et ne le sermonne pour son imprudence –après tout, ses côtes restaient douloureuses- il trouva opportun de se défiler. « Quelqu’un… n’est pas le personnage le mieux placé dans ce théâtre pour te donner son avis. » Il s’approcha d’elle, plus détendu à présent que l’échappatoire était trouvée.

Ensuite, Lucien s'inclina devant la vedette de la pièce, saisit délicatement sa main pour la porter à ses lèvres et l’effleurer le plus respectueusement possible, comme il était coutume de le faire en société. Sauf que dans ce cas bien précis, la société se résumait à quelques rideaux rouges, des costumes vides, et une lumière tamisée. « Merci pour ton invitation, mais je pense qu’il sera plus raisonnable que je rentre me reposer. Vraiment… » Dit-il en se redressant, les yeux pétillants. Et sur ces quelques mots et gestes terriblement maladroits -pourtant exécutés avec aisance-, Lucien fit un pas en arrière avec l’intention de s’en aller.

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Ven 16 Juin - 22:05
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J'ai 33 ans et je vis là où me mène mes recherche, partout dans le monde. Dans la vie, je suis Docteure en médecine, tératologie et biologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance-malchance, je suis mariée sur le papier, mais je me considère divorcée
La situation était étrange et peut-être renforçait-elle le malaise que ressentait Helene. Elle n’appréciait pas ce sentiment. S’il était synonyme de danger et de méfiance pour la plupart des autres, pour elle, il était associé à des choses bien plus douloureuse dont elle ne souhaitait pas se remémorer, ni même ressentir. Encore moins lorsque ce sentiment naissait face à Lucien. Sa vie à Paris n’avait rien de simple dans l’état actuel des choses et Lucien était l’un des rare, si ce n’est le seul, qui lui amenait une pointe de réjouissance, mettant en lumière la raison de ses nombreuses visites chez le libraire. Mais ces visites étaient contrôlées, tant dans leur contexte que dans leurs rencontres. Au théâtre, tandis qu’elle ne s’y attendait pas, reçu avec une certaine froideur de Lucien, coupler au fait qu’il se rapprochait un peu trop de ce qu’elle faisait pour la Résistance… Elle ne savait plus qu’en penser et cela ne faisait que renforcer son sentiment.

Malgré son doute intérieur, cela n’empêche pas Helene d’afficher un léger sourire, moins franc qu’à l’habitude. « Cela ne t’as pas empêché de te faire surprendre… Mais j’espère que tu connais au moins ma voix à force, je pourrais me vexer si tu ne me reconnais pas, même les yeux fermés. » Ajoute-t-elle avec une mine boudeuse. Elle remerciait ses talents d’actrices pour pouvoir faire illusion – même à elle-même.

Elle ne rebondit pas sur sa réplique suivante, ses yeux s’exprimant à sa place. Si ce n’était que des oreilles… pensa-t-elle, juste avant de se reprendre. Quelle importance après tout ? Peut-être que Lucien ne trouvait en rien cela gênant, après tout, d’être ainsi surpris ou regarder. Et elle se questionnait sur la gêne qu’elle ressentait. Trop de choses se mélangeaient, qu’elle choisit de mettre de côté, bien que ses bras autour de son corps dévoile bien plus que son visage. Elle sourit donc à Lucien. « Tu n’as pas à t’excuser… je suis un véritable chat après tout. » Son sourire se fit plus mutin.

Helene fronça les sourcils, quelque peu mécontente de l’absence de réponse que lui fournit Lucien. Elle leva les yeux au ciel, faisant semblant d’être agacé, réfléchissant à la fois au rôle que pouvait tenir Lucien. Tandis que son esprit tournait cette question, elle lança une proposition aussi surprenante qu’indécente, qu’elle détourna immédiatement par l’humour. L’avait-elle sincèrement pensé ? Elle préférait ne pas répondre. « Evidemment, une grande actrice et un ouvrier. Où va le monde ? » Répondit-elle avec sarcasme, son regard prenant un éclat dont elle ne se rendit pas compte. « Ou bien tu prendras l’habitude d’être pris en flagrant délit je suppose. » Lui rétorqua-t-elle en l’observant récupérer son vêtement, chassant l’image que cela faisait remonter dans son esprit.

Pour se ressaisir, l’actrice vint saisir quelques mèches de cheveux et les enroula autour de l’un de ses doigts penchant légèrement la tête, un petit sourire venant étirer ses lèvres. « Tu ne veux pas te servir de tes relations pour monter dans la hiérarchie et entacher mon honneur parce que j’admets côtoyer le bas-peuple ? C’est tout à fait louable. » Lui répondit-elle, tandis qu’elle glissait sa mèche derrière son oreille. « Mes intentions ne sont pas aussi noble, puisque l’équipe est celle de tous ceux composant la pièce… régisseur compris. Tu n’es donc pas un privilégié. » Bien qu’elle n’est – et n’aurait – demandée à personne d’autre de l’accompagner ce soir.

Et certainement à cause de l’effervescence de cette soirée et de toutes ses émotions qui s’entremêlaient dans son esprit, elle posa une question qui, sous ses airs taquins, avait bien plus de portée. Pour la première fois, elle vit les yeux de Lucien s’intéresser à sa silhouette, suivre le tissu de sa robe qui venait la mettre en valeur. Face à l’intensité soudaine du regard et l’expression du libraire, elle sentit son cœur s’emballer et ses joues prendre à nouveau des couleurs. Helene ne s’était pas attendue à être si déstabilisée et en oublia presque de terminer son propre jeu. Sur scène évidemment. Pourquoi voudrait-elle savoir autre chose ? Comme la façon dont il la voyait, s’il trouvait que sa tenue la mettait en beauté. Ils n’avaient jamais eu ce type de relation après tout…

La jeune femme joua avec son collier pour se ressaisir un tant soi peu. La réponse de Lucien la ramena, un peu, réactivant son esprit sur la question de son rôle. Petite… Il ne faisait pas référence à leur différence de taille. Bien sûr que non… Elle leva un instant les yeux, comme si elle s’attendait à apercevoir Lucien dans les structures métalliques au-dessus d’eux. Quel autre rôle que celui-ci pourrait lui convenir ? Aucun. Cela lui ressemblait bien trop pour qu’elle se trompe. Et contre toutes recommandations médicales qu’elle avait bien pu lui donner. Helene choisit de laisser passer, ce doutant bien qu’il n’écouterait pas et plongea son regard dans le sien, levant la tête alors qu’il se rapprochait. « Pourquoi cela ? Quelqu’un n’a pas besoin d’être un professionnel du théâtre pour donner son avis. » Souffle-t-elle et ne put rien ajouter d’autres.

L’actrice eut un léger mouvement de sursaut au contact de la main de Lucien contre la sienne et un long frisson parcourut son corps lorsque ses lèvres frôlèrent sa peau. Ses lèvres s’entrouvrirent, sur le coup de la surprise, mais pas seulement. Elle se sentit perdre pied lorsque ses yeux croisèrent ceux de Lucien. L’intensité de son regard, la sensation de ses lèvres sur sa peau, la chaleur qui se diffusait lentement… « Lucien… » Dit-elle, sa voix à peine plus élevée qu’un murmure, sa main engageant un mouvement vers lui. Avant qu’elle ne se fige et retombe finalement le long de sa cuisse. Cette situation… Cette façon de se comporter… Son attitude distante, ses reproches, puis son regard, ses gestes doux qui venaient tout contrebalancer, comme si cela effaçait tout. Ce n’est pas la même chose. Vous êtes amis. Se dit-elle. Ce n’est pas la même situation. Ce n’est pas John. Essaya-t-elle de se convaincre.

Helene fit un sourire plaqué, pour dissimuler le tumulte sous son crâne. « Tu as raison, tu as dû beaucoup solliciter tes côtes là-haut. Il ne faudrait pas que tu t’épuises. Il y aura d’autres soirées. L’invitation reste valable, même pour la plèbe. » Elle essaya de ponctuer sa phrase de sa malice habituelle, mais sans grande conviction. Elle recula d’un pas, souriant malgré tout. Ce n’est pas John. Non, ce n’était pas John… Mais son ombre planait toujours au-dessus d’elle.
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Sam 24 Juin - 11:55
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Lucien Moreau (alias Will Scarlett)
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* * *
Une cellule orageuse s’était installée sur le ciel parisien. Après de longues semaines de soleil de plomb, la perspective d’un peu d’eau pour rafraîchir l’atmosphère -déjà bien électrique dans le contexte politique du moment- ravissait les habilitants. En se levant ce matin-là, Lucien avait trouvé l’air particulièrement lourd, et la luminosité extrêmement faible. L’orage menaçait, ce n’était qu’une question d’heures voire de minutes.

La nuit, bien que chaude, avait été agréable. Cela faisait plusieurs semaines que le libraire peinait à se reposer avec ses activités nocturnes. Au final, son deuxième travail au théâtre lui avait permis de rentrer moins tard et de trouver un sommeil plutôt réparateur. Et qui dit bonne nuit, dit bonne humeur, et ça, ça commençait à faire longtemps qu’il ne l’avait pas ressentie. Trop d’angoisses dans son environnement, des mauvaises nouvelles qui tombaient chaque jour. La perspective de pouvoir se rendre utile pour défendre son pays, la pluie… et Lucien avait du baume au cœur.

Alors qu’il ouvrait la librairie, une charrette tirée par un cheval de trait s’engagea dans la ruelle. Les bruits de sabots sur les pavés entraînant les roues en bois étaient reconnaissable parmi des milliers : une livraison de livres, à coup sûr ! Elles se faisaient de plus en plus rares, entre la baisse de la clientèle et la censure du nouveau régime. Raison de plus pour apprécier les caisses de lectures que le jeune livreur à casquette déposa devant la porte de la librairie de Lucien. « Voilà pour vous Monsieur Moreau ! Passez une excellente journée. » s’écria le jeune homme en grimpant de nouveau dans la charrette pour reprendre sa route.

Lucien déplaça les lourdes caisses jusque dans le salon de la librairie, où il s’attaquerait ensuite au tri et au rangement des nouveautés. Il remontait une des boîtes remplies sur la table lorsque la clochette de l’entrée lui annonça l’arrivée d’un client.

« Bonjour ! » Lança-t’il joyeusement avant même de découvrir qui venait de pénétrer dans la boutique. Probablement un lecteur courageux pour braver la pluie en quête d’une occupation pour la journée. Lucien s’amusait souvent à essayer de deviner qui arrivait, au bruit des pas, à la façon de pousser la porte et de se présenter…

La jeune femme qui le salua poliment avait une longue chevelure dorée. Elle portait une robe bleu roi, cintrée à la taille, et tenait un carnet gris dans sa main gauche. « Bonjour Monsieur Moreau » dit-elle avec une pointe de timidité pendant que le libraire reposait les quelques ouvrages qu’il tenait dans les bras. « Que puis-je pour vous, Joséphine ? Votre grand-mère a déjà terminé les romans que je lui avais conseillés ? » Elle secoua la tête négativement, ses joues s’empourprant de timidité.

Joséphine était la petite fille d’une cliente fidèle des Moreau. Georgette et elles prenaient souvent le thé ensemble. La petite étudiante était venue sur Paris pour étudier les lettres, chanceuse fille d’un riche notaire, elle pouvait prétendre à la meilleure des éducations. Elle avait accompagné sa grand-mère plusieurs fois à la librairie, arpentant les allées en rêvassant tandis que le libraire conseillait quelques histoires à sa fidèle cliente.

Pourtant, c’était la deuxième fois que Joséphine venait seule. La jeune femme avait peut-être seize ou dix-sept ans, et plutôt que de papoter et courir après les garçons de son âge, elle préférait le silence des librairies. Lucien ne pouvait que la comprendre. « Je… et bien je me demandais si vous accepteriez que je travaille mes cours dans votre librairie. » finît-elle par avouer en tortillant nerveusement ses bras dans son dos. « Je n’arrive pas à me concentrer chez ma grand-mère, avec la vieillesse elle parle de plus en plus fort. » Lucien, surpris par la demande, lui adressa un sourire sincère. « Bien sûr, je vous en prie installez-vous. Il y a de la place pour tout le monde dans cette vieille boutique. »

Lucien ne le savait pas, mais il venait d’accéder à l’un des vœux les plus chers de l’adolescente. Dès le premier jour avec sa grand-mère, lorsque la libraire avait présenté son fils, son cœur avait chaviré. Depuis, elle rêvait de sa mâchoire carré, sa peau d’albâtre et ses yeux profonds. Sa voix grave lui donnait des frissons, et elle se surprenait à penser à lui continuellement. C’est ce qu’on appelait communément un coup de foudre dans les romans. Joséphine était persuadée que le destin avait mis cet homme sur son chemin pour une bonne raison.

Les grondements incessants à l’extérieur avaient fini par faire flancher les nuages qui déversaient des flots depuis quelques secondes. Il pleuvait des trombes et des trombes d’eau.

Le concerné reprit son déballage de livraison, notant soigneusement dans un carnet les références de chacun des ouvrages qui passaient entre ses doigts. Il aimait beaucoup cette partie du travail qui consistait à découvrir les jolies couvertures. Il ne vit pas les regards réguliers de l’étudiante qui avait plutôt opté pour l’observation de libraire poussiéreux que pour la littérature. Elle se moquait bien d’avoir des notes excellentes, son père pourrait tout rattraper avec un peu d’argent.

Si devant l’homme de sa vie elle se comportait avec simplicité, Joséphine n’était pas moins une jeune fille de la Bourgeoisie. Mais elle préférait ne pas lui faire peur en lui parlant de de ses richesses… même si au fond, elle savait que sa beauté ne suffirait pas à décrocher un cœur aussi pur que celui de Lucien Moreau.

Loin de s’imaginer qu’on était en train de tirer des plans sur la comète, l’incluant totalement, le libraire avançait dans sa tâche. Joséphine, seule et silencieuse depuis de longues minutes, se retourna vers une étagère et essaya d’attraper le premier livre qui l’inspirait… mais surtout, qui se trouvait loin de sa portée. Repérant un peu d’agitation dans son champ de vision, Lucien se rapprocha pour lui lui prêter main forte. « Merci beaucoup » dit-elle d’une petite voix, tout en profitant de la proximité avec sa silhouette imposante pour s’imprégner de son parfum. Lucien s’appuya sur le bureau de son bras gauche, retournant le livre de sa main droite pour en apprécier le titre. « Vous lisez l’anglais ? » l’interrogea-t’il, surpris par le choix de sa cliente. « J’essaie d’appr… »

Le tintement de la sonnette coupa la jeune fille dans son argumentaire -ce qui lui permettrait de trouver une réponse plus appropriée. « Bonjour ! » Lucien releva la tête vers l’entrée, puis se redressa lorsqu’il découvrit la silhouette de la personne qui entrait dans la boutique à cet instant. Il ne s’attarda pas sur ses cheveux et ses vêtements détrempés, mais bien sûr les prunelles azur de la britannique. Il ne réalisa même pas que sa bouche s’était entrouverte de surprise. Pourquoi ? Était-ce vraiment surprenant de voir son habituée pousser la porte de sa librairie ?

La surprise fit rapidement place à un léger vent de sarcasme en réalisant qu’elle avait pris les quelques secondes de pluie bien intense. « Et bien c’est ce qu’on appelle choisir son moment… » dit-il en s’approchant d’elle, un sourire narquois au coin des lèvres. « À moins que tu n’aies choisi la libraire comme refuge pour te protéger du déluge ? ».

L’homme n’osa pas se pencher vers elle pour déposer une bise sur sa joue, ne sachant pas tout à fait si le hasard l’avait menée là ou si elle était là de manière intentionnelle. L’envie de lui manquait pas, pour autant.

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La brosse glissait dans ses cheveux, venant délicatement démêler les longues mèches brunes ondulées. Elle reposa l’objet sur la coiffeuse, observant le reflet que lui renvoyait le miroir. Les cernes sous ses yeux, installées depuis quelques temps à la suite de ses journées de folie et la pression qui pesait sur ses épaules, s’étaient estompées, révélant un teint plus clair. Ses joues avaient repris des couleurs, redonnant un peu plus de vie à son visage. Ces journées et ses nuits étaient longues et elle gardait beaucoup de pression, mais cette représentation au théâtre lui avait prodigué une énergie intense, qui renforçait sa volonté de continuer ses différentes contributions dans cette guerre. En son fort intérieure, elle était persuadée que les choses pourraient bouger grâce au théâtre et Antoine, ne serait-ce qu’un peu. Sans même parler de la Résistance, le sourire vu sur le visage des spectateurs, leurs rires et leurs larmes… ne serait-ce qu’ainsi, elle se sentait utile.

Helene se releva, enfilant la robe bleu sombre, au manche descendant jusqu’au coude. Elle ferma les boutons blancs et ajusta le nœud sur sa taille. Elle brossa le tissu de la robe, lança un dernier regard à son reflet. Elle avait choisi de laisser ses cheveux sur ses épaules et sans maquillage. Elle se préférait ainsi en dehors de soirée plus apprêtée, bien que ce soit loin de la mode britannique ou française actuelle. Un sourire s’épanouie sur son visage, puis elle quitta la pièce.

La médecin tomba sur William, majordome et bien plus encore qui, malgré sa soixantaine, était dans une forme physique surprenante. Ils échangèrent quelques mots sur leur soirée respective. Sa loyauté n’était plus à démontrée, elle lui faisait une entière confiance. Suffisante pour qu’il ait des tâches bien plus spécifiques que les fonctions d’un majordome. Helene pouvait sentir son inquiétude pour elle, bien qu’il cache ses émotions et n’en dise rien. William savait bien qu’il ne pouvait rien cacher à la jeune femme, mais son flegme britannique et son envie de ne pas surcharger les épaules de la médecin. Il la connaissait trop bien, il savait à quel point elle pouvait se montrer engagée et passionnée, au point de délaisser sa santé et d’en oublier tout le reste. Alors, il l’accompagnait, pour veiller sur elle, ce qu’il n’avait pas toujours pu faire.

Les choses bougeaient lentement, mais commençaient à s’ordonner. Lentement. Des nouvelles d’autres villes autour leur parvenaient. Nombreux étaient ceux qui se rebellaient contre l’invasion Allemande. Le pouvoir avait rendu les armes, pas le peuple. Pas tous en tout cas… et toute rébellion commence par une étincelle, avec un besoin de combustible constant pour se maintenir. Helene espérait seulement que tout ceci ne perdrait pas trop vite son souffle…

Leur discussion achevée et ayant remarqué l’heure, Helene sortit à la va-vite, sans prendre le temps de déjeuner. Elle pressa le pas en constatant les nuages ténébreux, la lourdeur de l’atmosphère… un orage se préparait. Un sourire étira ses lèvres. Elle avait une fascination pour les orages. Ce déchainement de la nature, le vent, la pluie, et les éclairs qui tranche le ciel, si dangereux et à la fois porteur de tant d’informations. Oui, elle aimait admirer les orages. De sa fenêtre…

La pluie se mit à tomber brutalement, accompagné d’un bruit agréable. Jusqu’au premier flash de lumière dans le ciel et son grondement brutal qui résonna quelques instants plus tard. Helene se mit à courir, l’eau commençant déjà à détremper sa robe sans protection. Ses talons claquaient sur le sol, tandis qu’elle cherchait un abris. Ce n’était pas sa direction initiale, mais la librairie de son ami était plus proche d’elle. Sa besace rebondissait sur sa hanche et les bocaux qu’elle contenait, bruyant malgré le torchon dont ils étaient enroulés, créaient une légère douleur.

Helene ralentit et appuya sur la poignée qui s’ouvrit avec ce tintement caractéristique. Elle passa la main dans ses cheveux mouillés, repoussant les mèches collés sur son front et ses joues. Elle releva la tête et ses yeux croisèrent ceux du libraire. Un sourire s’épanouie sur ses lèvres, avant de hausser un sourcil, tandis qu’il se rapprochait. Elle préféra rester sur le tapis de l’entrée, des gouttes d’eau tombant de ses vêtements. « J’ai un talent certain pour soigner mes entrées. » Rétorqua-t-elle en souriant, le suivant du regard au fur et à mesure de son avancée. « Ma réponse changera-t-elle le traitement que tu me réserves ? Tu n’aurais pas le cœur assez gelé pour me jeter dehors ? » Lui dit-elle en prenant un air innocent, une lueur taquine dans le regard.

La médecin hésita un instant. La dernière fois, il s’était penché vers elle uniquement car Louise était présente. Peut-être qu’au travail il préférait évité. Ou avec elle-même simplement. Pourtant les souvenirs du théâtre lui revinrent en mémoire. Il ne pouvait se comporter ainsi avec tous, n’est-ce pas ? « Tu sais… Si je veux m’habituer aux mœurs des français, il faudrait peut-être que tu me salues toujours de la même façon, tu ne crois pas. » La médecin avait porté sa main à ses longues mèches, qui reposaient sur son épaule, comme pour rappeler à Lucien son geste téméraire de la dernière fois. Elle rabaissa la main et fit un pas vers lui, tendant la joue. Helene sentit le libraire se pencher vers elle, son souffle la chatouillant, tandis que leur peau se touchait l’espace d’un instant.

La jeune femme recula d’un pas sentant une légère rougeur sur ses joues. C’est à ce moment qu’elle sentit un regard posé sur elle. Un regard et des pensées… surpris et hostile à la fois. Helene fit un sourire affable à l’inconnue qui les observait. « Bonjour. » Elle releva ses pupilles vers ceux de Lucien. « Excuse-moi, je n’avais pas vu que tu étais occupé… Je devrais peut-être te… » Elle fut interrompu par le grondement du tonnerre et la pluie qui sembla redoubler d’intensité en venant frapper les fenêtres. Elle lança un regard à l’extérieur, un frisson parcourant sa peau refroidit par l’eau sur elle et ses vêtements. « Hm… Tout compte fait, tu veux bien que je reste un peu ici ? J’ai beau adoré les orages, je préfère éviter de tremper le sol d’un autre marchand. » Helene avait ramené les yeux vers lui, son petit sourire en coin habituel. Un autre frisson la parcourut, qu’elle essaya de dissimuler. « Tu ne serais pas capable de me jetter dehors quand même ? Elle croisa les bras sous sa poitrine, une main se relevant pour dissimuler ses lèvres dont elle avait du mal à contrôler son sourire mutin chaque fois qu’elle le taquinait, tandis que son regard reflétant l’innocence même.
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