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 Blood and Ashes

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Callian
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Le contexte du RP
Mise en situation

Blood and Ashes
L'empire mafieux des Marlowe à Manhattan a manqué de s'effondrer quand leurs rivaux coréens leur ont déclaré la guerre. James, le chef de la famille s'est fait passer pour mort le temps de démanteler entièrement leur réseau, préférant sa vengeance à la femme qu'il avait juré de protéger, Joana Harper. Revenu d'entre les limbes, il se prépare à entrer en politique et cherche à reconquérir son ancienne amie et amour, qui a perdu son enfant, et s'est consolé dans d'autres bras. L'actrice aussi célèbre pour ses caprices que pour son talent a en effet choisi la protection de son metteur en scène privilégié, le mystérieux monsieur Nathalie. Elle vit dans l'opulence au dernier étage du Waldorf Astoria, regardant le monde tournoyer à ses pieds.

@Sparka

Contexte provenant de nos anciens écrits sur un autre forum


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Callian
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ff433231c4ee51e2288bd3b94935d26a8bdb9bc4.png
James Marlowe
Marlowe, la mauvaise vie en étendard d’un nom qui se glisse dans les oripeaux irlandais. Trop de mélanges depuis, ne reste sans doute que le goût de l’irish sur la langue, un peu trop de folklore dans la tête d’une femme qui ne l’a pas enfanté. James, la simplicité d’un prénom, presque granitique, qui va avec la réputation de leur clan. Porosité qui fait mal, on s’y écorche, on s’y blesse, on crève sous son poids, le souffle qui tangue à chaque battement du coeur quand la vie le broie. le néant s’y grave avec soin depuis qu’elle n’est plus là. Sa soeur… Médée… Son double écorché. Lieu de naissance et origines : Atlantic City, il fallait que ce soit dans l’écrin d’un luxe qui vous abrutit, les clameurs du fric et d’une débauche qui ne se planquent même pas, pour qu’ils s’y abandonnent, qu’ils s’y inscrivent, palpitants dans le sang. Le paternel y a tressé son empire, depuis les rues les plus crasseuses du Queens où la famille avait échoué, il a su se hisser à la tête d’un réseau de casinos qui fait qu’aujourd’hui, james navigue entre le berceau d’origine, et ce lieu de naissance devenu celui de ses affaires. Métier : une voie toute tracée, que s’il a eu l’idée de contrarier à l’aube de l’âge adulte, il embrasse aujourd’hui avec la précipitation des êtres les plus acharnés. Son père a fini par crever, ça a aidé à ce qu’il puisse dessiner ses enfers tels que lui les souhaitait. Irène, que chacun appelle dans le plus grand secret "la veuve", l’aide dans la gestion des affaires, et appuie aussi avec virulence, et ce depuis des années, sur le nerf de la guerre. Jusqu’à le faire céder. Orientation sexuelle : l’autre sexe, l’évidence parce qu’il y avait entre les cuisses des inconnues autant d’avidité à infléchir que d’évasion à trouver. Surtout lorsqu’il a fallu s’aventurer sur un terrain à conquérir, à dominer. Devenu l’égérie d’une classe sociale qui tient le haut du pavé new-yorkais, les femmes lui tournent autour, cherche à sertir le fer d’une alliance qui pourrait tout enchaîner. mais il a la réputation de ne pas s’attacher, ni de faire dans les sentiments. Ils ont été navrés depuis longtemps. Statut civil : le célibat, parce que la place qu’elle occupait n’est plus qu’un palais froid, où les idéaux gisent pour mieux se faire oublier. Et parce que choisir quelqu’un ne pourrait avoir de sens que pour continuer de tracer cette voie vers les sommets. Qu'il faudrait alors apprendre à partager.

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L’annonce de la journaliste résonne encore dans ma tête. Un empire à reconstruire sur le corps d’un ressuscité, opportunité qu’elle n’a pu que souligner, tout en annonçant mes ambitions politiques. Des jours, des nuits, du sang, les larmes qu’on a pas su montrer, qu’on aura pas su verser. Et puis cette rage dans laquelle il a fallu puiser pour tous les buter. Un à un. L’un après l’autre. Même la femme et les deux mômes du fils aîné. Je les vois encore dès que je crois être seul et recueilli. Et je préfère encore regarder ce crime-là plutôt que de m’apercevoir de l’absence qui continue de me dévorer. Car elle est tombée à mes côtés. Médée. On l’a mise au tombeau, à côté de mon cercueil vide, et quelque part je sais, je sais que je suis réellement mort ce jour-là. Je sais que je ne me débarrasserai jamais totalement de la terre dans laquelle on a cru m'ensevelir, et où nos serments muets reposent. En paix. Tu parles, nous ne serons jamais en paix, jamais, et j’y veillerai. Il y a encore du sang à verser. Mais pas avant d’avoir cherché à réparer ce que j’ai cru oublier.

Ce que je n’ai pas su oublier.

Parfois je pensais à toi, quand la douleur était trop forte. Et je me raccrochais à l’idée qu’en toi la vie grandissait. Je me disais que s’ils finissaient par m’avoir, au moins toi tu te souviendrais. Tu saurais qui j’étais. Dis-moi que tu le sais encore. Dis-moi juste ça, avant de me renvoyer.

Ça n’a pas été long de la retrouver, d’un côté, Jo’ ne se cache jamais. Si les ombres sont mon domaine de prédilection, l’y trainer la fait dépérir, car elle ne fait que briller. Et vous aveugler. Encore, encore. Encore un peu de splendeur. J’ai mis mon smoking, sans doute le plus beau que j’avais, celui qu’elle ne m’a jamais vu porter, comme si ça allait tout expliquer, ou bien tout pardonner. Des mensonges, de l’absence. Et de tout ce silence. Je suis allé assister à la représentation de sa pièce, je ne sais pas si elle m’a vu dans le public, je l’ai cru un moment, j’ai cru voir ses yeux trembler. Mais je n’en suis pas certain, c’est comme si j’avais déjà oublié. C’est comme si je disparaissais. Même quand je frappe à sa putain de suite, alors que chacun sait que je déteste m’annoncer. Les premiers mots, je ne sais pas ce qu’ils seront, je pense sans doute déjà aux premiers coups bas. Après tout, c’est tout ce qu’on m’a appris, cogner, cogner, pour oublier le bruit que ça fait, dans la tête, dès la nuit tombée. Tu le sais toi, tu sais ce que ça fait. Tu l’entends, le battement, ça gronde, ça gronde et ça crisse. Je retiens ma respiration et quand la porte s’ouvre enfin, je ne lui souris pas, je ne force même pas le passage, et si mon regard s’attarde sur ses traits pour voir comment elle se porte après tant de mois, aussitôt je ne peux que remarquer que sa silhouette est aussi mince qu’à l'accoutumée. Je calcule mais il n’y aura pas de miracle. Je comprends et mes prunelles se brouillent une seconde lourde de sens. Et la seule phrase que je dis c’est : J’imagine que ça pouvait pas être autrement. Ça n’est pas un reproche, c’est un regret, et je me sens fatigué. Après tous les combats menés, après les trêves factices, et les pièges, après ma soeur sous son linceul qui ne peut plus être à mes côtés, après les rêves grandiloquents qu’il faut embrasser pour ne pas frémir, pour ne pas fléchir. Je me tiens droit devant elle, et je me demande si Joana rêve encore. Si elle sait encore comment on fait.


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Sparka
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Joana Harper
Joana, Jo. Joan. Joana. Tant de noms et aucun qui ne l'identifie réellement. Un être insaisissable. Un esprit indomptable. La fille d'un père riche, d'une mère morte, l'enfant qui voulait de l'amour et qui recevait des chèques. Harper, un nom qui pourrait résonner. Mais elle ne s'en félicite pas. Sa fortune, elle l'a faite toute seule. De petits vols et des nuits sous les ponts, voilà comment elle a réussi à survivre quand elle a fui son paternel et ses désirs d'alliances insensibles. Indépendante, la gamine a préféré survivre dans la rue que de mourir dans les bras d'un fiancé inconnu. Joana Harper aujourd'hui : Diva.,reine des planches, elle excelle dans l'art de feindre. C'était une passion qui est devenue un métier. C'est sa presque belle-mère qui a payé pour ses études en art dramatique, qui a créé un dossier avec tout ce qu'il fallait pour qu'elle puisse être reçue dans l'école prestigieuse de N-Y. En contrepartie? Elle lui donnait des infos sur James, le beau-fils qu'Irène voulait contrôler.  Début de la déchéance. : Un amour aussi fort soit-il, ne peut résister aux tourments des secrets. Et c'était là que résidait la force de Joana. Elle voulait détruire ce lien qui la consumait. Elle s'était juré de ne jamais succomber aux affres de l'amour. Alors, elle fit tout pour qu'il ne s'étende pas plus qu'il ne le faisait déjà. Et sous le joug de sa trahison, elle mit les voiles. Encore une fois. Traumas. : Cet enfant qu'elle a porté pour lui. Lors de leurs retrouvailles, ils ont consommé plus qu'ils n'auraient dû. Et dans ses pans s'est logé l'insensé. Mais le temps, la douleur et la tragédie ont eu raison de cet espoir non désiré. Statut civil : Volage, célibataire, fiancée, veuve,... nul ne sait. Elle est l'actrice la plus connue de l'état de Washington. Elle fait la une des journaux et des tabloïds en sortant avec diverses personnalités. Mais son état civil demeure inconnu. Pourtant, depuis quelques mois, elle est souvent au bras du mystérieux et tant convoité Monsieur Nathalie. Amour? Liaison? Profit? Elle-même se pose la question.

Avatar (c) kane.
L'âme lacérée par toutes les tortures qu'on lui avait infligées, la déesse des planches en descendait majestueusement. Si elle avait rayonné ce soir, c'était malgré le poignard qui avait été planté dans son coeur en cours de prestation. Là, au milieu de la foule, un regard qu'elle connaissait trop bien lui était apparu comme un fantôme surgi du passé. Elle l'avait toisé malgré elle, craignant qu'il ne soit réel et se maudissant de l'espérer. Mais son corps tout entier réclamait qu'il ne s'agisse que d'un fantasme et pas d'une réalité. Comme toujours, elle était descendue pour se laisser féliciter après la présentation. Mais Joana ressentait le besoin d'écourter les mondanités, trop happée par le désir de fuir la possibilité d'un face à face. Il fallait l'éviter. S'il était bel et bien là, elle ne souhaitait pas le voir. Son estomac se tordait encore en pensant à lui. Mais ce n'était plus la passion, ce n'était plus l'envie... c'était le désespoir qui la rongeait depuis que ses espoirs s'étaient fracassés. Alors la ravissante actrice s'était éclipsée sans demander son reste. Nathalie l'avait laissé faire, conscient qu'elle était en proie à ses démons. Cela faisait quelques mois que leur lien avait changé. Quelques mois qu'elle l'avait laissé pénétrer sa vie. Quelques mois qu'il la voyait lutter pour ne pas sombrer dans la folie. Mais ils savaient tous deux que quelque part en elle, la part d'obscurité avait gagné du terrain. Et la folie n'était plus vraiment le danger numéro un.

Dans sa suite, les perles au bout des doigts, Joana contemple son reflet dans le miroir. Quand on frappe à la porte, elle sait. Elle ne bouge pas pendant un moment, désirant retarder cette rencontre lugubre. Lorsqu'elle a appris qu'il était toujours en vie, son monde a vacillé. Un rire amer s'est glissé sur ses lèvres, le papier du journal qui clamait la résurrection du Marlowe, froissée sous les ongles manucurés. Je ne t'ai jamais autant haï que lorsque tu es mort. Et je te hais désormais encore plus fort. La haine qui frappera encore. La porte s'ouvre et découvre celui qu'elle savait là. Droit, magnifique dans ce smoking qu'elle ne lui connaît pas, elle le dévisage sans bouger. Deux statues qui s'analysent sans ciller. Il ne met pas longtemps à baisser ses yeux sur les courbes absentes de la dame et elle se retient. Un flux amer s'empare d'elle tandis qu'elle voudrait lui hurler au visage. Mais Joana est reine. Et les reines aplatissent les manants. "Ca aurait pu. Mais je n'avais pas envie d'un morceau de toi dans ma vie." Sèche, elle prétend s'être elle-même débarrassée de l'héritier. Mensonge déplorable. Mais elle ne peut assumer qu'il a tout détruit en mourant, emportant avec lui leur enfant, l'emportant elle aussi dans son sillage. S'il est étonné de la voir sans ventre qui pend, c'est qu'il n'a pas été vérifier son dossier médical. Il ne le fera sûrement pas. Du moins, elle l'espère. "Que me vaut l'honneur de ta visite?" Vivant, il n'était pas venu à son chevet après les attentats. Il n'était même pas venu à l'enterrement de sa propre soeur. James et Médée, enterrés ensemble. Joana y était. Allez savoir pourquoi. Elle avait sûrement besoin de le voir pour y croire. Et dans cette atroce horreur, elle avait maudit la blonde d'avoir gagné, d'avoir emporté James avec elle encore une fois. Tu lui as toujours appartenu après tout... Mais il n'était pas réellement mort. Et aujourd'hui, il osait se présenter devant elle. Joana quitte l'encadrement de la porte pour aller s'asseoir devant son miroir et s'allumer une cigarette de ses longs doigts abusés d'un tremblement qu'elle cherche à dissimuler.
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James Marlowe
Marlowe, la mauvaise vie en étendard d’un nom qui se glisse dans les oripeaux irlandais. Trop de mélanges depuis, ne reste sans doute que le goût de l’irish sur la langue, un peu trop de folklore dans la tête d’une femme qui ne l’a pas enfanté. James, la simplicité d’un prénom, presque granitique, qui va avec la réputation de leur clan. Porosité qui fait mal, on s’y écorche, on s’y blesse, on crève sous son poids, le souffle qui tangue à chaque battement du coeur quand la vie le broie. le néant s’y grave avec soin depuis qu’elle n’est plus là. Sa soeur… Médée… Son double écorché. Lieu de naissance et origines : Atlantic City, il fallait que ce soit dans l’écrin d’un luxe qui vous abrutit, les clameurs du fric et d’une débauche qui ne se planquent même pas, pour qu’ils s’y abandonnent, qu’ils s’y inscrivent, palpitants dans le sang. Le paternel y a tressé son empire, depuis les rues les plus crasseuses du Queens où la famille avait échoué, il a su se hisser à la tête d’un réseau de casinos qui fait qu’aujourd’hui, james navigue entre le berceau d’origine, et ce lieu de naissance devenu celui de ses affaires. Métier : une voie toute tracée, que s’il a eu l’idée de contrarier à l’aube de l’âge adulte, il embrasse aujourd’hui avec la précipitation des êtres les plus acharnés. Son père a fini par crever, ça a aidé à ce qu’il puisse dessiner ses enfers tels que lui les souhaitait. Irène, que chacun appelle dans le plus grand secret "la veuve", l’aide dans la gestion des affaires, et appuie aussi avec virulence, et ce depuis des années, sur le nerf de la guerre. Jusqu’à le faire céder. Orientation sexuelle : l’autre sexe, l’évidence parce qu’il y avait entre les cuisses des inconnues autant d’avidité à infléchir que d’évasion à trouver. Surtout lorsqu’il a fallu s’aventurer sur un terrain à conquérir, à dominer. Devenu l’égérie d’une classe sociale qui tient le haut du pavé new-yorkais, les femmes lui tournent autour, cherche à sertir le fer d’une alliance qui pourrait tout enchaîner. mais il a la réputation de ne pas s’attacher, ni de faire dans les sentiments. Ils ont été navrés depuis longtemps. Statut civil : le célibat, parce que la place qu’elle occupait n’est plus qu’un palais froid, où les idéaux gisent pour mieux se faire oublier. Et parce que choisir quelqu’un ne pourrait avoir de sens que pour continuer de tracer cette voie vers les sommets. Qu'il faudrait alors apprendre à partager.

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C’est la première réflexion que je me fais, un peu bêtement : elle n’a pas changé, elle n’a absolument pas changé. Comme s’il fallait trouver sur son visage, sur son corps, dans ses yeux, dans ce que trahit l’âme, quelque peu de cette absence que je lui ai léguée. Comme s’il lui fallait la porter telle une veuve éplorée, les yeux gonflés de nuits sans sommeil, d’errances à courir après un fantôme. Les prunelles vides des départs précipités, qui n’ont abandonné que du silence et de l’effroi. Finir seul, s’arrêter là. Elle devrait être dans mon état, et pourtant elle ne l’est pas, elle rayonnait sur scène, elle est majestueuse dans sa suite trop chic, bien trop chère, comme si le temps ne s’était pas arrêté après ma disparition, comme si ça ne lui avait absolument rien fait. Comme si son ventre vide était une insigne qu’elle pouvait arborer, l’honneur de ne pas savoir ce peu que nous avions s'anoblir dans sa chair. Il ne nous reste plus rien. Il ne me reste plus rien. Je suis en colère, par rapport à cette façon qu’elle a de balayer l’avenir, de l’avoir condamné, j’aimerais avoir la force de lui opposer un sursaut de rage mais je reste coi. Je reste aussi froid qu’elle, je reste là, immuable statuaire de nos combats. Bien. Le timbre est profond et sombre, comme il l’a toujours été. Il fait mine que je n’en ai rien à foutre de cet héritier, que c’était là aussi un poids mort à supporter. J’aurais pu me renseigner sur ce qu’elle en avait fait mais je n’en ai pas eu le coeur, je croyais… je croyais… je ne saurais l’avouer, pas maintenant, pas devant elle. Je croyais pouvoir espérer mais cela aussi il faudra apprendre à faire sans. Je hausse un sourcil, le mépris orne mon front comme une indélicatesse, je n’étais pas censé venir l’affronter. Mais comme à chaque fois qu’il s’agit de nous deux, l’élan plein de fureur se déploie. Je m’ennuyais. Il y a une syllabe narquoise, presque moqueuse sur la fin. Je voulais te voir, je voulais tant te voir, et comprendre comment tu te portais. Reconnaître en toi ce monde à moitié écroulé. Me raccrocher à ce que nous étions vu que je n’ai su préserver ce que je m’étais juré de toujours protéger. C’est ridicule. Toi-même tu en rirais. Je ne vois pas le tremblement de ses doigts, trop occupé à prendre la mesure du décor, je ne la poursuis pas immédiatement, mais j’entre et referme la porte avec soin. Je ne la verrouille pas, je ne suis pas vraiment chez moi, mais chaque pas que je fais ici prouve que je pense le contraire. Il y a toujours eu dans ma façon de marcher quelque chose qui trahissait mes élans de conquête. Je la regarde, par le truchement de son reflet dans sa coiffeuse, je me rapproche, je me penche comme pour embrasser sa tempe, mais je ne fais que saisir le briquet qu’elle a abandonné à côté de son paquet. J’allume une de mes cigarettes, conserve son bien dans ma main, comme si le lui rendre, c’était déjà lui dire au revoir. Tu es parfaitement bien installée à ce que je vois. Si je n’ai pas su affronter la disparition de l’enfant, je sais. Je sais qui la finance, je sais qui la patronne, je me doute qu’elle couche avec lui. Je ne lui en tiens pas grief, du moins extérieurement. En vérité j’ai envie de le tuer rien que d’y songer, mais ça ne serait ni sage ni utile pour moi. Mon regard bleu sonde les marques de la vie qui a continué ici, je n’y découvre qu’un champ de ruines, parce que je ne suis pas celui qui la finance, qui la retient, qui la possède. Je ne suis plus rien, et pourtant, notre Empire n’a jamais été aussi prometteur depuis que j’ai saigné les traîtres jusqu’à porter la damnatio memoriae sur eux. Personne dans notre milieu mafieux n’ose évoquer les Park, en ma présence ou en mon absence. Mais ce soir, cette piètre victoire ne me convient pas, ne me suffit pas. Je tire sur le filtre de la clope et je m’assieds sur le bord de son lit défait, l’une de mes mains se glisse dans les draps de satin, sans que je n’y songe. M’as-tu enterré comme la jolie veuve que tu faisais mine d’être. Oh oui, je t’ai vue de loin, cela m’a surpris que tu viennes, un enterrement n’est pas un événement suffisamment mondain pour toi. Même le mien.


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