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 Faisons la d'or et d'argent, my fair Lady. [ft. Lazy Tanuki]

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Cheval de Troie
Cheval de Troie
Féminin MESSAGES : 898
INSCRIPTION : 08/02/2020
ÂGE : 26
RÉGION : PACA
CRÉDITS : Bazzart

UNIVERS FÉTICHE : Réel - Disney - Fantasy - Surnaturel - Mythologie
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

Narnia

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From Hell...

1888 la reine Victoria est sur le trône et l'Angleterre connait une période glorieuse. Notre pays est fort, notre pays est puissant, notre pays est un modèle pour les autres ! Enfin, c'est ce que tout le monde pense quand on ne fait que survoler l'Angleterre. Mais ce que l'on oublie de vous dire c'est que les rues de Londres empestent la mort, la maladie et la crise sociale. Ce sont dans les bras des prostituées que les hommes viennent oublier cette époque teintée de sang et d'effroi. Les maladies sont partout et la population suffoque mais le pire des fléaux est certainement ce Jack. Jack the Ripper est la menace numéro 1 de nos jours. Pourquoi ? Parce qu'il apparait sans prévenir et tue nos femmes des rues. Personne ne sait qui il est, personne ne l'a déjà vu, il apparait et disparait comme bon lui semble. Un homme, un monstre ? Personne ne le sait. Mais entre le trafique d'opium et les violences misogynes, Londres n'avait pas besoin qu'un monstre se promène dans les rues, échappant à la police comme s'il n'était fait que de fumée....
Je m'appelle Mary Jane Kelly, je ne suis personne, personne ne me connait et je ne connais personne et pourtant, mon nom sera bientôt sur toutes les lèvres... Jack et moi, bien que je fusse loin de m'en douter, allions faire partie de l'Histoire.



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Mary Jane Kelly


J'ai 19 ans et je vis à Whitechapel, Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une prostituée et je m'en sors plutôt bien. Sinon, grâce à mon bon vouloir, je suis célibataire et je le vis plutôt bien. De toute façon, qui pourrait aimer une catin.


Je suis née en Irlande, sans doute la plus belle terre du monde ! Ses plaines verdoyantes me manquent terriblement.... J'ai six frères qui ne se doutent pas une seule seconde du train de vie que je mène.... Je pensais que l'herbe serait plus verte ailleurs et regardez-moi maintenant ? Dans les rues de Londres à la recherche du moindre badaud qui pourra me donner une belle pièce en échange de quelques services. Dans ce pays, tout le monde me regarde comme une étrangère en plus d'une catin. Je lutte chaque jour pour ma survie bien que je n'ai pas honte de ma situation. Seulement, s'il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'est qu'un monstre prenne possession de ma vie. 1888 est une année qui restera dans les mémoires.... Surtout la mienne.... Cette année restera à jamais gravée dans mon cœur et sur mon corps.

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Amybeth McNulty - L'écureuil


"Bhein alors Mary-Jane, où est-ce qu'étais passée encore ?"

J'hausse les épaules en passant près de Katie sans lui adresser un mot. Aujourd'hui je n'ai pas envie de parler. Il y a deux jours, la police a encore trouvé le corps d'une prostituée dans les rues de Whitechapel et tout le monde s'en fiche. Même nous on s'en fiche, aucune des filles ne semblent montrer de la compassion pour cette pauvre Betty alors que nous la connaissions toutes ! Mais c'est comme ça que marche la vie ici, on n'a pas le temps de s'apitoyer sur le sort des autres. On trime toute la journée dans la poussière, à secouer le manche de poivreaux qui ne sont pas satisfaits dans les bras de leur femme. Tout ça pour quoi ? Pour vivre encore plus pauvrement que ceux qui nettoient les rues. C'est pas comme ça que j'imaginais mon avenir. Et je suppose que je ne suis pas la seule dans ce cas-là Comme le disait mon ancien mac : "T'as déjà beaucoup de chance d'être une pute avec le physique que tu te payes ! Qui voudrait d'une rousse Mary ?! Tout le monde sait que c'est contre nature." Et ouais, je suis rousse. Et une vraie de vraie, avec les tâche de rousseurs et tout le tintouin. Donc forcément, on voit tout de suite que je ne suis pas d'ici. Je suis une immigrée irlandaise venue ici pour ensorceler vos hommes et piquer votre travail..... Tsss.... Qu'est-ce qui faut pas entendre comme connerie.

"Hé Mary, je te parle !"

Insiste-t-elle. Munie de mon bac à linge sale que j'ai prévu de laver sur le bord de la route grâce à une borne d'incendie, je l'ignore toujours autant, sous le sourire amusé d'une catin plus vieille et expérimentée que nous : Suzanne.

"Laisse la, Katie, tu vois pas que Mary fait le deuil de cette pauvre Betty."

Katie hausse les épaules avec mépris, vexée que je ne lui parle pas comme si elle était le centre du monde.

"Pfff. Tout ça pour cette salope qui a eu ce qu'elle méritait. Tout le monde sait qu'avec ce malade qui se balade il faut qu'on soit sur nos gardes. Elle a voulu se la jouer jeune téméraire qui n'a peur de rien et bien il l'a pas loupé !"

Je laisse tomber mon linge sur le sol.

"Comment tu peux dire ça ! Aucune de nous ne mérite de finir comme ça ! Ce type là est un malade ! Un taré qui s'en prend qu'aux pauvres gens comme nous ! Tu crois que tu as plus de valeur pour cette ville que Betty ? Pas du tout ! T'es une vulgaire pute au même titre que nous toutes et si tu devais mourir, personne ne serait là à te pleurer espèce de sale chipie hargneuse ! Tes clients trouveraient d'autres bras pour se consoler et tu tomberais progressivement dans l'oublie ! Et ça, c'est que tu mériterais !"

Apeurée, vexée, choquée et tout ce qui va avec, Katie se lève et court se réfugier près de Suzanne.

"T'as entendu ce qu'elle m'a dit cette salope ! Non mais pour qui elle se prend !"

Et la voilà qui commence à chialer ! Y'a que la vérité qui blesse !
Je me remets à laver mon linge jusqu'à ce qu'un agent arrive.

"Oh la oh la les filles. Vous savez que c'est interdis de faire votre lessive dans la rue. C'est pas la foire ici."

Suzanne décida d'être notre porte-parole.

"Bob, tu sais très bien qu'on en a pas pour longtemps..."

Ce gros lard décida de se la jouer homme de pouvoir.

"Je le sais Suzanne mais la loi c'est la loi, sans compter que le Dauphin sera en ville aujourd'hui, tu comprendras donc qu'il n'a pas envie de voir des putes laver leur culotte souillée sur le bord de la chaussée."

Je lui lance un regard noir et il ne le rate pas.

"Toi la rouquine pas la peine de me regarder comme ça, vous êtes des putes, c'est juste la vérité."

Je me lève, prête à en découdre ! C'est pas le bon jour pour commencer à me courir sur le haricot !

"Mary !"

Me dit Suzanne pour me faire comprendre que ce serait une très mauvaise idée. Le gros Bob me rit au nez et m'attrapa par le menton.

"Tu veux te la jouer farouche ? Attend la fin de mon service, on verra si tu ne te plieras pas à ma volonté."

Me dit avec perversion. Il me donnait froid dans le dos tant il puait la stupidité, l'urine, le tabac froid et une frustration sexuelle dû à son rang au sein du commissariat et au manque de satisfaction en compagnie de sa femme.
C'est là qu'il est apparu, comme sorti de nulle part. Un homme, grand et athlétique, on ne peut pas en dire plus car il est vêtu tout de noir. Assez élégant mais rien qui puisse dire de quelle classe sociale il vient ou dans quelle profession il exerce. En tout cas il porte une cape noire et un haut de forme tout aussi noir qui cache une parti de son visage suivant l'orientation avec l'ombre qui s'écrase sur sa peau. Sa voix est agréable à entendre et vachement autoritaire même s'il ne le veut pas.

"Excusez-moi monsieur l'agent, j'ai un problème et c'est urgent."

Poli, charmant et pourtant, Bob n'a pas moufté et est tout de suite aller avec l'homme mystérieux. Pourquoi ? Parce qu'aussi étrange qu'il paraisse, il a l'air d'être un homme qui n'accepte pas qu'on lui dise non.

"C'est qui ce type ?"

C'est sorti tout seul, en fait, j'étais encore en train de le regarder alors qu'il est loin dans la rue maintenant et que lui ne m'a même pas jeté un seul regard.

"Aucune idée."

"Il a l'air mignon."

Je roule des yeux à la réflexion de Katie, cette garce pourrait se taper n'importe qui et encore plus les hommes de ses copines. Betty me manque.

"Mary, t'es folle de parler comme ça à Bob, c'est un des rares agent de police qui ne nous arrête pas."

Me dit Suzanne qui a tendance à nous materner, encore plus avec l'arrivée de Jack en ville.

"On a besoin de sa protection."

Là je sors de mes gonds et je balance un coup de pied dans ma bassine d'eau sale qui se renverse sur la route.

"Mais quelle protection Suzanne ?! Ce gros porc est un pervers qui se sert de son pouvoir pour nous baiser gratos ! Il ne nous protège de rien du tout ! Tu ne te rappelles pas ce qui est arrivée à la pauvre Luanne ? Et ça ce n'est qu'une fin heureuse ! Mary Ann, Annie, Lizzie... Elles n'ont pas eu cette chance ! Elles ont fait la rencontre d'un monstre et personne n'est venu à leur secours ! Aujourd'hui, tout le monde a oublié que des femmes qui voulaient juste s'en sortir dans la vie, sont mortes ! Elles sont mortes ! Betty est morte Suzanne et tout le monde en a rien à foutre !"

Je craque ! Je prends mes affaires et je retourne chez moi, dans mon petit taudis dans une rue malfamée qui conduis dans un cul-de-sac. C'est le triste résumé de ma vie. Même mon logement est pitoyable. J'ai passé quelques heures à pleurer la mort de mon amie, le triste sort qui attend le reste de ma vie tout ça tout ça. Ça fait du bien de broyer du noir de temps en temps mais il ne faut pas que j'en fasse une habitude, de toute façon, je n'ai pas le luxe de pouvoir me laisser déprimer toute la journée. Il faut bien que je travaille.


***


La nuit commence à tomber, je me lave à l'éponge sur le dessus de mon lavabo avant d'enfiler une robe que j'avais lavé ce matin. Je ne porte pas de dessous car c'est une perte de temps et qu'ils finissent toujours par me les déchirer alors non merci. Je range ma marchandise dans mon corset et le serre à fond jusqu'à ce que je puisse à peine respirer. Dieu n'a pas prévu de faire de moi une pute, aussi, je n'ai pas été super gâtée par la nature. Ma poitrine est bien plus petite que celle des autres mais bon, je n'en ai pas honte. Je suis comme je suis et ça ne m'empêche pas d'avoir des clients. Mais bon, bénis soient les bustiers d'exister et de réussir à mettre en valeur une poitrine comme la mienne. Je laisse ma chevelure de feu flotter au-dessus de mes épaules. Plusieurs fois on m'a conseillé de me teindre les cheveux mais je refuse de renier mon identité. Je suis une Irlandaise, que cela plaise ou non et je suis rousse ! Oui ! Et j'en suis fière ! Et ma façon de le montrer c'est de la laisser flotter au vent. Mes belles ondulations me caressent doucement la peau et je maquille mon visage comme je peux. Le maquillage coute cher et généralement, on finit toujours par récupérer celui des filles qui ont réussis à se sortir de la rue ou de celles qui.... Enfin.... J'ai....J'ai récupéré le rouge à lèvre de Betty. Cette couleur cramoisie s'accorde bien avec ma robe bordeaux et blanche. Je coupe quelques feuilles de menthe que je fais pousser sur le bord de ma fenêtre, je les triture pour libérer le parfum et je les frotte contre mon cou pour me parfumer un peu. Ça fait pas de mal de prendre un peu soin de nous...

Quand huit heures sonne, je sors de chez moi prudemment et me mêle rapidement à la foule pour rejoindre les filles à notre point de rendez-vous. Suzanne nous accueille.

"Qui fait quoi ce soir ?"

"Je pense que je vais rester dans le nord."

"D'accord alors je prends le sud."

"Moi je vais rester au centre et je tiens à ce que vous me donniez de vos nouvelles !"

"Debby et moi allons dans le quartier d'à côté."

"Attention à vous les filles, vous savez que chaque prostituée à un périmètre bien délimité, ne vous faites pas remarquer par les maquereaux."

"On sait Suzanne ne t'inquiète pas."

"Si je m'inquiète, j'en ai marre de perdre des filles."

Le silence se fit entre nous un petit instant, en mémoire de Mary Ann, Annie, Elizabeth et Betty...

"Bon, et toi Mary-Jane, où est-ce que tu vas ?"

"Je pense que je vais rester près du Réservoir."

Les filles parurent surprises, c'est le dernier endroit qu'à fait Betty avant...

"Pourquoi tu fais ça ?"

Me demanda Suzanne en me fusillant du regard. Je pris un air détaché et j'hausse les épaules.

"J'ai pas autant de clients que vous et maintenant que Betty n'est plus là..."

"Tu espères te chopper ses clients, tsss et tu parles de moi, c'est toi la vraie garce en fait ! T'es une sans cœur."

"La ferme ou je t'en colle une !"

"Oh et sauvage en plus, on vous apprend pas l'éducation en Irlande ?!"

"Les filles ! Vous ne pensez pas qu'en cette période on devrait toutes se serrer les coudes ?! Aller, tout le monde au travail et à trois heures tout le monde rentre ! Est-ce qu'on s'est bien comprises ?!"

"Oui Suzanne."

Avons toutes dit en chœur.

"Bien, prenez soin de vous les filles et que Dieu nous protège."

Je pars dans ma direction avec un ricanement méprisant. Si Dieu savait qu'on existe, on ne vivrait pas comme des parias. Dieu doit bien se moquer de l'avenir des femmes comme nous.


***


01h30 du matin. J'ai eu pas mal de clients et une petite paye assez confortable. Bon j'avoue tout, je ne me suis jamais fait autant d'argent en si peu de temps. Je ne suis pas habituée. Je pourrais même presque dire que c'était une bonne soirée. Je veux dire, mes clients n'ont pas été insupportable ou bizarre ou autre. Ça aussi, je ne suis pas habituée. Je comprends mieux pourquoi Betty faisait de ce lieu la base même de son commerce.
Mon dernier client vient de finir de se rhabiller, il m'a donné mon argent et s'en va en me disant qu'il espérait me revoir dans la semaine. Et c'est là que bob le porc imbibé d'alcool fait sa grande entrée en scène. J'allais pour me sauver rapidement mais il me rattrape par le bras et me plaque contre le mur.

"Tu vas où la rouquine, on a un petit truc à régler toi et moi."

Dit-il en commençant à embrasser mon cou tout en déboutonnant son pantalon.

"Laissez-moi tranquille ! Je n'ai pas envie !"

Il m'assène une gifle si surprenante que mon oreille droite en siffle.

"On te paye pas pour en avoir envie, t'es qu'une putain des rues sales de cette ville et il est temps que quelqu'un te remette à ta place."

Une main sur ma gorge, il tente de soulever les froufrous de ma robe.

"Arrêtez !"

"T'auras beau me supplier salope, je vais te la mettre bien profond !"

"Excusez-moi de vous déranger monsieur l'agent mais je crois que le Réservoir ne passera pas la nuit si personne ne fait rien pour calmer tous ces ivrognes qui s'entretuent."

D'accord, Bob et moi avons été tellement surpris d'entendre cette voix que ni lui ni moi n'avons dit un mot pendant quelques secondes. Deux fois dans la même journée ? Quel est le taux de probabilité ? Sans compter qu'il est vêtu de la même façon que la première fois, tout de noir, cape noire, chapeau.... Sauf qu'en pleine nuit, impossible de distinguer quoi que ce soit de son visage ou de son physique, il ressemble plus à une apparition qu'autre chose. Ce que j'ai reconnu, c'est sa voix.

"Encore vous ?! Je suis occupé là."

"C'est ce que je constate, je vais donc me rendre au commissariat pour aller y chercher des agents compétents."

"C'est bon j'arrive. Vous êtes qui vous d'abord ?!"

Bob me relâche et pendant que je reprends mon souffle sur le sol, je n'entends pas la réponse de l'homme mystère. Je le regarde mais encore une fois, il ne m'adresse pas un seul regard. Pourtant, cela fait deux fois que cet inconnu me sauve d'une situation plus que fâcheuse.... Ça ne peut pas être une coïncidence.

Bob s'éloigne rapidement en se rhabillant et moi je cours derrière l'inconnu pour le rattraper par la cape.

"Attendez ! Je...Je voulais....Je....Je..... Merci."

Grossière erreur. C'est à partir de là que ma vie va prendre un tournant radical.
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Lazy Tanuki
Lazy Tanuki
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CRÉDITS : shin'ichi sakamoto

UNIVERS FÉTICHE : le réel, l'horreur, et l'horreur du réel, psychologique à souhait ou carrément perché.
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Jack
The Ripper

J'ai de multiples années derrière moi et je vis aux alentours de Londres, douce Angleterre. London's bridge is falling down, falling down... Dans la vie, je suis fossoyeur et je m'en sors merveilleusement bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis libre et je le vis plutôt bien. My Fair Lady...

« Ce que je préfère dans la mort, c'est sa poésie. Quoi de plus apaisant qu'un corps sans agonie ? Libéré de cette souffrance qu'est la vie ? »


:copyright: ROLAND
TRIGGER WARNING : ceci est le récit d'un illustre tueur en série, il ne parle évidemment pas de petits poneys.


Londres, 1888.

London Bridge's falling down, falling down, falling down, London Bridge's falling down, my fair Lady.

Lorsque la Reine dormait dans son palais doré, son peuple se mourait. La philosophie de cette société était tout ce qu'il y avait de plus aristocrate, le pouvoir des meilleurs. Seule brillait, loin de la misère, l'élite - nobles, élus, notables et autres riches. Peut-être que l'argent achetait la grandeur, ou bien que la grandeur d'esprit amenait l'argent; c'était à se demander comme pour l'oeuf et la poule, lequel des deux était arrivé en premier. Comprenez bien cependant que vous ne deveniez jamais "meilleur", votre lieu de naissance était aussi votre tombe. Le vagin duquel vous sortiez scellait votre destin.

_________________________


Dans la demeure familiale du West End Londonien, celui que l'on appellera Jack s'était vu préservé durant sa tendre enfance des tracas de la vermine. Son père, imminent physicien, le tenait à l'abri de la souffrance et de la mort, espérant que cette vie noble et généreuse l'amènerait à une carrière tout aussi respectable. Pourtant comme Siddhartha Gautama, il finirait par découvrir le monde qui se trainait à ses pieds dans la misère et la poussière. Cela le mènerait aux bas-fonds de l'humanité où il trouvait sa place.

Jack, l'enfant, accompagna un jour son père en ville, et à la dérive des ruelles, ils passèrent Trafalgar Square pour atterrir dans l'East End. Ce fut alors un monde qui vint s'éclater contre le sien.
Whitechapel. Des hommes et des femmes, ou bien ce qu'il en restait, intimidaient les passants de leurs yeux plein d'effroi. On peinait encore à les distinguer de la crasse, des pierres et des amas d'immondices. Scènes si irréelles aux yeux du jeune garçon qu'il crut d'abord à des apparitions spectrales, à des monstres ou des démons. Puis il vit qu'ils portaient sur leurs épaules le fardeau de la vie.

Alors, ils étaient cadavres animés, cadavres dépossédés de toute dignité. Leurs visages étaient couverts d'une peine que rien n'aurait semblé pouvoir apaiser - hormis peut-être la mort elle-même. Et tous semblaient si malades qu'il ne put que s'étonner de son paternel qui ne prenait guère même la peine de ralentir.

« Pourquoi ne les soignez-vous pas, ils ont l'air si mal en point, père ?
- Ceux-là ne méritent même pas qu'on les approche, ils sont incurables. Tu apprendras que dans la vie, il y a des situations desquelles on ne sort jamais, si ce n'est par une mort lente et douloureuse. Hélas, il n'y a rien que nous puissions faire. »

Physiciens mais non philanthropes, ceux-là existaient. L'égoïsme des privilégiés. Les condamnés. Tout cela était bien vrai. Et il ne vit alors plus qu'un paysage de morts en pleine agonie, dans l'attente de leur délivrance.

_________________________


Ce jour-là, Jack retrouvait la même odeur nauséabonde qui se dégageait des bâtiments délabrés où s'entassaient des êtres vivants et meurtris, et que souvent il avait recherché - un mélange de pourriture et de sécrétions humaines. Il avait, en décidant de baigner dans cette fosse, commencé l'oeuvre de sa vie, sa raison d'être.

En grandissant, le jeune homme s'était intéressé à l'anatomie, plutôt il s'était passionné pour cela, étudiant les livres de son père et mémorisant tout jusqu'au moindre détail. Il faisait preuve d'un grand sérieux et d'un esprit très vif, capable de visualiser l'intérieur d'un corps humain de l'intestin au plus petit des vaisseaux sanguins, et embrassant sa complexité, il voyait aisément les liens entre les organes, leur mode de fonctionnement respectif, et tout un tas de causes et de symptômes possibles en cas de dysfonctionnement. Son avenir semblait prestigieux, et l'héritage familial assuré. Qu'elle ne fut pas la surprise lorsqu'il annonça qu'il refusait de se former à l'art de la médecine.

Les débats grandissants sur la santé publique ne l'intéressaient pas, et les mots de son père n'avaient jamais cessé de marteler son esprit : « Ceux-là ne méritent même pas qu'on les approche, ils sont incurables. » Alors, à quoi bon devenir médecin à la suite de cette ordure ? Sans sommation, ce dernier lui coupa les vivres. Jack n'en fut pas ému, bien au contraire, il se sentit libéré de toute chaîne et prêt à soigner les coeurs meurtris, his own way.

Il proposa ses services de fossoyeur, ce qui lui permit de développer à la fois son petit marché fructueux et lui offrait un terrain d'expérimentation serein. Les écoles d'anatomie manquaient cruellement de corps à étudier, il leur en mettait alors à disposition. Pour cela, il feignait d'enterrer les cadavres devant les familles de défunts avant de les sortir de terre pour aller les revendre à prix d'or là où il y avait de la demande. « Si vous offrez une cérémonie à vos morts, c'est qu'ils ont eu les moyens de bien vivre, la paix ils l'ont déjà connu de toute évidence. »
Pour les corps destinés à la fosse commune, ceux des pauvres et des oubliés en somme, le procédé était un peu différent. Il en faisait son affaire. « J'ai du mal à me dire que vous soyez morts pour rien, vous me servez grandement, vous savez. »

Il n'oubliait pas pour autant les encore vivants, et se prit d'ailleurs d'affection pour celles qu'il nommait : ses poupées de Whitechapel. Il tenait tout particulièrement à ces prostituées, ces pauvres femmes nageant dans le péché, qui n'avaient jamais pu de toute leur existence se vêtir autrement qu'avec des haillons, et qui donnaient leur corps et un peu de leur âme à chaque fois pour un maigre repas. Il haïssait chacun de ces hommes qui venaient alors les souiller, de leurs doigts mauvais et gras. Ces vieux pervers, ces gros frustrés, ces rustres et scélérats, tout ce que l'humanité avait engendré de plus ignoble, et qui continuait de salir, briser et écraser, juste pour le plaisir.  

Elles étaient siennes et il les sauverait, une à une s'il le fallait. Et il refusait que quiconque se mette en travers de son chemin.

_________________________


Ce soir-là, il avait à nouveau monté sa croix d'attelle et préparait ses fils, les uns après les autres. Blotti dans l'ombre, attendant l'heure du spectacle, il dut tirer au détour d'une ruelle une de ses ficelles un peu plus tôt que prévu, lorsqu'il vit le loup s'approcher de ses brebis.

« Excusez-moi monsieur l'agent, j'ai un problème et c'est urgent. »

Jack savait exactement à qui il avait à faire. Lorsque l'on exerçait son activité, on connaissait sur le bout des doigts les agents d'un quartier. Il savait aussi ô combien il refusait de voir un de ces déchets de la police poser ses mains corrompues sur une des jeunes femmes. L'homme ne put en passant s'empêcher de se dire que l'une d'entre elles avait du mordant, et la soirée s'annonçait excitante.

Ces derniers mois, il avait déjà libéré plusieurs prostituées de leur condition, mais il savait que plus les jours passaient, plus l'étau se resserrait autour de lui. « Il se pourrait néanmoins qu'il soit trop idiots pour m'attraper, c'est hilarant. Dans le fond, tout le monde sait que j'ai raison. »

Ce soir en revanche, c'était le clou du spectacle.

« Veuillez me pardonner mesdames, mais il me faut faire un choix. »

Il avait choisi presque à chaque fois les plus jeunes, se disant que beaucoup trop de galère les attendait encore. La maladie, la pauvreté, certaines plus âgées avaient déjà fait une bonne partie du chemin et il ne leur restait certainement plus longtemps avant de sombrer d'elles-mêmes.

_________________________


« Je crois que nous avons la même cible mon cher "Bob", hélas pour vous celle-ci est mienne, pensa-t-il, si j'avais quelque chose à faire de votre condition, ne serait-ce qu'un peu d'empathie envers vous, je vous tuerais pauvre ignare mais vous ne valez pas cette peine. »

Jack intervint finalement, s'approchant d'un pas de velours, et dissimulé sous son costume noir : « Excusez-moi de vous déranger monsieur l'agent mais je crois que le Réservoir ne passera pas la nuit si personne ne fait rien pour calmer tous ces ivrognes qui s'entretuent. ». Pour la deuxième fois aujourd'hui, il avait dû vérifier ces fils et cela commençait à l'agacer.

Pour son final, Jack avait vu les choses en grand. Cette libération allait être la plus somptueuse de toutes ! Il ne pouvait laisser grande place à un figurant indésirable. Il ne se retourna qu'une fois certain que la jeune femme était en sécurité. Ce fut alors qu'une main de souillon se posa sur sa cape pour le... remercier. Bien, il semblait que la marionnette venait de pénétrer dans le théâtre de sa mort, un peu plus tôt que prévu même.  

C'est l'heure de l'ensecret.

« Je vous en prie », déclara-t-il en tournant juste assez la tête pour laisser apparaître un de ses sourires élégants. « Je ne pouvais laisser un fier goret vous importuner de la sorte, my lady. L'idée qu'un seul de ses doigts parcourt votre chair, déjà si meurtrie, me répugne au plus haut point. »

Laissez-moi donc vous nettoyer de toutes ces impuretés, vous libérer de ce boulet à vos chevilles.

Jack se tenait par rapport à l'éclairage de la rue d'une certaine façon qu'on ne pouvait pas distinguer tout à fait son visage - dissimulé qu'il était en plus par ses longs cheveux et son chapeau. Dans le fond, il n'avait jamais voulu être quelqu'un de distinct, la lumière ne l'intéressait pas non plus. Il était mieux dans l'ombre, marionnettiste macabre.

Dansent, dansent entre ses mains, les poupées décharnées.

Il n’avait plus qu'à la relier convenablement à lui afin qu'il puisse la mener dans ce cocon douillet qu'il lui réservait pour ce soir, la mort dans tout ce qu'elle avait de plus somptueux. Il pouvait déjà lui assurer : « Vous êtes d'une telle beauté, qu'il est triste de vous voir faner entre ces murs à l'heure où le soleil ne brille plus. Vous aurez, un jour, la paix et la reconnaissance que vous méritez. »

Ce soir, my fair lady.

Et si les choses sont bien faites, elle dansera... en toute harmonie.


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J'ai 19 ans et je vis à Whitechapel, Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une prostituée et je m'en sors plutôt bien. Sinon, grâce à mon bon vouloir, je suis célibataire et je le vis plutôt bien. De toute façon, qui pourrait aimer une catin.


Je suis née en Irlande, sans doute la plus belle terre du monde ! Ses plaines verdoyantes me manquent terriblement.... J'ai six frères qui ne se doutent pas une seule seconde du train de vie que je mène.... Je pensais que l'herbe serait plus verte ailleurs et regardez-moi maintenant ? Dans les rues de Londres à la recherche du moindre badaud qui pourra me donner une belle pièce en échange de quelques services. Dans ce pays, tout le monde me regarde comme une étrangère en plus d'une catin. Je lutte chaque jour pour ma survie bien que je n'ai pas honte de ma situation. Seulement, s'il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'est qu'un monstre prenne possession de ma vie. 1888 est une année qui restera dans les mémoires.... Surtout la mienne.... Cette année restera à jamais gravée dans mon cœur et sur mon corps.

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Amybeth McNulty - L'écureuil


Le jeune homme se détourna vers moi et un frisson glacé me parcouru tout le corps. Comme si mon intuition me hurlait de m'enfuir le plus loin possible de ce type. Mais c'est ridicule, pourquoi je devrais fuir un homme qui m'a aidé par deux fois ? Pourtant, cette manie d'être toujours dans l'ombre.... Je n'ai pas vu son visage une seule fois depuis.... Mais sa voix.... Sa voix est élégante, douce, viril mais pas trop, sûr de lui.... Oui, ça c'est indéniable, il est extrêmement sûr de lui. Qualité remarquable pour un homme de nos jours.
Son sourire élégant me laisse perplexe quelques secondes. La bouche légèrement entrouverte, les joues rosées et le teint pâle sous les rayons de la lune, je dois surement ressembler à une apparition fantomatique avec ma chevelure flamboyante. Je reprends vite mes esprits avant de froncer les sourcils et d'un geste de la main je balaye toutes ces simagrées.

"Gardez votre baratin de gentleman pour les jeunes ingénues qui partagent votre sphère sociale. En ce qui me concerne, je ne suis pas idiote, vous n'avez pas besoin de faire tant d'histoire si vous voulez obtenir quelque chose de moi... Il vous suffira simplement d'y mettre le prix, c'est tout."

Je penche la tête sur le côté en soutenant son regard. Je ne sais pas d'où me vient ce courage car de ma position, ses yeux ne sont que deux petites billes qui brillent dans le noir... Vraiment flippant, pourtant, à aucun moment je n'ai sourcillé. Quant à son discours, j'ai passé l'âge de croire les beaux parleurs. Pfff. On est peut-être des souillons mais on connait les hommes plus que leur propre femme. Menteur, tricheur, profiteur.... Ils sont pleins de vice et de perversion, de domination et de profanation.... Soupire. Inutile que je commence à ruminer et déprimer, la soirée n'est pas finie. J'ai encore une bonne heure et demie à tirer avant de rentrer. Je ne voudrai pas tomber nez à nez avec le fameux Jack qui traine dans les rues. Le nouveau Croque Mitaine....

Je ricane avec mépris tout en roulant des yeux à ses paroles.

"Quelle beauté ?! Où est-ce que vous voyez de la beauté ? Ma robe est tachée de mon sang et probablement du sang de personne que je ne connais même pas. Je lave mes vêtements dans le caniveau, je mange ce qu'on m'offre et ma vie se résume à mes organes génitaux qui sont les seuls moyens que j'ai de ne pas finir morte desséchée quelque part.... ne me parlez pas de beauté ou du salut de mon âme ou d'une pseudo paix à venir quand vous vous baladez en cape et en haut de forme. Ne faites pas semblant de comprendre ce qui vivent les gens d'ici, ce que je vis moi..."

Cette fois, c'est moi qui lui lance un regard plein d'assurance, de révolte et d'insoumission. Un jour, je me ferais entendre, je changerais les choses ! Vous verrez ! Enfin, c'est ce que je pense quand mes vagues de courages m'envahissent, puis très vite la réalité me rappelle et je me souviens que moi, Mary-Jane Kelly, ne suis personne et que je suis bien loin de pouvoir changer quoi que ce soit.

"Hey salut Mary, t'es occupée ?!"

Quand je vous disais que je finissais vite par sortir de mes rêveries pour être ramenée à la réalité. C'est un client qui me réclame et que faire d'autre si ce n'est me plier à ses volontés pour avoir la chance de pouvoir m'offrir quelques fruits et légumes demain ? Je soupire comme pour confirmer ce que je disais précédemment : Où est-ce qu'il y a de la beauté ?

"Non.... J'arrive."

Toujours en regardant l'inconnu, puis je finis par me détourner de lui pour marcher derrière ce qui sera sans doute mon avant-dernier client. Au moment où je rentre dans le Réservoir, je jette un dernier coup d'œil vers l'étrange inconnu et je fus surprise de constater qu'il était toujours là à m'observer. Mon cœur en rata un battement et une nouvelle fois un frisson me parcouru le corps. Mon corps tout en entier me pousse à le fuir le plus loin possible et pourtant ma raison a envie d'en savoir un peu plus sur cet homme qui pense qu'une catin rouquine des rues, comme moi, peut avoir de la beauté.

***

Mon dernier client avait été un bon coup. Dire que je n'ai fait ça que pour le boulot serait mentir, il a su être à l'écoute de mes besoins, des siens, mais tout dans la volupté, la sensualité. Seigneur, comment aurais-je pu me retenir d'hurler au moment où sa virilité le planta au plus profond de moi pour se décharger de toute la pression accumulée. Ses baisers sur mon corps brulant et moite, ses remerciements, ses soupirs. Ses bras forts autour de moi qui pendant quelques minutes me font croire que jamais ils ne partiront... Wouah. Ça avait été fantastique, rouler sur le lit, jouer avec lui jusqu'à la dernière seconde avant qu'il ne se rhabille et me dise.

"Mary, petite coquine, c'est que tu en redemandes ?"

Je souris malicieusement en cachant mon corps nu et souillé par les draps du lit miteux de ce pub miteux.

"Peut-être, je n'ai peut-être pas envie que ça se finisse tout de suite."

Il me sourit non sans une pointe de fierté puis me caresse la joue avant de me baiser le front.

"Pas ce soir ma belle, ma femme rentre tôt demain de son voyage chez ses parents. Je dois être dans mon lit où elle risque de se poser des questions. On se reverra surement dans la semaine, d'ici là, ne soit pas trop impatiente."

Il me pose ce qu'il me doit sur la table de nuit et me laisse là. Soupire. Et oui Mary, qu'est-ce que tu croyais. Pitoyablement, je finis par me rhabiller, ravaler ma fierté, mon amour-propre puis par récupérer mon argent, le mettre dans ma bourse et sortir du Réservoir en donnant une pièce au patron pour m'avoir laissé occuper la chambre.

***

Ah en croire la course de la lune, il doit être un peu plus de trois heures. Les autres filles doivent déjà être rentrées depuis longtemps et c'est vrai qu'il n'y a plus grand monde dans les rues. En fait, il n'y a plus personne mis à part quelques sans abris qui dorment à point fermés tant qu'ils le peuvent encore. Quelques ivrognes titubent en parlant seuls et fort mais ils ne sont pas nombreux. Ce soir est une soirée bien calme, pas un bruit, pas un chat dans les rues. La lune est ma seule compagne et mon seul repère dans ce noir total. Le bruit de mes chaussures est la seule chose qui rompt le silence autour de moi et j'avoue ne pas me sentir rassurée. Je ne suis qu'à dix minutes à pied de chez moi et pourtant j'ai l'impression que c'est à plusieurs heures de marche ! Je sens mon cœur tambouriner contre ma poitrine et je respire calmement pour tenter de le calmer.

Je me répète de ne pas avoir peur, ce n'est pas la première fois que je rentre aussi tard et par moment je rentre même seule et complètement bourrée, je ne vois pas pourquoi ce soir devrait être différent. Je ne sais pas, je ne saurais pas l'expliquer, mais aujourd'hui aura été une journée étrange et éprouvante. Parler de Betty et des autres.... ça m'a fait quelque chose.... Puis Bob.... Je sais qu'il ne s'arrêtera pas là... Tant qu'il ne m'aura pas eu, il ne me lâchera pas, je le sais, ce connard sera prêt à tous les stratagèmes possible et inimaginable pour fourrer sa vieille pine entre mes cuisses ! Grrrr qu'il crève dans ses déjections !

Je finis par arriver devant la porte de chez moi et je suis tout de suite plus rassurée, bien que ma maison soit aussi solide que celle des trois petits cochons, on se sent toujours plus en sécurité chez soi. Je referme vivement la porte derrière moi et commence à retirer ma cape. Je soupire sans me douter que ma nuit était loin d'être terminée.
Bouton par bouton, je dégrafe le corset de ma robe pour libérer un peu de ma poitrine compressée mais c'est là que j'entends du bruit à l'extérieur. Je relâche tout et je tends l'oreille comme un chat. Je ne sais pas ce qui me rend si paranoïaque ce soir, je pense que ça doit être ma rencontre avec l'homme mystère. Il me hante plus que je ne le voudrais ou que je ne le croyais, mais depuis que je l'ai rencontré, je m'attends à le voir surgir n'importe où et n'importe quand et cette idée me gêne autant qu'elle me fascine. Sentiment totalement contradictoire mais que voulez-vous, parfois, l'esprit humain est inexplicable.

"Tu vas arrêter oui, espèce de trouillarde, tu es chez toi maintenant et plus rien ne peut t'arriver."

Me rassurai-je à voix haute quand tout à coup : Toc. Toc. Toc.

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Lazy Tanuki
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Jack
The Ripper

J'ai de multiples années derrière moi et je vis aux alentours de Londres, douce Angleterre. London's bridge is falling down, falling down...Dans la vie, je suis fossoyeur et je m'en sors merveilleusement bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis libre et je le vis plutôt bien. My Fair Lady...

« Ce que je préfère dans la mort, c'est sa poésie. Quoi de plus apaisant qu'un corps sans agonie ? Libéré de cette souffrance qu'est la vie ? »


:copyright: ROLAND
TRIGGER WARNING : ceci est le récit d'un illustre tueur en série, il ne parle évidemment pas de petits poneys.


Lorsque l’on passait son temps au milieu des cadavres, nos visions de la vie et de la mort évoluaient et changeaient de couleurs comme pour s’épouser. On s’habituait à ces images et alors la mort n’était plus un évènement tragique de fin de vie, mais une donnée immuable de celle-ci. Une chose que l’on constatait à tous niveaux, et qu’il ne nous restait qu’à célébrer.

« Pourquoi craindre la mort lorsqu’on peut… danser avec ? »

Cela était encore plus tangible si l’on se mettait à donner soi-même la mort (ou selon le point de vue, à ôter la vie), à la manière de la faucheuse ou autre cavalier noir. Il y avait, il était vrai, un sentiment de toute puissance qui en naissait, quelque chose de presque… divin. Jack n’avait pas juste appris à vivre avec la mort, non, il s’était placé au-dessus de celle-ci.

Puisque la justice dans ce monde ne pouvait exister, qu’elle était tout du moins corrompue et réservée à ceux qui sauraient se la payer. Puisque les nobles, et tous ces autres « respectables », n’avaient de nobles que leurs noms et leurs grandes manières, tandis qu’ils laissaient pourrir dans des caniveaux ceux qui n’avaient guère eu les mêmes chances. Puisque la nature elle-même confectionnait virus, bactéries, champignons et autres immondices pour contribuer à la souffrance des hommes, et les détruire à petit feu. Puisque la torture était un spectacle populaire. En quoi pouvait-il lui, Jack, être plus mauvais qu’un autre ?

A ses yeux, super-héros avant l’heure, il avait alors pris la décision la plus juste qui soit : faire sa propre justice.
Et cette dernière passait par la mort.

Comment en était-il arrivé à cette conclusion ?

C’était un long chemin de réflexion, non dénué de raison - une raison immonde et tordue, mais qui était la sienne.

Dans son esprit, s’étaient superposées durant des années les images des rues de Whitechapel emplies de vivants en proie à d’incroyables tourments, et celles des cadavres qu’il enterrait et déterrait sans que jamais un seul pli de douleur ne se dessine sur leur visage.

Elles s’étaient aussi ajoutées, les visions de sa mère alitée qui malgré tous les soins ne trouvait jamais de position confortable, ni le repos. Et elle crachait du sang dans ses mouchoirs de soie qu’il voyait défiler, s’étouffait dans ses sanglots quelque fois, hurlait de douleur dans la nuit à vous glacer de peur, tandis que rien ne semblait pouvoir la sauver.
Mais un matin, en s’approchant du chevet, le petit Jack y trouva une autre mère : elle avait le visage détendu, les traits apaisés, le corps immobile. Elle était enfin libérée, et plus belle que jamais.

Par la suite, il avait fait ses propres expériences, comme lors de cette fois où il avait trouvé un oiseau dans son jardin. Ce dernier ne pouvait plus voler, et il piaillait, piaillait à n’en plus finir, se débattait misérablement, se trainait dans la terre et les cailloux. Le petit garçon qu’il était avait alors décidé de lâcher une pierre sur le crâne de l’animal, et le volatile s’était immédiatement tu, il ne bougeait plus. Il semblait… ne plus souffrir non plus ? Comme mère. Calme, apaisé. Ce jour-là, le petit homme de cinq ans conclu que la mort était bonne, qu’elle était noble, et qu’il avait aussi entre les mains ce pouvoir.

Ses convictions avaient au fil des ans pris des dimensions de plus en plus importantes : les physiciens, comme son père, prenaient du plaisir à tout faire pour garder les gens en vie afin de les regarder souffrir. Ceux qui souffraient ne savaient comment s’en libérer puisqu’on leur faisait croire depuis le début - terrible sort - que la mort était ignoble, la vie bien mieux et qu’au final, ils se trouvaient coincés entre les deux. Puis si on occultait autant la mort, c’était surtout qu’on avait bien constaté son pouvoir suprême mais que le peuple assujetti ne devait le découvrir sinon quoi le monde tournerait à l’envers, ...

Et aussi, Jack se disait qu’il était bien au-delà de cela, qu'il avait été choisi, lui, pour montrer au monde toute la beauté de cette dite-mort. Il l’avait lu dans un livre, lui, fier descendant de Thanatos.

Cette seule pensée posait sur le visage de l'homme un sourire exquis.


_________________________



Le fossoyeur avait eu fut un temps plus de grâce et d'élégance qu'il n'en avait aujourd'hui. Il n'était pas devenu tout à fait dépravé pour autant mais sa vie passée aux alentours de la misère lui avait donné un aspect plutôt shabby-genteel - essayant de maintenir une certaine dignité tout en apparaissant bien plus minable qu'il ne l'avait été. Il n'y avait néanmoins pas à douter sur le fait que dans le quartier de Whitechapel, il dénotait tout de même.

Aussi, il ne put s’empêcher de sourire lorsque Mary se trompa misérablement sur sa personne. Un gentleman de la haute société ? Que diable viendrait faire ce genre d’individu ici ? Il préférait de loin s’en éloigner. Non, il était tout autre chose que cela, mais il ne pouvait encore tout lui expliquer.

« Mary, Mary, Mary… », se contenta-t-il de répondre pour balayer ses propos.

Sur son visage était toujours dessiné un sourire carnassier. L’audace avec laquelle la jeune femme lui répondait lui faisait un drôle d’effet dans la zone savamment dissimulée par sa cape.
Elle était plus digne de la mort qu’il n’aurait su en espérer.

« Ne vous méprenez pas, je n’ai nul intérêt à user de vous tel un vulgaire article lubrique. Quant à votre beauté, elle est bien supérieure à la vie que vous menez et aux vêtements que vous portez, Mary. Je vous souhaite que les gens vous remarque pour ce que vous êtes réellement, au-delà de ceux qu’ils veulent que vous soyez, en-dessous de ce portrait terni par la vie… à coeur ouvert. (Nul ne put distinguer la lueur dans ses yeux à cet instant) Si j’ai su le voir, tout le monde le verra bien assez tôt. »

Il marqua une brève pause avant de continuer sa tirade, toujours enveloppé d’un calme sordide.

« Dire que je ne vous comprends pas, hm je trouve cette conclusion un peu hâtive. Mais je comprends votre réaction, ne vous en faites pas. »

En réalité, qui pourrait mieux vous comprendre que moi ?
Le fait était que lorsque Jack « comprenait » une chose, c’était qu’il avait réussi à la placer dans sa logique macabre. C’était cette dernière qui effaçait toute sérénité que l’on aurait pu éprouver à son approche. Il était parfaitement angoissant, plus encore car on le décryptait pas. Tout comme la mort.

Néanmoins, à peine avaient-ils eu le temps d’échanger quelques mots que le travail la rappelait à l’ordre et ainsi, leurs ombres s’étaient séparées. Ce n’était pas plus mal, l’homme avait fait demi-tour, disparaissant à la vue de la jeune femme au coin d’une ruelle. Tout avait été si intense jusque-là qu’il devait désormais utiliser l’entracte pour reprendre quelques forces.


_________________________



Quelques heures s’étaient écoulées, ce qu’il avait fait durant ce temps était un mystère mais une chose était sûre, c’était que Jack se tenait dans l’ombre lorsque Mary sortit du Réservoir. Il ne pouvait se permettre de louper un seul de ses pas désormais. Il allait comme une allégorie de la mort, longeant les murs de pierre d’un pas de velours, il se dissimulait dans l’ombre et dans les coins de rues, il surgirait au moment venu.

Douce marionnette, emmène-moi dans ton castelet.

Il l’observa entrer dans ce taudis qu’elle devait appeler maison, les yeux emplis d’un… on ne savait quoi. Il y avait dans l’intention de l’homme quelque chose de délicat peut-être, mais c’était surtout le vide de son coeur qui transparaissait. Jamais il n’aurait avoué que son coeur était tout à fait vide d’ailleurs, qu’il n’avait jamais connu aucun sentiment dans sa poitrine et n’agissait que par la raison - terrible ironie -, la logique dénuée de tout affect. Lorsqu’une chose semblait le toucher c’était juste qu’elle ne répondait pas aux lois du Chaos qu’il avait bâti.
ll faisait semblant de se mouvoir au rythme des sensations et de s’émouvoir, mais en réalité, il était aussi sensible qu’une encyclopédie pouvait l’être. Il avait fini par se dire qu’il en était ainsi car en temps que représentant de la mort, des sentiments humains auraient entravé son devoir.

Voilà en passant à quoi pouvait ressembler sa terrible raison.

Lorsqu’il estima qu’elle avait eu le temps de prendre ses aises, il pu reprendre sa position de marionnettiste macabre avec assurance. Il avait une très claire image de la suite du spectacle. Il toqua alors à la porte, enfilant par la même occasion le masque qu’il avait porté toute la soirée durant, et avant chacune de ses libérations - celui d’un homme bienveillant, de ce fameux gentleman. Ce n’était pas tout à fait ce que l’on pouvait qualifier de mensonge non plus, il se pensait avec sincérité bien et veillant.
Il avait même apporté un bouquet de coquelicots.

À peine la porte fut elle entrouverte qu’il s’affaira à la rassurer en lui expliquant la raison de sa venue de la plus claire des manières possibles.

« Je m’excuse de vous déranger à cette heure mais je voulais m’assurer que vous étiez rentrée en toute sécurité. Il ne fait hélas pas bon être une femme seule à ces heures tardives. Vivre ici ne doit pas être de tout repos, vous devez sans cesse être vigilante » répliqua-t-il sur un ton qui se voulait prévenant.

« J’ai bien remarqué cet agent que vous aviez sur le dos… Il n’est pas décidé à vous laisser en paix, je crains bien l’avoir vu rôder par ici. Aussi, je me disais, accepteriez-vous ma présence pour la nuit ? Je pourrais veiller à votre sécurité pendant que vous dormiriez paisiblement, pour une fois. Vous devez être épuisée, je me trompe ? »

Jack avait certes passé une bonne partie de la soirée à attacher ses fils à Mary, de la plus douce des manières, mais qu’elle lui permette d’entrer chez lui demandait encore une certaine habilité. Il en avait fait sa spécialité. En l’observant.
Les femmes de son genre considéraient très mal les hommes, pour tout un tas de raisons. Elles étaient chaque jour réduites à un objet par ces derniers, réduites à l’esclavage de leur corps, et tout à fait dépendantes de cela, dépendantes d’eux pour survivre dans cet enfer - qu’ils avaient par ailleurs bâti.

Comment serait-il ainsi possible de faire gagner à Mary assez de confiance envers lui ?

Cela paraissait dans les faits difficilement réalisables, surtout au vu de la fougue dont elle avait fait preuve jusque-là. Il avait eu beau mettre de nombreuses choses en oeuvre, sa représentation n’aurait pu se poursuivre s’il n’avait pas songé que la meilleure façon de faire avancer un âne, restait tout de même de lui tendre une carotte.

« J’ai, sur moi, tout l’argent qu’il vous faudra » ajouta-t-il alors pour monnayer la nuit, songeant qu’avec une prostituée cela demeurait une voie d’excellence. Puisque c’était ce qu’elle attendait de la vie, il lui donnerait. Puis il lui donnerait plus encore, une scène où elle n’aurait plus besoin d’argent pour survivre.

Il aurait pu lui vendre de l’amour aussi, une fois dans sa vie, mais ça se négociait très mal ce genre de choses, tous deux étaient très bien placés pour le savoir.





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Mary Jane Kelly


J'ai 19 ans et je vis à Whitechapel, Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis une prostituée et je m'en sors plutôt bien. Sinon, grâce à mon bon vouloir, je suis célibataire et je le vis plutôt bien. De toute façon, qui pourrait aimer une catin.


Je suis née en Irlande, sans doute la plus belle terre du monde ! Ses plaines verdoyantes me manquent terriblement.... J'ai six frères qui ne se doutent pas une seule seconde du train de vie que je mène.... Je pensais que l'herbe serait plus verte ailleurs et regardez-moi maintenant ? Dans les rues de Londres à la recherche du moindre badaud qui pourra me donner une belle pièce en échange de quelques services. Dans ce pays, tout le monde me regarde comme une étrangère en plus d'une catin. Je lutte chaque jour pour ma survie bien que je n'ai pas honte de ma situation. Seulement, s'il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'est qu'un monstre prenne possession de ma vie. 1888 est une année qui restera dans les mémoires.... Surtout la mienne.... Cette année restera à jamais gravée dans mon cœur et sur mon corps.

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Amybeth McNulty - L'écureuil


La façon qu'il a eu de prononcer mon nom..... Ça m'a fait frissonner toute la colonne vertébrale ! Jamais je n'avais ressenti ça auparavant. C'est comme si sa voix avait résonné dans ma tête comme celle d'un clown fantomatique ou d'un monstre sorti de nulle part. Plus mes pupilles émeraude se posent sur lui et plus il dégage une aura de chasseur. Je suis clairement en face d'un chasseur qui sait très exactement ce qu'il fait. Et moi, pauvre petite idiote, je suis sa proie depuis un moment et je ne m'en suis même pas rendue compte. Trop aveuglé par la douceur de ses traits, sa façon élégante bien qu'étrange de parler. Il m'hypnotise par sa personne et c'est très exactement ce qu'il veut. Il veut m'envouter pour que je sois plus docile au moment de faire sonner mon heure. Seigneur, suis-je si faible que ça ? Une proie toute choisie et pour qui le destin est scellé ?

Pauvre petite idiote qui se laisse endormir par de belles paroles. Mais en même temps, quand est-ce que l'on m'a dit que je méritais mieux que cette simple vie de putain ? C'est quand qu'on s'est adressé à moi de la sorte pour la dernière fois ? Est-ce que pour quelqu'un, j'ai déjà eu de la valeur ? Quand je vois que ma propre famille a toujours dit de moi que je n'étais qu'une bouche en plus à nourrir. Ma famille comptait sur moi pour trouver du travail ou au mieux faire un bon mariage..... Mes frères n'hésiteraient pas une seule seconde à me tuer s'ils savaient ce que je fais dans les bas fond de Londres.... Ma vie n'est qu'un tas de merde et de pauvreté dans lequel je patauge depuis mon enfance. Et même si les paroles de l'inconnu me font croire, l'espace d'un instant, qu'il a raison et que je vaux mieux que ça, ce ne sont que des foutaises d'un inconnu à une prostituée. Qu'est-ce que ça va changer ? Est-ce que parce qu'il croit en une vie meilleure pour moi, elle va arriver dès demain ? Est-ce qu'il croit que je vais avoir une remise en question et me mettre à être institutrice ? Il ne faut pas rêver, Whitechapel ne me laissera jamais partir.

Je regarde autour de nous toutes les pauvres âmes de ce quartier et je me dis que tous autant que nous sommes, nous sommes prisonniers de ce quartier, de son aura maléfique, de tous les maux que ses rues cachent et on ne pourra jamais rien y faire. Quand on voit que même les enfants ont peur de traverser ses rues, c'est bien que le mal règne en ces lieux. Whitechapel est le terminus des rêves et des espoirs brisés, j'en sais quelque chose. Et c'est exactement au moment où je me dis ça qu'un client me réclame et m'oblige à laisser le mystérieux inconnu derrière moi. Je vais donc faire mon travail non sans prendre la peine de me retourner jusqu'à ce que l'inconnu disparaisse dans l'ombre. Je ne sais pas ce qui m'intrigue autant chez lui, je pense que c'est le fait de ne pas savoir qui me pousse encore plus à essayer de percer son mur aussi ténébreux que mystérieux.

***

Passé trois heures du matin, je finis par quitter le Réservoir pour retourner chez moi. La nuit a été plutôt agréable et je suis contente d'être tombée sur ce dernier client qui aura su me faire du bien au cœur et au corps. Une fois n'est pas coutume, ça fait du bien de ne pas se sentir comme une vulgaire catin, mais qu'on une femme que l'on désire, que l'on affectionne et que pourquoi pas, on pourrait même aimer ?

"Seigneur Mary tu es ridicule. Ce sont des histoires pour les mioches. Quel homme digne de ce nom voudrait d'une putain ?! Sans compter que les seuls qui en voudront soit son des misérables qui me mèneront la vie dure, soit ce sont des pauvres gens dont personne ne veut. Je préfère encore rester seule."

Oui, je me le suis toujours dit. Et je me suis toujours interdit toute relation amoureuse, ce n'est pas fait pour les gens comme nous. Je ne mérite pas de connaitre ce qu'est l'amour quand j'offre mon corps et tout son savoir pour quelques pièces d'argent.

Une fois chez moi, je me sens tout de suite plus rassurée, je ressens moins l'ambiance pesante et morbide qui règne dans les rues en ce moment. Depuis que Jack l'Éventreur est arrivé à Londres, plus aucune prostituée ne se sent en sécurité la nuit. Dire que personne ne s'intéressait à nous, voilà qu'il faut qu'un dégénéré se mette à nous traquer mes amies et moi. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il nous veut à nous qui essayons simplement de s'en sortir dans cet enfer qu'est la vie ? Est-ce qu'il fait ça pour l'argent ? Ça m'étonnerait, sinon ce ne sont pas à des prostituées qu'il s'en prendrait. Le sexe alors ? Quand on voit dans quel état il les laisse, ce n'est clairement pas pour assouvir ses pulsions sexuelles.... Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il attend de nous ? Qu'est-ce qu'il veut ? Je serais prête à l'affronter directement si ça pouvait mettre un terme à tous ces massacres ! Et c'est exactement au moment où je me dis ça qu'on tape à ma porte. Je me fige. Moi qui étais en train de déboutonner le corset de ma robe, je me stoppe net pour écouter à travers la porte. Je n'ai rien entendu, c'est ce qui me pousse à entrouvrir la porte, juste assez pour y laisser passer un œil et afficher un air surpris en voyant l'inconnu de tout à l'heure être planté sur le pas de ma porte.

À peine avais-je un peu plus ouvert la porte qu'il commence à me raconter la raison de sa venue. J'arque un sourcil en l'écoutant. Mon instinct me dit que tout ceci sonne bizarre. Pourquoi s'intéresse-t-il vraiment à mon bien être ?! Qu'est-ce que ça va lui apporter que je sois bien rentrée ou que je sois morte dans le caniveau.

"Alors vous m'avez suivi ?"

C'est une question rhétorique, je vois bien qu'il m'a suivi. Ce que je veux vraiment savoir, c'est quel genre d'homme se permet de suivre une prostituée juste pour savoir si elle va bien ?! Quand il évoque Bob, mon sang ne fait qu'un tour et je sors la tête dans la rue pour regarder à droite et à gauche histoire d'en avoir le cœur net de mes propres yeux.

"Vraiment ? Vous l'avez vu par ici et vous vous êtes dit que la pauvre petite catin ne saurait pas se défendre sans un preux chevalier servant comme vous ?!"

Mon ton n'est pas plus affolé que ça pour un sou, j'ai l'habitude de me farcir les extravagances de Bob et ce n'est pas un inconnu qui va pouvoir m'aider à m'en débarrasser. Enfoiré de Bob. J'espère qu'il n'est pas en train de m'espionner pour venir ensuite fracasser la porte de chez moi il ne me manquerait plus que ça ! L'homme me demande s'il peut passer la nuit chez moi... Je dois être en train de rêver. Mes sourcils se froncent instinctivement, je ne lui fais pas confiance. Pourquoi devrais-je le laisser entrer chez moi ? Mais d'un autre côté, si Bob voit un homme chez moi, il n'osera pas venir m'emmerder. Mais cette solution ne sera valable que pour ce soir et ensuite ? Il faut que dès demain je règle cette histoire, quitte à me donner à ce gros porc, alors soit, tout ce qu'il veut tant qu'il me laisse tranquille. L'homme ajoute qu'il a de l'argent, bhein oui, quand on parle à une catin tout est question d'argent, c'est bien connu. Je soupire en me résignant.

"Soit.... Entrez."

Je referme doucement la porte derrière lui sans le lâcher du regard. Je n'ai que deux pièces, ma chambre qui sert aussi de salon et ma cuisine qui sert également de salle de bain. Ici, il n'aura aucun moyen de se cacher à moi. Cette idée me réjouit un peu, lui qui toute la journée avait fait de son mieux pour rester mystérieusement dans l'ombre, ici, sous la lueur de mes bougies, il ne pourra pas se soustraire à la vérité et je vais bien finir par voir son visage. Cette idée est véritablement en train de m'excitée plus que je ne le pensais.
Sous ma robe souillée, ma poitrine monte et descend au rythme des battements de mon cœur. Je le regarde examiner ma misérable bicoque avant de lui tendre la main. Il n'est pas le seul à tenter de piéger l'autre.

"Donnez-moi votre manteau et votre chapeau, je vais les pendre avant qu'ils ne se salissent ici."

Ça sera un bon début, je pourrais déjà me faire une idée de son visage et du profil de son corps. Un petit sourire sincère se dessine sur mes lèvres, je suis presque amusée de jouer au chat et à la souris avec cet inconnu.

"Souhaitez-vous boire ou manger ? Je suis désolée, je n'ai que du pain presque rassit un peu de fromage. Quant à la boisson j'ai de l'eau pour un reste de bouteille de vin tiède ? Où va votre préférence ?"

J'ai un peu honte de n'avoir que cela à lui proposer, mais en même temps, je suis prise au dépourvu, je n'avais pas prévu d'avoir de la visite et j'ai déjà mangé au Réservoir grâce à un client. Je sors malgré tout le vin, me disant que ça va nous détendre un peu. L'atmosphère est clairement palpable entre nous.

"Dites-moi la vérité, pourquoi est-ce que vous me suivez partout ?"

Je rougis malgré moi, mais tente de garder un air farouche.

"Je veux dire.... Depuis ce matin, nos chemins ne cessent de se croiser et... je ne crois pas aux coïncidences. Alors j'en déduis que vous me suivez. Pourquoi ?"

Et voilà, on va entrer dans le vif du sujet. Mes pupilles, telles les vertes prairies d'Irlande au printemps, se plantent dans les siennes pour essayer de déceler la moindre trace de mensonge. Ce que j'y vois est bien plus effrayant. Au fond de ses yeux brillent une lueur de folie, de fanatisme, d'intelligence et de fascination. Inconsciemment, je recule d'un pas.... Tout mon corps brule de m'approcher de lui, comme Icare face au soleil, la curiosité, l'envie... ces raisons qui peuvent me conduire à ma perte.... alors que mon esprit me hurle de le jeter dehors, de hurler à la mort pour alerter quelqu'un ! Et une toute petite partie de moi, une toute petite cachée au fond de moi, voudrait sentir ses mains sur mes joues, ses lèvres sur les miennes, ses mains sur mon corps.... Il doit être différent de tous ceux que j'ai connu, j'en suis sûre ! Oui j'en suis sûre et certaine, il doit avoir un gout unique, il doit être fabuleux... Un amant hors pair !

Je rougis comme une tomate à cette pensée aussi lubrique qu'inconvenante. Qu'est-ce qui me prend de penser à ce genre de chose, je suis toujours troublée en sa présence et ça m'énerve autant que ça m'intrigue. Pourquoi ? Pourquoi me met-il dans tous mes états ?!
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