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 The war in Europe is over... but not in my head

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Cheval de Troie
Cheval de Troie
Féminin MESSAGES : 800
INSCRIPTION : 08/02/2020
ÂGE : 25
RÉGION : PACA
CRÉDITS : Bazzart

UNIVERS FÉTICHE : Réel - Disney - HP - Surnaturel - Mythologie
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

Narnia

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Rose Wilson

J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Je n'ose toujours pas le regarder alors que les secondes s'égrainent lentement. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. J'ai peur d'un rejet, j'ai peur qu'il me dise que tout ceci n'est que pure folie, que je devrais penser à mon mari... J'ai peur qu'il me crache au visage tout ce que moi-même n'ose pas m'avouer. Mais au final, je finis par sentir sa main rugueuse sur ma joue. Il me force à le regarder et les pupilles bleus se plongent dans les siennes. Je le regarde tristement, le cœur brisé, je ne suis qu'une femme perdue et détruite qui aimerait savoir si ce soldat est celui qui saura consoler son cœur et en prendre soin.

Je vois son visage s'approcher du mien, on se regarde jusqu'à la dernière seconde. Seigneur.... mon cœur bat si fort que j'ai peur qu'il l'entende... Son souffle est chaud, lourd, ses lèvres sont douces et fermes à la fois. Son baiser est réconfortant, tendre.... Je le lui rends, mes lèvres dévorant les siennes. J'ajoute de la passion à notre baiser alors que mes bras passent autour de son cou. Seigneur, Pardonne moi. Christopher, mon amour, pardonne moi. Pardonne-moi de l'aimer. Pardonne-moi de vivre un pur instant de bonheur dans les bras de cet homme qui n'est pas toi. Pardonne-moi...

Même ma culpabilité ne fut pas plus forte que mon envie de rester près de lui, contre lui. Je n'ai pas bougé d'un iota jusqu'à ce que l'air me manque et que je sois obligée de stopper le baiser. Je sens encore le contact de ses lèvres contre les miennes. Front contre front, je caresse doucement le dos de sa nuque du bout de mes doigts.

"Êtes-vous sincère ? Vraiment sincère ? Ou est-ce que vous profitez simplement de la détresse d'une pauvre veuve sans défense ?"

Haha, j'ai l'air de tout sauf d'une personne sans défense, malgré tout, en ce qui concerne le cœur, je suis sans défense. Alors oui, j'ai besoin de savoir qu'il m'aime vraiment, comme il le disait dans ses lettres. J'ai besoin de savoir qu'il n'est pas juste là pour courtiser une veuve avant de passer à la suivante. Inutile de se voiler la face, il est très bel homme et après des années d'horreur, peut être aura-t-il envie de profiter de sa vie et de la jeunesse qu'il lui reste. Je préfère le savoir plutôt qu'avoir le cœur brisé par la suite.

"Rose ? Rose ? Où es-tu ?!"

Mes amies et leurs maris commencent à me chercher, c'est vrai que je suis partie depuis un petit moment, suivis par un parfait inconnu dont moi même j'ignore le nom ! J'aurais connu le goût de ses lèvres avant de connaître son nom ! J'en rougis de honte. Mon Dieu, que ne me fait il pas faire !
Je me recoiffe rapidement tente de reprendre mes esprits.

"Je....Vous... vous souvenez-vous de mon adresse ? Je vous y donne rendez-vous ce soir. Je sais que c'est une requête inappropriée, mais....ayant des voisines très bavarde, j'aimerais que vous veniez assez tard dans la soirée. Ainsi, je serais sûre que tout le voisinage sera endormi, dont ma Lily."

Lui dis-je en le regardant. Pour la première fois, je lui offre mon plus beau sourire. Pourquoi ? Parce que cette idée de rendez-vous me fait gonfler le cœur. La seule idée de le revoir ce soir me remplit de joie ! Je suis de bien meilleure humeur maintenant, mais je dois éviter de trop le montrer.

Je lui vole un tout petit baiser avant de commencer à m'éloigner. Un dernier regard pour la route.

"Je....Je vous attendrez."

J'ai horreur de paraître si fragile et vulnérable. Malheureusement, je ne peux faire autrement. Mes sentiments ont été dévoilés, j'ai été mise à nue devant lui alors... qu'il sache que je l'attendrais comme une âme en peine, en plus d'être la stricte vérité, je m'en moque royalement ! Pour une fois, je n'ai pas honte d'être la Rose Wilson timide, peu sûre d'elle, rougissante et espérant du fond du cœur être aimée.

Je me glisse entre les gens de la gare pour tenter de rejoindre mes amies. Quand je les rejoins enfin, elles me regardent avec surprise.

"Mais enfin Rose, où étais tu ? Et qui était cet homme avec qui tu es parti ?"

Réfléchis vite Rose.

"Je...heu...." Sois honnête, mais pas trop. "Il était dans le même régiment que Christopher."

Mais amies marque une minute de silence en hommage à mon mari et à l'amour que je lui porte. Elles essayent de ne pas se montrer trop curieuses bien qu'elles réclament des réponses à leur question. Je le vois dans leurs yeux.

"Je lui en veux de ne pas m'avoir averti plus tôt de la mort de Christopher. Je ne l'ai su qu'en novembre alors qu'il était mort en mai. J'ai été bouleversée de le revoir, je suis désolée de m'être enfuie."

Mes amies baissèrent la tête cette fois. On ne peut gronder une femme qui souffre encore du deuil de son mari et j'avoue jouer là-dessus pour qu'elles cessent de me questionner. Et ça marche, bien entendu.

"Je...Rose. Je te comprends."


Me dit Elise, ensuite, nous quittâmes la gare tous ensemble. Je sais bien que mon mensonge ne me conduirait nul part, un jour ou l'autre je serais mise devant le fait accompli et je devrais bien expliquer à tout le monde qui est réellement ce soldat. Mais pas pour le moment. Pour le moment, je veux qu'il n'existe que pour moi. Je veux qu'il soit mon secret inavouable.
Comme guidé par un espoir nouveau de jours heureux, je me retourne pour voir si je peux encore apercevoir ce soldat et oui ! Je le vois ! Lui aussi a le regard tourné vers moi, j'en rougis comme une adolescente amoureuse. J'ai hâte d'être à ce soir.

***

La fin de journée se déroule plutôt bien. Il faut que je paraisse bouleversée, plus qu'excitée, devant mes amies sinon elles risquent de se poser des questions. Je récupère ma fille chez Abigaëlle puis nous rentrons à la maison.

"Ça va maman, tu as passé une bonne journée ?"

Me demande Lily alors que je prépare le dîner. Je la regarde, surprise de sa question.

"Je....heu....Oui et toi ? Tu t'es bien amusée avec les garçons Jones ?"

Elle hoche vigoureusement la tête et me montre avec fierté une bille magnifique qui brille sous la lumière.

"Oui ! Et regarde ! J'ai même récupéré ma bille en battant Doug !"

Je souris avec fierté.

"Ça, c'est ma fille !"

Elle penche la tête sur le côté.

"On dirait que quelque chose ne va pas, maman."

Maudis soit la perspicacité de ma fille qu'elle a hérité de sa mère ! Je me concentre sur la préparation de mon plat sans trop la regarder.

"Si si, chérie, tout va bien. Je suis juste un peu fatiguée."

Ma fille vient près de moi.

"Tu devrais te reposer, je ne veux pas que tu sois malade après !"

Elle fait référence à mes chutes de tension, ma petite fille... Plus jamais je ne veux lire l'inquiétude sur son visage.

"Ne t'inquiète pas, ma fleur, je vais bien." Je lui embrasse le haut du crâne. "Mets la table, c'est bientôt prêt. Ensuite, va te laver les mains."

Ma brave petite fille n'insiste pas et obéit sagement. Elle se précipite dans la salle de bain pour se laver les mains et j'en profite pour soupirer. Je viens de finir ma purée de pommes de terre faite maison et mon rôti d'agneaux cuit au four. Je pose la purée sur la table puis je commence à couper les parts du rôti pour les disposer dans un plat à service. Je pose ensuite la viande sur la table et rejoins ma fille autour de celle-ci. Nous récitons le bénédicité puis commençons à manger.
Nous papotons durant le repas et je remarque que ma petite fille me parle beaucoup de Douglas Jones. Je l'écoute en souriant attendrie, ma fleur est déjà en train de vivre son premier béguin ! Bien sûr, je me garde bien de le lui dire sinon elle serait braquée ! Telle mère, telle fille... Alors je garde mes remarques pour moi et continue de l'écouter. Parfois, je me tourne vers la place de Christopher, m'attendant à le voir assit et à commenter les paroles de sa fille. Mais bien sûr, il n'y a personne. Je ne montre jamais ma tristesse devant Lily, je veux qu'elle soit forte et qu'elle aille de l'avant dans la vie et pour ça, il faut que je lui montre l'exemple. Ainsi, le manque de son père est moins douloureux. J'essaye de faire en sorte qu'elle soit toujours occupée pour qu'elle n'ait pas le temps de me poser des questions sur lui. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de lui parler de son père, c'est juste que.... Raviver ces souvenirs serait plus douloureux pour moi que pour elle, c'est pour cela que je préfère éviter. Mais je ne doute pas que quand elle va chez sa grand-mère, elle entende souvent parler de son père.

Le repas se termine et mon enfant débarrasse la table pendant que je fais la vaisselle. Une fois qu'elle a fini, je lui dis :

"Au lit jeune fille ! Et dans vingt minutes, je viens éteindre la lumière !"

Elle m'embrasse la joue puis s'en va se brosser les dents ainsi que les cheveux, se mettre en chemise de nuit puis au lit. Pour ma part, j'attends une visite très importante. Je nettoie ma cuisine puis ma salle à manger, au moins ça me fait passer le temps, car sinon je risque de devenir folle à attendre sans rien faire. Entre temps, je suis allée éteindre la lumière de ma fille, comme promis, et je fus heureuse de constater qu'elle dormait déjà à poings fermés. Tant mieux. Au moins elle ne sera pas dans mes pattes si le soldat décide de venir.
Une fois, mon ménage finit, je regarde par la fenêtre et constate que je suis une des rares lumières du quartier à être encore allumée.... Personne dans la rue....
J'attends, encore et encore.... Puis à quelques minutes de minuit, je décide d'éteindre la lumière et d'aller me coucher. J'ai envie de pleurer.... Pleurer de honte, de tristesse, de haine.... Je le croyais sincère et en fait il n'aura fait que me mentir du début à la fin !
C'est le cœur gros que je décide d'aller me coucher jusqu'à ce que... Le ciel soit loué, on finit par taper à ma porte.

C'est lui ! C'est le soldat ! C'est avec les yeux légèrement humides que je l'accueille, j'étais sur le point de pleurer avant son arrivée. Je souris malgré tout en le faisant entrer.

"Je suis désolée de vous faire venir si tard, mais, c'est le seul moment où j'aurais pu vous parler sans alerter toute la ville, ou sans que Lily ne me pose trop de question."

J'espère qu'il comprendra que je n'ai pas envie que toute la ville jase sur mon compte au risque d'insulter la mémoire de mon mari. Je n'ai pas encore suffisamment de forme pour aller en coller une à tous ceux qui parleront de moi dans mon dos.

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Thalya8
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patrick

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

Tendre baiser, amour retrouvé. Un amour qu'il avait tant espéré, si bien que ces instants lui paraissaient irréels. Ils ne pouvaient pas être réels. Ses lèvres contre les siennes, tous deux enlacés. Cela ne saurait être la réalité. Jonathan devait certainement rêver, et à son réveil, peut-être serait-il encore sur le front, dans la boue, encerclé par la mort ? Il lui semblait déjà entendre les coups de feu au loin...

Et pourtant, non, il se trouvait bien là. Dans cette gare, avec elle. Seule personne qui comptait à ses yeux en ce bas monde. Seule personne qui l'avait toujours rattaché à la part d'humanité qui lui restait.

Combien de temps ils restèrent ainsi, l'un contre l'autre, il ne saurait le dire. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Il se jouait du temps, comme le temps s'est joué de lui durant ces quatre dernières années. Il n'était plus l'esclave, mais le maître. Maître de ses actes, maître de son destin. Il n'aurait plus à obéir aux ordres. Il n'aurait plus à risquer sa vie chaque seconde qui passait. Tout cela était derrière lui.

Un instant de pure harmonie, que rien n'aurait pu arrêter. Même lorsqu'elle éloigna ses lèvres des siennes, il était encore transporté par ce nuage de tendresse. Son esprit était vide de pensée. Jonathan ne faisait que vivre l'instant présent. Le vivre intensément.

S'il était sincère ? Existait-il seulement plus sincère que lui ? Il osait en douter. Pas une seconde il la considérait comme une pauvre veuve sans défense dont il pouvait tirer parti. Pas une seconde.

« Jamais je n'ai été plus sincère », lui chuchota-t-il, son front toujours contre le sien.

Il parlait si bas, comme s'il craignait être entendu. Être entendu par qui ? Par Christopher ? Peut-être que la culpabilité refaisait quelque peu surface, mais il la chassa tout aussitôt, ne désirant réfléchir à rien sauf à cet instant de bonheur. Enfin, il osait être heureux.

Ils auraient pu rester encore des heures, l'un contre l'autre, si leur bulle parfaite n'avait pas été éclatée par cette voix. Cette voix les ramenant tous deux à la réalité. Brusquement, tout autour d'eux reprit forme, les murs, la gare, les personnes. Et cette voix, au loin, qui appelait Rose. Celle-ci lui donna rendez-vous chez elle le soir-même, à l'adresse qu'il connaissait désormais par cœur. Un sourire illumina le visage de la jeune femme. Un sourire chaleureux, un sourire aimant. Un sourire qui restera à jamais gravé dans la mémoire de Jonathan. Jamais personne ne lui avait souri si passionnément. Si ce n'était pas elle, peut-être sa mère, mais dont il ne gardait aucun souvenir. Rose fut la première personne à lui offrir un tel sourire.

"Je vous attendrai."

Ces mots résonnèrent dans son esprit, jusqu'au dernier regard qu'elle lui accorda. Il voulut lui rendre son sourire radieux, mais il ne put afficher qu'un faible sourire. Un sourire encore timide, qu'il parvenait difficilement à étirer. C'était tout de même un bon début.

Il continuait de l'observer tandis qu'elle se frayait un chemin dans la foule. Il avança lentement, pour ne pas la perdre du regard. Il la vit rejoindre son groupe d'amis, et s'arrêta. Les personnes passaient devant lui, mais une fois encore, il n'avait d'yeux que pour elle. Elle se retourna, leurs regards se croisèrent, elle esquissa un sourire. Il pencha légèrement la tête, en guise d'au revoir, avant qu'elle ne se fonde définitivement dans la cohue.

Il se retrouva seul, entouré des rires et des pleurs de soulagement des soldats et de leurs familles. Mais en réalité, il n'était plus seul. Son cœur n'était plus seul, et il en fut plus léger. L'impatience le prenait déjà. La perspective du soir ne le quitta tout le reste de la journée.

***

Rien ne semblait avoir changé dans la ville, et pourtant tout était différent. Les commerces ouverts, les passants dans les rues, les voitures sur les routes. Les hommes revenus de la guerre, la vie pouvait reprendre son cours. Mais elle ne pouvait être la même d'avant 1914. Nombre de soldats sont revenus blessés, défigurés. Ceux qui ne l'étaient pas ne souffraient pas moins. Tous étaient encore hantés par les atrocités qu'ils ont connu sur le front. Et certains les revivaient dans leurs cauchemars, la nuit. La vie ne pouvait recommencer comme avant. Mais elle pouvait continuer. La guerre était terminée. Au moins, ils n'auraient plus à se soucier de leur survie.

Jonathan déambulait dans les rues. Sans réelle destination. Il se doutait bien que son modeste logement avait été attribué à une autre personne. Mais cela n'avait pas grande importance pour le moment. Le soir, il avait rendez-vous.

Il passa devant des tas de maisons, des salons de thé, des magasins de chapeaux, des bijouteries, et toutes autres sortes de commerces. Les rues londoniennes lui avaient manqué. Il avait oublié toute cette animation caractéristique de la capitale britannique. Il avait l'impression d'être dans un autre monde. Ici, l'on ne se souciait pas de savoir où se trouvent les positions ennemies. Ici, l'on ne s'inquiétait pas des coups de feu. Ici, la vie battait son plein.

Vêtu de son uniforme, il attirait les regards des passants. Il inspirait le respect, mais également une certaine crainte. Il avait connu la guerre, il l'avait vue de ses propres yeux. Il s'était battu, il avait été blessé, il avait survécu. Tout cela pouvait se lire sur son visage, dans sa posture. On lui adressait parfois la parole, rarement, mais il était heureux de pouvoir échanger avec d'autres personnes. Des passantes l'ont même invité à déjeuner à leurs côtés, alors qu'il avait confié qu'il n'avait plus un sou. Ils ont bavardé, ou plutôt elles ont bavardé. Il les écoutait, préférant les laisser parler. Et lorsque venait le sujet de la guerre, il se montrait très bref. Non seulement parce que le moment était peu approprié, mais surtout parce qu'il ne tenait pas se remémorer tout ce qu'il a vécu sur le front. Tout cela devait faire partie du passé.

Après avoir remercié ces femmes de lui avoir offert ce repas, il reprit sa route à travers la capitale britannique. Il ne faisait rien d'autre que marcher et observer les passants. A un moment, il passa devant l'épicerie où il travaillait avant la guerre. La curiosité l'emporta. Il franchit le seuil de la porte, avec le bruit de la clochette qui tinta. L'intérieur n'avait guère changé, comme dans ses souvenirs. Cependant, il apprit que le propriétaire, M. Ferguson, est décédé il y a deux ans de cela d'une pneumonie. Avec une mine triste, il quitta le commerce pour se retrouver à nouveau dans la rue.

Le temps passait lentement. Une fois de plus, il se jouait du soldat. Jonathan se rendit finalement dans un parc, s'assit sur un banc, d'où il pouvait observer les enfants courir devant leurs parents. Leur innocence était belle à voir. Ils étaient loin d'imaginer toute l'horreur des combats. Ils étaient là, en train de s'amuser et de rire. Ils avaient encore toute leur vie devant eux. Jonathan les enviait.

Epuisé par le transport et le retour au pays, le soldat se laissa bercer dans les bras de Morphée.

Le soleil touchait déjà l'horizon lorsqu'il se réveilla. Le parc allait fermer, il lui fallait partir. Les rues se vidaient progressivement, chacun rentrant chez soi. La nuit commençait déjà à tomber. Il devrait se mettre en route pour son rendez-vous.

Il sortit une des lettres de ses poches. Il les gardait toujours près de lui. Les lettres avaient tellement été ouvertes pour être lues et relues que le papier en était froissé. Il y retrouva l'adresse. Seulement, il n'avait aucune idée où elle pouvait bien se trouver. Il ne connaissait pas Londres par coeur, et ses quatre années d'absence n'étaient pas pour arranger la situation.

Il demandait à quelques passants, mais personne ne savait. Il trouva finalement un policier, qui lui indiqua le chemin. Il s'avéra que Rose résidait à l'opposé d'où il se trouvait actuellement. Il lui faudrait bien marcher plusieurs heures. Mais cette épreuve, si tant est qu'elle en fut une, ne le démontait guère. Il avait connu pire, et ce n'était pas un peu de marche qui allait le décourager.

Il entreprit le trajet, et arriva enfin à destination. La nuit était déjà installée depuis plusieurs heures. Il s'était perdu à plusieurs reprises, et avait même frappé aux mauvaises portes, mais avait fini par retrouver son chemin. Il se trouva devant la maison. C'était elle, il n'y avait aucun doute. Du moins, il espérait que cela ne soit pas un nouvel échec.

Il frappa. On lui ouvrit. Son coeur battait la chamade. Le visage de Rose se dessina dans l'embrasure de la porte. Il souriait, heureux d'être enfin arrivé.

"Je suis désolée de vous faire venir si tard, mais, c'est le seul moment où j'aurais pu vous parler sans alerter toute la ville, ou sans que Lily ne me pose trop de question."

« Cela ne fait rien. Je comprends. », répondit-il en esquissant un léger sourire.

Il entra, et elle referma la porte derrière lui. Ils étaient désormais réellement seuls. Sans la foule autour d'eux pour les épier. Sans ses amies pouvant les interrompre. Seule la petite fille se trouvait dans sa chambre, bien endormie. Alors ils étaient seuls. Rien qu'elle, et lui.

Il resta un moment dans l'entrée, observant chaque recoin. C'était une maison chaleureuse. On s'y sentait directement bien dès que l'on y entrait. Il s'y sentait bien. Cependant, une certaine appréhension revint à grands pas. Que pourraient-ils bien se dire, maintenant qu'ils étaient seuls ?

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Cheval de Troie
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J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Je referme la porte derrière lui et un silence s'installe dans ma petite maison. Sur le coup, je pourrais presque entendre les battements de mon cœur qui tambourine contre ma poitrine. Je regarde le sol, légèrement honteuse de cette rencontre nocturne qui défis toutes les règles de bienséance. J'inspire un grand coup avant de le regarder, toujours en uniforme, il est vraiment beau. Je l'admire avec des yeux brillants, me demandant s'il portait le même uniforme sur le front ? Il avait dû être tâché et recousu des milliers de fois dans ce cas ! Le pauvre. J'expire doucement. J'ai soudainement envie de le prendre dans mes bras, de le bercer et de m'occuper de lui... Je suis folle ! Je...Je me rassure en me disant que cette envie est sans doute liée à mon instinct maternel. Ou à mon instinct de femme, nous sommes sans doute plus protectrices que les hommes ?! Je n'en sais rien, tout ce que je peux affirmer sur ma personne, c'est que je suis effectivement une maman lionne qui veille toujours au grain.
Mais tout de même, je ne peux pas lui sauter au cou comme une midinette ! Je passe une main dans mes cheveux lâchés. Sur le coup, je pourrais presque entendre les battements de mon cœur qui tambourine contre ma poitrine. Personnellement, je ne reçois jamais personne, je préfère me déplacer, aussi, chez moi, j'ai pris l'habitude d'avoir toujours la tignasse en bataille, puis vu l'heure, n'importe qui auraient les cheveux ébouriffés en ouvrant la porte. Je trouve que ça ne leur fait pas de mal de souffler un peu en étant lâchés. Comme le corset ! Seigneur, je l'arrache à chaque fois que je passe la porte de ma chambre !
Enfin bon, passant ma main dans mes cheveux, je me gratte le cuir chevelu en réfléchissant à ce que je pourrais bien lui dire pour briser ce silence qui dure maintenant depuis au moins trois minutes maintenant.

"Je....Heu....Mettez-vous à l'aise, ne restez pas debout. Est-ce que vous avez faim ? Vous voulez que je vous fasse réchauffer une assiette ? J'ai fait de la purée de pommes de terre et un rôtis d'agneau."

J'attends qu'il me donne sa réponse pendant qu'il s'installe sur le canapé du salon.

"Ou peut-être que vous avez soif ? Qu'est-ce que vous voulez boire ?"

Arrête Rose, tu vas lui faire peur à vouloir le gaver comme une oie, c'est un grand garçon, s'il avait faim ou soif, il te le demanderait. Ou peut-être pas justement, peut-être qu'il est affamé, mais qu'il n'ose pas me le dire ! Le pauvre, il porte encore les vêtements de ce matin ! Non mais tu vas arrêter de le materner, ce n'est pas un chiot perdu, c'est un soldat qui revient de la guerre ! Et alors, je pense que tout comme le chiot perdu, il a sûrement besoin d'attention et d'affection, un peu de douceur dans sa vie ne lui ferait sûrement pas de mal ! Très bien, continue de le pouponner, mais ne vient pas pleurer après.
Je me mordille la lèvre pendant que je lutte avec moi-même pour savoir ce que je devrais faire. C'est bête, mais je me sens tellement déstabilisée en sa présence, je ne sais pas comment je dois agir ou ce que je dois lui dire. Chaque fois que je veux lui parler, j'ai un nœud dans l'estomac, mon cœur palpite, je n'ose même pas le regarder la plupart du temps ! On dirait une enfant face à sa première amourette ! Je me sens ridicule et pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'être comme ça. Je fais les cent pas entre ma cuisine et mon salon pour lui prendre à manger et à boire, ou alors peut être que je ne devrais pas ? Je m'agite, je pars, je reviens, il va me prendre pour une cinglée ! Seigneur. Qu'est-ce que je dois faire ?!

Je finis par me poser près de lui sur le canapé en soupirant. Pour ma part, je ne porte que ma nuisette sous ma robe de chambre et mes chaussons. De nouveau, un silence pesant s'installe, avant il était coupé par le frottement de mes pantoufles contre le sol de mes millions d'allers retour, maintenant, le silence est vraiment retombé. J'ose le regarder et lui offrir un petit sourire, malgré moi, je ne peux m'empêcher de vouloir m'occuper de lui, même si je tente de me retenir, c'est mon cœur qui le veut, aussi, je lui demande.

"Je constate que vous ne vous êtes pas changé depuis. N'avez-vous aucun endroit où dormir ? C...Car si c'est le cas.... Vous pouvez passer la nuit ici si vous le voulez. Vous pourrez ainsi prendre une douche et je m'occuperais de votre uniforme, vous pourrez vous changer et manger. Enfin, si...si vous le voulez."

Sous la faible lueur de mes lumières, je le regarde, je n'ose pas le toucher, comme une adolescente, j'attends qu'il fasse le premier pas, c'est idiot, totalement puéril, mais que voulez vous, les filles amoureuses attendront toujours que celui qui fait battre leur cœur fasse le premier pas. C'est sans doute une loi de l'amour aussi vieille que le monde ! Je souris de ma bêtise.


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Thalya8
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Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

Tous deux restèrent un moment dans l'entrée, en silence. Leurs regards se croisaient à peine, on avait presque l'impression qu'ils s'évitaient, comme s'ils craignaient de voir ce que l'autre pensait ou ressentait. Rose se passait une main dans ses cheveux, Jonathan observait la maison. Ils avaient l'air de deux enfants prêts à commettre une bêtise, et gênés de ce qu'ils étaient sur le point d'accomplir.

Le silence pesant finit par être interrompu par Rose, digne maîtresse de maison. Elle lui indiqua le salon, et l'invita à s'asseoir sur le canapé. Il était toujours vêtu de son uniforme, quelque peu froissé et poussiéreux après les péripéties de la journée et du voyage. Cependant, il ne s'en est rappelé que trop tard ; il était déjà assis sur le canapé. Premier faux pas qui le mit légèrement mal à l'aise, mais qu'il essaya de combler en répondant à Rose.

« C'est très gentil, merci. Ce que vous me proposez est parfait. »

Il avait à peine terminé sa phrase qu'elle enchaînait sur d'autres questions.

« De l'eau sera suffisant. Merci », répondit-il simplement.

Elle semblait nerveuse, exécutant des allers-retours entre le salon et la cuisine. Nerveuse, autant que Jonathan à vrai dire. Lui non plus ne savait pas tellement comment réagir, comment se comporter. C'était la première fois depuis quatre ans qu'il se retrouvait face à une femme, à une personne "normale". Une personne qu'il n'était pas censé tuer. S'il n'avait pas oublié les bonnes manières, des éléments aussi basiques que dire "Bonjour" ou "Merci", il avait néanmoins oublié comment engager une conversation. Se donner des nouvelles, parler du jour et du beau temps ? Ne rien dire ? Il ne savait pas.

Il doutait. Finalement, a-t-il bien fait d'accepter cette invitation ? Cela ne les a-t-il pas davantage mis mal à l'aise ? Tout paraissait tellement beau lorsqu'ils étaient tous les deux, dans la gare, l'un contre l'autre. Et pourtant, à cet instant, dans la maison de celle qu'il avait aimé en secret mais qu'il avait volé à son ami, il doutait. Où était le bien et le mal dans tout cela ? Il ne savait vraiment plus quoi penser. Peut-être, en fin de compte, pensait-il beaucoup trop. Il suffisait peut-être simplement d'apprécier ce moment au chaud, dans une maison chaleureuse, en compagnie d'une femme aimable et agréable.

Difficile de reprendre un quotidien normal après avoir connu l'horreur et le désespoir de la guerre. Dès lors, tout semble fade, superficiel.

En réalité, il ne pensait à rien de tout cela. Il ne s'agissait là que de ridicules extrapolations. Aucune de ces réflexions ne lui traversait l'esprit à cet instant précis. Il ne pensait à rien. Il était fatigué de la longue traversée de la Manche, de cette journée à errer dans les rues. Même s'il avait pu profiter d'un peu de sommeil sur un banc dans un parc, cela n'avait pas suffi à lui redonner toutes ses forces.

Il était bien trop épuisé pour penser.

Rose brisa à nouveau le silence. Non, il n'avait nul part où aller. Son ancien logement avait été vendu. Pourquoi en vouloir à quiconque ? Il avait si peu de chance de revenir vivant...

« C'est vraiment très aimable à vous. Je vous en remercie. Non, en effet, je n'ai pas d'endroit où passer la nuit. Je ne souhaite pas vous déranger, mais puisque c'est proposé si gentiment, j'accepte bien volontiers. »

Un repas chaud, une bonne douche, un lit douillet... Seul un fou refuserait telle offre ! Le soldat était déjà aux anges rien qu'à la pensée de toutes ces choses agréables qui l'attendaient. Il fut sincèrement reconnaissant à celle qui les lui offrait.

Jonathan finit par la regarder. Il n'avait pas même remarqué qu'elle n'était vêtue que de sa robe de chambre et de ses chaussons. Mais cela n'enlevait rien à son charme.

Elle semblait prête à aller se coucher. Il s'en voulut de s'être égaré dans les rues alentours et d'être arrivé à une heure tardive.

« Je suis sincèrement navré de vous faire veiller si tard. Vous pouvez aller vous coucher et je me débrouillerai, si vous le souhaitez. » Peu de temps après, il ajouta : « Enfin, je ne vous force pas à partir, bien sûr. Je disais juste que... je comprenais si vous aviez sommeil. » Il ne voulait pas qu'elle se fasse des idées et qu'elle pense qu'il ne voulait pas d'elle. Car c'était bien le contraire. Il voulait simplement montrer qu'il ne la forçait pas à rester éveillée contre sa volonté.

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Cheval de Troie
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Rose Wilson

J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Suite à sa réponse, j'allume mon réchaud pour lui réchauffer une assiette de notre dîner. Je lui apporte ensuite une assiette avec des couverts puis je refais un aller-retour pour lui apporter un verre et une carafe d'eau. J'allais m'installer mais je me rappelle que je ne lui ai pas apporté de serviette, aussi, j'entame un dernier aller-retour entre mon salon et ma cuisine. Je lui installe tout sa sur la petite table de mon salon.

"J'espère que ce sera à votre goût, comme vous le savez, je ne suis pas une grande cuisinière."

Je lui offre un petit sourire amusé bien que gêné malgré tout. J'essaye de me détendre du mieux que je peux mais c'est plus difficile que je ne le croyais. Une fois assise à ses côtés, je le regarde commencer à manger en me disant que ce silence gênant va bien finir par nous tuer. C'est ridicule, nous sommes des adultes, alors pourquoi n'arrivons-nous pas à crever l'abcès ? Pourquoi est-ce que c'est si dur de ce dire ce que l'on ressent ? Dans nos lettres, nous arrivions à ouvrir nos cœurs sans soucis, nous nous disions tout ! Et aujourd'hui, ma langue est pâteuse, mon estomac se noue, mon esprit se brouille. Est-ce que je n'arrive pas à être ouverte avec lui car il n'est pas mon mari ? Mais si c'est le cas, pourquoi son odeur me fait sourire, pourquoi je ressens ce besoin de le toucher, pourquoi est-ce que le voir triste ou confus me fissure le cœur doucement ? Je ne comprends pas ce que je ressens et.... Je sais que je suis folle à vouloir continuer de trouver des raisons, des explications à tout ce que je ressens au lieu de simplement me laisser guider par mes envies et mes émotions. J'ai...juste peur que si je le faisais, ce serait une décision trop puérile, je suis une jeune veuve, mère d'une petite fille, vous me voyez batifoler avec un inconnu, imposteur qui plus est, dans les rues du quartier qui a vu passer mon cortège de mariage ? C'est impensable ! Les gens vont jaser ! La mémoire de Christopher sera bafouée et la réputation de ce soldat ainsi que la mienne sera lapidée sur la place publique à grands coups de ragots en tout genre ! Je n'ai aucune envie de vivre ça et il ne mérite pas de s'être battu pour notre belle Angleterre pour qu'elle le lui rende en le considérant comme un paria voleur de femme.

Seigneur, pourquoi est-ce que la vie est si difficile ? Ou peut-être est-ce moi qui me pose trop de questions ? Aide-moi à apprécier la vie, à ne pas être toujours négative ou soucieuse, Aide-moi à retrouver la sérénité et le plaisir des choses simples qui m'entourent et Pardonne mon cœur d'avoir faibli à l'égard d'un autre homme que mon mari. Amen.

Ma prière mentale ainsi finit, c'est la voix du jeune homme qui me ramena sur terre, il accepta ma proposition à passer la nuit ici avec plaisir. Je lui offre mon plus beau sourire avant de joindre mes mains en signe de satisfaction.

"C'est parfait ! Je suis rassurée de savoir que vous allez pouvoir passer une bonne nuit de sommeil ! Je n'aurais pas pu dormir en sachant que vous étiez peut-être en train de dormir sous un pont !"

Je rougis légèrement, j'ai peut-être été trop enthousiaste ? Je n'aurais peut-être pas dû ? Tu ne viens pas de prier Dieu pour qu'il t'empêche de trop réfléchir et te fasse profiter de la vie ?! Tu échoues déjà ?! C'est vrai ! Fonce cocote et fais fis du reste !

Il se soucia de voir qu'il m'avait tiré de mon sommeil et je secoue la tête doucement pour le rassurer.

"Ne vous en faites pas, je n'étais pas près de dormir tout de suite. À vrai dire, je vous attendais. Je....Je voulais vous voir pour qu'on puisse parler de...des lettres de Christopher."

Bon et bien voilà, j'ai annoncé la couleur. Il ne faut pas que je m'arrête en si bon chemin, il faut qu'on en parle sinon ça va me ronger de l'intérieur. Je sais qu'il doit être exténué mais j'ai besoin d'en parler maintenant ! Ça aussi, ça doit bien être un truc de femmes.

"Écoutez je...Je vous ai reproché de m'avoir menti etc alors que dans le fond, je n'ai pas été honnête non plus. Envers moi-même. Ni envers vous. J'ai....Il m'est arrivé plusieurs fois de me demander si les lettres que je recevais étaient bien celles de mon mari.... Pourtant, je n'ai jamais cherché à en avoir le cœur net.... Je pense qu'au fond de moi je savais que si quelqu'un d'autre m'écrivait, c'est que Chris était...Enfin...qu'il était dans l'incapacité de le faire lui-même......... Je ne me le suis pas avoué mais chacune de mes lettres étaient sincères, chaque mot... Et si je m'en suis prise à vous c'est car je ne pouvais plus supporter le poids de ma propre culpabilité. J'ai aimé Christopher si fort.... Mes vœux de mariage étaient sincères, je voulais l'aimer et le protéger toute ma vie, être sa lumière dans les ténèbres et je l'ai trahi alors que son corps était encore chaud. Je l'ai trahi de la pire des façons, j'ai ouvert mon cœur à un autre homme. Je me sens, répugnante, indigne. Mais ce n'est pas à vous de porter ce fardeau."

Je me lève du canapé pour mettre le plus de distance possible entre lui et moi, je pose mes mains sur mes bras et lui tourne le dos en baissant la tête honteusement.

"Je suis désolée, désolée de vous avoir répondu, désolée de vous avoir donné le mauvais rôle, je suis désolée si... mon amour pour vous vous mets dans une situation inconfortable. Sachez que je ne vous demande rien et que je n'attends rien de vous, je.... si vous voulez reprendre le court de votre vie, je comprendrais. Je voulais juste que vous sachiez que je suis désolée et que...que...."

Aller, dis lui, tu n'as plus rien à perdre.

"Je vous aime."

Voilà. C'est dit. Tout est dit. Maintenant, presque dans mon plus simple appareil, chez moi, au cœur de mon intimité, je lui déballe mes sentiments, mes remords, mes regrets, je lui déballe tout en espérant, au fond de moi, qu'il ressente la même chose. Mais je ne lui en voudrais pas si ce n'est pas le cas, je tâcherai de rester forte grâce à Lily.
Un silence s'installe, sans doute car il doit être en train de réfléchir à tout ce que je viens de lui dire, mais c'est beaucoup trop pesant pour moi.... Aussi, je décide de m'occuper en allant préparer mon lit pour lui. Je préfère que Lily se réveille et me découvre sur le canapé plutôt qu'un inconnu. Je prendrais le temps de lui expliquer la situation avant qu'elle ne le voit au petit déjeuner.

Dans ma chambre, j'arrange mon lit pour qu'il ne paraisse pas trop froissé, je tapote les oreillers et je ferme les rideaux. En réalité, je m'occupe, je m'occupe pour retenir mes larmes bien que je les sente piquer le coin de mes yeux. Mais si je pleure, il va se sentir encore plus mal, alors je dois rester forte. L'histoire de la vie d'une femme, savoir se montrer forte en permanence, même quand on a juste envie de pleurer comme une enfant à l'idée que l'on puisse être une mauvaise personne, une mauvaise femme et peut être même une mauvaise prétendante. Je suis une bonne mère, c'est la seule chose qui m'empêche de me rouler en boule comme un bébé.


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Thalya8
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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

Il ne pouvait espérer être mieux servi. Rose était aux petits soins pour lui, apportant son plat réchauffé, un verre, une carafe d'eau, une serviette. Cela faisait des lustres que quelqu'un ne s'était pas occupé de lui d'une manière si attentionnée. La dernière fois devait remonter à son enfance. Sa mère qui le soignait lorsqu'il se blessait, qui lui caressait les cheveux avant qu'il ne s'endorme, de bonnes odeurs qui sortaient de la cuisine, annonçant un succulent repas. Ces souvenirs ne se dessinaient pas nettement dans sa mémoire, remontant à bien trop longtemps. D'anciennes réminiscences essayaient de refaire surface alors que Rose posait son dîner sur la table du salon, devant lui.

Jonathan esquissa un très léger sourire lorsqu'elle fit la remarque sur ses capacités en cuisine. Il se souvenait l'avoir lu dans l'une de ses lettres. Une certaine complicité semblait revenir en cet instant. Non pas une complicité coupable, mais celle qu'ils entretenaient lors de leur correspondance. Une complicité qu'il craignait perdue.

« C'est parfait, je vous en remercie encore. » répondit-il d'une voix calme.

Sans attendre une minute de plus, il entama son repas, qui s'avérait très bon. Simple peut-être, mais parfois les plats simples sont ce qu'il y a de meilleur. Rose était assise à ses côtés. Aucun des deux ne prononçait plus un mot, plongeant le salon dans un nouveau silence.

Une bonne nuit de sommeil. Il en avait bien besoin ! Il était très honoré de pouvoir passer la nuit chez elle. Cela lui évitait de frapper à toutes les portes des auberges et de finir par dormir sur un banc voire par terre. Mais il s'en serait contenté. Il fut habitué à pire, si bien que dormir dans les rues de Londres aurait été mille fois mieux. Rien n'était comparable à une nuit entourée par la mort. Alors dormir sous un toit, c'était un luxe qu'il n'aurait jamais cru possible avant qu'elle ne le lui propose !

« C'est trop aimable » répéta-t-il simplement.

Il ne savait pas vraiment quoi dire. A part la remercier. Alors il se contenta de finir son repas, et de la regarder.

Il n'eut pas besoin de chercher un sujet de conversation que Rose aborda les lettres de Christopher. Un sujet toujours épineux. La culpabilité rattrapa le jeune homme. Il craignait qu'elle lui annonça qu'elle lui en voulait d'avoir usurpé l'identité de son mari, qu'elle ne voudrait plus le revoir à partir du lendemain. Ce qui, en soit, était tout à fait compréhensible. Ces preuves d'hospitalité n'étaient que des règles de politesse et de bienséance, mais sitôt la nuit passée, il devra s'en aller. Ne plus jamais la revoir. Cette idée le soulageait autant qu'elle l'attristait. Au moins, il ne se sentirait plus coupable. Mais d'un autre côté, il savait qu'elle lui manquerait. Ils avaient tout de même correspondu pendant des mois, s'échangeant leurs angoisses, leurs espoirs. Rose occupait désormais une place dans son coeur, une place dans ses pensées. Qu'il le veuille ou non, il ne pouvait plus l'y déloger.

Jonathan se tourna vers Rose, prêt à écouter ce qu'elle avait à dire. Il accepterait sa décision. Quelle qu'elle soit.

Ses paroles le surprirent. Elle affirmait ne pas avoir été honnête et... qu'elle aimait un autre homme. Elle aussi portait ce fardeau de culpabilité. Pourtant elle ne devait pas, c'était lui, c'était Jonathan qui prit la décision de se faire passer pour Christopher. C'était sa faute s'ils en étaient arrivés là. Sa faute. Il ne dit rien cependant. Même lorsqu'elle se leva, il demeura muet. Elle devait avoir autre chose à exprimer. Et lui ne savait que dire.

La voir s'excuser de la sorte lui faisait encore plus de peine que sa propre culpabilité. Elle était désolée, désolée pour une chose qu'elle n'avait pas provoqué. Jonathan était désolé pour l'avoir emporté dans cet embarras. Si seulement il n'avait pas succombé à la tentation de répondre. Si seulement il avait réfléchi aux conséquences de ses actes. Si seulement... Mais on ne pouvait réécrire l'histoire. Ce qui a été noué ne pouvait être dénoué.

Il était sur le point d'ouvrir la bouche lorsqu'elle prononça ces mots qui lui transpercèrent le coeur. Trois simples mots qui allaient tout changer. "Je vous aime". Elle était sincère. Cela ne faisait aucun doute. Le ton de sa voix, la façon dont elle l'a prononcé ; tout prouvait sa sincérité. Il se remémorait leur baiser, dans cet endroit reculé de la gare. Un baiser d'amour sincère, qui n'existait alors que dans les contes pour enfants. Pourtant, il n'osait y croire. Un flot d'émotions contradictoires se déversa en lui. Il était à la fois soulagé, effrayé, heureux, anxieux. Plus rien n'avait de sens. Ses pensées, ses sentiments. Tout se mélangeait en lui.

Jonathan n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit que Rose avait déjà quitté la pièce, le laissant seul dans le salon, égaré dans ses pensées. Qu'attendait-il ? Il pouvait la rejoindre et lui avouer ses sentiments, comme elle venait de se confier à lui. Il pouvait la rattraper et la serrer contre lui, lui murmurer un "Je vous aime" à l'oreille. Il pouvait, il pouvait... Mais il ne fit rien. Il demeurait immobile. Le salon donnait l'impression de se refermer sur lui. La maison toute entière même, où le souvenir de Christopher était encore pesant.

Il resta plusieurs minutes ainsi, et aurait pu rester plus longtemps si Rose n'était pas revenue au salon. C'était le moment, maintenant ou jamais. Il était de son devoir de s'expliquer, lui aussi. L'heure des confessions était arrivée.

La jeune femme était à peine rentrée qu'il se leva et se tourna vers elle. Il devait parler. Une minute de plus, et le courage lui échapperait à jamais.

« Rose, ne soyez pas désolée. C'est à cause de moi que nous en sommes là. Mais nous nous le sommes déjà dit ce matin. » Il parlait rapidement, d'une voix saccadée cependant. Les mots s'alignaient avant même que ses pensées aient pu les formuler. Ce n'était plus son esprit, mais son coeur, qui s'exprimait. Il poursuivit hâtivement. « Ne soyez pas désolée, parce que vous ne m'avez fait que du bien. Je le répète mais ne le dirai jamais assez. C'est grâce à vous que j'ai pu survivre ces quatre dernières années. Vos lettres m'ont donné la force de me relever chaque fois que j'étais blessé, chaque fois que je me sentais mal ; et cela se produisait un nombre incalculable de fois. Je n'ai jamais été aussi sincère. Tout ce que j'écrivais, je le pensais. »

Il marqua une courte pause, pour digérer ce flot de paroles. Son coeur battait la chamade, sa respiration était saccadée. Il n'avait plus qu'une confession à donner. Trois simples mots. Vite, avant que la culpabilité ne reprenne le dessus !

Il prit une profonde inspiration. « Je... Je vous aime. Je vous ai toujours aimé. » Le son de sa voix se fondait en un murmure à peine audible. Seul le silence régnant dans la pièce permettait d'entendre ces paroles. Plus de retour en arrière possible désormais. Tout était scellé. Jonathan se faisait violence pour ne pas penser. Bloquer son esprit de divaguer à tout prix. Il fuyait le regard de la jeune femme. Il se comportait toujours comme un enfant ayant commis une bêtise. Quelle bêtise a-t-il donc commis, si ce n'est celle d'aimer ?

L'amour, c'était donc cela. Plus rien n'avait d'importance. Plus personne d'autre n'existait. Une bulle parfaite s'était formée autour d'eux. La même atmosphère que lorsqu'ils se trouvaient dans la gare régnait dans ce petit salon.

L'amour, plus fort que la mort ? Ce que l'on raconte dans les histoires pour enfants, Jonathan en comprend désormais le sens réel.

L'amour rend fou, l'amour rend aveugle.

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J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
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Je dois admettre que sa politesse n'aide pas à se sentir à l'aise. Bien au contraire. Il est tellement poli, gentil, un vrai gentleman.... Que moi je me sens encore plus coupable. Je suis une veuve en tenue légère qui accueille un "inconnu" dans sa maison en plein milieu de la nuit avec sa fille endormie juste à côté. Il y a des noms pour ce genre de femmes..... Des noms que jamais de ma vie je n'aurais cru pouvoir m'être destiné.... Mais si dans le voisinage on apprenait ce qui se trame dans cette maison, dès demain on me catégoriserait dans la même case que ces femmes de nuit...

J'essaye de ne pas y penser en le regardant manger mon repas. Comme il le sait, je ne suis pas une reine de la cuisine mais Lily dit que c'est bon, donc je veux bien la croire. Même si je suis sûre que certaine fois elle dit ça pour me faire plaisir ! Je lui propose de passer la nuit ici, hors de question qu'il dorme dehors. Un vétéran ne mérite pas ça. Encore moins quand il vient à peine de regagner son pays. Il mérite d'avoir un bon repas, un lit bien chaud et un bon petit déjeuner à son réveil.

Je réfléchis à tout ça alors que le silence s'installe entre nous. Je pense à tellement de choses, comme toujours.... Je pense surtout aux lettres de Christopher. Enfin, à celles du soldat du coup.... Je pense qu'il vaut mieux en parler maintenant, arracher le sparadrap une bonne fois pour toute et ensuite ne plus jamais en reparler. Je dois lui dire tout ce que je ressens et ensuite.... ensuite..... Advienne que pourra.

C'est donc le moment des confessions, j'ai commencé à lui ouvrir mon cœur et je n'ai cessé de lui ce que je pense ou ce que je ressens. La culpabilité mais également l'amour que je lui porte. Je ne peux plus faire comme s'il n'existait pas. Je n'attends rien de lui mais... J'avais besoin qu'il le sache. Qu'il sache que j'ai... espéré son retour en Angleterre, pas forcément pour moi mais juste.... pour savoir qu'il était vivant... Je venais de perdre mon mari, même si je ne voulais pas l'admettre, je ne voulais pas le perdre lui aussi. Je veux qu'il sache que j'ai été sincère pendant tout ce temps, que j'espérais vraiment son retour, sa sécurité et que je priais vraiment pour lui. Je l'aime, mon Dieu.... Pardonnez-moi...
Une fois que j'ai finis de lui faire ma déclaration, je pars me réfugier dans ma chambre pour essayer de contrôler mes émotions et pour pleurer à l'abri des regards, je l'avoue. Mais il a bien fallu que je retourne dans le salon à un moment ou à un autre.... Aussi, quand j'ai finalement réussi à prendre mon courage à deux mains, je me suis essuyée les yeux et je suis retournée affronter le soldat.

À peine fus-je entrée dans la pièce qu'il commence déjà à me parler. Ses mots me font du bien mais ça ne chasse pas forcément ma culpabilité. Je ne sais pas si quelque chose le pourrait un jour.... Je pose tristement mes mains sur mes bras comme pour y trouver du réconfort. Je continue de l'écouter et c'est là qu'il marque une pause.... Mon regard qui jusque-là était fixé au sol, se lève et se plante directement dans le sien. Et là.... Il m'avoue m'aimer en retour.... Et ce depuis toujours.... Il...Il m'aime sans doute depuis autant de temps que moi.... Il m'aime tout en sachant que j'étais une femme mariée et une mère.... Il m'aime...
Je reste muette et immobile pendant un moment, laissant l'information monter au cerveau puis tout en le regardant, en voyant son air penaud du garçon qui aime une fille mais qui n'en a pas le droit, je me dis : Personne ne peut contrôler ses sentiments, on ne choisit pas vers qui notre cœur va se tourner.
Il ne m'en fallait pas plus pour lui sauter dans les bras et lui offrir mon meilleur baiser. Pourquoi ? Parce que j'en ai envie, oui j'en ai profondément envie et mon Dieu que c'est bon. Notre baiser est totalement différent de celui de la gare, il est doux, chaud, emplis de remords et en même temps de soulagement.... Il est intime sans être érotique, non, c'est juste un moment que l'on passe tout les deux à l'abri des regards après tout ce temps.... Tout ce temps que l'on a passé à pleurer chacun de notre côté.... c'est derrière nous maintenant. Maintenant, on sait ce que l'on éprouve l'un pour l'autre ! Ça ne change pas au fait que je sois une veuve qui n'a que quatre ans de veuvage. Mais là tout de suite, plus rien n'a d'importance. Je ne pense à rien du tout. Même pas à Lily qui dort paisiblement et qui ne se doute pas que sa mère se sent à nouveau une femme heureuse.

Je ne sais pas combien de temps dure notre baiser, je me souviens juste de mes mains sur sa nuque ou dans ses cheveux, du battement de nos cœur à l'unisson, de ses mains qui se referment sur moi... Des larmes coulent sur mes joues, non pas de tristesse mais de bonheur et de soulagement. Je ne veux pas me dire que ce que je fais est mal, je veux juste me dire que j'ai de nouveau trouvé un sens à ma vie.

Nous avons quand même dû nous séparer pour reprendre notre souffle, j'ai posé ma tête sur son cœur pour l'écouter en souriant.

"Je ne veux pas me demander de quoi sera fait demain. Je veux simplement profiter de vous aussi longtemps que je le pourrais..."

Après tout il n'a peut-être pas envie d'être avec moi. Je veux dire, pour que nous puissions avoir un avenir ensemble, nous devrons être discrets, il devra me faire la cour, faire bonne figure devant le voisinage, s'intégrer rapidement et facilement pour que le jour où nous commencerons à nous exposer ensemble il y ait le moins de ragots possible qui circulent... Mais allez demander à un homme qui a risqué sa vie chaque jour de se plier aux règles de la société. Pourquoi s'infligerait il cela ?! Soupire.
Je vais laisser toutes mes questions, mes doutes et mes peurs de cotés et profiter de lui. De cette nuit. Rien que de savoir qu'il va passer la nuit ici m'emballe comme une adolescente, mais mes responsabilités de mère me ramène vite à la réalité ! Il va falloir que je dépose rapidement Lily à l'école pour éviter qu'ils ne se croisent. Ma petite chipie serait capable de jouer les fouines indiscrètes ! Et c'est une enfant, elle pourrait par inadvertance dire à une de ses camarades qu'il y avait un homme à la maison ce matin et là je pense que la mère de Christopher va en faire une attaque ! Certaines de mes voisines me regarderont comme la putain du quartier.... Non ! Non je ne peux pas m'infliger ça ou infliger ça à Lily.

À contre cœur, je me sépare de lui pour commencer à débarrasser la table et m'assurer qu'il ne manquera de rien dans la nuit. Je lui ai déposé un verre et une carafe d'eau sur la table de nuit, il a un drap et une couverture ainsi que des oreillers.

"Vous pouvez dormir dans ma chambre, le lit est confortable ça vous fera du bien. Je vous avoue que c'est mieux pour Lily... Vous pourrez dormir tranquillement et moi je me chargerais de l'emmener à l'école."

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