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 The war in Europe is over... but not in my head

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Thalya8
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CRÉDITS : Profil : Ben Whishaw, dans "Bright Star"

UNIVERS FÉTICHE : Réel - Historique - Mythologie - Dérivés de films/livres...
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Le contexte du RP
Mise en situation
La situation

11 novembre 1918. La guerre est terminée. L'Armistice est signée. Fini, les coups de feu incessants. Fini, les bombardements menaçants. Fini, la boue et la poussière. La guerre s'est achevée. La guerre est gagnée.

Victorieux, les soldats britanniques traversent à nouveau la Manche pour retourner chez eux. Retrouver leurs épouses, leurs enfants, leurs parents, leurs amis. Retrouver une vie normale. C'est ce à quoi chacun d'entre eux aspire.

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Thalya8
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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volée mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

1919

Ainsi la guerre s'est achevée. Presque du jour au lendemain, les combats ont cessé. L'Armistice fut signée le 18 novembre 1918, l'Allemagne vaincue. Le silence a repris ses droits. Plus de coup de feu, plus de cris ; la boue, le froid, la fatigue. Tout est désormais derrière eux. Partie du passé, d'un passé que l'on veut oublier.

Les démobilisations ne se sont pas effectuées dans l'immédiat. Les hommes attendaient des jours, des semaines, et parfois des mois avant de rentrer en Angleterre. Les soldats justifiant d'une offre d'emploi étaient prioritaires. Jonathan Reed n'en faisait pas partie. Simple vendeur dans une épicerie avant la guerre, il n'avait sûrement pas conservé son poste. Impossible donc pour lui de justifier un emploi assuré à son retour au pays. Il dut donc attendre plusieurs mois avant de pouvoir rentrer. Mais cela lui était égal. Un, deux, trois mois ou plus, il ne faisait plus la différence. Cela faisait des années qu'il attendait. Quatre années. Bien loin de la guerre de courte durée qui leur avait été annoncée.

La guerre est terminée. Cela semble trop beau pour être vrai. Jamais Jonathan n'aurait pensé vivre assez longtemps pour voir la fin de la guerre. Jamais il n'aurait imaginé survivre. Nombre de soldats, de connaissances et d'amis, n'ont pu assister à cette victoire. Sont tombés et ne se sont jamais relevés. Guerre meurtrière. Des hommes valeureux, qui, selon lui, auraient plus mérités que lui d'être encore en vie. Des hommes qui auraient dû avoir encore tant d'années devant eux.
Un terrible sentiment de culpabilité envahit Jonathan. Pourquoi lui ? Pourquoi lui a-t-il survécu tandis que tant d'autres ne reverront plus jamais les lueurs du jour ? Il avait la terrible sensation d'avoir volé la vie de ces hommes. De leur avoir volé leurs instants de bonheur, leurs espoirs d'avenir. Culpabilité douloureuse.

Christopher Wilson. Ce nom le hantait chaque jour, chaque nuit. Le nom de cet homme infiniment bon que la mort a emporté bien trop tôt. Le nom que Jonathan s'est approprié le temps de quelques mois. Seuls mois qui ont pu le rapprocher de la vie normale, qui avait lieu en Angleterre. Correspondance passionnée avec cette tendre Rose, dont les mots doux lui permettaient de s'extirper de l'enfer de la guerre, ne serait-ce que quelques instants. Précieux instants à jamais perdus. Duperie découverte, jamais il ne put à nouveau se regarder en face dans un miroir. La honte le submergeait, à le noyer de remords. Que lui était-il passé par la tête ? Pourquoi avait-il osé jouer des sentiments de cette jeune femme innocente et aimante, qui pensait parler à son mari, déjà mort ?
Il ne pouvait plus s'en passer. Chacune de ses lettres étaient pour lui une délivrance, un réconfort précieux. Et lorsque la correspondance prit fin, il fut privé de tout appui. Son corps était peut-être en France, mais son esprit vagabondait dans les méandres du chagrin.


***


Retour en Angleterre. Le trajet ne fut pas si pénible qu'il ne le pensait, et se déroula sans encombre. Certains festoyaient, heureux de la fin de la guerre. Mais Jonathan n'avait pas l'esprit à la fête. Il avait le cœur lourd. Il ne savait plus sourire.

A la gare, les proches attendaient leurs héros revenir du front. Des épouses, des enfants, des parents. Tous étaient rassemblés pour accueillir leurs hommes depuis si longtemps partis. Pour la plupart d'entre eux, ils ne s'étaient pas vus depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Dans la foule, recherche d'un regard familier, d'un sourire affectueux. Retrouvailles émouvantes, cris de joie, pleurs de soulagement. Chacun se serrait dans les bras, s'embrassait, souriait. Scène réconfortante, mais douloureuse pour ceux qui n'ont personne. Personne pour les accueillir, personne pour leur remettre les cheveux en ordre, personne pour leur chuchoter un "Je t'aime" à l'oreille.

Jonathan se frayait un chemin parmi les personnes rassemblées et célébrant le retour de leurs proches. Il observait chacune d'entre elles, et inclinait légèrement la tête lorsqu'on lui accordait un regard. Il espérait secrètement reconnaître quelqu'un. Espoir vain. Il savait qu'il n'avait aucune chance, qu'elle ne serait pas parmi eux. Et surtout, qu'elle ne voudrait pas le voir.

Rose. Malgré toute sa volonté pour l'oublier, il n'y parvenait pas. Son nom, sa photo, ses lettres ; tout était gravé dans sa mémoire. S'il éprouvait des remords pour ce qu'il avait fait, il ne regrettait pas cependant chaque mot qu'il lui avait écrit. Car il le pensait sincèrement. Il était persuadé de l'authenticité de chaque phrase. Même s'il ne voulait pas se l'avouer, il l'aimait. Il aimait leur correspondance, il aimait avoir des nouvelles de la petite Lily, il aimait recevoir de délicieux gâteaux. Il a conservé toutes les lettres qu'elle lui avait envoyées, et les relisait chaque soir, non sans verser de larmes. Il l'aimait. Il l'aime.

Son cœur ne fit qu'un bond dans sa poitrine. C'est elle. Élégante chevelure brune, traits fins, les yeux d'un vert profond. C'est elle, sans l'ombre d'un doute. Il s'arrêta soudain, l'observant de loin. Elle était accompagnée d'autres femmes, qui étaient désormais au cou de leurs hommes. Elle esquissait un léger sourire, le même que celui sur la photo qu'elle a envoyée.

L'hésitation le saisit. Pouvait-il se placer devant elle et lui avouer qu'il était celui avec qui elle a correspondu pendant plusieurs mois ? En avait-il seulement le droit ? Son esprit refusait catégoriquement, mais son cœur ?
Il avançait lentement.

Oeuvre du hasard ? Du destin ? Nul ne saurait le dire. Mais c'est alors que le mouchoir qu'elle tenait dans sa main tomba par terre. Elle ne sembla pas s'en rendre compte.

Jonathan s'approcha lentement, et arriva à la hauteur de la jeune femme, derrière elle. Il se baissa et ramassa le morceau de tissu.


« Excusez-moi, Mademoiselle ? » commença-t-il non sans une certaine appréhension. « Je pense que vous avez fait tomber ceci. » dit-il en lui tendant le mouchoir, qui, en réalité, ne pouvait pas mieux tomber. Il n'aurait pu espérer meilleure approche.

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Cheval de Troie
Cheval de Troie
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Narnia

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Rose Wilson

J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu.... Elle l'a gardé mon mari.... Plus jamais je ne reverrais mon époux, ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux.
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Emilia Clarke :copyright:️ Google



Les quatre dernières années que je viens de vivre ont été un enfer. J'ai vu mon mari partir à la guerre pour ne plus jamais en revenir. J'ai vu mes voisins, mes amis, partir et ne plus jamais revenir. J'ai été l'épaule réconfortante de plus d'une voisine et/ou amie qui devait surmonter la perte d'un père, d'un époux, d'un frère ou d'un fils... J'ai vu ma ville bombardée, j'ai vu la fumée dans le ciel et les enfants se couvrir le visage car ils n'arrivaient pas à respirer. J'ai entendu les messages d'encouragement dans les radios et les pancartes dans les rues disant que nos hommes reviendraient victorieux de cette guerre. Mensonge. Mensonge ! Cette guerre n'aura pas fait de nos hommes des héros, elle n'aura propagé que le malheur et la souffrance. Par-dessus tout, elle aura indéniablement rempli nos cimetières. Je ne compte plus le nombre de veuves éperdues, dont je fais maintenant partie, qui vont chaque jour arroser les fleurs sur les tombes des membres de leur famille. Je ne pensais pas passer autant de temps dans un cimetière à seulement vingt quatre ans. J'y vais d'abord pour mon père et puis maintenant pour Christopher qui n'est pas enterré très loin. Bien entendu, Chris est aux côtés de son père que j'arrose à chaque fois que je viens rendre visite à mon mari.

Quand j'ai appris son décès, j'ai eu l'impression que le sol s'ouvrait sous mes pieds et que je tombais en  continue pour l'éternité. Que plus jamais je ne retoucherais la terre ferme. J'ai compris alors que cela fait des mois que je corresponds avec un homme qui n'est pas mon mari. Que je lui livre mes doutes et mes angoisses, mais aussi mais désirent les plus intimes alors qu'il n'est qu'un inconnu... Je... Je lui ai parlé de ma fille, je lui ai dit que je l'aimais, je lui ai parlé comme une femme parle à son mari dans l'intimité et pourtant... Cet homme...je ne le connais pas ! Seigneur, rien que d'y repensais j'en ai le tournis.
Il paraît qu'après l'envoi de ma dernière lettre, ma tension a de nouveau chuté et j'ai de nouveau fait un voyage à Bristol dans un hôpital de bonne sœur. Cette fois, j'y suis restée plusieurs mois pour me remettre de ma dépression et pour reprendre du poids. Lily a été confiée à ses deux grands-mères et me rendait visite tous les deux jours accompagnée de l'une de ses deux mamies. Je ne les remercierai jamais assez de leurs soutiens. Je pensais être une femme forte mais j'ai encore tellement de choses à apprendre de mes prédécesseurs.

Ma rééducation à Bristol a plutôt été bénéfique, je me suis remplumée et j'ai cessé de broyer du noir... Ce n'est vrai que depuis que j'ai appris que ma vie ces derniers mois n'a été qu'une grosse supercherie, je me suis vraiment laissé tomber dans une déprime des plus totales. Je n'avais plus gout à rien, j'ai arrêté de manger, de dormir, je ne faisais que pleurer. Cette guerre aura été l'épreuve la plus dure de ma vie... J'ai honte de l'admettre mais je ne m'occupais même plus de Lily. J'étais devenue une épave... Heureusement que mes voisines se sont vite alertées de ne pas me voir sortir pendant quelques jours, ce sont elles qui ont contacté ma mère et ma belle-mère pour leur dire que je n'allais pas bien. Ma voisine s'est occupée de ma fille jusqu'à ce que ma mère arrive. Vous vous rendez compte, je n'ai même pas été fichue de m'occuper de mon bébé... Rien que d'y penser, j'ai envie de retourner en dépression !

"Oh ma chérie..."


Avait dit ma mère en me retrouvant dans mon salon, en boule sur le sol en train de pleurer. Elle s'est alors précipité sur moi pour me prendre dans ses bras.

"Maman, Chris est mort....Il est mort..."

Bien sûr, cela faisait plusieurs jours que j'avais appris son décès, mais il m'a fallut du temps pour m'en remettre.Ma mère me serra encore plus fort en me caressant les cheveux.

"Je sais, je sais ma chérie... Mais tu sais, il est avec ton père et le sien maintenant, ils veillent sur toi et sur Lily maintenant."

Je m'en fiche. Clairement. Je m'en fous. Je veux que mon mari veille sur moi à mes côtés... À force de penser comme ça, c'est sans doute ce qui m'a fait basculer tête la première dans la dépression.
Après cette scène, ma mère a appelé un médecin qui m'a conseillé de me faire hospitaliser le temps de ma convalescence et c'est ce jour-là que commença mon séjour à bristol.


***


Aujourd'hui, cela fait deux semaines que j'ai quitté Bristol avec beaucoup de mots de soutiens des bonnes sœurs qui ont toutes été adorables envers moi. Je ne les remercierai jamais assez. Ma mère était aux anges de me voir si proche de Dieu, moi qui ne suis pas une fervente pratiquante comme elle le voudrait... Encore un point commun que je partageais avec mon défunt mari, bien que nous venions de famille très puristes, nous ne le sommes pas vraiment. Nous croyons en Dieu mais... nous n'allons pas à la messe tout les dimanches, je le reconnais.

Je me suis réveillée de bonne humeur, Lily a maintenant six ans, elle parle et marche parfaitement, elle est magnifique. C'est une petite fille très intelligente et dégourdie. Elle est très maligne et me joue parfois de mauvais tours ce qui lui vaut d'être réprimandée. Ma petite fille me fait vivre l'enfer d'avoir un petit garçon ! Mais je l'aime tellement, elle est si fantastique, elle n'a ni barrières ni limites, son imagination est sans frontières et sa malice n'a aucune concurrence. Ma fille est destinée à un brillant avenir, j'en suis certaine ! Elle est aussi douce, attentionnée, généreuse. Il n'y a pas une seule personne qui ne s'extasie pas devant Lily.

"Lily chérie, je vais aller à la gare avec Mme Jones. Est-ce que tu veux venir avec moi ou est-ce que tu veux rester chez elle avec ses enfants ?"

La question bête.

"Je veux rester chez elle, Doug m'a pris une bille ! Je dois la reprendre !"

Ma petite fille est bien déterminée à avoir sa revanche sur le petit Doug Jones qui l'aurait apparemment battu à plat de couture au jeu des billes. Je souris tendrement.

"Soit. Vas donc t'habiller, dans dix minutes nous partons."

Ma fille, obéissante, s'en va dans sa chambre pour enfiler une petite robe que je lui ai confectionnée. Elle l’accessoirise d'une jolie paire de chaussures que sa grand-mère lui a offert pour son anniversaire. Elle revient vers moi avec un ruban pour que je lui attache les cheveux.

"Tu es sûre de vouloir mettre ces chaussures ? Si tu les abîmes, mamie sera triste et je ne t'en achèterais pas de si tôt, tu le sais, Lily."

Elle hoche la tête pendant que j'enroule le ruban autour de ses cheveux.

"Oui je sais, mais je ne vais pas les abîmer !"

Mais oui, bien sûr. Je souris en roulant des yeux puis quand ma petite princesse est fin prête, je la conduis chez la voisine.

"Rose ! Quel plaisir de te voir !"


Je salue Abigaëlle Jones.

"Bonjour Abi, souhaites-tu toujours que je t'accompagne à la gare ? Car si oui, j'ai amené Lily pour qu'elle puisse jouer avec Doug et Gabe durant notre absence."

Elle hoche la tête et laisse entrer ma fille.

"Liz, pouvez vous amener Lily dans la salle de jeux je vous prie."

Demanda la maîtresse de maison à sa domestique. Je n'ai pas encore le luxe d'avoir une domestique, je fais tout, toute seule, mais je ne la juge pas pour autant.

"Rose, peux-tu repasser dans une heure, il faut que je finisse quelques bricoles avant de partir ?"

J'hoche la tête poliment, ça m'ennuyais mais bon, j'ai préféré ne pas le montrer.

"Pas de soucis, je repasserais dans une heure, dans ce cas !"

Une dernière embrassade puis je rentre chez moi et en profite pour faire un peu de rangement. Je me décoiffe, me déshabille et prends une douche revigorante. Je dois accompagner quelques amies à la gare pour qu'elles aillent y retrouver leur mari, leur frère ou leur père. Je suis profondément heureuse pour elles, mais en toute honnêteté, je ne sais pas pourquoi j'ai accepté. À part me briser une nouvelle fois le cœur, qu'est-ce que cette sortie va m'apporter ? Soupire. Peut-être ai-je besoin d'être confrontée à ce genre de situation pour guérir mon cœur ? Je n'en sais rien. J'ai beau ne plus être en dépression, mon cœur est vide.

Je sors de la douche, me sèche et m'habille rapidement. Je décide d'enfiler une robe blanche et fleurie qui me rend gracieuse. Mes cheveux bruns sont délicatement attachés sous mon chapeau et mon maquillage et léger. Mes lèvres rouges sont la seule touche de fantaisie que je m'octroie. Un coup d’œil sur ma montre, en réalité celle de mon père, m'indique qu'il est bientôt l'heure. Je prends donc mon châle et me dirige une nouvelle fois vers la demeure des Jones.


***


Abi vient me chercher avec son chauffeur et je monte dans sa voiture d'époque où se trouvent quelques voisines et amies à nous qui feront partie du voyage jusqu'à la gare. Par égard pour moi et une autre, les femmes ne parlent pas de leurs maris sur le chemin, on parle essentiellement de nos enfants, de la reprise du cours de la vie etc. Tant mieux, ça me change les idées.
Nous finissons par arriver à la gare, les femmes descendent, elles sont toutes impatientes de revoir leurs maris. Élise, une Française venue vivre en Angleterre avec son mari durant leurs fiançailles, a elle aussi perdu son époux. Je la regarde je vois qu'elle affiche le même sourire de politesse que moi mais elle aussi a le regard triste et perdu dans le vide. Pourquoi sommes-nous venues ? Pour soutenir nos amies ? Et alors ? Cela fait quatre ans que j'ai perdu mon mari et je m'en remets encore difficilement, pourquoi me suis-je infligée ce genre de souffrance ?

Je passe une main sur mon front avant de me détourner prête à rentrer chez moi à pied s'il le faut mais c'est là que le sifflet du train se fit entendre. Je suis bien obligée de rester maintenant et d'assister, impassible, aux retrouvailles de nombreuses familles dont je ne ferais pas partie.
Certaines de mes amis qui ont identifié leurs maris se jettent dans leurs bras, d'autres le cherchent encore du regard. Élise et moi restons en retrait, telle est notre place. J'expire calmement pour ne pas céder à la tristesse, je préfère me réjouir du bonheur de mes amis et compatriotes. La guerre est bel et bien finie et c'est ce qui compte.

Alors que je regarde une femme de mon âge se jeter dans les bras de son mari et tomber sur le sol avec lui, je vois la ferveur avec laquelle elle lui embrasse tout le visage, et je l'envie. Oui, vraiment, je l'envie. Je voudrais avoir quelqu'un sur qui me jeter, sentir mon cœur bondir dans ma poitrine, sentir les bras forts qui m'avaient tant manquez, me blottir de nouveau. Mon esprit divague alors et je me mets à penser à mes lettres. Ces lettres lues par un inconnu et pourtant vraies. Je... Je sais au fond de moi qu'il y avait des indices qui ne trompent pas quant à l'identité du récepteur de mes lettres, je sentais qu'il y avait anguille sous roche mais je ne voulais tout simplement pas me l'avouer. Et pourtant, j'ai continué d'écrire sans demander d'explication, sans même essayer d'éclaircir les doutes qui naissaient en moi. Je ne le voulais pas. Je voulais juste continuer de recevoir des lettres. Je me sens affreuse. Un monstre.
Je m'en veux cruellement de ressentir ce désir brûlant de mettre un visage sur cette personne....

Je sors mon mouchoir de ma manche pour essuyer les larmes naissantes sur les coins des yeux à force de repenser à tout ça. Je redresse la tête vers le ciel pour retenir celles qui essayent encore de s'échapper et ne sens pas que mon mouchoir s'envole au vent.C'est lorsqu'une voix masculine se fait entendre que descend de nouveau le regard.

Un homme charmant me tend mon mouchoir, il est en grand et costaud mais je pense qu'il paraît plus costaud qu'il ne l'est à cause de son uniforme. Je le regarde de mes yeux larmoyant avant de regarder mon mouchoir et de le récupérer.

"Merci."

Dis-je simplement. Non pas que j'ai voulu me montrer impolie, c'est juste que j'ai en quelque sorte perdue ma joie de vivre.

L'homme reste devant moi et une fois encore, je le regarde. Non. Je l'examine. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Une force en moi me pousse à le faire, mon instinct. L'instinct de la femme amoureuse. Les femmes amoureuses savent. Elles savent toujours.
Et là. Je fronce les sourcils en plantant mon regard dans le sien et sans prévenir une gifle atterrit sur sa joue qui a à peine bougé sur le côté. J'imagine qu'après avoir vécu la guerre ce n'était pas ma gifle qui allait lui froisser la mâchoire. Mais je l'ai mise plus pour le principe que pour la force.

"Mais enfin Rose, que t'arrive-t-il ?!"

Me demanda Elise, témoin de la scène. Avec la main du crime, je lui intime de se taire. Lui il sait pourquoi j'ai fais ça. Mes yeux ne le lâchent pas, je ne le fusille pas, oh non, je le mets juste en face de la vérité. J'en suis maintenant convaincue.
Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que je me demande s'il va pas finir par en sortir. Ce que je veux, c'est la vérité. Je veux que là tout de suite, il me dise toute la vérité.

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

L'effet d'une tornade. Tempête déchaînée s'abattant sur lui, sur sa joue, sur ses émotions. Ce n'est pas tant la force de la gifle qui fut douloureuse. Des blessures et des coups, il en avait encaissés par centaines ces dernières années. Non. Le simple geste suffisait à poignarder son coeur. La signification derrière ce geste. Colère, dégoût, chagrin ? Certainement tout à la fois. Mais à quoi s'attendait-il ? Après tant de mensonges et de faux-semblants ? La réaction était naturelle, pourrait-on dire. Mais elle n'en faisait pas moins mal.

Pourtant, de premier abord, rien ne présageait une telle violence. Il lui tendait le mouchoir, elle l'avait repris, prononçant un simple "Merci". Il entendait pour la première fois sa voix. Une voix qu'il s'était imaginée mille fois en lisant les lettres. Une voix qu'il s'était imaginée douce, un peu chantante. Mais celle qu'il venait d'entendre semblait sourde et triste. Une voix brisée.

Ainsi avait-elle deviné. Ainsi savait-elle que l'homme qui se tenait en face d'elle était celui qui, le temps d'une correspondance, avait usurpé l'identité de son mari.

Elle n'avait rien dit, mais son regard était assez éloquent. Les expressions du visage sont souvent plus révélatrices que les mots eux-mêmes. Un mélange de colère et de souffrance. Elle lui en voulait. Terriblement. Le jeune homme était confronté aux conséquences de ses actes.

Demeurant immobile, Jonathan soutint le regard de la jeune femme. Sans détourner les yeux. Autour d'eux, plus rien n'existait. Ni les autres femmes qui les observaient, ni les cris de joie des retrouvailles. Plus rien ni personne. Il ne restait qu'elle. Et lui.

Il savait qu'elle attendait une réponse, une explication. Mais les mots lui échappaient. Un déferlement d'émotions l'envahissait, l'empêchant de mettre de l'ordre dans ses pensées. Confusion totale.

« Je suis désolé », finit-il par dire. Simplement. Sincèrement.

Il était sincèrement désolé. Il était conscient des graves conséquences de ses actes. Faux espoirs brisés, violation d'une vie qui n'était pas la sienne. Tout cela, il le concevait très bien. Vérité dévoilée, il n'était plus qu'un imposteur aux yeux de la jeune femme.

Un imposteur. Cette simple idée était comme un poignard dans le coeur. Le mot se répétait en écho dans sa tête. Insupportable. Et cela durait depuis le jour où il reçut la dernière lettre, la nouvelle fatale. Voile du mensonge tombé. Depuis ce jour, il n'a cessé de ressasser, encore et encore, ce qu'il avait fait.

Etait-ce bien, était-ce mal ? S'il avait davantage réfléchi aux conséquences de ses actes, il n'en serait sûrement pas là, à essuyer l'affront d'une gifle dans une gare en rentrant de la guerre. Mais le fond en aurait-il été changé pour autant ? Non. Christopher est mort. Sombre réalité. Il était aussi cher à Jonathan, qui l'admirait et l'appréciait énormément. S'il y avait une personne sur qui il pouvait s'appuyer, c'était bien Christopher Wilson. Un homme sage et attentionné. Pas étonnant qu'il ait épousé une femme aussi formidable que Rose.
Mais parfois, Jonathan se surprenait à éprouver une certaine jalousie. Une jalousie à l'égard de cet homme, avec une famille qui l'attendait et qui pensait à lui de l'autre côté de la Manche, une famille avec qui communiquer, partager ses pensées, ses angoisses. Jonathan, lui, n'avait personne. Aucune famille qui l'aurait soutenu ou pleuré sa disparition. Personne. Alors, était-ce mal de rechercher un réconfort, n'importe quel soutien, dans ces moments terribles où il devait affronter la peur, le froid et la mort chaque jour ? Etait-ce mal de vouloir recevoir ne serait-ce qu'une bribe d'amour, d'attention, dans l'horreur de la guerre ?

C'était tout ce qu'il voulait. De l'amour, de l'attention. De savoir que sa vie comptait, qu'il n'était pas seulement un soldat remplaçable s'il venait à mourir. Un numéro de plus dans un comptage sordide. De savoir que sa vie ne se résumait pas à tuer. Avant tout, il avait besoin de se sentir humain.

Si seulement il pouvait lui expliquer tout cela. Lui révéler son coeur. Il n'était pas mal intentionné. Loin de lui la volonté de nuire. Tout ce qu'il voulait, c'était un soutien. Un phare le guidant dans l'océan déchaîné, comme il l'avait écrit.

Il voulait lui dire, mais il n'y parvenait pas. Aucun son ne sortait de sa bouche. Impuissant. Il se sentait si impuissant. Et pitoyable.

Si seulement elle pouvait lire en lui.

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Rose Wilson

J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Je vois dans son regard qu'il sait que je sais. Parfait, donc tout le monde sait. Et maintenant ? Qu'est-ce qu'il a à dire pour sa défense ? Comment peut-il m'expliquer qu'il se soit fait passer pour mon mari pendant toutes ces semaines ? Comment a-t-il pu continuer de m'écrire, me dire qu'il m'aime, regarder mes photos ?! Seigneur... Rien que d'y penser, je me mets à rougir et à fulminer encore plus ! Toute cette intimité volée ! Comment peut-il me l'expliquer ?

Le jeune inconnu soutient mon regard, en tout cas, peu importe ce qu'il va me dire, il est prêt à me le dire dans les yeux. Tant mieux, je serais capable de voir s'il ment ou pas. Je sais reconnaître quand un homme me ment. Je ne sais pas si c'est un don ou de l'instinct, mais en tout cas, je saurais le fin mot de l'histoire.

Je vois son regard qui s'affole, signe qu'il réfléchit à toute vitesse, je pense que ca doit être le chaos dans sa tête.... Mon visage se radoucit légèrement, compatissant de le voir si torturé à l'intérieur puis il me sort un "Je suis désolé." C'est tout ? Je sais qu'il est sincère, ça se voit. Il ne me ment pas. Je sens qu'il est profondément désolé. Mais ça ne me suffit pas....
Désolé de quoi ? D'avoir volé l'identité de mon mari ? De vous être immiscé dans ma vie privé ? D'avoir volé le cœur d'une veuve ? De quoi donc êtes vous désolé monsieur l'inconnu ?
Je fronce encore plus les sourcils, ce n'est pas la réponse que j'attendais, j'en veux plus. Je veux qu'il me dise pourquoi il a fait tout ça ? Pour s'amuser ? Pour passer le temps ?

À nouveau, je vois ses yeux qui s'agitent, il réfléchit encore et encore. Il se répète des choses dans sa tête qu'il ne me dit pas à moi. Pourquoi ? Pourquoi ne me parle-t-il pas ?

" Votre éloquence vous échappe ?! Vous n'étiez pas avare de belles paroles dans vos lettres pourtant. Et tout ce que j'ai aujourd'hui, c'est un misérable "je suis désolé" ?! Tout cela n'était donc qu'un jeu pour vous ? "

Cette fois, mes pupilles le transpercent, j'attends sa réponse avec impatience et j'espère que mes yeux lui font suffisamment mal pour qu'il me sorte une réponse plus convaincante que ses excuses.

Ni lui, ni moi n'avions remarqué que tout le monde nous observait. Mes amies s'étaient réunies autour de nous avec leur mari pour écouter notre histoire. Des inconnus ralentissaient en marchant près de nous pour nous écouter également.... Toute la gare avait l'air subjuguée par cette histoire de supercherie. Heureusement que mes yeux n'avaient d'yeux que pour lui, car je me serais fait un plaisir de remballer tous ces vautours ! Mais je n'avais aucune idée de ce qu'il se passait autour de moi, je ne faisais attention qu'au soldat en face de moi. Ce soldat qui avait vu les pires atrocités de la guerre et qui pourtant n'arrivait pas à trouver ses mots devant moi. Pourquoi ? Je veux savoir pourquoi. Mon cœur en a besoin. Je veux savoir si j'ai été la seule idiote de cette histoire à avoir donné mon cœur.... Voilà, les larmes me montent aux yeux. Seigneur, pardonne moi. Christopher, mon amour.... pardonne moi..... Pardonne-moi d'avoir aimé cet intrus aussi fort que toi. Pardonne-moi de l'aimer encore même en sachant la vérité. Pardonne-moi, pardonne-moi.

Et là je craque, mon visage se baisse car je refuse qu'il me voie pleurer, je lui tourne le dos et m'élance dans la foule en pleurant, voulant m'échapper de cette situation que je ne suis peut-être pas prête à affronter. J'ai une boule dans la gorge, mon cœur tambourine contre ma poitrine et mes larmes ne cessent de couler si bien que je ne vois même pas où je vais... Je suis obligée de m'arrêter pour essuyer mes larmes. Tremblante, je m'adosse à un mur pour ne pas tomber et pour continuer de déverser mon chagrin. Je repense à mon merveilleux mari, si aimant, si gentil... Mais j'ai aussi le visage de cet homme, qui revient sans cesse... Ses lettres tournent en boucle dans ma tête ! Je n'arrive pas à les chasser ! Une main sur chacune de mes tempes, je presse ma boîte craniène en espérant que cela suffise à faire sortir toutes ces pensées de ma tête mais rien n'y fait. Je continue de pleurer comme une idiote, en ce jour de fête pour la plupart de mes compatriotes.


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Thalya8
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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

Comme il aurait pu s'y attendre, sa réponse ne la satisfaisait pas. Insuffisante. Elle l'a même davantage contrariée. Pourquoi ne parvenait-il pas à lui dire la vérité ? Simplement la vérité. Toutes les pensées qui lui ont traversé la tête mais qu'il n'a pas su transformer en paroles. Comme il le faisait dans ses lettres. C'est vrai, ses mots lui venaient naturellement à ce moment-là. Sans aucune censure, il livrait le fond de ses pensées, ses émotions, ses sentiments. Tout.

Tout lui avouer, tel était le plus judicieux. Sûrement comprendrait-elle. Pourtant, Jonathan ne trouvait pas ses mots. Elle avait raison, son éloquence lui échappait. Il demeurait immobile, à la regarder. Tellement que l'on pourrait penser qu'il ne ressentait rien. Qu'aucune émotion ne traversait son coeur. Ce qui n'était pas le cas. Mais il ne savait plus réagir normalement. Pendant des années, il avait tué. Tuer pour vaincre, tuer pour survivre. Resté trop longtemps à la guerre, face au sang et aux cadavres. Si auparavant une part joviale vivait en lui, elle s'est perdue dans les cendres des tranchées, en France. Le jeune homme rempli d'espoir et de confiance en l'avenir n'était plus.

Rose baissa la tête avant de lui tourner le dos et partir. Brusquement. Un bref moment d'hésitation s'ensuivit. Puis sans réfléchir davantage, Jonathan se dirigea dans ses pas. Sans porter attention aux personnes qui les observaient avec curiosité, il se faufila parmi la foule.

Il courait, s'arrêtait, observant chaque visage et demeurant attentif à chaque son. Le souffle court, il avançait, se retournait. Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Et si elle était partie pour ne plus jamais revenir ? Cette idée n'était pas invraisemblable, mais elle était douloureuse. Car la vérité, c'est qu'il s'est attaché à cette jeune femme. Il s'est attaché à celle avec qui il a correspondu pendant tous ces mois. A qui il a confié ses angoisses et ses peines. Celle qui l'a soutenu alors que tout le monde l'avait abandonné. Elle représentait beaucoup pour lui.

Il la retrouva finalement, adossée contre un mur, la tête enfermée entre ses deux mains. Des larmes coulaient sur ses joues. Il s'approcha lentement. Les gens passaient autour de lui, mais il les ignorait. Son attention se focalisait sur cette silhouette qui paraissait si fragile. Cette femme si brave que les épreuves douloureuses ont ébranlée.

Il arriva devant elle. Avant qu'elle ne lève les yeux, il lui dit doucement :
« Je suis désolé. Mais sache que cela n'était pas un jeu. J'étais sincère, absolument tout que j'ai pu dire était sincère. Et... »

Si bien élancé, il s'arrêta cependant. C'est vrai, tout ce qu'il a dit était sincère. Y compris les fougueuses déclarations d'amour. Les joies, les malheurs, les espoirs qu'il a pu écrire. Absolument tout était sincère. Face à sa feuille, il n'avait pas hésité à confier ses pensées les plus profondes. Seulement, là c'était différent. Pourquoi ? Certainement parce qu'à cet instant précis, il n'avait aucune protection. Celle que lui prodiguait l'identité de Christopher Wilson s'est envolée. Celui qui parlait désormais, c'était Jonathan Reed.

Pourtant il poursuivait. Ce n'était plus sa raison, mais son âme qui s'exprimait. Dépassé la surprise des retrouvailles, il avait besoin de parler. Il avait besoin de se confier à nouveau, de partager ce fardeau bien trop lourd pour ses épaules.

« La guerre a été atroce », reprit-il d'une voix grave. « La plus horrible chose qui puisse exister sur cette Terre. Chaque jour, nous voyions des hommes mourir. Des hommes que nous n'avions connu que depuis peu, mais qui représentaient notre seule part d'humanité. Des centaines, des milliers d'amis nous ont été enlevés. » Il s'arrêta un moment, submergé par les émotions. Il sentait son coeur s'alourdir, au souvenir de la disparition de tant d'amis. Richard Miller. Christopher Wilson.

Il refoula son chagrin et ses larmes pour continuer. « Nous n'avions aucune perspective d'avenir. Seule la minute qui suivait comptait. Notre seul objectif était de survivre. Et certains avaient plus de chance. Ils pouvaient s'évader de toute cette horreur, recevant des lettres de leurs familles, des colis parfois. Quant à moi, je n'avais personne. Ni famille, ni amis. Et Christopher Wilson... » Il marqua une brève pause à l'annonce de ce nom. « ... était un homme bon, que j'admirais énormément. Lui aussi avait une famille qui l'attendait en Angleterre. Une famille dont il me parlait chaque fois qu'il en avait l'occasion. J'apprenais à le connaître, à vous connaître, à travers ses descriptions. Il vous aimait profondément. »

Sur ces mots, il ne put retenir ces quelques larmes qui coulèrent sur ses joues. Des larmes de tristesse, des larmes de colère. Tous ces hommes morts si injustement ! Quoi qu'en disent tous les politiques, cette guerre était inutile, cette guerre était futile. Elle a envoyé à la mort des milliers d'hommes, de jeunes hommes qui avaient pourtant encore toute leur vie devant eux. E ceux qui ont survécu, c'est brisés qu'ils sont revenus. Pouvaient-ils encore être heureux après avoir connu toutes ces atrocités ? Bonheur envolé à jamais.


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Cheval de Troie
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J'ai 24 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis couturière et je m'en sors plutôt bien. Sinon, à cause de la guerre, je suis veuve.


En 1914, la guerre m'a enlevé mon mari pour qu'il aille défendre notre pays. En 1915, elle ne me l'a plus jamais rendu....Plus jamais je ne reverrais mon époux et ma fille ne connaîtra jamais son père.... J'ai été anéantie.
Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
Ma foi, au m'avait pourtant bien dit de ne jamais dire jamais.
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Aucune réponse. Rien. Envolées les belles paroles, les déclarations d'amour... Ses lettres résonnent encore dans ma tête.. Je les ai même encore conservées et dans des moments de nostalgies, je les relie.
Je me sens tellement bête et coupable de m'être laissée avoir et en même temps, je lui en veux à lui de ne rien trouver à me dire pour calmer mes tourments. Je voudrais qu'il puisse dire quelque chose qui m'enlèverait cette culpabilité de n'être qu'une femme indigne et infidèle tombée dans les bras d'un autre alors que le corps de son mari n'était même pas encore froid. Seigneur.... Suis-je vraiment cette personne ?
Et il ne dit toujours rien... Moi qui l'ai aimé, qui l'ai soutenu malgré tout à travers mes lettres, il ne me dit rien du tout. C'est plus que je ne peux en supporter.

Je me suis enfouis, enfouis comme une lâche. Moi qui voulais la vérité, j'ai eu peur qu'elle soit trop dure à supporter. Celle que je ne veux pas admettre à mon cœur. Je m'en veux. Ma culpabilité est trop présente dans mon esprit. J'ai honte. Honte que Christopher soit déçu de moi. Que pense-t-il de moi là où il est ? Pourrai-je un jour me pardonner ?
Et lui ? Pourquoi occupe-t-il mes pensées ? Seigneur, pourquoi m'infliger ça ? Pourquoi est-ce que son visage me donne envie de faire tout ce que je peux pour le voir sourire. Pourquoi est-ce qu'en sa présence, j'ai eu envie qu'il me serre dans ses bras ? Je voudrais être libérée de toutes ces questions une bonne fois pour toute. Je voudrais que mon cœur cesse de faire des cabrioles !

J'ai la tête qui me tourne tellement, je pleure, adossée contre le mur comme une pauvrette. J'essaye de retrouver mon calme, mais c'est dur, j'ai été confronté à beaucoup de sentiment tout à coup et c'est dur de réussir à tous les canaliser.
Quelques minutes passent et les quelques passants qui marchent à mes côtés me jettent quelques regards curieux avant de continuer leur chemin, en ces temps de fin de guerre, il est normal de voir des femmes pleurer. On en voit même plus qu'il n'en faut, malheureusement.
Je continue de sangloter quand je vois des chaussures apparaître dans mon champ de vision. Je ne relève pas la tête, au contraire, je tourne le regard sur le côté en fronçant les sourcils. Mais en vérité, une partie de moi est heureuse qu'il m'ait retrouvé. Je vais peut-être enfin entendre les mots qui soulageront mon cœur....

La partie la plus farouche de moi se moque bien de ce qu'il a à me dire, mais la partie la plus attachée à lui, celle qui se languit de pouvoir plonger son regard dans le sien, écoute chacune de ses paroles avec attention.

Quand il dit avoir été sincère dans chacune de ses paroles, mon cœur bat la chamade, je me mords la lèvre pour me retenir de le regarder, je ne veux pas que mon regard le perturbe d'une quelconque façon alors qu'il est si bien lancé.

Il me parle de la guerre et je pince mes lèvres, c'est vrai que je me dois d'essayer de me mettre à sa place avant de le juger. Plus il parle, plus je l'imagine en train de vivre les tourments de la guerre. Mon dieu, quelle épreuve... Et il a survécu, il a réussi à échapper à tout ça, même si mon bien-aimé mari n'aura pas eu cette chance. Il continue à me raconter les horreurs de la guerre puis là, je le fusille du regard. Il a connu mon mari.... Il a connu mon mari, il sait que je suis sa femme et il m'a quand même écris.

"Seigneur....Vous avez fait de moi une femme infidèle."

Dis-je en réalisant à quel point il a abusé de ma confiance. Ma culpabilité monte en flèche, j'éprouve des sentiments pour un homme qui a connu mon mari... Je tremble de tout mon corps et manque de m'évanouir, mais heureusement, l'inconnu a de bon réflexe et me rattrape de justesse dans ses bras forts. Je le regarde avec des yeux implorant la rédemption.

"Est-ce que vous croyez que Christopher me déteste de là où il est ? Croyez-vous qu'il m'en veut de vous aimer ?"

Puis je m'évanouis quelques instants, le temps que ma tension revienne à la normale, que mon cœur cesse de s'emballer. Le temps que mes idées se remettent en place. Puis j'ouvre encore les yeux. Je suis toujours dans la gare, mais dans un endroit moins fréquenté. Il n'y a que moi et lui, il me regarde, me veille, attends que je me réveille avec la mine inquiète sur le visage. Je rougis de le voir s'inquiéter pour moi. Je me redresse doucement et essaye de me reprendre en main.

"Je....Je suis désolée pour tous les torts que je vous ai causés..."

Je baisse la tête. Je...Je ne sais plus quoi dire, quoi faire. Je suis perdue et cette fois, j'ai besoin qu'il soit mon phare dans cet océan de questions, de tourments et d'angoisses. S'il ne m'a pas menti, il ne laissera pas mon cœur pleurer plus longtemps.

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


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Jonathan avait l'impression que jamais, jamais plus, il ne pourrait connaître à nouveau le bonheur. Il ne savait même plus sourire. Il ne savait même plus ce qu'était que rire ou sourire. Cette guerre a tout ravagé sur son passage. Elle lui a tout volé. Sa jeunesse, ses jours paisibles, ses rêves. Tout.

Alors il n'avait plus rien à perdre. Tout ce qu'il lui restait, il l'a perdu. Et pourtant. Pourtant, cette vision a été bouleversée lorsqu'il a reconnu Rose Wilson, sur le quai de la gare. Il l'a retrouvée, et il allait la rencontrer pour la première fois, en face à face. Tous les mots qu'elle lui avait envoyés raisonnaient encore dans sa tête. Même si elle a finalement été au courant de la tromperie, même s'ils ont cessé leur correspondance, il osait espérer. Espérer qu'elle lui pardonne, espérer qu'il puisse se confier comme il en avait eu l'occasion. Espérer avoir quelqu'un pour l'aimer. C'était certainement égoïste de sa part, et sûrement improbable, mais elle était tout ce qui lui restait désormais. Lorsque leur correspondance a pris fin, il en a été profondément attristé. L'unique lien qui le rattachait à sa part humaine avait été brisé.

Et à cet instant, il craignait de la perdre de nouveau.

A l'évocation du nom de Christopher Wilson, Rose le fusilla du regard. Un regard accusateur, où se mêlaient surprise et indignation. Un regard transperçant comme une flèche. Elle lui en voulait. Néanmoins, il ne comprit pas immédiatement le sens de ces mots. "Femme infidèle". Elle vacille, il la retient de justesse. Un combat intérieur semble se dérouler dans son esprit. Elle tente de se redresser, mais est encore chancelante. Plongeant ses yeux dans les siens, ce n'est pourtant pas de la colère qui transparaît. Mais un mélange de culpabilité et de tristesse.

"Est-ce que vous croyez que Christopher me déteste de là où il est ? Croyez-vous qu'il m'en veut de vous aimer ?"

Ces deux questions soulevèrent davantage d'interrogations à Jonathan, mais il n'eut pas le temps de répondre qu'elle relâcha entièrement son attention, manquant de tomber. Elle a perdu connaissance. Le jeune homme la porta de ses bras robustes, et atteignit un endroit moins fréquenté. Il la posa délicatement contre le mur, et l'observait, attendant qu'elle reprenne ses esprits. Elle a certainement dû encaisser trop d'émotions en si peu de temps, et il ne devait pas être évident pour elle de garder son sang-froid. Il espérait néanmoins qu'elle se réveille rapidement. Il s'inquiétait pour elle, et savait qu'elle n'avait pas eu la meilleure santé ces derniers temps.

Elle finit par rouvrir les yeux. Elle se redressa doucement avant de prendre à nouveau la parole.

« Vous n'avez pas à être désolée », dit-il sur un ton qu'il voulait rassurant, mais qui s'avéra davantage brutal. « S'il y a bien quelqu'un à blâmer ici, c'est moi. Et moi seul. Jamais je n'aurais dû succomber à la tentation de vous écrire. Je n'aurais jamais dû me faire passer pour votre mari. C'est moi qui vous ai causé du tort. »

Il tentait tant bien que mal de calmer ses émotions, mais ce n'était pas simple. Un torrent de pensées l'envahit, et il était incapable de distinguer la raison de la passion dévorante.

« Je me doute bien que tout ce que j'ai pu dire ne suffira pas pour me faire pardonner. Mais sachez que tout était sincère. Quand j'écrivais que vous étiez ma seule lumière alors que j'étais entouré de boue et de poussières. Que vos lettres seules me permettaient de ne pas devenir fou. Tout, absolument tout, je le pensais. » Il marqua une courte pause, avant de reprendre. « Je comprendrais que vous ne me pardonniez pas, et je ne vous en voudrais pas. Je voulais simplement que vous sachiez tout cela. »

Il s'arrêta pour observer de nouveau la femme qui se tenait devant lui. De près, sa beauté ressortait davantage. Ses cheveux ondulés, son visage fin et gracieux. Et ses yeux reflétaient la noblesse de son âme.

« Oh, pardonne-moi... » murmura-t-il d'une voix de détresse. Cette dernière phrase, il l'adressait à Christopher Wilson. "Pardonne-moi d'aimer celle qui fut ton épouse."

« Vous savez, votre mari ne vous déteste pas. Jamais il ne lui serait venu une idée pareille. Ce qu'il aurait voulu, c'est que vous soyez heureuse. Il n'aurait sûrement pas voulu vous voir ces yeux pleins de larmes et ce coeur sans joie. Mais je sais que c'est difficile. Que c'est une douloureuse épreuve à affronter. »

Lui-même, il ne croit plus avoir droit au bonheur...



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Mes lettres étaient remises à un imposteur que je croyais être mon mari, maintenant que je connais la vérité. Qui suis-je ? Je pensais être toute ma vie, la femme de Christopher Wilson, maintenant j'ai le sentiment de n'avoir plus aucune raison de vivre. Mon cœur saigne et j'ai le sentiment que plus jamais, il ne sera heureux. Plus jamais je n'aimerais quelqu'un...
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Je finis par me redresser et le regarde. Même avec la mine inquiète il reste plaisant à regarder. Ses cheveux bruns, qui tombent sur son visage, sont en harmonie avec ses yeux. Des yeux sombres qui contrastent avec les miens, clairs. Des yeux dans lesquels j'ai envie d'y voir mon reflet chaque nuit et chaque matin... Je rougis encore plus en détournant le regard alors qu'il commence à me parler. D'après lui, je n'aurais pas à m'excuser, il serait le seul fautif de cette histoire du fait qu'il ait répondu à mes lettres. Mais je ne suis pas d'accord. Je suis aussi coupable que lui car au fond de moi... Une petite voix me disait qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas et pourtant, j'ai continué à aimer cette personne de l'autre coté de la Manche. J'ai continué de lui écrire sans essayer d'éclaircir mes doutes... Je me suis volontairement voilé la face pour continuer à aimer en secret cet inconnu.

Quand je finis par accepter cette vérité, des larmes de hontes coulent sur mes joues en silence. Je suis si rongée par la culpabilité, que j'ai l'impression que mes larmes me brûlent les joues... Et en soit, c'est une punition bien mérité pour un adultère aussi scandaleux. Malgré tout, quand je finis par cesser de ne penser qu'à moi et que j'observe plus attentivement le soldat en face de moi. Je remarque que son regard est perdu et que sa voix tremble de toutes les émotions qu'il ressent et refrène. Pour la première fois depuis notre rencontre, je ressens de la peine pour lui et de la compassion. Alors lui aussi, il souffre autant que moi ? Je sèche mes larmes du revers de la main avant de prendre ses grandes mains salies par la guerre pour les mettre entre les miennes. Douces, délicates, fines, car il le faut bien pour coudre. Je réchauffe ses mains des miennes en le regardant toujours avant qu'il reprenne.

"Je....Je suis malgré tout, ravie de savoir que mes lettres vous auront apportées du réconfort." Je rougis en baissant le regard, mais en gardant toujours ses mains dans les miennes. "Je... Tout ce que je vous ai dit était aussi sincère. J'avais plaisir à vous raconter mes journées, les progrès de Lily. Je...Je priais pour vous."

J'ose de nouveau le regarder, je ne l'ai toujours pas lâché car je n'y arrive pas, mon corps refuse de se détacher de lui, et cette fois, il a l'air plus dévasté que jamais ! Il implore dans un murmure que je lui pardonne. Moi ? Peut-être. Ou peut-être pas. En ce qui me concerne, mon cœur lui a pardonné au moment où il m'a rendu mon mouchoir. Pour ce qui est de ma raison.... La culpabilité sera plus difficile à atténuer.

Il me parle de Christopher, du fait qu'il m'aimait et qu'il n'aurait pas voulu me voir comme ça. Seigneur. Mon pauvre Christopher. De nouveau, je me remets à pleurer. Je me sens idiote d'être si à fleur de peau ! Cela fait quatre ans maintenant que j'ai enterré mon mari, je ne devrais pas me mettre à pleurer pour un oui ou pour un non mais cette journée est vraiment trop intense pour moi. Éprouvante. C'est le mot exact.

Cette fois, je lâche ses mains pour les poser sur mes genoux. Quand je pense à mon mari, je n'arrive plus à toucher le soldat, non pas par rancœur, mais uniquement par remords. J'ai l'impression que ce que je fais est mal. Et c'est peut-être vrai. Je ne devrais pas ressentir l'envie de l'enlacer, ni l'envie de sentir ses bras se refermer autour de ma taille et me serrer avec force. Je ne devrais pas avoir envie de respirer son cou ni même avoir envie de l'entendre me murmurer des mots doux. Seigneur, alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que j'ai tant envie de ces choses ? Pourquoi est-ce que l'envie de sentir ses mains sur mon visage, me brûle la peau ? Pourquoi ?

"J'ai aimé mon époux. Je l'ai aimé depuis notre premier baiser jusqu'à son dernier soupire. Et même encore aujourd'hui, j'aime profondément mon mari. Je....Je croyais que toute ma vie aurait été bercée de ses rires, sa voix et ses caresses. Mais on m'a pris mon mari.... On me l'a arraché de mes bras aimants pour l'envoyer mourir au front au nom de la Liberté. Je remercie le ciel chaque jour que ma petite fille puisse grandir librement dans les rues... Mais pourquoi ? Pourquoi faut-il que pour le bonheur de ma fille, j'ai dû faire le sacrifice de mon époux ?"

Cette fois, c'est moi qui marque une pause pour essayer de ne pas fondre en larmes une nouvelle fois. Je respire calmement avant de reprendre.

"Quand je vous envoyais des lettres, je n'avais qu'une hâte, que vous rentriez. Que vous m'enlaciez, que vous m'aimiez... Je... Je pensais finir ma vie avec une personne à mes côtés pour laquelle j'aurais consacré ma vie à la rendre heureuse... Maintenant, j'ai l'impression de ne plus avoir de but dans la vie. Bien sûr, je suis une mère et c'est le plus beau métier du monde, mais..... En tant que femme. Qui suis-je ?"

Je plonge mon regard dans le sien en espérant y trouver une réponse. Je ne sais même pas depuis combien de temps nous sommes assis là dans un coin de la gare. Mes amies doivent me chercher, ou pas d'ailleurs. Je n'en sais rien et je m'en fiche. Je n'entends même pas les bruits parasites autour de nous, je n'ai véritablement d'yeux que pour lui et pour chacune de ses paroles. J'ai besoin de lui parler. C'est quelque chose que j'ai attendu depuis quatre longues années.

"Quand je vous écrivez, je me sentais utile, je me sentais aimée, tellement aimée... J'en avais besoin. Et...J'en ai encore besoin..."

Dis-je avec les joues vermeilles. Mon message subliminal est peut-être trop subtil ? Je n'en sais rien. Dans le doute, je détourne le regard, bien trop gênée pour assumer ce que j'y risque d'y lire. S...S'il n'éprouve pas les mêmes sentiments que moi, je n'aurai plus qu'à mourir de honte ici même et rejoindre l'enfer qui m'attend. Si en revanche, il partage les mêmes sentiments que moi, que suis-je censée faire ?

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Thalya8
Thalya8
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CRÉDITS : Profil : Ben Whishaw, dans "Bright Star"

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 26 ans. Déjà. La guerre est terminée, mais elle m'a volé mes jeunes années. Je n'ai aucun heureux souvenir, pas de sourires ni de rires, sauf des cris et du sang. Je retourne en Angleterre, plus seul que jamais.

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En 1914, il a été envoyé au front en France. En 1919, il retrouve sa terre natale. Il est encore en vie, alors que nombre d'autres hommes sont tombés aux combats. Des hommes qui étaient, selon lui, bien plus valeureux. Des hommes attendus par leurs familles qui pleureront la disparition de leur époux, père, fils. Alors que lui n'a personne. Personne qui aurait pu pleurer sa mort, personne pour venir l'accueillir à bras ouverts à son arrivée en Angleterre. Personne, en théorie...


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

Le regard de la jeune femme plongea dans celui de Jonathan, qui y lut non plus de la colère, mais de la compassion et une certaine mélancolie. Un regard posé, doux, attentif. Des larmes coulèrent lentement sur son visage délicat, dévoilant qu'elle était aussi en proie à de profondes réflexions. Il voulut la réconforter, mais ne savait comment s'y prendre. La violence de ces dernières années lui avait fait oublier la douceur et la tendresse que ce monde pouvait aussi déceler.

Lorsqu'il s'est lancé dans son explication, il ne put empêcher sa voix de trembler, son cœur de tambouriner violemment dans sa poitrine. Les émotions continuaient de tourbillonner en lui, et il essayait de choisir les bons mots, les mots justes.

Des frissons lui parcoururent tout le corps. Elle lui prit les mains. Des mains rugueuses, souillées par la guerre. Des mains responsables de la mort et du malheur de tant de personnes. Une rupture avec la délicatesse et la grâce des mains de la jeune femme. Jonathan n'avait pas contemplé une telle douceur depuis des années. Là où il n'avait connu que la douleur et la désolation, il n'y avait aucune place pour la douceur. Les seuls instants de réconfort avaient été les lettres.

Alors, elle aussi était sincère. Elle prenait plaisir à lui raconter ses petites anecdotes quotidiennes, elle priait pour lui. Bien qu'il n'était pas croyant -ou s'il l'avait été, il ne l'était plus-, il comprenait l'importance de cette confidence pour la jeune femme. Elle avait pensé à lui. Quelqu'un pensait réellement à lui ! De l'autre côté de la Manche, quelqu'un l'attendait. Etait-ce du soulagement, de la joie, qu'il ressentait à cet instant ? Peut-être un mélange des deux. Il était profondément touché par cette idée. Sa vie comptait aux yeux de quelqu'un.

Lorsqu'elle évoqua le nom de Lily, cependant, le sentiment de culpabilité revint à grand pas. Lily, le fruit de l'union de Rose et Christopher. Le fruit de leur amour. Elle qui pensait que toutes les nouvelles venaient de son père. De son "vrai" père. Son père qu'elle n'avait que peu connu et qu'elle ne connaîtra jamais. Son espoir de le revoir, cruellement brisé. Et pourtant, lorsqu'il recevait des nouvelles de la petite fille, lorsqu'il apprit les premiers mots qu'elle a prononcé, la tendresse dont elle faisait preuve avec les autres enfants, Jonathan la considérait comme l'une de ses proches. C'était comme s'il l'avait toujours connue. Pendant la guerre, il se surprenait sans cesse à penser à elles. A Rose et Lily. Ces deux fleurs qui égayaient ses jours et ses nuits.

Non seulement, il avait volé sa femme, mais il avait aussi volé sa fille. Il se sentait terriblement coupable. Et honteux. Comment pouvait-il simplement y songer ?

« Oh, pardonne-moi... » avait-il murmuré à l'égard de son ancien ami. Il l'était sincèrement, désolé.

Mais il était désormais impossible de revenir en arrière. Impossible de faire comme si rien ne s'était passé. Il avait envoyé ces lettres, elle lui avait répondu. Le mal était fait, tout du moins le destin a été scellé.

Jonathan lui reparla de son époux. Grave erreur, de rouvrir des blessures non cicatrisées. La jeune femme se remit à pleurer, et lâcha les mains du soldat. Ce dernier demeura immobile et silencieux. Il était conscient du combat intérieur qui devait l'animer en ce moment même. Lui-même se le livrait chaque instant.

Elle prit la parole. Elle laissait s'exprimer toutes ses pensées, toutes ses émotions qu'elle semblait jusqu'alors avoir étouffées. Jonathan l'écoutait soigneusement, sans l'interrompre. Tout ce qu'elle aurait à dire, il y serait attentif. Même si cela devait faire mal.

La guerre n'a épargné personne. Impitoyable envers tous et envers toutes. Toute une génération brisée.

Son époux lui a été arraché trop tôt. Elle qui était dans la fleur de l'âge, qui avait espéré vivre aux côtés de celui qu'elle aimait. Un rêve déchu. Jeunesse et espoir sacrifiés contre la liberté. Cruel contrat.

Pourtant, une lueur finit toujours par percer les ténèbres. Elle avait espéré trouver l'amour, trouver l'amour en cet inconnu qui lui écrivait si passionnément. Et lui aussi, cherchait à aimer et être aimé. Aimer une personne aussi douce que Rose. Oui, il voulait l'aimer. L'aimer de tout son être, de toute son âme. Il en avait l'envie, il en avait besoin. S'il avait survécu à toutes ces horreurs, n'était-ce pas pour la retrouver ?

« Je vous comprends. » murmura-t-il simplement.

Alors qu'elle détournait le regard, il s'approcha doucement. Il leva sa main près du visage fin de la jeune femme, et le tourna délicatement vers lui. Ce n'était plus son esprit ou sa raison qui le guidait, mais son cœur. Il rapprocha son visage du sien, tellement qu'il sentait sa respiration. Il posa ses lèvres contre les siennes, en prenant soin d'être le moins brutal possible. S'il avait été quelque peu indécis, son hésitation s'était désormais envolée.

C'était complètement fou. De la pure folie. Et pourtant, plus rien ne pouvait l'arrêter. Ni la culpabilité, ni la honte. Son cœur en avait assez de réfléchir, assez de souffrir. Il voulait aimer. Ce que penseraient les autres ? Là n'était point la question. Pour le moment.


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