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 A letter from France

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Thalya8
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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Le contexte du RP
Mise en situation

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La situation

Depuis 1914, l'Europe est prise dans les tourments de la guerre. Une terrible guerre. Une guerre qui dure trop longtemps. Nombre de femmes, de mères et d'enfants ont vu leur époux, leur fils ou leur père partir au front, sans savoir s'ils leur reviendront.

Elle fait partie de ces femmes. Son mari est parti combattre en France, si loin de son Angleterre natale. Avec cette promesse, la promesse de revenir vivant. Une promesse difficile à tenir dans un environnement si chaotique. Mais elle garde espoir. L'espoir fait vivre. Ils s'envoient régulièrement des lettres. Ils gardent contact, comme ils peuvent. Ils tentent de s'entraider mutuellement, malgré la distance qui les sépare. Ils continuent d'espérer.

Mais la guerre s'éternise. Les semaines, les mois, les années passent. Le conflit persiste.

Leur correspondance se poursuit. La jeune femme ignore néanmoins que son mari n'est plus, que c'est un autre homme qui a écrit ces mots. Des mots doux pour oublier l'horreur de la guerre.

Contexte provenant de MPs avec Cheval de Troie
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Thalya8
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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 22 ans. Malheureusement. Si j'avais été plus jeune, je ne me trouverai pas là, allongé dans cette boue. Seulement de quelques années. "Combattez pour votre fratrie, pour l'honneur de votre pays !" ne cesse-t-on de nous répéter. De belles paroles, héroïques, pas vrai ? Pourtant, nous ne sommes pas des héros. Quand on a le sang de centaines de personnes sur les mains, on n'est pas un héros.

En 1914, il a été envoyé au front en France. Au début, il n’y était pas si réticent. Sans aucune attache familiale particulière, une promesse de gloire pour la défense de son pays, il n’avait rien à perdre… jusqu’à ce qu’il comprenne à quel point la réalité était différente de tout ce qu’il imaginait. Il a rapidement été dégoûté par la guerre, ces combats sans fin qui n’apportaient que mort et terreur. L’unique soutien qu’il avait, c’était cet homme. Christopher. Il l’admirait, mais il l’enviait aussi. Une famille l’attendait. Jonathan, lui, n’avait personne.


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

18 juin 1915. France


Ma tendre Rose,

J'ai eu fort peu d'occasion pour t'écrire ces derniers temps. C'est avec un peu de retard que je t'écris cette présente lettre. Pardonne-moi, mon amour. Les heures sont rudes ici. Tout le monde fatigue. Toujours sur nos gardes, nous ne connaissons jamais le repos. Le sommeil nous échappe. Le bruit des bombardements, la crainte de ne pas se réveiller le lendemain. La crainte de la mort. Elle est partout, à chaque mètre qui nous entoure.

Mais chassons donc ces mauvaises pensées, ne serait-ce que pour un instant.

Vous êtes l'unique raison qui me raccroche à la vie. Vos visages radieux et vos sourires flamboyants. J'imagine souvent le jour de mon retour. Lily se précipiterait certainement dans mes bras, alors je la porterais et la serrerais contre mon cœur. Et à toi, ma chère femme, j'offrirai le plus précieux des baisers. Qu'il me tarde de rentrer chez nous, auprès de vous.

Tes lettres m'ont toujours été d'un grand réconfort. Je sens ton parfum et ta main parcourir ce papier, et cette unique pensée me remplit de joie. Mais quelle fut ma peine d'apprendre la maladie de notre fille ! Notre petite Lily ! Oh que j'espère que cela ne soit pas trop grave. Même si je sais que tu t'occuperas d'elle avec amour et tendresse. Elle a de la chance d'avoir une mère telle que toi. J'espère qu'elle se rétablira rapidement.

Envoie-moi de tes nouvelles, je te prie. J'aime lire tes mots remplis de tendresse. Ils me rappellent qu'il n'y a pas qu'horreur et désespoir en ce bas monde.


Je vous embrasse très fort, toi et Lily,



Christopher

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Cheval de Troie
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Pigeon

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Rose Wilson
Je m'appelle Rose Wilson. Je suis née le 14 Juillet 1895. J'ai 20 ans. Toute ma vie j'ai su que mon rôle serait d'être une bonne mère, une bonne épouse et une fille dont on pourrait être fier. Est-ce que je suis cette personne aujourd'hui ? Je ne saurais le dire, ce que je sais, c'est qu'il n'y a pas un jour qui passe sans que je n'essaie de l'être.


Deux ans. J'ai connu les joies du mariage uniquement pendant deux ans. Ensuite, la guerre a commencé et m'a enlevé mon mari... Mon tendre Christopher... J'ai l'impression que c'était hier qu'il caressait mon ventre rond avec un sourire niais aux lèvres. "J'espère qu'elle aura tes yeux !" Me disait-il. "Comment peux-tu savoir que ce sera une fille ? Il se pourrait que ce soit un grand gaillard comme son père." Lui répondais-je souvent. Il finissait toujours par me dire "C'est une fille, tu verras, la deuxième fleur de ma vie, c'est moi qui te le dis." Et bien sûr, il avait raison.


Emilia Clarke - Zuz'

24 Juin 1915. Angleterre


Mon aimé,

Avant toute chose, sache que Lily s'est remise de sa fièvre. Je me suis beaucoup inquiétée et étais dans l'obligation d'appeler ta mère. Bien que je n'apprécie guère la voir farfouiller dans ma maison, je dois reconnaître qu'elle aura été d'un grand soutient pendant cette période d'angoisse. Elle a tenu son rôle de grand_mère à la perfection et n'a pas lâché Lily une seule seconde, surtout quand moi j'étais trop fatiguée pour m'en occuper. Voir Lily devenir toute rouge, pleurer à chaudes larmes ou bien être totalement dans les vapes... Et toi qui n'est pas là pour me donner ton courage. Ces derniers jours ont été éprouvants autant moralement que physiquement.
Je soupire pour évacuer toutes ces émotions, que je suis égoïste de te raconter tout ça quand toi tu vis l'enfer au quotidien... Mon tendre amour, j'espère que tu n'oublies pas qu'ici je tiens bien les commandes, je veille sur notre fille et sur notre foyer comme si ma vie en dépendait. Ta mère a bien essayé de trouver des reproches à me faire mais elle a vite déchanté en constatant que malgré mon jeune âge, je parviens à gérer les soucis du quotidien sans l'aide de personne. Tu sais bien que j'ai horreur de passer pour une demoiselle en détresse, je ne suis pas qu'une simple femme et je compte bien le prouver.

En ce moment, je suis couturière, je prends n'importe quelle commande qui s'offre à moi du moment que ça me permet de ne manquer de rien. Les dames du quartier n'hésitent pas à me faire rafistoler le moindre tissu usé de leur maison ! Par moment, je ne sais plus où donner de la tête tellement j'ai à faire ! Cela dit, heureusement qu'elles sont là, elles sont toutes satisfaites de mon travail et c'est ce qui me fait tenir le coup. Quand tu rentreras, je me ferais une robe si magnifique, que je ne suis pas sûre que tu me reconnaisses ! J'en souris d'avance !  
Je soupçonne John Miller de Baker Street, de déchirer volontairement ses vestes pour me les amener et ainsi me faire ses avances, ma foi, il apprendra que Rose Wilson ne mange pas de ce pain la.

Enfin, ma semaine n'aura pas été extraordinaire, je te prie de m'en excuser. J'espère malgré tout t'avoir changé les idées. Si tu te demandes si ta mère est partie ? Bien entendu ! Dès que Lily fut remise en forme, je lui ai fais comprendre que sa présence n'était plus nécessaire, pardonne-moi chéri, mais j'aurais sans doute fini par l'étrangler dans son sommeil ! Ta mère n'acceptera jamais que tu aies pris une femme qu'elle n'approuve pas, ça, elle me l'a fait clairement comprendre. Si tu te demandes comment va notre fille, elle gazouille tendrement à mes côtés. Elle a retrouvé ses joues rosées, son teint de lait sa joie de vivre. Elle regarde toujours tes photos avec émerveillement et je crois qu'elle comprend vraiment ce que je lui raconte quand je lui parle de toi. Je lui parle tellement de son papa que ça ne m'étonnerait que le premier mot qu'elle dise soit "papa" si c'est le cas, je jure devant Dieu que tu me le paieras mon cher Christopher Wilson ! Je ne me démène pas ici comme une folle pour qu'elle soit aussi heureuse qu'épanouie pour ne pas avoir le privilège d'être son premier mot ! Et ne te moque pas de moi, je te vois d'ici rire à mes dépends !

Je dois bien trouver une fin à cette lettre même si je pourrais continuer de t'écrire pendant des heures, mais il va être l'heure du bain et du repas pour une certaine petite fleur. Tu nous manques, tu nous manques terriblement. Je me sens vide et incomplète sans toi. J'espère que tu continues à être cet homme bon et honnête que j'aime et admire, j'aimerais que tu sois aussi fier de moi que je le suis de toi. Je t'embrasse fort mon amour et te dis à plus tard, dans mes rêves.


Tu es la partie de moi la plus courageuse, tiens bon mon amour.



Ta Rose

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 22 ans. Malheureusement. Si j'avais été plus jeune, je ne me trouverai pas là, allongé dans cette boue. Seulement de quelques années. "Combattez pour votre fratrie, pour l'honneur de votre pays !" ne cesse-t-on de nous répéter. De belles paroles, héroïques, pas vrai ? Pourtant, nous ne sommes pas des héros. Quand on a le sang de centaines de personnes sur les mains, on n'est pas un héros.

En 1914, il a été envoyé au front en France. Au début, il n’y était pas si réticent. Sans aucune attache familiale particulière, une promesse de gloire pour la défense de son pays, il n’avait rien à perdre… jusqu’à ce qu’il comprenne à quel point la réalité était différente de tout ce qu’il imaginait. Il a rapidement été dégoûté par la guerre, ces combats sans fin qui n’apportaient que mort et terreur. L’unique soutien qu’il avait, c’était cet homme. Christopher. Il l’admirait, mais il l’enviait aussi. Une famille l’attendait. Jonathan, lui, n’avait personne.


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

29 juin 1915. France


Très chère Rose,

Que je suis rassuré de savoir que Lily s'est rétablie ! Non que dis-je, ravi même ! Je savais qu'elle serait bien entourée et que l'on prendrait soin d'elle. Je suis également soulagé de savoir que ma mère ne vous a pas trop importunées, et qu'elle t'a aidée à traverser cette épreuve.

J'étais absolument certain que je pouvais te faire confiance. Tu es une femme exceptionnelle, et tu n'as pas besoin de le prouver. D'autant plus que tes talents de couturière ont été récompensées - ces dames ne savent pas la chance qu'elles ont d'habiter près de chez toi. Il me tarde de te retrouver, vêtue de cette nouvelle robe de velours. Mais rassure-toi, je te reconnaîtrais entre mille !
(Je ne doute pas non plus de ta capacité à remettre ce John Miller à sa place !)

Surtout, ne t'excuse pas. Tu sais à quel point ces nouvelles, aussi banales te semblent-elles, me font le plus grand bien. Ne te prive d'aucun détail ! Cette vie quotidienne, paisible et tranquille, me manque terriblement, mais tes lettres me permettent de la vivre, d'une certaine manière. Me permettent de m'évader de cet enfer indéfinissable.

Ne te tourmente pas trop au sujet de ma mère. Je comprends à quel point la situation est difficile, qu'elle n'écoute généralement qu'elle et que son comportement peut t'insupporter. Mais l'absence d'un fils doit aussi lui être douloureuse. Vous êtes toutes deux des femmes au fort caractère. Néanmoins, il serait bien dommage que vous vous fassiez du mauvais sang en ces temps qui demanderaient plutôt de l'entraide. Je suis peut-être ingrat de te dire cela, et je m'en excuse si tel est le cas. C'est juste que cela me fait de la peine de voir deux femmes que j'aime se tourmenter ainsi.

Elle doit avoir bien grandi, cette petite Lily. Et peut-être ressemble-t-elle à sa mère, douce et joyeuse. Ce serait une si grande fierté que je sois son premier mot ! Mais je serais tout aussi fier si elle prononçait "maman" avant. (Après tout, il est vrai que tu mérites cette récompense certainement plus que moi)

Sache que vous me manquez aussi. Pas une minute, ni une seconde ne passe sans que je ne pense à vous. Voir vos doux visages me permet de tenir. De tenir au manque de sommeil et aux conditions de vie insoutenables. J'espère toujours que cette guerre prendra bientôt fin. L'espoir fait vivre, à ce que l'on dit.

Désolé, j'aimerais pouvoir parler d'autre chose. Ecrire des mots aussi tendres que les tiens. Je fais de mon mieux.

Et ne t'en fais pas, je suis déjà très fier de toi.


Que mes pensées s'envolent vers vous,



Christopher

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Cheval de Troie
Cheval de Troie
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Rose Wilson
Je m'appelle Rose Wilson. Je suis née le 14 Juillet 1895. J'ai 20 ans. Toute ma vie j'ai su que mon rôle serait d'être une bonne mère, une bonne épouse et une fille dont on pourrait être fier. Est-ce que je suis cette personne aujourd'hui ? Je ne saurais le dire, ce que je sais, c'est qu'il n'y a pas un jour qui passe sans que je n'essaie de l'être.


Deux ans. J'ai connu les joies du mariage uniquement pendant deux ans. Ensuite, la guerre a commencé et m'a enlevé mon mari... Mon tendre Christopher... J'ai l'impression que c'était hier qu'il caressait mon ventre rond avec un sourire niais aux lèvres. "J'espère qu'elle aura tes yeux !" Me disait-il. "Comment peux-tu savoir que ce sera une fille ? Il se pourrait que ce soit un grand gaillard comme son père." Lui répondais-je souvent. Il finissait toujours par me dire "C'est une fille, tu verras, la deuxième fleur de ma vie, c'est moi qui te le dis." Et bien sûr, il avait raison.


Emilia Clarke - Zuz'

4 Juillet 1915. Angleterre


Christopher, mon amour,

Tu serais si fier de voir que Lily est aussi forte que toi. Rien ne l'arrête à cette tigresse et j'en suis plus que ravie. C'est une battante et tu en serais le premier surpris. Toi qui pensais en faire une fleur délicate, je peux t'assurer qu'elle n'aura besoin de personne pour se défendre. Forte et indépendante, elle sera la digne fille de sa mère ! Haha ! Enfin, je dis ça mais elle n'a que deux ans, c'est difficile à dire pour l'instant, bien que, quand je l'emmène au parc et qu'elle s'amuse avec d'autres enfants, je vois bien qu'elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle arrive toujours à faire plusieurs tours de balançoire quand d'autres ne se sont même pas encore assis dessus ! Chipie sur les bords, je préfère la voir ainsi qu'affaiblit dans son petit lit d'enfant. Dynamique, souriante et intrépide, mon Dieu... Ce qu'elle me fait penser à toi.Ta mère a adoré passer du temps avec sa petite-fille, elle l'a beaucoup gâtée, trop à mon goût mais je n'ai rien dit car Lily sortait de maladie, elle méritait bien d'être chouchoutée. Cependant, je ne veux pas que ta mère l'habitue à céder au moindre de ses caprices !

Pour l'instant, je n'ai pas à m'en soucier, Lily n'est pas du genre capricieuse, bien heureusement. C'est un amour de petite fille mais j'imagine que je n'ai pas besoin de te le dire, tu le sais déjà.
Les femmes du quartier l'adorent aussi, quand elles viennent m'apporter leur commande, chacune d'elles s'arrêtent un instant pour contempler les boucles blondes et les yeux azur de notre petite merveille. "Une frimousse d'ange" c'est comme ça qu'on l'appelle. Je vais presque devenir jalouse de voir qu'elle attire autant l'attention ! Ma foi, je n'oublie pas qu'elle tient sa beauté de sa mère. Pas vrai ? Attention à ce que tu vas répondre, Wilson !
Les femmes du quartier sont très gentilles et j'espère qu'à ton retour on pourra organiser un énorme banquet pour les convier et les remercier du soutient qu'elles m'auront apporté pendant ces temps difficiles. Quant à ce jeune John Miller, je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il aura eu des ennuies avec le mari d'une des jeunes femmes qu'il courtise, car je ne suis pas la seule femme mariée de Londres à qui il fait la cour. Pathétique. Dire que certaines vermines profitent de la guerre pour essayer de chiper les femmes des autres. Quel genre d'individu peut avoir ce genre de mentalité ? Ça me mets hors de moi !

Mon amour... Tu me manques au point que mon cœur en souffre... Je sais que je ne devrais pas te le dire mais par moment j'ai besoin de l’extérioriser... Je veux que tu saches que je ne t'oublie pas et qu'au contraire mon amour pour toi se renforce de jour en jour. Je sais que tu es assez fort pour supporter les ravages de la guerre. Ton esprit est un roc, il n'a jamais flanché, je sais que tu vas réussir à tenir bon. Mon amour, j'espère que tu uses de ta force d'esprit pour remonter le moral des troupes. J'espère que tu es un pilier pour tes camarades, surtout les plus jeunes. Rappelle leur qu'ici, tout le monde les soutiens et les attends. A Londres, tout le monde parle de la guerre et de nos soldats partis au combat. Parfois, avec d'autres femmes de soldats, je me réunis et nous parlons ensemble de nos époux et de leur bravoure. Vous n'êtes pas oublié, bien au contraire, vous êtes aimé et soutenu. J'espère que tu feras passer mon message.

Oui... Tu as sans doute raison au sujet de ta mère, il est vrai que si j'ai perdu un mari, elle a pour sa part perdu un fils ce qui doit être encore plus douloureux. Je ne sais pas ce que je deviendrais si Lily partait risquer sa vie chaque jour... Je.... Je tâcherais d'être plus patiente avec ta mère qui bien qu'elle ait ses mauvais cotés, peut aussi se montrer... aimable. Je ne te garantis rien, Christopher, mais je te promets d'essayer.

Bien sûr que je le mérite ! Mais ne t'en fais pas, je veille scrupuleusement à être son premier mot. Dès que je l'ai dans mes bras, c'est maman par ci maman par là, histoire qu'elle l'entende le plus souvent possible ! Diabolique ? Moi ? Bien sûr, haha ! Tu sais que notre fleur se déplace comme une grande maintenant ? Elle marche ! Tu sais ce qui est le plus drôle ? C'est qu'elle tombe plus souvent quand elle marche que quand elle court. Quand elle est au parc avec ses amis, elle galope comme un cheval sauvage ! Mais à la maison, elle trottine des pieds pour finir la plupart du temps assise sur ses fesses. Elle est tellement rigolote, mon tendre amour, si seulement je pouvais t'envoyer ces images. J'ai peur qu'à ton retour elle ne soit devenue une femme.... Mon Dieu.... Faites que non... Faites qu'il soit rentré dans sa famille bien avant.
Je prie pour toi chaque jour mon amour, je prie ton retour et ta sécurité. J'espère que mes prières te parviennent et que tu vas bien, que tu gardes le moral et la santé.

Je prie aussi chaque soir pour la fin de cette guerre, pour que chaque mari, père, frère, fils, puisse retourner dans leur famille... Je prie pour que l'amour et la paix triomphe de la mort et la tristesse. Mon pauvre époux, privé de ma tendresse et mes attentions, j'espère que là bas, le souvenir de mes bons petits plats ne te quitte pas. Te souviens-tu de ce gratin de pomme de terre que j'avais totalement carbonisé ? Quelle horreur.... Qu'est-ce que nous avions ri ce jour là ! Sache que je me suis nettement améliorée depuis et que je saurais t’accueillir comme il se doit, mon héro !

Tes mots sont bien plus doux que tu ne le crois, voir que tu m'as écris est la seule chose qui me rend heureuse en ce moment. Je...Je n'ose pas penser au jour où je ne recevrais plus tes lettres....... Non. Ça n'arrivera pas. Mon amour, promet moi de me revenir, de nous revenir, nous avons beaucoup trop besoin de toi. Reste en vie.


Hier j'ai découvert un ouvrage d'un certain Victor Hugo qui dit : L'amour fait songer, vivre et croire. Il a pour réchauffer le cœur un rayon de plus que la gloire, et ce rayon, c'est le bonheur.



Je t'aime, Rose.

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 22 ans. Malheureusement. Si j'avais été plus jeune, je ne me trouverai pas là, allongé dans cette boue. Seulement de quelques années. "Combattez pour votre fratrie, pour l'honneur de votre pays !" ne cesse-t-on de nous répéter. De belles paroles, héroïques, pas vrai ? Pourtant, nous ne sommes pas des héros. Quand on a le sang de centaines de personnes sur les mains, on n'est pas un héros.

En 1914, il a été envoyé au front en France. Au début, il n’y était pas si réticent. Sans aucune attache familiale particulière, une promesse de gloire pour la défense de son pays, il n’avait rien à perdre… jusqu’à ce qu’il comprenne à quel point la réalité était différente de tout ce qu’il imaginait. Il a rapidement été dégoûté par la guerre, ces combats sans fin qui n’apportaient que mort et terreur. L’unique soutien qu’il avait, c’était cet homme. Christopher. Il l’admirait, mais il l’enviait aussi. Une famille l’attendait. Jonathan, lui, n’avait personne.


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

10 juillet 1915. France


Oh ma belle fleur,

Que je suis heureux de recevoir de telles lettres de ta part. Des lettres riches en émotions et anecdotes. Toujours plus longues, à mon plus grand bonheur. J'aime les lire, lire et relire. Je ne m'en lasse pas. J'ai l'impression de ne jamais avoir autant lu que ces derniers temps, c'est pour te dire !

Je n'ai donc plus qu'à dire adieu à la petite fleur, douce et innocente, que j'aurais aimé voir éclore. Néanmoins, je n'en suis pas moins fier, bien au contraire ! En réalité, je pressentais qu'elle hériterait du fort caractère de sa mère. Son portrait craché, j'imagine ! Il n'empêche, elle devra certainement se montrer plus avenante si elle veut se faire des amies, et savoir laisser de la place aux autres. Enfin, je ne doute pas une seule seconde qu'elle deviendra une belle jeune femme, déterminée mais aussi délicate et sensible. Et je sais aussi qu'elle est entre de bonnes mains. Entre des mains de fée...
Ah, que j'aimerais la voir grandir, faire ses premiers pas (toutes mes félicitations d'ailleurs!), la voir gambader dans le parc avec les autres enfants. Que j'aimerais pouvoir l'appeler, la voir se retourner en entendant son nom, un grand sourire aux lèvres. Ses lèvres qui formeront ce mot "papa". Quel incroyable sentiment cela doit procurer ! Mais surtout, que j'aimerais rentrer avant qu'elle n'ait trop grandi.

J'aime toutes les descriptions que tu dresses de cette petite Lily. Plus si petite que cela d'ailleurs. Deux ans. Deux ans déjà ! Que le temps s'écoule si rapidement ! Mais qu'il s'écoule lentement ici. Comme si nous habitions dans deux mondes différents. Ce qui, en réalité, n'est pas totalement faux. Quelle impatience m'anime ! L'impatience de quitter ce monde entouré de ténèbres. Il me tarde de retourner dans votre monde, un paradis sur Terre, rayonnant de lumière et de joie. De sourire et de rire. Sans plus de soucis que de savourer l'instant présent.

Mais revenons à ce petit ange. "Une frimousse d'ange"... J'aime beaucoup ce surnom ! Il lui va à merveille, j'en suis certain !
Tu vois alors à quel point nous sommes oubliés, alors que c'est nous qui avons mis au monde cette princesse ! Je comprends ton indignation. J'ajouterai cependant que mon concours n'est pas négligeable. Ses cheveux sont aussi blonds que les miens, je te rappelle. Mais je veux bien te l'accorder. Si elle a hérité de tes yeux, alors plus rien ne peut rivaliser !
(Ai-je bien répondu ?)

Je ne te savais pas aussi "diabolique", comme tu le dis ! Je rectifierai cela en rentrant, compte sur moi ! A mon retour, elle n'entendra que des "papa" par-ci, "papa" par-là.

J'accueillerais ce banquet avec un immense plaisir. Je ne doute pas de l'aide que toutes ces personnes t'ont apportée. Une aide très précieuse en ces temps-ci. Je leur suis totalement reconnaissant, et les remercie du fond du coeur. (Si tu pouvais faire passer le message pour moi, je t'en remercierais)
En revanche, le comportement de ce John Miller me répugne au plus haut point. Comment ose-t-il simplement y penser ?! Il n'a donc rien d'autre à faire...
Mais je ne souhaite pas m'attarder davantage sur le sujet. Cela risque de nous irriter tous les deux. Et là n'est pas l'objectif de cette lettre.

Concernant ma mère, je suis heureux de lire ces nouvelles. Je savais que tu comprendrais. Bien sûr, chacun a ses mauvais côtés. Mais seulement savoir que vous n'allez pas vous faire du si mauvais sang, cela me réconforte.


Je comprends que tu veuilles extérioriser toute cette douleur. Et je ne t'en veux pas le moins du monde. Alors exprime-la, sans aucune retenue, sans aucune contrainte. Je te soutiendrais, toujours, tu le sais.

Lorsque les personnes et les choses qu'on aime ne sont plus avec nous, qu'elles nous manquent, on se rend réellement compte à quel point elles sont importantes. A quel point elles sont indispensables. C'est tellement vrai. Et nous en faisons malheureusement l'expérience...

Mon amour pour toi et pour notre petite fille se renforce également de jour en jour. Mais aussi, de jour en jour, ma détermination a tendance à flancher. Ce manque de sommeil qui ne cesse pas, l'énergie d'antan n'est plus. Pardonne-moi, mon amour. Pardonne-moi de te décevoir. J'aurais bien trop honte de me présenter à toi tel que je le suis aujourd'hui. Tu ne me reconnaîtrais pas. J'ai le coeur brisé en écrivant ces mots. Mais c'est la triste vérité. Nous ne sommes plus les soldats dynamiques et motivés que nous étions il y a un an. Couverts de boue, de sang et de sueur. Méconnaissables.

Oh, que cela m'horrifie. Je suis sincèrement navré pour ces mots, durs et vides de lumière.

Toutefois, j'accueille avec reconnaissance votre soutien. Il nous fait tenir. Il nous rappelle pourquoi nous vivons cet enfer. Pour vous protéger. Alors oui, nous sommes capables de tout endurer. Le froid, le vent, la douleur, la fatigue... Tout, pour protéger notre chère Angleterre. Nos familles, nos amis. Vous êtes notre raison de vivre.

Je ferai passer le message. En ce moment même, mes camarades de combat vous remercient à chaudes larmes. Certains n'ont pas beaucoup de nouvelles de leurs proches, beaucoup moins que moi. Alors, je m'estime heureux de recevoir toutes ces lettres de ma tendre et aimée épouse.

Dans l'espoir que toutes nos prières soient entendues. Espérons, encore et encore. Peut-être que nous souhaits seront un jour exaucés. Doux espoir auquel nous nous rattachons jour et nuit.

Ah, comment pourrais-je oublier tes plats exquis ? A cette simple pensée, je savoure d'avance. Figure-toi que même ce gratin carbonisé serait meilleur que ce nous mangeons actuellement - ou peut-être que j'exagère trop ? A partir de maintenant, je penserai à tous ces plats succulents -et à celui qui m'attend-, et les repas passeront beaucoup mieux !

Je vous reviendrai. Je vous le promets. Et je n'arrêterai jamais de vous envoyer des nouvelles.

Cette citation de Victor Hugo est vraiment très inspirante. Elle éclairera toutes mes nuits et mes journées, désormais. Je la garderai près de mon coeur. Et ne l'oublierai jamais.


Aux étoiles scintillantes, lumières de ma vie,



Christopher

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Rose Wilson
Je m'appelle Rose Wilson. Je suis née le 14 Juillet 1895. J'ai 20 ans. Toute ma vie j'ai su que mon rôle serait d'être une bonne mère, une bonne épouse et une fille dont on pourrait être fier. Est-ce que je suis cette personne aujourd'hui ? Je ne saurais le dire, ce que je sais, c'est qu'il n'y a pas un jour qui passe sans que je n'essaie de l'être.


Deux ans. J'ai connu les joies du mariage uniquement pendant deux ans. Ensuite, la guerre a commencé et m'a enlevé mon mari... Mon tendre Christopher... J'ai l'impression que c'était hier qu'il caressait mon ventre rond avec un sourire niais aux lèvres. "J'espère qu'elle aura tes yeux !" Me disait-il. "Comment peux-tu savoir que ce sera une fille ? Il se pourrait que ce soit un grand gaillard comme son père." Lui répondais-je souvent. Il finissait toujours par me dire "C'est une fille, tu verras, la deuxième fleur de ma vie, c'est moi qui te le dis." Et bien sûr, il avait raison.


Emilia Clarke - Zuz'

17 Juillet 1915. Angleterre


Mon tendre amour,

Je suis désolée de ne pas avoir répondu plus tôt à ta lettre, malheureusement j'ai eu beaucoup de travail à faire. Avec l'arrivée de l'été, j'ai beaucoup plus de commandes et de rafistolages à faire. Je dois admettre que je ne m'arrête pas en ce moment. Mais il faut ce qu'il faut, je n'ai pas vraiment le choix. Lily se montre impatiente par moment car elle en a marre que sa maman s'occupe de robes toute la journée et je la comprends. Même si je le voulais, je ne pourrais pas faire mieux, on a besoin de cet argent alors j'espère que ma petite fleur comprendra. Je n'ai pas pu répondre quelques jours avant car on a essayé de célébrer mon anniversaire tant bien que mal. Je t'avoue que la fête n'était pas au rendez-vous et je m'en serais bien passée. Tu sais que l'armée recrute encore . Elle recrute des centaines et des centaines d'hommes pour les envoyer au front... J'ai peur Christopher... Je crois que c'est la première fois que mon moral chute autant et que je laisse la peur m'envahir autant. Mais j'ai vraiment peur. Notre pays va mal, l'Irlande est en passe de demander son indépendance et connaissant la Couronne, elle ne sera jamais libre ! Les suffragettes tentent encore et toujours de gagner gain de cause pour que les femmes puissent avoir le droit de voter. Je trouve ça fantastique que les mères et les filles de notre pays se battent pour l'égalité des droits mais est-ce qu'elles pensent sérieusement que c'est le bon moment ? Soupire. Ma foi, je ne sais plus. Je suis fatiguée et perdue. Je pense que j'ai tout simplement besoin de ta lumière pour me guider et me faire me sentir mieux.

Oh ne t'inquiète pas pour ta fleur douce et innocente, ça ne me surprendrait pas qu'elle soit exactement comme tu voudrais qu'elle soit à ton retour. J'ai le sentiment qu'elle t'aime beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer. Mon amour, ne croit pas que ton absence change quelque chose à nos sentiments. Elle est le fruit de notre amour, par conséquent, elle aura toujours un peu de toi en elle et t'aimera toujours grâce à ça même malgré la distance. Je ne sais pas si elle est effectivement le portrait craché de sa mère (bien que je ne vois pas où en serait le mal, hein ? Ce serait même une très bonne chose ! Pas vrai ?!) mais c'est vrai que je ne la vois pas beaucoup jouer avec d'autres enfants suffisamment longtemps pour se lier d'amitié. Il faudrait y remédier, peut être devrais-je rester plus longtemps au parc la prochaine fois ? J'essayerais.
Oh oui, de très bonnes mains et puis tu verrais ses petites jambes potelées courir, c'est vraiment hilarant, puis quand elle tombe, elle se relève comme une grande et te regarde. Si tu as le malheur de rire ou de sourire de sa chute, elle fond en larme, si elle voit que tu as de la peine pour elle, elle se remet à courir comme si de rien était. C'est quel genre d'enfant ça ? Est-ce que ce genre de manipulation était comprise avec le paquet quand on a enfanté ?
Quoi qu'il en soit, je ne tacherais pas de te décrire en détail ses premiers mots, je ne doute pas que nos cœurs bondissent de fiertés quand elle se lancera. En ce moment, elle gazouille presque de vrais mots mais on n'y est pas encore. Tu sais ce qui me ravit ? Qu'elle n'ait pas conscience de ce qui se passe autour d'elle. Quand je la regarde, je ne vois qu'une enfant heureuse et insouciante qui ne se doute pas le moins du monde de tous les malheurs qui l'entourent, tant mieux. Qu'elle garde cette insouciance et cette innocence le plus longtemps possible.

Oui, tu as sans doute raison, c'est vrai que nous avons l'air d'être dans deux mondes totalement différents. Le mien n'est pas totalement heureux mais il l'est déjà plus que le tien. Mon pauvre époux... Si seulement je pouvais être à tes côtés pour t'aider à supporter les journées et/ou les nuits qui te sont pénibles. Je voudrais pouvoir passer ma main dans tes cheveux quand tu es stressé, te prendre dans mes bras quand tu es triste et te faire dormir sur mon cœur pour guider tes rêves vers un monde meilleur. Je rougis de dire cela mais... Ton corps me manque. Est-ce que cela fait de moi une dévergondée de dire que mon lit me paraît bien vide sans mon mari ? Que je suis en manque de tes bras forts et de ton odeur... Dieu du Ciel... Je rougis comme une tomate tout en ayant envie de pleurer. Bravo Rose. Enfin bon, j'espère que ta petite femme te manque tout autant.

Exactement ! Merci ! Je suis heureuse de voir que tu partages mon avis ! On nous oublie un peu trop mais il ne faut pas oublier que cette frimousse d'ange, comme ils disent, est sortie des entrailles poisseuses de mon corps ! Haha, je m'égards un peu trop. Ma princesse est magnifique et j'en remercie le ciel chaque soir dans mes prières. Oui, il est vrai que la blondeur de ses cheveux fait d'elle la digne fille de son père. Aucun doute là-dessus. Ce coté blond soleil et blé, unique en son genre, sont bien quelque chose que l'on se transmet de génération en génération. Mêlé à mes yeux océans, elle va en faire chavirer plus d'un, je te le dis ! Je vois d'ici toutes les lettres d'admirateurs qu'elle va recevoir !
(Mon amour, tu réponds toujours juste ce qu'il faut ! C'est pour cela que je t'aime.)

Haha, je ne sais pas si c'est le manque de ta présence charnelle ou mon esprit qui s'égare un peu trop mais, quand tu m'as dis que tu allais rectifier ça à la maison, j'imaginais plus que la rectification se serait faite dans notre chambre à coucher...

J'ai déjà hâte d'envoyer les invitations au banquet, faut pas rêver, notre maison, ni même notre jardin ne sera assez grand pour contenir tout le monde que je voudrais inviter mais ça ne fait rien. On fera de notre mieux et c'est tout ce qui compte, j'en profiterais pour remercier chaque personne qui m'aura aidé à tenir bon et qui m'aura aidé à mener la barque. Je ne suis forte que grâce au soutien des autres, je le reconnais, sans ça, je ne serais pas la femme que tu vois là. Je ne sais pas si j'aurais supporté ton départ... Grâce aux voisins, à Lily, aux dames de la ville et du quartier et aussi grâce à ta mère, je ne me suis pas laissée aller une seule fois car elles ne m'en ont pas laissé l'occasion et je les en remercie du fond du cœur. Je leur ferais passer ton message. Oui, nous sommes bien d'accord. Un tel comportement... Essayer de voler la femme de ton voisin .! J'ai hâte que la guerre se termine et que les hommes reviennent au pays, rira bien qui rira le dernier, c'est moi qui te le dis.

Ta mère est passée pour mon anniversaire, c'est à Lily qu'elle a offert un cadeau mais bon, passons. Je l'ai invité à dormir à la maison pour qu'elle voit plus souvent sa petite fille et j'ai essayé de passer du temps avec elle mais ce fut dur. Apparemment, ta mère a une façon bien à elle d'étendre le linge, ainsi que de cuisiner les œufs, et de faire des crêpes... Et devine quoi, ma façon ne correspond pas du tout à la sienne. Arrivée aux crêpes, quand elle a vu que j'ai failli faire voler l'assiette en l'air tellement je commençais à arriver à saturation, elle a m'a lancé un petit "Vos crêpes sont très bonnes. J'y ajoute du rhum plutôt que de la vanille mais c'est très bon quand même." WOUAH ! Je crois n'avoir rien répondu pendant quelques secondes, le temps que ça monte au cerveau. Le seul moment que j'ai apprécié aux côtés de ta mère, fut quand nous nous posions le soir dans le salon pour raconter à Lily des histoires te concernant. Là, toutes tensions disparaissaient pour laisser place qu'à des rires et parfois des larmes.

Oui... Te rappelles-tu de quand tu m'as fait la cour la première fois ? J'étais sur les bords de la Tamise avec mon père, mon chapeau s'est envolé et tu as plongé dans les eaux froides du fleuve pour aller le chercher alors que tu ne me connaissais même pas. Mon père m'avait dit "Ça c'est un homme qui n'hésite pas à se mouiller pour t'impressionner." Mais moi, farouche, je ne voulais pas m'offrir aussi facilement. Quand tu m'as rapporté mon chapeau, je t'ai à peine remercié, comme une sauvage que j'étais. Mon père en revanche t'a tapé dans le dos avec entrain en riant. "Merci fiston, c'est ma femme qui lui a confectionné, elle aurait été bien triste de le perdre même si la sauvageonne qui me sert de fille ne l'avouera jamais." Après ça, mon père t'a invité à boire un verre à la maison pour te remercier, nous ne nous sommes plus lâchés depuis. Maintenant, mon père est mort et il me manque, toi tu es loin de moi et tu me manques... Tu as raison, c'est quand on a tout perdu que l'on se rend compte de tout ce qu'on avait avant et d'à quel point c'était précieux. Christopher, je ne t'ai jamais remercié d'avoir récupéré mon chapeau... Je le fais maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Merci. Merci d'être entré dans ma vie ce jour-là. Je t'aime plus que tout au monde.

Assez ! Tu m'entends, j'ai dit assez ! Plus jamais, lis bien ces mots Christopher Wilson, plus jamais je ne veux t'entendre me dire que je suis déçue de toi, tu as compris . Jamais, jamais tu ne me décevras. Bien au contraire, je suis si fière de toi... Ton esprit ne flanche pas, bien au contraire, il est soumis à des épreuves. Tu n'es pas un surhomme, juste un homme déterminé. Je sais que c'est difficile et que ça le devient de plus en plus chaque jour à cause de la boue, de la fatigue, du manque de nourriture et de la perte de vos camarades... J'ai bien conscience de tout ça. Mais ne crois pas que tu es une déception pour ta famille, tu es le héros de notre maison, le pilier auquel on se raccroche. Chris, si tu flanches maintenant, que deviendrais-je ? Et Lily ? Plus jamais. Tu as compris ? Nous devons rester fort, pour elle.

Je suis heureuse qui tu aies fait passer mon message. Tu pourras dire à Doug Smith que sa mère l'embrasse mais que son arthrite lui fait bien trop mal pour écrire, cela dit, je vais dorénavant faire le tour du quartier pour récolter les lettres des familles. Préviens tes camarades mon amour, ils ne seront plus seuls. Je veillerais à ce que notre soutient vous parvienne, vous le méritez. Quant à la femme de Richard Miller, qui est bien plus jeune que moi je ne sais pas si tu t'en rappelles, s'est parfaitement remise de sa maladie bien qu'elle doive rester en fauteuil roulant pour l'instant. Tu vois nous nous battons nous aussi, ici, pour vous. Ne nous abandonnez pas, soyez fort les amis. Je ne sais pas si Peter Stuart est avec toi mais... Sa mère nous a quittés il y a quelques jours et son enterrement aura lieu la semaine prochaine. J'y serais, bien entendu. Je n'apporte pas que des bonnes nouvelles, la triste réalité, mais ça ne change rien, l'avenir n'est ni tout blanc ni tout noir, nous construisons notre avenir chaque jour et grâce à vous, nous aurons le loisir de bâtir notre avenir en toute liberté. Ce que vous nous offrez, n'a pas de prix. Ne l'oubliez jamais.

Haha, fais donc ça ! Pense à tout les bons petits plats que je te ferais à la maison. Ils auront le gout de la liberté durement gagnée. Je t'aime Christopher et chaque jour je m'évertue à être la femme que tu mérites et la mère que Lily mérite. Aussi, quand je vois que je carbonise même une tarte aux pommes, je commence à me demander si ta mère n'a pas raison à mon sujet. Si je ne suis même pas bonne à nourrir ma famille, où va-t-on... J'espère que tu n'es pas trop déçu de moi, je ne supporterais lire la déception dans tes yeux.

Je prends cette promesse très au sérieux. Je la chérirais au fond de mon cœur jusqu'à ton retour. Mon amour, reviens vite. Que mes prières et mon amour soit le phare qui te guide jusqu'au chemin de la maison.



Je t'envoie mes sourires des jours où je me sens plus forte.



Tendrement, ta Rose.

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Jonathan Reed
Je m'appelle Jonathan Reed. Je suis né le 15 mars 1893. J'ai 22 ans. Malheureusement. Si j'avais été plus jeune, je ne me trouverai pas là, allongé dans cette boue. Seulement de quelques années. "Combattez pour votre fratrie, pour l'honneur de votre pays !" ne cesse-t-on de nous répéter. De belles paroles, héroïques, pas vrai ? Pourtant, nous ne sommes pas des héros. Quand on a le sang de centaines de personnes sur les mains, on n'est pas un héros.

En 1914, il a été envoyé au front en France. Au début, il n’y était pas si réticent. Sans aucune attache familiale particulière, une promesse de gloire pour la défense de son pays, il n’avait rien à perdre… jusqu’à ce qu’il comprenne à quel point la réalité était différente de tout ce qu’il imaginait. Il a rapidement été dégoûté par la guerre, ces combats sans fin qui n’apportaient que mort et terreur. L’unique soutien qu’il avait, c’était cet homme. Christopher. Il l’admirait, mais il l’enviait aussi. Une famille l’attendait. Jonathan, lui, n’avait personne.


Kit Harington • dans Mémoires de jeunesse

23 juillet 1915. France


Rose, ma chère aimée,

Avant toute chose, je souhaite t'envoyer tous mes vœux pour ton anniversaire ! Avec plusieurs jours de retard, tu m'en vois navré. Mais avec le long acheminement du courrier, il est difficile de faire mieux. Je peux comprendre qu'il n'a pas été simple de faire la fête, mais j'espère que cette journée a été remplie de joie et d'autres belles choses.

Ne t'excuse pas, je comprends parfaitement. Je suis soulagé de savoir que tout se passe pour le mieux chez nous. Du moins, que tout ne va pas trop mal. Ces occupations sont bénéfiques, elles te permettent de penser à autre chose. A autre chose qu'à ces temps difficiles. C'est un bon point, non ? Je suis certain que Lily comprendra, ne t'en fais pas. Elle est intelligente, cette petite ! Courage, à toi et à Lily ! Vous êtes fortes, et je sais que vous réussirez tout ce que vous entreprendrez.

Je m'en doute, les hommes commencent à manquer. Les morts se comptent en milliers, voire plus. Bientôt, il y aura plus de cadavres que de vivants. Ah, quelle horrible pensée ! Pardonne-moi, mon amour.
Je te l'accorde. Notre pays va mal. Nous avons toutes les raisons d'avoir peur. Et elle m'envahit, moi aussi. Je suis effrayé, chaque jour, chaque heure. De l'incertitude permanente, des tirs d'obus en tout sens, des coups de feu, du sang. Une peur qui me prend les tripes et m'empêche de penser raisonnablement. Mais malgré cela, il ne faut pas baisser les bras. A la moindre inattention, on est fichu. Je tiens à rester en vie. Ne serait-ce que pour vous tous qui m'attendez, de l'autre côté de la Manche. Nous reviendrons victorieux ! Victorieux de la mort et de la guerre.

Si tu savais à quel point ces mots me font plaisir ! Savoir que notre petite fille ne me connaissait qu'à travers des photos en noir et blanc m'attristait. Il faut vraiment y remédier le plus rapidement possible ! Tu vas peut-être trouver cela déplacé, mais j'espère qu'elle m'aimera autant que je l'aime. J'en serais douloureusement touché dans le cas contraire. Ah, quand pourrais-je enfin vous rejoindre ?! J'attends ce moment avec une grande impatience.

Elle ne peut être que ton portrait craché, j'en suis persuadé ! J'ai entendu dire que les enfants copient leurs parents. Leurs habitudes, leurs paroles, leurs gestes, parfois même leurs goûts. Cela doit certainement être vrai. Nous, les parents, sommes un modèle pour nos enfants. Alors, autant leur enseigner le meilleur de nous-mêmes, ne crois-tu pas ?

Je l'imagine très bien courir, et lui vois pousser des ailes. Je vois aussi qu'elle a du caractère ! Elle t'emmène où elle veut - elle est bien la digne fille de sa mère.
J'espère bien que tu me raconteras l'instant où les premiers mots sortiront de sa bouche. Je veux tout savoir, dans les plus fins détails !
Cette innocence. Quelle fraicheur ! Oui, qu'elle la conserve aussi longtemps que possible. Elle est précieuse, surtout en cette décennie. A cette simple idée, je l'envie énormément. Qu'elle en a de la chance, de gambader joyeusement dans son jardin enfantin !

On ne peut le nier, sa beauté est en partie grâce à moi également. Sans vouloir paraître prétentieux, c'est un fait avéré, me semble-t-il. Que dis-tu ? Les lettres d'admirateurs ?! De telles idées te viennent déjà à l'esprit, alors qu'elle sait à peine parler ? Je dis qu'elle aura tout le temps pour ces histoires. Car sitôt commencées, elles emporteront déjà notre petite vers d'autres horizons, loin de nous, et je n'ose penser à de telles choses pour le moment.

Ne te méprends pas, tu es toujours présente près de moi. Ne serait-ce que par ces lettres enivrées d'amour. Je les garde avec moi, près de mon coeur. Mais il n'empêche que tu me manques toujours terriblement. J'aimerais aussi pouvoir te serrer dans mes bras et te couvrir de baisers. Une partie de moi m'est arrachée, et c'est de plus en plus insupportable. Je ne saurais trouver les justes mots pour t'exprimer ce que je ressens. Donc oui, tu me manques.

Tout à fait, il faut organiser un grand festin qui restera gravé dans la mémoire de tous ! Ne t'inquiète pour la grandeur de la maison, nous trouverons bien une solution. Mais je t'en prie, invite le plus de personnes possible, autant que tu le souhaites. Cette fête sera la tienne, la nôtre, et je tiens à ce qu'elle soit réussie. Et pour ce qui est des hommes comme ce M. Miller, ils ne perdent rien pour attendre. Ne t'inquiète pas, ma chérie, justice sera faite !

Je suis si heureux d'apprendre que les relations avec ma mère se réchauffent progressivement. Du moins, à certains moments. Mais c'est un bon début, cela dit ! Savoir que vous parvenez à passer du bon temps, à rire et à vous raconter des histoires, me fait très plaisir.

Bien sûr, comment ai-je pu oublier ?! Tu étais si gênée que cela faisait presque peine à voir. Mais tu étais si charmante, si élégante. Et tu l'es toujours, cela va sans dire. Merci le hasard, ou bien le destin, d'avoir fait voler ton chapeau jusqu'à moi. Je ne le remercierais jamais assez pour m'avoir offert de tels trésors, que je chéris plus que tout au monde.

Lire ces mots me réconforte. Alors je ne te déçois pas, même couvert de boue et de sang, avec la mort de milliers d'autres hommes sur les épaules ? Oh, pardonne-moi, ma tendre Rose. Mes yeux se couvrent de larmes à cette simple pensée. Je suis un meurtrier. J'ai tué des hommes, des hommes comme moi, ni plus ni moins. Certainement avec une famille qui les attend. Cela a l'effet d'un poignard dans le coeur. Je ne pourrais plus jamais me regarder en face. Moi-même, j'ai honte.
Je ne serais peut-être pas pardonné aux yeux du Ciel. Mais tu es tout ce qui compte pour moi. Et ton simple réconfort m'est un présent inestimable. Je continue à m'y raccrocher. Encore et encore. Le seul fil qui me retient encore à la vie. Nous resterons forts. Nous ferons de notre mieux.

Je fais passer ton message sans plus tarder. Doug va bien et te remercie pour les informations que tu lui transmets. Quant à Peter, nous l'aidons à surmonter cette triste nouvelle. Il savait que sa mère était souffrante, mais il est très affecté.
Je le sais, nous le savons. Vous êtes forts et vous vous battez chaque jour contre une angoisse tout aussi légitime que la nôtre.
Mais je n'apporte pas non plus de bonnes nouvelles. Richard Miller nous a quittés. Une grave blessure au bras. Cela me fend le coeur. Des camarades disparus, il y en a chaque jour, mais Richard était un grand artiste et un ami très cher. Il avait une voix d'ange, et quand il chantait, plus rien autour ne semblait exister. Il parvenait même à arracher des larmes de tendresse à certains d'entre nous. Il n'aurait pas dû mourir. Il était si jeune, avait tant de beaux projets. Pourquoi? Pourquoi tout est si injuste ? Je suis sincèrement navré pour sa femme. Je suis sûr que tu lui apporteras la nouvelle et la soutiendras dans cette douloureuse épreuve.
Que de mauvaises nouvelles. Pardonne-moi.

Pour terminer sur une note plus positive, penser à tes bons plats m'a aidé à avaler les repas, je te remercie une fois encore. Je t'aime moi aussi. Je vous aime, mes deux princesses. J'ai de la chance de vous avoir. De même, ne dis jamais que tu me déçois, car c'est loin d'être le cas. Je t'aime et suis très fier de toi. Même si tu carbonises une tarte aux pommes - je ne dois pas faire mieux, de mon côté...

Je reviendrai. Je vous le promets. Le plus rapidement possible, je l'espère.

(Oh, pardonne-moi de terminer sur de telles phrases, sèches et tristes, mais je suis encore dans un état moral bien bas, avec la perte de notre cher ami Richard. Je sais qu'il faut que je me ressaisisse, si je ne veux pas sombrer à mon tour. Mais c'est dur. Très dur.)


Embrasse aussi notre petite Lily pour moi, son père qui la chéris tant,



Christopher

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Rose Wilson
Je m'appelle Rose Wilson. Je suis née le 14 Juillet 1895. J'ai 20 ans. Toute ma vie j'ai su que mon rôle serait d'être une bonne mère, une bonne épouse et une fille dont on pourrait être fier. Est-ce que je suis cette personne aujourd'hui ? Je ne saurais le dire, ce que je sais, c'est qu'il n'y a pas un jour qui passe sans que je n'essaie de l'être.


Deux ans. J'ai connu les joies du mariage uniquement pendant deux ans. Ensuite, la guerre a commencé et m'a enlevé mon mari... Mon tendre Christopher... J'ai l'impression que c'était hier qu'il caressait mon ventre rond avec un sourire niais aux lèvres. "J'espère qu'elle aura tes yeux !" Me disait-il. "Comment peux-tu savoir que ce sera une fille ? Il se pourrait que ce soit un grand gaillard comme son père." Lui répondais-je souvent. Il finissait toujours par me dire "C'est une fille, tu verras, la deuxième fleur de ma vie, c'est moi qui te le dis." Et bien sûr, il avait raison.


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1 Août 1915. Angleterre


A mon mari bien aimé,

Tu ne peux pas savoir comme je suis soulagée d'avoir reçu cette lettre... Cela fait plusieurs jours que je suis sans nouvelles et je commençais à sérieusement angoisser. Je sais qu'il y a des périodes où tu peux moins m'écrire, tout comme je sais que le courrier est difficile à faire livrer... Je sais que tu n'y es pour rien mais... que l'attente est angoissante... longue... douloureuse. Guetter le facteur chaque jour en espérant qu'il ait la fameuse lettre, c'est un supplice. J'espère que toi tu n'as pas le temps de te demander quand est-ce que ma lettre va arriver car je t'assure que c'est une torture de l'esprit que d'attendre de la sorte.Pour ce qui est de mon anniversaire, cette année aura été moins joyeuse que les années précédentes, tu t'en doutes bien. Cela dit, ma mère et la tienne étaient présentes. Lily a donc pu profiter de ces deux grands-mères, ce qui n'arrive pas souvent. Quelques femmes du quartier sont venues me rendre visite, certaines avaient des cadeaux pour moi. Je leur ai dit qu'elles n'auraient pas dû, avec cette guerre qui éclate et qui a l'air de ne plus en finir, elles auraient mieux fait de garder leur argent pour les coups durs, bien que je sois touchée de leur attention, je me dis que ce n'était peut-être pas une si bonne idée de faire la fête. Christopher, je n'ai plus gout à rien en ce moment, je ne sais pas ce que j'ai. Je me sens déprimée, démotivée de tout. Le matin quand je me réveille, je n'ai plus envie de rien, ni de sourire, ni de manger... Si je trouve la force de sortir de notre lit, c'est uniquement pour Lily qui commence à réclamer son biberon. C'est tout. Mon Dieu, si elle n'était pas là, je serais sans doute en train de me laisser mourir dans notre chambre. Je ne sais vraiment pas ce qui m'arrive. Un coup de mou je l'espère, qui s'en ira aussi vite qu'il est arrivé. Soupire, je crains que ma lettre ne soit pas aussi positive que je l'aurais voulu.

Lily est forte oui, elle ne se rend pas compte du climat qui règne dans notre pays. Quand je suis au parc pour enfants, je vois que les enfants de l'âge de notre fille, ne sont pas aussi souriants qu'elle. Je vois qu'ils ont l'air aussi déprimés que leur mère... Je ne trouve pas ça bon, quand je suis avec Lily, j'essaye de ne pas lui transmettre mes craintes et mes angoisses, j'essaye de préserver son innocence et d'au contraire, me servir de sa joie de vivre pour me remettre d'aplomb. Quelle tristesse de voir de si jeune enfant déjà malheureux. Et notre fille, notre rayon de soleil, notre ange tombé du ciel, à chaque fois qu'un enfant a l'air malheureux, notre douce fleur ne peut s’empêcher d'aller vers lui pour le réconforter. La dernière fois, elle est partie offrir un câlin gratuit au petit Cooper, le fils d'Alice et Frank, je ne sais pas si tu te rappelles d'eux, ils venaient d'emménager quand tu es partis pour la guerre. Ils ont un fils, James, qui a l'âge de Lily, peut être un peu plus vieux. Il avait l'air si malheureux... Et notre fille qui le prend dans ses bras pour lui offrir un long câlin doux et réconfortant. Mon Dieu, Christopher... Tu aurais dû voir ça. Une scène digne des anges, vraiment. Le petit garçon a retrouvé le sourire et c'est main dans la main que les deux enfants sont allés propager leur bonheur parmi les autres enfants. Magnifique.

Et puis parfois, je regarde le petit James et... Je ne sais pas pourquoi, je l'imagine en tenue de soldat, dire au revoir à ma petite Lily et partir pour ne plus jamais revenir. Christopher, je t'ai dit que des hommes continuent d'être recrutés pour cette maudite guerre, ils sont tellement jeunes... Ils ont mon âge plus que le tien et parfois, sont même plus jeune que moi. Quelle tragédie... La jeunesse de notre pays est en train de se sacrifier pour le prix de la liberté. Je ne sais plus quoi en penser. C'est sans doute pour cela que j'ai un coup de mou ces derniers temps, je suis fatiguée de voir toutes ces femmes pleurer leur époux, leurs frères, leurs amis sur les quais des gares. Je suis fatiguée de voir les cimetières se remplir et me demander si un jour je serais la prochaine veuve à aller enterrer son mari... Je suis fatiguée de tout ça. Je pleure chaque soir depuis une semaine, sans raison, juste pour que tu me reviennes. Mon amour, je sais que mes mots doivent être un poignard en plein cœur, moi qui ai toujours voulu te remonter le moral pendant ces heures difficiles, je n'y arrive plus. Pour l'instant, je ne suis qu'une coquille vide. En comparaison, tu es tellement fort, tellement courageux. Tu tiens bon malgré toutes les horreurs que tu me racontes. Soyez fort. Pas un jour ne passe sans que nous pensions à vous. Oui, c'est tout ce que j'espère, que vous reveniez victorieux. Non. C'est faux. Tout ce que j'espère, c'est que vous reveniez.

Ne te tracasse pas au sujet de ta fille, elle te connaît plus que tu ne le crois. Comme je te l'ai dit, souvent je lui parle de toi, ainsi que ta mère. Bien qu'elle soit trop petite pour s'en souvenir, elle écoute tout de même nos histoires avec intérêt. Je lui parle de notre rencontre, ta demande en mariage, je lui parle de tes poèmes et de ta douceur. Je lui parle de mon père et du tien. Je lui parle de vraiment beaucoup de choses, mine de rien, je ne m'en rendais pas compte mais si. Je lui raconte tout. Lily n'est pas que ma fille, elle est aussi ma confidente, sans doute parce qu'elle est trop jeune pour comprendre tout ce que je lui raconte, moi ça me permet d'extérioriser, de dire à voix haute des choses que je ne m'avouais pas jusqu'à présent. Rassures-toi, je ne lui parle jamais de choses mauvaises. Ça, je les garde pour moi, des fois, je...je m'imagine en train d'ouvrir la porte de la maison et de voir deux militaires plantés là qui m'annonceraient que...que... Non il faut que j'arrête d'y penser si je ne veux pas me remettre à pleurer toutes les larmes de mon corps.
Tout ça pour dire qu'à ton retour, je ne serais pas surprise de la voir te courir dans les bras comme si tu n'étais jamais parti. Je ne suis sûre qu'elle te reconnaîtra entre mille.

Certes....Mais dans ce cas, je ne suis pas un exemple pour ma fille.... Je...J'ai envie de pleurer.... Cela fait cinq jours que je ne suis qu'une loque ambulante.... Et si elle se mettait à me copier ? Si elle se mettait à perdre toute sa joie de vivre, si elle devenait aussi vide et terne que moi ? Oh mon Dieu, faites que non....Faites que ma petite fille reste joyeuse et insouciante, s'Il vous plaît.... J'espère que mes larmes seront une offrande de valeur durant ma prière, je ne supporterais d'être un mauvais exemple pour ma fille.... Je... Vraiment je ne le supporterai pas...

Ta mère passe me voir assez régulièrement pour voir si tout se passe bien, je pense qu'elle aussi a eu une grosse frayeur quand Lily est tombée malade. Même si elle ne m'apprécie pas, sa petite fille est le seul lien qu'il lui reste avec toi. C'est la seule chose qui la rattache un peu à son fils, aussi je comprends qu'elle ressente le besoin de venir la voir assez fréquemment. Je ne te cache pas qu'en ce moment, ça me fait du bien qu'elle soit là, me laissant tomber dans la déprime, je me dis qu'au moins quelqu'un est là pour veiller sur mon petit ange. Excuse moi de ne pas être aussi enjouée que d'habitude, je t'assure que je me rattraperais la prochaine fois, je t'en donne ma parole.

Tu n'es pas un meurtrier et pleurer ne fait pas de toi un homme faible, tu as compris. Tu as le droit de ressentir des émotions et de la culpabilité, c'est ce qui fait de toi un homme bon. Tu fais ton devoir envers ta femme et ton pays, tu nous protèges de l'ennemi même si l'ennemi a le même âge que toi, que lui aussi à une famille, une fille sans doute du même âge que Lily qui l'attend et qui ne reviendra jamais... Tu penses à eux, à leur mémoire, leur famille, tu penses à leur peine et leur souffrance car tu sais que tu vis la même chose. Mon amour, ce qui fait de toi ce héros dont mon cœur est si fier, c'est que je sais que tu es un soldat qui respecte ses adversaires. Je sais, car je te connais, que pas une seconde ne se passe sans que tu ne penses à tous ces jeunes que tu as vu tomber sous les assauts, de notre côté ou du coté adverse, ça reste des jeunes gens qui voulaient certes être des héros pour leur nation, mais sans doute pas au prix de leur vie. Enfin, je n'en sais rien à vrai dire. Peut-être que si, peut-être que certains étaient prêt à mourir ?! Non. Non. Je ne peux le concevoir. Personne ne doit avoir cette envie de mourir même si c'est pour son pays. Je pense que chacun d'entre vous, même celui qui rêve le plus de gloire, a envie de rentrer chez lui pour embrasser sa femme, sa mère ou sa fille ne serait-ce qu'une dernière fois. C'est ça, le désir brûlant de vouloir rentrer chez vous, qui vous réunit. Tu n'es pas cette personne abominable que tu me décris, d'accord ? Et je te le répéterais jusqu'à mon dernier souffle, car s'il y a bien une personne bonne et honnête en ce monde, c'est bien toi, Christopher Wilson.

J'espère que tes camarades ont été heureux de recevoir des lettres. Comme promis, j'ai faits le tour du quartier et même plus loin encore pour récolter les lettres et/ou aider les femmes à les écrire. Entre celles qui sont en mauvais état pour les rédiger, celles qui ne savent pas écrire et celles qui ne savaient pas comment faire pour faire parvenir leur lettre, je peux t'assurer qu'elles m'ont toutes accueillies comme le Messie ! Alors que je n'ai rien fait d'extraordinaire, j'estime que c'est normal. Tout le monde a le droit de savoir qu'on pense à lui, les hommes au front doivent être tellement soulagés d'avoir des nouvelles et les femmes rassurées de savoir que leurs hommes ne sont pas morts... Mon Dieu... Pauvre Richard... Je suis navrée de l'apprendre... Sa femme va en être anéantie... Elle qui venait de se remettre de sa maladie. Tu vois, comme la femme de Richard, comment veux-tu que je sois heureuse quand je sais que ce genre de nouvelle peut me tomber dessus à tout moment. Christopher, je suis si... Malheureuse... Mon cœur ne pleure plus, il saigne, si fort que j'en ai mal comme si on me piquait avec une aiguille. Mes larmes me brûlent les yeux, je suis livide et sans éclat. Cette guerre, cette maudite guerre, quand est-ce qu'elle nous rendra nos jours heureux... J'ai peur que ma lumière ne s'éteigne bien avant la fin...  

Ma lettre ne t'aura pas été d'un grand secours mon amour, j'en ai peur. Vraiment, j'espère ne pas t'avoir démoralisé plus qu'autre chose... Ne t'inquiète pas pour moi, je tâcherai de me remettre d'aplomb. Prends soin de toi, mon existence dépend uniquement de la tienne mon amour, ne l'oublie jamais. Je jure de rattraper tous ces moments de bonheur volés, quand tu seras de nouveau à mes côtés. Reviens-moi vite mon aimé.


Lily embrasse tes photos chaque jour. On t'embrasse et t'aimons de toute notre âme.



Lily et Rose

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Cheval de Troie
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Féminin MESSAGES : 333
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Elisabeth Wilson
Je m'appelle Elisabeth Wilson. Je suis née le 6 Avril 1864. Je n'ai eu qu'un seul mari et un seul enfant durant ma vie. L'un je l'ai perdu, l'autre est parti défendre notre pays. J'ai déjà enterré mon mari, je ne peux me résoudre à enterrer mon fils également.


Christopher est ce que j'ai de plus cher en ce monde. Enfin, après ma petite fille, je ne pensais pas pouvoir aimer quelqu'un plus que ce que j'aime mon fils mais si, c'est possible. Lily est la chose qui me rend le plus heureuse. Un parfait mélange de son père, mon mari, sa mère... elle est divine. Rose n'est pas la belle fille dont j'aurais rêvé mais elle fait de son mieux, je ne peux que l'admettre.


Michelle Pfeiffer - Shieldmaiden

4 Août 1915. Angleterre


Mon fils chéri,

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu de tes nouvelles. Je ne t'en veux pas, tu t'inquiètes du sort de ta femme et de ta fille avant celui de ta mère, c'est ce qui fait de toi un bon mari et un père aimant. Sache tout de même que celle qui t'a donné la vie s'inquiète pour toi. Je suis dans un tourment incessant depuis que tu es parti. Je ne mange plus avec appétit, je ne prends plus le temps de me promener comme nous le faisions jadis.
Si je t'écris cette courte missive, c'est avant tout pour te dire que tu me manques terriblement et j'espère que tu vas vite nous revenir. Ta fille va bien, Lily est dans une forme olympique, elle trottine gaiement et je sens qu'elle est en passe de dire son premier mot. Fais-moi confiance, ce n'est qu'une question de jour. Cette petite a bien trop de choses à nous raconter pour rester muette encore longtemps.

Pour ce qui est de ta femme, j'ai le regret de t'annoncer que Rose a été hospitalisée à Bristol dans un couvent de bonne sœur. Ce sont elles qui s'occupent de ton épouse. Je passe la voir chaque jour, ne t'en fais pas. Elle est forte et je sais qu'elle se remettra vite du mal qui la ronge. D'après les médecins, elle a eu une forte baisse de tension, le fait qu'elle ne s'alimente plus ne l'aide pas à avoir de l'énergie. Elle file un mauvais coton et j'espère que son état psychologique va évoluer pour lui permettre de se remettre sur pied. Si elle a le malheur de baisser les bras, je crains qu'elle ne s'en relève pas.
Je suis inquiète Christopher, cela fait maintenant trois jours qu'elle est à Bristol sans que cela ne s'arrange. Je tacherais de te donner des nouvelles, Lily est chez moi pour le moment et tout va bien pour elle. Rose se bat et les sœurs sont là pour veiller sur elle. Toutes nos prières l'accompagnent, elle n'est pas seule. D'après Sœur Charlotte, beaucoup de femmes sont venues lui rendre visite en seulement trois jours, certaines avec des paniers garnis, d'autre avec des écharpes et des robes. Je ne savais pas que ta femme était si appréciée. En tout cas, ne t'inquiète pas pour elle, elle est entre de bonnes mains.

J'espérais avoir de meilleures nouvelles à t'apporter, malheureusement, c'est tout ce que j'ai pour le moment. Tu seras le premier au courant du bon rétablissement de Rose. Prends soins de toi et reviens nous.


Je suis si fière de toi, mon fils.



E. Wilson

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