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LE TEMPS D'UN RP

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Regan
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Regan
Lun 14 Aoû - 16:32

Regan
Blake

J'ai 28 ans et je hante La Ville,. Dans la vie, je suis tisseur de cauchemars

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J’vois bien les tronches qu’elle fait, Séraphine, et j’aimerais bien qu’on s’tire d’ici avant qu’ça dégénère. Faudrait pas qu’elle nous sorte son bébé au milieu d’un goulet, ils ont assez d’horreurs à gérer ici-bas. Quoi que. Franchement, ça pourrait être marrant. J’m’esclaffe tout seul comme un connard à cette idée, mais j’reprends vite mon sérieux. On est pas là pour déconner, OH ! Vraiment j’vois des trucs tout autour, faudrait limite que j’me cache les yeux. Non pas qu’j’sois prude ou quoi que ce soit du genre, mais les visions comme ça, ça éveille un tout autre genre d’appétit. Du genre que j’peux pas combler tranquille en jouant la nounou. Putain. Plus vite on s’arrache, mieux ce sera. J’me tourne vers Séraphine, qui s’est arrêtée, elle, et qui reste plantée là, au lieu de me coller. J’aime pas beaucoup l’air qu’elle affiche, ni c’que je perçois en arrière-plan dans la décision qu’elle balance entre nous, qui creuse une distance.

« On part alors. » Même pas je cherche. Même pas j’attends. Anita est grande, elle se débrouillera, moi, j’ai pas du tout envie d’gérer le truc qui se profile.

« Calme, ma belle, on bouge, regarde. » Et, sans l’attraper cette fois, en m’contentant de lui montrer la voie, j’fais demi-tour, et j’commence à gravir à l’envers les escaliers maudits qu’on s’est déjà tapés. Oui parce que quand on descend, c’est tranquille, une volé de marche à tout péter. Quand on remonte, par contre, faut galérer, ça rallonge, ça s’étire, comme si les salles souterraines voulaient nous garder prisonniers. Enfin, elles veulent nous garder, littéralement, mais aujourd’hui, on servira pas de pâture à tous les délires barrés qu’elles renferment. J’ai décidé. J’ai aucune volonté putain. Mieux vaut ne pas y penser.

Parfois, sur notre passage, un couloir s’ouvre, invite à l’imprudence. Mais j’me retiens. J’me concentre. Histoire de pas nous perdre. Et d’épargner à la Ville toute entière la naissance d’un nouveau monstre. Bébé putain, tu parles d’un nom.

« C’est ok Séra ? Tu vas tenir jusqu’à la sortie ? » J’préfère m’en assurer, mais si jamais c’est pas le cas, c’est pas comme si j’avais une solution d’rechange de toute façon. On finit par sortir, et comme j’sens Séraphine un peu prête à exploser, et que mon gentil moi démoniaque me sonne la gueule pour s’offrir une petite virée, j’demande encore, les sourcils froncés.

« C’est bon ? Tu le contiens ? Fais un effort par contre parce que si c’est l’mien qui sort, on va pas franchement rigoler. » C’est marrant, hors contexte la phrase n’a pas le même sens.

Bref.

J’souffle un coup dehors, même si la pression de mon moi super dark se fait toujours un peu sentir. Il est long à calmer, attisé par tous les hurlements, en bas, et par les fragrances des gens qui souffrent. Ouais bon. On peut rien contre sa propre nature ok ? Maintenant, en attendant qu’Anita déboule de quelque tunnel obscur, j’peux me poser avec Séraphine, et essayer de tirer l’autre truc qui me chiffonne au clair.
« Viens on s’cale ici » j’lui dis en lui indiquant un coin un peu sombre mais pas trop glauque, juste à l’écart des clients. Non parce qu’on est toujours dans un bordel, et que la meuf, si elle a finalement pas l’air d’avoir physiquement 7 ans, en âge mental on en est pas loin. C’est drôle cette façon que j’ai de vouloir la préserver, alors que j’la traînais littéralement dans l’antre du mal quelques minutes avant. Ouais, mes contradictions, cherchez pas !

« Donc ton truc vener là, c’est lui qu’a buté un type ? Faut qu’tu m’dises Séraphine, parce que j’suis grave disposé à t’faire confiance, mais j’ai pas envie d’me faire enculer – non pas comme les types qu’on a vu en bas, rien à voir. Du coup, t’as quel genre de contrôle sur ton bébé ? Tu l’appelles et il apparait ? Ou il décide un peu de quand il veut se manifester ? Comment ça fonctionne ? Tu m’as dit qu’c’était pas un sort, mais un truc dans ton ventre, right ? Donc…. Donc… » Et j’m’arrête là, l’esprit dépassé par cette idée.

« Tu sais pas d’où tu viens ? Avant tout ça ? Avant bébé ? » Parce qu’au-delà du fait que c’est sûrement une meurtrière avec un passif trouble et une bête immonde qui vit en elle, c’est quand même ça que j’voudrais bien savoir. Commencer quelque part, même si c’est loin dans l’passé.

A une époque, y’a une vingtaine d’année, y’a eu des disparitions d’enfants ciblées dans certains quartiers. Bon, y’en a toujours, on est quand même dans la Ville, et nombreux sont ceux qui ont besoin de chair fraîche pour leurs petites expériences. Mais cette vague là inquiétait tout l’monde, et les Inquisiteurs ont jamais résolu l’problème. Ni les chasseurs de prime. Ni moi. Bon, moi, j’m’en battais les couilles. Mais quand même. Est-ce qu’elle pourrait venir de là ?
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Bérangère
Mar 15 Aoû - 13:09

Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Séraphine, haletante, inspire, en retrouvant enfin les apparats rouge vif, et l’halogène tamisé.

« C’est bon ? Tu le contiens ? Fais un effort par contre parce que si c’est l’mien qui sort, on va pas franchement rigoler. »
« J’perds pas le contrôle comme ça, tu sais. C’juste que… moi et Bébé, on déteste être enfermés. »

Quelques muscles profonds se sont déchirés. Ils se reforment doucement, reprennent leur forme initiale, non sans laisser quelques spasmes s’inviter dans ses mouvements. Bébé ne pipe mot, mais quand elle y pense, elle est toujours bien plus libre que lui. Je n’y peux rien, Bébé, si tu es toujours trop violent, s’excuse-t-elle. La symbiose s’est évanouie comme elle est venue, avec leurs désaccords. Il a juste peur de toi, a sifflé Bébé. Pourtant, quand le tatoué lui a accordé sa volonté, l’écrasement du cœur, la crainte d’être ignorée, laissée pour compte, s’est apaisée. Tu ne devrais pas t’attacher. Quand il deviendra une menace, je le mangerais.
Si, il devient une menace, a précisé Séraphine.

Elle le suit, et se laisse glisser contre le papier peint gondolé, pour s’enfouir sous sa large veste. Les bras étendus sur ses genoux, offrent un nid à son menton, qui se pose. Le regard perdu dans l’observation du vide, elle réfléchit, laisse son attention analyser au loin, des corps s’étreignant dans une forme de danse qu’elle ne connaît pas, une soupe de bras, de mains frémissantes.

« Donc ton truc vener là, c’est lui qu’a buté un type ? Faut qu’tu m’dises Séraphine, parce que j’suis grave disposé à t’faire confiance, mais j’ai pas envie d’me faire enculer – non pas comme les types qu’on a vu en bas, rien à voir. Du coup, t’as quel genre de contrôle sur ton bébé ? Tu l’appelles et il apparait ? Ou il décide un peu de quand il veut se manifester ? Comment ça fonctionne ? Tu m’as dit qu’c’était pas un sort, mais un truc dans ton ventre, right ? Donc…. Donc… »

Tu vois, il a peur de toi, affirme Bébé. Comme les hommes en blanc.
Tu comprends pas, Bébé, c’est pas moi qu’il craint, c’est toi.

Séraphine lève la tête vers Regan, avant de reprendre sa posture, de laisser son regard fuyant trouver les mots. Ses doigts viennent chatouiller la glissière d’une fermeture éclair.

« Il est pas vraiment dans mon ventre, tu vois, il est plus… Partout. C’est juste là que j’le sens… » Elle illustre son propos, en écrasant les plis serrés de sa robe, d’une main spectrale. « Mais il sort pas quand il veut, c’quand même mon corps. Quand il sort, c’est parce que j’suis trop épuisée, pas comme quand t’as sommeil… j’sais pas comment dire. Des fois il prend le dessus quand je suis en danger, mais c’est immédiat. Je crois que quand j’ai trop peur qu’on m’fasse du mal, je le laisse faire sans trop le vouloir. Mais c’est quand j’ai pas le choix, j’aime pas du tout ça. »

Séraphine se prostre, elle abandonne la glissière, pour enserrer ses genoux, les yeux humides.
« Ça fait hyper mal, tu sais. Comme si je passais toute entière dans un gros mixeur. Et quand il mange des gens, c’est dégoûtant. Et j’ressens tout ce qu’il ressent, quand il le fait, il adore ça.  »  

Ça lui brise le cœur de l’admettre, que cet infâme goût, rien que d’y penser, la fait saliver.

«Tu sais pas d’où tu viens ? Avant tout ça ? Avant bébé ? »

Elle répond comme si les mots n’en pouvaient plus de s’écouler.

« Si je sais. J’étais toute petite, et je vivais avec maman et papa. Maman est fleuriste, tu vois. Puis on est tous morts. J’ai pleins de souvenirs de cette époque. Puis après, quand je me suis réveillée, j’avais mon Bébé, et on était dans une grande cage. Mais tu vois, les gens essayaient toujours de faire sortir Bébé, et quand Bébé il sort, j’sais plus où je suis, après. Pour Bébé c’est pareil, il comprend ce qu’il se passe quand il est au fond de moi, mais ça se mélange pas bien. Un peu comme l’huile avec l’eau. C’pas facile à expliquer… »

Elle s’enfouit un peu plus entre ses bras.

« Il est pas méchant, mon Bébé, en vrai. Il est en colère, il veut juste être libre et exister.  »

Son menton se fripe, quand elle y pense, et elle émet un couinement retenu, alors que, sur ses verres, une buée se forme.

« J’en ai juste marre, d’avoir mal, et d’être perdue. Moi aussi, j’aimerais bien exister un peu… J’veux juste être heureuse, comme avant ! »

Elle se cache complètement, et de la veste en cuir, ne ressort plus que la masse terne de sa chevelure épaisse, alors que son dos rond tremble sous ses gémissements.

« Tu trouves que j’suis égoïste ?  »



Regan
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Regan
Mer 16 Aoû - 12:28

Regan
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J'ai 28 ans et je hante La Ville,. Dans la vie, je suis tisseur de cauchemars

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Je ferme les yeux quelques secondes en l’écoutant parler, et sa voix me berce, presque, me colle des envies de me rouler en boule dans un coin de la pièce et de taper mon meilleur somme. Pas qu’elle soit soporifique, Séraphine. J’ai juste les batteries à plat, encore, après mon rodéo privé et notre petite visite des souterrains. J’rouvre un œil, et elle fait toute fragile, la meuf, vraiment j’pourrais presque la prendre sous mon aile. En faire ma terrifiante protégée. Un sourire me vient, j’le chasse presque aussitôt.

« Personne aime être enfermé. » Un constat un peu plat, mais pourtant valable. Même si certains se contentent des prisons dorés qu’ils se forgent en eux-mêmes, la liberté c’est quand même quelque chose. On la rêve. On l’idéalise. Mais on l’embrasse, chaque fois qu’elle se présente. J’ai presque de la peine pour son bébé, monstre de compagnie, ça a pas l’air d’être un super plan en vérité.

« J’vois l’idée. Tu sais que… » J’m’interromps brusquement, réalisant un peu tardivement que j’allais lui balancer comme ça cette part d’ombre qui nous guette tous les deux. Autant garder ça pour moi. Les démons, ça crée toujours des réactions imprévisibles. Et même si, pour l’heure, elle a pas l’air du genre à s’effrayer pour un rien, on sait jamais. Mais ouais, ce qu’elle me dit m’fait un peu penser à la part démoniaque qui rôde en moi. Qui s’éveille et s’manifeste lorsque vraiment tout m’échappe. C’est rare. Et heureusement. Le dernier carnage a laissé de sales traces. Même pour moi.

J’ricane salement quand elle me parle de manger des gens, mais j’fais pas vraiment le fier. Non, j’vous vois venir, j’ai jamais mangé personne. Tué. Eviscéré. Répandu des entrailles un peu partout, ouais. Si en plus j’avais dû les cuisiner. J’comprends ce qu’elle veut dire. Ce mal-être enraciné, comme un poison dormant. Ces émotions étrangères qui pourtant semblent viscérales. Et naturelle. Mais, surtout, cette sensation terrible, d’être spectateur d’un autre soi, sans y pouvoir grand-chose. La douleur, aussi. Le corps qui s’adapte. Les os qui se brisent, puis se reforment. Même si comme ça, ça paraît cool les transformations, vu de l’intérieur, c’est traumatisant.

« Je sais. » La réponse est énigmatique, j’suis pas encore prêt à lui partager que de ce côté, j’en sais sans doute au moins autant qu’elle. Même si on diffère sur le fait que j’suis pas possédé. Ça a toujours été en moi. J’m’approche un peu d’elle, attendri, sans lui couper la parole pour autant parce que c’qu’elle a à dire, vraiment c’est important. J’sais pas à quel moment j’ai commencé à en avoir réellement quelque chose à foutre de Séraphine, mais à mesure qu’on passe du temps ensemble, j’mesure, plus ou moins, que j’ai développé une forme d’attachement. Dégueu.

Et le voilà le moment, où son innocence et sa vulnérabilité qui s’étalent sans honte pourraient me briser le cœur. Si j’en avais un. Cette fois, j’me lève, j’viens me caler contre elle, et j’l’entoure d’un bras solide. Histoire de lui offrir un refuge. Un rempart. Ça durera le temps que ça durera. Mais pour l’heure. J’bouge pas.

« Ça viendra. Mais pas comme avant Séra. D’une autre manière. Sous d’autres formes. T’es en pleine transition. Faut qu’tu t’laisses le temps. De t’habituer. De t’adapter. Bébé t’aidera, j’en suis certain. Si on s’fait pas choper. Le mec dans la ruelle. C’était toi. Y’a forcément du monde sur tes traces. Sur nos traces, maintenant. Anita nous a trouvés. D’autres le feront. Et faudra qu’on soit prêts à les accueillir. »

J’me fais pas trop d’soucis. Entre Séraphine et moi, quiconque voudrait empocher la prime a intérêt à s’accrocher. Le problème ? Son instabilité. Un atout aléatoire donc. Tant pis. On est dedans jusqu’au cou de toute façon.

J’garde la pose câlin une bonne dizaine de minutes encore, comme si vraiment ça m’plaisait d’être là, à traîner sur le sol d’un bordel avec une meuf que j’peux même pas sauter. Vraiment, Séraphine a une influence de merde sur moi. J’me détache d’elle au bout d’un moment, comme à regret, et j’me relève pour m’allumer une clope et regarder un peu autour, des fois qu’on aurait raté des trucs. Tout est calme. La danse lente des clients se poursuit dans un rythme bien rôdé, et personne fait vraiment attention à nous. Aucun signe d’Anita, mais c’est p’t’être mieux comme ça ? De la fumée plein la gueule, j’encourage Séraphine à s’lever.

« Allez ma belle, il est temps qu’on s’tire d’ici. Ajuste ta veste. Cache-moi un peu ces jambes ptn, pas envie qu’la moitié d’la Ville nous trace parce que tu t’es subitement transformée en bonnasse. » J’étouffe un rire, parce que franchement, ce mot, j’doute qu’elle sache ce que ça veut dire, et que même si c’est bâtard sur les bords, c’est toujours hyper drôle de claquer aux gens du vocabulaire qu’ils connaissent pas.

« J’t’emmène dans ma planque, on va t’apprendre la vie, un peu. » J’décide sur un coup de tête. Et là, j’prends un vrai risque, parce que ma planque, personne y fout jamais les pieds. Pas moyen. Pas envie d’me faire déloger. Mais aux grands mots les grands remèdes. Et elle sera en sécurité. Au moins pour un temps.

J’laisse une poignée de billets conséquente à la sortie, et nous revoilà dehors, dans la Ville, à la merci de tout et n’importe quoi. Bon, j’fais un peu le fragile là, pas comme si on était sans défense non plus. Mais j’ai aucune envie de m’attarder en zone découverte.

« T’es prête ? » j’demande en jetant un coup d’œil en arrière. Et qu’elle le soit ou non, j’commence à nous téléporter sitôt sortis du bordel. Avec le passage dans l’coin, plus dur de chopper notre traces. Et donc de nous interrompre. Ou même de nous pister. Vraiment mon intelligence me sidère parfois.

L’aura nous enveloppe, et nous transporte vers notre nouvelle destination. Un immeuble qui paye pas de mine. La façade, défoncée, présente des vides béants. Et la couleur rouille, usée des vieilles briques laisse à penser que ce truc date et n’est plus bon qu’à accueillir quelques SDF. Ambiance tas de gravats et boites de conserves sur un réchaud. C’est faux. C’est un leurre. J’ouvre la porte à Séraphine, et j’libère le passage dans un vieux gémissement de gonds fatigués. L’intérieur n’a rien à voir. Le parquet lustré nous offre quelques grincements accueillants. L’odeur du bois, le chant des vieilles pierres nous assaillent.

J’me dirige tranquillement vers l’une des nombreuses portes qui flanquent le couloir, j’en choisis une, à la peinture noire écaillée, et j’passe lentement la main dessus. C’est presque érotique, comme geste. Dommage que ce ne soit qu’une porte. Elle s’ouvre à son tour, dévoile une petite pièce sombre mais agréable, aux angles arrondis et au sol dallé.

« Bienvenue chez moi. Installe-toi ! » J’dis à Séraphine en ouvrant les bras pour l’encourager à se tailler un chemin dans l’espace limité mais bien pensé. Un canapé de seconde main traîne, au milieu, comme si quelqu’un l’avait abandonné là sans but réel. J’ai jamais été doué pour la décoration. Aux murs, d’immenses rangées de livres, agrémentées de plantes grimpantes. Et au sol, des tapis aux couleurs chaudes, pour rehausser un peu les lambris.

« Ici, tu risques rien. Et si un danger arrive, tu seras prévenue, de toute façon. » J’précise en allant m’étaler dans un des pouffes qui jouxte le canapé, les jambes sur un second. J’claque des doigts, et un bouquet de fleurs apparaît sur l’un des petits guéridons près du canap’.

« J’ai failli oublier. Des fleurs. Des vraies. » J’annonce sans pouvoir cacher que j’suis fier comme un paon. Parce que j’ai pas oublié. Et que ces fleurs là, au moins, risquent pas d’lui sauter à la gueule et d’abimer son mignon petit visage.

« Tu veux manger quelque chose ? Boire ? Dormir ? B… » Non vraiment c’est trop. J’me mords la langue sur ma connerie, un rire étouffé me griffant le fond de la gorge, et j’me mets à observer le plafond étoilé, le temps que Séraphine prenne ses aises. Vraiment, si certains se demandent à quoi ressemble l'antre d'un démon, désolé d'la déception, j'suis du genre plutôt normal !

Bérangère
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Ven 18 Aoû - 16:40

Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Séraphine se sent lourde. L’épuisement au bord de ses larmes, soulevé par les souvenirs qui s’éclatent, les constats nus qui s’étalent. Piégée par elle-même, et rien ne pourrait la libérer de cela. Le cœur se languit toujours de cet ancien bonheur, une référence ultime sans égale. Il ne peut accepter que ce qui est perdu l’est à jamais. Errer après des fantômes. Si seulement elle pouvait être comme Bébé, courir après la vie sans autre dessein que croquer. Mais sans but, est-ce que cela ne serait pas, au final, juste vain ? Aucun de ces deux chemins n’est convenable, et l’esprit est une créature bien binaire. Son dos trésaille, quand le bras tatoué l’entoure fermement, chaud. Elle soulève son visage rougit, les lèvres serrées. Elle boit ses mots, assoiffée comme elle est.

Certains s’habituent à la solitude, la recherchent et s’y lovent comme dans un duvet bien confortable. C’est pour eux le plus doux des cocons. Séraphine n’est pas comme ça, mais elle ne pensait pas qu’une simple étreinte suffirait à en détendre les maux. Elle laisse se dénouer ses tourments, ses gémissements s’arrêtent presque net, comme si ces choses qui la rendait folle, n’étaient plus qu’une illusion, à en douter de leur impact. Même Bébé se tait, accepte, enroulé sur lui-même. Elle se laisse tomber contre lui, et blottit son nez à l’intérieur de son épaule. Y inspire le parfum agressif du tabac froid, réconfortant. Une nouvelle fleur dans son florilège, plus belle que toutes les autres. Elle expire, calmement, emportée dans une sécurité somnifère, encagée volontairement, sous un règne protecteur. C’est peut-être ça, finalement, la liberté. C’est d’avoir le choix de sa prison.

« Merci, Regan. »

Elle ne veut jamais sortir de là, Séraphine. Elle veut rester dans ce tout petit monde chaud, dans l’affinité qui se suspend, dans cette affection et ce besoin qui se gonfle comme une emprise évidente, naturelle. L’amour peut prendre cette forme candide, absolue comme aucune autre. Celui des enfants ne connaît aucune frontière. Il ne bute pas sur des détails, il ne se laisse pas flancher. Quand le tatoué retire son bras pour se lever, elle y était si bien, qu’elle manque d’en glisser. Elle se rattrape, et le regarde, avec de grands yeux, allumer une cigarette. Ça sent mauvais quand même, elle se demande à quoi ça sert. Elle se souvient de quelques sermons, mais pour fumer autant, ce ne doit pas être si horrible. Ça a peut-être meilleur goût que ce que ça sent.

Séraphine se lève. Elle époussette ses vêtements et offre une moue interloquée.

« C’est quoi un bonnasse ? »

Elle ne voit pas pourquoi elle devrait cacher ses jambes, alors qu’il fait bon, et que, autour d’elle, toutes les autres semblent porter encore moins de vêtements. Elle tire sur le bas de la jupe, mais il n’y a pas grand-chose à y faire, ça ne risque pas de subitement se transformer en pantalon. C’est un peu frustrant, de ne pas comprendre. Tout cet endroit, c’est un peu ça : les choses n’ont aucun sens. Un théâtre étrange.

Elle le suit, alors qu’il ne daigne pas répondre à sa question. Ses mains réussissent avec difficulté à enclencher la glissière dans la fermeture éclair de sa veste, et elle se remercie d’avoir pu se couvrir mieux, quand le vent froid claque son visage, une fois dehors. Le silence des faubourgs est un plaisir, comparé à l’encombrement décadent du bordel.

« T’es prête ? »
« Prête à quoi ? »

L’espace se déforme soudain, sous une vive lumière. Le transport lui donne une nausée subite, et elle perd l’équilibre, à l’arrivée.

« J’étais pas prête… »

Elle a peine le temps de s’en remettre, de jauger ce lieu inconnu, où de se sentir perdue. Elle suit l’homme un peu bêtement. Bébé ne proteste plus. Il réfléchit dans son coin, elle le sent qui se brouille tout seul.
Tu vas bien, mon bébé ?
Laisse-moi, rétorque-t-il.
L’immeuble est austère, le couloir l’est tout autant, mais Séraphine n’a pas d’attentes pour en retirer quelconque jugement. Elle se laisse guider, la tête curieuse. Les trous dans le plâtre effrité, qui laissent découvrir des briques poudreuses, les restes imprimés d’un papier peint décoloré par endroit. Le couinement du plancher inégal, décapé de son vieux cirage, et noirci par l’usage là où les pieds s’y traînent le plus. D’aspect comme d’odeur, le lieu est mort, mais garde figée dans son essence, une devinette : celle d’un lustre d’antan, du temps qui passe et marque, d’une étrange manière. Une sensation agréable, comme un appel à la curiosité, à explorer l’histoire.

L’excitation la gagne déjà, quand le tatoué s’apprête à leur faire franchir une nouvelle porte. Elle étend son cou dans tous les sens, cherche dans chaque interstice, quelques détails de plus, furetant déjà. Ses yeux s’écarquillent, rougeoyant quand elle pénètre enfin le petit espace. Trop de choses à voir, pour que sa petite tête puisse en avaler tous les éléments d’un coup.

« C’est trop cool, chez toi ! »

Elle court vers les étagères, la bouche ouverte devant l’accumulation de livres. Elle laisse doucement ses doigts effleurer les couvertures en cuir, s’attarde sur les bibelots qui traînent ça et là entre deux piles. Chaque objet est un nouveau supplice de frustration, alors qu’elle se retient par politesse de tout toucher, de tout inspecter. Elle ne risque rien, ici. Ça sonne doux à ses oreilles, et le confort s’installe le long de son dos, qui se détend. Elle lève la tête, ses yeux parcourent les constellations avec délice. Un vrai rêve. Elle accourt, quand le bouquet apparaît, et le saisit de ses deux mains.

« Tu peux faire apparaître des fleurs ?! T’es trop fort ! Comment tu fais ça ? »

Elle saisit le bouquet, et plante son nez dessus, en aspire les notes parfumées qui étirent ses lèvres. Les jambes sautillantes, elle atterrit sur le canapé, et enlève ses chaussures d’un geste du pied maladroit et peu maîtrisé, en observant le bouquet, les joues rosies de plaisir. Elle hisse ses jambes sur l’assise, l’abus de politesse à ses limites, lorsque l’on parle de canapé. Son nez se retrousse, ses lunettes tanguent, alors qu’elle enlève du bouquet une tige. Elle se tourne vers le tatoué, et se penche sur l’accoudoir.

« Dis, tu sais qu’les fleurs peuvent avoir plein de messages différents ? On peut tout dire, avec des fleurs, même qu’on déteste quelqu’un, t’imagines ? Ce serait débile, d’offrir des fleurs à quelqu’un qu’on déteste ! » Elle rigole, avant de tendre la main, pour offrir la tige à Regan. « Regarde, c’est un bleuet ! Les bleuets, ça porte la confiance, et aussi la loyauté. Enfin, d’autres choses aussi, mais c’est pas vraiment une science. »

Elle s’affale un peu dans le dossier, et laisse le bouquet se poser sur ses cuisses, laissant sa tête tomber, son regard se perdre sur la lueur bleutée des étoiles.

« Ma maman, elle me disait qu’y a mille façons d’aimer, et qu’il y’en a pas une que les fleurs n’peuvent pas exprimer. »

Ses mots se suspendent, s’accrochent aux lumières qui tracent une courbe lente.

« Dis, Regan, tu veux bien être mon ami pour toujours ? »


Regan
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Regan
Mar 22 Aoû - 0:28

Regan
Blake

J'ai 28 ans et je hante La Ville,. Dans la vie, je suis tisseur de cauchemars

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J’commence tout juste à réaliser c’que ça veut dire d’avoir une personne sous sa responsabilité. Genre, pour de vrai. Séraphine, j’la largue dans la rue dans une heure, elle survivra peut-être un couple d’heures supplémentaires. Pas plus. Parce qu’elle est pas encore suffisamment forte. Suffisamment éveillée, pour subvenir à ses propres besoins. Et ceux de Bébé, mieux vaut ne pas en parler. J’y pense alors que j’fixe toujours mon plafond, le regard dans le vague. Puis j’repense à ce qu’elle m’a dit, aussi. C’est trop cool chez toi. J’avoue, j’me demande à quoi ça peut ressembler, à travers ses yeux à elle. Alors, doucement, j’murmure à son intention, sans prendre la peine de me tourner pour la regarder.

« Hey Séra. Décris-moi c’que tu vois. Et une bonnasse, c’est une meuf comme toi. T’es une vraie bonnasse, chérie. » Et pourquoi pas après tout. On est dans la Ville, alors imaginer Séraphine en bonnasse, c’est clairement pas le truc le plus difficile à imaginer.

J’l’entends bouger un peu partout, et ça m’amuse de m’la représenter, un peu paumée dans mon univers. Lorsque j’me tourne vers elle, c’est pour voir la fleur qu’elle me tend. Et, bêtement, j’sais pas trop comment réagir. Y’a un truc un peu confus dans la relation que j’dessine avec Séraphine. Ou peut-être que c’est ce que ressentent les parents quand leurs enfants grandissent ? Comme si elle évoluait trop vite. Trop fort.

« J’savais pas pour les messages. » J’commente, le ton bas, comme pour ne pas déranger l’harmonie soudaine de la vision qu’elle offre, sa candeur affichée comme une parure. J’prends la fleur et j’la fais tourner entre mes doigts, sans vraiment y prêter attention. J’suis trop focalisé sur Séraphine pour le moment. Et sa question m’prends complètement au dépourvu. J’suis pas du genre à m’engager. Même pour les rêves de gosse d’une meuf qu’a plus vraiment l’âge d’en être une. Y’a des innocences qu’on ne brise pas, pourtant. Et j’comprends même pas pourquoi j’lui réponds du même ton un peu assourdi, les yeux perdus quelque part entre ses mèches blondes et les défauts du canapé.

« Ouais si tu veux. Mais tu sais ça veut dire quoi pour la vie, Séra ? On fait quoi si on vit mille ans ? » J’esquisse un sourire. Vu c’que j’abrite en moi, j’risque pas d’crever de suite. L’existence humaine, brève, éphémère, c’est pas pour moi. Encore heureux. Quel enfer de devoir partir alors que tu commences à peine à comprendre les choses. Une frustration à laquelle j’suis bien content d’échapper. C’est malin. Avec ses conneries à la petite, j’ai bien envie d’lui refaire un câlin. J’deviens vraiment sentimental. C’est chiant. J’ai pas trop le temps de m’attarder sur cette idée pourtant, parce qu’au moment où j’me décide à m’lever pour aller la rejoindre, une petite boule de fourrure noire fuse d’une des étagères et vient s’étaler sur Séraphine en hurlant. Ouais bon en hurlant, j’exagère un peu. Mais en faisant un max de bruit.

J’lève les yeux au ciel. C’est reparti pour le cirque. J’l’avais presque oublié celui-là.

« Ouais bon Séraphine, j’te présente… Il a pas d’nom en fait. J’l’ai récupéré y’a quelques semaines, et il a l’air de bien aimer l’endroit. Il refuse de partir. T’as qu’à l’nommer, ça t’occupera. Et lui aussi. »

La créature en question ressemble à un chat. Mais c’est pas vraiment un chat. Déjà, pour le moment, il est petit, mais il atteindra sûrement la centaine de kilos une fois adulte. Ensuite, il a pas d'moustaches. Des griffes par contre, oui. Et sept doigts à chaque patte. Il sait ronronner. Il sait arracher la viande d’une carcasse, aussi, en faisant plein de petits sons dégoutants. Et il aime le sang putain. Bref. Un cadeau parfait pour Séraphine. Normalement, la bestiole est pas agressive avec les gens. Normalement.

J’les observe tous les deux, un peu méfiant quand même parce qu’on sait jamais avec les créatures. C’est imprévisible, et c’est toujours où moment où on s’y attend le moins que les griffes sortent et qu’un bout de corps disparait.

J’me laisse tomber sur le canapé, et le truc reste entre nous, à nous fixer de ses grands yeux obliques. J’adore ses yeux. Ils ont quelque chose de doux. J’connais même pas le nom de cette espèce. Sûrement une expérience foirée. Un hybride un peu bizarre. Ses oreilles sont trop longues. Et les raies foncées qui se distinguent à peine au creux du pelage noir sont pas franchement félines. M’enfin. Pour c’que ça change. C’est le rendez-vous des adoptés ici.

« J’crois qu’il t’aime bien. » J’note avec un sourire satisfait. De toute façon, pour qu’il sorte, c’est que quelque chose l’a attiré en dehors de sa cachette, parce que j’ai pas sorti la moindre bouffe pour l’heure. Nouveau claquement de doigts. Et un os à moitié rongé tombe droit devant le nez du simili-chat. Histoire d'être sûr qu'il croque pas un bout d'mon invitée quoi.



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