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LE TEMPS D'UN RP

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Regan
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Regan
Lun 7 Aoû - 11:13

Regan
Blake

J'ai 28 ans et je hante La Ville,. Dans la vie, je suis tisseur de cauchemars

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Mort de rire, franchement quand elle ose me sortir que c’est pas un bébé la Séraphine, j’ai envie d’la gifler ou au moins d’la secouer très fort. Mais bon, heureusement j’sais me tenir, et j’dis rien, j’la laisse dans son déni, parfois ça fait du bien d’avoir foi en quelque chose, ou en soi-même. Ses explications sur le bébé m’conviennent moyennement, et j’m’apprête à faire un commentaire lorsque les plats arrivent. Cerb a son sourire des grands jours, et j’me demande bien c’qui peut le réjouir autant, même si j’suis pas sûr d’avoir envie d’le savoir. Il me lance un coup d’œil appuyé, et j’lui réponds par un haussement d’épaule avant d’attaquer la bouffe, parce que c’est carrément mieux qu’un mcdo et que j’crève la dalle après toutes ces aventures.

« Mais ton bébé là du coup, pardon j’ai du mal à comprendre. C’est pas humain du coup c’est ça ? C’est une créature ? Tu peux l’contrôler ? Tu sais, tu dis qu’t’as aucun pouvoir, mais tu dois forcément en avoir, rien qu’pour avoir survécu à tout ça. Plein de gens par ici ont des capacités qu’ils ont pas encore découverts, on s’penchera là-dessus si tu veux.» J’dis la bouche pleine à mon invitée, arrosant chaque bouchée d’une bonne rasade de whisky. Vraiment pas dégueulasse. J’prends pas vraiment le temps de savourer, j’ai plutôt envie de mitrailler Séraphine et c’est littéralement ce que je suis prêt à faire quand un frisson me secoue l’échine, et qu’une silhouette trop familière s’incruste sur mes rétines. Merde, j’me dis, le regard bloqué sur la troisième convive. Anita ?! Si j’avais pas le teint naturellement halé, j’serais devenu livide. Non pas que j’la craigne réellement, mais elle tombe vachement mal.

Discrètement, j’bouge un peu sur ma chaise, histoire de check l’état de mes côtes et du reste, et le simple mouvement m’arrache une grimace d’inconfort. Ouais, c’est pas la joie, va falloir que j’sois malin parce que j’l’emporterais pas dans un combat à la loyale, pas aujourd’hui.

« Hey chérie. » J’lance en ayant l’air vachement content de la voir – bon c’est un peu baisé avec le rictus que m’a provoqué son arrivée, mais on sait jamais, p’t’être qu’elle peut être un peu naïve pour une fois ? Apparemment pas. De ce qu’elle me dit, elle est grave contente de me voir et elle attend juste que j’m’esquive pour qu’on s’tape un p’tit moment tous les deux right ? RIGHT ? Fais chier. Elle est toujours aussi bonne, ça ça n’a pas changé, et ça m’aide franchement pas à me concentrer sur une parade efficace.

« Séraphine, Anita » j’lâche d’un ton plat et un peu trop poli qui m’ressemble pas du tout, histoire de faire les présentations. Bon, et on va pas s’mentir, pour l’heure, j’ai plus l’air d’avoir un truc coincé dans la gorge que d’éprouver une joie débordante. Anita j’l’ai salement roulée, et c’était bien marrant. Un coup de maître. Mais forcément, après ça, elle me garde une petite rancune. Oup’s. Vous vous rappelez quand je disais que j’étais digne de confiance ? Souvenez-vous que j’ai précisé « ça dépend avec qui ». Malheureusement pour elle, Anita ne fait pas partie de mon cercle, et, par conséquent, ne peut pas vraiment attendre de moi que j’me comporte en type bien. Ce que je ne suis de toute façon pas.

« J’suis un peu contre les explosions en c’moment, j'deviens pacifiste, peut-être que tu pourrais m’épargner pour cette fois, et qu’toi et moi on pourrait s’expliquer ? Si tu veux, j’peux même te rembourser en nature. » Voilà que j’sonne comme une vieille pute maintenant, quel enfer. J’me suis jamais prostitué, j’commencerais pas pour Anita. Quoi que. J’la lèche du regard un bon coup, et le sourire de loup qui m’échappe fait figure d’aveux. Ouais bon, y’a franchement pire, j’pourrais m’laisser tenter.

« Ecoute meuf, j’suis vraiment désolé d’t’avoir baisée, mais tu m’connais, tu sais que j’peux m’rattraper, tu m’laisses une chance, et tu laisses la petite ok ? » C’est pas forcément le meilleur angle de protection, d’immiscer Séraphine dans la conversation, mais j’suis un peu bloqué là tout de suite, et un peu à court d’idée. Si elle refuse, bah. J’espère qu’au moins, les fleurs, j’en aurais sur ma pierre tombale. J’me recule un peu sur ma chaise, j’jette un coup d’œil à Cerb, mais lui, faut pas compter dessus de toute façon, il est bien trop occupé à s’taper une barre en silence avec son sourire de clochard, et j’reporte mon attention sur Anita avec mon meilleur air de chien battu « Vraiment on peut parler ? Oublie la gamine et règle moi mon compte si tu veux, tu pourrais même devenir célèbre. » C’est totalement vrai, si elle y parvient, le truc que j’dis pas, c’est que les chances qu’elle me bute sont quand même réelles, et ça m’fait doucement paniquer. Pas d’manière trop visible. Juste les muscles qui tressaillent, et mon pied qui bat la mesure frénétiquement sous la table. Regan, ou l’art de se foutre dans la merde. Le pire ? Son fric, j’l’ai déjà dépensé. Investi, plutôt, en partie dans la veste que j’ai perdue tout à l’heure. J’suis vraiment un loser. Putain, j'savais bien qu'j'aurais du la sauter.


Bérangère
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Bérangère
Lun 7 Aoû - 23:15

Anita Edmond

J'ai 26 et je suis Chasseuse dans la Ville. On me connait pour bouffer à tous les râteliers, j'ai pas tellement le choix pour survivre, depuis que j'ai débarqué dans ce monde de dingue. Ma force incroyable et mon pouvoir explosif, c'est pourtant bien assez pour en faire trembler plus d'un.

Pacifiste ? Un remboursement en nature ? Je ne peux pas m’empêcher un rictus hypocrite, j’avais presque oublié la quantité massive de conneries que ce type débite à la minute. Avant qu’il ne décide de m’humilier, je trouvais ça charmant, sa petite répartie insolente. Je vois bien comment il me regarde. Ça me plaît et ça m’agace, est-ce qu’il me prend au moins au sérieux ? Je laisse rouler ma langue contre mes joues. Ma dignité, il va pas la tester longtemps. C’est peut-être bien sa paire de précieuses, que je vais exploser en premier. Je lève un sourire moqueur.

« Te surestimes pas, bébé, je voudrais pas avoir à te faire de la peine. La seule chose qui m’intéresse, c’est la douce couleur de mon cash, à défaut celle de ta belle gueule éparpillée sur le papier peint me satisfera pleinement.  »

Je rigole pas. Je suis plus que prête. Je le connais Regan, je ne suis pas assez stupide pour ignorer ce dont il est capable. Je tiens pas à me retrouver avec la jugulaire tranchée avant d’avoir eu le temps de penser à ce que je vais lui faire exploser. Franchement, je ne serais même pas sûre de gagner, si je devais combattre ce type. Mais je serais la putain de risée de la profession, si je le laissais partir maintenant après qu’il m’ait enflée. J’ai quand même une certaine réputation à tenir.
Putain, je suis certaine qu’il a même pas un rond à me filer.  

« Ecoute meuf, j’suis vraiment désolé d’t’avoir baisée, mais tu m’connais, tu sais que j’peux m’rattraper, tu m’laisses une chance, et tu laisses la petite ok ? »

J’éclate de rire. J’y peux rien, vraiment, à ce niveau-là, c’est juste nerveux.

« Et quoi, je te fais confiance ? J’ai l’air si naïve ?  »

Je pensais pas que ça suffirait à chasser ses manies suffisantes, une toute petite menace de rien du tout. Je l’ai vu continuer à faire le malin un pied dans la tombe, mais maintenant que j’y pense, il a pas l’air bien en forme. Petit chat. J’inspire une bouffée de confiance, et j’ai presque envie de me détendre.
En fait les deux ont l’air salement amoché, et je me surprends à me demander ce qui a bien pu leur arriver. Il l’a trouvé où la mioche ? C’est pas son genre de ramasser des chiens galeux qui traînent dans les flaques de boue. Il aurait fini par engrosser une de ses putains du dimanche ? Comme s’il était capable de faire preuve de responsabilité. J’y crois pas un instant.

« Vraiment on peut parler ? Oublie la gamine et règle moi mon compte si tu veux, tu pourrais même devenir célèbre. »

Il me connaît bien. Je me laisserais bien adoucir par l’idée d’être celle qui a terrassé le foutu Croque-Mitaine. Dans mon travail, c’est la renommée qui fait tout. Les plus gros contrats, ils ne sont pas pour les petits chasseurs de bas étage comme moi. Je mérite bien mieux que toute cette merde, sérieux. Puisqu’il me le propose si gentiment, je vais peut-être bien accrocher sa tête dans mon salon. Mais je sais pas pourquoi, j’ai la haine.
Je jette un regard sur le côté, sur la gamine en blanc, ses joues pleines de sauce, son petit air innocent qui me file la gerbe. Je la fusille du regard, et comme si je venais tout juste d’apparaître dans son petit monde, elle tourne la tête vers moi et me sourit. Elle comprend la situation au moins ? J’ai quand même menacé de lui exploser la cervelle. Sérieusement, qu’est-ce qu’elle a de si bien, pour qu’il joue les protecteurs d’un coup ? Et moi, je mérite juste qu’il me marche sur la gueule ? Putain ça m’enrage.
Comment il a dit qu’elle s’appelait déjà ? Séraphine ?

Merde. Je sais, d’où sa tronche me revient. Je dois ouvrir de sacrées billes, mais en même temps, c’est un vrai coup de bol, qui vient de me tomber là. Finalement, je vais peut-être avoir encore besoin de les garder entiers. Je me lève d’un coup, et j’attrape Regan par le bras pour le lever. Sérieux, ça devrait être un crime d’avoir des bras comme ça, et d’être un pur connard.

« Suis-moi, et essaie pas de jouer au con. »

Je m’arrête un instant, et je me penche vers la gamine qui à l’air de planer complet.

« Tu restes là chérie, ok ? Tu finis bien ton assiette, sinon t’auras pas de dessert, alors… Sage.  »

On dirait même pas ma voix, tant le ton que je m’impose est aussi doux que faux. Comment on parle aux gamins ? Qu’est-ce que je hais les mioches. Je sais pas à quoi elle pense, mais elle me réponds à peine d’un sourire faible, et d’un hochement de tête. Je la regarde bien encore une fois, histoire d’être sûre de pas me tromper, et j’attrape ce bon Regan Blake pour le tirer. Je nous enferme dans les toilettes, j’espère qu’il va pas se faire des idées ce con, j’ai juste pas mieux sous la main, là, et je sais pas si je supporterais une remarque sans au moins lui en retourner une. Ca me ferait sûrement un bien fou.
Je le pousse aussi loin de moi que possible dans la pièce étroite.

«  Tu l’as ramassé où ta gosse ? Tu sais qu’elle est dangereuse, au moins ?  »

Je souffle, et je souris.

« C’est pas important, ce qui devrait te faire plaisir, c’est que j’ai un deal à te proposer.  »

La vengeance c’est bien, mais j’admet que le fric, c’est quand même vachement mieux.

« Ta marmotte là-bas… »

Je m’approche de lui et d’un geste de la main, je fais apparaître au-dessus de ma paume un contrat de chasse. Les lettres s’écrivent à même l’air, et la photo de la petite Séraphine se dessine dans un courant.  

« Elle est recherchée.  »

Je laisse les informations juste assez longtemps, pour qu’il voit le chiffre exorbitant proposé pour sa capture. Je veux pas qu’il capte le nom du commanditaire, et qu’il me double une nouvelle fois. Je me sens chanceuse aujourd’hui. Si je la joues fine, c’est pas que mon pognon que je vais récupérer, c’est aussi les intérêts. Il doit se dire qu’en temps normal, j’ai pas les épaules pour obtenir un tel contrat. Il a raison.

« Tu sais où j’ai récupéré ce contrat ? Sur le corps encore chaud et déchiqueté du Gros Benny, pas plus tard qu’hier soir.  »

Le nom pourrait faire rire, mais en vérité, personne de sain d’esprit dans cette Ville, n’oserait se moquer de lui. Un ponte parmi les pontes, chez les chasseurs. Crevé sur le bord d’un trottoir avec plus que sa masse et ses putains de dents pointues serties pour être reconnu. J'offre à Regan mon plus beau regard menaçant.

« Vu que t'as l'air intime avec la gosse, et que j'ai pas envie de finir comme le Gros Benny, on va aller faire un petit tour tous les trois, t'en dis quoi ? Evidemment, t'auras pas un centime, mais t'auras au moins tout le loisir de continuer ta misérable vie.  »

Je peux au moins lui laisser croire que je vais l'épargner. C'est le minimum.

Regan
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Regan
Mar 8 Aoû - 0:35

Regan
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J’me fige sous la menace, et sous le fait qu’elle m’appelle bébé, aussi, parce qu’autant j’suis le roi des flirts randoms, et j’me la joue souvent charmeur, autant Anita, c’est pas super bon signe qu’elle adopte mon ton. On se jauge du regard, et j’me demande quel effet ça m’ferait d’avoir la gueule éclatée par terre, éparpillée sur le papier peint, comme elle dit si bien. Ouais non, j’pense que j’serais pas du tout à mon avantage. J’ferme ma gueule, par contre, c’qu’est un autre signal assez évident que j’ai pas envie d’me la mettre là, tout d’suite, au milieu du pub, avec la naine qui végète dans un coin, et mes côtes qui m’donnent un peu envie d’pleurer.

« T’as l’air de beaucoup d’choses Anita, mais naïve est pas l’mot qu’j’aurais choisi. » Bonnasse aurait mieux convenu, mais restons poli. J’la joue cool, décontracté, mais le calme, j’le ressens pas du tout là. Anita, son pouvoir, j’ai vraiment pas envie d’m’y frotter, et c’est pas mes boucliers pathétiques qui nous sauveraient de ça, faut que j’me recharge, que j’me pose, que j’m’envoie en l’air et que j’reparte du bon pied. De c’que je comprends de son attitude, c’est pas vraiment au programme. Bah rip mes pouvoirs. Même le chat s’la coule douce, à croire qu’il aime son parfum, à Anita. Remarque, moi aussi j’l’aime bien, ce parfum… Ok j’m’égare encore mais elle m’laisse pas vraiment le temps d’partir plus loin dans mes pensées. Elle m’attrape, et j’manque me casser la gueule comme le dernier des boulets, parce qu’elle m’a pris par surprise, que j’ai pas d’équilibre, que j’ai bu du whisky, et qu’si jamais ça suffisait pas, j’suis complètement sonné.

« Oooh doucement ! » J’grince des dents, j’me rattrape à la table en la faisant tanguer, et j’suis la dame comme un bon p’tit toutou sans oublier d’passer un doigt sous ma gorge dans un geste très explicite pour Cerb, histoire qu’il se dise pas qu’Séraphine est free loot pendant que j’règle mes p’tites histoires relationnelles. Il me répond par un clin d’œil coquin, et j’lève les yeux au ciel, vraiment pas d’humeur pour m’lancer. J’reporte mon attention sur Anita, qu’a finalement fini d’me traîner un peu partout, à croire qu’j’suis déjà son trophée – wink wink – et qui précise son manège… dans les chiottes ? Meuf vraiment ? Intéressant. J’louche un peu sur les taches suspectes qui agrémentent notre petit nid d’amour, et j’reviens fixer Anita, qu’est quand même vachement bonne, encore plus quand elle est vénère, c’est fou.

Bref.

« J’l’ai ramassée… J’ai zappé l’moment où c’étaient tes oignons en fait. » J’réplique d’un ton un peu emmerdé, soulagé d’voir ma répartie revenir. Non parce qu’il faut pas déconner, c’est pas Anita qui va m’faire plier. P’têtre que si en fait. Putain. J’ai à peine le temps de reprendre mon souffle qu’elle me renvoie une phrase, et là j’avoue j’suis un peu confus. Genre, c’est important ou c’est pas important ? Comment j’suis censé comprendre moi si on m’explique pas les choses ?! J’aime pas trop son sourire. Mais j’joue quand même le jeu, parce que d’toute façon j’suis pas en position d’me tirer. Bordel, j’ai pas l’habitude d’être sage, ça m’fout des angoisses.

« Un deal ? » J’demande, et mon ton est vraiment très très soupçonneux. Les deals d’Anita ça va j’les connais, et j’peux être sûr que soit ça va s’retourner contre moi, soit ça va m’foutre encore plus dans la merde, j’suis pas forcément enthousiasme du coup, même si j’lui cale quand même un sourire de lover pour faire bonne mesure. J’ai mal aux côtes bordel, c’est intenable, dans vingt secondes j’vais m’mettre à gémir. P’têtre que ça va lui plaire ? Probablement pas, j’me dis en l’observant. J’plisse les yeux devant l’contrat, et il me faut au moins cinq secondes pour comprendre ce que je vois.

« Qu… » J’termine même pas ma phrase, j’relis les lignes qui s’articulent devant mon nez, et j’secoue vaguement la tête de droite à gauche. Pas moyen. C’est ça qu’on ressent quand on s’fait doubler ? Putain j’me trimballe une cible vivante et j’le savais même pas ? J’suis vraiment pas en forme. Et en plus elle vaut un sacré paquet. Ma ma. J’sens les débuts d’un mal de crâne me serrer les tempes, et j’ai vraiment envie d’me laisser glisser par terre comme un p’tit tas de chiffons là, et d’abandonner la vie. C’est trop. Et la deuxième info qu’elle m’envoie m’fait l’effet d’un coup dans les burnes.

« Pardon ?! » J’lâche, et pour le coup mon air complètement ahuri, j’ai même pas besoin d’le forcer, il apparaît tout seul, comme un grand. Même le chat sursaute un coup, éveillé par le nom qu’il connait bien lui aussi. Benny, c’est une bonne cible, mais j’vois vraiment pas Anita capable de se le faire. Wait. Le Gros Benny est mort ? Ça pour une info, c’est une info, et elle a d’quoi secouer tout mon petit monde d’habitudes bien installées. Merde alors.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui l’a buté ? Est-ce que tu … » J’plisse les yeux, et j’ai l’air vachement moins sympa d’un coup, sans doute parce que j’me sens légèrement menacé, et que j’ai des raisons d’me sentir légèrement menacé si elle a vraiment tué l’Gros Benny ? J’la laisse finir son speech parce que mon futur proche se trouve certainement coincé quelque part dans les mots qu’elle débite, et bingo, la voilà mon ouverture. J’respire un peu mieux quand on m’parle pas d’m’éclater la tête, étrangement. J’tends une main vers elle, dans un signal évident qu’elle devrait capter mieux que la poupée cassée qui nous attend d’l’autre côté, et j’souffle en m’ramenant vers elle d’une démarche que j’voudrais assurée mais qui s’révèle plutôt chancelante.

« Deal. Par contre… » J’tâte ma poche pour sortir une clope, et j’gratifie Anita d’mon regard le plus sérieux depuis qu’on a commencé cette conversation.

« Comme tu peux l’voir chérie, j’suis pas vraiment au top. Crois pas qu’jvois pas c’que t’essayes de faire. Crois pas non plus qu’ça changera quelque chose si tu tentes un truc contre moi. J’te respecte suffisamment pour te suivre, et pour m’dire qu’on va en tirer quelque chose… Et j’te l’dois bien, après l’plan pourri que j’t’ai fait. Mais si ton objectif c’est d’me foutre en l’air… J’t’épargnerais pas. J’ai suffisamment d’ennemis dehors qui m’cherchent constamment pour jouer ce jeu là avec toi. On est ok ? »
C’est même pas tant que j’la menace, plutôt qu’au point où j’en suis, autant clarifier les choses, parce que j’suis claqué, et j’ai pas envie d’me méfier d’mon ombre constamment si on doit bosser ensemble. Et sûrement qu’j’suis un peu con, un peu naïf, ou juste un peu trop éclaté, mais sur ce coup-là, j’décide de lui faire confiance. Avec un peu d’chance, ça lui coupera les griffes, au moins pour un temps.

« On va pas s’envoyer en l’air c’est bien ça qu’t’es en train d’me dire ? Anita putain, quand j’t’ai vue apparaître un peu plus tôt, j’me suis vraiment dit qu’c’était mon jour de chance. Franchement c’est con. » J’ricane, parce que même quand l’heure est grave, faut bien que j’reste moi-même, un peu, et j’me tourne vers la porte, puis vers Anita, encore, histoire de demander « Du coup, c’est quoi l’plan ? J’reste open pour la baise, t’as pas besoin d’m’aimer, mais pour la fille ? Et Benny ? Tu sais par où commencer ? »

Non pas qu’j’ai vraiment l’intention d’vendre Séraphine, j’l’ai trouvée, j’la rends pas, j’ai encore des mystères à percer autour d’elle. Sa bestiole. Son air paumé. Ses raisons d’être là. Mais, surtout, d’où elle s’est échappée. J’espère vraiment qu’Anita va pas m’la faire à l’envers, parce que même avec ma p’tite mise au point, ça reste probablement tentant.

« Quoi qu’on t’offre, j’te paye le double pour garder ma peau, ça t’va ? » Une autre manière d’assurer mes arrières. Le fric, c’est vraiment pas ça qui m’manque, et même si j’ai pas pour habitude d’le distribuer, j’trouve que rester en vie est une raison suffisante.


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Bérangère
Mar 8 Aoû - 11:40

Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Elle aurait pu avaler un éléphant, si elle n’avait pas eu tant sommeil. La nouvelle arrivée ne l’inquiète pas plus que ça, en vérité, c’est à peine si sa présence lui parvient. Les mots se mélangent aux crépitements des cuisines et aux discussions matinales qui forment un amas des syllabes unifiées. Le mouvements des tâches sombres et floues qui s’éparpillent au gré des tables, semble fainéant. Mais ressort pourtant très loin, d’un robinet mal fermé, un clapotis familier.

Un clapotis régulier. Juste assez dispersé pour que les yeux se ferment, et que le sommeil se perde, quand la nouvelle goutte s’éclate. Un bref espoir de repos, évincé. Pour être retrouvé. Pour être évincé. Le luminaire au-dessus d’elle émet un flash suprême, qui lui brûle la rétine. Elle ne peut pas bouger, les liens qui l’enserrent la paralyse si bien, que même les spasmes involontaires ne peuvent plus s’exprimer. Son visage est trempé. Tout son corps hurlerait, s’il lui restait encore la moindre once d’énergie. Elle sombre, terrifiée. Pas par la pièce sale et les ombres muettes qui l’observe. Par cette goutte d’eau. Cette toute petite goutte, qui se forme précautionneusement, le long de l’ouverture du tuyau attaché au-dessus d’elle. Elle glisse fluidement, grossi, danse presque. Elle tremble quand enfin, elle sort de son nid, et tombe. Au même endroit, c’est chirurgical. Juste sur son front humide. Son corps se réveille, l’éclatement douloureux de cette perle froide lui paraît acide. Mais son esprit reste muet et béat. Et quand elle faiblit comme ça, il n’y a plus qu’une chose de vivant qui se détache en elle : Bébé.

Le clapotis s’arrête. Séraphine ne sent plus le parfum chaud de son gardien à côté d’elle. Un instant, elle sent un vent de panique. L’instant d’après, elle sombre à côté de son assiette, paupières closes, pour s’engouffrer dans les limbes de ses mauvais rêves.




Anita Edmond

J'ai 26 et je suis Chasseuse dans la Ville. On me connait pour bouffer à tous les râteliers, j'ai pas tellement le choix pour survivre, depuis que j'ai débarqué dans ce monde de dingue. Ma force incroyable et mon pouvoir explosif, c'est pourtant bien assez pour en faire trembler plus d'un.

Je saisis la main qu’il me tend et la serre, et je le vois s’avancer, grimaçant. Plus je le regarde, plus je me rends compte à quel point il est mal en point, et plus je me dis que ça fait quand même bien mon affaire. Même le cerveau n’a plus trop l’air de suivre, il me ferait presque pitié. J’ai dit presque.

Je tique sur son petit monologue. Je sais pas s’il s’excuse ou s’il me menace, ça me perturbe un peu. Il veut quoi, la jouer réglo ? C’est facile de se parer d’un manteau blanc quand la mort toque au portillon. Mon sourire assuré s’efface un peu, j’essaie de le cacher, mais je pense que c’est trop tard. On peut jamais vraiment oublier, à quel point ce type est effrayant. Je ravale un peu ma salive, mais je vais pas me laisser intimider maintenant. Je mise toutes mes cartes sur cette gosse angoissante. Dire que le Gros Benny est mort en la chassant… C’est peut-être pas elle qui l’a tué, j’en sais rien, mais il était sur sa piste, quand il s’est fait arraché l’abdomen, et ça, peu importe comment on le tourne, c’est carrément terrifiant. Entre ça , et ce type qui pourrait me terrasser sans même un effort à l’instant j’aurais la mauvaise idée de roupiller… Dans quoi je me suis foutue encore, je pouvais pas boire mon cognac, et aller me pieuter ? Putain je devrais déjà dormir. Je suis pas prête de retrouver l’ombre d’un coussin, maintenant. Il a l’air de tenir à cette gamine, je vois pas pourquoi, mais ça m’arrange. Joue pas aux héros, Regan, ça n’a jamais profité à personne, et tu le sais bien. Et clairement, je te le dis, t’en as pas l’étoffe. Je garde mon conseil pour moi.

« Tss ! »

C’est plus ou moins affirmatif sans l’être. Je veux claquer cette affaire le plus vite possible, récupérer mon pognon, et me débarrasser de lui avant qu’il ne soit assez en forme pour me trainer la tête dans la boue. Je veux pas avoir à faire face à un Regan qui pète le feu.

« On va pas s’envoyer en l’air c’est bien ça qu’t’es en train d’me dire ? Anita putain, quand j’t’ai vue apparaître un peu plus tôt, j’me suis vraiment dit qu’c’était mon jour de chance. Franchement c’est con. »

Ça m’aurait fait glousser comme une ado, fut un temps, mais clairement, là, je me sens limite bafouée, et je m’écouterais, je tordrais son cou dans la seconde. Je pourrais au moins lui en mettre une dans le bide, mais j’aurais peur qu’il tombe dans les pommes, ce con.

« Du coup, c’est quoi l’plan ? J’reste open pour la baise, t’as pas besoin d’m’aimer, mais pour la fille ? Et Benny ? Tu sais par où commencer ? »
« Le plan, il est pas compliqué, tu me suis avec la gosse, on la dépose, je récupère la prime, et tu ne m’adresse plus jamais la parole »

Je suis du genre rancunière, je sais. En même temps, il a pas idée de comme on s’est foutu de moi. Les « on te l’avait bien dit », qui m’ont crevé le cœur. Et qui ont foutu ma fierté dans un putain de mixeur. Tout le taf que j’ai soulevé, pour qu’il arrive comme une fleur, et s’approprie mon labeur.

« Quoi qu’on t’offre, j’te paye le double pour garder ma peau, ça t’va ? »

Il a toujours pas compris. Je le dépasse, et laisse transpercer tout mon dégoût et mon mépris dans un regard furieux.

« Garde tes promesses pour qui voudra bien y croire. Un traître restera toujours un traître. Moi je n’ai qu’une parole. »

C’est vrai, en temps normal. Mais faut savoir s’adapter. On sort de notre cachette, et je vois Cerb, ce sale rat, qui s’enlace avec ses bras la bouche en cœur, et je lui lève mon plus ferme et mon plus beau doigt d’honneur. A l’autre bout de la pièce, la gosse est étalée sur la table, et je devine le problème. Elle s’est endormie. C’est pas dans mes plans, ça. Je la laisserai bien dormir, mais à bien y observer, elle attire l’attention, et ça me plaît moyen, il manquerait plus qu’un opportuniste cueille ma cible sous mon nez. Je glisse à Regan.

« Prend la môme et on se tire, c’est pas sûr, ici. »

Cerb, il en a rien à foutre qu’on foute la merde dans son bar, il arrêtera personne qui se sentirai l’âme de dézinguer son voisin. Ca fait dîner-spectacle, il affirme. Je regarde, Regan, il tient pas debout, et ce serait à crever de rire, si j’avais pas besoin de lui. Je sais pas trop pourquoi je le garde, en vrai, la gosse dort, ça serait facile, mais je crois que si c’est bien elle qui a refroidit le Gros Benny, je serais pas mécontente d’être avec quelqu’un en qui elle a confiance. Au pire il fera un bon appât. Je soupire, et roule des yeux.

« Bon, JE prends la môme, et on se tire. »

En vrai cette mioche, si je m’écoutais, je la toucherais même pas avec un bâton. Mais puisque y’a pas le choix, je m’approche d’elle, quand même prudente. Et a bien y regarder, quand elle dors, elle fait plus si jeune que ça. C’est peut-être les fringues qui m’ont trompé, où son comportement. Ou alors elle a un drôle de soucis. C’est pas mon problème. J’essaie de voir, des fois qu’elle se réveille mais quand je la touche et la soulève, c’est plus qu’une masse tombante qui renifle à peine et ronfle un peu. Je la hisse sur mon dos, et en fait, elle est vraiment trop grande, pour une gosse. Je sens sa poitrine contre mon dos. Pas moyen qu’elle ait dix ans. Je demande à Regan de récupérer ma veste, et de la couvrir, avant de sortir du bar.

« Je veux bien la porter, mais toi, tu te démerdes. »

Je vois bien qu’il peine à me suivre, il tiendra jamais le coup, on doit aller au nord du centre-ville, et cette foutue Ville est immense. Ça ne fait que quelques minutes, qu’on marche dehors. On se fait remarquer putain. Je dois me rendre à l’évidence, je peux pas me trimballer deux énormes boulets comme ça, et espérer y arriver.

« Putain fait chier. »

Je peste, et me fait une raison. Ils ont besoin de repos. Pour la fille, pourquoi pas, mais un Regan requinqué, ça m’inspire moyen confiance. Pourtant il faudra bien que je le tienne en laisse d’une façon ou d’une autre. Il peut même pas marcher, c’est affligeant. Je change de direction, et je m’enfonce dans les ruelles sinueuses et puantes des faubourgs. Plus on s’éloigne des grands axes, plus les ruelles sont étroites, sombres même en plein jour, le pavé laisse place à des chemins de boues, et l’odeur d’ammoniaque pourrait faire tourner de l’œil à certains.

« On va faire un arrêt, faut que tu te reposes et trouver des fringues à cette nana avant que toute la Ville nous remarque. »

On arrive à une petite impasse. Le néon vacillant laisse présager d’un lieu charmant. On a vu plus luxueux, mais ici, je sais qu’on sera en sécurité.
Dans ce bordel, je connais toutes les filles, j’ai grandi avec. Leur loyauté, elle m’est acquise, c’est mon territoire. Alors pourquoi, dès qu’on rentre, toutes les filles s’approchent de ce pauvre type en minaudant et l’appelant par son prénom. Putain il usurpe pas sa sale réputation. Je le fais passer devant moi, je peux pas le tirer avec la petite sur le dos. Je le guide jusqu’à un boudoir privé, où s’occupe une dame fagotée comme une lady.

« Salut M’man. » C’est pas vraiment ma mère, mais c’est comme là qu’on l’appelle. « Je suppose que tu connais Regan. » Elle glousse, pourquoi elle glousse putain ? « Il est dans un sale état, tu peux t’occuper de lui ? Je vais amener la fille aux Sœurs Fidèles. »

Je remonte la nana qui commence à glisser de mon dos, et je m’arrête près de notre célébrité locale, apparemment. Je me penche vers lui.

« Prends pas trop tes aises, deux trois potions, j’habille la fille, et on est reparti. Pigé ? »



Regan
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Regan
Mer 9 Aoû - 1:40

Regan
Blake

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J’veux des potions. Si j’étais moins dans l’mal, aucun doute, Anita m’ferait bander grave. Pour l’heure, aucune trace d’excitation, c’est presque triste franchement quand on m’connait un peu, j’suis plus que l’ombre de moi-même, et ça m’fait chier, vraiment chier. Bon, faut vraiment que j’me concentre, que j’retrouve un peu d’énergie, parce qu’avec tout c’qui nous attend, j’suis bien tenté d’juste tomber dans l’coma. En plus, Anita, ça lui ferait les pieds, elle est quand même super désagréable pour une meuf qui a l’honneur d’attirer l’attention du Grand Regan. Ok ma gueule. Quand elle me l’expose, son plan, j’ai bien envie d’lui rire au nez parce que vraiment Anita fais un effort ? On part en guerre là j’crois la nana elle réalise pas. J’me contente de lui adresser mon sourire le plus insolent – pas comme ça que j’vais la rassurer mais c’est pas grave – en me demandant quand même si elle m’en veut réellement au point d’me tuer. Genre, me tuer. Priver l’humanité d’un spécimen hautement qualitatif. Non ? Ouuuh, sa réponse m’offre la mienne sur un plateau, et j’range mes espoirs de pardon pour l’heure, c’est pas trop l’ambiance on dirait. Cool, j’adore être entouré d’amis sur lesquels j’peux compter, surtout en cas de mission qui promet une mort longue et douloureuse. On s’met bien.

« J’suis pas un traître Anita, j’suis juste légèrement opportuniste, si j’pense pas à ma gueule ici, qui va l’faire pour moi, eh ? Toi p’têtre ? » J’ai pas pu m’en empêcher, non parce qu’au bout d’un moment faut quand même que les gens comprennent que si j’suis le pire des enculés, c’est pas toujours gratuit. C’est comme pour la confiance. Ça dépend des gens. Et puis faut quand même dire que j’réfléchis rarement aux conséquences, donc en général, j’agis, puis après j’m’excuse. Réparer ? Non ça par contre j’ai rarement le temps. Imaginez l’investissement nécessaire pour rattraper une de mes conneries ? Non parce qu’on va pas s’mentir, elles sont rarement petites, ou mignonnes.

Bref.

J’la suis, tant bien que mal, vraiment ras le cul de ma démarche d’handicapé on dirait que j’viens d’embrasser un bus ou qu’j’ai au moins essayé. Rien de visible, mais à l’intérieur, tous mes muscles sont en train d’hurler. Quand j’reviens dans la salle et que j’vois la gamine qui pionce en vivant sa meilleure vie, j’sens une bouffée d’attendrissement vraiment gênante me gêner le cœur. C’est quoi cette merde par contre ? Les sourcils arqués et l’air clairement dépressif, j’fais un doigt d’honneur à Cerb, sans aucune raison, et j’le retourne à Anita quand elle me demande de prendre le paquet.

« Chérie, j’peux pas franchement la porter, là. » et j’pointe du doigt mon visage tout offensé en guise de preuve. Bah oui, comme les blessures les plus sérieuses sont planquées, j’ai pas grand-chose à lui montrer. La veste, par contre, j’peux m’en occuper, et j’attrape celle d’Anita en ignorant superbement son commentaire méchant et déplacé à mon endroit. Non mais franchement, me démerder, comme si j’comptais sur elle pour quoi que ce soit. Et au moment où j’ai cette pensée, j’oublie qu’une marche dessine l’entrée du pub, et j’manque m’étaler de tout mon long dans la ruelle. Heureusement que j’ai encore un peu d’équilibre et que j’me retiens, parce que ce karma de merde m’aurait vraiment foutu en rogne. J’clopine derrière Anita en y mettant toute ma bonne volonté – énorme mensonge, je traîne des pieds de ouf parce que j’ai la flemme de marcher, j’étais grave bien le cul posé dans ma banquette, avec mon verre de sky, ma bouffe, et la gamine qui m’matait, des étoiles plein les mirettes – en plus ça pue la pisse ici, vraiment c’est pas romantique.

« Anita… » j’commence, avant d’me taire parce qu’elle commence à parler au même moment. Foutu timing. « Me reposer vraiment j’suis pas contre, j’vais pas tenir sans un peu d’aide, là. En plus Cerb m’a enculé sur le plat, j’lui avais dit de forcer un peu les épices magiques, j’ai eu que dalle. Fils de pute va. » J’crache par terre, pour bien montrer que ça m’agace, et parce que de toute façon le whisky ça m’fait toujours cracher, et j’me tourne vers Anita et son paquetage, une envie de rire au fond de la gorge. Vraiment, l’image qu’elle offre là maintenant, ça n’a pas de prix. J’amorce un geste pour sortir mon téléphone et la prendre en photo en scred, mais pas j’ai pas le temps de faire une mise au point correct qu’elle se remet à avancer. Bordel, mon scoop, j’suis dégouté.

J’commence à reconnaître les lieux, et une bouffée d’espoir me submerge. Est-ce qu’Anita s’apprête enfin à admettre son attirance pour moi ? Est-ce que mon charme légendaire a encore frappé pour me tirer d’une situation épineuse ? Yay, j’retire tout ce que j’ai dit sur ma bonne étoile, y compris quand j’l’ai traitée de salope – ça compte pas, j’étais raide mort – et j’m’engouffre aussi vite que j’le peux – pas très vite donc - dans l’entrée pour me foutre au chaud et retrouver un peu de confort. Les odeurs m’assaillent, les parfums capiteux, et juste après, les voix, des piaillements sans trop de sens qui sonnent quand même grave bien à mes oreilles meurtries par les méchancetés d’Anita.

« Regan. Regaaaaaan. Reeegannn » Putain j’reconnais même certaines voix. Les yeux écarquillés, j’regarde autour de moi, et j’repère deux trois nanas avec lesquelles j’ai passé du sacré bon temps. Mais, au lieu d’me laisser envahir par la chaleur qui m’guette le bas-ventre – faut pas m’chauffer trop longtemps ça c’est sûr – j’me concentre sur Anita tout en faisant signe aux filles que j’suis pas libre.

« Salut les beautés, désolé j’ai un chaperon… » j’fais un geste grossier dans le dos d’Anita pour la peine, parce que la gueule du chaperon, et j’termine avec un clin d’œil vachement chaud pour l’une des putes, qui serait bien ma préférée si seulement j’me rappelais de son prénom. Iris ? Illy ? Un truc du genre. Peu importe, on est pas venus ici pour ça, et ça m’rend tout triste d’un coup. Quand on arrive devant la tenancière, j’perds une part de ma frustration, parce qu’elle aussi j’la connais, et le regard qu’on se lance, complice, Anita le capte forcément. Cheh meuf, moi aussi j’ai mes contacts, et quels contacts !

« Ouais retape-moi comme tu sais l’faire, ça devient urgent, là. » Et si mon ton est grave salace, c’est juste pour emmerder la sainte-nitouche qui nous accompagne. Les affaires c’est les affaires, et même moi avec mon imprudence crasse j’mêle pas le cul à ces choses-là. J’fais mon petit business tranquille, j’récupère ce qu’il me faut, des fringues propres, aussi, en laissant Anita gérer son truc, avant d’aller m’caler dans un coin pour profiter d’un peu de calme et de solitudes bien méritées.

C’était sans compter sur Iris/Illy qui m’a suivi, et qui se cale sur mes genoux sans m’demander mon avis, la bouche en cœur, et des tas de promesses illicites dans ses yeux noirs. Putain. Est-ce que j’ai le temps de… Ni vu ni connu, j’jette un coup d’œil dans la direction dans laquelle Anita est partie, tout en essayant  d’calculer pour combien de temps ça va mettre d’habiller l’autre épave.

« Bon chérie, j’ai pas vraiment l’temps là, mais si tu veux tu peux m’filer un coup d’main. » Clin d’œil clin d’œil. Et elle s’exécute, m’aide à virer mes vêtements dégueulasses, à enfiler les nouveaux, et même à boire les potions qui m’donnent carrément envie de gerber. Un bon roulage de pelle, et ça passe tout seul, vraiment, même si ça m’colle un autre genre de pression, c’est toujours plus sympa.

« T’es un amour. J’te reviens vite, c’est promis » que j’lui lance en souriant à pleines dents. Sacrée Iris/Illy, elle hoche la tête et retourne vers ses compagnes, pendant que j’me redresse et que j’m’étire de tout mon long. Bon. La pleine forme c’est toujours pas ça, mais au moins j’ai rajeunis de 30 ans – vous vous souvenez, j’ai dit que j’avais l’air d’en avoir 95 à un moment, suivez un peu.

Bon et Anita elle fout quoi ? Maintenant le problème, c’est que j’ai encore plus envie d’baiser, et que j’suis grave tenté d’aller m’planquer dans une petite alcôve, histoire de régler ce souci mineur. Non parce qu’on a une mission, ce serait vraiment con que j’sois pas concentré. Ah, j’entends des pas dans l’escalier. J’m’adosse contre l’mur, décidemment les murs ça m’plait,  et j’m’apprête à découvrir une Séraphine sapée comme une princesse, ou une poule de luxe, et une Anita de meilleure humeur. Bon, on peut toujours rêver ?


Bérangère
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Bérangère
Jeu 10 Aoû - 22:20

Anita Edmond

J'ai 26 et je suis Chasseuse dans la Ville. On me connait pour bouffer à tous les râteliers, j'ai pas tellement le choix pour survivre, depuis que j'ai débarqué dans ce monde de dingue. Ma force incroyable et mon pouvoir explosif, c'est pourtant bien assez pour en faire trembler plus d'un.

Je jette un regard noir à M’man, qui me balaie un geste de la main. Les affaires c’est les affaires, ok, j’ai compris. Mais est-ce que l’autre est obligé d’en faire des caisses ? Je ne crois pas. Ça m’enrage.

« Pfff. »

J’ai jamais compris, comment elle font mes sœurs, pour jouer ce jeu dégoûtant. Non pas qu’elles me dégoûtent, mais des fois, un peu quand même. C’est pas de ma faute, M’man m’a bien formée, mais j’ai jamais été une bonne pute. Faire passer le client et son bon plaisir en premier, ça a jamais été mon truc, et une catin frigide, c’est pas bon pour le business.  Je ramène ma part de pognon à l’entreprise familiale d’une autre manière. Elle nous a jamais empêché de poursuivre nos rêves, M’man, mais par contre, la famille avant le reste : faut contribuer. Et c’est une sacrée famille à entretenir. Je quitte le boudoir, et je m’immisce dans les couloirs étroits où tous ceux qui se croisent sont obligés de se frôler. Les murs rouge passion couverts de vieilles estampes érotiques, les rideaux d’une soie bon marché à chaque porte et chaque fenêtre, brodés de faux fils d’or, les sœurs qui déversent leurs charmes indécents sur les clients à l’ombre peu pudique d’un coin. Quand j’étais plus jeune, ça me donnait la gerbe, et maintenant pourtant, à chaque fois que j’y reviens, ça me rassure, cette familiarité profonde que chaque angle m’inspire, cette douce nostalgie, cette sécurité qui me fait vaciller à chaque fois que je constate qu’au fond, ici, rien n’a changé. J’oublie Regan et son incommensurable culot, je monte les escaliers, et je m’éloigne de la musique tonitruante et des éclats de voix.

Je peine à me déplacer avec le poids sur mon dos qui commence à se faire sentir, et j’arrive bien vite dans le labo des Sœurs Fidèles, les elfes siamoises. M’man les avait trouvées dans une poubelle du Haut Quartier. Un corps, deux têtes. Y’en a que ça intéressait, de s’amuser avec deux filles pour le prix d’une, mais les Sœurs Fidèles, elle se sont bien vite distinguées dans un autre domaine : la magie et l’alchimie. Elles ne sont plus au-devant de la scène depuis longtemps. Leur travail, c’est de s’occuper des sœurs, en partie.  Et si je vais les voir, c’est pas que pour trouver des fringues à la fille. J’aimerais savoir à quoi j’ai affaire.

« Anita !|Anita.» S’exclament-t-elles en cœur quand je passe le rideau de perles, qui leur sert de porte. Elisandre a le ton joyeux, Hilde l’a agacé. Je crois que je la dérange dans un sortilège, puisqu’elle souffle, et referme un grimoire. Ses bracelets s’entrechoquent. Elle se lève pour m’accueillir, et remarque bien vite la fille.

« Qu’est-ce que tu nous as ramené ? »
«Je voudrais que vous l’examiniez. Elle est un peu bizarre.»

Je penche la tête,  pour murmurer à l’endormie qui bave sur mon épaule.

« Allez, réveille-toi. »
Doucement, je commence à la laisser glisser de mon dos. Je m’assure qu’elle se réveille calmement, je veux vraiment pas la brusquer, je sais pas comment elle va réagir à un nouvel environnement. Quand j’y pense, c’est un peu imprudent, j’aurais dû garder Regan à portée de main.





Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Scronch. Scronch. Scronch.
Le noir absolu est entrecoupé de lueurs malignes, qui dansent et se filent, se pavanent rieuses à ses yeux mi-clos. Les sons étouffés caressent ses oreilles, et son corps lui semble gigantesque. Ses bras brisés ne s’en offusquent nullement et tournent seuls, ses muscles se balancent dans une gigue qu’elle comprend sans vraiment la sentir. La mastication n’est pas la sienne, ses mâchoires son immobiles, sa bouche ballante n’a plus aucune utilité. C’est lui qui mâche, et il ne gâche pas son plaisir. Cette excitation elle la savoure aussi, avec une culpabilité, que ne reconnaît pas son Bébé. Qu’est-ce que tu manges Bébé ? Ce n’est pas bon, c’est piquant comme du métal. La nausée qui en résulte n’atteint pas son estomac. Elle est piégée, une solitude sans mesure étire ses pensées. Enfouie au fond d’un abysse prodigieux. Elle a peur, Séraphine, et si cette fois, c’était la fin ? Et si à jamais, leurs rôles devaient être échangés ? Bébé la maintiendrait-il en vie, comme elle le fait pour lui ? Qu’il est ingrat, ce Bébé.
Le cauchemar se termine. Ou était-ce un souvenir ?

Elle se sent glisser. Le corps est vide d’énergie, mais un souffle primaire s’instaure dans ses muscles, et quand ses pieds touchent doucement le sol, ils la maintiennent debout, et elle geint son désaccord.

« J’ai sommeil… »
« Je sais, je sais, y’en a pas pour longtemps, d’accord ? »

Cette voix ne lui dit rien. Elle essuie ses yeux plissés du revers poisseux de sa manche. Elle ne sait pas où elle se trouve, ce qui serait un problème, si elle avait su où elle se trouvait avant. L’endroit est baigné d’une lumière tiède qui l’éblouit un peu. La présence à ses côtés la dérange, son parfum est fort, et d’ailleurs, tous les parfums ici le sont. Mais le timbre de sa voix est assez mélodieux. L’ombre en face d’elle est dissonante, celle à côté est inconnue.
Elle n’est pas à son aise, Séraphine, quelque chose manque. Sa tête bascule, et se tourne vivement, à la recherche d’une certaine silhouette. Elle fait un pas de côté, l’œil paniqué plussoie le mouvement de ses mains qui viennent protéger sa poitrine d’un faible rempart. Ça s’immisce, le long de son dos, ce sentiment glaçant d’insécurité, qui bourdonne. Sous les mèches qui se recourbent devant son nez retroussé, elle bredouille.

« Je… Il est où, m’sieur Regan ? »

C’est l’ombre dissonante, qui s’approche, prend forme, et elle devine un corps menaçant, coiffé de deux têtes, comme ces choses immondes qui s’éparpillaient dans la brume. Mais les visages qui lui apparaissent, pourtant, alors qu’elle recule encore un peu, lui semblent bien loin de cette première impression. Si l’un est sérieux, l’autre déborde d’une bienveillance rayonnante. Et ça, Séraphine, ça l’interpelle. Elle s’arrête dans son mouvement, sa mine penaude, son regard confus accepte de se lever, concède un doute courageux.

« Il n’est pas loin, il se repose, et il m’a demandé de prendre bien soin de toi, si tu es d’accord. »

La tête souriante se baisse un peu et se penche, comme si comprendre sa crainte lui était naturel. Séraphine ne discerne pas le pieu mensonge. Son dos se détend un peu, la méfiance demeure dans le volume chevrotant de ses mots.
« On va le voir après ? »
« Bien sûr ! Tu n’as pas à t’en faire, je veux juste voir si tu n’es pas blessée, ok ? »

Elle acquiesce, une moue discrète trahit une crainte candide. Ses yeux balaient la pièce, et elle se laisse mener à une vieille chaise en bois, observe devant elle les deux têtes qui s’affairent. Un mouvement un peu brusque la surprend, et de surprise, elle cale son dos contre le dossier, comme pour le traverser. Elle distingue peu de choses, c’est toujours ainsi. Le monde est un amas de tâches mouvantes, les détails sont des choses qu’elle doit deviner depuis longtemps.

« T’as pas remarqué qu’elle y voyait rien, la donzelle ? »

Jette la tête sérieuse à la silhouette qui se tient contre un mur.

« Je la connais pas, moi. »

Séraphine entend un tiroir s’ouvrir, une main qui fouille. La femme à deux têtes approche ses mains d’elle, dépose sur son nez, une belle paire de lunettes. A peine les verres s’approchent de ses yeux, que le monde entier se transforme, que les contours se dessinent, ne s’étendent plus dans un éther obscur.  Elle regarde sa main, en distingue le roulement des phalanges.

« Woooooooh ! C’magique ! C’est comme quand j’étais p’tite !»

S’exclame-t-elle, des yeux pétillants, la main et les jambes tendues, toute excitée sur sa chaise qui se balance sous le mouvement joyeux de son corps dandinant. Elle perd l’équilibre et se rattrape, les pieds de la chaise claquent sur le sol, et ses lunettes en serait tombées, si elle ne les avait pas retenues en plaquant toute sa main bien plate sur son visage. Séraphine est extatique.

« Dites, j’peux les garder, m’dame… mesdames ? »
« Fais-toi plaisir, c’est cadeau. »

L’autre femme est adossée, soupirante, elle se tient la tête.

« Bon, on abrège ? »
« Ça va, Anita-pète-l’ambiance. »
« M’appelle pas comme ça. »

Séraphine gonfle les joues. Elle n’aime pas cette femme. L’autre est plus gentille, même sa tête la moins souriante à cette lueur de bienveillance, une douceur toute sérieuse dans le regard.

« Bon, ma belle, ça va peut-être être un peu gênant, mais essaie de te détendre, d’accord ? »

Séraphine prend un air sérieux, mais hoche la tête sagement. Les elfes s’assieds face à elle, sur leur chaise de bureau, posent une main qui s’entoure de runes, sur sa tempe. Le mouvement des cercles magiques est fluide et doux, laisse quelques lueurs bleutées rafraîchir les chauds néons qui les surplombent. Les yeux de l’une d’entre elles la scrutent, brillants d’un nouvel éclat, tandis que l’autre garde l’air concentré. Elle sent bien, Séraphine, que si les runes l’apaisent, c’est tout au fond d’elle, que l’on triture. C’est déplaisant.

« Tout à l’air en place, la personnalité enfantine semble pas venir d’un quelconque retard mental… » Elles continuent, d’une voix basse analytique. « Je pencherais pour des raisons psychologiques, mais comme ça, c’est difficile à savoir, ses souvenirs sont chaotiques. Y’a de la magie en tout cas, là-dedans, je discerne mal quel type… c’est bizarre… Y’a quelque chose d’anormal, je sais pas trop, un genre de voile ? »

Séraphine ferme ses yeux, les serre très fort. Ça devient douloureux, cette main aux ongles crochus qui gratte l’épiderme de sa conscience. Bébé en est tiré de son sommeil, et hurle un beuglement strident.

« C’est quoi ce bordel ?! »

Il projette l’intruse hors de sa tête. Il engueule Séraphine, qui se prostre d’un coup, glisse ses mains arquées dans ses cheveux. Les elfes se raidissent sur leur chaises, Anita s’est redressée sèchement.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Je… Je sais pas. »
« Je pencherais pour un genre de parasite, mais on ne connait rien de tel. »

Les sœurs se recomposent rapidement.

« Idéalement, faudrait qu’on l’étudie un peu mieux. »
« J’ai pas vraiment le temps, en fait. »
« Ecoutes, laisse-nous quelques heures. On lui prélève un peu de sang, on te l’habille, et t’auras qu’à l’amener se reposer à l’étage en attendant. »

Anita soupire sa résignation.

« Faites ça vite. Et mettez-lui quelque chose de discret. »
____
Elle se sent mal, Séraphine. La robe est trop serrée, elle ne fait que remonter sur le peu de cuisses qu’elle recouvre pourtant. Une jolie robe, d’inspiration asiatique, le col chinois n’omet de laisser paraître un peu de peau au moyen d’un cœur découpé sur le haut du torse. Les dragons rouges brodés d’or qui courent sur le tissu noir, offre un faste impromptu à l’ensemble. Une superbe robe. Pour une pute. Anita aura jugé bon de rajouter par dessus son lourd manteau en cuir, qui semblait encore plus large, sur le petit gabarit de la blonde. Histoire de limiter les dégâts.
Tirant sur les vêtements qu’elle peine grandement à trouver confortable, Séraphine se laisse guider. Ses yeux nouveaux tente d’adoucir son inconfort, en se posant sur chaque détail de chaque papier peint, chaque moulure, chaque tableau. Le monde, est quand même, d’une beauté effarante. Mais lorsqu’elle rejoint la pièce, où son protecteur attend contre le mur, elle oublie bien vite ses petits soucis.

« M’SIEUR REGAN ! »

Hurle-t-elle, un sourire béat traversant son visage. Son nez se retrousse, et ses pommettes remontent sur ses yeux ébahis d’une joie majestueuse et pure. Bébé souffle, il est balayé par la force d’esprit de son hôte, et il déteste ça, mais il a beau râler, elle ne l’entend même pas. Il n’a pas voix au chapitre. Il gronde, et triture, elle ne veut même pas faire attention à lui. Il marmonne, alors que le corps qu’il occupe, se jette tous bras ouverts sur l’homme en noir. Séraphine ne demande aucun avis, aucune autorisation, pour l’étouffer d’une étreinte soulagée. Elle lève les yeux.

« T’as vu, j’t’ai même pas oublié !»

Elle saisit ses lunettes et les lui tend.

« Regarde ce qu’on m’a donné, c’est des lunettes magiques, quand on regarde au travers, y’a tout qui devient beau et net ! »

C’est beau, d’échouer à comprendre le concept même d’une paire de lunette au point de s’en étonner.  


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L’avantage de passer par à peu près tous les stades d’une douleur intense, c’est qu’une fois cette dernière revenue à un niveau acceptable, c’est grave le pied. J’suis pas réparé d’partout, y’a des dommages que même les potions peuvent pas faire disparaître, mais vraiment j’me sens mieux, et j’profite à fond. Vu qu’Anita et Séraphine tardent à revenir, j’me paye un p’tit tour dans la loge des filles, où j’suis accueilli comme un roi. Roi Regan, vraiment ça sonne bien.

Illy – j’me suis enfin décidé – revient caler ses bras autour de mon cou en m’voyant apparaître, et sa langue tarde pas à rencontrer la mienne pour un nouveau ballet endiablé qui m’fout dans tous mes états. Comment ça il m’en faut pas beaucoup ? Ca s’voit vous avez jamais vu Illy. Elle est en partie succube, et putain, elle connait son taf. J’ai toujours eu un faible pour les trucs démoniaques de toute façon, sûrement parce que ça entre en résonnance avec ma propre nature. Les autres nanas s’éloignent, parce que j’ai trop la tête dans l’décolleté d’Illy pour les calculer d’toute façon et même si en temps normal j’ai rien contre les trucs à plusieurs, là, une à la fois ça m’convient. On tarde pas à finir par terre, enlacés, les mains qui s’baladent, les corps qui s’échauffent et les lèvres soudées à celles de l’autre.

Bref.

J’vous passe la scène de cul mais c’était vraiment chaud, et quand on en a terminé, j’mets un moment pour retrouver mes esprits. Vraiment, ça faisait beaucoup trop longtemps, et si j’en crois l’expression d’Illy, la manière dont ses yeux se plissent, et le sourire qui s’attarde sur son visage, elle est d’accord avec moi.

« T’inquiète trésor, on remet ça dès que j’suis un peu plus libre. » Une autre promesse, que j’compte bien tenir, celle-là. Revenons à nos moutons. Non parce que pendant qu’j’étais occupé à explorer chaque parcelle du corps d’Illy, j’ai un peu zappé Anita et la gosse et, surtout, le but de notre grande et importante mission. Où est-ce qu’on doit aller déjà ? Et pour quoi ? Ah ouais, l’gros Benny s’est fait descendre. Putain merde. J’réalise et ça m’ramène brutalement à la réalité, d’une manière pas franchement appréciable. Du coup, j’fais un peu la gueule quand j’reviens dans la salle principale, et qu’les pas dans l’escalier s’avèrent être les bons, cette foi. Ok et ma crise j’la tiens pas longtemps, parce que quand Séraphine déboule avec une robe de malade, j’reste bien trois secondes le regard écarquillé et la bouche entrouverte sur une exclamation muette.

Putain c’est quoi ça ?! J’cherche Anita des yeux pour lui demander si elle est sérieuse, mais avant que j’puisse la trouver, Séraphine-transformée-en-bombasse me saute à la tronche, et franchement, j’dois faire un effort pour m’rappeler que c’est elle et pas une de mes copines, et m’retenir de lui en rouler une à elle aussi. Putain la vache. « Ouais j’vois ça ouais. » j’lui réponds, toujours en galère pour masquer ma surprise. J’récupère ce qu’elle me tend, et dans un froncement d’sourcils, j’capte que ce sont des lunettes.

« Magiques tu dis ? » J’tourne et j’retourne l’objet entre mes mains, à la recherche d’une signe, d’une aura, du moindre truc qui pourrait m’confirmer que ouais ce truc est un réceptacle magique, mais j’trouve rien. Un peu désemparé, j’les rends à Séraphine avec un sourire un peu attendri quand même, sans trop oser lui dire que pour moi, elles ont rien d’magique ses binocles. Par contre elle, elle avait certainement les yeux complètement pourris. Et j’m’en suis absolument pas rendu compte. Tu parles d’un héros.

J’recule de quelques mètres, j’la mate un coup, et même si la veste aide un peu, elle ressemble quand même à une résidente permanente du bordel. Peut-être que quelque part, j’regrette un peu l’délire fiancée de Frankenstein ? En tout cas, faudra pas la lâcher des yeux, elle va causer des attaques juste en s’promenant dans la rue.

J’me masse les tempes, subitement épuisé. Pourquoi c’est toujours quand j’ai envie de rien faire et de chill dans mon coin qu’des trucs se produisent. Dire que j’suis sorti parce que j’m’emmerdais. Bravo Regan. T’as eu c’que tu voulais. Bon et Anita, elle est où, qu’est-ce qu’elle fout. J’la repère un peu derrière, et j’la rejoins à grands pas avant d’me planter devant elle, l’air décidé.

« Bon et maintenant, on fait quoi ?! Comme tu peux l’voir, j’ai un peu moins l’air d’une épave. J’suis propre. Et en mesure de t’expédier dans une autre dimension si tu m’donnes la moindre raison d’le faire. Alors, t’es sûre qu’tu veux pas… » pour illustrer mon propos, et vu que j’tourne le dos à la gamine, j’fais un geste explicite pour Anita, histoire de bien lui faire comprendre c’que j’ai en tête. Non pas qu’j’ai vraiment envie d’elle, mais voir ses p’tits airs outrés, vraiment ça m’fait trop rire. J’m’allume une clope, histoire d’entretenir les sales habitudes, et j’me penche un peu vers elle, la pousse contre le mur sur lequel j’étais adossé tout à l’heure. Bloquée la meuf, maintenant, soit elle me dégage et j’la laisserais pas faire, soit elle m’écoute bien sagement. Héhé.

« Bon et pour la p’tite, t’as trouvé des trucs intéressants ? On en sait un peu plus ? Les deux perchées là-haut, est-ce qu’elles ont découvert quoi qu’ce soit d’utile qu’on pourrait utiliser ? J’veux savoir d’où elle vient, t’as vu sa dégaine ? Y’a forcément quelque chose de louche, et avec tous les groupes qui fleurissent un peu partout, j’arrive pas à avoir la moindre certitude. » J’tire sur ma clope et j’libère Anita, non parce que j’veux pas non plus lui coller des angoisses, et qu’les proximités forcées, avec moi, ça finit jamais bien, et j’mate Séraphine à la dérobée. J’vois vraiment pas quoi foutre d’elle, elle a l’air de kiffer sa vie, avec sa robe de pute, sa veste trop grande et son regard d’illuminée. Adorable. Puis j’me souviens du truc monstrueux qu’elle cache en elle, et j’plisse un peu les yeux. Adorable, si, si.

« Anita, j’peux t’appeler Alicia au fait ? Ça t’irait mieux, c’est vachement plus sexy. » J’balance ça comme ça, sans vraie raison, juste pour la provoquer un peu, et j’me dis qu’en fin d’compte, peut-être que j’devrais la laisser par ici, histoire de la protéger, elle aussi. Non pas qu’Anita ait un quelconque besoin d’un chevalier servant, mais j’la connais à faire sa tête brûlée et à s’fourrer dans les emmerdes, juste parce qu’elle pense qu’elle a des choses à prouver. Les meufs j’vous jure.



Bérangère
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Bérangère
Ven 11 Aoû - 23:50

Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Elle récupère ses lunettes, et son large sourire s’évanouit doucement, quand il s’écarte, et se dirige plus loin, vers la dame brune aux yeux froids. La pièce tourne autour d’elle, et son estomac se serre. Un pli léger se forme sur son front blanc. Elle ne fait pas trop attention à l’alerte que le délaissement instille, elle a cette inconscience d’elle-même, propre aux jeunes enfants. Mais elle n’est pas seule, et cet autre n’est pas dupe. Je peux la manger, si tu veux, propose Bébé. Séraphine marmonne :

« Retournes dormir, Bébé, tu m’embêtes. »

Bébé sourit, car il sent que ça ne lui déplairait pas autant qu’elle le rétorque. Un hôte avec une morale. Quel choix de merde. La blonde remet ses lunettes, et la simple netteté retrouvée, la fait glousser de plaisir. Elle se balance, porte ses yeux sur un lourd rideau opaque, rouge vif comme tant d’autres choses ici. Les drapés épais dissimulent aussi bien le trésor certain qui se cache derrière, qu’ils étouffent la musique endiablée. Dans ces bordels qui gisent aux fins fonds des faubourgs, là où nul ne voit jamais le soleil, la nuit n’a pas d’heure. Ses yeux bleus s’éclaircissent, le long des cordes tressées à pompons qui pendent des tringles. Le tissu se ballote, fait pousser dans sa curiosité, un petit germe. Bébé s’en réjouit, toute cette situation l’emmerde, il veut retourner dehors, où il pourra guetter l’instant de reprendre sa forme. Séraphine le sent. Je ne vais plus me perdre, avance-t-elle. Le monde n’a plus rien à voir, avec la boue vaseuse qu’il était. Pff, tu ne sais même pas vraiment où tu es, tu espères quoi ? râle-t-il.

Elle jette un œil sur le côté, vérifie que les grands soient bien occupés. Ils le sont. À pas de souris, elle s’avance vers le rideau, et le pousse juste assez, pour y jeter un œil. La salle de cabaret n’est pas si grande, et la foule s’y frôle sans cesse. La proximité exhale la sueur, engraisse la tiédeur des peaux qui dansent et se réjouissent de toute part. Ça a l’air vachement sympa, par ici. Séraphine penche la tête, remonte ses lunettes d’un geste qui lui paraît forcé. Regard attentif, oreilles tendues, pour réussir à entendre ce qui se déroule, sur un tabouret du bar. Un homme plonge la tête dans l’échancrure d’un corsage effarouché, qui le repousse avec une douceur surjouée.

« Je suis désolée, tu le sais, mais tu dois payer avant… »
« Allez poupée, j'suis sur un beau coup, j'vais me faire un paquet de blé. » Il marmonne, des baisers pleins les lèvres, qui cherchent un derme fuyant. « Tu peux bien m'faire crédit… »
La femme s’offusque soudain, et se redresse.
« Tu ne m’as pas payée les deux dernières fois, déjà ! Et puis, tu avais bien assez d’argent pour te retrouver ivre mort ! »

Il insiste, elle le repousse, il la gifle et titube. Séraphine sursaute, les yeux écarquillés devant cet étrange spectacle. Ce sont tous des animaux, siffle Bébé, mais elle ne comprend pas, simple observatrice. La situation n’a pas le temps de s’envenimer, qu’un nouvel homme, large et robuste, couvert d’écailles, attrape le poivrot par le col, pour le tirer dans la foule. Les lèvres roses de la blonde se pincent. Elle jette un nouveau regard sur le côté, personne ici, n’a rien remarqué. Elle écarte un peu plus le rideau, et s’engouffre dans la pièce étouffante.

Tout est nouveau, tout est étrange. L’ambiance chaude enclave les âmes éperdues entre le bar, les tables rondes, et les danseurs qui s’essoufflent corps contre corps. Dans cette cohue, elle se hisse, distribue des sourires, en réponse à quelques regards gênants. Elle ne sait pas quoi faire, ici, errante, l’œil attentif, se fixant au détour d’un jupon relevé. Et quand au bras d’un homme, une fille aux yeux ébènes la dépasse, elle découvre : un vase. Blanc, en forme de goutte, irisé de fins traits bleus, dessinant un dragon, semblable à celui de sa robe. Et dans ce vase, un feu d’artifice de couleurs, de pétales flamboyants, de graminées s’élançant dans un jet fulgurant. Des feuilles de toutes formes, rondes et lisse, des piquantes. Leurs nervures sont autant de veines qu’il faudrait parcourir, alors Séraphine s’approche, contemplative. Elle s’arrête là, la musique vibre dans son ventre, de notes erratiques. Et autour de ce bouquet, d’aubépines et de cosmos, le chaos prend l’allure d’un espoir innocent.





Anita Edmond

J'ai 26 et je suis Chasseuse dans la Ville. On me connait pour bouffer à tous les râteliers, j'ai pas tellement le choix pour survivre, depuis que j'ai débarqué dans ce monde de dingue. Ma force incroyable et mon pouvoir explosif, c'est pourtant bien assez pour en faire trembler plus d'un.


Je la regarde. Comment est-ce qu’on pourrait ne pas l’appeler gamine ?  Que ce soit les mimiques ou sa voix fluette, que je qualifierais volontiers d’aigrelette, tout me rappelle une sale mioche. J’ai bien protesté, quand les Sœurs me l’ont ramenée fagotée comme une catin de la maison. Putain, j’avais dit discret. Soi-disant qu’ici c’est un bordel, et pas les Petites Sœurs des Pauvres. Je sais bien, que nos filles ne sont pas connues pour leur pudeur, mais quand même. J’ai dû lui refiler ma veste, pour amortir les dégâts. Elle va attirer l’attention, c’est sûr, mais je me rassure, un peu par défaut, qu’au moins, l’avis de recherche montre une gamine paumée, et pas une catin à lunettes. Elle ferait presque plus âgée, avec ça. Presque.

Elle fait son petit manège, et je reste en retrait. Je sais pas ce qu’il a fait, Regan, pour s’attirer ses faveurs à ce point, mais après je me dis, qu’elle est pas forcément assez futée pour trop se méfier. Ça doit être grisant, quand même, de recevoir le regard qu’elle donne au tatoué. Je le regarde d’ailleurs, il a l’air d’aller bien mieux, et j’en soupire. J’espère juste qu’il va pas se sentir pousser des ailes. A quoi je pense ? Evidemment que si. On parle de Regan, là.

Je le vois qui s’approche, et il a tôt fait de me le confirmer. Putain, sérieux. Je fronce les sourcils, j’ai même pas envie de répliquer et de lui donner du grain à moudre, alors je me contente de tirer la gueule. Je m’apprête même à sortir mon plus long soupir dépité, mais mon souffle est interrompu par le mur qui s’offre mon dos en peinture.

« Hé ! »

Par réflexe, je passe mon bras entre lui et moi, pousse sur son torse pour le ramener à une distance qui me paraîtrait moins intime, mais mine de rien, l’amusement vaniteux qu’il affiche, ça me rassure moyen. Je calme mes ardeurs, je me sens plus tellement en position de faire la maline. Ça m’empêchera pas de faire ce que j’ai à faire, je me le jure, mais je l’ai déjà dit : va falloir que je sois un peu finaude, sur ce coup. Putain, je déteste cette situation, et je hais ce type. Je maintiens son regard, pour qu’il n’espère pas trop me faire peur. J’attends qu’il me lâche, pour lui répondre. J’aimerais bien le laisser dans le flou, mais c’est pas le peu d’infos que j’ai moi-même qui changera grand-chose.

« Les Sœurs Fidèles ont pas trouvé grand-chose, elle pensent qu’elle a un genre de parasite. A part des conclusions vagues, elles ont pas tiré grand-chose de son esprit ou de ses souvenirs, elle se sont fait salement jetées hors de sa conscience. Peu importe ce que c’est, c’est sûrement pas à prendre à la légère. » J’essaie de parler doucement, je sais pas pourquoi, je crois que j’ai peur que la gosse nous entende. « On sait pas d’où elle vient, les Sœurs m’ont parlé d’un genre de cage. Enfin, elles ont dit peut-être. Elles n’ont vu que des bribes d’images pêle-mêle. Mais si elle est restée enfermée longtemps, en soit, ça expliquerait pas mal de choses, parce que d’après les Sœurs, elle a la vingtaine bien pesée.» J’hésite à continuer. « L’avis de recherche est émis par le Haut Siège de l’alchimie de la Ville. Si elle a bien passé sa vie enfermée, je trouve que le calcul est pas compliqué. »

Je soupire.

« Mais bon, de toute façon, ça, c’est pas tellement mon problème. Comme l’avis est récent, je compte sur la rapidité pour empocher le butin. J’ai eu l’idée de glaner des infos après avoir ramassé le contrat sur le corps du Gros Benny, y’avais que dalle. Je compte sur ça. »

Je le vois là, qui fume, et ça m’emmerde, avec toutes ses conneries, ça fait un milliard d’années que j’en ai pas allumé une, et je suis en train de me dire que mes clopes sont encore dans ma veste sur le dos de la mioche. Je mate le tatoué, et je pose ma main sur son torse, je pense qu’il doit bien vite capter que c’est pas désintéressé. Je me dis que ça le surprendra assez, pour que je lui pique sa cigarette. Ce que je fais.

« Les Sœurs lui ont prélevé du sang, si tu veux en savoir plus, faut qu’on attende ici un peu. On va aller se caler à l’étage avec elle, si possible j’aimerais que le moins de personne possible la voie, ça pourrait être problématique. »

Je tire une latte, et lui expire la fumée au visage.

« Anita, j’peux t’appeler Alicia au fait ? Ça t’irait mieux, c’est vachement plus sexy. »

Putain, quel sale con.

Je prépare une réplique, mais mon œil est attiré par quelque chose. Ou plutôt l’absence de quelque chose. Je tousse ma nicotine.

« Putain la môme elle est où ?! »


Regan
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Regan
Sam 12 Aoû - 19:51

Regan
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J'ai 28 ans et je hante La Ville,. Dans la vie, je suis tisseur de cauchemars

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J’attends les infos, la tête un peu penchée sur le côté, la clope au bec et l’air vachement intéressé. Ouais j’fais très bien semblant. J’l’ai déjà dit, sûrement. Vraiment, Alicia lui irait tellement mieux. Ça lui filerait un air badass qui lui manque pour l’heure. Mais ça, c’est sûrement parce qu’elle a refilé son cuir à Séraphine, et que sans, elle perd quelques bons centimètres de carrure d’épaule. Son absence de réplique me frustre un peu, mais, bon prince, j’fais genre j’ai pas remarqué. Pas besoin de partenaire dans ma connerie de toute façon, seulement d’un public. Elle me repousse en plus ! L’audace, vraiment j’suis outré ! Mais pareil, j’laisse faire. Pour cette fois. Avec le nombre de paires d’yeux autour, c’est pas vraiment comme si j’pouvais vraiment l’épingler au mur et en faire ce que je veux. Et puis, y’a aussi le fait que, même si c’pas super visible, Anita, j’la respecte quand même un peu. J’essaie d’l’écouter, mais à mesure qu’elle parle, j’dois m’faire violence pour pas l’interrompre. Vraiment, c’qu’elle raconte me plait pas, surtout la part où les Sœurs se sont fait tej. C’est plutôt sérieux, et ça m’foutrait bien des aigreurs d’estomac si j’m’arrêtais à cette pensée.

« Une cave, ça m’dit rien. Y’en a trop par ici, les souterrains sont de vrais garages à pourriture… Une cave ? » J’répète, machinal, avant de me figer lorsqu’elle pose une main sur moi. Anita qui initie un contact ? Là vraiment je rêve. J’en lâcherais presque ma clope si elle m’en laissait le temps, avant de la récupérer pour elle-même. Quoi. Quoi ?! J’reste bouche bée pendant une bonne seconde – allez pas croire, c’est super long une seconde entière avec la bouche ouverte – et j’dois avoir l’air super courroucé d’un coup – et ça m’va bien, dites pas l’contraire.

« Anita vraiment ? VRAIMENT ? » J’hurle presque, même si au fond j’suis un peu mort de rire, pas fâché qu’elle prenne des initiatives me concernant. Ca ajoute un côté dom. C’est piquant. Ouais. Oubliez cette phrase. Là forcément j’dois tirer une tête un peu étrange, mais prions pour qu’elle ne la remarque pas. Attendre ici, ça m’enchante pas, j’suis un homme d’action moi – parfois, vous emballez pas – par contre, la réplique qui m’vient, vraiment j’peux pas la retenir.

« J’sais bien qu’t’as envie d’être seule avec moi un peu, j’comprends. J’te donne pas l’attention qu’tu mérites, mais tu sais comment c’est, j’suis très pris. » j’lui décoche mon sourire le plus charmeur, avant d’me prendre ma propre fumée dans la gueule pour tout remerciement. SU-PER. Bon et par contre, son changement d’expression, il m’échappe pas, et quand j’tourne la tête dans la même direction qu’elle pour voir c’qui a détourné son attention, le même constat m’arrache un grondement frustré.

« Merde. Pourquoi on l’a laissée toute seule. On est vraiment cons. Viens ! » Pour une fois, j’m’inclus dans l’équation, sans bazarder toute la faute sur Anita. J’sais être juste, vraiment. Et pour le coup, c’est vraiment pas sa faute, on est juste deux connards d’irresponsables et si tout le monde en ville meurt, ce sera de notre faute. Eh ouais !

En attendant, Séraphine is missing, et Anita m’a pas répondu, pour le nouveau prénom, vraiment ça recommence à sentir la merde. J’lui attrape la main, comme ça j’peux faire genre on est ensemble pendant quelques secondes, et j’la traîne derrière moi au pas de course, histoire d’aller check un peu toutes les salles. Et putain, y’en a beaucoup dans c’bouge.

« Tu t’occupes de la partie bdsm, j’vais voir les créatures non-humaines » j’lui claque en partant déjà, pressé de remettre la main sur notre petite pote commune. Séraphine c’est rien, c’est le truc qu’elle porte en elle auquel j’fais pas trop confiance. Un jour une meuf a écrit un livre sur un mage noir côté humains, et vraiment ça a failli très mal finir, j’aimerais autant éviter qu’on s’tape le même délire.

Bref.

Le cabaret, c’est un peu la salle aux créatures. On trouve de tout ici, c’est no limit, et j’espère bien que c’est par là que la curiosité de Séraphine a pu la guider, parce que les autres salles, vraiment, j’ai pas envie d’me les farcir. J’pousse les rideaux et j’me faufile à l’intérieur, vraiment super discret si certains ici pouvaient pas capter mon aura démoniaque. Masquée la plupart du temps, elle a tendance à montrer l’bout d’son nez dans les pires situations. Oup’s. Quelques paires d’yeux s’retournent vers moi, mais j’fais genre de pas les remarquer, et j’fouille les alentours, à la recherche d’une chevelure blonde (ok blancheâtre), ou, à la rigueur, d’une robe de pute voyante. Et finalement, j’l’aperçois, bien soulagé qu’elle soit pas morte, ou prise dans un combat qu’elle peut pas gagner, donc en passe de mourir, et qu’j’aie pas encore besoin de devoir la sauver. Vraiment, là, j’ai rempli mon quota.

J’m’approche silencieusement par derrière, et j’viens refermer mes bras autour d’elle, le menton au niveau d’son crâne.

« Trouvée. » j’lâche un soupir au creux de ses cheveux, et j’la libère d’un pas en arrière, prêt à la rattraper quand même si elle se tape un délire genre tiens si j’allais voir là-bas quel nouveau monstre j’peux adopter. « T’as trouvé quoi ? » j’demande en m’penchant histoire de voir ce qui l’a tenue occupée. Un magnifique vase. Tout plein de fleurs explosives. Charmant, vraiment, on aime. J’choppe la main de Séraphine, et j’la tire derrière moi pour l’éloigner un peu. S’agirait pas qu’on fasse sauter le cabaret par erreur.

« Viens chérie, on doit retrouver Anita, tu sais la fille un peu bizarre qui était avec nous tout à l’heure ? Elle te cherche partout elle est inquiète. » D’ailleurs, j’ai pas franchement pris le temps de demander à Séraphine ce qu’elle pensait d’Anita. Un truc de plus dans ma to-do list. Et là mon énorme cerveau se réveille, et se rappelle subitement où est-ce que j’ai envoyé Anita. Peut-être que j’ai pas super envie de balancer ma petite protégée dans les trucs bdsm. Pas tout de suite en tout cas. Hello ? Mort de rire.

« Ok donc, Séra, j’pense qu’Anita te cherche mais pas au bon endroit. J’pensais t’laisser ici le temps d’aller la retrouver, mais on en finira jamais donc j’t’emmène avec moi. Par contre, vraiment, tu dois m’promettre de toucher à rien. De pas hurler. Et de pas faire tes grands yeux d’illuminée parce que les gens, là-bas, ils font des trucs un peu étranges. Mais t’inquiète pas, même s’ils hurlent, même s’ils supplient, ils sont consentants. » Encore un truc qui va plaire à ma partie démoniaque, encore une frustration à ajouter à ma collection. Génial. Regan, le roi du contrôle, vraiment. Du coup, marche arrière, j’embarque Séraphine – sans la porter parce que quand même, elle a des jambes – et on tournicote un coup le temps que j’trouve le bon chemin. C’qu’est pas évident dans ce bordel, c’est que la disposition des salles change constamment. Peut-être pour motiver les clients à tester les nouveautés. Pas mon problème.

Bref.

Un fumet caractéristique de souffrance me jette sur la bonne voie, et j’affiche un sourire carnassier alors que j’dévale le petit escalier qui mène aux sous-sols. Oui forcément, les sous-sols, c’est cliché. Mais y’a de sacrés donjons là-dessous, donc c’est juste par souci d’espace qu’ils ont mis ça ici.

« Séraphine, colle moi, reste pas en arrière, te perds pas, ici, jamais j’te retrouve si tu t’plantes. » J’chuchote maintenant, et, déjà, des hurlements divers nous parviennent. Et des suppliques, aussi, dans de drôles de langues. J’crois même entendre le souffle d’un dragon, quelque part, mais allons, pas moyen, trop ingérable ? J’dois m’faire des films. Tout au long de notre marche, de petites alcôves s’ouvrent dans les murs, proposent un contenu plus ou moins trash, d’abord, des objets, ensuite, des scènes reproduites. Vraiment le niveau d’détails, c’est fascinant.

« Plus vite. » J’marmonne pour Séraphine, parce que le truc qui s’éveille en moi, pour l’heure, c’est pas le chat. C’est pas gentil. C’est pas mignon. Et c’est vraiment pas prêt à deal avec la p’tite.

« Tu vois Anita quelque part ? Bon. Un refrain connu maintenant. Si tu commences à voir du noir, tout autour de moi, ça voudra dire que j’ai perdu l’contrôle, alors si ça arrive, vraiment, casse-toi et retourne au cabaret. Ok ? » Mieux vaut prévenir que guérir. Même si ça devrait aller. J’perds plus l’contrôle comme un puceau. Normalement. Manquerait plus que j'bouffe Séraphine et tout c'qu'elle contient.
Bérangère
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Bérangère
Dim 13 Aoû - 19:26

Séraphine
J'ai 23 ans, et je ne sais pas où je suis. Les espaces comme les instants se suivent, dénués de consistance. Les souvenirs s'ancrent dans une chronologie chaotique et biaisée. Suis-je ici et maintenant ? Ou bien est-ce un interminable rêve ? Tout ce que je veux, c'est que moi et mon Bébé vivions heureux. .


Elle sourit, en reconnaissant le parfum particulier de celui qui l’étreint.

« Hihi, j’suis pas partie loin ! »
« T’as trouvé quoi ? »
« Des fleurs ! Elles sont trop belles, non ? »

Bébé est blasé, il ne partage pas l’étrange fascination de son hôte. Tu n’es pas heureux ? lui demande-t-elle. Elle est un peu déçue, elle aimerait bien ressentir chez son Bébé un peu de joie. C’est tout ce qu’elle pourrait souhaiter. Le bonheur ce n’est pas ça. Elle laisse courir son regard sur la robe colorée du bouquet, piquée par le blanc de l’aubépine qui éclate de pureté. Son enthousiasme s’étiole. Était-ce là la pensée de Bébé, ou la sienne ? Elle se laisse tirer, mais son attention se suspend aux pétales, une obsession éperdue, jusqu’à ce que, finalement, la foule se densifie, se congestionne, et emporte dans son ombre le vase et ses fleurs. Il est trop petit, pour ce monde. Trop délicat.

« Viens chérie, on doit retrouver Anita, tu sais la fille un peu bizarre qui était avec nous tout à l’heure ? Elle te cherche partout elle est inquiète. »

Anita ? C’est elle, la femme aux yeux froids ? Séraphine ne l’aime pas, Bébé, encore moins. Même ses gentillesses, cachent très mal l’agacement qui se logent sur les rides de ses expressions. C’est quelque chose qu’elle reconnaît, et sans forcément trouver les mots qui le décrirait, la blonde sait parfois se méfier. M’sieur Regan ne devrait pas lui faire confiance. Une moue dépréciative lui plisse les yeux. Il a sûrement de bonnes raisons, de vouloir la retrouver, mais Séraphine les suppose sans pouvoir les imaginer.
Elle écoute, ensuite les conseils qu’il lui donne. Laisse ses doutes faire place à l’incompréhension la plus totale. Ses grands yeux se perdent dans ces phrases où les suites de mots ne semblent pas s’appartenir. L’endroit qu’il décrit lui semble hostile, et elle n’a nul désir d’y plonger. L’inquiétude se hisse sur l’éclat de ses pupilles. N’y va pas, si tu ne le veux pas, lui dit son Bébé. Mais Séraphine acquiesce sans convictions, et se laisse entrainer : elle veut lui faire confiance. Est-ce qu’il en est digne, ou n’est-ce qu’un besoin que la solitude encourage ? Elle n’a pas besoin de le savoir, mais les pas qu’elle traîne derrière le tatoué, sont de bien mauvaise volonté.

Elle use de toute sa concentration pour ne pas tomber, quand il lui prend de dévaler à toute allure l’escalier en colimaçon bordé de pierres noires. Elle tire sur la jupe fendue de sa robe, qui remonte ses cuisses, en quelques plis malicieux. Les sons qui se répandent de l’enclave n’augurent rien de plaisant pour elle. Ses épaules se crispent. Un hurlement se gémit déjà jusqu’à ses oreilles. La galerie qui s’ouvre à eux est dépourvues de fenêtres, sous des néons d’une pâleur maladive, absorbée dans un carrelage noir d’encre, si profond, qu’on pourrait croire qu’il se déplace lentement dans sa propre obscurité. Le moindre cri, le moindre éclat de voix, est renvoyé dans l’écho bruyant, où chaque plainte se mêle à l’autre, dans une masse immonde et suave de tourments.

Regan n’a pas besoin de le lui demander deux fois : elle se colle à lui, l’attrape par ses vêtements, blotti son visage dans le tissu, laissant seulement deux grandes mirettes stupéfiées, dépasser de cette couverture. Les objets et les scènes se présentent comme autant de gênes étranges. Les questions fusent, mais elle n’est pas sûre de vouloir y répondre, sous le chant sordide des suppliques qui s’élèvent. Ça sert à quoi, ce long tube ? Pourquoi y’a des crochets, ici ? Ils font quoi, les messieurs ? Les ténèbres l’étouffent, la chaleur suffocante retient l’air de ses poumons. Ses lèvres tremblent. La longue galerie dessert plusieurs salles, certaines ouvertes, pour offrir à tous son spectacle particulier. S’en dégage des corps suants et nus. Son regard en croise un autre, fixe, qui les dépasse en léchant ses lèvres d’une langue fendue, se retourne sur eux, avant se s’enfoncer dans une nouvelle salle. L’odeur y est aigre et lourde. Les tons autoritaires obtiennent des réponses implorantes. Séraphine veut qu’ils arrêtent.
Elle essaie d’accélérer, mais elle n’a qu’une envie : faire demi-tour.

« Tu vois Anita quelque part ? Bon. Un refrain connu maintenant. Si tu commences à voir du noir, tout autour de moi, ça voudra dire que j’ai perdu l’contrôle, alors si ça arrive, vraiment, casse-toi et retourne au cabaret. Ok ? »

Elle ne voit pas Anita. En fait, elle ne cherche même pas Anita. Si elle pouvait ne jamais la revoir, ça l’arrangerait. Qu’est-ce qu’il peut bien y trouver ? La crispation devient spasmodique. Des chaînes s’entrechoquent, crisse contre le sol leur mélopée funeste. La mémoire qui ressurgit, au plus profond de ses muscles, et son échine frémit. Il ne pense qu’à sa pute, il se moque bien que tu ais peur ou des dangers que tu encours, susurre Bébé. Pars d’ici, laisse-moi le contrôle, Séraphine, je ne te laisserais plus jamais avoir peur. Sa bouche s’entrouvre. Les mèches volumineuses de ses cheveux, verdis par l’éclairage clinique, retombent sur ses yeux. Bébé a un sale caractère, mais quand il est sérieux ainsi, il lui revient que lui, il l’aime aussi. Souviens-toi, cette liberté, c’est ce que tu voulais aussi, finit-il. Séraphine expire à petit souffle. Elle lâche les vêtements du tatoué, et se laisse reculer.

« J’veux partir d’ici ! »

Sa détermination se rature d’inquiétude. L’intégrité vient après, quand de son corps émane quelques mirages déformant l’air. Les muscles sous sa joue roulent anormalement, semblent caresser l’intérieur de sa peau, avant d’y replonger. C’est cette sensation si rare, mais si grisante, quand sa volonté rencontre celle de son Bébé, et que leurs deux esprits se partagent à l’unisson, ce corps frêle. La symbiose se ressent, jusque dans le timbre de sa voix, une note écailleuse s’ajoute en arrière-plan.

« Je VAIS partir d’ici. »


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