Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

dynasties and dystopia ☾ Stormy Dream

everdosis
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Univers fétiche : réel, fantastique, science-fiction !
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everdosis
Lun 7 Nov - 16:45

Serena
Leonhart

J'ai 27 ans et je vis à Queenstown, Nouvelle Zélande. Dans la vie, je suis héritière investie dans l'humanitaire, justicière la nuit et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire, encore, depuis peu et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.
Combien de temps est-elle restée immobile ?

Le regard rivé par la fenêtre, elle ne sait pas spécialement ce qu'elle guette. Les toits des immeubles alentours, une ombre potentielle, à l'embouchure de cette rue bordant le lac Wakatipu, laquelle s'enfonce progressivement dans le dédale animé des rues de la ville. Elle dévie, caresse de ses iris verts les sommets du fjord, dont les pentes éternellement enneigées se dessinent sous le soleil déclinant. Bientôt, ce sera l'été.

—...na

Et pourtant, elle jurerait sentir le froid glisser le long de sa colonne en dépit des fenêtres et portes fermées.

— Reena !
— Hm ?

Elle tourne la tête, longueurs brunes dansant sur les épaules pour en suivre le mouvement. Debout au milieu du salon - depuis quand était-elle là ? - Oona l'attend avec deux tasses fumantes entre les mains, sourcils froncés devant l'air pensif de sa meilleure amie.

— A quoi tu pensais ? Ton thé est là.
— Désolé. A rien. Et tout à la fois.

Le modèle typique de la réponse voulant très justement tout et rien dire à la fois. Mais elle n'était pas - et ne devait pas - être le sujet de conversation, les rideaux qu'elle tire jusqu'à dissimuler l'extérieur pour mieux revenir vers le canapé où elle se pose de concert avec la rouquine.

— Comment tu te sens ?

Pas la meilleure des entrées en matière, et pas le plus de tact, non plus. Elle voit bien, l'éclat éteint dans les iris perçants de celle qu'elle connaît depuis l'âge de douze ans. Elle distingue aussi la façon dont ses doigts se crispent autour de sa tasse et la subtilité par laquelle elle tourne un peu la tête pour mieux dissimuler le voile de larmes qui s'installe dans son regard.

— J'arrive toujours pas à y croire.

A juste titre. Ce n'est pas tous les jours qu'on perd à la fois son père et son fiancé. Enfin, son père a disparu, officiellement. Magnat de l'immobilier, ami de longue date de ses parents, Serena ne l'a jamais particulièrement senti. Mais ça reste le père d'Oona. Et de ce fait, elle s'y retrouve forcément mêlée, pour ça et pour tant d'autres raisons. Dans un geste de soutien silencieux, elle pose sa main sur le genou de la jeune femme pour y exercer une pression à peine perceptible.

— Je ne bougerai pas d'ici tant que tu ne me chasseras pas de cette maison, Nana. J'espère que t'en as conscience.

Et derrière son apparente tentative d'humour, elle est on ne peut plus sérieuse. Elle compte surtout camper ici tant qu'elle n'aura pas levé le voile sur la situation. Oona ouvre les lèvres pour répondre, mais est interrompue par la porte d'entrée, reposant sa tasse sur la table basse avant de se redresser. Elle ne laisse pas passer deux secondes qu'elle se redresse à son tour pour aller à sa suite, et la doubler.

— Je m'en occupe.

Qui que ce soit, elle préfère être celle prenant les devants par sécurité. Main sur la poignée, elle finit par relâcher les deux verrous sécurisés de la demeure pour découvrir trois hommes sur le pas de la porte. Bien habillés. Et elle n'arrive pas à déterminer sur l'instant de qui il s'agit : promoteurs immobiliers, clients de son père, collègues de Kyle, le défunt ? Le timbre s'élève finalement afin de dissiper les doutes, la silhouette se déportant automatiquement sur la gauche pour mieux dissimuler une Oona aux yeux encore rougis par les larmes.

— Je peux vous aider messieurs ?

Elle les analyse, tour à tour. Mais automatiquement, les yeux s'arrêtent sur celui tout à gauche, fronce les sourcils. Sensation de déjà vu troublante.


@Stormy Dream
Stormy Dream
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Stormy Dream
Dim 13 Nov - 12:13
@everdosis
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Vango Ponti
J'ai 30 ans et je vis à Queenstown en Nouvelle Zélande. Dans la vie, je suis Expert en criminologie, ou « profiler » comme on dit dans les séries américaine... et je m'en sors plutôt bien si on en croit les supérieurs. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien, car quand on traque des tueurs en série il vaut mieux ne pas avoir d’attache….

Vango est né en Sicile, sur l’île de Favignana. Il y a grandi, et s’est rapidement passionné pour les séries et romans policiers. Ultime but dans la vie : rentrer dans la police judiciaire : Vango a travaillé toute son adolescence pour avoir le meilleur dossier possible.
A l’âge de 15 ans, il est envoyé aux Etats-Unis en famille d’accueil par ses parents pour apprendre l’anglais. Il intègre l’une des meilleures écoles de criminologie à 18 ans, puis rejoint le FBI pour son premier job. Formé auprès des plus grands profilers americains, Vango ne vit que pour son travail.
Sûr de lui, surtout quand il s’agit de son travail, Vango sait se montrer particulièrement efficace. Son métier lui a donné un tempérament calme, très observateur et analytique. Très bon manipulateur et obstiné, il arrive à obtenir à leur près toutes les informations dont il a besoin pour mener à bien ses travaux.
Il n’en reste pas moins extrêmement têtu envers ses proches, à qui il ne raconte pas grand-chose. Trop peur qu’on découvre ses failles, il préfère en dire le moins possible. Bourreau du travail, il oublie souvent qu’à l’âge de trente ans la plupart des gens préfèrent profiter de leur jeunesse. Vango n’est pas un fêtard, ni un consommateur de relations humaines… Le sortir de sa routine n’est pas toujours évident. Mais pour ça, son colocataire Amaru est bien décidé à le faire changer un peu...
Le sifflement aigu fit vibrer ses tympans avec intensité. Il se protégea les oreilles tant bien que mal. L’épais brouillard qui l’entourait ne lui permettait pas de distinguer son environnement, ni la source de cette agression auditive. Où avait-il atterri ? Pourquoi était-il gelé ? Il abaissa les yeux lentement. L’explication était simple, finalement. La peau de son torse, dénudée, et recouverte de rayons lumineux aux symboles inconnus.

« Mec. »

Il sursauta. Il n’était pas seul. Était-ce cette voix à peine perceptible derrière le bruissement, qui était à l’origine de ces étranges dessins ? Il releva les yeux, réalisant que le brouillard devenait de plus en plus sombre.

« Vango ! » Une paume brûlante se posa sur son épaule, et la brume se dissipa aussitôt. L’homme ouvrit les yeux pour la deuxième fois, sorti de sa torpeur par les secousses de son colocataire et ami, Amaru, dont le visage semblait quelque peu tendu. « Mec sérieux, ça fait au moins cinq minutes que ton téléphone sonne en continu. »

Il fallait qu’il reprenne ses esprits. Ce rêve semblait si réel qu’il avait encore des frissons, même logé sous sa couverture. Certes, la chaleur de sa Sicile natale lui manquait, mais il n’avait pas la réputation d’être particulièrement frileux. Les températures s’adoucissaient de jour en jour.

Il se frotta les yeux, se redressa et observa le téléphone vibrer sur sa table de chevet : l’écran affichait une dizaine d’appels en absence, tous venus de la même personne. En temps normal, des appels répétés ne présageaient rien de bon. Cette fois, une boule d’angoisse se logea dans la poitrine de l’homme. Mac, le directeur de la police judiciaire de la région Otago, avait cherché à le joindre une dizaine de fois.

Il décrocha au bout du onzième appel, s’excusant d’un geste de la main auprès d’Amaru. « Bonjour Mac. » La voix rouillée par le sommeil le trahirait forcément, mais il se moquait bien de ce que penserait l’homme à l’autre bout du fil. « Vango ! Désolé de te sortir de ton lit aussi tôt, mais nous avons de sérieux doutes sur un corps retrouvé à côté du lac. Mon meilleur agent soupçonne un lien avec le cas du briseur de coeurs… Tu sais comme je fais confiance à mes gars. Tu pourrais nous donner ton avis ? » Bien sûr que Vango connaissait la confiance de Mac envers ses agents. L’inquiétude dans sa voix confirmait l’urgence de la situation. Le briseur de cœurs, drôle de nom pour un criminel. Vango n’avait jamais approuvé ce surnom, mais ils l’appelaient déjà comme ça dans tous les services de la police. C’était plus facile que l’homme qui arrache le cœur et dessine des pentacles sanglants

Il était rare que le jeune criminologue soit appelé sans vraie raison. Depuis quelques mois, il avait posé ses valises à Queenstown pour étudier les meurtres que les autorités locales ne parvenaient pas à élucider.

Formé aux États-Unis auprès des meilleurs profilers du monde, il avait préféré repartir de zéro après une expérience qu’il qualifiait de « complexe » sur le sol Américain. Une expérience dont il ne préférait pas parler depuis son départ, et que ses proches ne comprenaient toujours pas. Un départ pour la Nouvelle Zélande, sans explications… Il avait saisi la première opportunité qu’on lui avait proposée, ne vivant plus que pour son travail jusqu’alors. « Envoie-moi le dossier, je te rappelle au plus vite. »

Il avait toujours froid. Un café l’aiderait à émerger peut-être ? Vango sortit de son lit, enfila un sweat puis se dirigea vers la cuisine où il se prépara une tasse d’un café serré. Un vrai café à l’italienne, pas un jus de chaussettes comme ils les aimaient tant ailleurs. Il alluma son ordinateur, ouvrant les pièces jointes des nombreux mails qu’il venait de recevoir du secrétariat de Mac. Il envoya le tout à l’impression dans le bureau, priant pour que la machine ne réveille pas son colocataire une seconde fois… avec sa carrure de guerrier Maori, il ne donnait pas cher de sa peau s’il dérangeait son ami de nouveau.

Imprimer ? Oui… Vango était peut-être un peu vieux jeu, mais il préférait encore le support papier pour étudier ses cas. Plus visuel, plus facile à analyser… car il pouvait éparpiller les feuilles sur le sol, ou les accrocher au mur blanc qu’il avait libéré dans le bureau.

Cet étrange rêve le tracassait toujours, mais il se concentra sur sa tâche du jour : lire le dossier de cet homme répondant au nom de Kyle, qui avait été découvert quelques heures plus tôt. Le cœur arraché avec la plus grande des barbaries, un morceau de peau incisé entre les deux yeux. Le rapprochement pouvait en effet se faire avec le briseur de cœurs qu’il étudiait avec attention depuis quelques mois. Le corps d’un jeune homme avait été retrouvé proche du lac Wakatipu, le coeur arraché dans des circonstances similaires. Un symbole encore non identifié avait été tracé avec une larme de type cutter, entre ses deux yeux, et un large pentacle dessiné avec son sang autour de lui. Vango s’interrogeait notamment sur les fragments de diamant qui avaient été retrouvés à l’emplacement de son cœur. D’autres dossiers, plus anciens, avaient quelques similitudes. Les informations étaient encore trop peu étoffées pour qu’ils puissent parler d’un tueur en série.

Le palpitant du profiler battait la chamade : peut-être que cette affaire allait pouvoir l’aider à coincer le briseur de cœurs. Depuis le départ, il sentait le potentiel du criminel à récidiver, et il avait réussi à convaincre Mac de suivre son instinct.

Le trentenaire composa le numéro du directeur, qui décrocha après une seule tonalité : il attendait son appel de pied ferme. « Vous avez un suspect ? » Les politesses n’étaient plus de rigueur entre les deux hommes. Mac ne s’encombrait pas de discours creux : il excellait dans son métier car les faits étaient sa seule priorité. « Le père de sa fiancé. Porté disparu depuis. Verdict, Vango ? Est-ce qu’il faut lancer l’alerte sur un potentiel tueur en série ? » La responsabilité était lourde sur ses épaules, il ne pouvait rien proclamer haut et fort sans voir de preuves intangibles. « Trop tôt pour le dire, mais ton agent a eu du flair. Tu me préviens quand le légiste est là ? Il faut qu’on parle sérieusement. » La piste qu’il avait en tête resterait secrète tant qu’il n’aurait pas plus avancé. Mac ne posa pas de questions, laissant à l’expert la liberté dont il avait besoin pour se concentrer.

« On file interroger la fiancée. On a tout fouillé, pas de traces du cœur… mais on exclut pas le crime passionnel pour autant. » Évidemment, toute piste était bonne à prendre. « Est-ce qu’elle a vu le corps ? » Demanda le profiler. « Non, ce n’est pas elle qui l’a découvert. Mais elle pourra nous éclairer au moins sur son père. Tu nous rejoins ? Je t’ai partagé l’adresse. »

Aussitôt la position enregistrée dans son téléphone, Vango avait sauté dans la douche pour se rendre présentable. C’était la première fois que le Directeur de la police judiciaire acceptait de l’envoyer avec ses agents sur le terrain. Il n’avait même pas eu besoin de suggérer quoi que ce soit, ce qui relevait de l’exploit. Il s’efforcerait de faire bonne impression pour le remercier de sa confiance.

Vango retrouvera Mac et l’agent chargé du dossier, Wiremu, directement devant le domicile de la fiancée du défunt. Il portait un pantalon de couleur sable et une chemise blanche à manches longues recouverte d’une veste mi-saison bleu marine. Suffisamment habillé mais pas guindé pour ne pas dénoter dans le paysage. Les deux autres hommes avaient revêtu leur uniforme des forces de l’ordre de Queenstown.

Le fonctionnement de leur entrevue serait simple : Vango ne poserait pas de questions, et ne ferait qu’analyser la situation. Un mot, et il déguerpissait aussi vite qu’il était arrivé.

La porte d’entrée s’entrouvrit, laissant les trois hommes découvrir la silhouette d’une jeune femme, pas encore trentenaire, aux yeux clairs. À en juger par son expression plutôt maîtrisée, elle n’était pas la personne qu’ils venaient voir. « Mac Travis, directeur de la Police Judiciaire de Queenstown. J’ai rendez-vous avec Mme… » Il marqua une courte interruption pour vérifier le nom de famille de la femme à interroger, tandis que son regard balayait l’arrière-plan de leur interlocutrice.

Le regard de Vango, lui, se riva sur cette jeune femme qui leur ouvrait. Il ressentit une vague de fraîcheur, la même que celle de son rêve, la même qui le couvrait de frissons depuis son réveil. Décidément… aurait-il attrapé froid ? Il resserra les pans de sa veste jusque-là entrouverte. Pendant ce laps de temps, Mac avait présenté ses deux accompagnants : l’agent chargé de l’affaire, et l’expert en criminologie. Présenté ainsi, Vango passait pour un scientifique de la police judiciaire et n’était pas directement associé à une histoire de tueurs en série comme lorsqu’il prononçait le nom de profiler. Mac n’avait probablement pas envie de faire paniquer la population locale, ce qui était compréhensible.

« Nous avons quelques questions à poser à la fiancée de la victime. Nous avons conscience que ce ne sera pas facile, mais les premières heures sont décisives pour retrouver l’auteur du crime. »

Impassible, le sicilien suivit ses deux camarades en silence. C’était la première fois qu’il était aussi proche du terrain. Il croisa une nouvelle fois le regard de la jeune femme qui leur avait ouvert, ne comprenant pas pourquoi cette vague de fraîcheur le submergeait encore.

Le but de Travis était de comprendre qui était ce père disparu. Le retrouver lèverait un verrou important dans cette affaire. C’est d’ailleurs autour de ce sujet que ses questions tournèrent pendant tout l’interrogatoire. Vango se concentrait sur les réponses, notant quelques bribes de conversation sur un minuscule carnet qui tenait tout juste dans la paume de sa main. Il cherchait un lien avec ce coeur arraché, ces fragments de diamants qu’il était certain de trouver dans le rapport définitif d’autopsie… et pourquoi pas dresser un premier portrait robot ?

everdosis
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everdosis
Mar 29 Nov - 14:40

Serena
Leonhart

J'ai 27 ans et je vis à Queenstown, Nouvelle Zélande. Dans la vie, je suis héritière investie dans l'humanitaire, justicière la nuit et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire, encore, depuis peu et je le vis plutôt bien.

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Elle analyse, malgré elle. Parfois, elle se demande s'il s'agit simplement d'un sens nouveau des responsabilités, d'un instinct plus développé, plus stimulé par tout ça. Incapable de définir sa situation par d'autres mots que cet éternel flou ambigu qu'elle n'est toujours pas parvenue à décrypter, comme un mystère au coeur duquel elle nage sans sortir la tête de l'eau. Pas le temps pour ça. Pas quand Oona a besoin d'elle, pas quand il y a ces inconnus sur le pas de sa porte, pas quand chaque détail peut représenter une menace réelle qu'elle se doit de potentiellement extraire et identifier avant qu'il ne soit trop tard.

Elle distingue tout. Le regard fixe de l'homme placé sur la gauche, la rigidité de la posture de celui s'adressant à elle, les deux autres, plus en retrait, comme s'ils attendaient tels des automates la marche à suivre. Elle inspire profondément, Reena, odeur de goudron humide et de pétrichor, cette odeur particulière que prend la terre après la pluie.

— Serena Leonhart. Oona Allen est mon amie.

Et en prononçant ces mots, elle se place encore un peu plus devant les hommes pour leur obstruer la vue.

— Je peux voir vos papiers ? Vous comprendrez que je ne laisse pas n'importe qui entrer sur une seule affirmation, monsieur... Travis.

Et pourtant, lorsque son nom est prononcé, ce n'est pas vers l'homme rasé du matin même et aux cheveux noirs légèrement grisonnants que ses yeux verts se tournent. Non pas parce qu'elle est suspicieuse envers cet homme là, mais plutôt parce qu'elle a cette sensation qu'il l'observe. A moins qu'elle ne soit celle laissant un peu trop son regard traîner sur lui ?

— Naturellement. Tenez, voici. Et ces hommes constituent mon équipe, je vous donne ma parole que la situation sera traitée avec rapidité et dans la mesure du possible, sans brusquer votre amie.
— "Dans la mesure du possible ?"

Elle se renfrogne, mais se trouve désarçonnée sitôt qu'elle sent la paume fraîche se refermant sur son épaule, dévoilant le visage d'Oona.

— Ca va aller, Ree. Laisse les entrer.

Elle laisse couler un long silence, au cours duquel elle cherche à déterminer si elle compte obtempérer, ou continuer de jouer les chiens de garde. Puis finalement, après de longues secondes, elle s'écarte du pas de la porte pour retourner à l'intérieur.

— Je vais préparer du thé.

Et ça ne dure qu'une seconde, ce masque de froideur qui s'efface lorsqu'elle détourne les yeux vers Oona pour laisser apparaître la moue d'une enfant boudeuse, mécontente d'avoir été contrée en plein élan. Elle s'évade malgré tout en direction de la cuisine pour y faire chauffer de l'eau, les yeux qui ne lâchent jamais le salon au travers de la porte entrouverte, pour y voir Oona guider les hommes à la grande table de la salle à manger pour s'y installer.

Lorsqu'elle revient finalement avec un plateau entre les mains pour le déposer au centre de la table, les questions portaient non pas sur Kyle, mais sur le père d'Oona.

— Quelle relation entretenait votre père avec votre fiancé ? Des tensions à l'annonce de vos fiançailles ?

Les mains jointes contre le bois vernis de la table, le regard d'Oona se rive sur le plateau sitôt fut-il posé sur la table, comme un point d'ancrage désespérément recherché pour s'évader de la situation.

— Monsieur Allen n'a jamais manifesté de refus vis à vis de ces fiançailles. Il n'a jamais montré sa joie non plus, mais il est comme ça.

Relai pris par mécanisme, sans doute parce que depuis l'enfance ça a toujours été comme ça : Oona en retrait, et Serena qui parle et termine ses phrases. Plusieurs paires d'yeux se posent sur elle, tandis qu'elle s'installe en appui sur le canapé, refuse de venir se poser à cette table ronde lugubre.

— Et que signifie "comme ça" selon vous, mademoiselle Leonheart ?
— Hart.

Interruption brève, mais calme, avant qu'elle ne reprenne en passant une main sur sa nuque, geste trahissant la nervosité face à la situation.

— Il n'est pas expressif quand il s'agit d'Oona. Ni qui que ce soit à vraie dire, il n'y a que le travail qui compte pour monsieur Allen. Les seules fois où je l'ai vu manifester quelque chose envers Kyle, c'est quand il a refusé de travailler pour lui.

La phrase semble éveiller une soudaine curiosité chez le directeur de la police judiciaire, dont les épaules se redressent, buste tourné en direction de la jeune femme.

— De quel genre de "manifestation" parlons nous ?

Reena tourne les yeux quelques secondes en direction d'Oona, qui n'a pas cillé, seulement refermé un peu plus ses paumes l'une contre l'autre. De toute évidence, elle aussi sait très bien où ils veulent en venir.

— Pas le genre qui laisserait envisager une telle barbarie.

Elle n'apprécie pas cet homme, mais sait être lucide. On parle d'une véritable boucherie. Oona étouffe un sanglot, et la brune le prend comme un signal.

— Si vous voulez faire un tour de la maison pour y chercher de quelconques indices, faites donc, le bureau de monsieur Allen se trouve derrière cette porte-ci. Oona a besoin de se reposer.

Et presque aussitôt elle se redresse pour aller chercher la silhouette frêle de son amie et l'aider à quitter sa chaise. Elle retenait clairement ses larmes depuis un moment maintenant. Quand elle redresse la tête, le regard de Reena revient croiser celui de l'expert en criminologie, tandis que les trois autres hommes se dirigent vers le bureau qu'elle vient de leur indiquer. Et chaque fois qu'elle le voit, elle ne parvient à pleinement définir la nature de ce frisson qu'elle perçoit le long de son échine.

Accompagnant sa meilleure amie jusque sa chambre, elle redescend pour récupérer les tasses et les amener à la cuisine. Dans le couloir, elle s'arrête face à l'expert, vagabondant toujours avec son carnet en main.

— Vous semblez chercher quelque chose.

Supposition évoquée à voix presque basse, d'une part pour ne pas attirer l'attention, mais aussi pour s'assurer d'entendre le moindre éclat de voix venant de l'étage, jamais confiante à l'idée de laisser Oona hors de sa vue.



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