Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Une cage reste une cage même si elle est couverte d'or. [ft. Renard]

Cheval de Troie
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Univers fétiche : Réel - Disney - Fantasy - Surnaturel - Mythologie
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vol de nez
Cheval de Troie
Jeu 4 Aoû - 13:14
Légende Arthurienne
Mise en situation

La situation
Le roi Arthur est sur le trône depuis quelques années maintenant et a instauré dans sa cité de Camelot, un gouvernement plus juste et équitable. Du moins, c'est ce qu'il tente de faire, mais il est dur de chasser les vices des hommes. Les pauvres seront toujours enclin à voler, tricher et mentir pour s'en sortir. Les riches continueront d'escroquer, de dépouiller et de trahir pour garder leur statut. Les gens honnêtes ne courent pas les rues et d'après la rumeur, la pourriture se cacherait même au sein du palais ! Peut-être même au sein de la table ronde !
M'enfin ce ne sont que des bruits qui courent. En parlant de bruit qui courent, il parait que pendant que le peuple meurt de faim, la reine Guenièvre continue de se faire livrer des tissus et des épices des quatre coins du monde ! Faut dire qu'elle n'a jamais mis un pied en dehors du palais alors qu'est-ce qu'elle en sait, elle, de la situation de Camelot ? Ou même du pays ? Elle s'en fiche royalement, cloitrée dans ses appartements dans lesquels elle ne manque de rien, protégée par les plus grands soldats du royaume. Franchement, cette reine est certes magnifique, mais elle vit dans un monde qui n'est pas la réalité et tôt ou tard, ça finira par se retourner contre elle.
Contexte provenant de la brillante coopération entre Renard et Cheval de Troie
Cheval de Troie
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vol de nez
Cheval de Troie
Sam 6 Aoû - 14:35

Guenièvre de Carmélide Pendragon
J'ai 27 ans et je vis à Camelot, Angleterre. Dans la vie, je suis la reine et je m'en sors : ça n'a aucune importance, tout le monde s'en moque . Sinon, à cause d'un mariage arrangé, je suis mariée et je le vis du mieux que je peux dans la mesure où je n'ai pas eu mon mot à dire.




Mon devoir :
Une cage reste une cage même si elle est couverte d'or. [ft. Renard] 6tvS

Guenièvre est la fille unique du Roi Léodagan du royaume voisin. Le roi Uther avait plus d'une fois mené des batailles infructueuses contre le royaume de Carmélide jusqu'à ce qu'un traité de paix soit signé. Dans ce traité, le roi Léodagan promettait de partager ses ressources et ses richesses, ainsi que son armée au royaume de Camelot. En échange, le roi Uther a promis de donner la main de son héritier à l'unique fille de Léodagan pour que, de leur union, naisse un héritier légitime du trône de Camelot et de Carmélide, faisant ainsi de deux royaumes, autrefois ennemis, un seul et même royaume.
C'est ainsi que la princesse Guenièvre a rapidement dû quitter sa maison, ses repères et tout ce qu'elle connaissait pour partir loin de tout. Dans un nouveau château avec des personnes qu'elle ne connait pas et en qui elle ne peut avoir confiance.

Le temps passa et Guenièvre dû apprendre à être une épouse et une reine. Ses rêves, ses aspirations, ses désirs, tout ça ne compte pas. Elle n'est qu'une monnaie d'échange, un pion que l'on déplace sur un échiquier politique et qui n'a pas son mot à dire. Elle se sent prise au piège de sa propre vie et tente de s'en sortir en abusant de choses matérielles et futiles, 'est tout ce qu'on attend d'elle après tout...
Jusqu'au jour où elle le vit, perchée sur son balcon, il était en dessous et il l'observait. Celui la même qui lui rappela que la vie n'était pas une prison... Il lui apprit à apprécier les petites choses de la vie comme la beauté d'une rosée aux aurores ou la joie d'être vue et entendue par quelqu'un… Cet homme a réussi à faire naitre bien plus de chose en elle qu'elle ne l'aurait jamais cru ! Seulement voilà, Guenièvre va rapidement se retrouver face un croisement important de sa vie. Elle devra choisir entre son cœur et son devoir.

Mon coeur :
Une cage reste une cage même si elle est couverte d'or. [ft. Renard] C3f764b41de24e5e24b2159f934cab21abe4c11b



"Votre altesse, pardonnez-moi de vous déranger, mais le roi m'a chargé de vous remettre ce message."

J'agite la main rapidement pour lui montrer que je me fiche éperdument des instructions que mon mari m'envoie. Car il est clair qu'il ne s'agit que de ça. Arthur et moi ne sommes pas le couple d'époux le plus aimant du monde. On pourrait… je veux dire, j'ai été séduite par lui quand je l'ai rencontré. J'étais jeune, il était ambitieux, un jeune monarque qui avait des rêves de liberté et de justice pleins la tête. Je l'imaginais partir en croisade, moi à ses côtés, je pensais que nous changerions le monde ! Au lieu de ça, il a tenu le rôle d'un monarque qui ne quitte pas son château ou très rarement. Il se laisse mener par le bout du nez par son conseil et par ses chevaliers et par son grand Merlin pour qui il n'a d'yeux. Quoi que je lui dise, mes mots ne sont que des murmures pour lui… J'ai fini par le comprendre une fois qu'il m'avait tout pris… mon cœur, mon corps, ma candeur...

J'ai été une monnaie d'échange, une ligne de plus dans le contrat établi par nos pères avant nous. Je pourrais dire qu'Arthur me maltraite, mais en réalité, il ne me traite pas du tout… Je ne sais pas ce qui est le pire…
Parfois, quand il est ivre, il lui arrive de baisser un peu sa garde et de venir me tenir compagnie, après tout, même roi, il reste un homme avec des besoins. Mais à part ces rares moments de complicité embrumés par l'alcool, il ne me montre pas plus d'intérêt qu'il n'en montre pour son cheval royal. J'ai visiblement le même intérêt pour lui et la même importance que son canasson. Tant que je sais avancer au pas, la boucler et faire des courbettes, c'est tout ce qui lui importe.

"Lis le pour moi, veux-tu."

Dis-je en continuant de lire mon recueil de poésie tout droit venu de France, y'a pas à dire, la France a vraiment l'air d'être le pays de l'amour. Les hommes là-bas ont l'air bien plus romantiques et attentionnés que les hommes d'Angleterre. Je me demande un court instant si je serais amenée à visiter la France un jour ? Puis je me rappelle mon statut et ma fonction. Le roi lui-même ne se déplace qu'en de rare occasion, alors la reine ? C'est impensable. Je suis belle et bien prise au piège de ce château et je ferais mieux de l'admettre et de l'accepter le plus rapidement possible.

"Ma reine, nous recevons la visite de Marie de Bretagne, promise au dauphin du royaume de France. J'attends de vous que vous lui offriez la meilleure des hospitalités. Cette rencontre est capitale pour l'intérêt de Camelot. Je compte sur vous."
"Tss. Arthur est bien culotté de me demander un service alors que je ne l'ai pas vu depuis des jours ! C'est bien lui, ça, incapable de se déplacer pour venir parler à sa femme ! Il n'est bon qu'à m'envoyer des mots à travers tout le château !"

De rage, je balance mon livre à travers la pièce. Ma dame de compagnie, Lucy, se charge rapidement d'aller le récupérer. Je suis folle de rage et vexée. Je commence à faire les cent pas dans la pièce.

"J'ai entendu dire que le roi était très occupé ces derniers temps. Il vient de recevoir des seigneurs, qui d'après le bruit que j'ai entendu, serait en désaccord depuis fort longtemps. Les troupes du seigneur Lancelot viennent de revenir et maintenant l'arrivée du prince de France....."
"Lancelot est revenu ?!...."

Dans mon regard, la douleur, la frustration et la lassitude, on laissait place à de la joie de vivre, de l'excitation et un bonheur éphémère.

"Heu....je....oui votre altesse. Le seigneur est arrivé il y a quelques heures."
"Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit avant !"

Ma pauvre domestique baissa la tête. Je sais bien pourquoi elle ne m'a rien dit, c'est parce qu'elle désapprouve mon comportement. Elle a juré allégeance à sa reine, bien entendu puisqu'elle est à mon service, mais aussi et surtout à son roi. Or. Voir sa reine faire les yeux doux à un simple chevalier… c'est pour elle une trahison dont elle ne veut pas faire partie et dans un sens, même si ça me brise le cœur de voir que ma plus fidèle domestique a décidé de se ranger du côté d'Arthur, ça ne m'empêchera pas de voir Lancelot !

"Je....Je suis désolée votre altesse…"
"Où est-il ?"
"J...J'ai vu le seigneur repartir vers l'aile des chevaliers. Il a dû regagner ses appartements."

Je me lève précipitamment, bien décidée à aller dans l'aile des soldats pour essayer de voir Lancelot, je prétexterais qu'il me semble avoir entendu du bruit dans les jardins, ou peu importe, du moment que je le vois ! Je....Je ne me suis jamais autorisée à faire autre chose que le regarder de loin et lui parler quand j'en ai l'occasion. Pourtant, ces quelques rencontres fortuites me procurent tellement de bonheur… je ne peux l'expliquer. Puisque je suis avec Lancelot, je ne suis pas la Reine, je suis simplement Guenièvre.

"Votre altesse, attendez ! Et...Et la princesse de Bretagne ?!"

Je me stoppe net. Ah oui, c'est vrai... Je soupire en baissant la tête... Mon devoir me rappelle à l'ordre… Je ne peux pas faire ce que je veux, quand je le veux, c'est ce qu'on attend de moi. Je retourne près de ma domestique qui me fait une légère révérence.

"Je...Vou...Vous voulez que je vous fasse couler un bain, votre altesse ? Je peux y ajouter des pétales de roses ? Je sais que ça vous détend et vous met de bonne humeur."
"Hum."

Je hoche la tête mollement, je me fous royalement de mon bain, de la princesse de Bretagne et des attentes de mon mari à mon égard. J'ai des attentes moi aussi, dont il se moque comme d'une guigne, alors pourquoi moi devrais-je en faire autrement ?

Lucy commence à faire couler le bain et je me déshabille lentement avant d'entrer dans l'eau tiède. Je reste un moment dans l'eau en essayant de me détendre. Je pense aux entrainements de Lancelot que je peux voir depuis mon balcon. Il est toujours si investi, il s'entraine toujours durement. Il est constamment le premier à arriver et le dernier à partir. Je l'ai déjà vu s'entrainer toute une journée sans s'arrêter ! Il est si impressionnant... Et la dévotion qu'il porte à son roi et à la Table Ronde est admirable. Il est si... chevaleresque... Il me fait penser à ces héros des poésies et des romans français.

Au bout d'un certain temps, je sors de mon bain et Lucy en profite pour me préparer avec l'aide d'autres domestiques. Elles m'habillent, me coiffent, me parfument avec des huiles de fleurs.

"Quand est-ce que la princesse est censée arriver ?"
"Je crois qu'elle ne devrait plus tarder."

Je soupire puis me lève une fois que je suis fin prête.

"Lucy, veillez à ce qu'on nous apporte le déjeuner dans le salon de l'aile ouest. Il y fera moins chaud."
"Bien, votre altesse."
"Oh et vous ferez passer ce billet au roi."

Je lui tends un bout de papier sur lequel j'ai écrit de ma plus belle plume : "Je vous informe que je prendrai le carrosse royal pour faire visiter Camelot à notre invitée, je pense qu'une telle promenade montrera à la princesse toute l'hospitalité dont la Reine Guenièvre est capable. Bien entendu, j'ai votre bénédiction. Il y a un moment que je rêve de sortir cette merveille et grâce à vous, j'en ai enfin l'occasion."

Et bam ! Je sais que c'est puéril de prendre en otage le roi en le mettant au pied du mur. Il ne manquera pas de venir me sermonner une fois notre invitée partie, mais je m'en fiche. Au moins, osera-t-il venir me sermonner en face ! Soupire. C'est fatiguant de devoir être si mesquine pour parler avec mon mari. Il n'empêche qu'Arthur n'a que ce qu'il mérite. À me traiter de la sorte, il ne faut pas s'étonner que je devienne méchante et aigrie.
Quant au carrosse en question, c'est monstruosité sans nom. Il a été fabriqué par le roi Philip pour sa femme, le carrosse est couvert d'or et de pierres précieuses. Oui, il vaut extrêmement cher, mais il est hideux. Les sculptures et les finitions se perdent dans l'amas de bijoux, l'or scintille tellement qu'il en devient douloureux de le regarder trop longtemps. Vraiment, je trouve cet engin de mauvais gout, trop tape à l'œil et franchement vulgaire. Mais il ne m'appartient pas, il appartient à la famille royale depuis un moment, les monarques s'en servent uniquement le jour de leur mariage. Ensuite, il est rangé et personne, hormis le roi, n'a le doit de le sortir et quand on sait sa valeur, on comprend pourquoi. Pourtant, je vais me faire un réel plaisir de me balader dans toute la ville à bord de cette chose.
Soupire, enfin j'espère que ça sera un réel plaisir...


***

Alors que je me retrouve assise dans le salon de l'aile ouest, un page tape à la porte avant de l'ouvrir et d'annoncer la nouvelle venue.

"Votre Altesse, la Reine Guenièvre, sa Majesté la princesse Marie de Bretagne, fiancée du prince Louis de France."

Je sais qui elle est, mais le protocole est strict, alors je me prête à cette mise en scène. Quand la princesse fait son entrée, elle s'incline bien plus bas qu'elle ne le devrait et je trouve ça.... charmant ? Je penche la tête sur le côté tandis qu'elle me salue. Je m'incline respectueusement et la salue également. Elle me lance un sourire timide avant que je ne l'invite à me rejoindre autour de la petite table où Lucy commence à nous servir du thé.

"Avez-vous fait bon voyage ?"

La princesse prend sa tasse, souffle dessus et bois une gorgée.

"Oh oui, merci ! Le voyage en mer a été mouvementé pour moi, j'ai le mal de mer, mais sinon, tout était parfait."
"Tiens, je ne savais pas que vous supportiez mal les voyages en mer ?"
"Oui, j'ai beaucoup de mal à m'en accommoder, pourtant, mon fiancé persiste à m'envoyer au quatre coins du continent pour des voyages diplomatiques !"

Je fronce les sourcils en buvant de mon thé, essayant de cacher ma jalousie.

"Et bien, vous en avez de la chance."

Raté. La princesse rougit et n'ajouta rien. Comprenant qu'elle a dû remarquer quelque chose, je décide de baisser un peu la garde. La pauvre enfin n'y est pour rien si je suis un cygne dans une cage dorée.

"C'est vrai, faire le tour du continent à votre âge, c'est une chance inouïe."
"Oui, vous avez raison, dommage que je doive monter sur des bateaux ! Mais sinon, c'est vrai que j'ai beaucoup de chance. Seulement, je voudrais pouvoir passer du temps avec mon fiancé… Depuis l'annonce de nos fiançailles, je ne l'ai vu que deux fois uniquement."
"Seulement deux fois ?! Mais votre mariage est prévu pour dans deux mois !"
"Oui.... Et je vais passer une semaine en Angleterre, puis en Écosse, l'Irlande par la suite je retourne en France, je vais descendre en Espagne pour inviter personnellement le roi et la reine à notre mariage, puis quand je serai de retour à Paris, mon mariage aura sans doute lieu dans une semaine."
"Mon Dieu, mais, vous n'allez donc rien préparer de votre mariage ?!"
"Non...." Me dit elle tristement en regardant le sol. "Vous savez, je...je n'ai pas vraiment eu mon mot à dire. Mon père a donné ma main au prince parce qu'il avait jeté son dévolu sur moi et qu'il lui fallait une femme rapidement pour commencer à donner une descendance."
"Ma pauvre… je comprends exactement ce que vous ressentez."
"Je....Je sais que je ne devrais pas me plaindre, je...je vais devenir reine de France ! Encore une fois, c'est une chance inouïe..."
"Oui....Ou une malédiction."

Au moment où la princesse Marie allait me répondre, les domestiques font leur entrée pour apporter le déjeuner sur une desserte.

"Laissez ça sur le côté, Lucy, merci. Je vous appellerai quand nous voudrons être servies."
"Bien votre altesse."

Elle s'incline poliment et sort de la pièce.

Je continue de discuter avec la princesse qui s'avère être bien plus charmante et intéressante que je ne l'aurais cru. Nous avons discuté durant des heures, puis lorsque arrive bientôt l'heure du gouter, je lui demande :

"Et si je vous faisais visiter la ville ? J'ai mis à disposition pour vous notre plus précieux carrosse. J'aimerais dire qu'il est beau… mais il ne l'est pas, je vous prie de me pardonner."

Même son rire est délicat.

"Ne vous en faites pas, l'hospitalité dont vous avez fait preuve vaut bien tous les carrosses hideux."

Nous marchons en direction de la cour. Un geste de la main fit comprendre à un garde qu'il faut nous amener le carrosse devant nous, car il est hors de question que l'on marche. Le garde s'active et quelques minutes plus tard, le carrosse tout d'or vêtu s'arrête devant nous.

"Alors, qu'en pensez-vous ? Sincèrement."

La princesse regarde la monstruosité en se retenant de rire.

"Aaah. Oui. Il....Il est très.... Enfin je dirais qu'il est plutôt…"
"Il est laid, vous pouvez le dire."

Elle éclate de rire.

"Oui, je suis désolée, il est vraiment affreux ! Pourquoi tenez-vous à ce qu'on se balade dans cette chose ?"
"Parce que ça fera grincer des dents mon mari. Cet objet est dans sa famille depuis un moment."
"Oh, je vois."
"Prenez des notes, princesse, je vous assure que vous en aurez besoin."

Puis, nous montons dans le carrosse, escortées par quelques gardes, nous nous dirigeons vers le centre de Camelot.
Renard
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Renard
Sam 6 Aoû - 18:23

Lancelot
du Lac

J'ai 33 ans et je vis à Camelot, Angleterre, en tant que résident permanent. Dans la vie, je suis chevalier de la table ronde et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal puisque je suis amoureux de ma reine, la femme de mon meilleur ami.

Informations supplémentaires ici.
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Les jours s'étaient succédé et c'était tout ressemblé durant ce long mois d'été, à tel point que Lancelot ignorait quel jour nous étions et depuis combien de temps il n'avait pas remis les pieds au château. Le chevalier adorait son royaume, mais il avait souvent besoin de le quitter, retourner aux sources en se mêlant au petit peuple. C'était là où il se sentait le plus à l'aise, surement parce qu'il avait été abandonné sur une ferme le jour ou la dame du Lac avait jeté son dévolu sur Arthur. C'était pourtant là l'un des aspects qui avait fait du chevalier l'un des préférés du royaume. Il était connu pour avoir les pieds bien ancrés au sol et portait une dévotion toute particulière pour les plus démunis. Il avait d'ailleurs offert les revenus de sa dernière campagne à la réparation de l'église païenne du versant nord, quelque chose que le roi n'approuverait surement jamais, mais qui avait entretenu d'excellente relation avec les plus rebelles. Oui, Lancelot faisait beaucoup de choses au nom de son roi pour que celui-ci soit aimé et adulé, Lancelot préférant pour sa part porter l'épée et le bouclier.

C'est donc envelopper d'un bonheur immense qu'il poussa la porte des quartiers chevaliers, souriant à ses camarades qui parsemaient le couloir et qui semblait tous heureux de le revoir. On tenta une vaine approche pour discuter des réunions de la table ronde que le blond avait manqué, il les fît taire rapidement d'un geste de la main en poursuivant sa route vers sa chambre. Il retira simplement ses bottes à l'entrée, déposant son épée et sa ceinture contre la petite table de chevet avant de se laisser tomber mollement sur le matelas. Les pieds ballants, sans besoin d'oreiller ou de couverture, le chevalier se laissa rapidement sombrer dans le sommeil, content de se dire qu'il était à nouveau revenu vivant auprès de sa douce reine.

Durant ce temps, à l'autre bout du château, Arthur était assis lassement sur son trône a regarder ses sujets discuter et venir faire leurs révérences politiques devant lui. La vie n'était pas ce qu'il avait imaginé lorsqu'on lui avait dit qu'il deviendrait roi. Il s'était imaginé voyageant à travers le monde pour rencontrer d'autre royaux, diriger de grands champs de batailles pour libérer des peuples tyrannisés et donnerait des grands bals tous les soirs à la gloire de sa magnifique femme. Une vie qui finalement, ne s'était jamais dessiné devant lui. Au lieu de ça, il était prisonnier du château qu'il avait fait construit, devant reléguer les travaux les plus passionnant pour tenir sa place de bibelot sur un trône de suède rouge et or. Il avait de plus en plus envie d'échanger sa place avec Lancelot, peut-être pourrait-il rallumer la flamme qu'il avait ressentit pour Guenièvre la première fois qu'il l'avait vu.

Cette belle époque où elle lui semblait mystérieuse, intrépide et débordante d'intelligence. Avant qu'elle ne devienne cette provocatrice qui aimait lui rendre la vie difficile. Un pressentiment qui dégoulinait dans les mots de la note qu'il reçu de son épouse. Évidemment qu'elle n'allait pas simplement prendre le carrosse de saison pour aller faire un tour en ville, même si le peuple se plaignait des revenus du royaume et du manque de richesse. Ça allait leur faire bien plaisir que la reine se balade dans un chariot qui valait plus que le village entier. Arthur laissa échapper un loin soupir avant de se lever de son siège, se faisant interpeller par le ministre,

- Votre majesté! Nous n'avions pas terminé de passer en revu l…
- Je sais, je sais! Je reviens de suite, une petite urgence sur le feu, répondu lâchement Arthur avant de prendre le couloir pour rejoindre le quartier de ses chevaliers

Pour certain, il aurait surement été difficile d'aller réveiller un chevalier qui rentrait à peine de campagne, surtout lorsque les couloirs bourdonnaient d'entre eux. Pourtant, lorsqu'il s'agissait de sa femme, Arthur commandait toujours le meilleur. Lancelot n'était pas seulement la plus fine lame du pays, il voulait également une dévotion sans borne à son roi, quelque chose qui tranquillisait l'esprit d'Arthur lorsqu'il devait laisser sa femme entre les mains d'un autre. Il cogna férocement contre la porte à plusieurs reprises avant qu'un Lancelot à moitié cadavérique apparaisse enfin derrière la porte.

- Votre majesté? Balbutia le blond d'un air confus
- J'ai besoin de vous, Lancelot! Ma femme veut aller faire un tour en ville et j'ai besoin de vous pour la protéger. Le peuple vous aime, vous saurer les calmés!
- Un tour en… Quoi? Pourquoi faudrait-il calmé le peuple?
- Parce que madame veut prendre le carrosse royal et qu'il y a suffisamment de bijou et d'or sur l'engin pour soulever une révolte!

Conversation étrange d'un mari qui finalement ne refusait pas grand-chose à sa geignarde de femme et un chevalier qui soupirait de la candeur de son amour. Même lorsqu'il savait que c'était une mauvaise idée, même lorsqu'il aurait dû s'exaspérer des manières de sa reine, Lancelot n'affichait qu'un sourire devant les frasques de Guenièvre.

- Je me prépare de suite, promis Lancelot en se penchant légèrement en signe de révérence
- Ne perdez pas trop de temps quand même, elles sont surement déjà dans la cour… Merci! Couina Arthur avant de se sauver à toute vitesse à travers le couloir
- J… Déjà dans la cour?! Coassa Lancelot d'un air piteux

Le blond lâcha un nouveau soupire avant de se diriger son meuble pour changer de chemise et s'envoyer un peu d'eau de rose sous les bras pour compenser la baignade. Il reprit le ceinturon et l'épée qui venait à peine de quitter, réalisant pour la première fois le poids imposant de l'objet tandis qu'il le glissait dans son fourreau. Aussi vaillant que le soleil, le chevalier quitta sa chambre pour traverser le château sous les yeux étonner de ses compères. Tout le monde savait qu'Arthur comptait beaucoup sur Lancelot, mais parfois même les plus assidus trouvait son traitement inhumain. C'était quelque chose qu'Arthur ne réalisait jamais vraiment puisqu'il le faisait toujours avec une douceur souriante qui démontrait que c'était de bon cœur.

Lorsqu'il atteignit la cour et que son regard se posa sur Guenièvre, son cœur tressauta et son sang se propulsa plus vigoureusement dans ses veines. Il laissa son regard glissé discrètement contre le creux de son cou et ses menus épaules tandis qu'il approchait, hochant la tête d'entendre les remarques des deux femmes à propos de leur transport. Comme il l'avait imaginé, Guenièvre l'avait commandé simplement pour énerver son époux, quelque chose qu'il l'avait vu faire souvent et qui le faisait sourire, toujours dans l'optique que ce n'était pas lui qu'elle testait. Il s'était demandé souvent si la reine serait différente au bras d'un autre homme, si elle n'avait pas toujours besoin de combattre pour mériter attention et affection. Elle n'était pas non plus enceinte, ce qui posait beaucoup de questions à travers les murs du château, mais Lancelot savait que la reine et le roi s'y accordait parfois. Il n'avait pas fait exprès de tendre l'oreille, voulant simplement délivrer un message du mur de garde au roi. Le blond n'oublierait jamais le gémissement qu'il avait entendu, il venait parfois le hanter jusque dans ses rêves.

- Il n'y a pas que votre époux qui grincera des dents devant autant d'opulence, votre majesté, souffla Lancelot en s'arrêtant derrière les deux femmes

Guenièvre se retourna vers lui et Lancelot devint vigoureusement plus éveillé, ses neurones s'activant malgré la fatigue et les cernes qui gâchaient ses traits normalement clairs. Il glissa sa main dans celle de sa reine et la releva vers lui pour embrasser son dos, son regard se posant furtivement contre sa gorge tandis qu'il effectuait son geste. L'odeur de sa peau était ensorcelante et aussi douce qu'une plume de tourterelle, Lancelot dégluti. Il se releva en souriant, plongeant ses yeux bleus dans son regard avant d'embrasser également la princesse dans un geste légèrement plus chaste, posant ses lèvres beaucoup plus rapidement contre elle avant de la quitter.

- Nous positionnerons un char à l'avant et un à l'arrière. Vos majestés seront en sécurité durant votre promenade, confirma-t-il sans la moindre arrogance avant de faire un signe au meneur d'écurie

Il avait l'habitude des protocoles et des marches à suivre avec Guenièvre, il avait également appris par cœur la liste qu'Arthur lui avait offert au cours des années. Ce qu'il fallait éviter, ce qui était sans compromis et à respecter. Curieux que Lancelot eût plus de facilité que le roi à tenir la reine en place, Arthur préférant croire que sa femme était simplement plus difficile avec lui plus que quiconque. Le chevalier lui espérait qu'un jour elle remarque à quel point ils s'entendaient bien.

- Je peux vous accompagner pour plus de sécurité, offrit-il en plongeant à nouveau son regard dans celui de sa douce reine, retenant difficilement le sourire qu'elle provoquait en lui. À moins que vous préfériez rester entre femmes...

Dans son manque de vanité, Lancelot n'avait pas remarqué que la petite pucelle semblait un peu plus éclairer qu'auparavant. Lancelot n'était pas dupe, il savait que son apparence plaisait beaucoup aux femmes, peu d'entre elles n'appréciait pas le blond de ses cheveux ou le doux bleu de ses yeux. Cependant, la vue de sa reine à elle seule arrivait à lui faire manquer beaucoup de choses. Même lorsqu'elle n'était pas là, il était totalement désintéressé par une autre paire d'yeux et par une autre voix. Il n'avait trouvé personne à ce jour qui illuminait le monde comme elle. Si le chevalier avait dû choisir la chose la plus précieuse au monde, ça aurait sans doute été ce sourire.

- Lancelot!!!

Le chevalier se vira à une vitesse impressionnante à la voix d'Arthur, s'écartant d'un pas de la reine avant de joindre les mains dans le dos. Le roi arriva en courant, des bouts de papiers en main.

- Il faudrait que vous déposiez ça chez le moine. J'ai besoin d'une traduction et tous nos pigeons sont en mission! C'est urgent!
- Sans problème, j'y veillerais…. Votre majesté? Poursuivit Lancelot lorsqu'il vu le roi sur le point de repartir après lui avoir fourré le parchemin en main. Il fît un geste de la tête vers Guenièvre.
- Quoi?... Ha oui, euh… Bonne balade? Content de vous rencontrer princesse…
- Marie… De Bretagne, lui souffla Lancelot qui connaissait mieux le registre des trois prochains mois que le roi
- Oui, Marie de Bretagne! La promise du roi Philip. Un grand honneur, vraiment! On se voit au dîné! J'ai beaucoup de travail! S'agitait le monarque avant de feinter une nouvelle fois de partir. Il se reprit rapidement, venant poser un baiser maladroit, brutement contre la joue de sa femme avant de repartir en agitant ses rouleaux en l'air

- Votr…
- Beaucoup de travail!!



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Cheval de Troie
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Cheval de Troie
Mer 10 Aoû - 14:44

Guenièvre de Carmélide Pendragon
J'ai 27 ans et je vis à Camelot, Angleterre. Dans la vie, je suis la reine et je m'en sors : ça n'a aucune importance, tout le monde s'en moque . Sinon, à cause d'un mariage arrangé, je suis mariée et je le vis du mieux que je peux dans la mesure où je n'ai pas eu mon mot à dire.




Mon devoir :
Une cage reste une cage même si elle est couverte d'or. [ft. Renard] 6tvS

Guenièvre est la fille unique du Roi Léodagan du royaume voisin. Le roi Uther avait plus d'une fois mené des batailles infructueuses contre le royaume de Carmélide jusqu'à ce qu'un traité de paix soit signé. Dans ce traité, le roi Léodagan promettait de partager ses ressources et ses richesses, ainsi que son armée au royaume de Camelot. En échange, le roi Uther a promis de donner la main de son héritier à l'unique fille de Léodagan pour que, de leur union, naisse un héritier légitime du trône de Camelot et de Carmélide, faisant ainsi de deux royaumes, autrefois ennemis, un seul et même royaume.
C'est ainsi que la princesse Guenièvre a rapidement dû quitter sa maison, ses repères et tout ce qu'elle connaissait pour partir loin de tout. Dans un nouveau château avec des personnes qu'elle ne connait pas et en qui elle ne peut avoir confiance.

Le temps passa et Guenièvre dû apprendre à être une épouse et une reine. Ses rêves, ses aspirations, ses désirs, tout ça ne compte pas. Elle n'est qu'une monnaie d'échange, un pion que l'on déplace sur un échiquier politique et qui n'a pas son mot à dire. Elle se sent prise au piège de sa propre vie et tente de s'en sortir en abusant de choses matérielles et futiles, 'est tout ce qu'on attend d'elle après tout...
Jusqu'au jour où elle le vit, perchée sur son balcon, il était en dessous et il l'observait. Celui la même qui lui rappela que la vie n'était pas une prison... Il lui apprit à apprécier les petites choses de la vie comme la beauté d'une rosée aux aurores ou la joie d'être vue et entendue par quelqu'un… Cet homme a réussi à faire naitre bien plus de chose en elle qu'elle ne l'aurait jamais cru ! Seulement voilà, Guenièvre va rapidement se retrouver face un croisement important de sa vie. Elle devra choisir entre son cœur et son devoir.

Mon coeur :
Une cage reste une cage même si elle est couverte d'or. [ft. Renard] C3f764b41de24e5e24b2159f934cab21abe4c11b



Toujours prostrées devant cette abomination sans nom, la princesse de Bretagne et moi allions monter dans le carrosse quand une voix derrière nous me fit tressauter le cœur. Mon souffle se coupe et c'est avec une extrême lenteur que je me retourne, les yeux brillants d'amour et d'excitation. Je suis si heureuse de pouvoir de nouveau poser mon regard sur le doux visage de mon Lancelot ! Oh oui, je suis folle de joie ! Si bien que si nous avions été seuls, je lui aurais sauté au cou de façon impulsive, mais tellement désirée.
Je papillonne doucement des cils pour me remettre de mes émotions. Je ne m'attendais pas à le voir tout de suite, je pensais que je n'aurai pas pu le voir avant demain. Entre son repos et les taches qu'il doit accomplir pour le roi… je... je n'avais, en réalité, aucune idée de quand est-ce que j'aurais pu le voir...
Et voilà que maintenant, c'est chose faite ! Il se tient devant moi, avec son petit sourire qui me fait craquer. Il se penche lentement et je n'en rate pas une miette, me prenant la main pour la baiser tendrement, je retiens mon souffle. Que ne donnerais-je pas pour glisser mes mains dans ses cheveux, pour connaitre la sensation d'une étreinte entre ses bras...

À peine m'a-t-il relâché la main pour saluer la princesse, qu'il me manque déjà. Une boule de manque et d'angoisse se dessine au fond de ma gorge, je voudrais le garder jalousement près de moi. Je n'ai pas assez profité de lui, le peuple en profite constamment et mon cher mari passe plus de temps avec Lancelot qu'avec sa femme ! Quand est-ce que ce sera mon tour ? Tout le monde veut passer du temps avec Lancelot… et moi alors ? Moi, je n'attends que ça.... en soupirant chaque matin, je rêve de m'enfuir à ses côtés, sur son valeureux destrier... Je rêve de fuir Camelot, de vivre de son amour et de ses caresses…
Mon Dieu.... je dois cesser de penser à tout cela, je risque de me trahir à cause de rougeurs incontrôlées sur mes joues ! Alors que je récupère ma main encore marquée par l'empreinte de ses lèvres, je la cache jalousement sous mon autre main. Toutes deux posées chastement sur ma robe, au-dessus de mon mont de Vénus.
Le dos droit, la poitrine en avant et le visage gracieux et royal, je suis née pour être une reine. J'ai naturellement la grâce, l'élégance et la grandeur d'une reine. Outre ma beauté à couper le souffle, je sais que je dégage une aura assurée et indomptable. M'enfin, ça, c'était avant... Il y a bien longtemps que je n'ai plus l'impression d'être cette Guenièvre là… Pourtant, quand je suis avec Lancelot… C'est comme s'il parvenait à rallumer les braises de celle que j'ai toujours été... Comme s'il arrivait à montrer au monde celle que je suis vraiment. Comment arrive-t-il à réaliser un aussi grand tour de force ? Je n'en sais rien, je ne connais pas son secret, en tout cas, je sais que ça marche et que je ne cesse d'en redemander. Je ne veux pas être la reine frigide et capricieuse qu'Arthur a épousé et que le peuple maudit… Je... Je ne veux être que la reine de Lancelot, celle qui parvient à faire briller ses yeux cerclés de cernes.

Je lui offre un tendre sourire avant de lui dire :

"Ah ? Ma satisfaction n'en sera que plus grande, dans ce cas."

Le peuple risque de crier au scandale ? Tant mieux ! C'est sans doute ce qu'Arthur attend de moi, que je mette un peu de mouvement dans son si précieux royaume pour qu'il ait une raison de plus de se détourner de moi ?...

Lancelot est si pur, même dans sa façon de parler. Il ne cache aucun vice ou malice, il n'est pas mauvais pour un sou, même s'il devait être dans une situation périlleuse, il saurait prendre la meilleure décision, la plus noble. J'en suis persuadée. Aussi, je me délecte d'être un serpent dans son paradis. Aussi, c'est avec un sourire malicieux que je tourne lentement autour de lui comme un prédateur autour d'une proie qui ne se doute pas que le piège se referme sur elle petit à petit.

"Auriez-vous la prétention d'insinuer qu'il n'y a qu'entre vos mains que la reine est en sécurité, sir Lancelot ?"

Je plante ensuite mon regard dans le sien en arquant un sourcil amusé. Je vais surement le mettre dans l'embarras. Va-t-il rougir ? Ooooh mon cœur déborde d'excitation à l'idée de voir ses joues se roser légèrement ! Je dois me faire violence pour lui offrir un simple sourire entendu et non pas un radieux sourire qui barrerait mon visage d'une oreille à l'autre.


***


Une voix reconnaissable entre mille se fait entendre derrière nous. La voix se rapproche rapidement et me fait froncer les sourcils. Pourquoi ? Pourquoi faut-il toujours qu'il me gâche mes quelques moments de bonheur. La voix de mon époux me fait l'effet d'un coup de poignard en plein cœur..... Comme si Arthur avait perçu de loin les battements de mon cœur et qu'il était venu les calmer une bonne fois pour toutes. Prend-il du plaisir à me voir aigrie et froide ? Je me referme comme une huitre en tournant la tête de l'autre côté, je ne veux même pas le regarder. Pour l'attention qu'il me porte, je ne vois pas pourquoi je devrais en faire autant.

Je roule des yeux quand Arthur donne une mission à ce pauvre Lancelot. Donc encore une fois, la mission d'être mon escorte n'est pas suffisamment importante ? Il faut qu'il y rajoute quelque chose. Et devant une princesse royale en plus… Je passe pour quoi ? Pour un arrêt en chemin ? Suis-je qu'une simple promenade de routine pour les chevaliers du roi ? Cette différence à mon égard et à mon rang est une humiliation sans nom !

Quand le roi va pour retourner à ses occupations, il tente maladroitement d'ouvrir le contact avec moi, mais je me contente de claquer ma langue contre mon palais avec mépris :

"Tsst."

Est le seul son qui sort de ma bouche. Je me passerai de toutes ces simagrées, son petit numéro ne m'atteint pas le moins du monde. Sa présence aura, au contraire, plus été une gêne qu'autre chose et j'ai déjà hâte de m'en aller d'ici.

Je me tourne vers la princesse et m'incline face à elle, car je suis bien obligée de m'excuser pour l'odieux comportement du roi de Camelot.

"Veuillez pardonner le comportement de mon époux, comme vous le voyez, les affaires de sa femme ne figurent pas du tout sur la liste de ses priorités. La traduction approximative d'un parchemin par un moine lui est, de toute évidence, bien plus importante." Je me redresse, me sentant encore plus humiliée d'avoir dû me baisser si bas devant une gamine qui sort à peine des jupes de sa mère. "En outre, sous ses airs de bucheron mal rasé, vous vous doutez bien qu'il n'est pas du genre à faire attention aux noms ou aux évènements royaux. S'il ne montre pas suffisamment d'enthousiasme pour vos fiançailles avec le prince Louis et non.... le roi Philip... Sachez, que je m'en réjouis suffisamment pour deux."


De nouveau, je m'incline.

"Allons, votre altesse, ne vous excusez pas. Et puis votre époux a raison, quelle importance que je me marie avec le prince Louis, le roi Philip ou l'empereur Auguste… Je serais simplement la femme de.... Si ça se trouve, mon fiancé ne se souvient même plus de mon nom tant il n'a pas d'importance pour lui..."

Je la regarde intensément.

"Vous voyez, ce que vous ressentez ? Ce petit moment de bonheur que nous avons vécu avant qu'il ne soit balayé par les rappels de notre devoir ? C'est ce que je vis tous les jours depuis maintenant cinq ans."

Oui, à chaque fois que je crois être heureuse ou que je me rapproche un tant sois peu d'une émotion joyeuse, Arthur vient me rappeler que je n'ai pas le droit d'éprouver ça....
Soupire. Il suffit, je ne peux me comporter de façon aussi explicite devant autant de monde, je reprends de la contenance avant de monter dans le carrosse comme si de rien était et pour répondre à mon preux chevalier, je réponds de façon morose :

"Faites donc ce qu'il vous semblera être pour le mieux, comme toujours, Lancelot."

La princesse me rejoint rapidement, elle n'avait pas moufté depuis l'arrivée de mon chevalier, mais une fois que la porte du carrosse se referme sur elle, elle soupire un grand coup. Elle me regarde comme une amie fidèle qui attend que je me confesse. Je la regarde surprise, faisant mine de rien et à peine le carrosse commence-t-il sa route qu'elle ne peut se retenir de me dire :

"Dieu du ciel, vous... et cet Apollon, votre majesté ?"

Me demande-t-elle en jouant des sourcils.

"Je crains de ne pas comprendre."

Un merveilleux sourire barre son visage alors qu'elle tape dans ses mains comme une jouvencelle surexcitée.

"Oh, ne faites pas l'innocente, il y a des regards qui ne trompent pas ! Je peux vous assurer que jamais mon fiancé ne m'a regardé comme ce fameux Lancelot vous regarde ! Et, j'ajouterais même, que vous ne regardez pas votre mari, le roi, comme vous regardez ce chevalier."

Je fronce les sourcils en prenant un air grave et sérieux.

"M'accuseriez-vous d'être infidèle à mon mari ? Avez-vous donc si hâte de me voir me balancer au bout d'une corde ?!"

La pauvre enfant commence à se décomposer et à trembler d'effroi à l'idée que je venais de lui insuffler.

"Je...Non ! Bien sûr que non !"
"Alors, cessez de brailler à qui veut l'entendre que la reine échange des regards avec un simple chevalier."
"Je...Je... Veuillez me pardonner, j'ai manqué à tous mes devoirs… Cela n'arrivera plus."
"Vous avez encore beaucoup de choses à apprendre, princesse Marie, notamment que chacune de vos actions peuvent avoir de graves conséquences."

Si la rumeur d'infidélité se propage, je serais bannie, accusée de trahison et peut être même condamnée à mort. Dans le cas de Lancelot, il sera atrocement exécuté en place publique pour servir d'exemple. Rien que l'idée me fait frémir tout le corps et me donne envie de vomir… Je préfère mourir que risquer sa vie. Et je ne laisserai pas une jeune idiote à langue trop pendue, le mettre en danger.

La princesse garda le silence et j'en fis de même. Notre silence devint rapidement gênant et je sais pourquoi, parce que j'ai été purement et simplement odieuse. Je soupire avant de regarder Lancelot du coin de l'œil. Ce n'est certainement pas l'image que je veux qu'il ait de moi…
Je rougis légèrement avant de me racler la gorge et de me redresser.

"Princesse Marie, je...je suis désolée de vous avoir parlé de la sorte. Je... Je pense que la rancune que j'ai envers mon mari m'a échappé et vous en avez payé les frais. C'est inacceptable, vous êtes une princesse royale et je vous ai traité comme..." Je m'arrête, car de vilains mots ne devraient pas être prononcés dans la bouche d'une reine. "...peu importe, ce n'était clairement pas le comportement d'une reine de Camelot. Je vous prie, sincèrement, d'accepter mes excuses."

La douce princesse retrouve son sourire ravissant et pose une main tendre et bienveillante sur la mienne.

"Il n'a jamais été question de vous en vouloir. Ne vous en faites pas. Au contraire, je me sentais simplement attristée pour vous."

Triste ?! Pour moi ?! ........ Pourquoi diable pense-t-elle que j'inspire la tristesse ?! Mon égo me pousse à arquer un sourcil.

"Triste ?"
"Oui....J'aurais espéré que comme moi, vous seriez tout excitée d'avoir un amoureux secret, mais j'ai plutôt l'impression que ça vous attriste et vous ronge de l'intérieur. Alors, ça me fait de la peine."
"Comme vous ?!"

Elle rougit, baisse le ton et me regarde en souriant.

"Oui....Je....Je suis secrètement amoureuse d'un domestique de mon palais. Je...Il est dans le palais de mon père depuis que nous sommes des enfants, son père était également un domestique du palais. Aussi, j'ai grandi avec Jean à mes côtés et je compte bien le ramener dans mes bagages à Paris !"

Je la regarde, stupéfaite !

"Et votre fiancé ? Et la France ?! Vous risquez votre vie ! Et la sienne ! L'image et la stabilité du pays tout entier ! Que faites-vous de votre devoir ?!"

La princesse n'a pas l'air de se sentir coupable le moins du monde.

"J'aime énormément mon pays et je suis prête à me sacrifier sans hésitation pour lui. Vraiment et sincèrement. Mais quand je suis avec Jean.... j'ai le sentiment que le pays tout entier pourrait bruler dans les flammes de l'enfer, que ça me serait égal.... Je sais que c'est un manquement à tous mes devoirs… mais.... Que faites-vous de mon bonheur ?"

Je fronce les sourcils, comment peut-on être aussi égoïste ?! Enfin.... je sais bien comment on peut l'être, mais je veux dire.... serais-je prête à l'être à ce point ? Et lui ?

"Et puis, si Jean vient avec moi, je pourrai être reine Et heureuse… En un sens, cela sera dans l'intérêt du pays. Un roi infidèle, car ils le sont tous, mais bon. Une reine qui semble satisfaite de son sort et qui pond des héritiers. Un semblant de famille forte et unie, c'est tout ce que le peuple demande et c'est ce que je lui donnerai. Mais une fois le soleil coucher, une fois le rideau de cette mascarade, tombé, je serais plus que Marie. La Marie de Jean..."
"Votre tête est pleine de rêves, je comprends mieux vos paroles dangereuses et insensées."

Dis-je en agitant une main pour lui faire comprendre que je n'écoute plus ses divagations.

"Puissiez vous connaitre ce doux rêve, reine Guenièvre."

Le carrosse fit une halte au cœur de Camelot. J'entends des cris et des mouvements de panique. Des soldats intiment à des villageois de reculer et je me sens obligée de sortir la tête du carrosse.

"Lancelot ? Que se passe-t-il ?"

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