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LE TEMPS D'UN RP

Chaos is a ladder ((Zaran Lannister & Desmera Stark))

Mad Max
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Mad Max
Mar 31 Aoû - 13:24
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
We never realize how frozen we are,
until someone starts to melt our ice.




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But do you feel like a young God? You know the two of us are just young Gods and we'll be flying through the streets with the people underneath...And they're running, running, running.
Mad Max
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Mar 31 Aoû - 13:57
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Desmera Stark
J'ai 20 ans et je vivais à Winterfell. Dans la vie, je ne suis plus qu'une vagabonde et je m'en sors moyennement bien.. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je tiens profondément à ma liberté.



The lone wolf.

Diplomacy is the art of telling people to go to hell in such a way that they ask for directions.

Desmera, c’est une enfant du Nord, du froid, là où la neige est éternelle et où la brise mord autant que les loups qui peuplent le territoire. Dans ses yeux, on retrouve ce bleu glacé qui rappelle celui du ciel nordien, seulement son sourire, lui, évoque un Soleil lumineux et chaleureux. Mais rares sont ceux qui ont eu un aperçu de cette mimique. Bien qu’elle soit restée dans l’ombre de ses deux frères durant des années, Desmera n’a jamais manqué une occasion de tirer une leçon de chaque situation. Bonne ou mauvaise.

Réfléchie et cultivée, elle est de ceux qui se fient à leur esprit. La parole est d’argent, mais le silence est d’or.Un mantra qui la suit depuis qu’elle a été en âge de comprendre que les mots sont une arme, pour celui qui sait les manier. En tant que fille du gouverneur du Nord, Desmera a reçu une éducation digne de son rang, dont la sévérité a permis de lui forger un esprit ferme et inflexible.

Pourtant, en dépit de la rudesse de son environnement...la louve a su garder une certaine douceur, que ses proches ont souvent considéré comme une faiblesse, voire même une certaine forme de stupidité. Se complaisant dans la solitude, Desmera s’est rapidement détachée des jugements d’autrui au cours de son adolescence. Libre. La rébellion dans le sang. Elle a finalement su prouver que l’agneau pouvait avoir des crocs aussi aiguisé que n’importe quel loup nordien, en tenant tête au Seigneur de Winterfell.

Chaos is a ladder ((Zaran Lannister & Desmera Stark))  67da
jfa2.gifA wolf is a wolf, even in a cage, even dressed in silk.

Le soleil déclinait doucement, emportant avec lui les dernières lueurs du jour tandis que la nuit étendait dans le ciel son manteau étoilé. L’obscurité s’intensifiait lentement. Un vent frais balayait le visage de Desmera alors qu’elle avançait jusqu’à la lisière de la forêt, aussi discrète et silencieuse qu’une ombre glissant dans les ténèbres. Seule sa chevelure argentée se détachait de la noirceur environnante. Noués en une tresse épaisse, ses cheveux reposaient nonchalamment sur son épaule. Aucun éclat ne rehaussait le bleu glacé de ses yeux. Voilà six mois qu’elle avait fui le le château qui, tel un coffre-fort, renfermait tous ces souvenirs, tous ces secrets...et toute sa tristesse. Pour rien au monde, elle ne retournerait là-bas. Plutôt mouriravait-elle susurré à l’auteur de ces jours, lorsque ce dernier avait évoqué ses fiançailles. Plutôt mouriravait-elle répété, alors que sa joue brûlait et rougissait sous l’effet de la mornifle assénée par son géniteur... Une tentative vaine d’éteindre la braise qui couvait dans le cœur de Desmera. Encore aujourd’hui, la mort lui était un sort bien plus enviable que l’idée de revenir dans l’imprenable forteresse qu’est Winterfell. Ne l’attendaient entre les murs de son enfance que la déception, le désarroi et un profond accablement.

Même si la nordienne payait aujourd’hui le prix de sa révolte, son visage n’avait en rien perdu de sa superbe. Malgré son éreintement visible, l’élégance ainsi que la fierté continuaient d’accompagner le moindre de ses gestes et six mois passés sur la route n’étaient toujours pas parvenus à ternir son allure. Aussi dissimulait-elle son visage dans l’ombre d’une large capuche. Le risque d’être reconnu ne la lâchant pas une seule seconde, elle s’évertuait à passer inaperçue. À chacun de ses déplacements. Et si d’ordinaire Desmera évitait les lieux trop animés, ce soir, la faim, la fatigue et le froid avaient eu raison d’elle.

Juchée sur sa jument, enveloppée dans une longue cape noire, elle émergea du couvert épais des arbres et traversa une large clairière au centre de laquelle se dressait un petit établissement. La façade de pierre était dépourvue de charme. De mauvaises herbes encerclaient le bâtiment. Et le toit ne semblait avoir besoin que d’un souffle pour s’écrouler…même dans la nuit, la bâtisse divulguait clairement aux yeux de tous les affres du temps. Tandis que la nordienne se rapprochait de la taverne, le martèlement des sabots fut peu à peu recouvert par des rires gras, lesquels s’échappaient distinctement des murs de l’auberge. Son regard sonda les environs. Une rangée de chevaux attendait, attachée à une lice. Des voix fortes et graves lui parvenaient...Ses mains se crispèrent sur la bride de sa monture. Des soldats. Sans aucun doute. Desmera jeta un coup d'œil à sa gauche, mais le loup qui l’accompagnait s’était éclipsé dans les bois bordant la carrière.

La gorge serrée, la vagabonde arrêta sa jument. Elle se laissa ensuite glisser jusqu’au sol. Elle ne portait pas les soldats dans son cœur mais...comme lui signalait la tension dans ses muscles, elle avait besoin de repos. Et la nordienne ne pouvait se permettre d’errer plus longtemps dans la nuit. Elle attacha sa jument à une barrière. Le cliquetis de son épée, laquelle reposait contre sa cuisse dans un fourreau de cuir, lui prodiguait un sentiment de sécurité. Le poids de l’arme la réconfortait. Il lui rappelait qu’elle était, et ne serait jamais, sans défense. Jamais. La louve s’arrêta sur le seuil de l’entrée, oscillant entre son envie de disparaître dans l’obscurité et son envie de combler le creux qui s’était formé dans son estomac. Les délicieux effluves de nourriture qui vinrent effleurer ses narines suffirent à la convaincre. La nordienne poussa les portes de la taverne.


Elle sentit aussitôt quelques paires de yeux se tourner furtivement dans sa direction. Son cœur vacilla. Tout en se dirigeant vers le comptoir, Desmera scruta rapidement du coin de l'œil les différentes figures qui peuplaient le lieu. L’armure des hommes était révélatrice. Et reconnaissable entre mille. Leurs caractéristiques étaient typiques de l’armée de la famille régente...les Lannister. La vagabonde s’exhorta au calme. Elle venait d’une contrée trop lointaine pour qu’un seul de ses soldats ne puisse l’identifier en tant que fille de Malrik Stark... Rassurée, elle abaissa sa capuche, dévoilant sa longue tresse aussi pâle que la clarté de la Lune mais tout aussi radieuse, ainsi que son visage aux traits délicats, durci par son regard d’acier. Elle salua l’aubergiste. “ Un ragoût suffira.”déclara-t-elle, en posant de la monnaie sur le comptoir. L’homme l’observa avec une intensité déroutante puis, lentement, ses prunelles vinrent détailler sa tenue. Il s’arrêta sur ses bottes poussiéreuses. Son large pantalon, qui dissimulait des formes harmonieuses. Puis ses yeux étudièrent avec curiosité l’épée et la dague accrochées à sa ceinture, ainsi que les cuissardes d’un cuir sombre protégeant ses poignets. Le regard de Desmera s’assombrit. Sans un mot, elle s’empara de la moitié des pièces qu’elle avait déposées un instant plus tôt sur le meuble, avant de se trouver une place dans un recoin de la salle.

Un feu crépitait doucement dans l’âtre près d’elle, diffusant une chaleur plus qu’agréable. Seul détail qui enjolivait l’environnement. La pauvreté du décor rendait l’atmosphère morne, voire lugubre, mais au moins avait-elle un toit sur la tête...et malgré les voix tonitruantes des soldats sans aucun doute déjà noyés dans l’alcool, la nordienne appréciait cet instant, autant qu’elle le pouvait. Elle dévora son repas en silence. Évitant soigneusement tout contact visuel, la vagabonde se releva et enfila sa cape sur ses épaules. Il lui fallait reprendre la route...et la proximité des lions, aussi tonitruant qu’un orchestre, ne lui donnaient aucunement l’envie de s’attarder dans l’auberge, quitte à regagner le froid plus rapidement qu’elle ne l’avait imaginé. Desmera était occupée à nouer les lacets de son manteau...lorsque des bottes s’arrêtèrent à son niveau. Elle cessa subitement ses gestes. “ Vous partez déjà ?”lui demanda une voix masculine, laquelle était parfumée d’une forte et désagréable odeur de vin. La nordienne redressa lentement la tête. Ses yeux croisèrent alors ceux embrumés d’un soldat, dont le visage était dévoré par une large tâche violacée. Son uniforme, différent des autres combattants, attestait de son rang haut placé. “ Oui.”Son timbre était aussi glacial que son regard.

L’homme lui offrit un large sourire, bien trop mesquin pour paraître sincère. “ Allons, une femme seule ne devrait pas voyager de nuit...ne souhaitez-vous pas un peu de compagnie ?”Le ton mielleux du spadassin lui évoquait le sifflement que doit émettre une vipère avant de se jeter sur sa proie. “ Non."lâcha-t-elle simplement. S’il s’entêtait, il découvrirait bien assez tôt qu’elle n’était pas l’agneau, mais le loup. La vagabonde s’écarta d’un pas. Déjà, son regard fixait la sortie...mais le soldat se plaça aussitôt dans son chemin, l’empêchant de faire le moindre pas. Son rictus s’était envolé. Son expression était tordue...en une grimace d’irritation. Desmera le jaugea de nouveau, impassible. Solide comme un roc, elle se dressait devant le capitaine, contrainte de redresser le menton car ce dernier la dépassait d’une bonne dizaine de centimètres. Sa main se referma inconsciemment sur le pommeau de son épée. “ Laissez-moi passer.”Un avertissement, habilement dissimulé derrière une voix calme et maîtrisée.

Mais l’homme ignora ses paroles. Il promena lascivement son regard sur sa silhouette, cherchant à imaginer les courbes féminines qui se cachaient derrière sa tenue masculine. Un sourire amusé apparut sur son visage rougi. “ Une femme avec une épée...je n’avais encore jamais rien vu de tel. Comme c’est... amusant.”Son ton moqueur la piqua au vif. Ou peut-être était-ce le regard lubrique qu’il lui offrait ? Qui divulguait bien trop de sous-entendus ? Seulement, ce fut avec son assurance et son flegme habituel qu’elle rétorqua. “ Vous trouvez ça amusant...Dîtes moi, capitaine...les hommes et les femmes vous trouvent-ils également amusant ? Desmera ne connaissait que trop bien les rumeurs qui circulaient au sujet de ce capitaine déchu, au visage défiguré...et, à en voir, l’expression du soldat, il comprenait pertinemment ce qu’elle insinuait. Alors que la vagabonde s’apprêtait à s’élancer vers la porte, l’homme saisit brusquement son visage entre sa paume, serrant férocement ses joues entre ses doigts. Son cœur cogna violemment dans sa poitrine. Un éclair d’adrénaline traversa ses veines. “ Comment oses-tu sale train…”Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Comme un réflexe, le poing de la nordienne percuta la mâchoire du capitaine.

Celui-ci recula sous la stupeur, et le choc. Il lui jeta un regard furieux, toute trace de malice disparue...avant de tirer son épée, et de foncer droit sur elle. Desmera fit aussitôt jaillir sa larme hors de son fourreau. Elle para adroitement la première attaque de l’homme. L’esprit vif, elle jouissait d’une parfaite lucidité, mais son assaillant ne pouvait pas en dire autant. Le tintement du fer qui se croise résonna alors dans toute la salle. Le soldat était brutal. Puissant. Il assenait chaque coup avec une violence presque déstabilisante. La louve esquivait avec rapidité, se mouvant avec souplesse, affrontant son ennemi avec bien plus de légèreté. Son corps ondulait, gracieux et élégant. Elle chavirait parfois sous les assauts vigoureux du spadassin...pour toujours retrouver son équilibre. Vicieuse, intouchable, elle attaquait peu en parvenant à se défiler, préférant avant tout épuiser son ennemi pour affaiblir l’intensité de ses coups.

“ Par les sept ! C’est un établissement respectable ! Les combats ne sont pas tolérés entre ces murs ! ”vociféra la voix du tavernier, attirant brièvement l’attention de Desmera...et le capitaine en tira profit. Abandonnant son glaive, il lui assena un violent coup au visage. Puis, sans lui laisser le temps de riposter, il s’empara de son cou pour la jeter contre une table. Son crâne s’écrasa durement contre le bois. Une fois. Deux fois. Son épée retomba sur le sol. Une onde de douleur se déploya dans tout son corps. Le buste étalé sur la surface boisée, sa main glissa alors lentement jusqu’à atteindre une cruche en céramique. A l’instant même où la paume du capitaine se referma sur son épaule, les doigts de la vagabonde agrippèrent le récipient...et elle se retourna pour fracasser son arme improvisée sur la tête de son agresseur. Le soldat s’écarta. Il porta aussitôt sa main à son crâne, injuriant dans des grondements à peine audible la jeune femme. A bout de souffle, Desmera s’abaissa pour récupérer son épée. Elle se releva, lentement...sa tête tournait douloureusement. Toisant de son regard glacé le guerrier, elle essuya d’une main tremblante, le sang qui s’écoulait à flots de sa lèvre inférieure. D’un geste rapide, elle écarta de son front les mèches lactescentes qui s’échappaient de sa tresse.

“ Tu vas le payer cher, sale catin…”Sans se départir de son hardiesse, Desmera continuait d’évaluer avec impétuosité l’homme qui se tenait non loin d’elle. Oh, oui, la nordienne n’en doutait pas un seul instant. Elle venait de commettre une terrible erreur en affrontant un soldat de l’armée Lannister, en plein cœur du territoire de ces derniers. Sa fierté avait écrasé sa raison... Et maintenant...maintenant, ce n’était qu’une question de temps avant qu’on lui fasse regretter son affront.  [/i]


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Stormy Dream
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Jeu 2 Sep - 22:15
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Zaran Lannister
J'ai 30 ans et je vis à Port Real, même si la vrai maison est Castral Roc. Dans la vie, je suis Prince des Sept Couronnes mais surtout Commandant de la Garde Royale sur ordre de mon père. et je m'en sors comme je peux avec l’équipe d’incapables qui m’a été confiée.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis plutôt très mal.

Le second fils de Redroc Lannister, l’actuel Roi des Sept Couronnes, est à l’image des gouverneurs de l’Ouest : grand à la silhouette élancée, cheveux blondis par le soleil de Port Real, il possède des yeux aussi bleus que l’océan qu’il aime tant.  Son agilité naturelle qui fait de lui un combattant hors pair, et lui donne une confiance naturelle.

Le statut privilégié de l’homme lié à son appartenance à la famille royale lui a donné accès à un enseignement de qualité, une bibliothèque bien fournie, et de nombreux passe-temps qui favorisent une culture développée. Rapidement, il s’est passionné pour la pêche, le fonctionnement des océans et… par-dessus tout : la navigation.

Zaran s’est marié à l’âge de 17 ans à la fille du Prince de Dorne, Yaja Martell, afin de calmer les tensions entre la principauté et Redroc. Contre toute attente, et malgré les nombreuses fausses couches de Yaja au début de leur union, ils considéraient leur mariage comme heureux. A la mort de Yaja, sauvagement assassinée par un brigand en pleine rue de Port Real, le doux sourire de Zaran s’envola, et laissa place à la mélancolie qui le tient debout depuis dix ans. Dix années que le prince, convaincu que son appartenance à la Royauté est responsable de son meurtre, s’est retiré de la vie royale pour Castral Roc : une vie modeste était préférable pour voir grandir Ara. Pas de domestiques ou de jardiniers, seulement l’ancienne femme de chambre de Yaja devenue gouvernante, cuisinière, confidente… mais surtout la mère de substitution de son unique fille.

La peine, la douleur… sont les sentiments que Zaran laisse passer à travers ses yeux devenus vitreux. L’éclat qui jadis faisait rugir le lion Lannister s’était éteint, laissant place à une terrible envie de solitude sur son voilier, et un silence de plomb. Il ne parlait plus que nécessaire, s’autorisant quelques sourires avec la prunelle de ses yeux : sa petite fille aux traits de Yaja, dont les grands yeux noirs ne faisaient que resserrer son cœur à chaque fois qu’il les croisait.
Le plus jeune des frères Lannister se tenait à l’écart, comme à son habitude, le long d’une fenêtre par laquelle il ne pouvait pas voir l’extérieur tant la végétation se répandait.

La décision de son père, prise quelques mois auparavant restait difficile à digérer pour le Seigneur de Castral Roc, qui avait à peine touché à son ragoût. Son estomac continuait de se tordre de faim suite à ce jeun improvisé. Pourtant, même s’il n’avait jamais manqué de rien, il préférait de loin la chope en terre cuite qui contenait cet épais breuvage mousseux. Il l’aidait à trouver le sommeil alors que ses pensées tournoyaient de manière chaotique dans son esprit.

Faire ses adieux à Castral Roc pour retourner à Port Real n’avait pas été une chose aisée, d’autant plus qu’il avait dû emmener avec lui sa fille et leur gouvernante, pour qu’elles s’intègrent à la vie de la Cour. Remettre les pieds dans la royauté, Zaran Lannister le vivait comme un échec. Il y avait renoncé en épousant Yaja et n’avait pas le moins du monde souhaité retrouver son titre de Prince des Sept Couronnes lorsque la vie avait fait de lui un veuf.

Bien sûr que ce rejet des privilèges Lannister avait le don d’agacer son géniteur. Un Prince aurait retrouvé une femme rapidement… mais Zaran préférait vive dans sa tristesse, loin des mondanités et autres paroles pompeuses dont il préférerait se passer.

« Mon Commandant, il semblerait que le plat ne soit pas à votre goût… souhaitez-vous que nous en informions l’aubergiste ? » Les prunelles bleues de l’homme, grisées par la solitude, se tournèrent vers l’un des soldats qu’on lui avait imposé pour faire le voyage.

Arrivés à Pont-l’Amer à la tombée de la nuit, ils avaient envahi la minuscule salle miteuse de l’auberge, mettant en difficultés les propriétaires de l’établissement qui ne devaient pas souvent recevoir une douzaine de soldats de la Garde Royale. « Ils peinent déjà à nous trouver des chambres, laissez-les respirer. » Soupira Zaran l’air dépité.

La route était encore longue vers la Région du Bief : le Roi avait chargé le Commandant de la Garde Royale de faire signer un accord à Lord Randyll. Corcolline les attendait, les onze soldats et leur nouveau commandant… nommé fraîchement avant le départ de la main du Roi. Contre son gré, ce que Zaran déplorait. « Il est temps de prendre les responsabilités qui t’incombent, fils. » avait-il déclaré pour mettre fin aux protestations du combattant dont l’efficacité n’était plus à prouver.

Pourtant, son fils ne pouvait s’empêcher de se souvenir que lorsqu’il avait mené son dernier combat, sa femme avait péri dans d’atroces souffrances. A quoi bon faire tout ça, s’il n’était pas en mesure de mettre les siens en sécurité ? Depuis son départ, il ne cessait de s’inquiéter pour Ara, sa fille unique. Que pourrait-il faire pour la protéger s’il était à plus d’une journée à cheval ? Port Real est solide, elle y sera bien, se raisonna l’homme en remuant la cuillère dans le ragoût encore tiède.

Les hommes qui l’accompagnait reprirent leurs discussions, ou plutôt leurs éclats de rire bourrus que le jeune Lannister ne trouvaient pas intéressants. Son père n’aurait-il pas pu lui fournir des hommes avec un minimum de jugeote ?

Son regard se perdait vers l’horizon, plongé dans l’obscurité, ses lèvres trouvant parfois le liquide alcoolisé comme réconfort. De l’écuyer tremblant comme une feuille au Capitaine à l’excès de confiance, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. Il réfléchissait dors et déjà à une bonne raison de les laisser festoyer en paix, le regard dans le vague… quand les cris de ses compagnons de voyage le sortirent de sa rêverie éveillée.

Était-il réellement conscient quand ses yeux suivaient les formes de deux personnes qui se battaient, pour une raison qui lui était totalement inconnue, dans le refuge qu’ils s’étaient trouvés ? Depuis quand se battait-on dans une auberge ?

Il cligna des yeux en se levant doucement pour pouvoir constater par lui-même ce tapage. « Par les sept, mais que fait-il ? » grommela Zaran en réalisant que l’un de ses soldats, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agissait du Capitaine, était en train de démolir les tables vides pour immobiliser ce qui semblait être... « Commandant, c’est une femme ! » s’exclama avec effroi l’un des soldats prêt à bondir pour aider son Capitaine.

Si la technique de combat du Capitaine laissait clairement à désirer, Zaran eut beaucoup de mal à détacher les yeux de ladite femme à la chevelure cendrée, qui virevoltait littéralement dans la pièce. Elle esquivait les coups avec une facilité qu’il avait rarement rencontrée au combat. Comment avait-elle appris à manier les armes avec autant de précision ? Fut la seule et unique question qu’il se posa sur elle

Peu lui importait son prénom, ou son origine. Cette lame qui dansait dans l’air le captivait.

« Personne ne bouge. » ordonna le Commandant de la Garde Royale, se surprenant à trouver distrayant le fait que le présomptueux Capitaine Gaunt soit un peu malmené. Par une femme, qui plus est, car à en croire son teint qui virait au violet, rehaussant sa tâche de vin caractéristique, cela lui posait un gros problème.

La cruche qui s’éclata sur le crâne de l’homme enragé fut l’occasion pour le Lion de se frayer un passage jusqu’eux.

S’il ne s’étaient pas trouvés sur les terres du Sud, il aurait probablement fait la sourde oreille… d’autant plus qu’il émettait un fort doute sur la personne qui avait réellement démarré la querelle. Cependant, et à regret, il y avait bien trop de témoins pour qu’il ne puisse laisser passer ce genre d’affront.

L’homme avança à pas feutrés, se glissant juste derrière le Capitaine qui vociférait les pires insultes envers son adversaire.

Zaran avait ôté son armure en entrant dans l’auberge, dévoilant un manteau de cuir beige dont le col abaissé laissait apparaître une tunique de soie vermillon. Il passa sa main dans sa barbe de sept jours, tandis que la seconde attrapa avec habileté la longue épée sur sa hanche droite, dont le pommeau représentait l’emblème des Lannister.

Sans se soucier de ce que se disaient les deux opposants, l’homme glissa sa lame aiguisée sous le menton de l’inconnue à la tresse d’argent.

Il observa quelques secondes le visage harmonieux de la femme, bien que sérieusement amoché. Elle était jeune, mais n’avait rien à envier aux plus belles femmes de Port Real. « Que celle qui a manqué, de justesse, de mettre une raclée à mon Capitaine… décline son identité. » Ironisa Zaran tout en ignorant le râle du concerné. Il n’avait pas pu s’empêcher de relever la dextérité de l’inconnue… et si cela pouvait remettre l’orgueilleux soldat à sa place, le Commandant ne se priverait pas. « Maintenant. » insista-t’il, la voix aussi tranchante que son épée.

Quelques rires étouffés lui provinrent de l’assemblée, presque uniquement composée de soldats de la garde. Ils ne suffirent pourtant pas à masquer les vociférations du Capitaine qui voulait se charger lui-même de sa proie. « Mon Prince, c’est un outrage, laissez-moi me charger de punir cette traînée. » Zaran souffla par le nez d’un mécontentement pourtant plutôt bien maîtrisé habituellement. « Commandant, Gaunt. Ce qui signifie qu’il appartient à moi seul de décider quel sort réserver à une personne qui ose défier la Garde Royale. Sur les terres du Sud… qui plus est… » Le discours de Zaran était à la fois une réflexion à haute voie, plutôt terrifiante à en croire le ton employé, et l’occasion de faire taire le Capitaine. « Frères Clegane, conduisez l’agitatrice au cachot le temps que je réfléchisse à ce que nous allons bien pouvoir en faire. » Le sourie de Gaunt réapparut sur ses lèvres, montrant d’horribles dents, elles aussi tachées de vin. « Capitaine, une ronde autour de l’auberge sera la bienvenue. Je vous en charge personnellement. » Cette fois, il blêmit. Ses yeux envoyèrent un regard noir au Commandant et s’inclina, résigné. « Puisse votre envie de justice être satisfaite pendant la nuit. » Ajouta Zaran qui retourna à côté de la fenêtre pour terminer la bière qui lui restait.

Quelques longues minutes de silence suivirent les échanges, puis le cours des discussions reprit. Le Commandant se remit à regarder dans le vide, plus pensif encore.

« Faites préparer une chope de bière et du pain à notre prisonnière. » finit-il par demander alors qu’il s’apprêtait à rejoindre sa chambre pour y trouver du calme. Chacun des soldats encore à la table se tourna vers son voisin.

Personne n’avait envie de porter de quoi manger à la prisonnière. Ils sont fidèles à leur Capitaine… voilà au moins une qualité. Zaran soupira. « Très bien. Je vois que le respect des ordres n’est plus ce qu’il était. Dégagez d’ici, nous levons le camp à l’aube. » Maugréa l’homme. J’irai le faire moi-même.

S’emparant d’un plateau de bronze terni par le temps que lui avait préparé le gérant de l’établissement, Zaran se dirigea vers le chenil qui avait été provisoirement aménagé en prison. La cellule en question avait été couverte de paille. Il y faisait bien assez chaud pour qu’elle passe la nuit sans trop de difficultés. Zaran déposa le plateau devant une trappe prévue pour lancer la viande aux bêtes, puis croisa le regard d’acier de sa prisonnière.

« Qui vous a appris à manier l’arme ? » questionna-t’il sans expression sur son visage. Il avait été y’a direct, mais Zaran parlait généralement très peu.  


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Mad Max
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Desmera, c’est une enfant du Nord, du froid, là où la neige est éternelle et où la brise mord autant que les loups qui peuplent le territoire. Dans ses yeux, on retrouve ce bleu glacé qui rappelle celui du ciel nordien, seulement son sourire, lui, évoque un Soleil lumineux et chaleureux. Mais rares sont ceux qui ont eu un aperçu de cette mimique. Bien qu’elle soit restée dans l’ombre de ses deux frères durant des années, Desmera n’a jamais manqué une occasion de tirer une leçon de chaque situation. Bonne ou mauvaise.

Réfléchie et cultivée, elle est de ceux qui se fient à leur esprit. La parole est d’argent, mais le silence est d’or.Un mantra qui la suit depuis qu’elle a été en âge de comprendre que les mots sont une arme, pour celui qui sait les manier. En tant que fille du gouverneur du Nord, Desmera a reçu une éducation digne de son rang, dont la sévérité a permis de lui forger un esprit ferme et inflexible.

Pourtant, en dépit de la rudesse de son environnement...la louve a su garder une certaine douceur, que ses proches ont souvent considéré comme une faiblesse, voire même une certaine forme de stupidité. Se complaisant dans la solitude, Desmera s’est rapidement détachée des jugements d’autrui au cours de son adolescence. Libre. La rébellion dans le sang. Elle a finalement su prouver que l’agneau pouvait avoir des crocs aussi aiguisé que n’importe quel loup nordien, en tenant tête au Seigneur de Winterfell.

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Le regard du capitaine laissait entrevoir toute l’étendue de cette rage qui le consumait. Desmera soutenait sans mal ce contact visuel, elle-même transportée par une certaine rancœur envers cet homme qui l’avait poussé à fauter. Par les anciens Dieux. Son cœur cognait dans ses tempes, tandis que son crâne semblait se démanteler progressivement, heurté par les chocs qu’il avait subis un instant plus tôt. Son corps avait dépassé ses limites. Elle le remarquait à la manière dont ses muscles tiraient, à la manière dont son palpitant battait vélocement et à la manière dont une douleur fulgurante traversait son esprit. L’épuisement lui arrivait par vague. Si bien qu’elle sentît la nausée la gagner...mais, alors que la vagabonde se concentrait sur ses échappatoires, une silhouette se glissa dans son champ de vision...et avant même qu’elle puisse faire quoi que ce soit pour s’écarter, Desmera sentit la pointe d’une épée contre sa peau. Elle se figea. Le contact glacé de l’épée lui arracha un frisson d’effroi. Ses yeux coururent lentement sur la lame...et fut aussitôt attiré par l’insigne représenté sur le pommeau de l’arme. Par les anciens Dieux. Son regard remonta pour rencontrer celui du lion qui lui faisait face.

Et pas n’importe quel lion. Oh, non. Il dégageait une telle prestance, que tous les soldats autour semblaient disparaître dans son ombre, comme avalés par l’aura de l’homme. Diverses nuances de blonds se mélangeaient dans ses cheveux courts. Une barbe de quelques jours mangeait une mâchoire saillante, durcissant des traits qu’une vie de guerrier avait sans aucun doute déjà impactée. Un visage si singulier...agréable à contempler mais qui ne lui fit pourtant pas oublier sa situation, et encore moins l’épée du Lannister, dont l’extrémité effleurait à peine son épiderme. La voix du lion se montra aussi glaciale que son arme. Et toute aussi menaçante. Mais la louve demeura impassible, quand bien même sa position lui conférait une sensation désagréable d’infériorité...et que son esprit fulminait de colère contre ses maudits soldats et contre sa propre inconscience. Elle demeurait impassible, aussi froide et revêche que ses terres natales, bien que le mépris manifeste du lion envers son subordonné ne lui avait pas échappé.

“ Sybelle.”réussit-elle à prononcer, malgré la corde qui enserrait son cou. À l’évocation du prénom de son ancienne servante, un semblant de remords l’envahit. Mais la jeune femme avait parcouru un trop long chemin pour faire demi-tour...aussi refusait-elle de dévoiler sa véritable identité. Et puis...un loup entre les pattes d’un lion ? N’importe qui y aurait vu là les prémices d’un affrontement bien dangereux. Mais déjà, la conversation entre les deux soldats reprenait et Desmera découvrit, non sans éprouver un brin de stupeur, que l’homme qui lui faisait face n’était rien d’autre que le Prince des Sept-Couronnes. Qui plus est, commandant de la garde royale. Seulement, la surprise s’envola subitement. Les propos du Lannister déclenchaient en elle une peur sourde, qu’elle s’efforçait désespérément de ne pas dévoiler. Les battements de son cœur s’accélérèrent alors, tandis que la louve s’interrogeait sur le sort qu’on lui réservait.. priant les dieux pour qu’ils soient miséricordieux, mais, une impudente méritait-elle la merci de quiconque ?

Lorsqu’on la traîna au cachot, Desmera réalisa que l’espoir n’était finalement pas très loin...mais elle ne tenait pas à crier victoire maintenant. C’était trop tôt. Car si pour le moment elle était encore en vie, elle ne pouvait que douter de la clémence du lion, lequel appartenait à une dynastie réputée pour sa férocité. Si le prince était aussi impitoyable qu’on le prétendait...alors il lui faudrait ruser pour s’échapper de sa geôle, peu importait les risques pourvu qu’elle retrouve sa liberté. La vagabonde s’installa à même le sol. La paille lui apportait un peu de chaleur...mais pas assez pour la réchauffer totalement. Accoutumée au froid, la louve appuya son dos contre les parois de la grange pour soulager la tension dans ses épaules et s’efforça de retrouver peu à peu son calme. Elle ferma les yeux. Des secondes, des minutes passèrent où elle resta ainsi. Immobile. Les paupières closes. Elle trouverait un moyen de fuir...une promesse silencieuse, qui n’avait pour témoin qu’un firmament d’encre et une Lune voilée par quelques nuages sombres.

Le grincement d’une trappe lui fit ouvrir les yeux. Elle tourna la tête dans la direction du bruit et fut surprise de croiser une seconde fois le regard du lion..Mais sa surprise s’amplifia davantage lorsque ses yeux se posèrent sur le morceau de pain et que la voix du Lannister trancha de nouveau l’air. Desmera détourna les yeux avec flegme. Elle n’esquissa pas le moindre mouvement pour s’emparer de la nourriture apportée par le prince. “ En quoi cela vous intéresse-t-il, mon prince ?”demanda-t-elle à son tour, avec une courtoisie glaçante. Elle reporta son regard sur le soldat, vissant ses yeux azur aux siens, dissimulant à peine la méfiance qu’elle éprouvait à son égard. En revanche, elle se gardait bien de montrer que sa réponse...attisait cruellement sa curiosité. Sa présence à elle-seule la surprenait. Et l’intriguait. Qu’il ait relevé ses capacités au combat lui prodiguait une sensation qui lui était tellement étrangère, qu’elle ne parvenait pas tout à fait à l’identifier.

La vagabonde se redressa finalement, dépliant ses membres engourdis par des heures de chevauchées et un affrontement dont elle gardait encore quelques séquelles. Si la souffrance emplissant son crâne commençait à s’estomper, elle sentait distinctement le gonflement douloureux de sa lèvre inférieure. Desmera s’approcha silencieusement de l’ouverture. Elle ne toucha pas à l’assiette, se contentant simplement de l’aviser rapidement avant de scruter le commandant. Elle était incapable d’avaler le moindre aliment. “ Avez-vous décidé de mon sort ?” Elle avait posé sa question avec une telle désinvolture, à croire que cette fois-ci la réponse du soldat était à ses yeux sans importance. Ses armes confisquées, une sensation de vide la submergeait.

Elle se sentait...presque seule, sans le poids rassurant de son épée ou de son poignard. Et vulnérable, face à l’imposante stature du prince lion, commandant de la garde royale et cadet du roi des Septs-Couronnes, lequel n’aurait jamais dû s’abaisser à apporter un misérable morceau de pain à une simple prisonnière. Seulement, cette impression ne l’empêchait pas d’avoir un regard aussi mordant que si elle avait été armée jusqu’aux dents. “ Vous pouvez ramener ça.”déclara-t-elle en repoussant l’assiette en direction du guerrier. Puis elle se retourna, avant de s'asseoir de nouveau au milieu des grains de paille et de la poussière...le confort de Winterfell lui manquait de temps à autre. Mais elle était robuste. Bien plus que son allure ne le laissait paraître.



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Ven 10 Sep - 12:17
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Zaran Lannister
J'ai 30 ans et je vis à Port Real, même si la vrai maison est Castral Roc. Dans la vie, je suis Prince des Sept Couronnes mais surtout Commandant de la Garde Royale sur ordre de mon père. et je m'en sors comme je peux avec l’équipe d’incapables qui m’a été confiée.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis plutôt très mal.

Le second fils de Redroc Lannister, l’actuel Roi des Sept Couronnes, est à l’image des gouverneurs de l’Ouest : grand à la silhouette élancée, cheveux blondis par le soleil de Port Real, il possède des yeux aussi bleus que l’océan qu’il aime tant.  Son agilité naturelle qui fait de lui un combattant hors pair, et lui donne une confiance naturelle.

Le statut privilégié de l’homme lié à son appartenance à la famille royale lui a donné accès à un enseignement de qualité, une bibliothèque bien fournie, et de nombreux passe-temps qui favorisent une culture développée. Rapidement, il s’est passionné pour la pêche, le fonctionnement des océans et… par-dessus tout : la navigation.

Zaran s’est marié à l’âge de 17 ans à la fille du Prince de Dorne, Yaja Martell, afin de calmer les tensions entre la principauté et Redroc. Contre toute attente, et malgré les nombreuses fausses couches de Yaja au début de leur union, ils considéraient leur mariage comme heureux. A la mort de Yaja, sauvagement assassinée par un brigand en pleine rue de Port Real, le doux sourire de Zaran s’envola, et laissa place à la mélancolie qui le tient debout depuis dix ans. Dix années que le prince, convaincu que son appartenance à la Royauté est responsable de son meurtre, s’est retiré de la vie royale pour Castral Roc : une vie modeste était préférable pour voir grandir Ara. Pas de domestiques ou de jardiniers, seulement l’ancienne femme de chambre de Yaja devenue gouvernante, cuisinière, confidente… mais surtout la mère de substitution de son unique fille.

La peine, la douleur… sont les sentiments que Zaran laisse passer à travers ses yeux devenus vitreux. L’éclat qui jadis faisait rugir le lion Lannister s’était éteint, laissant place à une terrible envie de solitude sur son voilier, et un silence de plomb. Il ne parlait plus que nécessaire, s’autorisant quelques sourires avec la prunelle de ses yeux : sa petite fille aux traits de Yaja, dont les grands yeux noirs ne faisaient que resserrer son cœur à chaque fois qu’il les croisait.
Les volontaires ne s’étaient pas pressés aux portes du cachot improvisé lorsque le jeune Lannister avait ordonné à ce que leur prisonnière soit approvisionnée. Leur Commandant, déjà surpris que ses instructions soient si aisées à contourner, n’était pourtant pas au bout de ses peines...

Il poussa le plateau faiblement garni dans la cellule de fortune, prenant soin de la refermer ensuite.

Sybelle était sa seule identité. Elle n’avait pas annoncé de titre, de famille, ou même de maître. La curiosité de l’homme allait pourtant vers son maniement d’armes -qu’il avait soigneusement entreposées dans sa minuscule chambre pour les inspecter- plutôt adroit.

Zaran n’avait pas souvenir d’une famille où les femmes apprenaient à combattre… Pourtant, la justesse de ses mouvements laissait penser à un enseignement de qualité.

Elle avait très certainement été assidue dans ses pratiques d’armes… mais Zaran ne pouvait pas en dire autant des manières pour s’adresser à un membre de la famille royale. Le Prince lui-même ne se considérait pas comme tel : il ne s'offusqua dont pas de ses propos.

Qu’aurait pensé Redroc Lannister, s’il avait entendu une prisonnière se montrer si désinvolte envers son Commandant ? Avait-elle seulement conscience qu’en un claquement de doigts, il pouvait la faire exécuter sans que personne n'en soit informé ?

« Pardonnez-moi ma discourtoisie. Il semblerait que j’ai négligé ma propre part des présentations… » Répondit-il avec une voix d’une douceur caractéristique du second Prince, une main de fer dans un gant de velours. « … Zaran Lannister, Seigneur de Castral Roc et Commandant de la Garde Royale. » Il avait continué avec ce même ton, corrigeant adroitement le titre de noblesse qu’elle avait écorché.

« Vos pratiques de combat auraient-elles été trop prenantes pour que vous manquiez d’actualiser vos connaissances sur les dirigeants de votre Royaume ? » S’il se faisait le plus souvent oublier, l’homme à la longue robe de cuir n’était jamais en manque d’inspiration pour répondre aux provocations.

Au fond de son regard bleuté, une lueur malicieuse se ravivait.

Il resta immobile, bercé par le silence du cachot, ses prunelles détaillant les traits de son interlocutrice. Il ne faisait que lui rendre la considération dont elle faisait preuve depuis le démarrage de cet interrogatoire -assez infructueux, il dû se l’avouer.

A la vue de sa lèvre tuméfiée, qu’elle ignorait brillamment, Zaran ne put s’empêcher de penser aux plaintes dramatiques de son Capitaine… Elle ne semblait pas souffrir, tandis que la moindre égratignure le faisait hurler de douleur.

Ses pensées divaguèrent un quart de seconde sur ce que Yaja lui répétait souvent… au sujet de la perception de la douleur des hommes et des femmes. Chassant ses douloureux souvenirs d’un geste de la main pour croises ses bras sur sa poitrine, Zaran se concentra sur la longue chevelure argentée, soigneusement tressée dans le dos de la prisonnière.

Elle parait pourtant si jeune.

Un sourire narquois lui échappa. Son sort aurait pu rapidement être expédié aux mains de son Capitaine, devant toute cette nonchalance dont elle faisait preuve. Pourtant, Zaran ne souhaitait à personne ce que l'autre réservait aux femmes sur lesquelles il jetait son dévolu. Ce que les gens propageaient comme une vulgaire rumeur n’avait jamais été démenti par l’horrible personnage, qui se complaisait dans la peur que cela déclenchait.

« Pensez-vous réellement que je possède un pouvoir de jugement ? Le Roi seul, est en mesure de décider de la peine que vous purgerez... ou non. » Il se surprit à laisser planer le suspens, ce qui ne lui ressemblait pas.

Ce n’était donc pas simplement son imaginaire : sa naïveté trahissait son jeune âge, ajoutée à ses traits fins et son agilité. « En attendant de pouvoir être présentée au Roi, vous devrez vous contenter de mes questions. » Et lui de ses réponses insatisfaisantes.

Zaran était patient, il avait encore de la réserve.

L’homme fit volte face sans l’intention d’ajouter un mot, mais elle désigna le maigre repas qu’il lui avait porté. « Oh, ça ? » Il signifia à son tour d’un geste de la tête. « Cela fera un amuse-gueule aux rats. La nourriture se fait rare ici. » lorsque sa silhouette traversa le cadre de la porte, et que le Commandant passa devant le garde, il lâcha, à la vole : « Méfiez-vous, des fois que vous soyez plus appétissante qu’un crouton de pain rassis... »

Il ne prononça plus un mot avant de se glisser dans les couvertures moites de sa chambre.

La nuit fut d’ailleurs de courte durée. Le Capitaine vint, comme à son habitude frapper deux coups distincts sur la porte de bois humide pour le réveiller. L’homme sauta sur ses pieds, enfila ses vêtements à la hâte. Il aimait prendre part à la préparation des voyages, et prenait soin de préparer sa monture, bien qu’on lui ait confié un écuyer -le plus attentif, lui avait-on dit. Le Commandant aimait prendre la température de son destrier avant de monter.

Des manches de cuir beige dépassaient de l’armure de Zaran, ornée sur la large épaulette droite de l’emblème royal. De longue franges semblables à la peau des reptiles couvraient ses avants-bras et ses cuisses. Son corps était maintenu par une brigandine de cuivre ajustée à la taille par une ceinture en cuir. Les armuriers du Roi avaient dû concevoir de nouveau quelques pièces de l’équipement du Commandant avant son départ, sa carrure étant été largement modifiée par ses heures de nage et son manque d’appétit. Il espérait chaque jour que le plastron doré continuerait à le protéger malgré tout, car de longues chevauchées l'attendaient dans les prochaines semaines.

« Préparez une monture pour la prisonnière. » Zaran sortit de son mutisme pour cette instruction brève donnée au jeune écuyer. Terrifié par son Commandant -ce qui arracha un long soupir au concerné-, le garçonnet bégaya quelque chose d’inaudible. Après quelques efforts du Seigneur qui observa les gestes de l’écuyer, et il comprit qu’elle avait laissé sa monture dans l’écurie. Voilà nous facilitera la tâche.

Zaran Lannister intercepta les frères Clegane d’un geste de la main. « Attachez son cheval à vos montures, et ligotez-lui les mains. Elle me parait bien plus rusée que nous ne l’imaginons. » La méfiance du Commandant ne sembla pas inquiéter le moins du monde les deux soldats qui obéirent sans broncher.

Une fois son cheval parfaitement harnaché, Zaran se hissa tout en souplesse sur sa selle. Son regard balaya l’horizon bleu nuit qui prenait une teinte rose orangée avec l’astre de lumière qui se levait timidement.

Il faisait frais. La rosée du matin rendait l’atmosphère glaciale. Pourtant, dans quelques heures, un soleil de plomb s’abattrait sur eux. Il devaient rejoindre la Tonnelle avant le début de l’après-midi pour trouver une auberge décente. Zaran préparait avec attention les itinéraires, et portait un intérêt particulier au tracé de la rivière qu’il ne quittait jamais.

Tout le camp connaissait l’amour du Commandant pour l’eau, et la navigation. Il n’était pas rare d’entendre chuchoter qu’il souffrait d’un terrible mal de terre… ce qui n’était pas loin de la réalité.

La douzaine d’hommes, suivis par la femme à la chevelure d’argent, avançaient à une vitesse folle dans les chemins de terre battue. Zara, jetait parfois un oeil en arrière pour constater que tout le monde était encore entier.

Bien qu’il ait surpris le manège du Capitaine, cherchant à intimider la jeune femme, il préféra fermer les yeux et se concentrer sur sa chevauchée.

Leur vitesse n’était pourtant pas suffisante. Ils étaient terriblement ralentis par la roulotte tractée à l'aide de deux mulets : les sols se durcissaient au fur et à mesure que la silhouette des montagnes rouges se dressait à l’est, ils devraient s'adapter.

« Seigneur Zaran, Permettez-moi de vous rappeler que la nuit ne tardera pas à tomber et que nos hommes sont épuisés. » Zaran, perdu dans ses pensées, grimaça à la remarque son Capitaine. Ils étaient encore bien loin de la Tonnelle… Il fallait bien se rendre à l’évidence : ils devraient établir leur camp, et rapidement.

Tandis que les soldats s’activaient pour monter les tentes, le Seigneur de Castral Roc faisait les cent pas le long de la berge. Il leva les yeux vers l’un des cyprès qui servait de piliers à l’une des chambres de fortunes : La prisonnière à longue tresse grise avait été ligotée, très serrées, le long de l’écorce rugueuse. Il se détourna, préférant aller retrouver un peu de calme derrière les toiles de cuir tendues le long des piquets de bois.

La nuit était tombée depuis peu. Zaran griffonnait, assis par terre, sur une grande carte du Royaume. Il releva brusquement la tête lorsqu’un des frères Clegane fit intrusion dans la tente de son Commandant, sans y être invité. La prisonnière était serrée contre lui.

Les yeux du jeune Lannister s’arrondirent de surprise. « Mon Seigneur, j’ai surpris votre… Prisonnière, en train d’essayer de s’enfuir. Il m’a semblé pertinent de vous la conduire directement. » Zaran fut agréablement surpris par la prise l’initiative du soldat. Il acquiesça d’un signe de la tête tandis que son homme de main attachait plus solidement encore l’ancienne fugitive à tout ce qu'il trouva à proximité.

Un long silence s’en suivit, durant lequel le Commandant continua de griffonner sur le parchemin courbé.

« Me donnerez-vous enfin le nom de celui qui vous a formée ? Il me semble qu'il serait intéressé de savoir que vous avez encore bien des choses à apprendre… A commencer par la discrétion. » Ironisa finalement Zaran.

Ses iris d’un bleu profond s’abattaient froidement sur ceux de la jeune femme. Il avait eu bien raison de s’en méfier, mais quelques efforts supplémentaires seraient nécessaires…
 
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Desmera Stark
J'ai 20 ans et je vivais à Winterfell. Dans la vie, je ne suis plus qu'une vagabonde et je m'en sors moyennement bien.. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je tiens profondément à ma liberté.



The lone wolf.

Diplomacy is the art of telling people to go to hell in such a way that they ask for directions.

Desmera, c’est une enfant du Nord, du froid, là où la neige est éternelle et où la brise mord autant que les loups qui peuplent le territoire. Dans ses yeux, on retrouve ce bleu glacé qui rappelle celui du ciel nordien, seulement son sourire, lui, évoque un Soleil lumineux et chaleureux. Mais rares sont ceux qui ont eu un aperçu de cette mimique. Bien qu’elle soit restée dans l’ombre de ses deux frères durant des années, Desmera n’a jamais manqué une occasion de tirer une leçon de chaque situation. Bonne ou mauvaise.

Réfléchie et cultivée, elle est de ceux qui se fient à leur esprit. La parole est d’argent, mais le silence est d’or.Un mantra qui la suit depuis qu’elle a été en âge de comprendre que les mots sont une arme, pour celui qui sait les manier. En tant que fille du gouverneur du Nord, Desmera a reçu une éducation digne de son rang, dont la sévérité a permis de lui forger un esprit ferme et inflexible.

Pourtant, en dépit de la rudesse de son environnement...la louve a su garder une certaine douceur, que ses proches ont souvent considéré comme une faiblesse, voire même une certaine forme de stupidité. Se complaisant dans la solitude, Desmera s’est rapidement détachée des jugements d’autrui au cours de son adolescence. Libre. La rébellion dans le sang. Elle a finalement su prouver que l’agneau pouvait avoir des crocs aussi aiguisé que n’importe quel loup nordien, en tenant tête au Seigneur de Winterfell.

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“ Pardonnez mon ignorance, je ne suis qu’une simple roturière, seigneur.”répliqua-t-elle froidement, le regard à présent fixé sur les planches de bois qui l’encerclaient...avant de percevoir le bruissement des pas du commandant, diminuer à mesure qu’il s’éloignait de la grange. Desmera s’était contentée de garder le silence. Commencer une joute verbale avec le prince des Sept Couronnes revenait à se jeter tout droit dans la gueule du lion...aussi préférait-elle jouer la carte de la prudence. Et quand un lourd silence retomba dans sa cellule, la Stark réalisa avec effroi qu’elle était complètement et entièrement à la merci de la Garde Royale. L’échec lui laissait un goût amer. Elle avait ouvertement défié le gouverneur du Nord. Elle avait abandonné les siens, la forteresse, ses terres natales. Elle avait abandonné sa vie. Au nom de la liberté… mais il avait suffi d’une petite erreur, un petit incident, pour priver la nordienne de ce dont elle avait toujours rêvé. Quelle idiote. La sècheresse de ses propos n’était que le reflet d’une profonde amertume. Un sentiment que Desmera avait cherché à rejeter sur le commandant...en vain. Son mordant finirait par la condamner à une vie dans les cachots de Port-Réal, sans aucun doute.

Bien que la louve s’efforça de fermer les yeux, emportée par l’épuisement, elle fut incapable de trouver le sommeil. Des images de rats ne cessaient d’apparaître dans son esprit. La nordienne imaginait les rongeurs, grouillant dans la paille, geignant et couinant, désireux de dévorer ses membres...si ce tableau l’effrayait, elle craignait davantage le lendemain...qui se rapprochait trop vite. Car, déjà, la nuit fuyait. Quelques rayons, encore pâles, commençaient à filtrer à travers les boiseries, éclairant discrètement le visage de la prisonnière. Le grincement de la porte retentit...et Desmera s’évertua à paraître impassible. Même lorsque le Capitaine lui adressa un sourire mauvais. Même lorsque des mains baladeuses s’attardèrent un peu trop sur son corps. Même lorsqu’on serra sans ménagement ses poignets à l’aide d’une corde qui s’enfonçait dans sa chair jusqu’à l’irriter. La Stark ne cilla pas. À vrai dire, elle ne laissa échapper aucune plainte, pas même lorsqu’ils chevauchèrent toute la journée à un rythme...endiablé.

En revanche, le soulagement l’envahit quand un des soldats eut l’intelligence de proposer une halte. Bien que la nordienne avait l’habitude des longues chevauchées...son corps n’était pas entraîné pour suivre une telle cadence...mais peut-être aurait-elle préféré galoper toute la nuit, quitte à sentir ses cuisses brûler, plutôt que de supporter la douleur provoquée par les écorces de l'arbre dans son dos. Desmera reposa sa tête contre le tronc. C’était une folie d’oser penser qu’elle pouvait s’échapper du camp mais...la louve était prête à prendre ce risque. Subir sans un mot ne lui ressemblait pas. Et puis...le désespoir la gagnait peu à peu. Elle ne s’était pas échappée d’une prison pour en rejoindre une autre. Alors, lorsqu’un soldat l’escorta à travers les nombreuses tentes pour lui permettre de soulager sa vessie, la Stark profita de cette opportunité pour filer. Mais elle avait surestimé l’ivresse de son garde, autant qu’elle s’était surestimée. Deuxième erreur. Seulement, Desmera pouvait au moins se féliciter de s’être emparé d’un petit couteau de cuisine, abandonné près d’une assiette, sans que personne ne le remarque. L’homme avait tellement été obnubilé par sa fierté d’avoir empêché sa fuite, que l’idée de la fouiller ne lui avait pas traversé l’esprit.

La nordienne fut conduite à la tente du prince, à sa plus grande surprise. Ce dernier l’accueillit en ne lui jetant qu’un bref coup d'œil, sans prononcer un seul mot à son égard. Le regard de Desmera se promena autour d’elle, tandis qu’elle se retrouvait de nouveau attachée, cette fois-ci à une petite colonne fine et étroite. La lame du couteau était camouflée dans sa manche. Elle pouvait sentir la fraîcheur métallique sur son épiderme, la rassurant quelque peu malgré son avenir incertain. Le silence qui suivit son arrivée fut tel qu’on entendait plus que les crissements de la plume sur le parchemin ainsi que les voix des soldats parvenant de l’extérieur. Le cœur battant à tout rompre, Desmera s’efforçait de garder son masque...celui-là même qui ne l’avait pas quitté depuis le début du périple.

Mais, lorsque la voix du prince emplit l’habitacle, son expression se fissura légèrement. Elle se mordit l’intérieur des joues, sentant ces dernières s’échauffer sous le futile sentiment de honte qui l’envahissait. Tandis que ses yeux observaient vaguement entre les pans de la tente, la nordienne se murait dans le silence. Le regard de l’homme l’écrasait. Elle ne le voyait pas...non, elle le ressentait. Un poids énorme semblait lui retomber sur les épaules, si bien que la louve éprouvait le sentiment d’être insignifiante, ridicule au milieu de cette tente royale. Desmera tourna finalement la tête en direction du Lannister. Les yeux de celui-ci se montraient aussi implacables que le froid du Nord. Mais la jeune femme soutenait son regard, sans faillir, se demandant s’il n’était pas préfèrable qu’elle ignore sa provocation. Quelques secondes s’écoulèrent sans qu’elle n’émette le moindre son. Malgré son audace et sa force d’esprit, la fatigue commençait à l’impacter et même si elle gardait le menton relevé...l’éclat de ses yeux s’était étiolé. Sa tresse était ébouriffée. De la poussière maculait son visage. Un petit ecchymose s’était formé au coin de ses lippes. Elle tenait encore debout mais...pour combien de temps ?

Desmera détourna les yeux. C’est alors que dans le lointain résonna au cœur de la nuit un cri qui lui était familier... Un cri qui faisait naître en elle un semblant d’espoir. Le hurlement d’un loup. Son loup, à n’en pas douter, car aucun de ces animaux ne peuplait cette région de Westeros...Ça ne pouvait être que lui. Et, à cette pensée, la nordienne sentit que son épuisement s’envola dans l’obscurité, comme étouffée par la plainte du canidé. Son visage se détendit. Elle n’était pas seule...et cette idée la réconfortait. Comme un écho au grondement du prédateur, la voix de la nordienne s’éleva, glaciale et sereine. “ Kevan.lâcha-t-elle, avant de poursuivre. C’est mon frère. Ce n’est pas un grand guerrier mais...il m’a beaucoup appris.”Sur ces mots, Desmera se détourna finalement de la tente pour contempler le commandant avec méfiance. Il y avait une part de vérité, dans ses propos. Son aîné lui avait inculqué le maniement des armes, dans le plus grand des secrets...mais ce n’était pas ainsi qu’il se nommait.

La nordienne avait choisi de ne pas répliquer aux railleries du lion, bien consciente qu’elle méritait amplement cette remarque...quand bien même elle parvenait difficilement à l’accepter. La louve continuait de toiser le prince, s’interrogeant une seconde fois sur les raisons qui le poussaient à la questionner sur son maître d’armes. Mais elle ne trouva aucune réponse dans les yeux de Zaran Lannister. Pas même un indice. “ Pourquoi tenez-vous tant à le savoir ?”demanda-t-elle, déclarant tout haut ce qui lui trottait dans la tête depuis qu’il était venu lui apporter ce bout de pain. “ Pouvez desserrer un peu la corde, seigneur ? Je ne sens plus mes poignets.”Et ce n’était même pas un leurre. Même si son regard glacial aurait pu cacher une lueur fourbe, Desmera n’était pas assez stupide pour songer à s’évader sous les yeux du commandant... Les liens autour de ses poignets écorchaient sa peau et elle ignorait combien de temps il lui restait à supporter la douleur.



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Ven 24 Sep - 17:42
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Zaran Lannister
J'ai 30 ans et je vis à Port Real, même si la vrai maison est Castral Roc. Dans la vie, je suis Prince des Sept Couronnes mais surtout Commandant de la Garde Royale sur ordre de mon père. et je m'en sors comme je peux avec l’équipe d’incapables qui m’a été confiée.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis plutôt très mal.

Le second fils de Redroc Lannister, l’actuel Roi des Sept Couronnes, est à l’image des gouverneurs de l’Ouest : grand à la silhouette élancée, cheveux blondis par le soleil de Port Real, il possède des yeux aussi bleus que l’océan qu’il aime tant.  Son agilité naturelle qui fait de lui un combattant hors pair, et lui donne une confiance naturelle.

Le statut privilégié de l’homme lié à son appartenance à la famille royale lui a donné accès à un enseignement de qualité, une bibliothèque bien fournie, et de nombreux passe-temps qui favorisent une culture développée. Rapidement, il s’est passionné pour la pêche, le fonctionnement des océans et… par-dessus tout : la navigation.

Zaran s’est marié à l’âge de 17 ans à la fille du Prince de Dorne, Yaja Martell, afin de calmer les tensions entre la principauté et Redroc. Contre toute attente, et malgré les nombreuses fausses couches de Yaja au début de leur union, ils considéraient leur mariage comme heureux. A la mort de Yaja, sauvagement assassinée par un brigand en pleine rue de Port Real, le doux sourire de Zaran s’envola, et laissa place à la mélancolie qui le tient debout depuis dix ans. Dix années que le prince, convaincu que son appartenance à la Royauté est responsable de son meurtre, s’est retiré de la vie royale pour Castral Roc : une vie modeste était préférable pour voir grandir Ara. Pas de domestiques ou de jardiniers, seulement l’ancienne femme de chambre de Yaja devenue gouvernante, cuisinière, confidente… mais surtout la mère de substitution de son unique fille.

La peine, la douleur… sont les sentiments que Zaran laisse passer à travers ses yeux devenus vitreux. L’éclat qui jadis faisait rugir le lion Lannister s’était éteint, laissant place à une terrible envie de solitude sur son voilier, et un silence de plomb. Il ne parlait plus que nécessaire, s’autorisant quelques sourires avec la prunelle de ses yeux : sa petite fille aux traits de Yaja, dont les grands yeux noirs ne faisaient que resserrer son cœur à chaque fois qu’il les croisait.
La méfiance dans le regard de l’homme n’était pas difficile à lire. Après tout, il n’avait pas l’intention de la masquer. Elle s’était qualifiée de simple roturière, et ces quelques paroles lui avaient trotté dans la tête, aussi vite que sa monture martelait le sol de ses sabots. Zaran Lannister avait un cerveau assez bien entraîné pour savoir reconnaître la simplicité. Sybelle n'était pas simple.

Y avait-il seulement une personne simple dans ce monde ?

Les prunelles translucides du seigneur de Castral Roc continuaient de toiser froidement celles de son interlocutrice, tandis que de nombreuses pensées se bousculaient dans son esprit. Pendant ce temps, le silence continuait de recouvrir l’atmosphère étouffée de la tente.

Le Commandant se sentait plus à l’aise dans ce campement que dans n’importe quelle auberge, n'importe quel château. Il était rassuré par les bruits de la nature, bercé par le cri des loups dans la forêt. A Port Real, il étouffait les cris des mendiants sous des piles d’oreillers, incapable de supporter qu’on puisse laisser mourir son peuple avec aussi peu de compassion. Zaran, lui, en débordait pour ces pauvres gens.

Il ne sortit de sa rêverie que lorsqu’elle se décida enfin à répondre à sa question. Il l’observa silencieusement, gardant la position de tailleur qu’il avait adoptée quelques longues minutes plus tôt. Une plume souillée d’encre soigneusement glissée entre l’index et le majeur tournoya nerveusement contre la peau du guerrier : il ne portait plus son armure, mais arborait sa longue cape de cuir couleur sable, répandue autour de ses jambes en désordre.

« Répondez-vous toujours aux questions par une autre question ? » Se contenta de répondre le Lion à la chevelure dorée, laissant son visage se détendre quelque peu. « Peut-être, roturière, avons-nous plus de points communs que vous ne l’imaginez… ». Ironisa-t-il, l’air devenu soudain plus malicieux. L’homme se souleva à l’aide de sa main libre, se retrouvant sur ses deux pieds avec souplesse, venant croiser ses bras sur sa large poitrine.

« J’imagine que votre frère vous a également enseigné à survivre malgré la fatigue… à saisir toutes les opportunités pour sauver votre peau... » Tout en énonçant les quelques suppositions qui se présentaient naturellement au bout de ses lèvres, il se mit à marcher autour du parchemin déroulé à ses pieds. « A ruser, aussi. » Conclut-il lorsqu’elle lui demanda s’il pouvait dégager ses poignets douloureux.

Sceptique, il changea de cap pour se rapprocher d’elle.

Elle se tenait le long d’une étroite colonne, ligotée par les poignets. S’il n’émettait aucun doute sur la force qu’avait mis Clegane –il ne savait pas dire lequel, il ne parvenait pas toujours à dissocier les jumeaux de la Garde- pour l’attacher, Zaran s’imaginait ce qu’il aurait fait à la place de la jeune femme.

Exactement la même chose.

En s’approchant de plus près, il ressentit la brise fraiche du crépuscule qui s’engouffrait entre les pans perméables de ses appartements. Il observa sa longue tresse cascader sur son épaule et sa peau d’albâtre qui laissait apparaitre deux yeux décolorés, mais luisant d’intelligence.

Le Lion s’arrêta de faire les cent pas, toujours indécis. Il n’avait pas la moindre envie de lui faire du mal pour avoir tenu tête à son Capitaine : le désir de lui en mettre une lui avait traversé l’esprit quelques fois. Pourtant, desserrer ses liens ne lui semblait pas être une alternative avisée.

« Clegane. » Finit-il par demander d’un ton piquant. L’homme apparut presque instantanément, sur la défensive, prêt à prendre les instructions. « Pourriez-vous modifier l’attache de notre prisonnière pour quelle ne perde pas une main avant le lever du soleil ? » L’air tourmenté de son soldat, qu’il tenait de dissimuler, n’échappa pas au Commandant de la Garde Royale.

« Clegane ? Vous avez vu un mort ? » Légèrement embarrassé, le soldat s’approcha de son Commandant pour murmurer quelques paroles à peine audibles.

Les lèvres de Zaran se pincèrent, ses yeux changeant soudain d’éclat. « Surveillez-là. » Il arracha, à la volée, une torche suspendue puis sortit en trombes sans laisser l’opportunité à l’autre homme de protester.

Le pas ferme du Commandant ne passa pas inaperçue, faisant taire quiconque se trouvait sur son passage. Sans s’annoncer, il écarta les voiles de toile qui formaient l’ouverture de la couchette de son Capitaine. « Pouvez-vous m’expliquer ? » Gaunt se tenait droit comme un i à côté d’une cage de fortune. Il bomba fièrement le torse lorsque Zaran envahit l’espace qu’il s’était réservé pour la nuit.

« Mon Commandant, pas de manigances… J’ai trouvé un moyen de garder la prisonnière en lieu sûr. » Effectivement, il devait l’avouer, l’idée tombait à point nommé. Seulement… laisser la roturière enfermée dans une cage, elle-même gardée dans la tente de celui qui n’avait pas hésiter à la frapper devant la Garde toute entière... ne l’enchantait guère.

« C’est une excellente idée, Capitaine… Excellente. » Gaunt afficha un sourire satisfait. « Apportez-moi la cage, elle fera l’affaire pour cette nuit. » Il fit volte-face et s’apprêta à sortir de l’endroit. La proximité avec le Capitaine n’étant pas une partie de plaisir, il ne s’y sentait pas confortable.

Gaunt avait blêmit. « Seigneur Zaran je… Je crains que nous nous soyons mal compris… Je… » Le Lion se retourna, l’air glacial. « Qu’avez-vous mal compris dans ‘apportez-moi la cage’, Capitaine Gaunt ? » Était-il seulement possible de blêmir encore plus que le blanc habituel de son bras droit ? A priori oui, à en croire le teint blafard de celui qui, impuissant, l’observait les bras ballants.

« Je… Rien, Mon Prince je… Mon Seigneur, pardonnez-moi. Je vous la fais porter. » Zaran n’ajouta pas un mot de plus. Il se contenta d’acquiescer d’un signe de la tête, puis disparut aussi rapidement qu’il était entré.

Avait-il seulement cru que son Commandant lui laisserait surveiller sa prisonnière ? Cette femme –certes bien plus habile que l’autre- qu’il avait voulu étrangler pour lui avoir tenu tête ?

Il s’attendait à un flot de critiques, mais cela ne lui importait pas. Il aurait le dernier mot.

Zaran s’arrêta au bord de la rivière quelques instants pour écouter le clapotis de l’eau sur la berge. La proximité avec son élément favori fit redescendre la tension de son corps tout entier. Il prit le temps de calmer ses nerfs largement attaqués par la faim et la fatigue, puis retourna vers la tente.

Le Capitaine, craignant sûrement une remontrance, était déjà en train de faire rentrer la femme à la chevelure argentée dans sa prison. Le Commandant ne prononça pas un mot, ni n’observa la manœuvre, préférant se concentrer sur les parchemins entassés au sol. Il avait encore quelques décisions à prendre concernant le chemin qu’ils prendraient le lendemain : ils avaient accumulé trop de retard, et les vivres ne seraient pas suffisants pour une nuit de plus en campement.

Zaran revint à la réalité lorsque ses hommes lui portèrent quelques morceaux de viande séchée et du pain sec pour le dîner. Il avait encore l’estomac noué par la journée passée à chevaucher.

L'homme releva les yeux vers la cage qui avait été solidement attachée à la colonne de bois, au centre de la toile : la jeune femme était toujours là, silencieuse. Leurs regards se croisèrent, lui faisant réaliser par la même occasion qu’elle n’avait rien mangé de la journée, elle non plus.

Le Commandant attrapa la torche pour se rapprocher de la cage, puis déposa les morceaux de viande entre les barreaux. « Que faisiez-vous à Pont-L’Amer ? » Demanda-t-il en s’asseyant sur le sol, à côté d’elle, le regard plein de curiosité. « Quelque chose me dit que vous n’êtes pas... d’ici. » A commencer par la blancheur de sa peau, et ses habits de fugitive. Pas besoin d’être un fin observateur pour s’en rendre compte.

Zaran croqua dans le morceau de pain sans goût, et se força à avaler. Manger était devenu un supplice pour le chevalier.
 
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Lun 4 Oct - 11:28
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Desmera Stark
J'ai 20 ans et je vivais à Winterfell. Dans la vie, je ne suis plus qu'une vagabonde et je m'en sors moyennement bien.. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je tiens profondément à ma liberté.



The lone wolf.

Diplomacy is the art of telling people to go to hell in such a way that they ask for directions.

Desmera, c’est une enfant du Nord, du froid, là où la neige est éternelle et où la brise mord autant que les loups qui peuplent le territoire. Dans ses yeux, on retrouve ce bleu glacé qui rappelle celui du ciel nordien, seulement son sourire, lui, évoque un Soleil lumineux et chaleureux. Mais rares sont ceux qui ont eu un aperçu de cette mimique. Bien qu’elle soit restée dans l’ombre de ses deux frères durant des années, Desmera n’a jamais manqué une occasion de tirer une leçon de chaque situation. Bonne ou mauvaise.

Réfléchie et cultivée, elle est de ceux qui se fient à leur esprit. La parole est d’argent, mais le silence est d’or.Un mantra qui la suit depuis qu’elle a été en âge de comprendre que les mots sont une arme, pour celui qui sait les manier. En tant que fille du gouverneur du Nord, Desmera a reçu une éducation digne de son rang, dont la sévérité a permis de lui forger un esprit ferme et inflexible.

Pourtant, en dépit de la rudesse de son environnement...la louve a su garder une certaine douceur, que ses proches ont souvent considéré comme une faiblesse, voire même une certaine forme de stupidité. Se complaisant dans la solitude, Desmera s’est rapidement détachée des jugements d’autrui au cours de son adolescence. Libre. La rébellion dans le sang. Elle a finalement su prouver que l’agneau pouvait avoir des crocs aussi aiguisé que n’importe quel loup nordien, en tenant tête au Seigneur de Winterfell.

Chaos is a ladder ((Zaran Lannister & Desmera Stark))  67da
jfa2.gifA wolf is a wolf, even in a cage, even dressed in silk.

Le lion et le loup ? Des points communs ? Desmera en doutait. Seulement, n’osant pas contredire l’homme qui se trouvait être son goelier, la jeune femme se contenta d’un banal haussement d’épaule pour seule réponse. L’idée même qu’ils puissent se ressembler,d’une certaine manière...lui nouait l’estomac. Ils n’avaient de similaire que le pouvoir conféré par leur statut et leurs ancêtres, bien qu’elle avait abandonné son honneur par une nuit enneigée et que le Lannister arborait, lui, toujours son nom en continuant fièrement de représenter sa famille. “ J’ai appris tout ça à mes dépens.”l’informa-t-elle, tandis que ses yeux fixaient l’hésitation clairement visible sur le visage du lion. Desmera le voyait osciller, comme s’il évaluait soigneusement la situation et les diverses possibilités qui pouvaient découler de ces actes. Elle inclina la tête. Zaran Lannister était d’une prudence telle que la louve réalisait progressivement que sa ruse serait...vaine. La Stark avait surestimé l’arrogance propre aux lions. Du moins, l’arrogance du lion qui lui faisait face et qui la toisait de son regard froid, aussi tranchant qu’un poignard.

Lorsque ce dernier s’approcha d’un pas dans sa direction, Desmera sentit une lueur d’espoir s’allumer...avant de mourir aussitôt lorsque la voix du Commandant gronda un prénom craint à travers tout le continent. La vagabonde leva aussitôt ses prunelles en direction du garde. Elle croisa alors un regard voilé par le trouble, semant ainsi la discorde dans son esprit... la jeune femme commença aussitôt à craindre que le soldat découvre son identité. La reconnaissait-il ? Voyait-il dans ses yeux l’éclat glacial des loups ? La roturière affecta l’impassibilité. Mais, dans son for-intérieur, la peur se répandait en elle à la manière d’un petit ruisseau. La question du prince Lion ne fit qu’augmenter la vitesse du courant….lequel s’intensifia davantage quand Clegane souffla quelques mots à son supérieur et que celui-ci disparut brusquement dans la nuit.

Le cœur de Desmera se mit à s’affoler dans sa poitrine alors que ses yeux allaient des pans de la tente mollement agités par l’air nocturne, à la silhouette du géant, immobile. Il l’avait reconnu. Non. Impossible. Ses palpitations prenaient dorénavant un rythme effréné. Bien qu’elle s’efforçait à ne rien laisser paraître, la tension commençait à faire surface dans son regard azur. Ses lèvres étaient serrées. Son visage avait pâli. Et son palpitant continuait de s’emballer tandis que la terreur se jetait dans ses veines. La louve se mit à surveiller l’entrée, guettant le retour du Prince. Pourquoi le Lannister mettait-il autant de temps à revenir ? Chaque seconde passée était une véritable torture. Chaque minute passée semblait la rapprocher un peu plus d’un sort inévitable…

Son cœur se figea brusquement. Le Capitaine apparut, un air mauvais toujours placardé sur son visage, une large cage semblable à celles que l’on utilise pour enfermer les animaux dans les mains. Les yeux légèrement écarquillés par l’appréhension, la louve n’osa pas remuer. La petite lame qu’elle avait volée, blottit alors contre sa peau, la rassurait. Pour autant, Desmera jaugeait le soldat avec une haine à peine dissimulée, puisant dans ses dernières forces pour ne laisser aucune crainte paraître dans ses yeux

“ Sale catin...je m’occuperai bientôt personnellement de ton cas...”murmura-t-il à son attention tandis que Clegane la poussait à rentrer derrière ces maudits et déshonorants petits barreaux métalliques. “ Je viendrais au moment où tu t’y attendras le moins. Je me vengerai, sois en sûre. ” La louve s’évertuait à demeurer impassible. Mais un frisson la traversa. Elle croyait le soldat, mot pour mot. Combien de temps lui restait-il avant qu’il ne vienne assouvir sa soif de vengeance ? La Stark se recula dans le fond de sa cage, rabattant ses genoux contre sa poitrine tandis qu’elle massait doucement ses poignets douloureux et rougis par les cordages. Aussi angoissants soient-ils, les propos du Capitaine lui offrait une information d’une importance capitale ; il ignorait son identité. Ce qui signifiait que…Sybelledemeurait toujours Sybelle, la roturière. Si elle ne sentit aucune forme de soulagement l’envahir, Desmera parvint à calmer les battements saccadés de son cœur.

Finalement, le Commandant émergea de l’extérieur. Une petite brise se faufila à travers le tissu de l’entrée, se faufilant entre les pans lorsque le Prince pénétra à l’intérieur. Son comportement lui apporta confirmation. Il ignorait qui elle était. Clegane ne l’avait pas reconnu. La vagabonde s’autorisa à écraser silencieusement son dos contre les barreaux pour reposer ses muscles endoloris. Elle ne supportait pas cette cage. Aucun loup ne supportait d’être enfermé ainsi. Desmera se sentait...presque humiliée. Aussi se renferma-t-elle davantage alors que le Lannister se penchait sur ses parchemins, sous les regards furtifs de la jeune femme. Une odeur de viande séchée embaûma peu de temps après la pièce. Son estomac gronda discrètement, lui rappelant qu’elle n’avait rien avalé depuis...longtemps. Tellement longtemps. Elle était affamée. Mais ce plat ne lui était pas destiné…

Etouffant sa décéption, la louve ferma les yeux un bref instant avant de les ouvrir lorsqu’elle entendit un semblant d’agitation. Le Prince venait de se redresser et de s’arrêter près de sa cage. Elle le scruta avec froideur et distance, luttant pour ne pas lorgner sur le plateau de nourriture qu’il détenait… puis, un éclair de surprise illumina ses yeux. Dubitative, Desmera observa sans bouger les morceaux de viande que le commandant déposait près d’elle. Elle étudia les tranches de chair qui l’appelaient avec tellement de force que la roturière se demandait comment elle pouvait leur résister avec autant de flegme. Mais, lorsqu’elle se détourna les yeux pour observer son geôlier, son étonnement laissa place à un semblant de curiosité. Le Prince Lion s’était assis. À même le sol. Comme un paysan ordinaire. À croire qu’il n’était pas la progéniture du roi des Sept-Couronnes. La vision que lui offrait le guerrier lui fit presque oublier sa faim, tant ce comportement ne semblait pas...corréler avec l’image que tous avait des Lannister, et, plus généralement, des puissantes dynasties. Jamais ses frères ne se seraient installés ainsi, encore moins pour converser avec une prisonnière. Et ils n’appartenaient pourtant pas à la royauté…

La louve s’empara lentement de la nourriture, s’efforçant de ne pas se jeter dessus pour dévorer l’intégralité de la viande. Son visage s’était réchauffé. Quelque peu. Le changement était subtil, mais...elle regardait à présent davantage le Seigneur avec méfiance qu’avec irrévérence. “ Je viens du Nord.avoua-t-elle de cette voix glacée, peu surprise par le sens d’observation du prince. Elle n’était pas d’ici...et tout dans sa tenue le criait haut et fort.

Elle croqua dans la chair séchée. “ Je...voyageais. Pour fuir ma..mon père. ”La vérité qu’elle venait d’émettre la poussa à baisser les yeux sur le maigre reste de viande. Un seul faux pas et voilà qu’elle s’était retrouvée dans le campement de la garde royale, surveillée par un prince dont la curiosité semblait être débordante. Elle ne pouvait pas se permettre d’enchaîner les erreurs. Un bon mensonge comportait toujours une part de vérité...alors, Desmera cherchait à combiner les deux. Elle ne devait pas éveiller les soupçons du Lannister. Tôt ou tard, toutes les familles auront vent de la disparition de Desmera Stark et,à ce moment-là, aucune rumeur ne devra influencer l’esprit du soldat.

“ Pourquoi vous comportez-vous...ainsi ?”demanda-t-elle à son tour, avalant son dernier bout de viande séchée, laissant cette fois-ci la curiosité réchauffer son timbre. “ Vous n’étiez pas obligé de faire tout ça.”Il aurait pu l’abandonner entre les griffes du capitaine. Il aurait pu la laisser le ventre vide. Il aurait pu l’attacher de nouveau à un tronc en serrant les cordes sans éprouver une seule once de considération à son égard. Seulement, le lion n’avait rien fait de tout ça. Il s’efforçait même à lui montrer un certain respect auquel Desmera ne s’attendait pas, encore moins venant de la part d’un Lannister. S’il était le seul rempart la protégeant de son subordonné, d’une mort certaine...alors autant jouir de cette opportunité. “ Alors...pourquoi ? Rares sont les seigneurs qui montrent autant de...considération à leur prisonnière. ” Bien que la louve se forçait à étendre la conversation, c’était une curiosité sincère qui l’animait. Zaran Lannister ne correspondait en rien à l’image qu’elle avait du prince. Malgré tous ses efforts pour entrevoir un éclat d’arrogance dans son regard afin d’avoir une bonne excuse pour le haïr, il n’y avait nulle trace de mépris dans ses yeux. Ses iris ne dévoilaient rien d’autre qu’un calme froid. Une froideur aussi mordante que celle qui flottait dans les yeux de la louve...peut-être avaient-ils bel et bien un point commun, finalement.



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Mar 12 Oct - 13:47
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Zaran Lannister
J'ai 30 ans et je vis à Port Real, même si la vrai maison est Castral Roc. Dans la vie, je suis Prince des Sept Couronnes mais surtout Commandant de la Garde Royale sur ordre de mon père. et je m'en sors comme je peux avec l’équipe d’incapables qui m’a été confiée.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis plutôt très mal.

Le second fils de Redroc Lannister, l’actuel Roi des Sept Couronnes, est à l’image des gouverneurs de l’Ouest : grand à la silhouette élancée, cheveux blondis par le soleil de Port Real, il possède des yeux aussi bleus que l’océan qu’il aime tant.  Son agilité naturelle qui fait de lui un combattant hors pair, et lui donne une confiance naturelle.

Le statut privilégié de l’homme lié à son appartenance à la famille royale lui a donné accès à un enseignement de qualité, une bibliothèque bien fournie, et de nombreux passe-temps qui favorisent une culture développée. Rapidement, il s’est passionné pour la pêche, le fonctionnement des océans et… par-dessus tout : la navigation.

Zaran s’est marié à l’âge de 17 ans à la fille du Prince de Dorne, Yaja Martell, afin de calmer les tensions entre la principauté et Redroc. Contre toute attente, et malgré les nombreuses fausses couches de Yaja au début de leur union, ils considéraient leur mariage comme heureux. A la mort de Yaja, sauvagement assassinée par un brigand en pleine rue de Port Real, le doux sourire de Zaran s’envola, et laissa place à la mélancolie qui le tient debout depuis dix ans. Dix années que le prince, convaincu que son appartenance à la Royauté est responsable de son meurtre, s’est retiré de la vie royale pour Castral Roc : une vie modeste était préférable pour voir grandir Ara. Pas de domestiques ou de jardiniers, seulement l’ancienne femme de chambre de Yaja devenue gouvernante, cuisinière, confidente… mais surtout la mère de substitution de son unique fille.

La peine, la douleur… sont les sentiments que Zaran laisse passer à travers ses yeux devenus vitreux. L’éclat qui jadis faisait rugir le lion Lannister s’était éteint, laissant place à une terrible envie de solitude sur son voilier, et un silence de plomb. Il ne parlait plus que nécessaire, s’autorisant quelques sourires avec la prunelle de ses yeux : sa petite fille aux traits de Yaja, dont les grands yeux noirs ne faisaient que resserrer son cœur à chaque fois qu’il les croisait.
Zaran était un combattant hors pair : il excellait dans le maniement des armes, montait à cheval mieux qu’il ne courrait. Pourtant, le Lion n’avait rien de plus en commun avec ses frères, ou son père. Pour s’en rendre compte, il suffisait de s’écarter de son allure féline, et de ses traits tout droit venus de la Maison Lannister. Un bon observateur saurait reconnaître l’âme de l’aventurier, ou le besoin de grands espaces silencieux qu’éprouvait le Seigneur de Castral Roc.

S’il avait eu du mal à entendre le son de la voix de sa prisonnière depuis quelques jours, la faim changea légèrement la donne. L’homme s’installa au sol, à quelques centimètres de la cage, plongeant un regard gris aux reflets bleutés jusque dans ses iris assombris par la fatigue.

Elle fuyait son père. L’homme se garda de tout commentaire, bien que l’envie de lui signifier que leur premier point commun était saisissant… aucune information confidentielle ne sortirait de sa bouche concernant le Roi. Le Seigneur était contraint de faire ce voyage, de peur que l’on ne lui arrache sa fille. Si la rumeur courait dans les villages voisins de Port Real, il ne donnait pas cher à la survie de sa descendance. La simple pensée de savoir Ara en danger lui décrocha un frisson déplaisant.

« Le froid du Nord ne vous manque pas ? » Bien des bourreaux auraient essayé d’en savoir plus sur les raisons de sa fuite. Zaran n’était ne mangeait pas de ce pain-là. La fugitive avait l’œil bien trop vif pour qu’il ne la laisse entre les mains de ses gardes… mais pas assez vicieuse pour qu’il se sente en danger à côté d’elle. Peut-être regretterait-il ces pensées, à un moment ou un autre, mais pour le moment, son instinct le retenait de s’inquiéter.

Il s’attaqua à l’un des morceaux de viande maigre qu’il lui restait. Le Seigneur ne mangeait que très peu depuis le début du voyage… En réponse à la contrainte, son corps rejetait toute forme de réconfort. Cette fois, pourtant, il ne se fit pas prier. Son regard toujours posé avec calme dans les prunelles de sa détenue, le Lion laissa la commissure de ses lèvres se soulever. « Vous avez raison, personne ne contraint un Lannister à quoi que ce soit. » L’ironie de sa phrase ne se retranscrivait pourtant pas dans le ton de sa voix.

Il laissa planer le silence quelques secondes, sans pour autant chercher ses mots. Zaran prenait toujours le temps de placer sa voix, et ne parlait que lorsque c’était vraiment utile –ou mûrement réfléchi. « Vous ne me serez pas d’une grande utilité si vous êtes mutilée… ou morte. » Souffla-t-il, flegmatique.

Lorsqu’il vivait encore à Castral Roc, il n’était pas rare que Port Real lui envoie quelques condamnés pour qu’il essaie de leur soutirer des informations. Ils lui arrivaient couverts de sang séché, tuméfiés, affamés… Combien s’étaient-ils laissés mourir sur le trajet ? Le fils du roi ne saurait le dire.

C’est finalement en écoutant les précieux conseils de Jaya, qu’il avait développé une nouvelle stratégie : celle de la confiance. Prendre soin de ses prisonniers le rendait plus humain. Ils se confiaient plus facilement à lui.

Il lui tendit le dernier morceau de viande séchée qu’il lui restait, bien conscient qu’elle en aurait besoin pour affronter la nuit dans cette cage, à côté des courants d’air. Déposant ses mains sur ses genoux en tailleur, le Seigneur sourit –cette fois en étirant les deux commissures de ses lèvres, ce qui était assez rare pour être souligné. « Votre incrédulité pourrait presque être vexante… Je prends toujours soin de mes prisonniers, n’en déplaise à la Royauté, et même mes gardes. C’est ainsi. »

Sur ces quelques paroles, le Lion se releva, puis souffla la seule bougie qui maintenait la tente éclairée. Le sommeil était la seule chose qui lui permettait de reprendre des forces… lorsqu’il le trouvait.


* * *


La nui avait été agitée, mais le Seigneur ne laissa rien paraitre lorsqu’il enfila son armure. Son rituel d’équipement était le même depuis toujours, et lui permettait une efficacité indiscutable. Sa prisonnière était toujours là, mais se faisait discrète dans la petite cage qui lui avait été faite sur mesure…

L’homme ramassa les parchemins éparpillés sur le tapis de peaux qui constituaient le sol de son campement, les enroulant pour les glisser dans des sacoches de cuir pleines à craquer. Il se retourna sereinement lorsque les pans de voiles se soulevèrent pour laisser passer la silhouette du Capitaine.

Tout dans son regard témoignait de la haine qu’il éprouvait : pour la prisonnière qu’il avait dû garder en vie… pour son Seigneur, qui s’efforçait de ne pas le faire enfermer pour affront…

Zaran n’était pas son père. Il ne se débarrassait pas des obstacles, il les affrontait. Peut-être n’était-ce pas la meilleure des solutions, mais c’était la sienne.

« Mon Seigneur, votre monture est sellée. Je me charge de la prisonnière. » Lança le Capitaine à la volée tandis que ses mains manipulaient les chaînes qui serviraient à l’attacher. Le Lion resta silencieux, au centre de la tente, le temps que son bras droit –bien que le terme ne lui plaisait guère- se rende compte qu’il n’était pas tout à fait favorable à exécuter ses ordres. « Seigneur Zaran ? » Peut-être avait-il pensé qu’il pourrait le diriger à sa guise… mais c’était très mal connaître l’homme à l’armure dorée.
« Nous allons procéder différemment à présent. » Déclara l’homme à la chevelure blonde, tandis que son regard accrochait celui du soldat, aussi froid que l’acier sous la glace.

« Appelez-moi Clegane, et demandez-lui de préparer la prisonnière pour le voyage. Vous voyagerez en fin de cortège pour surveiller nos arrières. » C’était une stratégie toute à fait plausible, surtout venant de Zaran, mais l’air contrarié de l’homme qui lui faisait face lui rappela que toute décision allait à son encontre. Il n'avait pourtant que faire des états d'âme de son Capitaine...


* * *


Les chemins qu’ils empruntèrent ce jour-là étaient encore plus escarpés que la veille. En milieu de journée, les troupes étaient déjà exténuées : les chevaux accumulaient la fatigue, et les chemins rocheux commençaient à devenir glissant pour leurs fers abimés. Bien qu’à quelques heures de marche de leur prochain point de campement, Zaran dû se résoudre à s’arrêter dans l’auberge qui se présenta devant eux, tirant une croix sur la proximité avec la rivière.

Tant pis, il aurait le mal de terre.

Laissant l’ensemble de la troupe s’occuper des montures –et de la prisonnière-, le Seigneur de Castral Roc se présenta à l’aubergiste –un vieil homme au sourire aimable, qui lui inspira confiance- pour prendre des chambres pour la nuit.

Concentré sur l’intendance de dernière minute, le Lion ne se doutait pas que le Capitaine reviendrait à la charge pour approcher la prisonnière. « Le Seigneur m’a chargé de la conduire dans les cachots. » Grogna Gaunt à Clegane, qui aidait la jeune femme à mettre pied à terre. Ce dernier ne broncha pas.

 
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Desmera Stark
J'ai 20 ans et je vivais à Winterfell. Dans la vie, je ne suis plus qu'une vagabonde et je m'en sors moyennement bien.. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je tiens profondément à ma liberté.



The lone wolf.

Diplomacy is the art of telling people to go to hell in such a way that they ask for directions.

Desmera, c’est une enfant du Nord, du froid, là où la neige est éternelle et où la brise mord autant que les loups qui peuplent le territoire. Dans ses yeux, on retrouve ce bleu glacé qui rappelle celui du ciel nordien, seulement son sourire, lui, évoque un Soleil lumineux et chaleureux. Mais rares sont ceux qui ont eu un aperçu de cette mimique. Bien qu’elle soit restée dans l’ombre de ses deux frères durant des années, Desmera n’a jamais manqué une occasion de tirer une leçon de chaque situation. Bonne ou mauvaise.

Réfléchie et cultivée, elle est de ceux qui se fient à leur esprit. La parole est d’argent, mais le silence est d’or.Un mantra qui la suit depuis qu’elle a été en âge de comprendre que les mots sont une arme, pour celui qui sait les manier. En tant que fille du gouverneur du Nord, Desmera a reçu une éducation digne de son rang, dont la sévérité a permis de lui forger un esprit ferme et inflexible.

Pourtant, en dépit de la rudesse de son environnement...la louve a su garder une certaine douceur, que ses proches ont souvent considéré comme une faiblesse, voire même une certaine forme de stupidité. Se complaisant dans la solitude, Desmera s’est rapidement détachée des jugements d’autrui au cours de son adolescence. Libre. La rébellion dans le sang. Elle a finalement su prouver que l’agneau pouvait avoir des crocs aussi aiguisé que n’importe quel loup nordien, en tenant tête au Seigneur de Winterfell.

Chaos is a ladder ((Zaran Lannister & Desmera Stark))  67da
jfa2.gifA wolf is a wolf, even in a cage, even dressed in silk.

Le Prince Lion conversait sans montrer une seule pointe d’inquiétude...pas même une once. A l’inverse de Desmera, il ne semblait pas sur la réserve, du moins pour un homme de son rang, face à une prisonnière qui s’annonçait comme une simple roturière. La jeune femme s’efforçait de lire dans ses gestes une certaine arrogance. Alors il était plus facile de rester sur la défensive, montrant les crocs à la moindre question, foudroyant le Lannister du regard pour lui rappeler qu’elle était en cage...mais pas vulnérable. Seulement, la nordienne ne décelait aucune forme de mépris chez Zaran Lannister. Était-ce un leurre ? Cherchait-il à la manipuler pour abuser d’elle ? Son esprit fourmillait de scénarios plus désastreux les uns que les autres. Elle sentit alors son expression se refermer à mesure que ses pensées prenaient une tournure plus... sombre. “ Je sais m’adapter à mon environnement.”répliqua-t-elle vaguement et avec détachement, ne souhaitant aucunement exposer à son geôlier les sentiments qu’elle possédait à l’encontre de sa terre natale. Le froid lui manquait, oui...pour des étrangers, le climat nordien était une véritable torture. Mais pour une nordienne, c’était la plus douce et agréable compagnie.

Sa tête s’inclina légèrement sur le côté, sans que Desmera en ai conscience. Elle fixait son geôlier avec un intérêt discret, réservé, à peine perceptible. Il ne correspondait en rien à l’image qu’elle possédait des Lannister et cette information la troublait, elle qui avait toujours grandi dans la méfiance que les nordiens vouaient à la famille régente. Une méfiance partagée à travers tout Westeros. Tous se méfiaient des lions, si bien que rares étaient ceux qui osaient leur tourner le dos...mais le prince qui lui faisait face dénotait. Il avait presque quelque chose d’humain dans le regard, ce qui poussait Desmera à se retrancher davantage sur elle-même. Et lorsque le commandant souffla sur la bougie, plongeant la pièce dans l’obscurité, la nordienne fut incapable de fermer les yeux. Animée par la crainte, elle resta éveillée toute la nuit, sondant les ténèbres à la recherche d’un quelconque mouvement...jusqu’à finalement glisser dans un sommeil léger, épuisée par les longues journées de chevauchées.

Mais la vagabonde se doutait que ce n’était que le début. Le lendemain fut plus éprouvant que la journée de la veille et Desmera lutta pour ne pas sombrer de fatigue, se dévouant toute entière à sa sécurité...laquelle était menacée par la présence du Capitaine, bien que ce dernier chevauchait à la fin du cortège, suivant les ordres donnés par le Commandant de la garnison. En dépit de son absence, la nordienne pouvait presque le sentir dans son dos, la fixant de ses petits yeux à la manière d’une vipère s’apprêtant à se jeter sur sa proie. Son appréhension s’amplifia lorsqu’ils s’arrêtèrent près d’une auberge….Et que la silhouette du capitaine apparut distinctement dans son champ de vision. Deux autres soldats étaient postés à ses côtés. Immobile, les deux hommes semblaient attendre des ordres...mais de qui ?

Desmera glissa jusqu’au sol, luttant pour garder son équilibre. Le regard que lui lança le Capitaine glaça ses veines...mais ce fut le sourire qu’il lui adressa, qui trahit ses intentions. Mesquin. Vicieux. Son rictus témoignait des pensées qui devaient agiter son esprit à cet instant. Elle recula, inconsciemment...mais des mains se refermèrent brusquement sur ses épaules. “ Toi, tu viens avec moi.”siffla doucement Gaunt alors que Clegane s’éloignait, abandonnant la prisonnière à son propre sort. Un courant d’air frais la traversa toute entière. Ses mains étaient liées mais...elle avait gardé soigneusement le couteau volé au campement, quelques jours plus tôt. Ce n’était pas une arme de taille pour affronter un soldat armé et flanqué de deux gardes, seulement, elle s'accrochait au mince espoir que lui insufflait la lame métallique. Aussi mince soit-il...La roturière recula encore d’un pas, sentant alors les battements de son cœur se précipiter dans sa poitrine. “Fait ce que je te dis, sale putain.”Gaunt la traîna vers un bosquet et, lorsqu’il fut assez éloigné, la renversa au sol. Desmera s’écroula dans la terre. La panique se propageant dans tous ses membres, elle chercha vainement à se redresser malgré ses poignets entravés par la corde.

“ Ne me touchez pas !”cracha-t-elle avec toute la férocité dont elle était capable en dépit de la fatigue et de sa terreur. Du bout des doigts, elle exerça une véritable torsion pour attraper le petit poignard, qu’elle fit ensuite tomber entre ses paumes. Tandis que le soldat s’avançait lentement dans sa direction, savourant sans aucun doute chaque instant de la situation, la vagabonde se démena pour déchirer ses liens. Ses mains tremblaient. Son cœur battait si fort que le bruit semblait se répercuter dans tout son être. “ Et sinon quoi ?”Gaunt s’arrêta à sa hauteur, se penchant vers elle, affichant de nouveau un regard si méprisant...que Desmera n’éprouva aucun regret lorsqu’elle enfonça brusquement la pointe de son arme improvisée dans le genou du capitaine. Ce dernier laissa échapper un cri de douleur...qui alerta aussitôt les deux gardes. Lesquels se précipitèrent pour maintenir la jeune femme au sol, l’empêchant ainsi de se redresser et de profiter de cette occasion pour s’enfuir. La nordienne se mit alors à se débattre furieusement. Mais l’emprise des hommes était puissante. Plus elle remuait, et plus ils renforçaient leur prise.

“ Lâchez-moi !”Mais, déjà, Gaunt retrouvait ses esprits, une grimace haineuse placardée sur son visage boursouflé. Un mince flot rougeâtre s’écoulait de sa plaie, le forçant à claudiquer, mais la douleur n’impactait aucunement ni ses désirs, ni sa rage. Pire.. elle les attisait. [i]“ Je vais te le faire regretter…”[/b]susurra-t-il du bout des lèvres alors qu’il forçait ses jambes à s’écarter pour lui offrir un passage.

[i]“ Et je vais te faire hurler à en perdre la raison, crois moi petite trainée…”[/b]Gaunt se rapprocha davantage. Ses paroles l’incitèrent à se défendre avec une telle violence, que Desmera sentait ses os souffrir de protestation sous la brutalité de ses gestes. Un soldat s’était posté à l’avant, comprimant ses épaules. Le deuxième maintenait ses chevilles. La vagabonde redoubla d’efforts pour se débarrasser de ses assaillants, mais rien ne semblaient faire effet pour les repousser. Elle redressa sa tête. Juste à temps pour voir la main de Gaunt se déposer avec une répugnante douceur sur l’étoffe de ses vêtements. Une peur sourde et profonde la renversa totalement.

Desmera sentit des larmes de fureur jaillir hors de ses yeux alors que son corps continuait de lutter. Son cœur allait exploser. Son sang bouillonnait dans ses veines, enflammé par l’impuissance, la peur, la colère, l’angoisse... sa respiration s’était bloquée. L’air ne parvenait même plus jusqu’à ses poumons. Les doigts du capitaine accrochèrent les ficelles de ses vêtements, les décrochant un à un avec un sourire qu’elle n’oublierait jamais. Le désespoir la submergea totalement. Elle était seule. Seule face à trois hommes qui ne paraissaient pas du moins du monde touchés par ses sanglots. Face à trois hommes qui se délectaient de sa détresse comme ils apprécieraient un onctueux verre de vin. Bien que son corps menaçait de se disloquer, Desmera luttait encore. Encore. Encore. La peur était si forte qu’elle ne ressentait aucune douleur dans ses muscles. Elle ne ressentait plus rien...si ce n’est une terreur instinctive.




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