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 This is a little like drowning in hell, almost romantic ~ Seolanne ~

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Dharma
Dharma
Féminin MESSAGES : 103
INSCRIPTION : 15/04/2019
RÉGION : Quelque part sur Gallifrey
CRÉDITS : wadewicons

UNIVERS FÉTICHE : SF, Fantasy, Contemporain, Post-apo, Steampunk
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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7ei5.pngMise en Situation


Shadow. L'ombre d'un homme des bas fonds qui se dévoile à un passé assombri par ses mille et un méfaits au Syndicat de la Rose, une organisation secrète, cabale dangereuse et historique datant de la naissance même de la majestueuse citadelle marine, Trebariel. Pour que ce passé le demeure, une vieille dette à payer. Enfin, rugirait la liberté. Aux confins des abysses, une sirène à livrer. Themilyse. Et si les choses n'étaient pas aussi simples qu'une mission aller-retour sans écarts ? Et si la passion, la vengeance, la douleur et les peines s'en mêlaient ? [UNCO]

@Seolanne


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Flynn Bellebrise,
Shadow

J'ai 35 ans et je traine ici et là, dans la pénombre de la citadelle marine, Trebariel sur le continent de Tel Selmin. Dans la vie, je suis Shadow; le salaud, le voleur, l'arnaqueur, le maitre chanteur, ou charmant bonimenteur... bon, il ne faut pas non plus écouter TOUT ce qu'on dit à mon sujet, surtout que c'est probablement vrai. Je m'en sors à merveille, sans me vanter. Tout n'est qu'une question de talents (dans tous les sens du terme). T'en as, ou tu peux bien aller crever le long des berges que personne ne viendra te sauver. Sinon, grâce à ma chance, je suis seul en compagnie de mes dettes et je le vis difficilement.



This is a little like drowning in hell, almost romantic ~ Seolanne ~ Tumblr_inline_p4pti1CLVq1rnyi92_500

On ignore bien où Flynn Bellebrise est né exactement. Personne ne sait d'où lui vient cette révulsion de l'Océan et tout ce(ux) qui le peuple. De toute façon, son passé n'a pas bien d'importance, il n'en parle d'ailleurs jamais. Il préfère feindre l'ignorance sur ces sujets, se leurrer d'oubli. Il se souvient parfois de sa jeune enfance, d'une mère au sourire doux et bienveillant. Il n’a pas de souvenirs d’un père, peut-être est-il mort, peut-être s’est-il enfuit; il s’en fiche. Il ne se souvient que du bain de violence qui a suivi ce grand flou, celui même dans lequel il baigne toujours. La marée noire.

This is a little like drowning in hell, almost romantic ~ Seolanne ~ 2f247181730ffc70d6d835ec1b5498c4f9682b36

Shadow, patronyme récolté au fil de ses méfaits, est un brigand tout ce qu'il y a de plus fourbe et malhonnête. Il est doué pour semer le doute et le trouble autour de lui, souvent à des fins purement égoïstes et est capable de beaucoup de tromperies pour sauver sa peau. Pour une ombre, l'ironie -et probablement l'arrogance- de cet homme veut que son faciès soit excessivement connu des marchands et bandits de Trebariel. Comme on peut facilement s'en douter, il n'est pas digne de parole, ses promesses sont souvent terriblement audacieuses et le vaurien n'en tient jamais compte : peut-être les oublie-t-il volontairement, quitte à couler sous de nouvelles dettes ? quoiqu'il en soit, cela ne semble pas l'empêcher de fermer l’œil le soir. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a au moins le sens du spectacle, ainsi que le goût du risque et de l'aventure encrés dans la peau. Il a l'obstination maladive comme principale conviction dans la vie, il ne renonce jamais et les conséquences de ses actes restent le cadet de ses soucis. Du moins en apparence.

Enfin, tout ça, c'était avant. Aujourd'hui, il se noie dans les vagues tumultueuses d'un passé qui ressurgit, passé qu'il aurait préféré effacer. Un job subtil et assez simple sur papiers. Une sirène à livrer à l'homme qui a assassiné son mentor avec pour prix; sa liberté. Et s'il pouvait tout oublier après ça, vivre réellement ? Se soumettre, abandonner et changer de vie... Mais la vengeance est un poison. Une obsession. Et sans le savoir, il est déjà trop tard. Il coule dans ses veines comme valsent les vagues de la marée noire.

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Colin O'Donoghue :copyright:️ doom days
Tel le poison qui se répandait dans les veines ou la nécrose maudite qui s’étendait et pourrissait les Hommes en dedans, la haine rongeait Shadow depuis ses retrouvailles avec son tendre malaimé, l'Océan. Sans répit, aucun. Il fulminait, et ses quatre pions choisis pour le voyage semblaient avoir plus ou moins reçu le message : chacun connaissait son poste, personne ne bronchait... de peur de déguster, connaissant le personnage. À la seconde même où ses bottes de cuire touchèrent le tillac du Brigantin emprunté -volé-, le fielleux fugitif avait perdu tout de son entrain joueur et nonchalant habituel; se refermant derrière le masque froid d'un joyaux sombre : peut-être que le prix de sa liberté valait bien tous ces désagréments, mais cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas pris la mer. Une éternité.

Deux mois. Cela faisait déjà deux mois que Flynn avait quitté le Berceau de l'Hiver, la cellule des bas fonds d'une autre vie de vagabond, trop occupé à fuir et se fuir lui même pour faire face à la réalité. Deux longs mois durant lesquels il prit le temps de rejoindre le Cœur Marin, la fière citadelle qu'il n'avait jamais tant aimé, Trebariel et tous les maux qui venaient naturellement avec elle. Oh, elle était belle. Même sublime. Mais son passé houleux sur ses terres (même plus généralement, ses mers) avait eu raison de la vision du brigand sur ses beaux attraits. Le Syndicat de la Rose. Il pensait ne plus jamais en entendre parler. Il pensait avoir fui suffisamment loin, suffisamment longtemps, s'être joué d'assez de monde, avoir assez brouillé les pistes... s'être fait oublier. Mais le passé d'un feu pirate finissait toujours par ressurgir, et il était temps de l'accepter. Ah, le temps passait si vite, si étrangement, lorsqu'à défaut de le contrôler, on pouvait de nouveau le compter. Au début, Flynn la sentait plutôt bien, sa mission. Après tout, il avait appâté sans grands efforts ses quatre crétins qui étaient persuadés de recevoir un butin, une fois rentrés à bon port avec la marchandise à écailles. Mais alors que le navire fendait les vagues depuis ce qui ressemblait à une éternité, le Capitaine autoproclamé du navire s'assombrissait. Non, rien n'allait pour calmer les grondements de la bête rouge et ses méfiances chroniques à l'égard de l'univers. La mer était bien trop calme à son goût et, d'expérience, il savait que cela ne présageait jamais rien de bon. Il devait tout comprendre ou au moins pouvoir faire passer l'illusion que c'était le cas, c'était indispensable. Sinon, comment pourrait-il prétendre user de ses marionnettes correctement sans se faire prendre en temps voulu ? Tout un art fort délicat, tout un doigté subtil, tout un joli jeu de pions, pas le droit à l'erreur... plus maintenant. Il fallait rester cohérent, et pour se faire, il devait demeurer le parfait maitre du jeu. Mais de quel jeu pouvait-il bien s'agir, maintenant, celles de cette ordure de Sloan ? Flynn n'avait pas pour habitude de jouer sur les terrains qu'il ne connaissait pas. Il lui faudrait rapidement connaitre les nouvelles règles pour enfin prétendre à les déjouer.

Son plan était simple, bien ficelé; lui qui aimait tant improviser.

— Restez aux aguets, camarades, et tendez l'oreille, il y en a forcément une ou deux quelque part. Si vous ne les voyez pas, vous entendrez leur ballade funèbre. C'est tout ce dont nous avons besoin.

Flynn Bellebrise connaissait les secrets de ces eaux troubles comme peu de pirates de Tel Selmin pouvaient s'en vanter. On lui avait appris tant de choses sur les flots, par le passé. Il savait où se procurer une sirène rapidement, et sans accrocs, ou du moins en diminuant les risques. Il ne l'avait jamais fait lui même, mais ce ne devait pas être bien compliqué. Ici bas, en ces étendues océanes obscurcies par un brouillard noir, se retrouvaient piégées quelques créatures nageuses fatiguées ou blessées, se faisant pousser par les vagues fulgurantes et maudites jusqu'au rivage. La plupart en mourait, mais il suffisait d'une survivante, d'une unique rescapée. On appelait ces rivages maudits le Gouffre Ébène. Peu de marins osaient s'aventurer dans les parages trop longtemps de peur de s'y perdre à jamais. Cela tombait plutôt bien, Flynn et son équipage de circonstance ne comptaient pas s'éterniser.

Il leur fallait s'approcher, se faire discret, patienter, et puis cueillir le butin. Un jeu d'enfant, quoi. Pourtant, ce n'était pas de l'assurance qui se lisait sur le visage du marin-forcé aux yeux d'éclat de ciel, mais une impatience latente et rageuse qui n'avait pas lieu d'être, qui pourrait devenir dangereuse s'il ne la taisait pas rapidement. Il avait hâte d'en finir avec le grand bleu. Tellement hâte de retrouver la terre ferme.

Ils observèrent un long moment sans ne rien voir à travers l'horizon brumeux. Le silence était pesant. Mortel. Étouffant. Rien. Aucun chant. Aucun bruit.... Ou peut-être que....

— Capitaine, à tribord, regardez ! Il y en a une ! Ah, mais je crois qu'elle est morte ! s'exclama l'un de ses hommes, un gamin assez idiot pour se dire que c'était une merveilleuse idée de hurler en plein milieu de l'océan, dans un lieu aussi mystique et dangereux : surtout pour dire des futilités.

Aussitôt, Flynn quitta la barre du navire, prêt à attraper le pirate sans cervelle par le col et le faire passer par dessus bord, ou au moins lui en foutre une qui le ferait regretter d'avoir une langue ;

— Espèce de sombre sottard de...

... Mais s'arrêta net en chemin lorsqu'il entendit les mots d'un autre marin, plus discret et observateur, cette fois-ci.

— Attendez. Elle bouge encore.

Shadow, armé de sa longue vue, suivit les regards de son équipage, soudain plus intéressé. Il vit se dessiner la silhouette non loin, quelque peu déformée par le brouillard. Une crinière rousse aveuglante. Une nageoire entaillée profondément. Elle ne bougeait que très peu.

— Allez chercher le filet.

...

Inconsciente, elle venait d'être repêchée comme du vulgaire poisson. Flynn éloigna rapidement ses hommes d'un geste de la main et s'accroupit au dessus de la créature, attentif au moindre de ses mouvements. Elle respirait bel et bien. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait une sirène et pourtant... ce moment le troubla, lui coupa le souffle l'espace d'un battement de cœur éteint. Un froncement de sourcils. Retour à une réalité bien moins onirique. Alors qu'il pouvait l'examiner distinctement, il savait qu'il avait fait le bon choix en venant jusqu'ici. Elle possédait un visage laiteux de poupée immaculée encadré d'une chevelure de flammes ardente. Une silhouette gracieuse et une nageoire brillante de mille feux.. entachée par la peine. Elle était tout simplement...

— Parfaite. chuchota-t-il pour lui même en penchant la tête sur le côté, un sourire satisfait en coin. Il effleura sa joue d'une main ornée de quelques bijoux, souvenirs de ses conquêtes.

Enfin, elle sembla reprendre connaissance. Il ne bougea pas d'un millimètre, et put plonger ses propres yeux d'océan dans les siens, mielleusement doux. Ce fut saisissant... non, dangereux. Les sirènes étaient des créatures dangereuses.

— Bienvenue à bord, ma jolie. minauda-t-il dans un sourire enjôleur.

Il se releva avec souplesse et désinvolture, puis lui tourna le dos afin de reprendre place aux commandes du navire.

— Ligotez-la.

Aussitôt ordonné, aussitôt exécuté.

— Pas de temps à perdre, on décampe. Plus vite nous quitterons ce cimetière à fretins, mieux j'me porterais. dit-il d'un air sombre. Plus vite je retrouverais les pieds sur terre, moins vous aurez de chance de tous crever, éventrés par ma lame.

— Ouvrez vos soucoupes, messieurs, le vent est mauvais... Ah, et par pitié, fermez un peu vos gosiers dégoulinants de bave, vous aurez tout le temps de discuter boissons et tapins quand on retrouvera Trebariel. les prit-il de court, l’œil mauvais, alors que deux d'entre eux commençaient déjà à chuchoter des blagues salaces autour de la sirène.

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Thémylise « Témys » Salamandre
J'ai 108ans ans et je vis dans les profondeurs des océans, entre les courants marins et les lagons , dans les légendes humaines. Dans la vie, je suis Sirène, la cinquième fille du Souverain de l’océan et d’une naiade et je m'en sors merveilleusement bien. Je suis mes envies et mes caprices, tout en étant à la recherche de ma mère qui a disparu quelques années après ma naissance. Sinon, je suis sans attaches sentimentales et je le vis plutôt bien J’aborde à peine la première partie de ma vie et j’ai bien le temps de songer à me poser. Pour le moment, je veux tout vivre et tout découvrir.

Les eaux profondes au large de Trebariel, l’envahissante cité humaine, sont les frontières du domaine de son Père. Thémylise a appris à éviter de s’en approcher. La cupidité des mortels pour toutes les créatures magiques ne connaît nulles bornes et ils n’hésitent pas à les traquer pour les exhiber dans leurs salons en signe d’opulence. Fées, nymphes, faunes, centaures, pixies sont trafiqués sur l’ensemble de Tel Selmin. Parfois pour les propriétés magiques qui sont atribuées à certaines parties de leurs corps. Ecailles, ailes, sang sont prisés par les alchimistes pour leurs breuvages et cataplasmes.
Les Sirènes se montrent rarement aux hommes et n’ont aucun scrupule à provoquer de sanglants naufrages lorsque les navires s’approchent trop près de leurs sanctuaires effleurant les flots, garantissant leur secret. Thémylise et ses sœurs sont responsables directement de la perte de plusieurs bateaux d’exploration. Si elle regrette les pertes de vie, la sécurité de son peuple est plus importante.
Les Sirènes sont parmi les créatures les plus rares et les plus exotiques. Les plus dangereuses aussi. Pour cela, le peuple marin est particulièrement traqué. Avec rarement de succès. Les capturer, c’est une chose, les garder en est une bien différente. Thémylise soupçonne les hommes d’être responsable de l’absence de sa mère et de l’enfant qu’elle portait à cette époque sans en avoir eu la moindre preuve malgré des années à écouter les rumeurs portées par les vents.


Molly Quinn@Babine

Le gouffre Ebène a une sale réputation, même pour les créatures marines. Les plus intrépides flirtent avec ses vagues traîtresses et ses courants violents qui vous emportent dans deux directions opposées. Pourtant, c’est aussi une tentation, car une fois les murailles immergées franchies, il s’y trouve un jardin de coraux aux teintes arc en ciel, jonchés ci et là de sculptures dont les artistes ont quitté les souvenirs des vivants depuis des décennies. Les huîtres qui s’y dissimulent dans les recoins recèlent les plus belles perles et plus d’un triton s’y est perdu en tentant de ramener l’un de ces trésors pour conquérir le cœur de sa belle. Si le Gouffre est éloigné des lignes maritimes croisant vers Trébariel, il arrive pourtant que des navires aux capitaines inconscients s’y engagent et s’y fracassent lorsque l’Arrogance n’est pas à la hauteur des compétences. Ce qui en fait le lieu idéal pour les rendez-vous clandestins et les traîtrises.

Thémylise en fait l’amère découvertes lorsqu’elle parvient à nager pour remonter vers la surface, les mouvements de sa queue alourdie d’une souffrance qu’elle découvre. Un sang trop pâle trace un sillon dans les eaux sombres, alertant les prédateurs d’une proie facile à croquer si elle ne trouve pas un refuge rapidement. Son buste crève l’onde pour une inspiration haletante et incertaine. Pendant plusieurs minutes, elle flotte à la surface de l’eau. Vouloir plonger vers l’un des palais sous marin est impensable. Elle n’a pas la force de nager aussi loin. Non, il va lui falloir se dissimuler à l’ombre des écueils qui affleurent en nombre. Serrant les dents, elle parvient à refermer les bras sur l’un d’eux, insensible aux coupures salines des minuscules coquillages qui viennent compléter la vilaine estafilade de sa queue. La sirène parvient à se hisser un peu en hauteur et permet à la fraicheur de la nuit porteuse de pluie et lourde de vents encore tapis apaiser la fébrilité qui la gagne. A son cou, une ravissante conque nacrée dans lequel elle souffle. Aucun son qui pourrait trahir sa présence n’est audible, pourtant elle sait que si l’une des monture aquatique se trouve dans les parages, elle entendra son signal et viendra la rejoindre au plus vite.

C’est un éclat de voix qui se propage sur les flots qui s’agitent de plus en plus qui la fait redresser la tête. Des rires et des cris de marins en goguette qui proviennent d’un petit brick dont elle prend seulement conscience. Il lui est impossible de rester sur son récif, sa peau laiteuse et ses cheveux flammes en feront un phare bien trop visible pour ces marchands de malheur. Il n’y a que des chasseurs pour oser s’aventurer vers ce vortex. Le plus discrètement possible, Thémylise glisse le long du roc et retrouve l’océan sans créer la moindre onde qui pourrait la trahir. Mais sa blessure l’épuise et sa nage est lente. Les courants ont une telle puissance qu’elle ne parvient pas à fendre les flots ni à rester invisible sous la surface. Peu à peu, la créature sent son énergie décliner et même l’ombre funeste du bateau ne parvient pas à lui donner un regain de force. Les mailles du filet se referment cruellement sur ses bras et sa queue, l’emprisonnant plus étroitement à chaque fois qu’elle se débat. Elle perd connaissance pendant qu’elle est remontée sur le pont.

Quand elle sent des doigts qui frôlent sa joue, cette chaleur non naturelle suffit à la sortir de son inconscience. Thémylise tourne la tête vivement et hisse sauvagement, tentant de mordre la main qui s’approchait de sa peau. Dévoilant des dents bien trop effilées pour ne pas être dangereuses. Mais ce simple effort l’épuise et sa tête retombe sur le bois buriné par les éléments. Elle tourne le visage vers l’homme qui la surplombe, accrochant ses grands yeux bleus aux siens. Et n’y trouve aucune merci ou compassion. Son sourire et ses mots sont des insultes. Sa queue continue à perdre son hémoglobine, presque paresseusement, au rythme des petits coups qui frappent le bois, sans qu’elle ne semble réaliser ces mouvements instinctifs. -Quelle charmante hospitalité. – articule t’elle en direction de son dos. Et malgré le sarcasme, malgré sa faiblesse, les tessitures de son timbre sont enjôleurs, d’une douceur de miel et la caresse d’une brise d’été. C’est à se demander de quoi elle serait capable si elle était en pleine santé…

Aucun des malfrats n’y est sensible. Soit ils sont immunisés soit leur cupidité est un rempart suffisant, pour le moment. Et Thémylise n’a pu se concentrer sur un seul homme, ils étaient tous trop proche les uns des autres, diffusant le pouvoir latent de sa voix. Les cordages se referment brutalement autour de son buste, immobilisant ses bras. Sa queue est arrimée de chaque coté à de lourds barils, l’empêchant de se déplacer pour basculer par-dessus le bastingage. Déjà celui qui doit être le capitaine et meneur de cette bande de pirates en guenilles a repris la barre. Luttant contre des vents de plus en plus puissants qui gonflent les voiles et agitent les vagues sous la quille en une houle qui promet d’être dévastatrice dans les heures suivantes. Les propos de stupre des marins lui parviennent à l’oreille. Qu’ils se rassurent. Si aucun d’entre eux ne prends soin de la plaie qui ravage ses écailles, ils auront bientôt un poisson mort sur les bras. Sa main droite se referme étroitement sur elle-même. Sueur glacée qui contraste avec la température trop élevée de son corps hybride. Et les cadavres des hommes la rejoindront quand ils seront pris au cœur du grain qui s’annonce. Les tempêtes hivernales n’ont rien de joyeuses. Même pour les marins les plus expérimentés. Et cet équipage ne parait pas l’être. -Vous devriez me relâcher. Vous savez que j’ai le pouvoir d’apaiser les ondes et les courants… -Faux. Archifaux. Mais c’est bien ancré dans les mythes qui circulent à leur sujet et la Sirène ne voit aucune raison de ne pas se servir de toutes les armes à sa disposition, aussi illusoire soient elles. Son visage pivote vers celui qui est le plus proche d’elle. Qui ne cesse de la dévorer des yeux et dont les commentaires sont les plus crus. Un murmure qui n’est qu’à lui destiné, un sourire qui vient éclairer les saphirs de ses prunelles et ses mèches fauves semblent plus soyeuses encore. La cadence de ses mots est une invocation à la sensualité suave, à la tendresse d’une onde légère. -Libère moi… je te promet que le reste de ta vie sera enchanté.. les charmes de mes sœurs… les richesses des océans sont à ta portée… rends moi à la Mer et ma gratitude sera sans limite. Marin… -Déjà, la faiblesse de son esprit vacille sous la magie de la voix d’une Sirène. Tendant la main vers l’extrémité d’un des liens qui la ligote, sous le regard incertain des autres sbires qui oscillent entre raison et la curiosité. Ha la curiosité des Hommes. Le visage de la Tentatrice rousse est déja bien plus pâle et ses traits sont tirés. Cet effort de compulsion lui coute bien plus qu'elle ne l'admettra.

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Flynn Bellebrise,
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J'ai 35 ans et je traine ici et là, dans la pénombre de la citadelle marine, Trebariel sur le continent de Tel Selmin. Dans la vie, je suis Shadow; le salaud, le voleur, l'arnaqueur, le maitre chanteur, ou charmant bonimenteur... bon, il ne faut pas non plus écouter TOUT ce qu'on dit à mon sujet, surtout que c'est probablement vrai. Je m'en sors à merveille, sans me vanter. Tout n'est qu'une question de talents (dans tous les sens du terme). T'en as, ou tu peux bien aller crever le long des berges que personne ne viendra te sauver. Sinon, grâce à ma chance, je suis seul en compagnie de mes dettes et je le vis difficilement.



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On ignore bien où Flynn Bellebrise est né exactement. Personne ne sait d'où lui vient cette révulsion de l'Océan et tout ce(ux) qui le peuple. De toute façon, son passé n'a pas bien d'importance, il n'en parle d'ailleurs jamais. Il préfère feindre l'ignorance sur ces sujets, se leurrer d'oubli. Il se souvient parfois de sa jeune enfance, d'une mère au sourire doux et bienveillant. Il n’a pas de souvenirs d’un père, peut-être est-il mort, peut-être s’est-il enfuit; il s’en fiche. Il ne se souvient que du bain de violence qui a suivi ce grand flou, celui même dans lequel il baigne toujours. La marée noire.

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Shadow, patronyme récolté au fil de ses méfaits, est un brigand tout ce qu'il y a de plus fourbe et malhonnête. Il est doué pour semer le doute et le trouble autour de lui, souvent à des fins purement égoïstes et est capable de beaucoup de tromperies pour sauver sa peau. Pour une ombre, l'ironie -et probablement l'arrogance- de cet homme veut que son faciès soit excessivement connu des marchands et bandits de Trebariel. Comme on peut facilement s'en douter, il n'est pas digne de parole, ses promesses sont souvent terriblement audacieuses et le vaurien n'en tient jamais compte : peut-être les oublie-t-il volontairement, quitte à couler sous de nouvelles dettes ? quoiqu'il en soit, cela ne semble pas l'empêcher de fermer l’œil le soir. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a au moins le sens du spectacle, ainsi que le goût du risque et de l'aventure encrés dans la peau. Il a l'obstination maladive comme principale conviction dans la vie, il ne renonce jamais et les conséquences de ses actes restent le cadet de ses soucis. Du moins en apparence.

Enfin, tout ça, c'était avant. Aujourd'hui, il se noie dans les vagues tumultueuses d'un passé qui ressurgit, passé qu'il aurait préféré effacer. Un job subtil et assez simple sur papiers. Une sirène à livrer à l'homme qui a assassiné son mentor avec pour prix; sa liberté. Et s'il pouvait tout oublier après ça, vivre réellement ? Se soumettre, abandonner et changer de vie... Mais la vengeance est un poison. Une obsession. Et sans le savoir, il est déjà trop tard. Il coule dans ses veines comme valsent les vagues de la marée noire.

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Colin O'Donoghue :copyright:️ doom days
— Tu m'en diras tant s'amusa l'ex-grand pirate dans un geste frivole du poignet et le timbre railleur, dur, de la colère trop longtemps sauvegardée. Des boniments prévisibles de la part de la créature tout juste repêchée. Et pourtant leurs bercements doucereux lui rappelaient, encore aujourd'hui, malgré Tout, que fut un temps où ce n'était pas de la haine qu'il leur vouaient. Léger froncement de sourcils passager. Shadow reprenait la barre et le pouvoir. Il n'avait pas de temps à perdre, surtout pas avec le butin, surement pas à ressasser le passé. Les flots faisaient ressortir en lui tout ce qu'il avait fui toutes ces années. Tout le mal d'un homme en quête de pure liberté, de simple solitude. Tout le contraire de ce qu'il avait sur l'instant. Son regard aux couleurs de ses maux, des grands flots, se reporta rapidement sur son otage aux crins calcinant, à la peau de verre et aux yeux artificieux. Il roula des yeux en la voyant jouer son jeu. Alors, il choppa le veston de son ancien mousse, et le positionna fermement à sa place.

— Et tâche de ne pas me faire regretter de t'avoir gardé en vie, cette nuit là. lui rappela Flynn, l'air menaçant.

Le blondin se figea, le cœur battant la chamade, puis acquiesça vivement. Le souvenir lui revenait en tête, certainement.

— À vos ordres mon Cap.... Shadow. se reprit l'ancien bon à rien de son équipage -qui le demeurait, cependant moins qu'avant-

Flynn arqua un sourcil à la correction. Peut-être retenait-il certaines leçons, tout compte fait.

Après une tape sur l'épaule, il disparut dans ses quartiers, en silence. Il en ressortit rapidement avec un petit sac en lin sur l'épaule et se dirigea d'un pas décidé vers la vermine des abysses. De derrière, il observa d'un œil méfiant se dessiner un manège inquiétant qu'il ne savait imminent. Au moment où le marin allait céder et frôler la créature pour la libérer, Flynn dégaina sa lame aussi furtivement et prestement que son patronyme l'avait toujours dicté, et la pressa sous la gorge du maudit.

— Règle numéro un : Personne n'approche la créature sans mon autorisation. susurra-t-il entre ses dents serrées avec malice et ténèbre, alors que le marin se tendit, incapable de prononcer un mot. Son regard bascula une chrono-seconde vers le fretin. Un éclat passa dans ses rétines. Il lui faudrait faire bien plus attention à cette vile corruptrice que prévu, avec une telle équipe de bras cassés... qu'il ne pouvait se permettre de balancer par dessus bord à la moindre faute.

Le marin ne patienta pas jusqu'à la règle numéro deux et fila à ses occupations, ordonnées par son capitaine lorsqu'il l'eut relâché.

Seuls, ou presque, tous les deux, Flynn se recula d'un pas, faisant mine de l'examiner avec plus de précaution et d'ombre dans le regard habituellement égal aux lapis-lazuli. Il haussa les sourcils, rangea son arme derrière sa redingote de cuir et passa une main dans sa chevelure onyx. Un fin sourire sardonique se forma quelque part, laissant apparaitre ses fossettes trompeuses.

— Que de promesses et d'enchantements. Tu ne m'en fais pas, à moi ? chuchota-t-il, le timbre et la posture théâtralement obscures, alors qu'il remettait le sac de lin sur son épaule.

Finalement, il se rapprocha au plus près d'elle. Battante malgré sa modeste posture. Le brigand plissa les yeux. Elle perdait son temps, comme il perdait le sien à l'observer de cette façon... l'air ailleurs.

— Ne te donne pas tant de peine. Tes espoirs sont vains, je ne connais que trop bien celles de ton espèce, ceux de ton monde. Le ton se voulait autoritaire, un brin menaçant. Mais c'est toute l'ombre-azur de ses ravages intérieur qui ressortit de plus bel. La haine.

— Ce n'est qu'une question de jours avant que tu ne rejoignes le mien.

Sourire assuré et petit clin d’œil provocateur. Il sortit d'une de ses poches un foulard rouge qu'il lui serra entre les dents pour qu'elle cesse de jouer de ses charmes avec ses quatre pions, et qu'il ne l'entende plus, surtout. Ces abysses lui donnaient la gerbe. Revoir de ses propres yeux une sirène lui donnait des maux de tête. Et cette tempête qui s'annonçait ne faisait que confirmer sa révulsion de tels dangers. Ceux même qu'il aimait tant fendre à toute enjambée.

Flynn était un brigand tout ce qu'il y avait de plus paradoxal. Un véritable survivant qui bravait continuellement tous les dangers; semblant les attirer comme le miel les abeilles, mais qui préférait secrètement à tout ce sang et toutes ses fuites théâtrales : sa tranquillité. Pourquoi n'avoir jamais cherché à l'avoir, dans ce cas ? Eh bien, sans doute ne la méritait-il pas. Sans doute était-ce trop compliqué. Sans doute préférait-il ne pas avoir le temps de respirer. De tout temps, depuis gamin, il parvenait toujours à s'en sortir. C'était l'essentiel. Rarement sans pertes, sans carmin ou sans larmes. Mais lui, vivait, et c'était tout ce qui comptait. L'homme des mers, bien plus à l'aise sur ses terres, n'avait jamais aimé que ses victoires, ses conquêtes, ses cavales, ses moments de mistral. Peut-être était-il fait pour les cieux, pour voler, et non pas que des talents... Mais rêver ne lui avait jamais réussi.

Silhouette féline. Regard vulpin. Flynn Bellebrise se rapprocha au plus près de sa proie, désireux de mettre fin à ses incartades avant même qu'elle ne les aient eu imaginées. Il ne lui laisserait aucune chance.

— J'ai un petit cadeau pour toi, sweetheart. minauda-t-il dans un murmure sensuel.

Sur ses mots, il retira l'un de ses colliers et le fit pendre devant les yeux de la douce créature. Un talisman précieux. De ceux qu'il était si compliqué de se procurer... mais Flynn avait le sien depuis toujours, ou presque. La pierre azur au bout de la chaine en or se mit à briller, au contact proche de la sirène. Le malfrat sourit à grandes dents puis, sans plus attendre, ne se fit pas prier pour le lui accrocher derrière la nuque.

— Cesse donc de te débattre, tu épuises tes forces... souffla-t-il contre son cou, doucement.

Le talisman eut l'air de se sceller dès lors qu'il frôla la peau laiteuse de sa Destinée. De cette façon, elle ne pourrait l'enlever d'elle même. Une étrange lumière océane l'éblouit tout à coup, il dut se protéger les yeux quelques secondes... puis la créature mi-femme mi-poisson, fut métamorphosée en Femme, nue et fragile, recroquevillée sur elle même. Magique. Sublime... mais non moins malveillante.

— Alors, toujours désireuse de faire trempette ?

Le moment intense passé, il se hâta à continuer ce qu'il avait commencé.

— Ce n'est pas contre toi, love, mais je ne laisserais pas le fruit de ma liberté m'échapper si facilement. dit-il avec fermeté en sortant de son long manteau une flasque emplie d'alcool pour asperger la plaie, qui se trouvait dorénavant sur le mollet de la jeune femme, toujours fermement attachée et incapable d'émettre la moindre parole sensée.

Habilement, il entreprit de bander la plaie. Délicatesse étonnante et paradoxale. Travail méticuleux et nécessaire. Voilà qui devrait faire l'affaire, au moins jusqu'au port. Satisfait, le ténébreux capitaine du navire se releva et sortit du sac de lin une couverture ainsi qu'une robe en mauvais état.... qu'elle ne pourrait même pas porter sur l'instant, vu sa situation. Les détails lui importaient peu. Il lui jeta le tout sans plus de manière et reprit son poste à la barre. Les temps devenaient troubles au même titres que ses grondements intérieurs. Une tempête imminente. Flynn n'était pas certain d'en apprécier les potentielles tournures. Il lui était hors de question d'échouer d'une quelconque façon. Il n'avait pas été l'un des pirates les plus craints de Trebariel juste pour le plaisir de l'égo. Sa renommée avait sur quoi se reposer, quoi qu'il puisse en penser avec rancœur sur l'instant... et même si aujourd'hui, il n'avait pas l'équipage, qui pouvait se targuer d'en être un, à ses côtés. Il était là, lui. Il s'en sortait toujours, lui. Capitaine, brigand, malfrat, traitre ou voleur. Il n'avait plus le moyen de fuir, maintenant, pas de pirouettes spéciales Shadow pour changer les règles du jeu au moment le plus opportun. Il fallait faire face aux sanglants démons pour prétendre à remporter l'ange libertine.
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Thémylise « Témys » Salamandre
J'ai 108ans ans et je vis dans les profondeurs des océans, entre les courants marins et les lagons , dans les légendes humaines. Dans la vie, je suis Sirène, la cinquième fille du Souverain de l’océan et d’une naiade et je m'en sors merveilleusement bien. Je suis mes envies et mes caprices, tout en étant à la recherche de ma mère qui a disparu quelques années après ma naissance. Sinon, je suis sans attaches sentimentales et je le vis plutôt bien J’aborde à peine la première partie de ma vie et j’ai bien le temps de songer à me poser. Pour le moment, je veux tout vivre et tout découvrir.

Les eaux profondes au large de Trébariel, l’envahissante cité humaine, sont les frontières du domaine de son Père. Thémylise a appris à éviter de s’en approcher. La cupidité des mortels pour toutes les créatures magiques ne connaît nulles bornes et ils n’hésitent pas à les traquer pour les exhiber dans leurs salons en signe d’opulence. Fées, nymphes, faunes, centaures, pixies sont trafiqués sur l’ensemble de Tel Selmin. Parfois pour les propriétés magiques qui sont attribuées à certaines parties de leurs corps. Ecailles, ailes, sang sont prisés par les alchimistes pour leurs breuvages et cataplasmes.
Les Sirènes se montrent rarement aux hommes et n’ont aucun scrupule à provoquer de sanglants naufrages lorsque les navires s’approchent trop près de leurs sanctuaires effleurant les flots, garantissant leur secret. Thémylise et ses sœurs sont responsables directement de la perte de plusieurs bateaux d’exploration. Si elle regrette les pertes de vie, la sécurité de son peuple est plus importante.
Les Sirènes sont parmi les créatures les plus rares et les plus exotiques. Les plus dangereuses aussi. Pour cela, le peuple marin est particulièrement traqué. Avec rarement de succès. Les capturer, c’est une chose, les garder en est une bien différente. Thémylise soupçonne les hommes d’être responsable de l’absence de sa mère et de l’enfant qu’elle portait à cette époque sans en avoir eu la moindre preuve malgré des années à écouter les rumeurs portées par les vents.


Molly Quinn@Babine

Ligotée sur le pont. Troussée et prêt à être filetée au plus offrant. Non. C’est une situation que la princesse marine refuse. Pas sans lutter. Elle profite que le meneur prenne le large après une petite mise au point avec l’un de ses hommes. Et une information qui murmure à ses oreilles. Capitaine de quoi, Ombre de qui ? Car ce ne sont certainement pas ces quatre pieds bots qui constituent un équipage digne de ce nom. Ils ressemblent plus à un ramassis de piliers de taverne. Non qu’elle n’en a souvent visité, des tavernes. Thémylise ne s’est que très rarement mêlée à la foule puante de Trébariel. Suffisamment pour avoir vu la Citadelle émerger d’un simple rocher colonisé à une véritable ville flottante. Ho, avoir le pouvoir de la faire basculer dans les flots et les parasites qui ravagent ses rues. Hélas, elle n’est pas encore assez puissante. Pas même son Père ne l’est. De plus, le gamin a avalé sa langue en parlant. Il y a là un mystère à creuser. Mais d’abord, retrouver l’onde, quand bien même elle n’est pas certaine d’y survivre. Choisir sa mort à une existence qui ne lui appartient plus est une évidence. Et ho comme les esprits de ces deux là sont simple à manipuler. Ils sont des tournesols avides de sa chaleur et de sa lumière. Il n’aurait suffi que de quelques secondes de plus. Quelques secondes de plus pour retrouver la mouvance salée. Pour tourner le dos à ces hommes et prendre sa vengeance sur eux plus tard.

Avec la souplesse et la rapidité d’un chat aux aguets, une lame brille sur le marin qui allait défaire les nœuds de ses liens. Avec une intensité particulière dans le regard, la Fauve observe la scène qui se déroule. Témoin impuissante. Mais qui espère que le poignard dont l’acier se reflète sur ses écailles va venir cueillir son dut carmin. Et la débarrasser d’un ennemi sans qu’elle n’ait besoin de se salir les mains. Mais « Capitaine » garde son sang froid. A son grand désappointement. Et l’expression de son visage de ne le dissimule pas. Un sourire sarcastique quand il l’observe, ils ont tous les deux conscience de qu’elle a tenté. Et recommencera à la prochaine occasion. C’est la promesse qui étincele dans les prunelles Ciel qui se confrontent à l’Ouragan des siennes. Il sait se faire obéir de son gibier de potence. Qui détale pour se trouver une occupation loin d’eux. Elle détourne son regard quand il s’approche, faisant disparaitre son coutelas. Et Thémylise note avec attention où est la gaine du fourreau. Il a un charme rugueux qui doit faire fureur dans les bordels en bordure de quai, difficile de ne pas le noter quand il se penche au dessus d’elle. Non que cela le sauvera du sort qu’elle lui réserve.

Le haut de son corps repose sur le pont, paraissant parfaitement confortable malgré les cordes abrasives qui la maintiennent en place. Sa chevelure cuivre perle encore de l’eau saline qui s’était prise dans ses mèches. Elle offre une vision de féminité sacrifiée qui contraste brutalement avec les éléments masculins qui l’entourent. Un long soupire qui lui échappe, faisant gonfler les rondeurs de sa poitrine. Un petit rire à sa remarque faussement désinvolte. Son visage revient vers lui. -Ne vous en faites pas, Shadow, votre tour viendra aussi. Ne soyez pas impatient de vouloir gouter à mes charmes. Vous pourrez ne plus vouloir vous en passer. -Elle n’est pas en pleine possession de ses capacités et il est fait d’un acier bien plus trempé que ses compagnons. Essayer de le soumettre à sa volonté l’épuiserait et se solderait par un échec.

Sa haine transpire par chaque souffle qu’il lui distille. Chacun de ses mots est infusé de cette haine qui rayonne de lui. Il a vraisemblablement eu une très mauvaise expérience avec son peuple. Il y a là une histoire à découvrir qui l’intéresse. Toutes les armes ne sont pas en métal. Qu’a-t-il vécu pour qu’il soit aussi scarifié ? il sera délicieux de fouiller cette plaie encore suintante. Tout ce qu’il faudra pour qu’il la relache ! Ils s’examinent, s’observent. S’apprennent. Sa voix de sucre s’élève entre eux. -Tu t’es brûlé à la beauté d’une sirène, Capitaine ? Elle t’a abandonné sur le rivage quand tu as fini de l’amuser et tu ne t’en es jamais remis ?

Son sourire s’efface à sa réponse. Elle ne veut pas rejoindre son monde. N’a jamais eu envie de fouler durablement les terres mortels. N’est pas dans son élément. Et sait parfaitement les différents sorts qui sont réservés à ceux de son espèce qui sont captifs des Humains. Frisson glacé d’angoisse qui la parcourt. Jusqu’ici, elle a utilisé la provocation pour éviter de se demander ce qu’il a l’intention de faire d’elle. Seule sa fierté la retient de le questionner. Ou peut être la peur. Ses ongles crissent sur le pont à l’idée de ce qui l’attend. Et son imagination ne lui fait pas défaut dans ce genre de cas. Cette fois, elle n’a rien à lui répondre. Son arrogance n’est qu’une épine de plus. Sa tête a beau ballotter de gauche à droite pour ne pas subir le bâillon de fortune qu’il lui impose, c’est sans effet et Thémylise se voit réduite au silence. Ce qui empeche pas ses yeux de se remplir d’orage et de le foudroyer du regard. Et ce n’est pas le surnom intime ou son ton de voix caressant qui améliore son humeur.

Sa queue tape beaucoup plus sèchement contre ses entraves, manquant d’en arracher un des amarrages lorsque la Sirène reconnaît le bijou qu’il tient entre ses doigts. Elle n’en a pas vu beaucoup. Ce sont des sortilèges coûteux, rares, précieux. Et meurtriers. C’est l’horreur pure qui se peint sur ses traits. Un dégoût qui n’a rien de joué. Sait il, ce monstre, sait il que les deux ingrédients qui permettent de sceller le pouvoir de ce joli pendentif sont les dernières larmes et le dernier souffle d’une Sirène ? Que celui qui le crée est un tortionnaire ? Il ne peut pas lui infliger de porter le calvaire de l’un de des siens pour sa convenance. A cet instant, sa haine prend une teinte bien plus personnelle. Ses yeux se voilent sous un rideau liquide qu’elle ne peut contenir quand il le passe à son cou malgré ses protestations silencieuses, la conduisant aux portes d’un nouvel évanouissement. Fausse compassion de sa part, chaleur de son souffle sur sa peau. Elle le hait. Le collier s’ajuste à sa nuque et semble n’avoir jamais été ailleurs. Le pendentif repose à la naissance de ses seins, contre sa délicate conque nacrée. C’est une profanation de tout ce qu’il a de plus sacrée.

Thémylise ressent la transformation forcée comme une violation de la plus infâme des manières. Elle n’est même pas douloureuse. Chaleur non naturelle qui l’enveloppe et une sensation de déplacement, de fourmillement. La créature aquatique a déjà troqué sa queue contre des jambes, mais elle a d’autre moyen qui ne sont pas des emprisonnements. Elle n’a plus le Choix. Il vient de lui voler une partie de sa nature, de qui elle est. Tant qu’il ne retirera pas lui-même le talisman, il ne quittera pas son cou. Briser la chaîne est vain. Les maillons ne sont pas d’un métal mortel. Elle se replie sur elle-même dans les gestes que lui permettent les cordes. Sa tête se replie vers son buste, s’enfouissant dans son épaule. Sa nudité l’indiffère, cela ne fait pas partie de ses apprentissages moraux. Code strictement humain. Et l’homme ne la regarde pas. Pas Comme ca. Son ironie est du papier de verre sur ses plaies. Fruit de sa liberté ?! Il se moque. Il est Libre, lui. Ou sont ses entraves ? Elle continue à refuser de le regarder. Ne bouge plus. Blessée bien plus intimement que la plaie profonde sur son mollet.

Elle siffle entre ses dents bâillonnées sous la brûlure de l’alcool. La plaie n’est pas grande, mais profonde. Sa jambe est entaillée jusqu’à l’os et les bords en sont déchiquetées, comme si elle avait été frappée par une arme qui était entrée profondément et déchirant la chair en se retirant. Ce qui explique son impossibilité à fuir le bateau quand il s’est avancé sur elle. La manière dont il s’occupe d’elle dément la rage qui l’habitait précédemment. Il n’est ni brutal ni sec. Il prend un soin infini à laver la plaie de ses impuretés, à la dresser correctement. Avant d’abandonner sur elle une couverture et une robe. La robe est dédaignée. Mais le méchant patchwork de laine, Thémylise le tire sur elle, se couvrant, non pour dissimuler son corps mais pour combattre le froid qui la gagne. Elle oscille entre un état de veille et de sommeil inconfortable, avec aucune protection contre les éléments qui commencent à se lever avec une fureur qui rejoignent celles ressenties par le capitaine et sa captive.

Sa conscience retourne quand elle est frappée par des gouttes d’eau aussi grosse que l’ongle de son auriculaire. Le vent dévale le pont sans effort et parvient presque à arracher la couverture qu’elle maintient maladroitement de ses mains. Dans un corps pleinement humain, elle sent bien plus intensément les températures et elle grelotte sous le froid de la nuit orageuse. Les vagues soulèvent haut la quille et elle sent les embruns frapper son visage de leurs gifles salées. Le grain qui menaçait est pleinement sur eux. Avec difficulté, elle tourne la tête vers la barre. Ses yeux percent difficilement le voile opaque de pluie qui les martèlent. Juste assez pour discerner la silhouette bien ancrée sur ses pieds de son geôlier, maintenant le grand gouvernail dans une direction qu’il est le seul à connaître. Farouche quand il tient son poste, indifférent aux bourrasques qui dégagent ses cheveux ou aux rafales qui cinglent son visage. Autour d’elle, les quatre hommes s’affairent. Réduisent les écoutes, affalent les voiles, écopent l’eau à bord, grimpe le mat pour nouer tel ou tel lien. L’éclair qui sabre le ciel non loin d’eux permet de distinguer la peur qui marque leurs visages. Définitivement des marins non professionnels. La pluie imbibe son bâillon et complique d’autant sa respiration. Sans qu’elle ne puisse le cracher, noué avec expertise à l’arrière de son crâne. Elle tremble d’un mélange de froid et de fièvre qui remonte de sa plaie dont les bandages soigneusement appliqués sont dans un état tout aussi piteux. Elle n’a aucune protection et sa quasi nudité renforce les morsures qui la tourmente.

Il devrait prendre garde, cet intrépide aventurier. Les eaux qui bordent le Gouffre Ebène sont traîtres de hauts-fonds, de bancs de sables propre à ensevelir un navire projeté par une vague. Les récifs rocailleux qui affleurent à la surface sont avide d’une coque fragile à éventrer. Les courants sont des mains cupides qui n’ont aucune envie de voir leur proie leur échapper. Le pont se soulève et la quille gite à bâbord, faisant rouler soudainement tout ce qui n’est pas solidement arrimé. Les marins ont assez de présence d’esprit pour d’être entouré la taille de filins de sécurité, prévenant une chute fatale. Dans le sillage du bateau, prédateurs marins se rassemblent dans l’espoir d’un butin facile. Les tentacules scintillantes d’un Kraken, sans doute un jeune mâle, rajoutent au chaos ambiant. Thémylise émet un cri de douleur étouffé quand elle est projetée dans ses cordes, qui se resserrent plus étroitement autour d’elle. Écrasant sa cage thoracique qui peinait déjà à lui apporter de l’oxygène. Sa vie, leurs vies, dans les mains de celle d’un homme qui n’est ni capitaine ni honorable. Dont elle ignore tout, et à cet instant, si il a le talent nécessaire à les arracher à une tombe marine. Elle ne veut pas sombrer avec des jambes d’humaine. Elle n’est Pas humaine.

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INSCRIPTION : 15/04/2019
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Flynn Bellebrise,
Shadow

J'ai 35 ans et je traine ici et là, dans la pénombre de la citadelle marine, Trebariel sur le continent de Tel Selmin. Dans la vie, je suis Shadow; le salaud, le voleur, l'arnaqueur, le maitre chanteur, ou charmant bonimenteur... bon, il ne faut pas non plus écouter TOUT ce qu'on dit à mon sujet, surtout que c'est probablement vrai. Je m'en sors à merveille, sans me vanter. Tout n'est qu'une question de talents (dans tous les sens du terme). T'en as, ou tu peux bien aller crever le long des berges que personne ne viendra te sauver. Sinon, grâce à ma chance, je suis seul en compagnie de mes dettes et je le vis difficilement.



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On ignore bien où Flynn Bellebrise est né exactement. Personne ne sait d'où lui vient cette révulsion de l'Océan et tout ce(ux) qui le peuple. De toute façon, son passé n'a pas bien d'importance, il n'en parle d'ailleurs jamais. Il préfère feindre l'ignorance sur ces sujets, se leurrer d'oubli. Il se souvient parfois de sa jeune enfance, d'une mère au sourire doux et bienveillant. Il n’a pas de souvenirs d’un père, peut-être est-il mort, peut-être s’est-il enfuit; il s’en fiche. Il ne se souvient que du bain de violence qui a suivi ce grand flou, celui même dans lequel il baigne toujours. La marée noire.

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Shadow, patronyme récolté au fil de ses méfaits, est un brigand tout ce qu'il y a de plus fourbe et malhonnête. Il est doué pour semer le doute et le trouble autour de lui, souvent à des fins purement égoïstes et est capable de beaucoup de tromperies pour sauver sa peau. Pour une ombre, l'ironie -et probablement l'arrogance- de cet homme veut que son faciès soit excessivement connu des marchands et bandits de Trebariel. Comme on peut facilement s'en douter, il n'est pas digne de parole, ses promesses sont souvent terriblement audacieuses et le vaurien n'en tient jamais compte : peut-être les oublie-t-il volontairement, quitte à couler sous de nouvelles dettes ? quoiqu'il en soit, cela ne semble pas l'empêcher de fermer l’œil le soir. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a au moins le sens du spectacle, ainsi que le goût du risque et de l'aventure encrés dans la peau. Il a l'obstination maladive comme principale conviction dans la vie, il ne renonce jamais et les conséquences de ses actes restent le cadet de ses soucis. Du moins en apparence.

Enfin, tout ça, c'était avant. Aujourd'hui, il se noie dans les vagues tumultueuses d'un passé qui ressurgit, passé qu'il aurait préféré effacer. Un job subtil et assez simple sur papiers. Une sirène à livrer à l'homme qui a assassiné son mentor avec pour prix; sa liberté. Et s'il pouvait tout oublier après ça, vivre réellement ? Se soumettre, abandonner et changer de vie... Mais la vengeance est un poison. Une obsession. Et sans le savoir, il est déjà trop tard. Il coule dans ses veines comme valsent les vagues de la marée noire.

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Colin O'Donoghue :copyright:️ doom days
Depuis le début de l'expédition, et surtout depuis que la blanchaille avait élu domicile (contre son gré) dans ses filets, il planait dans l'ombre-orage des prunelles de Shadow une forme d'animosité fulgurante qui mettait à mal sa foutue patience qui n'avait jamais tant briller par ses faits d'armes, et surtout son humanité, qu'il semblait avoir laissée loin derrière, sur la terre ferme. Il n'était pas le genre d'ordure à céder à ses bassesses de tempérament, aussi stupidement, aussi aisément, non, pas en temps normal. Mais les Temps ne l'étaient pas, normaux. Il n'était pas à sa place, ici, à pourfendre les flots. Évidemment, il n'avait que très peu de scrupules à mal agir, que beaucoup de facilité à manipuler, à voler ; mais il s'était évertué en une maigre décennie à suivre son propre code d'honneur, aussi ridicule pouvait-il paraitre pour ses paires qui ne le pensaient pas une seule seconde capable de faire preuve de clémence, de courage, ni de quoi que ce soit d'autre pouvant être qualifié de "noble". Seulement, le brigand, de par sa prétention légitime -ou pas-, se sentait bien au dessus du lot, voyez-vous. Il était Là, en imposait férocement de toute sa splendeur tranchante et contradictoire. Il ne fallait pas commencer à essayer de le comprendre, ou à anticiper ses actions, l'entreprise était perdue d'avance, il ne s'y aventurait pas lui même.

Non, Flynn n'était pas dans son état normal et probablement était-ce là son excuse sublimement fragile, prônée comme un collier d'immunité, pour justifier ses actes de maudit pirate, celui-même qu'il clamait ne plus jamais vouloir être, ou n'avoir jamais été. Auto-persuasion flamboyante de ridicule. L'ironie de sa vie, de ses mensonges qu'il avait fini par avaler les uns après les autres. Par croire. Par arborer. Il méprisait à âme écorchée ce monde trop bleu, trop rouge, trop assassin, cette chose au charmant minois trompeur et toute la haine qu'elle lui inspirait... mais il lui ressemblait bien plus qu'il n'oserait jamais l’admettre. Tout ceci, toute cette magie ensorcelante, ce cœur damné... ce n'était qu'un reflet railleur de ses marées intérieures.

Sourire enjôleur qui s'émiette de répulsion volontairement dessinée. Mélange doux amer. Yeux dans le Bleu.

Il aurait pu repeindre tout le bleu du ciel avec le noir qu'il a broyé.


— Aucun risque, ma douce, je ne cède qu'aux pulsions luxurieuses et véritables de la gente féminine... de race Humaine, ce que tu ne seras jamais en mesure de m'apporter, de toute évidence. Tes vilains envoutements ne sont que douce mélodie à mes oreilles. Petit geste du poignet qui valserait au rythme de ses mots, qui prirent des teintes ocres, ça et là, tachant par éclats la rougeur écarlate si pure et si sensuelle des susurrements charmeurs du Capitaine du navire.

La créature savait où faire fleurir ses plus vils murmures de miel. Mais ce qu'elle ignorait encore, c'était à quel genre de personnage elle les soufflait. Ce dont ses plus sourds tourments étaient capable. Pour le moment, ils restaient enchainés tout comme elle, l'était à lui même. Mais il valait mieux qu'elle cesse rapidement sa rébellion. Aucune révolution n'en suivrait et elle ne récolterait qu'une défaite cuisante. C'était ainsi, Flynn ne lâcherait jamais sa Chance.

Filament mystérieux au creux des yeux et du demi sourire qui se forma, le visage ombré de rayures profondes du malfrat se rapprocha au plus près de celui du fléau des eaux, l’œil dur comme la pierre. Ses mots furent maitrisés, du ton à l'envolée, joli contraste avec ce bourdonnement intérieur qui ne cessait de le frapper.

— Tu aimerais bien le savoir. Hélas, je ne t'offrirais pas cette satisfaction sur un plateau d'argent, chérie. Sans me vanter, je suis plutôt doué pour me jouer des maux, moi aussi. Alors...., je n'ai pas tes charmes langoureusement surfaits, ni ta crinière embrasée pour éblouir mes congénères, mais j'ai bien d'autres ressources secrètes à ma portée, crois le bien. Et... à la fin de la partie... je gagne toujours. souffla-t-il ses dernières paroles, les yeux plissés et le visage à quelques millimètre de celle qui bientôt ne rirait plus tant. Le moment ne dura qu'un instant, à peine suffisamment longtemps pour lui laisser entre-voir l'image parfaite du marin sans âme qui prenait malin plaisir à torturer et à jouer. Ce qu'il n'était pas, mais saurait le devenir si nécessaire, pour qu'elle se la ferme. L'idée étant qu'il ne faudrait surtout pas l'amocher, mais ça, elle n'était pas supposée le savoir...... et si la situation dérapait réellement, il reverrait certainement ses idées. Après tout, il n'était pas Homme de parole, pas même pour lui même, alors qui lui en tiendrait rigueur ?

Et puis vipère marine se tût, touchée par les gestes de son ravisseur qui lui vola sa nature dans le cœur du Talisman, le sien. Ses états d’âmes lui furent égal, il ne sera pas celui qui pleurera aux larmes des assassines marines. Jamais. Nonchalamment, il se désintéressa tout simplement d'elle une fois les soins prodigués. De dos, il souffla quelques mots avant de reprendre en main le navire, avant de retourner dans l'ombre où tout le monde le suivait au doigt et à l’œil.

— Rends-toi à l'évidence, il n'existe de bonnes morales que dans les contes pour enfants et j'ai bien peur que ce ne soit pas ce que nous sommes en train de vivre actuellement. Il n'était pas non plus le genre de héro qui en méritait une.

De toute évidence, Flynn n'avait jamais cru en ce sacro-saint Espoir et tous ses mensonges dégueulasses, et c'était probablement la raison de son survivalisme royal. Du moins en était-il persuadé. Alors, oui, il Espérait secrètement qu'elle arrêterait d'espérer, qu'elle se montrerait avec le temps un peu plus docile... silencieuse. Mais il espérait l'impossible et en avait pleinement conscience. Ce n'étaient là que ses nerfs mis à mal qui grondaient pour lui. Ces choses étaient toutes des saletés prêtes à se débattre à sang, jusqu'à sécher leur dernière larme de magie. Il ne pouvait leur enlever ce côté guerrier impétueux et courageux ; mais ne serait jamais prêt à l'admirer. À ses yeux, elles restaient des monstres jusqu’à preuve du contraire.

Le temps s'écoula, les vagues s'épaissirent, devinrent plus lourdes, plus rocailleuses et le ciel tomba à grandes averses. Le Capitaine ne se démentit à aucun moment, dictant à droite à gauche des ordres à ses crétins de camarades. Ils furent étonnement du bon boulot, et jusqu'ici, tout allait bien. Il arqua un sourcil, le regard cherchant celui de la sirène. Mal en point... sans grande surprise. S'il avait eu de quoi l'endormir, tout aurait été beaucoup plus simple. Elle aurait sagement rêvassé de corail dans sa cabine tout le long, et ne l'aurait pas emmerdé. La blessure se serait bien mieux portée. Ah quel joli rêve. Le seul souci étant qu'il fallait un élixir puissant pour étourdir une telle créature; et le voleur, aussi furtif et célèbre était-il, n'avait pas eu envie de risquer sa couverture au port de Trebariel. Pas maintenant. Plus maintenant. Il devait se faire discret, redevenir l'ombre qu'il aurait toujours du rester. Après tout, il revenait en paix... n'est-ce pas ? Il fallait faire bonne impression. Et puis, de toute manière, Flynn était un brigand espiègle qui aimait danser sur le fil du rasoir, jouer à s’enivrer de risques, de tricks et de péripéties mortifères... en se relevant, toujours vivant. C'était son truc, l'impro.

Des pirates charognards à bord de deux sloops. Un kraken irrité. Un Capitaine à bout de nerfs et une Sirène intenable. Un beau bordel.

L'impro, était-ce ce qui allait les sauver encore aujourd'hui ? "Les" sauver ? Sérieusement... ? Le sombre Capitaine n'avait pour habitude que de se sauver lui même, avec brio, forcément, mais ce gros changement de données n'entrait pas dans ses capacités et l'idée d'être devenu l'ancre centrale de la survie des uns et des autres êtres vivants grouillants sur ce stupide navire ne l'enchantait pas du tout. Le fracas de l'une des gargantuesques tentacules du principal ennemi du chaos s’abattit sur le flanc du brigantin, manquant de faire hurler de terreur l'un des marins qui l'eut esquivé de peu. Aussitôt, dans un élan dramatique, Shadow soupira, roula des yeux, puis chopa le blondin par l'épaule pour le mettre à la barre, lui ordonnant de ne pas changer de cap. Le Capitaine, très sûr de lui, ordonna d'accélérer pour passer le bon plein. Les marins semblèrent se figer, un instant, d'incompréhension mêlé de peur. Déjà qu'ils avaient du mal à gérer, ils doutaient -à raison- de leur capacité à tenir bon si le bateau filait plus rapidement au gré de la Tempête. Surtout avec l'arrivée du Kraken et des deux sloops passives en arrière plan. Mais l'arrivée de Shadow sur le tillac fit taire toutes appréhensions. Les marins reprirent de l’aplomb et s'exécutèrent. Le navire accéléra et tapa un peu moins les vagues. Le brigand avait un plan. Le genre très foireux qui n'avait que très peu de chance de réussite avec une telle équipe. Avant, avec ses camarades, il existait une routine à braver les flots, à braver la mort. Mais aujourd'hui, ce n'était pas l'amusement qui brillait dans les iris céruléennes de Flynn, mais un détermination suffocante et magnétique.

Les cheveux et le visage au vent, l'ex-pirate garda les yeux clos un petit moment, humant l'air marin qui le rendait malade depuis le début du voyage. Mais ce fut cet instant, alors qu'il rouvrait les yeux sur cet immondice d'amas bleu, que son allure changea et son attitude se métamorphosa. Le charmant et dangereux pirate revenait jouer délicieusement... comme avant. Un sourire provocateur se dessina en coin et il dégaina sa lame dans laquelle dansait son propre reflet fougueux d'ébène malice. Ce n'était pas son premier Kraken. Pas sa première virée en mer. Pas ses premiers émois de pirate habile.

— Viens voir papa, mon beau ! rit-il après s'être entaillé le bras, consciemment.

Le sang coula. Il brandit son arme, fier et arrogant, accroché de l'autre main à l'une des cordes tendues. Les bourrasques de vents se faisaient de plus en plus violentes, mais la silhouette de l'homme inconscient ou courageux... (mais personne ne parierait sur le second) restait solide comme un roc.

— Allez, montre-moi comme tu es en colère. Je suis comme toi, tu sais, je préfère ma tranquillité aux suintements du vivant. MONTRE TOI !! hurla-t-il.

Un grondement sourd. Enfin, trois tentacules surgirent des bas-fonds comme pour répondre à son agression verbale, et il parvint à en toucher une, faisant grincer l'animal. Valse solitaire qui se tint plusieurs longues secondes, lame face à la Bête aux milles et une armes vivantes. Il s'en prit une dans le flanc alors qu'un marin lui avait barré le passage, et fut projeté jusqu'à l'emplacement où était ligotée la sirène. Un coup d’œil dans sa direction et il se rua sur son arme qui était venue se jeter à la portée de la créature. Il était hors de question qu'elle s'en empare. Il lui fallait rester aux aguets, avec elle, avec lui, avec eux... avec tout le monde. Finalement, rien ne changeait tellement. Sa vie se résumait à se battre seul, toujours seul face aux Autres.

Le pirate se releva sans mal et avant de repartir au front, il décida de retirer d'un coup sec le foulard qui entravait la bouche dangereuse et desserra à peine ses cordes. Son œil méticuleux retomba sur la blessure profonde de la sirène et il fronça les sourcils. Ce n'était pas bon du tout. Il n'eut cependant pas le temps de réfléchir plus longuement à la question que le kraken se décida enfin à se montrer.

Parfait. Flynn sourit de plus bel, ravi de voir enfin la belle gueule du monstre. Il ordonna à son équipage d'armer les canons, ce qu'ils firent avec beaucoup d’inquiétude et de remise en question. Le Capitaine ne s'en formalisa pas. C'étaient des trouillards. Ils n'avaient jamais vécu dans l'instant, dans le feu de l'action.

Aussitôt Flynn se hissa jusqu'au plat-bord du bateau en faisant de grands gestes.

— Hey, camarade, tu te joins enfin à la fête ! Tu es le bienvenue, viens par là que je t'admires un peu mieux !

Il jouait, très dangereusement, valsant habilement près du bord du navire, avec le genre d'animal de compagnie qu'il ne valait mieux pas exciter. Il ne fut pas le seul à s'exciter, bientôt, les quatre marins d'eau douce se plaignirent du rapprochement des deux sloops. Pour seule réponse, Shadow les ignora superbement et sourit davantage à son nouveau compagnon aux belles tentacules. Ce dernier s'était rapproché du pont, au plus près du Capitaine provocateur, alléchant d'hémoglobine et de rage.

— Ouvrez le feu sur la sloop à tribord ! ordonna-t-il après un coup d’œil vers l'horizon.

Son plan se dessinait au fil des idées et du déroulement du plan A. Il était temps de passer au plan B : Confusion générale..... mais cela ne comprenait pas ses propres hommes, normalement.

— OBÉISSEZ ! rugit-il dans un dernier coup fougueux porté à l'une des tentacules du monstre, qu'il trancha en large.

Les coups partirent en trombe en direction du sloop à tribord et le Capitaine reprit la barre rapidement. Ce n'était plus qu'une question de secondes et de maitrise remarquable du navire de sa part -ce qu'il n'était plus certain d'avoir-, sinon il faudrait dire adieu au plan B. Et, généralement... Flynn n'avait pas de plan C...

Droit devant eux. Un amas de rochers qu'il avait perçu à travers la tempête brumeuse bien avant. La sloop ne semblait pas ou plus en tenir compte maintenant que les hostilités étaient ouvertes et se rapprocha du brigantin, pensant le finir avec l'aide du Kraken. Elle répondit par les armes, sans surprise, mais sa coéquipière s'éloigna un peu du spectacle.

Le barreur plaça le bateau au grand largue, avec la girouette orientée de trois quarts vers l’arrière du bateau. Il demanda aux équipiers de se préparer en annonçant fort et clair

— Parés à empanner !

Ils s’exécutèrent, peu sûrs de l'objectif de leur capitaine. Ils se mirent à border l’écoute de grand-voile au maximum et rapidement jusqu’à amener la bôme au plus près de l’axe du bateau, puis bloquèrent l’écoute dans les mâchoires du palan. Puis, enfin, ils s'affairèrent au restant de l'aménagement du navire. Pendant ce temps, Flynn alla détacher la sirène pour la ramener avec lui, sur la barre, fermement attachée derrière le dos, forcée de marcher, ou de ramper, en tout cas de rester proche de lui.

Parés.

D'un geste sec et assuré du poignet, Shadow tira sur la barre, et fit tourner le bateau lentement mais franchement pour le faire passer sur l’autre bord, flanc gauche contre les rochers.

***

Tout le reste du plan B(comme brillant) se déroula très rapidement. Le brigantin vint se fracasser le flanc contre les rochers et emporta la moitié du Kraken avec lui, qui ne mourra pas sur le coup, mais en fut fortement sonné. La sloop fut emporté par le courant et s'échoua un peu plus loin sur la rive. Flynn avait anticipé tout ceci un minimum et s'était emparé de la sirène et de sa sacoche pour quitter le navire avant son déclin, sans prévenir personne. Ce n'était pas son bateau, il n'avait pas à mourir avec lui, ni avec les autres crétins.

La tête sous l'eau, le pirate crut que s'en était fini de lui tant la détresse de l'ébène des bas-fonds lui prit à la gorge. Il se reprit rapidement, secouant vivement la tête pour se hâter de nager en direction de la sirène, qui n'en était plus une et qui était devenue un poids mort -du moins il espérait que ce n'était qu'une expression-. La belle avait perdu connaissance et ne lui était d'aucune aide, ni d'aucun danger. Ils rejoignirent le rivage avec beaucoup de peine, et non sans séquelles. Le principal étant qu'elle était toujours en vie... l'était-elle ?

Épuisé, Flynn resta quelques longues secondes sur le dos, à tenter de reprendre sa respiration. Et puis il sembla reprendre conscience de la présence de la masse qui comprimait sa cage thoracique. La créature. Aussitôt, il la repoussa doucement à côté de lui et la retourna sur le dos, pencha sa tête au dessus de son visage, alarmé. Non, il ne fallait pas qu'elle meurt, pas comme ça, pas maintenant, il était hors de question qu'il ait fait tout ça pour rien ! Il tenta de percevoir un souffle, d'entendre un bruit provoqué par la respiration et observa si sa poitrine se soulevait en plaçant sa main sur celle-ci. Rien.

— Putain, t'as pas le droit de crever, réveille toi ! paniquait le pirate, agacé au possible.

Il n'eut pas d'autre choix que de tenter de la réanimer de la même façon qu'on réanimait les humains, puisqu'elle en était devenue une par la force des choses. Du talisman, le sien. Bouche à bouche, rien de plus simple... et pourtant, il dut bien attendre plusieurs secondes avant de se résoudre à lui prodiguer, la mine épouvantée et éprise de mille et uns doutes. Enfin, ses yeux de cristal pur s'ouvrirent sur les siens et il se rassit lourdement à côté d'elle, soulagé.

— Faut qu'on bouge, love. fit-il rapidement, se redressant et l'attrapant par les hanches pour la déposer contre son épaule libre sans faire attention à une quelconque protestation qui ne viendrait de toute manière que verbalement, vu son état. Son autre épaule soutenait toujours la sacoche qu'il avait réussi à sauver. Elle ne contenait pas grand chose, mais c'était l'essentiel pour Bellebrise.

Seuls, tous les deux, sur des terres troubles qu'il n'avait jamais foulées. Pour le moment, le plus important à ses yeux restait de fuir le rivage, ils étaient trop facilement repérables.



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Thémylise « Témys » Salamandre
J'ai 108ans ans et je vis dans les profondeurs des océans, entre les courants marins et les lagons , dans les légendes humaines. Dans la vie, je suis Sirène, la cinquième fille du Souverain de l’océan et d’une naïade et je m'en sors merveilleusement bien. Je suis mes envies et mes caprices, tout en étant à la recherche de ma mère qui a disparu quelques années après ma naissance. Sinon, je suis sans attaches sentimentales et je le vis plutôt bien J’aborde à peine la première partie de ma vie et j’ai bien le temps de songer à me poser. Pour le moment, je veux tout vivre et tout découvrir.

Les eaux profondes au large de Trebariel, l’envahissante cité humaine, sont les frontières du domaine de son Père. Thémylise a appris à éviter de s’en approcher. La cupidité des mortels pour toutes les créatures magiques ne connaît nulles bornes et ils n’hésitent pas à les traquer pour les exhiber dans leurs salons en signe d’opulence. Fées, nymphes, faunes, centaures, pixies sont trafiqués sur l’ensemble de Tel Selmin. Parfois pour les propriétés magiques qui sont attribuées à certaines parties de leurs corps. Ecailles, ailes, sang sont prisés par les alchimistes pour leurs breuvages et cataplasmes.
Les Sirènes se montrent rarement aux hommes et n’ont aucun scrupule à provoquer de sanglants naufrages lorsque les navires s’approchent trop près de leurs sanctuaires effleurant les flots, garantissant leur secret. Thémylise et ses sœurs sont responsables directement de la perte de plusieurs bateaux d’exploration. Si elle regrette les pertes de vie, la sécurité de son peuple est plus importante.
Les Sirènes sont parmi les créatures les plus rares et les plus exotiques. Les plus dangereuses aussi. Pour cela, le peuple marin est particulièrement traqué. Avec rarement de succès. Les capturer, c’est une chose, les garder en est une bien différente. Thémylise soupçonne les hommes d’être responsable de l’absence de sa mère et de l’enfant qu’elle portait à cette époque sans en avoir eu la moindre preuve malgré des années à écouter les rumeurs portées par les vents.


Molly Quinn@Babine

Il ne mords pas à son appât, en est elle vraiment surprise? A vrai dire, Thémylise en serait d’autant plus véxée si son ravisseur se revelait être un idiot. Ho, il ne doit qu’à un concours de circonstances et une Trahison -Et de celle ci, l’esprit de la Sirène s’écarte bien vite, brulant bien d’avantage que les cordages qui la saucissonnent - de l’avoir pêché. Il n’a pas fait preuve d’un courage et d’une vaillance prompt à être loués par les troubadours. Que nenni. Il s’est emparé d’un presque cadavre qu’il compte exhiber comme trophée. Comme preuve de son Triomphe. Mais pour autant, il n’est pas dupe. Ne se laisse par harponner par la haine qui réchauffe son regard sombre. Son sourire est peut être suffisant pour que les cuisses des gueuses à la réputation fragiles s’ouvrent sans débourser, il n’a que peu d’effet. La Charmeuse, la Tentatrice, c’est elle et c’est un répertoire qu’elle connaît aveuglément. Ou Muette, en l'occurrence. Un rire amusé qui tinte de sincérité. L’idée qu’elle puisse réellement désirer qu’il partage sa couche est ridicule. Il n’est pas digne de ses élans et de ses émois.


Un autre hameçon, qu’elle lance. Hélas, il l’évite avec cette même langue dansante. Un signe de tête alors que la Flamboyante concède gracieusement ses défaites. Qu’il s’endorme sur ses lauriers en s’imaginant l’avoir dompté aisément par sa simple présence. Qu’il relache garde et vigilance à ses côtés. La patience n’a jamais été sa vertue préférée. Néanmoins, dans sa situation, pour la première fois, elle en admet toute la valeur. Ho, comme son père serait fière d’elle! Il est si arrogant que la Sirène se demande à quel point c’est un masque. Sa langue navigue sur ses lèvres, comme si elle buvait la moindre de ses paroles, résignée à une existence de poisson d’aquarium. Une larme qui coule et s’échoue sur la commissure de sa bouche. Ne vient il pas de porter un coup d’estoc à son égo? Son regard se détourne du sien, comme pour mieux dissimuler sa détresse.

Détresse qui soudain n’a plus rien de feinte. Larme qui n’est plus un jeu. C’est son être entier qui se révolte devant l’horreur qu’il lui inflige sans ciller. Elle se cabre dans ses liens, reculant à peine l'inévitable. Elle a l’impression d’entendre l’âme défunte emprisonnée dans le sortilège racler et griffer contre la sienne. Disparition de sa queue, de ses magnifiques écailles pour ne plus laisser que deux jambes ternes qui la dégoûtent. Thémylise ravale la bile qui lui tapisse la gorge, notant à peine qu’il s’occupe de sa plaie. Guère d’importance car la tempête qui les menaçait éclate enfin autour d’eux. Cette colère des éléments devrait la galvaniser, elle n’en est que plus misérable. Ses doigts se referment sur la maigre protection de tissu et elle ferme les yeux. Dans le vain espoir que le grain disparaisse plus vite. Ce n’est pas dans sa nature d’être si passive. Malgré elle, elle tente de saisir les éléments qui composent ce nouveau tableau dantesque. Ses paupières se relèvent, le temps que ses prunelles accrochent celle du jeune capitaine. Il semble être en contrôle, leur survie en dépend. Les hommes d’équipage obéissent et bougent de concert sur la coque de noix tiraillées par les lames de fond.

Son coeur exulte en sentant la présence destructrice du Kraken qui les surplombe. Créature sauvage et indomptable, crainte et révérée. Capable de ne faire qu’une bouchée du deux mâts. Pendant quelques secondes, elle en oublie la pluie qui ravage sa peau et la glace, l’eau qui s’infiltre dans son bâillon, le sel qui rogne sa plaie au bandage chancelant. Un ballet maritime et destructeur se joue autour d’elle. Spectatrice muette et immobile. Le Pirate, de ce qu’elle perçoit, brave les dangers et organise les malandrins au mieux de leurs capacités. Elle, elle espère le naufrage et la liberté des failles marines. Qu’elle puisse être cueillie par deux autres charognards ne lui vient pas en tête, leur présence ne lui est pas connue. Sa tête se tourne vers le bastingage d’où lui parvient la défiance de l’humain. Il est beau. Sauvage et intrépide. Elle peut entendre toute la fureur et la moquerie dans ses cris et mouvements. Oui. Magnifique et charismatique. Le Kraken. Qui manque de rompre le pont de trois tentacules vengeresses mais qui permet surtout de libérer une des amarres qui la ligotaient si efficacement. Pour autant, elle ne bouge pas, ne souhaitant pas trahir cette capacité nouvelle au mouvement. Cliquetement d’un poignard qui roule près de sa paume. Thémylise allait s’en emparer mais déjà son pécheur revient vers elle, aussi vivement que l’opportunité se présentant à elle. Regard de pure furie océane qu’elle lui dédie devant cet espoir décu. Un geste pourtant de sa part. Arrachant à sa bouche l’ignoble chiffon imbibé qui entravait sa parole. Il s’éloigne. Avec sa lame crantée. Elle jete des regards furtifs autour d’elle mais ils sont tous bien trop occupés à sauver leurs peaux pour s’occuper vraiment ‘delle. La Sirène se met en position assise et entreprend de se défaire des autres cordages qui irritent sa peau autant que l’esprit. Parce qu’elle a bien trop froid, elle passe la vilaine robe de toile, bien maigre protection. Sachant que sa jambe ne la soutiendrait pas, d’autant plus après avoir été immobilisée pendant plusieurs heures. Un roulis la fait basculer sur le ventre, lui arrachant un sifflement de souffrance quand sa jambe heurte un tonneau avant qu’elle ne s’immobilise contre la rambarde, les ongles plantés dans le bois à demi vermoulu. Le Kraken valse avec le brigand et c’est une valse impitoyable. Elle se penche et murmure une lente mélopée à la surface houleuse des vagues. Un chant si bas qu’il ne peut être perçu dans les hurlements les vagues. Mais qui gagnera en écho dans les profondeurs. Qui atteindra toutes les créatures marines, qui soient le comprendront soient en deviendront les nouvelles voix, jusqu’à atteindre les oreilles de son peuple. Chantant la perte de la princesse et son ravissement. Chantant sa furie et les traits de son geôlier. La fuite à cet instant n’est pas possible. Elle viendrait s’empaler sur les rochers et les éperons. Une mort indigne et douloureuse alors qu’elle vient de lancer une chasse à l’Homme. Patience. Elle retombe à plat dos, trouvant à peine la force de vaguement enrouler à nouveau les cordes autour de ses poignets. La poitrine haletante sous la fièvre qui brûle ses veines. Épuisée et malade de ces événements qu’elle ne choisit pas. Peut être un peu désespérée, aussi.

Elle réagit à peine quand le navire s’ouvre sur tout le flanc contre les récifs. Ne songe pas à se débattre lorsque des bras sans révérence l'agrippent et l’attirent. Un coin de son esprit lui murmure qu’il serait bon de lutter Maintenant. Bouger un poignet lui coûte bien trop. Son corps est endolori, meurtri, glacé et si chaud. Rien ne va. L’eau froide qui l’enlace comme la caresse d’un amant, raturée par la poigne qui se resserre sur sa taille. Sa tête plonge dans l’eau salée et avec sa queue est disparue sa capacité à Vivre dans les flots. Thémylise boit la tasse. Une honte dont elle ne se soucie guère. Sa conscience a de nouveau déserté et elle n’est plus qu’un fardeau. La Sirène revient à elle sous une pression moelleuse contre sa bouche. Ses prunelles marines fondent dans les onyx qui la surplombent. Instant désorienté. Ne comprenant pas pourquoi il est si proche d’elle. Avant que cela ne lui revienne d’un coup. Il vient de l’embrasser?! De quel DROIT? Toussant, crachant, elle s’écarte comme elle peut, sur les fesses, rapant ses paumes contre les grains de sables. Son corps s’abat sur les flancs sur la rive, et elle expulse autant le gout de sa bouche, de son souffle que l’eau qu’elle a avalé.

Il ne lui permet qu’à peine une poignée de seconde avant de s’approcher d’elle. Et la Sorcière est bien trop faible pour protester, s’enfuir est hors de portée. Il la hisse contre lui sans se soucier de son poids. Il n’a pas le choix. Elle aurait refusé le moindre pas de manière volontaire. Ils sont trempés tous les deux, aussi vaillants que des chats de gouttière après une noyade manquée. Mais elle ne se débat pas. La chaleur qui se dégage du corps du capitaine qui n’a plus de navire est par trop enivrante. Un oeil désintéressé note la carcasse ouverte du brigantin. Les cadavres des hommes flottent non loin. Il en manque un, celui du jeune blondin. Ces pertes ne l’accablent pas. Après tout, ils sont mortels et acteurs de sa déchéance. Si elle avait pu, c’est elle qui leur oté la vie. Elle ignore le nombre de lieues qu’ils parcourent. La pluie et le vent n’ont cessés leurs lamentations et elle tremble imperceptiblement. Ses yeux se referment et elle somnole presque, tombant doucement en hypothermie. Pour garder un équilibre malgré sa position précaire, un bras enlace l’épaule masculine, le bout de ses doigts effleurant parfois sa nuque, la naissance de ses cheveux. Arabesques distraites, abstraites. Sa peau est si tiède sous son épiderme affraichi. L’autre, machinalement, fait le tour de son pendentif maudit. L’objet est bien réalisé. Il n’y a nulles failles et si la chaîne parfait d’une délicate fragilité, Thémylise sait qu’il n’en est rien. Il n’y a que son propriétaire qui peut l'ôter.Le bijou est si beau. Si cruel. Ils se ressemblent. Un long soupire qui trahit son découragement et sa tete se niche sur celle du marcheur, ses cheveux trempés contre sa joue.

C’est un fumet nouveau qui la fait sortir de sa transe. Au loin, alors que la créature aquatique tournicote dans les bras qui la tiennent pour suivre le chemin qu’ils parcourent cahin-caha, le vent apporte autre chose que les embruns salés. Si elle ignore tout de la nourriture humaine, son ventre ne se soucie guère de telles questions culturelles. Il rugit en percevant dans la brise des parfums d’épices et d’herbes. De volailles à la broche et de saucicailles en pagailles. Il faut encore un temps infini pour qu’au loin se dessine de la lumière et des échos de vie. Des mouvements qui se découpent dans la brume et qui trahissent un bourg ou le fantôme d’un village. Elle l’ignore. Ne sait si ils sont atteints les côtes de la Cité Marine ou l’une des petites îles qui changent d’emplacement avec les courants. Cela n’a pas d’importance. Il y a de la lumière. Il y a de la chaleur. Car dans la distance voilée de pluie, impossible de ne pas distinguer un phare d’humanité. Elle ignore si c’est une taverne, un bordel, une église. Ca sent bon. Elle veut aller là. Refuse de continuer à braver cette nuit détestable.

Les dents d’une sirène. De petits rang de nacre à la blancheur virginale. Aussi acérées que des dents de requins. Délicieusement pointues et faites pour déchirer. Jusqu’ici, mine de rien, Thémylise s’est tenue sage, sur son perchoir. Pas de conversation, pas de tentative pour s’enfuir, pas de volonté de le déséquilibrer. Non. Sage. Amorphe. C’est un leurre, comme beaucoup de la personnalité qu’elle laisse deviner d’elle. Soudain, elle rue dans l’étreinte qui la contraint. Ses doigts déchirent le col de chemise pour dévoiler la rondeur de l’épaule. Vive comme une anguille, elle plante ses dents dans le haut de celle ci. Mordant profondément. Mâchant presque la chair prisonnière. Profitant de la surprise et de la douleur, elle l’espère, pour choir à terre.. Elle s’assoie par terre et ses mains récupère un magma de boue et de cailloux dans le sol meuble. Thémylise retrouve une verticale chancelante. Elle sourit. Un sourire taché du sang du pirate. Sans se soucier de sa réaction, elle pointe le phare de civilisation qui se distingue.

-J’ai froid. J’ai faim. Je suis FATIGUÉE! On va la bas! Je refuse de continuer comme ca pendant des heures! Je veux être à l’abri. J’exige d’être à l’abri. -Point de douceur ou d'envoûtement dans son ton. Pas cette fois. -Je veux manger. Dormir. Avoir chaud! J’ai mal! Vous avez tué vos hommes, vous comptez m’achever avant l’aube?! C’était ca, votre plan brillant? Vous êtes mauvais! Incroyablement Mauvais!

Elle lui tourne le dos et esquisse un pas. Le premier sur ces jambes qui ne lui appartiennent pas vraiment. Direction l’établissement dont la simple vue est une torture raffinée. Thémylise serre les dents pour ne pas s’écrouler. Elle ne pourrait pas se relever. Sa robe mouillée crisse contre sa peau, dévoilant plus de ses jambes et de son décolleté que la décence des moeurs ne le permet. Sur quel corps l’a t’il arraché?! Pourtant, malgré la pauvreté de sa tenue, sa nuque reste altière et son assurance est celle d’une reine guerrière.

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