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 La galerie des masques

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Callian
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UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
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Iskandar Cohle

J'ai 35 ans et je vis à New-York, dans le quartier du Queens, aux États-Unis. Dans la vie, je suis un flic, enfin, je traque les âmes déviantes dans la nuit noire. Sinon, grâce à mon humeur changeante et ma piètre opinion de moi-même, je suis divorcé et je le vis avec l'amertume dont j'hérite dès que je songe à tout ce qui fut gâché.


Iskandar est né à Oakridge, au milieu de nulle part, dans l’Oregon, un 26 février 1985. Il est inspecteur de police, à la criminelle, dans le Queens.



nihilliste. froid et sentencieux. dépressif, un héritage qui ne le quitte plus. insomniaque. minutieux. un peu artiste quand il s’agit de dessiner. entêté. impie, une incroyance au coeur. orgueilleux. attentif envers ceux qui valent la peine de s’arrêter. passionné. irrévérencieux. lunatique. calculateur. parfois mutique. souvent rêveur. opprimé par son malêtre. trop fier pour l’avouer. un rapport d’amour et de détestation quant à son métier. les yeux dans l’infini de quelques méandres.

la clope dessine des volutes dans la salle d’entretien, il fait beau dehors, trop beau pour un jour comme ça. je me suis toujours dit que les jours de compromission devaient tourner au gris des plus infâmes errances. mais le temps ne m’obéit pas. ça… non. le temps ne m’obéit pas. le psy me regarde, avec ses yeux posés et compatissants qu’on a dû lui apprendre à porter dès sa spécialisation de docteur. il se demande si je suis instable. nous le sommes tous : instables. c’est ce que je lui ai dit mais je ne suis pas certain que ça l’ait rassuré des masses. comme quoi il faudrait que j’apprenne à la fermer parfois. alors je tire sur le filtre de ma cigarette et j’attends, j’attends qu’il statue enfin sur mon aptitude à reprendre du service. j'essaye de revêtir une posture nonchalante, quelque chose entre l’ennui le plus profond et le désintérêt manifeste. mais il n’est pas dupe, on leur apprend à voir les subterfuges dans les humeurs et le paraître. je finis par ouvrir les bras, comme prêt à subir son jugement : « donc ? ». donc rien visiblement, vu qu’il se contente de noter quelque chose. quelque chose de plus dans ce foutu dossier déjà bien trop chargé. je ne leur ai pas tout dit, mais ils le savent, l'inspection sait toujours presque tout, sur le passé, sur ce qu’ils imaginent du présent, sur ce qu’ils augurent du futur. iskandar cohle, 40 ans, entré à l'académie un mois de novembre. il faisait gris ce jour-là. ça, il ne l’ont pas marqué dans leur foutu dossier. je me souviens de leur académie, j’avais l’impression d’entrer dans un camp de tortionnaires, et qu’on allait nous cramer les pensées à coup d’entraînement intensif et de considérations simplistes, sur le monde et les hommes. mais c’était la liberté entre les murs, après avoir pourtant passé toute une enfance coincé entre la canopée immense et les ruminements de mon père. papa. on l’appelait jamais trop comme ça, on l’appelait pour ainsi dire pas, car il fallait pas trop la ramener. aujourd’hui, on l’appellerait un homme violent, à l’époque je ne sais pas trop, on disait juste qu’il était rustre. il cognait pas avec son ceinturon tous les soirs, je ne vais pas vous sortir une histoire sordide que d’autres ont vécue avant moi, vivront sans doute bien après, qu’est-ce que ça change. mon père, il parlait pas. de son enfance, de l’armée, de ce qu’il ressentait. que dalle, pas un mot. alors on restait mutiques en sa présence, moi et ma soeur. j’étais l’aîné, alors les quelques fois où je m’en suis pris une, ça n’a pas été une partie de rigolade, car s’il cognait pas tous les jours, parfois on se mangeait une de ses corrections. maman disait que c’était pas si grave, qu’on verrait rien à l’école, mais les bleus sur la gueule ou une lèvre fendue, les profs aimaient pas beaucoup ça. mon père était persuadé que l’école ça servait à rien, qu’il fallait pas laisser des mômes absorber toutes les fadaises qu’on nous racontait là-bas, que le monde était pas comme on voulait nous le faire croire. maman, elle, elle le rabrouait doucement, car elle savait quand elle pouvait le faire, et quand il fallait, comme nous, qu’elle fasse semblant de ne pas exister. un art en la matière, en terme d’inexistence, ma mère, même si elle a quand même réussi à nous léguer ses lointaines origines orientales. iskandar et meriam. elle trouvait ça joli, elle trouvait que ça déterminait un destin immense. conneries. elle lisait trop, pour s’occuper, pour passer le temps bien trop long qui vous assaille dans la campagne d’oakridge. meriam avait la trouille tout le temps, de notre père, de l’extérieur aussi. elle restait planquée dans sa chambre, ou dans la salle de classe, et elle lisait, comme maman. ouais… ça aussi ça nous a valu des moments pas trop racontables, surtout parce que j’avais la bêtise de m’interposer quand le vieux voulait secouer sa fille un peu trop fort. mais ça ne m’a pas empêché de la laisser derrière dès que j’ai pu me tirer. comme quoi… il fallait sans doute qu’elle paye l’addition. un départ pour des années de protection. je sais qu’elle a des mômes maintenant, je ne crois pas qu’elle ait quitté l’état qui nous a vus naître. je l'appelle parfois. c'est rare. c'est si rare. je me pose sur une chaise dans le noir et je lui parle de la forêt, et de ce que j'y voyais naître et mourir. mon vieux m'a légué ça. l'horreur de cette nature farouche, la faculté d'y distinguer des sursauts de magnificence, même dans la plus primaires des violences. il m'emmenait chasser. je le haïssais pour ce loisir brutal. et pourtant j'étais doué. j'ai toujours eu le goût de la traque et il faut pas contrarier ses penchants naturels. voilà pourquoi je suis toujours là aujourd'hui, dans ce fichu bâtiment austère, à attendre une sentence qui ne vient pas. pour rempiler comme on dit. alors que ma dernière mission pourrait me valoir le déshonneur et la retraite anticipée. le tout-en-un des agents irrécupérables. le psy me regarde, encore et encore. je soutiens ce contact et j'ai un sourire pâle, un peu méprisant. il note encore un truc. je me dis que si ça se trouve ce salaud dessine depuis tout à l'heure dans son carnet, comme je le fais sur les scènes de crime, pour garder en mémoire l'atmosphère que l'agonie peut abandonner derrière elle. et le crime tout autour. ça m'a valu bien des regards. bien des légendes morbides à coller à mes airs peu amènes. qu'ils aillent tous se faire foutre je ne fais pas ce métier pour me faire des amis. le psy a, à cet instant-là, une lueur dans le regard. une lueur compatissante. la même que je façonne dans mes yeux quand il s'agit de faire craquer un suspect. parce qu'ils me racontent ce qu'ils ont fait, parce que je me mets à leur place. je sais les absoudre et les voir pour ce qu'ils sont. des paumés. des monstres dans une fresque qui se voudrait lumineuse quand les ténèbres sont partout. partout. « j'aimerais que vous me parliez de votre fille. » sans préambule. comme ça. c'est un bloc de plomb qui me tombe au creux de l'estomac et j'ai beau blinder mes airs froids je me sens irrémédiablement dériver vers des sensations honnies et abruptes. moi je n'ai pas envie de lui en parler. je n'ai pas envie d'évoquer ce qui m'a valu d'être affecté à une mission de cinq putain d'années dans les immondices de chicago, pour oublier. pour m'arracher au deuil et à ce qu'ils nomment la colère puisée dans l'injustice. l'injustice. la fatalité peut-être bien. il fallait pas jouer à ça. il fallait pas m'improviser père à mon tour. guide dans ce monde condamné depuis ses origines. il fallait pas. il fallait pas faire ça à hannah. je demeure mutique, borné, presque excédé par cette question tandis que je murmure : « qu'est-ce que vous voulez entendre ? que ça m'obsède ? que c'est pour ça que j'ai descendu joe alors qu'on allait nous sortir de là ? j'ai descendu joe parce que c'était une ordure et c'est ce que finissent pas récolter les ordures. la mort. » je ponctue d'un haussement de sourcil plein d'arrogance avant de me rencogner dans un nouveau silence. il est rempli par le rire d'hannah. la vérité c'est que ma petite fille est morte. un jour comme ça. écrasée sur la route par un chauffard. la vérité c'est que je n'étais pas là ce jour-là. la vérité c'est que maxine, ma femme, a dû tout subir seule. l'ambulance. et puis la morgue. où j'ai fini par la rejoindre après 12 heures d'enfer, parce que j'étais à l'autre bout du pays, comme souvent, comme toujours disait maxine. tu n'étais pas là. tu n'es jamais là. parce qu'on ne m'avait rien dit. juste qu'il s'était passé quelque chose. quelque chose. juste quelque chose. une vie qui s'enfuit. juste ça. comme des milliers d'autres. comme la mienne. le mariage a pas tenu. moi non plus. et puis ils m'ont muté à chicago où il y avait un cinglé qui s'amusait à découper des filles, des pauvres gamines à peine pubères qu'on martyrisait déjà dans les entrailles d'un réseau de proxénétisme. il y avait une môme là-bas aussi. elle avait le regard d'hannah. alors quand j'ai su que joe, mon indic, l'avait traitée comme une marchandise, un morceau de viande, je lui ai tiré une balle entre les deux yeux. fin de mission. il faudra se passer de son témoignage. il connaissait le tueur mais dans un sens ils devraient bientôt se rejoindre quelque part sur le chemin du néant auquel ils appartiennent. ils se saluèrent de la main. je penche la tête en arrière et observe le plafond et je finis par statuer : « je sais parfaitement ce que j'ai à faire si c'est le sens de votre question. » éviter d'assassiner les témoins dorénavant. même si ce sont des engeances de la pire espèce. ce n'est pas tant que la gamine avait les yeux d'hannah. c'était sans doute que cinq ans à voir ces corps démembrés et ces putes qu'on massacrait en leur filant du fric quand elles tombaient pas sous le couteau du boucher, c'était un peu trop long, un peu trop difficile, un peu trop moche aussi. et que prendre de la came rendait mon esprit moins... éclairé. le deuil. c'est ça qu'il veut que je lui dise. que j'ai dû faire mon deuil et que maintenant ça va mieux. qu'abuser de la coke ne m'a pas totalement grillé les neurones. que hank, mon mentor, croit encore en moi, au bureau. le téléphone sonne et je reconnais son timbre bourru tandis que le psy coince le combiné entre son épaule et sa joue mal rasée. « oui, oui. je sais. je sais, monsieur. je suis avec lui en ce moment. » le connaissant il vient de lui passer une soufflante pour signifier que ce petit manège a assez duré et qu'on m'attend sur le pont. qu'il faut signer maintenant et cesser de me faire causer pour rien. il me regarde encore et appose son nom en bas de la première page. on se demande à quoi servent les autres. sans un mot je me lève, la chaise crisse sur le sol. je passe une main sur ma nuque et ne cherche plus à rajuster ma cravate démise qui m'étrangle un peu malgré tout. il n'y a pas que ça qui m'étrangle. j'ajoute, par dessus mon épaule en m'en allant : « y a rien à dire de plus, doc. ma fille est morte. et joe aussi. ça n'a aucun rapport de cause à effet. c'est juste comme ça. ça arrive ce genre de choses. c'est sans doute un clin d'oeil cosmique ou un truc du même acabit. on saura jamais de toute façon. » la porte se ferme et seul le bruit de mes pas sur le sol élimé me répond. un tempo lourd. un tempo sourd. y a rien à dire de plus. rien.


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UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
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James M. Wilde

J'ai 34 ans et je vis à Londres, dans le West End, en Grande-Bretagne. Dans la vie, je suis un tyran musicien, leader du groupe WILD, enfin, je hante le Viper Room, le nightclub, dont je suis propriétaire. Sinon, grâce à mon foutu caractère et ma très haute opinion de moi-même, je suis une âme volage et je m'en enorgueillis bien souvent, bien que je continue de rechercher ces sensations qui pourraient me délivrer de ma douleur constante.


Passionné. Colérique. Lunatique. Orgueilleux. Cynique. Rêveur. Coureur. Faussement détaché. Impoli. Charismatique. Dépressif. Borderline. Artiste. Actif. Un brin paranoïaque. Rancunier. Addict. Fidèle en amitié pour peu qu'elle se lie.



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___ On dit que j'ai un caractère de merde. Ils se sont regardés eux hein ? Moi j'aime qu'on me serve mon café noir, serré. C'est de ma faute si les gourdes de l'enseigne bien connue ne savent pas le faire une fois sur deux ? Pire encore, j'ai toujours une clope au bec, je sais, c'est une sale habitude. Mais c'est aussi sacrément con d'interdire de fumer dans tous les endroits où j'aime trainer ma carcasse. Certains diront que j'adore faire chier mon entourage, d'autres croiront que c'est une habitude des gars addicts comme moi, toujours sur les nerfs. J'avoue que je les laisse penser ce qu'ils veulent, je m'en tape, les narguant au travers de ma fumée, avec un sourire en coin. Quand je ne suis pas en train d'emmerder l'extérieur, je me retranche au Viper. Soit pour me fondre dans l'ambiance de la nuit, et admirer mon oeuvre du haut du carré VIP, soit pour me planquer backstage et composer en pleine journée. Parfois, je me perds dans la foule, mais les journalistes qui parfois y trainent me tapent sur le système et il vaut en général mieux qu'Ellis ou Greg fasse la com' de l'établissement plutôt que j'aboie aux importuns de se tirer vite fait. Mais dans mes meilleurs jours, je peux esquisser un sourire aux clients... féminins. Clientes donc. Que voulez-vous, je ne résiste pas à l'appel d'une silhouette attirante même si je m'en lasse à la vitesse des paroles qui franchissent souvent mes lèvres. Certes je parle vite. Addict, je vous dis, à la caféine, à la nicotine, aux narcotiques, aux sensations, à la scène surtout. À la vitesse aussi. Si je quitte le confort des taxis londoniens, c'est pour grimper sur ma moto. Vous auriez vu la tronche de Greg quand je l'ai ramenée. Je crois qu'il s'est dit que je voulais me tuer, et rien que pour l'expression de son visage, je l'aurais refait cent fois. Mes amis... bon mes deux ou trois amis, savent que je ne suis pas toujours ce connard arrogant que je montre à la face du monde, j'ai parfois des moments où je sais apprécier un échange tranquille, à l'abri des regards, même si me dévoiler me coûte trop pour que je ne laisse ces moments égrainer ma vie. Je préfère en général ma solitude dans mes quartiers, l'appartement où je compose le plus souvent, seul face au vide, seul face à mes pensées, qui finissent par créer des notes anarchiques dont je suis fier. J'aime les jouer au piano ou à la guitare, j'aime chanter, même s'il m'a fallu du temps pour me sentir à mon aise. Mais bon, mon humour décalé, qui se mue vite en ironie permet de masquer les failles que je renferme. Je fuis depuis si longtemps que c'est une seconde nature. Voilà pourquoi ils peinent tant à me garder dans ce nouvel asile qu'est Londres. Y revenir pour affronter ce que je suis réellement n'est pas aussi facile que je le croyais. ___

James se souvient de la voix claire de son paternel. Ça fait pourtant une bonne dizaine d’années qu’il n’a eu presque aucun contact avec lui et ne cherche pas à renouer d’une quelconque façon d’ailleurs. Le temps n’a pas effacé son aigreur, ni sa colère toujours présente, mais il a su façonner des souvenirs qui comme toutes les blessures, ont fini par cicatriser, et faire partie de lui sans vraiment le déranger, tout du moins en apparence. Il a bien fallu de toute façon, sinon il se serait foutu en l’air à sa majorité et aurait fini pathétiquement, comme tout un tas de jeunes adultes caractérisés de marginaux. Parfois, il se dit que ça aurait été vraiment plus simple. Souvent, il se rappelle qu’il peut ainsi sentir une liberté profonde le porter, même si dans ses moments les plus sombres, il sait que ce n’est qu’une chimère. Un nom galvanisant pour un tout autre genre d’entraves. Il sait ce qu’il est. Il sait ce qu’il a fait et il a appris à vivre avec. Même si ce n’est vraiment pas une sinécure. Putain non. Vraiment pas.

Il est né à Manchester, avant que ses parents n'emménagent dans une maison bourgeoise, en plein coeur de Londres, où dès l’entrée, grâce au tissu tendu sur les murs d’un ton saumon des plus charmants (ou à gerber, tout dépend du point de vue), vous saviez à qui vous aviez à faire. Il y en a tant de familles comme celle-ci, celle des Wilde… Une femme effacée qui offre toujours des sourires composés à son entourage, qui soutient son époux dans tout ce qu’il entreprend et qui a vaguement suivi des études de journalisme, dans sa jeunesse, pour pouvoir faire son intéressante dans les cocktails mondains. Un père absent, jamais vraiment à la maison, hormis pour y dicter sa loi, et toujours prêt à vous expliquer comment fonctionne le monde et à quel point il a su exploiter les dons que la nature lui a confié.
Wyatt et Gladia… Il tente de les oublier, surtout lui. La dernière fois qu’il a eu affaire à son père, ça s’est très mal terminé. Il faut dire que c’était une putain de mauvaise idée de se pointer pour les fêtes. Ils ont eu une conversation, toujours la même depuis des années : « pourquoi est-ce que tu ne fais pas un métier comme tout le monde ? » versus « pourquoi es-tu un connard de bourge à l’esprit étriqué ? ». Et le non-dit autour du crime commis, qui fait que Wyatt considère son fils comme un monstre. Il n’y a qu’aux yeux de sa sœur qu’il trouve grâce, parce qu’elle l’idolâtre, à cause de sa carrière mais aussi à cause de son tempérament indomptable. Elle essaie mollement de suivre les consignes paternelles, en faisant une école de commerce mais rêve de s’arracher à cette ambiance si pesante. C’est bien la seule qui lui manque à vrai dire. Pas qu’il déteste sa mère, certes, mais son caractère si faible face à son père lui fait horreur. Pourquoi ne l’a-t-elle jamais soutenu quand il en avait tant besoin ? Pourquoi avoir sacrifié pour l’idéal glacé d’une famille de magazine les liens classiques entre des parents et des enfants ? C’est quelque chose qu’il ne parviendra sans doute jamais à comprendre. L’image avant le sens. La forme avant le fond.

Il soupire au creux de la nuit. Il ne trouve pas le sommeil, comme ça arrive bien souvent. Il songe au sachet de coke qui doit être posé, négligemment, sur le revers glacé du piano dans son immense loft qui pose au sommet d’un immeuble arrogant du West End. Il a tout de suite aimé cet endroit sans cloison, sans mur pour masquer une vue vertigineuse. Il est allongé près de la baie vitrée, pour voir le vide aux atours de néant, quelque peu décoré par les lumières, tout en bas. Il repousse l’appel d’un shoot facile, ça fait des années qu'il tente d'en faire un loisir plutôt qu'une addiction, que possèdent tous les musicos qui naviguent dans le trouble des soirées qui sont son quotidien. Des années que ce n’est plus totalement une échappatoire.
Ce sont ses amis et collaborateurs, Greg et Ellis, de leur petit nom, qui lui ont foutu le nez dans ses contradictions, quand ils sont partis aux USA (pour oublier ou pour réussir, tout dépend de qui l’on parle), la vingtaine, le sourire orgueilleux, prêts à bouffer l’Amérique avec leur musique. Il était tellement défoncé, nuit et jour, à cette époque-là, qu’il ne parvenait plus à coucher une seule note sur le papier. Greg, plutôt que d’user d’un ultimatum, a provoqué son orgueil d’artiste, et ça a fini par payer. James s’est remis sur les rails, sans doute parce que créer et composer était plus addictif encore que les narcotiques. Ils ont eu un succès certain, ils ont fait quelques tournées, sous l'égide de leur leader auto-proclamé qui ne supporte pas qu’on lui dise véritablement quoi faire, plus par jeu d’ailleurs, mais c'est devenu une foutue habitude. Ils ont mené une vie dissolue et plutôt bon enfant, jusqu’à amasser suffisamment de fric pour monter un nightclub à la mode, et revenir à Londres, il y a maintenant 5 ans, parce qu’ils s’étaient donné pour mission de dénicher les nouveaux talents de leur terre natale.

Il sonde l’abîme et n’arrive pas à échapper à ce rire qui le hante certains soirs pas comme les autres. Il connaît son prénom par cœur, se souvient de son corps, de cette façon qu’elle avait de sourire. Il a beau se perdre à collectionner les conquêtes, à fuir tant et plus dans une vie qui frôle souvent la débauche, ses yeux le rattrapent toujours. ... Mais jamais il ne la nomme. Impossible de sentir son nom sur sa langue sans goûter la cendre de sa jeunesse broyée. Greg a appris à ne pas évoquer Rebecca, en la présence de James ou même en son absence, histoire de ne pas faire revenir les morts à la vie pour que la souffrance redevienne palpable. Elle n'est plus de toute façon, un visage manquant parmi la valse de leurs connaissances. C’est la raison du départ du groupe de son berceau britannique, c’est la raison de cette épopée qui leur a plutôt bien réussi au final. Une fêlure pour frôler un rêve, ce n’est pas si cher payé. Ou alors c’est bien trop pour même le dénombrer. Greg ne connaît pas l’histoire même s’il se doute des contours.
James lui s’en souvient au point de parfois ne plus savoir vraiment qui a agi. Il arrive à endosser tous les rôles : celui qu’il a tenu, du petit ami narcissique, con, destructeur et le rôle qu’elle a endossé à cause de lui, de la fille dépressive, timbrée par moment, désespérée quand il s’absentait. Une soirée a jeté un terme à ce semblant d’amour d’une jeunesse perdue, Rebecca est morte, après une mauvaise chute dans l’escalier. Et personne ne sait si le geste fut accidentel ou non. Hormis lui, ou tout du moins ce que sa mémoire lui en retrace dans ses chairs quand il souffre à en crever, certaines nuits. Comme celle-ci.

Son père a fait le nécessaire. Il a fallu préserver leur nom et sa grosse compagnie de merde. Le fils s’est arraché à l’enfer pour l’oublier dans une fuite ininterrompue depuis lors. Mais il a troqué l’éther de ses amours mortes pour sa première maîtresse, la musique et ça l’a aidé. Greg et Ellis aussi, mais il ne va pas leur envoyer des fleurs non plus, faut pas pousser. Ce sera une bonne année, ils vont signer avec un nouveau label et sans doute que ça marquera la consécration de leur groupe et de leur club. Sur cet objectif qui éclaircit ses pensées mortifères, il parvient à dormir. Demain, ça ira mieux. Forcément… Et si ça ne va pas, il suffira de prétendre le contraire et de faire mine d'y croire.


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Ciaran Whistler

J'ai 31 ans et je vis à Chicago, aux Etats-Unis. Dans la vie, je suis procureur de l'état de l'Ohio, mais certaines de mes activités nocturnes m'emportent sur des chemins inavouables, bien loin de ma vocation première. Affilié à la mafia irlandaise, je suis en errance entre des sensations brutales et viscérales que je maquille souvent par une attitude froide et posée. Dans mon sillage, mes ombres sont hantées par mes envies de pouvoir, et par mon chien, Arès.


Manipulateur. Froid. Trompeur. Réfléchi. Brutal. Avide. Possessif. Ambivalent. Narcissique. Fumeur. Orateur. Triste. Implacable. Fidèle à ses alliances. Procédurier. Acharné.



avatar(crédits)hedgekey

etc etc

Il y a de ces instants fatidiques qui passent dans les regards, un tableau au trouble de l’immédiat, une déraison terrible qui transite dans les yeux, et façonne le visage. Il y a de ces instants qui se gravent sur un front blême, laissant l’histoire s’évider sur la langue. Notre histoire. Mon histoire. Parce que tu n’es plus ici, tu n’es plus là, pour la vivre avec moi. Elle est devenue grise, camaïeu opaque de ces choix discutables, que tu n’aurais pas su tolérer. C’est peut-être mieux ainsi, que tu ne sois plus de ce monde, pour te dédire de moi, pour discuter ce qui fait un quotidien illisible, si éloigné des idéaux que tu te plaisais à noter dans ton carnet relié de cuir. Je l’ai toujours sur moi… Mais je ne le lis plus, je ne le lis pas. Car ce serait retomber dans des affres que je préfère renier. Tu n’as pas existé, tu n’existes plus si ce n’est dans le sursaut d’une mémoire glacée. Je t’y ai perdue. Et il n’est pas encore temps de te retrouver dans le noir…

J’ai mes yeux froids posés sur la surprise imbécile de mon père, tournant parfois légèrement la tête sur la bouche pincée de ma mère. Elle est triste, elle est si triste, de perdre ses deux enfants d’une seul coup, comme si le destin avait choisi de les lui arracher sans même l’y préparer. Laegaire glisse une main apaisante dans mon dos tendu sous ma veste neuve, elle glisse de ces sourires doux, silencieux hommages à ma nature plus emportée quand il s’agit de discuter un choix. Nous venons de leur apprendre que nous étions reçus, elle à Colombia, moi à UChicago, les deux pour le prix d’un sur d’autres rivages, des rivages étrangers. Elle rêve, je me charge de tout concrétiser, et ma promesse feule dans mon ventre, car c’est ce que je lui murmure depuis que nous sommes enfants. Un jour, nous partirons d’ici, nous partirons d’ici. Nous irons voir des horizons trompeurs, ces cités tentaculaires qui nous éblouissent à la télé, goûter les arômes du bitume, un onirisme de verre et d’acier. Liri me regarde, et ses prunelles brillent, elles effacent rapidement l’amertume du constat si plat de notre paternel, ce “ah bon” qui demeure gravé comme la pire des injures. Ah bon. C’est tout ce qu’il trouve à dire, ce paysan mal dégrossi qui nous a toujours vanté la simplicité d’une vie qui nous étouffe. Surtout moi. Je crois que Liri aurait pu rêver n’importe où, ici, ailleurs, ses rêves sont dans sa tête, les images sont le fil de sa plume, elle noircirait des pages sous n’importe quel soleil, dans l’indigence, dans cette simplicité infâme, même dans l’absence cruelle d’ambition de notre foyer. Maman est plus circonspecte. De ces Etats-Unis pleins de faste, elle en vient, elle a même choisi de les oublier, une fois son pied posé sur cette terre d’Irlande qui l’a entièrement adoptée. Qu’une femme comme elle puisse être tombée sous le charme d’un homme si simpliste, si facile, si égal, aussi ennuyeux qu’incompétent, cela m’a toujours dépassé. Qu’elle ait su nous initier aux arts, aux lettres, au monde même, quand lui nous a rebâché ses fantaisies sur la terre, les racines, les échos d’une nation dans la chair, c’est presque une sorte de miracle. Tous deux nous avons choisi d’arracher les liens, d’aller les souder ailleurs, très loin. Maman cache ses pleurs, je hausse les épaules, de notre départ personne ne reparlera toute la soirée durant.

L’atmosphère ici fleure la déliquescence d’un crime omniprésent, chaque nuit les sirènes retentissent, perturbent le sommeil, viennent caresser l’angoisse. Sur l’escalier de secours de l’appartement minuscule, plutôt du taudis que j’habite, je regarde les âmes se croiser, destiner des rencontres, dessiner des erreurs. L’examen du barreau est bientôt, et le bureau du procureur me nargue bien souvent, c’est le sort qu’on réserve aux majors de promotion, ou bien à ceux qui brillent dans les audiences qui servent de grand oral. Il faut dire que les mots dont je suis avare en privé vibrent dans l’air dans une assurance effroyable dès lors que je retrouve l’atmosphère d’un tribunal. Mes quelques amis me disent qu’on gagne bien plus dans un cabinet d’avocat, que procureur c’est un boulot de chien, si peu considéré parfois. Justement, en parlant de clébard, Arès passe son museau par la fenêtre restée entr’ouverte et lape l’air. Je ne sais ce qui lui est encore passé par la tête. Tu es si souvent seul, si sérieux, Ciarán, alors j’ai pensé que ça te ferait plaisir. La boule de poil qui atteindra bientôt des proportions fortement inadéquates par rapport à celles de l’appartement, me toise de son oeil noir. Nous nous jaugeons depuis des jours, dans un silence prégnant, il a le calme oppressant de ma nature, Liri l’a bien choisi dans un sens. Depuis notre échappée à Chicago, elle est aussi stellaire que je suis renfermée. Les parades à opérer, l’entregent qu’il faut savoir tisser, c’est souvent elle à mon bras pour décorer ces soirées qui m’exaspèrent. Ou disons qui m’exaspéraient encore foncièrement avant que je ne comprenne que c’était là, sur les coins de table, une jolie fille accessoirisant le costume, que l’on pouvait véritablement comprendre qui des convives il fallait flatter, quels autres il fallait absolument éviter, enfin ceux qu’il fallait tout simplement démonter. C’est devenu l’un de mes talents, voilà pourquoi le bureau du procureur souhaite tant acheter mes faveurs, parce que je pressens les gens, ce qui les tourmente, ce qui les habite, et surtout ce qu’ils cachent avec effroi, de tous, d’eux-même parfois. Je parle à Arès, dans la fraîcheur d’une nuit trop éclairée. Il y a tant de lumières ici : on va lui faire plaisir non, j’évite de te balancer par dessus bord, et je signe pour ce stage. Elle aime tant m’imaginer en parangon de vertu.

Et c’est ce que je me suis appliqué à devenir. L’âme inflexible du bureau, celui que l’on envoie quand il s’agit de mordre, de fléchir la corruption latente dans les affaires qui frôlent nos élus. Ma célébrité dans notre milieu de menteurs a commencé à se dessiner lorsqu’un sénateur par trop peu regardant des moeurs ou de la décence est tombé sous mes argumentaires, et les preuves finement rassemblées par nos équipes. L’on m’avait pourtant dit de céder, d’amenuiser la peine, car il ne fallait pas contrarier les puissants. Ce puissant-là n’a pas fait long feu, j’ai hérité de beaucoup d’ennemis, de surnoms peu flatteurs, une jeunesse aux dents longues parée d’un véritable sens de la justice, cela faisait froid dans le dos. Liri était aux anges, je devais approcher, et ce grâce à elle quelque part, des personnages farouches et inébranlables de ses histoires, le fiel aux lèvres, la loi au coeur. Mais elle fermait ses jolis yeux, ma soeur, sur le milieu qui peu à peu cherchait à nous enferrer. Celui que nous nommions au départ "la famille", voile pudique qui recouvrait cet oncle ainsi que son réseau, qui nous avait à la fois protégés mais aussi soutenus durant nos études. Ils nous avaient fait goûter au faste, puis à certains passe-droit, puis ils s'étaient peu à peu invités dans nos ombres. Elle fermait ses jolis yeux sur les tableaux radieux qui se voyaient défigurés, par le vitriol de quelques échappées nocturnes, de plus en plus fréquentes, mais encore timides. Ethan était mon mentor, ce substitut tout trouvé à un père que je méprisais. Comment deux frères pouvaient-ils aussi peu se ressembler ? Mon oncle est un politicien et sénateur, respecté pour ses moeurs et son soucis de la justice, mais surtout craint dans le creux de la nuit pour d'autres trafics qu'il chérit et manoeuvre avec un doigté notable. Un empire souterrain, que bien peu envisagent d'ébranler, surtout depuis que l'on sait qu'il a un roquet dans sa manche, tout droit hissé au ministère que les mafieux aiment tant abuser. Alors il me ménageait, un atout, un trop précieux atout pour le précipiter dans les tractations les plus sanglantes : nous avons bien vécu notre petit empire doré, Liri aimait Ethan aussi, elle l'admirait, pour son côté mélomane, puis sans doute pour sa façon de toujours la considérer comme la déesse impétueuse qu'elle se rêvait de devenir. Jusqu'à ce que par le détour d'une ruelle, on balance à ses trousses un homme de main de nos rivaux de toujours, le gang des Reapers. Ce taré, les journaux l'ont à l'époque nommé "L’égorgeur", un malade tortionnaire qui non content de défrayer la chronique, secouer tous nos flics, jeter l’angoisse sur la ville a également déclenché une guerre sanglante entre les familles de Chicago. Ce monstre, cette engeance infâme, je rêvais de l'écraser sous ma botte. J’imaginais à chaque meurtre perpétré contre nos femmes, nos filles, nos soeurs, le jeter en pâture à Arès, devenu fier et menaçant sur ses longues pattes de Doberman, vision tentatrice et symbolique, qui se substituait dans ma tête au feu de la justice, si impuissante alors. L’hérésie s’insinuait partout, jusqu’à ce qu’elle me soit arrachée. souillée par une bestialité innommable.

L’égorgeur n’est jamais tombé entre les griffes de notre Ministère, sous les crocs acérés des chiens, sous la hargne qui m’avait étreint. Jamais. Et tout a changé, tout a changé si vite. Les idéaux, les rêves, ils étaient morts avec elle, et il n'en restait plus rien. Juste le froid, la dureté, le calcul. Ma carrière s’est élevée après cela, comme appuyée sur son cadavre. Elle devait être les derniers verrous qui maintenaient en place et ma dignité et ma moralité. Ceux que je ne voyais que dans des couleurs franches sont devenus incertains, le faux, le vrai, une question de termes à employer, la politique a ses raisons, et la raison d’Etat souvent plus haute que toute la vertu d’un monde, déjà morte. Egorgée depuis longtemps. Les tentations sont extrêmes, délicieuses parfois, souvent sans saveur toutefois, c’est une ambition mécanique, un but mesuré, une ascension sans fin peut-être, qu’importe en vérité. Le bureau du Maire offre des perspectives alléchantes, un jeu d’équilibriste que j’aimerais tenter. J’oublie les rêves, les lignes de ce foutu carnet, la douceur d’un rire qui se fane. Chicago est si radieuse, toile changeante, territoire de conquête sans frontière. Cela devrait suffire à toute une existence, n’est-ce pas ?


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Callian
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Ravus Lucis Caelum

J'ai 29 ans et je vis à Insomnia, la capitale du royaume du Lucis. Dans la vie, je suis le prince héritier que l'on écartèle sans cesse entre le devoir et les échos de la guerre. L'on murmure que bientôt l'on me mariera à l'héritière de Tenebrae, contrée voisine qui fut jadis notre ennemie jurée. Mais aujourd'hui, l'Empire du Niflheim est à nos portes, et le désespoir nous pousse à cette alliance. Ma lignée possède le pouvoir du Dragon de Lumière, c'est-à-dire que chaque descendant des Caelum est le réceptacle d'une entité millénaire qui nous octroie certains pouvoirs. Mais l'on tait soigneusement le danger de cette incarnation aujourd'hui autant crainte qu'idolâtrée. L'Empire s'est jeté sur les sentiers de la guerre sous prétexte de mettre à bas le pouvoir des dragons, et en finir avec ce que l'on nomme aujourd'hui notre hégémonie.


Fier. Vindicatif. Méfiant. Loyal. Courageux. Impulsif. Hautain. Guerrier. Il a peu d'amour pour les intrigues politiques. Il croit en son devoir mais la malédiction des dragons lui pèse. Il est extérieurement très sûr de lui mais est souvent plongé dans d'atroces doutes. Il est amoureux de la grande prêtresse du Lucis, Azurae Helios, et ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il vit mal son mariage arrangé, croyant qu'on va l'assortir à quelqu'un de placide et de trop doux.



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Depuis toujours, on lui a murmuré ces devoirs qui finissent par encercler ses poignets et mordre sa chair. Le tatouage qui court dans son dos, il le porte comme une croix, le pouvoir qui s'y inscrit ainsi que les élans déchaînés qui y gisent le morcèlent. Ravus n'a pas toujours été ainsi, l'insouciance était gravée sur son front, et la jovialité bien souvent perlait sur le plus beau de ses sourires. Mais l'ombre l'a rattrapé. L'ombre proscrite, presque inique, qui aujourd'hui se symbolise dans cette alliance qui n'a que les atours de la contrition. Mais pour son royaume, et pour préserver son peuple, il n'a pas eu le choix. C'est ce que son père lui a toujours murmuré : tu n'auras pas le choix, mon garçon, et alors quand tu inclineras ta tête, perdant toute ton arrogance, pour protéger la dignité des faibles, alors tu sauras ce que c'est que d'être roi.

Roi, il ne l'est pas encore. Alors qu'il parcourt, ombrageux, les couloirs du palais d'Insomnia, il entend le bruissement d'une vie qui ne cesse d'agiter ses clameurs, qui sont pour lui presque comme des cris. Son père n'a pas vraiment demandé son avis quand il s'est agi de le fiancer à la princesse de Tenebrae et l'approche de l'instant qui lui paraît aussi déchirant que fatidique le rend de plus en plus maussade. Il fuit sa soeur qui tente à tout prix de se réjouir pour ce futur bonheur que la politique ne peut absolument pas fabriquer. Elle y croit sans doute pour deux, Helena, mais elle y croit sans totalement être certaine de prophétiser ce qui s'inscrira dans la réalité. Il fuit également le chevet de sa mère, qui meurt à petits feux d'un mal qui s'élance dans ses veines, à chaque fois que le poison y distille ses morsures. Signe de cette nation qui s'écroule, et du peu de cas que l'on fait désormais quant il s'agit de s'attaquer à la lignée des dragons. Il fuit enfin son père, vieillissant, diminué, qui lui rappelle à chaque fois la lourde charge qui l'attend, prochainement, devenant ainsi le guide très contesté d'un monde qui lui semble en ruine. Il essaie d'oublier... d'oublier son corps, d'oublier sa bouche, d'oublier tous les serments qu'il doit désormais trahir. Azurae ne pourra jamais être son épouse, et la jeune prêtresse qui se croyait promise à un avenir radieux aux côtés de celui qu'elle continue d'aimer semble depuis l'annonce des fiançailles inconsolable.

Les échos de la guerre ancestrale entre le Lucis et Tenebrae font encore rage dans les coeurs de ses sujets, Ravus connaît la honte d'avoir perdu des proches, des amis, et même un frère, son aîné, dans un conflit qui a laissé sa patrie asséchée, victorieuse et pourtant isolée. C'était il y a vingt ans, quand cela s'est enfin arrêté, laissant deux royaumes estropiés qui se devaient de s'allier quand déjà, l'empire du Niflheim grondait et s'étendait, menaçant bientôt l'échiquier géopolitique rendu instable pour ne pas dire branlant. Les populations crèvent encore de ces famines qui larvent les révoltes, alors l'idée de ces épousailles providentielles, que certains vivent telle une trahison supplémentaire de la part d'une royauté censée les guider, c'est l'injure que l'on murmure pour toujours se la rappeler. Les dragons furent farouches, et ils inspiraient la peur et la folie sanglante qui s'était alors déchaînée pendant trois cent trop longues années, mais dorénavant qui sont-ils ? Des restes d'une mythologie arrogantes, désuète, face au Niflheim qui balance à la vue de tous une technologie de pointe, que la magie ne peut totalement contrer. Ce sont deux univers affrontés, qui ressemblent à une modernité qui dévorerait la tradition, pour n'en abandonner que des restes piteux, que l'on laissera se perdre au milieu de la poussière et des notes oubliées. Musique mortuaire.

Ravus l'entend de moins en moins, ou plutôt il la fuit également, la tessiture rauque de la créature qui l'habite, le contrôle parfois, le laisse incertain, à bout de souffle, entravé sur la toile onirique d'un rêve déjà avorté. Il se rappelle à lui, réceptacle indigne d'une divinité qui souhaiterait tout dévorer sur son passage, l'humanité dégénérée qui hurlerait sous la folie dévorante d'une lumière purificatrice. Le prince n'est pas loin de penser la même chose parfois, sans savoir s'il s'agit d'impressions réelles ou bien de cette manipulation qui continue d'oeuvrer dans ses chairs. Lucifer, dragon porteur de lumières, créature prête à tout pour s'affranchir du corps qui le contraint. Chaque transformation est coûteuse, et Ravus ne sait plus ce qu'il abandonne de lui pour le confier irrémédiablement à la bête.

Alors lâcher prise. Lâcher prise seulement... Impossible de se le permettre malheureusement quand on attend de lui l'illusion du pouvoir et l'absolu d'un sacrifice qui lui paraît trop grand. 


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Jasper Dwyn

nom, prénoms : Dwyn, Jasper. âge, lieu de naissance : Il y a 40 ans, une naissance, dans le silence majestueux des cols embrumés. Son père était allé y faire une visite protocolaire, sa mère a été prise de contractions sur la route. Un décor charmant pour une entrée dans le monde, loin de la politique où pourtant il a fait depuis bien longtemps son lit. origine : Marqué par le sang de Gwelnaur, la fougue de sa politique, la brutalité de sa conduite. Il en est depuis longtemps fasciné. métier : Conseiller du roi, il oeuvre toujours dans son ombre, et murmure des mots à son oreille. Il est persuadé d'être né pour accomplir la tâche de le guider et de le seconder. C'est plus qu'une profession, c'est un destin. Il est également la voix de sa contrée, recueille ses aspirations pour mieux les sublimer. état civil : Âme volage qui ne s'accommode que peu de la monotonie, impossible à marier, les bruits courent sur son passage, et souvent les femmes se pâment. Que voulez-vous, difficile de ne pas succomber quand on se sait habile dans ces matières-là.

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Voix de son peuple et conseiller d'un roi qu'il adule, qu'il ne peut qu'admirer et qu'il suivra sur les sentiers de la guerre ou dans la tombe.



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« I know your very far away but,
come back to me, my sun and stars. »

Tu ne liras jamais ces lignes et pourtant, permets-moi de te dire les mots qui pourraient me défaire de toi et me pousser à oublier une seule seconde, l'hérésie d'un destin, et la blessure d'une perte indigne. L'oubli est le tabard des lâches, dit-on, j'aimerais pour une fois... Une seule fois Torinthe, être frappé de ce peu de remords qu'ont les fourbes quand ils se savent coupables. Mais ça n'arrivera jamais, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?

L'épais manteau des cols embrumés retombe sur les silhouettes presque éphémères des voyageurs qui cheminent lentement. Les entrelacs sont traîtres ici, les fers des chevaux frappent la pierre gelée qui manque toujours de se dérober. Bientôt un cri... Une chute ? Non pas. Desdémone porte les mains à son ventre, elle sait qu'elle ne devrait pas être ici, ni avoir fait retentir les murs du palais de ses exclamations tapageuses pour accompagner son époux dans sa visite diplomatique. Elle ne se souvient même plus du nom de ce duché, elle en oublie les raisons qui firent le fil sinueux du voyage. La douleur est terrible, mais la délivrance précipitée, dans l'écrin de la nature, et sous la morsure du froid. C'est son petit dernier qui hurle, puis qui se tait bien vite. Il ouvre des yeux presque aveugles sur un monde qu'il cherchera à comprendre. Il écoute, il écoute. Les mots qui sauront élever son esprit. Il cherche l'ombre de son père qui sourit. Un fils, encore, voilà qui pourra asseoir entièrement la domination de sa famille au palais, et écarter les importuns qui cherchent tant à disputer sa place auprès du roi.

Deux prunelles qui brillent dans le noir. L'entente entre les deux frères est orageuse, c'est un véritable euphémisme. Au point qu'Hector décide d'envoyer rapidement son aîné faire ses armes, tandis que Jasper prend ses marques dans la grande forteresse qui les héberge. Un honneur de par la fonction du paternel, mais aussi une véritable exploration qu'opère le gamin, tant il se fascine de tout ce qu'il y trouve. Jusqu'à ces deux prunelles fières. Celles d'Amras, ami d'enfance, prince déjà rayonnant, souvent sévère et ombrageux. Jasper le suit partout, dans leurs jeux ou encore dans leurs conversations animées. Il apprend mais surtout il comprend le lien qui commence à vibrer et leurs ambitions se conjuguent. Rien ne saurait les dénouer désormais.

Il y a des actes que l'on doit à sa raison. D'autres dont on hérite de ses passions. Que tu n'aies pu soutenir la mienne m'est aujourd'hui une amertume qu'une gorgée de vin fait aisément passer. Mais que tu choisisses Cellius pour unir ta chair à notre famille, cet écervelé qui se distinguait si piètrement lors de la révolte de fer... Franchement, ce fut un choix fort discutable, tu ne crois pas ? Tu l'aurais vu alors, ton promis, devenu le second malencontreux de père sur le champ de bataille. Il n'a même pas su le protéger, alors te protéger toi ? L'aurait-il seulement pu, Torinthe ? Dis-moi...

Le vent de la colère gronde, et Hector Gwyn regarde les armées partir avec une certaine satisfaction. Phinéas n'a pas été difficile à convaincre, en vérité il n'attendait que l'opportunité d'agir, et Hector l'a largement appuyé, comme toujours. Lui assurant même, par ses grands discours ampoulés le soutien d'une population bercée par les mots de corruption des Thorons, hégémonie malveillante qui peut facilement déclencher une haine sourde, et dévastatrice. Les rues bruissent de ces clameurs, tous les états du Gwelnaur partent en guerre, et ils sont ravis de le faire. Cellius ceint son amure, s'arme de son courage, et confie Torinthe à son frère. Il y a comme un malaise sur le visage de la jeune femme, mais chacun imagine que c'est de voir son promis partir avec les autres, partir risquer sa vie dans un conflit dont personne ne connaît encore l'issue, même si à Belithrael, chacun ne peut augurer que de la victoire. Jasper pose sa main sur l'épaule de celle qu'il convoite, une délicatesse trouble, qui vaut presque un sursaut chez celle qui la reçoit. Il ne comprend pas, il ne comprendra jamais. Pourquoi elle, parmi tant d'autres, continue de combattre ses charmes et à s'accrocher à ses promesses d'épousailles ridicules. Il connaît son esprit à la finesse éprouvée, il la sait effroyablement mal assortie à son frère qui n'a que des jugements balourds. Mais elle craint les ombres qui se dissimulent chez Jasper, elle a appris à se méfier de sa langue serpentine, de ses projets ambitieux, et surtout de sa façon de dévergonder les femmes qui l'entourent. Torinthe aspire à une vie simple, une vie presque pieuse et rangée. Alors elle prie, la déesse de la guerre, pour que Cellius lui soit rendu, et que le désir que son beau-frère déclenche chez elle ne soit que passager.

Pourquoi alors ? Pourquoi alors m'avoir cédé, une seule nuit, à l'aube de l'indépendance de notre contrée, si c'était pour imaginer lui revenir ? Pourquoi... Pourquoi avoir regardé ma colère si brûlante dans mes yeux pleins d'incompréhension ? Pourquoi ne pas t'être enfuie alors, réfugiée chez ma mère, ou encore abandonnée au secours de ta propre famille ? Tu es restée, piteuse dans ta faute, honteuse de ton écart. J'étais ta damnation. Je voulais être ton salut. C'est tout ce que je souhaitais. Que l'on peut être imbécile quand on ne connaît rien...

Elle est morte en se tranchant les veines. L'aube pourpre est tombée sur son linceul alors que tous étaient victorieux. Victoire éphémère, uniquement de parure, une indépendance factice qui ramena l'armée dans les murs de la cité, le sang encore brûlant sur les lèvres des soldats. Aube pourpre, qui s'ancra dans les prunelles de Jasper. Il n'a jamais rien avoué, jamais rien dit de ses amours irrévérencieuses envers cette femme que seul Cellius pouvait officiellement pleurer. Il l'a pleurée en secret, puis les larmes ont séché sur ses joues blêmes. Il se demande parfois si la passion qu'il a nourrie pour elle avait une quelconque réalité, ou s'il ne s'est agi que d'un mensonge de son esprit encore mal dégrossi. Il ne l'a jamais oubliée. Il s'est appuyé sur la colère, et sur sa culpabilité pour nourrir une ambition dévorante, devenant le chef de sa famille. Cellius s'oubliant dans l'alcool à cause de la mort de Torinthe, mais aussi parce qu'il n'avait pas su protéger Hector lors du dernier combat.

Il devient autre, masque imparfait qu'il porte en public, seul le prince est au courant de la fêlure, le seul qui reçut la confidence. Il apprend ce qu'est la politique à cet instant précis, les choix que l'on fait, et ceux que l'on maquille pour le bien commun. Les sacrifices qu'il faut soigneusement consentir pour devenir le rempart d'un état. Il n'y a pas de place pour les passions contrariées sur ce territoire-là, il n'y en aura jamais. Alors il apprend à parfaire ce sourire, et devient l'âme volage que chacun a toujours cru qu'il revêtait. C'est une allure parfaite, à arborer quand il n'est pas à l'étude dans la bibliothèque du palais où souvent il se terre.

Tu n'es plus qu'une illusion, qui parfois revient me hanter dans le creux de la nuit. Au milieu du silence, ou encore de la musique, je parviens à me souvenir de ce que tu savais murmurer, de tes rêves, de tes idéaux d'enfant. Tous navrés depuis, tous flétris. Je n'ai plus suffisamment de remords pour qu'ils soient une douleur permanente. Il ne s'agit que d'un poison, qui revient me traverser quand je m'y attends le moins. Et si la couardise n'est pas permise, et si l'oubli est proscrit, est-ce que la fureur offerte par Amras peut-elle être la clef de ma rédemption ?

Jasper n'a pas manqué de s'imposer dans le sillage déjà tracé par son père. Le déclin dans la mort de l'un, la déchéance dans l'alcool de son seul rival en la personne de son frère, et le jeune Amras ne pouvait que s'accorder avec cet esprit retors. Surtout que leurs mots pavaient déjà ce qui seraient encore une vague de violence, nécessaire pour accomplir ce que Jasper ne voyait que comme leur destin commun. Fi de la victoire factice de jadis, il fallait cette fois-ci une indépendance farouche, un pouvoir entièrement resserré sur Gwelnaur sans que les Thorons n'aient un seul mot à dire pour déjouer leur ambition. Desdémone se meurt doucement, mais Jasper n'a plus le temps de se soucier de fadaises que lui dictent ses devoirs de fils prodigue. Il s'accomplit en tant que conseiller, devient cette âme damnée qui rejoint les ombres où il parvient à s'épanouir. Il séduit les foules, il séduit les femmes, il continue de courir après quelque chose qui ne vient pas, qui ne viendra jamais. Mais qu'importe, si l'objectif n'est que frôlé du bout du doigt, il reste encore la danse, les pas. Et les dessiner c'est là son expertise.

Tu n'es rien. C'est ce que je souhaitais dire. Rien qui puisse me ramener à l'aube de la faute, rien qui ne sache en alléger la peine. Rien qu'un désir, rien qu'un souvenir. Dans le personnage que j'ai construit, il y a la faille où tu continues de vivre, et où je continue de t'étouffer. Tu n'es rien au dehors. Tu demeures au dedans, à pourrir lentement. Auprès ces mots que je t'ai dits, quand ton front était cerclé de honte. Des mots indignes je sais. Des mots parjures, parce que tu me rejetais. J'ai prétendu ne pas t'aimer. Je crois que je le prétends encore.

Amras lui a appris l'amour de cette terre, aussi contrariée qu'elle puisse être, aussi inhospitalière qu'elle puisse se montrer. Il trouve dans les ombres portées des musiques éphémères, qui pourraient donner à sa contrée la digne place à laquelle elle a toujours aspirée. Dans les larmes, dans le sang, dans la virulence de leurs croyances, c'est vrai. Mais aussi dans toute la ferveur que Jasper ressent à occuper les firmaments alors qu'il déambule dans les entrailles du château. Il songe à la guerre, il conte langoureusement les amours abandonnées, il combat l'abattement qui le tenaille parfois. Il cherche la clef de ces évasions désirées. Et c'est peut-être tout simplement la mort. Danser avec elle. Danser encore.

Je le prétends toujours, mon amour. Mais qui pourrait seulement s'en douter ? Qui, si ce n'est moi ? Et moi, chaque jour derrière ce masque étudié, je ne suis plus véritablement sûr de l'existence que je revêts. Alors dansons, hein ? Dansons encore... Encore un peu. Jusqu'à la fin.


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